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De nouveaux documents plongent profondément la tête de Krafton dans un magnifique tas de merde

Cela fait maintenant plusieurs mois qu’on vous parle de l’affaire Subnautica 2 et des ex-dirigeants d’Unknown Worlds, licenciés pour des raisons plus ou moins étranges (1, 2, 3). Selon Krafton, le jeu n’était pas du tout prêt pour une sortie en 2025, et l’équipe de devs aurait été laissée à la dérive par les anciens chefs du studio. À l’inverse, ces derniers contestent ces deux points, et affirment qu’ils ont été licenciés pour éviter qu’ils reçoivent une prime de 250 millions de dollars si le jeu sortait bien en accès anticipé en 2025 et atteignait un certain seuil de rentabilité.

Il y a quelques jours, nos confrères de chez GamesIndustries.biz ont publié un article basé sur des documents déposés en amont de l’ouverture du procès, révélant que les membres de la direction de Krafton seraient bel et bien des enflures. Ils auraient monté un groupe de travail pour tenter de conclure un accord avec les fondateurs pour réduire la prime pourtant contractuelle, ou alors procéder à une prise de contrôle d’Unknown Worlds. Comme vous vous en doutez, les négociations n’ont pas abouti, ce qui a débouché sur l’éjection des éléments gênants. De son côté, l’éditeur coréen accuse les anciens fondateurs du studio d’avoir siphonné des fichiers de l’entreprise et quelques e-mails avant d’être licenciés, ce que les intéressés nient formellement. Mais la révélation des échanges sur Slack (ndlr : sorte de Discord professionnel) entre le PDG de Krafton et d’autres employés de la société, montre que cette histoire de prime lui courait sur le haricot depuis un moment : il considérait que c’était un mauvais accord pour Krafton, ou encore que cela pourrait entraîner une « baisse significative de la valeur du studio » et que « lui, en tant que responsable de l’investissement, devrait en assumer la responsabilité ». Ce n’est effectivement pas une preuve de la culpabilité du bonhomme, mais cela commence à faire un sacré faisceau. Cerise moisie sur le gâteau à la merde, les échanges montrent que le PDG de Krafton aurait utilisé ChatGPT pour tenter de trouver une solution à son « embarrassant » problème, mais que l’IA n’aurait pas donné de réponse satisfaisante.

Subnautica 2 - Équipe de développement
État des membres de l’équipe de développement de Subnautica 2, allégorie, 2025

Ne partez pas, on n’a pas touché le fond ! En plus de cela, d’autres documents révèlent que les données de tests de Subnautica 2 présentées à Krafton en mai « montraient que le jeu répondait aux attentes des joueurs ». Selon un expert, pourtant interne à Krafton, « la sortie prévue en 2025 [aurait été] la meilleure solution », et « le licenciement de Ted Gill entraînerait un retard de développement de plusieurs années ». Pour finir, la responsable mondiale du développement de l’entreprise chez Krafton a écrit que « le jeu était prêt pour une sortie en août ».

Le procès n’est pas terminé, et on aura peut-être également des éléments de la part de Krafton. Mais pour l’instant, tout porte à croire que la cupidité et la stupidité de la direction de l’éditeur coréen soient les responsables de la situation. Difficile de savoir où tout cela mènera la société, mais en attendant, la poursuite du développement de Subnautica 2 est pour le moins incertaine. D’autant plus quand on connaît l’amour que porte Krafton pour l’IA

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Le PDG de Krafton a demandé à ChatGPT comment virer les créateurs de Subnautica

Changham Kim, le PDG de Krafton, aurait sollicité ChatGPT pour l’aider à trouver un moyen d’éviter de verser le complément de prix prévu lors de l’acquisition d’Unknown Worlds, le studio derrière Subnautica 2. Selon les avocats des anciens d'Unknown Worlds, il serait même allé encore plus loin dans ses démarches.

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L’éditeur de Subnautica 2 pousse ses développeurs vers la sortie s’ils ne suivent pas l’ère de l’IA

Après avoir annoncé sa volonté de devenir une entreprise de jeux vidéo « AI first », Krafton vient de franchir un nouveau cap. L’éditeur sud-coréen a demandé à ses employées et employés qui ne souhaitent pas suivre la transition vers l’IA de se porter volontaires pour quitter la société.

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