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Jeux vidéo : Bruxelles passe de la persuasion à l’action coordonnée sur les monnaies virtuelles

"They're not loot boxes, they're surprise mechanics"
Jeux vidéo : Bruxelles passe de la persuasion à l’action coordonnée sur les monnaies virtuelles

Placé sous l’égide de Bruxelles, le réseau européen des autorités nationales de protection des consommateurs lance une série d’actions coordonnées contre dix éditeurs de jeux vidéo dont Blizzard, Ubisoft, Riot et Supercell. Elles ciblent principalement les monnaies virtuelles et cherchent à aboutir à l’application de principes tels que la transparence sur les prix, le respect du droit de rétractation ou la protection des joueurs vulnérables.

Après les tentatives de persuasion et les guides de bonnes pratiques, place à des démarches plus vindicatives : le réseau de coopération en matière de protection des consommateurs (CPC), coordonné par la Commission européenne, a annoncé mercredi le lancement d’une série d’actions coordonnées visant à assainir les pratiques des éditeurs de jeux vidéo en matière de monnaies virtuelles.

Une action coordonnée pour assainir les pratiques

Le réseau CPC rappelle qu’il a déjà tenté d’initier un échange avec les éditeurs de jeux vidéo au sujet des monnaies virtuelles. À cette fin et en parallèle d’une action déjà engagée contre l’éditeur du jeu Star Stable Online (simulateur d’équitation), il avait notamment publié au printemps 2025 un guide des « principes clés des monnaies virtuelles dans les jeux ».

Problème : selon le réseau CPC, « le dialogue n’a pas donné de résultats satisfaisants », ce qui a conduit ses membres à analyser les pratiques des éditeurs en la matière. Il en tire une liste de jeux qui devraient, selon lui, faire l’objet d’une évaluation plus approfondie. Sur cette base, le réseau annonce l’ouverture d’actions contre neuf éditeurs, chacun d’entre eux étant visé pour au moins un jeu.

Dans le lot figurent Riot Games (Valorant), Mojang (Minecraft), Ubisoft (For Honor), King.com (Candy Crush), Supercell (Clash of Clans), Crytek (Hunt : Showdown 1896), InnoGames (Forge of Empires), Plarium Europe (Mech Arena) et PLR Worldwide Sales (Gardenscapes).

Le réseau CPC indique par ailleurs mener une action spécifique à l’encontre d’Activision Blizzard (via sa filiale britannique) « afin de garantir le respect de la législation de l’UE en matière de protection des consommateurs dans les jeux Diablo Immortal et Call of Duty Mobile ».

Ces actions visent, selon le réseau CPC, à garantir l’application des principes qu’il prônait dans son guide de 2025, à savoir principalement la transparence des prix (montrer le prix réel d’un objet en jeu, ne pas masquer les coûts associés, fournir une information claire et complète).

Ils appellent également à renforcer la lutte contre les mécaniques d’incitation (qui poussent à acheter de grandes quantités de monnaie virtuelle), le respect du droit de rétractation de 14 jours (y compris pour les monnaies non utilisées) et la protection des consommateurs vulnérables, notamment les enfants.

Dans une déclaration conjointe, les membres du réseau ajoutent vouloir vérifier la conformité de certaines techniques susceptibles d’être qualifiées de trompeuses (dark patterns) telles que les comptes à rebours, la fausse rareté des objets virtuels, ou les systèmes de récompense variable (les fameuses loot boxes).

Un coup de semonce, en attendant des procédures nationales ?

Reste à voir quelle sera la portée réelle de cette action conjointe qui, pour l’instant, fait surtout office de nouveau coup de semonce.

Le réseau CPC s’appuie en effet sur le règlement du même nom (2017/2394) qui permet aux autorités nationales (dont la DGCCRF pour la France) d’agir ensemble contre des infractions généralisées, qui touchent tout ou partie des États membres. Dans ce contexte, la Commission européenne coordonne l’ensemble, mais c’est tout de même aux autorités nationales qu’il revient « d’ouvrir des enquêtes ou des procédures de leur propre initiative si elles apprennent l’existence d’infractions couvertes par le présent règlement ».

« Environ la moitié des Européens jouent à des jeux vidéo, remarque dans un communiqué Michael McGrath, commissaire européen à la démocratie, à la justice, à l’état de droit et à la protection des consommateurs. Avec cette portée vient la responsabilité. L’industrie doit veiller à ce que ses jeux n’exposent pas les joueurs – en particulier les enfants – à des pratiques néfastes ou déloyales ».

Le sujet a notamment été porté à l’attention de l’exécutif européen par les associations de consommateurs. Que Choisir Ensemble (qui s’appelait alors UFC-Que Choisir) a par exemple saisi la DGCCRF et la Commission européenne contre la présence et l’usage de monnaies virtuelles dans des jeux vidéo comme Diablo IV, Fortnite ou encore Minecraft en septembre 2024.

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☕️ Droit d’auteur et IA générative : la Commission européenne lance une consultation



À défaut de bouger en France, les lignes entre droit d’auteur et intelligence artificielle générative pourraient-elles se déplacer à l’échelle européenne ? Bruxelles vient de donner un signe allant dans le sens d’une possible évolution du cadre réglementaire. La Commission européenne a en effet lancé, mardi 29 septembre, une consultation visant à recueillir des « commentaires sur les défis et les perspectives d’avenir concernant l’impact des technologies sur le droit d’auteur ».

Bien que le droit communautaire protège déjà le droit d’auteur (notamment via la directive de 2019 sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique), Bruxelles estime que « les nouveaux défis et l’évolution du marché soulèvent la question de savoir si ce cadre devrait être renforcé par d’éventuelles mesures supplémentaires ».

Entre autres sujets d’étude, la consultation se concentre notamment sur « l’utilisation de contenus protégés par le droit d’auteur en intelligence artificielle ».

La silhouette d'un Zorro brandissant un livre dont des feuilles s'envolent sur fond de la lettre Z
Illustration Flock

À ce sujet, la Commission indique, dans l’avant-propos du questionnaire dédié, vouloir étudier « des moyens de faciliter l’octroi de licences et l’application du droit d’auteur et des droits connexes dans le contexte de l’IA et d’améliorer les conditions de rémunération des créateurs, tout en permettant aux fournisseurs de modèles et de systèmes d’IA, y compris les start-up, d’accéder légalement au contenu protégé par le droit d’auteur et de l’utiliser pour l’innovation en matière d’intelligence artificielle ».

La consultation ne se limite cependant pas à l’IA. Elle interroge aussi la « lutte contre le piratage en ligne de contenus tels que les événements en direct », « l’application du droit à une rémunération équitable unique pour les artistes-interprètes et les producteurs de musique » et « le droit d’auteur sur la recherche scientifique ».

Ouverte jusqu’au 3 novembre prochain, cette démarche qui vise donc à explorer des solutions s’adresse notamment aux titulaires de droits d’auteur et droits voisins, aux acteurs de l’IA générative, aux organismes de gestion collective, mais aussi aux organismes de recherche, aux associations de consommateurs et aux autorités nationales ou organisations non gouvernementales.

Bruxelles avait déjà procédé à une phase de cadrage (call for evidence) entre le 18 mai et le 25 juin 2026. À l’époque, l’exécutif européen évoquait explicitement la possibilité de faire évoluer la directive de 2019.

Rappelons qu’en France, la proposition de loi qui souhaitait instaurer la présomption d’utilisation des contenus culturels par les acteurs de l’IA au nom de la défense du droit d’auteur a achoppé en juillet dernier à l’Assemblée nationale, alors qu’elle avait été votée à l’unanimité au Sénat.

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☕️ Opera sur Android propose désormais d’acheter une eSIM pour les séjours à l’étranger



Nouvelle diversification inattendue pour Opera : dans sa version Android, le navigateur permet désormais d’acheter une carte SIM virtuelle (eSIM) dédiée aux données mobiles lors des séjours à l’étranger (roaming).

L’option s’active directement depuis l’interface du navigateur. L’utilisateur est alors invité à ajouter une carte SIM virtuelle à son système, qui servira ensuite à se connecter a Internet une fois le téléphone connecté à un réseau étranger éligible.

« Vous n’avez donc pas besoin d’une application supplémentaire, fini les files d’attente aux guichets des aéroports pour obtenir une nouvelle carte SIM et les factures d’itinérance exorbitantes. Vous pouvez configurer l’eSIM chez vous ; elle ne sera décomptée qu’à votre arrivée à destination. L’eSIM est dédiée aux données et ne remplace pas votre numéro de téléphone actuel », décrit l’éditeur.

Opera revendique 47 destinations disponibles pour ce service opéré par l’intermédiaire d’un prestataire spécialisé, Holiday.com. Le principal prérequis technique consiste à disposer d’un téléphone compatible eSIM, sous Android 10 ou version ultérieure.

Description du parcours de souscription d’une eSIM à partir du navigateur – crédit Opera

Pour séduire les nouveaux utilisateurs, l’éditeur propose une offre de bienvenue gratuite qui permet de profiter de 3 Go de données pendant trois jours, sans enregistrement préalable (ni email, ni carte bancaire nécessaire).

Au-delà, il faudra en passer par les packs payants. Opera et Holiday fonctionnent sur une logique de packs à l’achat unique, qui ouvrent droit respectivement à 3 Go, 5 Go et 10 Go à consommer sur 30 jours. Le prix dépend de la destination visée.

Les pays couverts par le service sont les suivants : Albanie, Australie, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Chypre, République tchèque, Danemark, Égypte, Estonie, Finlande, France, Géorgie, Allemagne, Grèce, Hong Kong, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malaisie, Malte, Monténégro, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Singapour, Slovaquie, Slovénie, Corée du Sud, Espagne, Sri Lanka, Suède, Suisse, Taïwan, Thaïlande, Turquie, Royaume-Uni et États-Unis.

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Rakuten France ferme ses portes ce soir à minuit

Demain c'est trop tard
Rakuten France ferme ses portes ce soir à minuit

La place de marché française de Rakuten (ex PriceMinister) fermera ses portes le 30 septembre à 23h59. Les acheteurs ou vendeurs conserveront un accès leur permettant de récupérer les sommes dues ou l’historique de leurs transactions jusqu’au 10 novembre.

Fin de parcours pour l’un des pionniers de l’e-commerce français. Après l’échec du processus de recherche d’un repreneur, la direction de l’antenne française du géant japonais du commerce en ligne Rakuten a signé mercredi l’acte de décès de la plateforme Rakuten France.

Baroud d’honneur

À la connexion sur le site, un bandeau informe que le site fait l’objet d’une cessation d’activité programmée au 30 septembre à 23h59. « Rakuten France cessera toute activité de mise en relation entre acheteurs et vendeurs le 30 septembre 2026. À partir de cette date, il ne sera plus possible d’y effectuer de nouveaux achats ou ventes », indique le panneau d’information associé.

Rakuten France acte sa fermeture, programmée au 30 septembre, 23h59 – capture d’écran

Ce dernier renvoie vers un document plus formel (PDF), qui informe « de l’arrêt définitif de nos services de mise en relation entre acheteurs et vendeurs » et par conséquent de « l’impossibilité d’y effectuer des ventes ou des achats auprès de vendeurs, tant professionnels que non-professionnels, à compter du 30 septembre 2026, 23h59 ».

En page d’accueil, Rakuten France affiche une ultime promotion titrée « jour de fermeture », avec 30 euros offerts sur un panier d’au moins 300 euros.

Les clients ont intérêt à récupérer leurs informations d’achats

Dans son document contractuel, la place de marché se veut rassurante quant au service après-vente relatif aux produits vendus par son intermédiaire, mais elle ne s’engage à rien, se contentant de renvoyer vers la responsabilité du vendeur : « vous pourrez contacter directement nos vendeurs professionnels en particulier, ceux-ci restant directement tenus des garanties légales, notamment celles de conformité et de vices cachés, couvrant les produits vendus par l’intermédiaire de notre Plateforme ».

Elle indique par ailleurs qu’un accès aux comptes utilisateurs, comprenant à la fois attestations d’achats et coordonnées des vendeurs professionnels le cas échéant, reste ouvert « jusqu’au 10 novembre 2026, 23h59, date à laquelle celui-ci sera rendu définitivement inaccessible ».

L’équipe française conclut sur un mot de remerciements. « De PriceMinister à Rakuten France, vous avez contribué à l’évolution et à l’histoire de notre plateforme. Merci d’avoir fait partie de cette aventure à nos côtés ».

Reprise manquée

La fin était programmée : Rakuten France avait en effet annoncé mi-juillet que sa fermeture interviendrait avant la fin de l’année, faute d’avoir trouvé un repreneur suite au processus de cession lancé en avril dernier.

« Malgré les efforts déployés par le Groupe pour mener à bien une cession de l’activité, les discussions approfondies menées avec les repreneurs potentiels n’ont pas permis d’aboutir à une solution viable permettant d’assurer la poursuite de l’activité de manière pérenne », déclarait alors Rakuten France.

Plusieurs candidats à la reprise s’étaient pourtant manifestés. Dans le lot figurait notamment Pierre Kosciusko-Morizet, fondateur de PriceMinister en 2000, accompagné d’autres anciens dirigeants et d’un fonds d’investissement. Rappelons que le site Priceminister a été racheté en 2010 par le géant japonais Rakuten avant d’être rebaptisé Rakuten France en 2018. Autres figures du e-commerce français, les frères Rosenblum, fondateurs de Pixmania, s’étaient aussi positionnés.

Aucune des offres n’a cependant été retenue. « Chaque offre reçue a été rigoureusement évaluée, notamment à l’aune des critères suivants : la préservation des emplois, les conditions financières de l’offre et les risques qui y sont associés, ainsi que la capacité du plan de redressement à assurer la pérennité de l’activité à long terme. Aucune des offres reçues ne remplissait ces trois critères », justifiait Rakuten France en juillet.

Le 28 juillet, Rakuten France avait fait évoluer ses conditions générales d’utilisation pour interdire l’inscription de nouveaux vendeurs, particuliers ou professionnels.

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Entre risques existentiels et pertes record, Anthropic avance vers la bourse

For whom the bell tolls
Entre risques existentiels et pertes record, Anthropic avance vers la bourse

Consulté par Reuters, le prospectus destiné aux investisseurs d’Anthropic révèle que l’entreprise a bien intégré la notion de « risques existentiels » associés au développement de l’IA générative à sa communication financière. Il souligne dans le même temps que l’entreprise maintient une politique de dépenses massives, avec 518 milliards de dollars de dépenses programmées sur les prochaines années.

Anthropic avance encore sous les radars, mais les modalités de son introduction en bourse commencent à se préciser, avec un lancement désormais programmé aux alentours de novembre, probablement juste après les élections de mi-mandat aux États-Unis.

L’agence Reuters a en effet révélé lundi 28 septembre avoir eu accès au prospectus d’Anthropic, c’est-à-dire le document que présente l’entreprise à ses actionnaires potentiels dans le cadre de la tournée (roadshow) qui sert à recueillir l’engagement des investisseurs institutionnels.

Il faut encore attendre qu’Anthropic publie la version complète de son document d’enregistrement préalable (le formulaire S-1, déposé en juin dernier mais assorti d’une clause de confidentialité) pour pouvoir auditer avec précision ses comptes.

Le prospectus consulté par Reuters révèle néanmoins un certain nombre d’indicateurs financiers, à commencer par la capitalisation visée par Anthropic. L’entreprise, qui se valorisait 965 milliards de dollars en mai dernier à l’occasion de sa dernière levée de fonds, ambitionnerait d’atteindre les 2 000 milliards de dollars.

À l’appui de sa démarche, elle affirme que l’intelligence artificielle a le potentiel de transformer plus profondément l’économie que ne l’ont fait l’industrialisation, l’électricité ou Internet.

Chiffre d’affaires, croissance et dépenses

Reuters évoque des chiffres arrêtés à fin 2025, avec un chiffre d’affaires annuel de 4,6 milliards de dollars, multiplié par 12 en un an. D’après l’agence, Anthropic précise dans son prospectus qu’un quart de ce chiffre d’affaires est réalisé auprès de deux clients principaux (non identifiés). L’entreprise souligne par ailleurs que beaucoup de ses grands clients ne sont pas liés par des engagements de long terme, ce qui est présenté comme un facteur de risque concurrentiel.

Au 31 décembre 2025, Anthropic disposait par ailleurs de 20,28 milliards de dollars de réserve, répartis entre du cash et des placements à court terme.

Bien qu’en forte croissance, les revenus d’Anthropic sont loin de couvrir ses dépenses : le prospectus chiffre ainsi à 12,65 milliards de dollars les dépenses d’exploitation sur l’année 2025, dont environ 7,3 milliards de dollars consacrés au calcul et aux infrastructures informatiques, une somme trois fois supérieure à celle consacrée à ce poste en 2024.

La perte d’exploitation sur l’année se monterait de ce fait à environ 8 milliards de dollars. Anthropic comptabilise cependant une perte nette de 42 milliards de dollars sur l’année. Les 34 milliards de dollars manquants sont associés à une charge comptable qui reflète, selon Reuters, « une augmentation de la valeur estimée du financement qui pourrait éventuellement se transformer en actions Anthropic ».

Ces chiffres ne reflètent toutefois pas l’accélération d’Anthropic sur les six premiers mois de l’année 2026. D’après le Financial Times, Anthropic a récemment revendiqué un chiffre d’affaires de 11,5 milliards de dollars sur le deuxième trimestre, ce qui porterait son revenu annualisé, c’est-à-dire la projection de chiffre d’affaires annuel estimée à partir de ses revenus actuels, à 65 milliards de dollars, contre 47 milliards de dollars estimés à fin mai 2026.

Le prospectus révèle qu’en dépit de l’appel lancé par Dario Amodei à ralentir le développement des modèles de pointe, l’entreprise poursuit sa trajectoire d’investissements. Elle évoque ainsi une enveloppe pluriannuelle de 518 milliards de dollars en location ou achats d’infrastructures et dépenses de calcul, notamment chez SpaceXAI.

Risques existentiels non chiffrés

Dans une autre dépêche, Reuters détaille la façon dont Anthropic aborde, au sein de son prospectus, la question du « risque existentiel » que ferait peser l’intelligence artificielle sur l’humanité. Source d’un emballement médiatique sans précédent, cette question du risque occuperait 80 des 261 pages du document, alors qu’elle ne représentait que 38 des 277 pages du prospectus de SpaceX lors de sa propre introduction en bourse, remarque l’agence.

Anthropic y renouvelle l’idée de modèles capables d’acquérir une forme de compréhension des limites que l’homme essaie de leur imposer. « La prise de conscience potentielle des modèles quant à nos efforts d’évaluation constitue une limitation importante de notre capacité à évaluer la sécurité des modèles », écrit l’entreprise, dont le discours anthropomorphiste a récemment été dénoncé par le patron de l’IA chez Microsoft.

Le résumé fait par Reuters illustre une nouvelle fois l’ambiguïté du discours d’Anthropic, qui alerte sur les risques potentiels, mais continue à développer ses nouveaux modèles à un rythme effréné, comme en témoigne les sorties récentes d’Opus 5.5 puis de Sonnet 5.5.

Anthropic ne chiffre pas ce risque dans sa communication financière, mais renouvelle son engagement à publier davantage de données sur les incidents impliquant ses modèles et ses algorithmes d’auto-amélioration récursive. « Nous pensons que la construction de systèmes d’IA fiables, dignes de confiance et sécurisés est une responsabilité collective et que le marché la récompensera », déclare l’entreprise.

Une gouvernance protectrice

Une troisième dépêche illustre quant à elle la façon dont Anthropic prépare l’évolution de sa gouvernance, une fois son capital ouvert au public, notamment en raison de ces fameux risques.

Le sujet n’est pas anodin : l’introduction en bourse de SpaceX a par exemple révélé comment Elon Musk s’assurait de garder un contrôle quasi total sur les décisions stratégiques de son entreprise grâce à un système d’actions préférentielles.

Anthropic prévoit de son côté de créer un nouveau véhicule, « Founder LLC », qui réunirait les intérêts et les parts des sept fondateurs de l’entreprise, et disposerait d’actions à droits préférentiels garantissant 50,1 % des droits de vote sur les sujets de gouvernance. Cette majorité de contrôle pourrait selon le prospectus prendre des décisions qui entrent « en conflit avec les intérêts financiers et les performances commerciales à court, moyen ou long terme » au nom d’un objectif supérieur qualifié de « bien commun », quitte à pénaliser temporairement la valeur des actions ordinaires.

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Taptic Engine et contrefaçon : Apple perd une manche à 5,7 milliards de dollars

Vibrations judiciaires
Taptic Engine et contrefaçon : Apple perd une manche à 5,7 milliards de dollars

Un jury californien vient de condamner Apple à verser 5,7 milliards de dollars de dommages et intérêts à Taction Technology, en raison d’une contrefaçon alléguée de brevets au sein du Taptic Engine, le moteur haptique des iPhone et Apple Watch. Apple a annoncé qu’elle ferait appel de ce verdict au montant record.

Taction Technology, petite société basée à San Diego en Californie, a développé une expertise autour des technologies de retour de force haptique, qu’elle commercialise sous licence, par exemple auprès de Corsair pour son casque audio HS60.

L’entreprise est engagée depuis 2021 dans un bras de fer judiciaire avec Apple : elle accuse la firme de Cupertino d’avoir contrefait deux de ses brevets (10,659,885 et 10,820,117) au sein de son Taptic Engine, le moteur de vibration qui équipe les iPhone et montres Apple Watch.

Taction a obtenu gain de cause le vendredi 25 septembre : un jury de San Diego a en effet considéré qu’Apple s’était bien rendue coupable de contrefaçon sur certaines des revendications couvertes par ces deux brevets, et la condamne à verser 5,721 milliards de dollars de dommages et intérêts à la plaignante. Le jury a cependant jugé que cette contrefaçon n’était pas délibérée, ce qui aurait conduit au triplement de la somme concernée.

Apple a rapidement réagi à ce verdict en annonçant son intention de faire appel et en maintenant que son Taptic Engine est fondamentalement différent des procédés protégés par la propriété intellectuelle de Taction.

S’il était confirmé en appel, ce montant constituerait un record en matière d’indemnisation pour violation de brevets aux États-Unis. Le détail du calcul n’a pas été rendu public, mais il s’appuie vraisemblablement sur une somme forfaitaire, considérée comme le juste montant de la redevance qu’aurait dû payer Apple, multipliée par le nombre d’iPhone et d’Apple Watch commercialisés depuis le début de la contrefaçon alléguée.

Le jury prononce 5 721 961 750 dollars de dommages et intérêts – capture d’écran Next

Apple avait pourtant gagné en 2023

Le juge Robinson, sous l’égide de qui ce nouveau verdict a été rendu, avait pourtant accordé un jugement sans procès en faveur d’Apple en août 2023. Dans sa décision de l’époque, il avait déclaré que les avis de l’expert technique mandaté par Taction relevait de la seule interprétation du juge, et non de celle d’un jury, et tranché que l’entreprise n’avait pas su démontrer l’infraction présumée.

Ce premier jugement a toutefois été qualifié de trop restrictif, et finalement annulé par la Cour d’appel du circuit fédéral, dans un arrêt (PDF) rendu le 13 août 2025, ce qui a ouvert la voie à un nouveau procès.

Ce va-et-vient judiciaire illustre la complexité de l’affaire. Taction Technology a réussi à obtenir des brevets qui portent sur la capacité d’un vibreur composé d’un aimant et d’une bobine à fournir la réponse la plus « plate » possible : lors d’une interaction avec l’écran d’un iPhone doté du Taptic Engine, l’utilisateur ressent une réponse nette, qui ne se prolonge pas dans le temps comme avec les vibreurs de génération antérieure.

Le mécanisme couvert par Taction exploite un ferrofluide, un liquide magnétique capable de venir se coller à l’aimant responsable de la vibration pour amortir la résonance, et les brevets détenus par l’entreprise couvrent une plage de résultat attendue, avec un facteur Q (facteur de qualité, qui mesure le niveau d’amortissement) situé entre 1,5 et 3.

Apple de son côté admet utiliser un ferrofluide pour l’amortissement du Taptic Engine, et obtient un facteur Q compatible avec la plage déclarée par Taction, mais revendique une implémentation différente de la technologie, notamment parce que la régularité de la réponse dépend d’un « contrôleur logiciel en boucle fermée ». L’entreprise fait notamment valoir que sans ce dernier, son vibreur ne tomberait pas dans la plage couverte par le brevet.

L’appel d’Apple devrait logiquement creuser cet aspect, tout en attaquant le calcul des dommages et intérêts.

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☕️ L’académie Goncourt se positionne vite et maladroitement contre l’IA générative



L’académie Goncourt a annoncé vendredi 25 septembre la suppression de C’était ça ou mourir, de l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, de la liste des romans présélectionnés pour son célèbre prix, qui sera décerné le 4 novembre prochain.

« Ce choix est dicté par la volonté de préserver l’intégrité du prix Goncourt, celle de l’Académie, dont le rôle central consiste à promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes », fait valoir l’académie dans un communiqué (PDF).

Le communiqué de l’académie Goncourt daté du 25 septembre 2026 – capture d’écran

La publication de ce communiqué intervient après plusieurs jours d’une tempête médiatique inédite dans le monde littéraire.

Lundi 21 septembre, un compte X anonyme « Balance ton Claude » qui ne compte qu’une centaine d’abonnés publie des captures d’écran d’une analyse réalisée au moyen d’un outil de détection d’IA générative, Pangram, sur le texte du roman de Thélyson Orélien, qui vient de recevoir le prix du roman Fnac.

Le compte affirme avoir testé 20 passages du roman, et que tous ressortent comme intégralement générés par IA selon Pangram. L’auteur, interrogé par Libération, dément tout recours à l’IA et son éditeur, Grasset, évoque selon Radio France une « campagne de haine ».

Entre le 22 et le 23 septembre, plusieurs internautes ayant entrepris d’éplucher l’œuvre de Thélyson Orélien font émerger de nouvelles accusations, de plagiat cette fois. Elles visent notamment sa nouvelle Où va le monde, récompensée en 2012 d’un prix décerné par le groupe audiovisuel public Radio-Canada, qui emprunte largement son texte à un extrait du livre Le matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier, paru en 1960.

Ces accusations sont vérifiées et confirmées par de nombreux médias, dont Radio Canada.

Jeudi 24 septembre, le Figaro révèle que le compte anonyme est administré par Samuel Fitoussi, lui-même chroniqueur au Figaro et relais de la première heure des accusations liées à l’utilisation potentielle d’une IA générative dans l’écriture de C’était ça ou mourir.

Et vendredi donc, l’académie Goncourt prend la parole, alors même que son président, Philippe Claudel, avait appelé à ne pas jeter l’opprobre sur l’auteur, et laissé entendre qu’une décision serait prise avant le 6 octobre, date à laquelle le jury doit publier sa liste resserrée.

Le court texte de l’académie Goncourt montre bien le caractère inconfortable de sa position. Il associe en effet deux accusations de nature totalement différente et s’appuie sur les faits avérés de plagiat pour justifier sa décision de sanctionner une faute qui reste, à ce stade, supposée. L’académie le reconnait implicitement quand elle écrit que le roman est « selon toute vraisemblance très largement » écrit à l’aide de l’IA.

S’ils revendiquent une fiabilité élevée, les concepteurs de Pangram admettent d’ailleurs qu’il subsiste une marge d’erreur : ils ne vendent pas une preuve définitive, mais une présomption.

La fin du texte de l’académie soulève de nouvelles questions. Elle indique en effet que sa décision doit être comprise comme « un message qui affirme que nous ne cautionnons ni n’adoubons d’une façon ou d’une autre la création de textes générés avec l’aide de l’IA ». Faut-il comprendre que les textes postulant au Goncourt devront désormais systématiquement passer sous les fourches caudines d’une analyse assistée par intelligence artificielle ? Le cas échéant, à quel niveau d’assistance IA détecté dans l’écriture l’œuvre concernée sera-t-elle recalée ?

En attendant de voir si et comment les autres grands prix littéraires de la rentrée (Renaudot, Femina…) se positionnent, l’académie prévient commodément que, de son côté, le débat public est clos.

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WikiMasters, le jeu qui voulait changer Wikipédia en cartes à collectionner

Cherche échange sarrasin commun contre loutre d'Europe
WikiMasters, le jeu qui voulait changer Wikipédia en cartes à collectionner

Lancé au printemps, le jeu WikiMasters a déclenché un phénomène viral sur le web francophone, jusqu’à attirer 215 000 utilisateurs quotidiens selon son créateur. Son principe, associé à des options payantes, est d’une efficacité redoutable : il transforme les fiches Wikipédia en cartes à collectionner, que les joueurs peuvent échanger, vendre ou utiliser pour s’affronter sur des QCM de culture générale.

J’hésite encore entre collectionner les villages de la Manche, les représentants de la dynastie des Capétiens, ou les entrées du tableau périodique des éléments. Les premiers sont sans doute plus faciles à acheter aux enchères que les dernières, mais bon, je ne suis pas breton normand… Voilà le genre de dilemme cornélien auquel sont confrontés les joueurs de WikiMasters, le nouveau jeu de cartes à collectionner qui fait l’objet d’une diffusion virale assez exceptionnelle depuis quelques jours sur le web francophone.

L’éclectisme des cartes reflète la richesse de Wikipédia – capture d’écran Next

Un booster de cartes toutes les dix minutes

Le principe ? WikiMasters fait de chaque fiche de la Wikipédia francophone une carte à collectionner. Chaque carte dispose de valeurs d’attaque et de défense ainsi que d’un indice de rareté, déterminés à partir des statistiques de l’article Wikipédia correspondant : plus la fiche source est consultée, et plus sa valeur virtuelle augmente. Un obscur diplomate polonais devient une carte commune, tandis que la Lune, AC/DC ou Un indien dans la ville deviennent des cartes légendaires.

La rareté d’une carte dépend de la popularité de l’article dont elle découle – capture d’écran Next

Pour alimenter sa collection, le joueur dispose d’un booster de cinq cartes offert toutes les dix minutes, avec la possibilité d’empiler jusqu’à dix paquets en cas d’absence. Les cartes peuvent ensuite être mises à profit pour créer des « vitrines », illustrant par exemple une collection thématique.

Elles peuvent aussi, et surtout, être échangées, défaussées ou vendues aux enchères, grâce à une monnaie virtuelle, le « wikibidou ». La plateforme propose enfin un système de guildes et une mécanique de bataille, qui permet d’affronter un autre joueur sur la base de questions (QCM) élaborées à partir du contenu de la fiche Wikipédia associée à la carte mise en jeu.

Lancé en mars dernier, WikiMasters a vécu dans un anonymat relatif jusqu’à ce que sa viralité explose, notamment grâce à plusieurs sessions de jeu diffusées en direct par des streamers populaires à l’occasion du ZEvent, le célèbre marathon caritatif diffusé sur Twitch début septembre. Depuis, les nouveaux adeptes affluent, ce qui ne va pas sans provoquer quelques ralentissements au niveau de l’hébergement du jeu.

« On a atteint environ 215 000 utilisateurs actifs par jour dans la dernière semaine, nous confie Naïm Ouellet, le développeur québécois à l’origine de WikiMasters, qui entend bien surfer sur la vague de cette popularité grandissante. En ce moment on galère à tout mettre à l’échelle, mais une fois le jeu stable, on compte bien développer une appli native et traduire le jeu dans plusieurs langues. » En attendant, le site souffre encore de quelques lacunes, à commencer par l’absence de mentions légales.

Une mécanique économique déjà bien rodée

Animée pour l’instant par deux développeurs, l’équipe en charge du projet semble néanmoins partie pour se développer. Sur LinkedIn, Naïm Ouellet indique recruter jusqu’à quatre personnes, deux développeurs, un chargé de projet et un gestionnaire de communauté, ce qui atteste que l’activité dégage un chiffre d’affaires prometteur.

WikiMasters dispose en effet d’un modèle économique. L’inscription et l’accès au jeu sont gratuits, mais le site propose un abonnement Pro facturé 9,99 dollars canadiens (environ 6,5 euros) par mois, qui permet d’augmenter la fréquence d’apparition de nouveaux boosters, la rareté des cartes piochées, ainsi que le nombre de batailles ou d’enchères possibles par jour. Il offre également l’accès à un historique des ventes de cartes sur le marché, et des statistiques supplémentaires sur la rareté des cartes. En parallèle, le jeu propose également à la vente sa monnaie virtuelle, à hauteur de 4,99 dollars canadiens les 2 500 WikiBidous.

Le jeu est gratuit, mais un abonnement permet d’accélérer l’obtention de cartes – capture d’écran Next

Les mécaniques commerciales n’ont rien d’inédit : elles sont typiques de la logique des loot boxes (coffres à butin) que connaissent bien les amateurs de jeu free-to-play, et notamment de cartes à collectionner, dans la droite ligne des jeux gacha venus du Japon.

WikiMasters n’est d’ailleurs pas le premier à exploiter le filon. Il existe un précédent, justement baptisé Wikigacha, qui semble avoir été lancé quelques semaines plus tôt, en février 2026. Et il ne sera probablement pas le dernier : un certain Wiki-pick vient ainsi de faire son apparition, avec une promesse très proche (pour ne pas dire identique) et un nom de domaine enregistré le 12 septembre dernier.

Pour alimenter leurs services, tous ces jeux exploitent les API (interfaces de programmation) mises à disposition par Wikipédia afin de faciliter la circulation du savoir. Chez WikiMasters, on affiche un éventail de quelque 2,7 millions de fiches, régulièrement actualisé pour générer de nouveaux drops de cartes. Une carte qui était commune en août peut ainsi devenir légendaire en septembre, si la fiche associée a connu un pic de trafic, en raison par exemple de l’actualité.

Circulation ou marchandisation du savoir ?

Le site semble à première vue respecter les conditions d’utilisation, ou plutôt de réutilisation, fixées par Wikipédia. L’encyclopédie diffuse pour mémoire ses contenus sous licence CC-BY-SA, qui autorise le partage à l’identique avec attribution. Les cartes WikiMaster n’affichent qu’un extrait du texte de la fiche concernée, proposent un lien direct, et mentionnent systématiquement la licence. Les puristes noteront peut-être que les visuels et photos sont quant à eux affichés sans mention directe de la licence associée (parfois plus spécifique que la licence globalement appliquée aux textes).

Wikipédia tient à jour une liste des jeux qui exploitent son contenu, parmi lesquels quelques incontournables, comme Pédantix, Wikitrivia ou Factle, qui sont développés par des contributeurs dans un esprit de valorisation du savoir et sans logique marchande.

Quid de Wikimasters (ajouté le 2 septembre dernier sur la page en question) ? « Sur le principe, on est ouvert à toutes les formes de réutilisations des contenus des projets Wikimedia, c’est ce que permet la licence. Cela permet effectivement d’accroître la diffusion du savoir », nous répond l’association Wikimédia France, qui indique toutefois n’avoir pas encore étudié spécifiquement ce cas et les nouvelles questions qu’il soulève en matière de respect précis de la licence.

Dans le Discord communautaire du Wikipédia francophone, on observe que la contagion a déjà gagné certains contributeurs de l’encyclopédie, avec pour certains une quête un peu particulière : mettre la main sur la carte des articles qu’ils ont eux-mêmes rédigés.

En toute objectivité, la meilleure carte du jeu – capture d’écran Next
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☕️ Schneider Electric lance une OPA sur Shelly et ses capteurs connectés



L’entreprise bulgare Shelly, bien connue des amateurs de domotique pour ses capteurs et interrupteurs connectés, devrait passer sous pavillon français.

L’industriel Schneider Electric vient en effet d’annoncer (PDF) une offre publique d’achat (OPA) portant sur au moins 95 % du capital de Shelly Group. Une fois réussie, l’opération permettra à l’acquéreur de procéder au retrait obligatoire des dernières actions cotées, conduisant à une prise de contrôle totale.

Schneider Electric a proposé 70 euros par action pour l’ensemble des titres qu’il ne détient pas déjà. L’opération représente une plus-value relativement modeste par rapport au cours actuel de l’action Shelly Group (cotée à Francfort et à Sofia), qui s’affichait à 64,40 euros le 23 septembre au soir. Elle valorise tout de même l’entreprise bulgare à plus de 1,2 milliard d’euros, et bénéficie du soutien des deux fondateurs de Shelly.

D’après Schneider Electric, ces derniers se sont en effet engagés à apporter les 57 % qu’ils détiennent à eux deux dans l’opération, puis à réinvestir une partie du produit de la cession dans l’entreprise pour au moins trois ans. Comme toujours en pareille circonstance, la transaction reste toutefois subordonnée à l’approbation des autorités bulgares.

Un relais Shelly Pro 4PM – crédit Next

Bien que Shelly dispose d’une activité tournée vers le grand public (interrupteurs Shelly Gen4, modules pour tableau électrique de type Shelly Pro 1PM), c’est principalement le volet entreprises (BtoB) qui semble intéresser Schneider. L’acquéreur indique ainsi :

« L’acquisition permettrait d’associer la plateforme logicielle de gestion de l’énergie domestique de Shelly au leadership technologique de Schneider Electric dans les bâtiments résidentiels, les projets de rénovation et les petits bâtiments commerciaux ».

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Discord déploie finalement sa vérification d’âge basée sur des « groupes d’âge »

Âge déraison
Discord déploie finalement sa vérification d’âge basée sur des « groupes d’âge »

Discord a commencé le déploiement mondial de ses outils de contrôle de l’âge. La plateforme affirme que 90 % des utilisateurs ne seront pas concernés, et promet à ceux qu’elle ne peut pas cataloguer automatiquement comme des adultes plusieurs options de vérification.

Alors que la France et l’Europe affichent publiquement leur intention d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux jeunes publics mineurs, Discord prend les devants. La plateforme vient en effet d’annoncer le début du déploiement de sa propre solution de contrôle de l’âge. La décision avait été annoncée en début d’année, avant qu’une bronca des utilisateurs ne pousse Discord à temporiser de quelques mois.

« Les législateurs d’innombrables pays et États se font entendre et nous disent qu’ils veulent des protections plus solides pour les adolescents, de l’Union européenne à l’Indonésie. À mes yeux, cela rend plus forte que jamais la nécessité de montrer que cela peut être fait dans un cadre qui préserve la confidentialité », justifie Stanislav Vishnevskiy, cofondateur et directeur technique de Discord.

Les utilisateurs classés en trois groupes

Chez Discord, la mesure poursuit officiellement deux objectifs : limiter l’accès aux moins de 13 ans, et protéger les mineurs de 13 à 17 ans de l’exposition à des contenus sensibles ou de sollicitations inappropriées. Pour ce faire, la plateforme indique avoir élaboré un dispositif qui devrait permettre à 90 % de ses utilisateurs de ne pas avoir à justifier de leur âge.

Celui-ci prend la forme d’un outil chargé de catégoriser les utilisateurs en trois groupes : les adultes confirmés, pour qui rien ne change par rapport à l’existant, les adolescents de 13 à 17 ans, et les profils non confirmés, pour lesquels la plateforme n’a pas réussi à trancher. Les internautes placés dans les deux derniers groupes devront montrer patte blanche pour activer ou réactiver l’affichage des contenus protégés sur leur profil et accepter de recevoir des demandes d’inconnus.

Comment s’opère cette classification ? Discord évoque des signaux liés au compte : « depuis quand celui-ci existe, à quels types de serveurs vous appartenez, etc. », tout en assurant qu’aucun serveur individuel ne détermine le groupe d’âge. Elle promet par ailleurs n’examiner ni les messages, ni les appels, « ni aucun autre contenu ».

Une classification confiée à un modèle d’apprentissage automatique

Un billet plus technique décrit la méthode mise en œuvre : basée sur un modèle d’apprentissage automatique, elle étudie plusieurs critères tels que la façon dont le compte s’inscrit dans le graphe social global de Discord, les métadonnées liées au compte, des indicateurs d’engagement, et des signaux relatifs aux communautés avec lesquels l’utilisateur interagit le plus.

Discord invite à vérifier dans quel groupe vous avez été placé via l’entrée « Statut du compte » des paramètres utilisateur. Le déploiement est cependant censé s’étaler sur plusieurs jours, ce qui signifie que l’entrée Groupe d’âge n’est pas encore affichée chez tout le monde.

Quid de la vérification ? En février, Discord avait d’abord évoqué un contrôle basé sur une pièce d’identité et une reconnaissance faciale, opéré par un prestataire tiers de type Persona. La plateforme a depuis fait marche arrière, et promet désormais un éventail d’options plus varié.

« Nous avons examiné minutieusement chaque méthode avant de l’approuver, et les données que vous fournissez à Discord et à nos fournisseurs sont utilisées uniquement pour déterminer votre groupe d’âge ; il ne vous reste donc plus qu’à choisir l’option avec laquelle vous êtes le plus à l’aise. »

Plusieurs méthodes de vérification d’âge

Les méthodes proposées sont les suivantes : validation par carte de crédit au travers d’un micro paiement via Stripe et d’une vérification de l’âge du détenteur opérée par le service tiers k-ID ; autorisation du partage de la tranche d’âge via l’App Store d’Apple ou via le Google Play Store, contrôle d’un passe d’identité déjà enregistré dans Google Wallet (non disponible en France) ; ou vérification d’un justificatif d’âge AgeKey.

« En lançant une approche globale avec des options non biométriques, nous prenons de l’avance sur des lois qui pourraient nous imposer de mettre en œuvre une solution moins axée sur la protection de la vie privée. Les décisions que les législateurs et politiques prennent actuellement définiront la manière dont les plateformes avanceront en matière de sécurité des adolescents et de confidentialité pour les années à venir, et j’encourage les gens à faire entendre leur point de vue là où ils vivent », conclut Stanislav Vishnevskiy.

La FAQ qui suit son annonce se veut rassurante pour les utilisateurs allergiques au principe même de vérification d’âge. Pour les comptes classés comme adolescents ou non confirmés, les mesures de protection s’appliquent, mais « l’expérience Discord centrale (envoyer des messages à des amis, rejoindre des appels vocaux ou des serveurs qui ne font pas l’objet d’une restriction d’âge) reste la même ».

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Racheté 35 300 €, Lycos.fr revient : « On n’avait pas prévu que ça aille aussi vite »


Racheté 35 300 €, Lycos.fr revient : « On n’avait pas prévu que ça aille aussi vite »

Lycos.fr reprend du service. Racheté aux enchères pour 35 300 euros, le vénérable nom de domaine accueille un nouveau projet de portail porté par l’acquéreur. Il ambitionne d’y proposer page personnelle, moteur de recherche et agrégateur de médias, sans lien avec la société historique du même nom.

Comme souvent dans ce genre de cas, les enchères se sont jouées dans la dernière ligne droite : proposé à la vente sur le site spécialisé WebExpire, le nom de domaine lycos.fr a trouvé preneur lundi 21 septembre pour 35 300 euros.

Cette fois, hors de question de laisser le nom de domaine dormir en mode parking. Quelques heures plus tard, une nouvelle page d’accueil s’affiche aux yeux des internautes curieux. Elle propose de réserver une adresse en lycos.fr/votrenom en échange d’une adresse email pour obtenir, au lancement, « votre page personnelle sur l’une des adresses les plus connues du Web français ».

À ce service, baptisé Lycos ID, le nouvel acquéreur promet d’ajouter un agrégateur de médias, avec une actualité « rangée et mise à jour en continu », ainsi qu’un moteur réunissant « actualités, articles et profils Lycos ID dans une seule barre de recherche ».

La page d’accueil du site Lycos.fr au mardi 22 septembre – capture d’écran Next

Le retour d’une vedette d’antan

L’ambition dessinée ici rappellera certainement des souvenirs à ceux qui, parmi les lecteurs de Next, surfaient déjà en ligne au tournant du nouveau millénaire. Lycos.fr, édité par la société Lycos Europe gmbh, est en effet l’un des plus célèbres représentants de la génération des grands portails Web qui mêlaient messagerie, pages perso et surtout recherche en ligne entre la fin des années 90 et le début des années 2000.

Né en 1994 sous la forme d’un projet de recherche et installé en tant que société commerciale un an plus tard, Lycos a d’abord connu une ascension fulgurante et un développement mondial (en 2000, Lycos vantait son célèbre slogan « va chercher » à la télévision française), avant de lentement péricliter, balloté entre une succession d’actionnaires.

Le portail, identifiable à son logo en forme de retriever noir, a officiellement disparu du Web européen le 15 février 2009, même si le moteur de recherche américain est longtemps resté accessible par le biais des différentes extensions nationales du nom de domaine lycos, dont le .fr.

Un départ sur les chapeaux de roue

Jusqu’à ce que ce dernier soit finalement libéré, proposé aux enchères, et donc racheté, avec mise en place de cette page d’inscription en forme d’apéritif pour un lancement à venir. La conclusion des enchères a toutefois suscité plusieurs commentaires publics, sur les réseaux sociaux, de spécialistes des noms de domaine et du référencement, contribuant à braquer les projecteurs sur le nouveau lycos.fr.

« On a récupéré le domaine hier, on n’a encore rien annoncé, et il y a déjà des milliers d’inscriptions. On n’avait pas prévu que ça aille aussi vite, ce sont les gens qui ont décidé pour nous, et ça confirme que ce nom réveille quelque chose de bien réel », confie à Next Benjamin Romei, fondateur d’ADN Contents, la société qui a remporté les enchères (par ailleurs éditrice de médias thématiques). Qui entend bien donner une seconde vie à cette vénérable adresse : « L’idée tient en une phrase : refaire de Lycos une porte d’entrée simple du web français ».

D’où cette triple ambition affichée, avec un moteur de recherche constitué sur un index en propre et un agrégateur de médias attendu dans les prochains jours, tous deux en bêta, et le futur service de page personnelle pour lequel les plus impatients ont déjà réservé une adresse à leur nom (vanity URL). « Lycos ID est une carte de visite en ligne, à une adresse que tout le monde connaît », résume Benjamin Romei.

À défaut d’avoir Next.fr, nous aussi on veut notre vanity URL – capture d’écran Next

L’entrepreneur indique envisager un modèle économique hybride, basé pour partie sur la publicité, et sur des options premium associées aux pages personnelles. Il précise ne pas vouloir se limiter aux nostalgiques. « Le premier cercle, c’est ceux qui ont grandi avec Lycos, Caramail et Multimania. Pour eux, ce nom réveille quelque chose. Mais on espère bien toucher d’autres générations : on ne veut pas faire un musée ».

L’épée de Damoclès du recours d’un ayant-droit

Reste une inconnue de taille. L’entrepreneur ne prend-il pas un risque à racheter et à exploiter un nom de domaine associé à une marque à la notoriété certes ternie, mais historiquement bien établie ?

Outre l’éventualité d’une action en contrefaçon, le fait que le domaine concerné soit en .fr signifie que le nouveau propriétaire s’expose à la possibilité d’une réclamation extra judiciaire formulée directement auprès de l’Afnic, l’office d’enregistrement des extensions nationales, notamment via la procédure Syreli.

Encore faut-il qu’il subsiste un ayant droit. À l’échelle française, une recherche dans les bases de données de l’INPI confirme que les différents enregistrements de marque liés à des activités numériques (édition de site, publicité en ligne) sont expirés de longue date. D’après les données disponibles auprès du bureau américain des brevets (USPTO), la marque Lycos en tant qu’activité Web semble également avoir été abandonnée depuis 2020. Le site lycos.com a par ailleurs pris des airs de coquille vide, avec un index de recherche limité à la portion congrue, et des mentions légales qui ne mentionnent plus grand chose.

Le nouvel acquéreur n’ignore pas la question, mais se dit confiant : « On a fait ce travail sérieusement, en amont, avant même de se lancer. La situation de ce nom n’est pas la même selon les territoires, et notre projet est français : pensé ici, pour le public d’ici, sur un .fr laissé à l’abandon depuis des années. On est accompagnés sur le juridique, on suit la situation de près et des démarches sont en cours. »

À ce stade, la page lycos.fr ne pousse toutefois pas la filiation jusqu’à reprendre la silhouette du célèbre retriever.

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☕️ Amazon met fin à la livraison gratuite des livres en consignes automatiques



Amazon vient de faire une petite concession à ses adversaires dans la bataille qui l’oppose depuis deux ans aux acteurs de la vente de livres, librairies et grandes surfaces spécialisées. Un porte-parole de la branche française de l’entreprise a en effet déclaré au Figaro qu’elle allait mettre un terme à la livraison gratuite de livres quand ces derniers sont récupérés en consigne automatique (locker).

« Nous avons décidé, pour les livres neufs, de concentrer la remise de 5% et la livraison gratuite sur les points de retrait en comptoir et accueils de magasin – et d’exclure les casiers automatiques », annonce l’intéressé. En pratique, Amazon France va donc continuer à combiner gratuité des frais de port et remise de 5 % sur le prix des livres neufs, mais uniquement lorsque le retrait s’opère au niveau de l’accueil d’un magasin.

Rappelons que depuis 2023, la loi Darcos impose des frais de port de 3 euros pour toute commande en ligne de moins de 35 euros intégrant un ou plusieurs livres neufs. Dans le prolongement de la loi Lang sur le prix unique du livre (1981), elle prévoit toutefois une possibilité de livraison gratuite quand « le livre est retiré dans un commerce de vente au détail de livres ».

Amazon s’est appuyé sur cette subtilité pour proposer la livraison gratuite dans ses consignes à partir de 2024, arguant du fait que seuls les casiers « situés dans les magasins français vendant des livres » (par exemple, un supermarché) sont éligibles.

livre dématerialisé
Illustration : Flock

Saisi par le ministère de la Culture à la demande du Syndicat de la librairie, le médiateur du livre avait conclu quelques mois plus tard que les pratiques d’Amazon constituaient « un réel défi à la mise en œuvre de la loi ». Loin de s’en émouvoir, le géant du e-commerce a remis le couvert en octobre 2025, en ajoutant à la livraison gratuite en casiers la réduction de 5 % sur les livres neufs. En décembre de la même année, son DG France Frédéric Duval (depuis remplacé par Jean-Baptiste Thomas) s’était fendu d’une tribune pour dénoncer la « taxe sur la lecture » que représentent, selon lui, les frais de port obligatoire sur le livre.

Dix mois plus tard, Amazon a donc décidé de lâcher du lest. Il faut dire qu’entre temps, l’entreprise a vu son recours visant à faire annuler l’arrêté de mise en œuvre de la loi Darcos rejeté par le Conseil d’Etat le 15 avril dernier.

« Adoptée à l’unanimité par les deux chambres du Parlement, cette loi protège la diversité culturelle, soutient un réseau unique au monde de plus de 4 700 librairies et commerces physiques du livre sur l’ensemble du territoire, et contribue à faciliter l’accès à la lecture et à un conseil de qualité », s’était félicité (PDF) à cette occasion le syndicat de la librairie.

Un autre facteur a peut-être motivé cette décision. D’après le Figaro, le Syndicat de la librairie française, le Syndicat des distributeurs de loisirs culturels et la Fnac se préparaient en effet à assigner Amazon devant le tribunal des affaires économiques de Paris.

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☕️ GNOME 51 gagne en fluidité et en fonctionnalités



La fondation GNOME a bouclé dans les temps le chantier de la version 51 de son environnement de bureau, livrée et annoncée mercredi 16 septembre. Six mois après la sortie de GNOME 50, qui signait l’abandon de X11 au profit de Wayland, GNOME 51 mêle améliorations de performances et nouvelles fonctionnalités.

Côté performances, l’équipe du projet indique avoir amélioré l’ordonnancement des animations au niveau de Mutter, le gestionnaire de fenêtres et compositeur graphique. Ces optimisations devraient se traduire par une fluidité accrue au niveau de la manipulation des fenêtres sur le bureau, y compris lorsque le système fait l’objet d’une charge importante. L’interface gagne également des curseurs en SVG, qui devraient donc rester nets, quelle que soit la résolution de l’écran.

GNOME 51 promet également une capture d’écran plus rapide, grâce à la réduction du nombre de copies de buffer entre la mémoire vidéo et l’outil d’enregistrement. L’environnement est désormais allégé des anciennes interfaces de pilotes NVIDIA, et sait désormais mémoriser la luminosité de l’écran d’un redémarrage à l’autre.

Sur les appareils portables, GNOME 51 sait maintenant gérer la rotation automatique de l’écran (via accéléromètre) et désactiver automatiquement le pavé tactile lorsqu’une souris est branchée. L’environnement profite aussi d’une nouvelle interface pour la gestion des empreintes digitales.

Sous le capot, la nouvelle version rend la recherche de domaine DNS accessible au niveau de l’interface graphique. Elle supprime la prise en charge du vénérable WEP pour la sécurité des réseaux Wi-Fi (déprécié depuis longtemps au profit du WPA). Elle introduit par ailleurs le support des sockets systemd, pour n’activer le service SSH qu’à la demande, et la prise en charge de Kerberos pour la connexion à une machine distante.

L’application Cartes offre une intégration nettement plus poussée des transports en commun – Fondation GNOME

Du côté des applications, Cartes gagne la possibilité de télécharger des plans par zone pour une consultation hors-ligne, ainsi que l’intégration des transports en commun avec infos en temps réel (dans les villes prises en charge). Le gestionnaire de fichiers s’enrichit d’un compteur indiquant le nombre d’éléments déplacés en cas de glisser-déposer, d’un affichage plus explicite de l’état (lecture seule par exemple), et d’une réactivité accrue.

Le navigateur profite quant à lui d’un raccourci permettant de copier l’URL de la page ouverte sans sélectionner la barre d’adresses (Ctrl+Shift+C), et d’un nouveau générateur de mots de passe forts, tandis que Papers sait maintenant gérer les signatures manuelles au niveau d’un PDF. L’interface de l’outil de prévisualisation Sushi (mis en œuvre en pressant Espace après sélection d’un fichier) a fait l’objet d’une refonte complète (sous GTK 4 et libadwaita). Elle est maintenant harmonisée avec le reste de l’environnement.

GNOME 51 introduit enfin quelques nouveaux logiciels : Bobby (navigateur SQLite), Tally (création de compteurs), et Bazaar (nouveau magasin d’applis Flatpak/Flathub). Comme à chaque nouvelle version, un nouveau fond d’écran par défaut est également de la partie.

GNOME 51 est surnommée A Coruña (La Corogne), en référence à la ville espagnole où s’est tenue la dernière édition de l’événement communautaire dédié. Cette nouvelle version fera son chemin dans les prochaines semaines vers les distributions Linux courantes, à l’image de Fedora 45, dont la bêta a également été publiée cette semaine.

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☕️ Un réglage d’iOS 27 compromet l’efficacité des bloqueurs de pubs par DNS



Plusieurs utilisateurs d’iPhone ont remarqué qu’après avoir installé iOS 27, leur téléphone contournait les solutions domestiques de blocages de publicités basées sur le DNS telles que Pi-hole ou AdGuard.

Un rapide tour dans les réglages dans l’appareil a permis d’identifier la source du problème. De façon empirique, elle semble liée à la fonction Assistance connectivité (Connectivity Assist) proposée par iOS au niveau des paramètres de la connexion Wi-Fi. Désactiver cette dernière rétablit le blocage des publicités, comme en témoignent plusieurs utilisateurs de Reddit.

Une fiche du support Apple datée du 15 septembre confirme que le phénomène est lié à l’Assistance connectivité. « Si vous souhaitez rester connecté en permanence au Wi-Fi pour une configuration de routeur spécifique (par exemple, votre bloqueur de publicités), vous pouvez désactiver l’assistance à la connectivité pour ce réseau particulier. », indique explicitement cette dernière.

La fonction Assistance connectivité, désormais logée dans le menu Wi-Fi des réglages, permet à iOS de basculer automatiquement vers la connexion cellulaire de l’appareil lorsque le réseau sans fil local est trop lent. Quand elle est activée, le système interprète le blocage des contenus publicitaires comme une défaillance du Wi-Fi, et va donc emprunter le réseau cellulaire pour appeler les données correspondantes.

Cette fonctionnalité n’est pas apparue avec iOS 27. Jusqu’à iOS 27, cette fonctionnalité était intégrée au menu Données cellulaires des réglages, sous le nom Assistant Wi-Fi. Le problème vient en réalité d’un changement de paramétrage lors de la mise à jour, qui avait d’ailleurs déjà été constaté par certains utilisateurs des versions bêta d’iOS 27.

Nous l’avons expérimenté directement mercredi matin en mettant à jour un iPhone de iOS 26.6 vers iOS 27. La fonction Assistant Wi-Fi, désactivée avant la mise à jour, était effectivement activée une fois la migration achevée.

Bref, si vous utilisez Pi-hole, AdGuard ou une solution équivalente avec un iPhone, contrôlez simplement les réglages de votre Wi-Fi.

Réglage de l’Assistance connectivité d’iOS 27 – capture d’écran Next
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☕️ Firefox 156 : suggestions sponsorisées et optimisations de performances



Mozilla tient son rythme de mises à jour bimensuelles. La fondation a publié Firefox 156 mardi 15 septembre, une nouvelle mouture qui sur le plan fonctionnel introduit deux nouveautés : la possibilité de lancer automatiquement Firefox au démarrage de macOS, et l’arrivée des « suggestions sponsorisées » au niveau de la barre d’adresses.

Ces dernières s’intègrent à « Firefox suggère », l’outil qui, habituellement, explore l’historique de navigation pour conseiller des adresses susceptibles d’anticiper les besoins de l’internaute. Ces dernières peuvent maintenant afficher des propositions émanant soit de l’édition locale de Wikipédia et, de temps à autres, des « suggestions sponsorisées occasionnelles », dont la consultation est donc censée générer du chiffre d’affaires pour Mozilla.

Ces suggestions sponsorisées existent depuis longtemps, mais jusqu’ici, elles n’étaient pas encore déployées en France, Allemagne et Italie, les trois pays concernés par cette mise à jour. La suggestion sponsorisée prend place en bas du champ qui s’ouvre lorsqu’on commence la saisie dans la barre d’adresses.

Aux suggestions standard de la barre d’adresses, émanant soit du moteur de recherche, soit de l’historique, Firefox 156 ajoute maintenant une ligne « Recommandé » en dernière position – capture d’écran Next

Ces suggestions sponsorisées peuvent tout à fait être désactivées, comme l’ensemble des propositions liées à Firefox suggère. Pour ce faire, il suffit de se rendre dans les réglages, ligne Recherche, et de cocher ou décocher les différentes propositions.

Les réglages permettent de sélectionner une à une les différentes options de Firefox suggère – capture d’écran Next

En coulisses, Firefox 156 introduit également quelques améliorations de performances. Mozilla annonce ainsi que la visionneuse PDF intégrée s’ouvre désormais 45 % plus vite qu’avec la version précédente. L’empreinte mémoire vive / CPU devrait également être améliorée lorsque le navigateur doit afficher des images JPEG mises à l’échelle. Sur les machines Windows on ARM, la nouvelle mouture sait désormais faire appel au décodage matériel H264 lors des appels vidéo via WebRTC, ce qui devrait là aussi améliorer les performances, puisque les versions précédentes passaient par un décodage logiciel.

La prochaine mise à jour de Firefox devrait intervenir le 29 septembre prochain. Cette version 157 est censée s’accompagner de la nouvelle interface Nova, aux contours très arrondis déjà présentés sur Next. Activée par défaut depuis quelques semaines sur le canal Nightly (préversions très en avance de phase), celle-ci est maintenant distribuée via la bêta de Firefox 157.

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☕️ Capgemini vend sa filiale états-unienne prestataire de la police de l’immigration



Capgemini a finalement coupé les ponts avec l’ICE, la tristement célèbre police de l’immigration des États-Unis. Le groupe français a en effet annoncé le 12 septembre dernier la signature d’un accord de vente définitif de sa filiale états-unienne spécialisée dans les contrats gouvernementaux, Capgemini Government Solutions. La transaction devrait être bouclée dans les prochaines semaines.

« Capgemini annonce aujourd’hui avoir conclu un accord avec ITC Federal, un fournisseur américain de services et de solutions digitales pour les agences fédérales chargées de sécurité intérieure et de défense, en vue de la vente de Capgemini Government Solutions, sa filiale qui travaille avec le gouvernement fédéral américain. »

caméra de vidéosurveillance par Flock
Illustration : Flock

Capgemini avait lancé ce processus de vente en début d’année, après que la presse a révélé les différents contrats gagnés par sa filiale CGS auprès de l’ICE. Parmi les différents appels d’offre remportés figurait une prestation d’identification et de localisation des personnes recherchées par l’ICE, en croisant l’ensemble des informations publiques ou privées susceptibles d’être recueillies en ligne à leur sujet.

Plusieurs syndicats représentants du personnel de Capgemini s’étaient insurgés contre ces missions, jugées incompatibles avec les valeurs éthiques prônées par le groupe et sa gouvernance.

Le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Capgemini a rappelé samedi que CGS « représentait 0,4% du chiffre d’affaires du Groupe en 2025 et moins de 2% de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis ».

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☕️ Le groupe Muse se fait déloger de ses comptes de réseaux sociaux par Meta



Meta a présenté cette semaine Muse, son nouvel agent IA destiné au grand public et censé pouvoir gérer de façon autonome des tâches du quotidien. Stratégique au regard des ambitions affichées par Mark Zuckerberg dans le domaine de l’intelligence artificielle générative, ce lancement (réservé pour l’instant aux États-Unis) s’accompagne sans surprise d’une vaste campagne de communication en ligne sur les supports du groupe.

Pour ce faire, Meta avait logiquement besoin de comptes @Muse sur les principaux réseaux sociaux, à commencer par les siens. Problème : l’adresse en question est occupée, depuis de longues années déjà, par le célèbre groupe britannique du même nom.

Plusieurs internautes ont remarqué mercredi que le groupe emmené par Matt Bellamy s’était fait déloger de ladite adresse, d’abord sur Instagram. Le compte @Muse renvoie désormais vers l’agent IA de Meta, tandis que les 2,7 millions d’internautes qui suivaient les images de concert de Muse doivent désormais se rendre sur @museband. Même topo sur Facebook, où le groupe est désormais hébergé sur une adresse en /museband.

X, pourtant en dehors du réseau Meta, reflète lui aussi ce mouvement, dans des conditions identiques : Muse pour l’agent IA et Museband pour le groupe. Le site officiel de Muse référence encore, en pied de page, l’adresse de ses anciens réseaux sociaux, à l’exception d’Instagram qui avait été mis à jour au moment de la rédaction de cette brève.

Appelez moi le webmaster ! – capture d’écran Next

Plusieurs des fans de Muse (le groupe, pas l’agent) se sont émus de ce qu’ils considèrent comme une spoliation, et y sont allés de leurs commentaires mécontents sous les publications annonçant le lancement de Muse (l’agent, pas le groupe).

Cette prise de contrôle paraît à première vue fort cavalière, mais on ne sait pas pour l’instant dans quelles conditions elle a été réalisée, ni si le groupe avait été prévenu, voire indemnisé d’une façon ou d’une autre. Ni Meta, ni Bellamy et sa bande n’ont pour l’instant réagi publiquement.

En attendant d’avoir le fin mot de l’histoire, on ne peut tout de même s’empêcher de penser, et de rappeler, que l’univers musical de Muse, riche de plus de vingt ans de carrière, est profondément marqué par la dystopie et des critiques à peine larvées contre les dérives totalitaires du système moderne. « They will not control us. We will be victorious. »

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Mistral lève 3 milliards d’euros et revendique une approche « full stack » de l’IA

Mistral de nuit ne dure qu’un pain cuit
Mistral lève 3 milliards d’euros et revendique une approche « full stack » de l’IA

Mistral AI a annoncé mardi avoir réuni 3 milliards de dollars lors d’un tour de table emmené notamment par Samsung et d’autres investisseurs étrangers. L’entreprise profite de l’occasion pour affirmer qu’elle n’a pas renoncé au développement de modèles de pointe, et met en avant sa capacité à accompagner les entreprises au-delà de la simple fourniture de modèles ou d’infrastructures de calcul.

Installée depuis peu dans le XVIIIe arrondissement de Paris, Mistral AI a annoncé mardi 8 septembre sa quatrième levée de fonds, hors amorçage, en trois ans d’existence. Cette série D constitue un record à l’échelle européenne : l’entreprise a en effet réuni 3 milliards d’euros, à l’issue d’un tour de table qui la valorise à 21 milliards d’euros.

Les multiples n’ont rien de comparable avec ceux affichés par OpenAI ou Anthropic, mais ils témoignent tout de même d’une accélération significative : le dernier tour de table de Mistral remonte à septembre 2025, date à laquelle ASML avait pris 11 % du capital pour 1,3 milliard d’euros. Depuis, Mistral a été chercher des fonds supplémentaires sous forme d’emprunts bancaires, à hauteur de 722 millions d’euros, pour soutenir l’approvisionnement en GPU de ses datacenters. Elle a également annoncé un investissement à hauteur de 1,2 milliard d’euros dans un complexe de datacenters en Suède.

Des fonds asiatiques, européens et états-uniens

La nouvelle levée de fonds annoncée mardi fait entrer Samsung Electronics au capital. Le fabricant sud-coréen est présenté comme le principal acteur de ce tour de table qui associe aussi le fonds suédois EQT, le géant états-unien PSG Equity, et la plupart des fonds ayant déjà financé Mistral. Dans le lot subsistent quelques rares acteurs français, dont la banque publique Bpifrance, Carmignac ou Eurazeo, aux côtés d’acteurs principalement états-uniens, dont NVIDIA.

Mistral indique que ces nouvelles ressources contribueront à « étendre significativement sa recherche de pointe », ainsi qu’à développer son infrastructure et à accélérer sa croissance commerciale et son expansion internationale. Face aux critiques qui soulignent depuis quelques temps sa propension à déployer des modèles à poids ouverts qu’elle n’a pas conçus, l’entreprise laisse donc entendre qu’elle n’abandonne pas ses projets en matière de modèles frontier en propre. Elle n’en fait cependant pas l’alpha et l’omega de sa stratégie, au contraire.

« Lors de la première vague d’IA générative, la question centrale était de savoir qui serait capable de concevoir le modèle le plus performant. Aujourd’hui, les organisations et les gouvernements se posent une question différente : comment exploiter la puissance de l’IA pour leurs besoins critiques sans perdre le contrôle de l’infrastructure et du processus d’analyse ? », expose ainsi Mistral.

Sur ce volet, Mistral affirme être « la seule entreprise d’IA au monde à développer l’ensemble de la pile technologique nécessaire pour répondre à cette question : des modèles à poids ouvert, l’infrastructure et la capacité de calcul sur lesquelles ils fonctionnent, et les produits qui permettent leur mise en production ». Une approche à la fois « full stack » et ouverte, qui serait donc gage de limitation de la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur unique pour les clients concernés.

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Les conférences développeurs appellent les entreprises à ne pas les laisser disparaitre

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Les conférences développeurs appellent les entreprises à ne pas les laisser disparaitre

33 collectifs et associations engagés dans l’organisation d’événements techniques pour développeurs lancent un appel collectif. Entre budgets de sponsoring et achats de billets en baisse, ils redoutent que leurs conférences ne soient plus économiquement viables et que leur disparition ne participe à un appauvrissement général du secteur, particulièrement dans le contexte d’un recours accru à l’IA.

Bon nombre de conférences techniques destinées aux développeurs reposent principalement sur l’engagement d’une communauté de bénévoles, qui se chargent de trouver un lieu, fédérer des intervenants, communiquer en amont et assurer l’accueil des participants le jour J.

Leur motivation est indispensable, mais pas suffisante : entre location d’une salle, obligations réglementaires de sécurité, fournitures, repas et autres kakémonos, il faut aussi que le budget de l’événement s’équilibre. Particulièrement quand il est porté par une association locale ou un collectif qui ne dispose pas d’autres ressources financières que les recettes de l’événement et les adhésions de ses membres.

La mécanique économique se grippe

L’équation s’équilibre en principe grâce aux sponsors, c’est-à-dire les entreprises qui paient pour afficher leur marque sur les supports de l’événement, disposer d’un stand sur place le jour J et, souvent, profiter d’un canal privilégié pour diffuser ou faire connaître leurs recrutements en cours. Le reste du budget provient généralement de la billetterie, autrement dit le public payant de l’événement, dont les entrées (le tarif est de l’ordre de quelques dizaines d’euros) sont généralement payées par l’employeur des développeuses et développeurs concernés par la thématique.

Problème : il semblerait que cette mécanique plutôt conventionnelle se grippe. 33 organisations en charge de conférences tech viennent en effet de signer un appel commun à une plus large mobilisation du secteur :

« Les événements techniques traversent aujourd’hui une crise silencieuse. Budgets sponsoring resserrés, achats de billets en baisse, adhésions associatives en recul : partout, les mêmes signaux d’alerte s’allument et l’inquiétude s’installe au sein des organisations. Si rien ne change, nombre d’entre eux ne verront pas de nouvelle édition. Nous, organisateurs, organisatrices et associations tech, alertons aujourd’hui l’écosystème sur ce qui est en train de se jouer. »

L’appel est notamment lancé par l’AFUP, l’Association française des utilisateurs de PHP, qui organise chaque année le Forum PHP (prochaine édition les 8 et 9 octobre prochain à Disneyland Paris) et, en 2026, des déclinaisons baptisées AFUP Day, portées par ses antennes locales de Lille, Lyon et Poitiers.

« L’an dernier, notre événement phare était déjà en deçà de ses objectifs. Sur l’année 2026, la tendance s’est accélérée et a touché également l’AFUP Day. Nous avons été globalement en dessous de nos objectifs (billetterie et sponsoring), pour un résultat à- 17 % – soit environ 6 500 euros », nous confie Xavier Leune, membre de l’association.

Le forum PHP, nettement plus ambitieux en termes de budget, s’annonce quant à lui sous des auspices inquiétants. « Les premières semaines de vente ont marqué un nouveau recul puisque nous étions en moyenne à 30 % en dessous de l’année dernière. L’été nous a fait connaître un nouveau décrochage, nous sommes désormais à- 47 % sur la billetterie. Le sponsoring quant à lui est en recul de 25 % », s’inquiète notre interlocuteur. Sans inversion de tendance, l’événement pourrait se solder par un déficit suffisamment important pour compromettre la pérennité de l’association.

Trouver des sponsors et des visiteurs payants

Début juin, l’AFUP avait déjà alerté sur les difficultés rencontrées autour de ses différents événements :

« Malgré nos multiples prises de contact, malgré les appels à la communauté, la recherche de soutiens est difficile. De multiples entreprises nous indiquent ne pas avoir de budget marketing en 2026. La grande incertitude qui règne dans le secteur, que cela soit lié au contexte mondial, à l’arrivée de l’IA ou d’autres raisons économiques, n’invite pas les acteurs de l’écosystème à s’impliquer auprès de l’association ».

Si le Forum PHP fait figure de locomotive, les difficultés n’épargnent pas de plus petites conventions locales. En juin, l’asso qui organise le BreizhCamp indiquait elle aussi faire face à un sponsoring en retrait pour son édition 2026. « Cela nous a amené à augmenter le prix des billets, mais cette augmentation n’est malheureusement pas suffisante pour absorber le manque de recettes, nous avons donc dû renoncer à certaines dépenses cette année », décrivait-elle alors.

D’autres signataires jonglent eux aussi avec un budget d’autant plus difficile à équilibrer qu’il recèle une part d’incertitude jusqu’à l’ouverture des portes. Hors early birds, le gros des billets se vend en effet souvent dans les dernières semaines, alors qu’il faut engager en amont les dépenses liées au lieu ou à la restauration.

La conférence girondine BDX I/O, dont l’édition 2026 se tiendra les 29 et 30 octobre prochain, a par exemple abandonné le Palais des congrès de Bordeaux au profit des couloirs et des amphis de l’école Enseirb-Matmeca de Talence. Le mouvement traduit une réalité économique, que l’asso organisatrice a tournée à son avantage, en profitant des frais de location réduits pour passer son événement sur deux jours et donc proposer un programme plus soutenu.

À ce stade, elle envisage un atterrissage à l’équilibre, mais le résultat final dépendra à la fois de la billetterie et de la décision des sponsors encore en attente. « Les budgets se resserrent partout et sur toutes les topologies d’entreprises, et malheureusement des événements comme le nôtre ne sont pas la priorité quand il s’agit d’attribuer des budgets », analyse Amélie Benoit, membre de la petite équipe bénévole qui s’active, et s’épuise, depuis des mois pour monter l’événement.

Même si l’optimisme reste de rigueur, l’organisation chasse donc les postes de dépense susceptibles d’être réduits sans dégrader la qualité de l’accueil, tout en cherchant des leviers pour dynamiser son offre. « Nous sommes très heureux de pouvoir accueillir des start-ups gratuitement cette année. C’est un choix, pas économique du tout pour le coup, qui nous tenait énormément à cœur pour pouvoir diversifier le paysage d’entreprises présentes à l’événement, et pour avoir une meilleure représentation de l’écosystème tech à Bordeaux », illustre Amélie Benoit.

Entre expertise et velléités d’ouverture

Quels que soient la communauté, le langage ou les pratiques de développement concernées, la clé de voûte du succès reste bien sûr la programmation. Elle doit à la fois garantir un niveau d’expertise suffisant pour motiver le déplacement sur le temps professionnel, mais aussi s’ouvrir aux problématiques transverses qui animent les réflexions et les transformations du secteur. Sans surprise, l’IA fait désormais partie intégrante de la plupart des programmes, qui intègrent également de plus en plus de sessions dédiées à des enjeux sociaux ou sociétaux.

Pour les signataires de l’appel lancé par l’AFUP, c’est précisément cette alliance entre technique et humain qui fait le sel des conférences spécialisées, et qui justifie que l’on se mobilise pour leur survie :

« Nous passons désormais une large partie de nos journées à échanger avec des IA. Dans ce contexte, les événements techniques prennent une valeur unique : ce sont des lieux où l’on se retrouve entre humains, où l’on partage une expertise, où de nouvelles vocations naissent, notamment autour des projets open source dont dépendent silencieusement la majorité de nos entreprises. Ces projets ont besoin de contributeurs et contributrices, de mainteneurs et mainteneuses, de relève mais aussi d’enthousiasme et d’inspiration. Les événements techniques sont l’un des rares endroits où cette relève se construit. »

De façon plus pragmatique, ils rappellent que ces conférences sont avant tout un accélérateur de compétences, nourri par la confrontation directe à des retours d’expérience, d’autres pratiques, et les échanges informels avec des pairs.

Pour autant, les organisateurs invitent les entreprises à ne pas raisonner que via le prisme du retour sur investissement. « On oublie parfois que sponsoriser un événement, c’est aussi apporter une visibilité durable et un soutien incommensurable à tout un écosystème tech local. Sans ce soutien, les événements vont tout simplement mourir. Et il n’y aura possiblement plus d’événements lorsqu’elles auront des besoins de visibilité et de recrutement », regrette Amélie Benoit.

La perte serait d’autant plus dommageable que la plupart des conférences recueillent un haut niveau de satisfaction chez les développeurs qui les fréquentent. La conjoncture impose toutefois déjà des choix. Plusieurs associations ont par exemple entrepris de basculer vers des formats plus légers, de type meet-ups mensuels, plus simples à équilibrer sur le plan financier, mais aussi moins ambitieux. « On est loin d’un format conférence où l’effervescence, les échanges et l’apprentissage varié sont au cœur des valeurs », remarque Amélie Benoit.

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☕️ Le serveur multimédia Jellyfin passe en version 12.0



Destiné à la gestion d’un serveur multimédia local (hébergé par exemple sur un NAS), le projet Jellyfin passe en version 12.0.

Les amateurs de cette alternative open source (licence GPL 2.0) à Plex noteront immédiatement que cette nouvelle mouture s’accompagne d’un changement dans la numérotation adoptée. Jellyfin passe en effet d’un versionnage élaboré sous la forme « 10.11.11 » à un schéma simplifié, censé mieux refléter la publication d’une mise à jour considérée comme majeure.

Et c’est le cas pour Jellyfin 12.0. D’après les notes de version publiées par l’équipe, le logiciel serveur achève enfin les travaux de migration du modèle de données engagés un an plus tôt lors de la sortie de la précédente version majeure (la 10.11).

« L’un des changements majeurs concerne le stockage des listes de lecture et des collections. Auparavant, tous les éléments d’une liste de lecture étaient stockés dans une seule et même liste interne, et la base de données ne pouvait pas y accéder », décrit Cody Robibero, responsable de l’équipe core, serveur et plugins du projet :

« Chaque élément d’une liste de lecture correspond désormais à une ligne distincte. La base de données peut compter les lignes, afficher une seule page et ajouter ou supprimer un élément individuellement sans affecter les autres, ce qui représente une amélioration significative pour les listes de lecture volumineuses. »

Outre ces améliorations de performance, Jellyfin 12.0 passe à FFmpeg 8.1, traite maintenant les fichiers .ogg comme de l’audio, peaufine son ouverture à la gestion des livres et des bandes dessinées numériques (le plugin dédié, Bookshelf, est de ce fait maintenant déprécié) et sait désormais gérer proprement la présence de plusieurs fichiers pour un même épisode de série, comme il le faisait déjà pour les films.

Du côté des clients, l’interface « Modern » devient l’interface par défaut sur desktop ou mobile. Elle profite elle aussi de nombreuses optimisations. L’abandon du support TLS/SSL interne, programmé pour cette version 12, a quant à lui été repoussé à une échéance ultérieure.

L’interface Modern UI est désormais proposée par défaut – crédit Jellyfin

Les notes de version complètes et les téléchargements sont disponibles sur GitHub pour le serveur et le client web. Une sauvegarde complète de la configuration existante est fortement recommandée avant d’appliquer la mise à jour, dont le processus va dépendre de la nature exacte de votre installation (paquet natif sur un NAS, conteneur Docker, etc.).

Cette mise à jour intervient alors que Plex a procédé cet été à une nouvelle hausse de tarifs, qui porte le prix de sa licence à vie à 690 euros.

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