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Voici la plus grande centrale solaire flottante marine du monde, inaugurée en Chine

Les installations solaires à l’échelle du gigawatt s’invitent désormais en mer. Fin décembre 2025, la Chine a mis en service la plus grande centrale solaire offshore au monde.

Alors que l’éolien a su s’imposer en mer pour profiter des vents plus forts et plus réguliers, le solaire, lui, peine encore à s’y développer. Et pour cause : les panneaux photovoltaïques y sont exposés à des conditions particulièrement contraignantes, entre corrosion liée à l’eau salée, houle, vents violents et complexité de la maintenance. Après tout, pourquoi aller capter en mer des rayons solaires que l’on peut exploiter plus facilement à terre ?

Pourtant, Guohua Investment, filiale du groupe public China Energy Investment Corp, voit dans cet espace maritime une opportunité d’améliorer les performances du solaire. L’entreprise a ainsi lancé le projet HG14, une giga-centrale installée à huit kilomètres au large de la ville de Dongying, dans la province du Shandong, au nord-est de la Chine. Entièrement opérationnelle depuis fin décembre, l’installation devrait fournir de l’électricité à plus de deux millions de foyers.

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2,3 millions de panneaux solaires installés sur des structures à pieux fixes

La centrale s’étend sur une superficie de 1 223 hectares et comprend près de 2,3 millions de panneaux photovoltaïques. Les modules sont bifaciaux de type n, et totalisent une puissance de 1 GW, le tout raccordé à un système de stockage de 200 MWh. La production annuelle attendue atteint 1,78 TWh, une électricité acheminée vers la terre ferme via des câbles sous-marins de 66 kilovolts.

Les panneaux sont posés sur des plateformes en acier fixées au fond marin à l’aide de pieux. Le projet en compte précisément 2 934, chacune mesurant 60 mètres de long pour 35 mètres de large. Ces structures à pieux fixes, ainsi que l’angle d’inclinaison choisi pour les panneaux (15°), permettent à l’installation de résister aux contraintes offshore, qu’il s’agisse des vagues, des marées ou des vents violents. Selon Zhang Bo, directeur adjoint du projet, la centrale est même conçue pour supporter des vents de force 11.

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La mer comme régulateur thermique

Au-delà des risques inhérents à un environnement marin, Guohua Investment compte profiter d’un avantage en particulier : la température. À terre, les panneaux photovoltaïques peuvent dépasser les 60 °C lors des périodes les plus chaudes, entraînant des pertes de rendement significatives. En mer, la fraîcheur ambiante devrait limiter cette surchauffe. L’entreprise estime ainsi que le choix d’un site offshore pourrait améliorer l’efficacité globale de la centrale de 5 à 15 %.

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Ces géants français veulent recycler les aimants permanents pour ne plus dépendre de la Chine

La France et l’Europe continuent d’accélérer sur le recyclage des aimants et la réutilisation des terres rares. Objectif : se défaire progressivement du monopole chinois.

Une nouvelle ligne pilote de recyclage d’aimants permanents vient d’être inaugurée par Orano et le CEA à Grenoble. À la pointe de la technologie, cette ligne a un objectif ambitieux : recycler des aimants aux propriétés et aux caractéristiques hétérogènes, pour produire des aimants haute performance. Le défi est de taille, car il faut pouvoir garantir une pureté et une homogénéité parfaite des alliages. Le procédé développé innove sur un point précis : il doit permettre la réutilisation de la matière magnétique sans la dissocier chimiquement. Cette méthode a l’avantage de limiter l’impact environnemental du recyclage, tant du point de vue énergétique qu’en termes de consommation d’eau.

Parmi les types d’aimants qui devraient être fabriqués par cette ligne de production, on peut citer le NdFeB (Neodyme-Fer-Bore), considéré comme l’aimant le plus puissant disponible à ce jour. Sa densité élevée en fait un choix idéal pour les moteurs des voitures électriques, des drones ou des robots. On le retrouve également dans la turbine des éoliennes de dernière génération.

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Réduire la dépendance à la Chine

Ce projet revêt un rôle stratégique majeur pour l’indépendance énergétique de la France et de l’Europe. À l’heure actuelle, la production des terres rares et des aimants est très largement concentrée en Chine. Or, depuis avril, la Chine a décidé d’en restreindre l’exportation. En conséquence, le développement de filières de recyclage performantes constitue un levier incontournable pour permettre à l’Europe de ne pas être freinée dans sa transition énergétique.

Cette ligne pilote devrait contribuer à deux consortiums européens : Magellan, appuyé par le programme Horizon Europe, et Magnolia, encouragé par France Relance et BPI France. D’ailleurs, dans l’Hexagone, d’autres projets industriels vont aider la France à augmenter son indépendance énergétique. C’est le cas de l’usine Caremag, en construction dans les Pyrénées-Atlantiques, ou de la nouvelle ligne de traitement de Rhodia Opérations La Rochelle, en Charente-Maritime.

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Pour payer les factures d’électricité de ses gros industriels, la Belgique signe un chèque à 1 milliard d’euros

Un milliard : c’est la folle somme que la Belgique va donner à ses industries électrointensives pour soulager leur facture d’électricité. En réalité, l’Allemagne a déjà annoncé pareil soutien et la France le fait déjà, c’est un rééquilibrage permis grâce au dispositif Cisaf.

L’écart de compétitivité énergétique qui pénalise les industries électro-intensives, c’est le mantra des ministres de l’Énergie lorsqu’ils comparent les prix de l’électricité et du gaz avec leurs voisins.

Le 23 décembre sur son blog, le ministre fédéral belge de l’Énergie, Mathieu Bihet, a annoncé l’adoption par le Conseil des ministres de la « norme énergétique », un plan de 944 millions d’euros à dépenser jusqu’en 2029 pour faire baisser la facture d’électricité des entreprises les plus consommatrices d’énergie. « Les entreprises belges actives dans des secteurs stratégiques supportent actuellement des coûts de l’électricité plus élevés que ceux observés chez nos voisins, comme la France », a souligné le ministre. Chimie, sidérurgie, papier (des secteurs électrointensifs et polluants) sont dans le viseur de cette aide.

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C’est un dispositif à deux bras. D’une part, une réduction des tarifs de transport de l’électricité et d’autre part, des aides d’État ciblées rendues possibles par l’évolution du cadre européen (Cisaf). Depuis juin, la Commission européenne autorise les États membres à accorder aux entreprises électro-intensives des réductions pouvant aller jusqu’à 50 % de leur facture d’électricité, à condition qu’elles s’accompagnent d’engagements en matière de décarbonation, d’efficacité énergétique ou de flexibilité de la demande.

Les électrointensifs voisins bénéficient de telles mesures de la part de leur gouvernement

Pour le ministre belge, il vient là corriger un « désavantage » concurrentiel vis-à-vis de pays ayant déjà mis en place des mécanismes de soutien similaires. Il pense à la France mais son autre voisin, Berlin, a adressé un gros chèque à ses industries électro-intensives, confrontées à des prix de l’électricité parmi les plus élevés d’Europe après la crise énergétique.

Le gouvernement allemand a notamment acté le principe d’un prix autour de 5 centimes d’euro par kilowattheure, pour plusieurs années et pour ces mêmes secteurs.

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