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Enfin publiée, la nouvelle feuille de route énergétique plebiscite le nucléaire

Le gouvernement a publié aujourd’hui une version synthétique de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), feuille de route qui fixe nos objectifs énergétiques jusqu’en 2035 avec priorité au nucléaire et léger ralentissement des renouvelables.

Cela faisait des mois qu’elle était attendue et que prospéraient les rumeurs. Ces rumeurs se sont affinées et sont en accord avec le texte du gouvernement : conforter le nucléaire tout en ralentissant légèrement la montée en puissance des renouvelables électriques, dans un contexte de consommation moins dynamique que prévu.

La PPE acte une électrification en sommeil. Le gouvernement baisse les ambitions de production pour éviter une surcapacité trop coûteuse.
Aujourd’hui, près de 60 % de la consommation finale d’énergie repose encore sur le pétrole et le gaz. L’exécutif vise une inversion de cette proportion au cours de la prochaine décennie, avec une part majoritaire d’énergie bas carbone dès 2030. L’électricité sera la clé, d’abord avec le nucléaire.

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Nucléaire à fond, renouvelables au ralenti

Colonne vertébrale du système électrique français, la PPE 3 confirme la prolongation du parc existant et entérine la construction de 6 nouveaux réacteurs avec 8 optionnels. Les énergies renouvelables aussi, mais à un rythme plus lent que dans les versions précédentes du texte. Le solaire continue sa montée en puissance (48 GW à 2030 contre 19 GW en 2023), tout comme l’éolien terrestre (31 GW à 2030 contre 21,9 GW en 2023), avec une priorité donnée au renouvellement des parcs existants plutôt qu’à de nouveaux parcs. L’éolien en mer repartira avec de nouveaux appels d’offres à venir.

La feuille de route qui sera détaillée demain mentionne d’autres énergies comme la chaleur renouvelable et le gaz bas carbone, ainsi que l’hydroélectricité sur lesquelles nous analyserons tous les chiffres. Avec une clause de revoyure prévue dès 2027, date de la présidentielle, la PPE 3 ne sera figée qu’un an, « afin de permettre un ajustement fin de l’offre à la demande énergétique ».

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MaPrimeRénov’ rouvre enfin, après six mois d’interruption

Le dispositif d’aide à la rénovation énergétique MaPrimeRénov’ va enfin redémarrer. Annoncé le 6 février par le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, il avait été suspendu de nombreuses fois en l’absence d’approbation du budget.

La réouverture du guichet MaPrimeRénov’ est pour bientôt. Elle interviendra « dans les jours suivant la promulgation du budget 2026 », assure l’entourage du ministre Vincent Jeanbrun. Que ce soit les rénovations légères ou d’ampleur, tout est concerné. Toutefois, il faudra maintenant prendre un rendez-vous obligatoire avec un conseiller France Rénov’ avant de lancer un chantier. Le gouvernement veut limiter les fraudes et mieux accompagner les ménages dans leurs projets.

Depuis l’été dernier, le dispositif a été ponctué de fermetures et de réouvertures incessantes. La liste d’attente s’allonge, plus de 83 000 dossiers sont en attente d’instruction. L’arrêt du stop and go devrait réduire l’embouteillage. Mais il pourrait aussi générer un nouveau flux important, notamment pour les rénovations complètes.

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Incertitude sur le budget total

Côté budget, le gouvernement annonce 3,6 milliards d’euros pour 2026. Mais le projet de loi de finances mentionne en réalité 1,9 milliard pour le programme, dont près des trois quarts sont destinés à MaPrimeRénov’. Pour combler l’écart, l’Agence nationale de l’Habitat (Anah) mobilise sa trésorerie, les recettes du marché carbone européen et les certificats d’économies d’énergie (CEE).

Finalement, le dispositif pourrait bénéficier de 2,7 milliards. Espérons que cette réouverture signe la fin des arrêts brutaux qui découragent les gestes écologiques, fragilisent la filière qui a besoin du soutien public.

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Ces interminables délais de raccordements au réseau qui freinent l’essor des énergies bas-carbone

L’accès au réseau électrique peut être un point de blocage pour les énergies renouvelables, certaines essuyant des refus.

En 2025, les volumes de projets éoliens terrestres autorisés sont en baisse (1,37 GW autorisés l’année dernière contre 1,5 GW en 2024 et 1,51 GW en 2023 selon le bureau d’études Wattabase) et les décisions de justice favorables aux développeurs se font plus rares. Les données accessibles montrent une baisse des autorisations et surtout un recul du nombre de projets débloqués par voie contentieuse.

Là où les juridictions administratives annulaient autrefois certains refus préfectoraux, elles semblent aujourd’hui plus réticentes à intervenir. Les professionnels du secteur s’en inquiètent. L’aspect juridictionnel est de plus en plus difficile à anticiper, fondé sur des appréciations subjectives liées au paysage, au voisinage ou aux impacts environnementaux.

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Des goulots d’étranglement sur le réseau électrique

Un deuxième verrou fait obstacle aux producteurs d’énergies renouvelables : le raccordement au réseau électrique. Ils peuvent essuyer des refus ou des délais parfois longs pour accéder aux lignes électriques. Les transformateurs sont parfois à capacité maximale.

L’ancienne ministre de l’Environnement, Corinne Lepage, a poussé un coup de gueule en ce sens, dans les colonnes de Tecsol. Elle y voit un sérieux problème de conformité avec le droit européen. Celui-ci repose sur un accès non discriminatoire aux réseaux pour les producteurs d’électricité. Or, la multiplication des refus et l’opacité des critères techniques ralentissent mécaniquement le déploiement des énergies renouvelables.

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Vers la fin du « premier arrivé, premier servi » ?

RTE est d’ailleurs en train de réfléchir à changer la règle du « premier arrivé, premier servi » en « premier prêt, premier servi ». Les retards de raccordement immobilisent des capitaux et dégradent la rentabilité des projets (les batteries stationnaires perdent, par exemple, les premières années les plus profitables). Les opérations de renouvellement de parcs existants, voire leur augmentation de puissance, sont parfois confrontées à des règles de raccordement encore disparates (les projets deviennent généralement plus petits).

Nous écrivions sur le cas allemand. Dans les Länder les plus fournis en éoliennes, les nouvelles autorisations font face à une saturation des réseaux et à l’acceptabilité locale en baisse.

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Les énergies renouvelables plongent dans une nouvelle crise

La filière des énergies renouvelables électriques en France est en crise. Après des années de croissance, de soutien public constant, la filière ne pensait pas vivre des plans sociaux, gels d’embauches et faillites.

La crise solaire de 2013 n’a guère laissé ses empreintes dans les politiques publiques. En Europe, premier marché mondial pour les panneaux photovoltaïques, la baisse des tarifs de rachat de l’électricité solaire décidée par les gouvernements avait fait plonger la demande.

Aujourd’hui, c’est une demande en électricité stagnante qui fait plonger la filière renouvelable, sans objectifs.

Les ENR, c’est 40 000 emplois. Lorsque le moratoire photovoltaïque avait été décrété, 25 à 30 % des emplois avaient été supprimés. Le choc pourrait être similaire si rien ne change aujourd’hui.

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Une avalanche de nouvelles inquiétantes

La crise touche actuellement toutes les tailles d’entreprise. Greenunivers, dans une enquête passionnante, a recensé les mouvements d’effectifs dans différentes entreprises ENR. Boralex France a lancé un plan de sauvegarde de l’emploi, RWE réduit ses équipes offshore et Okwind annoncé un plan social.

Chez EDF Power Solutions, les recrutements sont gelés et plusieurs dizaines de contrats ne sont pas renouvelés. Chez TotalEnergies Renouvelables et Engie Green, des départs sont non remplacés.

Chez les PME, même situation critique. Elements pourrait perdre un quart à un tiers de ses effectifs et Voltalia a réduit les équipes de sa filiale « Maison Solaire ».

Des TPE comme Beem Energy et Vergnet ont ouvert des procédures judiciaires et plusieurs installateurs photovoltaïques ont fermé. Le segment des petites toitures solaires, très sensible aux baisses tarifaires, est loin d’être épargné.

Les profils de développement de projets (chefs de projet, chargés d’études environnementales, agent en charge de trouver le foncier) sont les plus exposés : 15 à 25 % de ces postes seraient menacés.

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Pas de PPE, disparition de la filière craignent les syndicats

Les causes sont connues : retard de publication de la PPE, absence d’appels d’offres pour 2026, baisse des tarifs et incertitude politique. Les appels d’offres sont bloqués et le gouvernement laisse toujours planer le doute sur la date de publication de la PPE. Une mission Lévy-Thuot pour « repenser le soutien public aux énergies renouvelables et au stockage d’électricité », un plan pour relancer la demande en électricité, autant de moyens de temporiser employés par le gouvernement.

Selon l’avocat Arnaud Gossement sur Linkedin, la filière subit une « casse politique, industrielle et sociale ». Le SER, Enerplan et autres syndicats se mobilisent. Roland Lescure, ministre de l’économie, cherche à rassurer quant à la sortie de la PPE.

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Hydrogène : suppression d’emplois chez Lhyfe

Même si le chiffre d’affaires de Lhyfe progresse en 2025, proche de 10 millions d’euros, le producteur d’hydrogène vert prépare une réduction massive de ses effectifs, symptôme des difficultés structurelles du secteur, révèle La Tribune.

La trajectoire de Lhyfe montre les contradictions économiques de la filière de l’hydrogène vert. En 2025, l’entreprise nantaise a presque doublé son chiffre d’affaires, proche des 10 millions d’euros. L’entreprise communique plus sur sa performance financière que sur la suppression d‘emplois à venir.

Selon les informations de La Tribune, la start-up prévoit de supprimer près de la moitié de ses effectifs, soit une centaine de postes sur les 196 salariés. Le projet, annoncé aux équipes fin 2025, concernerait l’ensemble des métiers et plusieurs pays européens. Contactée par La Tribune, la direction confirme l’existence d’une procédure en cours sans en valider les ordres de grandeur.

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L’H2 peine à trouver son marché

Lhyfe fait face à un contexte économique morose pour la filière. Son premier appel d’offres vient à peine d’être publié. Elle a bâti son développement sur la production d’hydrogène par électrolyse, à partir d’électricité renouvelable.

Trois sites sont aujourd’hui en service en France mais les débouchés tardent à se structurer. La Cour des comptes étrillait la stratégie française centrée sur les mobilités.

Et ce pari de la mobilité hydrogène n’a pas tenu ses promesses. Bus, poids lourds et utilitaires peinent (encore ?) à trouver leur marché. Le prix de l’hydrogène vert reste élevé, entre 10 et 20 euros le kilogramme. À titre de comparaison, l’hydrogène d’origine fossile s’achète à moins de 2 euros. En parallèle, les technologies de batteries électriques progressent rapidement, réduisant l’intérêt économique de l’hydrogène pour certains usages.

Lhyfe est contrainte d’abandonner plusieurs projets ou de les reporter, faute de clients ou de soutiens publics suffisants. L’entreprise entend désormais cibler prioritairement les usages industriels et les raffineries et d’autres marchés européens comme l’Allemagne et les pays scandinaves.

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Panneaux photovoltaïques : une explosion des prix est à prévoir !

Après des années de baisse, les prix des panneaux solaires montent et leur hausse pourrait s’accélérer en 2026.

Les matières premières flambent. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le prix des panneaux solaires. L’argent monte en flèche. Sa part dans le coût de production a explosé en deux ans. Les industriels tentent de réduire les quantités utilisées mais ses propriétés le rendent indispensable. Sans succès suffisant. Les hausses sont désormais répercutées sur les prix de vente.

La situation fragilise un secteur déjà sous tension. Les fabricants sortent de plusieurs années de guerre des prix. Les surcapacités, surtout en provenance de Chine, ont écrasé les marges des fournisseurs. Pour certains, augmenter les prix est une question de survie.

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Fin des aides chinoises à l’export

La Chine accuse aussi le coup. Pékin mettra fin, le 1er avril 2026, aux aides fiscales à l’exportation sur les panneaux solaires. Elle marque la fin d’une période de soutien massif à une industrie tournée vers l’export. Selon le grossiste PVXchange interrogé par GreenUnivers, les prix pourraient augmenter de 20 à 30 % sur certains segments.

Les usines chinoises accélèrent déjà les livraisons avant l’échéance. Puis les cadences devraient ralentir. L’offre pourrait se tendre rapidement.

La demande, elle, reste élevée. Les objectifs climatiques soutiennent le déploiement du solaire. Nous écrivions sur le record d’installation de panneaux en France, battu presque chaque année. L’électrification des usages, même si elle est lente, est en marche. Et la recherche d’indépendance énergétique renforce l’intérêt pour le photovoltaïque. Avec l’éolien, ils ont produit plus d’électricité que les fossiles.

Les alternatives technologiques existent. Certains industriels envisagent de remplacer l’argent par du cuivre. Mais les risques sont importants car cela impacte par exemple la durée de vie des panneaux et les garanties dépassent souvent vingt ans.

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Aura-t-on trop de gaz dans les années à venir ?

Le marché gazier mondial passe de tendu à abondant. Les capacités de production et d’importation de gaz explosent et la demande progresse plus lentement que prévu (voire même baisse en Europe). La situation devient surcapacitaire.

Plus de 300 milliards de mètres cubes par an de nouvelles capacités de gaz naturel liquéfié (GNL) doivent entrer en service dans le monde d’ici à 2030. C’est colossal. C’est près de 80 % de la consommation annuelle de l’Union européenne. Jamais l’industrie gazière n’avait engagé autant de projets sur une période aussi courte. Les États-Unis concentrent près de la moitié de ces nouvelles capacités. Le Qatar et le Canada juste derrière. Ces investissements ont été décidés entre 2019 et 2023, dans un contexte de prix élevés et de fortes tensions géopolitiques. La guerre en Ukraine a servi de déclencheur.

En Europe, nous avons lancé des constructions à tour de bras. Aujourd’hui, les capacités d’importation de GNL dépassent largement nos besoins. En 2024, l’Union européenne et le Royaume-Uni ont consommé environ 380 milliards de mètres cubes de gaz contre plus de 450 milliards avant la crise. Près de 40 % de ces volumes provenaient du GNL.

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Un terminal méthanier flottant bientôt abandonné

Et cette baisse de la demande s’installe dans la durée du fait de la sobriété énergétique rémanente, la fermeture d’industries et le remplacement par les renouvelables. Les prix se sont naturellement détendus. Le marché anticipe un gaz vendu autour de 25 euros le mégawattheure (€/MWh) en 2027, puis proche de 22 €/MWh en 2030.

Les premiers signes de surcapacités sont visibles. En France, l’État mettra fin à l’exploitation du terminal méthanier flottant du Havre le 8 mai 2026. Mise en service dans l’urgence, cette infrastructure peut décharger jusqu’à 5 milliards de mètres cubes par an. Elle a été très peu utilisée depuis 2023, au point que son maintien n’est plus jugé nécessaire dans un marché désormais détendu.

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La France ne sera plus le hub européen ?

Dans le même temps, la France cherche à consolider son rôle de porte d’entrée du gaz en Europe. Depuis 2022, elle est devenue un point de transit, avec l’Espagne, et des prix du gaz hors taxes inférieurs à ceux de plusieurs pays voisins, plus des recettes permettant de financer les réseaux. Mais cette stratégie de « hub gazier » ne pourra peut-être pas durer.

En effet, certaines dispositions du projet de loi d’adaptation au droit de l’Union européenne prévoient des sanctions en matière de limitation des fuites de méthane. Frédéric Marin (président de France Gaz) juge ainsi que « les États-Unis, le Qatar et l’Algérie ne sont pas disposés à agir contre les fuites ».

Les États-Unis fournissent aujourd’hui 58 % du GNL importé par l’UE. Et cette dépendance inquiète Bruxelles. La Commission cherche à diversifier ses fournisseurs vers le Canada, le Qatar ou l’Afrique du Nord. Sans baisse rapide de la demande, la part du GNL américain pourrait atteindre 75 à 80 % d’ici à 2030. Jean-Luc Mélenchon s’est par ailleurs montré favorable à « remettre Nord Stream en route » pour « faire baisser d’un seul coup le prix de l’énergie en Europe », lui qui s’inquiète de la dépendance avec les EU.

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