Rodolphe Saadé au Figaro : «La gestion de crise, c’est l’état d’esprit actuel de CMA CGM»

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Toile de fond iconique aux trames de films comme « Minuit à Paris », « Moulin Rouge », « Inception », « La La Land » et « Ratatouille », la Ville Lumière attire, fascine et fait rêver tout autour du globe. Ce n’est pas un hasard si 38 millions de personnes viennent la visiter chaque année. Alors, à quelques jours du scrutin municipal, tirer le bilan de l’édile sortante n’est pas chose aisée, car il s’agit d’analyser les effets de sa politique sur une ville qui dispose de sa propre force d’attractivité et d’un nom qui se chante dans toutes les langues.
Pourtant, c’est un exercice nécessaire, car Paris n’est pas une ville musée. Plus de 2 millions de personnes y résident et tout autant y travaillent tous les jours. Et leur quotidien ne se résume pas à visiter le Louvre, se prélasser en terrasse à Saint-Michel ou prendre un selfie devant la tour Eiffel. C’est là toute la difficulté d’administrer un symbole comme Paris : éviter que la carte postale des touristes ne devienne un cauchemar pour les résidents.
Élue pour la première fois il y a douze ans à la mairie de Paris après en avoir été la première adjointe, Anne Hidalgo a été réélue en 2020, ce qui a constitué une petite surprise à l’époque, tant l’insatisfaction d’une partie des habitants semblait être importante. D’autant plus qu’elle n’a jamais su gagner son propre arrondissement, le XVe, indéfiniment destiné à la droite.
Pour comprendre l’ampleur du gâchis, revenons douze ans en arrière, au moment où Bertrand Delanoë transmet les clés de la ville à Anne Hidalgo. Il lui a légué une ville dynamique, à la dette (bien que non négligeable) maîtrisée, et dont l’attractivité internationale demeurait sans égale. Paris était alors régulièrement classée parmi les trois premières métropoles mondiales dans les grands indices de compétitivité. Le réseau de transports en commun, dense et structurant, constituait l’épine dorsale d’une mobilité urbaine enviée. Le lancement du Vélib’ en 2007 avait fait de Paris la capitale mondiale du vélo en libre-service. L’autopartage avec Autolib’ fonctionnait plus ou moins. Les berges de Seine étaient encore accessibles aux voitures, permettant une circulation fluide sur les axes structurants.
Un héritage à faire fructifier. À l’image du mobilier urbain traditionnel et parfois centenaire mis au rebut, il a été au contraire méthodiquement détricoté par une idéologie faisant primer l’affichage politique sur le pragmatisme opérationnel. Dès les premières années du mandat, une orientation nette s’est dessinée : Paris serait un laboratoire de la transformation écologique et sociale, quitte à bousculer les équilibres en place faisant le sel de la ville. L’ambition n’est pas critiquable en soi. Ce qui l’est, c’est la manière dont elle a été conduite : sans concertation réelle ni évaluation rigoureuse des effets induits de manière ex ante, et surtout sans considération suffisante pour les finances de la collectivité.
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Je suis cette ville que le peuple gaulois des Namnètes fonda vers le Ier siècle avant notre ère. Cette ancienne cité industrielle meurtrie par la fermeture de ses chantiers navals, qui a su opérer une mue spectaculaire. Cette ville que tout le monde voulait habiter et qui compte aujourd’hui environ 330 000 personnes.
Me voilà, comme les autres communes françaises, devant passer le test des élections municipales (15 et 22 mars). Elles verront ma maire sortante, favorite du scrutin, la socialiste Johanna Rolland, briguer un troisième mandat, à la tête d’une liste d’union de la gauche, hors LFI. Elle sera confrontée à Foulques Chombart de Lauwe, candidat de la droite et du centre soutenu par LR, Horizons, Renaissance et Modem, mais aussi à l’insoumis William Aucant, à Jean-Claude Hulot pour le Rassemblement national, à Margot Medkour, se présentant sous les couleurs de Nantes populaire (extrême gauche), et au centriste Mounir Belhamiti.
Niveau indicateurs économiques, ma croissance reste flatteuse, affichant +1,1 % par an sur les 10 dernières années, quatre fois plus que la moyenne nationale. Chaque semaine, je vois arriver près de 80 nouveaux venus.
Ce dynamisme tient à la jeunesse que j’aimante (âge médian : 33 ans), à mon pôle universitaire et à un marché tertiaire attractif. Mais si j’attire, je ne retiens plus forcément. Une partie significative des familles et des seniors s’éloigne vers la seconde couronne métropolitaine ou les départements voisins, chassée par le coût du logement.
Car ici comme ailleurs, le logement est devenu un nœud gordien. Mon parc social est saturé. Seules 19 % des demandes aboutissent, et à peine 12 % pour les ménages dont les revenus sont inférieurs à 500 euros par mois. Cette tension résulte d’un effet ciseau désormais bien établi : une baisse durable de la production de logements sociaux, conjuguée à une flambée des prix de l’immobilier ancien, qui ont progressé quatre fois plus vite que les revenus en vingt ans.
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