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La lente approbation des mariages interraciaux aux États-Unis

La lente approbation des mariages interraciaux aux États-Unis

Par l'intermédiaire de Paul Krugman sur Threads, j'ai découvert ce graphique.

La lente approbation des mariages interraciaux aux États-Unis
Figure 1

Issu d'une série de sondages de Gallup, le graphique montre la proportion d'adultes qui disent "approuver" les mariages interraciaux entre personnes noires et personnes blanches aux États-Unis.

En 1958, seulement 4 % de la population approuvait les mariages interraciaux. Il aura fallu attendre les années 1990 pour qu'une majorité de la population américaine approuve.

Lorsque l'on sépare les données par groupe racial, les données montrent au moins deux phénomènes.

  • Ce sont surtout les personnes blanches qui ont été lentes à approuver les mariages interraciaux.
  • Même si les personnes noires approuvent majoritairement les mariages interraciaux depuis 1968, la proportion qui approuve était d'une courte majorité à la fin des années 1960.
La lente approbation des mariages interraciaux aux États-Unis
Figure 2

Davantage de détails sont disponibles sur le site de Gallup :

U.S. Approval of Interracial Marriage at New High of 94%
Ninety-four percent of U.S. adults now approve of marriages between Black people and White people. Just 4% approved when Gallup first asked the question in 1958.
La lente approbation des mariages interraciaux aux États-UnisGallupJustin McCarthy
La lente approbation des mariages interraciaux aux États-Unis
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Meta ne recommandera pas de contenu politique sur Threads

C'est ce que l'entreprise vient d'annoncer dans la presse. Adam Mosseri, le PDG d'Instagram, a également publié un fil d'explication sur Threads.

Concrètement, Threads appliquera une étiquette Politique aux comptes qui publient régulièrement du contenu politique. Les publications des comptes étiquetés ne seront pas recommandées aux comptes qui ne les suivent pas.

Les personnes qui souhaitent avoir des recommendations de contenu politique dans leur flux algorithmique pourront activer une option dans les réglages. Par défaut, l'option sera désactivée. Par ailleurs, le contenu des comptes étiquetés qu'une personne suit déjà ne sera pas masqué dans le flux algorithmique.

Pour ma part, je trouve que c'est une excellente décision de la part de Meta, au moins sur le principe. Twitter a été en partie ruiné par des comptes politiques toxiques qui vivent pour récolter des likes, des reposts et des abonnements. Ils ne travaillent pas, peu, ou mal. Ils ont les pires comportements antisociaux. Des articles scientifiques montrent d'ailleurs que les comptes les plus partisans se comportent de manière toxique dans tous les contextes, pas seulement lors de discussions politiques.

The social media discourse of engaged partisans is toxic even when politics are irrelevant
Abstract. Prevailing theories of partisan incivility on social media suggest that it derives from disagreement about political issues or from status competition
OUP AcademicDavid Rand

La contribution de ces comptes au débat paraît bien minime. Si vous faites partie de la communauté sceptique et que vous fréquentez, ou avez fréquenté, Twitter, vous avez certainement une longue liste de comptes en tête pour illustrer ce phénomène.

Les plateformes ont intérêt à réduire la probabilité que ces comptes nuisent aux autres utilisateurs et utilisatrices. Leur rendre la vie difficile, par exemple en n'amplifiant pas leur contenu, va dans cette direction.

Je ne sais pas si cette politique de Meta produira les effets escomptés. Je le souhaite. A minima, elle me semble prometteuse, car elle a le potentiel pour étouffer ces comptes politiques toxiques avant qu'ils ne ruinent Threads comme ils ont ruiné, et ruinent encore, Twitter.

Il faudra cependant prêter attention à son implémentation. Le flux algorithmique de Threads est notoirement mauvais. La modération de Threads est également bien médiocre. Le principe de cette politique est bon. Mais il faudra voir comment Meta traduira concrètement cette décision.

Bibliographie

Mamakos, Michalis, et Eli J Finkel. 2023. « The social media discourse of engaged partisans is toxic even when politics are irrelevant ». PNAS Nexus 2 (10): pgad325. https://doi.org/10.1093/pnasnexus/pgad325.

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Bluesky a gagné 550.000 utilisateurs en moins de 24 heures

Depuis hier, Bluesky ne nécessite plus de code d'invitation pour créer un compte.

Bluesky est désormais accessible à toutes et tous
Il n’est plus nécessaire d’avoir un code d’invitation pour se créer un compte
Olivier Simard-CasanovaOlivier Simard-Casanova

Jay Grabber, la PDG de Bluesky, annonce qu'en un peu moins de 24 heures, 550.000 comptes ont été créés sur la plateforme :

2 more hours until we’ve been open for 24 hours — we’ve welcomed 550k newskies, testing every piece of the infra.

D'après ce site, il y a actuellement quasiment 3.8 millions de comptes sur Bluesky.

Figure 1 - Impression d'écran réalisée le 7 février 2024 à 13h50 (heure de Paris)

Par déduction, avant l'ouverture à toutes et tous de Bluesky, il y avait 3.25 millions de comptes. En à peine 24 heures, le nombre d'utilisateurs de Bluesky a donc augmenté de 17 % (!).

Je suis curieux de voir l'évolution du rythme de création de nouveaux comptes au cours des prochaines semaines. Il va probablement se réduire, mais dans quelle mesure ?

C'est en tout cas une période fascinante pour suivre le marché des plateformes sociales, qui évolue rapidement.

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Bluesky est désormais accessible à toutes et tous

Après quasiment un an en beta fermée, le réseau social Bluesky est désormais accessible à toutes et tous.

Si vous n'avez pas déjà un compte sur Bluesky, la méthode pour en créer un est simple : il vous suffit de vous rendre sur bsky.app et de vous laisser guider. D'expérience, Bluesky est un endroit beaucoup plus sain que X, anciennement Twitter.

Vous pouvez m'y retrouver à @olivier.simardcasanova.net.

À tout de suite !

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Bluesky

L'annonce officielle de Bluesky

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Les effets de l'école à distance sur la santé mentale des élèves

Lors de la pandémie de COVID-19, de nombreuses écoles sont passées à l'enseignement à distance. Quels effets le passage au distanciel a eu sur la santé mentale des élèves ?

Cette question n'est pas une question d'opinion, mais une question factuelle. Les effets du passage au distanciel ne sont pas une question de point de vue personnel, mais une question de données empiriques.

Un article à paraître dans la revue American Economic Journal: Economic Policy utilise des données suédoises pour offrir un élément de réponse à cette question. Comme le montre la Figure 1, une partie seulement des élèves suédois sont passés à l'école à distance, ce qui permet de constituer un groupe contrôle (les élèves en distanciel) et un groupe témoin (les élèves en présentiel).

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Indicateur de confiance

• Profondeur de lecture : lecture partielle (2/3)
• Proximité scientifique : proximité moyenne (2/3)

En savoir plus →
Figure 1 - Part des élèves en présentiel ("Open") et en distanciel ("Remote") au collège ("Lower-secondary", de 14 à 16 ans) et au lycée ("Upper-secondary", de 17 à 19 ans) lors du printemps 2020 en Suède

Grâce à cette expérience naturelle et comme l'illustre la Figure 2, Evelina Björkegren, Helena Svaleryd et Jonas Vlachos, les trois auteurs de l'article, trouvent que les élèves en distanciel ont utilisé 4.4 % moins souvent les services de soins psychiatriques que les élèves en présentiel. La baisse est principalement due à une diminution des diagnostics et des prescriptions pour des troubles dépressifs et des troubles anxieux.

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Un surprenant résultat sur les différences de comportements de compétition entre femmes et hommes

Une vaste littérature en science économique montre que les hommes font en moyenne davantage preuve de compétition que les femmes. L'explication dominante de cette différence est une tendance à la sur-confiance dans leurs capacités des hommes.

Un working paper de Tünde Lénárd, Dániel Horn et Hubert János Kiss remet en question cette explication.

🧭
Indicateur de confiance

• Profondeur de lecture : lecture superficielle (1/3)
• Proximité scientifique : proximité moyenne (2/3)

En savoir plus →

Comme la littérature scientifique pré-existante, le working paper mesure également que les hommes font davantage preuve de compétition que les femmes. Mais il échoue à établir que la différence est due à une tendance à la sur-confiance des hommes.

Dans une expérience de laboratoire, les chercheurs mesurent trois niveaux de confiance chez les sujets : sur-confiance (le sujet surestime ses performances), sous-confiance (le sujet sous-estime ses performances), et réalisme (le sujet estime correctement ses performances). Si l'explication dominante est correcte, parmi les sujets faisant preuve de sur-confiance, les hommes devraient davantage faire preuve de compétition que les femmes. Or, de manière surprenante, il n'y a pas de différence dans les comportements de compétition entre femmes et hommes parmi les sujets sur-confiants. Il n'y a pas non plus de différence parmi les sujets sous-confiants.

En revanche, parmi les sujets faisant preuve de réalisme sur leurs performances, les hommes font davantage preuve de compétition que les femmes — et la différence est significative.

Le working paper échoue donc à établir que la différence dans les comportements de compétition est due à une sur-confiance des hommes. Le résultat est robuste à différentes spécifications statistiques, suggérant qu'il ne s'agit pas d'un artéfact dans les données expérimentales.

Deux précisions cependant. La première est qu'il s'agit d'un working paper, qui n'a pas fait l'objet d'une revue par les pairs. La seconde est qu'il s'agit d'un seul article. Son résultat devra être répliqué par d'autres articles pour être confirmé, précisé ou réfuté.

Competition, confidence and gender: shifting the focus from
The gender gap in competitiveness is argued to explain gender differences in later life outcomes, including career choices and the gender wage gap. In experimental settings, a prevalent explanation at
Tünde Lénárd & Hubert János Kiss & Dániel Horn

Via Dennis Alexis Valin Dittrich sur Mastodon

Résumé

The gender gap in competitiveness is argued to explain gender differences in later life outcomes, including career choices and the gender wage gap. In experimental settings, a prevalent explanation attributes this gap to males being more (over)confident than females (we call this the compositional channel). While our lab-in-the-field study using data from students in 53 classrooms (N$>$1000) reproduces this finding, it also uncovers a second, potentially more impactful channel of confidence contributing to the gender gap in competitiveness (the preference channel). To disentangle the two channels, we propose a more precise measure of confidence based on whether the subjects’ believed performance rank exceeds, coincides with or falls short of their actual performance in a real-effort task. We label categories of this Guessed - Actual Performance (GAP) difference as overconfident, realistic or underconfident, respectively. Surprisingly, there is no gender difference in competitiveness within the over- and underconfident subgroups, while a significant gender gap exists among the realistic. So, even if both genders had the same level of confidence, a persistent gender gap in preference (or taste) for competition would remain in the realistic group. This finding is robust across all specifications, challenging previous theories about the overconfidence of men being the sole driver of the relationship between confidence and the gender gap in competition.

Bibliographie

Lénárd, Tünde, Hubert János Kiss, et Dániel Horn. 2023. « Competition, Confidence and Gender: Shifting the Focus from the Overconfident to the Realistic ». CERS-IE Working Papers. Institute of Economics, Centre for Economic and Regional Studies. https://ideas.repec.org//p/has/discpr/2327.html.

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X, anciennement Twitter, suspend des journalistes et des éditorialistes progressistes sans raison

X, anciennement Twitter, suspend des journalistes et des éditorialistes progressistes sans raison

Une bonne dizaine de journalistes et de comptes progressistes américains ont été suspendu sans aucune communication ni raison par X.

Il semblerait qu’une nouvelle purge ait été décidée par Elon Musk.

X Purges Prominent Journalists, Leftists With No Explanation
Ken Klippenstein, Steven Monacelli, and Alan MacLeod were all suspended from the platform.
X, anciennement Twitter, suspend des journalistes et des éditorialistes progressistes sans raisonVICEMatthew Gault
X, anciennement Twitter, suspend des journalistes et des éditorialistes progressistes sans raison

Via Karl Bode sur Threads

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Elon Musk consomme régulièrement de multiples drogues

Elon Musk consomme régulièrement de multiples drogues

C’est ce que rapportent Emily Glazer et Kirsten Grind dans un article détaillé publié dans le Wall Street Journal. Il y a des rumeurs anciennes et persistantes au sujet d’une possible consommation de drogues par Elon Musk. L’article confirme ces rumeurs. Elon Musk consomme régulièrement de la ketamine, de l’ecstasy, des champignons hallucinogènes, du LSD et de la cocaïne.

Considérant les risques juridiques associés à publier un tel article, je suppose que le Wall Street Journal a une enquête en acier, qui résistera à un éventuel procès intenté par Elon Musk.

En plus d’expliquer son comportement erratique et les nombreuses décisions catastrophiques qu’il a pris chez X, anciennement Twitter, ainsi que chez Tesla, la consommation de drogues d’Elon Musk entre en violation à la fois du règlement intérieur des entreprises qu’il dirige, et de la réglementation fédérale aux États-Unis. Les conséquences de la publication de cet article pourraient être considérables pour Elon Musk, qui pourrait perdre la direction de nombre de ses entreprises. Sans parler de possibles poursuites judiciaires.

Que vont faire les conseils d’administration des entreprises d’Elon Musk, et l’État fédéral américain ? D’après moi, c’est ça la question importante désormais. Je ne serais pas surpris qu’il y ait de nouveaux développements, potentiellement majeurs, au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

Elon Musk Has Used Illegal Drugs, Worrying Leaders at Tesla and SpaceX
Some executives and board members fear the billionaire’s use of drugs—including LSD, cocaine, ecstasy, mushrooms and ketamine—could harm his companies.
Elon Musk consomme régulièrement de multiples droguesThe Wall Street JournalEmily Glazer and Kirsten Grind
Elon Musk consomme régulièrement de multiples drogues

Via Michael Tae Sweeney sur Bluesky

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