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Une stabilisation de la mémoire vive plutôt qu’une baisse

Si vous avez été attentifs aux prix sur les mois de février et mars, le marché est arrivé à une certaine stabilisation de la mémoire vive. Le prix des références les plus classiques semble ne plus trop bouger. Certains types de mémoire ont reculé, d’autres n’ont pas augmenté. Le site 3DCenter annonce une moyenne de prix inchangée ces derniers mois. Ce qui fait dire à certains que la mémoire est en baisse.

C’est peut être faire preuve d’un peu d’optimisme. Si une stabilisation de la mémoire vive est nette, déclarer des prix en baisse c’est aller un peu vite en besogne. D’abord 3DCenter analyse uniquement les tarifs des revendeurs en Allemagne, ce qui n’est pas du tout une analyse générale du secteur. Les revendeurs allemands sont, comme nous, un petit marché sur la planète mémoire vive.

Une stabilisation de la mémoire vive plutôt qu'une baisse

Et surtout, si on regarde le tableau des prix mis en avant, on se rend compte qu’il s’agit plus d’une correction de tarifs qu’autre chose. Ici la baisse la plus spectaculaire est un -15% sur le kit de 2×32 Go de DDR5/6000. Soit un des kits les plus haut de gamme du tableau et surtout un kit qui est passé de 158€ à 596€ entre juillet et mars… Le reste des baisses est situé entre -2 et -5%, des chiffres qui sont compen,sés par des +5, +7 et mêm +17% sur d’autres modules.

Cela peut se traduire facilement. Les revendeurs allemands ont augmenté leurs prix autant que possible jusqu’à un maximum et, quand un ralentissement trop net des achats s’est fait sentir, ils ont juste réduit la voilure et ajusté légèrement leurs prix. Il arrive toujours un moment où le public bloque, même lorsqu’il n’a pas vraiment le choix. Le problème lorsque le public boude une référence de ce type, c’est que vous avez des milliers et des milliers d’euros qui dorment sur une étagère. La réaction classique est donc de baisser les prix pour que le stock bouge et que vous retrouviez des liquidités.

En agrégeant les prix de différents revendeurs, on ne peut pas obtenir de tendance. Certains ont peut-être fait des promotions, d’autres mis en avant un kit de mémoire noname particulier qui est, ici, mis dans le même panier qu’un kit haut de gamme. L’évolution des tarifs est donc à prendre avec des pincettes.

+0.1% des prix ce n’est pas une baisse, c’est une stabilisation de la mémoire vive

On remarque également que la hausse continue encore sur les références les plus vendues du marché. Les barrettes de DDR5-5600 ont encore gagné 10% Les 16 Go ont soit perdu 2% pour la 5600, soit gagné 3% sur la 6400. Le kit le plus populaire à l’été 2025, soit le 2 x 16 Go de DDR5 est quasi stable. Au final, le tableau ne dit absolument pas que la mémoire baisse mais qu’une stabilisation de la mémoire vive semble être atteinte au global avec une toute petite hausse de 0.1%. Un équilibre qui se fait après une hausse moyenne de 440% par rapport aux prix de juillet 2025.

Il y a énormément de biais possibles dans les relevés de prix des revendeurs. Le marché des pièces détachées est un mauvais témoin des tendances de tarifs. Ce que je crois comprendre de ce tableau est assez simple. Si cela s’est passé comme en France, les revendeurs comme les grossistes et les marques ont tous tendu le fil pour essayer de monter les prix au maximum parce que les marques augmentaient sans cesse les leurs tout en baissant les disponibilités. Les grossistes en amont ont donc proposé des prix de plus en plus élevés et les revendeurs ont suivi. Affichant à leur tour ces tarifs à leurs clients. Semaine après semaine, la mémoire a ainsi augmenté pour tous ceux qui n’avaient pas de contrat spécifique, ce qui concerne probablement la grande majorité des distributeurs.

Les revendeurs n’ont pas vraiment d’autres choix que d’accepter ces hausses car, sans mémoire, ils ne peuvent plus monter de machines. Ce qui est souvent une grosse partie de leur activité. Et pour éviter de se faire dépouiller de leur mémoire vive en pièces détachées sur leur catalogue, certains ont augmenté encore plus haut la mémoire vive sur leur catalogue de manière à ce qu’elle ne soit pas accessible sans débourser une fortune. Ce qui permet de vendre des configurations apparemment moins chères ensuite au global.

Mais il arrive toujours un moment où même cette stratégie ne tient plus la route. Le tarif demandé atteint un point que personne ne veut plus franchir et les ventes s’écroulent totalement. Il faut alors rectifier le tir. C’est pour cela que l’on voit des prix en légère baisse. Soit parce qu’un autre revendeur a mis la main sur un stock moins onéreux, ce qui stoppe la hausse, soit parce que les références en stock ne partent plus du tout.

Il est possible, enfin, qu’en l’absence de tout stock, certains revendeurs jouent à la guerre des faux prix. Loin d’une stabilisation de la mémoire vive, c’est une pratique classique qui permet de mettre des bâtons dans les roues de la concurrence. Quand vous n’avez plus de visibilité à court ou moyen terme sur un produit, vous le passez en « indisponible » et vous le baissez de manière importante tout en demandant aux clients de laisser un e-mail pour être prévenus en cas de retour de stock. Cela permet de « bloquer » les ventes des concurrents et d’être présent sur les listings des sites de comparaison de tarifs. Problème, cela fausse aussi toute la mécanique d’analyse de ce genre de relevé.

Le site PCPartPicker fait le même travail de remontée des prix sur les revendeurs US. On remarque également une stabilisation de la mémoire vive ces dernières semaines sur quelques références et une hausse continue sur d’autres. Ainsi le kit hyper standard et toujours demandé de 2 x 8 Go de DDR4-3200 gagne encore quelques points entre janvier et mars. Les autres références de DDR4 sont majoritairement sur une hausse début janvier puis une stagnation voire un très léger décrochage.

Sur la DDR5, le kit classique de 2 x 16Go est également très stable après une dernière grosse phase de hausse à la mi-janvier. Les autres références suivent la même tendance, à la différence notable du kit de 2×32 Go de DDR5-5600 qui semble décroître après une même augmentation jusqu’à début février.

Il s’agit là encore d’un décrochage lié, à mon sens, plus à une autocorrection que les revendeurs se sont appliquée eux-mêmes après une dernière phase de gourmandise tarifaire. À partir d’un certain prix et peut-être face également à une certaine conjecture économico-politique, les prix ont été jugés trop élevés.

Ces kits en baisse sont toujours des solutions haut de gamme en 2 x 32 Go de DDR5. En Allemagne sur la DDR5-6000, aux US sur la DDR5-5600. Qui achète 64 Go de mémoire vive aujourd’hui ? Des kits à 700€ en Europe et 900$ aux US ? Ce sont les pros. C’est sur ces références, en général très liées à un usage intensif des machines, que les prix décrochent. S’agit-il vraiment d’un retournement de marché ou plutôt que la situation globale actuelle donne moins envie aux pros de renouveler leur parc ou de s’équiper ?

La raréfaction des pièces disponibles a également tendance à figer les prix. Quand un revendeur n’a pas de visibilité précise sur ses disponibilités, il va augmenter son prix de vente pour se « couvrir ». Et les relevés peuvent donc partir à la hausse. Quand il reçoit enfin les pièces commandées, il réajuste son tarif vers un prix plus logique, ce qui fait baisser le relevé qui avait été gonflé artificiellement. Avec des disponibilités de plus en plus compliquées, les relevés jouent ainsi au yoyo ces dernières semaines.

La stabilisation de la mémoire vive se voit nettement en amont

Si on regarde en amont des revendeurs, en examinant le prix des modules de mémoire vive sur le marché avant qu’ils ne soient intégrés dans des barrettes de mémoire vive, la tendance est également à une certaine stabilité ces dernières semaines. Je n’ai pas le droit de vous partager les graphes de DRAMeXchange mais sur les modules mémoire chez Samsung et SK Hynix c’est très net.

Je pense que nous avons atteint le point haut de ce que les datacenters IA ont accepté de payer. Et cela se voit nettement sur les références en baisse. Les barrettes de mémoire les plus denses en quantité, celles les plus prisées par les serveurs, vont à la baisse car les prix ont dû dépasser un certain seuil qui correspondait à ce qu’acceptaient de payer les géants de l’IA. Les barrettes plus classiques, destinées au marché grand public, continuent de monter parce que les chaines tournent en continu pour fabriquer les modèles les plus demandés en densité.

Parler d’une baisse me parait donc inapproprié, on est dans une phase de correction et je doute qu’elle se poursuive sans de meilleures mauvaises nouvelles contre les géants de l’intelligence artificielle. Les évènements actuels en Iran pouvant à tout moment impacter à nouveau à la hausse l’ensemble des composants.

Google TurboQuant ou l’espoir d’être sauvé par ceux qui ont tout déréglé

Vous avez sans doute vu passer des articles concernant Google Research qui a annoncé un algorithme miracle baptisé TurboQuant. Ce nouveau venu est lancé avec un objectif en tête, mieux compresser la mémoire vive nécessaire aux IA pour garder leur cohérence. Cet algorithme n’a qu’un seul travail, augmenter les capacités de compression des données en mémoire pour les modèles d’IA. Avec l’idée d’avoir besoin de moins de RAM pour faire tourner des modèles gourmands tout en gardant la même précision d’exécution. 

La raison pour laquelle les centres de données des acteurs majeurs de l’IA mondiale sont si voraces en mémoire vive est simple. Elle tient en deux éléments. Pour que leurs modèles soient le plus efficaces, il faut que leurs processeurs puissent accéder le plus rapidement possible à leurs modèles de données. Passer par un stockage classique, même en SSD, est souvent trop lent. L’idéal est d’agglomérer suffisamment de gigaoctets de mémoire vive pour piloter la totalité du modèle déployé. C’est pour cela que les différents LLM sont en général proposés avec des « poids » différents. Avec DeepSeek par exemple, on peut télécharger un modèle avec 7 milliards de paramètres et un autre de 67 milliards de paramètres. La mémoire nécessaire pour les deux modèles n’est pas du tout la même.

Mais l’autre élément important est la mémoire de « session ». Un espace de mémoire temporaire qui sert à agglomérer les questions et réponses d’un sujet posé. Histoire de ne pas trop tout mélanger au fur et aà mesure de l’avancée d’une session. Si vous engagez une IA pour la questionner sur un sujet, vous comptez sur le fait qu’elle restera focalisée sur celui-ci quand la conversation avance.

La promesse de TurboQuant est donc de réduire l’impact de cette seconde mémoire de session tout en augmentant la performance d’accès. C’est énorme mais cela ne touche en rien au besoin fondamental de la mémoire centrale qui va charger le LLM de base. L’annonce a évidemment fait grand bruit parce qu’en théorie, un serveur aurait besoin de moins de RAM pour un meilleur résultat avec le « simple ajout » de TurboQuant dans l’équation. Cela pourrait changer la donne et ralentir les besoins des centres d’IA  sur le marché. Avec, comme espoir, une baisse tendancielle des tarifs pour tout le monde, y compris les entreprises classiques et les particuliers.

En pratique, je doute. TurboQuant va probablement changer certaines choses et modifier le comportement des centres IA qui seront compatibles avec cette technologie. Mais un retour de bâton est également possible. Si cela amène une stabilisation de la mémoire vive, cela n’entrainera pas de baisse et surtout, cela pourrait impacter fortement les marchés des processeurs, des circuits graphiques, du stockage et même de la mémoire à nouveau.

Ce type de « techno solutionnisme » a toujours un revers d’optimisation. Que va faire un centre de données avec une mémoire de session mieux compressée ? Réduire ses investissements ou augmenter ses capacités de calcul ? Vous savez probablement que la course en avant menée par les différentes IA actuellement en compétition est assez classique. Le but est d’être le premier pour rafler la mise et obtenir une situation de quasi-monopole. Seul moyen de dégager une rentabilité à terme. Ralentir ne fait donc pas partie du vocabulaire de ces entreprises et tout ce que ce nouvel algorithme de compression va faire est de leur donner envie d’investir encore plus. Si la mémoire de session est divisée par six, alors autant coller plus de processeurs pour augmenter la capacité de calcul et remplir l’espace libéré par TurboQuant. Histoire de tirer un avantage concurrentiel immédiat face aux autres IA.

Ces entreprises ont sécurisé des téraoctets de mémoire vive au prix fort et ont désormais la possibilité d’y accoler plus de stockage et de processeurs, mon humble avis est que c’est ce qu’elles vont faire. Non pas chercher à réduire la voilure en consommant moins de mémoire vive de session mais bien augmenter celle-ci en déployant plus de serveurs. Et qui dit plus de sessions et de serveurs dit également plus de besoins en mémoire globale…

Les autres sujets de Minimachines autour de la crise de la mémoire vive.

En illustration, un kit de mémoire vive de 2 x 64 Go de DDR5-8000 G.Skill Trident Z5 Royal NEO  avec une finition dorée et de faux cristaux illuminés de LEDS RGB…

Une stabilisation de la mémoire vive plutôt qu’une baisse © MiniMachines.net. 2026

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Prix en hausse et disponibilité en baisse, le marché du processeur se complique

L’appétit des datacenters liés au monde de l’IA est tellement vorace qu’il orchestre la production des processeurs. Intel a déjà prévenu, les prix partent à la hausse avec une augmentation annoncée de 10% de ses tarifs. Chez AMD même son de cloche, une augmentation des prix de ses puces serait en préparation.

Certains processeurs ne rentrent pas dans les MiniPC ou les portables

Certains processeurs ne rentrent pas dans les MiniPC ou les portables.

La tension est très nette pour fournir suffisamment en processeurs les différents clients du marché mondial. Proposer assez de puces pour alimenter les serveurs liés à l’IA qui se construisent un peu partout sur la planète remplit un carnet de commandes déjà bien chargé. Cette exigence de livraison s’accompagne d’un atout majeur pour les serveurs : un carnet de chèques illimité. Pour être livré plus vite et sans interruption, les géants de l’IA sont prêts à payer le prix fort sans poser de questions. Encore une fois, comme pour la mémoire vive, personne ne pose la question de la rentabilité de ces investissements et les milliards coulent à flot.

En face, les constructeurs de PC qui doivent vendre leurs machines à des clients qui vont arbitrer leur achat, se retrouvent coincés. Ils ne peuvent pas payer une puce trop cher au risque de se retrouver avec un ordinateur invendable.  Avec d’un côté un marché IA qui demande de plus en plus de wafers et de l’autre un marché de PC traditionnel qui fait la « fine bouche » en n’acceptant pas toutes les hausses de prix, le jeu de dominos s’enclenche dans le sens des premiers.

10% de hausse pour les processeurs… pour le moment.

Cela parait peu de prime abord, mais 10% de hausse en sortie d’usine, c’est un impact important une fois en magasin. Un portable qui voit sa puce passer de 100 à 110$ à l’achat n’aura pas que 10$ de surplus une fois en rayon. D’abord ces 10% s’ajoutent aux autres augmentations de tarifs qui sont déjà là. La mémoire vive qui a explosé. Le stockage. Mais également le transport et la fabrication qui sont indexés au coût de l’énergie. L’ensemble de ce prix en pleine ascension est ensuite lui-même augmenté de la marge des différents acteurs qui ne fait pas dans la dentelle et qui additionne son propre pourcentage aux précédents. Avant que, bien entendu, les diverses taxes comme la TVA  en rajoutent une couche. Le prix final des PC pour le reste de l’année 2026 risque donc d’être fort désagréable.

Des choix de production qui allongent les délais

Vous l’avez sûrement remarqué, les tensions actuelles ne concernent pas que le tarif des processeurs. Certaines gammes sont clairement plus difficiles à obtenir et c’est notamment le cas de l’entrée de gamme. Chez AMD comme chez Intel, certaines références de puces n’ont plus de visibilité me confient plusieurs sources. Impossible de mettre la main sur certains modèles. D’autres sont disponibles si on les commande en quantité et à condition de patienter plusieurs mois avant de les obtenir. De quelques semaines de délais, on est désormais passé à plus de dix. 

Un délai à rallonge qui complique encore les choses car de nombreux fabricants, gros ou petits, ne savent pas quel sera le prix de la mémoire et du stockage à l’horizon de deux mois et demi. Un vrai casse-tête pour construire ses gammes.

Quelques exemples ? Je vois ressurgir des puces étranges sur le marché des MiniPC et des portables. Si les géants du secteur ont toujours du stock, les plus petits acteurs sont obligés de fabriquer au fil de l’eau. On voit ainsi des puces AMD industrielles débarquer sur le segment du MiniPC noname. Les Ryzen V2000 par exemple. Des sauts de puces sont également faits à reculons avec des Ryzen Zen3 et même Zen2 qui reviennent sur le devant de la scène dans de « nouveaux » modèles de MiniPC.

Chez Intel même topo, les processeurs Alder Lake-N ont quasiment disparu de la circulation mais il est également difficile de trouver des Twin Lake. Les fonds de tiroir font encore un peu illusion mais plus aucune machine n’est fabriquée en quantité avec ces puces. À tel point qu’on voit ressurgir dans des MiniPC en 2026 des dinosaures. Des processeurs vieux d’il y a six ans comme les Pentium Gold de génération Tiger Lake que l’on pensait à jamais disparus.

Double effet de cliquet sur les processeurs

Cela amène à une situation délétère pour le marché. D’un côté les serveurs achètent du haut de gamme à tous les prix. Ils augmentent donc les marges d’AMD et Intel sans discontinuer et se pressent pour obtenir leurs processeurs. La moindre disponibilité sur les chaînes de fabrication leur est donc désormais réservée. De l’autre, les fabricants de PC récoltent des miettes de disponibilité et négocient leurs prix. Ce qui n’amène pas les fondeurs à leur faire de cadeaux. Avec des PC dont les prix s’envolent malgré des composants en nette baisse, le public boude et les ventes baissent. Les mois passant, les marques de PC revoient leurs estimations à la baisse et les commandes de puces sont également ajustées… Ce qui libère plus de disponibilité pour les serveurs. La boucle est bouclée.

Difficile de voir une issue positive à ce scénario pour 2026 ainsi que les années à venir. La mémoire, le stockage, les processeurs et l’énergie… Tout part à la hausse sans discontinuer. Les prix vont exploser en magasin sans laisser réellement le temps au public de s’y acclimater. « Ça va trop vite » m’expliquait un responsable de marque. « Le public n’a pas eu le temps d’absorber la hausse des prix qu’on parle déjà de la suivante. »

La fin des années 2020 risque d’être une période noire pour tout le secteur informatique grand public. À part peut-être pour Apple qui risque de rafler la mise avec un MacBook Neo qui pourrait se transformer en bouée de sauvetage pour de nombreuses personnes.

Asus annonce une augmentation de tarifs de 30% à Taiwan

Prix en hausse et disponibilité en baisse, le marché du processeur se complique © MiniMachines.net. 2026

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Asus annonce une augmentation de tarifs de 30% à Taiwan

Lors d’une conférence de présentation de ses nouveaux portables Zenbook A16 équipés de SoC Qualcomm, Asus a annoncé la couleur. Au cours du prochain trimestre, la marque annonce une augmentation de ses tarifs de 25 à 30% sur son île, à Taiwan.

Le Zenbook A16 va t-il subir une augmentation ?

Le Zenbook A16

Suivant les gammes de produits, ces augmentations seront différentes. Certaines pourraient même dépasser les 30%. Aucun élément ne serait épargné par la hausse même si celle-ci est liée à l’augmentation des tarifs de la mémoire vive et du stockage. Ainsi que par la pénurie actuelle des processeurs.

Par ricochet, les tarifs des antennes locales d’Asus devraient également augmenter. Et peut-être encore plus fortement puisqu’à la crise des composants s’ajoute désormais une crise énergétique poussée par la guerre en Iran. De nombreux facteurs vont alourdir les coûts de production et de transport des matériels, ce qui va s’ajouter aux problématiques que nous connaissons depuis septembre dernier. Asus confirme également que ces augmentations ne vont pas que toucher ses produits, mais l’ensemble du marché dès le second trimestre. Les concurrents de la marque, taïwanais ou non, vont devoir se résoudre à augmenter tous leurs tarifs rapidement.  

Traduction automatique

Traduction automatique

M Liao Yi-hsiang, General Manager d’ASUS United Technology Systems Business, indique comme exemple le prix d’un module de mémoire vive standard de 32 Go. Il coutait déjà 3 000 Yuans l’année dernière (375€) d’après lui et pourrait se négocier jusqu’à 20 000 Yuans (2500€) au second trimestre de cette année. Ce sont les chiffres donnés par la source initiale de cette info, mais j’ai des doutes sur le relevé de ces tarifs. En 2025, les modules de mémoire de 32 Go ont dépassé les 375€, même si aujourd’hui encore on trouve des barrettes de 32 DDR5 vendues moins chères à la pièce pour de simples particuliers. Asus achetant en quantité et directement chez les fabricants, ses prix doivent être largement plus avantageux, mais la quantité qui lui est nécessaire rend les négociations tendues. On imagine mal cependant dans quel monde le prix de cette mémoire pourrait s’envoler jusqu’à 2500€. 

Prenons l’exemple du Zenbook A16 UX3607OA sous Snapdragon X2 Elite Extreme X2E94100. Un engin qui embarque 48 Go de mémoire vive LPDDR5X directement sur son SoC Qualcomm et… dont le prix public est toujours de 1999.99€. Cette mémoire couterait à elle seule plus de 3000€ !? Cela n’a pas de sens. Soit la source de cette affirmation d’augmentation des tarifs a mal relevé les chiffres donnés par le représentant d’Asus, soit celui-ci s’est trompé… Mais il y a tout de même un problème dans cette annonce. Ou alors le représentant d’Asus est vraiment très confiant dans ses produits. Imaginer des ventes en hausse dans ces conditions parait un peu illusoire.

Une augmentation impossible à absorber pour les fabricants

Quoi qu’il en soit, cette augmentation est tellement forte qu’elle ne pourrait pas être absorbée par les marges des constructeurs et se reflétera entièrement dans le prix de vente.  Il en résultera une hausse globale de 30% des tarifs en 2026 par rapport à 2025… sur l’île. Les exportations vers des pays européens seront évidemment encore plus impactées. Malgré cela, le responsable d’Asus annonce une hausse de 10% de ses ventes cette année. Un optimisme qui fait plaisir à voir dans cette litanie de mauvaises nouvelles… Mais qui colle mal à une telle réalité. Comment imaginer une croissance de ses ventes avec une telle explosion de tarifs ?

Selon l’analyste IDC, aucun scénario n’est positif pour 2026. Le cabinet a publié une étude évaluant l’impact sur les expéditions de PC qui annoncent toutes des chiffres en baisse. -2.4 % pour le scénario optimiste. – 4.9% et jusqu’à -8.9% pour les plus pessimistes…  L’annonce d’Asus d’une augmentation de +10% par rapport à 2025 ressemble plus à la fameuse méthode Coué destinée ici à se rassurer soi-même et à caresser les investisseurs dans le sens du dividende, qu’autre chose.

Cela ne remet pas en cause l’augmentation des prix annoncés par Asus, mais il va sans dire que le marché ne survivrait pas à une hausse si colossale des prix de la mémoire et que les espoirs de la firme taïwanaise ne seraient pas si positifs.

Source : TechPowerUp

+110% pour la RAM, +60% pour les SSD, bienvenue en 2026

Asus annonce une augmentation de tarifs de 30% à Taiwan © MiniMachines.net. 2026

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NEXT 2 : Ayaneo suspend les ventes de sa console

J’écris une des premières, car la NEXT 2 n’est pas la première. Valve a également stoppé les ventes de son Steam Deck et d’autres consoles de ce type, pour le moment vendues quasiment à perte, pourraient mettre un frein à tout ce nouveau segment du marché PC.

Ayaneo Next 2

Ce qui est plus étrange pour la NEXT 2 c’est qu’il ne s’agissait pas non plus d’une solution « entrée de gamme ». Ayaneo avait de la marge dans laquelle tailler. Le prix d’origine le plus bas était de 2299$ HT. Ce qui en faisait un engin de niche par essence. 

La marque explique que depuis le nouvel an chinois, malgré un prix élevé, la fabrication de l’engin est devenue impossible. Cette console embarque en effet dans un espace contraint un minimum de 32 Go de mémoire vive qui suppose des composants de LPDDR5X très denses. Composants qui sont notoirement plus chers en ce moment que les puces classiques. Il est plus cher d’obtenir 32 Go avec 4 composants de 8 Go soudés qu’avec 16 composants de 2 Go.

La NEXT 2 un peu trop optimiste ?

Mais surtout, les modèles de NEXT 2 sont développés dans des configurations bien plus musclées, son Ryzen AI Max 385 est développé dans une version « de base ». Des modèles en Ryzen AI Max+ 395 avec pas moins de 128 Go de mémoire vive et 2 To de stockage sont également proposés… Le ticket pour ce modèle « premium+++ » : pas moins de 4300$. Des prix élevés, très élevés, mais qui n’arrivent pas à compenser la hausse et surtout la disponibilité des modules. Les machines sont au mieux impossibles à fabriquer par manque de composants, au pire, déficitaires.

Une Ayaneo NEXT 2 toujours très aérienne en image...

Une Ayaneo NEXT 2 toujours très aérienne en image…

Ajoutez à cela un produit « ultra nomade » assez étrange puisqu’il pèse presque 1.43 Kg et vous comprendrez qu’Ayaneo s’est peut-être laissé aller à un peu trop d’enthousiasme. Ce retour à la réalité fait mal mais c’était peut être également un mal nécessaire.

Néanmoins, la NEXT 2 est l’arbre qui cache la forêt. Plusieurs autres fabricants de Consoles PC m’indiquent que, pour le moment, ils font face pour des raisons d’engagement… Mais qu’ils ne gagnent plus d’argent avec leurs ventes depuis un moment. Ce qui pose toujours assez rapidement un petit problème.

Le communiqué de la marque :

NEXT 2 sales suspended.

Dear Backers,

First of all, thank you for your continued attention and support for NEXT 2. Since the project went live on February 10, more than a month has passed. We sincerely appreciate the trust and support you have shown us during this time.

NEXT 2 represents AYANEO’s exploration of the next-generation flagship Windows gaming handheld. It is not only a major leap in performance, but also a comprehensive evolution in design language, ergonomics, control systems, and overall user experience. Centered around the core spirit of “NEXT,” NEXT 2 continues and deepens AYANEO’s vision for the future of handheld gaming devices. While inheriting our brand’s design philosophy, it also pushes forward with new breakthroughs, aiming to deliver a more complete and advanced handheld gaming experience.

In fact, when we launched NEXT 2, storage prices were already at a very high level. At that time, we were already under significant cost pressure. However, considering that many AYANEO fans had been looking forward to this product for a long time, we still decided to release it as planned and open pre-orders so as not to disappoint our supporters.

However, after the Chinese New Year, when we communicated with our suppliers again to confirm the latest storage procurement prices, we found that storage prices had increased to several times higher than before the holiday. Under such circumstances, the overall cost of the product has become far higher than our current selling price. Therefore, after careful consideration, we have decided to suspend the pre-orders of NEXT 2.

In fact, even before the launch of NEXT 2, storage prices had already been rising for several months. At that time, we believed the price might be approaching its peak. Even if it meant making little to no profit—or even a slight loss—we still decided to move forward with the launch. However, what we did not expect was that storage prices would not only continue to rise but would increase even more rapidly. At present, the total cost of the product has far exceeded our selling price, even approaching twice the price we originally set. Under such circumstances, continuing to sell this product is no longer sustainable.

At the same time, we do not want to constantly adjust the selling price due to fluctuations in component costs. We believe that continuing to sell NEXT 2 under the current circumstances could potentially harm the interests of consumers and ultimately affect the long-term development of the brand. Therefore, we have removed the product from all sales channels, and consumers are no longer able to purchase NEXT 2 on Indiegogo.

For Backers who have already pre-ordered NEXT 2, please rest assured that we will continue to move forward with production as planned.
We would also like to clarify that this does not mean the end of the NEXT 2 product lifecycle. We are only temporarily suspending pre-orders. If storage prices return to more reasonable levels in the future, we may consider resuming the sale of NEXT 2. At this time, we cannot predict when storage prices will decline, but we will continue to closely monitor market changes.

Finally, we would like to make a commitment to all Backers:
Regardless of whether NEXT 2 will be available for sale again in the future, the after-sales service for this product will not be affected. We will prepare sufficient spare parts for after-sales support and will provide long-term, reliable service and maintenance for NEXT 2, just as we have done for many previous AYANEO products.
Thank you again for your understanding, trust, and continued support of AYANEO.

AYANEO TEAM

NEXT 2 : Ayaneo suspend les ventes de sa console © MiniMachines.net. 2026

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MSI : vers une hausse de tarifs des PC et cartes graphiques

Tout le matériel MSI va suivre la hausse actuelle des prix : ordinateurs portables, PC de bureau, cartes graphiques. Tout ce qui embarque un peu de mémoire, du stockage ou même un processeur, va être revu à la hausse. Et pas qu’un peu. Pour MSI qui prévient ses investisseurs, la note grimpera de 13 à 30% d’ici cet été. Avec pour résultat, un recul du marché PC qui reculerait de 10 à 20% en 2026.

MSI met en cause la hausse de la mémoire vive et la baisse de ses stocks de réserve. Comme beaucoup d’autres marques, je suppose que MSI a fait des achats massifs dès les premiers signes d’une augmentation des prix en septembre. Mais aujourd’hui le constructeur ne compte plus que sur un à deux mois de stock. Un constat fait par d’autres marques plus rapidement, notamment les leaders de cette industrie qui écoulent beaucoup plus de matériel et qui ont vu leur stock fondre plus vite.

Pour MSI, ce stock n’est plus que d’un à deux mois seulement. Ensuite, les prix vont s’envoler. Les fournisseurs en mémoire du constructeur ne s’engagent plus sur un prix stable ni même sur de la disponibilité. Ce qui mène à un effet boule de neige. Non seulement la mémoire vive est plus chère, mais les livraisons ne suivent plus. Ce qui entraîne une surenchère de la part des constructeurs pour obtenir de la mémoire vive et donc à proposer plus que le prix demandé pour avoir leur quota. Ce qui amenuise encore la disponibilité et… la boucle est bouclée.

Les cartes graphiques entrée de gamme ne vont pas connaitre une hausse de tarifs, elles vont disparaitre.

Les cartes graphiques entrée de gamme ne vont pas connaitre une hausse de tarifs, elles vont disparaitre.

MSI prévoit ce qui s’apparente plus à du « Damage Control » qu’à des contre-mesures. Faute d’avoir la moindre contre-mesure à pouvoir proposer. La production de cartes graphiques va s’orienter par exemple sur les modèles les plus haut de gamme. Il est plus simple de vendre une GeForce RTX 5070, 5080 ou 5090 à 30% plus cher que son prix précédent en 2025 qu’une RTX 5050. Ces modèles plus haut de gamme dégagent également de meilleures marges. 

Hausse de tarifs : un problème généralisé en 2026-2027

C’est donc un autre constructeur, MSI, qui s’ajoute à la déjà longue liste de marques faisant face au même problème. Ce n’est d’ailleurs pas réellement une surprise puisque MSI comme HP, Dell, Acer, Samsung, Lenovo et Asus fonctionnent exactement sur le même principe. Ils assemblent des produits fabriqués par d’autres et sont donc touchés de la même manière. Tant que l’offre en termes de mémoire vive ne sera pas améliorée, que la majorité de la production mémoire s’orientera vers les serveurs IA, la situation ne bougera pas. Conséquence logique de cette problématique, les constructeurs vont à leur tour changer de cible. MSI indique donc qu’il va s’intéresser lui aussi aux serveurs pour fournir des solutions aux centres de données…

Comme anticipé depuis début décembre 2025, les conséquences sur le marché informatique de ces pénuries et hausses vont avoir des impacts sur le temps long. Et ces impacts vont à leur tour entrainer des hausses. Un emballement qui n’a aucune visibilité de ralentissement en 2027 et très peu en 2028.

+110% pour la RAM, +60% pour les SSD, bienvenue en 2026

 

Source : Digital Trends

MSI : vers une hausse de tarifs des PC et cartes graphiques © MiniMachines.net. 2026

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PC low-cost : Gartner prédit la fin de l’entrée de gamme en 2028

Je ne suis pas spécialement d’accord avec cette analyse. Je comprends l’argument de Gartner et la logique qui aboutit à cette conclusion concernant la disparition du secteur des PC low-cost. Mais je pense que le marché est assez mal diagnostiqué. En partie parce que Gartner ne scrute pas l’ensemble du marché.

Des PC low-cost qui disparaitraient ?

Des PC low-cost qui disparaitraient ?

Pour Gartner, le secteur PC va traverser une forte crise entre 2026 et 2028. Loin d’une idée de turbulences techniques comme nous en avons connues par le passé, la tension sur les composants risque de durer. Nous avons eu des crises sur la mémoire vive et le stockage. Suite à des catastrophes naturelles, des incendies et autres problèmes techniques. Nous avons connu la pandémie de COVID et les problèmes d’approvisionnement comme de circulation des ressources. Mais pour tous ces évènements, il était possible de prévoir une fin. Une sortie de crise.

La problématique d’aujourd’hui est différente. La hausse spectaculaire des prix de la mémoire et du stockage combinée avec la faiblesse des stocks disponibles devrait durer longtemps. Assez pour faire souffrir tout l’écosystème jusqu’en 2028. Dans cette logique, il semble assez évident que le marché va devoir faire des choix. Et pour Gartner, la réponse est mécanique. Elle tend à augmenter les prix vers plus haut de gamme. Voilà la logique du cabinet d’analyse :

“This sharp increase removes vendors’ ability to absorb costs, making low-margin entry-level laptops nonviable. Ultimately, we expect the sub-$500 entry-level PC segment will disappear by 2028,”

Ce qui peut se traduire par « Cette augmentation importante empêchera les vendeurs d’absorber les coûts [Des composants, ndlr], faisant des ordinateurs entrée de gamme, à faible marge, un marché non viable. A terme, nous estimons que le marché des PC à moins de 500$ aura disparu d’ici 2028. »

Cela s’analyse assez simplement. Comme les constructeurs ne pourront pas encaisser le surcoût lié aux hausses de tarifs de mémoire et de stockage, le prix des PC entrée de gamme va grimper au-dessus de 500$. Ce qui était vendu auparavant 300 ou 400$ ne pourrait plus être proposé qu’à 500$ et plus. Un phénomène que nous constatons en réalité déjà sur plusieurs secteurs avec une belle envolée des prix. Ce mouvement va s’accentuer rapidement désormais puisque les stocks « tampon » constitués par les fabricants avant l’augmentation des prix ont désormais bien fondu.

 

500$ HT = 500€ TTC

500$ HT = 500€ TTC

500$ = 500€ avec 20% de TVA

Cette analyse pourrait être complétée d’ailleurs. On peut estimer que les constructeurs vont naturellement privilégier les machines les plus haut de gamme dans un réflexe de rentabilité. L’indisponibilité de plus en plus chronique de la mémoire vive et du stockage entravent la production de PC entrée de gamme. Ils ne sont plus prioritaires. Pourquoi tenter de fabriquer 1000 machines avec 8 Go de mémoire vive vendues à 500$ si on peut fabriquer 500 machines vendues 1500$ avec 16 Go ? Si la marge réalisée est du même ordre, imaginons 10% pour chaque gamme, il y a plus à gagner à vendre 500 machines plus chères. Ces engins auraient en plus l’avantage de pouvoir beaucoup mieux encaisser d’éventuelles fluctuations passagères de prix.

Reste que le marché informatique est sur un plateau de renouvellement depuis des années. La majorité des particuliers achètent un équipement pour remplacer un modèle jugé trop ancien. Les « premiers achats » informatique existent toujours mais ils sont plus rares, ce sont ceux des étudiants ou des jeunes qui s’installent. Avec la situation actuelle, Gartner prévoit que les clients garderont plus longtemps leurs machines. Et, forcément, que les ventes vont plonger pour les trois années à venir. Il semble évident qu’un client qui a alloué un budget de 400$ pour un PC en 2020 par exemple, ne va pas forcément choisir de remplacer sa machine pour une solution à 1500$ en 2026. Il fera durer au maximum son investissement et trouvera des solutions en cas de panne. Avec une réparation ou un achat d’occasion, par exemple. Le public ne va pas magiquement trouver les ressources nécessaires à l’augmentation de son pouvoir d’achat informatique. Autrement dit, si le marché des ordinateurs à moins de 500$ disparait, il ne sera pas vraiment remplacé par celui situé au-dessus des 500$. Il sera tout simplement perdu.

Les entreprises vont forcément devoir suivre le mouvement à la hausse, faute d’alternatives. Elles feront également durer au maximum leur parc et seront moins sujettes à des changements rapides pour des gains de productivité. Le marché grand public risque de prendre son mal en patience. En procédant à d’éventuelles petites mises à jour ou en mettant simplement son argent de côté en attendant des jours meilleurs. Tout cela se tient. C’est logique et assez clair. Mais cela ne me parait pas tout à fait complet.

MSI Wind U100

MSI Wind U100

La nature commerciale a horreur du vide marketing

Car c’est là qu’entre en jeu un facteur que je pense assez important dans toute cette affaire. L’opportunisme de certaines marques combiné au besoin de certains distributeurs. 

Pendant l’aventure Netbook, avec l’arrivée de la seconde génération de machines en 10 pouces, certains acteurs du monde informatique se sont taillé une brèche opportune sur le marché. MSI par exemple, très connu aujourd’hui, n’avait pas réussi à se faire distribuer en grande surface en France. L’arrivée du MSI Wind a permis de mettre un « pied dans la porte » pour la marque. Cela a été difficile, très difficile. La négociation a été rude, la marque y a laissé une bonne partie de sa marge mais… MSI était en rayon, face au public, sur un marché compliqué. Pour la grande distribution, c’était un pari gagnant parce que les engins avaient le vent en poupe. Ils répondaient à la fois à un besoin mais aussi à une mode. Ils ont servi de produit d’appel avec, parfois là encore, des sacrifices sur le prix de vente.

Comme vous l’aurez compris, pas grand monde n’a gagné d’argent avec les MSI Wind. Les engins étaient proposés peu cher par la marque à une grande distribution qui les vendait également peu cher. Comble de l’opération : MSI en fabriquait aussi pour un de ses concurrents qui était Medion et qui les vendait lui-même à prix cassé. Depuis, MSI a gagné des parts de marché, la marque s’est servi de cette douloureuse entrée pour devenir un acteur reconnu en France sur le secteur des portables.

PC Low-Cost

Quel rapport avec les PC Low-Cost ? Il est assez simple. Le commerce a besoin de ces PC à « 500$ » pour faire vivre leur espace commercial informatique. Sans eux, impossible de vendre l’ensemble des autres éléments de l’offre. Écrans, imprimantes, câbles, souris, claviers, manettes et autres accessoires. Les grands distributeurs, ceux qui sont les premiers à demander aux marques des machines à bas prix, feront tout ce qui sera nécessaire pour continuer à faire vivre leur rayon informatique. Ils gagnent peu avec leurs machines mais se rattrapent en général avec les accessoires supplémentaires. Cette démarche-là a absolument besoin d’un prix d’appel. 

On l’a vu, depuis des années, les fabricants informatiques proposent des formules « à la carte » aux revendeurs. Des machines « exclusives » qui sont composées a partir de composants « communs ». Une version d’un 15 pouces sort chez une marque, elle est alors déclinée avec différents processeurs, plus ou moins de mémoire et de stockage et des options variées. Certains distributeurs jouent sur la mémoire vive, d’autres sur la capacité de stockage. On peut ainsi retrouver de subtiles variations du même ordinateur de base avec une définition d’écran plus ou moins élevée, un système d’exploitation ou non et autres changements pour coller au prix demandé par le distributeur.

Je reste persuadé que certaines enseignes vont tout faire, tous les sacrifices possibles, pour continuer à proposer en rayon des machines abordables. Pas par choix véritable ou goût des petites marges mais parce que ne pas le faire rimerait avec la perte d’une grande partie de leur offre et de leur chiffre d’affaires. Et si les grandes marques ne veulent pas proposer les PC dont ils ont besoin, certaines plus petites verront là une opportunité pour venir s’installer dans les rayons. Pour se faire un nom. Et croyez moi, certaines piaffent d’impatience. Ces marques savent que vendre à marge quasi nulle a un coût, mais que ce coût est inférieur à une campagne de publicité internationale pour exister face aux géants du marché.

Vers une certaine dégadgetisation du marché

Ces dernières années, on a vu des marques ne plus savoir quoi faire pour justifier leurs tarifs : des gadgets sont apparus à la pelle. LEDs à foison, débauche de haut-parleurs, double protection biométrique avec caméra infrarouge et lecteur d’empreintes, pavés tactiles gigantesques, châssis ultra-fins… Les machines ont justifié la fin de la baisse de leurs tarifs en ajoutant de plus en plus de fonctions ou de gadgets externes à leur usage premier.

La course à un affichage de plus en plus rapide est un très bon exemple de ce mouvement. En quelques années, le moindre portable est passé de 60 à 120, 240 ou 265 Hz. Ce qui est très positif à prix constant mais moins apprécié quand les prix s’envolent. L’utilisateur lambda qui cherche un PC à bas coût préfèrera toujours garder son budget intact plutôt qu’acheter une double paire de haut-parleurs, des LEDs qui clignotent, un écran 180 Hz et une double solution biométrique qu’il ne configurera même pas.

Je suppose qu’en ce moment même, une armée d’ingénieurs taille dans les gadgets du monde portable pour réduire la note. Cela passera par des éléments très secondaires et probablement d’autres aspects plus importants des machines mais pas forcément primordiaux de celles-ci. Une légère hausse de la coque, quelques millimètres qui permettront un assemblage moins couteux et une intégration de batteries plus épaisses moins chères à l’achat. La probable disparition des claviers rétroéclairés qui avaient commencé à faire leur apparition sur les portables les plus abordables. Une réduction des surfaces tactiles et autres modifications qui vont tendre vers des engins plus simples et plus abordables. Si une bonne partie du public sera plus sensible à la facture d’un PC low-cost qu’au nombre de gadgets qui serotn embarqués sur son voisin proposé à 100€ de plus, les premiers qui vont réclamer ce mouvement seront les revendeurs eux-même.

L’analyse de Gartner est linéaire

Pour Gartner, les machines sous les 500$ vont disparaître parce que ce marché ne serait plus rentable. C’est assez vrai, proposer un ordinateur portable moderne avec 16 Go de mémoire vive et 512 Go de stockage sous Windows avec une puce Intel ou AMD issue des deux dernières générations derrière parait difficile. Il faut compter dans ces 500$ HT la marge du distributeur, celle du fabricant et de l’éventuel grossiste. Il faut également compter le transport et, évidemment, la fabrication de l’engin. Cela ne laisse pas beaucoup de possibilités pour manœuvrer sur les prix.

Mais, et on l’a déjà vu en action, le marché ne fonctionne pas tout entier comme cela. Sur le segment des MiniPC, segment peut-être le plus agile de l’offre informatique avec une production quasiment à flux tendu et souvent vendue en direct par les marques, la réaction a été rapide. À la suite de la hausse des prix de la mémoire, les fabricants ont immédiatement proposé des engins de type barebone. Une manière de passer entre les gouttes du problème en enlevant mémoire et stockage de l’équation. Puis, assez vite, sont apparues des variantes de leurs machines plus classiques. Des modèles qui ont fait entrer notamment des puces de générations passées. Des processeurs qui avaient disparu des radars ces dernières années chez AMD comme chez Intel sont revenus sur le devant de la scène. 

Les minimachines livrées auparavant systématiquement avec 16 Go de mémoire vive et 512 Go de stockage ont rapidement été déclinées en 12 et 8 Go de RAM. Leur SSD a changé également, passant à 256 ou même 128 Go. Bref, le marché a fait un truc étrange pour les fabricants classiques, il est allé à l’envers. Aujourd’hui, une marque comme Geekom propose un MiniPC avec un processeur lancé il y a 3 ans par AMD, avec 16 Go de mémoire et 512 Go de stockage, pour moins de 400€. Si aucune grande marque ne veut proposer ce genre de prix, ce type de constructeur se fera une joie de venir prendre leur place dans les rayons d’un supermarché.

Les fabricants de MiniPC ont été très rapides car ils fabriquent leurs machines en petites séries et pour certains n’ont pas beaucoup d’état d’âme quant à la perception de leur marque. Qu’on considère certaines de leurs machines comme dépassées ne leur fait ni chaud ni froid. Ces engins sont leur seule ressource et ils feront tout pour la faire vivre. Des grands noms du secteur comme HP, Lenovo, Dell, Acer ou Asus ont une gamme plus large de produits et vendent parfois du service. Pour une marque « noname », ne plus vendre de MiniPC abordable signifie simplement disparaitre.

Des bouleversements importants sur le marché des PC low-cost 

L’ensemble de ces éléments me laisse à penser que le marché du PC low-cost va être bouleversé ces prochaines années. Mais loin de disparaître, il peut rebattre des cartes. L’actualité nous fait découvrir un portable MacBook Neo qui sera facturé à partir de 599€ pour un étudiant et 699€ pour un acheteur classique. Apple y déploie les stratégies nécessaires pour baisser la note : puce ancienne, mémoire et stockage en baisses, ajustements techniques. Rien n’empêchera les constructeurs de PC de faire exactement la même chose maintenant que la marque à la pomme a ouvert la voie.

Et ils n’auront d’ailleurs pas d’autres choix. Comment vendre des portables entrée de gamme au-dessus des 500€ à des étudiants si Apple propose une solution à 599€. Je ne vais pas comparer le Macbook Neo à d’autres engins qui n’existent pas encore en réplique dans le monde PC mais il me parait difficile de croire que le marché classique sous Windows va pouvoir gagner à prix égal ou légèrement inférieur. Surtout avec un Windows 11 si délabré.

Le marché des PC low-cost qui disparaitrait serait une fuite en avant importante du secteur tout entier. Certes les prix vont bouger, largement à la hausse. Mais en jouant sur différents postes, les PC Low-cost vont continuer à y exister. Les constructeurs n’ont d’ailleurs pas réellement le choix, toute l’industrie tient sur un certain volume de fabrication et de vente. Arrêter l’entrée de gamme aurait des conséquences sur ce volume en ralentissant énormément le segment, ce qui affecterait également le prix de fabrication des segments plus haut de gamme. Et le public comme les entreprises ne suivraient plus. Un ralentissement trop important de la production aurait un impact monstrueux sur l’ensemble du secteur et mettrait en péril la solidité des marques les mieux établies.

DDRGate : Il ne faut pas penser sur le temps court

PC low-cost : Gartner prédit la fin de l’entrée de gamme en 2028 © MiniMachines.net. 2026

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AYN Thor et Odin : augmentation du prix des consoles

Pour les AYN Thor et Odin, la hausse débutera plus tôt que prévu et le constructeur ne semble pas prévoir d’amélioration avant l’année prochaine « au mieux ». Le fabricant de consoles annonce une hausse de quasiment tous les prix de ses appareils dès le 8 mars.

Le fournisseur de composants mémoire et stockage des AYN Thor et Odin a augmenté ses tarifs et la production des nouveaux modèles est donc plus onéreuse, hormis sur la version la plus entrée de gamme de la marque. Modèle qui n’avait pas eu droit à une remise pendant la période précédente et qui conserve donc un tarif inchangé depuis son lancement.

AYN Thor

AYN Thor

L’augmentation était prévue mais se déroule plus tôt que ce qui avait été planifié. En plus des tensions sur le segment mémoire et stockage, le coût des matériaux semble intervenir et les variations sur les taux de change impactent l’ensemble. La marque avait signalé une évolution des prix à la hausse des AYN Thor et Odin pour avril. Au final, la répercussion aura lieu dans quelques jours.

Modèle Prix officiel  Prix actuel Nouveau prix
Thor Lite
8/128 Go
249 $ 249 $ 249 $
Thor Base
8/128 Go
299 $ 309 $ 319 $
Thor Pro
12/256 Go
349 $ 369 $ 399 $

Thor Max
16 Go/1 To

429 $ 449 $ 489 $

Pour les modèles AYN Thor, l’impact n’est pas forcément monstrueux mais tout de même : 60$ de hausse pour la AYN Thor 16 Go / 1 To, 20$ pour la version 8/128 Go. Ce n’est pas négligeable.

Modèle Prix OFFICIEL Nouveau prix
Odin 3 Base
8 / 128 Go
329 $ 339 $
Odin 3 Pro
12 / 256 Go
399 $ 439 $
Odin 3 Max
16 / 512 Go
449 $ 489 $
Odin 3 Ultra
24 Go / 1 To
519 $ Indisponible

Pour la AYN Odin 3, les augmentations vont de 10$ à 40$ suivant les modèles et la version Ultra, la mieux équipée, est en rupture. Cette dernière étant livrée avec des puces de LPDDR5x plus denses, 2 unités de 12 Go, notoirement plus difficiles à obtenir en ce moment, il est possible qu’il soit impossible de la fabriquer faute de pièces.

AYN développe que l’approvisionnement en composants ne devrait pas s’améliorer avant 2027 dans le meilleur des cas. La marque rejoint ainsi la longue cohorte de constructeurs qui sont obligés de revoir leurs tarifs à la hausse. Ce qui indique non seulement la tension du marché mais l’impossibilité de pouvoir encaisser une hausse passagère par la durée estimée de cette crise.

Les prix n’ont effectivement pas encore changé sur leur site

AYN Thor : une console double écran Android sous Snapdragon

AYN Odin 3 : une console à écran AMOLED 6″ sous Android 15

Spécifications AYN THOR 

AYN Thor

AYN Thor

Spécifications AYN ODIN 3

AYN Odin 3

AYN Odin 3

AYN Thor et Odin : augmentation du prix des consoles © MiniMachines.net. 2026

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