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CPU-Z dupé par Chuwi, revient avec un correctif technique

CPU-Z passe à la version 2.19. Cet outil de diagnostic fait le point sur l’équipement de votre matériel et s’intéresse surtout au processeur embarqué avant de décliner son expertise autour de la carte mère, de la mémoire vive et du chipset graphique. Proposant dans un second temps un outil d’analyse et de validation.

CPU-Z a été percuté de plein fouet par l’affaire des faux processeurs Ryzen qui ont réussi à le berner. Faisant sans problème passer les puces Ryzen 5 5500U pour des Ryzen 5 7430U d’une autre génération. L’outile n’y voyait que du feu.

Chaque puce s’identifie avec un PNS, bienvenue dans le monde des acronymes, pour Processor Name String. Ce PNS indique au système quelle puce est à son bord. Le BIOS va lire ce PNS au travers d’un protocole d’AMD appelé MSR pour Model Specific Registers. Mais le BIOS peut sans difficulté retranscrire ensuite la référence qu’il veut au système jouant ici le rôle de traducteur. et un traducteur peut être fort peu scrupuleux si on lui graisse la patte. 

CPU-Z 2.18 lit "Ryzen 7 7430U" sur le ChuwiBook Plus.

CPU-Z 2.18 lit « Ryzen 7 7430U » sur le ChuwiBook Plus.

Sur les machines de Chuwi, le BIOS allait donc lire le PNS du processeur, qu’il s’agissait d’un Ryzen 5 5500U mais traduisait ensuite volontairement au système que la puce était un Ryzen 7 7430U de génération plus récente. CPU-Z, comme le reste du système, lisait les informations en provenance du BIOS, comptant sur la bonne foi du fabricant. Le fait que la majorité des autres informations relevées d’une génération à l’autre soient identiques renforçait ensuite la crédibilité de l’échange.

Il fallait se pencher sur certains détails comme la fréquence d’horloge du processeur, la quantité de mémoire cache L3 pour déceler des erreurs. C’ert là que le problème réside d’ailleurs. Comme la foule de processeurs en activité est énorme, même selon la préfecture, il est impossible de connaitre sur le  bout des doigts l’ensemble des chiffres qui les caractérisent. Du coup, le serpent se mord la queue : les spécialistes font justement appel à CPU-Z pour vérifier quelle puce est à bord de chaque machine…

Ce maquillage prouve au passage la volonté très claire des constructeurs de matériel et des développeurs de BIOS de faire passer une puce pour une autre. Cela ne peut pas être une erreur ou une coïncidence, pas plus qu’un changement de puce dans la chaine d’approvisionnement. Le maquillage du BIOS pour tromper les outils de diagnostic procède d’une volonté claire de tromper le client final.

CPU-Z 2.19 affiche désormais deux puces distinctes sur le Ninkear A15 Pro qui semble touché par le même problème.

CPU-Z 2.19 affiche désormais deux puces distinctes sur le Ninkear A15 Pro qui semble touché par le même problème.

CPU-Z passe à la version 2.19 et ne se laisse plus tromper

Piquées au vif, les équipes de développeurs de CPU-Z ont donc changé leur fusil d’épaule. Si le logiciel continue de lire les informations données par le BIOS directement, ils vont au passage également vérifier quelle puce est embarquée en allant lui réclamer son identification par le PNS. Faisant ainsi apparaitre sur l’interface le nom de la puce tel que signalé par chacune des sources.

Sur la capture ci-dessus, deux processeurs sont donc identifiés. En haut le Ryzen 5 5500U est correctement remonté directement par l’interrogation de la puce elle-même. En dessous c’est le processeur signalé par le BIOS qui est affiché. Les deux valeurs sont contradictoires, celle du haut n’est pas falsifiable.

Chuwi indiquait donc que les personnes ayant une des machines concernées par ces faux Ryzen pouvaient les contacter pour se faire rembourser. Un des soucis était qu’il fallait d’abord authentifier si celle-ci posait problème ou non. Or, en l’absence d’outil logiciel, cette identification passait par l’ouverture des machines et le démontage des systèmes de refroidissement. Une opération très rafraichissante en effet, la majorité des propriétaires de Chuwi étant refroidis par cette première étape. Désormais il sera possible de contrôler son processeur directement avec CPU-Z en téléchargeant la version 2.19 sur leur site.

Tableau d'identification des processeurs fourni par AMD en 2022 pour la sortie des Zen3

Tableau d’identification des processeurs fourni par AMD en 2022 pour la sortie des Zen3

Le Ryzen 5 7430U reste un « drôle » de processeur

Je voudrais d’ailleurs mettre l’accent sur un élément que j’avais identifié lors de la présentation du Chuwi Ubox 7430U également dans la tourmente. AMD a fait un drôle de choix en créant le Ryzen 5 7430U car cela va à l’encontre de ses propres éléments d’identification et de référence. L’image ci-dessus montre comment sont construites les références des processeurs AMD. Chaque chiffre correspond à une référence précise et permet d’identifier « facilement » les puces.

Le Ryzen 7430U est donc, si on lit le code ci-dessus, une aberration. En analysant ce code dans le désordre. Le premier chiffre nous indique une puce de 2023, année des « 7 ». Il est construit avec des cœurs Zen 3 comme l’indique le 3 de son « architecture ». Le « 0 » indique la révision de la puce. Les Zen3, par exemple, sont des « 0 » et les Zen3+ qui sont des versions révisées et améliorées des mêmes cœurs sont des « 5 ». Ce dernier chiffre permet de différencier les versions révisées des puces.

Reste le chiffre 4, le second de la liste. Celui-ci indique qu’un Ryzen 5 7430U est censé être en réalité un Ryzen 3. Et pourtant AMD l’a classé comme un Ryzen 5. Un choix qui m’avait étonné à l’époque et qui pose aujourd’hui problème. Le Ryzen 5 7430U aurait dû, en toute logique et en suivant les éléments indiqués par AMD lui-même, être un Ryzen 3. Est-ce qu’AMD a choisi de le changer de catégorie pour des histoires de marketing ? Est-ce que les ingénieurs de la marque, s’apercevant des bonnes performances de la puce, ont décidé de lui faire sauter une classe ? Si un Ryzen 3 avait montré des performances trop élevées, cela aurait pu être problématique pour le reste des processeurs de la marque ?

Il n’est pas impossible que des constructeurs se soient engouffrés dans cette brèche en repérant que ce processeur spécifique, avec son nom qui ne correspond pas à son état, soit une cible idéale pour brouiller les pistes. Je ne sais pas si un seul constructeur aurait eu envie de glisser un Ryzen 3 7430U à la place d’un Ryzen 5 5500U dans une machine. Peut-être que la volonté d’AMD d’outrepasser ses propres règles a donné des idées à certains.

Source : Notebookcheck que l’on peut applaudir pour son investissement dans cette affaire.

Le Chuwi Corebook X pris en flagrant délit de falsification processeur

CPU-Z dupé par Chuwi, revient avec un correctif technique © MiniMachines.net. 2026

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Faux Ryzen 5 7430U : Un MiniPC Chuwi également concerné

MiniPC Chuwi équipé d’un faux Ryzen 5 7430U a été identifié. Un revendeur a confirmé qu’au moins un engin de la marque en était équipé. Un constat plus qu’alarmant qui laisse un doute important pour tous les clients qui ont pu avoir confiance en Chuwi jusqu’ici.

Un MiniPC Chuwi UBox 7430U équipé d'un faux Ryzen

Un MiniPC Chuwi UBox 7430U équipé d’un faux Ryzen

Après les deux portables aux faux Ryzen, c’est donc le Chuwi Ubox 7430U qui porte décidément très mal son nom. L’engin, censé embarquer un processeur 7430U donc, n’est en réalité équipé que d’un 5500U. Soit, exactement le même tour de passe-passe que pour les deux portables de la marque. La multiplicité des références concernées ainsi que des plateformes ne donne franchement pas une bonne image de la marque. S’il restait encore un espoir de sauver l’image de Chuwi, elle est désormais trop salement ternie pour que l’on puisse lui faire confiance à l’avenir. 

Et c’est vraiment dommage car certains de ses produits sont bons et la Chuwi aurait pu cultiver une plus grande excellence en poursuivant ses efforts comme l’ont fait d’autres constructeurs ces dernières années. Au lieu de cela, elle a choisi la facilité en choisissant de tricher avec ses clients.

Le pire dans cette histoire est que le client typique de Chuwi se moque probablement de la puissance brute de son processeur. La majorité des acheteurs de ces portables et même de son MiniPC AuBox équipé d’un faux Ryzen était plus intéressée par le prix et l’ensemble des services proposés que par l’annonce d’un gain de 20% de performances supplémentaires. Le 5500U véritablement embarqué dans toutes ces machines aurait probablement eu le même succès sans avoir besoin de dire qu’il s’agissait d’une puce 20% plus rapide. 

Chuwi expliquera sans doute qu’il a été berné par son sous-traitant ou, encore une fois, que des puces 5500U ont été glissées par inadvertance dans la ligne de production réclamant des 7430U… Mais quand on appelle littéralement sa machine un Chuwi AuBox 7430U, la moindre des choses est de prendre toutes les précautions possibles pour que le produit qui sorte de chaine embarque au moins un processeur de ce type.

Faux Ryzen, vraies conséquences

Désormais le mal est fait et plus personne ne peut, en toute bonne conscience, croire que la marque est innocente. Je ne conseillerais plus les MiniPC et portables Chuwi à l’achat. Il faudra qu’ils fassent réellement amende honorable et prouvent un large changement d’attitude pour retrouver ma confiance. J’imagine néanmoins qu’en pleine période de crise des composants, ce genre de mésaventure peut s’avérer fatal. La situation d’énormément de fabricants n’est pas glorieuse en ce moment, faire face à ce genre de crise dans cet environnement est plus que délicat. C’est le meilleur moyen de jeter sa marque sous le feu des critiques et de la voir descendre en flammes.

Il y a deux ans à peine, un scandale de virus avait touché des MiniPC chinois. Plusieurs marques en ont fait les frais : Acemagic, Nipogi, T-Bao, Ouvis et d’autres. Les constructeurs ont fait amende honorable, expliqué ce qu’il s’était passé et annoncé avoir pris des contre-mesures. Certaines marques ont eu bien du mal à se sortir de cette impasse, Ouvis a par exemple quasiment disparu des radars. Mais après plusieurs tentatives et tests, les machines des autres marques ont fini par regagner la confiance du public.

Si je conseille toujours de réinstaller son système sur ce type d’engin en suivant le guide de l’époque, je continue de guider certains lecteurs vers ces marques sans crainte. Et, depuis 2024, aucun autre virus n’a été détecté dans ces machines.

Pour Chuwi, la pente à remonter est autrement plus ardue et glissante. Proposer un faux Ryzen donne à penser qu’on est prêt à tout pour vendre ses machines. Comme le disait quelqu’un en commentaire il y a quelques jours, si la marque accepte ce genre de fraude, que penser du reste des composants embarqués ? Mémoire vive, stockage, système et même carte mère, connectique et chipsets. Non seulement la confiance a été rompue entre la marque et les consommateurs, mais son attitude montre que Chuwi en a fait une méthode de vente. Et cela reste difficilement pardonnable.

Source : Notebookcheck

Faux Ryzen 5 7430U : Un MiniPC Chuwi également concerné © MiniMachines.net. 2026

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