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Les diplomates US sommés de lutter contre le RGPD et la souveraineté numérique

Silicon valets
Les diplomates US sommés de lutter contre le RGPD et la souveraineté numérique

Pour Marco Rubio, le RGPD impose « des restrictions inutiles et contraignantes en matière de traitement des données et des exigences en matière de flux transfrontaliers de données » qui pourraient nuire aux intérêts des entreprises technologiques états-uniennes.

L’administration Trump vient d’ordonner aux diplomates états-uniens de faire pression contre les initiatives encourageant la souveraineté et la relocalisation des données de leurs citoyens, au motif que cela pourrait nuire aux entreprises technologiques états-uniennes, révèle l’agence Reuters.

Un câble du Département d’État, daté du 18 février et signé par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, précise que de telles lois « perturberaient les flux mondiaux de données, augmenteraient les coûts et les risques liés à la cybersécurité, limiteraient l’intelligence artificielle (IA) et les services cloud, et élargiraient le contrôle gouvernemental d’une manière qui pourrait porter atteinte aux libertés civiles et permettre la censure ».

Marco Rubio y précise que l’administration Trump favorise une « politique internationale plus affirmée en matière de données » et que les diplomates doivent dès lors « s’opposer aux réglementations inutilement contraignantes, telles que les obligations de localisation des données ».

Cette décision indique que l’administration Trump revient à une approche plus conflictuelle, souligne Reuters, alors que certains pays étrangers cherchent à limiter la manière dont les entreprises de la Silicon Valley traitent et stockent les informations personnelles de leurs citoyens, des initiatives souvent qualifiées de « souveraineté des données » ou de « localisation des données ».

Un forum pour contrer le RGPD

Le câble, décrit par son titre comme une « demande d’action » (« action request » en VO), invite aussi les diplomates américains à suivre l’évolution des propositions visant à restreindre les flux transfrontaliers de données.

Il cite le RGPD comme exemple d’une règle imposant « des restrictions inutiles et contraignantes en matière de traitement des données et des exigences en matière de flux transfrontaliers de données ».

Il souligne également que la Chine « associe des projets d’infrastructure technologique attrayants à des politiques restrictives en matière de données qui renforcent son influence mondiale et son accès aux données internationales à des fins de surveillance et d’influence stratégique ».

Il fournit en outre des arguments en faveur du Global Cross-Border Privacy Rules (CBPR) Forum (forum mondial sur les règles transfrontalières en matière de protection de la vie privée en VF), créé en 2022 par les États-Unis, le Mexique, le Canada, l’Australie, le Japon, la Corée du Sud, Singapour et Taïwan « afin de soutenir la libre circulation des données et la protection efficace des données et de la vie privée à l’échelle mondiale ».

Le précédent du DSA

Le département d’État n’a pas fait de commentaire sur ce télégramme, tout en déclarant à Reuters que les États-Unis soutenaient fermement les flux transfrontaliers de données favorisant la croissance et l’innovation tout en protégeant la vie privée, la sécurité et la liberté d’expression, et que les États-Unis étaient prêts à s’associer avec les pays partageant ces objectifs.

Ce câble est la dernière d’une série d’initiatives visant à contrecarrer la réglementation européenne dans le domaine numérique, souligne Reuters, notamment en matière de modération de contenus et de responsabilités des plateformes.

L’an passé, Marco Rubio avait ainsi déjà ordonné aux diplomates de s’opposer au règlement européen sur les services numériques (DSA), qui vise à rendre Internet plus sûr en obligeant les grandes entreprises de médias sociaux à supprimer les contenus illégaux, tels que les contenus extrémistes ou pédopornographiques.

La semaine dernière, l’administration Trump avait également annoncé la prochaine mise en place de freedom.gov, un site conçu pour permettre de consulter les contenus interdits en Europe, y compris les discours de haine et la propagande terroriste.

Le bâton, sans la carotte

Les initiatives en matière de souveraineté des données se sont accélérées, en particulier en Europe, relève Reuters, alors que les tensions se sont exacerbées entre les États-Unis et l’Union européenne au sujet des politiques commerciales protectionnistes de Washington et de son soutien aux partis politiques d’extrême droite.

Bert Hubert, ancien membre de l’organe de contrôle des services de renseignement néerlandais, déclare à Reuters que la méfiance croissante de l’Europe à l’égard des entreprises technologiques américaines pourrait inciter Washington à adopter une approche plus agressive :

« Alors que l’administration précédente tentait de séduire les clients européens, l’administration actuelle exige que les Européens ignorent leurs propres réglementations en matière de confidentialité des données qui pourraient entraver les activités commerciales américaines. »

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Les diplomates US sommés de lutter contre le RGPD et la souveraineté numérique

Silicon valets
Les diplomates US sommés de lutter contre le RGPD et la souveraineté numérique

Pour Marco Rubio, le RGPD impose « des restrictions inutiles et contraignantes en matière de traitement des données et des exigences en matière de flux transfrontaliers de données » qui pourraient nuire aux intérêts des entreprises technologiques états-uniennes.

L’administration Trump vient d’ordonner aux diplomates états-uniens de faire pression contre les initiatives encourageant la souveraineté et la relocalisation des données de leurs citoyens, au motif que cela pourrait nuire aux entreprises technologiques états-uniennes, révèle l’agence Reuters.

Un câble du Département d’État, daté du 18 février et signé par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, précise que de telles lois « perturberaient les flux mondiaux de données, augmenteraient les coûts et les risques liés à la cybersécurité, limiteraient l’intelligence artificielle (IA) et les services cloud, et élargiraient le contrôle gouvernemental d’une manière qui pourrait porter atteinte aux libertés civiles et permettre la censure ».

Marco Rubio y précise que l’administration Trump favorise une « politique internationale plus affirmée en matière de données » et que les diplomates doivent dès lors « s’opposer aux réglementations inutilement contraignantes, telles que les obligations de localisation des données ».

Cette décision indique que l’administration Trump revient à une approche plus conflictuelle, souligne Reuters, alors que certains pays étrangers cherchent à limiter la manière dont les entreprises de la Silicon Valley traitent et stockent les informations personnelles de leurs citoyens, des initiatives souvent qualifiées de « souveraineté des données » ou de « localisation des données ».

Un forum pour contrer le RGPD

Le câble, décrit par son titre comme une « demande d’action » (« action request » en VO), invite aussi les diplomates américains à suivre l’évolution des propositions visant à restreindre les flux transfrontaliers de données.

Il cite le RGPD comme exemple d’une règle imposant « des restrictions inutiles et contraignantes en matière de traitement des données et des exigences en matière de flux transfrontaliers de données ».

Il souligne également que la Chine « associe des projets d’infrastructure technologique attrayants à des politiques restrictives en matière de données qui renforcent son influence mondiale et son accès aux données internationales à des fins de surveillance et d’influence stratégique ».

Il fournit en outre des arguments en faveur du Global Cross-Border Privacy Rules (CBPR) Forum (forum mondial sur les règles transfrontalières en matière de protection de la vie privée en VF), créé en 2022 par les États-Unis, le Mexique, le Canada, l’Australie, le Japon, la Corée du Sud, Singapour et Taïwan « afin de soutenir la libre circulation des données et la protection efficace des données et de la vie privée à l’échelle mondiale ».

Le précédent du DSA

Le département d’État n’a pas fait de commentaire sur ce télégramme, tout en déclarant à Reuters que les États-Unis soutenaient fermement les flux transfrontaliers de données favorisant la croissance et l’innovation tout en protégeant la vie privée, la sécurité et la liberté d’expression, et que les États-Unis étaient prêts à s’associer avec les pays partageant ces objectifs.

Ce câble est la dernière d’une série d’initiatives visant à contrecarrer la réglementation européenne dans le domaine numérique, souligne Reuters, notamment en matière de modération de contenus et de responsabilités des plateformes.

L’an passé, Marco Rubio avait ainsi déjà ordonné aux diplomates de s’opposer au règlement européen sur les services numériques (DSA), qui vise à rendre Internet plus sûr en obligeant les grandes entreprises de médias sociaux à supprimer les contenus illégaux, tels que les contenus extrémistes ou pédopornographiques.

La semaine dernière, l’administration Trump avait également annoncé la prochaine mise en place de freedom.gov, un site conçu pour permettre de consulter les contenus interdits en Europe, y compris les discours de haine et la propagande terroriste.

Le bâton, sans la carotte

Les initiatives en matière de souveraineté des données se sont accélérées, en particulier en Europe, relève Reuters, alors que les tensions se sont exacerbées entre les États-Unis et l’Union européenne au sujet des politiques commerciales protectionnistes de Washington et de son soutien aux partis politiques d’extrême droite.

Bert Hubert, ancien membre de l’organe de contrôle des services de renseignement néerlandais, déclare à Reuters que la méfiance croissante de l’Europe à l’égard des entreprises technologiques américaines pourrait inciter Washington à adopter une approche plus agressive :

« Alors que l’administration précédente tentait de séduire les clients européens, l’administration actuelle exige que les Européens ignorent leurs propres réglementations en matière de confidentialité des données qui pourraient entraver les activités commerciales américaines. »

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Malvertising : sur les plateformes de Meta, 31 % des publicités sont malveillantes

mADe in China
Malvertising : sur les plateformes de Meta, 31 % des publicités sont malveillantes

Pour la troisième fois en trois mois, un rapport révèle de sérieux dysfonctionnements permettant à des acteurs malveillants, œuvrant en bonne partie depuis la Chine et Hong Kong, d’inonder les plateformes Meta de publicités malveillantes.

En novembre, une enquête révélait que Meta estimait, en interne, que les publicités frauduleuses dans leur ensemble pourraient représenter quelque 10 % de son chiffre d’affaires annuel, soit 16 milliards de dollars.

En décembre, une seconde enquête dévoilait qu’entre 2022 et 2024, les revenus publicitaires de Meta en Chine avaient plus que doublé, passant de 7,5 milliards de dollars à 18,4 milliards de dollars, pour atteindre près de 10 % du chiffre d’affaires global du groupe. Elle notait également que Shein et Temu étaient les deux plus gros clients publicitaires de Meta dans le monde en 2024, devant Amazon.

L’enquête révélait aussi et surtout que près d’une publicité sur cinq (19 %) sur Facebook, Instagram et consorts depuis la Chine, faisait la promotions d’arnaques, de jeux illégaux, ou encore de produits interdits.

Meta, qui aurait gagné près de 3 milliards de dollars en diffusant via ses systèmes publicitaires des contenus promouvant des arnaques, de la pornographie ou d’autres contenus illégaux, estimait aussi que l’équivalent du quart de toutes les publicités frauduleuses diffusées dans ses systèmes venait de Chine, pays qualifié sur certaines présentations de Meta de principal « pays exportateur d’escroqueries ».

Intitulée « The Scam Ad Machine » (la machine à publicités frauduleuses), une étude de cinq chercheurs du Gen Threat Labs publiée début février avance que près d’une publicité Meta sur trois (30,99 %) diffusée en Europe et contenant du texte publicitaire en anglais renvoie vers une arnaque, un lien frauduleux, une tentative d’hameçonnage ou un logiciel malveillant.

Ils ont également découvert que dix annonceurs seulement étaient responsables de plus de 56 % de toutes les publicités frauduleuses observées. Et qu’ils étaient associés à des systèmes de paiements et à des infrastructures communs liés à la Chine et à Hong Kong, laissant entendre qu’il s’agirait d’opérations organisées à l’échelle industrielle plutôt que d’acteurs malveillants isolés.

Si, comme l’auteur de ces lignes, vous n’aviez jamais entendu parler de Gen Threat Labs, sachez qu’il émane de Gen Digital, du nom du consortium formé par la fusion de Symantec avec Avast, en 2022, plus connu pour ses marques Norton, LifeLock, Avira, AVG, ReputationDefender et CCleaner.

« Nous disposons de l’un des plus grands réseaux de cybersécurité grand public au monde », résume Gen Digital sur son site, où elle avance bloquer plus de 27 700 attaques par minute en moyenne, en avoir bloqué plus de 4,5 milliards l’an passé, et revendique près de 500 millions d’utilisateurs.

Si les vendeurs d’antivirus et autres produits de (cyber)sécurité ont souvent intérêt à faire peur pour vendre leurs « solutions » censées protéger leurs utilisateurs, reste que leur expertise, et l’ampleur des menaces auxquelles ils sont confrontés, leur donne accès à des volumes de données que peu d’organismes peuvent traiter et analyser de la sorte.

Le malvertising représente aussi 41 % de toutes les cyberattaques…

Si la plupart des gens pensent que les cyberattaques commencent par des téléchargements douteux ou des liens suspects reçus par e-mail ou SMS, le rapport de Gen Threat Labs avance que le malvertising (publicité malveillante) « a connu un essor fulgurant, car il offre aux criminels ce que tout spécialiste du marketing recherche : une portée instantanée, un ciblage précis et à grande échelle ».

Les données de télémétrie de Gen montrent que le malvertising est même devenu « la plus grande menace pour les particuliers, représentant 41 % de toutes les cyberattaques », et ce, parce que le système publicitaire « est structurellement attrayant pour les criminels » et qu’il leur « permet d’obtenir des résultats de manière constante » :

« Sur Internet, les publicités sont discrètement devenues l’un des moyens les plus efficaces pour diffuser des arnaques, des tentatives d’hameçonnage et des logiciels malveillants. Aujourd’hui, les publicités dangereuses ne semblent pas suspectes ; elles ont l’air professionnelles, familières et semblent répondre exactement à vos besoins. Sur les réseaux sociaux, les mêmes moteurs d’optimisation conçus pour maximiser l’engagement et la conversion sont détournés de leur usage initial pour augmenter la probabilité que ces arnaques fassent plus de victimes. Et ce n’est pas un hasard. »

Les attaques reposent en outre sur « un ensemble d’outils d’ingénierie sociale qui s’intègre à tout ce à quoi les gens font déjà confiance et à quoi ils prêtent attention ». Les attaques de type « scam-yourself » (arnaque à soi-même) comme FakeCaptcha et ClickFix incitent par exemple les victimes à faire le travail de l’attaquant à sa place, en approuvant une invite du navigateur, en activant les notifications push, en copiant-collant des commandes ou en « vérifiant » quelque chose qui semble routinier.

Les notifications push du navigateur, en particulier, sont quant à elles devenues « un moyen fiable d’attirer les victimes, car un simple clic peut transformer une visite normale sur un site web en un flux persistant d’invites et de redirections frauduleuses ».

… et environ 30 % des escroqueries observées sur les réseaux sociaux

Les pirates s’inspirent également des techniques marketing légitimes, et surfent sur les tendances, exploitent l’urgence, des deepfakes et des thèmes d’actualité, en particulier dans le domaine des escroqueries liées à l’investissement et aux cryptomonnaies. Les chercheurs de Gen ont déjà documenté ce phénomène dans le cadre des campagnes CryptoCore, où des vidéos deepfake et des comptes piratés ont été utilisés pour promouvoir à grande échelle des investissements frauduleux. 

Une autre tactique récurrente et efficace consiste à usurper l’identité d’une marque bien connue. Les cybercriminels achètent des publicités (y compris liées aux recherches) sur les principaux réseaux publicitaires afin de rediriger les internautes vers des sites de phishing où des logiciels malveillants sont installés dans le cadre du parcours de clic de la publicité, souvent sans que la victime ne se rende compte de ce qui s’est passé avant qu’il ne soit trop tard. 

Le malvertising ne se limite pas aux recoins obscurs du web, soulignent les chercheurs du Gen Threat Labs : « même les sites web les plus fiables peuvent afficher à leur insu des publicités malveillantes, car celles-ci sont diffusées via des chaînes d’approvisionnement complexes et automatisées ».

La publicité malveillante est ainsi « devenue un moyen rapide et efficace d’escroquer et d’hameçonner les internautes », au point de représenter « environ 30 % des incidents d’escroquerie observés sur les réseaux sociaux », ce qui en fait l’une des menaces les plus courantes auxquelles les utilisateurs sont confrontés dans les flux d’actualités et les publicités. 

« La transparence ne crée pas les abus, elle les révèle »

Évoquant des modes de « propagation incontrôlée » sous forme de « métastases », le rapport avance que « la publicité en ligne, qui était autrefois un outil permettant de mettre en relation les consommateurs avec des produits et des services, fait désormais partie intégrante de la surface d’attaque ».

Au deuxième trimestre 2025, note le Gen Threat Labs, Meta avait annoncé que le nombre d’utilisateurs actifs quotidiens sur l’ensemble de ses plateformes (Facebook, Instagram, Threads, WhatsApp et Messenger) avait atteint environ 3,48 milliards dans le monde.

Ce pourquoi les infrastructures frauduleuses ne fonctionnent pas en parallèle à ces plateformes, mais « opèrent à travers elles, tirant parti de leurs signaux de confiance, de leurs mécanismes d’engagement et de leurs capacités de ciblage pour se propager rapidement ».

Pour en mesurer l’ampleur, le Gen Threat Labs a utilisé l’API de transparence publicitaire de Meta, et précise que « ce travail existe parce que la réglementation a imposé la transparence », mais aussi qu’il aurait été impossible à effectuer dans d’autres marchés, pays et continents :

« Dans l’Union européenne et au Royaume-Uni, les exigences en matière de transparence publicitaire exposent le comportement des annonceurs d’une manière qui ne peut être reproduite ailleurs, ce qui permet de mesurer de manière indépendante la publicité frauduleuse à l’échelle industrielle. En l’absence d’une telle réglementation, les activités frauduleuses ne disparaissent pas, elles deviennent simplement plus difficiles à mesurer. La transparence ne crée pas les abus, elle les révèle. »

Les 10 principaux annonceurs représentent 56 % des publicités frauduleuses

Ils ont d’abord collecté, sur une période de 23 jours, 14,57 millions de publicités contenant un texte publicitaire en anglais, représentant 10,76 milliards d’impressions diffusées dans l’Union européenne et au Royaume-Uni.

Ils ont ensuite examiné ce vers quoi les utilisateurs étaient réellement redirigés, afin d’identifier les publicités renvoyant vers des infrastructures associées à des escroqueries en ligne, des campagnes de phishing, la distribution de logiciels malveillants et d’autres menaces visant les consommateurs.

« Les résultats étaient sans équivoque. 4,51 millions d’annonces dans notre ensemble de données ont été identifiées comme liées à des escroqueries, ce qui signifie que près d’une annonce sur trois (30,99 %) renvoyait vers une infrastructure frauduleuse. Au total, ces annonces frauduleuses ont généré 143,8 millions d’impressions dans l’UE et 304,11 millions d’impressions dans l’UE et au Royaume-Uni en moins d’un mois. »

Ils ont aussi découvert que des fraudeurs réutilisaient les mêmes infrastructures, des domaines identiques et des textes publicitaires presque identiques dans de nombreuses campagnes. « De l’extérieur, il semble que la lutte contre les publicités frauduleuses soit réactive », à mesure que nombre d’entre elles étaient bien « supprimées une par une, souvent à la suite de signalements ou d’examens ». D’après leurs observations, les campagnes malveillantes ne s’interrompent pas forcément pour autant :

« Nous ne pouvons pas voir les signaux de détection internes de Meta, nous nous gardons donc bien d’attribuer une intention. Mais le résultat observable est clair : les éléments constitutifs connus des escroqueries restent souvent utilisables longtemps après la suppression d’un cas particulier. »

Ils ont également découvert que les 10 principaux annonceurs frauduleux représentaient à eux seuls 56,1 % de toutes les publicités malveillantes, soit 2,53 millions de publicités uniques et 57,92 millions d’impressions : « Ces annonceurs ne sont pas des amateurs anonymes. Il s’agit d’opérateurs organisés et persévérants qui mènent des campagnes à l’échelle industrielle. »

À plusieurs reprises, la piste remontait jusqu’à des acteurs et infrastructures liés à la Chine et à Hong Kong, qui exploitaient des flopées de pages éphémères créées presque exclusivement pour diffuser des publicités.

Les noms de marques occidentales et les vitrines en anglais changeaient rapidement, tout comme les noms des responsables de ces publicités, mais « ce qui ne changeait pas, c’était le mécanisme : les mêmes domaines, les mêmes modèles d’URL et les mêmes comportements publicitaires réapparaissaient chez des annonceurs supposés sans lien entre eux ». 

Il ne s’agit pas d’une modération imparfaite, mais d’un système défaillant

« Il ne s’agit pas d’une modération imparfaite », conclut le rapport : « il s’agit d’un système qui, dans la pratique, permet aux attaquants d’agir plus rapidement que les contraintes ne peuvent les suivre ».

Les auteurs annoncent vouloir revenir dans un prochain article de blog sur les techniques utilisées par les fraudeurs pour dissimuler des publicités malveillantes à la vue de tous, « notamment la manière dont ils manipulent les URL affichées, enchaînent les redirections, mélangent les liens malveillants avec des liens légitimes et exploitent les limites des outils de transparence eux-mêmes » :

« Car comprendre l’ampleur du problème n’est que la première étape. C’est en comprenant comment il persiste que l’on peut le résoudre. »

Meta est le deuxième plus gros acteur de la publicité numérique dans le monde avec 50 milliards de dollars de revenus sur le dernier trimestre 2025, rappelle Le Figaro, pour qui « la visibilité des escrocs reste toutefois limitée », les annonces frauduleuses n’étant apparues qu’environ 27 millions de fois dans le fil des utilisateurs français.

Le Figaro précise que cela ne représenterait qu’un peu moins de 3 % de l’ensemble des impressions enregistrées dans le pays, omettant cela dit de souligner que Gen Threat Labs a restreint son étude aux publicités contenant du texte publicitaire en anglais.

« On ne connaît pas le nombre de personnes qui ont vu ces arnaques. Un même contenu peut apparaître plusieurs fois dans le fil d’un même utilisateur », explique au Figaro Leyla Bilge, directrice du pôle arnaques de Gen Threat Labs, qui précise que « l’expérience n’est pas finie. Nous allons continuer à compiler les données publicitaires de Meta tant que nous n’observons pas une réduction du nombre d’arnaques ».

Interrogé par Le Figaro sur l’étude de Gen Threat Labs, le groupe américain affirme « lutter assidûment contre la fraude et les arnaques car ni nos utilisateurs, ni les annonceurs légitimes, ni Meta ne veulent voir ce type de contenus. Nous continuons également à soutenir les forces de l’ordre dans l’identification et l’arrestation des escrocs dans le monde entier »

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☕️ Qui sont les jeunes « végans de l’IA », qui refusent de s’en servir ?

Un chercheur américain du Georgia Institute of Technology, David Joyner, leur a trouvé un surnom : les « végans de l’IA », résume Le Monde, qui a discuté avec des étudiants et jeunes actifs boycottant l’IA. À l’image du véganisme, précise le chercheur, les motivations chez ceux qui « adoptent un régime sans IA » sont souvent éthiques, morales et environnementales.

« Il ne m’est jamais venu à l’esprit d’utiliser l’IA », explique Charlie, 25 ans, journaliste dans une radio associative au Mans : « Avant de lire des articles ou voir des docus tout au long de 2025, il ne s’agissait pour moi que d’un délire de technocrates. J’ignorais qu’elle était entrée à ce point dans les mœurs. »

Une enquête IFOP pour Jedha AI School menée en octobre 2025 auprès d’un millier de jeunes Français âgés de 16 à 25 ans indiquait que 89 % avaient déjà utilisé Gemini, Perplexity, Grok, ChatGPT ou Claude et que près de 73 % s’en servent chaque semaine (contre respectivement 43 % et 22 % dans la population générale).

Doctorant en bio-informatique de 28 ans, Siegfried Dubois a quant à lui testé un « assistant de codage » pendant un mois, fin 2024, ce qui lui a laissé un « goût de cendres en bouche » : « La prise de conscience de l’impact environnemental, mais aussi de l’exploitation humaine à l’œuvre – dans l’annotation de données notamment [pour entraîner des algorithmes]– et le pillage de propriété intellectuelle », l’ont convaincu « de ne plus jamais recourir à ces outils », qu’il assimile à « la junk food de la pensée », résume Le Monde.

Bibliothécaire de 22 ans, Céleste Bouguyon-Williams y voit de son côté une « triste standardisation de notre monde dans lequel tout est faux : animaux, couleurs, photos… ». « Non seulement l’IA ne crée rien, mais elle détruit la pensée en fournissant un ersatz prémâché, plat et vide de sens », abonde Théophile Fenal, commissaire-priseur qui y voit « surtout un vecteur d’aliénation et d’abrutissement ».

Vétérinaire spécialisé en santé de la faune sauvage, Nathan Thenon, 29 ans, se dit « témoin des impacts des activités humaines sur la biodiversité ». Membre des « Shifters » bénévoles de Jean-Marc Jancovici, dont l’objectif est d’accélérer la transition de la France pour atteindre la neutralité carbone, il explique que « l’intensification de l’usage de l’IA et l’accroissement des besoins énergétiques et en eau pour faire fonctionner cette technologie m’empêchent de l’utiliser ».

Chercheur au Laboratoire Interdisciplinaire Sciences Innovations Sociétés (LISIS), Bilel Benbouzid, dont les travaux portent sur les conditions d’exercice du métier d’étudiant depuis l’irruption des intelligences artificielles génératives, constate pour sa part que les réfractaires sont « de plus en plus rares à l’université, même si les jeunes sont de moins en moins dupes face à ces machines ».

« Je crains de devenir dépendante, que son usage régulier me désapprenne à écrire, à faire mes recherches, à réfléchir », témoigne Chloé, traductrice en Belgique, qui craint aussi de perdre son boulot : « Dans mon organisme, l’IA est très clairement vue comme la solution d’avenir, déplore-t-elle. Personne ne l’avoue ouvertement, mais le message est clair : en cette période d’austérité, tout recrutement qui peut être évité grâce à l’IA représente une économie appréciable. Utiliser l’IA, c’est creuser sa tombe… ».

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☕️ Qui sont les jeunes « végans de l’IA », qui refusent de s’en servir ?

Un chercheur américain du Georgia Institute of Technology, David Joyner, leur a trouvé un surnom : les « végans de l’IA », résume Le Monde, qui a discuté avec des étudiants et jeunes actifs boycottant l’IA. À l’image du véganisme, précise le chercheur, les motivations chez ceux qui « adoptent un régime sans IA » sont souvent éthiques, morales et environnementales.

« Il ne m’est jamais venu à l’esprit d’utiliser l’IA », explique Charlie, 25 ans, journaliste dans une radio associative au Mans : « Avant de lire des articles ou voir des docus tout au long de 2025, il ne s’agissait pour moi que d’un délire de technocrates. J’ignorais qu’elle était entrée à ce point dans les mœurs. »

Une enquête IFOP pour Jedha AI School menée en octobre 2025 auprès d’un millier de jeunes Français âgés de 16 à 25 ans indiquait que 89 % avaient déjà utilisé Gemini, Perplexity, Grok, ChatGPT ou Claude et que près de 73 % s’en servent chaque semaine (contre respectivement 43 % et 22 % dans la population générale).

Doctorant en bio-informatique de 28 ans, Siegfried Dubois a quant à lui testé un « assistant de codage » pendant un mois, fin 2024, ce qui lui a laissé un « goût de cendres en bouche » : « La prise de conscience de l’impact environnemental, mais aussi de l’exploitation humaine à l’œuvre – dans l’annotation de données notamment [pour entraîner des algorithmes]– et le pillage de propriété intellectuelle », l’ont convaincu « de ne plus jamais recourir à ces outils », qu’il assimile à « la junk food de la pensée », résume Le Monde.

Bibliothécaire de 22 ans, Céleste Bouguyon-Williams y voit de son côté une « triste standardisation de notre monde dans lequel tout est faux : animaux, couleurs, photos… ». « Non seulement l’IA ne crée rien, mais elle détruit la pensée en fournissant un ersatz prémâché, plat et vide de sens », abonde Théophile Fenal, commissaire-priseur qui y voit « surtout un vecteur d’aliénation et d’abrutissement ».

Vétérinaire spécialisé en santé de la faune sauvage, Nathan Thenon, 29 ans, se dit « témoin des impacts des activités humaines sur la biodiversité ». Membre des « Shifters » bénévoles de Jean-Marc Jancovici, dont l’objectif est d’accélérer la transition de la France pour atteindre la neutralité carbone, il explique que « l’intensification de l’usage de l’IA et l’accroissement des besoins énergétiques et en eau pour faire fonctionner cette technologie m’empêchent de l’utiliser ».

Chercheur au Laboratoire Interdisciplinaire Sciences Innovations Sociétés (LISIS), Bilel Benbouzid, dont les travaux portent sur les conditions d’exercice du métier d’étudiant depuis l’irruption des intelligences artificielles génératives, constate pour sa part que les réfractaires sont « de plus en plus rares à l’université, même si les jeunes sont de moins en moins dupes face à ces machines ».

« Je crains de devenir dépendante, que son usage régulier me désapprenne à écrire, à faire mes recherches, à réfléchir », témoigne Chloé, traductrice en Belgique, qui craint aussi de perdre son boulot : « Dans mon organisme, l’IA est très clairement vue comme la solution d’avenir, déplore-t-elle. Personne ne l’avoue ouvertement, mais le message est clair : en cette période d’austérité, tout recrutement qui peut être évité grâce à l’IA représente une économie appréciable. Utiliser l’IA, c’est creuser sa tombe… ».

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