Vue lecture

Elon Musk promet (encore) de rendre X open source, annonce plus politique qu’il n’y parait

En même temps, qu'est ce qui ne l'est pas ?
Elon Musk promet (encore) de rendre X open source, annonce plus politique qu’il n’y parait

Éclaboussé par un nouveau scandale lié à son assistant dédié au code, Grok Build, Elon Musk a promis mercredi 15 juillet qu’il publierait l’intégralité du code source de son réseau social X au terme d’un audit de sécurité. L’annonce intervient dans un contexte particulier en France, entre soutien indirect affiché par Musk à la candidature de Marine Le Pen et débat sur la notion d’ingérence intérieure soulevée par un rapport sénatorial consacré à la lutte contre les fausses informations.

Cette fois, juré craché, c’est la bonne. « Une fois notre analyse des vulnérabilités de sécurité terminée, nous rendrons l’intégralité du code source de X open source, sans exception », a déclaré Elon Musk sur son réseau social mercredi 15 juillet. Cet engagement fait suite à une découverte embarrassante, liée à la façon dont Grok Build, l’assistant IA développé par SpaceXAI (désormais maison-mère de Grok et de X) copiait sans prévenir des pans entier de projet sur des serveurs distants. L’entreprise en a minimisé la portée mais elle a reconnu un comportement problématique et assuré que l’on n’y reprendrait plus.

Des promesses non tenues ou exécutées de façon incomplète

C’est dans la foulée de cette première déclaration relative à Grok Build que Musk a poussé le bouchon un cran plus loin en promettant donc la libération complète du code de son réseau social. Et si l’on se permet un brin d’ironie, c’est que l’entrepreneur a formulé de nombreuses promesses de transparence accrue quant au fonctionnement de Twitter, devenu X, et toutes n’ont pas été tenues.

Avant même le rachat de Twitter en 2022, Elon Musk avait formulé la promesse de principe de rendre les algorithmes du réseau social open source pour « renforcer la confiance » dans le cadre de son discours sur la liberté d’expression. Au printemps 2023, il a renouvelé cette promesse, et mis en ligne un dépôt jugé incomplet et jamais actualisé par la suite. En parallèle, X a attendu deux ans après le rachat pour répondre à son obligation de publication d’un rapport de transparence sur les actions de modération tous les six mois, telle qu’exigée par le DSA.

La donne a un peu changé début 2026. Le 10 janvier dernier, Elon Musk a ainsi affirmé que l’ensemble de l’algorithme qui préside à l’affichage des messages sur X serait publié sous sept jours, puis actualisé toutes les quatre semaines. Le dépôt concerné a bien été mis en ligne le 20 janvier (avec trois jours de retard donc) mais le rythme d’actualisation est loin d’avoir été respecté, puisqu’il n’a été mis à jour que deux fois depuis, avec une dernière publication datée du 15 mai dernier.

Cette fois sera-t-elle la bonne ? La nouvelle promesse de Musk ne spécifie aucune date précise. Elle s’accompagne en revanche d’un engagement supplémentaire d’audit des systèmes de X pour contrôler que le code qui tourne en production est bien celui qui a été rendu public. « La confiance fondée sur une transparence totale est la seule chose à laquelle il faille croire », déclame l’entrepreneur.

Un engagement qui résonne dans le débat politique français

Au-delà du monde professionnel et de la communauté des développeurs qui utilisent Grok Build, cette volonté de transparence trouve un écho particulier dans le débat politique français, désormais tourné vers l’échéance électorale de 2027.

C’est à nouveau une déclaration publique de Musk qui a mis le feu aux poudres. Elle a été formulée tout juste six minutes avant le message annonçant la publication du code de X, et prend la forme d’un retweet.

À 13h49, Musk relaie un post émanant d’un compte commentant l’avance dans les sondages de Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, et l’accompagne du commentaire suivant : « Elle est le dernier espoir de la France ». 24 heures plus tard, le post affiche plus de 7 millions de vues.

Il a dans le même temps suscité une large couverture médiatique et de nombreuses réactions politiques. Moins d’une heure plus tard, le député de l’Essonne Antoine Léaument (LFI) a par exemple dénoncé « l’ingérence étrangère d’Elon Musk » dans l’élection présidentielle. « Les manipulations algorithmiques de l’élection font partie des risques pointés dans mon rapport parlementaire sur l’organisation des élections en France », s’est-il exclamé… sur X.

Sur X toujours, plusieurs comptes populaires prennent la défense d’Elon Musk et font valoir qu’il exprime un avis sur la situation du pays, et non une recommandation politique. Force est tout de même de constater que le premier ex-trillionnaire de l’histoire (SpaceX a perdu de sa superbe en bourse ces derniers jours) n’en est pas à son coup d’essai. Au printemps 2025, il avait déjà réagi à la condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics, en l’encourageant à se présenter en 2027.

Outre son soutien affiché à Donald Trump en 2024, Elon Musk encourage par ailleurs ouvertement, pour ne pas dire plus, les personnalités européennes de la droite populiste européenne, de Giorgia Meloni en Italie à l’AfD en Allemagne, en passant par Victor Orban en Hongrie. Plus récemment, Musk s’est illustré en reprenant les appels du militant d’extrême-droite Tommy Robinson et du parti nationaliste Restore Britain à manifester alors que Belfast était traversée par des émeutes.

Bien qu’il soit difficile de mesurer l’influence réelle de Musk au-delà du nombre d’affichages de ses posts sur X et des relais médiatiques, le Rassemblement national n’a pas manifesté d’enthousiasme excessif face à cette nouvelle manifestation de soutien. Interrogé sur France 2 jeudi matin, le vice-président du parti Sébastien Chenu a tenu à marquer une certaine distance. « On ne doit rien à Elon Musk, Elon Musk ne nous doit rien. Il fait ce qu’il veut », a-t-il déclaré, estimant que le milliardaire se contentait d’exprimer un avis qui ne formalisait aucun lien.

Controverse sur les risques d’ingérence intérieure

Le RN et Elon Musk risquent toutefois de se trouver des positions communes dans un autre débat français connexe : celui qui entoure le récent rapport sénatorial sur les zones grises de l’information, présenté le 9 juillet dernier. Dédié aux possibles évolutions de la régulation de l’information dans l’espace numérique, ce document de 155 pages dans sa version provisoire (PDF) formule 56 propositions.

La première suggère la création d’un observatoire indépendant de la désinformation, chargé notamment « d’inciter les plateformes à modifier leurs algorithmes ou à invisibiliser un utilisateur fautif en cas de menace grave pour la qualité de l’information à l’approche des élections ». Ce dispositif est présenté comme le pendant de Viginum (dédié à la lutte contre les menaces venues de l’étranger) pour « les manipulations de l’information d’origine interne » au pays.

« Plutôt qu’une agence d’État, il s’agirait d’un organisme ancré dans la société civile, par exemple un consortium de chercheurs indépendants, issus des sciences de l’information, de la science politique et de l’informatique, financé par des fonds publics attribués selon des critères transparents (via l’Agence nationale de la recherche (ANR) ou un mécanisme similaire), à l’abri de toute orientation donnée par le Gouvernement », décrivent les trois sénateurs (LR-PS-UC) en charge du rapport.

Ces précautions n’ont pas suffi à tarir un flot de critiques, incarné très directement par un communiqué de Marine Le Pen, lui aussi daté du 15 juillet. La présidente du RN y dénonce une « dérive sans précédent », qui conduirait selon elle à inventer un « délit d’opinion à la française » pour lutter contre une hypothétique « ingérence intérieure ».

L’ampleur prise par la polémique a conduit Agnès Evren, sénatrice LR de Paris et coautrice du rapport, à déclarer qu’aucune proposition de loi n’avait été déposée et qu’elle ne cosignerait ou ne voterait « jamais un texte qui viserait à restreindre la liberté d’opinion ou à instaurer une police de la pensée ». Elle souligne par ailleurs que le terme « ingérence intérieure », qui relève de l’oxymore et sur lequel se focalisent les critiques, ne figure pas dans le texte du rapport.

Elle rappelle enfin qu’une portion significative du rapport s’attache à la façon dont les grandes plateformes numériques pourraient servir d’instruments, volontaires ou non, à des tentatives de manipulation. Un point sur lequel l’éventuelle publication du code source de X ne changera pas totalement la donne, puisqu’il restera à Musk l’extraordinaire chambre d’écho de ses 240 millions de followers, de ses soutiens, et des reprises médiatiques qu’engendre la moindre de ses provocations.

  •  

☕️ OnePlus quitte l’Europe et les États-Unis



L’aventure européenne et américaine de OnePlus a pris fin. Après des mois de rumeurs, la marque cesse de lancer de nouveaux produits sur ces marchés, se contentant de la Chine. La maison mère Oppo assure néanmoins que les appareils OnePlus en circulation continueront de recevoir des mises à jour logicielles, et que les garanties seront honorées.

Le OnePlus 15.

Fin de partie pour OnePlus en Europe et aux États-Unis. Le constructeur chinois de smartphones a annoncé une forte réduction de voilure, qui était attendue depuis un moment. Les nouveautés de la marque ne seront plus commercialisées sur ces marchés, mais le support après-vente reste en place, ainsi que la livraison de mises à jour logicielles.

Le service client reste « ouvert et réactif », conformément aux obligations de garantie et d’assistance. Les smartphones compatibles recevront ColorOS 17, la surcouche Android développée par Oppo, le propriétaire de OnePlus. Oppo et OnePlus ont commencé à se rapprocher en 2021, avec la fusion d’OxygenOS (la surcouche OnePlus) avec ColorOS. Néanmoins, les deux entreprises continuaient de vivre l’une à côté de l’autre, avec une base de code commune.

Aucune raison n’a été donnée pour expliquer ce retrait des marchés occidentaux. Bloomberg rapporte néanmoins que l’activité smartphones d’Oppo fait face à de sérieuses difficultés financières aux États-Unis, en Europe et en Inde. Sans oublier les préoccupations géopolitiques outre Atlantique.

Dans le cadre de cette restructuration, OnePlus devrait se recentrer sur son marché domestique chinois tandis que Realme, autre marque du groupe, pourrait de son côté se focaliser sur les marchés nordiques (Suède, Finlande, Norvège, Danemark) où elle rencontre davantage de succès. 

OnePlus s’est lancée fin 2013. Emmené par Pete Lou, transfuge d’Oppo et Carl Pei – qui a depuis fondé Nothing –, le constructeur s’est rapidement bâti une belle réputation auprès des utilisateurs Android, avec des modèles au bon rapport qualité/prix. Le slogan de la marque, « Never Settle » (quelque chose comme « Toujours viser plus haut ») figure ironiquement dans l’annonce de la fin d’activité.

  •  

Un réseau social européen ? On est passé de Bluesky à Mu.social, et on vous explique

🐄
Un réseau social européen ? On est passé de Bluesky à Mu.social, et on vous explique

Depuis un peu plus d’un mois, un réseau social européen a fait son entrée sur le protocole AT, qui sert de colonne vertébrale à Bluesky. Next l’a testé et en a discuté avec l’un de ses architectes.

Le réseau social a 34 jours à l’heure de publier ces lignes. Il comptait 100 000 utilisateurs au bout de 26 jours d’existence. De mon côté, j’ai rejoint la troupe alors que la plateforme fêtait sa troisième semaine d’existence.

Dans l’idée d’européaniser un peu mes réseaux sociaux – et d’écrire une série d’articles qui débute avec celui-ci –, je suis allée un cran plus loin : j’ai déplacé toutes mes données sur Eurosky, la plateforme construite par la Modal Foundation. L’entité, qui gère aussi Mu, vise à fournir au public un compte unique lui permettant d’accéder à une foultitude d’applications reliées par une seule et même infrastructure : le protocole AT.

Si tous ces termes techniques vous collent des frissons d’angoisse, retenez pour le moment qu’un compte Eurosky vous permet d’accéder, depuis l’Europe et sans avoir à vous réinscrire 15 fois, à des services aussi divers que des applications de construction de site, des réseaux sociaux (type Mu), des services de code, de blog, de veille, etc. On vous en dira plus dans un prochain article. D’ici là, vous pouvez vous référer à tout cela en évoquant l’ATmosphere, à laquelle appartient aussi… Bluesky.

Mais revenons à nos mu-tons. Depuis quelques jours, j’observais une partie de la communauté Bluesky discuter de ce nouveau réseau social, Mu. Pourquoi changer encore de plateforme, alors que j’avais déjà dû fuir X, me créer un compte sur Bluesky, un autre sur Mastodon, bref, que je vis désormais dans une (relative) cacophonie de services ? « Il n’y a aucune obligation, répond à Next le vice-président de Modal, Robin Berjon. Vous aurez le même contenu et le même genre de réseau. En revanche, vous y gagnerez un ensemble de fonctionnalités supplémentaires », à commencer par le très inutile mais très satisfaisant petit chat qui court depuis deux semaines en bas de mon écran.

Là, il court partout. Mais quand il sera fatigué, il fera une sieste. / Mu, capture d’écran

L’interopérabilité en action

Surtout, le réseau est construit de telle sorte qu’il est possible de tester Mu sans abandonner son compte Bluesky. Vous voyez l’interopérabilité, ce terme barbare que professent certains défenseurs du numérique (comme la Quadrature du Net) depuis des années ? Très concrètement, c’est cela qu’elle permet : avoir un compte utilisateur quelque part, s’en servir pour accéder à une multitude de services construits par des gens différents. Ça permet aussi d’accéder au même contenu, produit par la même foule de personnes auxquelles, personnellement, je me suis abonnée depuis mon arrivée sur Bluesky, depuis l’interface de mon choix.

En l’occurrence, depuis un demi-mois, j’ai abandonné la plateforme grise et bleue de Bluesky pour adopter celle marron et rose (vous pouvez tout à fait modifier les couleurs dans les paramètres) de Mu. Avec un poticha en plus.

Si j’insiste sur le chat, c’est à la fois pour la blague et parce que ç’a fait l’effet d’un excellent coup marketing à l’échelle de la rédaction de Next. J’ai vu des gens en parler depuis Bluesky. Je me suis dit qu’il fallait que je teste. J’ai créé mon compte, j’ai été dans Paramètres / Companion (oui, de petits anglicismes subsistent) et voir ce petit être de pixel se promener sur mon écran m’a rendue excessivement heureuse. J’en ai parlé sur les réseaux (alors que j’aurais dû accorder toute mon attention à une réunion de rédaction, oups). Mes collègues l’ont vu : en moins de trois minutes, une bonne partie d’entre eux étaient en train de tester pour avoir, eux aussi, la satisfaction de voir un petit-chat-mignon sur leur écran.

Des vérificateurs de confiance par communauté

Plus sérieusement, cela dit, Mu propose quelques autres fonctionnalités différentes de celles de Bluesky. Ainsi de l’onglet « Actualités », accessible à gauche, sous la page d’accueil. « Pour le moment il est très basique, il ne prend en compte que quelques centres d’intérêt et une zone géographique, mais on travaille sur quelque chose de plus avancé, explique Robin Berjon. Quelque chose qui ressemble à un mélange entre les flux sociaux des journaux et le flux RSS d’un journal, en faisant apparaître les comptes des journalistes sur le côté, les commentaires des gens… »

Un peu plus développé, Mu recourt aussi à un système de vérificateur de confiance. Ici, pas de paiement ou de nombre d’abonnés à dépasser pour obtenir le coche des utilisateurs vérifiés. Au contraire, il faut plutôt compter sur les travaux de communautés spécifiques pour faire émerger une série de comptes vérifiés.

« L’idée, à terme, c’est d’avoir un Wikipedia de la vérification. » Sur Facebook ou Twitter, rappelle Robin Berjon, de premiers programmes de vérification ont émergé, sur lesquels les sociétés ont fait des efforts « dans un premier temps. Cela devait notamment servir à protéger contre les bots. Et puis ils se sont rendu compte que moins de bots, cela impliquait moins de vues, donc des statistiques publicitaires plus basses. » Sans parler du tournant très pécuniaire pris par X, sous l’impulsion d’Elon Musk. En déléguant à des communautés nationales, d’intérêts, de spécialités, le but est « d’empêcher que la vérification ne reste aux mains d’une seule société, qui puisse changer d’avis ».


Cliquer sur le coche de vérification d’un compte permet d’afficher les entités qui l’ont vérifié. / Mu, capture d’écran

Et de souligner que Medsky, une communauté dédiée à la santé, est par exemple très active dans la validation de « comptes crédibles de la communauté médicale ». En l’état, le système est « encore un peu trop centralisé », note cela dit Robin Berjon : rien n’empêche le compte La France sur Bluesky/Eurosky, qui a vérifié mon propre compte, de changer de politique du jour au lendemain, donc de minimiser la crédibilité de sa vérification. « Des communautés comme ATProto Belgique essaient de déporter cela, en créant des processus documentés, en fournissant une traçabilité de l’information qui permet à l’utilisateur de vérifier comment les décisions sont prises. » Une logique aussi ouverte, encore une fois, que celle qui anime Wikipedia.

Parmi les nouvelles fonctionnalités à venir, Robin Berjon cite la possibilité d’intégrer « des mini-applications, des mini-fonctionnalités, des petits jeux » directement dans Mu. Ou encore un chantier relatif à la vérification de l’âge. « On peut être partagés, considérer que ce type de décision politique n’est pas dingue. Mais comme ça semble arriver, autant le faire le moins mal possible. » En d’autres termes, les équipes de la Fondation Modal devraient réfléchir à un système aussi « respectueux de la vie privée et peu intrusif » que possible. De ces gros chantiers aux petits outils comme le chiffrage automatique du nombre de messages dans un thread, la plateforme promet sur son site web « des nouvelles choses toutes les semaines ».

Un réseau social (très) jeune

Au bout de quelques semaines d’usage, quelles critiques pourrais-je faire à cette version européenne de Bluesky ? Comme j’ai été jusqu’au bout de la démarche, c’est-à-dire que je ne me suis pas contentée de recourir à mon compte utilisateur Bluesky pour tester Mu, mais que j’ai déplacé mes données chez Eurosky, je tombe quelquefois sur un message d’erreur lorsqu’un collègue m’envoie un lien vers un message Bluesky.

À moi de déduire des éléments que j’y lis (je pars généralement du nom du profil) pour aller rechercher le message depuis mon compte Mu. Ce genre de désagrément « est voué à se résorber » au gré des travaux sur Mu, indique Robin Berjon. Ce matin, j’ai aussi vécu l’étrange expérience de voir ma photo de profil remplacée par la sienne – j’avais visiblement traîné un peu trop longtemps sur son profil le temps d’écrire cet article. Bref, Mu est jeune, et encore un peu brouillon par endroits.

J’ai changé / Mu, Capture d’écran

Mais ces petits désagréments n’empêcheront probablement pas les geeks de tous poils d’observer avec bienveillance l’évolution rapide de la plateforme. Y compris sur la question des petits chats. Puisqu’évidemment, il a fallu que des amateurs de chiens (ces gros jaloux) s’en mêlent. Depuis quelques jours, la palette des animaux compagnons s’est donc élargie. Jugez-en par vous-même :

Paramétrage de l’animal compagnon sur Mu / Capture d’écran

Pour suivre les tests et déploiements de nouvelles fonctionnalités, rendez-vous sur le profil des développeurs principaux, Sherif Elsayed-Ali et Sebastian Vogelsang, et sur le compte officiel de Mu. Pour faire vos propres retours, c’est par là.

Si vous préférez les paillettes, Mu a déjà un concurrent très très très Y2K (années 2000, pour nos vénérables lecteurs qui seraient perdus) : twinkl social. Je vous laisse sur une capture d’écran, mais je vous en parlerai un peu plus dans un prochain article.

Des paillettes et du glitter, svp / Capture d’écran du fil principal sur Twinkl.social

Mise à jour 16.07 18h30 : ajout du parcours pour activer l’animal compagnon.

  •  

Bruxelles impose à Google d’ouvrir Android aux assistants IA et ses données de recherche

Opération portes ouvertes
Bruxelles impose à Google d’ouvrir Android aux assistants IA et ses données de recherche

Bruxelles fixe les nouvelles règles que devra respecter Google en vertu du règlement sur les marchés numériques (DMA). Au menu : d’importants changements pour ouvrir Android aux assistants IA et aux moteurs de recherche rivaux.

La Commission européenne vient de préciser comment Google doit appliquer deux obligations inscrites dans le DMA (l’entreprise étant un contrôleur d’accès). Ce n’est pas une sanction ni une nouvelle enquête pour infraction, mais de nouvelles règles à suivre, suite à une enquête lancée en janvier.

« Nous voulons soutenir l’innovation et la diversité dans l’Union européenne, en permettant une concurrence équitable sur les marchés des assistants d’IA destinés aux appareils Android et des moteurs de recherche », explique Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission en charge de la Souveraineté technologique. « Nous espérons voir émerger des solutions alternatives à Google Search et aux services d’IA de Google, comme Gemini, et offrir aux utilisateurs européens un plus grand choix de services. »

Des données Google pour les moteurs de recherche

À compter de janvier prochain, Google va devoir partager davantage de données de recherche avec les moteurs rivaux. La Commission exige en effet que les données produites par la recherche de Google (les requêtes, les clics et autres signaux) soient accessibles à la concurrence, qui a besoin de ces informations pour entraîner et optimiser leurs propres services.

Au vu du poids énorme de Google sur le marché de la recherche en ligne (90 % en Europe), c’est le seul acteur capable de recueillir autant de données à une si grande échelle. L’entreprise américaine devra donc mettre à disposition ce trésor d’informations aux moteurs de recherche classiques, ainsi qu’aux chatbots et autres agents IA qui intègrent une fonction de recherche en ligne.

Google aura la possibilité de refuser un demandeur s’il représente un risque grave pour la sécurité des données personnelles. Des données qui seront anonymisées à plusieurs niveaux. Bruxelles trace une autre ligne rouge : pas question d’exploiter ces données pour entraîner des modèles d’IA ou améliorer des services n’entretenant aucun lien avec la recherche en ligne (comme le profilage des internautes ou la publicité ciblée).

Il ne s’agit pas non plus de créer un clone de Google, en reproduisant ses résultats de recherche. Tout cela ne sera cependant pas gratuit : Google pourra facturer cet accès, en fonction d’une formule « équitable ».

Cet accès aux données de Google devrait améliorer la qualité des services des moteurs de recherche (on songe à Qwant ou Ecosia), par exemple dans la compréhension des requêtes, avec des propositions de saisie semi-automatique performantes ou des requêtes associées. Les systèmes de classement devraient aussi bénéficier des données du leader du secteur. La Commission espère aussi une amélioration de l’indexation : « Le jeu de données [de Google] peut aider ses bénéficiaires à déterminer quels sites doivent être indexés en priorité. »

La Commission espère ainsi favoriser l’émergence d’une offre diversifiée. « Les utilisateurs pourront ainsi privilégier les services correspondant à leurs préférences, qu’ils mettent l’accent sur la protection de la vie privée, la durabilité, des causes sociales ou qu’ils associent recherche et intelligence artificielle », précise l’exécutif.

La question de l’anonymisation des données a alimenté les débats entre Google et Bruxelles. Les mesures techniques ont été développées avec des experts en interne et externe, et suivent les bonnes pratiques de l’anonymisation. Plusieurs rounds de tests ont été réalisés avec Google. En avril, durant une de ces réunions, un chercheur de l’entreprise avait montré qu’il était possible d’identifier des utilisateurs à partir de données anonymisées, en quelques heures, comme le rapportait Politico.

Plusieurs recherches à la suite peuvent révéler une maladie, une adresse, un emploi, un déplacement ou d’autres éléments personnels, même lorsque le nom et l’adresse IP ont été supprimés. Une fois ces données transmises à des tiers, Google ne peut plus contrôler l’usage qui en sera fait, ni les fuites éventuelles. Un argument battu en brèche par des concurrents qui parlent d’instrumentalisation d’un risque pour limiter ou retarder la mise en œuvre d’une obligation qui menace l’avantage concurrentiel de Google.

Par ailleurs, ces données ne seront pas en accès libre : il faudra montrer patte blanche. Seuls les moteurs de recherche et les chatbots intégrant une telle fonction et jugés fiables pourront l’obtenir. Comme on l’a dit, Google pourra écarter les entreprises considérées comme risquées au regard du droit européen (entités sanctionnées ou contrôlées par certains pays tiers ou ne disposant pas de garanties suffisantes pour traiter des données sensibles) ; les demandeurs devront également respecter les règles du RGPD sur les transferts internationaux de données.

Les assistants IA traités comme Gemini

Deuxième gros chantier pour Google : l’ouverture plus large d’Android aux assistants IA. Actuellement, Gemini a un accès privilégié aux fonctions bas niveau du système d’exploitation. Les possibilités sont plus limitées pour les concurrents. Google devra leur ouvrir la porte.

Bruxelles compte 11 fonctions Android, dont l’accès permettra aux utilisateurs d’activer par la voix l’assistant de leur choix (à la manière de « Hey Google »). Les rivaux de Gemini seront en mesure d’effectuer plusieurs actions à la chaîne, par exemple rédiger et envoyer un courriel avec l’app de messagerie de leur choix ; d’automatiser certaines tâches comme la commande d’un repas (ouvrir l’app de livraison, sélectionner le menu désiré, renseigner les informations de livraison) ; de recevoir automatiquement des suggestions utiles ou des informations pertinentes dans les applications, sans que l’utilisateur ait besoin de les demander.

Image : Commission européenne

La plupart de ces fonctions devront être disponibles avec la prochaine révision majeure d’Android (Android 18), ou au plus tard le 1ᵉʳ août 2027. Seule exception : l’invocation par la voix devra être implémentée dans Android 19, ou le 1ᵉʳ août 2028 au plus tard. La Commission avait envoyé ses conclusions préliminaires fin avril.

« Les décisions prises aujourd’hui risquent d’affaiblir des garde-fous essentiels en matière de confidentialité et de sécurité pour des millions d’Européens », affirme Kent Walker, directeur juridique de Google. Il déplore que la Commission n’ait pas pris en compte les « nombreux éléments montrant les préjudices potentiels pour les utilisateurs ».

La décision concernant l’ouverture des assistants IA « menace la sécurité des appareils en accordant à des applications externes des autorisations sensibles et étendues, sans ces garde-fous », indique-t-il encore, alors que « les assistants d’IA peuvent déjà accéder de manière sécurisée aux fonctionnalités d’Android, les fabricants de smartphones jouant un rôle essentiel dans leur évaluation ».

  •  

☕️ Thinking Machines publie Inkling, un modèle généraliste à poids ouverts



Thinking Machines sort du bois. Dix-huit mois après sa levée de fonds record de 2 milliards de dollars, soutenue par la notoriété de son équipe fondatrice et notamment de sa dirigeante Mira Murati, ex CTO d’OpenAI, le laboratoire a annoncé mercredi 15 juillet son premier modèle à poids ouvert.

Baptisé Inkling, il ne prétend pas révolutionner les performances de l’IA générative, mais constitue selon l’entreprise une base solide, avec un compromis satisfaisant entre latence, coûts de fonctionnement, et qualité des résultats en sortie.

Inkling prend la forme d’un modèle de type Mixture-of-Experts (MoE) doté d’un total de 975 milliards de paramètres, dont 41 milliards actifs à chaque requête. Il gère une fenêtre de contexte pouvant atteindre 1 million de tokens, et son entraînement a été réalisé sur un volume de 45 000 milliards de tokens composés de texte, d’images, d’audio et de vidéo.

« Inkling n’est pas le modèle le plus performant actuellement disponible, qu’il soit ouvert ou fermé. En revanche, sa combinaison de qualités en fait une excellente base pour la personnalisation : capacités multimodales, conception efficace et disponibilité sur Tinker pour un réglage précis », écrit le laboratoire.

Inkling se veut un bon modèle généraliste, performant sur le chat, l’audio et la vision, mais en retrait sur les missions agentiques – capture d’écran

Tinker fait référence au premier produit présenté par Thinking Machines en octobre dernier et lancé en accès anticipé début 2026: il s’agit pour mémoire d’un service dédié au fine tuning ou à la personnalisation de modèles d’IA. Destiné notamment aux chercheurs, le service permet de contrôler les jeux de données et la boucle d’entraînement associée, sans avoir à se soucier de l’infrastructure qui sous-tend la démarche. 

Thinking Machines propose déjà une première déclinaison de son modèle, une version Inkling-Small à 12 milliards de paramètres actifs, entraînée selon la même recette que la version complète.

L’entreprise indique par ailleurs qu’Inkling nourrira les travaux déjà engagés autour d’une autre annonce récente : TLM-Interaction-Small, un modèle à très faible latence dédié, entre autres, aux interactions vocales. 

Inkling est dès à présent proposé à l’essai via Tinker, avec des fenêtres de 64 000 et 256 000 tokens. La tarification débute à 1,87 dollar le million de tokens en entrée (prefill) et 4,68 dollars en sortie, avec une promotion agressive sur la période de lancement. 

  •  

☕️ Pegasus : de nouveaux détails sur l’utilisation du logiciel par le Maroc contre la France


Pegasus : de nouveaux détails sur l’utilisation du logiciel par le Maroc contre la France

Des traces de compromission par Pegasus liées au Maroc ont été retrouvées sur les smartphones d’anciens ministres français en exercice entre 2019 et 2021.

En 2023, le juge d’instruction chargé du dossier Pegasus au sein du tribunal judiciaire de Paris avait classé sept ministres parmi 23 « victimes » de Pegasus au même rang que les journalistes de Mediapart Edwy Plenel et Lénaïg Bredoux.

La plateforme journalistique Forbidden Stories, qui avait révélé le scandale Pegasus, explique que des traces de compromissions du logiciel espion ont été retrouvées dans les smartphones des sept ministres : par exemple, dans l’iPhone XS de Sébastien Lecornu lorsqu’il était ministre des Collectivités territoriales, comme dans l’iPhone 12 de Florence Parly alors qu’elle était ministre des Armées.

Certaines de ces traces (des adresses emails utilisées en identifiant) correspondent aussi à celles laissées par l’utilisation du logiciel lorsque le Maroc a compromis le téléphone pour surveiller le journaliste Omar Radi, selon des éléments d’Amnesty Security Lab qui a élaboré une méthode de détection, ajoute Forbidden Stories.

Un courrier daté d’avril 2022 de la DGSE, qu’ont pu consulter nos confrères, confirme que le service a été « en mesure de rattacher certaines intrusions à l’activité de services de renseignement de pays clients de Pegasus et estim[e] qu’elles participent à des opérations d’espionnage portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ».

En parallèle de cet espionnage de la France par le Maroc, les services français se montraient eux aussi intéressés pour l’utiliser : le ministère de la Justice, la DGSI et la direction du renseignement militaire (DRM) ont été considérés comme des clients potentiels en 2020. Un témoignage affirme que NSO proposait un tarif avoisinant 60/80 millions d’euros à la France pour ses services.

Forbidden Stories revient aussi sur l’utilisation de Pegasus pour cibler l’entourage de l’ex-président du Gabon Ali Bongo ainsi que sur les détails de l’acquisition de Pegasus par le Maroc.

  •  

Linus Torvalds s’agace une nouvelle fois sur l’IA, cette fois pour la défendre

Miroirs et religion
Linus Torvalds s’agace une nouvelle fois sur l’IA, cette fois pour la défendre

Linus Torvalds s’est encore une fois agacé des débats autour de l’IA. Si le père de Linux avait pesté contre les nombreux rapports d’erreurs générés par les LLM et peu efficaces, il l’affirme cette fois bien haut : Linux n’est pas anti-IA, et ces outils sont là pour rester.

Le litige concerne cette fois Sashiko, un bot d’IA générative chargé de relire (review) les patches soumis au noyau Linux. La question technique est simple : faut-il envoyer directement aux développeurs les commentaires générés par Sashiko, ou les faire filtrer par un mainteneur humain avant transmission ?

Laurent Pinchart, contributeur de longue date au kernel, s’oppose à l’envoi direct des reviews de Sashiko aux auteurs de code. Il s’appuie sur les recommandations publiées le 18 juin 2026 par la Software Freedom Conservancy (SFC) concernant les outils basés sur des LLM, qui préconisent de respecter le choix des développeurs refusant l’IA.

Roman Gushchin, un autre contributeur, rétorque pour sa part qu’il serait contre-productif de faire vérifier et retransmettre manuellement chaque review IA par un humain, l’intérêt de l’IA étant justement de faire gagner du temps aux mainteneurs. En outre, il indique que la position très restrictive de la SFC n’est pas partagée par le projet Linux.

Ce que fait Sashiko

Sashiko a été développé par Roman Gushchin, ingénieur senior chez Google, et annoncé publiquement le 17 mars 2026 sur la liste de diffusion du noyau. Dans son message d’annonce, Gushchin précise que le service tourne sur le modèle Gemini 3.1 Pro, et remercie Google pour la mise à disposition de la puissance de calcul et de l’infrastructure ayant permis le projet (lkml.iu.edu). Le code de Sashiko, écrit en Rust, permet en théorie de configurer d’autres fournisseurs de LLM comme Claude et GitHub Copilot CLI, mais c’est bien avec Gemini que le programme a été le plus testé, comme le relevait alors The Register.

Sashiko est un service centralisé, financé par Google, qui surveille automatiquement la mailing-list du noyau (et d’autres, comme celle de Rust-for-Linux) et poste ses reviews de manière automatisée. Selon les mesures de Gushchin lui-même, Sashiko détecte environ 53 % des bugs corrigés a posteriori sur un échantillon non filtré de 1 000 commits récents. Il s’agit cependant des mesures de l’ingénieur, elles ne sont pas soutenues par des mesures indépendantes.

Torvalds s’agace une nouvelle fois

Face aux débats autour de l’IA, largement alimentés par la crainte d’un slop à profusion, Linus Torvalds est finalement intervenu.

Comme souligné par Phoronix, Torvalds a indiqué que la position générale autour du noyau Linux est que l’IA est utile, quand elle est utilisée correctement. Pas question selon lui de rejeter en bloc les rapports d’erreurs générés. Il se dit prêt à peser de tout son poids de mainteneur principal du noyau si nécessaire.

On retrouve rapidement le franc-parler du développeur. Il affirme ainsi que « Linux n’est pas l’un de ces projets anti-IA » et que toute personne n’étant pas satisfaite de cette position peut faire ce que l’on fait toujours dans l’open source : forker. Pour faire bonne mesure, il ajoute que les personnes pointant les défauts de l’IA feraient bien de se « regarder dans un miroir », l’intelligence humaine n’étant pas non plus exempte d’erreurs.

L’open source n’est pas une religion

« L’IA est un outil, comme les autres outils que nous utilisons. Et c’est clairement utile. Ce n’était peut-être pas aussi « clair » il y a seulement un an, mais ce n’est plus remis en question aujourd’hui. Oui, cela peut aussi être un outil un peu pénible […], mais la solution n’est pas de baisser la tête dans le sable et de chanter « la la la, je ne t’entends pas » à pleins poumons comme certains semblent le faire », assène Torvalds.

Il est également d’avis que « l’aspect social du travail open source est important et est souvent une partie motivante du projet », mais que « c’est un avantage secondaire, pas le but du projet ». Avant d’ajouter, au sujet de Linux : « Ce n’est *PAS* un projet de « guerrier social », ça n’a jamais existé, et ça ne le sera jamais. Dans la communauté du noyau, nous faisons de l’open source parce que cela permet une meilleure technologie, pas pour des raisons religieuses ».

  •  

☕️ OpenAI lance un mini clavier dédié à Codex, entre autres produits dérivés



Les groupies d’OpenAI vont désormais pouvoir s’afficher publiquement. L’entreprise a ouvert mercredi 15 juillet sa boutique de produits dérivés. Son catalogue compte actuellement une douzaine de produits : tee-shirts, chaussettes, casquette, veste, gourde ou ballon de basket à l’effigie de l’entreprise, de son modèle ChatGPT ou de Codex, son assistant dédié aux développeurs.

Comptez 40 dollars, hors frais de livraison, pour une casquette ou un tee-shirt, 100 dollars pour un sweat à capuche et 45 dollars pour un sac cabas estampillé Building Things. 

OpenAI a ouvert sa boutique de produits dérivés – capture d’écran

Outre ces produits dérivés somme toute assez classiques, OpenAI lance également un accessoire plus original, le Codex Creator Micro. Ce dernier prend la forme d’un mini-clavier doté de treize switchs mécaniques low profile, d’une molette et d’un petit joystick. Livré avec 32 keycaps personnalisées, le clavier se destine tout particulièrement aux développeurs qui utilisent Codex pour automatiser l’exécution de tâches complexes. 

Les deux rangées supérieures disposent ainsi d’un rétroéclairage RGB dont la couleur est censée représenter le statut d’un agent en cours de fonctionnement, et se répercute sur le pourtour du clavier. Bleu, la tâche est en cours d’exécution. Vert, un message attend l’utilisateur. Le rouge signale une erreur, etc. 

Codex Creator Micro – crédit OpenAI

Les autres touches sont quant à elles paramétrables pour des actions courantes. Accepter, refuser, appuyer pour parler, démarrer une nouvelle discussion et autres fonctions. Moins de frictions. Plus de livraisons, décrit l’entreprise. La molette sert quant à elle à ajuster le niveau de réflexion du modèle en temps réel (et donc la consommation de tokens associée). 

Pour ce clavier inspiré des Stream Decks et consorts que connaissent bien les amateurs de diffusion en direct ou de vidéo, OpenAI n’est pas partie d’une feuille blanche. L’entreprise s’est associée à un acteur spécialisé, Work Louder, qui conçoit et commercialise des claviers mécaniques low profile au succès mitigé.

Affiché à 230 dollars, le Codex Creator Micro s’est rapidement retrouvé en rupture de stock, sans que l’on sache les volumes disponibles pour le lancement. L’entreprise, qui vient de lancer les trois déclinaisons Sol, Terra et Luna de ChatGPT 5.6, a récemment indiqué avoir franchi la barre des 9 millions d’utilisateurs de Codex dans le monde.

  •  

☕️ Des ordinateurs Dell surchauffent depuis le dernier Patch Tuesday



Le dernier Patch Tuesday a été publié le 14 juillet. Il s’agit pour rappel d’un record absolu pour Microsoft, avec pas moins de 570 failles corrigées, soit presque le triple du précédent record établi en juin.

La mise à jour mensuelle est proposée sous l’appellation KB5101650. Elle est cependant synonyme de problèmes pour certaines machines Dell, avec des instabilités matérielles majeures. Sur les modèles concernés, le processeur s’échauffe nettement plus et la batterie fond comme neige au soleil.

Contrairement à ce que l’on peut lire dans une partie de la presse toutefois, ce n’est pas une surprise. Le problème vient d’un pilote Intel nommé Innovation Platform Framework Processor Participant, ou Intel IPF. Il gère l’allocation thermique, les limites d’alimentation (Power Limits PL1/PL2) et les politiques de refroidissement passif/actif au niveau du processeur.

Ce pilote entre en conflit avec une nouvelle interface système pour le gestionnaire de connexions USB-C, intégrée dans la mise à jour KB5101650. Or, cette dernière est d’abord sortie en juin sous forme de mise à jour optionnelle. Le problème avec le pilote Intel IPF sur les machines Dell est apparu à ce moment. Lors du Patch Tuesday, Microsoft a assorti la diffusion d’un mécanisme de blocage pour empêcher l’installation sur les machines concernées.

Reste le cas des ordinateurs déjà touchés en juin, pour les utilisateurs ayant choisi d’installer la mise à jour optionnelle. Sur ces configurations, l’absence du pilote entraine celle de la gestion fine des états d’alimentation pour le processeur.

Il n’y a pour l’instant que deux solutions possibles, complémentaires ou non : désinstaller la mise à jour KB5101650 et/ou surveiller l’arrivée d’un nouveau pilote proposé par Dell, via les canaux habituels comme SupportAssist et Dell Command. Dell et Intel sont au courant de la situation et travaillent avec Microsoft pour résoudre le problème.

Il semble que seul Dell soit affecté, le constructeur ayant spécifiquement modifié le pilote pour l’interfacer avec ses propres firmwares (BIOS/UEFI). Pour l’instant, aucun autre cas n’a été signalé chez la concurrence.

  •  

☕️ Suno a aspiré des millions de chansons pour entraîner son IA



Suno, la start-up spécialisée dans la génération de musique par IA, ne fait plus mystère de la provenance de ses données d’entraînement : elle a moissonné « pratiquement tous les fichiers musicaux de qualité raisonnable accessibles sur l’internet ouvert ». L’entreprise l’avait admis en 2024, à l’occasion d’une procédure en justice menée aux États-Unis par l’industrie du disque. On ignorait en revanche l’ampleur de cet « emprunt ».

Illustration : Flock

Un hacker a partagé avec 404media des données internes de Suno qui détaillent la manière dont l’entreprise a constitué ses bases de données. Elle a en fait mangé à tous les râteliers : YouTube Music, Deezer, Genius, Pond5, Jamendo, Freesound ou encore IMSLP. Les volumes sont considérables : il y a par exemple plus de deux millions d’extraits provenant de YouTube Music, ou encore des dizaines de milliers d’heures issues du catalogue de Deezer.

Le code subtilisé par le pirate montre aussi que Suno cherchait spécifiquement des versions a cappella sur YouTube, probablement pour mieux isoler et analyser les voix. Pour mener ses opérations à grande échelle, la start-up aurait fait appel aux infrastructures de Bright Data, spécialiste de la collecte automatisée de données.

Les documents et données présentés par le hacker semblent confirmer les accusations des maisons de disques selon lesquelles Suno aurait pillé absolument tout ce qu’il était possible de voler, sans s’occuper de la légalité du procédé. Le puissant lobby musical américain RIAA soutenait ainsi que Suno avait procédé à de l’extraction directe de fichiers audio depuis YouTube, en contournant les mécanismes anti-copie de la plateforme.

« Comme nous l’avons indiqué dans des documents publics, les modèles d’IA de Suno ont été entraînés à partir de fichiers musicaux accessibles au public et de métadonnées associées, disponibles sur des sites tiers sur l’internet ouvert », a expliqué un porte-parole à 404media. Son moissonnage du « web ouvert » s’arrête aux paywalls et aux protections par mot de passe, assurait aussi l’entreprise durant une procédure judiciaire.

Elle reprend aussi la défense classique des labos IA qui affirment que l’entraînement de leurs modèles relève du « fair use », l’exception américaine au droit d’auteur. Ce piratage pourrait en tout cas renforcer les arguments des ayants droit, en particulier s’il est prouvé que la jeune pousse a contourné des verrous techniques, siphonné des catalogues commerciaux ou enfreint les conditions d’utilisation des plateformes.

Le pirate explique également avoir eu accès aux coordonnées de centaines de milliers de clients de Suno, ainsi qu’à des informations liées à des paiements Stripe en pénétrant les systèmes de la société avec les identifiants compromis d’un salarié. L’entreprise a reconnu un incident survenu en novembre dernier, mais elle assure qu’aucune information personnelle sensible n’a été compromise. Elle indique également n’avoir aucun accès aux numéros complets des cartes bancaires stockées par Stripe.

Sur le front judiciaire, l’horizon s’est éclairci pour Suno, qui a signé en novembre dernier un accord avec Warner. Cela va lui permettre d’utiliser le catalogue de la major.

  •  

☕️ La publicité se rapproche de l’application Plans d’Apple



Même si elle se fait attendre, il y aura bien de la publicité dans Plans d’Apple. La « fonction » a été annoncée en mars, et depuis aucun panneau n’est venu polluer l’application. Pas de panique, ça va venir.

Les fins de mois sont difficiles pour Apple, qui doit trouver de nouveaux moyens de redonner un peu de pep’s à des marges entamées par l’explosion des prix de la mémoire. Pourquoi ne pas demander un coup de main aux utilisateurs d’iPhone ? Eux qui ont déjà dépensé plus de 1 000 euros (parfois bien davantage) pour leur smartphone, seront probablement ravis de soutenir la PME cupertinienne en lui offrant un peu de leur temps de cerveau disponible.

Les utilisateurs de smartphones et de tablettes Apple subissent déjà de la publicité dans l’App Store. Ils devront bientôt l’endurer aussi dans l’app Plans. L’annonce remonte au mois de mars, mais depuis Apple n’avait pas donné de nouvelles. Le constructeur prépare le terrain, au travers d’une nouvelle politique applicable aux annonceurs et à leurs agences.

Image : Apple

Dans l’application de cartographie, les annonceurs peuvent promouvoir une entreprise, un produit ou un service, en respectant des règles et consignes parfois étonnantes. Ainsi des services à domicile : les plombiers, électriciens, serruriers, chauffagistes, spécialistes de la climatisation et de la lutte contre les parasites n’ont pas le droit de faire de la pub dans Plans. Ils pourront toujours en faire dans Google Maps.

Les services de caution judiciaire et les distributeurs automatiques de cryptomonnaies sont soumis à la même règle d’airain d’Apple. L’entreprise bannit les publicités politiques, les réclames pour les armes, le tabac, les drogues récréatives, les produits contrefaits, ainsi que les contenus violents ou sexuellement explicites, et bien sûr les services ou produits illégaux.

Les publicités pour des services médicaux seront examinées individuellement. Apple laissera passer les services financiers, les jeux d’argent, l’alcool ou les concours, bien sûr dans les pays où ils sont autorisés. Celles concernant des produits concurrents seront traitées au cas par cas. La publication de cette politique précède sans aucun doute le lancement à proprement parler, qui débutera dans le courant de l’été aux États-Unis et au Canada.

Dans Plans, les publicités apparaitront dans les « lieux suggérés », ainsi que dans les résultats d’une recherche. Il y a tout lieu de craindre un déploiement plus large : dans l’App Store, Apple avait commencé discrètement avec un bandeau dans le moteur de recherche. Depuis, on en trouve disséminées un peu partout.

  •  
❌