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☕️ OpenAI bannit les comptes ChatGPT d’une opération russe de désinformation



OpenAI a supprimé un certain nombre de comptes ChatGPT connectés à une opération russe de désinformation. Ces derniers généraient des messages sur les réseaux sociaux pour faire la promotion de l’IBI (International Burke Institute), une soi-disant « communauté d’experts » basée en Israël.

Illustration : Flock

Ces messages, postés en anglais et en allemand sur X (anciennement Twitter), Telegram, Substack, Facebook et LinkedIn, sont générés de telle manière à masquer les indices linguistiques qui pourraient mettre les lecteurs attentifs sur la piste russe. OpenAI interdisant l’accès de ses modèles à la Russie, les attaquants utilisent des VPN.

La plupart des messages font donc la promotion de l’IBI, associée à un site enregistré en février 2025. Les articles lisibles sur ce site ne sont pas générés par ChatGPT, mais beaucoup sont copiés à partir de véritables travaux universitaires, parfois avec de fausses attributions d’auteurs.

Le site du vrai/faux think tank affirme réunir en son sein plusieurs experts de renommée mondiale, dont Noam Chomsky et Francis Fukuyama. OpenAI relève toutefois que sur 36 articles associés à des experts publiés sur le site de l’IBI entre septembre 2025 et le mois de mai, 34 avaient été copiés depuis d’autres sources. Certains étaient d’anciens papiers, d’autres étaient mal attribués.

Une des « réalisations » les plus notables de l’IBI est un « indice de souveraineté » qui fait l’éloge de la Russie et dénigre les pays occidentaux. Par exemple, la « note » de la France est peu amène pour Emmanuel Macron ; après ses deux mandats, « la France a été ouverte comme un coffre-fort rempli d’un capital historique, et elle est désormais vendue par morceaux ». Outre l’Hexagone, l’Allemagne et l’Union européenne en prennent pour leur grade, certainement en raison de leur opposition à la Russie et sa guerre en Ukraine.

« C’est la première fois que nous déjouons une opération d’influence liée à la Russie qui a déployé des efforts aussi considérables », affirme OpenAI. Malgré tout, l’impact de cette campagne semble limité : les publications sur les réseaux sociaux n’ont généré qu’un faible nombre de vues, les comptes liés à l’IBI comptant de leur côté peu d’abonnés. Exception faite des chaînes Telegram avec 10 000 à 20 000 abonnés pour chaque.

Ce qui est digne d’intérêt, c’est surtout l’infrastructure de cette campagne, dans laquelle ChatGPT n’a finalement joué qu’un petit rôle (produire des messages pour les réseaux sociaux). Mais cet usage de l’IA, même mineur, peut aider à dérouler la pelote d’une opération plus importante.

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Apple muscle les Mac mini et Mac Studio avec les puces M6 et M5 Ultra taillées pour l’IA

M6, la petite puce qui monte
Apple muscle les Mac mini et Mac Studio avec les puces M6 et M5 Ultra taillées pour l’IA

Apple n’attend pas son événement de rentrée pour dévoiler dès à présent de nouveaux Mac mini et Studio, ainsi que de nouvelles puces M5 Ultra et M6 toutes taillées pour l’IA.

Deux nouveaux Mac mini, deux nouveaux Mac Studio, deux nouvelles puces. La fin de l’été est déjà bien chargée pour Apple, alors que la nouvelle gamme d’iPhone devrait être présenté durant l’habituel événement de rentrée le mois prochain.

Mac mini, prix maxi

La fournée de Mac mini se décline en deux modèles. Le premier, proposé à partir de 1 049 euros, fonctionne avec une toute nouvelle puce M6. Par défaut, le petit ordinateur est équipé de 16 Go de mémoire unifiée mais on peut pousser jusqu’à 32 Go, ce qui ajoutera 440 euros à la facture. Le stockage de base, 256 Go, paraîtra bien chiche et l’option 2 To bien chère (+ 1 100 euros). Apple n’a jamais été bon marché sur ces options, mais la crise de la mémoire n’arrange rien.

L’autre Mac mini est plus haut de gamme, malgré sa puce M5 Pro moins récente. La version intégrée au modèle de base, vendue 1 999 euros, embarque un CPU de 15 cœurs et un GPU de 16 cœurs (on peut choisir à la place un CPU 18 cœurs et un GPU 20 cœurs pour 220 euros de plus). 24 Go de mémoire sont fournis d’office, avec une option maximale à 64 Go (+ 1 100 euros). Apple fait un petit effort sur le stockage qui est de 512 Go par défaut. L’ordinateur peut monter jusqu’à 8 To, mais dans ce cas la facture flambe de 4 180 euros supplémentaires.

Image : Apple

Au niveau des performances, ce modèle M5 Pro promet un traitement des requêtes LLM dans LM Studio jusqu’à 4 fois plus rapide que sur le précédent Mac mini M4 Pro. Et puisque tout n’est pas qu’IA générative dans la vie, ce Mac mini gonflé à bloc affiche une vitesse de traitement de rendu avec ray tracing dans Blender 1,4 fois plus rapide que sur le M4 Pro, et un traitement d’images dans Affinity 1,5 fois plus rapide.

Grâce à leur puce N1, les deux nouveaux Mac mini sont compatibles Wi-Fi 7 et Bluetooth 6, des avancées par rapport à la génération de 2024. Ils sont proposés en précommande dès maintenant, pour une livraison à partir du 22 septembre – probablement dans la foulée de la version finale de macOS Golden Gate.

Le Mac Studio joue les gros bras

Si la rumeur avait prédit le lancement de nouveaux Mac mini, la vraie surprise du jour demeure le rafraîchissement du Mac Studio. Pas de puce M6 pour ces ordinateurs de bureau, mais des M5 Max et l’inédite M5 Ultra.

Le modèle d’« entrée de gamme », si l’on peut dire, revient tout de même à 2 999 euros. Pour ce prix, on repart avec une M5 Max (18 cœurs CPU, 32 cœurs GPU), 36 Go de mémoire et 512 Go de stockage, que l’on peut gonfler à 8 To pour la modique somme de 4 180 euros.

Image : Apple

Si l’on veut davantage de mémoire unifiée, il faudra sélectionner une variante plus musclée de la M5 Pro, celle avec un CPU 18 cœurs et un GPU 40 cœurs, ce qui rajoute 330 euros au tarif. Dans ce cas, on déverrouille des options jusqu’à 128 Go (+ 2 200 euros).

Le Mac Studio est proposé à partir de 6 599 euros avec une puce M5 Ultra dotée d’un CPU 30 cœurs et d’un GPU 64 cœurs. Pour 1 430 euros de plus, la machine emporte 36 cœurs de CPU et 80 cœurs de GPU. Le modèle de base est livré avec 96 Go de mémoire et 1 To de stockage (à gonfler jusqu’à 16 To pour 8 250 euros de plus, une broutille).

Les deux modèles intègrent une nouvelle architecture PCIe Gen 6 et une puce N1 pour le Wi-Fi 7 et le Bluetooth 6. Signe des temps, Apple met là encore en avant les capacités de calcul IA de ses Mac Studio. La version M5 Max est ainsi annoncée jusqu’à 3,9 fois plus rapide dans le traitement des requêtes dans LM Studio par rapport au M4 Max. Le M5 Ultra va jusqu’à 4 fois plus vite que le M3 Ultra. Les deux machines sont en précommande, elles seront commercialisées à partir du 22 septembre.

Apple fait chauffer le silicium

Apple profite de l’occasion pour dévoiler ses nouvelles puces, les M5 Ultra et M6. La première, qualifiée de silicium le plus puissant jamais conçu par le constructeur, combine deux M5 Max pour former une architecture à quatre dies censés se comporter comme un processeur unifié. La technologie UltraFusion à l’œuvre porte la bande passante entre les dies à 4,4 To/s, et multiplie « par plus de six » la densité des connexions.

Image : Apple

Le processeur de la M5 Ultra peut compter jusqu’à 36 cœurs, dont 12 « super cœurs » et 24 cœurs hautes performances. Sur les tâches monocœur, la puce devrait se montrer jusqu’à 1,25 fois plus véloce que la M3 Ultra, et jusqu’à 1,3 fois sur les tâches multicœurs.

Le circuit graphique (jusqu’à 80 cœurs) intègre son propre Neural Accelerator pour accélérer, donc, les calculs IA jusqu’à 4,5 fois de plus qu’avec la M3 Ultra. Les performances graphiques sont annoncées jusqu’à 40 % supérieures à celles de la précédente puce haut de gamme (il n’y a pas eu de M4 Ultra).

La puce M6, évidemment bien moins puissante, n’en demeure pas moins intéressante puisque c’est la première du catalogue à être gravée en 2 nm (toujours chez TSMC). Cela lui permet d’embarquer deux Neural Engine de 16 cœurs, contre un seul sur les précédents modèles (les M5 Pro et Max se contentent d’un seul Neural Engine, ces ringards).

Le processeur de la M6 contient 12 cœurs : 2 « super cœurs » qui prennent en charge les tâches monocœur, 4 cœurs hautes performances qui travaillent sur les tâches multicœurs, et 6 cœurs à haute efficacité énergétique pour les tâches courantes en tâche de fond. Apple revendique les meilleurs perfs au monde sur le monocœur, et des performances de 1,2 fois supérieures à celles de la M5 en multicœurs.

Apple soigne aussi les capacités de calcul IA. Le GPU de 12 cœurs emporte un Neural Accelerator dans chaque cœur (jusqu’à 30 % de puissance de calcul pour l’IA par rapport à la M5). La bande passante mémoire, si importante pour ce type de tâches, atteint jusqu’à 170 Go/s (10 % de plus que la M5).

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Des chercheurs listent les centaines de jeux de données menacés par l’administration Trump

Sans collecte, pas de problème de fuite
Des chercheurs listent les centaines de jeux de données menacés par l’administration Trump

375 jeux de données ont été touchés par les décisions de l’administration Trump depuis son retour. La collecte de certains a été arrêtée, d’autres ont été altérés ou même tout simplement supprimés. Des chercheurs essayent de recenser les jeux de données concernés.

Un an et demi après le retour de Donald Trump au pouvoir aux États-Unis, l’altération, la suppression de données ou l’arrêt de leur collecte par son administration n’est plus seulement une menace, mais bien une réalité.

Dès sa nouvelle prise de fonction, les chercheuses et chercheurs du pays lançaient l’alarme à propos des données sur le climat mais aussi à propos de sites web d’information dédiés à la contraception et à l’avortement. Il est, de fait, difficile de suivre toutes les décisions de l’administration de Donald Trump. Ainsi, Next vous annonçait en juin dernier qu’elle avait décidé de démanteler le réseau de recueil de données climatiques dans l’océan le plus avancé au monde. Mais 10 jours après, elle revenait en arrière.

Des données invisibles… jusqu’à ce que nous en ayons besoin

Des chercheuses, chercheurs et ingénieurs ont lancé le projet dataindex.us qui répertorie toutes ces modifications depuis le début de l’année 2025. Menés par Denice Ross, ancienne responsable des data scientifiques à la Maison-Blanche sous Joe Biden, ils essayent de donner le plus d’informations possible sur ce qui est arrivé aux données.

« Comme ces données sont pour la plupart invisibles, leur disparition passe également inaperçue — jusqu’à ce que nous en ayons besoin et qu’elles ne soient plus là », expliquent l’ingénieur Chris Dick et Denice Ross, qui est aussi responsable de l’ONG Federation of American Scientists.

À la question « Quelle quantité de données l’administration actuelle a-t-elle supprimée ? », ils expliquent avoir du mal à répondre : « cela dépend de ce que l’on considère comme des « données » ET de ce que l’on considère comme une suppression ».

Et, en effet, cette petite équipe d’une dizaine de personnes a, jusqu’à maintenant, recensé 375 jeux de données touchés par les décisions de l’administration de Donald Trump. Sur ces 375 jeux de données, 38 ont été purement et simplement arrêtés. Mais, pour le reste, les agences, sur lesquelles Donald Trump a mis énormément de pression depuis le début de son mandat, ont « seulement » supprimé certains éléments des bases de données.

On pourrait penser que ce n’est pas très grave puisque les bases sont toujours actives, mais cela veut dire que certaines des données, souvent précieuses pour l’analyse d’un phénomène, ne sont plus collectées. Très souvent, le dataindex indique : « les éléments relatifs à l’identité de genre ont été supprimés ».

Tous les champs sont touchés, mais l’éducation et la santé particulièrement

Lorsqu’on navigue dans cette base de données, on peut se rendre compte que tous les champs sont touchés, de l’énergie à la justice en passant par l’agriculture ou même les vétérans. Mais l’éducation et la santé restent les sujets sur lesquels l’administration Trump a arrêté le plus de projets : respectivement 10 et 4 jeux de données ne sont plus maintenus par l’administration fédérale états-unienne.

Ainsi, par exemple, les États-Unis ont décidé de ne plus participer à l’enquête du Programme international de recherche en lecture scolaire qui évalue l’apprentissage de la lecture dans laquelle ils figuraient depuis ses débuts en 2001.

Du côté de la santé, c’est le système de suivi et d’évaluation des risques liés à la grossesse que l’administration Trump a abandonné. « La collecte de données se poursuit dans la mesure où les États la financent, mais la pondération normalisée et la publication au niveau national ont cessé », précise le dataindex.

« Notre pays se trouve actuellement dans une situation très vulnérable », déplore Denice Ross au Guardian. « Nous sommes confrontés à un avenir où nous ne disposerons pas des informations nécessaires pour prendre les décisions qui permettront de sauver des vies et de servir les intérêts des communautés américaines ».

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☕️ La mutuelle Solimut alerte sur une violation de données personnelles



La mutuelle Solimut, qui revendique 535 000 adhérents, a indiqué lundi avoir identifié « une cyberattaque ayant entrainé une violation de données personnelles en début de journée ce dimanche 23 août 2026 ». Sur son site, elle indique que ses équipes ont rapidement mis un terme à l’intrusion, et s’attellent désormais à « inventorier de façon précise le périmètre touché ».

Solimut affirme par ailleurs avoir déjà notifié la cyberattaque auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), et se préparer à en faire de même auprès de la CNIL « dans les délais attendus ». Elle promet par ailleurs qu’une communication plus précise sera adressée à ses adhérents une fois les investigations menées à leur terme. En attendant, elle invite « les adhérentes et les adhérents à être prudents dans les prochains jours sur les sollicitations qu’ils pourraient recevoir en cas de prises de contact par mail ou par téléphone d’entités externes à la mutuelle ».

L’avertissement prend la forme d’une annonce affichée en popup sur le site de Solimut – capture d’écran Next

Ce message fait suite à la publication, samedi 22 août, d’une annonce proposant à la vente un jeu de données extrait des systèmes de Solimut. D’après cette revendication, le lot répertorierait des informations relatives à 1,2 million d’assurés, dont plus d’un million de bulletins de salaire et quelque 770 000 comptes bancaires.

Le compte X qui se revendique du pseudonyme ZeroBytes, impliqué dans le récent trio d’attaques sur les systèmes de la DGFiP, a publiquement interpellé Solimut dimanche 23 août, évoquant une injection SQL ayant « permis l’extraction de 4 401 062 lignes, dont 779 750 IBAN et 1 366 638 NIR ».

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La Xring O3 de Xiaomi s’attaque aux meilleures puces du marché

Apple Silicon, version Xiaomi
La Xring O3 de Xiaomi s’attaque aux meilleures puces du marché

Xiaomi développe ses propres puces pour réduire sa dépendance à des fournisseurs tiers comme Qualcomm ou MediaTek. Le constructeur chinois a présenté un nouveau système-sur-puce, le Xring O3, qui affiche des performances pas loin des meilleurs SoC du marché.

À l’image d’Apple, de Samsung ou encore de Huawei, Xiaomi veut ses propres puces. En mai 2025, le constructeur chinois avait dévoilé la Xring O1, un système-sur-puce qui équipe plusieurs appareils de l’entreprise (smartphones, tablettes et montres connectées). Il en a écoulé plus d’un million d’unités depuis leur lancement, dont 125 000 smartphones, selon une source de Reuters.

Grosse patate dans une petite puce

Xiaomi saute l’étape de la Xring O2 (ce qui aurait été assez logique) pour lancer la Xring O3. Toujours destiné aux appareils haut de gamme, le SoC est fabriqué par TSMC selon le procédé N3P (3 nm), un cran derrière le 2 nm du géant taïwanais des semi-conducteurs dont la production a débuté en fin d’année dernière. Les puces des futurs appareils d’Apple, iPhone 18 Pro en tête, devraient être parmi les premières à en bénéficier.

La puce de Xiaomi accueille 24 milliards de transistors sur un die d’une surface de 133 mm2. Elle intègre un CPU doté de 10 cœurs : deux C1-Ultra cadencé jusqu’à 4,35 GHz, quatre C1-Premium à 3,68 GHz et quatre C1-Pro à 3,15 GHz. Le circuit graphique est un Mali-G2 Ultra NX (16 cœurs), qui embarque 8 unités dédiées à l’IA pour la génération d’images intermédiaires et l’upscale. Ce qui libère le NPU de 200 TOPS qui pourra exécuter d’autres tâches.

La Xring O3 est la première puce du genre à prendre en charge la mémoire LPDDR6 avec des débits pouvant allant jusqu’à 10 667 MT/s. De quoi porter la bande passante à 113,8 Go/s pour alimenter très rapidement le GPU et le NPU.

Image : Xiaomi

En termes de performances, Xiaomi a fait les comptes et annonce un gain de 60 % pour le CPU et de 85 % pour le GPU, par rapport à la Xring O1. Surtout, les scores obtenus sur Geekbench 6.5 (3 945 en mono-cœur et 15 221 en multicœurs) la positionne au même niveau qu’une M4 d’Apple en multicœurs, une puce pour Mac. La comparaison est plus flatteuse encore face à l’A19 Pro des iPhone 17 Pro, contre qui la Xring O3 fait jeu égal en monocœur et la dépasse de 4 000 points en multicœurs.

On imagine que l’A20 Pro qu’Apple devrait dévoiler cet automne en même temps que la nouvelle gamme d’iPhone remettra quelques pendules à l’heure. Cela n’en reste pas moins des performances de pointe. Tout comme l’est le résultat AnTuTu, un bench synthétique qui mesure les performances globales d’un smartphone en combinant CPU, GPU et la mémoire. Avec un score de 5 228 014, la Xring O3 est le premier SoC mobile à franchir le seuil des 5 millions.

Attention, il s’agit de tests réalisés par Xiaomi et comme toujours, ces chiffres sont à prendre avec prudence. La question de la gestion de la chauffe est également sur la table. Malgré tout, la promesse du constructeur ne devrait pas tarder à être vérifiée sur pièce : les Xiaomi 18 Fold et Pad 9 Pro Max seront les premiers appareils à fonctionner avec cette nouvelle puce. La production initiale viserait de 200 000 à 300 000 unités.

Une alternative aux composants Qualcomm et MediaTek

Ce SoC montre en tout cas la progression de Xiaomi sur le développement de puces en interne. En 2021, le constructeur avait lancé un vaste programme d’investissements sur dix ans (environ 6,3 milliards d’euros) pour s’affranchir de ses fournisseurs. Et avoir du répondant face à Huawei qui a également investi lourdement dans ses propres puces – le géant chinois n’a pas vraiment le choix au vu des restrictions américaines qui le visent directement.

Surtout, cette puce va permettre à Xiaomi de se différencier par rapport aux autres smartphones équipés des mêmes puces Qualcomm et MediaTek. Un moyen aussi de garder une marge confortable malgré la crise de la mémoire. L’entreprise a confirmé travailler avec TSMC sur deux autres puces : la XRing O100 (un NPU gravé en 6 nm) et la XRing D100 (node 3 nm) pour les systèmes de conduite autonome de ses véhicules.

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La loi visant à interdire les téléphones portables au lycée est promulguée et publiée

Si les voeux étaient des poissons, nous lancerions tous des filets
La loi visant à interdire les téléphones portables au lycée est promulguée et publiée

Promulguée lundi par Emmanuel Macron, la loi instaurant l’interdiction des téléphones portables au lycée a été publiée au Journal Officiel. La mesure dispose donc désormais d’un cadre juridique, à temps pour la rentrée de septembre, mais de sérieux doutes planent toujours sur la capacité des établissements scolaires à la mettre en œuvre dans un délai aussi court.

Maintes fois répétée par le chef de l’État, la promesse de l’interdiction du téléphone portable au lycée à temps pour la rentrée de septembre est finalement tenue, au moins sur le papier. Lundi, Emmanuel Macron a en effet annoncé, sur X, avoir promulgué la loi associée. « Une école sans téléphone, c’est retrouver la sérénité de l’apprentissage », a-t-il déclaré.

Quelques heures plus tôt, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon avait confirmé l’imminence de cette promulgation, en sortie de conseil des ministres. Évoquant la censure partielle de la loi « visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux » par le Conseil constitutionnel, elle avait néanmoins estimé que « l’interdiction des portables dans les lycées pourra être effective dès la rentrée avec un cadre juridique stable, consolidé et législatif ». Cette mesure, portée par l’article 3 de la loi, n’a en effet pas été censurée par les Sages.

Interdire et sensibiliser

Après la promulgation, place à la publication : la « loi n° 2026 - 813 du 24 août 2026 » figure bien au chapitre du Journal Officiel daté du mardi 25 août. Amputée de sa principale composante liée à l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans, elle dispose explicitement que l’interdiction des portables, déjà en vigueur en primaire et au collège, s’étend désormais aux lycées.

Pour ce faire, elle modifie l’article L511-5 du Code de l’éducation, en renvoyant la mise en œuvre de la mesure au règlement intérieur de l’établissement concerné et en prévoyant une exception possible pour les formations supérieures dispensées au sein des lycées (classes préparatoires notamment) :

« Les modalités d’application de cette interdiction et les exceptions à celle-ci sont déterminées par le règlement intérieur en cohérence avec le projet d’école ou d’établissement. Dans les lycées dispensant des formations de l’enseignement supérieur, le règlement intérieur peut prévoir des dispositions particulières pour les étudiants. »

La nouvelle loi ajoute également au projet d’école ou d’établissement un pan spécifiquement lié à « l’utilisation des technologies numériques au sein de l’école ou de l’établissement ainsi que des actions menées auprès des élèves, du personnel et des parents en matière de sensibilisation aux effets nocifs d’une exposition non raisonnée aux écrans et au caractère addictif des réseaux sociaux, notamment au regard des enjeux de santé publique ».

Un vœu pieux ?

Du cadre juridique à la mise en œuvre effective de l’interdiction, il y a cependant un pas, que de nombreux syndicats du monde enseignant estiment difficile, voire impossible, à franchir dans de bonnes conditions. Nombre d’entre eux alertent depuis des mois sur la nécessité d’une concertation préalable avec la communauté éducative et sur le caractère contestable de la mesure, qualifiée de simpliste au regard des enjeux complexes qu’elle recouvre.

De façon plus prosaïque, certains remarquent que le calendrier n’est pas tenable : fermés pendant l’été, les établissements n’ont tout simplement pas le temps de procéder aux formalités nécessaires à la modification de leur règlement intérieur. « Les établissements attaquent une année dans laquelle la règle n’est pas écrite dans le règlement intérieur, sauf ceux qui avaient peut-être tenté d’anticiper quelque chose, mais ça reste très très parcellaire », regrette par exemple François Resnais, secrétaire national du SNPDEN-UNSA, principal syndicat des chefs d’établissement, cité par l’AFP.

De son côté, le ministère de l’Éducation nationale a tenté de préparer le terrain, mais bien tard au regard de la fermeture estivale des lycées. Son vademecum dédié à l’interdiction des portables (PDF), daté de juin 2026, rappelle d’ailleurs le processus de mise à jour du règlement intérieur :

« Les élèves doivent être consultés notamment dans le cadre du conseil des délégués pour la vie lycéenne. (…) L’inscription de l’interdiction de l’utilisation du téléphone portable et des autres objets connectés, ainsi que les dérogations éventuelles, dans le règlement intérieur doit ensuite être adoptée par le conseil d’administration (article R. 421 - 20) avant transmission de la délibération au recteur d’académie (article R. 421 - 55). »

S’il prône l’accompagnement pédagogique, ce vademecum invite également les chefs d’établissement à réfléchir au régime de sanctions à appliquer en cas de non-respect de l’interdiction. « Ces réponses doivent être adaptées à chaque situation (c’est-à-dire graduées, personnalisées et proportionnées). Il peut s’agir d’une punition, notamment de la confiscation de l’objet voire d’une sanction disciplinaire », résume-t-il.

Une circulaire du ministère, datée du 2 juillet, invitait quant à elle à faire preuve de flexibilité dans la mise en œuvre de l’interdiction pour ne pas pénaliser le fonctionnement du lycée. « Ainsi, des dérogations limitatives peuvent être prévues pour permettre des usages pédagogiques ou s’adapter à certaines nécessités administratives ou organisationnelles telles que le fonctionnement du centre de documentation et d’information, du service de restauration ou d’hébergement ». Les lycéens apprécieront certainement.

L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans toujours dans le viseur

Sur le sujet plus sensible de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, et donc de la vérification d’âge systématique qu’elle imposerait aux utilisateurs de ces derniers, le gouvernement accuse réception de la censure du Conseil constitutionnel, mais dit maintenir son objectif.

« En parallèle, il y a des initiatives européennes, il y a la mission qui a été donnée au Premier ministre de réfléchir et d’avancer sur un travail qui prendrait en compte les remarques du Conseil constitutionnel. (…) L’objectif du président de la République d’avoir un cadre stabilisé d’ici au printemps prochain pour protéger nos enfants et nos jeunes est évidemment un objectif que nous continuons à poursuivre », a déclaré Maud Bregeon.

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☕️ Changement de domaine : Apple laisse finalement tranquille « Masquer mon adresse e-mail »



Apple recule : les adresses utilisées par la fonction « Masquer mon adresse email » (Hide my Email) resteront finalement émises sur icloud.com. Le constructeur avait l’intention de remplacer le domaine par private.icloud.com. Une modification annoncée mi-juin, qui a fait courir un frisson d’effroi chez plusieurs utilisateurs.

Image : Next

Cette fonction liée à iCloud+, le bouquet payant de services en ligne d’Apple, permet de générer à la volée des adresses email uniques et aléatoires. Par exemple pour s’inscrire sur un site web ou à une newsletter, sans avoir à communiquer son adresse personnelle de type xyz@icloud.com. Ces adresses servent d’intermédiaires : les messages envoyés à ces alias sont automatiquement transférés vers la véritable boîte mail de l’utilisateur.

Le passage d’icloud.com au domaine private.icloud.com aurait permis à un site web ou à une application de repérer très facilement ces alias : ils auraient tous utilisé un domaine distinct des véritables adresses iCloud. Il aurait alors suffi de bloquer private.icloud.com pour refuser ces inscriptions. Une possibilité qui aurait sérieusement réduit l’intérêt de la fonction.

Pour ne rien arranger, Apple n’avait pas expliqué la raison de ce changement. L’entreprise a finalement revu sa copie. Elle a posté une mise à jour sur son site développeurs expliquant qu’« après mûre réflexion et après avoir pris en compte les retours de la communauté », les adresses générées par « Masquer mon adresse email » resteront sur le domaine icloud.com.

C’est donc un ouf de soulagement pour les abonnés iCloud+ qui pourront continuer à masquer leurs vraies adresses icloud.com sans crainte d’être refoulés à l’entrée d’un site web. L’affaire avait fait d’autant plus de bruit que la sécurité de « Masquer mon adresse email » a été remise en cause par une faille permettant justement de retrouver l’adresse réelle de l’utilisateur. Une vulnérabilité corrigée depuis.

Apple a également confirmé que d’ici la fin de l’année, les adresses utilisées par « Connexion avec Apple » seront bien émises sur le domaine private.icloud.com et non plus privaterelay.appleid.com.

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☕️ The Witcher 4 officiellement prévu pour 2028



Maintenant que GTA 6 est presque arrivé (manifestement, il y a même une build qui traine), il est grand temps de tourner notre attention vers un autre poids lourd vidéoludique : The Witcher 4. Michał Nowakowski, co-directeur général de CD Projekt Red, a révélé que le prochain jeu de la fameuse franchise basée sur l’univers de l’écrivain polonais Andrzej Sapkowski est prévu pour 2028.

Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, le dirigeant explique que le jeu occupe désormais plus de 500 développeurs ; c’est ce qu’il faut pour « un monde ouvert immense et immersif bourré d’action intense [qui] raconte une histoire profonde et marquante ». Avec à sa tête Ciri, devenue fille adoptive du héros des trois premiers volets, Geralt de Riv.


La sorceleuse est en effet la protagoniste principale de The Witcher 4, qui sera le premier volet d’une trilogie. CD Projekt Red est d’ailleurs extrêmement ambitieux sur les dates de sortie. À la fin de l’an dernier, Michał Nowakowski confirmait le calendrier établi dès 2022 de trois jeux qui sortiront dans une période de 6 ans. Si le 4e épisode sort en 2028, alors le 5e devrait être disponible vers 2031 et le 6e autour de 2034. Ce ne sont pas des dates fermes, mais elles se basent sur les projections officielles du studio.

Le même Nowakowski expliquait aussi que The Witcher 4 était alors en développement depuis quatre ans, soit depuis 2021 ; la première bande annonce cinématique, ainsi que le nom définitif du jeu, ont été annoncées fin 2024. À l’heure où les AAA exigent cinq, six ou sept ans (voire plus encore) de développement, on a peine à croire à ce feu roulant de The Witcher… Mais chaque chose en son temps : d’abord le 4.

CD Projekt Red avait montré en juin 2025 une démo technique du jeu réalisée avec l’Unreal Engine 5, alors qu’historiquement, le studio utilisait son propre moteur, le REDengine. Une démo d’autant plus impressionnante qu’elle était jouée en direct sur une PS5 de base, à 60 images par seconde avec le ray tracing activé.


Le studio a rapidement précisé qu’il ne s’agissait pas d’une séquence de gameplay de The Witcher 4. Mais le moteur d’Epic sera néanmoins au cœur du jeu : « nous sommes très satisfaits de ce que nous avons obtenu [et] de la manière dont le moteur évolue », avait expliqué Michał Nowakowski. L’Unreal Engine 6 a été présenté en juin dernier.

En attendant de prendre en main la destinée de Ciri, les joueurs pourront relancer leur copie de The Witcher 3: Wild Hunt. Le jeu, sorti en 2015, va recevoir une troisième extension, « Songs of the Past », au sujet de laquelle on aura davantage de détails durant la Gamescom qui ouvre ce mardi 25 août à Cologne, en Allemagne. Le DLC, qui sortira l’année prochaine sur PC, PS5 et Xbox Series S/X, fera le pont entre la saga de Geralt et la nouvelle à venir.

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Twitch accusé d’avoir donné les contenus de ses créateurs à Amazon et ses modèles IA

Collecter n'est pas jouer
Twitch accusé d’avoir donné les contenus de ses créateurs à Amazon et ses modèles IA

À la stupeur générale de bon nombre de créateurs de contenus, Twitch exploite automatiquement le contenu des chaînes pour entrainer les modèles IA d’Amazon. S’il est possible de désactiver l’option, elle est activée par défaut et les données de discussions dans un chat restent exploitables si quelqu’un dans la discussion a accepté de participer à la collecte.

L’histoire n’allait pas en rester là. Une proposition de recours collectif (class action) a été déposée le 20 août en Californie contre Twitch et Amazon, propriétaire de la plateforme de streaming (PDF). L’accusation centrale du plaignant, Warren Pandiscia, streamer du Connecticut, est simple : Amazon aurait utilisé les contenus des créateurs de Twitch sans rémunération ni consentement.

L’évolution des CGU de Twitch appuie la plainte

Mike Minton, le directeur produit de Twitch, avait d’ailleurs justifié ce choix assez franchement : « si c’était à activer volontairement, personne ne le ferait. » La plainte va cependant plus loin que l’annonce du 12 août. Elle soutient en effet qu’Amazon utilisait déjà du contenu de Twitch pour ses modèles IA en 2024. À l’époque, il n’existait aucun mécanisme de refus.

Minton lui-même avait reconnu que Twitch servait effectivement à l’entraînement des modèles d’Amazon mais pour des prototypes, comme l’a rappelé 404media. Le fait que les conditions d’utilisation de Twitch aient été mises à jour le jour de l’annonce plaide en la faveur du plaignant, d’après sa poursuite.

La licence accordée aux utilisateurs permet à Twitch d’exploiter leurs contenus « en lien avec la monétisation des services de Twitch ». Le 12 août, la plateforme change la formulation : la licence peut désormais servir aux activités de Twitch et/ou de ses affiliés. Un changement qui sonne comme un aveu : si la licence précédente autorisait déjà l’utilisation des contenus des créateurs pour les activités d’IA générative d’Amazon, il n’aurait pas été nécessaire d’élargir la finalité de la licence de la sorte.

La plainte formule quatre chefs d’accusation : rupture d’un contrat implicite et du devoir de bonne foi contre Twitch, enrichissement injustifié contre Twitch et Amazon, rupture du contrat explicite contre les deux entreprises, et violation de la loi californienne sur les pratiques commerciales déloyales.

Le plaignant demande la certification de la plainte en class action, qui pourrait dès lors représenter les créateurs Twitch américains dont les œuvres auraient été indûment collectées pour entraîner les modèles d’Amazon.

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Sony rappelle aux joueurs qu’ils n’achètent pas vraiment leurs jeux

82 % de démat’, 100 % de polémique
Sony rappelle aux joueurs qu’ils n’achètent pas vraiment leurs jeux

La fin annoncée des jeux PlayStation sur support physique continue de faire grincer des dents. Et Sony ne calme pas vraiment le jeu en rappelant, dans un courriel envoyé à ses clients, que ses logiciels sont « concédés sous licence » plutôt que vendus. Une règle ancienne, mais qui résonne autrement à l’heure du tout-dématérialisé.

Depuis l’annonce de la fin définitive des supports physiques pour les jeux PlayStation, la marque est la cible des joueurs attachés aux bonnes vieilles galettes. Une colère que le constructeur a attisée récemment, via un courriel rappelant les conditions d’utilisation de la plateforme, notamment que les jeux sont concédés sous licence plutôt que vendus. Une licence qui laisse relativement peu de latitude au joueur.

En annonçant le 1ᵉʳ juillet la fin des supports physiques pour les jeux PlayStation (programmée en janvier 2028), Sony ne s’attendait probablement pas à ce que la controverse soit toujours aussi vivace aujourd’hui. Le constructeur s’est caché la tête dans le sable en attendant que la tempête passe, mais c’est peine perdue : les joueurs désireux de ne pas perdre les avantages des Blu-ray ne décolèrent pas.

Confrontée aux questions des analystes durant la présentation des derniers résultats financiers de Sony le 31 juillet, la directrice financière Lin Tao a bien été obligée de communiquer officiellement sur le sujet. « La décision de mettre fin à la production de disques physiques s’explique notamment par la numérisation croissante des contenus dans leur ensemble, et pas uniquement de ceux destinés à la plateforme PlayStation », a-t-elle rappelé.

« Nous ne prévoyons à ce stade aucun impact sur notre activité », poursuit la dirigeante. Il faut dire que Sony vend très majoritairement les jeux PS4 et PS5 sous forme dématérialisée : 78 % sur l’exercice fiscal 2025, contre 22 % en physique. Durant le premier trimestre fiscal (qui correspond au deuxième trimestre calendaire), 82 % des jeux vendus l’ont été en téléchargement, contre 18 % en physique.

Les chiffres sont clairement du côté de Sony, mais évidemment on n’entretient pas la même relation avec un jeu dématérialisé qu’avec une boîte et un CD, qui peuvent accompagner des souvenirs – et au pire, il est toujours possible de prêter ou de revendre un jeu sur support physique, ce qui n’est pas possible avec un jeu téléchargé.

« À plus long terme, la distribution numérique représente déjà une part importante des ventes de contenus et nous ne nous attendons donc pas à ce que l’arrêt des disques ait un effet négatif sur nos performances », a précisé Lin Tao. Qui ajoute tout de même : « Dans le même temps, nous continuerons à réfléchir attentivement à la meilleure manière de répondre aux préférences et aux attentes de nos joueurs. » Pas vraiment de quoi calmer la fronde des joueurs.

Acheter sans vraiment posséder

Ces mêmes joueurs peuvent avoir l’impression que Sony attise les flammes de leur colère. L’entreprise a en effet envoyé un courriel ces derniers jours qui rappelle les conditions d’utilisation du matériel et des services PlayStation. Rien de très original là-dedans, il s’agit d’un texte assez aride comme le sont généralement les conditions d’utilisation.

Au milieu du contrat de licence de l’utilisateur final se niche un article 1.4 qui revient sur la nature réelle des jeux PlayStation que l’on achète sur le PS Store – une logique qui s’applique aussi aux jeux physiques :

« Le logiciel vous est concédé sous licence, il ne vous est pas vendu. Vous disposez d’une licence personnelle limitée, non exclusive et non transférable pour jouer ou utiliser le Logiciel dans un cadre privé et non commercial sur le système ou l’appareil pour lequel il est conçu. »

S’ensuivent une série d’obligations à respecter : le jeu ne peut pas être loué, modifié, mis à disposition sur un réseau sans autorisation, émulé, piraté, copié, joué en public. Le prêt ou la revente restent en revanche possibles, même si Sony rappelle que le logiciel lui-même est fourni sous licence.

Il n’y a là rien qui sorte de l’ordinaire. Nintendo, Xbox et Valve (Steam) ont des conditions similaires. Mais le fait que Sony ait procédé à ce rappel peine à passer auprès des joueurs toujours fâchés par l’annonce du mois dernier.

Image : @BehindTGames

On ne pourra cependant pas dire que le constructeur prenne les consommateurs par surprise. Outre cette campagne d’emails, Sony a en effet imprimé un « avis important » sur les emballages de PS5. Il prévient qu’« à partir de janvier 2028, les nouveaux jeux sortis sur PlayStation seront disponibles à l’achat sur le PlayStation Store et chez les revendeurs uniquement en format numérique ». Qu’on se rassure, « les disques pour les jeux sortis avant janvier 2028 peuvent toujours être lus sur cette console ».

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☕️ Protection des enfants : TikTok solde une plainte des États-Unis pour 400M$



Le Department of Justice (DoJ) des États-Unis a annoncé vendredi 21 août avoir conclu un accord avec TikTok pour solder les poursuites engagées à son encontre en 2024 en raison d’une protection insuffisante des mineurs sur son réseau social.

En échange de cet abandon, TikTok s’engage à verser immédiatement 300 millions de dollars, et 100 millions de dollars supplémentaires quand un juge aura annulé une précédente injonction remontant à 2019. Cette dernière imposait au réseau social, qui s’appelait alors Musical.ly, une surveillance renforcée et constituait une menace supplémentaire en cas de violation avérée de la loi COPPA (Children’s Online Privacy Protection Act).

TikTok s’exonère ainsi des poursuites engagées à son encontre en 2024 par le DOJ et la FTC, chargée de veiller à l’application de la loi COPPA. La plainte (PDF) formulait trois griefs principaux à l’encontre de TikTok et de sa maison mère, le groupe chinois Bytedance : la possibilité offerte aux enfants de créer un compte sans consentement d’un adulte responsable et l’utilisation à des fins marketing des données associées, le non-respect des demandes de suppression formulées par les parents, et une défaillance qualifiée de « systémique » de la modération chargée de veiller à évincer les comptes manifestement associés à des enfants.

Flock pour Next

Le DoJ rappelle que « TikTok a connu des changements importants au niveau de sa structure de propriété, de sa direction, de ses fonctions de conformité et de ses pratiques en matière de protection de la vie privée ». Il fait ici référence au long bras de fer engagé par Donald Trump pour que la branche US du réseau social passe sous contrôle d’une société détenue majoritairement par des acteurs états-uniens. Annoncé fin 2025, le transfert a été réalisé début 2026.

Les premiers changements découlant de cette nouvelle gouvernance n’allaient pas précisément dans le sens d’un respect accru de la vie privée, au contraire. Le DoJ estime néanmoins que TikTok a désormais mis en œuvre les mesures nécessaires à la protection des jeunes publics : « Ces évolutions ont considérablement contribué à la réalisation des intérêts publics sous-jacents à la procédure engagée par le ministère et ont renforcé la protection de millions de familles américaines ».

TikTok solde ainsi un dossier judiciaire, mais d’autres procédures restent ouvertes à son encontre outre-Atlantique, notamment celle initiée par 14 procureurs généraux en octobre 2024. Le réseau social y est attaqué pour les mêmes manquements, mais sur une base différente : ici, ce n’est pas la loi fédérale COPPA qui est invoquée, mais le droit de la consommation de chacun des 14 États concernés.

En Europe, le réseau social est également dans la ligne de mire de la Commission européenne, dont les conclusions préliminaires, publiées fin juillet, estiment que TikTok ne répond pas correctement aux obligations de protection des jeunes publics prévues par le DSA.

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Uber : 825 millions d’euros d’amende pour la suspension automatique de chauffeurs

RGPD pour tous
Uber : 825 millions d’euros d’amende pour la suspension automatique de chauffeurs

L’autorité de protection des données néerlandaise a infligé à Uber une amende de 825 millions d’euros pour avoir enfreint le RGPD. Uber avait mis en place un système qui suspendait automatiquement les chauffeurs sans aucune décision humaine.

L’Autoriteit Persoonsgegevens (AP, l’équivalent de la CNIL néerlandaise) a infligé à Uber l’une des plus importantes amendes s’appuyant sur le RGPD.

En effet, AP a confirmé ce vendredi 21 août avoir prononcé une amende d’un montant exact de 824 990 000 euros à Uber, car la multinationale « a pris des décisions entièrement automatisées concernant ses chauffeurs ».

« Uber a commis de graves infractions », estime Monique Verdier, responsable de l’autorité. « Des chauffeurs ont été désactivés sans aucune clémence, ajoute-t-elle. « Du jour au lendemain, ils se sont retrouvés sans aucun revenu provenant d’Uber. C’est interdit. Un ordinateur ne devrait pas prendre de lui-même des décisions qui ont des conséquences majeures pour vous. Ces décisions auraient dû être examinées au préalable par un être humain ».

Décision suite à une plainte de la LDH en France

Cette affaire remonte à 2021, lorsque la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a déposé plainte auprès de la CNIL contre l’entreprise, mandatée par 171 chauffeurs VTC. L’ONG accusait Uber de bannir les chauffeurs de son application après « l’envoi de messages automatiques et strictement identiques, tous établis sur le même modèle », expliquait la plainte qu’avait pu consulter l’AFP à l’époque.

La LDH avait pris cette décision en soutien aux chauffeurs VTC du syndicat FO-INV qui, aidés par l’association suisse PersonalData.IO, avaient établi qu’une partie d’entre eux avait été déconnectée de façon temporaire ou définitive.

Cinq chauffeurs VTC représentés par ce syndicat ont récemment déposé une nouvelle plainte contre Uber.

Dans le message automatique envoyé aux chauffeurs, l’entreprise justifiait la plupart du temps la déconnexion par une « violation de l’un des principes de la charte de la communauté Uber » ou une « anomalie », sans ajouter d’information sur le cas spécifique.

L’avocat de la LDH, Jérôme Giusti, suspectait l’entreprise de vouloir faire le ménage alors que le gouvernement venait de signer une ordonnance organisant le dialogue social de secteur, et notamment des élections professionnelles.

« Aucune évaluation humaine n’intervenait dans ce processus »

Le siège social d’Uber pour l’Europe étant à Amsterdam, la CNIL a transmis le dossier à son homologue néerlandaise tout en expliquant avoir « étroitement coopéré » avec elle. L’AP avait déjà infligé une première amende de 10 millions d’euros à Uber en 2023 pour des manquements à l’information des chauffeurs ainsi qu’une deuxième dans ce dossier en 2024, cette fois-ci pour 290 millions d’euros pour avoir transféré les données personnelles des conducteurs européens vers des serveurs installés aux États-Unis.

Pour cette troisième amende, encore plus salée, l’autorité néerlandaise a constaté qu’Uber utilisait un logiciel pour surveiller le comportement des chauffeurs au volant et analyser les avis des clients. « Si ce logiciel détectait un soupçon de fraude ou si les avis des clients étaient trop négatifs, les comptes des chauffeurs concernés étaient automatiquement désactivés », explique-t-elle. « Aucune évaluation humaine n’intervenait dans ce processus » de 2018 à 2022, ajoute l’autorité.

Elle s’appuie (sans le dire explicitement dans son communiqué de presse) sur l’article 22 du RGPD pour justifier sa décision. Cet article affirme que « la personne concernée a le droit de ne pas faire l’objet d’une décision fondée exclusivement sur un traitement automatisé, y compris le profilage, produisant des effets juridiques la concernant ou l’affectant de manière significative de façon similaire ».

Dans sa décision formelle, que l’autorité n’a pas encore rendue publique mais à laquelle le Financial Times a eu accès, l’AP ajoute aussi qu’ « Uber a également porté atteinte au droit d’être pleinement informé de ces décisions automatisées ». À nos confrères, Uber a affirmé sa volonté de faire appel de cette amende qu’elle qualifie de « disproportionnée » sur « des politiques anciennes qui avaient été abandonnées il y a des années ».

L’entreprise ajoute : « Nous prenons très au sérieux les décisions qui affectent la capacité des chauffeurs à gagner leur vie et nous nous engageons pleinement à leur garantir un traitement équitable. Cela inclut des contrôles effectués par des humains, des mesures de protection solides et la possibilité pour les chauffeurs de faire appel de nos décisions s’ils estiment que nous avons commis une erreur ».

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GTA 6 : Take-Two traque l’auteur des fuites et son memecoin lucratif

Le fermier piste la foule
GTA 6 : Take-Two traque l’auteur des fuites et son memecoin lucratif

Alors que plusieurs nouveaux extraits vidéo sont apparus sur les réseaux sociaux, Take-Two et Rockstar se tournent vers la justice états-unienne pour obtenir de Microsoft, Discord et X les informations qui permettraient d’identifier le responsable des fuites liées à GTA VI, pendant que l’intéressé tire profit des transactions réalisées à l’aide de son memecoin.

Depuis le 18 août, date de diffusion des premiers éléments censés illustrer le comportement en jeu du futur GTA 6, Rockstar et Take-Two multiplient les actions de « notice and take down » (notification et retrait) pour faire disparaitre les vidéos des plateformes sociales. À ce stade, le studio et l’éditeur n’ont cependant pas confirmé la fuite, ni communiqué publiquement sur la façon dont cette dernière aurait pu se dérouler, ou ses éventuelles conséquences sur le lancement du jeu, toujours programmé au 19 novembre prochain sur PS5 et Xbox.

Take-Two invoque le DMCA pour identifier Cyberleek

Rockstar et Take-Two ont en revanche très officiellement pris le mors aux dents pour essayer d’identifier la personne, ou le groupe de personnes, qui se cache derrière le pseudonyme Cyberleek et qui a déjà diffusé plus d’une dizaine d’extraits vidéo qui semblent avoir été réalisés à partir d’une version jouable du jeu. Dans l’une de ces vidéos, on voit en effet le personnage incarné par le joueur tracer le mot Leek, allusion explicite au pseudonyme Cyberleek.

Vendredi 20 août, l’éditeur a notamment obtenu d’une cour fédérale de New York une injonction (PDF) destinée à Microsoft et Discord, obligeant les deux sociétés à « produire l’identité des entités ou des personnes soupçonnées de porter atteinte aux droits d’auteur de Take-Two Interactive Software, Inc. ». Le lendemain, il a déposé une nouvelle requête, adressée cette fois à X (PDF). Elle invoque à nouveau la loi états-unienne de protection du droit d’auteur (Digital Millennium Copyright Act, ou DMCA), pour exiger du réseau social toutes les informations permettant d’identifier le détenteur du compte @cyberleek_ar_io.

D’après la plainte, les contenus diffusés par ce compte enfreignent « les droits d’auteur détenus par Take-Two pour GRAND THEFT AUTO VI, logiciel propriétaire appartenant à Take-Two (…) Le matériel protégé comprend, sans s’y limiter, le contenu audiovisuel, les illustrations, les images, les dialogues et autres éléments créatifs ».

Le compte en question a déjà été suspendu par X, tout comme le compte Telegram par lequel le pirate communiquait avec son audience. Sa présence identifiable en ligne se résume de ce fait maintenant à son site Web, sur lequel l’intéressé propose de voter pour choisir le contenu de sa prochaine divulgation de contenu issu du jeu, en échange d’une transaction en cryptomonnaie.

Un site hébergé sur une blockchain à stockage « permanent »

La maison mère de GTA risque d’avoir besoin de moyens plus musclés qu’une simple injonction judiciaire pour obtenir la fermeture du site en question. Celui-ci n’est en effet pas situé chez un prestataire standard (qui pourrait recevoir la notification et procéder au retrait) : il est hébergé sur le protocole de stockage décentralisé Arweave, qui promet un stockage permanent des données sur une blockchain dédiée en échange d’un paiement unique au moment du dépôt.

Sur ce site, le pirate propose aux internautes de voter pour le contenu de sa prochaine révélation, en exploitant une cryptomonnaie éponyme, elle-même basée sur le protocole Solana. En fouillant dans les registres de cette dernière, on découvre que l’opération a fait l’objet d’un montage complexe, visant à dissimuler au maximum les traces qui permettraient de remonter à l’émetteur.

On apprend aussi que le memecoin Cyberleek, utilisé pour ces transactions, a été lancé le 15 août, soit trois jours avant la première fuite. On constate enfin que la mécanique se révèle lucrative à plus d’un titre. De quoi écorner le discours du pirate selon lequel cette fuite est motivée par la volonté de lutter contre la politique de dématérialisation envisagée par Rockstar…

Un memecoin lucratif à plus d’un titre

En partant de l’adresse utilisée par le(s) pirate(s) pour collecter les paiements des internautes en échange de leur vote, nous avons retracé les principales étapes de la création de ce memecoin, le 15 août dernier. L’émetteur a d’abord collecté l’équivalent de 25 000 dollars en SOL (la cryptomonnaie Solana) au travers d’un portefeuille intermédiaire, lui même alimenté de 47 versements réalisés depuis 13 adresses différentes.

À partir de cette mise de départ, il a ensuite créé la monnaie Cyberleek, en émettant 1 milliard de tokens, dont 270 millions ont été envoyés, environ sept minutes après création, sur une adresse distincte.

Tout ou partie du solde a été ouvert aux échanges. La popularité de GTA 6 et la médiatisation associée aux fuites ont rapidement contribué à la visibilité du jeton Cyberleek, dont la valorisation s’est envolée, bien qu’elle ne soit adossée sur aucune valeur tangible.

Typique des memecoins (une cryptomonnaie adossée à un phénomène viral plutôt qu’à un actif concret ou une promesse tangible), cette volatilité est doublement lucrative pour l’émetteur. Outre sa réserve d’actifs qui prend de la valeur avec les mouvements spéculatifs, on constate en effet que le wallet (portefeuille) qui a servi à la création reçoit des versements associés aux frais de transaction appliqués sur les échanges en Cyberleek.

Evolution du cours du Cyberleek – source Coinmarketcap, capture d’écran Next

Dans ce cas précis, l’émetteur a choisi de ne pas capitaliser sur sa réserve d’actifs. L’historique du portefeuille qui l’abritait révèle que les 270 millions de tokens placés en réserve ont été brûlés (détruits) samedi 22 août, une façon peut-être de renforcer le narratif selon lequel la démarche de piratage est altruiste et non motivée par l’appât du gain.

270 millions de tokens ont été brûlés le 22 août, pour une valeur approximative de 795 000 dollars au cours du Cyberleek au moment de l’opération – capture d’écran Next

Notons que ces éléments, documentés par nos soins après analyse des transactions publiques recensées sur le registre de la blockchain Solana, sont parcellaires et ignorent sans doute certains aspects de la mécanique mise en place. Le calendrier qu’ils confirment, calibré pour que la fuite serve de catalyseur au memecoin et la complexité qu’ils esquissent laissent toutefois augurer une démarche préméditée et élaborée avec soin, qui fait plus penser à un réseau organisé qu’à un pirate isolé œuvrant pour la préservation des jeux sur support physique…

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Apple a payé 40 % de ses impôts mondiaux en Irlande en 2025

Petite équipe, gros profits
Apple a payé 40 % de ses impôts mondiaux en Irlande en 2025

Les nouvelles obligations européennes de transparence fiscale permettent de regarder d’un peu plus près où les géants de la tech déclarent leurs bénéfices, et où ils paient leurs impôts. Pour Apple comme pour Microsoft, l’Irlande occupe une place considérable.

40 % de l’impôt mondial sur les sociétés réglé par Apple durant le dernier exercice fiscal de l’entreprise (clos en septembre 2025) est parti dans les poches du fisc irlandais. Soit 17 milliards de dollars, sur un total de 43 milliards. Attention, cela ne signifie pas que cette somme représente une charge fiscale normale ou récurrente, puisqu’elle inclut les 13 milliards d’euros d’arriérés fiscaux imposés à Apple après l’arrêt définitif de la Cour de justice de l’UE en 2024.

Ce très long dossier avait débuté en 2016 par une décision de la Commission européenne qui ordonnait au constructeur informatique de rembourser à l’Irlande des avantages fiscaux jugés indus. Apple a bénéficié de deux décisions fiscales très favorables de la part du pays, en 1991 et en 2007, ce qui a « substantiellement et artificiellement réduit le montant de l’impôt » de deux filiales européennes de l’entreprise, reprochait Bruxelles. On parlait alors d’une imposition de moins de 1 % sur les bénéfices.

Cette véritable saga a connu des rebondissements mémorables, comme l’annulation de la décision de la Commission par le Tribunal de l’Union européenne en 2020. La plus haute juridiction européenne s’est finalement rangée du côté de l’accusation.

Apple et l’Irlande n’ont cependant pas attendu pour mettre en place un mécanisme de remboursement. Dès 2018, l’entreprise versait 14,3 milliards d’euros (les 13,1 milliards d’arriérés d’impôts, plus 1,2 milliard d’intérêts) dans un compte séquestre, en attendant l’issue du contentieux. Le verdict de la Cour de justice de l’UE, en septembre 2024, a permis de débloquer le séquestre : 12,7 milliards d’euros ont ensuite été transférés au fisc irlandais entre l’automne 2024 et le début de 2025. La somme devient alors, juridiquement, un paiement d’impôts à l’Irlande.

Les généreux bénéfices d’Apple en Irlande

Apple a par ailleurs comptabilisé 34,64 milliards de dollars de bénéfice avant impôt en Irlande, soit un peu plus du quart de son bénéfice mondial (132,7 milliards). Un montant considérable, qui représente 6 millions de bénéfice avant impôt pour chaque employé de la filiale irlandaise du groupe (5 575 salariés, soit 3 % des effectifs mondiaux).

Les salariés de la filiale française (2 611 postes) doivent eux se contenter, si l’on peut dire, de 63 700 dollars de bénéfice avant impôt par tête de pipe. Apple a déclaré 1,63 milliard de dollars de revenus dans l’Hexagone en 2025, pour un peu plus de 166 millions de bénéfice avant impôt. L’entreprise a versé 63,37 millions de dollars d’impôts au fisc français.

Apple a l’habitude d’affirmer qu’elle est « depuis longtemps l’un des plus gros contribuables au monde ». En particulier quand des histoires d’optimisation fiscale remontent à la surface.

Si on en sait un peu plus sur la situation fiscale d’Apple en Irlande et ailleurs en Europe, c’est en vertu d’une nouvelle obligation européennes de reporting pays par pays. Les grandes entreprises sont désormais tenues de publier leurs revenus, bénéfices et impôts sur les sociétés, pour chacun des États membres de l’UE (ce PDF pour l’Espagne, par exemple).

Le reporting d’Apple pour son exercice fiscal 2025 dans l’ensemble de l’Union européenne est disponible à cette adresse du site du CRO, le registre officiel des sociétés en Irlande.

Microsoft doit également respecter la règle. On sait ainsi que 38 % du bénéfice mondial avant impôt de Microsoft a été comptabilisé en Irlande durant son exercice fiscal 2025 (qui se clôt fin juin pour l’éditeur). Cela représente plus de 7 millions de dollars par salarié. L’éditeur de Windows appelle d’ailleurs à prendre ces chiffres avec une certaine prudence.

Le reporting pays par pays obéit à des règles différentes de celles utilisées dans sa comptabilité américaine. Il faut également distinguer l’impôt dû au titre d’un exercice, de l’impôt payé effectivement durant la même période. Microsoft prend pour exemple la France, où le montant d’impôt payé durant l’exercice 2025 a été affecté par un remboursement exceptionnel qui correspond à un trop-perçu des années précédentes. Au cours des trois exercices précédents, l’entreprise avait versé à Bercy 374 millions de dollars au titre des impôts.

La fiscalité irlandaise toujours très douce

Dans les comptes 2025 d’Apple (PDF), l’Europe est le deuxième segment géographique par chiffre d’affaires avec 111 milliards de dollars de ventes. Derrière les Amériques (178,4 milliards), mais devant la Chine (64,4 milliards).

L’Irlande a longtemps été un des principaux havres fiscaux en Europe, avec une astuce comptable connue sous le nom de « double Irish ». Ce montage d’optimisation fiscale permettait à des multinationales de faire transiter leurs bénéfices par deux sociétés irlandaises, dont l’une était domiciliée dans un paradis fiscal pour réduire fortement la douloureuse des impôts.

Ce dispositif a été fermé aux nouveaux entrants en 2015, mais le climat fiscal du pays demeure malgré tout très doux. Son taux d’impôt sur les sociétés reste fixé à 12,5 % sur les bénéfices commerciaux. Le taux effectif minimum est de 15 % pour les très grands groupes, en vertu de nouvelles règles internationales.

De nombreuses multinationales ont installé leur siège européen en Irlande, comme c’est le cas d’Apple (à Cork, plus précisément). Le Financial Times rapporte qu’en 2024, trois entreprises ont représenté près de la moitié de l’impôt sur les sociétés au pays : Apple, Microsoft et le groupe pharmaceutique Eli Lilly.

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Les États-Unis abandonnent l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s pour tous

Une neutralité toute relative
Les États-Unis abandonnent l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s pour tous

La FCC a finalement abandonné l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s qu’elle avait elle-même donné à son pays en 2024. Officiellement dans le but d’être « technologiquement neutre », cette décision enlève une épine dans le pied de Starlink.

Le très haut débit pour tous aux États-Unis, c’est pas encore gagné. Et l’administration Trump vient d’abandonner l’objectif d’avoir, à long terme, un Internet à 1 Gbit/s pour tous.

En France, tous les internautes n’ont pas une connexion fixe très haut débit, mais en octobre dernier, l’Arcep annonçait que 93 % des locaux étaient éligibles à la fibre. Cela ne veut pas dire un Internet à 1 Gbit/s pour tous, mais on peut se projeter raisonnablement dans un avenir dans lequel cela sera possible.

De l’autre côté de l’Atlantique, on en est encore loin de cet objectif. Pourtant, comme l’a repéré ArsTechnica, la Federal Communications Commission (l’agence de régulation américaine des télécommunications) a rayé d’un trait de plume l’objectif d’un haut débit de 1 Gbit/s en descente, associé à un débit de 500 Mbps en upload. Cet objectif avait été fixé par la même agence. Mais la directive avait été prise en 2024, sous l’administration de Joe Biden.

Supprimer sans remplacer l’objectif

Depuis le retour de Donald Trump, le républicain Brendan Carr est à la tête de la FCC. Celui-ci avait fait la proposition [PDF] de supprimer cet objectif en juillet 2025. « Nous proposons de supprimer sans le remplacer l’objectif à long terme de 1 000/500 Mbps fixé dans le rapport de 2024 », affirmait-il. « Non seulement l’article 706 ne fait aucune mention d’un objectif à long terme, mais le maintien d’un tel objectif risque de fausser le marché en désignant inutilement des gagnants et des perdants sur le plan technologique ».

Et, en effet, l’objectif fixé sous l’administration Biden ne comportait aucune date butoir à laquelle le pays devait l’atteindre. Mais la FCC aurait simplement pu en fixer une. Quant au deuxième argument, il semble étonnant. Mais il est confirmé dans le document officiel publié par la FCC la semaine dernière.

Ainsi, celui-ci affirme que cet objectif pourrait violer les obligations de l’agence de « rester technologiquement neutre », ajoutant étonnamment qu’« abaisser les normes pour garantir que certaines technologies puissent atteindre un niveau de référence va à l’encontre de la neutralité technologique ».

Pas de preuve qu’un objectif soit nécessaire, selon la FCC

On pourrait imaginer que cet objectif servirait plutôt, aux États-Unis, à pousser les débits vers le haut. Mais la FCC assume son désaccord avec de nombreux commentaires à ce sujet : « Nous ne partageons pas l’avis des commentateurs qui affirment, sans apporter de preuves, que la définition d’un objectif à long terme est nécessaire pour encourager l’innovation et renforcer la compétitivité américaine », indique le document. Une note de bas de page ajoute : « À l’heure actuelle, nous ne connaissons pas la nature des préférences futures des consommateurs et, étant donné que cet objectif n’est pas imposé par la loi et ne sert aucun objectif utile (comme expliqué dans le présent document), nous estimons qu’il est prudent de le supprimer ».

Ciblant, en creux, le lobbying de certains industriels, la commissaire démocrate Anna Gomez a apporté un point de vue différent dans le document officiel : « Abaisser les normes pour permettre à certaines technologies d’atteindre un seuil de référence va à l’encontre de la neutralité technologique », commente-t-elle.

« La neutralité technologique exige l’évaluation de toutes les technologies selon la même norme et le soutien de celles qui offrent les meilleures performances. Nous n’avons pas besoin d’abaisser les normes ni de les supprimer complètement pour permettre à certaines technologies de prospérer malgré leurs lacunes », a ajouté Anna Gomez.

Starlink, qui est à la peine face à ses concurrents concernant le débit ascendant mais aussi descendant selon Speedgeo, peut souffler : la FCC ne lui mettra pas de bâton dans les roues avec cet objectif maintenant abandonné.

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La pub sur Next : aidez-nous à distinguer les vraies fausses pubs des fausses vraies pubs


La pub sur Next : aidez-nous à distinguer les vraies fausses pubs des fausses vraies pubs

Cet été, Next vous propose des mini-jeux. Aujourd’hui, nous testons votre connaissance du site et plus particulièrement des fausses pubs créées de toutes pièces par Flock. Il a en effet créé de fausses fausses pubs et nous avons besoin de vous pour les identifier.

Sur Next, il n’y a plus aucun contenu sponsorisé (quelle que soit la forme), tracker ou publicité sur le site depuis le rachat par moji, une promesse forte de Ferdinand. Enfin presque… Flock dessine de temps en temps de fausses pubs affichées sur le site.

Il a visiblement pris un coup de soleil pendant ces vacances et voilà qu’il nous envoie maintenant des fausses fausses pubs… les fausses pubs d’origine deviennent donc de vraies pubs et nous avons besoin d’aide pour les retrouver.

Ci-dessous, 10 images côte à côte : l’une est une vraie fausse pub, l’autre une fausse fausse pub. Cliquez sur la vraie fausse pub et essayez d’arriver au maximum, 10 points. Mais le bougre a compliqué les choses. Parfois c’est le dessin qui est modifié, parfois le texte. Soyez attentif !

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La crise de la mémoire plombe les smartphones, en Europe et dans le monde

L'entrée de gamme s'effondre
La crise de la mémoire plombe les smartphones, en Europe et dans le monde

Comme prévu, ce n’est pas la joie sur le marché des smartphones, à part si on s’appelle Apple ou, dans une moindre mesure, Samsung. Les statistiques pour le deuxième trimestre confirment le coup de froid lié à la crise de la mémoire, que ce soit en Europe ou partout ailleurs dans le monde.

Les expéditions de smartphones sont à la peine en Europe. Counterpoint Research a fait le point et il n’est pas encourageant : 35 millions d’unités expédiées au deuxième trimestre, un volume en recul de 10 % par rapport à l’an dernier. Le marché européen retrouve le même niveau qu’en 2023.

« La situation reste très difficile pour le marché européen des smartphones », explique Jan Stryjak, directeur associé de la maison d’analyses. Il y a évidemment la crise de la mémoire qui oblige les constructeurs à augmenter les prix de leurs appareils, « une situation que n’arrange pas la rareté généralisée des promotions, les fabricants cherchant à préserver leurs marges ». Et puis la situation macroéconomique, avec les guerres en Ukraine et en Iran, fait flamber l’inflation et dégrade les perspectives financières de la région.

Il relève toutefois une situation « relativement meilleure » en Europe de l’Ouest, notamment grâce à Apple qui a pesé 34 % des expéditions au deuxième trimestre : un chiffre qui progresse de 9 points d’une année sur l’autre. Le constructeur a lancé l’iPhone 17e début mars ; ce modèle un peu moins cher que le reste de la gamme a probablement tapé dans l’œil et dans le budget de nombreux consommateurs. L’iPhone 17 conserve lui aussi un fort attrait.

Samsung a aussi tiré les marrons du feu, avec exactement le même pourcentage des expéditions qu’Apple (34 %). La progression du constructeur coréen est de 3 points par rapport à l’an dernier. Les autres acteurs affichent une contraction :- 3 points pour Xiaomi (15 %),- 2 points pour Oppo (4 %),- 1 point pour Honor (3 %). Tous des représentants de l’entrée de gamme, qui souffrent plus que les autres de la RAMpocalypse.

La situation ne devrait pas s’améliorer de sitôt. « Avec des stocks qui s’épuisent à travers l’Europe, nous nous attendons à de nouveaux reculs au cours des prochains trimestres, en particulier pour les acteurs positionnés sur l’entrée de gamme », décrypte Jan Stryjak. Apple restera une exception, ajoute-t-il.

Counterpoint a aussi relevé une baisse de 10 % en Amérique latine au deuxième trimestre, et de 8,6 % des ventes en Chine durant les 30 premières semaines de l’année.

Image : IDC

Sur un plan plus global, la température est tout aussi fraîche. IDC a relevé une baisse des expéditions de 6,7 % dans le monde durant le deuxième trimestre, pour un total de 277,5 millions d’unités. Les deux premiers, Samsung et Apple, sont les seuls constructeurs à enregistrer une hausse (de respectivement 8,1 et 15,3 %). Les autres essuient des chutes à deux chiffres.

« Le coût de la mémoire a augmenté de près de 300 % en un an et représente désormais plus de 65 % du coût des composants sur l’entrée de gamme », détaille la directrice de recherche Nabila Popal. La situation rend la survie de ces fabricants « de plus en plus difficile », soutient-elle.

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Le piratage du ministère de l’Intérieur : un coup de bol opportuniste, et même pas ciblé

Ils ne savaient pas que c'était possible, alors ils l'ont fait
Le piratage du ministère de l’Intérieur : un coup de bol opportuniste, et même pas ciblé

L’enquête de l’Office anticybercriminalité (OFAC) sur le piratage de fichiers du ministère de l’Intérieur révèle qu’il a commencé par la compromission de l’ordinateur personnel d’un fonctionnaire du ministère de… l’Agriculture. Le ou les auteurs de l’intrusion ont ensuite passé deux mois et demi à farfouiller leurs systèmes respectifs, parvenant à franchir près d’une dizaine de lignes de défense en profondeur, avant de réussir à exfiltrer 96 fichiers policiers… auxquels ils n’auraient initialement jamais pensé pouvoir accéder.

Fin décembre, Le Canard enchaîné révélait que le « fric-frac informatique du ministère de l’Intérieur » avait duré du dimanche 9 novembre au jeudi 4 décembre, soit 26 jours, « une très longue journée portes ouvertes ». « C’est la consultation compulsive – le week-end et la nuit – de ce listing ultra-sensible qui a déclenché l’alerte », soulignait le caneton.

D’après un bilan du ministère de l’Intérieur, que le Canard avait pu consulter, « les dégâts sont bien plus importants qu’annoncé : 37 serveurs de messagerie sur 250 ont été compromis, et 14 fichiers de police ont été visités, dont celui des personnes recherchées, qui contient notamment les fichés S ».

Il expliquait que l’intrusion aurait été facilitée du fait que « nombre de poulets se tamponnent le coquillard de la sécurité informatique ». Pour se connecter au système de Circulation Hiérarchisée des Enregistrements Opérationnels de la Police Sécurisés (CHEOPS), le portail permettant d’accéder aux fichiers de la police et de la gendarmerie, il faut normalement utiliser sa carte professionnelle, dotée d’une puce, ainsi qu’un code à quatre chiffres.

Or, « les poulets, moins disciplinés que les pandores, utilisent à tort et à travers un système de secours sans carte, reposant sur le seul identifiant et un code à six chiffres », qu’un policier aurait partagé en clair dans un e-mail auquel le pirate avait pu accéder.

Un cleptogiciel commercialisé entre 300 et 500 $ par mois

L’enquête de l’Office anticybercriminalité (OFAC) de la police judiciaire, que Le Monde a pu consulter, révèle une intrusion autrement plus complexe qui, à défaut d’être particulièrement sophistiquée, montre que les pirates ont passé deux mois et demi à errer dans un labyrinthe de systèmes informatiques interconnectés, et dû franchir de nombreuses défenses en profondeur avant de pouvoir parvenir aux fichiers qu’ils avaient exfiltrés.

La compromission du ministère de l’Intérieur remonte en réalité à un fonctionnaire du ministère de l’Agriculture, surnommé « patient zéro de l’attaque » par les enquêteurs. Dans la soirée du 19 septembre 2025, l’intéressé consulta sa boîte mail professionnelle, depuis son domicile dijonnais, sur son ordinateur personnel.

L’article du Monde laisse entendre qu’il aurait alors cliqué sur un lien adressé à son e-mail professionnel, le conduisant « sur un faux site proposant le téléchargement de logiciels d’édition musicale ». L’article ne précise pas s’il en avait téléchargé un ou s’il s’était contenté de visiter le site, reste que son ordinateur personnel fut contaminé par l’ « infostealer » (« cleptogiciel » en français) Rhadamanthys.

Le journaliste Valéry Rieß-Marchive, rédacteur en chef du MagIT, et l’un des meilleurs observateurs français des arcanes de ce type de cyberattaques, relève sur LinkedIn et sur X que la mention du nom du cleptogiciel utilisé est « rare et ce n’est pas anodin » : le détournement de comptes légitimes suite au passage de tels infostealers, « c’est classique. L’établir est plus rare. Beaucoup plus rare. »

Il émet l’hypothèse selon laquelle cette mention serait potentiellement liée au fait qu’Europol avait annoncé le démantèlement de l’infrastructure de Rhadamanthys, en novembre dernier, dans le cadre d’Endgame, une opération de grande envergure visant à démanteler les botnets et infrastructures criminelles qui y sont associées.

Valéry Rieß-Marchive précisait dans l’article qu’il y avait alors consacré que Rhadamanthys « était proposé avec de multiples plugins et commercialisé entre 300 et 500 $ par mois, payables en cryptopépettes ». À défaut de savoir si les auteurs du piratage du ministère de l’Intérieur étaient eux-mêmes clients de Rhadamanthys, ou s’ils avaient acheté à l’un de ses utilisateurs et/ou revendeurs les données liées au « patient zéro de l’attaque », cette dernière reposait donc aussi sur toute une chaîne logistique, en matière de cyberdélinquance, allant bien au-delà d’un simple piratage de login et mot de passe.

« Une faille sur un outil interne accessible depuis un simple navigateur web »

L’article du Monde ne précise pas si les antivirus et autres systèmes de sécurité du ministère de l’Agriculture auraient pu bloquer l’installation de cet infostealer sur l’ordinateur professionnel du fonctionnaire, mais il est loisible de le penser.

« Quand l’ordinateur personnel d’un collaborateur devient le vecteur d’attaque, le rebond vers le réseau professionnel est désormais quasi immédiat », remarque de son côté Henri d’Agrain, délégué général du Cigref (ex-club informatique des grandes entreprises françaises), en réponse à Valéry Rieß-Marchive.

Le cleptogiciel a ensuite permis aux pirates d’accéder au Google Drive du « patient zéro de l’attaque », où il avait stocké son certificat d’authentification au VPN du ministère, ce qui, là aussi, n’aurait pas dû se produire : une chose est de pouvoir accéder à son email professionnel depuis son ordinateur personnel, une autre est de stocker dans un espace personnel un certificat de sécurité professionnel.

Disposant de « droits particulièrement élevés » en raison de ses fonctions, l’accès au compte du fonctionnaire permit aux pirates de naviguer « durant des semaines » sur les réseaux du ministère de l’Agriculture, et d’y découvrir, le 9 novembre, « une passerelle informatique menant jusqu’aux réseaux du ministère de l’Intérieur ».

Ils y évoluèrent ensuite « durant presque un mois », afin de « se familiariser avec l’architecture des systèmes informatiques du ministère, en particulier des serveurs de la direction générale de la police nationale », avant que leurs consultations compulsives de fichiers, le soir et la nuit, ne soient détectées par le centre de cyberdéfense de Beauvau.

Ils avaient pour cela dû passer outre deux nouvelles « défenses en profondeur ». D’abord en identifiant « une faille sur un outil interne accessible depuis un simple navigateur web », qui permit aux pirates de « prendre possession de comptes de gestionnaires e-mail de différentes directions interrégionales de la police », puis d’ « activer la réinitialisation des mots de passe d’agents du ministère, en particulier d’enquêteurs de police ».

La consultation des messageries piratées leur permit, dans un second temps, de trouver dans des pièces jointes des certificats d’authentification permettant de se connecter au VPN du ministère de l’Intérieur, « avec les mots de passe associés dans le corps de texte ».

C’est uniquement à ce stade, et donc après avoir franchi au moins huit niveaux de défenses en profondeur que, « grâce aux données dérobées, les intrus pénètrent sur le très sensible portail CHEOPS, la boîte à outils des policiers et gendarmes », résume Le Monde.

Dans un précédent article, nous relevions que les pirates avaient certes partagé une capture d’écran du portail d’accès à CHEOPS, mais sans que l’on sache s’ils y avaient réellement pu y accéder, soit via une carte professionnelle compromise, soit par identifiant/mot de passe.

Les pirates ciblent la France (ou le font croire) pour se venger

L’article du Monde rapporte que les pirates accédèrent ensuite au fichier des personnes recherchées (FPR) ainsi qu’au traitement des antécédents judiciaires (TAJ), « sans avoir besoin de carte professionnelle sécurisée », mais sans non plus que l’on sache, comme l’avançait Le Canard Enchaîné, s’ils seraient passés par « un système de secours sans carte, reposant sur le seul identifiant et un code à six chiffres ». Reste qu’ils n’en avaient pas moins franchi un neuvième palier.

L’intrusion, signalée le 5 décembre, sera suivie le 17 décembre par l’interpellation d’un suspect de 23 ans, qui « a répété qu’il n’était pas l’auteur du piratage, expliquant avoir seulement fourni le serveur ayant permis aux véritables hackeurs, toujours dans la nature, d’agir », précise Le Monde, « mais à la demande des auteurs du piratage, qui auraient exercé sur lui des pressions », et dont il ne connaîtrait que les pseudonymes.

S’il se définit comme « autodidacte » en informatique, il avait déjà été condamné en 2025 à un an de prison avec sursis dans une affaire de cyberescroquerie, et est en attente de procès dans un dossier de « swatting », « deux affaires pour lesquelles il est suspecté d’avoir fourni les moyens techniques à des complices », écrit Le Monde.

Les pirates se seraient plus particulièrement intéressés, via le FPR, à trois profils de jeunes majeurs, « dont l’un est recherché par la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la Préfecture de police de Paris », souligne Le Monde. Ils ont également recherché des noms, prénoms et pseudonymes dans le TAJ, « dont ceux, là encore, d’un jeune homme connu pour son implication dans une affaire d’atteintes à un système automatisé de traitement de données ».

Selon les chiffres fournis par le ministre de l’Intérieur lors de son audition par la commission des lois du Sénat en janvier, rappelle Le Monde, le ou les assaillants ont exfiltré 23 fiches et 3 000 « éléments de sommaires » (sortes de résumé, émanant du FPR), 72 fiches, plusieurs dizaines de milliers de sommaires provenant du TAJ, ainsi qu’une fiche Interpol.

Le rapport de l’OFAC révèle également que les pirates « sont également parvenus à consulter le contenu de plusieurs procédures judiciaires en cours », sans que Le Monde précise là non plus s’ils auraient pour cela franchi une dixième ligne de défense en profondeur, ou s’ils y avaient eu accès via l’un des comptes compromis, sinon que plusieurs de ces procédures judiciaires portaient elles-mêmes sur des enquêtes cyber :

« Au moins trois d’entre elles portent sur des faits de cybercriminalité et sont diligentées par les services de police de l’Office anti-cybercriminalité, en charge du piratage de l’intérieur, et de la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la Préfecture de police, dont l’une a été ouverte en 2025. »

« Les suspects ont-ils voulu se renseigner sur des investigations les visant ou visant leur communauté ? » s’interroge Le Monde, qui souligne que « pour l’heure, la piste privilégiée est que l’attaque constituait une opération de représailles à l’arrestation, en juin 2025, de membres présumés du groupe cybercriminel ShinyHunters ».

Dans le portrait-type que nous consacrions aux pirates auteurs d’attaques de ce type interpellés par les autorités ces derniers mois, nous rappelions que dans son rapport annuel sur la cybercriminalité, le commandement du ministère de l’Intérieur dans le cyberespace (COMCYBER-MI) soulignait en effet que l’interpellation de plusieurs Français, à la demande du FBI ou par les autorités françaises, membres présumés du groupe de pirates ShinyHunters, aurait incité plusieurs pirates à s’attaquer aux institutions, administrations, organisations, fédérations, associations et entreprises françaises, pour se venger.

Ce qui explique aussi, en partie, la succession de piratages improprement qualifiés de « fuites de données » auxquels nous assistons depuis l’an passé. L’enquête de l’OFAC révèle enfin qu’il s’agirait également d’une cyberattaque opportuniste, et que ses auteurs ne cherchaient pas, initialement, à s’attaquer au ministère de l’Intérieur, et encore moins à pouvoir en extraire des fichiers policiers.

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