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Alexa+ débarque en France : un assistant plus bavard, plus malin et plus cher

22,99 euros par mois pour discuter avec Alexa
Alexa+ débarque en France : un assistant plus bavard, plus malin et plus cher

Alexa+, la version dopée à l’IA générative de l’assistant Amazon, est désormais proposé en accès anticipé en France. Un accès gratuit jusqu’à cet automne, puis il faudra mettre la main à la poche ou être abonné Prime.

Après de longues années de développement et un déploiement très progressif aux États-Unis à partir de mars 2025, Alexa+ est finalement disponible en France depuis le 26 mai. Là aussi, Amazon orchestre un lancement prudent, sous la forme d’un accès anticipé ouvert aux possesseurs d’un appareil Echo compatible (les modèles anciens de première génération sont exclus). Les clients recevront un courriel ou une notification pour les informer qu’ils peuvent activer le nouvel assistant.

Alexa+ taillée pour la France

L’accès anticipé s’élargira au fil des prochaines semaines, avec un usage d’Alexa+ gratuit « au moins » jusqu’au 15 septembre. Ensuite, il faudra faire un choix : soit s’abonner à Amazon Prime, auquel cas l’IA continuera d’être accessible sans frais supplémentaire, soit souscrire un abonnement spécifique facturé 22,99 euros par mois.

Un prix salé qui rapproche Alexa+ d’un abonnement premium à ChatGPT ou Claude… et qui pourrait pousser Amazon à relever les tarifs de Prime, mais on n’en est pas encore là. À noter qu’Alexa « tout court », la version standard et complètement gratuite (mais limitée) de l’assistant, continuera d’être disponible sur les appareils éligibles.

Mais Amazon veut s’assurer que l’on préférera la version + d’Alexa qui se distingue par ses capacités conversationnelles. À l’instar de ChatGPT ou de Gemini, les interactions se veulent fluides et naturelles et l’on peut parler de tout et de rien. Amazon oblige, le shopping et le commerce en ligne ont une place prépondérante : Alexa+ pourra ainsi se connecter à des services comme TheFork et Tripadvisor pour réserver un restaurant ou planifier un voyage.

L’entreprise met aussi l’accent sur ce qu’elle appelle « l’IA ambiante », qui permet à Alexa+ d’anticiper les besoins de l’utilisateur en fonction de ses petites habitudes. Par exemple, en lançant toute seule la machine à café au réveil. Rêve ou cauchemar, on verra si l’intrusion de l’assistant dans la vie de tous les jours sera appréciée. À l’instar de la version sans IA, Alexa+ peut aussi contrôler les appareils domotiques.

Alexa+ n’est pas le chatbot d’un seul modèle IA. Amazon exploite son service cloud dédié au déploiement de modèles (Bedrock) pour proposer un service en forme de gare de triage, capable de distribuer les requêtes aussi bien vers les propres modèles Nova d’Amazon que vers des modèles concurrents d’Anthropic ou de Mistral. Plus de 70 LLM sont utilisés par l’assistant, ce qui est censé lui permettre de répondre de manière plus précise aux requêtes de l’utilisateur. Comme l’explique l’entreprise, les capacités nécessaires à la domotique diffèrent de celles qui génèrent des conversations sur la pluie et le beau temps.

Une gare de triage IA

Les modèles de Mistral sont notamment mis à contribution « pour évaluer la précision et la qualité des réponses d’Alexa dans les langues autres que l’anglais ». Amazon martèle que la version française d’Alexa+ offre une expérience « culturellement pertinente, authentiquement locale ». L’assistant est en effet censé comprendre notre sens de l’humour et notre argot : « [Il] est en phase avec notre musique, notre cuisine et nos passions » et connait tout du débat entre pain au chocolat et chocolatine, par exemple.

Amazon veut s’épargner les débats gênants sur la confidentialité des données et de la vie privée. Un tableau de bord dédié permet ainsi de consulter et gérer les interactions avec Alexa+ : on pourra ainsi « écouter exactement » ce que l’assistant a entendu, et supprimer des enregistrements audio envoyés dans le cloud. L’entreprise rappelle aussi qu’Alexa n’envoie ces extraits sur ses serveurs que si l’appareil détecte le mot d’activation (ça va mieux en le disant).

Image : Amazon

Quand un enfant discute avec Alexa+, un système de modération renforce les garde-fous et les protections conçues pour les minots. Il est aussi prévu que l’assistant soit disponible via un navigateur web, ce qui lui donnera des fonctions plus productives (résumés d’articles, rédaction de messages, création d’images, etc.).

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☕️ Uber commence à trouver l’addition de l’IA un peu salée



Tout ce qui brille n’est pas IA. Plusieurs entreprises commencent à se rendre compte qu’il n’est pas forcément rentable d’injecter cette technologie dans tout et n’importe quoi.

Pour Andrew Macdonald, le directeur des opérations d’Uber, il est de plus en plus difficile de justifier les coûts liés à l’usage de l’IA générative. Invité du podcast Rapid Response, il a expliqué qu’une consommation élevée de tokens n’aboutissait pas nécessairement à une augmentation proportionnelle des fonctions utiles pour le consommateur.

Illustration : Flock

« Ce lien n’existe pas encore, n’est-ce pas ? », se demande-t-il. « Implicitement, je pense qu’il y a peut-être davantage de [fonctions] qui sont livrées, mais il est très difficile d’établir un lien clair entre [les tokens consommés] et le fait de se dire : « D’accord, maintenant nous produisons réellement 25 % de fonctionnalités utiles en plus pour les consommateurs » ».

Ce constat n’est pas isolé au sein d’Uber. En avril, le directeur technique de la plateforme VTC, Praveen Neppalli Naga, s’était étonné chez The Information d’avoir explosé son budget IA de l’année… en seulement quatre mois. Il expliquait alors que 70 % environ du code validé provient d’outils IA, tandis que les dépenses oscillent entre 500 et 2 000 $ par mois et par développeur. Les coûts liés à l’IA chez Uber ont été multipliés par six depuis 2024.

L’IA n’est pas « gratuite », poursuit Andrew Macdonald. Ça peut sembler être le cas quand on est un utilisateur lambda, mais la situation est très différente pour une entreprise. Cette petite musique commence à s’entendre un peu partout dans l’industrie ; les gains en productivité ne sont pas nécessairement au rendez-vous, tandis que des pratiques comme le tokenmaxxing montrent les limites de l’exploitation à outrance de cette technologie.

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Têtes de cochon, mosquées : les documents qui éclairent la « frappe cognitive » russe

Désinformation hybride
Têtes de cochon, mosquées : les documents qui éclairent la « frappe cognitive » russe

Préparatifs des dépôts de têtes de cochons devant des mosquées parisiennes, échanges entre une agence d’influence et l’administration russe… De nouveaux documents éclairent la manière qu’a la Russie de tenter de cliver les opinions occidentales.

Dix têtes de cochons sur lesquelles sont écrites, à la peinture bleue, « Macron ». À l’arrière de la table sont posés les pinceaux qui ont permis de réaliser cette mise en scène.

Des documents obtenus par les journalistes du média estonien Delfi et partagés avec l’Organized Crime and Corruption Reporting Project, Le Monde et d’autres médias permettent de mieux comprendre comment et pourquoi neuf mosquées et centre culturels islamiques parisiens ont été visés, en septembre 2025, par une attaque islamophobe. Au matin, chacune avait découvert devant sa porte les têtes de cochons ensanglantées et peintes.

La photo des préparatifs, elle, se trouve sur la première page d’un document détaillant concrètement les préparatifs de l’attaque, a priori à destination de ses commanditaires. Détaillant ce qu’ils qualifient de « frappes cognitives » contre l’Occident, ces fichiers émanent de plusieurs sociétés proches de l’Administration du président de Russie, en particulier de la Social Design Agency (SDA). Cette dernière s’est fait une spécialité des opérations d’ingérence et est déjà soumise à des sanctions des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Union européenne pour de précédentes campagnes d’influence.

Les documents comprennent aussi les captures d’écran d’un logiciel de messagerie utilisé conjointement par les équipes de la SDA et des représentants de l’administration russe. Enjeu affiché de ces opérations : « préserver [l’]image de superpuissance » de la Russie sur la scène internationale. « Plus la Russie mène de campagnes d’influence actives à travers le monde, plus l’image de la Russie en tant que puissance mondiale s’en trouve renforcée », indique l’un des textes.

Des projets abandonnés et d’autres effectivement menés en France

Si plusieurs pays occidentaux sont visés, la France a notamment subi depuis deux ans de multiples opérations qui mêlent ainsi le recours à des actions menées hors ligne par des hommes de main, pour ensuite alimenter le désordre dans le débat public. Outre l’opération « Tête de cochon », les documents récupérés citent notamment l’opération « Synagogues vertes », qui décrit les jets de peinture verte à l’encontre du Mémorial de la Shoah, d’un restaurant et de plusieurs synagogues parisiennes, fin 2025.

D’après Le Monde, la note indique clairement que « l’objectif de cette action était de discréditer les autorités françaises, jugées incapables d’endiguer la montée de l’antisémitisme islamiste à Paris ». Elle souligne que l’action a fait la une des journaux du monde entier.

Dans le lot des documents fuités, certains concernent des projets a priori abandonnés. L’un d’eux consistait à asperger de peinture la statue du Général de Gaulle située sur les Champs-Élysées, pour attaquer les positions pro-russes de son petit-fils Pierre de Gaulle. Un autre aurait constitué à lancer des poupées gonflables sur la Seine, « 20 blanches, 10 noires », après y avoir inscrit un slogan anti-immigrés. Ces divers projets semblent ne pas avoir dépassé l’étape de la réflexion.

Influenceurs pro-russes, vandalisme et interférences électorales

Leur nombre traduit néanmoins l’intérêt des agents d’influence pour ce type d’opérations dites « hybrides », qui recourent à une opération physique pour laisser le cycle de l’information et des réseaux sociaux prendre le relais.

Comme celle des « têtes de cochon », l’opération des étoiles bleues de David peintes dans Paris en octobre 2023 avait ainsi fait l’objet de vastes débats médiatiques dans les dix jours suivant leur découverte, avant que leur nature d’opération de propagande ne soit révélée. Les deux soulignent aussi la relative inefficacité des opérations d’ingérence orchestrées à partir de faux articles de presse, assez peu consultés par les internautes.

En mars, trois ressortissants Serbes ont été condamnés dans leur pays pour avoir déposé les neuf têtes de cochons devant les mosquées et autres lieux musulmans de région parisienne. Ils avaient été arrêtés aux côtés de huit autres personnes dans le cadre d’une enquête plus large sur des actes de vandalisme menés contre des mosquées et des synagogues. Ils agissaient « sur les instructions d’un service de renseignement étranger », indiquait à l’époque le ministère de l’intérieur serbe, et avaient commis des actes similaires sur le sol allemand – notamment en déposant des squelettes en plastique à la Porte de Brandebourg, proche du mémorial de l’Holocauste, à Berlin.

Outre les actions de vandalisme opérées en France et en Allemagne, les projets détaillés dans le jeu de documents concernent divers projets de promotion des intérêts pro-russes par la voix d’influenceurs de leaders d’opinion occidentaux, et l’interférence lors de campagnes électorales. Les élections parlementaires arméniennes, qui se tiendront le 7 juin, sont notamment dans le viseur. But affiché : freiner le tournant occidental du pays, notamment en recourant à un média orienté vers les électeurs russophones.

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Esclaves fouettés et femmes en bikini : Steam a laissé passer Plantation Simulator

De l'art délicat de la provocation
Esclaves fouettés et femmes en bikini : Steam a laissé passer Plantation Simulator

Publié le 13 mai sur Steam, le jeu Plantation Simulator proposait d’incarner un esclavagiste blanc chargé de fouetter ses esclaves noirs pour augmenter leur productivité. Les règles de la plateforme de Valve interdisent pourtant le contenu « manifestement offensant ». Face à la polémique naissante, l’auteur a remplacé les esclaves noirs par des femmes en bikini, avant d’annoncer qu’il retirerait de lui-même le jeu.

Apparu le 13 mai sur Steam, Plantation Simulator a végété pendant quelques jours dans l’anonymat des jeux de fond de catalogue, avant que son propos raciste ne suscite de premières réactions. Le jeu, affiché à 2,09 euros sur la version française du magasin de Valve, proposait en effet d’incarner un planteur blanc, qui doit fouetter ses esclaves noirs pour maximiser leur productivité. Mais attention : « si vous fouettez trop votre personne noire, elle mourra », décrivait la version originale de la fiche.

N’est pas South Park qui veut

Sur le web anglophone, le site The Outerhaven chronique le titre le 20 mai, sous forme d’un édito dénonçant le « type de jeux que l’industrie devrait rejeter ». La découverte est reprise le lendemain par BFM, qui interroge la ministre du numérique Anne Le Hénanff, et déclenche une réaction publique de cette dernière. « Quand des contenus aussi ignobles font l’apologie de l’esclavage et de la violence raciste, il n’y a pas d’ambiguïté : on dénonce, on signale et on saisit immédiatement les autorités compétentes », écrit-elle sur X, avant d’indiquer qu’un signalement Pharos a été effectué et que l’Arcom sera saisie.

À la manœuvre, on découvre un certain FzzyBzzy, qui n’en est pas à son premier coup en matière de provocation. Mi-mars, il publiait ainsi, toujours sur Steam, un jeu baptisé Crucifier, qui proposait cette fois d’incarner des soldats romains chargés de fouetter des Christs en croix pour leur faire gagner une course ou, déjà, améliorer leur productivité dans des champs.

Le 18 mai, l’intéressé se plaignait sur X que Crucifier n’ait suscité aucune réaction en dépit de son caractère éminemment provocateur, et commentait ironiquement le décollage de Plantation Simulator. « Je suis un peu déçu de voir à quel point le dernier jeu s’est bien vendu… Ça donne une mauvaise image de la société. Peut-être que je vis dans la pire des réalités alternatives, parce que je ne pense pas qu’à aucune autre époque je pourrais faire ça ».

Quelques jours plus tard, FzzyBzzy savoure probablement sa sortie de l’anonymat. Le 22 mai, il annonce ainsi, à grands renforts de tweets ironiques, avoir mis à jour Plantation Simulator : il ne s’agit plus maintenant de fouetter des esclaves noirs, mais d’envoyer des baisers à des femmes en bikini, en veillant tout de même à bien les garder enfermées. Dans une version intermédiaire, il avait gardé le concept original, mais simplement remplacé les noirs par des blancs.

Dans sa nouvelle version, le jeu propose d’envoyer des baisers à des femmes en bikini parquées dans un enclos – capture d’écran Next

« Plantation Simulator est un jeu de simulation agricole simple où vous motivez vos amis à récolter vos cultures à l’aide de baisers ! Entretenez une belle ferme en réparant les clôtures pour que vos amies restent concentrées. Choisissez parmi plusieurs cultures et améliorez vos installations pour maximiser votre succès ! », décrit désormais la fiche du jeu sur Steam.

Le 24 mai, il indique dans le hub de la communauté dédié au jeu qu’il a pris la décision de retirer le titre de Steam. « Nous pensons avoir dit tout ce qu’il y avait à dire. Nous avons vu les opportunités et nous les avons saisies :3 Nous contactons Steam pour qu’ils retirent le jeu de la boutique ! Nous ne savons pas quand ils pourront traiter notre demande, mais nous espérons que ce sera bientôt ! ».

L’auteur annonce le retrait prochain de son jeu – capture d’écran Next

Le jeu était toujours disponible à la vente mardi 26 mai au matin, associé à une réduction de 40 % sur son prix facial de 2,09 euros. D’après sa fiche SteamDB, le développeur peut sans doute s’enorgueillir de quelques milliers de ventes. Les évaluations laissées sur Steam sont quant à elles majoritairement négatives, même si quelques commentateurs réagissent favorablement à cette provocation manifeste. « Le meilleur troll jamais vu sur Steam. Tellement de racistes qui se dévoilent sur Steam. C’est à mourir de rire », écrit l’un d’eux.

Six jours après le début de la polémique et alors qu’une pétition adressée à Gabe Newell vient de voir le jour pour demander le retrait du jeu, silence radio du côté de Valve.

Valve peine à faire respecter ses propres règles

Les lignes de conduite de la plateforme Steam interdisent pourtant explicitement le « contenu ouvertement offensant ou publié dans l’intention de choquer ou de répugner le public ». Officiellement, elles condamnent aussi tout ce qui relève d’un « discours haineux, c’est-à-dire un discours qui encourage la haine, la violence ou la discrimination à l’encontre d’un groupe de personnes en se basant sur leur origine ethnique, leur religion, leur sexe, leur âge, leur handicap ou leur orientation sexuelle ».

En 2018, alors que le volume de nouveaux jeux publiés sur Steam augmentait dans des proportions significatives, la plateforme s’était engagée à nettoyer les écuries d’Augias en ciblant notamment les jeux relevant du troll pur et simple. « À l’heure où nous écrivons ceci, les trolls trouvent de nouvelles façons d’être détestables. Mais ce que ces personnes ont en commun, c’est que faire des efforts de bonne volonté pour réaliser et vendre vraiment des jeux à quelqu’un ne les intéresse pas. Quand les motivations d’un développeur ne sont pas celles-là, c’est probablement un troll. », écrivait Valve à l’époque. Huit ans plus tard, force est de constater que Steam a toujours du mal à ajuster les curseurs de sa modération.

Fin 2025, la plateforme avait refusé la publication de Horses, un « jeu » inspiré de l’expérience de Milgram, qui incitait le joueur à déclencher des actes de torture dignes d’un snuff movie. À la même période, Valve a été accusé d’avoir bloqué le jeu de carte Flick Solitaire de la version russe de Steam à la demande de Moscou, au motif que les visuels contenaient des éléments mettant en avant la culture queer. Au-delà de la validation, ou non, des jeux sur la plateforme, la modération de Steam est régulièrement critiquée sur les aspects communautaires de la plateforme, notamment au niveau des commentaires des joueurs et des systèmes de notation.

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16 % des électeurs ont demandé à l’IA pour qui voter aux municipales

Vote assisté par chatbot
16 % des électeurs ont demandé à l’IA pour qui voter aux municipales

L’IA générative s’invite dans les urnes. Durant les dernières élections municipales, environ un électeur sur six a utilisé cette technologie pour trouver leur candidat idéal. À moins d’un an de la présidentielle, elle pourrait prendre une part plus importante chez les Français pour conforter leur choix, ou pour en changer.

L’IA a tenu un rôle singulier durant les élections municipales de cette année : celui d’outil d’information mais aussi (surtout) d’aide à la décision. Une étude Toluna Harris Interactive réalisée pour M6 et RTL, et publiée par le think tank Terra Nova, montre que l’IA ne peut plus être considérée comme quelque chose de marginal ou d’expérimental, alors que l’élection présidentielle commence à se profiler.

L’IA loin d’être une source d’information importante (pour l’instant)

Ainsi, 16 % des Français ont utilisé l’IA pour les aider à faire leur choix pendant ces élections : 7 % pour confirmer leur candidat, 5 % pour influencer sur un choix, et 4 % pour aider à la décision. Les chatbots risquent donc bien d’être sollicités pour les prochaines élections, au-delà des sites web non partisans qui proposent d’éclairer une décision ou de donner une direction.

Entre 40 à 50 % des personnes interrogées ont été confortées dans leur choix, entre 30 à 40 % disent avoir changé d’avis, et entre 20 à 30 % que l’IA a aidé dans la décision. Autres chiffres intéressants : les hommes ont plus volontiers eu recours à l’IA que les femmes (20 % contre 10 %), tout comme les jeunes (35 % des moins de 25 ans) par rapport aux personnes âgées (1 % des seniors).

Public Sénat rappelle la déclaration d’Emmanuel Macron qui, en novembre dernier, se demandait qui ChatGPT allait recommander de voter aux utilisateurs qui lui poseraient la question pour les municipales et la présidentielle. « On va rentrer dans un autre monde », avait ajouté le chef de l’État, sachant que le fonctionnement de ces IA relève de la boîte noire et qu’elles peuvent relativement facilement se faire « empoisonner » par de faux documents/sites… qui peuvent être publiés à la chaine par des IA génératives.

« Les IA […] posent la question de savoir comment se forgent les opinions politiques », explique ainsi Jean-Daniel Lévy, l’auteur de l’étude réalisée le 15 mars (premier tour du scrutin) auprès de 4 145 personnes dans des communes de 3 500 habitants et plus.

Toluna Harris Interactive

Il faut savoir raison garder : l’IA n’est qu’un outil parmi tant d’autres pour faire son choix. Ainsi, 11 % des électeurs ont indiqué avoir utilisé cette technologie pour s’informer sur les enjeux dans leur commune. Cela en fait la 14ᵉ et dernière source d’information, loin derrière les tracts (59 %), les professions de foi (57 %) ou encore le bon vieux bouche à oreille (47 %). Les réseaux sociaux ont enregistré un taux de 32 %. Pour les candidats, ce n’est pas le moment de lâcher leur compte Instagram !

On retrouve dans ces 11 % la même typologie d’âge et de genre. 14 % des hommes disent avoir utilisé l’IA pour s’informer, contre 8 % pour les femmes. C’est 1 % seulement pour les séniors, contre 22 % chez les plus jeunes (18 - 24 ans). Chez ces derniers comme pour le reste de la population, l’IA est aussi la dernière source d’information la plus consultée.

On retient également la propension des sympathisants La France Insoumise à s’être servis de l’IA (16 %), contre 6 % chez Reconquête. Les catégories CSP- sont les plus représentées avec 17 %, soit 4 points de plus que les CSP+. « [L’IA] n’est plus réservée à quelques technophiles isolés », décrypte Jean-Daniel Lévy, « mais commence à s’inscrire dans les pratiques politiques ordinaires d’une part identifiable de l’électorat ».

Toluna Harris Interactive

L’IA, un influenceur politique comme un autre

Une étude de l’AI Security Institute, rattachée au gouvernement britannique, démontrait que les chatbots pouvaient effectivement influencer les opinions politiques des utilisateurs. Les travaux publiés dans Science, et rapportés en décembre dernier par The Guardian, reposaient sur des conversations entre près de 80 000 participants et 19 modèles d’IA différents (dont ceux derrière ChatGPT et Grok).

Les chercheurs du MIT, d’Oxford, de Stanford et de la London School of Economics ont demandé aux IA de convaincre les participants d’adopter une position sur différents sujets politiques et économiques (inflation, grèves dans les secteurs publics…). Ces derniers devaient donner leur opinion avant et après l’échange.

Les réponses les plus persuasives sont celles qui accumulaient un grand nombre d’informations, de faits et d’arguments… mais ce sont aussi les modèles qui produisaient le plus d’erreurs et d’infos inexactes. La « capacité de persuasion » des modèles semble se faire au détriment de la véracité, soulignent les auteurs. Avec toutes les conséquences que cela implique pour le débat public.

Une autre étude de l’université Yale, publiée sur arXiv en mai 2025, confirme la précédente (les IA les plus persuasives ne sont pas forcément les plus fiables), et impose aussi un certain recul. Elle montre en effet que si les chatbots peuvent influencer les opinions politiques, leur performance n’est pas meilleure ou pire que des méthodes traditionnelles de campagne électorale.

Sur la question de l’immigration par exemple, les effets des chatbots et des humains étaient quasiment identiques, y compris cinq semaines plus tard. Les chercheurs soulignent qu’il n’existe « aucune différence significative » entre les deux méthodes de persuasion. Ils insistent en revanche sur une chose : il faut déjà convaincre les électeurs de passer plusieurs minutes à discuter politique avec une IA. En cela, pas de changement par rapport à une campagne classique.

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Malgré une année catastrophique, Ubisoft accélère sur l’IA générative

Ubisoft demande un coup de main à l’IA
Malgré une année catastrophique, Ubisoft accélère sur l’IA générative

Ubisoft veut tourner la page d’un exercice catastrophique. Le groupe promet un rebond dans les prochaines années grâce à ses grandes franchises, une vaste restructuration interne et des investissements renforcés dans l’IA générative.

Peu importe le bout avec lequel on le prend, Ubisoft a enregistré un très mauvais exercice fiscal 2025 - 2026. Ces douze derniers mois ont été marqués par des « net bookings » (l’argent réellement généré par les jeux) de 1,525 milliard d’euros, en recul de 17,4 %. Le résultat opérationnel est lui carrément rouge cramoisi avec une perte de 1,04 milliard.

L’IA générative au secours d’Ubisoft

Voilà des chiffres peu encourageants. Yves Guillemot, cofondateur et PDG d’Ubisoft, n’y va pas par quatre chemins et prévient que le calice n’a pas été bu jusqu’à la lie. Le prochain exercice fiscal « devrait représenter un point bas », avec un calendrier de sorties « plus léger » et des coûts importants liés à la restructuration du groupe.

« Notre ambition reste claire : renforcer la position d’Ubisoft parmi les principaux créateurs de l’industrie en matière d’expérience de divertissement de haute qualité, marquantes et engageantes, capables de trouver un écho durable auprès des joueurs », affirme-t-il. L’éditeur français peut compter sur ses franchises comme Assassin’s Creed ou Far Cry, mais il met aussi en avant… l’IA générative.

Les investissements dans l’expérimentation Teammates vont ainsi s’accélérer. Il s’agit d’un projet de recherche pour une expérience IA jouable, dévoilé en novembre dernier. Dans un jeu de tir, le joueur peut demander des conseils à Jaspar, une sorte d’assistant IA, et surtout il peut communiquer avec deux personnages non joueurs (NPC ou PNJ) pour l’aider. Ces NPC, « Pablo » et « Sofia », peuvent générer des réponses en temps réel et réaliser des actions en fonction des demandes du joueur. Par exemple tirer sur des ennemis ou se mettre à couvert, comme on le voit dans cette vidéo.

« Nos premières expérimentations ont montré que les joueurs se liaient rapidement aux PNJ pilotés par IA ainsi qu’au concept d’assistant vocal », expliquait Xavier Manzanares, directeur du gameplay GenAI. « Jaspar aidait les joueurs lorsqu’ils étaient perdus ou ne savaient pas quoi faire. Il pouvait accéder aux menus et aux paramètres, en dire davantage sur l’univers et l’histoire du jeu ».

Le projet Teammates d’Ubisoft.

On perçoit l’intérêt potentiel d’une telle technologie dans un jeu, en particulier les mondes ouverts dont Ubisoft s’est fait la spécialité. Il ne s’agit pas de créer un jeu ex nihilo avec l’IA générative, mais « d’enrichir l’expérience des joueurs ». Le groupe explique : « Cela va de bots plus intelligents pour assister les équipes d’assurance qualité à des PNJ et des mondes de jeu plus réactifs, capables de s’adapter au comportement des joueurs en temps réel. »

Ubisoft n’est jamais le dernier pour tester les dernières technologies à la mode du moment. Le groupe s’était ainsi beaucoup investi dans les NFT et le Web3, et il a lancé des expérimentations basées sur la blockchain qui ont complètement foiré. Le souvenir laissé par Ubisoft Quartz, une plateforme lancée en 2021 vendant des NFT baptisés « Digits », est cuisant. Ces objets cosmétiques à utiliser dans Ghost Recon Breakpoint ont été très mal reçus par les joueurs.

Le projet Quartz a progressivement disparu des radars dans l’indifférence générale, mais le récit technologique très optimiste autour de l’IA générative n’est pas sans évoquer les discours d’Yves Guillemot à l’époque des NFT. Il défendait bec et ongles les jetons non fongibles, assurant que les joueurs finiraient par en comprendre l’intérêt. Raté.

Des maisons créatives pour rebondir

Depuis des années, l’éditeur se débat dans les difficultés financières, mais il a entamé sa mue durant le dernier exercice. Depuis le mois de mars, le groupe est scindé en six structures : cinq « Creative Houses » ayant la responsabilité d’une catégorie de jeux spécifiques (Vantage Studios étant par exemple chargé des franchises les plus connues) ; et le « Creative Network », un groupe de studios qui fait office de support pour le développement des jeux des différentes maisons.

Image : Ubisoft

Le géant chinois Tencent, un des plus importants partenaires d’Ubisoft, a injecté 1,16 milliard d’euros dans Vantage Studios, dont la création remonte à novembre 2025. De l’argent frais qui sera bien utile pour affronter les vents contraires. Car les prévisions ne sont guère brillantes.

Les net bookings prévus pour l’exercice fiscal 2026 - 2027 seront encore en baisse (comprise entre 5 et 9 %), et la trésorerie sera une fois encore mise à rude épreuve avec une consommation de free cash flow de 500 millions d’euros. Autrement dit, l’activité devrait encore reculer, le calendrier de sorties étant plus léger qu’à l’accoutumée. Le groupe a multiplié les annulations de projets pour se recentrer sur la qualité et la rentabilité de sa production.

Assassin’s Creed Black Flag Resynced sera le gros jeu de cette année chez Ubisoft. Sortie prévue le 9 juillet.

Le rebond devrait s’opérer en 2027 - 2028, avec plusieurs sorties de nouveaux opus dans les licences populaires du groupe, notamment Assassin’s Creed, Far Cry et Ghost Recon. Ubisoft veut aussi capitaliser sur le succès du jeu Rainbow Six Siege qui reste en grande forme, après avoir fêté son dixième anniversaire l’an dernier. Enfin, l’exercice 2028 - 2029 marquera le retour espéré à une situation financière plus saine.

Mais en attendant, l’entreprise va devoir faire le dos rond. L’IA générative pourra-t-elle aider Ubisoft à traverser la tempête ? Au vu de la méfiance que suscite cette technologie chez de nombreux joueurs, l’annonce de l’accélération des investissements dans Teammates a surtout été faite pour séduire des investisseurs : l’action a plongé de 27 % la semaine dernière après l’annonce des résultats, pour rebondir fortement deux jours plus tard (+ 37 %).

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☕️ Les agences de renseignement américaines à court de puissance de calcul pour leurs IA



Les problèmes d’approvisionnement en composants ne frappent pas que l’industrie IA. Les gouvernements, qui eux aussi font face à une pénurie les empêchant d’exploiter pleinement les modèles IA pour leurs besoins propres, en sont réduits à jouer du carnet de chèques.

La Maison Blanche aurait approuvé une rallonge de 9 milliards de dollars pour équiper les agences de renseignement des États-Unis en puces IA de pointe, selon des indiscrétions du New York Times. Le financement, qui doit encore être approuvé par le Congrès, doit permettre à la CIA, la NSA et autres agences à acronymes de trois lettres de faire tourner leurs modèles IA sur du matériel de pointe.

Illustration : Flock

Les modèles IA les plus récents d’OpenAI, d’Anthropic ou de Google ont de gros besoins en calcul. Les infrastructures capables de les accueillir, que ce soit pour l’entraînement ou l’inférence, affichent quasiment complet et les autorités doivent mettre de l’argent sur la table pour accéder aux mêmes capacités que le secteur privé. Notamment aux composants les plus puissants, comme les puces Grace Blackwell de NVIDIA, qui nécessitent des centres de données dotés de systèmes d’alimentation électrique massifs.

L’administration Trump aurait déjà redirigé 800 millions de dollars pour accélérer l’achat de capacités de calcul, ce qui est presque une goutte d’eau dans l’océan. Surtout, les délais restent aussi importants qu’incompressibles. Les réseaux infonuagiques classifiés du gouvernement, comme ceux opérés par AWS, ne peuvent pas être modernisés rapidement et les agences n’auraient pas anticipé les besoins gargantuesques de ces modèles IA.

Par ailleurs, la Maison Blanche aurait autorisé la NSA à continuer l’exploitation de Mythos, le modèle le plus avancé d’Anthropic. Le Pentagone considère pourtant l’entreprise comme un « risque » pour la chaîne d’approvisionnement et la sécurité nationale.

Le ministère américain de la Défense (DoD) exigeait un accès très large aux capacités des modèles avancés d’Anthropic, ce que la startup a refusé. L’affaire est toujours devant les tribunaux, mais un contrat classifié serait en préparation entre les deux parties ; l’accord inclurait des restrictions sur l’exploitation des modèles IA sur des données concernant des citoyens américains. La NSA et la CIA ont interdiction de collecter des renseignements aux États-Unis, et des limites strictes sont posées pour recueillir des informations sur les Américains à l’étranger.

Le DoD a récemment arrêté son choix sur les fournisseurs IA pour ses opérations secret defense. OpenAI, Google, Microsoft, AWS et d’autres vont mettre leurs modèles à disposition de l’armée US, tandis qu’Anthropic a été mise à part.

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