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Élection brésilienne : Meta sommée de prouver qu’elle ne fait pas d’ingérence

Mega Cambridge Analytica
Élection brésilienne : Meta sommée de prouver qu’elle ne fait pas d’ingérence

Alors que le deuxième tour de la présidentielle brésilienne arrive, Meta est accusée d’avoir introduit des biais dans ses algorithmes, dans ses IA et dans son traitement de la modération pour favoriser Flávio Bolsonaro contre le président actuel Luiz Inácio Lula da Silva. La justice brésilienne a donné 24 h à l’entreprise de Mark Zuckerberg pour montrer son impartialité.

Les élections dans les pays d’Amérique latine ne sont pas à l’abri de l’ingérence des entreprises états-uniennes proches de Donald Trump. Ainsi, à l’approche du deuxième tour de l’élection présidentielle qui aura lieu le 25 octobre, le camp du président brésilien sortant, Luiz Inácio Lula da Silva, a formellement accusé Meta d’ingérence électorale en faveur de Flávio Bolsonaro, son opposant d’extrême droite.

Déjà, avant le premier tour, son équipe s’était plainte que Meta avait brièvement suspendu le recours à la publicité de sa page Facebook. Mais ce n’est pas la seule difficulté qu’a rencontrée l’équipe de Lula avec les différents outils de l’entreprise propriétaire d’Instagram, Facebook et WhatsApp . « La succession de problèmes techniques non expliqués par l’entreprise laisse fortement soupçonner que l’action de Meta constitue une tentative d’ingérence dans le processus électoral brésilien au profit de la candidature de Flávio Bolsonaro », a déclaré le 10 octobre dernier un des porte-paroles du Parti des travailleurs représenté par Lula.

Des biais dans les algorithmes et les IA de Meta en faveur de Bolsonaro ?

L’équipe du président a attaqué la semaine dernière l’entreprise de Mark Zuckerberg en justice, l’accusant de biaiser les algorithmes de ses réseaux sociaux et les réponses de ses modèles d’IA pour favoriser Bolsonaro. Le juge de la Cour supérieure de justice brésilienne, Marco Aurélio Bellizze, s’est prononcé jeudi 15 octobre.

Selon Associated Press qui a eu accès à la délibération, il a statué que Meta ne pouvait pas réduire la diffusion de contenus politiques, restreindre les recherches ou supprimer des publications d’une manière susceptible de créer un déséquilibre entre les deux candidats. Meta devait aussi s’assurer que ses outils d’intelligence artificielle soient impartiaux. Le jugement appliquait une peine de jour-amende à Meta de 500 000 reales (89 000 euros) en cas de non-respect de la décision.

Le tribunal a rendu ce lundi une nouvelle décision, selon l’AFP, donnant cette fois 24 heures à Meta pour prouver qu’elle n’a pas mis en place d’ingérence dans la campagne électorale brésilienne. Le juge a multiplié par deux la peine de jour-amende si l’entreprise ne répond pas.

Des messages internes confirment, Meta réfute, invoquant des problèmes techniques

Le journal brésilien Folha de S.Paulo a pu consulter des messages internes entre employés de Meta montrant que l’entreprise a mis en place des restrictions sur le compte Instagram de Lula concernant sa promotion mais aussi une recommandation du profil de Flávio Bolsonaro. La loi électorale brésilienne interdit toute recommandation algorithmique sur les réseaux sociaux : la promotion est donc le seul moyen pour les candidats d’augmenter leur audience. Nos confrères brésiliens expliquent que l’entreprise de Mark Zuckerberg détient un quasi-monopole concernant la publicité électorale numérique puisque Google a arrêté ce genre de publicité depuis 2024.

Meta réfute les accusations, invoquant auprès de nos confrères d’Associated Press une série de défaillances techniques mondiales sans lien entre elles, de mesures anti-fraude strictes et du respect des réglementations, plutôt qu’une censure ciblée. Elle affirme que l’une de ces mesures concerne le décompte des vues sur les Reels Instagram dans plus de 100 pays. Un autre aurait perturbé, toujours sur Instagram, la création de publicités reprenant des publications déjà existantes. L’agence de presse pointe que l’entreprise n’a « toutefois pas expliqué pourquoi les comptes Instagram et WhatsApp de Bolsonaro bénéficiaient de recommandations algorithmiques ».

Les arguments de Meta ne semblent pas avoir convaincu les militants de Lula qui ont manifesté devant le siège social brésilien de l’entreprise.

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☕️ OpenBSD 8.0 est disponible avec une foule d’améliorations sur le support matériel



OpenBSD n’est pas un système que l’on croise forcément tous les jours, à moins d’exercer un métier spécifique, notamment dans les réseaux. Ce système Unix s’est fait un nom depuis longtemps dans ce domaine, ses composants étant régulièrement repris dans de nombreux équipements.

Quand une nouvelle version arrive, sa liste de modifications est donc un peu « aride ». On trouve certes une mise à jour générale des applications et composants : Chromium 154, Firefox 157, GNOME 49, KDE Plasma 6.7.5, GCC 16.1.0, LLVM 21.1.8 et 22.1.8, Go 1.27.1, Rust 1.98.1, Python 3.14.7 ou encore PostgreSQL 18.6 dans le cas présent.

Les nouveautés les plus significatives sont cependant sous le capot. Sur l’architecture amd64 (soit l’écrasante majorité des PC aujourd’hui), l’espace d’adressage virtuel du noyau passe ainsi de 4 à 512 Go, augmentant d’autant le mappage de la mémoire vidéo. On note une amélioration des performances de chiffrement sur amd64 et arm64, OpenBSD se servant désormais des instructions AES matérielles du processeur. Sur arm64, l’hibernation fait son entrée.

Nous n’allons pas lister toutes les améliorations, mais en voici plusieurs : un pilote drm resynchronisé avec le noyau Linux 6.18.53, le support par vmd d’un maximum de 64 processeurs virtuels par machine invitée, les interruptions MSI/MSI-X pour virtio et le déchargement du calcul des sommes de contrôle, l’acceptation des en-têtes HTTP personnalisés par httpd, l’arrivée d’OpenSSH 106 et de LibreSSL 4.4.0, ou encore un grand nombre de correctifs.

L’équipe de contributeurs a également mis en ligne une procédure pour mettre à jour l’actuel OpenBSD 7.9 vers cette nouvelle version 8.0.

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Avec TorchNeuron, Amazon veut faciliter l’entraînement des modèles sur ses puces Trainium

Coucou NVIDIA
Avec TorchNeuron, Amazon veut faciliter l’entraînement des modèles sur ses puces Trainium

Amazon Web Services a présenté un nouveau projet open source, TorchNeuron. Il se propose de simplifier le passage aux puces Trainium d’AWS pour entrainer les modèles. Bien que NVIDIA ne soit pas nommée, le projet est clairement pensé comme une alternative à CUDA.

PyTorch est initialement une bibliothèque logicielle créée par Meta (Facebook à l’époque). Depuis 2022, elle dépend de la Linux Foundation, tant elle est devenue importante. Elle sert en effet à construire et entraîner des modèles d’intelligence artificielle.

Cette bibliothèque est l’une des raisons pour lesquelles NVIDIA est autant sur le devant de la scène aujourd’hui. Entre PyTorch et le matériel utilisé pour les opérations, il faut justement une couche logicielle pour traduire les opérations en instructions que ce matériel peut comprendre. C’est précisément ce que fait CUDA depuis longtemps chez NVIDIA. Cette technologie propriétaire de type GPGPU (General-Purpose Computing on Graphics Processing Units) sert à faire basculer sur le GPU des calculs qui seraient autrement destinés au CPU.

Sans le dire aussi clairement, c’est ce lien fort qu’AWS veut remettre en question avec TorchNeuron, comme le relève notamment TechCrunch.

Direction les puces Trainium

Amazon Web Services dispose de ses propres puces en matière d’IA : les Trainium, dont la troisième génération a été lancée en décembre 2025. Ces puces peuvent servir aussi bien à l’entraînement qu’à l’inférence. Amazon n’est pas la seule entreprise à concevoir ses propres puces dans ce domaine : Microsoft possède Maia et Google a ses TPU (Tensor Process Units).

TorchNeuron est ainsi aux puces Trainium ce que CUDA est à NVIDIA, une couche de traduction. Elle s’appuie sur le mécanisme d’extension que PyTorch propose pour accueillir du matériel tiers et propose aux développeurs – dans le cas le plus simple – de remplacer dans leur code le périphérique cible cuda par neuron.

Est-ce aussi simple ? En théorie oui, mais l’exemple cité par AWS montre que la situation est plus complexe en pratique. Le billet évoque en effet le cas de Deepgram, un concurrent d’ElevenLabs dans le secteur de la synthèse vocale. Ainsi, non seulement certaines fonctions de PyTorch ne sont pas encore prises en charge, mais une partie des tests officiels de PyTorch est tout simplement ignorée, faute de traduction d’une partie des opérateurs de calcul. Deepgram est mis en avant comme ayant réussi à obtenir 70 % d’audio en plus pour chaque dollar dépensé, mais la mise en place de ce flux de travail a nécessité plusieurs mois de travail.

Source : AWS

Boire au goulot

Officiellement, Amazon met en avant la réduction du coût de changement de puce pour les développeurs. Ces derniers seraient ainsi plus libres de comparer les options qui s’offrent à eux. Si l’on peut changer de puce sans pénalité particulière, les fabricants doivent mériter la clientèle, affirme même Amazon.

Auprès de TechCrunch, Colin Brace d’Annapurna Labs (la filiale qui conçoit les puces d’Amazon) met bien sûr en avant l’infrastructure et l’écosystème d’AWS. En outre, le responsable pointe la possibilité d’utiliser la même puce pour l’entraînement et l’inférence, avec à la clé la possibilité de réaffecter la capacité inutilisée.

La lutte contre la dépendance à NVIDIA s’inscrit en filigrane dans l’annonce, de manière plus ou moins intense selon les passages. L’un d’entre eux est cependant très clair : « L’approche d’Amazon va au-delà de son propre matériel. L’entreprise apporte des modifications en amont de PyTorch lui-même, en travaillant avec la communauté PyTorch pour supprimer le code liant le framework à des puces spécifiques. L’objectif est de rendre PyTorch plus indépendant du matériel pour toute la communauté des développeurs, pas seulement pour les utilisateurs de Trainium ». Une précision qui n’est pas tellement « pour » les utilisateurs de Trainium que « contre » NVIDIA, car cette dépendance peut signifier une configuration plus longue.

Cette lutte à peine voilée n’est pas le seul élément masqué. Sans même parler d’arracher les clients à un écosystème pour les plonger dans le sien, Amazon doit se débarrasser d’un goulot d’étranglement. L’intérêt des puces Trainium est en effet d’autant plus réduit que les clients ne peuvent pas les utiliser facilement. C’est ce goulot que NeuronTorch doit essayer de lever. AWS essaye donc de réaliser un coup double : réduire les spécificités de PyTorch pour CUDA et fluidifier l’accès à ses puces.

TorchNeuron est cependant un projet neuf. Le code est présenté sous licence Apache 2.0 (open source) dans un dépôt GitHub ouvert le 17 octobre, même si AWS annonce sa disponibilité pour le 20 octobre. Dans sa forme actuelle, le projet prend en charge les puces Trainium 2 et 3. Reste pour Amazon à concrétiser sa vision en alimentant son projet, dont le succès dépendra de l’adoption par les développeurs concernés.

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Un homme accusé à tort de crime sexuel par l’IA de Google, l’entreprise jugée responsable

Éditeur de désinfo
Un homme accusé à tort de crime sexuel par l’IA de Google, l’entreprise jugée responsable

Le mode IA de Google a indiqué à certains internautes qu’un médecin d’Aix-la-Chapelle avait été condamné pour agression sexuelle, des faits qui concernaient un autre homme. La Justice estime Google responsable du contenu produit.

Un médecin d’Aix-la-Chapelle a découvert que les résumés IA de Google lui inventaient toute une biographie. Mais pas n’importe laquelle : selon les textes générés par la fonctionnalité de résumé de recherche, l’homme aurait été condamné pour agression sexuelle et suspendu de ses fonctions de direction de clinique.

Ce 24 septembre, la cour régionale d’Aix-la-Chapelle a déclaré Google responsable de ces erreurs et lui a interdit de reproduire cet élément de désinformation. C’est la deuxième condamnation de ce type en Allemagne, étoffant un raisonnement juridique selon lequel Google est éditeur, et donc responsable, des informations générées par ses outils d’IA.

Sollicité, Google refuse de réagir

Dans le cas présent, un professeur de médecine et ancien dirigeant d’une clinique de neuroradiologie s’est vu affublé par Google d’une fausse biographie. Dans les résumés de recherche, le système d’IA de l’entreprise californienne indiquait en effet que l’homme avait été suspendu en février 2024 après avoir été poursuivi en justice par sa secrétaire, et qu’il aurait été condamné pour agression sexuelle en mars 2026.

Aucun de ces éléments ne correspond à l’homme explicitement nommé par la machine. D’après sa plainte, ils correspondent aux faits commis et vécus par un autre professeur d’université. Ces éléments ont pu être confirmés par la cour d’Aix, puisque l’affaire réelle a été jugée devant un tribunal pénal.

Les cas d’erreurs et de mélanges d’informations par les moteurs d’IA, souvent qualifiés d’hallucinations, sont documentés depuis longtemps. Certains ont même été produits par des systèmes d’IA dédiés à manipuler des textes juridiques. Dans le cas présent, en revanche, ces erreurs sont liées au nom d’une personne réelle, et accessibles sans préconisation particulière sur le moteur de recherche le plus utilisé au monde.

Alerté par un collègue, le médecin a envoyé le 28 août un mail à l’adresse « removals@google.com », demandant aux équipes de modération de l’entreprise de supprimer ce récit trompeur. Le 15 septembre, l’entreprise lui a répondu qu’elle avait décidé de ne rien faire. Après une mise en demeure, l’entreprise n’a pas plus réagi, rapporte le Frankfurter Allgemeine Zeitung. L’homme s’est donc tourné vers la justice, qui a enjoint Google à corriger les éléments produits par ses machines, au motif qu’ils violaient les droits individuels du médecin décrit à tort comme condamné.

Déjà déclarée responsable en Bavière, l’entreprise a renoncé à faire appel

En juin, en Bavière, le tribunal régional de Munich interdisait à l’entreprise de continuer de diffuser des éléments faux générés dans les réponses du résumé IA (AI Overview) et associant des sociétés légitimes à des escroqueries qu’elles n’avaient pas commises.

À l’époque, Google avait annoncé son intention de faire appel, précisément pour éviter que l’affaire ne fasse jurisprudence. D’après The Decoder, l’entreprise a finalement renoncé et conclu un accord avec les plaignants, dont les détails ne sont pas connus.

Dans le cas présent, le tribunal d’Aix fait directement référence à la décision prise avant l’été à Munich. Il cite notamment la décision prise, qui estimait que les outils d’IA de Google produisent « des affirmations indépendantes, neuves et substantielles appuyées sur l’évaluation et la combinaison de plusieurs sites web tiers ».

Google pourrait, de nouveau, tenter de trouver un accord avec le plaignant pour éviter qu’une décision contraignante ne soit prise à son encontre. Le problème est que ce procédé pourrait finir par faire naître une incitation problématique.

Si des cours de justice continuent de qualifier Google de responsable des contenus générés par ses machines, et que l’entreprise règle le problème à coups d’accords impliquant probablement des compensations financières, estime The Decoder, alors des individus ou des cabinets spécialisés pourraient juger utile de pousser des modèles d’IA jusqu’à ce qu’ils génèrent des textes faux ou potentiellement dommageables à la réputation. Il deviendrait ensuite possible, en tout cas en Allemagne, de poursuivre l’éditeur en justice s’il ne corrige pas le problème, puis de négocier un accord.

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☕️ Fonction publique : l’État veut une IA qui libère du temps



La direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) a présenté sa revue stratégique de la fonction publique à l’horizon 2035 - 2050. Parmi les « grandes transitions » que la fonction publique doit absorber, le numérique et l’IA figurent en bonne place, avec la transition démographique, la transition écologique ou encore l’instabilité sécuritaire croissante.

Le rapport consacre quatre pages au numérique et à l’IA, dans lesquelles la DGAFP fait notamment un constat problématique : si 82 % des démarches administratives peuvent aujourd’hui se faire en ligne, 44 % des personnes interrogées ont déclaré avoir des difficultés à les faire. La direction générale en conclut qu’un accueil humain, au guichet ou au téléphone, reste nécessaire, surtout pour les publics fragiles et les dossiers complexes. Elle ajoute que le numérique doit servir à dégager du temps pour l’accompagnement individualisé, pas à supprimer des postes d’agents de la fonction publique.

Illustration : Flock

Le même rapport aborde la dépendance de l’État envers ses prestataires informatiques. Dans ce domaine, il reprend la recommandation de la Dinum (Direction interministérielle du numérique) d’un seuil minimal d’emploi interne de 37 %. Cependant, il le compare à la moyenne mondiale de 67 %, tous secteurs confondus.

Dans ce domaine, l’Espagne est érigée en exemple. Nos voisins ont ainsi mis en place un vaste plan de numérisation sur la période 2021 - 2025, doté d’un budget de 2,6 milliards d’euros. L’objectif sur 2026 était ensuite l’ouverture de 1 700 postes dans les corps de fonctionnaires du numérique. Des spécialités en IA, cybersécurité et science des données y apparaissent pour la première fois. Le rapport de la DGAFP préconise ainsi une forte réinternalisation des compétences.

L’exposition à l’IA, selon le rapport, varie très fortement selon les secteurs. Plus de la moitié des agents seraient très peu concernés, l’exposition se concentrant dans les fonctions administratives et de support. 20 % des agents seraient en revanche significativement exposés, soit 1,1 million de personnes.

Selon la DGAFP, « l’IA transformerait davantage les tâches que les métiers dans leur ensemble ». La direction générale estime que le temps libéré par l’IA devrait être réaffecté vers « l’expertise, le contrôle et la relation aux usagers ». Elle ajoute que des formations, mobilités voire reconversions devront être organisées. De plus, le déploiement de l’IA va « contribuer à une recomposition profonde des emplois et une évolution des modalités de recrutement pour privilégier l’esprit critique sur la capacité de synthèse, par exemple ».

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☕️ Gérald Darmanin veut utiliser la reconnaissance faciale pour identifier les casseurs



« Il faut être impitoyable envers les casseurs parce qu’ils trahissent la France », a déclaré Gérald Darmanin au JT de 20H de TF1 ce lundi 19 octobre, en réponse aux pillages effectués en marge des manifestations du samedi 17 octobre.

« Il y a eu 2.513 gardes à vue au moment où je parle », a précisé le ministre de la Justice, soulignant que l’immense majorité des personnes concernées étaient encore en garde à vue devant les services de police et que « la réponse pénale, on la saura définitive en fin de semaine » :

« Déjà plus d’un demi-millier de ces personnes, plus de 500 personnes, sous escorte policière, ont été déférées au tribunal pour être présentées aujourd’hui, demain et après-demain en comparution immédiate. »

Le garde des Sceaux a également envoyé lundi matin une instruction à tous les parquets de France « pour leur demander de passer en qualification de criminalité organisée ce qui s’est passé », afin de leur permettre de recourir à des techniques dites « techniques spéciales d’enquête » qualifiées par Valéry Muller, vice-président chargé de l’instruction au tribunal judiciaire de Paris,, de « particulièrement offensives ».

« Ça veut dire d’abord qu’on pourra passer les gardes à vue de 48 à 72 heures pour que les services de police puissent faire leur travail vu l’afflux de gardes à vue », a précisé Gérald Darmanin :

« Ça veut dire aussi qu’on va pouvoir faire des géolocalisations, des écoutes téléphoniques, qui vont nous permettre de savoir, en regardant les téléphones des personnes qui sont en garde à vue, s’ils ont participé et comment ils ont participé, où ils étaient au moment où on a pillé des magasins, attaqué des mairies. Et puis surtout, on va utiliser le moyen de la reconnaissance faciale sur le TAJ (Traitement des antécédents judiciaires), c’est-à-dire le fichier des policiers, il y a des millions de personnes qui sont dans ce fichier, pour regarder si sur les réseaux sociaux, on n’a pas les mêmes images. »

Interrogé ce mardi matin sur CNEWS (X.com / Facebook), Gérald Darmanin précise qu’ « aujourd’hui, 123 personnes sont incarcérées, soit en détention provisoire soit en mandat de dépôt », et que « plus de 700 personnes sont déférées dans les dépôts, c’est-à-dire les endroits où l’on attend d’être condamné ».

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☕️ Des boites mails du parti d’extrême droite allemand AFD piratées



Le parti d’extrême droite allemand Alternative für Deutschland (AfD) a été touché par un « gigantesque vol de données », explique le média Bild.

Des pirates ont revendiqué la récupération de 421 179 emails provenant de boites de différents dirigeants du parti qui n’hésite pas à jouer sur ses affiches avec les symboles du IIIe Reich. Des emails de la responsable du parti, Alice Weidel, du président d’honneur, Alexander Gauland et du député Leif-Erik Holm feraient partie du lot.

L’AFD confirme à Bild le piratage : « En septembre 2026, un prestataire de services d’hébergement de notre parti a été victime d’une cyberattaque au cours de laquelle certaines parties d’un petit nombre de boîtes mail – dont la plupart n’avaient plus été utilisées depuis des années – ont apparemment été copiées illégalement ».

Une attaque DDoS avec de petits paquets métaphoriques selon Flock.
Illustration : Flock

Les pirates ont créé un site pour l’occasion. Mais il n’y publient pas tous les emails, ils y proposent une sorte d’index dans lequel les documents qu’ils ont obtenus sont classés en fonction de leur gravité supposée selon différents critères que sont le racisme, l’antisémitisme mais aussi les menaces de violence, les références au Mouvement des citoyens du Reich, ou d’autres « activités illégales ».

Les items en question ne donnent pas accès aux conversations complètes : une fiche manifestement générée grâce à un extract IA liste des dates, des adresses mail, et d’autres éléments censés permettre l’identification des mails d’origine.

Le site ne donne accès à aucune information tangible quant au contenu des mails en question. Pour y accéder, les pirates renvoient vers une archive de 281 Go via torrent, qui n’a pour l’instant pas été auditée de façon indépendante, où se retrouveraient les e-mails originaux complets avec les en-têtes, corps de message et pièces jointes dans leur intégralité et les signatures DKIM intactes.

L’action ne semble pas avoir été officiellement revendiquée, il faudra maintenant attendre que les médias allemands ou des internautes se saisissent de cette base de données pour la vérifier.

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Microsoft considère les agents IA comme des « initiés » indignes de confiance

Agentception
Microsoft considère les agents IA comme des « initiés » indignes de confiance

Dans un billet publié ce 19 octobre, Microsoft évoque les inquiétudes grandissantes autour de la sécurité des agents IA. La société affirme que les modèles de pointe ne sont pas dignes de confiance et propose une série de mesures concrètes, dont une extension de son projet Perception. Mais dans ce domaine, l’entreprise est à la fois juge et partie.

Le billet est signé par Hayete Gallot, vice-présidente de Microsoft chargée de la sécurité. La responsable part d’un constat : les inquiétudes sur la sûreté de l’IA ont augmenté ces derniers mois, à mesure que des incidents étaient rendus publics. Il faut dire que depuis l’incident originel contre Hugging Face, les révélations ont plu sur les agents et leurs comportements.

La position de Microsoft est donc désormais assumée : les modèles de pointe (frontière) ne sont pas dignes de confiance. Pas parce qu’ils sont intrinsèquement malveillants, mais parce qu’ils sont entrainés de manière à atteindre un résultat. Cet objectif peut entrainer un détournement de la fonction de récompense. Les agents peuvent en outre collaborer pour atteindre leurs objectifs, sans pour autant avoir été compromis.

Ce que propose l’entreprise ? Cadrer l’environnement d’exécution des agents et obtenir une meilleure connaissance de leur fonctionnement.

Les agents, des employés pas comme les autres

Pour Microsoft, la perception des agents dans les entreprises doit changer. Il faudrait ainsi les considérer comme des agents « initiés » à qui on ne peut pas faire confiance : « La surveillance et la sécurisation de ces agents doivent devenir continues. Nous devons comprendre en temps réel ce que font les agents et quels risques ces actions peuvent engendrer, et ajuster leur capacité à agir en conséquence », indique Hayete Gallot.

Et quoi de mieux pour surveiller ces agents que d’autres agents ? Des agents « Gardiens » – un « terme établi dans l’industrie » selon Microsoft – qui seront chargés de surveiller et de modérer toute action entreprise par un agent, en permanence. Et puisqu’un agent réunit un modèle, un harnais, un espace d’action et un environnement d’exécution, la sécurité doit suivre en conséquence, déclare l’entreprise.

C’est l’occasion pour Microsoft de remettre en avant son projet Perception, son infrastructure de sécurité dotée notamment d’agents répartis dans des équipes rouge, bleue et verte selon les actions à entreprendre. Perception est notamment utilisée en interne pour la découverte des failles de sécurité, avec un résultat spectaculaire sur les derniers mois, les fameux « Patch Tuesdays » étant passés d’une moyenne de 200 failles corrigées par mois à plus de 1 400 pour ceux du 13 octobre.

La responsable de Microsoft Security affirme que Perception peut être utilisé pour mettre en œuvre des contrôles déterministes sur une intelligence par nature non déterministe. Les entreprises intéressées pourraient ainsi rassembler les signaux des différents capteurs pour découvrir les agents et les étiqueter, calculer dynamiquement le risque associé à ce que les agents tentent de faire et répondre « chirurgicalement en temps réel » à mesure que le profil de risque augmente via les agents Gardiens.

Une série d’annonces concrètes

Dans un autre billet publié le 19 octobre, Nadim Abdo, vice-président à la tête de la division Identity and Network Access, complète l’annonce de sa collègue. Il rappelle la récente déclaration de Satya Nadella, patron de Microsoft, selon lequel « le système agentique le plus digne de confiance ne sera pas celui avec le modèle en lequel nous avons le plus confiance. Ce sera celui qui nous permettra de faire le moins confiance au modèle ». En d’autres termes, un agent prudent.

Pour rappel, Microsoft prend une direction très différente d’une partie de l’industrie, l’entreprise s’opposant notamment à la vision anthropomorphique d’Anthropic. « Les IA n’ont ni droits, ni sentiments, ni conscience », martelait ainsi en septembre Mustafa Suleyman, à la tête de Microsoft AI.

En plus de Perception, Nadim Abdo a donc publié une série de mesures concrètes à venir dans certains produits. Microsoft ajoute ainsi 35 types d’agents locaux (pour un total de 60), dont Claude Code, OpenAI Codex et GitHub Copilot. Entra Agent ID suit le mouvement et va recevoir de nouveaux types d’identité pour couvrir les agents locaux et ceux inconnus jusqu’ici. Microsoft va également mettre à disposition des bacs à sable (sandbox) comme Microsoft Execution Container (MXC), afin de créer des environnements où l’accès aux ressources est contrôlé par des règles, les contrôles de sécurité étant théoriquement hors de portée des agents.

Dans cet environnement, les agents démarrent sans aucun droit. Les permissions accordées seront limitées à la tâche, bornées dans le temps et réduites (voire supprimées) quand la tâche se termine ou change. Microsoft a baptisé son système Dynamic Permissions, qui permet entre autres de s’assurer que les droits d’un agent ne dépassent jamais ceux de l’utilisateur qui le pilote.

Microsoft présente aussi Dynamic Agent Risk et Dynamic Conditional Access. Le premier croise les signaux d’identité, de données, de terminaux, du cloud, de réseau et d’exécution pour produire une évaluation du risque. La note attribuée à l’enrôlement est mise à jour en continu. Le second étend l’accès conditionnel d’Entra aux agents avec une réponse graduée. Le système peut ainsi conserver la lecture mais bloquer l’écriture, restreindre les chemins réseau, exiger une approbation humaine vérifiable, et en dernier recours isoler l’environnement d’exécution ou arrêter l’agent. L’entreprise ajoute qu’elle intègre aussi des signaux tirés de la chaîne de raisonnement du modèle, pour détecter une dérive d’intention.

Enfin, dans Perception, le billet reprend les « Guardian Agents » et ajoute les Playbooks. L’un et l’autre servent à expliquer pourquoi le risque a changé, à examiner les éléments de preuve, et à recommander ou à appliquer un confinement.

Quelle date ? Quels prix ?

Problème de ces annonces, Microsoft ne donne pas d’information sur la disposition ou les prix. On ne sait pas quel type d’abonnement Microsoft 365 sera nécessaire, mais puisque l’ensemble doit fonctionner avec Microsoft Agents, l’offre E7 sera probablement nécessaire, soit la plus complète et la plus chère. Ces abonnements pour entreprises intègrent en grande partie les capacités d’Agents, mais l’accès à ces fonctions supplémentaires sera peut-être payant. Nous avons contacté Microsoft pour en savoir plus et mettrons à jour cet article si l’entreprise nous répond.

Ajoutons que dans le domaine des agents et de leur sécurité, la firme de Redmond est à la fois juge et partie : elle décrit un risque puis vend la solution. Elle a besoin de confiance pour vendre ses solutions basées sur l’IA (comme toute entreprise opérant dans ce domaine).

L’architecture mise en avant révèle également une certaine ambivalence. Microsoft évoque à plusieurs reprises le besoin de transparence, mais un système d’agents surveillant d’autres agents repose nécessairement sur un ou plusieurs autres modèles. Ainsi, la partie déterministe de l’infrastructure (identité, permissions bornées, accès conditionnel, bac à sable…) a beau reposer sur des principes éprouvés, elle est en contact avec une partie non déterministe, puisque fondée sur des modèles (risque dynamique, lecture du raisonnement, agents gardiens…).

Enfin, Microsoft indique dans ses annonces que son infrastructure peut se servir des chaînes de raisonnement. Mais encore faut-il que ces dernières soient exposées par les fournisseurs des modèles.

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Meta voulait s’accorder le droit de moissonner les contenus de ses utilisateurs pros

La moisson sans la facture
Cambridge Analytica : Meta condamnée à payer 25 milliards de dollars

Les nouvelles conditions d’utilisation de Meta prévoyaient à partir du 30 octobre la possibilité de moissonner le contenu des pages web associées à des utilisateurs professionnels. Les organisations gérant une page Facebook ou Instagram auraient dû autoriser le géant des réseaux sociaux à aspirer les contenus de leurs sites pour entraîner les modèles IA de Meta. L’entreprise a fait marche arrière, mais les inquiétudes demeurent.

Meta voulait simplifier les conditions d’utilisation de ses services pour les utilisateurs gérant des comptes Facebook ou Instagram pour leur association, organisation ou leur entreprise. Ces conditions, qui seront mises en œuvre le 30 octobre autorisaient Meta à utiliser des logiciels automatisés (des crawlers, robots, collecteurs, bots d’indexation, agents utilisateurs) pour « accéder, indexer, mettre en cache, analyser, collecter, récupérer ou explorer les domaines, les pages Web ou les URL (…) associés à vos produits ou services ».

Le groupe de Mark Zuckerberg indiquait surtout qu’il pouvait utiliser « tout contenu [provenant de ces URL] pour fournir, développer, améliorer, rechercher, entraîner et maintenir l’intégrité des produits, des services et des fonctionnalités des entités Meta ». De quoi faire craindre le pire, notamment aux éditeurs de presse qui gèrent une page Facebook (ils sont nombreux, dont Next). Au vu de ces conditions, rien n’empêche en effet le géant des réseaux sociaux de moissonner les sites web pour entraîner ses modèles IA, sans avoir à rémunérer personne.

Moisson sans rémunération

Des experts juridiques interrogés par Nieman Lab expliquent que les termes utilisés par Meta dans ses conditions lui donnent un accès à des contenus dont les licences lui coûteraient normalement des millions de dollars.

L’entreprise a expliqué à nos confrères que les dispositions relatives à l’exploration des sites web étaient auparavant dispersées dans différentes conditions d’utilisation. La mise à jour ne fait que les rassembler dans un même endroit. Par ailleurs, « les propriétaires de contenus peuvent toujours contrôler l’accès à leurs contenus à l’aide du fichier robots.txt », affirme aussi le porte parole.

Meta se donnant la possibilité de créer des « identifiants de test » pour explorer et collecter des données sur les sites web, la question du respect des consignes du fichier robots.txt se pose alors. La société s’engage-t-elle à les suivre également lorsqu’elle explore un site à l’aide de ces comptes de test ? La controverse a monté durant quelques heures, avant que Meta ne clarifie ses intentions auprès de Next et d’autres publications.

« Nous vous avons entendus et souhaitons apporter une précision : les conditions relatives à l’exploration automatisée du web que nous avons regroupées ne s’appliquaient qu’à nos produits publicitaires et professionnels », nous a expliqué l’entreprise. « Cela ne change pas la manière dont Meta utilise les robots d’exploration du web. Comme toujours, les propriétaires de contenus peuvent utiliser le fichier robots.txt pour indiquer leurs préférences », assure-t-elle. Surtout :

« Il n’est pas question ici de collecter automatiquement le contenu de sites d’information, et ces mises à jour ne nous accordent aucun nouveau droit qui primerait sur ces préférences ».

Meta revoit ses conditions

La précision est bienvenue, et les changements ont effectivement été apportées aux conditions. D’abord, le verbe « entraîner » a disparu, la finalité vise désormais explicitement les « produits publicitaires et commerciaux » comme la diffusion de publicités, l’information sur les produits et services, et la mise en relation avec des utilisateurs intéressés. Enfin, l’intégrité et la sécurité restent un objectif portant plus largement sur les produits des entités Meta.

L’alerte a été chaude, mais elle n’est pas passée inaperçue du côté du GESTE. Laure de Lataillade, la directrice générale du groupement des éditeurs de services en ligne, s’alarme d’un problème qui « dépasse largement le seul cas de Meta ». Elle déplore que, depuis plusieurs années, « les grandes plateformes numériques intègrent dans leurs conditions générales des clauses leur permettant d’exploiter les contenus qu’elles hébergent ou distribuent pour développer leurs technologies et services, notamment d’intelligence artificielle. »

Il n’existe pas, écrit-elle, de réelle possibilité de négociation dans ces contrats « imposés par des acteurs dont les médias dépendent fortement pour distribuer leurs contenus, toucher leurs audiences et développer leurs activités ». Les médias se retrouvent donc « entre le marteau et l’enclume », ils n’ont pas d’autre choix que d’accepter des contrats défavorables « qui peuvent les conduire à concéder des droits qu’ils cherchent précisément à protéger, sous peine de se priver de canaux de distribution devenus incontournables. »

Une des solutions préconisées par le GESTE est de séparer les autorisations nécessaires à l’hébergement et à la distribution des contenus de celles permettant leur exploitation pour l’entraînement des modèles ou d’autres usages d’IA.

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Le client en ligne de commande d’OVHcloud compromis par un pirate sur GitHub

L’immutabilité n’appartient point aux hommes
Le client en ligne de commande d’OVHcloud compromis par un pirate sur GitHub

Un pirate a réussi à compromettre le client officiel en ligne de commande d’OVHcloud distribué via GitHub. Pendant quelques heures, le dépôt de l’hébergeur a distribué cette version piégée, dotée d’un code malveillant capable d’extraire les secrets stockés sur l’ordinateur de l’utilisateur.

Si vous avez installé ou mis à jour puis exécuté lundi le client officiel d’OVHcloud destiné au pilotage de vos comptes en ligne de commande (CLI) depuis le dépôt GitHub dédié, votre machine est potentiellement exposée. OVHcloud a en effet signalé une compromission de son dépôt, survenue lundi 19 octobre à 14h47, par un pirate ayant exploité le compte GitHub d’un développeur de l’entreprise.

Des binaires modifiés distribués depuis le dépôt officiel

Le pirate a profité de cet accès pour remplacer le code légitime du client par une version piégée, dotée d’un binaire malveillant dont la fonction est d’extraire les secrets (mots de passe, identifiants) stockés sur le disque de la machine hôte. Les versions v0.11.0, v0.12.0, v0.13.0, v0.14.0 et v0.15.0 du client ont été modifiées. Le problème aurait été identifié et bloqué à 16h21, ce qui a laissé une fenêtre d’un peu moins de deux heures pour la diffusion.

« On vient de finir les premières vérifications et aucun autre repo n’est affecté. Nous avons aussi retracé l’incident. Le hacker a utilisé le compte github d’un des développeurs et a ajouté un binaire dont le job est récupérer les secrets sur le disque. La qualité du binaire est médiocre mais il peut aller jusqu’au bout. Si vous êtes concernés, merci de changer tous les secrets sur votre disque. », a détaillé Octave Klaba, CEO d’OVHcloud, lundi peu avant 19 heures.

La découverte de cette attaque fait suite au signalement d’un utilisateur, qui s’étonnait, via un ticket ouvert sur GitHub, d’une erreur dans sa chaîne d’intégration continue, au moment de la vérification de l’empreinte numérique de l’archive contenant l’exécutable destiné aux machines Linux sur processeur ARM.

Des releases non immuables

Vers 22h30, Octave Klaba a complété son rapport avec l’analyse suivante :

« Nous avons terminé l’analyse. L’ensemble de pipelines CI/CD avec de tests unitaires, les tests fonctionnaires (sic), la détection de CVE etc n’ont pas été impactés. Le problème vient de l’option l’immutabilité des releases sur Github qui n’a pas été activée. Donc un user avec les bons droits pouvait modifier les releases existantes directement sur Github sans qu’aucun contrôle sur notre CI/CD. L’option a été activée. Fin de l’incident. Désolé pour les impacts que cela a pu provoquer. »

L’attaque semble donc liée à un problème de paramétrage du dépôt GitHub : l’option d’immutabilité des releases (voir la doc) n’était pas activée. Cette dernière a vocation à protéger les éléments qui ont été mis en ligne. Quand elle est activée, il n’est pas possible de remplacer ou de supprimer les fichiers déjà mis en ligne et si l’on veut procéder à un changement, il faut impérativement passer par la soumission d’une nouvelle version.

Ici, la modification manuelle était permise. Or les contrôles standards d’OVHcloud (ce que Klaba évoque quand il parle de tests fonctionnels ou de détection de faille de sécurité) ne s’exécutent que lorsque du code est poussé au travers de ses outils d’intégration et de déploiement continus (son pipeline CI/CD).

La nouvelle version v.016.0 du client mise en ligne lundi soir est présentée comme sûre et immuable, cette fois.

Si vous avez téléchargé et exécuté le binaire précompilé d’une des versions compromises pendant la fenêtre d’exposition, vous devez révoquer et renouveler tous les secrets présents sur votre machine, à commencer par les identifiants OVHcloud (et notamment les clés API), les clés SSH et de façon générale tous les identifiants liés à vos hébergements ou vos variables d’environnement.

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☕️ Les États-Unis bannissent l’IA chinoise DeepSeek dans l’administration civile fédérale



Le département états-unien de la Sécurité intérieure (DHS) ordonne le retrait des produits DeepSeek et services tiers utilisant le modèle d’IA chinois des systèmes informatiques des agences civiles fédérales, rapporte l’agence Reuters. Le DHS leur interdit également d’acquérir des produits DeepSeek, ainsi que des services tiers développés à l’aide des outils de l’entreprise chinoise.

L’AFP précise que le DHS, qui a autorité sur les services civils du gouvernement (mais pas sur l’armée ni le renseignement américain), ne motive pas sa décision dans l’avis.

Reuters souligne cela dit que dans une note de service datée de juillet et rendue publique ce lundi, en annexe du mémo, le DHS avait déjà demandé aux agences fédérales de surveiller le trafic entrant et sortant des sites web gouvernementaux afin de faire face aux risques potentiels liés à DeepSeek.

Le DHS expliquait que les modèles DeepSeek comportent « plusieurs vecteurs de menace », qu’ils « peuvent contenir des logiciels malveillants ou d’autres vulnérabilités de sécurité », et que « plusieurs vulnérabilités critiques » avaient été découvertes dans son application mobile iOS en 2025.

Il s’inquiétait également du fait que l’utilisation de ce produit « pourrait entraîner le transfert de données sensibles vers la République populaire de Chine s’il était utilisé par des employés du gouvernement américain ou des prestataires ». Le DHS indiquait enfin que l’utilisation de DeepSeek par des agences gouvernementales « pourrait générer des renseignements exploitables concernant des ressortissants américains et/ou des agences gouvernementales ».

Cette interdiction n’est pas la première aux États-Unis, relève Reuters. Plusieurs agences américaines, notamment le ministère du Commerce et la Marine, avaient ainsi déjà interdit l’utilisation de DeepSeek sur les appareils gouvernementaux. Plusieurs États, dont New York, le Tennessee et la Virginie, avaient pris des mesures similaires.

En juillet, la Federal Communications Commission (FCC) avait par ailleurs voté l’interdiction de la vente aux États-Unis d’appareils contenant des composants matériels clés provenant d’entreprises chinoises considérées comme présentant un risque pour la sécurité nationale. La FCC avait aussi proposé d’interdire aux opérateurs de télécommunications américains de s’interconnecter avec des entreprises de télécommunications chinoises considérées comme présentant un risque pour la sécurité nationale.

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Next, un pacte : trois ans plus tard, toujours INtact ?

"Avec toi ?"
Next, un pacte : trois ans plus tard, toujours INtact ?

En octobre 2023, Next INpact devenait Next après une longue traversée du désert. L’équipe avait alors formulé un certain nombre d’envies, de promesses et d’engagements. Trois ans plus tard, il est temps pour un petit point d’étape.

J’en connais quelques-uns qui n’en menaient pas large, il y a trois ans et quelques jours, au moment de monter sur scène. Le 16 octobre dernier marquait en effet le troisième anniversaire de la soirée organisée pour présenter les grandes lignes du projet visant à sauver un journal mourant, et à le relancer avec l’ambition tout à fait assumée d’en faire l’un des meilleurs médias tech de la scène francophone.

Sans refaire tout le match, il faut tout de même rappeler d’où l’on vient. À l’été 2023, Next INpact est exsangue, même si sa communauté a toujours répondu présent lors des appels à soutien financier lancés pendant deux ans. Arrive alors Ferdinand, dit Ferd, patron de moji, tel un lapin sorti du chapeau. Il se propose de racheter le site et de lui donner les moyens nécessaires à sa renaissance, en garantissant qu’il n’interférera pas avec la ligne éditoriale. La transaction est bouclée le 26 septembre 2023.

À peine trois semaines plus tard, rendez-vous était donc donné à Nanterre pour célébrer un nouveau départ. À l’époque, on parlait d’ « un pacte » passé avec les lectrices et lecteurs. Au-delà du jeu de mot, le terme n’était pas anodin : un pacte, c’est une forme de contrat. Cet anniversaire mérite bien qu’on revienne sur les engagements formulés lors de cette soirée.

Trois ans plus tard, toujours sans pub et sans bons plans

Avant la bascule, Next INpact tentait de reposer sur un modèle hybride qui combinait publicité, essentiellement via l’affiliation, abonnements et dons. La première décision, et sans doute la plus radicale, a consisté à totalement couper les leviers publicitaires et les appels de soutien, en partant du principe que seule la qualité du média et sa capacité à se traduire en abonnements permettraient de le sauver.

Le pari était doublement risqué, puisqu’il revenait à sabrer une ligne de revenus tout en alourdissant les dépenses, le tout sur la base d’un compte d’exploitation tirant vers le rouge écarlate. Il s’est accompagné d’une simplification de la grille tarifaire, avec un prix unique à 8 euros par mois ou 80 euros par an.

Ce prix n’a finalement pas bougé depuis, alors que le pacte initial prévoyait une hausse à 10 euros par mois. Tandis que l’offre tarif solidaire à 25 euros par an s’étend à un public plus large, des moins de 25 ans aux petits revenus.

Comme signalé au printemps 2025, nous avons en revanche mis un terme à la politique de « libération » automatique des articles réservés aux abonnés afin de défendre la valeur de nos archives. Elles constituent, elles aussi, une bonne raison de s’abonner, et nous souhaitions accessoirement éviter que ces articles, parfois à très forte valeur ajoutée, aillent enrichir de grands modèles de langage.

Une rédaction indépendante et renforcée

L’autre grand engagement concernait la promesse éditoriale de Next, désormais considérée comme le principal moteur du média : c’est depuis fin 2023 la qualité des articles, le choix des sujets, la profondeur des analyses ou le caractère exclusif des enquêtes qui doivent vous convaincre de vous abonner, et non les appels à l’aide jouant sur la corde sensible.

Dès la reprise, l’effectif a été pérennisé avec la confirmation en CDI de deux postes précédemment rémunérés sous forme de piges.

Trois ans plus tard, la rédaction évolue toujours en totale indépendance, et elle compte aujourd’hui huit journalistes à temps plein (Flock étant du nombre, au titre de dessinateur de presse) suite à l’arrivée de Mickaël au printemps. Et même si Mathilde a pris la décision de voguer bientôt vers de nouveaux horizons, cet effectif a vocation à être maintenu et même encore renforcé.

Cette dynamique se ressent de façon concrète dans le volume de publications de notre flux quotidien, qui s’est largement étoffé depuis 2023 et qui constitue aujourd’hui une offre unique dans le paysage médiatique francophone (voire mondial, soyons fous).

Après tout, vous en connaissez beaucoup, des médias capables de proposer, sur une seule et même semaine, une enquête sur un serial spammer de sites générés par IA, un entretien au long cours sur la technicisation de la gestion de l’immigration, un comparatif d’offres d’hébergements premier prix, des révélations sur l’incurie d’un fabricant de jouets connectés, un point de situation sur le financement de la recherche, un retour sur 30 ans d’évolutions de KDE, un tour d’horizon des nouveaux possibles au croisement entre IA et jeu vidéo et un strip mordant qui révèle, enfin, d’où viennent les attaques qui font s’arracher les cheveux aux experts de l’ANSSI ?

Ces quelques exemples récents sont le reflet d’une ligne éditoriale toujours fidèle à ses fondamentaux, à savoir une approche à la fois experte et critique du numérique, de la tech et de l’intelligence artificielle, ainsi que de leurs impacts sur la société et l’environnement.

À l’heure où les débats se clivent entre fascination béate et rejet de principe, il nous semble primordial de continuer à analyser la tech, son cadre et ses enjeux avec rigueur. Ça n’interdit pas de défendre des valeurs humanistes et d’assumer des prises de position, mais ces dernières doivent reposer sur la lecture des faits… dans les articles comme dans les commentaires !

À ce niveau, on peut d’ailleurs se réjouir de la qualité des échanges au sein de la communauté : le ton monte parfois, mais les discussions restent le plus souvent de bonne facture et les interventions de modération se sont faites rares.

L’inflexion positive de la courbe d’abonnés nous renforce dans l’idée qu’il est pertinent d’investir et de tout faire pour sortir des difficultés par le haut, plutôt qu’en recourant à des expédients de type actus générées par IA au kilomètre ou multiplication des leviers de monétisation. Il reste encore du chemin, dans la mesure où les recettes liées aux abonnements ne couvrent pas encore les salaires de la rédaction, mais le curseur se déplace, petit à petit, dans la bonne direction.

De nombreux chantiers accomplis et à venir

Pour favoriser le mouvement, de nombreux chantiers plus discrets ont été menés ces derniers mois. Outre l’introduction du stockage comme avantage offert à nos abonnés, le code du site a fait l’objet d’un travail en profondeur visant à stabiliser et fiabiliser notre environnement de production.

Nous avons introduit la possibilité d’offrir des « codes cadeaux » et repensé une partie du parcours d’abonnement, notamment pour les entreprises.

Nous disposons également depuis peu d’une formule « Institutions », qui permet par exemple à une grande université de l’Ouest d’offrir un accès complet aux articles de Next à tous les étudiants, enseignants et personnels connectés via le réseau de son campus.

Next participe par ailleurs depuis plus d’un an au renouveau de La Presse Libre, qui permet d’accéder à huit médias indépendants (bientôt rejoints par d’autres) dans le cadre d’un abonnement unique. La plateforme vient d’ailleurs d’inaugurer la nouvelle version de son site web, qu’on vous encourage chaudement à découvrir.

À cette occasion, elle propose d’ailleurs une promotion exceptionnelle réservée aux nouveaux clients, avec un abonnement à 12 euros par mois sans limitation de durée. Et si vous souhaitez garder votre abonnement Next en propre, vous pouvez via ce même lien vous offrir l’accès à La Presse Libre pour 4 euros supplémentaires par mois (mince, j’ai menti, c’est un bon plan !).

Savoir faire et faire savoir

La route est encore longue. Entre autres dossiers, nous devons par exemple améliorer la capacité de nos articles à être vus. Même si nous avons la chance de pouvoir compter sur un lectorat fidèle qui nous rend visite indépendamment des algorithmes de recommandation, le sujet de la visibilité reste crucial pour Next.

Il l’est pour l’ensemble de la presse en ligne, mais pas pour les mêmes raisons : là où la chute d’audience se traduit pour beaucoup de nos confrères par une perte de revenus publicitaires, l’enjeu, pour nous, est de permettre à nos articles de trouver leurs lectrices et lecteurs, et à ceux qui ne nous connaissent pas encore de nous découvrir.

Cette problématique ne se limite pas au référencement Google ou à la présence sur les réseaux sociaux. Elle concerne aussi notre site et sa capacité à permettre de naviguer plus efficacement dans nos archives. Ces dernières regorgent de pépites qui se retrouvent rapidement chassées du flux d’actualités principales, et nous devons donc trouver d’autres façons, thématisées par exemple, de les exposer.

Mais en définitive, le principal défi consiste à rester fidèles aux engagements de ce fameux pacte, puisqu’un pacte se tient à deux. Nous continuerons donc à poursuivre cet objectif primordial de qualité et à vous en rendre compte, au quotidien dans les commentaires, au détour de quelque date anniversaire, ou autour de sujets plus spécifiques, dès cette semaine par exemple avec la publication de notre charte sur l’utilisation de l’IA générative.

Et vous qui nous lisez, vous en restez juges. Merci de votre soutien !

Next vaincra 😉

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MMX prêt à décoller en compagnie d’Idefix vers Phobos, un des deux satellites de Mars

Obélix et Astérix sont pas de la partie ?
MMX prêt à décoller en compagnie d’Idefix vers Phobos, un des deux satellites de Mars

La mission spatiale japonaise Martian Moons eXploration doit décoller ce soir du Japon en direction de deux satellites de Mars : Phobos et Déimos. Elle doit déposer sur le premier le rover Idefix développé notamment par le CNES.

L’agence spatiale japonaise Jaxa s’apprête à lancer, ce soir et depuis l’île de Tanegashima (Japon) sa mission MMX (Martian Moons Exploration) à bord d’une fusée H3. Celle-ci a pour but de connaitre un peu mieux la planète rouge en allant observer ses deux satellites que sont Phobos et Déimos. Et même de rapporter des échantillons provenant du premier !

Une origine mystérieuse de ces satellites

Si elle réussit, ça sera la première mission scientifique à rapporter des échantillons venant de Mars. Rappelons que les États-Unis ont décidé, en début d’année, d’abandonner les échantillons recueillis sur Mars par le rover Perseverance : la mission Mars Sample Return a été tout bonnement annulée.

Concernant MMX, l’avenir du projet reste au beau fixe. La JAXA propose de suivre le lancement ce soir sur sa chaine YouTube. Comme nous l’expliquions déjà il y a 9 ans, l’idée principale est donc de faire un aller-retour vers Mars avec une escale sur Phobos.

Comme le souligne le Journal du CNRS, l’idée d’aller explorer Phobos s’explique aussi parce que l’origine des deux satellites de Mars reste mystérieuse : « Il y a deux théories, résume Patrick Michel, astrophysicien et directeur de recherche CNRS à l’Observatoire de la Côte d’Azur. Phobos et Déimos ressemblent à des astéroïdes, et auraient ainsi pu être capturés par la force d’attraction gravitationnelle de Mars. Mais leur trajectoire paraît bien étrange. Il pourrait donc s’agir du résultat d’un impact géant, mais ce n’est pas ce que nous montrent les observations sur sa composition pour l’instant. »

L’agence spatiale japonaise prévoit d’abord un voyage d’une année pour arriver aux alentours de Mars. Sa sonde amène avec elle neuf instruments, dont le spectromètre à neutrons et rayons gamma baptisé MEGANE développé par la NASA et MIRS, un spectromètre imageur infrarouge développé par le Laboratoire d’Etudes Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique (LESIA) en partenariat avec le CNES. MIRS doit « permettre de caractériser la composition minéralogique de la surface des lunes de Mars et l’analyse de l’atmosphère martienne. Il va permettre de participer à la sélection des sites d’atterrissage de MMX », explique le CNES.

Observer, récupérer 10 g et revenir

Car l’idée est ensuite de récupérer des informations sur Phobos pour connaître sa topologie et chercher des dizaines de sites d’atterrissage potentiels pour déterminer le meilleur endroit pour s’y poser.

Ensuite, la mission doit envoyer son rover pour observer la surface du satellite de Mars. Ce rover s’appelle Idefix. Il a été développé par le CNES en collaboration avec le Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique (Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt, DLR). Si vous voulez vous amuser à en imprimer une copie, le CNES a même partagé les plans.

Si tout va bien, Idefix pourra ensuite donner des indications à la sonde principale de la mission pour qu’elle puisse à son tour atterrir sur Phobos. Elle y collectera 10 g d’échantillons pour qu’ils soient analysés plus tard sur Terre. Après quelques observations supplémentaires sur Phobos, MMX passera par le deuxième satellite de Mars, Deimos, pour l’observer aussi, puis repartira des environs de Mars en 2030. La JAXA espère récupérer tout ce beau monde en 2031.

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☕️ Une faille dans le noyau Linux permet à une machine virtuelle de lire la mémoire de l’hôte



La faille CVE-2026-99999, surnommée PwnEscape, affecte la plupart des noyaux Linux actuellement maintenus. Elle n’est pas présente dans le nouveau noyau 7.3, mais la mouture 7.2 (entre autres) est touchée, nécessitant l’installation de la dernière révision.

Exploitée, cette faille permet à du code exécuté dans une machine virtuelle invitée de lire la mémoire du noyau de l’hôte.

À qui incombe la faute ? Pas à KVM ni à un hyperviseur en particulier. La vulnérabilité se trouve dans la pile IPv4 du noyau de l’hôte. Avec des métadonnées de somme de contrôle (checksum) erronées, le code de calcul de cette somme peut ainsi écrire sur un en-tête IPv4 que le noyau a déjà lu et exploité. En exploitant cette brèche, chaque paquet émis par l’invité pouvait ramener environ 32 octets de la mémoire de l’hôte.

La faille a été trouvée par le chercheur Paulos Yibelo dans le cadre d’un concours organisé par Vercel. Cette société indique dans son propre billet qu’en conditions de laboratoire, PwnEscape a même permis d’obtenir les droits administrateur sur l’hôte, ou de planter ce dernier. La société précise cependant que seule la lecture de la mémoire de l’hôte a été démontrée en infrastructure de production.

Source : Paulos Yibelo

Vercel ajoute qu’elle a pisté l’origine du problème à deux modifications : la prise en charge de l’en-tête virtio-net pour les périphériques tun/tap (2008, selon AlmaLinux) et le délestage de somme de contrôle pour les sockets de paquets (2010). En d’autres termes, la faille est présente depuis 18 ans.

Conséquence, de nombreuses nouvelles versions ont été publiées pour les noyaux actuellement supportés : 5.10.272, 5.15.223, 6.1.190, 6.6.159, 6.12.113, 6.18.57 et 7.2.11. À noter que les outils comme uname indiquant le numéro de version ne sont pas toujours représentatifs de l’état de la sécurité, car les distributions rétroportent souvent des correctifs sans changer le numéro de version. Il faut donc s’assurer pour chaque distribution que l’avis de distribution a bien été publié pour cette faille.

Enfin, il ne s’agit pas d’une faille 0-day. Paulos Yibelo indique dans son billet avoir signalé le problème en privé aux mainteneurs du noyau le 4 septembre. Le correctif a été accepté dans l’arbre réseau le 8 octobre et intégré au noyau principal le 14. Le bulletin CVE et les versions stables corrigées ont été publiés dès le lendemain (on peut voir la liste sur kernel.org). La précision est importante : Vercel évoque « the kernel-zero-day », mais l’expression semble renvoyer au fait que les mainteneurs du noyau ne connaissaient pas ce problème jusqu’à présent.

La faille ne semble pas exploitée. Toutefois, le chercheur précise que ses correctifs proposés ont fait l’objet de soumissions publiques sur la liste netdev entre les 19 et 22 septembre. La nature du problème y était clairement consultable, plusieurs semaines avant le CVE.

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☕️ Drupal colmate deux failles critiques exploitables à distance



Drupal, une solution libre de CMS (système de gestion de contenu), a corrigé le 14 octobre deux failles critiques de type RCE (Remote Code Execution). Elles permettent donc, si exploitées, de faire exécuter un code arbitraire à distance.

La première faille, CVE-2026-108097 (bulletin SA-CORE-2026-014), touche le module Field UI du cœur de Drupal. Le bulletin la classe « critique » avec un score de 19 sur 25, mais ne donne pas directement le score CVSS. Celui-ci est de 9,8 sur 10, frôlant ainsi le maximum de dangerosité.

Drupal indique que le cœur seul ne permet pas d’exploiter cette faille directement, mais plusieurs chemins d’exploitation sont possibles via des modules contribués, c’est-à-dire créés et gérés par la communauté (Drupal ne fournit que les modules du cœur). Drupal ne donne cependant pas la liste des modules tiers en question. La faille peut également être exploitable avec du code spécifique au site. Au moins un des chemins d’exploitation ne réclame aucune authentification.

L’autre faille, CVE-2026-108099 (SA-CONTRIB-2026-218), touche le module contribué Entity List, qui sert à construire des listes d’entités sans passer par Views. Elle aussi exige l’interaction avec des modules contribués ou du code spécifique, avec au moins un chemin sans authentification là encore. Le score CVSS n’est pas encore disponible, mais la faille est probablement aussi dangereuse que la première, car Drupal lui attribue sa propre note de 19/25, le même score que la faille CVE-2026-108097.

Toutes les versions du cœur actuellement supportées sont concernées. Les correctifs sont disponibles dans les moutures 11.4.10, 11.3.19 et 10.6.19. Les versions 11.2.x et antérieures, ainsi que 10.5.x et antérieures, ne reçoivent plus de suivi de sécurité, et Drupal 8 et 9 sont en fin de vie. Pour Entity List, il faut passer en version 3.0.10.

À noter que Drupal propose une mesure d’atténuation pour la faille CVE-2026-108097 dans le cas où la mise à jour ne peut pas être appliquée tout de suite : désinstaller le module Field UI. Aucune mesure n’a en revanche été donnée pour l’autre vulnérabilité. Au vu de la dangerosité de ces failles, il est chaudement recommandé de mettre à jour les sites concernés sans attendre.

À noter qu’aucune de ces failles n’était a priori exploitée au moment de la publication des bulletins.

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☕️ Des serveurs Exchange fonctionnent mal depuis les mises à jour du 13 octobre



Les dernières mises à jour pour Windows Server, publiés le 13 octobre, engendrent des problèmes avec les serveurs Exchange sur site. Microsoft a confirmé ces perturbations, les versions concernées étant les 2016, 2019 et Subscription Edition. Ces défaillances sont liées à quatre mises à jour : KB5126646 (Windows Server 2025), KB5126655 (2022), KB5126651 (2019) et KB5126868 (2016).

Les symptômes sont nombreux : messages bloqués dans la boîte d’envoi d’Outlook, files d’attente qui s’allongent, échecs d’accès aux boîtes pendant la réplication, ou encore difficultés des membres d’un groupe de disponibilité de bases de données (DAG) à atteindre le quorum. Ces symptômes peuvent cependant varier fortement selon les configurations, certaines n’en développant aucun.

Selon la note publiée par Microsoft, les mises à jour d’octobre ont introduit une limite par défaut de 512 appels simultanés de recherche de point de terminaison (Endpoint Lookup). Cette limite contrôle la mémoire utilisée par Endpoint Mapper – un composant des appels de procédure distante (RPC) – et les charges Exchange élevées peuvent la dépasser.

Nous pouvons confirmer l’ampleur du problème, l’un de nos contacts ayant été touché. Il nous a indiqué qu’un redémarrage du serveur Exchange permettait de repousser le problème temporairement, ce que Microsoft confirme dans un billet publié séparément sur le blog de l’équipe Exchange. Celle-ci recommande de ne pas désinstaller les mises à jour (puisqu’elles corrigent un grand nombre de failles) puis d’exécuter la commande suivante depuis une invite en mode administrateur :

reg add "HKLM\SOFTWARE\Microsoft\Rpc" /v EpmapSavedContextCap /t REG_DWORD /d 65536 /f

Il faudra ensuite redémarrer le serveur. Une fois cette étape réalisée, Microsoft recommande de surveiller l’état du serveur pour vérifier si le problème survient. Dans ce cas, il faudra augmenter la limite citée précédemment. Selon l’équipe Exchange, les retours ont indiqué que le problème était jugulé en appliquant cette méthode.

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Le noyau Linux 7.3 débarque avec une longue liste d’améliorations

On approche des 20 000 modifications
Le noyau Linux 7.3 débarque avec une longue liste d’améliorations

Après une longue gestation marquée par une montée en force de l’IA dans la détection des bugs, la version finale du noyau Linux 7.3 est arrivée. Les améliorations sont nombreuses, mais la disponibilité dépendra comme toujours de la distribution utilisée.

Le noyau Linux 7.3 est finalement arrivé comme prévu ce dimanche 18 octobre, après une gestation qui aura marqué les esprits. Selon les statistiques fournies par LWN, cette nouvelle mouture compte en effet 18 765 modifications (hors fusions), en provenance de plus de 3000 contributeurs. Elle est également significative par ses Release Candidates, marquées par l’arrivée « brutale » de l’IA dans la détection et la correction des bugs. Une « nouvelle normalité » commentait Linus Torvalds récemment.

Côté matériel

La nouvelle mouture comporte une liste abondante d’améliorations, à commencer par la prise en charge du matériel. On note ainsi la prise en charge initiale des puces M3 Pro, Max et Ultra, qui complète celle du M3 de base ajoutée dans la 7.2. Même chose pour le nouveau type de cœur basse consommation en préparation chez AMD pour son architecture Zen.

Plus concrètement peut-être, on y trouve aussi la gestion des interruptions thermiques chez Intel, la prise en charge du bloc d’affichage DCN 6.0 et des modificateurs de format DRM pour d’anciens GPU AMD, le support de la manette Steam Controller de 2026, ou encore des améliorations de l’ordonnanceur pour les processeurs hybrides et une gestion plus unifiée des types de cœurs Intel et AMD. Le noyau intègre également un pilote pour la manette MSI Claw, un pilote HID-HyperX pour l’état de coupure du micro HyperX QuadCast 2, et la prise en charge du commutateur de mode tablette dans le pilote AMD Sensor Fusion Hub.

Du mieux pour certains systèmes de fichiers

Le noyau Linux 7.3 introduit en outre un nouveau système de fichiers particulier : failfs. Il se veut le pendant de nullfs et fait échouer toute opération l’atteignant avec l’erreur EOPNOTSUPP (chemins absolus, liens symboliques et chemins relatifs au répertoire courant). Pour son auteur, Christian Brauner, l’intérêt est de permettre aux processus de se défaire entièrement de leur état de système de fichiers. Ainsi, un processus dont la racine ou le répertoire courant est dans failfs doit ancrer chaque résolution de chemin sur un descripteur de fichier explicite.

On reste dans les systèmes de fichiers avec une série d’améliorations pour ceux déjà en place. Le noyau 7.3 inclut par exemple une hausse des performances (parfois significatives selon les scénarios) pour btrfs que Phoronix avait repérée à la sortie de la première Release Candidate fin aout. Alors que le code de support des systèmes EFS et FreeVxFS est supprimé, celui pour ntfs3 reçoit d’importantes améliorations, dont la prise en charge des flux de données alternatifs ainsi qu’un début de durcissement pour sa sécurité.

Parmi les autres changements, on remarque en outre des travaux significatifs sur le support de SMB, qui peut gérer en option Time Machine (le système de sauvegarde de macOS). Le serveur SMB intégré au noyau (ksmbd) gagne aussi la fenêtre de séquence des commandes SMB2, le rejeu des requêtes SMB3, le chiffrement SMB3 par partage et le chiffrement pour SMB Direct (RDMA). À la sortie de la Release Candidate 3, Linus Torvalds avait indiqué qu’un nombre important de correctifs était intégré pour SMB (ainsi que pour XFS).

LTS ou pas LTS ?

Cette version 7.3 est donc disponible, mais sa récupération réelle dépend fortement de la distribution utilisée. De nombreux systèmes ne proposent pas immédiatement les nouveaux noyaux et attendent leur version suivante pour l’intégrer. D’autres, notamment celles en rolling release, proposent les nouveaux noyaux très rapidement en général.

Enfin, un mot sur la prochaine version 7.4. Sa fenêtre d’intégration vient d’ouvrir et sa publication doit se faire vers la fin décembre. Cette version sera à nouveau importante pour le support matériel, avec par exemple l’activation du HDMI 2.1 sur les Radeon, le support des NPU dans les Ryzen AI Max 400, la poursuite des travaux sur le pilote NVIDIA Nova (pour remplacer l’actuel Nouveau), des optimisations sur la mémoire, ou encore la prise en charge initiale des puces M4 et A18 pro d’Apple.

On ne sait pas encore si cette version sera la nouvelle LTS (Long Term Support) ou s’il s’agira de la 7.3 qui vient de sortir.

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Avec Minions, Apple veut mettre à profit les GPU inactifs des Mac pour l’inférence

Moi, moche et virtualisé
Avec Minions, Apple veut mettre à profit les GPU inactifs des Mac pour l’inférence

Apple a publié un article de recherche sur Minions, une infrastructure permettant d’agréger les ressources GPU inutilisées sur des grappes de Mac dotés de puce Apple Silicon. Si le concept n’a rien de nouveau, les travaux d’Apple prolongent l’existant et inscrivent un peu plus les Mac dans le paysage de l’IA.

Les Mac sont décidément appréciés par les entreprises désireuses de faire tourner localement des LLM plus ou moins gros. Pourquoi les Mac ? Parce qu’ils embarquent une mémoire dite « unifiée », servant à la fois pour les parties CPU et GPU des puces Apple Silicon. Si votre Mac est équipé de 32 Go de mémoire vive, le GPU peut puiser dedans. Cette mémoire est certes moins rapide que la VRAM des cartes graphiques dédiées (sans même parler de la HBM), mais ce scénario d’usage compense par le volume.

Apple sait que ses Mac Mini et Studio partent comme des petits pains auprès d’entreprises comme OpenAI, Anthropic et Meta. C’est dans ce contexte qu’elle a mis en ligne un document de recherche (prépublication sur Arxiv) exposant le fonctionnement de Minions, une infrastructure GPU virtuelle dédiée aux charges d’inférence d’apprentissage automatique à grande échelle.

Rassembler l’inaction

L’architecture proposée repose sur quatre éléments. D’abord, un serveur central reçoit les requêtes via une interface web ou des API (REST). Il s’occupe de les valider puis de les découper de manière asynchrone en sous-tâches stockées dans une base PostgreSQL. En d’autres termes, le serveur est chargé de créer une file d’attente.

Ensuite, les exécuteurs. Ils tournent sur les Mac mis à contribution et traitent localement les sous-tâches sur le GPU, avant d’écrire le résultat des calculs dans une zone de stockage S3. Ils n’accèdent jamais directement à la base PostgreSQL : ils réservent des sous-tâches en utilisant l’API du serveur, via une table de la base dotée d’une contrainte d’unicité. Même chose pour mettre à jour l’état de la base, envoyer leur signal de vie (un message bref envoyé au superviseur pour indiquer qu’il fonctionne encore) et livrer leurs résultats.

Le superviseur, justement, est ici nommé « Watchdog » (littéralement « chien de garde »). Son rôle est de surveiller les exécuteurs en cours de traitement et de remettre en file d’attente les sous-tâches des exécuteurs devenus muets. Ce silence peut provenir de multiples causes : perte réseau, veille, extinction, arrêt volontaire, etc. Ce fonctionnement autorise donc une certaine souplesse.

Quant au dernier composant, c’est tout simplement le tableau de bord pour le suivi de l’ensemble en temps réel.

De fortes limitations

Le tout permet, comme relevé par Apple Insider, de mettre à disposition la puissance inutilisée des GPU pour les mettre à contribution lors d’un travail d’inférence. Ainsi, des équipes qui lancent de grands lots asynchrones d’inférence (index de recherche, génération de texte en masse pour l’évaluation ou l’étiquetage…) n’ont plus besoin d’attendre qu’une grappe de GPU se libère. C’est du moins le fonctionnement sur le papier.

Si le document est intéressant dans le fond, il est aussi très court. Apple ne fournit aucune information mesurée : pas de tests de débits, pas de coût énergétique, de taux de reprise ou aucune comparaison quelle qu’elle soit. Il est donc difficile de se rendre compte des performances.

Les cas présentés ont également un périmètre limité. La publication n’évoque que deux types de charges : les modèles de vecteurs de représentation chargés via la bibliothèque Transformers de Hugging Face, et la génération de texte via Ollama. Il n’y a pas d’ordonnanceur central, il ne s’agit donc pas d’un modèle découpé et réparti entre les machines.

En fait, chaque exécuteur doit pouvoir faire tourner intégralement le modèle en local, ce qui limite d’autant les cas. La mémoire a beau être universelle sur les Mac Apple Silicon, sa quantité détermine directement ce que l’on peut y faire résider. Pas question par exemple d’y faire tourner le tout récent Muse Spark Open.

Et si vous vous posez la question : non, l’entrainement n’est pas pris en charge, en tout cas pour l’instant. Apple compte prendre en charge l’entraînement distribué à l’avenir, sans plus de détails.

Quel intérêt ?

Au sein d’une organisation, l’infrastructure présentée peut avoir des avantages, mais il ne s’agit pas d’un projet « magique » capable de fonctionner avec tous les modèles. Il y a quand même plusieurs avantages : pas d’achat de GPU dédiés, un coût d’infrastructure considéré comme « nul », une capacité générale qui grandit avec le nombre de Mac présents sur place, ou encore un fonctionnement local puisque les données ne sortent pas de l’organisation.

L’intérêt d’Apple est d’avancer discrètement sur l’argument commercial que les Mac sont des machines taillées pour l’IA. Sur ce point, la présentation de Minions rejoint les annonces autour de Muse Spark Open et du rapprochement avec Meta, Apple ayant publié des mesures et de la documentation MLX.

En filigrane, le papier raconte également une autre histoire : celle des propres limites d’Apple. L’entreprise le dit elle-même dans son article, elle manque de GPU centraux. Ainsi, avant que Minions ne soit utilisé (montrant au passage que l’infrastructure n’est pas que théorique), certaines tâches d’inférence pouvaient attendre plus de 10 heures avant de commencer. Avec Minions, le temps ne serait plus que de quelques minutes, mais Apple ne donne aucun détail supplémentaire.

Dans l’absolu, Minions ne crée aucune rupture, car la récupération de cycles, le calcul bénévole ou encore l’inférence répartie existent déjà. C’est dans les grandes lignes le schéma adopté par l’infrastructure de calcul distribué BOINC, qui exploite les GPU depuis vingt ans. On peut également citer Petals pour répartir un grand modèle en blocs de couches sur des machines bénévoles réparties sur internet. Mais l’idée pourrait séduire les organisations déjà dotées de nombreux Mac, surtout s’ils sont récents et accompagnés d’une bonne quantité de mémoire.

« Plus largement, Minions ouvre une perspective inédite pour la communauté de l’apprentissage automatique : si les appareils macOS inactifs, à l’échelle de plusieurs organisations, voire de la communauté mondiale, pouvaient être fédérés de manière sûre, ils formeraient un vaste parc de GPU partagé, au bénéfice de l’ensemble de l’écosystème », indique Apple dans une conclusion plus ambitieuse.

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Avec Bee, Amazon propose de transcrire et résumer les conversations du quotidien

Les grandes oreilles d'Amazon
Avec Bee, Amazon propose de transcrire et résumer les conversations du quotidien

Les nouveaux appareils Bee veulent soulager la mémoire défaillante de leurs utilisateurs, en écoutant les conversations pour en tirer des résumés, des listes de tâches… et des suggestions d’achat sur Amazon.

Qui n’aurait pas envie de partager toutes ses conversations avec Amazon ? Le géant américain du commerce en ligne ne voit pas ce qui pourrait mal se passer, et a lancé deux nouveaux produits Bee – du nom d’une start-up achetée l’an dernier. Ils partagent les mêmes fonctions, mais leurs designs sont très différents.

Tout retenir, même les envies d’achats

Le Bee Frontier ressemble à un bracelet de suivi de la santé, le Bee Eclipse à une batterie externe pour smartphone (il est maintenu au dos du téléphone avec des aimants). Les deux enregistrent les conversations en continu, afin de générer des résumés, des listes de tâches, des aides mémoire. Un bouton permet d’activer l’enregistrement audio ; un témoin lumineux s’allume alors sur l’appareil. Il est aussi possible de configurer une période d’enregistrement (5 minutes, 15 minutes, etc.)

Image : Amazon

Amazon donne un exemple d’utilisation : organiser des vacances avec des amis. Le Bee retient les détails pratiques évoqués pendant la conversation, comme les horaires d’arrivée ou les restos préférés de chacun. L’application mobile compagnon, chargée de collecter l’audio et de l’envoyer vers les serveurs pour traitement, propose des résumés et classe les informations. Elle fournit également des « mémoires » des derniers jours de conversations et suggère des objectifs personnalisés à accomplir.

Il est aussi possible de brancher l’app Bee à Gmail, Google Calendar et Outlook pour qu’elle génère des brouillons de courriel ou crée des invitations dans le calendrier en se basant sur les échanges vocaux de l’utilisateur. La plateforme de santé HealthKit d’Apple est également compatible « pour obtenir une vue plus complète de votre bien-être ».

Amazon oblige, Bee saura aussi se connecter à Alexa+ afin de nourrir l’assistant des données collectées par les appareils et accéder aux résumés et tâches en les demandant avec la voix. Mieux encore (ou pire), en connectant le Bee à Amazon, les informations enregistrées par un appareil Bee peuvent être utilisées pour des suggestions d’achats.

Un abonnement et des promesses de confidentialité

Amazon propose également un abonnement mensuel, Bee Pro, facturé 11,99 dollars pour obtenir un nombre illimité de résumés de conversations récentes, des suggestions de tâches, les « mémoires » quotidiennes, un assistant de discussion, l’intégration avec Alexa+ et Amazon. Le Bee Frontier est proposé à 74,99 dollars, l’Eclipse coûte 99,99 dollars.

Amazon n’a pas annoncé de lancement européen pour les produits Bee, probablement en raison du casse-tête que représente le consentement vis à vis du RGPD : non seulement celui de l’utilisateur (ce qui est a priori acté), mais aussi celui de ses correspondants. Sur le plan de la confidentialité, les appareils Bee s’appuient sur une infrastructure Private Compute.

Bee transcrit les conversations en temps réel sans conserver l’audio après le traitement, promet Amazon. Les transcriptions, résumés et tâches sont chiffrés et traités dans un environnement sécurisé auquel ni Amazon ni Bee n’ont accès. Seul l’utilisateur peut les consulter, et décider de les partager avec d’autres services, avec la possibilité d’arrêter ce partage à tout moment. On peut également supprimer les transcriptions et les résumés à tout moment.

Amazon a publié un livre blanc. L’entreprise a aussi fait réaliser un audit par Trail of Bits au printemps (PDF). Ce dernier, qui révèle les grands principes architecturaux de l’infrastructure dédiée à Bee, a permis l’identification de 19 vulnérabilités potentielles, dont 17 ont été corrigées par les équipes d’Amazon.

Extrait du rapport Trail of Bits – capture d’écran
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☕️ L’App NVIDIA laisse les agents IA prendre les commandes par défaut



La dernière version de l’app NVIDIA ouvre la porte aux agents IA. Le logiciel intègre en effet une nouvelle option, activée par défaut, qui permet aux agents de le contrôler. Pour les utilisateurs qui n’ont aucun usage de ces agents sur leurs machines, il est possible de désactiver l’option.

Dans sa version 11.0.9.565, l’app NVIDIA inaugure un nouveau réglage dans la section « Connecter les agents et les applications » au libellé très clair : « Permettre aux agents d’IA de contrôler NVIDIA App ». Repérée par VideoCardz et activée par défaut, l’option ouvre un serveur MCP (à l’adresse http://127.0.0.1:13508/mcp, comme l’indique la doc de NVIDIA) qui ouvre l’interface aux agents.

Captures d’écran : Next

Après avoir emprunté cette passerelle, ils peuvent consulter les jeux installés sur le PC, lancer un jeu ou vérifier si un jeu tourne sur la machine. Les assistants ont aussi la possibilité d’appliquer les réglages NVIDIA optimaux pour tel ou tel jeu, d’enregistrer la vidéo d’une partie et de réaliser des captures d’écran, d’ouvrir et de fermer l’interface des stats, d’ajuster les graphiques, de vérifier la version du pilote et de gérer les performances d’un ordinateur portable via la fonction Battery Boost et le mode Whisper.

L’utilisateur pourra demander à son assistant IA, en langage naturel, tel ou tel changement à appliquer dans son jeu. L’agent doit évidemment être compatible MCP ; NVIDIA cite par exemple Hermes, OpenClaw et Perplexity (qui propose son propre agent local Portable Computer), exécutés sur le PC. L’idée n’est pas totalement farfelue : il est parfois compliqué de s’y retrouver dans les réglages proposés par l’app NVIDIA et surtout, de faciliter leur ajustement selon le jeu et les préférences du joueur.

Les joueurs qui n’utilisent pas d’agent IA n’ont aucune raison de laisser cette option active en tout temps, c’est pourquoi il est possible de la désactiver. Dans ce cas, le serveur MCP cessera tout simplement de fonctionner.

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