L’épidémie de grippe continue de s’intensifier en France, le pic probablement imminent

© Hannah MCKAY / REUTERS

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Une étude parue le 2 décembre 2025 dans la revue Parasitology révèle que des soldats romains, gardant une partie du mur d'Hadrien au nord de l'Angleterre, étaient contaminés par des parasites intestinaux. Ils souffraient donc de crampes, de diarrhées et de nausées.
Le consensus médical est sans appel : ni l’Institut national du cancer (INCa) ni les experts en nutrition ne recommandent le jeûne ou les régimes restrictifs. Aucun bénéfice thérapeutique n’a été démontré chez l’homme, alors que les risques, eux, sont tragiquement documentés : dénutrition sévère, sarcopénie (fonte musculaire) et chute de la tolérance aux traitements. Les gourous de la « détox » profitent pourtant du flou de certaines recherches préliminaires pour faire croire que le jeûne peut remplacer la médecine.
L’affaire Éric Gandon, ce naturopathe mis en examen en 2023 pour homicide involontaire après plusieurs décès lors de stages de « jeûne hydrique », illustre jusqu’où peut aller l’emprise. À l’instar de Thierry Casasnovas ou de feu Irène Grosjean, ces figures ont bâti leur influence sur le rejet de la médecine, provoquant des pertes de chance vitales. Malheureusement, leurs idées se sont diffusées dans la société, à tel point qu’aujourd’hui, la question de l’efficacité du jeûne revient très souvent en consultation.
Pourtant, une étude parue dans la revue de référence Nature apporte de nouveaux éléments, qui pourraient, au premier abord, sembler aller dans leur sens. Mais ses résultats sont très ciblés. Elle ne concerne qu’un cas bien particulier : les cancers du sein sensibles aux hormones, pour lesquels les patientes suivent un traitement hormonal spécifique.
En testant le jeûne sur des souris, les chercheurs ont découvert un mécanisme surprenant : le manque de nourriture provoque un pic de cortisol, l’hormone du stress. Ce cortisol agit comme un interrupteur qui « reparamètre » les cellules cancéreuses : il éteint les gènes qui les font grandir et allume ceux qui freinent leur multiplication. Résultat ? Le traitement classique devient plus efficace. Mieux encore, les scientifiques ont réussi à obtenir un effet similaire sans faire jeûner les animaux, simplement en utilisant un médicament à base de cortisone. Si ces résultats sont passionnants, attention à ne pas en tirer des conclusions trop vite, ou à les généraliser.
Encore une fois, le processus n’est valable que pour une forme précise de cancer du sein. Pour d’autres types, activer cet interrupteur biologique pourrait être dangereux et accélérer la progression de la tumeur.
L’essentiel de la démonstration repose sur des souris. Chez les patientes, les données restent trop limitées : on observe des changements biologiques, mais rien ne prouve encore que cela augmente les chances de guérison.
L’hormonothérapie dure souvent entre 5 et 10 ans. Imposer des cycles de jeûne répétés sur une période aussi longue est physiquement épuisant et presque impossible à tenir pour les patientes au quotidien.
L’étude suggère que des médicaments (corticoïdes) pourraient imiter l’effet du jeûne. Mais, utilisés sur le long terme, ils entraînent des effets secondaires lourds : fonte musculaire, fragilité des os et baisse des défenses immunitaires.
Enfin, le point le plus critique est le risque vital de dénutrition. Le jeûne peut provoquer une perte de poids et de muscle (sarcopénie) qui affaiblit le corps face à la maladie. Un patient dénutri tolère moins bien ses traitements, ce qui diminue ses chances de s’en sortir.
À ce jour, aucun organisme officiel, comme le réseau NACRe, ne recommande le jeûne. Ces pistes de recherche doivent impérativement rester dans le cadre d’essais cliniques encadrés par des médecins.
Il faut rester vigilant : certains charlatans vont sans doute utiliser le nom prestigieux de la revue Nature pour prétendre que « le jeûne guérit le cancer ». Un slogan mensonger. Ces vendeurs d’espoir construisent leur business sur la détresse de patients prêts à tout pour guérir. La réalité scientifique est beaucoup, beaucoup plus nuancée, et c’est cette nuance qui protège les malades. Transformer une hypothèse de laboratoire en certitude commerciale est une dérive grave. En attendant des preuves solides chez l’homme, les faits sont clairs : cette étude ne justifie ni le jeûne à domicile, ni l’arrêt des traitements classiques. Le meilleur conseil reste le plus simple : une alimentation équilibrée et suffisamment riche en protéines. C’est cet apport nutritionnel qui permet de maintenir la masse musculaire, de limiter la fatigue et d’aider l’organisme à mieux tolérer les thérapies classiques.
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La dermatose nodulaire contagieuse est une maladie virale hautement contagieuse qui affecte exclusivement les bovins. Causée par un poxvirus apparenté à une variole bovine, elle se manifeste par des nodules cutanés douloureux, une fièvre élevée, une baisse d’état général et, dans certains cas, la mort, celle-ci pouvant toucher entre 5 % et 10 % des bêtes affectées, avec une morbidité capable d’atteindre les 40 %. Elle a logiquement d’importantes conséquences économiques, provoquant une chute violente de la production laitière et une impossibilité de valoriser le cuir des animaux. Elle est également assez sournoise du fait de sa longue période d’incubation, de 15 à 28 jours. Cette affection n’est pas une zoonose : elle ne se transmet pas à l’humain, ni par contact direct ni par consommation de viande ou de lait.
Hélas, il n’existe aucun traitement curatif, contrairement à ce que certaines fake news prétendent, ce sur quoi nous reviendrons. La transmission repose principalement sur des déplacement d’animaux et des insectes tels que les moustiques, le stomoxe ou les taons (et non les mouches communes, contrairement à certaines idées diffusées). Si ces deux derniers ne se déplacent que très rarement sur de longues distances, surtout par temps froid, les moustiques, favorisée par un climat doux et humide, sont les grands suspects pour la dissémination entre les fermes.
En France, le premier foyer a été détecté le 29 juin 2025 en Savoie. À ce jour, 113 foyers ont été confirmés dans onze départements, avec des cas récents dans l’Aude, marquant une extension. Plus de 3 000 bovins ont été euthanasiés sur un cheptel national de 16 à 17 millions de têtes. Outre les pertes économiques, les conséquences sont multiples, notamment psychologiques pour des éleveurs déjà en difficulté et inquiets, qu’importe qu’ils aient raison ou tort quant aux conséquences de traités, comme le Mercosur, ou des importations venant d’Europe de l’Est sur leur activité. Et comme l’a expliqué sur X notre contributeur, le Dr Jérôme Barrière : « Si cela suscite autant de mobilisation chez les éleveurs, c’est qu’avec l’abattage d’un troupeau entier, des années de sélection génétique sont anéanties. Et, parmi ces animaux, il peut aussi exister des races rares ou des lignées précieuses qui pourraient disparaître. Sans parler de l’impact humain : le traumatisme psychologique est réel. » Car oui, pour les agriculteurs, voir leurs animaux, avec lesquels ils entretiennent une relation quasi fusionnelle, être euthanasiés est bien plus qu’un crève-cœur. Or, même si un vaccin existe, l’abattage après contamination et les restrictions de mouvement sont les seules réponses pouvant être apportées. Et elles laissent toujours des traces indélébiles dans la psyché des éleveurs.
La stratégie française, alignée sur les règlements européens, combine abattage systématique des unités épidémiologiques infectées, zonage strict et vaccination obligatoire autour des foyers. Ce qui a permis une contention initiale efficace dans les régions alpines, la Savoie étant désormais sauvée de ce fléau. Elle se double d’indemnisations à 100 %, d’avances rapidement dispensées et d’un soutien psychologique. Non sans quelques rigidités qui alimentent la grogne, comme en ont témoigné les blocages d’autoroutes et les manifestations de ces derniers jours, ayant conduit à des affrontements violents avec des forces de l’ordre parfois dépassées et à des réactions brutales. Des syndicats comme la Coordination rurale et la Confédération paysanne dénoncent des abattages excessifs, y compris sur des troupeaux vaccinés (dus à une incubation préexistante), et plaident, à tort, pour celui des seuls animaux en apparence malades, ce qui pourrait être trompeur. Face à une mobilisation exacerbée par des motifs souvent plus politiques que scientifiques, le gouvernement tente de s’ouvrir au dialogue, étend les zones de vaccination et envisage des ajustements, tout en maintenant que l’abattage reste indispensable pour éviter une propagation endémique.
La question a été largement traitée sur X par un vétérinaire tenant le compte Dr Toudou, vu plus de deux millions de fois et relayé par nombre de ses confrères. Il a fait le point, non sans exaspération, sur le chaos informationnel des réseaux sociaux à ce propos, avant de structurer son intervention en décrivant la nature de la maladie et d’en détailler les symptômes avec une précision clinique, tout en rappelant que le vrai fléau réside dans les retombées économiques. Il a ensuite balayé les illusions thérapeutiques qui circulent en ligne, rappelant l’impossibilité de guérison et l’inefficacité de remèdes tels que l’ivermectine ou la fleur de Bach. Pour illustrer l’urgence, il a comparé la situation au Covid-19, mais en « 100 fois pire », en raison de trois obstacles majeurs. D’abord, la transmission vectorielle : le virus ne se propage pas simplement par contact, mais via des insectes, rendant les quarantaines illusoires. Ensuite, le temps d’incubation prolongé permet au virus de se disséminer discrètement avant l’apparition des symptômes. Enfin, la morbidité variable entretient un redoutable flou statistique. Face à ce tableau, le vétérinaire expose les solutions, associant deux mesures complémentaires correspondant aux préconisations de l’État : l’abattage total des troupeaux infectés et la vaccination ciblée. À l’échelle du pays, une vaccination généralisée est prématurée, car elle épuiserait les doses et les ressources humaines et bloquerait les exportations indispensables à la survie du secteur. Un plaidoyer pour la raison face à la panique, soulignant que ces mesures, bien que déchirantes, sont le fruit d’études et de spécialistes, non d’un caprice administratif. Des propos indispensables tant cette crise attise les saillies complotistes et la récupération politique.
La DNC agit comme un aimant irrésistible pour les mouvances complotistes et antivax, offrant un narratif qui s’inscrit dans l’actuelle défiance envers les institutions sanitaires et l’État, entretenue par les réseaux sociaux, les intérêts politiques et les ingérences étrangères. Ce que le spécialiste de ces questions, David Colon, a analysé, ayant établi qu’au « moins 16 sites de médias fictifs francophones du réseau Storm-1516 affilié au Kremlin cherchent depuis jeudi dernier à amplifier en ligne le mouvement des agriculteurs ». Les abattages systématiques sont dépeints non comme une nécessité épidémiologique, mais comme une punition arbitraire contre les ruraux, un « génocide bovin » orchestré pour des motifs occultes. La vaccination, pourtant complémentaire et désormais élargie à près d’un million de doses en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine, est elle-même diabolisée, étant présentée comme un « poison expérimental » ou un « cheval de Troie » des laboratoires pharmaceutiques. L’État, accusé d’autoritarisme pur, devient le complice d’une Union européenne vue comme un marionnettiste distant, imposant des protocoles uniformes au mépris des réalités locales.
Ce cocktail émotionnel se fait l’écho des controverses nées durant la pandémie de Covid, où les mêmes acteurs – antivax, souverainistes et ultradroitiers, souvent pro-Kremlin – avaient prospéré sur des théories de « grand reset » ou de « vaccins tueurs ». La crise agricole cumulée (Mercosur, FCO, hausse des coûts) et la défiance post-Gilets jaunes transforment une maladie en symbole d’une « guerre contre les paysans ». Comme l’a analysé Emmanuelle Ducros dans L’Opinion, les réseaux sociaux se muent en « torrents d’émotions et de fake news », où des images chocs – charges policières devant une ferme ariégeoise le 9 décembre, euthanasies filmées en direct – « galvanisent tout ce que la France compte d’antisystèmes », parasitant le débat rationnel et amplifiant une colère légitime en furie populiste.
Ces visuels viraux, souvent décontextualisés ou manipulés (comme une photo générée par IA relayée par des comptes complotistes pour illustrer de prétendus « abattages secrets »), transforment une mesure sanitaire en scandale moral, pour maximiser les vues.
Comme le rappelle le Dr Jérôme Barrière, les mêmes comptes qui, en 2020-2022, propageaient des rumeurs sur les « puces 5G » dans les vaccins humains se reconvertissent aujourd’hui en « défenseurs des vaches ». Sans compter les théories dénonçant un virus « fabriqué en labo » pour justifier le Frexit (cherchez le rapport…). Sur X, l’analyse des contenus viraux confirme cette dérive. Selon des observations partagées par des fact-checkers, comme Raphaël Grably, sur les vingt-sept tweets les plus partagés (plus de 2 000 retweets chacun), vingt-deux émanent de comptes affiliés à l’ultra-droite, aux mouvances antivax, pro-Kremlin ou complotistes, transformant une crise sanitaire agricole en champ de bataille informationnel.
Cette attractivité s’explique aussi par la porosité des sphères. Certains Gilets jaunes ruraux, déjà échaudés par les ZAD et la taxe carbone, se croisent avec des antivax urbains, créant un front hybride où la science est reléguée au rang de « narratif élitiste ». Des opportunistes politiques, inexistants en dehors des réseaux, comme Nicolas Dupont-Aignan ou Florian Philippot, en tirent profit en titrant « DNC : L’AVEU ! », accusant l’UE de vouloir « réduire massivement notre cheptel » via des abattages « imposés ».
De même, des rumeurs comme celle des « 70 vétérinaires radiés pour refus d’abattage », démentie le 15 décembre par le préfet de l’Ariège, se propagent comme une traînée de poudre, accusant un « État totalitaire » de museler les « lanceurs d’alerte ».
Au-delà des fake news, cette attraction révèle une stratégie plus large, également alimentée par le RN et LFI, exploitant la vulnérabilité rurale pour élargir l’audience complotiste en liant la DNC à un « agenda vert » imaginaire ou à des théories globalistes (Bill Gates et les « steaks artificiels »).
Ces convergences, amplifiées par des bots et des groupes Telegram, menacent non seulement l’éradication de la maladie, mais aussi la cohésion sociale.
L’extrême droite, Rassemblement national en tête, joue un rôle central dans cette instrumentalisation, en dénonçant un « scandale vaccinal » et une gestion « inhumaine » des abattages pour consolider son ancrage dans les campagnes. Après avoir obtenu des scores records lors des européennes de 2024, le RN multiplie les déclarations incendiaires pour capter le vote des éleveurs désemparés. Certains de ses députés, comme Laurent Jacobelli ou Sébastien Chenu, ont relayé des images d’abattages, accusant l’État de « sacrifier l’agriculture française sur l’autel de Bruxelles », dans une rhétorique anti-UE qui fait écho à leur programme. Cette stratégie vise non seulement à déstabiliser le gouvernement, mais aussi à préparer le terrain pour les municipales de mars 2026, où le RN espère conquérir des mairies rurales en Occitanie et dans les Alpes, régions touchées par la DNC. Reconquête, de son côté, amplifie ce narratif en liant la crise à un « complot mondialiste » contre la souveraineté alimentaire, relayant des théories conspirationnistes sur les vaccins bovins pour mobiliser un électorat ultraconservateur.
De l’autre côté de l’échiquier, La France insoumise illustre la jonction entre les extrêmes en qualifiant la politique d’abattage de « mortifère » et d’« écocide sanitaire », dans une ligne qui s’inscrit dans son combat pour une agriculture paysanne et écologique, sans que l’on comprenne bien le rapport entre les deux. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée, a ainsi interpellé la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, lors d’une séance de questions au gouvernement, exigeant une « suspension immédiate des abattages » et une « vaccination massive et gratuite » pour tous les troupeaux, accusant le pouvoir d’une « gestion libérale qui privilégie les exportations au bien-être animal et humain ». LFI tente ainsi de concurrencer le RN sur son terrain. À l’approche des municipales, les insoumis visent des alliances locales avec des listes citoyennes ou écologistes dans des communes agricoles touchées par la DNC.
Enfin, les syndicats agricoles jouent un rôle idéologique essentiel dans cette récupération, en servant de courroie de transmission entre la base paysanne et les partis politiques. La FNSEA, syndicat majoritaire, défend une ligne modérée, soutenant les abattages comme un « mal nécessaire » pour préserver les exportations et le statut indemne de la France, tout en réclamant davantage d’indemnisations et de vaccins – une position qui l’expose aux accusations de « collaboration » avec le gouvernement. À l’opposé, la Coordination rurale, ancrée à droite, voire à l’extrême droite, et entretenant des liens avec le RN, mène une contestation virulente contre les « abattages barbares » et l’UE, appelant à des blocages radicaux pour « sauver nos vaches et notre indépendance ». Lui emboîtant le pas, la Confédération paysanne, d’inspiration altermondialiste et proche de LFI, critique une « politique industrielle mortifère » qui privilégie les gros élevages au détriment des petits, plaidant pour une vaccination généralisée et des traitements alternatifs. Ces deux syndicats, prétendument aux antipodes idéologiquement, ont formé une coalition temporaire, comme l’illustre leur appel commun à des mobilisations. Cette convergence cynique, rare dans l’histoire syndicale agricole, souligne comment la DNC devient un catalyseur de défiance, au risque de fragiliser davantage une filière déjà exsangue.
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Pointé du doigt en raison d'une mauvaise gestion des ondes émises, le smartphone Blackview Shark 8 est rentré dans le rang, grâce à la mise à disposition d'un correctif logiciel.

Pointé du doigt en raison d'une mauvaise gestion des ondes émises, le smartphone Blackview Shark 8 est rentré dans le rang, grâce à la mise à disposition d'un correctif logiciel.

Avoir ses règles dans l'espace est un problème plus ou moins pris en considération depuis les débuts de la conquête spatiale. Une expérience menée par une équipe de chercheuses américaines implique l'utilisation d'une coupe menstruelle, une solution prometteuse, mais encore imparfaite.
La sécu ! En France, comme ailleurs en Europe, elle représente le pilier de la protection sociale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais partout, elle fait face à des défis croissants dans un contexte de vieillissement, de tensions budgétaires et d’inégalités régionales persistantes. En 2023, les dépenses sociales publiques dans l’Union européenne ont atteint en moyenne 28 % du PIB, avec une hausse notable des investissements en santé et en soins de longue durée pour répondre à l’augmentation de l’espérance de vie qui avoisine désormais 81 ans en moyenne.
Les pays nordiques misent sur un modèle fiscal généreux favorisant les services universels, tandis que les systèmes allemands et français reposent sur des cotisations sociales paritaires, et que le Royaume-Uni opte pour un service public centralisé, hélas sous pression. Cette diversité révèle une tendance commune matérialisée par une augmentation des coûts de 3 à 5 % par an, mais aussi par des disparités en termes d’accès aux soins, avec des co-paiements plus élevés dans le sud de l’Europe comme en Italie ou en Espagne.
Notre pays, souvent mythifié comme disposant du « meilleur système de santé du monde », cache en réalité des fragilités. Il déplore de nombreux déserts médicaux, une lourde dette de la Sécurité sociale, et une efficacité contestée par des classements internationaux comme celui de la Commission européenne, qui le place au milieu du peloton pour la qualité de ses soins primaires. La générosité française pèse sur la compétitivité sans toujours se traduire par la qualité des services, ni en termes d’espérance de vie en bonne santé. D’où notre « étonnement » face à la récente déclaration de Jean-Luc Mélenchon sur LCI : « Nous ne sommes pas le pays le plus taxé du monde : ce n’est pas vrai ! Notre Sécurité sociale coûte 5 fois moins cher que n’importe quel système assurantiel ». Un mensonge lunaire, faisant probablement référence aux modèles privés américains. Nos dépenses totales de protection sociale s’élèvent en réalité à 31,6 % du PIB en 2022, contre une moyenne de 21 % dans l’OCDE. Cette sortie ignore que la générosité française coûte cher précisément parce qu’elle est publique et universelle, contrairement aux États-Unis où 28 millions de personnes restent non assurées. Elle omet aussi que notre système repose sur des cotisations sociales parmi les plus élevées d’Europe, contribuant à un taux de prélèvements obligatoires de 45 % du PIB, deuxième plus haut de l’OCDE.
Ce débat pose finalement la question essentielle sur cette fameuse sécu. Comment concilier protection accrue et soutenabilité budgétaire dans un Europe où les déficits sociaux menacent la croissance ?

La France dépense plus que presque tous ses voisins (11,5 % du PIB en santé publique, 31 % au total pour la protection sociale) mais accumule des déficits records (−13,8 milliards d’euros pour la seule branche maladie en 2024), creuse la dette et n’obtient ni l’accès ni la qualité de soins des meilleurs élèves du continent. Au surplus, indépendamment des critères analysés, 9 % de la population vit dans un désert médical, contre moins de 5 % au Danemark, en Suède ou aux Pays-Bas. Les délais explosent, les urgences saturent et les inégalités territoriales s’aggravent, alors que les indemnités maladie et invalidité sont parmi les moins généreuses d’Europe occidentale et l’espérance de vie en bonne santé inférieure à celle des pays nordiques. Bref, nous payons le prix fort pour un système qui protège moins bien les plus vulnérables qu’on ne le prétend, entretient des rigidités coûteuses et refuse les réformes qui ont permis à l’Allemagne, aux Pays-Bas ou au Danemark d’allier générosité réelle, accès rapide et bonne gestion. Sans changement profond, notre modèle continuera de s’enfoncer dans une spirale de dépenses incontrôlées et de promesses non tenues.
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Des chercheurs allemands en collaboration avec l'ADAC ont testé 11 voitures électriques afin de savoir si elles émettaient trop d'ondes électromagnétiques. Vous pouvez être rassurés, d'après cette étude les VE sont sans danger.

Après avoir démontré que les souvenirs s’inscrivent de façon matérielle dans notre cerveau, les scientifiques s’attèlent à la tâche de réactiver des souvenirs attaqués par des maladies neurodégénératives chez des souris.
La lettre de l’Éducation nationale est désormais dans toutes les boîtes. Elle invite chaque élève de collège à se faire vacciner contre les HPV. Et, contrairement aux idées reçues, les garçons doivent également être concernés, le virus étant loin de provoquer le seul cancer de l’utérus. Il est également responsable de nombreuses infections et traitements parfois lourds et mutilants, pouvant toucher les deux sexes.
Les papillomavirus humains se transmettent lors des contacts intimes. On estime que 80 % des femmes et des hommes seront touchés au moins une fois dans leur vie. La plupart des infections disparaissent spontanément, mais certains types de HPV sont à « haut risque ». À force d’irriter les cellules, ils peuvent provoquer des lésions précancéreuses puis des cancers, parfois vingt ou trente ans plus tard.
En France, ils sont responsables d’environ 6 400 de ces maladies chaque année. Du col de l’utérus bien sûr, mais aussi de l’anus, de la vulve, du pénis, de l’oropharynx (gorge, amygdales). Les hommes ne sont donc pas épargnés. Les HPV causent aussi des lésions précancéreuses au niveau du col de l’utérus (plus de 30 000 par an), qui obligent à pratiquer examens et actes médicaux, en plus d’être des sources d’inquiétude chez les patientes. Ils sont aussi à l’origine de plus de 100 000 verrues ano-génitales, tous sexes confondus, tous les ans.
Deux très grandes « études-synthèse », appelées méta-analyses, publiées fin 2025 par la Collaboration Cochrane, menées par la même équipe, témoignent de l’efficacité et de la pertinence du vaccin. Une méta-analyse ne reflète pas un unique travail, mais compile et étudie les résultats de dizaines d’essais. Cela donne une vision beaucoup plus solide de l’efficience et de la sécurité d’un vaccin.
La première d’entre elles rassemble 60 études et plus de 150 000 personnes, vaccinées ou non, suivies jusqu’à 10–11 ans. Chez les jeunes femmes, le vaccin réduit nettement les lésions précancéreuses importantes du col de l’utérus et diminue le nombre de gestes invasifs (conisations, destructions de lésions). Concernant les verrues génitales, la baisse est très nette également. Sur cette importante cohorte, on ne relève pas davantage d’effets indésirables graves chez les vaccinés que chez les non-vaccinés. Les problèmes observés sont surtout des douleurs et rougeurs transitoires au point d’injection, comme avec les autres piqûres de ce type.
La deuxième revue (données de « vraie vie ») regarde ce qui se passe dans les pays ayant mis en place la vaccination à grande échelle. Elle compile 225 études et plus de 130 millions de personnes grâce aux registres de cancers et aux bases de données nationales. Les résultats sont impressionnants. Dans les pays où les filles sont bien vaccinées avant 16 ans, le risque de cancer du col diminue d’environ 60 %, et même jusqu’à 80 % chez celles qui ont reçu leur injection très tôt. Les lésions précancéreuses sévères reculent fortement, et les verrues génitales baissent de façon marquée dans toute la population, y compris chez les garçons, ce qui confirme l’intérêt de vacciner les deux sexes.
Ces revues sont donc vraiment complémentaires. La première montre, dans le cadre très contrôlé des essais, que le vaccin est efficace et sûr pour les dizaines de milliers de volontaires qui y ont participé. La seconde confirme, lors d’un déploiement à grande échelle, le résultat espéré, à savoir des milliers de lésions précancéreuses, de traitements invasifs et de cancers évités. Totalement probant, alors que rares sont les vaccins observés avec autant de données concordantes, à la fois dans des essais randomisés et en vie réelle.
En France, la vaccination HPV est recommandée dès 11 ans, pour les deux sexes. Mais, longtemps, la couverture est restée très insuffisante. En 2022, seulement 41,5 % des filles et 8,5 % des garçons avaient reçu au moins une dose. D’où l’effort inédit envisagé depuis la rentrée 2023, induisant une vaccination gratuite au collège pour tous les élèves de 5ᵉ, avec l’accord des parents.
Le bilan provisoire est encourageant. Entre septembre 2023 et juin 2024, la couverture par « au moins une dose » a bondi pour atteindre 62 % chez les filles et 48 % pour les garçons. La couverture avec « deux doses » – soit un schéma complet – est de 38 % pour les premières et de 30 % pour les seconds. Une progression spectaculaire justifiant la poursuite de cette stratégie… mais encore loin de l’objectif des 80 % fixé dans le plan décennal de lutte contre les cancers.
Derrière les moyennes nationales se cachent de fortes disparités territoriales. Certaines régions approchent ou dépassent les 60 % de jeunes filles vaccinées à 15 ans, d’autres restent nettement en dessous de 50 %, en particulier pour les garçons. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, par exemple, 47 % des filles de 15 ans ont initié la vaccination HPV, contre seulement 19 % des garçons, malgré une forte progression en un an.
Les enquêtes menées auprès des parents montrent que les refus ne sont pas marginaux. Autour de 25 à 30 % d’entre eux déclarent s’opposer à cette vaccination ou la juger proposée « trop tôt ». Résultat : les adolescents des territoires les moins informés ou les plus défavorisés restent davantage exposés à des cancers pourtant évitables.
Il faut donc apporter trois réponses aux parents rétifs, particulièrement à ceux doutant de l’utilité du vaccin pour les garçons.
D’abord rappeler que le sexe masculin n’est pas épargné par les cancers liés aux HPV, ceux-ci pouvant toucher l’anus, le pénis ou la gorge. Ces pathologies sont certes moins fréquentes que le cancer du col, mais en augmentation et souvent diagnostiquées tard.
Ensuite, parce qu’un garçon vacciné protège aussi ses futurs partenaires. En vaccinant les garçons et les filles, on fait baisser la circulation du virus dans toute la population. C’est le même principe que pour la rougeole ou la coqueluche. Plus la couverture est élevée, moins le virus trouve de personnes à infecter.
Enfin, parce que c’est au moment d’aborder le collège que le vaccin est le plus utile. Le but n’est pas de parler sexualité à 11 ans, mais de vacciner avant les premiers contacts intimes, quand l’organisme réagit le mieux. Une fois le virus attrapé, le vaccin protège beaucoup moins, voire plus du tout, contre ce type précis de HPV.
À noter qu’un refus de vaccination au collège n’est pas rédhibitoire. Elle reste possible chez le médecin ou en centre dédié et se voit généralement remboursée.
La vaccination HPV n’est pas « un petit vaccin en plus ». C’est un levier majeur de prévention des cancers chez les femmes et les hommes, avec un niveau de preuve aujourd’hui très solide et un recul de plus de quinze ans dans plusieurs pays.
Accepter de faire vacciner son enfant de 11 ans, c’est lui offrir, comme à ses futurs partenaires, quelques risques de cancers en moins à 40, 50 ou 60 ans. Un geste simple aujourd’hui, pour une protection valable durant des décennies.
Aucun lien ou conflit d’intérêts n’est à rapporter avec cet article.
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Greffer l’organe d’un animal à un être humain n’est plus de la science-fiction. Ces dernières années, plusieurs patients ont reçu un cœur, un rein ou même la peau d’un porc génétiquement modifié. Mais pourquoi choisir le cochon, plutôt qu’un autre animal ?

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