HP France : vers une forte augmentation des tarifs

Au siège d’HP France ce matin, rencontre avec les équipes commerciales de la marque. Les équipes grand public et pro ainsi que la direction étaient disponibles pour présenter les machines de 2026 et les spécificités particulières de chaque gamme. On a ainsi passé en revue les modèles pro avec des offres recalibrées pour plus de lisibilité. Les modèles grand public avec HyperX qui coiffera désormais tout le gaming et dont on a déjà parlé. Ainsi que les nouveaux paris techniques et stratégiques de la marque dans l’Hexagone
Bien entendu, chez HP France comme chez tous les autres constructeurs, on retrouve assez vite un éléphant au milieu de la salle de presse. Celui de la mémoire vive et de l’impact général de l’appétit gargantuesque des serveurs d’IA. Inévitablement, une question a été posée au directeur d’HP France au sujet des tarifs des machines de la marque. Sa réponse a été très claire. 2026 va encore connaitre des hausses de tarifs.
HP est un grand acteur de la tech et la marque dispose d’un appareil technique et commercial énorme qui lui a permis jusqu’à aujourd’hui de faire face à ses contrats passés pour continuer à fournir sa clientèle à des tarifs d’avant la crise. Mais les choses ne vont pas durer.

Cédric Coutat
« On a beaucoup appris avec le COVID » Cédric Coutat, Président HP France
Le COVID a été une leçon d’importance pour HP en général et HP France en particulier. La marque a découvert, comme beaucoup d’autres, la prise en tenaille d’une production en berne faute de composants et d’une demande qui explose à cause des différents confinements. Cette leçon a poussé le constructeur à réviser ses processus d’approvisionnement. Une stratégie consistant à anticiper un éventuel problème de disponibilité avec un stock de pièces détachées a été mise en place. C’est ce stock qui permet aujourd’hui à HP de faire face à la pénurie globale de mémoire vive. C’est également ce qui permet à HP France de livrer encore aujourd’hui ses partenaires : grands comptes, grossistes et revendeurs.

Ce stock de composants sert donc en quelque sorte de tampon à HP pour continuer à construire des machines à un rythme habituel. Cela pendant que les équipes aux achats de la marque se démènent pour obtenir de nouvelles pièces détachées. Deux problèmes se conjuguent ces derniers mois pour la marque. D’abord, la disponibilité des composants mémoire et de SSD, devient hasardeuse. Même en étant prêt à payer les composants très cher, les puces ne sont plus au rendez-vous. Une énorme partie, de 50 à 70%, de toute la production qui sort des usines de mémoire vive, part directement du côté des datacenters. Pour les constructeurs, cela se traduit très mécaniquement par une « fonte » de leur stock tampon.

Il est certes fait pour cela mais toute l’idée de ce stock est de pouvoir être remis à niveau avant qu’il ne tombe à zéro. Or, aujourd’hui, les réassorts de composants ne sont pas à la hauteur des besoins en assemblage. En clair, si HP sort 1000 machines par jour avec 16 Go de mémoire vive et qu’il ne peut acheter que 500 modules de 16 Go de cette même mémoire pour réassortir son stock… très rapidement le déficit deviendra trop grand. Le stock sera vide et la production sera forcément limitée. On imagine l’impact de ce manque pour une structure comme HP qui vit en grande partie du volume de ses ventes de PC. Le nombre de PC vendus permet de diluer le prix de leur assemblage, de leur transport et de leur marketing. Limiter ce volume va forcément affecter le prix de vente.
L’autre problème est très directement lié au prix d’achat des composants. Lorsque la mémoire vive ou les SSD voient leur prix flamber, même pour un acteur comme HP, il est impossible d’absorber la différence.

Une hausse prévue par paliers
Sans surprise, les tarifs des machines HP vont donc partir à la hausse. Le calendrier n’est pas encore forcément établi, mais il semble certain qu’à partir d’une date située entre les mois de mars et avril, une évolution sensible des prix va commencer. Cela ne se fera pas d’un coup, mais plutôt par paliers. Cédric Coutat d’insister sur la volonté de ne pas répercuter la hausse plus que nécessaire mais de refléter l’impact réel des nouveaux prix des composants sur leurs produits.
Les prix pourraient donc prendre 10% lors d’une première phase puis, à la phase suivante, être amenés à augmenter encore de 10%. Un total évoqué va même jusqu’à une hausse allant de 30% par rapport aux tarifs pratiqués aujourd’hui.

Les prix annoncés au CES 2026 pourraient donc évoluer à la hausse
Une question de l’assemblée a porté sur la possibilité pour les grossistes et revendeurs de stocker des machines en avance. Ce n’est évidemment pas quelque chose que HP France peut manipuler. Chaque grossiste, chaque distributeur reste maître de son stock. Si la marque peut tenter d’inciter ses partenaires à se positionner sur des machines aujourd’hui avant la hausse effective des tarifs, et à le faire avant qu’une entité d’un autre pays ne le fasse, elle ne peut pas les y obliger. Pas plus qu’elle pourrait les empêcher de vendre les machines achetées de manière anticipée au prix majoré ensuite. Il est néanmoins possible que des revendeurs comme Fnac, Darty ou Boulanger anticipent la hausse et réservent des engins.
HP France a fait preuve d’une communication sans fard. Ne cherchant ni à masquer la problématique qui nous attend pour 2026 ni à se réfugier derrière des excuses. Les prix vont grimper, c’est acté. Le constructeur n’y peut pas grand chose et va même tout tenter pour limiter cette hausse. Là encore, je pense que la marque a bien appris de son expérience COVID. HP France, comme les autres fabricants de PC, s’attend à une année compliquée et tente de tout faire pour éviter un impact trop fort sur ses ventes. Avec six trimestres consécutifs de croissance, HP aimerait poursuivre sur sa voie. Si cela parait difficile compte tenu des circonstances, HP joue tout de même vraiment franc-jeu.
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