RDC : les bombardements se poursuivent malgré un accord de paix signé à Washington

© Kevin Lamarque / REUTERS

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A la mi septembre je m’étonnais du tarif « contenu » de la GPD Win 5. L’odeur méfitique d’une crise des composants commencait juste à reveiller nos sinus mais je m’inquiétais surtout alors de la concurrence classique. Les consoles Strix Halo ayant bien du mal à lutter face au MiniPC spécialisés qui embarquent des puces AMD Ryzen AI Max+ 395 et qui se vendent extremement bien quand ils trouvent du stock.
La page Indiegogo de l’époque anoncait un premier prix à 1650$ HT pour la GPD Win 5. Une version 32Go/2To bien en dessous des autres tarifs des consoles Strix Halo. Je m’attendais à bien pire. Sauf que, depuis, la page annoncant ce tarif a totalement disparu et une nouvelle a été mise en place sur Indiegogo. Exit les 1650$ HT, bonjour les 1781$ HT. La machine vient de gagner 131$ HT sur son prix. En cause ? Probablement la hausse de la mémoire vive.

Le modèle de base qui devait être être vendu sous Ryzen Ai Max 385 avec 32 Go de LPDDR5x-8000 et 1 To de stockage à 1449$ HT est passé à 1549$ HT. 100$ de plus en un mois donc. La version la plus musclée en Ryzen AI Max+ 395 avec 128 Go de LPDDR5 et 4 To de SSD a enfin dévoilé son tarif qui atteind 2653$ HT. Soit quelque chose comme 2730€.

Comme les autres consoles Strix Halo, le ratio performances / prix est finalement assez mauvais. Les machines ont certes l’avantage de leur format, malgré d’évidents défauts de portabilité et d’autonomie, mais elles seront bien moins rapides que des solutions portables équipées de puces graphiques traditionelles chea AMD ou Nvidia pour une mission ludique. Certes, les machines classiques vont elles aussi augmenter de prix. L’impact du DDRGate sera ressenti par l’ensemble du marché. Mais la GPD Win 5 comme la AyaNeo Next II ou la OneXplayer OneXfly vont être touchées bien plus durement. Le nombre de ces machines sera probablement moins élevé sur les lignes de production que ce que pourront produire HP, Asus, Acer, Lenovo ou MSI sur le marché gaming plus global. Leur force d’achat sera donc bien plus faible.
Outre les questions déjà soulevées d’encombrement, d’autonomie et de confort pour ces machines, celui du prix rajoute un assez joli clou dans leur cerceuil. Est-ce vraiment le moment que choisiront les internautes pour s’équiper d’un format aussi gadget et peu pratique ? Ou est-ce que les ressources disponibles ne partiront pas alimenter des reserves en cas de pépin avec un engin déjà existant.
OneXplayer a déjà annoncé que sa console allait revoir ses prix de financement participatif à la hausse et Ayaneo garde pour le moment l’information secrète. Bref, les machines étaient par nature déjà compliquées à vendre mais le calendrier est désormais clairement catastrophique.

Le projet est pourtant totalement financé avec des chiffres à donner le tournis. La campagne aurait été bouclée en « 4 minutes et 7 secondes » et financée aujourd’hui à hauteur de plus de 41000%… Est-ce qu’il y a vraiment 563 contributeurs assez passionnés -et riches- pour investir dans ce type de consoles Strix Halo ? Il y a mille façons de faire en sorte que ce genre de campagne participative soit toujours un succès. Il faudra que je fasse un billet à ce sujet un jour.
Les consoles Strix Halo se prennent les pieds dans le tapis © MiniMachines.net. 2025

À bord de cette carte mère MetaComputing ARM AI PC, un SoC que l’on a déjà croisé. Du moins sur le papier. Le CIX P1 a en effet été retenu par Radxa, Orange Pi et Minisforum.

Il s’agit toujours d’un CXI CP8180 au TDP de 28 W, une solution 12 cœurs comprenant deux cœurs Cortex-A720 à 2.6 GHz, deux cœurs Cortex-A720 à 2.4 GHz, quatre cœurs cortex-A-720 à 2.3 GHz et enfin quatre cœurs Cortex-A520 à 1.8 GHz. Un circuit graphique Immortalis-G720 MC10 et un NPU 30 TOPS complètent l’ensemble. Cette puce prendra ici en charge de la mémoire vive LPDDR5-5500 en 16 et 32 Go avec un stockage associé de 1 To.
La carte mère sera proposée à partir de 480.95€ HT en version standard. Mais elle pourra également être achetée avec un ordinateur Framework, totalement préinstallée, pour une base tarifaire de 962.95€ HT. Il semble qu’il sera également possible d’obtenir le boitier dédié mis au point par Cooler Master.
CNX Software pointe vers deux éléments intéressants pour cette carte. Le premier est technique et remonte que si la puce CIX P1 présente bien un TDP de 28 watts compatible avec les portables, sa consommation électrique est en revanche bien plus élevée que les puces classiques de ce marché. Là où des processeurs AMD, Qualcomm ou Intel proposent des fonctionnements en veille sous les 3 watts, la CXI grimpe à 16 watts. Ce qui affectera énormément l’autonomie du portable sur batterie.

La carte mère MetaComputing sous CIX P1
L’autre point notable est dans la société MetaComputing elle même. Il semble qu’elle soit pilotée par le créateur de DeepComputing qui développe des solutions RISC-V dont une en particulier. La carte mère spécialisée qui propose une de ces puces RISC-V Starfive aux… Framework.

La carte mère DeepComputing sous StarFive JH7110
MetaComputing semble donc avoir repris purement et simplement l’image de la carte mère de DeepComputing sur son site. De là à dire que la carte n’est pour le moment pas encore fabriquée mais uniquement en précommande ? Difficile d’être totalement affirmatif mais le site de vente de la marque ne donne aucune indication de délai, de stock ou de situation géographique.
MetaComputing développe une carte mère ARM CIX P1 pour Framework © MiniMachines.net. 2025

Le DDRGate c’est le nom que j’ai choisi pour qualifier la crise que nous allons traverser dans les trimestres qui viennent et qui concerne la mémoire vive. Cela me permet de lier dans une même catégorie tous les billets qui vont traiter du sujet. Cela permettra également, je l’espère, aux internautes de mieux comprendre ce qu’il se passe sur le secteur.
Le DDRGate est une « surprise ». Surprise par son ampleur même si on voyait arriver cette crise depuis un moment. L’appellation fait référence à la raréfaction de la mémoire vive à destination des ordinateurs personnels que l’on trouve sur tous les bureaux de la planète. Raréfaction due en très grande partie à la production qui oriente ses capacités pour alimenter les énormes besoins des centres de données. La véritable course à l’armement des entreprises pour construire les plus gros serveurs possibles pour piloter leurs intelligences artificielles.

Si tout le monde voyait arriver la situation, personne n’imaginait cet impact… Les constructeurs d’ordinateurs n’ont pas simplement à appuyer sur un bouton pour que des usines se mettent à produire des portables ou des PC. Toute la mécanique prend des mois et des mois pour se mettre en place. Les ordinateurs que vous allez découvrir en magasin en début d’année 2026 ont été imaginés il y a un an à partir de prototypes de composants de base fournis par AMD, Intel et Nvidia. Ils ont été dessinés, leur électronique a été pensée, optimisée, prototypée et validée. Les carnets de commandes des différentes pièces détachées ont été établis, des contrats signés et des lignes de fabrication réservées.
Pendant ce temps, des commerciaux ont rendu visite à leurs différents acheteurs et ont présenté depuis des mois les futures machines sur catalogues. Prenant alors des commandes pour des livraisons qui auraient lieu souvent deux trimestres plus tard. Tout cela prend des mois et s’établit sur des chiffres stables déterminés à l’avance par des contrats. Le prix des batteries, des écrans, le coût de l’assemblage, du transport, celui des processeurs et de la mémoire vive comme du stockage. Tout est fixé à l’avance pour proposer le prix de vente public de chaque machine. La marge laissée au grossiste, celle du revendeur et celle dégagée par le fabricant, tout est millimétré.

En faisant flamber les prix des SSD et de la mémoire vive, le DDRGate, cette hausse de la mémoire et du stockage rendent impossible d’opérer comme avant. Si les machines qui arrivent en janvier correspondent à des contrats signés avant l’augmentation des tarifs, leurs prix ne devraient donc pas bouger ? Oui… et non. Les prix des machines sont établis en fonction de multiples paramètres, dont l’un est la fourchette de prix d’achat des composants lissés sur l’année. Par exemple, la mémoire et le stockage, souvent sujets à de multiples fluctuations, sont estimés sur un prix moyen établi sur toute la durée de leur commercialisation.
Les clients imaginent généralement que les fabricants se mettent beaucoup d’argent dans les poches quand ils voient les prix de la mémoire s’écrouler. Les mêmes se disent que les fabricants vont avoir du mal à vendre leurs vieilles machines quand le prix public d’un portable reste élevé alors que le stockage dévisse. En fait, cela ne change rien pour eux, leurs contrats établissent un prix sur la durée pour tous les composants. Les problèmes arrivent lorsque ce contrat change et que la machine continue de bien se vendre. Si le prix de la mémoire baisse, alors ils vont gagner plus d’argent ou relancer la production avec un nouveau prix plus bas. Ou bien lancer des promotions.
Le problème que l’on rencontre aujourd’hui est que le prix des machines pour le troisième et le quatrième trimestres de 2026 ne peut pas être calculé. Les constructeurs ignorent à combien la mémoire vive et le stockage seront vendus. HP annonçait la semaine dernière que leurs contrats sur la mémoire allaient s’arrêter en mai 2026. À partir de cette date, les achats de mémoire et de stockage se feront soit au coup par coup, soit avec un prix estimé pour toute la production.
Autrement dit, les prix vont probablement exploser pour le troisième et quatrième trimestre. Certaines marques pourront également décider d’augmenter leurs tarifs dès le début de l’année pour lisser l’impact de cette hausse sur le marché.

Il faut lire toutes les annonces du moment avec cette idée en tête. Chaque décision industrielle a été prise il y a des mois. Valve ne décide pas de lancer sa Steam Machine « au pire moment » mais a choisi cette date bien avant le début de ce DDRGate. Nvidia ne décide pas d’arrêter le support de ses vieilles générations de circuits graphiques « en pleine crise » mais a arrêté à cette date depuis des mois de ne plus continuer le support de ses puces Maxwell, Pascal et Volta.
Les seuls acteurs à réagir vite dans toute l’équation actuelle, ce sont les fabricants de mémoire et de stockage. Micron qui abandonne la marque Crucial et le marché grand public est une réaction rapide. Samsung et Sk Hynix qui décident de ne pas augmenter leur production est également une décision stratégique rapide. Les deux marques auraient pu réagir différemment dans d’autres circonstances. Par exemple, si un des trois acteurs de ce marché avait d’un coup un énorme problème technique mettant à mal sa production dans une configuration de marché classique. Les deux autres auraient pu vouloir investir pour augmenter leurs propres capacités de production pour tenter de grappiller des parts de marché au détriment de leur rentabilité. Là, elles ont choisi de ne pas amplifier leur production pour de meilleurs profits au détriment d’éventuelles parts de marché. C’est un arbitrage.
L’année qui s’annonce risque d’être extrêmement compliquée. Pour beaucoup de raisons. L’hyper spécialisation du marché informatique qui a laissé à trois – ou quatre – marques le bon soin de fabriquer la mémoire d’un secteur absolument indispensable à toute l’économie, va avoir des répercussions sauvages.
D’abord, parce que la baisse de disponibilité de la mémoire vive et du stockage va empêcher les ventes de toutes les machines. Ce qui va entrainer une baisse de production de tous les composants. Cartes mères, écrans, alimentations, claviers… Le volume des ventes en baisse conduira les fabricants à augmenter leurs prix.
Ensuite et surtout parce que les particuliers ne vont pas pouvoir lutter sur les prix avec les entreprises. Si un tarif de portable grimpe de 100, 200 ou 300 euros pour un engin identique ou inférieur en capacités, à la machine de l’année d’avant, cela ne sera pas un frein pour une entreprise qui aura absolument besoin de ce matériel pour ses salariés. Les entreprises n’auront pas d’autres choix que d’acheter. Et même de faire monter les enchères. Les particuliers de leur côté devront donc lutter avec des moyens et des impératifs moins importants.
DDRGate : Il ne faut pas penser sur le temps court © MiniMachines.net. 2025

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Le dock Orico PTM ont été repérés par Popol pour l’originalité de leur approche. C’est en effet un dock rêvé pour les plus nomades qui vont avoir besoin de déplacer beaucoup de données.

Orico PTM2
L’idée est toute simple, les docks Orico PTM proposent les fonctions habituelles d’un appareil de ce type. Ils se connecteront à un ordinateur en USB 3.2 Gen2 Type-C. Et délivreront la panoplie classique de connecteurs : USB, HDMI, Ethernet, alimentation… Avec une petite différence toutefois, suivant le modèle choisi, ces docks proposeront un support de stockage M.2 extractible. Le Orico PTM1 embarquera un de ces élément. Le Orico PTM2 en proposera… deux.

Chaque support extractible permettra d’intégrer un stockage M.2 2230 à 2280 en SATA ou en NVMe. Il suffira de relier le SSD à un autre appareil grâce à un câble USB Type-C pour déplacer des données. Une fois rentré, face à son bureau, on pourra monter le SSD très simplement dans le dock et parcourir les éléments. Pratique pour faire voyager beaucoup de données, pour travailler en mobilité ou en mode sédentaire sur les mêmes éléments également.

Orico PTM1
Le petit boîtier pourra piloter un réseau Ethernet Gigabit, deux affichages HDMI, plusieurs éléments USB et même alimenter un portable en 60 watts via Power delivery 3.0.

Orico PTM2
A l’arrière des Orico PTM, on peut noter la présence de boutons permettant d’éjecter les SSD. Attention, le dock est ventilé activement avec une solution de petite taille qui pourrait provoquer des nuisances. Surtout si vous intégrez des SSD haut de gamme très rapides. La connexion n’est pas en USB4 ou Thunderbolt, les débits ne seront donc pas exceptionnels pour des usages multimédia.

Orico PTM1
Autre détail, le dock mono SSD du Orico PTM1 avec un seul SSD propose un port jack audio combo 3.5 mm et un bouton de volume en façade alors que le Orico PTM2 n’en a pas. Son alimentation Power Delivery est par ailleurs plus performante avec 100 W au lieu de 65. Enfin il ne prend en charge qu’une seule sortie HDMI.
Question tarifs, le Dock Orico PTM1 est disponible sur Amazon à 149.99€ tandis que le PTM2 est à 189.99€. Sur AliExpress depuis la boutique de la marque, il est vendu à 132.99€ en version simple et 151.99€ en version double.
Orico PTM : des docks originaux avec SSD M.2 extractible © MiniMachines.net. 2025

Jackbox Party Pack 4 est un ensemble de jeux comprenant :
PEGI 12 – Audio et Texte en Anglais – Windows et MacOS
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Bon Plan : Jeu PC Jackbox Party Pack 4 offert sur EPIC © MiniMachines.net. 2025

Le DeskSlim X600 d’ASRock devrait être annoncé au CES 2026, il s’agira d’un MiniPC compact et évolutif dans la lignée des machines du constructeur. Depuis plusieurs années maintenant, la marque propose des DeskMini sur ce même principe sous processeurs Intel et AMD.
Le DeskSlim X600 semble donc être une nouvelle variante de ce concept qui consiste à intégrer un processeur de bureau sur une carte mère sur mesure dans un boitier évolutif. Ici, le choix fait par ASRock a été d’embarquer un socket AM5. L’engin supportera alors les puces AMD Ryzen 7000, 8000 et 9000. La seule contrainte sera de rester dans un TDP de 65 watts maximum. Au-delà de cette dépense thermique, la puce sera sous-exploitée pour la maintenir à une température acceptable. Le système de dissipation devra rester inférieur à 71 mm.

DeskSlim X600
Autre point clé de cette offre, la possibilité d’embarquer une carte graphique double slot Low-Profile de 20 cm maximum. Cela permettra de proposer dans un châssis compact une solution performante et évolutive. L’utilisateur qui décidera de vendre un rein pour acheter de la mémoire vive l’année prochaine pourra en effet monter quatre barrettes de DDR5 pour un total de 256 Go de RAM. Le stockage sera confié à deux ports M.2 2280. Le premier en NVMe PCIe Gen5 x4 et le second en Gen4 x4. Deux emplacements au format 2,5″ SATA 3.0 seront également disponibles sur le châssis. L’alimentation, enfin, sera confiée à des modèles allant de 240 à 330W ce qui limitera les possibilités techniques en terme de cartes graphiques.

ASRock passe au DeskSlim X600 après plusieurs évolutions du DeskMini X600
Le DeskSlim X600 mesurera 23.5 cm de profondeur pour 22 cm de haut et 9.5 cm de large. La connectique liste un nombre important de ports avec, en face avant, un jack audio combo 3.5 mm, un USB 3.2 Gen 1 Type-C, deux USB 3.2 Gen 1 Type-A et deux USB 2.0 Type-A. A l’arrière, on retrouvera un USB4, un port Ethernet 2.5 Gigabit, deux USB 3.2 Gen 1 Type-A et deux USB 2.0 Type-A des sorties HDMI et DisplayPort et un jack audio combo 3.5 mm.
Pas d’informations de prix ni de tarif pour ce DeskSlim X600. Je suppose que ASRock va réserver ces détails pour le CES. Si vous voulez plus d’infos, vous pouvez relire ce billet sur un DeskMini X600. Les engins semblent très proches même si un détail change pas mal la donne : on passe de 2 ports DDR5 pour le Mini à quatre pour le Slim. Probablement pour séduire des utilisateurs d’IA.
Source : NotebookCheck
ASrock DeskSlim X600 : un nouveau MiniPC AMD très évolutif © MiniMachines.net. 2025

Le prix de la Steam Machine est depuis l’annonce de l’engin sujet à toutes les spéculations. Des calculs ont été faits à partir des prix commerciaux de composants « équivalents ». D’autres via des prix remisés censés être le reflet d’un achat massif de composants. Tout cela n’a aucun rapport avec la production de Valve.

Il y a un monde entre une machine commerciale assemblée à partir de pièces détachées agglomérées les unes aux autres et ce que peut proposer un constructeur. La première différence fondamentale est liée aux étapes qui vont conduire la liste des différentes pièces détachées à arriver sur le marché. Si on additionne un processeur, de la mémoire, un stockage, un circuit graphique, une carte mère, un dissipateur, une alimentation et un boitier ensemble… On a un parcours différent pour huit éléments distincts. Huit R&D, huit productions, huit usines, huit marges de fabrication, huit sites dans lesquels il faut rassembler et stocker des composants pour lancer la production. Puis huit chemins pour aller chez des distributeurs, huit marketings différents, huit grossistes, huit distributions, huit marges de revendeurs. L’impact de tous ces éléments est énorme.
Le revendeur final d’un boitier de PC ou d’un processeur ne va pas accepter de distribuer un produit pour gagner des clopinettes. Si la marge nécessaire à son activité et à son profit est impossible, il ne distribuera pas le produit. Tout simplement. Un boitier, cela prend de la place dans un stock, si la marge n’est pas suffisante, personne ne va l’accepter sur ses étagères. Un processeur ou une carte graphique, cela coute cher et cela immobilise de l’argent. Si la marge n’est pas assez élevée, le produit ne sera tout simplement pas retenu par le revendeur.
Au final, le prix de ces composants commercialisés par différentes marques et suivant chacun leur propre voie jusqu’aux clients finaux n’a absolument aucun rapport avec le prix d’un engin déjà assemblé et distribué en direct. Le prix de la Steam Machine doit être calculé autrement. Elle sera assemblée, emballée, transportée, marketée et distribuée par une seule entité. Sans intermédiaires ni grossistes ou revendeurs, mais uniquement fabriquée par des sous-traitants. Mieux encore, la création de son processeur ne sera pas le fruit d’un achat classique mais un développement sur mesure. Une production qui a fait l’objet d’un contrat spécifique qui s’engage sur un certain volume pour absorber les coûts de Recherche et Développement. Le marketing lui même sera assuré par Valve en direct depuis son site. Rien a voir donc avec toutes les solutions nécessaires au marché classique.
Autrement dit, les métriques employées pour mesurer le prix de la Steam Machine à partir des tarifs de commercialisation de pièces détachées éparses sont complètement faux. Il est possible que, comme une horloge cassée, certaines estimations donnent un prix juste, mais laissez de côté les calculs d’apothicaires. Estimer le tarif de l’engin dans ces conditions est dénué de sens.
Je suis quasiment sûr que c’est le cas. Quand en juillet 2021 Valve lance le Steam Deck, la marque ne s’embarrasse pas d’un délai entre la présentation du produit et l’annonce de son tarif. Les consoles sont prévues pour le premier trimestre 2022, plus de six mois plus tard donc, mais leur prix est déjà écrit noir sur blanc. Pourquoi ? Parce que des contrats ont été signés entre Valve et ses fournisseurs. Contrats qui établissent un prix pour chaque composant en fonction du marché et avec l’engagement d’un certain volume. À cette époque, le marché est stable. Les prix sont définis sur le long terme de manière claire et Valve peut donc envisager sereinement le prix de sa console mobile sans risque de se retrouver avec une marge négative.
En novembre 2025 par contre, rien ne va plus. Le DDRgate éclate et il n’y a plus aucune assurance de stabilité de tarif avec des composants de mémoire qui augmentent de plus de 150% en un mois. Je suppose donc que Valve a retenu toute communication de tarif initialement prévue lors de la présentation en attendant de pouvoir proposer un prix. Ce qui ne risque pas d’arriver de si tôt puisque la majorité des marques de mémoire annoncent refuser de s’engager sur le long terme sur les prix des composants. Le tarif de la console de salon risque donc de suivre ce même schéma et d’être indiqué avec un prix considérant les éventuelles fluctuations du marché. Ou d’évoluer en fonction de la hausse de la mémoire vive au fil des mois.
Estimer aujourd’hui le prix de la Steam Machine revient à faire de la divination. Les métriques utilisées sont fausses, les prix fluctuent et le marché est dans l’expectative de la fin de gros contrats qui délimitent en général le prix global des machines. Annoncer le prix de la Steam Machine ou une estimation de celui-ci n’a pas d’autre rôle que de générer du clic sur l’attente d’information du public, mais n’a aucune espèce de valeur technique ou informative.
Personne ne connait le prix de la Steam Machine © MiniMachines.net. 2025

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