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Fin de partie pour la LPDDR4 Samsung, le Coréen arrêtera sa production cette année

La LPDDR4 Samsung sera bientôt de l’histoire ancienne et, à dire vrai, c’est probablement déjà le cas. Le fabricant coréen arrête la production de ce type de mémoire pour se concentrer sur la LPDDR5 plus récente.

Ce choix est compréhensible pour le fabricant, par définition la LPDDR4 Samsung serait, à priori, moins demandée dans les années à venir et sa production freine les profits de la société. Si certains acteurs du marché comptent sur ces mémoires plus anciennes pour tenter de tenir les prix à la baisse. Les mouvements récents d’AMD et d’Intel pour proposer de faire durer certaines architectures de leur catalogue capables de prendre en charge des composants DDR4 en sont un bon indice. La publication des spécifications de la LPDDR6 en juillet dernier pousse naturellement la mémoire vive plus ancienne vers la sortie. Reste que la tension sur ces composants est telle que tout mouvement de tension est susceptible de produire une catastrophe.

La LPDDR4 Samsung disparait au profit de la LPDDR5

La LPDDR4 Samsung disparait au profit de la LPDDR5

Le site sud-coréen « The Elec » annonce que Samsung devrait arrêter toute production de modules de mémoire vive dès cette année. La production de LPDDR4 Samsung a déjà baissé et surtout la marque n’accepte plus de nouvelles commandes. Ce qui laisse entendre qu’on peut d’ores et déjà parler de LPDDR4 Samsung au passé. Les clients ayant des besoins sur ces composants ont déjà probablement réservé l’entièreté de la production jusqu’à la fin de celle-ci.

Pour Samsung, la place occupée par ces lignes sera recyclée pour fabriquer de la LPDDR5. Les unités de production seraient ainsi modernisées petit à petit et les anciens composants recyclés. La demande en mémoire à plus basse consommation énergétique ayant explosé, qu’il s’agisse de LPDDR5 ou LPDDR5X, le changement peut se comprendre. Sans LPDDR5, les serveurs de centres de données ne peuvent pas se construire. C’est un château de cartes, sans mémoire vive de base, pas de vente de mémoire HBM encore plus rentable. Il est même possible que le constructeur conditionne la disponibilité de ses mémoires HBM à l’achat de mémoire LPDDR5 en « package » pour ses clients. Les débouchés pour les dernières générations de composants sont beaucoup plus larges et plus rentables à long terme que la LPDDR4 en fin de vie.

Et cela même si beaucoup de SoC ARM emploient encore de la mémoire vive de ce type. Des dizaines de millions d’appareils d’entrée de gamme qui inondent de nombreux marchés sont toujours équipés de ces puces. Beaucoup de produits industriels et de solutions de développement sont également équipés de LPDDR4. Le passage vers de la mémoire LPDDR5 peut évidemment se faire mais le secteur est largement en tension et on imagine mal Samsung faire des cadeaux de compensation à ses anciens clients.

La LPDDR4 Samsung pourrait devenir la LPDDR4 d’un autre

Par un jeu évident de vases communicants, les clients qui achetaient de la LPDDR4 Samsung vont donc devoir se tourner vers d’autres fabricants. On peut se douter que les plus gros producteurs de puces de mémoire vont ou ont déjà la même réflexion que Samsung. Leur objectif n’est pas de répondre spécifiquement à la demande de leurs clients mais de dégager le plus de rentabilité possible. S’il est plus intéressant financièrement d’abandonner ce type de mémoire vive, alors ils le feront probablement sans aucun scrupule.

Reste que le constructeur Coréen va relâcher la pression concurrentielle qu’il avait sur ces modules, ce qui pourrait permettre à d’autres acteurs de mieux s’y épanouir. En étant probablement un peu plus cher que Samsung avant le début de la crise de la mémoire. Mais en étant peut-être plus abordable que lui et susceptible de répondre à des cahiers des charges plus larges. La plupart du temps, les éléments que l’on ne peut pas adapter des lignes de production décommissionnées sont revendus à d’autres entreprises. Celles-ci s’emparent donc d’une technologie ancienne, mais toujours rentable. A eux de remettre en marche le tout dans une extension de leurs propres unités de production. On imagine donc assez facilement qu’une baisse de la capacité de fabrication annuelle de LPDDR4 Samsung sera compensée par une hausse chez un autre acteur du marché. 

On imagine également que si Samsung a fait ce calcul, ses principaux concurrents pourraient faire le même, ce qui serait à court terme une catastrophe pour la LPDDR4 et un retour à une offre plus abondante pour la LPDDR5.

CXMT à la rescousse ? 

Le fabricant de mémoire Chinois CXMT et son allié GigaDevice pourraient reprendre le flambeau. La LPDDR4 reste un élément majeur pour beaucoup d’acteurs. Difficile de trouver un smartphone abordable et confortable en mémoire en LPDDR5 aujourd’hui. Or dans beaucoup de pays, comme la Chine, il est devenu simplement impossible de vivre sans smartphone. À la fois moyen de paiement, carte de transport et preuve d’identité, l’outil est un composant essentiel dans la vie sociale du pays. Il est impossible d’imposer à sa population de se procurer un smartphone trop cher et le recours à des solutions LPDDR4 est donc indispensable.

CXMT pourrait augmenter sa capacité de production à 300 000 wafers par mois, les derniers chiffres annoncent pour le début de 2026 une production plutôt située autour des 240 à 250 000 wafers mensuels. Samsung propose entre 700 et 750 wafers par mois et SK Hynix environ 620 000. Si une partie de la production de l’un passe chez l’autre, cela pourrait dans un premier temps raréfier l’offre de mémoire LPDDR4 avant de la rendre, éventuellement, moins chère.

Source : Notebookcheck

Fin de partie pour la LPDDR4 Samsung, le Coréen arrêtera sa production cette année © MiniMachines.net. 2026

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Samsung Electronics dégage 37 milliards de dollars au premier trimestre

Le cabinet d’analyse Coréen Counterpoint repris par Wccftech2 révèle les chiffres astronomiques liés au marché de la mémoire. Samsung Electronics a publié des résultats pour le moins étonnants pour ce premier trimestre 2026. Avec 57 200 000 000 de wons, ce qui correspond à 37.9 milliards de dollars US.


Cette hausse de 755% de chiffre d’affaires donne la mesure de l’impact de l’augmentation des prix de la mémoire vive depuis le début de la course à l’équipement des datacenters liés à l’IA. La division Samsung Electronics, à elle seule, propose en un trimestre un plus gros bénéfice opérationnel que celui de Samsung au global en 2025. Les bénéfices se décomposent en 37 milliards de dollars pour la DRAM et 13,4 milliards pour la NAND. Le précédent record de Samsung datait de 2018 quand son troisième trimestre dégageait un bénéfice de 18.9 milliards de dollars. Ce chiffre est battu de 167 %.

Si cette division particulière est la pièce maitresse du dispositif de la société Coréenne puisqu’elle fait depuis toujours la grande majorité de ses profits, cela propulse tout de même la firme dans une toute autre dimension. Le cabinet d’analyse de mettre en avant ces chiffres colossaux qu’il met en perspective avec le reste du marché. La firme devient beaucoup plus rentable qu’un Microsoft, TSMC, Meta, Amazon ou même Alphabet, la maison mère de Google. 

Il faut dire que la majorité des GAFAM ont eux-mêmes injecté des milliards dans les poches de Samsung Electronics pour leurs différents Datacenters liés à l’IA. Comme toujours dans les ruées vers l’or, les plus grands gagnants sont les vendeurs de pelles. Nvidia et Samsung ont dégagé des bénéfices incroyables ces derniers trimestres. 

Pour Samsung Electronics c’est également un moyen de rentabiliser des investissements réalisés à perte ces dernières années. La firme a certes moins misé sur la mémoire hyper-rapide HBM3 que certains de ses concurrents comme SK Hynix mais a profité à plein du désintérêt pour la DDR5 de la part de Micron (qui a carrément quitté le navire grand public en sabordant la marque Crucial) et SK pour ces composants pourtant indispensables au monde PC et smartphone. Résultat, au premier trimestre, la demande n’ayant pas changé sur ces postes, les prix ont flambé et un chiffre d’affaires incroyable a été réalisé.

Samsung Electronics

Samsung Electronics se frotte les mains, ses anciens partenaires beaucoup moins

Micron, SK Hynix et Samsung poursuivent leur politique de gestion opportuniste de la crise. Les trois marques ont largement commenté leur volonté de piloter leur production de manière à privilégier la mémoire HBM à destination des serveurs sans remettre l’accent sur la production de la DDR5. Les deux types de mémoire partageant les mêmes structures de production. Cela permet de produire des modules HBM très rentables et toujours demandés par les géants de l’IA d’un côté. Tout en proposant une offre de DDR5 largement en dessous de la demande de l’autre. Ce qui propulse les tarifs toujours plus haut. Les solutions mémoire commerciales les plus denses ayant atteint des tarifs inimaginables il y a encore un an.

Cette vision du marché est sans pitié pour les partenaires des marques qui se retrouvent dans des situations intenables. Apple a accepté une augmentation de 100% de ses prix par rapport à son précédent contrat. D’autres augmentations sont encore à venir, ce qui rend la commercialisation de matériel très compliquée pour les géants du secteur grand public et professionnels. Samsung va même plus loin en refusant de livrer sa division smartphone pour préserver sa rentabilité

Difficile de voir comment sortir de ce scénario. Pour les acteurs intermédiaires comme les fabricants de PC ou de tout produit qui embarque de la mémoire, la situation n’est pas simple. Leurs clients budgétisent leurs achats de manière réfléchie et vont donc refuser de dépenser des sommes absurdes dans un équipement qui ne coûte pas plus cher à produire hier qu’aujourd’hui. En face, les géants de l’IA dépensent sans compter avec des milliards de dollars subventionnés dans l’espoir d’un retour sur investissement à moyen terme. Au vu des factures astronomiques liées à l’implantation de ces datacenters – gestion énergétique, refroidissement, matériel informatique en général avec des puces toujours plus chères également – la facture mémoire reste toujours dérisoire. 

Tant que les clients du monde PC tenteront de se battre avec des gens qui n’ont pas peur d’investir des milliards à perte, la bataille des prix ne pourra pas être gagnée.

Micron abandonne mémoire et SSD grand public

Samsung Electronics dégage 37 milliards de dollars au premier trimestre © MiniMachines.net. 2026

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Mémoire HBM3 : La demande multipliée par 600 en 2028 selon Michael Dell

S’il faut prendre les annonces du patron de Dell avec les pincettes de rigueur, il est directement concerné par l’évolution du marché, son annonce fait tout de même froid dans le dos. Selon lui, la demande de mémoire HBM3 va exploser.

Pour Michael Dell, la situation de la mémoire vive ne va pas s’améliorer à moyen terme mais, au contraire, largement empirer. Son analyse est simple, la demande actuelle en mémoire vive est liée à la gourmandise des centres de données d’IA. En 2022, chaque serveur DGX H100 de Nvidia employait 80 Go de mémoire HBM3 ultra-rapide. C’est la production de cette mémoire qui a détourné les trois principaux fabricants mondiaux du secteur de la DDR5 destinée aux ordinateurs classiques. 

mémoire HBM3

Une demande de mémoire HBM3 en très forte hausse

Or pour Michael Dell, le besoin en mémoire des futures solutions IA suivrait une augmentation régulière pour atteindre 2 To de mémoire HBM en 2028. Une augmentation tirée d’une extrapolation linéaire très « mathématique » donc. Basée sur le trait rectiligne d’une progression régulière. 2 To par serveur équivaudrait à une augmentation explosive des besoins de cette industrie. Cette augmentation liée à une évolution des centres de données actuels et à la création de nouveaux datacenters serait sans commune mesure avec les anticipations de production de mémoire estimée. Et cela malgré des investissements dans de nouvelles usines de production.

Si un tel scénario se réalisait, la demande de mémoire HBM3 ne baisserait pas à l’horizon 2028-2030 mais se positionnerait au contraire dans une énorme augmentation. Les besoins seraient d’ailleurs tellement énormes pour cette mémoire HBM qu’il est plus que probable que le marché de la DDR5 « classique » soit alors complètement abandonné par les fabricants. Assechant ainsi le marché des ordinateurs censés « consommer » les services d’IA en question.

La vision de Michael Dell est très technocentrée.

Ce scénario est évidemment catastrophique mais il n’est pas certain qu’il se réalise. D’abord parce que la multiplication mathématique des besoins futurs en suivant les chiffres du passé n’est pas une science fiable. Beaucoup considèrent que ces 2 To de mémoire HBM3 par serveur n’est pas du tout une anticipation réaliste. Mais surtout parce que cela semble tout simplement intenable. Si je ne suis pas spécialement optimiste pour le marché des composants, la vision du patron de Dell gomme pas mal de mouvements de fond notables qui ont lieu en ce moment. Un tassement des investissements dans l’IA. Des modèles qui commencent à montrer des signes de faiblesse. Une économie totalement incertaine et des contrats passés entre divers acteurs qui ne semblent pas se concrétiser. Si on ajoute à cela des prix qui enfleraient en conséquence avec une demande en constante augmentation des mémoires HBM3 et suivantes, le scénario semble finalement peu crédible.

Sur le terrain, on parle également de nombreuses problématiques d’implantation avec d’énormes « besoins » de datacenters mais de gros problèmes d’infrastructures, notamment en matière d’eau et d’énergie, pour les réaliser. Si on ajoute à cela un monde où, à peine construits et pas du tout rentabilisés, certains datacenters deviendraient immédiatement obsolètes. Nécessitant à nouveau des capitaux colossaux pour être mis à jour avec toujours plus de mémoire et de nouveaux processeurs, on n’est pas très loin d’une vision purement technique du futur. Une vision débarrassée de toute notion d’économie et de politique.

Il n’est pas certain que le marché réagisse aussi mathématiquement que l’imagine le patron de Dell. Certains investisseurs vont peut-être réfléchir à deux fois avant de réinjecter quelques dizaines de milliards supplémentaires dans des centres de données déficitaires. Il est également possible que la future crise du prix de l’énergie qui se prépare fasse changer d’optique de nombreux investissements. Si le prix de l’énergie continue à monter et à manquer, faire tourner un datacenter déjà non rentable deviendra un cauchemar financier assez proche de celui rencontré par les mineurs de crypto-monnaies il y a quelques années.

Si la demande de mémoire ne risque pas de baisser à moyen terme, l’avenir d’un monde informatique totalement dévolu à l’usage des IA n’est pas aussi évident. Le marché a besoin de smartphones et d’informatique généraliste. L’en priver serait une véritable catastrophe.

source : notebookcheck

Mémoire HBM3 : La demande multipliée par 600 en 2028 selon Michael Dell © MiniMachines.net. 2026

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Trigkey : première marque tuée par la pénurie de RAM ?

Trigkey accompagne le marché des minimachines depuis fort longtemps. Si la marque n’a jamais eu de grands coups d’éclat en termes de développement ou d’innovation, elle propose depuis des années des engins solides et fiables.

En octobre 2025, j’écrivais que le Trigkey Key-N150 était peut-être la meilleure minimachine du genre sur le marché. Une solution sobre mais efficace proposée à un prix plus que correct. 189€ pour un MiniPC avec un Intel N150, 16 Go de mémoire et 512 Go de stockage. Rien de fou, mais un engin bien maîtrisé, parfait pour une solution bureautique et multimédia avec de bonnes capacités d’évolution.

Seulement dès novembre 2025, les stocks de la marque ont commencé à battre de l’aile. Au mois de décembre déjà, beaucoup de références avaient totalement disparu. Aujourd’hui, ce sont l’ensemble des entrepôts qui sont vides. Trigkey ne vend pas en direct, ses pages pointent vers les entrepôts de différentes antennes locales d’Amazon. Et toutes listent des catalogues désespérément vides. La page japonaise a disparu, la page allemande ne propose plus aucune référence et celle d’Amazon US l’est tout autant. En France ce n’est pas mieux, là encore, aucune machine n’est stockée.

Trigkey

Trigkey est une sous-marque, fabriquée par Shenzhen AZW Technology qui est derrière une autre gamme de produits bien plus connue, à savoir Beelink. Les deux ont d’ailleurs partagé les mêmes designs de MiniPC pendant des années. Beelink étant proposé un peu plus cher en général parce qu’équipé de composants de meilleure qualité. Quand Trigkey embarquait de la mémoire et du stockage noname, Beelink garantissait des produits Crucial. Mais les MiniPC étaient techniquement les mêmes et seul le logo inscrit sur leur coque les différenciait.

Ces deux dernières années cependant, on a pu voir que Beelink montait en gamme en communiquant sur son savoir faire. Avec des choix différents d’un point de vue technique. L’abandon des coques en plastique pour des modèles en aluminium. Des évolutions de marché avec des MiniPC NAS, de la communication autour de ses avancées techniques, la publication des BIOS de ses engins, des processeurs plus rapides. Des développements de nouvelles solutions de refroidissement et la poursuite d’un engagement avec Micron. Dans le même temps, Trigkey restait enfermé sur des modèles plus entrée de gamme. Quand Beelink s’épanouissait en allant même jusqu’à proposer de la vente en direct. Trigkey s’étiolait en resserrant ses références à quelques modèles seulement, sans plus aucune évolution ni de design ni de compétences.

Trigkey est soit morte, soit en sommeil

Est-ce que ce choix d’un abandon de la marque a été motivé par la nouvelle politique « Pro Beelink » du fabricant ? C’est possible. Mais d’après plusieurs échos, les évènements liés à la pénurie actuelle de composants et l’augmentation des prix de la mémoire et du stockage rendent le modèle « Trigkey » beaucoup moins pertinent. Avec des MiniPC d’entrée de gamme qui misent beaucoup sur un prix d’appel pour séduire, subir une augmentation de prix trop importante rend l’approche de la marque totalement contre-productive. Shenzhen AZW Technology aurait préféré ne plus alimenter cette branche que d’essayer de lutter avec les produits no name. Cela serait trop couteux en ressources et en liquidités de remplir les stocks de différentes places de marché à travers la planète.

Trigkey avait parfois une manière particulièrement fine de faire de la retouche d'images.

Trigkey avait parfois une manière particulièrement fine de faire de la retouche d’images.

Trigkey est donc soit morte, soit en sommeil. La marque est toujours là mais sans stock ni visibilité à court terme. Mon petit doigt me dit que d’autres pourraient suivre. Les entreprises qui ont vécu les années 2023/2025 avec des produits tout juste rebadgés et vendus en masse sans grand effort de développement ni d’innovation auraient de plus en plus de mal à tenir l’équation d’une rentabilité. Avec des composants mémoire, stockage et même des processeurs complexes à trouver, beaucoup plus chers à l’achat et des acheteurs moins enclins à craquer pour un MiniPC à 360€ qu’à 180€… Certains seraient déjà en train de chercher d’autres produits à distribuer.

Trigkey : première marque tuée par la pénurie de RAM ? © MiniMachines.net. 2026

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AMD et Intel font durer la DDR4 pour contrer la pénurie

Le prix de la mémoire explose, la DDR5 est au plus haut, la DDR4 lui a emboîté le pas. Gros point fort pour cette dernière. Elle est massivement déjà en place sur la grande majorité des PC. Pour faire face à la crise actuelle, les deux géants que sont AMD et Intel n’ont pas beaucoup de solutions. Une d’entre elles est de ne pas tout changer.

Une barrette de DDR4 DIMM

Et ne pas changer choque en informatique. Tout le monde a été biberonné par un discours de mise à jour technique et d’obsolescence permanente. Les constructeurs comme les fondeurs de puces ont tous fait de la rythmique cadencée et annuelle de leurs produits un tempo à suivre pour rester au meilleur niveau. Reste que derrière ces annonces de gain de productivité et d’efficacité permanentes, les usages réels n’ont pas forcément progressé partout. Dans le monde de l’entreprise par exemple, certains réflexes d’évolution sont plus comptables que techniques. On change parce que c’est le bon moment, parce que tout est amorti, parce que les concurrents ont changé ou par peur de ne plus être à la page. Mais derrière, on ouvrira la même suite bureautique et on enverra les mêmes mails sans tirer beaucoup plus de mémoire ou de puissance du processeur.

Intel et AMD le savent, ils ont donc bien compris qu’il était possible de faire durer leurs gammes avec un peu de cosmétique pour répondre à des besoins d’entreprise. Le programme pour 2026 semble donc se confirmer avec le retour de certaines générations de puces.

Chez Intel par exemple, on va retrouver des puces Core de 14ème génération. Des modèles « Raptor Lake Refresh » qui vont faire un tour de piste supplémentaire sur leur plateforme LGA1700. Le fondeur a confirmé la poursuite de leur production en parallèle des nouvelles puces Panther Lake. L’info vient de Robert Hallock, un des vice-présidents et le directeur général du marketing technique client chez Intel. 

La raison est assez simple, les puces sont tout à fait suffisantes pour piloter un ordinateur classique en 2026. Si certains usages vont aller chercher un rendement le plus efficace possible, énormément d’autres utilisateurs n’effleurent qu’à peine les capacités de calcul de ces processeurs. Qu’il s’agisse de particuliers ou de professionnels, une grande majorité des processeurs en 2026 ne sont pas exploités à leur plein potentiel. 

Les avantages de ces processeurs Raptor Lake Refresh pour Intel comme pour les clients. D’abord ils sont gravés en Intel 7 ce qui ne les fait  pas entrer en concurrence frontale avec les lignes de production 18A. Les deux gammes peuvent être produites en parallèle. Les puces Arrow Lake-S, de nouvelle génération, profitent de cœurs toujours produits par TSMC mais dans un agglomérat de tuiles assemblées ensuite par Intel. Rien qui ne va empêcher leur production. Au contraire, cela permet de rentabiliser à plein les lignes Intel 7 pendant cette période compliquée.

Cela permet également de profiter de deux éléments techniques importants. Raptor Lake Refresh est à la fois monté sur un socket LGA1700 mais il est également capable de prendre en charge la mémoire DDR4 comme la DDR5. Pour Intel, c’est une aubaine en ce moment. Qu’il s’agisse d’assembleurs ou de clients finaux, conserver cette plateforme signifie pouvoir faire évoluer des millions de PC d’une puce à l’autre sans avoir à tout changer. Cela permet également de faire durer des bases techniques plus longtemps : cartes mères, systèmes de refroidissement et même alimentations ajustées au maximum pour des machines de grandes marques internationales. 

Le maintien de la mémoire DDR4 va également permettre d’alléger la note en cas de transition. Un contact qui gère une société de recyclage de machines d’entreprises, dont le travail consiste à proposer des certificats de destruction de données pour les flottes de PC d’entreprise d’un côté et la revalorisation de ces machines auprès d’un nouveau public de l’autre, me confiait que le marché avait bien changé ces derniers mois. Moins de machines disponibles, des engins en moins bon état et surtout… plus de mémoire vive à bord. Toutes les barrettes de RAM étaient désormais conservées par les entreprises alors qu’elles étaient laissées en place auparavant.  Non seulement la source se tarit, mais les machines qui lui parviennent ne sont plus aussi facilement recyclables.

Et on comprend que pour une entreprise avec un service informatique qui peut recycler la mémoire vive de ses postes, la dépense technique peut être beaucoup plus basse avec un processeur Raptor Lake Refresh. On pourra éventuellement juste changer la puce, mais si l’achat d’un poste neuf est obligatoire, il pourra être choisi sans mémoire vive en recyclant simplement celle existante. Même en ne considérant que l’achat d’un PC neuf, la DDR4 reste beaucoup plus disponible et moins chère que la DDR5 actuellement.

Et M Hallock de préciser que les fabricants de cartes mères allaient proposer des plateformes originales, capables de prendre en charge à la fois de la DDR4 et de la DDR5. ASRock serait déjà sur les rangs et d’autres devraient suivre2. Dans tous les cas, l’usage d’un Raptor Lake Refresh avec de la DDR4 ne changera pas grand-chose pour un utilisateur lambda. Même pour un utilisateur expert, à vrai dire. La majorité des usages ne sera pas si différente d’une machine à l’autre à l’œil nu. Si les logiciels de benchmarks attesteront bien d’une différence insupportable à certains, il leur sera toujours possible de dépenser les sommes nécessaires pour réunir le meilleur de chaque composant.

Au vu du contexte actuel, je doute que tout le monde ait envie de changer un PC acheté au début 2025 avec 32 Go de DDR4 pour une bouchée de pain pour un modèle similaire avec 32 Go de DDR5 pour un énorme morceau de brioche.

Sans concession jusqu'à ce que la mémoire vive disparaisse.…

Chez AMD, même combat pour le maintien de la DDR4

On avait vu un premier recul dans la course au « toujours plus » il y a quelque temps. AMD avait en janvier commencé par dire que finalement, employer de la mémoire vive en DDR5-4800 par rapport à de la mémoire vive DDR5-6000 ce n’était pas si grave. Que les gains étaient en dessous de 2% sur la totalité des scénarios en jeu. Un changement de discours qui apparaissait alors que les prix des mémoires les plus performantes s’envolaient à toute vitesse.

AMD annonce désormais qu’il va faire jouer les prolongations à sa plateforme AM4. Une vétérante du monde PC, ce qui n’est pas un défaut. AM4 est sortie en 2016 et fête donc son dixième anniversaire. Elle a connu les microarchitectures du renouveau de la marque : Zen, Zen+, Zen2 et Zen3. Ce socket est ultra rentabilisé et profite d’un énorme parc installé même si tous les chipsets ne seront pas forcément compatibles avec les dernières puces déployées. 

Pour AMD la transition repose sur une stratégie de rafraîchissement de ses gammes avec des puces mises à jour en ajoutant de la mémoire à bord des processeurs. La fameuse technologie 3D V-Cache. Les puces sont boostées avec plus de cette mémoire cache ajoutée littéralement par-dessus la puce. Un empilement qui donne droit à cette fabuleuse trouvaille marketing « 3D V-cache ».

On retrouve, par exemple, le tout nouveau Ryzen 5 5500X3D, une puce développant six cœurs Zen 3, pour douze Threads avec des fréquences allant jusqu’à 4 GHz et surtout un cache L3 de 96 Mo. Le tout est gravé par GlobalFoundries en 12 nm. Pas le processeur le plus sexy sur le papier, mais qui fera un excellent boulot de transition pour cette période 2026 très compliquée. Un de ses atouts majeurs ? La prise en charge de mémoire DDR4 jusqu’à 128 Go en double canal. Un CV qui lui donne une place de choix pour venir remplacer un processeur vieillissant dans une tour sans avoir à tout changer à l’intérieur.

Vous l’aurez compris, quand le marché va mal, les marques changent de perspective. D’un positionnement poussant vers un futur de performances toujours plus élevées, elles s’intéressent désormais également à un présent beaucoup plus réaliste. Il vaut mieux vendre des puces sur une plateforme plus ancienne et moins glamour, compatibles avec des technologies déjà en place, plutôt que de ne rien vendre du tout.

Source : Wccftech

AMD et Intel font durer la DDR4 pour contrer la pénurie © MiniMachines.net. 2026

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DDRgate² : Une nouvelle augmentation de 30% de la DDR5

S’il y a quelques jours certains ont cru lire une baisse de tarifs sur la mémoire vive à cause d’une stagnation de l’augmentation de celle-ci chez les concurrents, c’était sans doute par trop d’optimisme. Samsung préparerait une augmentation de 30% de ses prix sur ses composants de mémoire vive pour ses prochains contrats.

Tu auras une augmentation toi ?

Tu auras une augmentation toi ?

Tout le problème est dans le paradoxe créé par la distance entre le producteur et le consommateur d’une seule partie de la production. Quand un marchand baisse son tarif de vente au détail de barrettes de mémoire après l’avoir augmenté pendant des semaines et des semaines, cela ne veut pas dire que la mémoire baisse. Cela veut dire que le public susceptible de lui acheter ses composants se heurte à un prix qu’il n’accepte plus. Le marchand baisse alors son tarif s’il a du stock ou le laisse tel quel s’il n’en a plus. Cela n’est pas une baisse de prix de production, c’est une baisse de prix de distribution.

À l’autre bout de la chaîne, le schéma est différent et Samsung nous le rappelle. La division mémoire de la marque serait en train de négocier une hausse de 30% de ses tarifs actuels. Le site Coréen ETNews rapporte que les différents acteurs qui chercheraient des contrats d’approvisionnement à long terme devraient s’engager sur ce nouveau tarif pour obtenir les précieux composants. Malgré les augmentations de production de Samsung sur ce segment, la demande continue d’être largement plus forte que l’offre.

David Bayley sur Twitter

David Bayley sur Twitter

Cela veut dire que les centres de données et d’IA qui veulent de la mémoire, mais également les fabricants de portables, de smartphones et autres fabricants de barrettes de mémoire vive, doivent provisionner leurs achats en acceptant de payer ce tarif plus élevé afin d’être certains d’obtenir une part de la production. S’ils ne s’engagent pas, ils récupéreront les invendus. C’est-à-dire les miettes de la production éventuellement disponible et à un prix inconnu. Comme il est impossible de fonctionner de manière industrielle avec la fourniture de composants de cette manière, impossible de compter sur la livraison d’un nombre de puces variables à un prix variable quand on doit piloter une usine d’assemblage, cela pousse tous les acteurs à signer des contrats avec le fabricant.

Et donc, de fait, cela provoque une augmentation de 30% pour tous les grands acteurs du marché. Si une partie du public ne semble plus d’accord pour payer cette augmentation et a donc décidé de faire le dos rond le temps que les choses se calment. Les industriels n’ont pas cette possibilité. Ils ne peuvent pas décider de ne pas fabriquer de produits sauf à fermer des usines, licencier du personnel, réduire leur chiffre d’affaires et perdre des parts de marché.

Une augmentation globale des prix pour toutes les mémoires

Les signatures de contrats à long terme pour la mémoire HBM pour serveurs et DDR pour tout type de PC n’ont pas baissé, au contraire. Si les clients finaux que sont les particuliers et les entreprises serrent les dents et refusent parfois d’investir. D’autres géants n’hésitent pas à se positionner sur ces marchés. Remplissant les cases libérées par le segment grand public. Cela risque de poser de nouveaux problèmes à moyen et long terme avec des envolées marquées de tarifs d’un côté pour les PC et smartphones, mais également de gros soucis de disponibilité réelle en magasin de ces composants. Aux dernières nouvelles, les livraisons de barrettes de mémoire correspondent à 40% des commandes. Autrement dit, certains marchands qui achètent 100 barrettes ne sont livrés que de 40 modules. 

Evidemment, les deux autres principaux fabricants de mémoire et concurrents de Samsung, sont dans la même situation. Micron comme SK Hynix prévoient eux aussi une hausse de tarifs pour ce second trimestre pour les contrats à long terme.

Source Notebookcheck

Une stabilisation de la mémoire vive plutôt qu’une baisse

DDRgate² : Une nouvelle augmentation de 30% de la DDR5 © MiniMachines.net. 2026

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Une stabilisation de la mémoire vive plutôt qu’une baisse

Si vous avez été attentifs aux prix sur les mois de février et mars, le marché est arrivé à une certaine stabilisation de la mémoire vive. Le prix des références les plus classiques semble ne plus trop bouger. Certains types de mémoire ont reculé, d’autres n’ont pas augmenté. Le site 3DCenter annonce une moyenne de prix inchangée ces derniers mois. Ce qui fait dire à certains que la mémoire est en baisse.

C’est peut être faire preuve d’un peu d’optimisme. Si une stabilisation de la mémoire vive est nette, déclarer des prix en baisse c’est aller un peu vite en besogne. D’abord 3DCenter analyse uniquement les tarifs des revendeurs en Allemagne, ce qui n’est pas du tout une analyse générale du secteur. Les revendeurs allemands sont, comme nous, un petit marché sur la planète mémoire vive.

Une stabilisation de la mémoire vive plutôt qu'une baisse

Et surtout, si on regarde le tableau des prix mis en avant, on se rend compte qu’il s’agit plus d’une correction de tarifs qu’autre chose. Ici la baisse la plus spectaculaire est un -15% sur le kit de 2×32 Go de DDR5/6000. Soit un des kits les plus haut de gamme du tableau et surtout un kit qui est passé de 158€ à 596€ entre juillet et mars… Le reste des baisses est situé entre -2 et -5%, des chiffres qui sont compen,sés par des +5, +7 et mêm +17% sur d’autres modules.

Cela peut se traduire facilement. Les revendeurs allemands ont augmenté leurs prix autant que possible jusqu’à un maximum et, quand un ralentissement trop net des achats s’est fait sentir, ils ont juste réduit la voilure et ajusté légèrement leurs prix. Il arrive toujours un moment où le public bloque, même lorsqu’il n’a pas vraiment le choix. Le problème lorsque le public boude une référence de ce type, c’est que vous avez des milliers et des milliers d’euros qui dorment sur une étagère. La réaction classique est donc de baisser les prix pour que le stock bouge et que vous retrouviez des liquidités.

En agrégeant les prix de différents revendeurs, on ne peut pas obtenir de tendance. Certains ont peut-être fait des promotions, d’autres mis en avant un kit de mémoire noname particulier qui est, ici, mis dans le même panier qu’un kit haut de gamme. L’évolution des tarifs est donc à prendre avec des pincettes.

+0.1% des prix ce n’est pas une baisse, c’est une stabilisation de la mémoire vive

On remarque également que la hausse continue encore sur les références les plus vendues du marché. Les barrettes de DDR5-5600 ont encore gagné 10% Les 16 Go ont soit perdu 2% pour la 5600, soit gagné 3% sur la 6400. Le kit le plus populaire à l’été 2025, soit le 2 x 16 Go de DDR5 est quasi stable. Au final, le tableau ne dit absolument pas que la mémoire baisse mais qu’une stabilisation de la mémoire vive semble être atteinte au global avec une toute petite hausse de 0.1%. Un équilibre qui se fait après une hausse moyenne de 440% par rapport aux prix de juillet 2025.

Il y a énormément de biais possibles dans les relevés de prix des revendeurs. Le marché des pièces détachées est un mauvais témoin des tendances de tarifs. Ce que je crois comprendre de ce tableau est assez simple. Si cela s’est passé comme en France, les revendeurs comme les grossistes et les marques ont tous tendu le fil pour essayer de monter les prix au maximum parce que les marques augmentaient sans cesse les leurs tout en baissant les disponibilités. Les grossistes en amont ont donc proposé des prix de plus en plus élevés et les revendeurs ont suivi. Affichant à leur tour ces tarifs à leurs clients. Semaine après semaine, la mémoire a ainsi augmenté pour tous ceux qui n’avaient pas de contrat spécifique, ce qui concerne probablement la grande majorité des distributeurs.

Les revendeurs n’ont pas vraiment d’autres choix que d’accepter ces hausses car, sans mémoire, ils ne peuvent plus monter de machines. Ce qui est souvent une grosse partie de leur activité. Et pour éviter de se faire dépouiller de leur mémoire vive en pièces détachées sur leur catalogue, certains ont augmenté encore plus haut la mémoire vive sur leur catalogue de manière à ce qu’elle ne soit pas accessible sans débourser une fortune. Ce qui permet de vendre des configurations apparemment moins chères ensuite au global.

Mais il arrive toujours un moment où même cette stratégie ne tient plus la route. Le tarif demandé atteint un point que personne ne veut plus franchir et les ventes s’écroulent totalement. Il faut alors rectifier le tir. C’est pour cela que l’on voit des prix en légère baisse. Soit parce qu’un autre revendeur a mis la main sur un stock moins onéreux, ce qui stoppe la hausse, soit parce que les références en stock ne partent plus du tout.

Il est possible, enfin, qu’en l’absence de tout stock, certains revendeurs jouent à la guerre des faux prix. Loin d’une stabilisation de la mémoire vive, c’est une pratique classique qui permet de mettre des bâtons dans les roues de la concurrence. Quand vous n’avez plus de visibilité à court ou moyen terme sur un produit, vous le passez en « indisponible » et vous le baissez de manière importante tout en demandant aux clients de laisser un e-mail pour être prévenus en cas de retour de stock. Cela permet de « bloquer » les ventes des concurrents et d’être présent sur les listings des sites de comparaison de tarifs. Problème, cela fausse aussi toute la mécanique d’analyse de ce genre de relevé.

Le site PCPartPicker fait le même travail de remontée des prix sur les revendeurs US. On remarque également une stabilisation de la mémoire vive ces dernières semaines sur quelques références et une hausse continue sur d’autres. Ainsi le kit hyper standard et toujours demandé de 2 x 8 Go de DDR4-3200 gagne encore quelques points entre janvier et mars. Les autres références de DDR4 sont majoritairement sur une hausse début janvier puis une stagnation voire un très léger décrochage.

Sur la DDR5, le kit classique de 2 x 16Go est également très stable après une dernière grosse phase de hausse à la mi-janvier. Les autres références suivent la même tendance, à la différence notable du kit de 2×32 Go de DDR5-5600 qui semble décroître après une même augmentation jusqu’à début février.

Il s’agit là encore d’un décrochage lié, à mon sens, plus à une autocorrection que les revendeurs se sont appliquée eux-mêmes après une dernière phase de gourmandise tarifaire. À partir d’un certain prix et peut-être face également à une certaine conjecture économico-politique, les prix ont été jugés trop élevés.

Ces kits en baisse sont toujours des solutions haut de gamme en 2 x 32 Go de DDR5. En Allemagne sur la DDR5-6000, aux US sur la DDR5-5600. Qui achète 64 Go de mémoire vive aujourd’hui ? Des kits à 700€ en Europe et 900$ aux US ? Ce sont les pros. C’est sur ces références, en général très liées à un usage intensif des machines, que les prix décrochent. S’agit-il vraiment d’un retournement de marché ou plutôt que la situation globale actuelle donne moins envie aux pros de renouveler leur parc ou de s’équiper ?

La raréfaction des pièces disponibles a également tendance à figer les prix. Quand un revendeur n’a pas de visibilité précise sur ses disponibilités, il va augmenter son prix de vente pour se « couvrir ». Et les relevés peuvent donc partir à la hausse. Quand il reçoit enfin les pièces commandées, il réajuste son tarif vers un prix plus logique, ce qui fait baisser le relevé qui avait été gonflé artificiellement. Avec des disponibilités de plus en plus compliquées, les relevés jouent ainsi au yoyo ces dernières semaines.

La stabilisation de la mémoire vive se voit nettement en amont

Si on regarde en amont des revendeurs, en examinant le prix des modules de mémoire vive sur le marché avant qu’ils ne soient intégrés dans des barrettes de mémoire vive, la tendance est également à une certaine stabilité ces dernières semaines. Je n’ai pas le droit de vous partager les graphes de DRAMeXchange mais sur les modules mémoire chez Samsung et SK Hynix c’est très net.

Je pense que nous avons atteint le point haut de ce que les datacenters IA ont accepté de payer. Et cela se voit nettement sur les références en baisse. Les barrettes de mémoire les plus denses en quantité, celles les plus prisées par les serveurs, vont à la baisse car les prix ont dû dépasser un certain seuil qui correspondait à ce qu’acceptaient de payer les géants de l’IA. Les barrettes plus classiques, destinées au marché grand public, continuent de monter parce que les chaines tournent en continu pour fabriquer les modèles les plus demandés en densité.

Parler d’une baisse me parait donc inapproprié, on est dans une phase de correction et je doute qu’elle se poursuive sans de meilleures mauvaises nouvelles contre les géants de l’intelligence artificielle. Les évènements actuels en Iran pouvant à tout moment impacter à nouveau à la hausse l’ensemble des composants.

Google TurboQuant ou l’espoir d’être sauvé par ceux qui ont tout déréglé

Vous avez sans doute vu passer des articles concernant Google Research qui a annoncé un algorithme miracle baptisé TurboQuant. Ce nouveau venu est lancé avec un objectif en tête, mieux compresser la mémoire vive nécessaire aux IA pour garder leur cohérence. Cet algorithme n’a qu’un seul travail, augmenter les capacités de compression des données en mémoire pour les modèles d’IA. Avec l’idée d’avoir besoin de moins de RAM pour faire tourner des modèles gourmands tout en gardant la même précision d’exécution. 

La raison pour laquelle les centres de données des acteurs majeurs de l’IA mondiale sont si voraces en mémoire vive est simple. Elle tient en deux éléments. Pour que leurs modèles soient le plus efficaces, il faut que leurs processeurs puissent accéder le plus rapidement possible à leurs modèles de données. Passer par un stockage classique, même en SSD, est souvent trop lent. L’idéal est d’agglomérer suffisamment de gigaoctets de mémoire vive pour piloter la totalité du modèle déployé. C’est pour cela que les différents LLM sont en général proposés avec des « poids » différents. Avec DeepSeek par exemple, on peut télécharger un modèle avec 7 milliards de paramètres et un autre de 67 milliards de paramètres. La mémoire nécessaire pour les deux modèles n’est pas du tout la même.

Mais l’autre élément important est la mémoire de « session ». Un espace de mémoire temporaire qui sert à agglomérer les questions et réponses d’un sujet posé. Histoire de ne pas trop tout mélanger au fur et aà mesure de l’avancée d’une session. Si vous engagez une IA pour la questionner sur un sujet, vous comptez sur le fait qu’elle restera focalisée sur celui-ci quand la conversation avance.

La promesse de TurboQuant est donc de réduire l’impact de cette seconde mémoire de session tout en augmentant la performance d’accès. C’est énorme mais cela ne touche en rien au besoin fondamental de la mémoire centrale qui va charger le LLM de base. L’annonce a évidemment fait grand bruit parce qu’en théorie, un serveur aurait besoin de moins de RAM pour un meilleur résultat avec le « simple ajout » de TurboQuant dans l’équation. Cela pourrait changer la donne et ralentir les besoins des centres d’IA  sur le marché. Avec, comme espoir, une baisse tendancielle des tarifs pour tout le monde, y compris les entreprises classiques et les particuliers.

En pratique, je doute. TurboQuant va probablement changer certaines choses et modifier le comportement des centres IA qui seront compatibles avec cette technologie. Mais un retour de bâton est également possible. Si cela amène une stabilisation de la mémoire vive, cela n’entrainera pas de baisse et surtout, cela pourrait impacter fortement les marchés des processeurs, des circuits graphiques, du stockage et même de la mémoire à nouveau.

Ce type de « techno solutionnisme » a toujours un revers d’optimisation. Que va faire un centre de données avec une mémoire de session mieux compressée ? Réduire ses investissements ou augmenter ses capacités de calcul ? Vous savez probablement que la course en avant menée par les différentes IA actuellement en compétition est assez classique. Le but est d’être le premier pour rafler la mise et obtenir une situation de quasi-monopole. Seul moyen de dégager une rentabilité à terme. Ralentir ne fait donc pas partie du vocabulaire de ces entreprises et tout ce que ce nouvel algorithme de compression va faire est de leur donner envie d’investir encore plus. Si la mémoire de session est divisée par six, alors autant coller plus de processeurs pour augmenter la capacité de calcul et remplir l’espace libéré par TurboQuant. Histoire de tirer un avantage concurrentiel immédiat face aux autres IA.

Ces entreprises ont sécurisé des téraoctets de mémoire vive au prix fort et ont désormais la possibilité d’y accoler plus de stockage et de processeurs, mon humble avis est que c’est ce qu’elles vont faire. Non pas chercher à réduire la voilure en consommant moins de mémoire vive de session mais bien augmenter celle-ci en déployant plus de serveurs. Et qui dit plus de sessions et de serveurs dit également plus de besoins en mémoire globale…

Les autres sujets de Minimachines autour de la crise de la mémoire vive.

En illustration, un kit de mémoire vive de 2 x 64 Go de DDR5-8000 G.Skill Trident Z5 Royal NEO  avec une finition dorée et de faux cristaux illuminés de LEDS RGB…

Une stabilisation de la mémoire vive plutôt qu’une baisse © MiniMachines.net. 2026

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Prix en hausse et disponibilité en baisse, le marché du processeur se complique

L’appétit des datacenters liés au monde de l’IA est tellement vorace qu’il orchestre la production des processeurs. Intel a déjà prévenu, les prix partent à la hausse avec une augmentation annoncée de 10% de ses tarifs. Chez AMD même son de cloche, une augmentation des prix de ses puces serait en préparation.

Certains processeurs ne rentrent pas dans les MiniPC ou les portables

Certains processeurs ne rentrent pas dans les MiniPC ou les portables.

La tension est très nette pour fournir suffisamment en processeurs les différents clients du marché mondial. Proposer assez de puces pour alimenter les serveurs liés à l’IA qui se construisent un peu partout sur la planète remplit un carnet de commandes déjà bien chargé. Cette exigence de livraison s’accompagne d’un atout majeur pour les serveurs : un carnet de chèques illimité. Pour être livré plus vite et sans interruption, les géants de l’IA sont prêts à payer le prix fort sans poser de questions. Encore une fois, comme pour la mémoire vive, personne ne pose la question de la rentabilité de ces investissements et les milliards coulent à flot.

En face, les constructeurs de PC qui doivent vendre leurs machines à des clients qui vont arbitrer leur achat, se retrouvent coincés. Ils ne peuvent pas payer une puce trop cher au risque de se retrouver avec un ordinateur invendable.  Avec d’un côté un marché IA qui demande de plus en plus de wafers et de l’autre un marché de PC traditionnel qui fait la « fine bouche » en n’acceptant pas toutes les hausses de prix, le jeu de dominos s’enclenche dans le sens des premiers.

10% de hausse pour les processeurs… pour le moment.

Cela parait peu de prime abord, mais 10% de hausse en sortie d’usine, c’est un impact important une fois en magasin. Un portable qui voit sa puce passer de 100 à 110$ à l’achat n’aura pas que 10$ de surplus une fois en rayon. D’abord ces 10% s’ajoutent aux autres augmentations de tarifs qui sont déjà là. La mémoire vive qui a explosé. Le stockage. Mais également le transport et la fabrication qui sont indexés au coût de l’énergie. L’ensemble de ce prix en pleine ascension est ensuite lui-même augmenté de la marge des différents acteurs qui ne fait pas dans la dentelle et qui additionne son propre pourcentage aux précédents. Avant que, bien entendu, les diverses taxes comme la TVA  en rajoutent une couche. Le prix final des PC pour le reste de l’année 2026 risque donc d’être fort désagréable.

Des choix de production qui allongent les délais

Vous l’avez sûrement remarqué, les tensions actuelles ne concernent pas que le tarif des processeurs. Certaines gammes sont clairement plus difficiles à obtenir et c’est notamment le cas de l’entrée de gamme. Chez AMD comme chez Intel, certaines références de puces n’ont plus de visibilité me confient plusieurs sources. Impossible de mettre la main sur certains modèles. D’autres sont disponibles si on les commande en quantité et à condition de patienter plusieurs mois avant de les obtenir. De quelques semaines de délais, on est désormais passé à plus de dix. 

Un délai à rallonge qui complique encore les choses car de nombreux fabricants, gros ou petits, ne savent pas quel sera le prix de la mémoire et du stockage à l’horizon de deux mois et demi. Un vrai casse-tête pour construire ses gammes.

Quelques exemples ? Je vois ressurgir des puces étranges sur le marché des MiniPC et des portables. Si les géants du secteur ont toujours du stock, les plus petits acteurs sont obligés de fabriquer au fil de l’eau. On voit ainsi des puces AMD industrielles débarquer sur le segment du MiniPC noname. Les Ryzen V2000 par exemple. Des sauts de puces sont également faits à reculons avec des Ryzen Zen3 et même Zen2 qui reviennent sur le devant de la scène dans de « nouveaux » modèles de MiniPC.

Chez Intel même topo, les processeurs Alder Lake-N ont quasiment disparu de la circulation mais il est également difficile de trouver des Twin Lake. Les fonds de tiroir font encore un peu illusion mais plus aucune machine n’est fabriquée en quantité avec ces puces. À tel point qu’on voit ressurgir dans des MiniPC en 2026 des dinosaures. Des processeurs vieux d’il y a six ans comme les Pentium Gold de génération Tiger Lake que l’on pensait à jamais disparus.

Double effet de cliquet sur les processeurs

Cela amène à une situation délétère pour le marché. D’un côté les serveurs achètent du haut de gamme à tous les prix. Ils augmentent donc les marges d’AMD et Intel sans discontinuer et se pressent pour obtenir leurs processeurs. La moindre disponibilité sur les chaînes de fabrication leur est donc désormais réservée. De l’autre, les fabricants de PC récoltent des miettes de disponibilité et négocient leurs prix. Ce qui n’amène pas les fondeurs à leur faire de cadeaux. Avec des PC dont les prix s’envolent malgré des composants en nette baisse, le public boude et les ventes baissent. Les mois passant, les marques de PC revoient leurs estimations à la baisse et les commandes de puces sont également ajustées… Ce qui libère plus de disponibilité pour les serveurs. La boucle est bouclée.

Difficile de voir une issue positive à ce scénario pour 2026 ainsi que les années à venir. La mémoire, le stockage, les processeurs et l’énergie… Tout part à la hausse sans discontinuer. Les prix vont exploser en magasin sans laisser réellement le temps au public de s’y acclimater. « Ça va trop vite » m’expliquait un responsable de marque. « Le public n’a pas eu le temps d’absorber la hausse des prix qu’on parle déjà de la suivante. »

La fin des années 2020 risque d’être une période noire pour tout le secteur informatique grand public. À part peut-être pour Apple qui risque de rafler la mise avec un MacBook Neo qui pourrait se transformer en bouée de sauvetage pour de nombreuses personnes.

Asus annonce une augmentation de tarifs de 30% à Taiwan

Prix en hausse et disponibilité en baisse, le marché du processeur se complique © MiniMachines.net. 2026

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Asus annonce une augmentation de tarifs de 30% à Taiwan

Lors d’une conférence de présentation de ses nouveaux portables Zenbook A16 équipés de SoC Qualcomm, Asus a annoncé la couleur. Au cours du prochain trimestre, la marque annonce une augmentation de ses tarifs de 25 à 30% sur son île, à Taiwan.

Le Zenbook A16 va t-il subir une augmentation ?

Le Zenbook A16

Suivant les gammes de produits, ces augmentations seront différentes. Certaines pourraient même dépasser les 30%. Aucun élément ne serait épargné par la hausse même si celle-ci est liée à l’augmentation des tarifs de la mémoire vive et du stockage. Ainsi que par la pénurie actuelle des processeurs.

Par ricochet, les tarifs des antennes locales d’Asus devraient également augmenter. Et peut-être encore plus fortement puisqu’à la crise des composants s’ajoute désormais une crise énergétique poussée par la guerre en Iran. De nombreux facteurs vont alourdir les coûts de production et de transport des matériels, ce qui va s’ajouter aux problématiques que nous connaissons depuis septembre dernier. Asus confirme également que ces augmentations ne vont pas que toucher ses produits, mais l’ensemble du marché dès le second trimestre. Les concurrents de la marque, taïwanais ou non, vont devoir se résoudre à augmenter tous leurs tarifs rapidement.  

Traduction automatique

Traduction automatique

M Liao Yi-hsiang, General Manager d’ASUS United Technology Systems Business, indique comme exemple le prix d’un module de mémoire vive standard de 32 Go. Il coutait déjà 3 000 Yuans l’année dernière (375€) d’après lui et pourrait se négocier jusqu’à 20 000 Yuans (2500€) au second trimestre de cette année. Ce sont les chiffres donnés par la source initiale de cette info, mais j’ai des doutes sur le relevé de ces tarifs. En 2025, les modules de mémoire de 32 Go ont dépassé les 375€, même si aujourd’hui encore on trouve des barrettes de 32 DDR5 vendues moins chères à la pièce pour de simples particuliers. Asus achetant en quantité et directement chez les fabricants, ses prix doivent être largement plus avantageux, mais la quantité qui lui est nécessaire rend les négociations tendues. On imagine mal cependant dans quel monde le prix de cette mémoire pourrait s’envoler jusqu’à 2500€. 

Prenons l’exemple du Zenbook A16 UX3607OA sous Snapdragon X2 Elite Extreme X2E94100. Un engin qui embarque 48 Go de mémoire vive LPDDR5X directement sur son SoC Qualcomm et… dont le prix public est toujours de 1999.99€. Cette mémoire couterait à elle seule plus de 3000€ !? Cela n’a pas de sens. Soit la source de cette affirmation d’augmentation des tarifs a mal relevé les chiffres donnés par le représentant d’Asus, soit celui-ci s’est trompé… Mais il y a tout de même un problème dans cette annonce. Ou alors le représentant d’Asus est vraiment très confiant dans ses produits. Imaginer des ventes en hausse dans ces conditions parait un peu illusoire.

Une augmentation impossible à absorber pour les fabricants

Quoi qu’il en soit, cette augmentation est tellement forte qu’elle ne pourrait pas être absorbée par les marges des constructeurs et se reflétera entièrement dans le prix de vente.  Il en résultera une hausse globale de 30% des tarifs en 2026 par rapport à 2025… sur l’île. Les exportations vers des pays européens seront évidemment encore plus impactées. Malgré cela, le responsable d’Asus annonce une hausse de 10% de ses ventes cette année. Un optimisme qui fait plaisir à voir dans cette litanie de mauvaises nouvelles… Mais qui colle mal à une telle réalité. Comment imaginer une croissance de ses ventes avec une telle explosion de tarifs ?

Selon l’analyste IDC, aucun scénario n’est positif pour 2026. Le cabinet a publié une étude évaluant l’impact sur les expéditions de PC qui annoncent toutes des chiffres en baisse. -2.4 % pour le scénario optimiste. – 4.9% et jusqu’à -8.9% pour les plus pessimistes…  L’annonce d’Asus d’une augmentation de +10% par rapport à 2025 ressemble plus à la fameuse méthode Coué destinée ici à se rassurer soi-même et à caresser les investisseurs dans le sens du dividende, qu’autre chose.

Cela ne remet pas en cause l’augmentation des prix annoncés par Asus, mais il va sans dire que le marché ne survivrait pas à une hausse si colossale des prix de la mémoire et que les espoirs de la firme taïwanaise ne seraient pas si positifs.

Source : TechPowerUp

+110% pour la RAM, +60% pour les SSD, bienvenue en 2026

Asus annonce une augmentation de tarifs de 30% à Taiwan © MiniMachines.net. 2026

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NEXT 2 : Ayaneo suspend les ventes de sa console

J’écris une des premières, car la NEXT 2 n’est pas la première. Valve a également stoppé les ventes de son Steam Deck et d’autres consoles de ce type, pour le moment vendues quasiment à perte, pourraient mettre un frein à tout ce nouveau segment du marché PC.

Ayaneo Next 2

Ce qui est plus étrange pour la NEXT 2 c’est qu’il ne s’agissait pas non plus d’une solution « entrée de gamme ». Ayaneo avait de la marge dans laquelle tailler. Le prix d’origine le plus bas était de 2299$ HT. Ce qui en faisait un engin de niche par essence. 

La marque explique que depuis le nouvel an chinois, malgré un prix élevé, la fabrication de l’engin est devenue impossible. Cette console embarque en effet dans un espace contraint un minimum de 32 Go de mémoire vive qui suppose des composants de LPDDR5X très denses. Composants qui sont notoirement plus chers en ce moment que les puces classiques. Il est plus cher d’obtenir 32 Go avec 4 composants de 8 Go soudés qu’avec 16 composants de 2 Go.

La NEXT 2 un peu trop optimiste ?

Mais surtout, les modèles de NEXT 2 sont développés dans des configurations bien plus musclées, son Ryzen AI Max 385 est développé dans une version « de base ». Des modèles en Ryzen AI Max+ 395 avec pas moins de 128 Go de mémoire vive et 2 To de stockage sont également proposés… Le ticket pour ce modèle « premium+++ » : pas moins de 4300$. Des prix élevés, très élevés, mais qui n’arrivent pas à compenser la hausse et surtout la disponibilité des modules. Les machines sont au mieux impossibles à fabriquer par manque de composants, au pire, déficitaires.

Une Ayaneo NEXT 2 toujours très aérienne en image...

Une Ayaneo NEXT 2 toujours très aérienne en image…

Ajoutez à cela un produit « ultra nomade » assez étrange puisqu’il pèse presque 1.43 Kg et vous comprendrez qu’Ayaneo s’est peut-être laissé aller à un peu trop d’enthousiasme. Ce retour à la réalité fait mal mais c’était peut être également un mal nécessaire.

Néanmoins, la NEXT 2 est l’arbre qui cache la forêt. Plusieurs autres fabricants de Consoles PC m’indiquent que, pour le moment, ils font face pour des raisons d’engagement… Mais qu’ils ne gagnent plus d’argent avec leurs ventes depuis un moment. Ce qui pose toujours assez rapidement un petit problème.

Le communiqué de la marque :

NEXT 2 sales suspended.

Dear Backers,

First of all, thank you for your continued attention and support for NEXT 2. Since the project went live on February 10, more than a month has passed. We sincerely appreciate the trust and support you have shown us during this time.

NEXT 2 represents AYANEO’s exploration of the next-generation flagship Windows gaming handheld. It is not only a major leap in performance, but also a comprehensive evolution in design language, ergonomics, control systems, and overall user experience. Centered around the core spirit of “NEXT,” NEXT 2 continues and deepens AYANEO’s vision for the future of handheld gaming devices. While inheriting our brand’s design philosophy, it also pushes forward with new breakthroughs, aiming to deliver a more complete and advanced handheld gaming experience.

In fact, when we launched NEXT 2, storage prices were already at a very high level. At that time, we were already under significant cost pressure. However, considering that many AYANEO fans had been looking forward to this product for a long time, we still decided to release it as planned and open pre-orders so as not to disappoint our supporters.

However, after the Chinese New Year, when we communicated with our suppliers again to confirm the latest storage procurement prices, we found that storage prices had increased to several times higher than before the holiday. Under such circumstances, the overall cost of the product has become far higher than our current selling price. Therefore, after careful consideration, we have decided to suspend the pre-orders of NEXT 2.

In fact, even before the launch of NEXT 2, storage prices had already been rising for several months. At that time, we believed the price might be approaching its peak. Even if it meant making little to no profit—or even a slight loss—we still decided to move forward with the launch. However, what we did not expect was that storage prices would not only continue to rise but would increase even more rapidly. At present, the total cost of the product has far exceeded our selling price, even approaching twice the price we originally set. Under such circumstances, continuing to sell this product is no longer sustainable.

At the same time, we do not want to constantly adjust the selling price due to fluctuations in component costs. We believe that continuing to sell NEXT 2 under the current circumstances could potentially harm the interests of consumers and ultimately affect the long-term development of the brand. Therefore, we have removed the product from all sales channels, and consumers are no longer able to purchase NEXT 2 on Indiegogo.

For Backers who have already pre-ordered NEXT 2, please rest assured that we will continue to move forward with production as planned.
We would also like to clarify that this does not mean the end of the NEXT 2 product lifecycle. We are only temporarily suspending pre-orders. If storage prices return to more reasonable levels in the future, we may consider resuming the sale of NEXT 2. At this time, we cannot predict when storage prices will decline, but we will continue to closely monitor market changes.

Finally, we would like to make a commitment to all Backers:
Regardless of whether NEXT 2 will be available for sale again in the future, the after-sales service for this product will not be affected. We will prepare sufficient spare parts for after-sales support and will provide long-term, reliable service and maintenance for NEXT 2, just as we have done for many previous AYANEO products.
Thank you again for your understanding, trust, and continued support of AYANEO.

AYANEO TEAM

NEXT 2 : Ayaneo suspend les ventes de sa console © MiniMachines.net. 2026

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MSI : vers une hausse de tarifs des PC et cartes graphiques

Tout le matériel MSI va suivre la hausse actuelle des prix : ordinateurs portables, PC de bureau, cartes graphiques. Tout ce qui embarque un peu de mémoire, du stockage ou même un processeur, va être revu à la hausse. Et pas qu’un peu. Pour MSI qui prévient ses investisseurs, la note grimpera de 13 à 30% d’ici cet été. Avec pour résultat, un recul du marché PC qui reculerait de 10 à 20% en 2026.

MSI met en cause la hausse de la mémoire vive et la baisse de ses stocks de réserve. Comme beaucoup d’autres marques, je suppose que MSI a fait des achats massifs dès les premiers signes d’une augmentation des prix en septembre. Mais aujourd’hui le constructeur ne compte plus que sur un à deux mois de stock. Un constat fait par d’autres marques plus rapidement, notamment les leaders de cette industrie qui écoulent beaucoup plus de matériel et qui ont vu leur stock fondre plus vite.

Pour MSI, ce stock n’est plus que d’un à deux mois seulement. Ensuite, les prix vont s’envoler. Les fournisseurs en mémoire du constructeur ne s’engagent plus sur un prix stable ni même sur de la disponibilité. Ce qui mène à un effet boule de neige. Non seulement la mémoire vive est plus chère, mais les livraisons ne suivent plus. Ce qui entraîne une surenchère de la part des constructeurs pour obtenir de la mémoire vive et donc à proposer plus que le prix demandé pour avoir leur quota. Ce qui amenuise encore la disponibilité et… la boucle est bouclée.

Les cartes graphiques entrée de gamme ne vont pas connaitre une hausse de tarifs, elles vont disparaitre.

Les cartes graphiques entrée de gamme ne vont pas connaitre une hausse de tarifs, elles vont disparaitre.

MSI prévoit ce qui s’apparente plus à du « Damage Control » qu’à des contre-mesures. Faute d’avoir la moindre contre-mesure à pouvoir proposer. La production de cartes graphiques va s’orienter par exemple sur les modèles les plus haut de gamme. Il est plus simple de vendre une GeForce RTX 5070, 5080 ou 5090 à 30% plus cher que son prix précédent en 2025 qu’une RTX 5050. Ces modèles plus haut de gamme dégagent également de meilleures marges. 

Hausse de tarifs : un problème généralisé en 2026-2027

C’est donc un autre constructeur, MSI, qui s’ajoute à la déjà longue liste de marques faisant face au même problème. Ce n’est d’ailleurs pas réellement une surprise puisque MSI comme HP, Dell, Acer, Samsung, Lenovo et Asus fonctionnent exactement sur le même principe. Ils assemblent des produits fabriqués par d’autres et sont donc touchés de la même manière. Tant que l’offre en termes de mémoire vive ne sera pas améliorée, que la majorité de la production mémoire s’orientera vers les serveurs IA, la situation ne bougera pas. Conséquence logique de cette problématique, les constructeurs vont à leur tour changer de cible. MSI indique donc qu’il va s’intéresser lui aussi aux serveurs pour fournir des solutions aux centres de données…

Comme anticipé depuis début décembre 2025, les conséquences sur le marché informatique de ces pénuries et hausses vont avoir des impacts sur le temps long. Et ces impacts vont à leur tour entrainer des hausses. Un emballement qui n’a aucune visibilité de ralentissement en 2027 et très peu en 2028.

+110% pour la RAM, +60% pour les SSD, bienvenue en 2026

 

Source : Digital Trends

MSI : vers une hausse de tarifs des PC et cartes graphiques © MiniMachines.net. 2026

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PC low-cost : Gartner prédit la fin de l’entrée de gamme en 2028

Je ne suis pas spécialement d’accord avec cette analyse. Je comprends l’argument de Gartner et la logique qui aboutit à cette conclusion concernant la disparition du secteur des PC low-cost. Mais je pense que le marché est assez mal diagnostiqué. En partie parce que Gartner ne scrute pas l’ensemble du marché.

Des PC low-cost qui disparaitraient ?

Des PC low-cost qui disparaitraient ?

Pour Gartner, le secteur PC va traverser une forte crise entre 2026 et 2028. Loin d’une idée de turbulences techniques comme nous en avons connues par le passé, la tension sur les composants risque de durer. Nous avons eu des crises sur la mémoire vive et le stockage. Suite à des catastrophes naturelles, des incendies et autres problèmes techniques. Nous avons connu la pandémie de COVID et les problèmes d’approvisionnement comme de circulation des ressources. Mais pour tous ces évènements, il était possible de prévoir une fin. Une sortie de crise.

La problématique d’aujourd’hui est différente. La hausse spectaculaire des prix de la mémoire et du stockage combinée avec la faiblesse des stocks disponibles devrait durer longtemps. Assez pour faire souffrir tout l’écosystème jusqu’en 2028. Dans cette logique, il semble assez évident que le marché va devoir faire des choix. Et pour Gartner, la réponse est mécanique. Elle tend à augmenter les prix vers plus haut de gamme. Voilà la logique du cabinet d’analyse :

“This sharp increase removes vendors’ ability to absorb costs, making low-margin entry-level laptops nonviable. Ultimately, we expect the sub-$500 entry-level PC segment will disappear by 2028,”

Ce qui peut se traduire par « Cette augmentation importante empêchera les vendeurs d’absorber les coûts [Des composants, ndlr], faisant des ordinateurs entrée de gamme, à faible marge, un marché non viable. A terme, nous estimons que le marché des PC à moins de 500$ aura disparu d’ici 2028. »

Cela s’analyse assez simplement. Comme les constructeurs ne pourront pas encaisser le surcoût lié aux hausses de tarifs de mémoire et de stockage, le prix des PC entrée de gamme va grimper au-dessus de 500$. Ce qui était vendu auparavant 300 ou 400$ ne pourrait plus être proposé qu’à 500$ et plus. Un phénomène que nous constatons en réalité déjà sur plusieurs secteurs avec une belle envolée des prix. Ce mouvement va s’accentuer rapidement désormais puisque les stocks « tampon » constitués par les fabricants avant l’augmentation des prix ont désormais bien fondu.

 

500$ HT = 500€ TTC

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500$ = 500€ avec 20% de TVA

Cette analyse pourrait être complétée d’ailleurs. On peut estimer que les constructeurs vont naturellement privilégier les machines les plus haut de gamme dans un réflexe de rentabilité. L’indisponibilité de plus en plus chronique de la mémoire vive et du stockage entravent la production de PC entrée de gamme. Ils ne sont plus prioritaires. Pourquoi tenter de fabriquer 1000 machines avec 8 Go de mémoire vive vendues à 500$ si on peut fabriquer 500 machines vendues 1500$ avec 16 Go ? Si la marge réalisée est du même ordre, imaginons 10% pour chaque gamme, il y a plus à gagner à vendre 500 machines plus chères. Ces engins auraient en plus l’avantage de pouvoir beaucoup mieux encaisser d’éventuelles fluctuations passagères de prix.

Reste que le marché informatique est sur un plateau de renouvellement depuis des années. La majorité des particuliers achètent un équipement pour remplacer un modèle jugé trop ancien. Les « premiers achats » informatique existent toujours mais ils sont plus rares, ce sont ceux des étudiants ou des jeunes qui s’installent. Avec la situation actuelle, Gartner prévoit que les clients garderont plus longtemps leurs machines. Et, forcément, que les ventes vont plonger pour les trois années à venir. Il semble évident qu’un client qui a alloué un budget de 400$ pour un PC en 2020 par exemple, ne va pas forcément choisir de remplacer sa machine pour une solution à 1500$ en 2026. Il fera durer au maximum son investissement et trouvera des solutions en cas de panne. Avec une réparation ou un achat d’occasion, par exemple. Le public ne va pas magiquement trouver les ressources nécessaires à l’augmentation de son pouvoir d’achat informatique. Autrement dit, si le marché des ordinateurs à moins de 500$ disparait, il ne sera pas vraiment remplacé par celui situé au-dessus des 500$. Il sera tout simplement perdu.

Les entreprises vont forcément devoir suivre le mouvement à la hausse, faute d’alternatives. Elles feront également durer au maximum leur parc et seront moins sujettes à des changements rapides pour des gains de productivité. Le marché grand public risque de prendre son mal en patience. En procédant à d’éventuelles petites mises à jour ou en mettant simplement son argent de côté en attendant des jours meilleurs. Tout cela se tient. C’est logique et assez clair. Mais cela ne me parait pas tout à fait complet.

MSI Wind U100

MSI Wind U100

La nature commerciale a horreur du vide marketing

Car c’est là qu’entre en jeu un facteur que je pense assez important dans toute cette affaire. L’opportunisme de certaines marques combiné au besoin de certains distributeurs. 

Pendant l’aventure Netbook, avec l’arrivée de la seconde génération de machines en 10 pouces, certains acteurs du monde informatique se sont taillé une brèche opportune sur le marché. MSI par exemple, très connu aujourd’hui, n’avait pas réussi à se faire distribuer en grande surface en France. L’arrivée du MSI Wind a permis de mettre un « pied dans la porte » pour la marque. Cela a été difficile, très difficile. La négociation a été rude, la marque y a laissé une bonne partie de sa marge mais… MSI était en rayon, face au public, sur un marché compliqué. Pour la grande distribution, c’était un pari gagnant parce que les engins avaient le vent en poupe. Ils répondaient à la fois à un besoin mais aussi à une mode. Ils ont servi de produit d’appel avec, parfois là encore, des sacrifices sur le prix de vente.

Comme vous l’aurez compris, pas grand monde n’a gagné d’argent avec les MSI Wind. Les engins étaient proposés peu cher par la marque à une grande distribution qui les vendait également peu cher. Comble de l’opération : MSI en fabriquait aussi pour un de ses concurrents qui était Medion et qui les vendait lui-même à prix cassé. Depuis, MSI a gagné des parts de marché, la marque s’est servi de cette douloureuse entrée pour devenir un acteur reconnu en France sur le secteur des portables.

PC Low-Cost

Quel rapport avec les PC Low-Cost ? Il est assez simple. Le commerce a besoin de ces PC à « 500$ » pour faire vivre leur espace commercial informatique. Sans eux, impossible de vendre l’ensemble des autres éléments de l’offre. Écrans, imprimantes, câbles, souris, claviers, manettes et autres accessoires. Les grands distributeurs, ceux qui sont les premiers à demander aux marques des machines à bas prix, feront tout ce qui sera nécessaire pour continuer à faire vivre leur rayon informatique. Ils gagnent peu avec leurs machines mais se rattrapent en général avec les accessoires supplémentaires. Cette démarche-là a absolument besoin d’un prix d’appel. 

On l’a vu, depuis des années, les fabricants informatiques proposent des formules « à la carte » aux revendeurs. Des machines « exclusives » qui sont composées a partir de composants « communs ». Une version d’un 15 pouces sort chez une marque, elle est alors déclinée avec différents processeurs, plus ou moins de mémoire et de stockage et des options variées. Certains distributeurs jouent sur la mémoire vive, d’autres sur la capacité de stockage. On peut ainsi retrouver de subtiles variations du même ordinateur de base avec une définition d’écran plus ou moins élevée, un système d’exploitation ou non et autres changements pour coller au prix demandé par le distributeur.

Je reste persuadé que certaines enseignes vont tout faire, tous les sacrifices possibles, pour continuer à proposer en rayon des machines abordables. Pas par choix véritable ou goût des petites marges mais parce que ne pas le faire rimerait avec la perte d’une grande partie de leur offre et de leur chiffre d’affaires. Et si les grandes marques ne veulent pas proposer les PC dont ils ont besoin, certaines plus petites verront là une opportunité pour venir s’installer dans les rayons. Pour se faire un nom. Et croyez moi, certaines piaffent d’impatience. Ces marques savent que vendre à marge quasi nulle a un coût, mais que ce coût est inférieur à une campagne de publicité internationale pour exister face aux géants du marché.

Vers une certaine dégadgetisation du marché

Ces dernières années, on a vu des marques ne plus savoir quoi faire pour justifier leurs tarifs : des gadgets sont apparus à la pelle. LEDs à foison, débauche de haut-parleurs, double protection biométrique avec caméra infrarouge et lecteur d’empreintes, pavés tactiles gigantesques, châssis ultra-fins… Les machines ont justifié la fin de la baisse de leurs tarifs en ajoutant de plus en plus de fonctions ou de gadgets externes à leur usage premier.

La course à un affichage de plus en plus rapide est un très bon exemple de ce mouvement. En quelques années, le moindre portable est passé de 60 à 120, 240 ou 265 Hz. Ce qui est très positif à prix constant mais moins apprécié quand les prix s’envolent. L’utilisateur lambda qui cherche un PC à bas coût préfèrera toujours garder son budget intact plutôt qu’acheter une double paire de haut-parleurs, des LEDs qui clignotent, un écran 180 Hz et une double solution biométrique qu’il ne configurera même pas.

Je suppose qu’en ce moment même, une armée d’ingénieurs taille dans les gadgets du monde portable pour réduire la note. Cela passera par des éléments très secondaires et probablement d’autres aspects plus importants des machines mais pas forcément primordiaux de celles-ci. Une légère hausse de la coque, quelques millimètres qui permettront un assemblage moins couteux et une intégration de batteries plus épaisses moins chères à l’achat. La probable disparition des claviers rétroéclairés qui avaient commencé à faire leur apparition sur les portables les plus abordables. Une réduction des surfaces tactiles et autres modifications qui vont tendre vers des engins plus simples et plus abordables. Si une bonne partie du public sera plus sensible à la facture d’un PC low-cost qu’au nombre de gadgets qui serotn embarqués sur son voisin proposé à 100€ de plus, les premiers qui vont réclamer ce mouvement seront les revendeurs eux-même.

L’analyse de Gartner est linéaire

Pour Gartner, les machines sous les 500$ vont disparaître parce que ce marché ne serait plus rentable. C’est assez vrai, proposer un ordinateur portable moderne avec 16 Go de mémoire vive et 512 Go de stockage sous Windows avec une puce Intel ou AMD issue des deux dernières générations derrière parait difficile. Il faut compter dans ces 500$ HT la marge du distributeur, celle du fabricant et de l’éventuel grossiste. Il faut également compter le transport et, évidemment, la fabrication de l’engin. Cela ne laisse pas beaucoup de possibilités pour manœuvrer sur les prix.

Mais, et on l’a déjà vu en action, le marché ne fonctionne pas tout entier comme cela. Sur le segment des MiniPC, segment peut-être le plus agile de l’offre informatique avec une production quasiment à flux tendu et souvent vendue en direct par les marques, la réaction a été rapide. À la suite de la hausse des prix de la mémoire, les fabricants ont immédiatement proposé des engins de type barebone. Une manière de passer entre les gouttes du problème en enlevant mémoire et stockage de l’équation. Puis, assez vite, sont apparues des variantes de leurs machines plus classiques. Des modèles qui ont fait entrer notamment des puces de générations passées. Des processeurs qui avaient disparu des radars ces dernières années chez AMD comme chez Intel sont revenus sur le devant de la scène. 

Les minimachines livrées auparavant systématiquement avec 16 Go de mémoire vive et 512 Go de stockage ont rapidement été déclinées en 12 et 8 Go de RAM. Leur SSD a changé également, passant à 256 ou même 128 Go. Bref, le marché a fait un truc étrange pour les fabricants classiques, il est allé à l’envers. Aujourd’hui, une marque comme Geekom propose un MiniPC avec un processeur lancé il y a 3 ans par AMD, avec 16 Go de mémoire et 512 Go de stockage, pour moins de 400€. Si aucune grande marque ne veut proposer ce genre de prix, ce type de constructeur se fera une joie de venir prendre leur place dans les rayons d’un supermarché.

Les fabricants de MiniPC ont été très rapides car ils fabriquent leurs machines en petites séries et pour certains n’ont pas beaucoup d’état d’âme quant à la perception de leur marque. Qu’on considère certaines de leurs machines comme dépassées ne leur fait ni chaud ni froid. Ces engins sont leur seule ressource et ils feront tout pour la faire vivre. Des grands noms du secteur comme HP, Lenovo, Dell, Acer ou Asus ont une gamme plus large de produits et vendent parfois du service. Pour une marque « noname », ne plus vendre de MiniPC abordable signifie simplement disparaitre.

Des bouleversements importants sur le marché des PC low-cost 

L’ensemble de ces éléments me laisse à penser que le marché du PC low-cost va être bouleversé ces prochaines années. Mais loin de disparaître, il peut rebattre des cartes. L’actualité nous fait découvrir un portable MacBook Neo qui sera facturé à partir de 599€ pour un étudiant et 699€ pour un acheteur classique. Apple y déploie les stratégies nécessaires pour baisser la note : puce ancienne, mémoire et stockage en baisses, ajustements techniques. Rien n’empêchera les constructeurs de PC de faire exactement la même chose maintenant que la marque à la pomme a ouvert la voie.

Et ils n’auront d’ailleurs pas d’autres choix. Comment vendre des portables entrée de gamme au-dessus des 500€ à des étudiants si Apple propose une solution à 599€. Je ne vais pas comparer le Macbook Neo à d’autres engins qui n’existent pas encore en réplique dans le monde PC mais il me parait difficile de croire que le marché classique sous Windows va pouvoir gagner à prix égal ou légèrement inférieur. Surtout avec un Windows 11 si délabré.

Le marché des PC low-cost qui disparaitrait serait une fuite en avant importante du secteur tout entier. Certes les prix vont bouger, largement à la hausse. Mais en jouant sur différents postes, les PC Low-cost vont continuer à y exister. Les constructeurs n’ont d’ailleurs pas réellement le choix, toute l’industrie tient sur un certain volume de fabrication et de vente. Arrêter l’entrée de gamme aurait des conséquences sur ce volume en ralentissant énormément le segment, ce qui affecterait également le prix de fabrication des segments plus haut de gamme. Et le public comme les entreprises ne suivraient plus. Un ralentissement trop important de la production aurait un impact monstrueux sur l’ensemble du secteur et mettrait en péril la solidité des marques les mieux établies.

DDRGate : Il ne faut pas penser sur le temps court

PC low-cost : Gartner prédit la fin de l’entrée de gamme en 2028 © MiniMachines.net. 2026

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AYN Thor et Odin : augmentation du prix des consoles

Pour les AYN Thor et Odin, la hausse débutera plus tôt que prévu et le constructeur ne semble pas prévoir d’amélioration avant l’année prochaine « au mieux ». Le fabricant de consoles annonce une hausse de quasiment tous les prix de ses appareils dès le 8 mars.

Le fournisseur de composants mémoire et stockage des AYN Thor et Odin a augmenté ses tarifs et la production des nouveaux modèles est donc plus onéreuse, hormis sur la version la plus entrée de gamme de la marque. Modèle qui n’avait pas eu droit à une remise pendant la période précédente et qui conserve donc un tarif inchangé depuis son lancement.

AYN Thor

AYN Thor

L’augmentation était prévue mais se déroule plus tôt que ce qui avait été planifié. En plus des tensions sur le segment mémoire et stockage, le coût des matériaux semble intervenir et les variations sur les taux de change impactent l’ensemble. La marque avait signalé une évolution des prix à la hausse des AYN Thor et Odin pour avril. Au final, la répercussion aura lieu dans quelques jours.

Modèle Prix officiel  Prix actuel Nouveau prix
Thor Lite
8/128 Go
249 $ 249 $ 249 $
Thor Base
8/128 Go
299 $ 309 $ 319 $
Thor Pro
12/256 Go
349 $ 369 $ 399 $

Thor Max
16 Go/1 To

429 $ 449 $ 489 $

Pour les modèles AYN Thor, l’impact n’est pas forcément monstrueux mais tout de même : 60$ de hausse pour la AYN Thor 16 Go / 1 To, 20$ pour la version 8/128 Go. Ce n’est pas négligeable.

Modèle Prix OFFICIEL Nouveau prix
Odin 3 Base
8 / 128 Go
329 $ 339 $
Odin 3 Pro
12 / 256 Go
399 $ 439 $
Odin 3 Max
16 / 512 Go
449 $ 489 $
Odin 3 Ultra
24 Go / 1 To
519 $ Indisponible

Pour la AYN Odin 3, les augmentations vont de 10$ à 40$ suivant les modèles et la version Ultra, la mieux équipée, est en rupture. Cette dernière étant livrée avec des puces de LPDDR5x plus denses, 2 unités de 12 Go, notoirement plus difficiles à obtenir en ce moment, il est possible qu’il soit impossible de la fabriquer faute de pièces.

AYN développe que l’approvisionnement en composants ne devrait pas s’améliorer avant 2027 dans le meilleur des cas. La marque rejoint ainsi la longue cohorte de constructeurs qui sont obligés de revoir leurs tarifs à la hausse. Ce qui indique non seulement la tension du marché mais l’impossibilité de pouvoir encaisser une hausse passagère par la durée estimée de cette crise.

Les prix n’ont effectivement pas encore changé sur leur site

AYN Thor : une console double écran Android sous Snapdragon

AYN Odin 3 : une console à écran AMOLED 6″ sous Android 15

Spécifications AYN THOR 

AYN Thor

AYN Thor

Spécifications AYN ODIN 3

AYN Odin 3

AYN Odin 3

AYN Thor et Odin : augmentation du prix des consoles © MiniMachines.net. 2026

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