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Hubert Guillaud : « La surveillance croissante des usagers par les administrations est trop peu discutĂ©e Â»

La democratie, le moins mauvais des systĂšmes
Hubert Guillaud : « La surveillance croissante des usagers par les administrations est trop peu discutĂ©e Â»

Next s’est entretenu avec le journaliste Hubert Guillaud, qui publie Les algorithmes contre la sociĂ©tĂ© aux Ă©ditions La Fabrique ce 4 avril.

SpĂ©cialiste des systĂšmes techniques et numĂ©riques, longtemps animateur du site InternetActu.net de l’Association pour la Fondation d’un Internet nouvelle gĂ©nĂ©ration (la Fing, dont les activitĂ©s se sont arrĂȘtĂ©es en 2022), dĂ©sormais derriĂšre la newsletter Dans les algorithmes, Hubert Guillaud publie ce 4 avril un nouvel essai. Dans Les algorithmes contre la sociĂ©tĂ©, qui paraĂźt aux Ă©ditions La Fabrique, le journaliste dĂ©cortique les effets de la diffusion des algorithmes dans les organismes sociaux français. Next l’a rencontrĂ©.

>> Pourquoi ce livre ?

On parle beaucoup d’intelligence artificielle, un peu de ses effets, mais beaucoup moins de ses difficultĂ©s et de ses dĂ©faillances. Ce sont des sujets que je traite depuis longtemps, et je trouvais qu’on manquait de discussions sur les problĂ©matiques sociales que posent ces systĂšmes de calcul.

On nous parle de l’IA comme moteur de progrĂšs, comme enjeu de croissance et de transformation du monde, mais on regarde assez peu, concrĂštement, ce que ça fait lĂ  oĂč ça se dĂ©ploie, et comment ça fonctionne rĂ©ellement. Or, j’avais le sentiment qu’il y avait une urgence Ă  se poser ces questions.

>> Assez vite, tu alertes contre l’interconnexion des fichiers de donnĂ©es qui s’étend dans l’administration. En quoi menace-t-elle la sĂ©paration des administrations et des pouvoirs ?

J’ai l’impression que la surveillance croissante des utilisateurs via les administrations est une notion assez peu discutĂ©e, effectivement. Les institutions demandent toujours plus de donnĂ©es, et utilisent toutes les donnĂ©es Ă  disposition pour mener leurs calculs.


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☕ US : les rĂ©seaux sociaux utilisĂ©s pour tenter de dĂ©jouer les expulsions de Trump

« Ice cream truck in NYC Â» (« camion de glace Ă  New-york Â») : par ce jeu de mot relevant de l’algospeak (langage inventĂ© pour contourner la modĂ©ration des plateformes), une internaute Ă©tats-unienne signale Ă  ses followers avoir repĂ©rĂ© des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).

Comme de nombreux autres usagers de TikTok, Reddit, YouTube ou X, elle participe Ă  l’effort collectif renforcĂ© ces derniĂšres semaines pour Ă©viter Ă  toute personne immigrĂ©e, lĂ©galement ou non, les dĂ©portations ordonnĂ©es par Donald Trump et quelquefois menĂ©es en dehors des cadres lĂ©gaux.

Si le phĂ©nomĂšne n’est pas neuf, le Washington Post relĂšve une multiplication par cinq des discussions relatives Ă  l’ICE sur X, Reddit et YouTube depuis dĂ©but mars.

De nombreuses fausses informations se glissent parmi les alertes. Des soutiens de la dĂ©marche de dĂ©portation promue par Trump ont aussi mis Ă  mal certains rĂ©seaux d’alertes – le compte Instagram Libs of Reddit a par exemple publiĂ© le nom, le visage et l’adresse du modĂ©rateur de r/LaMigra, un subreddit dĂ©diĂ© au partage d’informations sur la localisation des agents de l’ICE.

Cela n’a pas empĂȘchĂ© les efforts de suivi des agents de se multiplier en ligne, prenant quelquefois la forme de cartographies collectives, comme dans le cas de People over Papers. Si le projet est devenu viral sur TikTok, explique sa crĂ©atrice au quotidien Ă©tats-unien, « c’est parce qu’il rĂ©pond Ă  un rĂ©el besoin Â».

Elle aussi a Ă©tĂ© visĂ©e par des violences numĂ©riques : le 14 fĂ©vrier, le compte trĂšs suivi Libs of TikTok a partagĂ© son nom et son handle Ă  son public, dĂ©clarant qu’elle aidait des criminels Ă  Ă©chapper aux forces de l’ordre.

☕ US : les rĂ©seaux sociaux utilisĂ©s pour tenter de dĂ©jouer les expulsions de Trump

« Ice cream truck in NYC Â» (« camion de glace Ă  New-york Â») : par ce jeu de mot relevant de l’algospeak (langage inventĂ© pour contourner la modĂ©ration des plateformes), une internaute Ă©tats-unienne signale Ă  ses followers avoir repĂ©rĂ© des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).

Comme de nombreux autres usagers de TikTok, Reddit, YouTube ou X, elle participe Ă  l’effort collectif renforcĂ© ces derniĂšres semaines pour Ă©viter Ă  toute personne immigrĂ©e, lĂ©galement ou non, les dĂ©portations ordonnĂ©es par Donald Trump et quelquefois menĂ©es en dehors des cadres lĂ©gaux.

Si le phĂ©nomĂšne n’est pas neuf, le Washington Post relĂšve une multiplication par cinq des discussions relatives Ă  l’ICE sur X, Reddit et YouTube depuis dĂ©but mars.

De nombreuses fausses informations se glissent parmi les alertes. Des soutiens de la dĂ©marche de dĂ©portation promue par Trump ont aussi mis Ă  mal certains rĂ©seaux d’alertes – le compte Instagram Libs of Reddit a par exemple publiĂ© le nom, le visage et l’adresse du modĂ©rateur de r/LaMigra, un subreddit dĂ©diĂ© au partage d’informations sur la localisation des agents de l’ICE.

Cela n’a pas empĂȘchĂ© les efforts de suivi des agents de se multiplier en ligne, prenant quelquefois la forme de cartographies collectives, comme dans le cas de People over Papers. Si le projet est devenu viral sur TikTok, explique sa crĂ©atrice au quotidien Ă©tats-unien, « c’est parce qu’il rĂ©pond Ă  un rĂ©el besoin Â».

Elle aussi a Ă©tĂ© visĂ©e par des violences numĂ©riques : le 14 fĂ©vrier, le compte trĂšs suivi Libs of TikTok a partagĂ© son nom et son handle Ă  son public, dĂ©clarant qu’elle aidait des criminels Ă  Ă©chapper aux forces de l’ordre.

La suspension de TikTok en Nouvelle-Calédonie jugée illégale, mais pas impossible

Democracy
La suspension de TikTok en Nouvelle-Calédonie jugée illégale, mais pas impossible

Le Conseil d’État dĂ©clare illĂ©gal le blocage de TikTok imposĂ© Ă  la CalĂ©donie en mai 2024. Il prĂ©cise les conditions dans lesquelles une telle suspension pourrait ĂȘtre lĂ©gale.

En pleines Ă©meutes de contestation du projet gouvernemental de dĂ©gel Ă©lectoral, en Nouvelle-CalĂ©donie, le gouvernement avait dĂ©clarĂ© l’état d’urgence et suspendu l’accĂšs Ă  TikTok. À partir du 15 mai 2024 Ă  20 heures et pendant deux semaines, le rĂ©seau social n’était plus accessible depuis la collectivitĂ© d’outre-mer.

La Quadrature du Net, la Ligue des droits de l’homme, ainsi que des particuliers avaient rapidement attaquĂ© la dĂ©cision de blocage en justice, le qualifiant de « coup inĂ©dit et particuliĂšrement grave Ă  la libertĂ© d’expression en ligne Â». Ce 1á”‰Êł avril, le Conseil d’État a rendu sa dĂ©cision, dans laquelle il annule le blocage de TikTok.

Il souligne notamment que l’autoritĂ© administrative ne peut normalement interrompre un tel service « que si la loi le prĂ©voit compte tenu des atteintes qu’une telle mesure porte aux droits et libertĂ©s (notamment libertĂ© d’expression, libre communication des pensĂ©es et des opinions, droit Ă  la vie privĂ©e et familiale, libertĂ© du commerce et de l’industrie). Â»

Trois conditions Ă  la suspension

Au passage, l’institution prĂ©cise les conditions dans lesquelles un Premier ministre pourrait lĂ©galement interrompre « provisoirement Â» l’accĂšs Ă  un rĂ©seau social, « mĂȘme si la loi ne le prĂ©voit pas Â». Ces conditions sont au nombre de trois.

La suspension peut ĂȘtre dĂ©cidĂ©e « si la survenue de circonstances exceptionnelles la rend indispensable Â». Elle ne peut l’ĂȘtre « qu’à titre provisoire Â», Ă  condition « qu’aucun moyen technique ne permette de prendre immĂ©diatement des mesures alternatives moins attentatoires aux droits et libertĂ©s que l’interruption totale du service pour l’ensemble de ses utilisateurs Â». Enfin, cette suspension ne peut ĂȘtre mise en Ć“uvre que « pour une durĂ©e n’excĂ©dant pas celle requise pour rechercher et mettre en Ɠuvre ces mesures alternatives Â».

Durée indéterminée

En l’occurrence, si le Conseil d’État admet que la situation en Nouvelle-CalĂ©donie relevait bien des « circonstances exceptionnelles Â», dans la mesure oĂč les Ă©meutes ont entraĂźnĂ© des dĂ©cĂšs et des atteintes aux personnes et aux biens « d’une particuliĂšre gravitĂ© Â», il souligne que la suspension de TikTok dĂ©cidĂ©e par le Premier ministre d’alors, Gabriel Attal, l’a Ă©tĂ© sans indication de durĂ©e, et « sans subordonner son maintien Ă  l’impossibilitĂ© de mettre en Ɠuvre des mesures alternatives Â».

Le Conseil d’État juge ce blocage illĂ©gal, car ayant portĂ© « une atteinte disproportionnĂ©e aux droits et libertĂ©s invoquĂ©s par les requĂ©rants Â».

La suspension de TikTok en Nouvelle-Calédonie jugée illégale, mais pas impossible

Democracy
La suspension de TikTok en Nouvelle-Calédonie jugée illégale, mais pas impossible

Le Conseil d’État dĂ©clare illĂ©gal le blocage de TikTok imposĂ© Ă  la CalĂ©donie en mai 2024. Il prĂ©cise les conditions dans lesquelles une telle suspension pourrait ĂȘtre lĂ©gale.

En pleines Ă©meutes de contestation du projet gouvernemental de dĂ©gel Ă©lectoral, en Nouvelle-CalĂ©donie, le gouvernement avait dĂ©clarĂ© l’état d’urgence et suspendu l’accĂšs Ă  TikTok. À partir du 15 mai 2024 Ă  20 heures et pendant deux semaines, le rĂ©seau social n’était plus accessible depuis la collectivitĂ© d’outre-mer.

La Quadrature du Net, la Ligue des droits de l’homme, ainsi que des particuliers avaient rapidement attaquĂ© la dĂ©cision de blocage en justice, le qualifiant de « coup inĂ©dit et particuliĂšrement grave Ă  la libertĂ© d’expression en ligne Â». Ce 1á”‰Êł avril, le Conseil d’État a rendu sa dĂ©cision, dans laquelle il annule le blocage de TikTok.

Il souligne notamment que l’autoritĂ© administrative ne peut normalement interrompre un tel service « que si la loi le prĂ©voit compte tenu des atteintes qu’une telle mesure porte aux droits et libertĂ©s (notamment libertĂ© d’expression, libre communication des pensĂ©es et des opinions, droit Ă  la vie privĂ©e et familiale, libertĂ© du commerce et de l’industrie). Â»

Trois conditions Ă  la suspension

Au passage, l’institution prĂ©cise les conditions dans lesquelles un Premier ministre pourrait lĂ©galement interrompre « provisoirement Â» l’accĂšs Ă  un rĂ©seau social, « mĂȘme si la loi ne le prĂ©voit pas Â». Ces conditions sont au nombre de trois.

La suspension peut ĂȘtre dĂ©cidĂ©e « si la survenue de circonstances exceptionnelles la rend indispensable Â». Elle ne peut l’ĂȘtre « qu’à titre provisoire Â», Ă  condition « qu’aucun moyen technique ne permette de prendre immĂ©diatement des mesures alternatives moins attentatoires aux droits et libertĂ©s que l’interruption totale du service pour l’ensemble de ses utilisateurs Â». Enfin, cette suspension ne peut ĂȘtre mise en Ć“uvre que « pour une durĂ©e n’excĂ©dant pas celle requise pour rechercher et mettre en Ɠuvre ces mesures alternatives Â».

Durée indéterminée

En l’occurrence, si le Conseil d’État admet que la situation en Nouvelle-CalĂ©donie relevait bien des « circonstances exceptionnelles Â», dans la mesure oĂč les Ă©meutes ont entraĂźnĂ© des dĂ©cĂšs et des atteintes aux personnes et aux biens « d’une particuliĂšre gravitĂ© Â», il souligne que la suspension de TikTok dĂ©cidĂ©e par le Premier ministre d’alors, Gabriel Attal, l’a Ă©tĂ© sans indication de durĂ©e, et « sans subordonner son maintien Ă  l’impossibilitĂ© de mettre en Ɠuvre des mesures alternatives Â».

Le Conseil d’État juge ce blocage illĂ©gal, car ayant portĂ© « une atteinte disproportionnĂ©e aux droits et libertĂ©s invoquĂ©s par les requĂ©rants Â».

☕ DerriĂšre la viralitĂ© d’une fausse vidĂ©o du Figaro, une possible Ă©volution de l’opĂ©ration Matriochka

DiffusĂ©e le 20 mars, une fausse vidĂ©o du Figaro a rencontrĂ© un Ă©cho inĂ©dit sur les rĂ©seaux X et TikTok. Alors qu’Emmanuel Macron et Vladimir Poutine s’opposent, la vidĂ©o affirme que « 71 % des Français sont convaincus que leur vie serait meilleure si le prĂ©sident français Ă©tait Poutine Â».

Le logo, la charte éditoriale
 la vidéo est en tout point similaire à une production du Figaro, mais tout est faux, comme le soulignera le journaliste en charge des réseaux sociaux du Figaro Jean-Baptiste Semerdjian.

Matriochka version Flock

Copier des mĂ©dias installĂ©s pour diffuser de la dĂ©sinformation, le modus operandi est typique de l’opĂ©ration Matriochka, qui sĂ©vit depuis un an et demi dans l’espace informationnel français.

Mais le projet d’opposants russes Bot Blocker (@antibot4navalny / @antibot4navalny.bsky.social), qui Ɠuvre rĂ©guliĂšrement Ă  documenter ces opĂ©rations, relĂšve ici une spĂ©cificitĂ© : la rĂ©ponse d’un internaute rĂ©el, trompĂ© par la vidĂ©o, est rapidement devenue plus virale que la publication initiale du faux.

En effet, « pour la premiĂšre fois, la rĂ©ponse d’un utilisateur en tant que telle a Ă©tĂ© amplifiĂ©e par les robots Matrioshka, alors qu’auparavant, ils se concentraient exclusivement sur les faux visuels qu’ils crĂ©aient eux-mĂȘmes Â», indique @antibot4navalny.

En pratique, les bots liĂ©s aux comptes pilotant l’opĂ©ration sont allĂ©s dĂ©multiplier l’audience de publication d’internautes lĂ©gitimes sur Telegram, TikTok et Twitter, pour augmenter la portĂ©e de leurs rĂ©actions, entrainant Ă  leur suite d’autres internautes lĂ©gitimes.

☕ DerriĂšre la viralitĂ© d’une fausse vidĂ©o du Figaro, une possible Ă©volution de l’opĂ©ration Matriochka

DiffusĂ©e le 20 mars, une fausse vidĂ©o du Figaro a rencontrĂ© un Ă©cho inĂ©dit sur les rĂ©seaux X et TikTok. Alors qu’Emmanuel Macron et Vladimir Poutine s’opposent, la vidĂ©o affirme que « 71 % des Français sont convaincus que leur vie serait meilleure si le prĂ©sident français Ă©tait Poutine Â».

Le logo, la charte éditoriale
 la vidéo est en tout point similaire à une production du Figaro, mais tout est faux, comme le soulignera le journaliste en charge des réseaux sociaux du Figaro Jean-Baptiste Semerdjian.

Matriochka version Flock

Copier des mĂ©dias installĂ©s pour diffuser de la dĂ©sinformation, le modus operandi est typique de l’opĂ©ration Matriochka, qui sĂ©vit depuis un an et demi dans l’espace informationnel français.

Mais le projet d’opposants russes Bot Blocker (@antibot4navalny / @antibot4navalny.bsky.social), qui Ɠuvre rĂ©guliĂšrement Ă  documenter ces opĂ©rations, relĂšve ici une spĂ©cificitĂ© : la rĂ©ponse d’un internaute rĂ©el, trompĂ© par la vidĂ©o, est rapidement devenue plus virale que la publication initiale du faux.

En effet, « pour la premiĂšre fois, la rĂ©ponse d’un utilisateur en tant que telle a Ă©tĂ© amplifiĂ©e par les robots Matrioshka, alors qu’auparavant, ils se concentraient exclusivement sur les faux visuels qu’ils crĂ©aient eux-mĂȘmes Â», indique @antibot4navalny.

En pratique, les bots liĂ©s aux comptes pilotant l’opĂ©ration sont allĂ©s dĂ©multiplier l’audience de publication d’internautes lĂ©gitimes sur Telegram, TikTok et Twitter, pour augmenter la portĂ©e de leurs rĂ©actions, entrainant Ă  leur suite d’autres internautes lĂ©gitimes.

US : le DOGE veut migrer le code de la Sécurité sociale en urgence. Il est écrit en COBOL.

Mainframe
US : le DOGE veut migrer le code de la Sécurité sociale en urgence. Il est écrit en COBOL.

Le DOGE veut migrer les systĂšmes de la SĂ©curitĂ© sociale des États-Unis en quelques mois. Ces derniers sont codĂ©s en COBOL, un langage ancien et dĂ©sormais peu programmĂ©, mais rĂ©putĂ© pour sa robustesse.

Le « dĂ©partement de l’efficacitĂ© gouvernementale Â» des États-Unis (DOGE) est en train de constituer une Ă©quipe pour migrer l’intĂ©gralitĂ© des systĂšmes de la SĂ©curitĂ© Social locale en quelques mois. L’idĂ©e : se dĂ©faire des langages de programmation anciens sur lesquels ces systĂšmes reposent.

Le risque, comme le rapporte Wired : menacer l’intĂ©gritĂ© de la totalitĂ© de l’architecture, et les allocations perçues par des dizaines de millions de personnes au passage. En pratique, le fidĂšle d’Elon Musk Steve Davis travaille dĂ©jĂ  Ă  sortir les systĂšmes de leur dĂ©pendance au langage COBOL.

COBOL : 66 bougies

À la suite des censures opĂ©rĂ©es par le gouvernement Trump, au moins un des sites qui saluait le travail de Grace Hopper est dĂ©sormais hors ligne. Mais c’est bien cette docteure en mathĂ©matiques devenue informaticienne dans la Marine Ă©tats-unienne qui a crĂ©Ă© en 1959, avec les Ă©quipes du consortium sur les langages de systĂšmes de donnĂ©es (CODASYL), le COBOL (Common business oriented language). Comme son nom l’indique, il s’agissait de fournir un langage commun aux applications professionnelles.

Dans les vingt annĂ©es qui suivent, le COBOL, standardisĂ© en 1968, est adoptĂ© dans les administrations, le secteur bancaire, l’aviation, et ailleurs. 66 ans plus tard (et deux ans aprĂšs sa derniĂšre mise Ă  jour ISO/IEC 1989:2023), il a Ă©tĂ© dĂ©laissĂ© au profit de langages plus simples Ă  manier pour quantitĂ©s d’applications. Il garde toutefois de fidĂšles adeptes dans des secteurs critiques, dont les banques ou les administrations (y compris nos impĂŽts ou notre Caisse d’Allocations familiales). En 2020, 80 % des transactions interpersonnelles rĂ©alisĂ©es aux États-Unis reposaient sur du COBOL, d’aprĂšs Wealthsimple Magazine.

Les raisons du maintien du langage sont doubles : des enjeux de sĂ©curitĂ© et de performance – COBOL a notamment Ă©tĂ© crĂ©Ă© pour gĂ©rer rapidement de trĂšs grosses sommes de « transactions Â» – et son usage mĂȘme, qui concerne gĂ©nĂ©ralement des applications centrales, vouĂ©es Ă  rester en place une fois crĂ©Ă©es.

Le problĂšme que cela pose : la pĂ©nurie de connaisseurs du COBOL force certaines entreprises Ă  sortir d’anciens programmeurs de leur retraite pour les aider Ă  faire Ă©voluer leurs systĂšmes. Pour se reprĂ©senter l’enjeu, des personnes qui sortaient du lycĂ©e en 1969 et devenaient programmeuses de COBOL partaient gĂ©nĂ©ralement Ă  la retraite Ă  la fin des annĂ©es 2000, une fois la soixantaine atteinte.

5 ans pour le précédent projet de migration

C’est pour toutes ces raisons que le projet du DOGE soulĂšve des questions. AuprĂšs de Wired, de nombreux experts soulignent qu’une migration de l’ampleur prĂ©vue serait, de toutes maniĂšres, un projet Ă©norme et risquĂ© – l’infrastructure de la SĂ©curitĂ© sociale contient plus de 60 millions de lignes de codes en COBOL. Sa logique interne – c’est-Ă -dire les procĂ©dĂ©s qui fournissent des codes de SĂ©curitĂ© sociale, gĂšrent les paiements et calculent les montants Ă  verser – est elle-mĂȘme Ă©crite en COBOL.

Dans le contexte actuel, la SĂ©curitĂ© sociale Ă©tats-unienne est dĂ©jĂ  sous pression : visĂ©e par des accusations de fraudes par Elon Musk lui-mĂȘme – dont plusieurs des allĂ©gations se sont nĂ©anmoins prouvĂ©es, au mieux, trompeuses –, l’institution est spĂ©cifiquement visĂ©e par d’intenses coupes budgĂ©taires. Depuis quelques semaines, son site web se retrouve frĂ©quemment hors ligne, et l’attente tĂ©lĂ©phonique s’allonge, au point que le Washington Post parle de « chaos Â».

Surtout, de prĂ©cĂ©dents projets de migration ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© envisagĂ©s, et la tĂąche s’avĂ©rait alors bien plus ardue qu’un projet de quelques mois. En 2017, l’agence avait elle-mĂȘme annoncĂ© un projet de remplacement de son systĂšme cƓur, pour lequel elle cherchait des financements de centaines de millions de dollars. La durĂ©e annoncĂ©e du chantier, remplacĂ© par des projets plus orientĂ©s vers le public en raison de la pandĂ©mie, Ă©tait de cinq ans.

Et puis vient la question de l’efficacitĂ©, comme le dĂ©taille le journaliste Clive Thompson. Si des acteurs bancaires ou administratifs maintiennent leurs activitĂ©s en COBOL malgrĂ© son anciennetĂ©, c’est bien qu’ils ont pesĂ© les risques. Le langage, on l’a dit, est trĂšs rapide. Par ailleurs, un nouveau systĂšme crĂ©Ă© en quelques mois pour la SĂ©curitĂ© sociale a toutes les chances d’ĂȘtre plein de bugs, donc de planter en de multiples endroits. L’anciennetĂ© du COBOL, en la matiĂšre, joue en sa faveur : au fil des dĂ©cennies, les programmeurs ont eu le temps de dĂ©buger rĂ©guliĂšrement.

Chez Next, on aimerait bien discuter avec des mainteneurs de mainframes et autres adeptes de COBOL français ou europĂ©ens. Des contacts Ă  nous recommander ?

Obsolescence : 2 personnes sur 5 vivraient avec un smartphone dysfonctionnel en France

Right to repair
Obsolescence : 2 personnes sur 5 vivraient avec un smartphone dysfonctionnel en France

42 % des rĂ©pondants Ă  une Ă©tude menĂ©e par le projet Limites NumĂ©riques vivent avec un tĂ©lĂ©phone dysfonctionnel, le plus souvent Ă  cause de problĂ©matiques d’obsolescence logicielle.

En France en 2023, 42 % des gens vivaient avec un smartphone dysfonctionnel, selon un sondage MĂ©diamĂ©trie menĂ© auprĂšs de 1 000 personnes « reprĂ©sentatives d’une population de 50 000 personnes au sein de la population française Â» pour TĂ©lĂ©com Paris, l’UniversitĂ© de Toulouse, De Vinci Research Center et Limites NumĂ©riques, un projet qui s’intĂ©resse « aux choix de conception, aux usages et aux fonctions d’un numĂ©rique s’inscrivant dans les limites planĂ©taires Â».

Dans prÚs de deux cas sur trois, ces dysfonctionnements sont dus aux applications et logiciels installés sur les smartphones.

Des problĂšmes qui surviennent tĂŽt

Constatant que la fabrication est Ă  l’origine de la majeure partie de l’empreinte carbone des terminaux numĂ©rique, Limites NumĂ©riques s’est penchĂ© sur les raisons pour lesquelles nombre d’entre eux Ă©taient remplacĂ©s dans les deux ans et demi suivant leur acquisition. En 2023, la designeuse LĂ©a Mosesso contestait en effet, dans un mĂ©moire de recherche, l’hypothĂšse selon laquelle ces smartphones cessaient brusquement de fonctionner en raison d’une panne unique.

Avec 87 % de dĂ©tenteurs de smartphone de moins de 3 ans parmi les personnes interrogĂ©es, le prĂ©sent sondage montre que les problĂšmes logiciels apparaissent tĂŽt. Si 58 % des sondĂ©s n’ont rencontrĂ© aucun problĂšme, 42 % dĂ©clarent donc subir des problĂ©matiques logicielles, 34 % des enjeux matĂ©riels, et 23 % des problĂšmes complexes Ă  classer.

Les enjeux de batterie dĂ©gradĂ©e, de stockage saturĂ© et de lenteur sont en tĂȘte des problĂšmes relayĂ©s par les rĂ©pondants.

Surtout, ces problĂšmes surgissent tĂŽt : parmi l’intĂ©gralitĂ© des problĂ©matiques relevĂ©es, la moitiĂ© est apparue dĂšs la premiĂšre annĂ©e, prĂšs du quart dans la deuxiĂšme annĂ©e. Au-delĂ  de la quatriĂšme annĂ©e, oĂč environ 50 % des rĂ©pondants dĂ©clarent avoir rencontrĂ© au moins un problĂšme de smartphone, la probabilitĂ© de subir de nouveaux dysfonctionnements n’évolue quasiment plus, relĂšve encore Limites NumĂ©riques.

Des difficultés à réparer

Face Ă  ces dĂ©sagrĂ©ments, les sondĂ©s semblent relativement dĂ©semparĂ©s : les propriĂ©taires des smartphones n’ont pas tentĂ© de rĂ©soudre 42 % des problĂšmes relevĂ©s. Dans 43 % des cas, ils ont tentĂ© de rĂ©soudre leurs difficultĂ©s (le type d’enjeux que les usagers tentent le plus de rĂ©soudre sont ceux liĂ©s au stockage de leurs appareils). Dans plus de la moitiĂ© des cas, l’opĂ©ration s’est soldĂ©e par un Ă©chec.

Enfin, 15 % des problĂšmes se sont rĂ©solus par eux-mĂȘmes.

Des chiffres qui, en dĂ©finitive, traduisent la rĂ©solution de seulement un tiers des problĂšmes rencontrĂ©s sur les smartphones des personnes interrogĂ©es. Parmi les plus complexes Ă  rĂ©soudre : tous les enjeux liĂ©s Ă  l’écran, Ă  l’affichage et Ă  la dĂ©gradation de la batterie.

14,7 % des téléphones remplacés réellement inutilisables

Si 32 % des rĂ©pondants ayant rencontrĂ© au moins un problĂšme qualifient ces dĂ©sagrĂ©ments qu’ils rencontrent de « trĂšs gĂȘnants Â» et 47 % de « plutĂŽt gĂȘnants Â», beaucoup cohabitent avec. Principales raisons Ă©voquĂ©es : vouloir faire durer l’appareil le plus longtemps possible, et des enjeux de coĂ»ts (trop Ă©levĂ©s pour rĂ©parer ou remplacer l’appareil).

Cela dit, l’étude relĂšve une chute marquĂ©e de la cohabitation des propriĂ©taires de smartphone avec leur appareil au-delĂ  d’un mois lorsqu’ils ont tentĂ© de rĂ©soudre le problĂšme sans y parvenir. Cela « peut signifier qu’une partie des smartphones sont remplacĂ©s, et pas rĂ©parĂ©s Â», Ă©crivent les auteurs. Lorsque le tĂ©lĂ©phone finit par ĂȘtre remplacĂ©, indiquent encore les rĂ©pondants, il n’est totalement inutilisable que dans 14,7 % des cas.

En conclusion de son Ă©tude, Limites NumĂ©riques formule plusieurs recommandations, parmi lesquelles celle de demander aux fabricants une garantie logicielle de plusieurs annĂ©es ; celle de produire des applications plus lĂ©gĂšres pour Ă©viter la saturation du stockage des appareils ; proposer des paramĂštres permettant de contourner certains dysfonctionnements (comme les Ă©crans en partie cassĂ©s), et faciliter maintenance et rĂ©paration matĂ©rielle et logicielle.

☕ RecherchĂ©s par le FBI, deux informaticiens Ă©tats-uniens disparaissent dans la nature

Xiaofeng Wang, un informaticien spĂ©cialisĂ© depuis vingt ans dans la cryptographie, la cybersĂ©curitĂ© et la protection de la vie privĂ©e a disparu des radars. ‹

Ses comptes et tĂ©lĂ©phones professionnels ont Ă©tĂ© supprimĂ©s par son employeur, l’universitĂ© de l’Indiana.

L’universitĂ© a aussi supprimĂ© toutes les informations relatives Ă  sa femme Nianli Ma, qui travaillait comme analyste systĂšme principale et programmeuse au dĂ©partement des Library Technologies. ‹

Le FBI s’est par ailleurs rendu à leur domicile le 28 mars, sans que les raisons n’en soient connues, rapporte Ars Technica.

« Nous avons menĂ© des opĂ©rations de maintien de l’ordre, autorisĂ©es par le tribunal, dans des domiciles de Bloomington et de Carmel, a confirmĂ© une porte-parole du bureau du FBI Ă  Indianapolis, auprĂšs d’une radio locale. Nous n’avons aucun autre commentaire Ă  faire pour le moment. Â»

Une illustration d'aigle du FBI emportant clavier et souris

Xiaofeng Wang Ă©tait doyen associĂ© de la recherche Ă  la Luddy School of Informatics, Computing and Engineering de l’universitĂ© de l’Indiana, et fellow de l’Institute of Electrical and Electronics Engineers et de l’American Association for the Advancement of Science.

Il a par ailleurs signé de nombreux articles de recherche en cryptographie, sécurité des systÚmes, protection des données et protection des données génomiques.

Ce week-end, plusieurs des collÚgues du couple ont déclaré leur inquiétude sur les réseaux sociaux, et leur incompréhension de voir toutes les informations qui leur étaient relatives disparaßtre du site de leur employeur.

☕ RecherchĂ©s par le FBI, deux informaticiens Ă©tats-uniens disparaissent dans la nature

Xiaofeng Wang, un informaticien spĂ©cialisĂ© depuis vingt ans dans la cryptographie, la cybersĂ©curitĂ© et la protection de la vie privĂ©e a disparu des radars. ‹

Ses comptes et tĂ©lĂ©phones professionnels ont Ă©tĂ© supprimĂ©s par son employeur, l’universitĂ© de l’Indiana.

L’universitĂ© a aussi supprimĂ© toutes les informations relatives Ă  sa femme Nianli Ma, qui travaillait comme analyste systĂšme principale et programmeuse au dĂ©partement des Library Technologies. ‹

Le FBI s’est par ailleurs rendu à leur domicile le 28 mars, sans que les raisons n’en soient connues, rapporte Ars Technica.

« Nous avons menĂ© des opĂ©rations de maintien de l’ordre, autorisĂ©es par le tribunal, dans des domiciles de Bloomington et de Carmel, a confirmĂ© une porte-parole du bureau du FBI Ă  Indianapolis, auprĂšs d’une radio locale. Nous n’avons aucun autre commentaire Ă  faire pour le moment. Â»

Une illustration d'aigle du FBI emportant clavier et souris

Xiaofeng Wang Ă©tait doyen associĂ© de la recherche Ă  la Luddy School of Informatics, Computing and Engineering de l’universitĂ© de l’Indiana, et fellow de l’Institute of Electrical and Electronics Engineers et de l’American Association for the Advancement of Science.

Il a par ailleurs signé de nombreux articles de recherche en cryptographie, sécurité des systÚmes, protection des données et protection des données génomiques.

Ce week-end, plusieurs des collÚgues du couple ont déclaré leur inquiétude sur les réseaux sociaux, et leur incompréhension de voir toutes les informations qui leur étaient relatives disparaßtre du site de leur employeur.

La Chine, principale menace cyber pour les États-Unis

Signal-INT
La Chine, principale menace cyber pour les États-Unis

La Chine reste la principale cybermenace pour les États-Unis, estiment les services de renseignement du pays, en pleine tempĂȘte relative Ă  la publication d’informations hautement confidentielles dans une boucle Signal.

La Chine reste la plus grande menace cyber pour les États-Unis, selon le rapport d’ Â« Ă©valuation annuelle des menaces Â» des renseignements Ă©tats-uniens publiĂ© en amont de l’audition de leur directrice Tulsi Gabbard devant le SĂ©nat du pays.

Le document prĂ©cise que la Chine progresse de maniĂšre « rĂ©guliĂšre mais inĂ©gale Â» dans la constitution des capacitĂ©s qui pourraient lui permettre de s’emparer de TaĂŻwan, mais aussi que la Chine est en mesure de s’en prendre aux États-Unis tant avec des armes conventionnelles qu’en recourant Ă  des cyberattaques pour dĂ©truire ses infrastructures.

Le pays, indiquent les services de renseignement, « est l’acteur le plus Ă  mĂȘme de menacer les intĂ©rĂȘts des États-Unis au niveau mondial Â», quand bien mĂȘme il se prĂ©sente comme plus « prudent Â» que d’autres pays Ă©tudiĂ©s dans le rapport (dont la Russie, l’Iran ou la CorĂ©e du Nord).

L’IA au service de la dĂ©sinformation

Il souligne aussi la volontĂ© de PĂ©kin de devenir leader dans l’intelligence artificielle, devant les États-Unis, d’ici 2030. Du cĂŽtĂ© de ces technologies, les renseignements soulignent d’ailleurs la forte probabilitĂ© que l’armĂ©e de libĂ©ration chinoise recoure Ă  de grands modĂšles de langages pour crĂ©er de fausses informations, imiter des personnalitĂ©s rĂ©elles ou en crĂ©er de toutes piĂšces afin de faciliter la crĂ©ation de rĂ©seaux d’attaques.

Le pays est par ailleurs en train de dĂ©ployer « des moyens avancĂ©s tels que des missiles hypersoniques, des aĂ©ronefs furtifs, des sous-marins avancĂ©s, du matĂ©riel de guerre informatique et un arsenal croissant d’armes nuclĂ©aires Â».

Sur le plan cyber, les conclusions du rapport des services de renseignement Ă©tats-uniens sont relativement cohĂ©rentes avec les Ă©lĂ©ments relevĂ©s par l’ANSSI dans son panorama de la menace 2024. L’autoritĂ© française place cela dit la Chine aux cĂŽtĂ©s de la Russie, et de l’écosystĂšme cybercriminel, dans son classement des « principales menaces tant pour les systĂšmes d’information les plus critiques que pour l’écosystĂšme national de maniĂšre systĂ©mique Â».

La fuite des plans d’attaque Ă©tats-uniens, risque Ă  part entiĂšre

Les conclusions du document ont Ă©tĂ© dĂ©livrĂ©es au SĂ©nat des États-Unis, en pleine crise relative Ă  l’intĂ©gration semble-t-il erronĂ©e d’un journaliste de The Atlantic Ă  une boucle de discussion ultrasensible crĂ©Ă©e sur Signal.

Un accĂšs Ă  des informations aussi sensibles que les plans d’attaque Ă©tats-uniens serait, Ă©videmment, un avantage de taille pour des (cyber)attaquants du pays. En consĂ©quence, des sĂ©nateurs dĂ©mocrates se sont inquiĂ©tĂ©s qu’une telle faille de sĂ©curitĂ© avait de quoi motiver la Chine et la Russie Ă  redoubler d’efforts pour recruter des agents au sein de l’administration Ă©tats-unienne, et notamment des Ă©quipes en charge du renseignement. ‹‹

Une inquiĂ©tude d’autant plus justifiĂ©e que le chercheur de la Foundation for Defense of Democracies Max Lesser et Reuters viennent d’identifier un rĂ©seau de fausses agences de conseils et faux cabinets de recrutement tentant d’embaucher les employĂ©s de l’administration Ă©tats-unienne rĂ©cemment licenciĂ©s. D’aprĂšs Max Lesser, le mode opĂ©ratoire suit des techniques « bien Ă©tablies Â» utilisĂ©es dans de prĂ©cĂ©dentes opĂ©rations de renseignement chinoises.

La Chine, principale menace cyber pour les États-Unis

Signal-INT
La Chine, principale menace cyber pour les États-Unis

La Chine reste la principale cybermenace pour les États-Unis, estiment les services de renseignement du pays, en pleine tempĂȘte relative Ă  la publication d’informations hautement confidentielles dans une boucle Signal.

La Chine reste la plus grande menace cyber pour les États-Unis, selon le rapport d’ Â« Ă©valuation annuelle des menaces Â» des renseignements Ă©tats-uniens publiĂ© en amont de l’audition de leur directrice Tulsi Gabbard devant le SĂ©nat du pays.

Le document prĂ©cise que la Chine progresse de maniĂšre « rĂ©guliĂšre mais inĂ©gale Â» dans la constitution des capacitĂ©s qui pourraient lui permettre de s’emparer de TaĂŻwan, mais aussi que la Chine est en mesure de s’en prendre aux États-Unis tant avec des armes conventionnelles qu’en recourant Ă  des cyberattaques pour dĂ©truire ses infrastructures.

Le pays, indiquent les services de renseignement, « est l’acteur le plus Ă  mĂȘme de menacer les intĂ©rĂȘts des États-Unis au niveau mondial Â», quand bien mĂȘme il se prĂ©sente comme plus « prudent Â» que d’autres pays Ă©tudiĂ©s dans le rapport (dont la Russie, l’Iran ou la CorĂ©e du Nord).

L’IA au service de la dĂ©sinformation

Il souligne aussi la volontĂ© de PĂ©kin de devenir leader dans l’intelligence artificielle, devant les États-Unis, d’ici 2030. Du cĂŽtĂ© de ces technologies, les renseignements soulignent d’ailleurs la forte probabilitĂ© que l’armĂ©e de libĂ©ration chinoise recoure Ă  de grands modĂšles de langages pour crĂ©er de fausses informations, imiter des personnalitĂ©s rĂ©elles ou en crĂ©er de toutes piĂšces afin de faciliter la crĂ©ation de rĂ©seaux d’attaques.

Le pays est par ailleurs en train de dĂ©ployer « des moyens avancĂ©s tels que des missiles hypersoniques, des aĂ©ronefs furtifs, des sous-marins avancĂ©s, du matĂ©riel de guerre informatique et un arsenal croissant d’armes nuclĂ©aires Â».

Sur le plan cyber, les conclusions du rapport des services de renseignement Ă©tats-uniens sont relativement cohĂ©rentes avec les Ă©lĂ©ments relevĂ©s par l’ANSSI dans son panorama de la menace 2024. L’autoritĂ© française place cela dit la Chine aux cĂŽtĂ©s de la Russie, et de l’écosystĂšme cybercriminel, dans son classement des « principales menaces tant pour les systĂšmes d’information les plus critiques que pour l’écosystĂšme national de maniĂšre systĂ©mique Â».

La fuite des plans d’attaque Ă©tats-uniens, risque Ă  part entiĂšre

Les conclusions du document ont Ă©tĂ© dĂ©livrĂ©es au SĂ©nat des États-Unis, en pleine crise relative Ă  l’intĂ©gration semble-t-il erronĂ©e d’un journaliste de The Atlantic Ă  une boucle de discussion ultrasensible crĂ©Ă©e sur Signal.

Un accĂšs Ă  des informations aussi sensibles que les plans d’attaque Ă©tats-uniens serait, Ă©videmment, un avantage de taille pour des (cyber)attaquants du pays. En consĂ©quence, des sĂ©nateurs dĂ©mocrates se sont inquiĂ©tĂ©s qu’une telle faille de sĂ©curitĂ© avait de quoi motiver la Chine et la Russie Ă  redoubler d’efforts pour recruter des agents au sein de l’administration Ă©tats-unienne, et notamment des Ă©quipes en charge du renseignement. ‹‹

Une inquiĂ©tude d’autant plus justifiĂ©e que le chercheur de la Foundation for Defense of Democracies Max Lesser et Reuters viennent d’identifier un rĂ©seau de fausses agences de conseils et faux cabinets de recrutement tentant d’embaucher les employĂ©s de l’administration Ă©tats-unienne rĂ©cemment licenciĂ©s. D’aprĂšs Max Lesser, le mode opĂ©ratoire suit des techniques « bien Ă©tablies Â» utilisĂ©es dans de prĂ©cĂ©dentes opĂ©rations de renseignement chinoises.

Désinformation : comment Viginum lutte contre les ingérences numériques étrangÚres

Sel sur les plaies
Désinformation : comment Viginum lutte contre les ingérences numériques étrangÚres

Portal Kombat, Matriochka, Olympia
 En matiĂšre d’opĂ©rations de dĂ©sinformation, Next relaie rĂ©guliĂšrement les travaux de Viginum. Mais comment fonctionne rĂ©ellement ce service placĂ© sous les ordres du Premier ministre ?

Ses travaux ont permis de mieux comprendre les campagnes de dĂ©stabilisation opĂ©rĂ©es pendant les Jeux Olympiques, de dĂ©tailler l’ingĂ©rence russe dans l’espace informationnel depuis le dĂ©but de la guerre en Ukraine, ou encore de comprendre qui accentue la promotion des discours indĂ©pendantistes d’outre-mer. Mais comment fonctionne Viginum, le service de vigilance et protection contre les ingĂ©rences numĂ©riques Ă©trangĂšres crĂ©Ă© en 2021 ?

Pour rĂ©pondre Ă  cette question, Next s’est rendu dans les bureaux de ce service dĂ©pendant du SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral de la dĂ©fense et de la sĂ©curitĂ© nationale (SGDSN) un aprĂšs-midi de mars, dans l’un de ces immeubles anonymes oĂč se logent Ă©tage aprĂšs Ă©tage des plateaux de bureaux. « Notre mission est de rĂ©aliser de l’investigation pour dĂ©tecter et caractĂ©riser de l’ingĂ©rence numĂ©rique Ă©trangĂšre Â» explique Anne-Sophie Dhiver, ancienne de Google et cheffe de service adjointe de Viginum depuis mai 2024.

Et d’expliquer que les acteurs de la menace informationnelle « nous connaissant trĂšs bien en tant que sociĂ©tĂ© : ils cherchent nos lignes de fracture, ils mettent du sel sur les plaies Â» — une logique bien illustrĂ©e par l’affaire des Ă©toiles de David, peintes sur les murs de Paris peu aprĂšs l’attaque du Hamas en IsraĂ«l, trĂšs probablement par des acteurs pro-russes, pour attiser les conflits.

En termes de dĂ©sinformation, Viginum identifie « deux niveaux de pression. Un stratĂ©gique, liĂ© au contexte gĂ©opolitique, aux conflits en cours Â», qui font par eux-mĂȘmes peser une menace sur le dĂ©bat, et un « systĂ©mique, liĂ© aux Ă©volutions technologiques, en particulier au fonctionnement des plateformes Â».


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☕ Silicon Valley : les inĂ©galitĂ©s crĂ©ent les « conditions de l’instabilitĂ© et de la rĂ©volte »

Dans le berceau de la tech occidentale, les inĂ©galitĂ©s de richesse n’ont jamais Ă©tĂ© aussi fortes, selon le Silicon Valley Index.

Produit par Joint Venture Silicon Valley, un think tank qui s’intĂ©resse depuis 1993 Ă  la santĂ© Ă©conomique de la rĂ©gion californienne, le document constate que 9 milliardaires possĂšdent 15 fois plus de liquiditĂ©s que la moitiĂ© de la population de cette zone de 200 kmÂČ.

À eux neuf (parmi lesquels Mark Zuckerberg, patron de Meta, Larry Page et Sergey Brin, fondateurs de Google, Jan Koum, cofondateur de WhatsApp, Jensen Huang, patron de NVIDIA, ou Laurene Powell Jobs, philanthrope et veuve du fondateur d’Apple), ils dĂ©tiennent 150 milliards de dollars, quand 447 000 foyers voisins s’en partagent 10 milliards.

Au total, la pĂ©ninsule compte 56 milliardaires et 145 000 millionnaires, et 1 % des mĂ©nages les plus aisĂ©s (9 000 foyers) dĂ©tiennent 42 % de la richesse de la rĂ©gion.

À l’opposĂ© du spectre, 30 % des foyers ont besoin d’une aide extĂ©rieure pour vivre, et 10 % vivent avec moins de 5 000 dollars par an.

Un contexte qui crĂ©e « les conditions de l’instabilitĂ© et de la rĂ©volte Â», a alertĂ© le prĂ©sident du Joint Venture Silicon Valley dĂ©but mars.

☕ Silicon Valley : les inĂ©galitĂ©s crĂ©ent les « conditions de l’instabilitĂ© et de la rĂ©volte »

Dans le berceau de la tech occidentale, les inĂ©galitĂ©s de richesse n’ont jamais Ă©tĂ© aussi fortes, selon le Silicon Valley Index.

Produit par Joint Venture Silicon Valley, un think tank qui s’intĂ©resse depuis 1993 Ă  la santĂ© Ă©conomique de la rĂ©gion californienne, le document constate que 9 milliardaires possĂšdent 15 fois plus de liquiditĂ©s que la moitiĂ© de la population de cette zone de 200 kmÂČ.

À eux neuf (parmi lesquels Mark Zuckerberg, patron de Meta, Larry Page et Sergey Brin, fondateurs de Google, Jan Koum, cofondateur de WhatsApp, Jensen Huang, patron de NVIDIA, ou Laurene Powell Jobs, philanthrope et veuve du fondateur d’Apple), ils dĂ©tiennent 150 milliards de dollars, quand 447 000 foyers voisins s’en partagent 10 milliards.

Au total, la pĂ©ninsule compte 56 milliardaires et 145 000 millionnaires, et 1 % des mĂ©nages les plus aisĂ©s (9 000 foyers) dĂ©tiennent 42 % de la richesse de la rĂ©gion.

À l’opposĂ© du spectre, 30 % des foyers ont besoin d’une aide extĂ©rieure pour vivre, et 10 % vivent avec moins de 5 000 dollars par an.

Un contexte qui crĂ©e « les conditions de l’instabilitĂ© et de la rĂ©volte Â», a alertĂ© le prĂ©sident du Joint Venture Silicon Valley dĂ©but mars.

La dĂ©matĂ©rialisation rĂ©duit l’accĂšs aux droits, alerte (encore) la DĂ©fenseure des droits

Possible de parler Ă  un agent, svp ?
La dĂ©matĂ©rialisation rĂ©duit l’accĂšs aux droits, alerte (encore) la DĂ©fenseure des droits

Augmentation des discriminations et dĂ©matĂ©rialisation mal dĂ©ployĂ©e, telle sont les deux tendances contre lesquelles la DĂ©fenseure des droits alerte dans son rapport annuel sur l’activitĂ© 2024.

Un « sursaut collectif Â». C’est ce que voudrait susciter la DĂ©fenseure des droits, pour prĂ©venir et lutter contre l’ Â« augmentation prĂ©occupante Â» des discriminations en France et renverser le « renoncement face Ă  la promesse rĂ©publicaine d’égalitĂ© Â» qu’elle constate sur le terrain.

Dans son rapport annuel publiĂ© ce 25 mars, la DĂ©fenseure des droits dĂ©clare son inquiĂ©tude devant l’augmentation du nombre de victimes de discrimination, principalement visĂ©es en raison de leur origine et de leur religion. En parallĂšle, elle relĂšve la baisse du nombre de saisines liĂ©es Ă  ces motifs, et alerte contre la tendance selon laquelle de nombreuses victimes « renoncent Ă  faire-valoir leurs droits en raison de la complexitĂ© des dĂ©marches, de la peur des reprĂ©sailles, d’une mĂ©connaissance de leurs droits, ou encore d’un sentiment de dĂ©couragement Â».

Outre l’essoufflement des politiques publiques concernant la lutte contre les discriminations « depuis une vingtaine d’annĂ©es Â», elle souligne le rĂŽle trĂšs clair de la dĂ©matĂ©rialisation, dĂ©ploiement d’outils algorithmiques compris, dans les difficultĂ©s croissantes des usagers. Elle constate notamment « l’incapacitĂ© des solutions entiĂšrement dĂ©matĂ©rialisĂ©es Ă  s’adapter aux spĂ©cificitĂ©s des situations individuelles Â».

RĂ©clamations dĂ©multipliĂ©es avec le dĂ©ploiement de l’administration numĂ©rique pour les Ă©trangers

Plus d’une rĂ©clamation sur trois (37 %) sont dĂ©sormais liĂ©es aux difficultĂ©s rencontrĂ©es par les usagers ressortissants Ă©trangers, lorsqu’ils essaient d’obtenir ou de renouveler leurs titres de sĂ©jour en ligne. L’autoritĂ© prĂ©cise avoir vu les difficultĂ©s « nettement aggravĂ©es depuis le dĂ©ploiement de l’Administration numĂ©rique pour les Ă©trangers en France (ANEF) Â» – en 2019, ce sujet spĂ©cifique ne reprĂ©sentait que 10 % du total des rĂ©clamations reçues.

En pratique, la plateforme ne permet ni de corriger, ni de modifier la demande. Quant aux dĂ©lais de rĂ©ponse opaque, ils ont conduit des milliers de personnes Ă  perdre leurs droits sociaux ou leur travail Ă  cause d’un renouvellement ou d’une obtention trop lente du fameux sĂ©same qu’est le titre de sĂ©jour, comme le dĂ©taillait plus prĂ©cisĂ©ment un rapport de dĂ©cembre 2024.

DĂ©rivatif Ă  l’impossibilitĂ© de contacter un agent du service public

Dans ce rapport-ci, l’institution prĂ©cise que plus de 90 % des rĂ©clamations reçues concernent les questions de relations des usagers au service public. L’augmentation continuelle de ces demandes, explique-t-elle, « montre que l’institution supplĂ©e de plus en plus Ă  la difficultĂ© Ă  entrer en contact avec un agent de service public dotĂ© des prĂ©rogatives nĂ©cessaires pour rĂ©soudre les litiges ou les blocages Â».

Elle souligne par ailleurs le rĂŽle du dĂ©ploiement de systĂšmes algorithmiques dans les problĂ©matiques observĂ©es. Dans un travail publiĂ© en novembre 2024, l’autoritĂ© soulignait dĂ©jĂ  la nĂ©cessitĂ© de prĂ©server l’intervention humaine dans les prises de dĂ©cision, et celle de rendre ces dĂ©cisions transparentes vis-Ă -vis des usagers et principaux concernĂ©s.

Le rapport 2024 de la DĂ©fenseure des droits est enfin l’occasion de revenir sur les effets concrets du changement climatique sur la population française. L’autoritĂ© a en effet eu Ă  traiter plusieurs rĂ©clamations sur le sujet, notamment relatives aux questions d’usages de l’eau ou de lutte contre les incendies et les inondations. En novembre, elle se penchait par ailleurs sur les risques spĂ©cifiques auxquels les enfants sont exposĂ©es en raison de la crise climatique.

La dĂ©matĂ©rialisation rĂ©duit l’accĂšs aux droits, alerte (encore) la DĂ©fenseure des droits

Possible de parler Ă  un agent, svp ?
La dĂ©matĂ©rialisation rĂ©duit l’accĂšs aux droits, alerte (encore) la DĂ©fenseure des droits

Augmentation des discriminations et dĂ©matĂ©rialisation mal dĂ©ployĂ©e, telle sont les deux tendances contre lesquelles la DĂ©fenseure des droits alerte dans son rapport annuel sur l’activitĂ© 2024.

Un « sursaut collectif Â». C’est ce que voudrait susciter la DĂ©fenseure des droits, pour prĂ©venir et lutter contre l’ Â« augmentation prĂ©occupante Â» des discriminations en France et renverser le « renoncement face Ă  la promesse rĂ©publicaine d’égalitĂ© Â» qu’elle constate sur le terrain.

Dans son rapport annuel publiĂ© ce 25 mars, la DĂ©fenseure des droits dĂ©clare son inquiĂ©tude devant l’augmentation du nombre de victimes de discrimination, principalement visĂ©es en raison de leur origine et de leur religion. En parallĂšle, elle relĂšve la baisse du nombre de saisines liĂ©es Ă  ces motifs, et alerte contre la tendance selon laquelle de nombreuses victimes « renoncent Ă  faire-valoir leurs droits en raison de la complexitĂ© des dĂ©marches, de la peur des reprĂ©sailles, d’une mĂ©connaissance de leurs droits, ou encore d’un sentiment de dĂ©couragement Â».

Outre l’essoufflement des politiques publiques concernant la lutte contre les discriminations « depuis une vingtaine d’annĂ©es Â», elle souligne le rĂŽle trĂšs clair de la dĂ©matĂ©rialisation, dĂ©ploiement d’outils algorithmiques compris, dans les difficultĂ©s croissantes des usagers. Elle constate notamment « l’incapacitĂ© des solutions entiĂšrement dĂ©matĂ©rialisĂ©es Ă  s’adapter aux spĂ©cificitĂ©s des situations individuelles Â».

RĂ©clamations dĂ©multipliĂ©es avec le dĂ©ploiement de l’administration numĂ©rique pour les Ă©trangers

Plus d’une rĂ©clamation sur trois (37 %) sont dĂ©sormais liĂ©es aux difficultĂ©s rencontrĂ©es par les usagers ressortissants Ă©trangers, lorsqu’ils essaient d’obtenir ou de renouveler leurs titres de sĂ©jour en ligne. L’autoritĂ© prĂ©cise avoir vu les difficultĂ©s « nettement aggravĂ©es depuis le dĂ©ploiement de l’Administration numĂ©rique pour les Ă©trangers en France (ANEF) Â» – en 2019, ce sujet spĂ©cifique ne reprĂ©sentait que 10 % du total des rĂ©clamations reçues.

En pratique, la plateforme ne permet ni de corriger, ni de modifier la demande. Quant aux dĂ©lais de rĂ©ponse opaque, ils ont conduit des milliers de personnes Ă  perdre leurs droits sociaux ou leur travail Ă  cause d’un renouvellement ou d’une obtention trop lente du fameux sĂ©same qu’est le titre de sĂ©jour, comme le dĂ©taillait plus prĂ©cisĂ©ment un rapport de dĂ©cembre 2024.

DĂ©rivatif Ă  l’impossibilitĂ© de contacter un agent du service public

Dans ce rapport-ci, l’institution prĂ©cise que plus de 90 % des rĂ©clamations reçues concernent les questions de relations des usagers au service public. L’augmentation continuelle de ces demandes, explique-t-elle, « montre que l’institution supplĂ©e de plus en plus Ă  la difficultĂ© Ă  entrer en contact avec un agent de service public dotĂ© des prĂ©rogatives nĂ©cessaires pour rĂ©soudre les litiges ou les blocages Â».

Elle souligne par ailleurs le rĂŽle du dĂ©ploiement de systĂšmes algorithmiques dans les problĂ©matiques observĂ©es. Dans un travail publiĂ© en novembre 2024, l’autoritĂ© soulignait dĂ©jĂ  la nĂ©cessitĂ© de prĂ©server l’intervention humaine dans les prises de dĂ©cision, et celle de rendre ces dĂ©cisions transparentes vis-Ă -vis des usagers et principaux concernĂ©s.

Le rapport 2024 de la DĂ©fenseure des droits est enfin l’occasion de revenir sur les effets concrets du changement climatique sur la population française. L’autoritĂ© a en effet eu Ă  traiter plusieurs rĂ©clamations sur le sujet, notamment relatives aux questions d’usages de l’eau ou de lutte contre les incendies et les inondations. En novembre, elle se penchait par ailleurs sur les risques spĂ©cifiques auxquels les enfants sont exposĂ©es en raison de la crise climatique.

Accidents, burn-out : ce que les plateformes numériques font peser sur les livreurs

gefÀrlich
Accidents, burn-out : ce que les plateformes numériques font peser sur les livreurs

Accidents, risques psychosociaux, incertitude des revenus
 L’Anses livre un rapport dans lequel elle dĂ©taille les risques sanitaires Ă©levĂ©s qui pĂšse sur les livreurs travaillant pour les plateformes de l’économie numĂ©rique.

« Vent, pluie, escalier
 Tout ça pour 2,63 â‚Ź ? Â» Tel Ă©tait l’un des slogans des livreurs de plateformes comme Uber Eats, Stuart ou Deliveroo, qui manifestaient le 18 mars dans plusieurs villes de France. À l’appel de l’Union des livreurs indĂ©pendants, de la CGT Livreurs, de la FĂ©dĂ©ration nationale des auto-entrepreneurs et de Sud Livreurs, des travailleurs de plateformes de livraison ont manifestĂ© dans plusieurs villes de France pour rĂ©clamer de meilleures conditions de travail.

À leur appui, l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient de publier un avis (.pdf) et un rapport de 268 pages (.pdf) sur les risques sanitaires que ces livreurs – majoritairement des hommes – rencontrent dans leur travail. Depuis octobre 2023, estime Union indĂ©pendants, les livreurs ont subi une perte de 25 % de chiffre d’affaires.

Des sociétés qui se considÚrent simples intermédiaires

L’avis rendu par l’Anses rĂ©pond, lui, Ă  une saisine initiĂ©e par la CGT en 2021. S’appuyant sur la littĂ©rature acadĂ©mique, la littĂ©rature grise et l’audition d’acteurs concernĂ©s, l’Anses a Ă©tudiĂ© les risques subis par les livreurs. Elle s’est penchĂ©e aussi bien sur les modĂšles Ă©conomiques des plateformes utilisĂ©es que sur les facteurs extĂ©rieurs (notamment relatifs Ă  l’environnement urbain) et l’interaction entre les deux.

En termes de modĂšle Ă©conomique et de positionnement, l’Anses commence par constater que les plateformes d’emploi, type Uber, Deliveroo ou autre, « se sont toujours revendiquĂ©es comme de simples intermĂ©diaires numĂ©riques, des « places de marchĂ© Â», facilitant des transactions entre tiers Â». Ce cadrage leur permet de se considĂ©rer « dĂ©chargĂ©es de toute rĂ©elle responsabilitĂ©, que ce soit dans le dĂ©roulement de la prestation ou vis-Ă -vis des conditions de travail des livreurs Â».

Pour attirer des forces vives, l’agence rappelle aussi comment, Ă  leur lancement, « soutenues par d’importantes levĂ©es de fonds Â», ces plateformes ont commencĂ© par proposer « des conditions de rĂ©munĂ©ration attractives aux livreurs afin de constituer une « flotte Â» indispensable Ă  leur fonctionnement. Â» Une fois le marchĂ© stabilisĂ©, elles ont modifiĂ© leurs pratiques pour ne plus payer Ă  l’heure, mais Ă  la course, rendre la rĂ©munĂ©ration variable en fonction de la distance, voire dĂ©couper les tĂąches (rĂ©cupĂ©ration de la commande, livraison). Autant d’élĂ©ments qui sont venus crĂ©er une incertitude dans les revenus que les livreurs pourraient percevoir.

En parallĂšle, trois gĂ©nĂ©rations de livreurs se sont enchaĂźnĂ©es : aux individus relativement sportifs et cherchant Ă  Ă©viter le travail de bureau des dĂ©buts, ont succĂ©dĂ© des personnes ayant des difficultĂ©s Ă  s’insĂ©rer sur le marchĂ© de l’emploi. À l’heure actuelle, la troisiĂšme « gĂ©nĂ©ration Â» de livreurs est essentiellement composĂ©e de travailleurs sans-papiers, surtout dans les grandes agglomĂ©rations.

Management algorithmique, le cƓur du problùme

La captation de donnĂ©es sur laquelle s’appuient les entreprises pour faire Ă©voluer leur service leur a permis de dĂ©ployer « massivement Â» des logiques de management algorithmique, notamment en « pilotant Â» les travailleurs « Ă  distance via la gĂ©olocalisation Â». L’Anses critique l’opacitĂ© de ce systĂšme, qu’elle estime non « justifiĂ©e par la nĂ©cessitĂ© d’éviter les fraudes Â».

Conçu pour fonctionner via les smartphones des livreurs, le systĂšme l’est aussi « pour fonctionner sans interaction humaine, ni possibilitĂ© de discussion ou nĂ©gociation entre le travailleur et la plateforme. Cette absence d’interaction humaine est parfois prĂ©sentĂ©e comme offrant une plus grande neutralitĂ©. Dans les faits, les outils numĂ©riques sont aussi porteurs de multiples biais Â».

Et l’Anses rappelle que de multiples travaux ont dĂ©montrĂ© que ces techniques supprimaient le management de proximitĂ©, provoquaient une asymĂ©trie d’information exacerbĂ©e entre plateformes et livreurs. Le management algorithmique est par ailleurs source d’un « Ă©cart important entre le travail prescrit et le travail rĂ©el Â», la simplicitĂ© de l’activitĂ© dĂ©crite par les plateformes Ă©tant loin des conditions vĂ©cues sur le terrain.

De fait, outre les enjeux algorithmiques, les activitĂ©s des livreurs les placent dans des situations de risques d’accidents. Plus d’un quart des rĂ©pondants Ă  une enquĂȘte menĂ©e en rĂ©gion parisienne ont ainsi dĂ©jĂ  subi un accident. En outre, 17 morts et 14 blessĂ©s graves ont Ă©tĂ© rapportĂ©s dans la presse entre 2019 et 2023 en France. Elles les exposent aussi, en milieu urbain, Ă  diverses problĂ©matiques liĂ©es Ă  l’effort, aux nuisances sonores et thermiques, etc.

Déplacement de la responsabilité

La conjonction du travail indĂ©pendant, en milieu urbain et sous management algorithmique a, en dĂ©finitive, une multiplicitĂ© d’effets, allant de la non prise en charge systĂ©matique des frais de santĂ© liĂ©s aux accidents – ni mĂȘme de la reconnaissance de ces accidents – au risque de burn-out.

L’absence de visibilitĂ© sur les critĂšres de fixation des revenus et leur variabilitĂ© en fonction des heures pleines et heures creuses, de l’horaire ou d’autres facteurs crĂ©e en effet « une pression constante Â» qui amĂšne les travailleurs « Ă  Ă©laborer des stratĂ©gies « d’auto-accĂ©lĂ©ration Â» Â» (en prenant plus de risques sur la route, en limitant les Ă©changes avec les clients, voire avec la sphĂšre familiale, etc). Participant au phĂ©nomĂšne, les horaires morcelĂ©s, souvent de nuit, des cycles de livraisons, ont des effets concrets sur la qualitĂ© du sommeil, la santĂ© mentale et physique et la vie sociale, familiale et affective des travailleurs, dĂ©taille l’Anses.

Le tout est renforcĂ© par l’organisation du travail de livraison lui-mĂȘme. Le modĂšle de plateformisation dĂ©lĂšgue en effet toute la partie administrative du travail aux livreurs eux-mĂȘmes, en mĂȘme temps qu’elle met chaque livreur en concurrence. « Par ailleurs, souligne l’agence, la pratique de la location de compte Ă  des personnes migrantes sans papiers par des livreurs en rĂšgle sur le territoire français pose des questions Ă©thiques, comme le fait qu’elle puisse s’apparenter Ă  la traite de personnes. Â»

Bien sĂ»r, la rĂ©gulation a Ă©voluĂ© au cours de la pĂ©riode dĂ©crite : la France s’est dotĂ©e de la Loi Travail en 2016, l’Union europĂ©enne d’une directive sur les travailleurs de plateformes en avril 2024 – texte qui vise notamment Ă  corriger le statut de « faux travail indĂ©pendant Â».

Cela dit, l’Anses recommande un renforcement des obligations lĂ©gales des plateformes, que ce soit en termes de protection des travailleurs, d’ouverture de leurs donnĂ©es, ou d’ouverture du dialogue social. ‹‹Parmi ses autres recommandations, l’Anses argumente en faveur de l’amĂ©lioration de la prĂ©vention, de multiplier les travaux d’études et de recherche pour mieux suivre les effets concrets des travaux de livraison sur ceux qui les effectuent, et de sensibiliser les consommateurs « Ă  l’importance de soutenir des pratiques Ă©quitables, en les informant sur l’ensemble des risques associĂ©s Ă  l’activitĂ© de livraison Â».

Accidents, burn-out : ce que les plateformes numériques font peser sur les livreurs

gefÀrlich
Accidents, burn-out : ce que les plateformes numériques font peser sur les livreurs

Accidents, risques psychosociaux, incertitude des revenus
 L’Anses livre un rapport dans lequel elle dĂ©taille les risques sanitaires Ă©levĂ©s qui pĂšse sur les livreurs travaillant pour les plateformes de l’économie numĂ©rique.

« Vent, pluie, escalier
 Tout ça pour 2,63 â‚Ź ? Â» Tel Ă©tait l’un des slogans des livreurs de plateformes comme Uber Eats, Stuart ou Deliveroo, qui manifestaient le 18 mars dans plusieurs villes de France. À l’appel de l’Union des livreurs indĂ©pendants, de la CGT Livreurs, de la FĂ©dĂ©ration nationale des auto-entrepreneurs et de Sud Livreurs, des travailleurs de plateformes de livraison ont manifestĂ© dans plusieurs villes de France pour rĂ©clamer de meilleures conditions de travail.

À leur appui, l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient de publier un avis (.pdf) et un rapport de 268 pages (.pdf) sur les risques sanitaires que ces livreurs – majoritairement des hommes – rencontrent dans leur travail. Depuis octobre 2023, estime Union indĂ©pendants, les livreurs ont subi une perte de 25 % de chiffre d’affaires.

Des sociétés qui se considÚrent simples intermédiaires

L’avis rendu par l’Anses rĂ©pond, lui, Ă  une saisine initiĂ©e par la CGT en 2021. S’appuyant sur la littĂ©rature acadĂ©mique, la littĂ©rature grise et l’audition d’acteurs concernĂ©s, l’Anses a Ă©tudiĂ© les risques subis par les livreurs. Elle s’est penchĂ©e aussi bien sur les modĂšles Ă©conomiques des plateformes utilisĂ©es que sur les facteurs extĂ©rieurs (notamment relatifs Ă  l’environnement urbain) et l’interaction entre les deux.

En termes de modĂšle Ă©conomique et de positionnement, l’Anses commence par constater que les plateformes d’emploi, type Uber, Deliveroo ou autre, « se sont toujours revendiquĂ©es comme de simples intermĂ©diaires numĂ©riques, des « places de marchĂ© Â», facilitant des transactions entre tiers Â». Ce cadrage leur permet de se considĂ©rer « dĂ©chargĂ©es de toute rĂ©elle responsabilitĂ©, que ce soit dans le dĂ©roulement de la prestation ou vis-Ă -vis des conditions de travail des livreurs Â».

Pour attirer des forces vives, l’agence rappelle aussi comment, Ă  leur lancement, « soutenues par d’importantes levĂ©es de fonds Â», ces plateformes ont commencĂ© par proposer « des conditions de rĂ©munĂ©ration attractives aux livreurs afin de constituer une « flotte Â» indispensable Ă  leur fonctionnement. Â» Une fois le marchĂ© stabilisĂ©, elles ont modifiĂ© leurs pratiques pour ne plus payer Ă  l’heure, mais Ă  la course, rendre la rĂ©munĂ©ration variable en fonction de la distance, voire dĂ©couper les tĂąches (rĂ©cupĂ©ration de la commande, livraison). Autant d’élĂ©ments qui sont venus crĂ©er une incertitude dans les revenus que les livreurs pourraient percevoir.

En parallĂšle, trois gĂ©nĂ©rations de livreurs se sont enchaĂźnĂ©es : aux individus relativement sportifs et cherchant Ă  Ă©viter le travail de bureau des dĂ©buts, ont succĂ©dĂ© des personnes ayant des difficultĂ©s Ă  s’insĂ©rer sur le marchĂ© de l’emploi. À l’heure actuelle, la troisiĂšme « gĂ©nĂ©ration Â» de livreurs est essentiellement composĂ©e de travailleurs sans-papiers, surtout dans les grandes agglomĂ©rations.

Management algorithmique, le cƓur du problùme

La captation de donnĂ©es sur laquelle s’appuient les entreprises pour faire Ă©voluer leur service leur a permis de dĂ©ployer « massivement Â» des logiques de management algorithmique, notamment en « pilotant Â» les travailleurs « Ă  distance via la gĂ©olocalisation Â». L’Anses critique l’opacitĂ© de ce systĂšme, qu’elle estime non « justifiĂ©e par la nĂ©cessitĂ© d’éviter les fraudes Â».

Conçu pour fonctionner via les smartphones des livreurs, le systĂšme l’est aussi « pour fonctionner sans interaction humaine, ni possibilitĂ© de discussion ou nĂ©gociation entre le travailleur et la plateforme. Cette absence d’interaction humaine est parfois prĂ©sentĂ©e comme offrant une plus grande neutralitĂ©. Dans les faits, les outils numĂ©riques sont aussi porteurs de multiples biais Â».

Et l’Anses rappelle que de multiples travaux ont dĂ©montrĂ© que ces techniques supprimaient le management de proximitĂ©, provoquaient une asymĂ©trie d’information exacerbĂ©e entre plateformes et livreurs. Le management algorithmique est par ailleurs source d’un « Ă©cart important entre le travail prescrit et le travail rĂ©el Â», la simplicitĂ© de l’activitĂ© dĂ©crite par les plateformes Ă©tant loin des conditions vĂ©cues sur le terrain.

De fait, outre les enjeux algorithmiques, les activitĂ©s des livreurs les placent dans des situations de risques d’accidents. Plus d’un quart des rĂ©pondants Ă  une enquĂȘte menĂ©e en rĂ©gion parisienne ont ainsi dĂ©jĂ  subi un accident. En outre, 17 morts et 14 blessĂ©s graves ont Ă©tĂ© rapportĂ©s dans la presse entre 2019 et 2023 en France. Elles les exposent aussi, en milieu urbain, Ă  diverses problĂ©matiques liĂ©es Ă  l’effort, aux nuisances sonores et thermiques, etc.

Déplacement de la responsabilité

La conjonction du travail indĂ©pendant, en milieu urbain et sous management algorithmique a, en dĂ©finitive, une multiplicitĂ© d’effets, allant de la non prise en charge systĂ©matique des frais de santĂ© liĂ©s aux accidents – ni mĂȘme de la reconnaissance de ces accidents – au risque de burn-out.

L’absence de visibilitĂ© sur les critĂšres de fixation des revenus et leur variabilitĂ© en fonction des heures pleines et heures creuses, de l’horaire ou d’autres facteurs crĂ©e en effet « une pression constante Â» qui amĂšne les travailleurs « Ă  Ă©laborer des stratĂ©gies « d’auto-accĂ©lĂ©ration Â» Â» (en prenant plus de risques sur la route, en limitant les Ă©changes avec les clients, voire avec la sphĂšre familiale, etc). Participant au phĂ©nomĂšne, les horaires morcelĂ©s, souvent de nuit, des cycles de livraisons, ont des effets concrets sur la qualitĂ© du sommeil, la santĂ© mentale et physique et la vie sociale, familiale et affective des travailleurs, dĂ©taille l’Anses.

Le tout est renforcĂ© par l’organisation du travail de livraison lui-mĂȘme. Le modĂšle de plateformisation dĂ©lĂšgue en effet toute la partie administrative du travail aux livreurs eux-mĂȘmes, en mĂȘme temps qu’elle met chaque livreur en concurrence. « Par ailleurs, souligne l’agence, la pratique de la location de compte Ă  des personnes migrantes sans papiers par des livreurs en rĂšgle sur le territoire français pose des questions Ă©thiques, comme le fait qu’elle puisse s’apparenter Ă  la traite de personnes. Â»

Bien sĂ»r, la rĂ©gulation a Ă©voluĂ© au cours de la pĂ©riode dĂ©crite : la France s’est dotĂ©e de la Loi Travail en 2016, l’Union europĂ©enne d’une directive sur les travailleurs de plateformes en avril 2024 – texte qui vise notamment Ă  corriger le statut de « faux travail indĂ©pendant Â».

Cela dit, l’Anses recommande un renforcement des obligations lĂ©gales des plateformes, que ce soit en termes de protection des travailleurs, d’ouverture de leurs donnĂ©es, ou d’ouverture du dialogue social. ‹‹Parmi ses autres recommandations, l’Anses argumente en faveur de l’amĂ©lioration de la prĂ©vention, de multiplier les travaux d’études et de recherche pour mieux suivre les effets concrets des travaux de livraison sur ceux qui les effectuent, et de sensibiliser les consommateurs « Ă  l’importance de soutenir des pratiques Ă©quitables, en les informant sur l’ensemble des risques associĂ©s Ă  l’activitĂ© de livraison Â».

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