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Anthropic : le tatouage de Claude se niche dans le choix des mots

Au hasard des mots
Anthropic : le tatouage de Claude se niche dans le choix des mots

Anthropic a annoncé mercredi dernier comment il allait répondre à l’exigence de l’AI Act européen de « tatouer » les contenus générés par Claude, images comme texte. L’entreprise en était restée aux grandes lignes sans entrer dans les détails techniques pour ce qui concerne les textes. C’est désormais chose faite.

Comment Anthropic va-t-elle se débrouiller pour intégrer un filigrane dans les textes générés par Claude ? C’est une des obligations de l’AI Act mises en œuvre le 2 août, et la page d’assistance publiée le 11 août était chiche en détails. On en sait un peu plus après la publication, en fin de semaine dernière, d’un billet de blog. Et comme on le pressentait, le modèle va insérer dans le texte généré une sorte de signature statistique, sans ajouter le moindre caractère caché.

Quand Claude est confronté à plusieurs mots pour dire la même chose, il ne choisit plus complètement au hasard : le choix sera influencé par une clé secrète et par les mots qui précèdent. Cette mécanique, basée sur SynthID-Text de Google DeepMind, crée un motif invisible pour le lecteur, mais détectable par Anthropic avec la bonne clé.

Pas de caractères cachés

L’entreprise donne cet exemple : « Aujourd’hui, il faisait froid et… ». Il est très peu probable que le mot suivant soit « sucré », en revanche, il pourrait être « gris » ou « couvert ». Dans la plupart des cas, le lecteur ne verra guère de différence entre les deux mots, le sens de la phrase restant globalement le même. Pour Anthropic, ce choix « sans grande conséquence » peut laisser un « motif » qui, répété de nombreuses fois dans les réponses de Claude, reste indétectable pour le lecteur. Par contre, « il peut être repéré par quiconque possède la clé qui permet de l’identifier ».

Dans ce cas de figure, jusque-là, Claude utilisait un générateur de nombres aléatoires pour choisir le prochain mot, ça n’est plus le cas : il se sert maintenant de cette clé et des mots précédents. Le modèle ne privilégiera pas systématiquement le mot « couvert » ou « gris » pour autant : l’un ou l’autre pourra être choisi dans une phrase en fonction des mots qui précèdent.

En examinant la succession de ces mots, il devient possible de vérifier si cela correspond aux choix que Claude aurait effectués en se servant de cette clé. Résultat : « on peut alors estimer la probabilité que le texte ait été généré par Claude ».

Anthropic l’affirme : cette technique n’affectera pas la qualité du texte généré par Claude. Un lecteur ne devrait voir aucune différence entre un texte « normal » de Claude et un autre qui contient le tatouage numérique. Lors de tests internes, aucun effet « sur le contenu, le niveau de créativité ou la lisibilité des textes » n’aurait été constaté.

Les limites de la méthode

Ce système a ses limites, reconnues par Anthropic dans son billet. D’une, ce tatouage ne permet pas de prouver à 100 % qu’un texte a été écrit par Claude : il ne sert qu’à estimer la probabilité que le modèle a rédigé le texte, ou l’a modifié. Dans le sens inverse, il n’est pas non plus possible de conclure que le texte a été entièrement rédigé par un humain, ni identifier si le texte a été généré par une autre IA (chaque entreprise utilisant ses propres clés, ou une autre méthode).

Autre faiblesse : la détection d’IA dans les textes courts est plus difficile, voire impossible. Le système repose sur une accumulation de nombreux choix de vocabulaire ; plus le texte est long, plus le signal statistique se renforce. En quelques phrases, il est difficile de parvenir à une conclusion fiable. Dans le même ordre d’idée, les passages très factuels, ou encore des calculs, du code ou une simple correction ne renverront pas de réponse certaine.

Une réécriture peut également dégrader, voire supprimer, un tatouage. Quelques modifications ne devraient pas changer fondamentalement les choses, mais une réécriture complète peut l’effacer. La popularité d’outils « gags » comme Declaude, qui réécrit un texte IA pour en générer une version en « prose naturelle » (en le moulinant dans plusieurs modèles IA), pourrait se renforcer…

L’application du filigrane ne ralentit pas la génération de texte, promet Anthropic qui parle d’« impact négligeable » ; le système ne produit pas de tokens supplémentaires. La société assure aussi qu’il est impossible de tracer l’utilisateur ni de remonter à son organisation. Une API de détection sera bientôt disponible.

Quant aux images, on sait déjà qu’elles intègrent un filigrane « content credential », un standard C2PA. De fait, tout outil compatible peut détecter une image générée par Claude (comme celui-ci), mais Anthropic proposera également une version maison.

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Grok aurait généré 7 000 deepfakes pédocriminels d’une mineure pour son beau-père

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Grok aurait généré 7 000 deepfakes pédocriminels d’une mineure pour son beau-père

Après la vague de deepfakes sur Grok fin 2025-début 2026, des enquêtes ont été lancées et plusieurs adolescentes et jeunes femmes ont porté plainte contre SpaceXAI mais aussi Stability AI. Cinq plaignantes, toutes mineures au moment des faits, les accusent d’avoir produit des contenus pédocriminels pour leurs utilisateurs. L’un d’entre eux était le beau-père d’une des victimes, un autre l’un de ses amis.

Attention : le sujet de cet article est particulièrement difficile et certains détails évoqués peuvent heurter.

Pendant plus de six mois, Elon Musk et son entreprise d’IA générative ont incité leurs utilisateurs à générer avec Grok des images de femmes mises à nu et/ou dans des positions sexuelles. SpaceXAI (le nouveau nom de xAI) est maintenant accusée, aux États-Unis, d’avoir laissé Grok générer des milliers de photos pédocriminelles de cinq plaignantes, à la demande de ses utilisateurs.

« Les puissants outils de l’intelligence artificielle peuvent produire des résultats stupéfiants », commence la plainte de ces cinq jeunes femmes :

« Imaginez : la vidéo d’une véritable enfant transformée par une plateforme d’IA pour représenter une scène entièrement nouvelle. Le visage de l’enfant reste le même ; ses membres bougent comme ceux de l’enfant réel ; même son rire conserve la même intonation. »

« Telle une poupée de chiffon à qui la magie noire aurait donné vie, cette enfant peut être manipulée pour prendre n’importe quelle posture, aussi malsaine, fétichiste ou illégale soit-elle », continue la plainte. « Pour le spectateur, la vidéo qui en résulte semble tout à fait réelle. Quant à l’enfant, ses traits distinctifs seront désormais à jamais associés à une vidéo montrant les abus sexuels dont elle a été victime ».

Grok et d’autres IA génératives peuvent ainsi créer des images très réalistes (même si complètement irréelles) d’enfants existants dans des positions lascives, les dénuder ou même les inclure dans des images sur lesquelles ils (et très souvent elles) subissent des violences sexuelles.

Trois jeunes femmes, toutes mineures au moment des faits (une d’entre elles l’est encore), ont porté plainte aux États-Unis en mars dernier. Elles ont été rejointes par deux autres (mineures aussi au moment des faits) en juillet dernier. Le document [PDF] décrit la génération de milliers de contenus pédocriminels (CSAM).

L’utilisation d’une photo d’une victime prise lorsqu’elle avait 11 ans

L’une d’entre elles accuse notamment SpaceXAI d’avoir généré plus de 7 000 fausses images la représentant dans des scènes de viol pour son beau-père. Celui-ci a utilisé le chatbot Grok de l’entreprise pour les obtenir en uploadant une photo d’elle prise lorsqu’elle avait 11 ans. La plainte détaille des images très explicites, le sous-titre d’une d’entre elles décrit le viol par le beau-père.

« Ma vie était tout à fait normale », explique la plaignante de manière anonyme auprès du Washington Post, « moins de 48 heures plus tard, c’était devenu un véritable cauchemar ». « L’accès illimité à ces outils se généralise à une vitesse fulgurante », ajoute-t-elle : « Cela transforme la vie quotidienne en une situation d’abus sexuel sur mineur ».

Ce cas a été découvert par les autorités américaines qui ont lancé une enquête contre le beau-père pour détention de contenus pédocriminels. Mais deux jours après les investigations sur les disques durs utilisés par le beau-père, celui-ci s’est suicidé. La plainte explique qu’à la suite de ce suicide, la victime a traversé une période de crise personnelle très grave : « Elle a dû faire face au traumatisme lié à sa propre exploitation sexuelle tout en aidant sa mère à surmonter la perte de son beau-père ».

De plus, selon son témoignage auprès de nos confrères, il n’a pas été inculpé car, si SpaceXAI a fait un signalement, l’entreprise n’a pas fourni aux autorités les deepfakes en question. L’entreprise aurait même, dans un premier temps, transmis l’information à la cellule de lutte contre la cybercriminalité du mauvais État.

Selon le Washington Post, le beau-père aurait uploadé la première photo de sa belle-fille quelques semaines après qu’Elon Musk a, mi-janvier, certifié que son outil « refuserait de produire quoi que ce soit d’illégal ». SpaceXAI n’a pas voulu répondre à nos confrères.

Stability AI ajoutée à la plainte

Les deepfakes concernant les autres plaignantes sont aussi décrits, dans la plainte, comme des contenus pédocriminels. Pour l’une d’entre elles, c’est aussi un proche qui a utilisé l’IA générative pour créer des images d’elle : « L’auteur des faits avait accès aux photos de [la jeune fille] car il entretenait une relation étroite et amicale avec elle, profitant de la confiance qu’elle lui accordait pour l’inciter à lui envoyer des photos d’elle-même », explique la plainte.

Dans la nouvelle version de la plainte, les avocats des plaignantes ont ajouté une autre entreprise au banc des accusés : Stability AI, qui diffuse son modèle en « open-weight » (on parle de modèle à poids ouverts quand ses paramètres internes – les « poids » – calculés lors de l’apprentissage sont partagés publiquement). Les applications installées sur le téléphone de plusieurs auteurs des faits, utilisées pour créer les contenus pédocriminels générés par IA représentant les plaignantes, s’appuyaient « sur les outils de génération d’images de Stability AI pour produire ces contenus illicites », affirment les avocats des plaignantes.

« La capacité d’un modèle à poids ouvert à générer du contenu CSAM, que ce soit « tel quel » ou après un ajustement par l’utilisateur, dépend fortement de la familiarité du modèle avec les contenus de nudité présents dans ses données d’entraînement initiales », expliquent-ils. Et ils ajoutent que les modèles Stable Diffusion SD 1.0 et 1.5 ont été entrainés sur les données de LAION-5B, une base de données qui a pendant, un certain temps, listé des contenus pédocriminels.

« Les modèles Stable Diffusion SD 1.0 et 1.5 ayant été entraînés sur du contenu pédocriminels, ils étaient capables de générer ce type de contenu », commentent les avocats. « Lorsqu’un modèle à poids ouverts a été entraîné sur du contenu pédopornographique, comme ce fut le cas pour Stable Diffusion, ces barrières s’avèrent faciles à contourner ».

Les deux entreprises n’ont pas encore été entendues par la justice. D’abord prévues le 13 aout dernier, l’audience préliminaire concernant ce procès a été reportée [PDF] au 15 octobre.

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[MàJ] Stripe rachète OpenRouter pour 7,5 milliards de dollars

Orchestre-t-on les tokens comme les paiements ? Vous avez deux heures
[MàJ] Stripe rachète OpenRouter pour 7,5 milliards de dollars

Stripe a négocié l’acquisition d’OpenRouter pour plus de 7 milliards de dollars, révèle Bloomberg. Le géant du paiement avance ainsi ses pions dans le monde de l’IA, en intégrant l’un des orchestrateurs les plus populaires du marché. Il poursuit en parallèle les négociations visant à s’offrir PayPal, après le rejet de son offre initiale formulée mi-juillet.

Mise à jour, 19 août 2026 à 20h30 : Stripe a confirmé mercredi l’acquisition d’OpenRouter, dont les activités sont présentées comme complémentaires des travaux déjà engagés par l’entreprise autour de l’IA. Dans son communiqué, l’acquéreur souligne l’intérêt de se positionner comme un intermédiaire entre les utilisateurs finaux et les fournisseurs de modèles ou d’inférence.

« La multitude de variables (quel modèle utiliser pour quelles tâches, à quelle vitesse et à quel prix) rend extrêmement difficile la gestion en temps réel des compromis entre coût et performance. Ce défi est accentué par le rythme de publication et de révision des prix des modèles », décrit Stripe. Aucun détail n’est donné pour l’instant sur les modalités d’intégration, ou les synergies envisagées entre les deux entreprises.

Le communiqué passe également sous silence le montant de la transaction. Ce dernier se monterait finalement à 7,5 milliards de dollars, affirme le New York Times, sur la foi de sources proches du dossier. Les fondateurs d’OpenRouter empocheraient 1,5 milliard de dollars, tandis que les 6 milliards restants iraient aux investisseurs qui ont participé aux deux principales levées de fonds de l’entreprise.

Publication initiale, 17 août, 12h30 :

Stripe a finalisé les termes de l’acquisition d’OpenRouter, affirme Bloomberg dans un article daté du 16 août. La transaction s’élèverait à 7 milliards de dollars. Elle constituerait donc une jolie culbute pour les actionnaires de cette célèbre plateforme d’orchestration dédiée aux IA génératives. OpenRouter avait en effet levé 113 millions de dollars en mai dernier sur la base d’une valorisation estimée à 1,3 milliard de dollars.

La rumeur selon laquelle les deux entreprises étaient entrées en négociations a émergé fin juillet. Les deux entreprises n’ont pour l’instant pas commenté ni confirmé l’information, mais les révélations de Bloomberg laissent imaginer qu’une communication officielle ne devrait pas tarder.

Gérer les paiements… et les achats de tokens

OpenRouter se présente pour mémoire comme une interface de programmation (API) unifiée permettant d’orchestrer et de router les requêtes des développeurs vers le modèle IA de leur choix. La plateforme permet par exemple d’orienter automatiquement certaines tâches vers tel ou tel modèle, en fonction de ses performances, ou des coûts associés. Il est ainsi possible de basculer simplement d’un modèle à un autre, ou d’un hébergeur à un autre, en évitant d’avoir à jongler entre des procédures d’authentification ou de facturation multiples.

Stripe offre de son côté une proposition de valeur assez similaire dans l’univers du paiement, avec une solution de facturation de bout en bout dédiée aux entreprises, qui gère indifféremment tous les moyens de paiement, les abonnements, le paiement à l’usage, etc.

En janvier dernier, OpenRouter avait justement annoncé avoir sélectionné Stripe comme processeur de paiement pour sa plateforme, « pour que les développeurs puissent acheminer les requêtes de modèles via OpenRouter pendant que Stripe suit automatiquement l’utilisation, applique les tarifs et gère la facturation ».

En parallèle de cet accord, Stripe cherche depuis des mois à se positionner comme l’intermédiaire financier pour toutes les transactions réalisées par l’intermédiaire des agents ou fonctions IA des poids lourds du secteur. L’entreprise, qui a déjà signé avec Meta, Microsoft et OpenAI, a ajouté Google à la liste de ses clients au printemps dernier, pour permettre « aux entreprises de vendre aux consommateurs dans AI Mode et dans l’application Gemini ».

Stripe court toujours après PayPal

En attendant l’annonce officielle et les conséquences concrètes de l’intégration à venir sur l’offre produit d’OpenRouter, Stripe poursuit également un autre lièvre : en juillet, l’entreprise a formulé une offre d’achat sur son concurrent PayPal, pionnier du paiement en ligne, avec le concours du fonds Advent International. L’offre, formulée à 60,50 dollars par action, représentait une enveloppe globale d’environ 53 milliards de dollars, soit un bonus d’environ 30 % par rapport au cours de l’action PayPal à Wall Street.

L’offre initiale aurait été jugée insuffisante, mais elle a tout de même permis d’amorcer des négociations qui d’après le Wall Street Journal se poursuivent, probablement sur la base d’une valorisation supérieure.

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IA : séries d’achats « bizarres » auprès de librairies d’occasion anglaises et irlandaises

Fahrenheit 451
IA : séries d’achats « bizarres » auprès de librairies d’occasion anglaises et irlandaises

Alors que les suspicions sur les méthodes d’entraînement des systèmes d’IA se multiplient, des libraires d’occasion du Royaume-Uni et d’Irlande signalent des séries d’achats de lots de livres sans cohérence éditoriale.

Mise à jour 17.08 à 16:35 : ajout de la mention des opérations d’Amazon.


Au Royaume-Uni et en Irlande, des librairies de seconde main ont reçu des commandes étonnantes d’acheteurs installés aux États-Unis, au Canada, en Europe continentale et au Royaume-Uni, alors que les spéculations sur les achats de livres pour entraîner des systèmes d’IA vont bon train.

Copropriétaire de Barker Books, dans la ville anglaise d’Alnwick, Stuart Manley indique au Guardian avoir vu ces commandes débuter il y a trois mois. Celles-ci détonnent notamment par leur sélection de livres : alors qu’habituellement, les commandes par lot répondent à une logique thématique, celles-ci intègrent des livres de tous les types.

Des achats sans logique pour le marché du livre d’occasion

Une commande demandait par exemple une traduction estonienne du Chant de la mission de John Le Carré, ou une édition de 1983 d’Agnes Grey, d’Anne Brontë, telle que parue dans le magazine Warship.

À Clargalway, en Irlande, Jim Shaughnessy indique avoir reçu des demandes de nombreux livres aux thématiques variées à partir de mai. Celles-ci peuvent mêler des « livres sur les outils agricoles en Afrique au XVIIIe siècle » à des « biographies de pilotes de course des années 1950 ».

Auprès du Guardian, un libraire explique que la pratique chamboule le secteur, car elle ne correspond pas aux pratiques habituelles : «  On dirait qu’un être humain ou une machine fouille au hasard dans le bac des livres d’occasion. Ce qu’ils achètent n’a aucun sens au regard des tendances générales du marché. »

Certaines des demandes relevées par les libraires émanent de la société canadienne Zoom Books. Cette dernière passe depuis plusieurs mois d’étonnantes commandes en Allemagne, en Espagne, aux États-Unis, en Australie ou ailleurs. La société se spécialise dans le scan de livres, détruisant l’objet au passage. Elle nie toute implication dans l’entraînement de systèmes d’IA, mais ne fournit pas d’information supplémentaire sur les sociétés auxquelles elle fournit ses services.

Chez Anthropic, l’opération « Panama » de la destruction de livres

Début janvier, le Washington Post révélait que l’éditrice de Claude, Anthropic, avait investi des millions de dollars dans l’acquisition et la destruction de livres pour scanner leur contenu et entraîner ainsi ses modèles.

Aux prises avec la justice, Anthropic a dû fournir des éléments supplémentaires sur cette activité. Le « projet Panama », tel qu’il a été nommé en interne, a débuté en 2024, alors que les dirigeants de l’entreprise cherchaient à entraîner Claude à « bien écrire », plutôt qu’à recracher du « langage internet de mauvaise qualité ».

Pour ce faire, elle s’est d’abord tournée vers de grands groupes de revente de livres, dont le britannique World of Books et l’états-unien Better World Books, puis vers des prestataires à même de réaliser la numérisation. Concrètement, il s’agit de découper le dos et de trancher les pages pour les numériser une à une, de manière industrielle, détaille Euronews.

Attaquée par un groupe d’auteurs réunis en action collective, Anthropic a accepté le versement d’environ 1,3 milliard d’euros pour éviter le procès. Les autres constructeurs de grands modèles de langage font tous face à des accusations similaires d’irrespect du droit d’auteur – sachant que malgré le paiement accepté par Anthropic, le juge William Aslup a considéré que le recours à des livres pour entraîner un système d’IA relevait du « fair use », une exception aux droits d’auteurs tels que définis par le droit local.

Alors qu’elle prévoit une entrée en bourse à l’automne, certains investisseurs envisageraient que la société de Dario et Daniela Amodei atteigne une valorisation record de 2 000 milliards de dollars.

Dans d’autres occurrences, selon une récente enquête de 404 media, c’est Amazon qui achète des livres de seconde-main aux États-Unis. Dans ces cas-là, l’entreprise semble se charger elle-même de la destruction et du scan des ouvrages.

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☕️ Mozilla teste un bloqueur de pubs dans Firefox pour iOS



Actuellement en version 154, Firefox pour iOS intègre désormais une fonction expérimentale de blocage des publicités lors de la navigation Web. Cette dernière n’a pas fait l’objet d’une annonce formelle, mais elle est présentée par la fondation sur l’une de ses pages de support, et elle figure sur la récente page dédiée aux évolutions attendues.

Le blocage se fait à partir des informations recensées par la liste Easylist, et il est censé intervenir avant le chargement des éléments concernés. Comme toujours en la matière, certains contenus publicitaires ou trackers peuvent passer au travers des mailles du filet, puisque la liste en question n’est, par définition, pas totalement exhaustive.

Mozilla ajoute deux permissions supplémentaires : la fondation indique ainsi que Firefox pour iOS ne bloque pas les publicités affichées sur les pages de résultats des moteurs de recherche (dont celles de Google, son principal partenaire). Elle n’intervient également pas sur les résultats sponsorisés affichés au niveau de la page d’accueil de Firefox.

Cet « Ad Blocker » n’est pas activé par défaut, et son déploiement se fait de façon progressive, ce qui signifie que l’option correspondante n’apparaitra peut-être pas chez vous, même si votre navigateur est à jour. Pour contrôler sa présence ou l’activer, rendez-vous dans les paramètres du navigateur, section navigation, et voyez si l’option s’affiche. Elle peut être activée soit de façon globale, pour l’ensemble de la session en cours, soit à l’échelle d’un site particulier.

Ad blocker sur Firefox iOS – crédit Mozilla
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Logiciels espions mercenaires : Apple renforce ses notifications de menace

Pour vivre heureux, vivons isolés
Logiciels espions mercenaires : Apple renforce ses notifications de menace

Apple a envoyé une nouvelle vague de notifications de menace à des utilisateurs potentiellement visés par des logiciels espions mercenaires, dans 110 pays. Le constructeur a aussi revu sa manière de communiquer ces notifications aux victimes.

Fin 2021, Apple portait plainte contre NSO Group, une société israélienne à l’origine de Pegasus, un logiciel d’espionnage qui s’installe discrètement sur iPhone en exploitant des failles de sécurité. Dans la foulée, le constructeur informatique annonçait la mise en place d’un programme visant à prévenir des utilisateurs que leurs appareils avaient été compromis par ce type de logiciels espions.

Si les poursuites contre NSO ont finalement été abandonnées trois ans plus tard, Apple a continué d’envoyer des « notifications de menace » à des utilisateurs visés par des attaques mercenaires à travers le monde. L’entreprise a ainsi annoncé avoir alerté jeudi 13 août un certain nombre de victimes potentielles de spywares dans 110 pays. Depuis le lancement de ce programme, des notifications ont été envoyées à des utilisateurs dans plus de 150 pays.

Le groupe américain a également revu la manière dont ces notifications s’affichent : elles apparaissent sur l’iPhone de l’utilisateur, sur l’écran de verrouillage ainsi que dans les réglages. Une notification est également envoyée par email aux adresses associées aux comptes Apple de la personne (à partir de cette adresse : threat-notifications@email.apple.com). Enfin, une bannière est présente en haut de la page du compte Apple sur account.apple.com.

Images : Apple

Cette notification ne signifie pas que l’appareil a été compromis, mais elle représente une « alerte très fiable » qui doit être prise « très au sérieux », explique Apple dans une nouvelle note d’assistance. Apple recommande vivement de se rapprocher d’équipes spécialisées en sécurité, en donnant l’exemple de l’assistance téléphonique 24/7 de l’ONG Access Now.

Apple suggère aussi d’activer le mode Isolement, qui réduit fortement la surface d’attaque en limitant ou en bloquant certaines fonctions de Messages, FaceTime, de la navigation web, des services Apple ou encore des albums partagés. Souvent, un logiciel espion s’installe après avoir touché un lien dans un message.

Des attaques très rares et très coûteuses

Tout le monde n’est pas concerné par ces attaques. En fait, très peu de personnes sont visées, « souvent des journalistes, des militants, des hommes politiques ou des diplomates », détaille Apple. Ces attaques « coûtent des millions de dollars et se produisent souvent sur une courte durée, ce qui les rend beaucoup plus difficiles à détecter et à empêcher ». Ce coût très élevé limite la portée de ces menaces, ce qui explique pourquoi elles sont « associées à des acteurs étatiques, y compris à des entreprises privées développant des logiciels espions mercenaires pour le compte de ces acteurs, par exemple Pegasus de NSO Group. »

Pour Apple, « le coût extrême, la sophistication et le caractère international des attaques via des logiciels espions mercenaires en font l’une des menaces numériques les plus avancées qui existent actuellement ». Apple ne détaille pas les enquêtes qui aboutissent aux notifications de menace, en revanche, car « cette information pourrait aider les personnes derrière ces logiciels espions mercenaires à adapter leur comportement pour éviter d’être détectés. »

Pour le grand public, Apple rappelle quelques règles simples : mettre à jour ses appareils avec les dernières mises à jour sécurité (très prolifiques actuellement), utiliser la biométrie (Touch ID, Face ID) pour protéger l’accès à un appareil, utiliser l’authentification à deux facteurs, activer la protection en cas de vol de l’appareil, utiliser des passkeys, installer des apps depuis l’App Store (attention, la boutique laisse passer tout et n’importe quoi), et surtout ne pas ouvrir des liens ou des pièces jointes envoyés par des inconnus.

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Qualcomm détaille sa puce Snapdragon C pour PC Windows à 300 dollars

Pas cher et pas nul ?
Qualcomm détaille sa puce Snapdragon C pour PC Windows à 300 dollars

Les premiers PC « à 300 dollars » équipés de la puce Snapdragon C sortiront dans les prochains mois. Des ordinateurs auxquels il ne faudra pas demander la Lune compte tenu de leur prix. Qualcomm promet néanmoins « un nouveau standard pour des performances PC essentielles ».

Annoncée fin mai, la plateforme Snapdragon C a été aperçue d’un peu plus près début juin durant le Computex, sur des prototypes. Depuis, Qualcomm s’était fait très discret sur cette nouvelle puce, du moins jusqu’à ce que l’entreprise fasse parvenir quelques infos supplémentaires ces derniers jours.

Petite cylindrée pour portables pas chers

La puce intègre un processeur doté de 8 cœurs Kryo. Qualcomm a précisé à Tom’s Hardware que le CPU combinait un cœur cadencé jusqu’à 3 GHz, trois cœurs à 2,6 GHz, et les quatre derniers à 2 GHz. On est évidemment loin des cœurs capables de tourner jusqu’à 5 GHz, mais les prix ne sont pas les mêmes non plus.

Ces cœurs Kryo « custom » sont déjà mis à contribution sur des puces de smartphones. Ce qui n’est pas réellement un problème : après tout, le MacBook Neo tourne plutôt bien sur une A18 Pro, que l’on retrouve dans les iPhone 16 Pro (les smartphones bénéficiant d’un cœur GPU supplémentaire).

En termes de performances, Qualcomm a procédé à des comparaisons avec un Acer TravelMate de 11,6 pouces tournant avec un processeur N250 d’Intel et 8 Go de RAM. Le modèle de test pour le Snapdragon C emporte lui aussi 8 Go de RAM, les deux machines fonctionnant sur batterie. Les résultats des benchmarks sont évidemment à l’avantage de la nouvelle puce : elle est 67 % plus véloce que sa rivale sous Geekbench en mono-cœur (24 % en multicœur), 50 % sur Cinebench mono-cœur et 67 % en multicœur, et plus intéressant encore, 39 % avec Speedometer 3.1. Ce bench simule des interactions avec des applications web, ce qui sera l’un des principaux usages de ces machines.

Le circuit graphique est un Adreno avec une fréquence maximale de 900 MHz. Qualcomm a aussi intégré un NPU Hexagon pour le traitement tâches IA en local, sans préciser le nombre de TOPS. On sera probablement très loin des 40 TOPS minimum des Copilot+ PC.

Une autonomie et des performances honnêtes sur le papier

Le reste de la fiche technique confirme le positionnement « budget » des futurs ordinateurs Snapdragon C. Ils accepteront ainsi jusqu’à 16 Go de mémoire LPDDR4x ou LPDDR5/5x (jusqu’à 4 200 MT/s et 6 400 MT/s), mais dans les faits il faut plutôt s’attendre à 8, voire 4 Go de RAM sur les configs les moins chères… Microsoft a promis d’améliorer le support de Windows 11 avec les petites dotations en mémoire mais 4 Go risquent d’être vraiment trop justes.

Le Snapdragon C prend en charge le stockage NVMe via PCIe 3.0, mais les constructeurs de machines très abordables se tourneront plus volontiers vers de l’UFS 2.2/3.1, moins performant et moins flexible qu’un SSD NVMe moderne, mais aussi plus économique.

Qualcomm a fait un sérieux effort sur la connectivité : la puce supporte en effet le Wi-fi 6 et 6E, le Bluetooth 6.0, ainsi que l’USB 3.1 via des ports USB-A et USB-C. Les prototypes aperçus au Computex embarquaient même un port jack 3.5 mm, une sortie HDMI, un slot pour carte SIM ainsi qu’un lecteur de cartes microSD.

Reste l’épineuse question de l’autonomie. Qualcomm annonce une autonomie d’une journée, sans détailler le nombre d’heures précis. En revanche, l’entreprise annonce qu’en comparaison du TravelMate (écran de 11,6 pouces), la Snapdragon C (dans un portable de 16 pouces) offre un gain d’autonomie de 106 % sur la lecture Netflix dans Edge, de 99 % avec Teams (en vidéo), de 86 % avec YouTube, ou encore de 68 % sur la navigation web.

Plusieurs partenaires sont sur les rangs pour lancer leurs premiers PC Snapdragon C : Acer, Asus, HP et Lenovo. On pourrait avoir des nouvelles dès l’IFA de Berlin, du 4 au 8 septembre. On verra alors si la promesse de portables à 300 dollars tient la route.

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