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De vieux réacteurs nucléaires militaires pour alimenter les data centers ?

D’anciens réacteurs nucléaires militaires américains pourraient être utilisés pour alimenter des data centers. Leur soif d’électricité est sans limite : ils recourent à toutes les solutions d’alimentation stable, fiable, presque à n’importe quel prix.

Aux États‑Unis, un projet prévoit de reconvertir d’anciens réacteurs nucléaires de la marine américaine pour alimenter des data centers. Un développeur énergétique texan envisage de réutiliser des réacteurs qui ne sont plus en service, après avoir propulsé des sous‑marins et porte‑avions, pour produire entre 450 et 520 mégawatts (MW) d’électricité et alimenter ces gloutons.

Fiables dans toutes les conditions, ces réacteurs pourraient fournir une puissance stable 24 heures sur 24. L’idée, rapportée par BFMTV, paraît saugrenue mais, remise dans son contexte, peut être analysée de la manière suivante.

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De l’électricité en quantité et fiable

Nous avons parlé, sur Révolution Énergétique, de l’utilisation de turbines d’avion détournées pour générer de l’électricité ou de les mettre à l’eau pour refroidir les serveurs et réduire leur consommation liée à cette régulation de température. Google va même rouvrir une centrale nucléaire fermée depuis 2020.

L’enjeu, c’est de répondre à leur appétit électrique, en quantité et ce, de manière fiable. Des projets, comme celui qui prévoit l’installation d’un centre de données sur une ancienne centrale au fioul désaffectée, montrent que la réutilisation d’infrastructures existantes est une manière de sécuriser le raccordement. Leur consommation devrait croître exponentiellement. Le think tank Shift Project estime qu’elle sera multipliée par trois d’ici à 2030 en comparaison avec 2023.

Thomas Veyrenc, membre du directoire de RTE, tenait toutefois à nuancer les nombreux raccordements demandés, qui ne reflètent pas toujours la réalité. Il soulignait aussi que les centres de données actuellement raccordés en France consomment seulement 5 TWh, soit environ 20 % de la capacité réseau qui leur a été attribuée.

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Nucléaire : pourquoi le projet d’EPR2 au Bugey a été brutalement stoppé par la justice

Rien ne sera facile pour les projets de nouveau nucléaire en France. Fin 2025, c’est le projet d’une paire d’EPR2 sur le site du Bugey qui a subi un brutal revers administratif. Voyons de quoi il retourne.

EDF s’est lancé dans un vaste programme de construction de nouveaux réacteurs nucléaires, sous la forme de trois paires d’EPR2. La première paire est prévue pour compléter la centrale de Penly, dans le département de la Seine-Maritime. Les deux paires suivantes seront implantées sur le site de Gravelines (Nord), puis sur le site de Bugey (Ain). Et c’est ce dernier projet qui a fait l’objet d’une décision défavorable du tribunal administratif de Lyon.

Deux documents sont incriminés. Le premier document est le schéma de cohérence territoriale (SCOT), dont est responsable le syndicat mixte Bugey-Côtière-Plaine de l’Ain. Ce document avait été approuvé par délibération le 6 février 2023. La modification de ce SCOT avait permis à la commune de Loyettes de réviser son propre PLU (Plan local d’urbanisme), de façon à rendre constructible la zone de 150 hectares allouée au futur réacteur. Ce deuxième document avait été approuvé le 19 septembre 2024.

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L’environnement insuffisamment considéré

Ces deux documents ont été attaqués par l’association Sortir du nucléaire Bugey. Et le tribunal administratif leur a donné raison. Le nœud du problème réside dans les deux décisions d’allocation des espaces au regard, d’une part, des espaces agricoles inconstructibles, et d’autre part, de la proximité d’une zone Natura 2000 – l’effet potentiel des centrales sur les milieux aquatiques aurait été insuffisamment étudié. Selon le tribunal, ces modifications étaient suffisamment importantes pour nécessiter la mise en œuvre d’une procédure de révision, plus contraignante, notamment du point de vue de la concertation avec le public.

En pratique, cette décision n’empêchera pas la construction des réacteurs, selon les propos à la fois du président du SCOT et de représentants de Sortir du nucléaire, rapportés par Le Progrès. Les militants voient dans cette décision un « bon signal envoyé pour la démocratie », en particulier vis-à-vis du processus de concertation publique. La décision du tribunal administratif peut être retrouvée sur son site.

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Panneaux solaires : voici les nouveaux tarifs de revente de l’électricité au 1er trimestre 2026

Plus que jamais, l’année « solaire » 2026 sera placée sous le signe de l’autoconsommation. L’État continue de limiter ses aides à l’investissement sur le sujet, et ne fait que baisser le prix de revente de l’électricité photovoltaïque. 

La chute est moins brutale qu’en mars 2025, mais la dynamique reste la même. En dévoilant les nouveaux arrêtés tarifaires du photovoltaïque en France, le gouvernement maintient sa position et continue d’encourager l’autoconsommation stricte plutôt que la revente d’électricité. Reste à savoir si cette dynamique risque de freiner le déploiement de nouvelles centrales photovoltaïques de petite et moyenne puissance.

Prime à l’autoconsommation solaire

du 01/01/26 au 01/04/26

Puissance

Montant

0 à 9 kWc

0,08 €/Wc

9 à 36 kWc

0,14 €/Wc

36 à 100 kWc

0,07 €/Wc

 

Tarif de vente de l’électricité solaire

en autoconsommation avec vente du surplus
du 01/01/26 au 01/04/26

Puissance

Montant

0 à 9 kWc

0,04 €/kWh

9 à 36 kWc

0,0536 €/kWh

36 à 100 kWc

 

Tarif de vente de l’électricité solaire

en totalité
du 01/01/26 au 01/04/26

Puissance

Montant

0 à 9 kWc

9 à 36 kWc

0,0911 €/kWh

36 à 100 kWc

0,0792 €/kWh

La prime à l’autoconsommation chute

Il y a encore un an, la prime à l’investissement atteignait 22 centimes par watt-crête (Wc) pour les installations de 3 kWc ou moins et 16 centimes par Wc pour les installations d’une puissance comprise entre 3 kWc et 9 kWc. Depuis la mise à jour du 27 mars 2025, ces tarifs n’ont pas évolué et sont maintenus à 8 centimes par Wc pour toute installation de moins de 9 kWc.

En revanche, au premier trimestre 2026, la prime baisse de 2 centimes par Wc pour les installations solaires comprises entre 9 kWc et 36 kWc, et de 1 centime pour les installations de 36 kWc à 100 kWc. Cela représente respectivement une baisse de 5 centimes et de 3 centimes par Wc en un an. Cela représente tout de même un manque à gagner de 1 800 € pour une centrale de 36 kWc et de 3 000 € pour une centrale de 100 kWc.

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Les tarifs de revente réduits à peau de chagrin

En ce qui concerne les tarifs de revente, la situation est très similaire. On ne constate aucune évolution pour les centrales de moins de 9 kWc par rapport au trimestre précédent, avec un tarif de revente toujours fixé à 0,04 €/kWh (mais qui s’élevait à 0,1269 €/kWh il y a un an).

En revanche, la situation continue de s’aggraver pour les centrales de plus grande puissance. Au 1ᵉʳ janvier 2026, le tarif de revente passe de 0,0617 €/kWh à 0,0536 €/kWh. Avant le 27 mars dernier, ce tarif était encore affiché à 0,0761 €/kWh.

Selon toute probabilité, cette baisse de la prime à l’investissement et du tarif de revente devrait se maintenir dans les mois à venir. Ainsi, il semble que le secteur du photovoltaïque pour les particuliers se tourne plus que jamais vers l’autoconsommation stricte, notamment grâce à la mise en œuvre de batteries permettant de mieux utiliser la production solaire. À l’échelle nationale, cette stratégie devrait permettre de reporter l’installation de solutions de stockage d’énergie à l’échelle des producteurs d’électricité. En conséquence, EDF aura moins à composer avec un pic de production en milieu de journée toujours plus important.

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