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Micron, Samsung et SK Hynix plongent en bourse ! - Overclocking.com

Les fabricants de puces - qui ont délaissé le marché grand public pour tout offrir aux boîtes d'IA - sont en train de dévisser en bourse.
Causes multiples : OpenAI qui réduit ses investissements (par exemple en coupant Sora), Google qui annonce une technologie qui réduit les coûts mémoire et CPU nécessaires pour faire tourner les IAs (mais ça reste à prouver), etc.

Notons que dans le même temps, Microsoft et Oracle (gros promoteurs de l'IA) licencient et dévissent aussi en bourse : https://sebsauvage.net/p/#/framapiaf.org/s/116329491549396730
Est-ce que c'est l'éclatement de la bulle IA ?
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Transports : l'État et les acteurs du secteur signent une charte commune contre les violences sexistes et sexuelles

«Notre responsabilité collective est claire : faire des transports (...) un espace où les femmes peuvent circuler librement, pleinement, sans peur», a déclaré Aurore Bergé.

© François Bouchon / Le Figaro

La signature de cet accord a été organisée à la gare du Nord, à Paris. 
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Après des propos de Donald Trump, le prix du baril de pétrole bondit à 115 dollars

Les ministres et les banquiers centraux du G7 tentent de calmer les inquiétudes notamment sur le pétrole mais aussi les hydrocarbures et le gaz.

© Stringer / REUTERS

De la fumée s’élève de la raffinerie de pétrole de Ras Tanura d’Aramco, après une attaque présumée de drones iraniens, en Arabie saoudite, le 2 mars 2026.
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«C’est devenu intenable» : en Russie, le financement de la guerre pousse des milliers d’entreprises au bord de la faillite

RÉCIT - Depuis le 1er janvier, une hausse de la fiscalité, décidée pour rétablir les finances publiques dégradées, étrangle de très nombreuses petites et moyennes sociétés.

© Dmitri Lovetsky / AP

Les dirigeants d’un tiers des PME russes envisagent de fermer ou de vendre leur entreprise, selon une étude récente (ici, une ancienne épicerie, à Saint-Pétersbourg, le 20 février).
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Nicolas Dufourcq et Nicolas Baverez: «Dette, retraites, État providence... Il faut dire aux Français que la hotte du Père Noël est vide»

ENTRETIEN - Tandis que le choc pétrolier lié à la guerre avec l’Iran ravive la tentation du « quoi qu’il en coûte », Nicolas Dufourcq et Nicolas Baverez dressent le procès d’un modèle français vivant à crédit depuis un demi-siècle. Avec à l’horizon une question explosive : la France peut-elle encore se réformer avant d’être mise sous tutelle ?

© Fabien Clairefond

Nicolas Dufourcq et Nicolas Baverez. 
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Dollar, tech : Trump est-il en train d’amputer l’Oncle Sam ?

Un secteur de la tech qui domine le monde, attirant les plus grands talents de la planète. Une monnaie incontournable, permettant un endettement quasi illimité. Trump est-il en train de détruire les incroyables atouts américains ? Et surtout : pourquoi ?

Rio, 15 août 2016. Usain Bolt, l’homme le plus rapide de l’Histoire, celui dont les foulées fendaient l’air comme des lames, dont chaque fibre musculaire est le fruit de milliers d’heures d’entraînement, de sacrifices et de discipline, est en passe de s’élancer sur la finale olympique du 100 mètres. Tout le désigne comme l’ultime favori pour devenir triplement médaillé dans l’épreuve reine d’athlétisme. Imaginez maintenant qu’à quelques secondes du départ, en mondovision, il attrape une scie électrique et décide de se couper une jambe. L’image est absurde. Elle représente pourtant ce que les États-Unis font aujourd’hui à leur propre économie : amputer, un à un, les piliers de leur puissance.

En apparence, tout va bien outre-Atlantique. La croissance du PIB pour 2026 est estimée à au moins 3,5 % par le secrétaire au Trésor Scott Bessent, l’inflation semble contenue autour de 2,8 % et le chômage se maintient autour de 4,3 %. Des indicateurs macros qui enthousiasment un Donald Trump y voyant le signe de la bonne santé historique de l’économie américaine. Mais à y regarder de plus près, le constat n’est pas si reluisant.

La croissance américaine ne tient aujourd’hui que sur une seule jambe : l’écosystème de l’IA. Jason Furman, professeur d’économie à Harvard, estime ainsi que si l’on retirait les investissements liés à l’IA (data centers, logiciels, équipements informatiques, etc.), la croissance américaine au premier semestre 2025 n’aurait été que de 0,1 % (contre 1,2 % observé). Elle n’a d’ailleurs été que de 2,1 % sur l’année complète (contre 2,8 % en 2024). Une faible croissance qui, en plus, est très pauvre en termes d’emplois : seulement 180 000 ont été créés l’année dernière, contre 1,5 million en 2024 (et 580 000 attendus), un des niveaux les plus bas enregistrés ces vingt dernières années. Quant à l’indice de confiance des consommateurs, il frôle lui aussi ses niveaux les plus faibles observés ces dernières années, montrant que les Américains ont rarement été aussi pessimistes qu’aujourd’hui.

La dépendance américaine à l’IA est semblable à ce que l’on a connu à l’heure de la bulle internet. La hausse globale des investissements a augmenté de 2,6 % au dernier trimestre 2025, mais avec de fortes disparités. Les dépenses en équipements informatiques et en communication ont bondi de 61 %, quand celles des autres segments ont chuté de 17 %. Un repli généralisé et inquiétant selon les analystes américains.

La bonne santé de l’économie américaine est donc tributaire d’une technologie arrivée en trombe sur le marché il y a seulement trois ans. Comme le disent les investisseurs financiers chevronnés, « un manque de diversité dans l’exposition de ses placements augmente le risque de subir un retournement de conjoncture important ». Nos grands-mères, qui n’ont jamais lu Markowitz, le résument plus simplement : « Pour éviter la casse, on ne met pas tous ses œufs dans le même panier. »

Cette hyper-dépendance est d’autant plus inquiétante qu’elle est concomitante au sabordage complet de l’économie américaine réalisé en trois actes par le président lui-même.

Premier acte : les droits de douane. Se référant à une lecture simpliste du Larousse, le président Trump y voit simplement une taxe prélevée sur un produit importé. Il affirme ainsi que ce sont les pays exportateurs qui s’en acquittent, et que cela participe à rééquilibrer la balance commerciale des États-Unis avec le reste du monde (déficitaire en ce qui concerne les biens — ils importent plus de biens qu’ils n’en produisent —, mais exportatrice de services, ce qui équilibre le tout).

Malheureusement, la réalité est plus complexe, et les droits de douane, passant en moyenne de 2,6 à 9,8 % en 2025, ont été supportés en réalité à 90 % par les ménages et les entreprises américaines, absorbés à 30 % par les marges des entreprises et à 70 % par une augmentation des prix. Le tariff (à savoir le droit de douane, présenté d’ailleurs comme le plus beau mot de la langue anglaise par Donald Trump), alors qu’il visait initialement à financer une forte baisse de l’impôt sur le revenu, se retrouve in fine à réduire les marges des entreprises et à baisser le pouvoir d’achat des ménages. Donald Trump a ainsi réussi le tour de force de prélever 200 milliards de dollars en 2025 sur l’économie américaine en faisant passer cela pour une mesure d’augmentation du revenu. Un coup de génie.

Deuxième acte : le déficit public. Ce n’est certainement pas le point sur lequel les Français peuvent donner des leçons, mais force est de constater que les Américains font pire que nous. Le déficit fédéral devrait atteindre 5,8 % en 2026 (soit 1 900 milliards de dollars), loin au-dessus de la moyenne historique de 3,8 %. La dette publique a de son côté franchi 101 % du PIB et devrait progresser de 20 points d’ici dix ans. Les seuls intérêts de la dette représentent désormais 3,3 % du PIB, et grimperont à 4,6 % en 2036 (c’est la dépense fédérale augmentant le plus vite).

À l’inverse des pays dépensiers comme la France, les États-Unis pouvaient se le permettre, protégés par « le privilège exorbitant du dollar » comme le dénonçait Valéry Giscard d’Estaing. Ce bouclier ultime protège les États-Unis d’une crise de financement et s’assure qu’on leur prêtera toujours à des taux favorables, car le dollar fait office de monnaie de réserve mondiale. Dit autrement, tout le monde étant en équilibre sur la branche, personne n’a intérêt à ce qu’elle se fragilise pour éviter la chute.

Pourtant, c’est celui qui dépend le plus de sa stabilité qui a décidé de la scier, après avoir demandé à tout le monde de se poser ailleurs. Donald Trump et son principal conseiller économique Stephen Miran ont ainsi décidé, dans la chaleur du Bureau ovale, qu’affaiblir le dollar était une bonne idée. Si cela se justifie pour attirer des capitaux étrangers, c’est une folie de le faire au moment où vous vous endettez : cela conduit à un appauvrissement du pays. Résultat, la part du dollar dans le total mondial des monnaies est passée de 70 % en 2000 à 57 % aujourd’hui.

S’additionnant aux autres décisions baroques en la matière, comme le retrait de l’OMC, l’attaque contre l’indépendance de la Fed qui nuit à la crédibilité du dollar ou l’aliénation de ses principaux alliés, cette incitation à ne plus utiliser le dollar revient à fissurer le principal bouclier protégeant l’économie américaine et à débrancher l’assurance-vie de sa propre dette. Quand le dollar cessera d’être indispensable, les taux d’intérêt que le monde exigera de l’Amérique cesseront d’être cléments. Et ce jour approche.

Les initiés de la Maison blanche

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Troisième acte, le plus grave à long terme : le sabordage de l’attractivité scientifique. L’avantage comparatif le plus précieux de l’Amérique n’est pas son pétrole de schiste, ni sa puissance militaire, ni la beauté de ses paysages, ou encore moins sa gastronomie, mais sa capacité à attirer les meilleurs cerveaux du monde dans ses universités et ses laboratoires. L’effet de cluster qui y réside constitue l’attractivité principale pour ces derniers. En vous installant aux États-Unis, vous avez la certitude de côtoyer les meilleurs de votre discipline et de progresser de manière exponentielle à leurs côtés. C’est cela qui a façonné les plus grandes réussites américaines récentes, de la création de la Silicon Valley à l’émergence de l’IA générative, en passant par l’avance prise en matière de biotechnologies.

Là encore, l’administration Trump a décidé qu’il était temps d’en finir avec ce moteur de l’économie américaine, en s’attaquant aux visas distribués aux étudiants et chercheurs étrangers, à la grande colère d’Elon Musk. En 2025, les inscriptions dans les universités américaines provenant de ces étudiants ont chuté de 17 % (après avoir diminué de 7 % en 2024). En parallèle, 6 000 visas de ce type ont été révoqués et l’administration a instauré un plafond de quatre ans pour ceux qui restent, rendant quasi impossible la poursuite de leurs travaux jusqu’au doctorat, venant ainsi fragiliser durablement le mécanisme de recherche fondamentale dans les prochaines années. Une aubaine pour le Canada, l’Australie et l’Europe qui accueilleront à bras plus qu’ouverts les futurs cerveaux qui penseront et développeront les technologies de rupture à venir, dans la conduite autonome, les NGT, le quantique, la fusion nucléaire, le spatial et l’IA générative.

Et les travailleurs qualifiés ne sont pas en reste. L’administration Trump a ainsi décidé de taxer les visas H-1B permettant de les faire venir en Amérique, à hauteur de 100 000 dollars. Une décision fascinante d’ironie. Alors que la croissance américaine dépend de manière vitale du secteur de la tech, celui-ci est perfusé aux deux tiers par l’apport de ces intelligences externes au pays, auxquelles il a été signifié qu’elles ne sont plus les bienvenues. Donald Trump ne se contente plus de scier des branches, il incendie toute la forêt.

Une seule question nous anime : pourquoi ? La réponse n’est ni géopolitique, ni idéologique, ni fantaisiste (même si la thèse de l’agent double ou d’une victime d’un kompromat prend de l’épaisseur), elle est simplement électoraliste, au sens le plus étroit du terme. Pour plaire à son cœur électoral, les ouvriers de la Rust Belt, cette ceinture industrielle du Midwest ayant vu ses usines fermer les unes après les autres et leurs emplois disparaître, Donald Trump est prêt à sacrifier tous les fondamentaux américains préparant la croissance de demain. Il promet ainsi le retour des manufactures sur le sol américain en misant sur le fait que les droits de douane pousseront les entreprises à y localiser leur production pour y échapper, mais aussi la protection contre l’immigration illégale par la restriction de l’attribution de visas et la préférence nationale par le repli commercial.

On pourrait objecter que la réindustrialisation a un coût à court terme et un gain à long terme. Sauf que les chiffres disent l’inverse. Les ouvriers n’ont pas plus de travail, la production manufacturière n’a progressé que de 1,4 % sur un an et le taux d’utilisation des capacités de production stagne à 76,3 %, soit 3,1 points en dessous de la moyenne des années allant de 1976 à 2025. Les droits de douane ne recréent pas un tissu industriel, ils renchérissent les importations des entreprises qui fabriquent encore. La restriction des visas ne protège pas l’emploi ouvrier, elle assèche le vivier d’ingénieurs qui conçoivent les produits de demain.

Ce que fait Donald Trump, c’est sacrifier les avantages comparatifs de son pays, les revenus de la décennie suivante pour financer l’illusion du mandat en cours. C’est un peu comme si un bellâtre venant de toucher un gros héritage décidait de tout dépenser en une nuit pour séduire une conquête éphémère plutôt que d’épargner et de préparer son avenir. La Rust Belt n’aura pas ses usines et l’Amérique aura perdu ses chercheurs, affaibli sa monnaie et alourdi sa dette. Et quand la facture arrivera, ce sont ces mêmes électeurs, ceux aux moindres ressources, qui la paieront le plus cher.

Nous pouvons néanmoins remercier Trump à deux titres. Parce qu’il offre aux enseignants en économie un cas d’école parfait de tout ce qu’il ne faut pas faire à la tête d’un pays, un manuel grandeur nature qui sera étudié pendant des années dans les amphithéâtres. Et parce qu’il permet à la France et à l’Europe, malgré leurs faiblesses, de reprendre une place de choix dans le grand bal des nations, nous offrant la possibilité d’attirer des talents développant les innovations qui assureront notre prospérité économique.

L’histoire aime se répéter. En 1930, le Smoot-Hawley Tariff Act releva massivement les droits de douane américains, provoquant des représailles en cascade et aggravant la Grande Dépression. Près d’un siècle plus tard, les mêmes réflexes produisent les mêmes effets, à une échelle décuplée par la dette et l’interconnexion financière mondiale.

Les États-Unis restent pour le moment la première puissance économique du monde. Mais même Usain Bolt ne peut courir un 100 mètres sur une seule jambe. Une grande nation peut survivre aux crises extérieures. Elle survit rarement aux blessures qu’elle s’inflige elle-même.

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Anne de Guigné : « La nouvelle évaluation catastrophique du coût du réchauffement climatique »

CHRONIQUE- Une étude américaine récente revoit dramatiquement à la hausse le coût du réchauffement climatique. Une incitation de plus à la décarbonation.

© Stringer / REUTERS

Frappe sur la raffinerie de pétrole Bapco sur l’île de Sitra, à Bahreïn, lors du conflit américano-israélien avec l’Iran.
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Philippe Aghion et Marc Fontecave : «En matière de politique nucléaire, l’Union européenne a perdu quinze ans»

TRIBUNE - Le 10 mars, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a admis s’être gravement trompée en tournant le dos au nucléaire. Le prix Nobel d’économie et le professeur au Collège de France* saluent ce revirement bienvenu, quoique tardif.

© Fabien Clairefond

Philippe Aghion et Marc Fontecave.
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Immersion dans le centre de contrôle des opérations d’Air France en temps de guerre au Proche-Orient

REPORTAGE - Suspensions de plusieurs lignes, menaces de drones et rapatriement en France pour nos concitoyens bloqués dans le Golfe persique... En période de crise, cette cellule a du pain sur la planche.

© Jon Nazca / REUTERS

Un avion d’Air France qui allait chercher des Français à Oman début mars a rebroussé chemin car, selon le centre de contrôle des opérations de la compagnie, il était dans une zone de tirs. Les autres vols de rapatriement se sont déroulés sans encombre.
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Municipalités : sans glyphosate, l’herbe n’est pas plus verte

Contrairement à une idée qui semble fort répandue, les maires s’occupent beaucoup moins de Gaza que de la voirie municipale. Un casse-tête coûteux, depuis l’interdiction du glyphosate. Une politique qui pénalise les quartiers défavorisés et pourrait se révéler une véritable bombe budgétaire.

En janvier 2014, la barre est à bâbord. Un président de gauche, une Assemblée de gauche et, fait plus rare, un Sénat lui aussi à gauche. La fenêtre de tir est idéale pour le camp écologiste, qui voit là l’occasion de frapper un grand coup et de se débarrasser du glyphosate, dans le collimateur des Verts depuis 2012 et l’affaire Séralini.

Un projet de loi est alors porté par Joël Labbé, sénateur écologiste, avec une ambition claire : interdire l’herbicide controversé. Mais très vite, le camp écologiste comprend que la marche est trop haute, de nombreux cadres socialistes s’opposant à une interdiction pure et simple.

Joël Labbé se ravise et opte pour une stratégie du petit pas. Puisqu’il est impossible d’interdire les usages agricoles, autant commencer par les autres.

Devenue soudain beaucoup moins contraignante, et portée par un fort soutien populaire, la loi Labbé est adoptée en 2017 sans difficulté, malgré l’absence de véritable étude d’impact préalable. Les députés peuvent afficher leur engagement environnemental, l’opinion publique applaudit, et les municipalités, alors majoritairement à gauche, ne sont guère en position de protester.

Reste à savoir si cette loi a réellement servi l’environnement… ou si elle n’a été qu’un marchepied vers des ambitions plus larges.

Petit pas pour l’homme, grand pas pour l’environnement ?

D’un point de vue strictement scientifique, le glyphosate est loin d’être le pire des pesticides. C’est en tout cas la conclusion de l’EFSA, l’agence sanitaire européenne, qui a réévalué la substance en 2024 dans le cadre de sa réautorisation. Les risques sont jugés limités pour les insectes, les organismes du sol et les organismes aquatiques : les effets parfois attribués au glyphosate sur les amphibiens étant en réalité liés à un coformulant aujourd’hui interdit en Europe.

Le risque le plus notable concerne les petits mammifères terrestres, susceptibles de subir des effets chroniques. Rien, toutefois, de rédhibitoire, selon l’EFSA. Quant à sa persistance dans l’environnement, elle reste limitée : le glyphosate se dégrade relativement rapidement, et son principal métabolite, l’AMPA — également issu des lessives — est plus stable, mais encore moins toxique et ne présente pas de risque immédiat identifié.

En milieu urbain, on pourrait penser l’impact encore plus faible, le produit étant souvent appliqué sur des surfaces artificialisées. En réalité, l’usage municipal pose un problème spécifique : sur le bitume, les substances sont rapidement lessivées par la pluie. Par « effet toboggan », elles rejoignent trop rapidement les réseaux d’eaux usées, puis les milieux aquatiques, sans bénéficier de la filtration naturelle des sols agricoles.

Malgré cela, les volumes concernés étaient très modestes : l’usage municipal ne représentait qu’environ 1 à 2 % des quantités totales de glyphosate épandues, ce qui laisse penser à un effet environnemental globalement marginal.

Reste la question sanitaire. Si la toxicité aiguë n’est pas problématique, la toxicité chronique a cristallisé les débats, notamment depuis le classement en « cancérogène probable » par le CIRC en 2015. Mais l’EFSA, comme l’ensemble des agences sanitaires internationales, se veut rassurante et écarte tout « danger critique ». Concrètement, si effet sanitaire il y a, il serait très faible. Du moins pour la population générale.

Un point demeure toutefois sensible : l’exposition professionnelle. Les agents municipaux chargés de l’application du produit y étaient particulièrement exposés, parfois même davantage que les agriculteurs. Était-ce une raison suffisante pour interdire le glyphosate ? Peut-être. Quoi qu’il en soit, la question ne se pose plus depuis neuf ans. Et les municipalités, mises au pied du mur, n’ont eu d’autre choix que de s’adapter face à ce choix précipité.

Des alternatives imparfaites et coûteuses

Et le problème, c’est qu’il n’existe ni solution unique ni produit miracle. Au contraire, les municipalités doivent désormais composer avec un cocktail de stratégies préventives, curatives et d’aménagement.

Dans les massifs et les zones non bitumées, la prévention domine : paillage, toiles géotextiles, plantations couvrantes capables d’étouffer les adventices…

Sur les surfaces goudronnées, en revanche, on entre dans le registre du curatif, avec un éventail de solutions toutes imparfaites, mais complémentaires. La plus répandue reste le désherbage mécanique, utilisant de petits engins équipés de brosses rotatives, capables d’arracher les herbes tout en nettoyant la voirie. Efficace en apparence… sauf que seules les parties aériennes sont détruites : les racines demeurent, et la repousse est rapide. Mais la principale limite de cette méthode reste les difficultés à prendre en charge les zones étroites ou peu accessibles.

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Pour ces espaces difficiles, les communes peuvent recourir au désherbage thermique, qui décline toute une gamme de procédés : flamme, air pulsé, eau chaude ou mousse… Mais le plus souvent, seule la partie superficielle est brûlée, ce qui oblige à réitérer l’opération cinq à huit fois par an, contre seulement deux ou trois passages avec un herbicide systémique capable d’atteindre les racines. De plus, ces méthodes ont un coût énergétique élevé, avec, dans la plupart des cas, des émissions carbonées associées. Quant aux désherbants à eau chaude, leur consommation peut atteindre jusqu’à 500 litres par heure. Enfin, ces techniques ne sont pas sans risques : projections brûlantes, risques d’incendie… Pour les agents, la manipulation est délicate, et le danger de brûlure bien réel.

Reste enfin le désherbage manuel, souvent la seule option des petites communes, faute de moyens suffisants pour investir dans du matériel spécialisé. Mais le revers est connu : explosion du temps de travail, pénibilité accrue et multiplication des troubles musculo-squelettiques.

Aucun de ces moyens ne rivalise donc avec l’efficacité du glyphosate, et cela se traduit mécaniquement dans les budgets. Le désherbage thermique coûte plus de quatre fois plus cher qu’un traitement chimique ; le désherbage manuel, plus de cinq fois.

Les communes se mettent au vert

Mais alors qu’on se serait attendu à constater une explosion des budgets d’entretien lors de l’application de la loi Labbé, étonnamment, rien de tel ne s’est produit. Aucune flambée massive des dépenses de désherbage n’a été constatée. Par quel miracle ?

En deux mots : la gestion différenciée.

La ville de Rennes le reconnaît sans détour : « Le passage au zéro phyto sans changer les paysages et les aménagements est impossible dans le contexte budgétaire actuel. […] Les temps de travaux exploseraient de plusieurs dizaines de pourcents avec des résultats peu satisfaisants. » Autrement dit, maintenir le même niveau d’entretien qu’avant l’interdiction serait intenable.

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Il a donc fallu changer de logique. Ne plus entretenir partout de la même façon. Adapter les aménagements.

Premièrement, en supprimant le désherbage des zones les plus chronophages. Plutôt que de lutter en permanence contre les herbes dans les allées gravillonnées ou les trottoirs sablés, des villes comme Rennes ont choisi… de les enherber. On remplace ainsi une tâche de désherbage minutieuse par une simple tonte, bien moins coûteuse en temps. Quant aux pieds de murs, pieds d’arbres ou îlots directionnels, autrefois maintenus nus ou recouverts de matériaux minéraux, ils deviennent des massifs arbustifs ou des espaces enherbés.

Deuxième levier : revoir les choix de plantation. Moins d’annuelles à renouveler chaque année, davantage de vivaces couvrantes, plus faciles à gérer.

Et enfin, certaines communes ont introduit un véritable zonage de l’entretien. À Montpellier, par exemple, les espaces sont classés en trois catégories : « Prestige », « Normal » et « Rustique ». Les secteurs centraux et parcs historiques bénéficient d’un entretien soigné — et coûteux — tandis que les zones périphériques « rustiques » se contentent d’un entretien minimal, avec des temps d’intervention à l’hectare jusqu’à vingt-quatre fois plus faibles.

La logique est limpide : en acceptant un entretien plus sobre sur une partie du territoire, on libère du temps et des moyens pour préserver la qualité là où elle est jugée prioritaire.

Le revers de la médaille

Mais cette stratégie a ses limites. Et la principale tient à son acceptation sociale. Dans des villes où les habitants s’étaient habitués à des abords impeccables et soigneusement entretenus, la revégétalisation de certaines zones est souvent perçue comme un simple défaut d’entretien, voire comme de la négligence. Face à l’apparition d’herbes folles, beaucoup ont le sentiment que la commune a cessé de faire son travail, alors que leurs impôts, eux, n’ont pas diminué.

Cette réticence est particulièrement forte lorsqu’elle concerne les cimetières. La dimension affective et culturelle de ces lieux rend, pour certains, difficilement acceptable la présence de végétation entre les tombes ou dans les allées, interprétée comme un manque de respect envers les défunts.

À cela s’ajoute parfois un sentiment de déclassement, notamment dans les quartiers périphériques populaires, où la gestion différenciée conduit souvent à un entretien minimal, ce qui peut renforcer l’impression d’être relégué au second plan.

Pour toutes ces raisons, la question de la végétalisation est devenue plus politique que jamais. Dans certaines villes, la grogne s’organise même en collectifs militants. L’exemple le plus connu reste sans doute le mouvement « Saccage Paris », dont l’un des chevaux de bataille consiste précisément à dénoncer la dégradation de l’entretien de la capitale.

Pour désamorcer ces réticences, les municipalités ont ainsi développé toute une stratégie de communication.

Les « mauvaises herbes » deviennent de la « flore spontanée » qu’il faut accepter, et la biodiversité urbaine est souvent invoquée pour justifier des choix d’entretien largement dictés, au départ, par des contraintes économiques. Panneaux explicatifs, signalétique positive, actions pédagogiques ou chantiers participatifs de désherbage : les communes multiplient les initiatives pour faire accepter ces nouvelles pratiques.

Mais, au-delà de la perception des habitants, un autre problème se pose : la dégradation de la voirie. Les méthodes alternatives tuant rarement les racines, la végétation repousse rapidement et peut endommager les revêtements et les infrastructures, d’autant que le désherbage est aujourd’hui moins systématique qu’autrefois.

À cela s’ajoute l’impact du désherbage mécanique lui-même : les brosses rigides des engins d’entretien sont particulièrement agressives pour les surfaces. Dégradation des joints, usure des enrobés, projection de graviers et de débris… Les effets commencent à se faire sentir sur de nombreuses voiries, d’autant que le phénomène s’auto-alimente : joints détériorés et fissures offrent de nouveaux espaces où s’accumulent terre et graines, favorisant l’installation d’une végétation toujours plus abondante.

Après plusieurs années d’application de la loi Labbé, une question se pose donc : l’entretien futur des voiries ne risque-t-il pas de devenir une véritable bombe budgétaire ? Une question d’autant plus difficile à trancher qu’aucune étude d’impact approfondie n’a véritablement évalué ces effets à long terme.

Au final, la loi Labbé — votée précipitamment, sans réelle évaluation des conséquences — a créé un enchaînement de difficultés : casse-tête technique pour trouver des alternatives, casse-tête organisationnel avec la gestion différenciée, et désormais casse-tête de communication pour faire accepter ces changements. Et demain, peut-être, un nouveau casse-tête budgétaire si la dégradation des voiries se confirme.

C’est d’autant plus regrettable qu’une voie intermédiaire existait. Plusieurs études montrent qu’une restriction ciblée — par exemple autour des bouches d’égout et à proximité des cours d’eau — combinée à des pulvérisations plus précises et mieux adaptées aux conditions météorologiques, aurait pu réduire jusqu’aux deux tiers les volumes de glyphosate utilisés, et jusqu’à 90 % les ruissellements vers les milieux aquatiques… tout en limitant fortement la hausse des coûts d’entretien.

Interdire est facile. Remplacer, beaucoup moins. Et, dans le cas du glyphosate, on découvre aujourd’hui qu’entre idéologie, contraintes techniques et réalités budgétaires, la nature du problème était peut-être moins chimique… que politique.

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La Belgique ne peut pas se permettre que Microsoft tombe en panne : Un signal d’alarme sur la souveraineté numérique | BeLibre - Think Tank Belge au Autonomie Digital

Exemple de dépendance à Microsoft.
(Et comme dit l'article, c'est fou, plus de 10 après Snowden, personne n'en ait tiré les leçons.)

Dans l'article également : "L’Europe paie maintenant 264 milliards d’euros par an aux géants technologiques américains pour les services cloud et logiciels" et "On estime que 90% des données occidentales transitent par des serveurs américains."
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RAM kits are now sold with one fake RAM stick alongside a real one to create a performance illusion — 1+1 'value pack' offers desperate psychological relief as the memory shortage worsens | Tom's Hardware

La RAM ça coûte tellement cher maintenant que quand vous achetez une barette de RAM avec LEDs RGB, ils vous donnent une fausse seconde barette avec juste les LEDs pour faire plus joli dans le PC.
#FakeItUntilYouCanBuyIt
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