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☕️ Rachat de SFR : les opérateurs se donnent « 48 heures pour finaliser les accords »



En octobre dernier, Bouygues Telecom, Free et Orange déposaient officiellement une offre pour racheter SFR, plus de 11 ans après son rachat par Numéricable, au nez et à la barbe de Bouygues Telecom.

Une vente qui était alors aux alentours de 17 milliards d’euros, avant d’être remontée à 20,35 milliards d’euros en avril, avec le début des négociations exclusives. Le pack comprend l’essentiel des actifs liés à SFR et Altice France.

Les opérateurs s’étaient donné jusqu’au 15 mai pour trouver un accord, avant de finalement repousser la date limite au 5 juin, c’est-à-dire ce vendredi.

C’est peu après 22 h que les communiqués tombent chez les opérateurs : toujours pas d’accord, mais deux jours de sursis : « Au regard de l’avancée des négociations, les parties se donnent un délai de 48 heures pour finaliser les accords ».

Dessin de presse de Flock titré

Aucune information supplémentaire n’a filtré. Les trois partenaires se contentent de rappeler que, « le 17 avril 2026, Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange ont annoncé la soumission d’une nouvelle offre reflétant une valeur d’entreprise totale de 20,35 milliards d’euros pour les actifs d’Altice France concernés ».

Rendez-vous lundi matin pour la suite des aventures de SFR.

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Pornhub « de retour » en France

Magnifique trompe-l’œil, Cedric Grolet n’a qu’à bien se tenir !
Pornhub « de retour » en France

Après des mois de fermeture, Pornhub rouvre en France… mais sans contenus pornographiques (pour le moment ?). Son éditeur Aylo se bat depuis longtemps contre la législation française qui impose des contrôles renforcés à l’entrée des sites X. Hasard (ou pas) du calendrier, le tribunal administratif de Paris vient de rejeter ses demandes.

En juin de l’année dernière, Aylo mettait ses menaces à exécution : Pornhub, Redtube et Youporn (trois mastodontes du porno en ligne) étaient inaccessibles en France. En cause, la vérification d’âge imposée à l’entrée des sites diffusant des contenus pornographiques, dont les trois adresses phares d’Aylo.

Ça s’en va et ça revient…

Après une série de rebondissements judiciaires (et une réouverture temporaire), Youporn, Pornhub et Redtube étaient de nouveau bloqués en France à partir du 15 juillet. Dix mois plus tard, le message d’accueil sur les trois plateformes est resté le même… enfin jusqu’à hier.

Si Redtube et Youporn affichent toujours le même message de protestation, Pornhub est de « retour » avec son ancien message de « prévention », celui qui est encore présent dans d’autres pays : « Ceci est un site web destiné aux adultes », avec deux boutons plus bas : « J’ai 18 ans ou plus – Entrer » ou « J’ai moins de 18 ans – Sortir ».

Aucune vérification d’age n’est exigée si on clique sur « Entrer ». Les contenus proposés ensuite sont par contre différents selon que votre IP est localisée en France ou ailleurs.

Pornhub, sans porno en France

Pornhub enfreint-il la loi avec un retour à son fonctionnement d’avant, quand cliquer sur « Entrer » suffisait à accéder à des contenus pornos ? Non, les contenus proposés ne semblent pas à caractère pornographique, et certains sont floutés. Contrairement à d’autres sites, ce n’est pas juste du flou (ou blur) ajouté par le navigateur, les images sont directement floutées (exemple ici).

Les contenus proposés sont plus ou moins sexualisés, mais aucun ne montre de parties intimes explicitement ou de rapports sexuels, alors que c’est monnaie courante (et même une marque de fabrique) sur la page d’accueil de Pornhub dans d’autres pays européens.

Si vous cliquez sur un contenu flouté, un des menus catégorie, pornstars… une demande de connexion apparait avant d’aller plus loin. Il n’est possible que de se connecter, pas de créer un compte. Pornhub indique en effet qu’il « n’accepte actuellement pas de nouvelles inscriptions dans votre région ».

La détection se fait sur l’adresse IP puisque passer en Suisse ou en Allemagne (par exemple) et recharger la page nous expose directement à des contenus pornographiques. Revenir en France et recharger de nouveau la page nous ramène à la version « française » de Pornhub.

Au fond, le tribunal administratif rejette les demandes d’Aylo

Comme le signale Alexandre Archambault sur X (avec les passages importants soulignés), Pornhub vient de se faire notifier un rejet par le tribunal administratif de Paris. Aylo demandait « d’annuler l’arrêté […] du 26 février 2025 » qui désignait 17 sites, dont Pornhub, Youporn et Redtube, comme devant mettre en place un système de vérification d’âge.

Pour rappel, dans certains cas, la mise en place ressemble à une vaste blague puisque quelques clics permettent parfois de contourner les protections, quand il ne suffit pas de présenter une fausse carte d’identité de Dora l’Exploratrice pour valider sa majorité.

Le Conseil d’État avait décidé en juillet d’annuler une décision qui suspendait l’obligation de vérification de l’âge entrée en vigueur quelques semaines auparavant ; la notion d’urgence n’était pas retenue. Restait donc la décision au fond du tribunal administratif de Paris, sans succès : « Les requêtes de la société Aylo Freesites Ltd sont rejetées ». Aylo peut exercer un recours contre cette décision s’il le souhaite.

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Vers des applications natives et un menu contextuel personnalisable pour Windows 11

I want to believe
Vers des applications natives et un menu contextuel personnalisable pour Windows 11

Depuis plusieurs mois, Microsoft travaille sur son projet « K2 » : une reconstruction de Windows 11 sur des bases plus saines. Entre autres améliorations sur la fiabilité et les performances, des confirmations tombent depuis la conférence Build. En ligne de mire cette fois, les applications natives et le menu contextuel.

Finalement, Microsoft était bien au courant des nombreuses critiques sur son système. De notre côté, nous les avons régulièrement épinglées, qu’il s’agisse des performances, des nombreux soucis de fiabilité (notamment au travers des mises à jour mensuelles), ou encore des incohérences d’interface. Sur ce point, Windows 11 est toujours coupé en deux, avec une couche de peinture fraiche sur les éléments déjà revisités par Windows 10, mais aussi de nombreux panneaux datant toujours de Windows 7, voire de XP.

Ces derniers temps, Microsoft annonce cependant des modifications importantes. On a ainsi pu voir le début d’un recul pour les fonctions liées à l’IA, la possibilité de repousser les mises à jour mensuelles autant de temps que l’on souhaite, une meilleure gestion des nouvelles versions de pilotes et firmwares distribuées par Windows Update, une accélération des performances sur les performances courantes, ou encore le retour du placement libre pour la barre des tâches.

Natif ! Natif ! Natif !

En mars, on a appris par l’intermédiaire du développeur Rudy Huyn qu’une équipe spécifique était constituée pour travailler sur de nouvelles applications et expériences pour Windows. Interrogé sur le type de technologie utilisée, il a confirmé qu’il s’agissait de code natif.

Un changement important, car l’un des problèmes de Microsoft actuellement est l’utilisation abondante de contenus web. Le nouvel Outlook est essentiellement une version web encapsulée par exemple, même chose pour Teams et l’application Copilot.

Le code natif signifie un code pensé pour être exécuté par le processeur via du langage machine. Le contenu web, lui, est interprété par un navigateur, Edge et son composant WebView 2 dans le cas présent. Les PWA (Progressive Web App) et autres applications Electron ont l’avantage de simplifier grandement le développement, puisque le même contenu web va s’exécuter partout ou presque de la même manière. Mais il est aussi plus lent, moins réactif et ne respecte que rarement les canons esthétiques de la plateforme utilisée.

Ce point a d’ailleurs fait l’objet de plusieurs sessions techniques pendant la Build. Par exemple, comme signalé par Windows Central, une session datée du 3 juin a montré comment utiliser des agents pour simplifier la création d’applications natives basées sur WinUI 3 (framework d’interface utilisateur), améliorer les applications existantes ou migrer d’anciennes versions vers des technologies « modernes ». Microsoft a d’ailleurs introduit un agent dédié pour GitHub Copilot et Claude Code.

WinUI contient tous les contrôles standard pour les applications Windows

Et cette fois, il n’est pas juste question de dire aux autres quoi faire. En mars déjà, Microsoft confirmait que WinUI allait être utilisé pour un plus grand nombre de composants dans Windows, y compris le menu Démarrer, actuellement conçu avec React Native (oui).

Et pour mieux marquer ce changement, WinUI 3 devient officiellement « WinUI », sans numéro de version, pour démontrer que seul ce framework sera utilisé désormais. Des améliorations vont être apportées à certains problèmes courants, notamment les zones noires qui peuvent apparaitre quand on redimensionne une fenêtre, comme mentionné hier par Windows Latest. Microsoft a même promis que WinUI était le seul framework sur lequel l’éditeur travaillerait désormais. On attend donc de voir les résultats.

Cap sur le menu contextuel

Le menu contextuel de Windows 11 a cristallisé bien des critiques dans Windows 11. Particulièrement peu réactif à l’ouverture, il est souvent pointé du doigt pour son manque de lisibilité et le regroupement d’un grand nombre de fonctions dans la catégorie « Afficher d’autres options », tout en bas. Une arborescence peu claire quand on cherche un élément précis, malgré l’ajout par Microsoft de pictogrammes pour mieux mettre en avant des actions courantes.

Le 4 juin, en réponse à un tweet critiquant une nouvelle fois ce menu, Marcus Ash (responsable design chez Microsoft) a répondu que Microsoft travaillait « à rendre les menus contextuels plus rapides, plus simples par défaut, configurables selon ce que vous utilisez le plus ». Rien n’a été dit sur l’usage éventuel de WinUI, mais des améliorations de performances et de personnalisation sur un élément aussi important seront de toute façon bienvenues.

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☕️ [Màj] La NASA demande aux astronautes de l’ISS de reprendre une activité normale



L’équipage d’astronautes de la mission Crew-12 (dont la Française Sophie Adenot) qui occupe actuellement la station spatiale internationale a reçu l’ordre par la NASA de se mettre à l’abri dans sa capsule habitable Crew Dragon et d’enfiler ses combinaisons, pour réagir le plus rapidement possible si une évacuation d’urgence était nécessaire.

ISS 80 mm forward nadir mosaic created with imagery from Expedition 66.

La NASA a expliqué à l’agence de presse Reuters que l’équipage russe est de son côté en train d’essayer de réparer une fuite d’air qui s’aggrave sur sa partie du laboratoire orbital.

L’agence américaine et Roscosmos, son homologue russe, discutent depuis plusieurs mois de la cause de petites fuites d’air à bord et de la façon de les résoudre. Elles étaient jusque-là mineures mais elles se seraient aggravées depuis lundi selon une source de l’agence de presse.

Peu de temps après, la responsable presse de la NASA, Bethany Stevens a ajouté sur X que Roscosmos avait suspendu « les travaux de réparation structurelle à l’intérieur du tunnel de transfert du module de service Zvezda […] le temps d’analyser de nouvelles mesures et données ». « Compte tenu de cette situation, la NASA a demandé aux membres d’équipage à bord du vaisseau spatial Dragon de mettre fin aux procédures de sécurité et de reprendre les opérations prévues à bord de la Station spatiale internationale », a-t-elle ajouté.

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Lunettes Meta : l’intégration de la reconnaissance faciale est discrètement en cours

Harcèlement de rue connecté
Lunettes Meta : l’intégration de la reconnaissance faciale est discrètement en cours

L’intégration de la fonction Name Tag est déjà en cours dans l’application Meta AI. Celle-ci doit permettre la reconnaissance faciale via les lunettes connectées de l’entreprise. La communication de l’entreprise vis-à-vis de la fonctionnalité intrusive reste ambivalente.

Meta a discrètement intégré du code dans son application Meta AI pour activer la reconnaissance faciale dans ses lunettes connectées, dont les modèles créés en collaboration avec Ray-Ban et Oakley.

En février, on apprenait que l’entreprise de Mark Zuckerberg réfléchissait à une fonctionnalité de ce genre baptisée « Name Tag ». Un mémo datant de janvier 2025 analysait de façon assez cynique que le lancement pourrait bénéficier « d’une période de contexte politique dynamique » dans laquelle les personnes critiques envers ce genre de fonctionnalités « auront concentré leurs ressources sur d’autres préoccupations ».

Du code déjà bien intégré dans l’app Meta AI

Mais Wired a pu découvrir que, depuis janvier dernier, plusieurs mises à jour de l’application Meta AI ont permis à l’entreprise d’y ajouter du code implémentant « Name Tag » petit à petit. Nos confrères affirment que des « composants essentiels du système » ont été intégrés dans l’application distribuée à des millions de personnes qui est nécessaire à l’utilisation des lunettes connectées de Meta.

Dès qu’elle sera activée, la fonction « Name Tag » pourra comparer tous les visages passant devant les lunettes à une base de données d’ « empreintes faciales » qui sera stockée sur le téléphone de l’utilisateur. La reconnaissance d’un visage entrainera des notifications à l’utilisateur tandis qu’un nouveau visage sera automatiquement indexé dans cette base dans un dossier « en attente ».

Le code du système « Name Tag » qu’a pu analyser Wired peut aussi récupérer des empreintes faciales depuis les serveurs de Meta et les stocker sur les appareils des utilisateurs afin d’alimenter cette base d’empreintes faciales.

Une empreinte biométrique représentée par une série de 2 048 nombres

Selon l’analyse du code, Meta a découpé la fonctionnalité « Name Tag » en trois : un modèle détecte les visages, une autre partie du code les recadre et enfin une troisième permet de les convertir en données biométriques. Les premières esquisses de l’interface graphique baptiseraient la fonction du nom « Connections » et proposeraient aux utilisateurs des lunettes Meta de « se souvenir des personnes qu’ils ont rencontrées ».

L’Electronic Frontier Foundation (EFF) confirme l’analyse de nos confrères. L’ONG ajoute que la fonctionnalité mise en place par Meta « enregistre les empreintes faciales sous la forme d’une série de 2 048 nombres représentant de manière unique la disposition des traits du visage d’une personne ». « Lorsque cette fonctionnalité est activée, elle convertit chaque nouveau visage capté par les lunettes de surveillance en une série de nombres, puis la compare à toutes les empreintes faciales existantes dans la base de données de l’utilisateur », explique-t-elle.

L’EFF déplore que « malgré les innombrables raisons de ne pas le faire, Meta semble avoir mis en place les moyens de transformer ses clients en une machine de surveillance décentralisée ». Elle ajoute que « c’est une raison de plus de bien réfléchir avant d’acheter ou d’utiliser les lunettes de surveillance de Meta ».

« En intégrant la technologie dans l’écosystème, on établit des normes et des standards », explique l’ancien responsable de l’encadrement des pratiques chez Meta Reality Labs, Joseph Jerome. « Je ne vois pas comment Meta pourrait déployer une technologie comme celle-ci de manière responsable », ajoute-t-il.

L’ambivalente communication de Meta

En avril dernier, plus de soixante-dix associations dédiées à la défense des libertés numériques ou à la lutte pour les droits des femmes et des minorités signaient une lettre ouverte contre l’intégration de la reconnaissance faciale dans les lunettes connectées de Meta à destination de Mark Zuckerberg. À l’époque, l’entreprise assurait :« Nos concurrents proposent ce type de produit de reconnaissance faciale, ce qui n’est pas notre cas. Si nous devions lancer une telle fonctionnalité, nous adopterions une approche très réfléchie avant de la déployer ».

Face aux révélations de nos confrères, Meta assure maintenant : « les faits sont simples : nous avons déjà indiqué que nous étudiions ce type de fonctionnalités, et ce que vous voyez n’est que la preuve de cette exploration ». L’entreprise ajoute : « rien n’a encore été mis à la disposition des utilisateurs et aucune décision définitive n’a été prise quant à la suite à donner, le cas échéant. Si nous décidons de déployer une telle fonctionnalité, nous adopterons une approche réfléchie et le ferons en toute transparence. Une chose est sûre : nous ne sommes pas en train de créer une base de données centrale de visages ».

Rappelons qu’en 2021, Meta avait annoncé l’abandon de la reconnaissance faciale. Elle expliquait à l’époque devoir « peser l’utilisation positive de la reconnaissance faciale par rapport aux préoccupations sociétales croissantes, d’autant plus que les régulateurs n’ont pas encore défini de règles claires ».

En France, la CNIL faisait encore part récemment de ses craintes sur l’utilisation des lunettes connectées et les risques majeurs qu’elles présentent pour la vie privée.

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Anthropic joue encore sur les peurs de l’IA toute-puissante pour se mettre en valeur

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Anthropic joue encore sur les peurs de l’IA toute-puissante pour se mettre en valeur

Alors qu’elle prépare une entrée en bourse, l’entreprise de Dario Amodei regonfle les discours catastrophistes sur l’IA générative pour sa communication juste après avoir gonflé ses muscles grâce à Mythos.

« Perte de contrôle », évocation du traité sur les armes nucléaires et proposition d’un moratoire sur le développement de l’IA générative, Anthropic y va fort dans sa communication. Celle-ci porte un discours ambivalent et survient alors que l’entreprise prépare une entrée en bourse.

Dans un texte publié sur son site web et signé notamment par Marina Favaro, responsable du pôle R&D, l’entreprise met en avant les avancées de ses outils de génération de code pour soutenir la peur d’une IA générative qui pourrait bientôt être autonome dans la gestion de son amélioration.

L’affichage du danger de l’ « auto-amélioration récursive »

L’entreprise appuie sa communication sur son utilisation de plus en plus importante du code généré par son propre outil pour l’améliorer. « En mai 2026, Claude est l’auteur de plus de 80 % du code que nous intégrons dans la base de code d’Anthropic », argumente ainsi l’entreprise, utilisant au passage l’anthropomorphisme pour attribuer à son outil le statut d’auteur. Elle oublie aussi que, même si Lawrence Lessig affirmait que « le code fait loi » et que son code est grandement généré par Claude, le choix de mettre telle ou telle fonction en place reste bien actuellement dans les mains de ses dirigeants.

Mais qu’importe, selon l’entreprise qui a récemment lancé son projet d’entrée en Bourse de façon officielle : cela pourrait amener d’ici peu, « si l’on pousse le raisonnement assez loin et si l’on dispose de ressources informatiques suffisantes », à l’auto-amélioration récursive de ce genre de système.

Un discours catastrophiste toujours présent

Et, tout en brossant deux autres scénarios possibles, l’entreprise met en avant celui où « les systèmes d’IA deviennent eux-mêmes capables de s’améliorer de manière entièrement récursive et commencent à créer leurs propres successeurs », quitte à retrouver les accents catastrophistes des myriades d’appels à stopper la course à l’IA qui existent depuis 2015. Pour l’éviter, elle évoque un moratoire sur la R&D de ce genre de système.

Ainsi, pour insister sur l’importance de sa proposition, Anthropic n’hésite pas à évoquer le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire signé par Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan en 1987. Elle dramatise encore plus en affirmant que « ces régimes ont mis des décennies à mettre en place à la fois les infrastructures et la confiance » et que « nous n’avons pas autant de temps devant nous ».

L’utilisation de cette rhétorique catastrophiste par les entreprises de la tech n’est pas nouvelle. Comme nous le relations au sujet de l’agitation des peurs sur les problèmes d’alignement, Emile Torres et Timnit Gebru expliquaient déjà en 2024 que les discours sur la sécurité de l’IA permettent aux entreprises d’attirer des ressources vers la construction de leurs systèmes et de détourner l’attention. Anthropic n’est pas en reste sur le sujet et s’affiche depuis longtemps comme l’entreprise qui parie sur la sécurité de l’IA comme « stratégie gagnante ».

« Dindons de la farce »

Le chercheur Irénée Régnauld souligne l’utilisation de cette rhétorique alors que l’entreprise prépare son entrée en bourse : « Anthropic agite le drapeau des risques avec la « Pause » comme horizon moral juste avant la plus vaste IPO du monde ». Et il ajoute : « les « Pausistes » vont-ils se rendre compte qu’ils sont les dindons de la farce ? ».

Il remarque au passage le paradoxe entre ce nouvel affichage de l’entreprise et son abandon en interne en février dernier d’un pan important de sa politique de sécurité. En effet, le Time expliquait que l’entreprise avait décidé de la revoir en profondeur, renonçant aux limites qui lui interdisaient catégoriquement d’entrainer des modèles au-delà d’un certain niveau si les mesures de sécurité appropriées n’étaient pas déjà en place.

Cette annonce intervient aussi alors qu’Anthropic a utilisé cette stratégie marketing de la peur pour promouvoir Mythos, son IA dédiée à la cybersécurité.

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Amazon shopping génère en temps réel par IA des images de produits qui… n’existent pas

Amazon PrAIme
Amazon shopping génère en temps réel par IA des images de produits qui… n’existent pas

L’application shopping d’Amazon propose à ses utilisateurs, non pas des images de produits existants correspondant aux mots-clefs recherchés, mais des images générées par IA, évoluant et s’affinant à chaque mot ajouté.

Amazon vient d’annoncer 8 nouvelles « fonctionnalités intuitives » de recherche visuelle dans son application mobile de shopping. Trois d’entre elles, censées « permettre d’effectuer des recherches de produits plus rapides et plus précises », et rendre l’utilisation de son application de shopping « plus ludique », reposent sur l’IA générative.

« La toute nouvelle fonctionnalité de recherche basée sur l’IA d’Amazon permet de faire le lien entre l’imagination et la découverte de produits directement dans la barre de recherche de l’application Amazon Shopping », souligne Mihir Bhanot, directeur d’Amazon Search :

« Notre toute nouvelle fonctionnalité de recherche génère des images par IA en temps réel à mesure que les clients décrivent ce qu’ils ont en tête dans la barre de recherche, donnant ainsi vie à leur vision au fur et à mesure qu’ils la saisissent, la visualisent et effectuent leurs achats. »

Une des utilisations les plus « ridiculement stupides » de l’IA à ce jour

C’est peu dire que la presse spécialisée ne semble guère emballée. TechCrunch évoque « ce qui pourrait être l’une des utilisations les plus discutables de l’IA à ce jour », 9to5google «l’une des plus absurdes », qui « n’a pas de sens ». Amazon «invente des produits générés par l’IA que l’on ne pourra pas acheter », ironise The Verge.

« C’est quand même un peu dingue qu’un commerçant invente de faux produits pour orienter les utilisateurs vers certains résultats de recherche », résume TechCrunch :

« Pour commencer, cela peut prêter à confusion : les clients qui ne lisent pas attentivement pourraient croire qu’ils sont redirigés vers une page où ils trouveront exactement cette robe, puis être déçus de constater qu’elle n’est pas disponible. Et puis, on peut se demander pourquoi inventer des images de produits alors que votre site regorge de photos réelles de produits réels — ce qui est sans doute ce que les acheteurs en ligne souhaitent réellement voir. »

« En plus d’être extrêmement gaspilleuse en termes d’utilisation des ressources de l’IA, l’idée de générer de fausses images de produits lors d’une recherche semble tout simplement ridiculement stupide », plussoie 9to5google :

« Les gens se rendent sur Amazon pour acheter de vrais produits physiques ; il est donc totalement absurde qu’une IA se serve de leur recherche pour créer des choses qui n’existent pas. »

Amazon précise que ses clients peuvent en profiter dès aujourd’hui lorsqu’ils recherchent des articles dans les catégories « Mode » et « Maison », mais que d’autres catégories seront progressivement ajoutées.

Des suggestions d’images évoluant et s’affinant à chaque mot ajouté

Ce recours à l’IA générative est d’autant plus absurde que ces images GenAI ne sont pas générées après que les mots-clefs recherchés ont été entrés dans le formulaire, à la manière d’un prompt, mais au fur et à mesure, conduisant à générer bien plus d’images qu’il n’en faut, à la volée, comme le souligne le communiqué d’Amazon lui-même, et le .gif associé :

« Désormais, lorsque les clients recherchent des produits en utilisant des termes descriptifs – tels que la couleur, la texture ou le motif –, des images générées par l’IA apparaissent instantanément dans les suggestions situées sous la barre de recherche, évoluant et s’affinant à chaque mot ajouté. »

Dit autrement : non content de ne pas correspondre à des produits existants, la quasi-totalité des images générées par IA ne serviront à rien… sauf à ce qu’Amazon les stocke quelque part et trouve un moyen de les réutiliser et rentabiliser.

L’entreprise vante elle-même le fait que ces images soient « générées par IA en temps réel », ce qui est d’autant plus absurde (et coûteux) qu’Amazon aurait tout aussi bien pu se contenter d’utiliser des images préalablement stockées dans une base de données et associées à tels ou tels mots-clefs, plutôt que générées à la volée, à chaque fois, la plupart du temps pour rien.

On peut aussi s’interroger quant à la pertinence d’utiliser des images générées par IA plutôt que des images de produits existants. À part pour lancer une « nouvelle fonctionnalité » surfant sur le buzzword « généré par IA ».

Pour rappel, des salariés d’Amazon en étaient récemment arrivés à brûler des tokens pour se faire bien voir, une pratique qualifiée de « tokenmaxxing », au point que l’entreprise vient de fermer le classement encensant ceux qui en dépensaient le plus.

The Verge relève cela dit que Google avait lui aussi lancé l’an passé une fonctionnalité similaire, qui génère des images de tenues et de décorations fictives pour aider ses utilisateurs à trouver des produits ressemblants.

En commentaire, un lecteur qualifie l’idée de « géniale parce que si les gens détestent suffisamment ça, ils commenceront à faire leurs achats dans des magasins physiques, sauvant ainsi nos centres commerciaux locaux ».

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Face à Edge, six éditeurs appellent Microsoft à changer les règles du jeu

Union sacrée
Face à Edge, six éditeurs appellent Microsoft à changer les règles du jeu

Réunis au sein de la Browser Choice Alliance, six éditeurs de navigateurs dont Chrome, Opera ou Vivaldi, appellent dans une lettre ouverte Microsoft à mettre fin aux pratiques visant à avantager son propre client, Edge, sur Windows.

« Assez, c’est assez », titrent les six navigateurs réunis au sein de la Browser Choice Alliance (Google Chrome, Opera, Vivaldi, Wavebox, Midori et Waterfox). Mercredi 3 juin, la coalition formée en 2024 a publié une nouvelle lettre ouverte adressée à Satya Nadella, CEO de Microsoft. Elle y réclame, une nouvelle fois, que l’éditeur de Windows mette un terme à toutes les pratiques qui lui permettent d’avantager Edge, son propre navigateur, au détriment des solutions concurrentes.

Liberté de choix

Les fondamentaux du discours sont inchangés pour qui suit l’actualité des navigateurs depuis l’ère Internet Explorer :

« Microsoft tire parti de sa position extrêmement puissante en tant que fournisseur du système d’exploitation omniprésent dans le monde du PC (…) pour inciter les utilisateurs à adopter son navigateur propriétaire, Edge, en recourant à des tactiques qui restreignent, déforment et subvertissent le choix de l’utilisateur. »

Bien que le combat dure depuis plus de vingt ans, Microsoft se rendrait toujours coupable des mêmes pratiques abusives. Les signataires listent ainsi les mesures techniques visant à prévenir la désinstallation d’Edge, l’apparition de messages alarmants lorsque l’utilisateur tente d’installer un autre navigateur ou l’utilisation du système de mise à jour Windows Update pour rétablir Edge comme navigateur par défaut.

Dans certaines configurations, Bing sur Edge affiche un bandeau de pub visant à dissuader l’utilisateur d’installer Vivaldi – capture d’écran BCA

Ils dénoncent également la façon dont Teams ou Outlook forcent l’ouverture de liens via Edge même si l’utilisateur a paramétré un autre navigateur par défaut, ou l’ancrage d’Edge sur des fonctionnalités telles que la recherche Windows ou les widgets du système.

Rappelons que, vue d’Europe, la situation n’est pas aussi problématique que ne le décrivent les signataires, vidéos et captures d’écran à l’appui. Microsoft a en effet intégré un certain nombre d’options spécifiques, notamment pour répondre aux exigences de la législation sur les marchés numériques (DMA).

Cette réponse partielle ne satisfait logiquement pas les membres de la coalition qui, face à des pratiques susceptibles de varier dans le temps ou selon les juridictions, appellent à une harmonisation par le haut.

Harmoniser les bonnes pratiques par le haut

Ils demandent ainsi à Microsoft de ne pas empêcher la préinstallation de navigateurs tiers auprès des fabricants de PC, de mettre un terme à tous les dark patterns visant à limiter l’installation d’alternatives à Edge, et de cesser toutes les pratiques favorisant implicitement son propre navigateur :

« Lorsque tous les développeurs de navigateurs – y compris Microsoft – rivalisent de mérite pour offrir aux utilisateurs le navigateur le meilleur et le plus adapté possible, tout le monde en profite : cela stimule l’innovation, améliore les performances et, au final, offre de meilleurs résultats aux millions de personnes qui utilisent quotidiennement un PC pour accéder au Web et aux services Web tels que les applications d’IA. »

La question de l’IA n’est pas anodine : pour les signataires, le segment de l’IA générative est susceptible d’entrainer un regain d’intérêt pour le PC et donc pour les logiciels associés. La question du libre choix de l’utilisateur final serait donc dans ce contexte particulièrement pressante.

Microsoft n’a pas réagi publiquement à cette lettre ouverte, mais sa position est globalement connue : l’éditeur affirme jouer selon les règles et assure ne pas chercher à entraver la concurrence. En attendant, lui aussi semble convaincu que l’IA va constituer un catalyseur pour le monde du PC. Outre Scout, son nouvel agent autonome inspiré d’OpenClaw ou la future plateforme Solara, Microsoft vient ainsi d’annoncer l’intégration prochaine de nouvelles fonctions d’IA dérivées de ses modèles de langage au sein d’Edge.

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☕️ QNAP : QuTS hero h6.0 passe en version finale, haute disponibilité et snapshots immuables



La haute disponibilité est arrivée début mai 2025 chez QNAP, en bêta avec QuTS hero h5.3. Le fabricant de NAS passe son système d’exploitation basé sur ZFS en version h6.0 et renforce la haute disponibilité. La bêta de cette mouture avait été mise en ligne fin 2025.

Désormais, QuTS hero h6.0 « étend la prise en charge à davantage de modèles, rendant ainsi presque toutes les applications QNAP NAS compatibles HA », à « l’exception des applications tierces et héritées ». QNAP annonce que plus de 90 % des services sont compatibles. Une page dédiée est disponible.

Cette version du système d’administration des NAS apporte aussi les snapshots immuables, la gestion des clé KMIP et un renforcement global de la sécurité. Nous les avions déjà détaillés dans une précédente actualité.

Pour les notes de version et les téléchargements, c’est par ici que ça se passe.

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L’Europe veut numériser son réseau électrique pour « gagner en indépendance »

Plus de Linky !
L’Europe veut numériser son réseau électrique pour « gagner en indépendance »

La feuille de route européenne sur la numérisation de l’énergie ne se limite pas à l’IA et aux réseaux intelligents. Bruxelles veut accélérer le déploiement des compteurs communicants, et prépare l’arrivée d’une nouvelle génération de centres de données gourmands en électricité. Une équation délicate.

Dans la myriade de propositions et de dispositifs contenus dans le paquet sur la souveraineté technologique européenne, on trouve évidemment le Chips Act 2.0, pierre angulaire du texte. Mais ce n’est évidemment pas tout. La feuille de route sur la numérisation et l’IA dans le secteur de l’énergie mérite un petit coup d’œil.

Bruxelles entend ainsi accélérer l’adoption des compteurs électriques intelligents à travers l’Union. Des boîtiers que les Français connaissent bien puisque le Linky en fait partie. Ces systèmes permettent aux consommateurs d’adapter leur consommation en fonction des besoins du réseau et des variations du prix de l’électricité, affirme la Commission.

Un peu plus d’intelligence dans les réseaux électriques

L’exécutif européen présentera d’ailleurs une proposition législative dès cette année pour amplifier le mouvement et le déploiement de ces compteurs. Elle contiendra un objectif de couverture minimale des boîtiers dans chaque État membre, ainsi qu’un suivi des progrès en la matière. « De nombreux États membres ont déjà atteint un taux d’équipement supérieur à 90 %, ce qui leur a permis de bénéficier de prix de l’énergie plus bas ainsi que du développement de produits et de services intelligents rendus possibles par ces compteurs », indique la FAQ de la feuille de route.

En France l’an dernier, il ne restait plus que 1,7 million de clients Enedis encore équipés de vieux modèles de compteurs. Ces équipements sont considérés comme des éléments indispensables des « réseaux électriques intelligents » qui offrent « la visibilité en temps réel, l’interopérabilité et les capacités de pilotage nécessaires pour accroître l’intégration des énergies renouvelables et optimiser le fonctionnement du système énergétique, notamment grâce à l’IA ».

Équipés de compteurs communicants et de contrats à tarification dynamique, les Européens vont donc pouvoir réduire leur facture d’électricité en déplaçant leur consommation « vers les heures où l’électricité est moins chère », indique Dan Jørgensen, le commissaire à l’Énergie. « Pour prendre un exemple concret, les ménages suédois qui utilisent un chauffage électrique peuvent déjà aujourd’hui économiser jusqu’à 40 % grâce à la flexibilité de la demande », illustre-t-il.

La feuille de route sur la numérisation contient également un volet important — c’est même le « premier pilier » du texte — sur l’intégration des centres de données au système énergétique européen. Ces infrastructures représentent déjà 2,5 % de l’énergie utilisée dans l’UE ; la Commission estime que leur capacité installée passera d’environ 12 GW en 2025 à 28 GW en 2030.

Des centres de données très gourmands

L’UE veut accueillir davantage de datacenters sur son territoire, un objectif très clair dans les annonces de l’édition 2026 de Choose France. C’est aussi l’objectif affiché par RTE dans son bilan annuel, qui appelle à accélérer sur l’électrification des usages (datacenters, mais aussi voitures électriques) pour mettre à l’équilibre production et consommation.

Bruxelles entend encadrer le raccordement de ces centres au réseau électrique et favoriser leur alimentation par une énergie aussi décarbonée que possible. Un audit européen des performances environnementales de ces infrastructures est dans les cartons de la feuille de route.

D’un côté, des boîtiers connectés pour contrôler la consommation chez soi. De l’autre, des centres de données qui dévorent l’énergie à grandes lampées. Il y a de quoi se demander si la Commission voudrait déshabiller Pierre pour habiller Paul : les foyers européens seront-ils mis à contribution pour réduire la pression sur les réseaux électriques afin que les datacenters en profitent ?

Dan Jørgensen rejette cette interprétation : « Je ne me suis probablement pas exprimé clairement, ou alors il y a eu un malentendu (…) ce que je voulais dire, c’est que les compteurs intelligents ne sont pas la solution à l’augmentation de la consommation d’énergie liée à l’IA. » La numérisation et l’IA vont « aider notre compétitivité, baisser les prix et nous aider à gagner en indépendance », affirme-t-il. Mais « l’enjeu, c’est que les centres de données consomment beaucoup d’énergie ».

Le Commissaire a peut-être en tête l’opposition massive des Américains à l’installation des infrastructures IA près de chez eux. Un rejet en grande partie dû à la crainte que les opérateurs des centres de données fassent exploser les prix de l’électricité.

La Commission a l’intention de mettre en place un dispositif pour faciliter les accords entre producteurs d’énergie, centres de données, consommateurs et autorités publiques pour « garantir un bon emplacement des centres de données, une intégration adéquate au réseau électrique et de meilleures synergies avec l’industrie ». Dan Jørgensen donne un exemple des bénéfices de l’installation d’un datacenter : la récupération de la chaleur produite sur ces sites.

« Malheureusement, cette pratique reste aujourd’hui encore relativement peu répandue », déplore-t-il, « mais dans certains endroits où elle est mise en œuvre, la chaleur excédentaire d’un centre de données permet déjà de chauffer des milliers de logements ». En valorisant la moitié de cette chaleur en trop, « nous pourrions chauffer quatre millions de foyers européens ». L’argument suffira-t-il à convaincre les Européens que la multiplication des centres de données profitera aussi aux territoires qui les accueillent ?

Sur le papier, l’idée est séduisante. En pratique, c’est bien plus compliqué puisque moins de 2 % de la chaleur fatale est réutilisée en Europe, selon la Commission.

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Meta revient (plus ou moins) sur son projet de surveillance de ses employés

IA patronale
Meta revient (plus ou moins) sur son projet de surveillance de ses employés

Devant les critiques internes, Meta allège un peu son projet de déploiement d’un outil de surveillance des salariés destiné à entraîner ses moteurs d’IA.

En avril, Meta avait informé ses employés que leurs moindres faits et gestes seraient surveillés par un nouvel outil nommé Model Capability Initiative (MCI). La machine devait enregistrer tous les mouvements de curseur de souris, les clics et les frappes de clavier, ainsi qu’enregistrer des captures d’écran de temps à autre.

Devant la fronde suscitée par l’annonce, l’entreprise aurait néanmoins un peu réduit la voilure de son projet, rapporte Reuters. Celui-ci n’est pas archivé pour autant : concrètement, Meta indique qu’elle permettra à celles et ceux qui le souhaitent de mettre le fonctionnement de MCI en pause « jusqu’à 30 minutes à la fois », voire de demander à être exemptés de la soumission au projet.

« Usine à extraction des données des employés »

La décision fait suite à plusieurs semaines de protestations au sein de la société de Mark Zuckerberg. Au moment de l’annonce du déploiement de MCI, Meta expliquait à la BBC que si elle s’employait à « construire des agents pour aider les gens à réaliser des tâches du quotidien sur leurs ordinateurs, nos modèles ont besoin d’exemples de la manière dont les gens les utilisent concrètement ».

L’argumentaire n’a absolument pas convaincu en interne. Alors que l’entreprise a récemment licencié 1 500 personnes, déplacé 7 000 autres, et annoncé une future réduction de 10 % de ses effectifs restants, de nombreux employés se sont organisés pour appeler à stopper le déploiement de l’outil.

Début mai, certains distribuaient des flyers dans les bureaux états-uniens, dans lesquels Meta était qualifié d’usine à extraire les données des employés (Employee Data Extraction Factory). Au Royaume-Uni, un autre groupe de travailleurs s’est rapproché du syndicat United Tech and Allied Workers (UTAW). Une pétition signée par plus de 1 500 personnes a par ailleurs été adressée à Mark Zuckerberg.

Recul relatif

Devant l’ampleur du mouvement, la direction a fait circuler un nouveau mémo ce 2 juin. Vice-président du Superintelligence Labs de Meta, Stephane Kasriel, qui en est l’auteur, se veut rassurant :

« Bien que nous restions confiants au sujet des mesures de protection de la vie privée mises en place lors du lancement, qui ont fait l’objet de plusieurs évaluations de risques, nous avons entendu vos inquiétudes relatives aux données personnelles présentes sur les appareils professionnels, à l’autonomie de la batterie, ainsi que votre souhait de disposer d’un plus grand contrôle sur le moment où la capture a lieu. »

Il a annoncé que « plusieurs optimisations » avaient été apportées à l’outil, dont l’une dédiée à réduire la pression sur la batterie des ordinateurs portables. Parmi les critiques, les employés soulignaient en effet que le recours à MCI faisait grimper leur usage d’internet lorsqu’ils travaillaient depuis chez eux.

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