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Le magazine Time sert aux chatbots IA des pages spécifiques avec de la pub

La bataille de l'enshittification
IA : séries d’achats « bizarres » auprès de librairies d’occasion anglaises et irlandaises

Le magazine états-unien a commencé à mettre en place des versions différentes des pages de son site, selon qu’il soit consulté par un navigateur ou par un chatbot IA. L’éditeur peut ainsi optimiser ses articles pour qu’ils soient repris par Claude ou ChatGPT en y insérant de la publicité spécifiquement conçue pour être recrachée par les chatbots.

Si les chatbots IA viennent chercher leurs réponses sur les sites des médias, pourquoi ceux-ci n’en profiteraient pas ? C’est ce que s’est dit le magazine américain Time en mettant en place un système servant des pages différentes selon que son site web est consulté par un navigateur habituel ou par un crawler d’un chatbot IA.

L’éditeur a converti toutes les pages de son site web en Markdown, format qui est plus facilement analysable par les agents IA, expliquait Digiday début juillet. De fait, le langage de balisage léger inventé par John Gruber avec l’aide d’Aaron Swartz est idéal pour ces outils : il est explicite et minimise le nombre de tokens utilisés pour analyser le contenu. Si on veut que son contenu soit repris par ChatGPT et Claude, il est donc plutôt malin de le leur servir en Markdown.

La pratique de la redirection sélective pour des buts problématiques n’est pas nouvelle. Par exemple, nous avions déjà montré qu’elle était utilisée pour cacher de la désinformation ou pour adapter des liens sponsorisés en fonction d’attentes parfois nauséabondes d’internautes.

Insérer de la pub spécifiquement rédigée pour les chatbots IA

Ici, l’éditeur a vite compris qu’il pouvait proposer aux marques d’autres services en s’appuyant sur cette technique : le magazine a commencé à glisser des publicités dans certains des fichiers Markdown. Cela permet de faire passer discrètement des messages dans ChatGPT et Claude sans qu’ils n’apparaissent dans les pages proposées aux lecteurs de Time. L’ingénieur allemand Vincent Schmalbach a remarqué le tour de passe-passe et l’a décrit sur son blog.

Ainsi, un article comme celui-ci est proposé en HTML pour tous les navigateurs, mais si on l’ouvre avec le user-agent ClaudeBot, on obtient un texte du genre :

Ici, pas de publicité intégrée. Mais lorsqu’on fait la même opération sur une page listant les « meilleures inventions de 2025 », on se retrouve, contrairement à un lecteur lambda qui l’ouvrirait avec un navigateur, avec un texte promouvant la banque en ligne Ally Bank avant les inventions :

Le texte sur Ally est idéalement écrit pour être cité par un chatbot IA à qui l’utilisateur demanderait « Qui est Ally Bank ? ». Remarquons qu’il est surmonté d’une remarque affirmant : « Contenu sponsorisé. Réalisé en partenariat avec Ally. Ally est le sponsor et la source de ce contenu ».

On obtient le même texte, sous une présentation qui diffère un peu si on utilise les user-agent d’OpenAI GPTBot ou OAI-SearchBot. Remarquons que ce n’est pas le cas si on utilise les crawlers de Google Googlebot, Google-Extended ou GoogleOther mais que le Markdown s’affiche pour le quatrième crawler de Google utilisé par Gemini Google-CloudVertexBot.

Une pratique qui risque de se généraliser

Comme le fait remarquer Vincent Schmalbach, on retrouve dans le fichier Markdown servi à ClaudeBot les traces de l’agence de publicité en ligne Mobian, spécialisée dans la pub pour les agents IA. La page d’accueil de son site reprend spécifiquement l’exemple du Time :

Si nous n’avons pas encore d’exemple d’autres éditeurs de sites très visités qui auraient déjà mis en place ce système, il y a de fortes chances que Time soit rapidement suivi par d’autres. Reste à savoir comment vont réagir les entreprises d’IA générative qui vont devoir faire attention à ce que leurs outils ingèrent.

Va-t-on assister à une nouvelle partie du jeu du chat et de la souris pour bloquer publicités et autres contenus différents de ce qui est affiché dans les pages communément lues par les humains ?

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☕️ Pour ses 30 ans, Quake s’offre une extension surprise



On a peine à le croire, mais Quake a fêté son 30e anniversaire au mois de juin. Difficile de résumer l’impact du jeu d’id Software qui a posé les bases du FPS 3D moderne, et dont l’héritage continue de se faire sentir aujourd’hui… et ce n’est pas qu’une façon de parler puisqu’un nouvel épisode vient de sortir.

« Dawn of the Machine » est une création conjointe d’id et de MachineGames, le studio qui a repris en main la destinée de Wolfenstein (et à qui l’on doit le récent Indiana Jones et le Cercle Ancien). Cette extension comprend une campagne inédite composée de 19 maps, une nouvelle bande-son et une nouvelle carte match à mort.

Histoire de varier les plaisirs, l’épisode propose non seulement de revisiter des niveaux modifiés par la structure temporelle chamboulée du royaume, mais aussi d’affronter des variantes des ennemis classiques avec de nouveaux comportements. Fort heureusement, Ranger pourra s’équiper de nouvelles versions d’armes comme la Super Hache ou le toujours sympathique Canon laser.

Pour les plus férus d’archéologie, le Coffre d’id offre la possibilité de parcourir une galerie consacrée aux coulisses du développement avec des contenus inédits, et surtout d’explorer des niveaux remontant aux premières étapes du développement du jeu. On pourra aussi leur recommander de visionner le livestream de présentation de l’extension avec John Romero durant la Quakecon. L’événement se tient jusqu’à dimanche, d’autres annonces sanglantes ne sont pas à exclure !

L’extension est proposée gratuitement à tous les possesseurs de Quake sur PC (Steam et Microsoft Store), Xbox Series X/S et Xbox One, PS4 et PS5, Nintendo Switch et Switch 2 (grâce à la rétrocompatibilité). En revanche, les versions distribuées sur GOG et l’Epic Games Store n’y ont pas droit.

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Meta de nouveau condamnée : Facebook et Instagram qualifiés de « nuisance publique »

Près d'un milliard de dollars d'amendes pour Meta
Meta revient aux poids ouverts avec Muse Glimmer, un modèle IA local

En mars dernier, Meta était condamnée par un tribunal du Nouveau-Mexique à 375 millions de dollars pour avoir, en toute connaissance de cause, exposé les jeunes à des outils et pratiques jugés dangereux. Le géant des réseaux sociaux n’est pas au bout de ses peines sur ce dossier.

Si la première sanction a été infligée par un jury, cette fois c’est le juge Bryan Biedscheid qui a ajouté à la facture 567 millions de dollars (PDF). Durant la seconde phase de ce procès, le juge devait déterminer si Meta et ses plateformes (Facebook et Instagram, principalement) créaient une « nuisance publique » et, le cas échéant, décider des mesures de protection appropriées. Il l’a confirmé.

La somme devra abonder un fonds de réparation destiné à financer la prévention, le traitement et des mesures contre les dommages causés aux jeunes. Bien que le montant de ce fonds soit inférieur aux 779,5 millions de dollars réclamés par les avocats de l’État américain, sa création est « nécessaire, compte tenu de l’ampleur des répercussions du préjudice et de la complexité de la réparation », a affirmé le juge.

Meta au cœur de la tempête

En tout, Meta est sanctionnée à hauteur de 942 millions de dollars. Pour une période de cinq ans, le groupe devra en outre mettre en œuvre des dispositifs pour renforcer les outils de vérification et d’estimation de l’âge, passer les comptes Instagram des mineurs en privé par défaut, empêcher qu’un compte de mineur soit recommandé à un adulte n’ayant aucune relation avec le jeune utilisateur, afficher des alertes plus fermes en cas de risque de sextorsion ou de contact suspect, ou encore bloquer l’envoi ou la réception par des mineurs d’images de nudité contraires aux règles de Meta.

Le juge veut aussi que Meta limite l’usage des mineurs à 90 heures par mois au total sur Instagram et Facebook. En revanche, il a écarté certains dispositifs demandés par le Nouveau-Mexique, comme l’arrêt du scrolling infini ou une refonte des algorithmes. Meta a l’intention de faire appel : « Nous restons confiants dans notre bilan en matière de protection des adolescents en ligne et continuerons à nous défendre contre des accusations qui déforment les faits », a déclaré un porte-parole au Wall Street Journal.

Un autre procès doit s’ouvrir dans les prochains jours en Californie : Meta est accusée par les procureurs généraux de quatre États américains d’avoir conçu Facebook et Instagram de telle manière à rendre les jeunes utilisateurs dépendants, tout en trompant le public sur la sécurité de ses plateformes. Selon l’entreprise, cette procédure pourrait représenter jusqu’à 1 400 milliards de dollars en pénalités.

Fin mars, Meta était condamnée à verser 4,2 millions de dollars à une plaignante qui accusait l’entreprise d’avoir provoqué et entretenu l’addiction à ses plateformes alors qu’elle était mineure. YouTube a aussi été sanctionné. Lors de ses résultats trimestriels, Meta a signalé aux investisseurs que les procédures judiciaires en cours pourraient avoir un « impact négatif » sur ses résultats financiers : au second trimestre, elles ont représenté des dépenses de l’ordre de 2,4 milliards de dollars.

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Western Digital aussi va expédier des disques durs de 50 To en 2027

Boosté par l'IA et le cloud
Western Digital aussi va expédier des disques durs de 50 To en 2027

Western Digital se porte bien : son chiffre d’affaires, son bénéfice et sa marge sont en hausse. La demande est toujours plus importante et le fabricant prévoit de passer à 44 To en HAMR l’année prochaine puis à 50 To, toujours en 2027.

Il y a quelques jours, Seagate présentait ses résultats financiers et annonçait les premières expéditions de disques durs de 50 To (Mozaic 5) pour la fin de l’année prochaine. Il s’agit de modèles avec 10 plateaux de 5 To. C’est maintenant au tour de Western Digital de se positionner.

Sur un an, les revenus ont progressé de 36 % pour arriver à 12,919 milliards de dollars, excusez du peu (44 % sur le dernier trimestre fiscal 2026 par rapport à 2025). Le bénéfice net bondit de 107 % pour atteindre 4,453 milliards de dollars. Comme Seagate, la marge brute de Western Digital augmente fortement : de 39,4 % elle monte à 49,1 % (45,6 % chez Seagate).

En 2027, 44 To puis 50 To

Le fabricant annonce être « en bonne voie pour livrer [son] produit HAMR de 44 téraoctets au cours du premier semestre 2027 ». Mais ce n’est pas la seule gamme de produits à 40 To et plus, il y a également des disques durs ePMR (Energy-assisted PMR), une version améliorée des HDD classiques en PMR. HAMR est la nouvelle génération avec un laser intégré aux têtes. Les livraisons des disques durs ePMR de 40 To ont débuté au cours du deuxième trimestre 2026 et le fabricant a maintenant commencé la production en série et revendique deux clients.

Cette année également, l’UltraSMR se porte bien et le constructeur annonce son « troisième client majeur », sans le citer nommément. Western Digital prévoit que, d’ici à mi-2027, « 60 % des livraisons d’exaoctets nearline » soient liées à la technologie UltraSMR, montrant une belle adoption par le marché dans le monde des datacenters et des hyperscalers.

Le SMR consiste, pour rappel, à faire chevaucher les pistes pour augmenter la densité. Cela ne change rien pour les performances en lecture, mais en écriture il peut y avoir un phénomène d’amplification avec une baisse des performances. L’UltraSMR est une version améliorée du SMR avec notamment une meilleure correction d’erreurs.

Pour la suite, Western Digital est sur la même longueur d’onde que Seagate : « nous proposerons des produits de 50 To vers la seconde moitié de l’année 2027 ». Aucune précision sur le nombre de plateaux. Si Seagate reste à 10, Western Digital est déjà passé à 11 depuis fin 2024 (et même 12 pour Toshiba).

Le cloud et l’intelligence artificielle en moteur

Cela ne surprendra personne : Western Digital explique que « la demande de stockage est poussée à la fois par l’IA et par les services cloud de base ». Rien d’étonnant concernant l’IA. Il faut non seulement stocker les données d’entrainement, mais aussi les données générées lors des charges de travail (entrées, sorties, journaux, etc.) et cela prend beaucoup de place.

« Aujourd’hui, les plus grandes plateformes d’IA traitent des dizaines de milliards de jetons par minute et des milliards d’invites par jour, créant ainsi un corpus de données en rapide expansion qui doit être stocké, géré et consulté au fil du temps », explique le constructeur. L’IA agentique ne fait qu’accentuer le phénomène : « Les agents génèrent des données à chaque étape des flux de travail, ce qui augmente à la fois le volume de données créées et celles à stocker au fil du temps ».

Ce n’est pas le seul pan de l’IA à avoir de gros besoins de stockage : « Au-delà de l’inférence et de l’IA agentique, nous assistons également à l’émergence de l’IA dans le monde réel : véhicules autonomes, robotique, systèmes d’automatisation industrielle et robots humanoïdes. Le volume de données du monde réel nécessaire à l’entraînement de ces systèmes est insuffisant, nécessitant ainsi la génération et le stockage de jeux de données synthétiques ».

Le retour au stockage hybride, le tout flash coûte cher…

Tiang Yew Tan, CEO de Western Digital, pointe un changement dans les demandes des OEM (fabricants d’équipement d’origine) : «ils s’orientent davantage vers des solutions hybrides après avoir envisagé, tout récemment, des systèmes reposant exclusivement sur la technologie flash ». La cause n’est pas à chercher bien loin : la hausse (ou explosion, au choix) des prix de la mémoire.

Kris Sennesael, CFO de Western Digital, ne donne pas de chiffre précis mais un ordre de grandeur : « La hausse moyenne annuelle pondérée des prix par To a progressé, passant d’une fourchette haute à un chiffre le trimestre précédent, à une fourchette » plus haute, comprise entre 15 et 20 % a priori.

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Affaire Jean Pormanove : prison avec sursis et bannissement de Kick pendant 6 mois

Snuff streaming condamné
Affaire Jean Pormanove : prison avec sursis et bannissement de Kick pendant 6 mois

Après la mort de Raphaël Graven en direct sur la chaine Kick nommée Jean Pormanove, le tribunal correctionnel de Nice a condamné les responsables de la chaine pour des violences et humiliations en ligne. Les peines contiennent notamment de la prison avec sursis et six mois de bannissement numérique applicable seulement sur la plateforme de streaming concernée.

Le tribunal correctionnel de Nice a rendu son jugement ce mercredi 5 aout au soir concernant les deux responsables de la chaine Kick nommée Jean Pormanove, Owen C. (aussi connu sous le pseudo Naruto) et Safine H., les condamnant pour violence et provocation à la haine mais les relaxant des chefs d’abus de faiblesse et diffusion, comme le relève France 3.

Les deux vidéastes avaient été mis en garde à vue pour des violences physiques et psychologiques en janvier 2025 suite à un article de Médiapart et à une enquête ouverte par le parquet de Nice, ce qui n’avait pas arrêté leur projet de diffusion en direct de scènes de violences sur leur chaine Kick. La mort en direct du souffre-douleur Raphaël Graven y a même été diffusée.

Des peines en deçà des réquisitions de la procureure

Ils ont été entendus ce lundi 6 juillet pour « violences en réunion sans ITT, violences en réunion avec arme sans ITT, violences en réunion avec arme sans ITT sur mineurs de 15 ans, violences sur mineur de 15 ans sans ITT, abus de faiblesse, provocation à la haine et à la discrimination en raison du handicap, provocation à la haine et à la discrimination en raison de l’orientation sexuelle, enregistrement et diffusion d’images de violences ».

Lors de l’audience, la procureure, Maud Marty, avait affirmé que « jamais une juridiction n’a eu à connaître avec une telle ampleur un système qui associe l’exploitation de personnes en situation de faiblesse, leur humiliation devant des milliers de spectateurs et la rémunération de ces diffusions qui ne tiennent qu’à la souffrance », rapporte Médiapart.

Elle avait dénoncé, selon France 3, un « système de maltraitance humaine, pas un dérapage ou une provocation » et avait requis 30 mois de prison dont 12 mois ferme (avec bracelet électronique) et 30 000 euros d’amende pour le principal accusé, 18 mois avec sursis et 15 000 euros d’amende pour le second, ainsi qu’un « bannissement numérique » pour les deux.

Un mois après, le tribunal a donc condamné les deux streamers à des peines un peu plus clémentes : 2 ans de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende pour Owen C, 8 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende pour Safine H. Les deux accusés ont aussi été condamnés à une peine de six mois de bannissement de la plateforme sur laquelle était diffusée leur chaine.

Un bannissement de Kick

Cette nouvelle peine, souvent appelée « bannissement numérique » et utilisée pour la première fois par la justice, a été introduite par la loi SREN (visant à sécuriser et réguler l’espace numérique) de 2024. Contrairement à ce que pourrait faire penser son appellation commune, elle ne prévoit pas l’interdiction de l’usage d’Internet en général ou de tous les réseaux sociaux.

En effet, l’article 16 de la loi prévoit que « le tribunal peut ordonner à titre de peine complémentaire la suspension des comptes d’accès à des services en ligne ayant été utilisés pour commettre l’infraction ». Il interdit aussi aux personnes condamnées de « créer de nouveaux comptes d’accès à ces mêmes services ». Selon ce texte, la durée maximum de cette suspension est de six mois (un an en récidive). Ainsi, en bannissant de Kick pendant 6 mois les deux streamers, le tribunal a pris la mesure la plus forte que le législateur lui a donnée sur le sujet.

Le bannissement est signalé par le tribunal à la plateforme concernée. Ainsi, Kick est responsable du blocage des comptes visés, « de procéder au blocage des autres comptes d’accès à leur service éventuellement détenus par la personne condamnée et d’empêcher la création de nouveaux comptes par la même personne ». La plateforme s’expose à une amende de 75 000 euros si elle ne suit pas cette demande.

Rappelons qu’une autre enquête est toujours ouverte concernant la plateforme elle-même.

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Suno veut mettre fin au far-west de la musique générée par IA

La cacophonie de la transparence
Spotify teste un bouton pour zapper les pubs dans les podcasts

Le temps du Far West dans le secteur de la musique générée par IA est-il bientôt terminé ? Suno, une des principales startups sur ce marché bouillonnant, promet davantage de transparence pour lutter contre la fraude et les abus, sans pour autant freiner l’adoption de l’IA générative parmi les professionnels de la filière.

Depuis son accord l’an dernier avec Warner Music Group, Suno veut filer doux. En échange de l’arrêt des poursuites de la major, la jeune pousse a pris plusieurs engagements, en particulier sur le téléchargement. Une nouvelle politique va être mise en œuvre pour limiter la distribution massive de morceaux générés par IA sur les plateformes de streaming.

Les serveurs des services de streaming sont pris d’assaut par la musique générée par IA. Au mois d’avril, Deezer avait ainsi annoncé que c’était le cas pour 44 % des chansons téléversées. La plateforme signale d’ailleurs quand le contenu est généré par IA (ou par un humain dans le cas de Spotify).

L’industrie tente de s’organiser, par exemple via l’organisation Digital Data Exchange (DDEX, qui fédère les entreprises et organisations ayant des intérêts commerciaux dans le domaine des contenus multimédias numériques, mais dont Suno ne serait pas membre) pour mettre en place des standards communs, mais chacun y va aussi avec ses propres outils.

C’est le cas de Suno, qui en plus de rappeler cette fameuse politique anti-téléchargements de masse dont les détails sont encore inconnus, vient d’annoncer plusieurs nouveaux dispositifs. À commencer par l’adoption « dans les prochaines semaines » de technologies de filigrane (watermarking) audio et de fingerprinting pour lutter contre la fraude et les usages abusifs. Des outils de transparence vont aussi être proposés pour faire en sorte que les chansons générées par Suno puissent être identifiées si elles sont partagés avec d’autres plateformes.

De la transparence pour les oreilles

Il s’agit pour l’entreprise de s’aligner avec les standards de l’industrie… et probablement aussi des régulateurs. Depuis le 2 août, l’AI Act impose une obligation de transparence aux fournisseurs d’IA qui passe par un marquage technique de détection sur les sons, mais aussi les images, les vidéos ou textes générés ou modifiés par IA.

Les systèmes commercialisés avant le 2 août ont cependant quatre mois pour respecter ces obligations, qui ne s’appliqueront pas aux éditeurs d’information générale si le contenu généré par IA a fait l’objet « d’un examen humain ou d’un contrôle éditorial ». Une zone grise pleine de flou qui pourrait justifier tous les abus.

L’UE propose d’ailleurs des badges (optionnels) à placer à côté des contenus générés par IA :

L’icône basique quand l’IA a servi à la création du contenu.
L’icône à afficher quand l’intégralité du contenu a été généré par IA.
L’icône à afficher quand du contenu humain a été modifié partiellement par de l’IA.

Suno clarifie également ses règles de communauté, avec une interdiction explicite des imitations non autorisées, des téléversements sans droits, de l’utilisation de voix ou d’image sans permission, des scams, faux engagements, et des contenus trompeurs. La plateforme IA va également renforcer sa collaboration avec Audible Magic et Musixmatch pour détecter les usages non autorisés.

Suno ne veut pas se poser en gardien des « valeurs artistiques », ni juger si « telle chanson est bonne, porteuse de sens ou suffisamment humaine ». En revanche, la société estime qu’il est de sa responsabilité de « rendre plus difficile l’utilisation abusive des outils d’IA d’une manière qui fragilise un écosystème musical sain. » Une réflexion bienvenue mais qui sonne étrange à l’oreille, au vu du pillage orchestré par la startup pour entraîner ses modèles IA.

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☕️ ChatGPT fait sauter la limite sur les conversations texte pour les comptes gratuits



Les utilisateurs qui se servent gratuitement de ChatGPT vont bénéficier d’une douceur. OpenAI fait en effet sauter les limites des discussions texte, qui deviennent donc illimitées. Une proposition très agressive parmi les chatbots généralistes.

Ce n’est pas complètement inédit dans le secteur : Microsoft propose depuis début 2025 un accès gratuit et illimité au modèle de raisonnement avancé Think Deeper (propulsé par o1) de Copilot, ainsi qu’aux conversations vocales… mais avec des interruptions possibles en cas de forte demande. La formule standard (gratuite) du moteur de réponses IA Perplexity offre aussi des recherches quasiment illimitées.

Néanmoins, cela n’en reste pas moins un gros coup pour OpenAI qui propose ainsi une carotte fort alléchante pour ferrer des utilisateurs qui pourront se transformer un jour en abonnés payants. Ce d’autant qu’ils ont aussi accès au bouton « Think » qui génère des réponses approfondies. Le modèle utilisé passe également de GPT-5.5 à GPT-5.6 Luna, l’« entrée de gamme » de la nouvelle famille de modèles IA et désormais la version par défaut de ChatGPT.

En revanche, la génération d’images, la voix et l’examen de fichiers et d’images sont toujours limités. Il faut passer à la caisse pour accéder aux modèles plus évolués Terra et Sol. Les abonnés payants bénéficient d’ailleurs d’une mise à jour de Sol, présenté comme plus efficace sur les tâches à accomplir rapidement (Codex et ChatGPT Work n’ont cependant pas droit à cette déclinaison de GPT-5.6 Sol, comprenne qui pourra).

Les abonnés Plus et Pro obtiennent aussi une nouvelle réglette pour choisir plus facilement le niveau d’effort de GPT-5.6 : tout à gauche pour les questions du quotidien, plus à droite pour la planification, l’écriture, le code ou les décisions qui nécessitent un peu plus de jugeote qu’à l’accoutumée.

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☕️ BMW transforme ses voitures en panneaux publicitaires pour Spider-Man



Les BMW sont des supports publicitaires comme les autres. Plusieurs conducteurs n’ont guère apprécié voir sur l’écran de leurs voitures une réclame pour le blockbuster Marvel estival Spider-Man: Brand New Day. La publicité, pardon, « l’animation festive » selon la description du constructeur, se lance plein écran en cliquant sur le bandeau. La vidéo, dans laquelle Spider-Man virevolte autour d’une voiture de la marque, s’accompagne d’une musiquette de fond et d’un « spectacle lumineux » dans l’habitacle. Elle sera proposée jusqu’au 10 août.

@bmw 🚨 Spoiler Alert: Something amazing is waiting in your BMW. 🤫 See #SpiderManBrandNewDay exclusively in cinemas 31st July.#BMW @spidermanmovie ♬ original sound – bmw

Cette « surprise spéciale » a été conçue dans le cadre d’un partenariat avec le film, dans lequel une BMW iX3 et une BMW 5 Series font des apparitions. Si le placement de produit est un grand classique dans l’histoire d’Hollywood, subir de la sorte une réclame dans sa voiture est inédit. Et ce n’est pas du goût de tout le monde. Au vu des prix des véhicules BMW, les conducteurs sont nombreux à estimer qu’ils pourraient au moins être dispensés de publicité.

Il arrive que des animations spéciales s’affichent sur l’écran des BMW, mais habituellement pour des occasions comme Noël ; il ne s’agit pas de vendre un produit ou ici, un film. L’entreprise affirme pourtant au Spiegel que la vidéo de Spider-Man n’est pas une promotion pour le long métrage, et qu’elle ne sert pas non plus de bande-annonce. À cet égard, ce n’est donc pas une réclame traditionnelle. L’argument est pour le moins audacieux, mais BMW assure recevoir de nombreux retours positifs sur cette campagne.

En 2023, Stephan Durach, le dirigeant de BMW en charge de l’infodivertissement, assurait qu’il ne vendrait jamais l’écran de ses véhicules à des annonceurs. « Je ne peux pas l’imaginer, c’est un espace privé (…) C’est l’endroit où vous pouvez faire ce que vous voulez, seul : vous avez la bonne température, la musique que vous voulez ». Et profiter d’une publicité pour Spider-Man, donc.

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Sécurité : Fedora 45 devrait activer par défaut la Shadow Stack dans tout le système

SOS pile fantôme
Sécurité : Fedora 45 devrait activer par défaut la Shadow Stack dans tout le système

La prochaine version de la distribution Linux devrait activer par défaut un important mécanisme de sécurité, la Shadow Stack. L’équipe effectue actuellement un gros travail préparatoire, qui pourrait largement débroussailler le terrain pour les autres systèmes Linux. Accrochez-vous un peu, on vous explique.

D’abord, qu’est-ce que la Shadow Stack ? Il s’agit d’une protection initialement créée par Intel en 2016 mais qui n’est réellement arrivée sur le marché qu’en 2020 avec la génération Tiger Lake. Elle fait partie d’une architecture nommée Intel CET (Control-Flow Enforcement Technology), qu’AMD a également reprise à partir de la génération Zen 3 de ses processeurs.

Le principe de la Shadow Stack (ou pile fantôme) est assez technique. Le processeur dispose en permanence d’une seconde pile d’exécution (call stack) en mémoire. Elle est cachée, isolée et protégée en écriture. Lorsqu’une instruction d’appel (CALL) survient, l’adresse de retour est ajoutée sur les deux piles. Quand l’instruction RET (RETURN) – qui sert à terminer l’exécution d’une fonction – survient, le processeur compare les deux piles : s’il y a correspondance des deux adresses de retour, l’opération se poursuit, dans le cas contraire le processeur déclenche une erreur (exception de protection de flux de contrôle). Cette erreur interrompt immédiatement le processus.

Il s’agit d’une fonction de sécurité, car en interrompant brutalement l’opération, le processeur empêche un pirate d’avancer dans son attaque. La Shadow Stack a été créée pour combattre les attaques de type ROP (return-oriented programming), qui peuvent mener à la prise de contrôle de la pile d’exécution. Elles peuvent également contourner des protections plus anciennes comme ASLR (Address Space Layout Randomization).

Une activation par défaut dans Fedora 45

Ce que propose l’équipe de Fedora, c’est d’activer cette protection sur l’ensemble du système sur les configurations x86_64. Car il s’agit bien pour l’instant encore d’une proposition, même si elle a de très fortes chances d’être acceptée au vu de son statut avancé. Si elle ne passait finalement pas la validation, elle serait programmée pour Fedora 46 au printemps prochain.

Dans la fiche dédiée, on peut lire que le gros avantage de la Shadow Stack est son impact quasi nul sur les performances, contrairement aux solutions logicielles de contrôle d’intégrité du flux d’exécution. Le surcoût d’exécution est jugé négligeable et imperceptible sur la grande majorité des charges de travail, permettant en échange une élévation générale du niveau de sécurité.

Une activation générale de cette pile fantôme suppose toutefois des adaptations profondes. Il faut notamment que les compilateurs GCC, Clang et rustc soient prêts, ce qui est a priori le cas désormais. Le reste dépend surtout d’un long travail préparatoire commencé il y a des années, la majorité des paquets du dépôt principal possédant déjà les annotations ELF requises, en plus de certaines options compilées à la compilation depuis 2018. Le support de la bibliothèque glibc est également marqué comme prêt.

Ça existait déjà… mais !

Sur un plan purement technique, Fedora n’est pas la première distribution à supporter la Shadow Stack. Sa prise en charge dans le noyau Linux remonte à la version 6.6 de 2023. Plusieurs distributions – dont Arch Linux, Ubuntu et Debian – compilent déjà une grande partie de leurs paquets avec l’option liée (-fcf-protection) de GCC/Clang.

Alors, en quoi la démarche de Fedora est-elle novatrice ? Parce qu’elle renverse la vapeur : on parle cette fois d’une activation générale et par défaut. Tout processus éligible bascule automatiquement sur la pile fantôme à son lancement, sans intervention de l’utilisateur. Ce changement a notamment nécessité un travail d’audit et de correction pour les binaires incompatibles, comme les routines en assembleur manuscrit, la chaine d’outils Rust ou encore les moteurs de compilation Just-in-time dans les navigateurs.

Pour ces derniers justement, l’équipe de Fedora note que Chrome et Firefox ne sont pas encore compatibles. Cependant, le mécanisme d’activation a été pensé avec cette limitation en tête et contient un processus de « dégradation élégante » (graceful fallback). En clair, si une application charge au démarrage un objet ELF ne disposant pas du marquage SHSTK (pour Shadow Stack), la glibc désactive silencieusement la pile fantôme pour ce processus unique, sans interrompre son exécution.

Précisons enfin que la Shadow Stack n’est que la première moitié de l’architecture Intel CET. L’autre partie se nomme IBT, pour Indirect Branch Tracking. Sa mission est de contrer un autre type d’exploitation, basé sur la programmation orientée saut ou appel indirect (JOP/COP) et qui peut mener, là encore, à une attaque de type ROP. Le travail réalisé sur la Shadow Stack préparera donc le terrain pour la prise en charge d’IBT dans une version « ultérieure » de Fedora, l’équipe ne donnant pas plus de précisions pour l’instant. Le support d’IBT signifierait alors celui d’Intel CET au grand complet, pour les processeurs Intel et AMD compatibles.

Il est très probable que ce travail de fond serve largement la communauté open source une fois Fedora 45 (ou 46 ?) disponible. On peut s’attendre à ce que la plupart des distributions emboitent le pas à Fedora, mais le système est habitué à être un précurseur.

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Présidentielle 2027 :  des ingérences aux conséquences difficilement quantifiables

Matriochka désinfo service
Présidentielle 2027 :  des ingérences aux conséquences difficilement quantifiables

Plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont été récemment visés par des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux. Sans grande visibilité directe pour certaines au moins, elles arrivent quand même à se faire une place dans l’actualité via leur dénonciation par les autorités, les candidats et les médias.

En ce milieu d’été, de nouvelles campagnes d’ingérence contre la France se sont étalées sur les réseaux sociaux. Lors des élections municipales, Viginum avait détecté des ingérences numériques pro-russes, anti-LFI et putaclics.

Fin juillet et début août, ce sont les candidats Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal qui ont été visés par des fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux et imputées au groupe de désinformation russe Storm-1516.

Les réseaux russes Storm-1516 et Matriochka suspectés

C’est d’abord une fausse information concernant Édouard Philippe qui a été diffusée par plusieurs comptes sur X dans la semaine du 20 juillet, comme le racontaient nos confrères de TF1. Ainsi, les publications évoquaient le mensonge selon lequel l’ancien premier ministre serait atteint de « démence fronto-temporale ». Une « source sécuritaire » de l’AFP a confirmé qu’une opération de désinformation menée par le réseau Storm-1516 a visé Édouard Philippe tout en affirmant que, jusqu’à ce que TF1 en parle, cette campagne était restée « peu visible » et faisait « partie de la routine habituelle des attaques russes, qui ne passent jamais le mur du son ».

De la même façon, Gabriel Attal a, ce jeudi 6 août, dénoncé sur RTL une « intervention directe d’une puissance étrangère » contre lui. « C’est une élection qui peut être faussée, qui peut être volée aux français », a-t-il ajouté. Viginum a confirmé auprès du Monde avoir détecté cette opération de désinformation, l’imputant cette fois avec « une confiance élevée » à l’autre réseau prorusse Matriochka. De la même façon, cette opération était restée « peu visible » avant qu’elle soit dénoncée, selon une source de l’AFP.

Concernant Raphaël Glucksmann, c’est le 1er août que le journaliste Edwy Plenel a alerté sur le fait que « divers comptes diffusent une fakenews avec un article bidon me citant, un mail inventé que je n’ai jamais reçu et une vidéo où ma voix est trafiquée, le tout mensongèrement attribué à Blast. Tout y est faux. Un exemple des opérations de déstabilisation numérique ». Ces comptes relaient le mensonge accusant Léa Salamé, journaliste et compagne de Raphaël Glucksmann, de proposer 50 000 euros « en échange de la publication d’articles visant à donner une image positive » du dirigeant de Place publique. Sur RTL, Raphaël Glucksmann a pointé du doigt une tentative de la Russie « de créer le doute dans la société française », citant lui aussi Storm-1516.

Le site auquel renvoient les différents comptes est similaire à celui du média indépendant Blast. De même pour le nom de domaine dans lequel seule l’absence d’un tiret entre blast et info diffère de celle du site originel. Comme l’a remarqué Libération, pour coller à l’identité du site d’information indépendant, les faussaires ont aspiré 181 pages du vrai site de Blast pour les reprendre. Le faux site est pour l’instant toujours accessible. Le nom de domaine a été enregistré auprès du registrar lituanien Hostinger et est actuellement en statut « gelé » (« frozen »).

Comme l’explique l’Afnic dans son guide pratique [PDF], ce statut « annule l’ensemble des opérations en cours de traitement par l’Afnic et empêche toute demande d’opération à venir sur le nom de domaine […]. Mais cette opération n’altère pas le fonctionnement du nom de domaine ». Un nom de domaine peut être gelé si une décision de justice l’ordonne à l’Afnic, lors de procédures alternatives de résolution de litiges ou à l’ouverture d’une procédure de vérification.

La vidéo accompagnant les messages dénoncés par le journaliste de Médiapart reprend aussi les codes graphiques de Blast avec son logo et essaye de reprendre le ton du média. Mais les voix générées par IA de Léa Salamé, Edwy Plenel et de la journaliste de Blast, Salomé Saqué, sont marquées par des accents robotiques laissant la trace de l’IA générative.

Les différents posts ayant participé à la diffusion sur X de la vidéo et de l’article affichent des chiffres de consultation importants, mais il est difficile de savoir si la médiatisation du sujet n’a pas joué comme un effet d’aubaine.

En réaction à cette nouvelle vague de désinformation concernant les personnalités politiques, certains candidats demandent que des mesures soient prises.

Marine Tondelier demande des mesures d’interdiction pendant les élections

Directement concerné, Raphaël Glucksmann a appelé encore sur RTL de façon grandiloquante à « la résistance » : « Ce que je demande, c’est qu’on n’ait pas la main qui tremble face à Elon Musk et X, qu’on n’ait pas la main qui tremble face au Parti communiste chinois », a-t-il ajouté, visant aussi TikTok, accusant les deux réseaux sociaux de ne pas respecter les règles européennes.

Dans une interview à Libération, Marine Tondelier demande, de son côté, de « menacer des plateformes comme X d’une interdiction pendant les élections ». « Il faut appliquer cette sanction en cas d’ingérences constatées en amont », ajoute-t-elle. Les ingérences ne s’arrêtent pourtant pas aux périodes électorales.

La présidente du parti Les Écologistes n’a pour autant pas quitté le réseau social d’Elon Musk. Elle affirme à nos confrères : « J’ai à titre personnel désinstallé l’application, oui », mais précise : « J’écris mes posts mais je laisse mon équipe les publier et y assurer un travail de veille ». Elle ajoute que, « politiquement, aujourd’hui, c’est impossible d’être absent de X car nous en sommes tous devenus dépendants ».

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☕️ Meta ouvre Muse Code et casse les prix face à OpenAI et Anthropic



Dans la foulée de la version 1.2 de son modèle Muse Spark, Meta ouvre à tous les développeurs son agent de programmation Muse Code en bêta « pour créer des choses qui comptent ». Et qui ne coûtent pas trop cher non plus : les tarifs de Muse Spark 1.2 sont en effet plus proches de ceux des modèles chinois que de ceux d’OpenAI ou d’Anthropic.

La tarification standard à l’usage est de 1,25 dollar par million de tokens en entrée et 4,25 dollars par million de sortie (0,15 dollar par million en entrée en cache). Le mode « contributeur », qui permet à Meta d’exploiter les données pour améliorer ses modèles de langage, réduit encore les coûts : 0,10 dollar en entrée, 0,20 dollar en sortie, 0,002 dollar en cache. Ce mode impose des limites d’usage sur une fenêtre glissante de 5 heures plutôt qu’en nombre de requêtes.

Meta accepte également les demandes « zéro rétention de données », ce qui signifie que l’entreprise ne conserve pas les données, « une fonctionnalité majeure pour les entreprises, importante pour beaucoup d’utilisateurs », explique Alexandr Wang, le patron du Meta Superintelligence Labs, au Wall Street Journal.

Image : Meta

On est très loin des prix pratiqués par la concurrence directe : l’utilisation de Claude Sonnet 5 est facturée 2 dollars en entrée et 10 dollars en sortie par million de tokens. GPT-5.6 Terra, auquel Spark 1.2 se compare, coûte 2,50 dollars en entrée et 15 dollars en sortie.

« Nous pensons que, pour de nombreux cas d’usage, cela peut être une option extrêmement intéressante, notamment du point de vue des coûts », indique Alexandr Wang. Cette stratégie tarifaire agressive a été initiée avec Spark 1.1, lancé le 9 juillet. Meta veut rattraper son retard en jouant la carte du prix, un sujet devenu très sensible du côté des entreprises.

Les modèles Spark ne se présentent pas comme des champions des benchmarks, et c’est le cas aussi de la version 1.2. Meta indique que la nouvelle mouture apporte une « amélioration modérée » par rapport au précédent modèle, mais surtout qu’il a été optimisé pour les tâches confiées aux agents de développement (refactorisation sur plusieurs fichiers, longues sessions de débug, gestion de tâches multiples).

Artifial Analysis a publié ses propres benchmarks : ils positionnent Spark 1.2 au même niveau que Grok 4.5, avec qui il partage la même envie de secouer le cocotier des prix. Les deux modèles se placent derrière Opus 5, Fable 5, Opus 4.8, GPT-5.6 Sol et Kimi K3. Muse Code peut s’installer dès aujourd’hui via une ligne de commande dans un terminal (macOS et Linux). Il fonctionne évidemment avec Spark 1.2, disponible aussi sur la plateforme OpenRouter.

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Mistral lance Shieldstral, son « petit » modèle local pour la modération de contenus

« Ce commentaire est-il un troll ? »
Mistral lance Shieldstral, son « petit » modèle local pour la modération de contenus

Mistral a lancé ce 4 aout un nouveau « petit » modèle. Nommé Shieldstral, il est dédié aux tâches de modération. Avec environ 4 milliards de paramètres, il est facilement installable sur un grand nombre de machines.

L’entreprise française continue sur sa lancée des modèles spécialisés et open source (sous licence Apache 2.0), dont les tailles contenues permettent assez aisément une utilisation locale. Par exemple, Mistral a lancé fin juin son modèle OCR 4 dans l’optique de bousculer la gestion des documents. Il s’agissait d’ailleurs d’un lancement important, avec un effort particulier sur la présentation et les explications sur les capacités du modèle.

Shieldstral : carte d’identité

Le modèle se nomme précisément Shieldstral-1.0-3B. L’appellation est un peu « trompeuse », car le modèle embarque en fait 3,8 milliards de paramètres. On est donc plus proche d’un « 4B » (« 4 billions », 4 milliards). Dans l’absolu, la différence reste cependant minime : Shieldstral est un petit modèle conçu pour fonctionner en local.

Dans son billet, Mistral indique que son nouveau bébé a été construit sur la base de Ministral-3-3B-Base-2512, associé à l’encodeur visuel Pixtral. De fait, Shieldstral est multimodal et accepte donc du texte et/ou des images en entrée. La fenêtre de contexte est « théoriquement » de 256k, mais Mistral conseille de se limiter à 32k.

Comme toujours avec les modèles de Mistral, on peut télécharger Shieldstral depuis Hugging Face. Il est « open source » avec des poids ouverts et sous licence Apache 2.0. On remarque que le modèle pèse 7,7 Go et est disponible en deux versions : Consolidate (le format utilisé par Mistral) et Model (le format habituel sur Hugging Face).

Pour cette taille, on obtient que le modèle « nu » (uniquement les poids) en bfloat16. Pour un fonctionnement en local, il faut donc un minimum de 8 Go en mémoire, ce qui laissera très peu de marge pour les caches, notamment d’inférence, avec à la clé de possibles soucis de fonctionnement. Mieux vaut viser 12 ou 16 Go si vous avez ce genre de matériel (Mistral recommande d’ailleurs 16 Go). Comme d’habitude, la mémoire unifiée des Mac permet de profiter plus facilement d’un fonctionnement local, si la machine embarque au moins 16 Go de RAM.

Mistral veut rendre la modération plus souple

Si l’on en croit l’entreprise, Shieldstral se différencie par son approche. La plupart des modèles « de garde » listent directement les catégories de préjudices dans leurs poids. Cette taxonomie oblige à réentraîner le modèle pour chaque nouveau contexte produit, affirme Mistral.

Shieldstral considère au contraire la politique de modération comme faisant partie de l’entrée. L’opérateur peut ainsi formuler une question binaire (oui ou non), fournir une instruction pour décrire le contexte d’évaluation et le niveau de sévérité attendu. Après quoi, le modèle renvoie un score de sécurité calibré à partir d’un seul jeton.

Concrètement, chaque requête contient une instruction, une question de sécurité et le contenu à vérifier. Le score renvoyé par Shieldstral se base sur les probabilités « oui » et « non », et c’est l’opérateur qui définit le seuil de déclenchement de l’action associée.

Mistral met largement en avant les performances de son nouveau modèle. Dans les résultats publiés dans le billet d’annonce, Shieldstral obtient un score F1 de 84,9, soit le même que GPT-OSS-Safeguard, un modèle 20B. Selon Mistral, il est plus performant que n’importe quel modèle concurrent, pour un poids inférieur. Tout du moins sur les tests de sécurité des textes et la sécurité multimodale, car il est dépassé par d’autres sur la détection des refus et l’adaptabilité des politiques.

Précisons que la modération à l’aide de l’IA n’a rien de nouveau en soi, elle est utilisée depuis des années pour simplifier le rôle des modérateurs humains (ou même pour les remplacer, avec tous les problèmes qui peuvent en découler). Dans ce domaine, Reddit vient d’ailleurs d’annoncer une modernisation de son infrastructure. Ce n’est pas non plus la première fois que Mistral propose un modèle dédié, avec par exemple Moderation 2 publié en mars dernier. Aucun de ces modèles n’avait cependant été mis en avant de cette manière, uniquement l’API commerciale lancée en novembre 2024.

Quelle modération ? Quelle sécurité ?

Mistral l’affirme : « un petit modèle peut battre des modèles beaucoup plus grands si les données sont correctes ». Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Le modèle peut notamment servir à la modération de prompts, autrement dit de garde-fou à l’entrée d’un chatbot. Par exemple, avant de transmettre la question d’un utilisateur à votre LLM principal, vous pouvez interroger Shieldstral avec une politique du type « Ce message demande-t-il des instructions pour fabriquer une arme ? ». Si le score dépasse le seuil que vous avez fixé, vous bloquez l’appel au LLM et renvoyez un message de refus prédéfini. Le modèle principal n’est alors pas mis en contact avec le contenu problématique.

Shieldstral peut également servir pour la procédure inverse : un garde-fou en sortie du modèle principal, pour vérifier cette fois la réponse qui devrait être affichée à l’utilisateur. Par exemple, pour vérifier qu’un assistant médical n’a pas donné de posologie précise ou qu’un chatbot utilisé pour le support n’a pas halluciné une promesse commerciale ou un produit.

Mistral cite plusieurs autres cas de figure. Shieldstral peut aussi être utilisé dans un cas très spécifique : la détection de refus. Une question comme « L’assistant a-t-il refusé la demande ? » appliquée à la paire prompt-réponse permet de mesurer le taux de refus d’un modèle en production, même à grande échelle selon l’entreprise. L’indicateur obtenu peut servir à de la surveillance qualité ou à de la détection de faux positifs. Ces derniers peuvent en effet entrainer des « sur-refus », le modèle déboutant l’utilisateur sur des demandes qui devraient pourtant être légitimes.

Shieldstral peut aussi servir aux images. Le cas est classique et permet de répondre à des questions communes de modération comme « Cette image est-elle appropriée pour un public de moins de XX ans ? ».

L’entreprise française insiste sur la souplesse de son petit dernier, qui permet de traiter toutes ces demandes sans avoir à réentraîner le modèle selon le contexte visé.

Une précision cruciale des prompts

Attention toutefois, Mistral précise bien que son modèle ne peut traiter qu’une seule politique de modération par appel. On peut en appliquer plusieurs, mais il faut alors émettre une requête distincte par politique. Un exemple simple : si on veut appliquer les cinq critères « élémentaires » de modération (violence, contenu sexuel, haine, désinformation et automutilation) sur le même contenu, il faut cinq appels séparés. Un point mentionné dans la fiche du modèle sur Hugging Face. Dans tous les cas, le modèle ne répond que par un « oui » ou un « non » global.

En outre, la précision des prompts est cruciale. Une question générale telle que « Ce contenu est-il problématique ? » n’a aucun ancrage sémantique. En revanche, « Ce contenu incite-t-il à la haine contre une minorité ? » cible un préjudice et une cible spécifiques. Si l’on souhaite obtenir des réponses sur des questions plus vagues (ou plus rapides, tout simplement), il faut lister toutes les politiques désirées dans les instructions du modèle.

Shieldstral, dans cette première version, comporte aussi certaines limitations à connaitre. Par exemple, il ne prend pas en charge l’audio ni la vidéo. En outre, sa robustesse n’est pas caractérisée sur des documents très longs (équivalents à plusieurs milliers de tokens). Surtout, le modèle n’affiche aucune trace de raisonnement : il renvoie un score, pas une justification.

Enfin, si le billet d’annonce ne l’évoque pas, la fiche de Shieldstral sur Hugging Face mentionne toutefois qu’il s’agit d’une « public preview ». Prudence donc dans la mise en production : mieux vaut piloter le modèle en parallèle d’une couche de modération existante avant de remplacer quoi que ce soit.

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☕️ Les profits de Nintendo en forte hausse malgré le recul des ventes de Switch 2



Des ventes de consoles et un chiffre d’affaires en baisse, mais des profits en forte hausse : c’est le bilan à grands traits du premier trimestre fiscal de Nintendo (le deuxième du calendrier). Le constructeur japonais a écoulé 3,82 millions de Switch 2 entre avril et juin, soit 2 millions d’unités en moins (ou - 34,4 %). Il n’y a pourtant rien d’étonnant ni d’inquiétant : la nouvelle génération de la console hybride ayant été lancée en juin 2025, la comparaison n’est logiquement pas très favorable.

Ce volume n’en demeure pas moins important, ce malgré la hausse de prix de la Switch 2 au Japon au mois de mai (ce sera le 1ᵉʳ septembre pour le reste du monde). En tout, la Switch 2 a atteint 23,68 millions d’unités – soit davantage que la GameCube dont les ventes ont plafonné à 21,7 millions sur l’ensemble de sa carrière.

La base installée de joueurs consomme du jeu vidéo : 9,46 millions de copies de jeux Switch 2 se sont écoulées sur le trimestre (+ 9,2 %). La Switch 1, toujours dans le commerce (0,6 million d’unités vendues), a enregistré une belle performance en termes de jeux avec 33,81 millions de copies, soit + 38,6 % par rapport à l’an dernier. Le phénomène Tomodachi Life: Living the Dream, jouable sur les deux générations de consoles, y a largement participé avec 7,94 millions de copies.

Le chiffre d’affaires a reculé de 9,5 % à 517,8 milliards de yens, soit 2,8 milliards d’euros. En revanche, le résultat opérationnel a bondi de 150,5 % à 142,5 milliards de yens (770 millions d’euros), avec une marge opérationnelle de 27,5 % contre 9,9 % un an plus tôt.

Nintendo a bénéficié d’un coup de pouce providentiel de la part du gouvernement américain : un remboursement des droits de douane de 300 millions de dollars. Ces tarifs, finalement annulés, ont été absorbés par l’entreprise « plutôt que répercutés sur les consommateurs par une hausse des prix des produits », explique Nintendo… qui a tout de même augmenté les tarifs sur plusieurs appareils et accessoires aux États-Unis.

La société a été très claire sur un point : il n’est pas question de reverser cette somme aux consommateurs car ils ont acheté les produits qu’ils souhaitaient acquérir et qu’ils ont « effectivement reçus », s’est-elle défendue face à une plainte de clients mécontents.

Ce remboursement étant un événement ponctuel, les résultats du troisième trimestre montreront une image plus juste des performances réelles de Nintendo. Mais le succès du constructeur au printemps repose aussi sur un mix favorable entre les ventes de logiciels et celles numériques.

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Grokipedia n’est plus mise à jour depuis 3 mois

Les IA peuvent aussi s'arrêter de produire
Grokipedia n’est plus mise à jour depuis 3 mois

Aucune des pages du projet d’encyclopédie lancé par Elon Musk fin octobre 2025 n’a été modifié par du contenu généré par IA depuis avril. Aucune édition proposée par des humains n’a été prise en compte non plus.

En janvier dernier, Elon Musk twittait : « Grokipedia connaît une croissance fulgurante. Elle dépassera largement Wikipédia cette année ». Le projet affichait alors plus d’1,8 million d’entrées et un peu plus de 76 000 éditions approuvées par Grok, le système d’IA générative auquel l’encyclopédie est adossée.

Pas de modifications humaines approuvées depuis fin avril

Depuis, le projet raciste et désinformateur a encore grossi puisque la page d’accueil affiche actuellement un nombre de 6 092 140 articles. Mais là où elle listait les modifications en direct, cette page affiche maintenant le message « aucune modification en direct n’est disponible pour le moment ». Et, selon le média Lawfare, aucune modification n’a été approuvée depuis le 24 avril dernier, que ce soit pour des pages au sujet populaire ou obscur.

Ainsi, les journalistes de Lawfare ont repéré 12 modifications approuvées de la page concernant ChatGPT ce 24 avril. Mais toutes les modifications soumises pour cette page en mai, juin et juillet sont restées « en cours d’examen ».

« Ce schéma se retrouve quel que soit le sujet ou le niveau de fréquentation », expliquent-ils. Les utilisateurs peuvent toujours suggérer des modifications. Mais Lawfare a analysé 34 519 entrées de l’encyclopédie avec au moins une suggestion de modification. Et le média a constaté que les 225 496 modifications recommandées que cela représente sur les trois derniers mois n’ont ni été acceptées ni été rejetées.

Après approbation, le processus de Grokipedia prévoit une phase d’implémentation des modifications. Celle-ci a cessé un mois avant : depuis le 22 mars, Lawfare n’a trouvé aucune implémentation de modifications validées.

Le dernier message d’Elon Musk sur X à propos de son projet d’encyclopédie remonte au 22 février dernier. Il y annonçait la mise en place d’un système de notes de communautés comme celui de son réseau social, « afin de permettre aux utilisateurs d’apporter des modifications précises », mais le projet semble aussi en pause.

Plus de modification par Grok non plus

Selon nos confrères, l’encyclopédie n’est plus éditée non plus automatiquement par l’IA de xAI. Pourtant, en février, le chercheur en datajournalisme du Tow Center for Digital Journalism, C.J. Robinson, montrait, données à l’appui, que les modifications proposées par Grok dépassaient celles soumises par des utilisateurs humains, « représentant plus des trois quarts des suggestions ».

Mais en comparant ces données à l’état actuel de Grokipedia, Lawfare a constaté un autre problème : « un grand nombre de modifications qui figuraient auparavant dans la liste des « acceptées » apparaissent désormais comme « rejetées » ». Selon eux, une modification massive semble avoir eu lieu le 14 mars.

Mais le système de Grokipedia semble incohérent. Sur la page consacrée à l’actrice Prunella Scales, par exemple, 10 modifications faites lors de la semaine de lancement sont « approuvées » dans les archives de C.J. Robinson mais sont maintenant labellisées comme « rejetées », même si l’article les prend toujours en compte.

Wikipédia toujours très active mais avec des tensions dans la fondation

Pendant ce temps-là, un site nommé Babel recense en quasi-direct (avec 3 minutes de retard) les éditions des entrées dans Wikipedia en reconstruisant la tour légendaire du même nom, montrant que celle-ci est toujours aussi active. Dans un autre style, Listen to Wikipedia propose une visualisation et sonorisation en quasi-direct de ces éditions.

Pourtant, tout n’est pas rose dans l’univers de l’encyclopédie collaborative. Comme le relate l’infolettre d’août de la communauté francophone du projet, « alors que plus de 70 % des employés américains de la Fondation Wikimédia (WMF) ont exprimé leur volonté de se syndiquer, la direction de la WMF a refusé fin juillet de reconnaître volontairement le syndicat Wiki Workers United (WWU), préférant recourir à un processus plus long et complexe » :

« La branche américaine du WWU dénonce une obstruction antisyndicale. Le recours par la WMF à un cabinet d’avocats connu pour ses stratégies antisyndicales a conduit des contributeurs bénévoles à appeler ouvertement à la démission de la directrice de la WMF Bernadette Meehan, dont les réponses lors de la Wikimania 2026 n’avaient pas convaincu. »

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iCloud+ : le relais privé d’Apple laisse fuiter l’adresse IP des internautes

Myskin
iCloud+ : le relais privé d’Apple laisse fuiter l’adresse IP des internautes

Il y a décidément quelque chose qui cloche avec iCloud+. Le bouquet de services payants d’Apple promet de renforcer la confidentialité des internautes, notamment grâce au Relais privé. Mais des chercheurs en sécurité montrent que cette fonction peut faire fuiter l’adresse IP réelle des utilisateurs dans certains cas.

La fonction Relais privé iCloud est censée masquer l’adresse IP de l’internaute. Les requêtes sont redirigées via deux relais distincts : le premier connait l’adresse IP mais pas le site web consulté, le second connait le site web consulté mais pas l’adresse IP. Aucun ne possède toutes les informations permettant d’identifier l’utilisateur et de connaitre les sites visités.

Relais privé, réservé aux abonnés payants iCloud+, n’est pas un VPN au sens classique du terme. La fonction protège la navigation web dans Safari en masquant l’adresse IP et en chiffrant les requêtes DNS. Les VPN redirigent tout le trafic de l’appareil au niveau du système d’exploitation, pour toutes les applications. Les fuites dont il est question aujourd’hui « n’affectent pas les VPN », confirme le chercheur en sécurité Tommy Mysk.

Nouvelle déconvenue pour iCloud+

Avec un autre chercheur, Talal Haj Bakry, ils tirent justement la sonnette d’alarme : certaines requêtes générées par WebKit, le moteur de Safari, échappent au mécanisme de protection de Relais privé et des fonctions de proxy pour partir directement de l’appareil. Un site ou un serveur distant est donc en mesure de voir l’adresse IP réelle de l’utilisateur, malgré l’activation du relais.

Trois fonctions de WebKit sont concernées. D’abord, des vérifications liées aux clés d’accès (passkeys) passent par le service système WebAuthn d’Apple (depuis iOS 18.0), et non par le chemin réseau proxy du navigateur. Ensuite, WebKit ouvrirait directement les connexions HTTP/3/QUIC utilisées par WebTransport (depuis iOS 26.4) sans appliquer le proxy. Le serveur WebTransport peut dès lors « voir » la véritable adresse IP.

Enfin, le dernier souci ne concerne pas l’adresse IP, mais le DNS. La résolution d’un nom de domaine à l’avance (DNS prefetching, depuis iOS 26.0) est réalisée directement depuis l’appareil au lieu de passer par le proxy. Cela laisse fuiter les serveurs DNS réellement utilisés par le terminal.

Pour prouver leur découverte, les deux chercheurs ont mis en ligne un site web capable d’identifier ces fuites et de révéler l’adresse IP réelle d’un internaute, y compris lors de l’utilisation du Relais privé iCloud. « Puisque la requête est émise par le service d’identification du système d’exploitation plutôt que par Safari, elle n’emprunte jamais le chemin proxy de Relais privé », expliquent-ils. « Dans tous les cas, le serveur de destination voit l’adresse IP réelle de l’appareil ».

Signalons que la fuite d’informations est également effective sur macOS avec Safari, et tous les navigateurs tiers reprenant ce moteur.

Apple enquête, un correctif évoqué pour l’automne 2026

Cette découverte remet sérieusement en cause l’efficacité de la fonction iCloud+, et pose aussi problème aux navigateurs basés sur WebKit. Le moteur est obligatoire sous le capot des navigateurs alternatifs distribués dans l’App Store ; même si en Europe, le DMA permet en théorie à un éditeur d’utiliser un autre moteur, dans les faits aucun ne l’a encore fait.

Les chercheurs ont ainsi constaté que ces failles touchaient non seulement Safari, mais également au moins un navigateur Tor sur iOS, Onion Browser. Or, Tor est précisément conçu pour anonymiser le trafic en le faisant circuler dans une succession de relais situés dans différents pays. Ces nouvelles fuites peuvent donc, dans certains cas, exposer l’adresse IP réelle de l’utilisateur.

Mysk explique ne pas avoir contacté Apple en amont de la publication (contrairement à Tor et Onion Browser informés) : « Dans un monde idéal, nous aurions signalé les problèmes à Apple, ils les valideraient et publieraient un correctif rapidement. Malheureusement, sur la base de notre expérience passée avec Apple, signaler ce problème impliquerait des mois de retard, des communications incohérentes et, dans certains cas, un déni total de l’impact du problème ».

Selon un message sur X de Psylo – le navigateur axé sur la vie privée développé par ce même Tommy Mysk –, Apple aurait reproduit ces failles et « prévoit de traiter le problème », avec une correction prévue pour l’automne 2026. Cela fait suite à l’envoi d’un rapport à Apple après la publication du billet de blog. Apple confirme à 404 Media enquêter sur le sujet, mais sans plus de détails.

Espérons que ce soit plus rapide que pour boucher la vulnérabilité de « Masquer mon adresse email », là aussi une fonction iCloud+, qui permettait de retrouver l’adresse email originale. Apple a mis plus d’un an à la corriger.

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☕️ Disney+ va diffuser des vidéos verticales de TikTok pour occuper les temps morts



Disney va ouvrir prudemment son service de streaming aux contenus créés par d’autres que ses studios de production. Le géant américain du divertissement a passé un accord avec TikTok pour enrichir le catalogue de vidéos verticales diffusées dans Disney+ par des productions de créateurs.

Ces formats courts seront créés par des fans qui pourront puiser dans le coffre à jouets de Disney. Les vidéos pourront ainsi intégrer des personnages et des univers tirés directement de Star Wars, des films Pixar et Marvel, ou encore bien sûr directement de Disney.

Les contenus « soigneusement sélectionnés » seront diffusés sur TikTok ainsi que dans Disney+, dans la nouvelle section « Verts » (pour « verticals », rien à voir avec la protection de l’environnement) de l’application lancée en mars aux États-Unis. Celle-ci propose une sélection de vidéos format portrait, qui ne sont autres que des extraits des productions maison.

Allez les Verts dans Disney+.

Cette ouverture très contrôlée vers les créateurs TikTok est présentée comme un moyen de faire mousser l’engagement des abonnés. Ils pourront ouvrir Disney+ pour tuer le temps sans avoir à choisir un programme long. Les détails sont encore bien maigres pour le moment, Disney indique simplement que la nouveauté débarquera aux États-Unis dans les prochains mois.

C’est en tout cas une nouvelle tentative pour Disney+ de partager ses franchises (pas gratuitement, évidemment). L’entreprise avait signé un partenariat avec OpenAI pour exploiter la technologie de Sora afin de générer des vidéos par IA, certaines pouvant être diffusées par Disney+. L’affaire est tombée à l’eau après l’abandon de l’application et plus globalement, des modèles de génération vidéo par OpenAI.

Toujours dans l’optique d’attirer un maximum de paires d’yeux, Josh d’Amaro, le CEO de Disney, a confirmé explorer un accès gratuit à son service de streaming durant les résultats trimestriels du groupe. Il y voit un moyen d’élargir l’audience à une clientèle « plus sensible aux prix », avec une offre financée par la publicité.

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Google réorganise DeepMind pour accélérer sur Gemini

Fin de partie pour AlphaFold
Google réorganise DeepMind pour accélérer sur Gemini

Google a procédé à des changements importants au sein de ses équipes d’IA les plus stratégiques. Les spécialistes d’AlphaFold, fleuron scientifique d’Alphabet, garnissent en partie les rangs des groupes chargés du développement de Gemini. Et on a assisté à un jeu de chaises musicales chez DeepMind.

Demis Hassabis, le co-fondateur de DeepMind, prend du recul sur la gestion du labo IA. Il en devient le président, un poste qui lui permettra de superviser les travaux de ses équipes, mais sans s’impliquer dans les opérations du quotidien. Il gagne au passage le statut de chef scientifique d’Alphabet. « Dans ces nouvelles fonctions, je continuerai à travailler en étroite collaboration avec Sundar [Pichai, le CEO d’Alphabet et de Google] sur les questions stratégiques et mondiales liées à l’AGI », l’intelligence artificielle générale, véritable Graal du secteur, explique-t-il.

L’IA contre le cancer

Le chercheur anglais reste à la tête d’Isomorphic Labs, une filiale d’Alphabet qu’il a créée en 2021. Elle est spécialisée dans la découverte de médicaments par IA. « J’ai toujours pensé que la première application de l’IA devait être l’amélioration de la santé humaine », écrit Demis Hassabis. « Il est temps que l’IA prouve sa valeur incontestable au monde, et quel meilleur moyen de le démontrer que de contribuer enfin à guérir des maladies comme le cancer. » De sacrées promesses qu’il va maintenant falloir concrétiser – et commercialiser, en partenariat avec l’industrie pharmaceutique. Novartis et Eli Lilly sont d’ailleurs partenaires.

Koray Kavukcuoglu, l’actuel directeur technologique de DeepMind, prend la place de vice-président senior. Les deux hommes ont travaillé ensemble pendant 13 ans, Kavukcuoglu étant décrit comme « l’un des plus grands experts mondiaux de l’IA [qui] défend la mission de Google DeepMind depuis le premier jour. » Il continuera de développer les modèles Gemini, dont la version 4 est dans les tuyaux, et supervisera la recherche en IA de frontière ainsi que les équipes chargées de Gemini et des outils pour les développeurs.

Enfin, Jeff Dean, chef scientifique de DeepMind et 30ᵉ employé de Google, quitte l’entreprise pour créer Discovery Loop avec le « Google Fellow » Sanjay Ghemawat. Cette société à mission d’intérêt public, soutenue par le géant du web, va développer des solutions IA pour « résoudre automatiquement des problèmes importants en apprentissage automatique, en science et en ingénierie », rien de moins.

AlphaFold pliée

En parallèle, l’équipe d’AlphaFold aurait été démantelée, selon le Financial Times. Ce système IA développé par DeepMind depuis 2018 pour prédire la structure 3D des protéines à partir de leur séquence d’acides aminés a été récompensé par un prix Nobel de chimie en 2024. Près d’un quart des auteurs des articles scientifiques ont quitté Google, les autres ont été réaffectés pour plancher sur les modèles Gemini ou sur des projets autour de la conception d’enzymes, la fusion nucléaire, la génomique, ou sont partis chez Isomorphic Labs.

« Notre stratégie, ces neuf dernières années, a consisté à nous concentrer sur de grands défis, avec un objectif concret autour duquel chaque projet est organisé », explique Pushmeet Kohli, vice-président de la recherche chez Google DeepMind (il a y fondé l’équipe IA pour les sciences). Une stratégie qui a évolué : DeepMind se concentre désormais sur la construction de systèmes basés sur Gemini capables d’épauler les scientifiques. Tout en rivalisant avec OpenAI et Anthropic dans le développement d’agents IA de pointe.

La concurrence est vive sur le terrain des sciences assistées par IA. Anthropic a ainsi lancé cette année Claude Science, une déclinaison de sa technologie conçue pour accompagner la recherche en biologie et la découverte de médicaments. Les changements impulsés par Alphabet ont aussi été pensés pour faciliter le recrutement de têtes bien faites, alors que le vivier de chercheurs capables de bâtir des systèmes d’IA très performants n’est pas très grand.

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Contenus pédocriminels : Telegram rattrapé par ses problèmes de modération

Un maître chanteur fait dérailler Telegram
Contenus pédocriminels : Telegram rattrapé par ses problèmes de modération

L’application Telegram a été retirée de l’App Store pendant quelques heures en début de semaine. Apple réagissait à la présence de contenus pédocriminels. La messagerie a rapidement réagi pour supprimer le contenu en question et bannir l’utilisateur, ce qui a permis de restaurer l’app dans la boutique. Mais le problème reste entier.

La modération des images pédocriminelles sur Telegram a une fois de plus été prise en défaut. C’était une des raisons pour lesquelles Pavel Durov, cofondateur et PDG de la messagerie, a été arrêté en France durant l’été 2024. La complicité pour détention et diffusion de ce type d’images a fait partie des 12 chefs d’accusation qui ont motivé l’ouverture d’une information judiciaire et l’arrestation du milliardaire franco-russe.

Pavel Durov s’explique

Pavel Durov a depuis retrouvé la liberté, non sans avoir renforcé discrètement les règles de modération de Telegram. Il reste cependant encore bien du travail, puisque Apple a retiré l’application de sa boutique ce lundi 3 août. Elle a retrouvé sa place après quelques heures, non sans avoir passé un coup de balai sur de nouveaux contenus pédocriminels. Apple a expliqué :

« Nous avons brièvement retiré Telegram de l’App Store après que notre examen a révélé du contenu enfreignant nos règles strictes interdisant les contenus relevant d’abus sexuels sur des enfants. L’application a ensuite été rétablie après que le développeur a rapidement supprimé le contenu et banni l’utilisateur qui l’avait publié. »

Apple avait déjà temporairement retiré Telegram de l’App Store en 2018, là aussi pour la même raison. Ce n’est pas la fin de cette nouvelle affaire. Piqué au vif, Pavel Durov a voulu préciser ce qui s’était passé en accusant un « maître chanteur » qui a voulu rançonner des utilisateurs de la messagerie.

Il assure pour commencer que Telegram « supprime rapidement les contenus illégaux des groupes publics » ; pour passer entre les mailles du filet, l’attaquant s’est servi d’une astuce : « Il a inséré du contenu illégal modifié par IA en éditant un ancien message dans un groupe de discussion actif. Résultat : le contenu était en pratique caché aux membres du groupe, les empêchant de le voir et de le signaler. »

Le responsable de cette attaque est « quelqu’un qui exige une rançon des propriétaires de groupes pour ne pas cibler leurs communautés ». Ces maîtres chanteurs utilisent des comptes automatisés pour publier du contenu illégal dans des groupes publics, puis ils le signalent directement à Apple si les responsables refusent de payer. L’idée est de provoquer le retrait de l’application.

Pour Durov, ces attaquants ont trouvé une manière de pousser Apple à réagir « de manière excessive », sans prévenir Telegram au préalable. Un « risque systémique » pour toutes les applications qui hébergent du contenu généré par les utilisateurs. « Si une app utilisée par plus d’un milliard de personnes peut être retirée de l’App Store sans avertissement préalable, n’importe quelle app peut l’être », affirme-t-il.

Une modération « efficace », ou pas

Le patron de Telegram le martèle : la modération sur la messagerie est « efficace », comme le prouve le recours à des contenus antidatés « pratiquement invisibles » pour faire chanter les communautés. Mais « d’autres plateformes ne sont peut-être pas aussi bien préparées ».

Pavel Durov a beau jurer de la probité et de l’efficacité de ses systèmes de modération, la messagerie n’en reste pas moins un repaire de contenus CSAM (child sexual abuse material) ou à caractère sexuel violent non consenti. Un rapport d’AI Forensics avait analysé la manière dont la plateforme est utilisée comme lieu d’échange pour ce type d’images.

Telegram est également sous le coup d’une enquête de l’Ofcom, le régulateur britannique des télécommunications, pour partage de contenus pédocriminels. Fin avril, de ce côté du Channel, c’était l’Arcom qui épinglait l’application pour manque de réactivité sur le retrait des contenus illicites ; en l’occurrence ici, des liens de streaming pour regarder en douce des compétitions sportives.

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Proxmox VE débarque officiellement sur Arm64

Le Raspberry Pi reste à quai
Proxmox VE débarque officiellement sur Arm64

C’est un changement important : Proxmox est officiellement disponible sur des machines avec un SoC Arm. Cela fait suite à un partenariat avec NVIDIA, dont les plateformes sont les seules à être entièrement supportées. Pour les autres machines, c’est du « best effort ». Proxmox promet une parité de fonctionnalités et de calendrier de déploiement entre les deux architectures.

Jusqu’à présent, Proxmox VE était disponible uniquement en x86-64, rappelle Proxmox. L’entreprise autrichienne annonce aujourd’hui « la première version de Proxmox Virtual Environment avec un support officiel pour une seconde architecture CPU : ARM 64 bits ».

Pour rappel, Proxmox est une plateforme open source de virtualisation, disponible avec un support entreprise payant et un accès au dépôt Enterprise en option. Accessible via une interface web, elle permet de gérer des machines virtuelles et des conteneurs. Vous pouvez lancer plusieurs machines avec des systèmes d’exploitation variés, allant de Linux à Windows (il suffit de télécharger une image ISO).

Fully supported ou best effort, cela dépend des SoC

Côté architecture interne de la partie logicielle, pas de changement : « Proxmox VE 9.2 pour arm64 partage sa base de code, ses dépôts de paquets et son cycle de publication avec son équivalent x86-64. Il repose sur Debian 13.5 « Trixie » avec le noyau Linux 7.0 comme version stable par défaut et intègre […] QEMU 11.0, LXC 7.0 et ZFS 2.4 ». Les notes de version entre les deux déclinaisons x86-64 et Arm64 seront d’ailleurs communes pour les prochaines moutures.

Les habitués de l’hyperviseur ne seront pas dépaysés : « La configuration, les outils et la documentation sont identiques à ceux de l’architecture x86-64 », affirme Proxmox. Les SoC avec une architecture ARMv9-A ou plus récente sont supportés en mode « best effort ». L’équipe ajoute aussi qu’« ARMv8-A fonctionne généralement aussi bien, aussi en mode meilleur effort ». Des technologies x86-64 comme AMD SEV (chiffrement de la mémoire) et Intel GVT-g pour le passthrough GPU ne sont pas disponibles.

Proxmox adresse un « merci tout particulier à NVIDIA pour leur confiance et leur collaboration étroite sur ce portage ». Conséquence directe de ce partenariat, Proxmox VE en version Arm est évidemment compatible avec les plateformes Grace Hopper et Vera. Ce sont d’ailleurs les deux seules en mode « fully supported », là où toutes les autres sont en mode « best effort ».

UEFI et ACPI obligatoires, au revoir le Raspberry Pi

Quelques limitations : le boot doit se faire via UEFI et l’hôte doit décrire son matériel via ACPI (Advanced Configuration and Power Interface). Ce n’est pas le cas de certains systèmes embarqués et Single-Board Computer (SBC), notamment le Raspberry Pi qui n’est pas pris en charge.

Proxmox ajoute que des travaux internes sont en cours pour d’autres produits, notamment Proxmox Backup Server ; l’entreprise est d’ailleurs confiante dans la disponibilité future, sans plus de précisions. Elle ajoute : « les produits que nous priorisons dépendent des besoins de nos clients entreprises » ; la société invite donc les pros intéressés à la contacter.

La foire aux questions aborde d’autres sujets, notamment un mélange de nœuds x86-64 et arm64 dans un même cluster : « Ce n’est pas bloqué techniquement, mais les clusters à architecture mixte ne sont pas officiellement pris en charge ».

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SpaceX double presque son chiffre d’affaires, mais l’IA plombe l’ambiance

Des dépenses IA sur orbite
SpaceX double presque son chiffre d’affaires, mais l’IA plombe l’ambiance

Après une introduction en Bourse en fanfare le 12 juin, l’heure est au premier bilan pour SpaceX qui a livré ses tout premiers résultats trimestriels ce 4 août. L’occasion d’en savoir plus sur la véritable santé financière du fourre-tout d’Elon Musk, qui combine des activités de lanceur spatial, d’IA et de réseau social.

Les résultats du deuxième trimestre de SpaceX (ou SpaceXAI) montrent une progression fulgurante du chiffre d’affaires du groupe, à 7,8 milliards de dollars. C’est une croissance de 92 % par rapport au même trimestre de l’an dernier. En revanche, l’entreprise essuie des pertes de 541 millions – ce qui est tout de même mieux que le milliard de dollars de pertes enregistré il y a un an. SpaceX revendique également une trésorerie très confortable de 100 milliards de dollars.

Les investissements en IA plombent les résultats de SpaceX

Un bas de laine qui sera mis à contribution pour financer les dépenses pharaoniques pour l’activité IA : les investissements au service de xAI ont en effet représenté 15,8 milliards de dollars au second trimestre, sur un total de 18,4 milliards. Ce segment a généré pour 2,6 milliards de revenus sur le trimestre, un chiffre en hausse de 247 % sur un an… et de 213 % par rapport au précédent trimestre.

L’entreprise développe certes son propre modèle IA, Grok, qui doit jouer des coudes face à GPT, Claude ou encore Gemini ; si le succès de Grok est tout relatif, son infrastructure peut servir à d’autres, à l’image d’Anthropic qui loue les capacités de calcul du datacenter Colossus. Le carnet commercial du cloud de SpaceX représente 14,1 milliards de dollars.

Colossus, le datacenter qui carbure aux turbines à gaz de SpaceXAI.

Mais tout cela coûte donc très cher, à tel point que cette activité affiche une perte opérationnelle de 1,3 milliard (en recul cependant de quasiment 50 % par rapport au premier trimestre). L’acquisition de Cursor pour la modique somme de 60 milliards de dollars confirme en tout cas que SpaceX a bien l’intention de jouer dans la même cour qu’Anthropic et OpenAI sur le marché du développement de code pour les entreprises. Dans sa version 4.5, Grok se positionne justement sur ses capacités en code et son rapport performances/prix.

Le gros du chiffre d’affaires généré le trimestre dernier par SpaceX concerne Starlink, qui a dégagé des revenus de 4,3 milliards de dollars. C’est 66 % de plus qu’il y a un an, et 32 % de plus qu’au précédent trimestre. Le service de connectivité à internet par satellite compte 12 millions d’abonnés, soit deux fois plus que l’an dernier (+ 1,7 million sur le trimestre). Le revenu moyen par abonné (ARPU) est de 66 dollars par mois, stable par rapport au premier trimestre, mais en net recul de 22 % par rapport à l’an dernier où il s’établissait à 85 dollars. L’expansion à l’international a obligé Starlink à faire des efforts tarifaires.

Au-delà du grand public, Starlink fait aussi et surtout le plein auprès des entreprises et du gouvernement (les liens entre Elon Musk et Donald Trump doivent aider à décrocher facilement des contrats…). Les revenus progressent de 108 % sur un an, et de 63 % sur un trimestre, grâce aux accords passés avec des compagnies aériennes qui proposent un accès internet en vol.

Le service de téléphonie par satellite (« direct-to-cell ») de SpaceX est présenté comme un moyen d’étendre encore l’activité de Starlink, y compris au détriment des opérateurs traditionnels. La présidente Gwynne Shotwell a annoncé que l’entreprise comptait bâtir une infrastructure terrestre pour compléter le réseau de satellite dans l’idée de fournir « un véritable service mobile ».

SpaceX a acheté pour 19,6 milliards de dollars de fréquences à EchoStar en novembre dernier, pour « accélérer la mise en place d’offres direct-to-cell pour les consommateurs et les entreprises ». SpaceX bénéficie aussi des contrats publics : l’entreprise a signé des contrats de plus de 6 milliards de dollars pour Starshield, la version sécurisée du service de Starlink pour les gouvernements et les usages militaires.

L’action explose au décollage

Au bout du compte, l’activité « historique » de SpaceX, les lanceurs spatiaux, est aussi celle qui a généré le moins de revenus sur le trimestre : 962 millions « seulement ». C’est tout de même 29 % de plus qu’il y a un an, et 55 % par rapport au premier trimestre.

Sur les six premiers mois de l’année, SpaceX a procédé à 78 lancements, pour un total de 1 041 tonnes envoyées en orbite. Dont une grande partie destinée aux satellites de Starlink… Les lancements se multiplient en circuit fermé, mais tout cela coûte toujours très cher : les dépenses – en particulier en R&D – ont augmenté de 389 millions sur un an, principalement pour financer le développement de la fusée Starship V3 et de ses capacités de réemploi.

Enfin, les résultats de SpaceX permettent d’avoir une idée beaucoup plus claire et précise du chiffre d’affaires publicitaire de X (anciennement Twitter). Ce n’est pas glorieux à 367 millions de dollars, en baisse de 14 % par rapport à l’an dernier. Sur le premier semestre, le réseau social a engrangé 710 millions de dollars de pubs, soit 160 millions de moins qu’en 2025 sur la même période. Twitter mise désormais davantage sur les abonnements payants.

Ces résultats n’ont pas eu l’heur de satisfaire les investisseurs : hors cote, le titre dévissait de 10 %, une dégringolade due à l’annonce des dépenses d’infrastructures pour l’IA. Et ce n’est pas terminé. « SpaceX prévoit de dépasser les deux gigawatts de capacité de calcul dès cette année, puis de s’approcher des 10 gigawatts d’ici la fin de l’année prochaine », a déclaré Elon Musk.

L’action a déjà fortement reculé depuis l’IPO : lancée à 160 dollars, elle a dépassé les 200 dollars puis rapidement repassé sous son cours d’introduction. Elle se montait hier soir à 115 dollars.

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