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Un premier cas de virus mpox a été détecté sur l’île de La Réunion, le malade est placé à l’isolement

L’épidémie de variole B (mpox) se poursuit à Madagascar où 133 cas ont été confirmés et plus de 270 sont suspectés. Un premier cas a été recensé à La Réunion d’une personne revenant de la Grande Île.

© Tobias Arhelger - stock.adobe.co

Les États-Unis ont récemment accordé une aide de 450.000 dollars à Madagascar pour lui permettre de lutter contre la propagation du virus. Image d’illustration.
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« Une très bonne expérience » : le paradoxe du retour d’urgence des astronautes de l’ISS

crew-11 retour équipage

Rentrés d'urgence de l’ISS pour raison médicale, les astronautes de Crew-11 voient dans cette première historique une preuve de la robustesse des procédures spatiales. Mais derrière ce satisfecit, l’incident rappelle surtout que le filet de sécurité de l’orbite basse n’existera plus une fois en route vers Mars.

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Quand l’IA analyse votre sommeil pour prédire votre avenir

C’est vertigineux, et aussi précieux qu’angoissant. Savoir, en une nuit, si l’on développera un jour un cancer, une maladie cardiovasculaire ou des troubles neurologiques. De la science-fiction ? Non. Une prouesse déjà rendue possible par l’IA SleepFM.

Prédire précisément l’avenir de la santé d’un individu ? L’idée aurait semblé saugrenue il y a encore quelques années. Elle est pourtant en train de devenir une réalité concrète. Aujourd’hui, à partir d’une simple prise de sang, il est déjà possible d’estimer le risque de développer certaines maladies. L’analyse de gènes de prédisposition permet d’anticiper un cancer du sein, une maladie cardiovasculaire ou certains troubles neurologiques. La médecine dite prédictive progresse à grande vitesse.

Cette évolution repose sur deux piliers. D’abord, l’accumulation massive de données biologiques, génétiques et cliniques. Ensuite, l’essor de l’intelligence artificielle, capable de repérer, dans ces données, des signaux invisibles à l’œil humain. En 2025, plusieurs travaux publiés ont montré que les modèles d’IA pouvaient apprendre à partir de millions de données médicales hétérogènes et produire des prédictions de plus en plus fiables. L’IA n’invente rien. Elle révèle des régularités, des trajectoires, des probabilités.

Mais prédire ne veut pas dire savoir avec certitude. Toute la question est là.

Un exemple frappant vient du sommeil. Il ne représente pas seulement un temps de repos. C’est un phénomène biologique complexe qui reflète l’état du cerveau, du cœur, de la respiration et du métabolisme. Des troubles du sommeil peuvent précéder de plusieurs années l’apparition de maladies comme la démence, l’insuffisance cardiaque ou l’accident vasculaire cérébral.

Une étude récente, publiée début janvier 2026 dans Nature Medicine, a franchi une étape supplémentaire. Des chercheurs ont entraîné un modèle d’intelligence artificielle à partir de plus de 585 000 heures d’enregistrements de sommeil réalisés chez plus de 65 000 personnes. À partir d’une seule nuit, ce modèle, dénommé SleepFM, est capable d’estimer le risque de développer, dans les années suivantes, plus de 100 maladies différentes. Cela inclut la mortalité globale, les maladies cardiovasculaires, la démence ou certains troubles neurologiques.

Autrement dit, une nuit de sommeil permet de développer une sorte de photographie biologique du futur.

Cette performance impressionne. Elle interroge aussi.

Car que faire d’une information prédictive lorsque la probabilité annoncée est très élevée ? Imaginons qu’un test révèle un risque quasi certain de développer une maladie neurologique sévère dans les dix prochaines années. Comment vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête ? Comment se projeter, travailler, aimer, faire des projets, lorsque l’avenir semble déjà écrit par un algorithme ? En réalité, cette situation existe déjà, notamment avec la maladie de Huntington, une pathologie génétique héréditaire. Quand on porte l’anomalie responsable, le risque de déclarer la maladie au cours de la vie est considéré comme quasi certain. C’est précisément pour cela que le dépistage prédictif y est très encadré, avec consultation de génétique, information, temps de réflexion et, souvent, un accompagnement psychologique. On reconnaît ainsi qu’un résultat biologique n’est pas seulement une donnée médicale : c’est aussi un choc possible dans une vie.

Le débat change profondément lorsque la prédiction ouvre une possibilité d’action. Si connaître un risque élevé permet de le limiter, de renforcer un suivi médical ou de proposer un traitement préventif, alors l’intérêt devient majeur. C’est déjà le cas pour certaines maladies cardiovasculaires ou certains cancers héréditaires, où une surveillance adaptée ou des chirurgies préventives sauvent des vies.

Dans le cas du sommeil, l’intérêt potentiel est considérable, car il est modifiable. On peut agir sur l’apnée, la régularité des horaires, la durée, la qualité respiratoire ou l’exposition à certains médicaments. Si un modèle d’IA identifie un risque accru de démence ou d’insuffisance cardiaque à partir du sommeil, cela ouvre la voie à des interventions précoces, simples et non invasives. Mieux dormir pour retarder ou éviter la maladie.

Il faut toutefois rester prudent. Les personnes incluses dans ces études ne représentent pas toute la population. Beaucoup ont été adressées pour des troubles du sommeil ou des problèmes de santé. Les prédictions sont statistiques, pas individuelles. Et les mécanismes biologiques précis reliant le sommeil à chaque maladie restent, pour une large part, à élucider.

La tentation serait grande de transformer ces outils en oracles modernes. Ce serait une erreur. L’IA ne doit pas décider à la place du patient ou du médecin. Elle doit éclairer, pas enfermer. La prédiction n’a de sens que si elle s’accompagne d’un choix, d’une discussion, d’une possibilité d’agir.

La médecine de demain ne sera ni totalement prédictive ni totalement curative. Elle sera plus anticipatrice, plus personnalisée, mais aussi plus exigeante sur le plan éthique. Savoir ce que l’on risque n’est pas toujours une bonne nouvelle. C’est une responsabilité.

L’étude sur le sommeil montre surtout une chose : notre corps parle avant que la maladie ne s’exprime. Encore faut-il savoir l’écouter, et surtout savoir quoi faire de ce qu’il nous dit.

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Que sont les xénobots, ces robots biologiques qui bouleversent les frontières entre vivant et machine ?

xénobot

Les xénobots attirent aujourd’hui l’attention. Cette nouvelle catégorie de « robots vivants », fabriqués à partir de cellules d’amphibien et conçus grâce à des algorithmes, est capable de se déplacer, de se réparer et même, dans certaines expériences, de se reproduire en assemblant de nouveaux agrégats cellulaires. Ces entités questionnent la frontière entre machine et organisme. Des études récentes détaillent mieux leur fonctionnement moléculaire et ravivent les débats éthiques sur le contrôle de ces formes de vie programmables.

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Conservateurs ? Pas de panique !

C’est l’inquiétude de la rentrée : les conservateurs alimentaires augmenteraient le risque de cancer et de diabète. Mais attention : une corrélation n’est pas une preuve de causalité, et ces additifs rendent des services précieux dans la lutte contre les contaminations et le gaspillage alimentaire.

La cohorte NutriNet-Santé est une grande étude épidémiologique française lancée en 2009 et entièrement en ligne. Des volontaires, âgés de 15 ans et plus, y décrivent régulièrement leur alimentation via des rappels de 24 heures, ainsi que leur état de santé et leurs habitudes de vie.

Deux articles publiés début janvier 2026, relayés par l’Inserm, exploitent ces données collectées entre 2009 et 2023. 105 260 participants ont été inclus pour l’analyse dédiée au « cancer » et 108 723 pour celle consacrée au « diabète ». La cohorte étant composée à près de 80 % de femmes, d’un âge moyen de 42 ans, la prudence reste donc de mise avant de généraliser ces résultats à l’ensemble de la population.

Nous avions déjà évoqué cette même cohorte lorsqu’elle avait servi à alerter sur des risques éventuels liés à l’aspartame, et nous en avions discuté les limites.

Il s’agissait ici notamment d’étudier le rôle et les conséquences de la consommation de certains conservateurs. Ceux considérés par l’étude appartiennent au large groupe des additifs autorisés en Europe (codes E200 à E297 environ), parmi lesquels les sorbates, sulfites, nitrites et nitrates, benzoates, acétates, propionates ou encore certains antioxydants comme l’érythorbate de sodium. Leur rôle essentiel consiste à empêcher la prolifération microbienne, à prolonger la conservation des produits et à garantir la sécurité sanitaire des aliments transformés. Grâce à une méthode d’estimation fine, combinant déclarations précises des produits consommés, bases de données actualisées et dosages en laboratoire, les chercheurs ont pu évaluer l’exposition individuelle avec une précision supérieure aux travaux antérieurs. Il s’agit néanmoins d’une étude observationnelle : elle révèle des associations statistiques, sans pouvoir démontrer un lien causal direct.

Concernant le cancer, sur plus de 4 200 cas diagnostiqués, la consommation globale de tous les conservateurs confondus ne montre pas d’excès de risque significatif. En revanche, une consommation plus élevée du groupe des conservateurs non antioxydants est associée à une augmentation modeste du risque (environ 16 % chez les plus forts consommateurs par rapport aux plus faibles), ce qui se traduit, à soixante ans, par un risque absolu passant de 12,1 % à 13,3 %. Parmi les substances les plus souvent citées figurent les sorbates, les sulfites (dont le métabisulfite de potassium), les nitrites et nitrates, ainsi que certains acétates, avec des signaux plus marqués selon les localisations (cancers tous sites confondus, sein, prostate). À l’inverse, onze des dix-sept conservateurs analysés individuellement ne présentent aucune association mesurable avec un sur-risque.

Pour le diabète de type 2, sur un peu plus de 1 100 cas observés dans une population relativement jeune, les plus forts consommateurs affichent un risque relatif augmenté d’environ 47 % par rapport aux plus faibles. Douze conservateurs individuels sont concernés, parmi lesquels reviennent fréquemment le sorbate de potassium, le métabisulfite de potassium, le nitrite de sodium, l’acide acétique, plusieurs acétates et certains antioxydants.

Ces associations, quoique statistiquement détectables, demeurent modestes et particulièrement sensibles à divers biais inhérents à l’épidémiologie observationnelle : imprécisions inévitables dans les mesures, caractéristiques propres aux volontaires de la cohorte, facteurs confondants non entièrement maîtrisés malgré des ajustements très poussés. Surtout, plusieurs de ces substances sont étroitement liées aux aliments qui les véhiculent. Par exemple, les nitrites et nitrates proviennent majoritairement des viandes transformées, déjà classées cancérogènes probables pour l’homme, tandis que les sulfites sont très présents dans les boissons alcoolisées, dont l’effet délétère sur le risque de cancers (notamment du sein) est solidement établi.

À titre de comparaison, le tabac multiplie le risque de cancer du poumon par vingt à trente chez les gros fumeurs de longue date, et chaque tranche quotidienne de dix grammes d’alcool augmente le risque de cancer du sein d’environ sept pour cent. Ces ordres de grandeur rappellent que les signaux observés autour des conservateurs, bien qu’ils méritent une attention soutenue et des confirmations dans d’autres populations, restent très éloignés des facteurs de risque majeurs et incontestés.

Ces travaux soulignent une tension classique en santé publique. Les conservateurs rendent un service précieux en limitant les contaminations, en réduisant le gaspillage alimentaire et en maintenant l’accessibilité économique de nombreux produits. Les associations mises en évidence appellent à des études complémentaires, sur des cohortes plus diversifiées et sur des durées plus longues, avant toute inflexion réglementaire. En attendant, le conseil le plus solide et le plus pragmatique pour le grand public demeure de favoriser une alimentation variée, majoritairement peu transformée, riche en produits bruts ou fraîchement préparés, tout en gardant à l’esprit que les leviers de prévention les plus puissants résident toujours dans l’arrêt du tabac, la modération alcoolique, un équilibre nutritionnel global et une activité physique régulière.

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Thérapies CRISPR : où en est vraiment l’édition du génome pour soigner les malades ?

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Ce qui ressemblait hier encore à de la science-fiction est désormais une réalité clinique : l’édition du génome humain avec CRISPR-Cas9 commence à guérir des maladies jusque-là incurables. Mais où en est réellement cette révolution annoncée ? Entre premiers succès cliniques, limites techniques et questions éthiques persistantes, les thérapies issues de CRISPR dessinent un paysage où promesses et prudence sont désormais indissociables.

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Data centers : peurs sur l’avenir

Les data centers sont devenus des infrastructures critiques de nos sociétés numériques. Sans eux, pas de cloud, pas d’intelligence artificielle, ni de souveraineté numérique. La France dispose de solides atouts pour les accueillir. Alors pourquoi leur implantation suscite-t-elle une opposition croissante, comme au Bourget ?

Leur rôle stratégique est aujourd’hui reconnu par les États et l’Union européenne. La France compte déjà 300 à 320 data centers, ce qui la situe au 3e ou 4e rang européen, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni et au coude à coude avec les Pays-Bas. Idéalement située au carrefour des grands flux numériques au sein de l’Europe et avec l’Afrique ou l’Amérique, elle dispose en outre de l’un des mix électriques les plus faiblement carbonés au monde, d’un réseau électrique stable et d’un tissu industriel solide. Autant d’atouts qui devraient la conduire à en faire un secteur d’excellence, en cohérence avec ses objectifs climatiques et de souveraineté numérique. C’est pourtant au nom de l’environnement et de la santé publique qu’un projet porté par l’aménageur Segro au Bourget (Seine-Saint-Denis) cristallise une opposition locale d’une rare virulence.

Un projet à zéro artificialisation nette

Le projet prévoit l’implantation d’un centre de données sur un ancien site logistique H&M de la ZAC du Commandant-Rolland, sur une emprise de 3,7 à 4,1 hectares. La surface de plancher atteindrait 25 300 m², pour une puissance de raccordement de 75 MW et une consommation annuelle estimée à 526 GWh, soit environ 3,2 fois la consommation électrique du Bourget.

L’installation comprendrait 33 groupes électrogènes, des batteries de secours lithium-ion, des systèmes de refroidissement au fluide R1234ze, ainsi qu’un projet de récupération de chaleur fatale — la chaleur dissipée par les équipements informatiques, susceptible d’être valorisée pour alimenter un réseau de chauffage urbain ou des bâtiments voisins —, à ce stade non contractualisé. Le site est situé en zone urbaine dense, à proximité immédiate de logements et d’établissements recevant du public.

Sur le plan foncier, le projet s’inscrit toutefois dans une logique classique. Les data centers sont des bâtiments compacts, peu consommateurs de voirie et de stationnement, et moins gourmands en foncier qu’un entrepôt logistique ou une zone commerciale. Cette réalité contraste avec certains discours militants, comme celui de Charlie Hebdo évoquant des « forêts de béton qui dévorent le territoire », alors même que, le plus souvent, ces infrastructures permettent, comme ici, la réhabilitation d’une friche industrielle et la création d’emplois locaux.

Une opposition locale virulente et hautement politisée

Plus de 18 000 personnes ont signé la pétition réclamant l’arrêt immédiat du projet, un chiffre élevé rapporté aux 15 000 habitants de la commune. Le texte mobilise deux registres. D’une part, celui du désastre écologique, évoquant les « millions de litres d’eau pour refroidir les machines », une « consommation d’électricité monstrueuse » et un projet qui « ne servirait qu’à stocker des données, sans améliorer le quotidien ». D’autre part, celui du sentiment d’abandon territorial, avec des formules telles que « assez de mépris pour la Seine-Saint-Denis », « territoire déjà saturé, déjà sacrifié » ou encore « dépotoir énergétique de l’Île-de-France ». Un sentiment qui traduit, en négatif, la réalité d’un département devenu le pôle principal d’accueil de data centers et des emplois qualifiés qui vont avec.

Cette hostilité est relayée par le député LFI Aly Diouara, déjà opposé au data center de La Courneuve ainsi qu’à… la réalisation d’une liaison cyclable entre la Courneuve et Bobigny le long de la RD 986. Ici, il invoque le principe de précaution et des « risques sanitaires, environnementaux et contentieux », en s’appuyant sur l’avis de la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) — avis qui ne conclut à aucun moment à l’existence de risques sanitaires avérés.

Même tonalité chez Vincent Capo-Canellas, sénateur UDI de la Seine-Saint-Denis et ancien maire du Bourget, qui évoque un risque de dévalorisation immobilière et dénonce une « absence de concertation ». Un paradoxe, en pleine enquête publique.

Quant au MNLE 93 (section locale du Mouvement national de lutte pour l’environnement), il s’oppose frontalement au projet, qualifié d’« enjeu de santé publique en zone urbanisée », une expression sortie de nulle part.

Un avis maximaliste

Tous les opposants s’appuient sur l’avis de la MRAe du 30 juin 2025, qui constitue le socle technique du débat. L’avis relève des insuffisances méthodologiques et formule treize recommandations portant sur le bruit, l’air, les risques industriels, les champs électromagnétiques et les effets cumulés. Il souligne notamment la « forte présence de logements et d’établissements recevant du public à proximité du site » et demande de « compléter l’analyse des risques en intégrant des scénarios d’accidents graves incluant les effets sur les populations riveraines ».

L’avis ne conclut ni à un danger avéré, ni à un dépassement réglementaire, ni à l’inacceptabilité du projet. En revanche, il adopte une posture de précaution maximale, en privilégiant systématiquement les hypothèses les plus défavorables, au-delà des exigences réglementaires, sans jamais se prononcer explicitement sur la maîtrise des impacts.

Sur les champs électromagnétiques, la MRAe évoque des « carences du dossier initial » et demande des compléments d’analyse en raison « d’équipements qui génèrent des champs électromagnétiques aux effets peu documentés », alors même que les niveaux attendus relèvent de sources électriques classiques et demeurent très inférieurs aux seuils réglementaires.

Votre sèche-cheveux est-il plus dangereux qu’un data center ?

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Le fluide frigorigène R1234ze — développé pour remplacer les HFC à fort effet de serre et autorisé par la réglementation européenne —, choisi pour les 48 groupes froids du site, fait l’objet d’une demande d’évaluation de ses produits de décomposition dans l’atmosphère, lesquels « pourraient très fortement relativiser sa qualité de gaz peu responsable d’effet de serre ». Un gaz que la MRAe assimile, à la différence de la réglementation, à un « PFAS », en questionnant son impact « tant sur la santé des populations que sur les milieux ».

Sans surprise, cette posture est aujourd’hui instrumentalisée politiquement, transformant des demandes de compléments méthodologiques en arguments de refus de principe, un glissement déjà relevé par Les Électrons libres.

La dérive idéologique de l’Autorité environnementale

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Des risques et nuisances limités dans un environnement exposé

Les risques industriels associés aux data centers sont documentés, encadrés et globalement faibles. Le principal concerne l’incendie, lié aux installations électriques, aux batteries ou aux cuves de stockage du carburant des générateurs. Les data centers figurent parmi les bâtiments industriels les plus surveillés — détection précoce, compartimentage, systèmes d’extinction spécifiques — et les incidents recensés ont causé des dommages matériels, sans victime civile ni impact sanitaire extérieur durable documenté. L’incendie spectaculaire d’OVHcloud à Strasbourg en 2021 en est une illustration.

Les risques liés aux batteries lithium-ion restent théoriques et extrêmement rares en exploitation réelle. Les groupes électrogènes, utilisés essentiellement lors de tests ou de coupures électriques, fonctionnent quelques dizaines d’heures par an, avec un niveau de risque comparable à celui d’hôpitaux ou de grands immeubles tertiaires.

Les nuisances sont elles aussi modérées et ponctuelles : bruit de ventilation, tests de groupes électrogènes, émissions atmosphériques limitées dans le temps. Rapportées à l’environnement existant du Bourget — bruit aérien, autoroutes A1 et A3, nœud ferroviaire, tissu industriel dense —, elles apparaissent marginales. Dans ce contexte, un data center constitue objectivement l’un des usages industriels les moins perturbateurs du secteur.

Peur de l’avenir, peur pour l’avenir

Le projet de data center du Bourget révèle un paradoxe français : un pays objectivement bien placé pour accueillir des infrastructures numériques stratégiques, aux nuisances limitées, mais où chaque implantation locale devient le réceptacle de peurs, de slogans et d’instrumentalisations.

Un paradoxe résumé par ce commentaire laissé sur le site de la pétition : « Ces data centers sont des aberrations écologiques, gros consommateurs d’électricité et d’eau, tout ça pour Google, Meta et autres, leurs moteurs de recherche et leurs algorithmes pour vous gaver d’informations peu rigoureuses, voire fausses, ou pire, tendancieuses. » Un propos lui-même nourri de fausses informations, qui se révèle ainsi ironiquement victime de ce qu’il prétend dénoncer.

Entre un avis environnemental poussé à l’extrême de la précaution et son exploitation politique maximale, le débat a glissé du terrain des faits vers celui de la peur. Si l’absence de preuve ne vaut pas preuve de l’absence, elle ne peut non plus justifier un soupçon permanent et une obstruction de fait. À force de voir du danger partout, le risque est de compromettre une ambition industrielle pourtant cohérente avec nos atouts énergétiques et, au nom d’un sentiment d’abandon territorial ressenti, voire entretenu, de priver un territoire des leviers économiques directs (emplois) et indirects (impôts) dont il a précisément besoin.

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Mystère médical dans l’espace : la Nasa annule une sortie spatiale à cause d’un astronaute malade

iss astronaute

Une agitation rare se déroule dans la Station spatiale internationale. La Nasa a révélé qu'en raison de l'état de santé d'un des astronautes, la sortie extra-véhiculaire prévue aujourd'hui était reportée. L'agence se veut rassurante, et des procédures sont prévues pour faire face à ces situations.

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Après le microdosing, les tech bros américains ont une nouvelle passion : s’injecter des peptides

Seringue

Longtemps cantonnés à la cosmétique, les peptides séduisent désormais les biohackers et une partie de la tech américaine, qui les utilisent par injection au nom de l’auto-optimisation. Entre engouement alimenté par les réseaux sociaux, durcissement réglementaire de la FDA et approvisionnement via des fournisseurs chinois, le phénomène prend de l’ampleur à San Francisco.

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Arrêtez de réfléchir : le secret scientifique pour enfin gagner à pierre-feuille-ciseaux

Vous pensez choisir « Pierre » ou « Ciseaux » totalement au hasard ? Impossible. Votre cerveau, obsédé par vos résultats précédents, vous trahit à chaque manche en cherchant des logiques imaginaires. Des chercheurs révèlent pourquoi cette incapacité biologique à être réellement aléatoire nous rend prévisibles et précipite souvent notre défaite.

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