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Fin de la production automobile à Poissy : quel avenir pour le site historique après 90 ans ?

L’usine Stellantis de Poissy, en activité depuis 1938, s’apprête à cesser l’assemblage de véhicules au profit de nouvelles activités industrielles promet-on. Le groupe investit plus de 100 millions d’euros pour transformer le site francilien d’ici 2030, avec pour objectif affiché de maintenir 1 000 postes ouvriers.
Du côté des syndicats, on se montre inquiets.

Un tournant stratégique après 2028

Le site historique de Poissy va progressivement abandonner sa vocation première. Si la fabrication de voitures neuves est confirmée jusqu’à la fin de l’année 2028, Stellantis prépare déjà la reconversion totale du complexe. Ce projet de transformation, chiffré à plus de 100 millions d’euros, vise à adapter l’outil industriel aux nouveaux cycles de vie des véhicules et à l’économie circulaire.

Quatre nouveaux pôles industriels

La mutation du site s’articulera autour de quatre domaines d’activité complémentaires qui seront pleinement opérationnels d’ici 2030 :

  • Production de composants : Le site fabriquera des pièces et sous-ensembles pour les véhicules neufs et le service après-vente. Cet axe nécessite la modernisation des ateliers de ferrage et de peinture, ainsi que l’installation d’une nouvelle ligne d’assemblage moteurs et d’une troisième ligne de presse pour l’emboutissage.
  • Économie circulaire : Une unité dédiée au démontage et au reconditionnement de pièces d’occasion sera créée pour permettre leur commercialisation.
  • Transformation de véhicules : L’usine assurera la préparation de séries spéciales, de véhicules de compétition ou l’aménagement d’utilitaires pour les flottes d’entreprises.
  • Impression 3D et prototypage : Un centre sera consacré à la fabrication de pièces en petites séries par impression 3D et à la réalisation de prototypes pour la recherche et développement (R&D).

Impact sur l’emploi et les compétences

Cette transition industrielle redéfinit le paysage social de l’usine. Stellantis annonce le maintien de 1 000 postes ouvriers à l’horizon 2030. L’entreprise précise que l’évolution des effectifs s’appuiera sur la pyramide des âges, privilégiant les départs naturels et le volontariat. Parallèlement, des programmes de formation seront mis en place pour accompagner les salariés vers les nouveaux métiers induits par ces activités, notamment dans la fabrication additive et le reconditionnement.

L’outil industriel français n’en finit pas de se contracter. Si on se concentre sur l’automobile, la production a atteint un maximum vers 2004 avec plus de 3,65 millions de véhicules « made in France ». Désormais, on peine à atteindre 1,5 million, utilitaires compris. Et c’est tout l’écosystème industriel qui gravite autour de la production qui en pâtit : siège, feux, collecteurs fonte, carters, etc.

Ici, Stellantis le jure, l’avenir de Poissy est assuré. Cependant, certains syndicats se méfient et estiment qu’il va falloir rester vigilants. Certains salariés de Poissy travaillaient avant à Aulnay, site fermé en 2014.

Une usine au passé riche

1938-1954 : L’empreinte américaine de Ford

L’histoire commence en 1938 sous l’impulsion de Ford. Le constructeur américain cherche alors à s’implanter durablement en France et choisit Poissy pour sa situation stratégique, en bord de Seine et à proximité des voies ferrées. Le site, ultra-moderne pour l’époque, est conçu pour la production de masse. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’usine subit des bombardements alliés avant de reprendre sa vocation civile dès 1946. C’est ici que naîtra la célèbre Ford Vedette, modèle phare de l’immédiat après-guerre.

1954-1978 : L’âge d’or avec Simca et Chrysler

En 1954, Ford cède le site à Simca (la « Société industrielle de mécanique et carrosserie automobile »). Sous la direction d’Henri Théodore Pigozzi, l’usine devient le bastion de la marque et connaît une expansion fulgurante. Le site est agrandi pour devenir l’un des plus performants d’Europe, produisant des modèles iconiques comme l’Aronde, l’Ariane ou la Simca 1000. Dans les années 1960, le géant américain Chrysler prend progressivement le contrôle de Simca. À son apogée, au milieu des années 1970, l’usine est une véritable « ville dans la ville » employant près de 27 000 salariés.

1978-2021 : L’ère PSA et le renouveau de Talbot

En 1978, face aux difficultés de Chrysler Europe, le groupe PSA Peugeot Citroën rachète l’usine. Il ressuscite pour l’occasion la marque Talbot, qui devient l’identité visuelle du site pendant près d’une décennie. Poissy voit alors défiler sur ses chaînes des succès populaires majeurs : la Talbot Horizon, puis les Peugeot 205, 306, 206 et 207. Plus récemment, le site s’était spécialisé dans les véhicules urbains et premium du groupe, produisant notamment la DS 3 Crossback et l’Opel Mokka.

2021-2030 : Vers une nouvelle identité industrielle

Avec la création de Stellantis en 2021 (fusion de PSA et Fiat Chrysler), le site entre dans une phase de rationalisation. Après 90 ans de production ininterrompue et des millions de véhicules sortis de ses lignes, Poissy s’apprête à tourner définitivement la page de l’assemblage automobile en 2028. Ce virage vers l’économie circulaire et les services industriels marque la fin d’une ère, mais assure la pérennité d’un site qui aura survécu à tous les bouleversements de l’industrie automobile française.

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La Toyota Yaris Cross restylée arrivera en juin avec deux motorisations hybrides

Le SUV compact de Toyota, produit dans le Nord, fait peau neuve avec une face avant redessinée et des équipements enrichis. Deux motorisations hybrides de 116 et 130 ch sont proposées, en traction ou intégrale.

Une nouvelle identité visuelle pour le SUV made in France

Toyota présente une version actualisée de sa Yaris Cross, fabriquée à Onnaing dans le Nord de la France. Le SUV compact adopte une nouvelle calandre avec motif en nid d’abeille, peinte dans la couleur de la carrosserie. Les optiques LED ont été redessinées et les feux de jour sont désormais de série. On peut également remarquer que le logo Toyota migre un peu plus au nord et que le bouclier a des arêtes plus marquées.

Deux nouvelles teintes font leur apparition : le Bronze Sonora, disponible uniquement en biton avec toit noir, et le Gris Célestine qui remplace l’ancien Gris Minéral. De nouvelles jantes alliage de 17 pouces (finition Design) et 18 pouces (finition Trail) sont proposées.

Évolutions à bord

L’habitacle reçoit des inserts platine sur les contre-portes et le bandeau du combiné d’instruments. La finition Design hérite des sièges sport enveloppants, auparavant réservés à la version Trail, avec surpiqûres contrastées à trois tons.

La finition Trail adopte une nouvelle sellerie intégrant le matériau SakuraTouch, composé de PVC d’origine végétale, de déchets de liège et de PET recyclé. Selon Toyota, ce matériau réduit de 95 % les émissions de CO₂ lors de la production du tissu par rapport au cuir traditionnel.

Un éclairage d’ambiance et un chargeur sans fil apparaissent à partir de la finition Design. La version Trail reçoit un hayon électrique de série.

Une version GR SPORT plus dynamique

La Yaris Cross GR SPORT se distingue par un bouclier avant spécifique, des jantes alliage usinées de 18 pouces et une suspension optimisée. Elle est proposée uniquement en traction avec la motorisation hybride 130 ch.

À l’intérieur, des sièges sport spécifiques avec sellerie en suédine grise et surpiqûres rouges sont installés. Des logos GR ornent les appuie-têtes et le volant, tandis que des inserts anthracite habillent les contre-portes et le combiné d’instruments.

Deux motorisations hybrides au programme

La motorisation Hybride 130 constitue le cœur de gamme. Elle développe 130 ch (96 kW) pour un couple de 185 Nm, avec un 0 à 100 km/h en 10,7 secondes. Les émissions de CO₂ s’établissent entre 100 et 115 g/km selon les configurations. Cela correspond à une consommation de 4,4 à 5,0 l/100 km en cycle mixte WLTP. Cette motorisation est disponible en traction ou en transmission intégrale AWD-i.

La motorisation Hybride 116 est désormais limitée à la finition d’entrée de gamme Dynamic, en traction uniquement. Elle offre 116 ch (85 kW) et 141 Nm de couple, avec des émissions de 100 à 101 g/km et une consommation de 4,4 à 4,5 l/100 km.

Un modèle leader en Europe

Lancée en 2021, la Yaris Cross est le modèle le plus vendu de Toyota en Europe. C’est aussi le SUV du segment B le plus diffusé toutes marques confondues, avec plus de 200 000 exemplaires commercialisés en 2025. En France, elle est le modèle étranger le plus vendu du segment B-SUV. Le côté « made in France » doit jouer son rôle.

La banquette arrière peut accueillir trois passagers et se rabattre en trois parties (40:20:40) selon les finitions. Les systèmes de sécurité Toyota T-Mate et Toyota Safety Sense sont inclus, avec une assistance au freinage en stationnement de série. Les finitions Trail et GR SPORT ajoutent la surveillance des angles morts.

Le système multimédia Toyota Smart Connect, de série à partir de Design, intègre une navigation cloud et une reconnaissance vocale. La compatibilité sans fil avec Apple CarPlay et Android Auto est proposée.

Disponibilité

La nouvelle Yaris Cross sera proposée en quatre finitions : Dynamic, Design, Trail et GR SPORT. Les commandes ouvriront en juin 2026.

Notre avis, par leblogauto.com

Comme souvent, ce « facelift » est fait « à peu de frais » pour la partie esthétique. Néanmoins, elle change la Toyota. Cette calandre inédite la remet un peu au goût du jour. Toyota en profite pour remettre à jour aussi les équipements et finitions.

Il faut bien continuer la « success story ».

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Renault va supprimer jusqu’à 2 400 postes d’ingénieurs

Le groupe Renault prévoit de réduire ses effectifs d’ingénierie de 15 à 20 % d’ici deux ans, soit entre 1 600 et 2 400 postes sur un total mondial de 11 000 à 12 000. La France, qui concentre la moitié de ces effectifs, pourrait également être concernée, bien que le constructeur n’évoque aucun licenciement sec.

Une réduction mondiale sur deux ans

Après une information sortie par le quotidien Ouest-France, le constructeur automobile français a confirmé mardi sa volonté de diminuer le nombre de postes d’ingénieurs au niveau mondial. Cette décision s’inscrit dans la continuité de la stratégie du groupe pour 2030, présentée en mars dernier. Une trajectoire qui va à l’opposé de certains concurrents.

Philippe Brunet, responsable mondial des technologies, a présenté ces derniers jours une feuille de route interne définissant cet objectif. Le groupe Renault emploie au total 100 000 personnes dans le monde.

Pas de licenciements, mais des reconversions

Le porte-parole du groupe a précisé qu’aucun licenciement sec n’était prévu. Renault indique étudier plusieurs pistes : reconversion, évolution des compétences ou encore départs anticipés. Au final, ce sont tout de même 20 % des effectifs d’ingénieurs qui pourront être supprimés.

La France maintient les activités stratégiques

Toutes les activités à forte valeur ajoutée demeureront en France, notamment au Technocentre de Guyancourt, en région parisienne. La stratégie d’ingénierie, le développement de nouvelles technologies et la conception en amont y seront maintenus selon le groupe Renault.

La moitié des effectifs d’ingénieurs du groupe se trouve actuellement sur le territoire français.
La France ne sera donc pas épargnée par ce plan. Le nombre précis de postes supprimés devra être déterminé dans chacun des pays disposant de centres d’ingénierie. Cela concerne : Roumanie, Inde, Corée du Sud, Espagne, Maroc, Turquie et Brésil.

Un contexte automobile tendu

Vendredi dernier, le groupe Stellantis avait annoncé la suppression de 650 postes d’ingénieurs sur son site de recherche et développement Opel à Rüsselsheim, en Allemagne, sur un total de 1 650 actuellement.

Dans le même temps, les constructeurs chinois recrutent des ingénieurs pour pouvoir lancer de plus en plus rapidement de nouveaux modèles et pousser la R&D. Deux salles, deux ambiances.

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