La robotique va-t-elle sauver l’industrie, en plus de nos vieux jours ? La France a une occasion historique, celle de construire un Nouvel Ordre Mécatronique. Une nécessité, tant l’alternative est glaçante.
Durant des décennies, nos élites ont théorisé et encouragé la désindustrialisation, bercées par l’illusion d’une économie 100 % services et de l’immatériel. Nous avons fini par croire que l’abandon de nos usines face au rouleau compresseur asiatique relevait d’une fatalité et que notre salut se ferait sans les machines.
Pourtant, il suffit de regarder le bouillonnement de la robotique francilienne pour comprendre qu’un formidable retournement est en cours. Une révolution silencieuse s’opère sous nos yeux : la revanche du hardware. Loin des simples promesses de salons de l’innovation, la robotique à la française s’affirme comme le moteur d’un véritable réenchantement industriel, alliant notre excellence historique en ingénierie et en IA à une ambition d’entrepreneurs.
Une révolution française dans l’agriculture 4.0, grâce à une initiative open source et open data qui bouscule les géants du secteur. Centipede-RTK, réseau collaboratif de géolocalisation centimétrique gratuit, redonne aux agriculteurs la maîtrise de leurs outils technologiques.
C’est une petite antenne en forme de soucoupe volante fixée au sommet d’un hangar agricole ou d’un tracteur. Pour le néophyte, elle est presque invisible. Pour l’agriculteur assis dans sa cabine, elle change tout…
Alors que Bruxelles accueillait le 31 janvier dernier la conférence FOSDEM, grand-messe internationale du logiciel libre, l’ingénieur Pierre Beyssac (aussi auteur pour les Électrons Libres) y présentait devant une salle comble les dernières avancées du projet « Millipede Caster ». Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais il est au cœur de Centipede-RTK, un réseau qui offre aujourd’hui une précision de guidage centimétrique à des milliers d’engins agricoles et de drones, et ce, gratuitement, dans de nombreux pays.
Loin d’être une simple alternative technique, ce projet incarne aussi une philosophie : celle de la reprise en main de l’outil de production par ceux qui l’utilisent. Face aux modèles propriétaires verrouillés par abonnements, Centipede oppose la force du collectif et de l’ouverture des données (open data).
L’impératif de la précision : pourquoi le mètre ne suffit plus
Pour comprendre la portée de cette innovation, il faut plonger dans la réalité de l’agriculture moderne. Depuis une vingtaine d’années, le pilotage à vue des machines ne suffit plus. Les enjeux économiques et écologiques imposent désormais une rigueur mathématique.
Or, les systèmes de positionnement par satellite classiques, appelés GNSS, que nous utilisons tous via le GPS américain ou le Galileo européen, offrent une précision qui oscille, dans le meilleur des cas, autour de 3 mètres environ. Une marge d’erreur qui est tout à fait acceptable pour une randonnée (et encore), mais désastreuse pour un tracteur qui doit passer entre des rangs de semis espacés de quelques dizaines de centimètres à peine...
C’est là qu’intervient la technologie RTK. Le principe est ingénieux : il vise à corriger les erreurs des signaux satellites causées par la traversée de l’atmosphère (la vapeur d’eau et l’activité ionosphérique). Pour ce faire, est utilisée une station de référence au sol, dont la position est connue au millimètre près. Cette base capte les signaux des mêmes satellites que le tracteur, calcule l’erreur de positionnement en temps réel et diffuse ses observations via Internet. Le récepteur de l'engin agricole traite ces données localement : il les corrèle avec la position fixe de la station pour déterminer l'erreur et affiner sa trajectoire.
Le résultat est spectaculaire : la précision devient centimétrique, voire de quelques millimètres avec le matériel le plus perfectionné.
Cette technologie permet l'autoguidage des engins, améliorant la précision de positionnement lors des passages dans les champs. Résultat : moins de carburant consommé, moins d’usure matérielle, mais aussi une forte réduction des intrants (engrais, produits phytosanitaires) qui, de plus, dans le cadre de l’agriculture de précision, ne seront appliqués que là où c’est strictement nécessaire. Autant de travail harassant en moins pour l’agriculteur qui n’a plus qu'à regarder le tracteur se conduire tout seul…
Les drones sont aussi de gros consommateurs de services RTK : agriculture de précision (analyse du stress hydrique ou d’infestation d’une parcelle), cartographie et inspection des infrastructures (les lignes haute tension, par exemple), usages militaires (interdits sur le réseau Centipede-RTK) et recherche.
Les business angels sont-ils des flambeurs inconséquents, portés par l’amour du risque ? Des vampires de startups qui dépouillent leurs proies à la première réussite ? Ou des passionnés investis, qui apportent leur réseau, leurs compétences et leur expérience ?
Premier carburant financier des startups, sans lequel elles resteraient au stade de l’idée, ils sont surtout ceux qui prennent et assument les risques, souvent considérables. 90 % des startups échouent, entraînant la perte totale de l’investissement leur étant dédié. Les 10 % restants nécessitent une énorme patience (entre 7 et 10 ans) pour générer un retour sur investissement, appelé l’exit. Ainsi, un business angel investit de l’argent qu’il est prêt à perdre intégralement. Bien qu’en ayant souvent les moyens…
Prenons un exemple concret pour éclairer notre affaire. Imaginons l’un de nos anges investissant 20 000 € dans une startup de foodtech – domaine des technologies et innovations appliquées au secteur alimentaire – valorisée à 300 000 € en 2018. Six ans après, en 2024, la société, en réussite, est rachetée pour 15 M€. La part du business angel, après la dilution du capital liée à l’arrivée de nouveaux financements, se porte à 1,2 %, soit 180 000 €. Son retour sur investissement atteint neuf fois sa mise initiale. Sauf que, notre ange, dans le même temps, a misé sur neuf autres startups. Généralement, huit d’entre elles sont des fiascos, la dernière, sans générer de pertes, n’offre aucune plus-value. Au final le risque est bien conséquent, nécessitant courage, flair, patience, sans produire de jackpot, comparé à l’ensemble des investissements.
Pourtant, exceptionnellement, après des masses d’échecs, le business angel peut avoir misé sur une startup devenant ce qu’on appelle une licorne, à savoir une entreprise dont la valorisation dépasse le milliard d’euros, lui offrant un exit pouvant atteindre 100 fois sa mise initiale. Cela a pu être le cas des heureux ayant investi, par exemple 50 000 €, dans la société Airbnb, fondée par deux designers californiens en 2008. Ceux-là ont vu leur mise se transformer en millions de dollars. Mais ce jeu, qui est tout sauf à somme nulle, est réservé aux amateurs d’adrénaline capables de mettre quelques billets sur la table de départ et détenteurs d’un réel sang-froid assez peu partagé.
Pourquoi ne pas emprunter à la banque comme tout le monde ?
Parce que les banques exercent leur magistère dans le monde de l’entreprise traditionnelle. Elles exigent des bilans, des garanties, des business plans détaillés. Une startup, par définition, est une coquille vide avec une idée. Les business angels, eux, jouent un autre jeu : ils risquent leur propre argent, pas celui des clients ou des actionnaires. Ils œuvrent sans filet, ni parachute.
Parce qu’ils ont le goût de l’aventure, mais aussi et surtout celui de l’innovation. Ils diffèrent en cela des simples spéculateurs, peu préoccupés par l’objet de leurs investissements. Ils savent sentir les idées révolutionnaires qui vont changer la société, qu’importe que l’on juge que cela soit en bien ou en mal. Ils sont derrière les succès d’entreprises comme Uber, Airbnb, BlaBlaCar, OpenAI. Ils misent sur des projets parfois pensés par deux geeks phosphorants dans leur garage qui, un an après dirigeront 50 salariés, puis 1500 cinq ans plus tard. Mais ils ne s’arrêtent jamais, parce que le mouvement est dans leur ADN. Inlassablement, ils réinvestissent leurs gains dans d’autres projets, participant à stimuler l’écosystème dans lequel ils évoluent. Sans eux, des licornes françaises comme Doctolib, Back Market, Deezer ou ManoMano seraient restées des présentations PowerPoint sur un ordinateur.
Des mythes à déconstruire
Les startups financées par nos business angels charrient aussi leur lot de mythes et de critiques dont certains méritent d’être débunkés.
Non, les business angels ne spolient pas les fondateurs des startups auprès desquelles ils s’engagent. Loin de là. Ils achètent des parts à un prix reflétant le risque qu’ils prennent. Ils ne se « gavent » pas non plus sans travailler. Ils offrent mentorat, introductions, et passent des heures à relire des pitchs gratuitement, en sachant qu’ils perdront le plus souvent leur argent. Un léger motif de stress, quand même… Pas davantage qu’ils ne sont des vautours. Un vautour est un charognard qui guette votre mort pour vous dépecer. Le business angel est tout le contraire. Il vous met sous perfusion pour que vous viviez dans l’espoir de vous voir connaître l’épanouissement.
* Cet article ne constitue pas un conseil ou une recommandation en matière d’investissement et ne saurait être considéré comme une sollicitation ou une offre de vente ou d’achat de tout instrument financier. Il est destiné à une information générale et ne prend pas en compte les objectifs, la situation financière ou les besoins spécifiques d’un investisseur. Nous vous recommandons de consulter un professionnel du secteur financier avant de prendre toute décision d’investissement.