Vue lecture

J’ai demandé à la Luna…

Le service de jeux en streaming d’Amazon, Luna, vient d’opérer de petits changements. Oh, rien de grave, des trucs imperceptibles pour les joueurs comme supprimer la possibilité d’acheter de nouveaux jeux. Et pour que cela soit totalement indolore, les jeux et les abonnements tiers achetés avant le 10 avril seront carrément supprimés de vos bibliothèques. Aucun remboursement ne sera accordé, sinon cela ne serait pas drôle. Amazon pousse la blague jusqu’à préciser que si les jeux ont étés achetés sur d’autres plateformes, ils continueront d’être jouables là-bas, donc tout va bien. Les utilisateurs actifs de Luna auraient pu se regrouper pour intenter une class action contre le géant américain, mais il faut être plus que huit, dommage. P.
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Black bloc d’escalade

Les gens de The Game Bakers n’ont absolument aucun sens du commerce. Après le succès, mérité, de leur excellent jeu d’alpinisme Cairn, le studio avait pourtant bien enchaîné en commençant à préparer des DLC. C’était malin, fait dans un bon timing et le premier DLC arriverait cet été pour ajouter de nouveaux terrains d’entraînement et des défis avec des falaises surplombant l’eau. Un sans-faute. Et soudain, l’erreur bête : tout cela sera gratuit. C’est n’importe quoi, comment voulez-vous que la productivité nationale et les revenus du Made in France reprennent du poil de la bête si même les succès francophones se mettent à s’offrir sans aucune contrepartie ? À l’heure des game as a service et des skins Fortnite, cette exception culturelle nous semble désuète et contre-productive. Déjà qu’ils ne veulent pas faire leurs jeux avec de l’IA, pfffff, pauvre France. P.
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Une famine en or

Les gens n’ont plus le sens des priorités. Partout, on nous explique que l’information du moment, le truc à ne pas rater est le périple de la mission Artemis II autour de la lune ou, pour les plus politisés, le conflit en Iran et le détroit d’Ormuz. Or, tout cela n’est rien face à la véritable actualité, l’onde de choc qui parcourt le monde depuis la iii initiative et l’annonce inattendue de Klei : sonnez hautbois, résonnez musettes, Don’t Starve est de retour avec une suite, Don't Starve Elsewhere. Un épisode coopératif fidèle à la licence, mais qui semble apporter quelques nouveautés, comme une prise en compte de la hauteur dans les décors, et une survie que le studio promet « intense et sans concession ». Aucune date de sortie annoncée encore, il est donc temps de thésauriser vos RTT et jours de congés pour tout poser en une fois le jour J. Moi, en tout cas, c’est mon plan. P.
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Salauds de jeunes !

Un papier intéressant d’Anna Siaredzich, cofondatrice de Swame Art Inc, chez nos confrères du site Gamesindustry revient sur les conséquences de la vague de licenciements sans précédent dans l’industrie du jeu vidéo (près d’un quart des emplois, selon un rapport GDC). Selon elle, au-delà des drames humains impliqués, c’est une réelle perte de savoir-faire institutionnel, de capacité de décision et de jugement, car beaucoup de ces emplois étaient ceux de seniors. Or, si les promesses de l’IA – ou ses mirages – sont tournées vers l’automatisation (et le coût moindre) de tâches, elle estime que « l’automatisation ne supprime pas la complexité ; elle la déplace ». En gros : sous pression, même si la production avance, la résolution des problèmes rencontrés repose sur les vieux de la vieille, ceux qui ont assez de bouteille pour lever les ambiguïtés et assurer le lien entre les sources, les équipes et les étapes. Bref, la future stabilité repose, pour Anna, sur la pérennisation des emplois des plus vieux, une bonne nouvelle pour ackboo et Ivan Le Fou. P.
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The new Pope

Lucas Pope a peur. Il regarde par-dessus son épaule en permanence, guette les mouvements autour de lui, sursaute au moindre bruit. La star des jeux indés n’a pas peur des feux de la rampe, mais de Skynet qui le surveille. Lors d’un épisode du podcast Mike & Rami Are Still Here, avec Mike Rose et Rami Ismail, il a avoué ne pas trop s’épancher sur les détails de son jeu en développement, de peur de se faire piquer son concept par l’IA. En gros, Lucas craint que ses interviews ne deviennent des prompts pour ChatGPT ou Gemini. « Ce n’est pas une règle stricte », précise-t-il, ce qui signifie que son silence est, sans doute, aussi lié à sa faible envie de révéler trop de choses trop tôt, ou tout simplement de se taper des interviews trop longues à longueur de temps. Moscou se refuse à tout commentaire. P.
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The Dark Rites of Arkham

Amis pointeurs-cliqueurs, réjouissez-vous. Le développeur solo José María Meléndez continue de garder le genre en vie, et affine sa patte de jeu en jeu.
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Ranger’s Path : National Park Simulator

Enfant, quand j’entendais « Ranger », je visualisais immédiatement Chuck Norris, des coups de pied retournés, des flingues et des répliques badass. Grâce à ce jeu, désormais, je verrai des journées plus chiantes que dans un open space d’experts-comptables dépressifs, et des tournevis.
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Timberborn

Après des années d’accès anticipé, Timberborn est enfin là ! Pour vous dire à quel point ce city-builder m’excitait, sachez que j’ai volontairement refusé d’essayer son accès anticipé dans le seul but de pouvoir profiter pleinement de cette version 1.0. Je ne regrette rien.
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Blossom : The Seed of Life

Vous souvenez-vous d’Opportunity ? Je suis sûr que non, dans cette société où une star en remplace une autre en permanence, vous n’avez d’yeux, depuis des années, que pour Curiosity et sa gueule d’ange. Moi, je pense souvent à Opportunity.
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Kumata

J’en ai marre des niaiseries à la Pierre de Coubertin. « L’important c’est de participer gna gna gna », que dalle, c’est la loi de la jungle. Je préfère suivre la philosophie de Conan (le théoricien) : « Écraser ses ennemis, les voir mourir devant soi et entendre les lamentations de leurs femmes. » Justement, ici, on va écraser.
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Télex

Le très bon Wednesdays, chez Arte Interactive‬, des Français Pierre Corbinais et The Pixel Hunt arrive sur mobile. Pas de quoi fouetter un chat, me direz-vous ? Non, car le sujet (l'inceste) est rarement traité et que cette version sera totalement gratuite pour tous sur iOS et Android, dès le 25 mars. P.
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Pour cent V-Bucks, t’as plus rien

L'inflation est partout, ma bonne dame. Même Fortnite n'y échappe plus, Epic Games ayant annoncé une augmentation du prix de sa monnaie virtuelle, les V-Bucks. L'éditeur évoque « des coûts d'exploitation [qui] ont considérablement augmenté » et explique : « Nous ajustons les prix afin de couvrir nos dépenses ». Une autre manière de voir les choses est peut-être de se demander si la poule aux œufs d'or d'Epic ne commencerait pas à battre un peu de l'aile. Le jeu a rapporté jusqu'à 9 milliards de dollars les années les plus fastes, mais, tel le pétrole des Saoudiens, toutes les bonnes choses ont une fin. Vous verrez, bientôt des files d'attente se créeront devant les magasins de skins, les microtransactions donneront lieu à des tickets de rationnement et Epic rachètera Workers & Resources : Soviet Republic pour assurer sa relance. P.
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Scott Pilgrim EX

Je n’ai jamais cru en la fameuse « crise d’adolescence » inévitable. Pas en tant que passage obligé et révolté en tout cas. Je crois fermement, par contre, que certains ados sont de vrais demeurés, et qu’ils deviendront vraisemblablement des adultes dysfonctionnels.
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Télex

Un rapport de Newzoo prévoit que les revenus issus du PC vont dépasser ceux des consoles dès 2028. Enfin, enfin arrive ce moment où les chiffres vont obliger les plus dubitatifs à reconnaître la suprématie de la Master Race, comme la nature l’a voulu. Très logiquement, Canard PC devrait donc devenir un média de masse, et racheter l’empire Bolloré avant 2030. P.
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Oh, un nouveau Ted Lasso !

Une annonce surprise du studio Kintsugiyama, fondé par Jeff Kaplan, l’ex-monsieur Overwatch chez Blizzard, avec la présentation de leur prochain, et premier jeu : The Legend of California, un monde ouvert chez les cow-boys, qui semble s’inspirer très, très fort du look et du style de Red Dead Redemption 2, mais avec un aspect crafting, collaboratif et construction en cadeau bonus. Aucune date de sortie officielle, mais une alpha publique est prévue dès mars, suivie d’un accès anticipé sur Steam plus tard. On vous en reparlera donc bientôt. C’est bien de voir Jeff Kaplan se remettre en selle après sa rupture difficile avec Blibli, on espère juste qu’il ne cherchera pas à lancer une ligue d’e-sport dans l’Ouest américain. P.
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La dette à la maison

Mauvaise nouvelle pour le studio Nagoshi, fondé par Toshihiro Nagoshi, vétéran de Sega pendant 30 ans, et surtout connu pour son travail sur la franchise Yakuza/Like A Dragon. Leur premier projet, Gang of Dragon, a besoin d’au moins 45 millions de dollars supplémentaires et, en voyant le devis, son principal investisseur, NetEase, vient de décider de couper les vannes dès mai 2026. Selon Bloomberg, « le studio a été informé par NetEase que, bien qu’il soit libre de poursuivre ses activités de manière indépendante, il devra assumer les coûts afférents s’il souhaite conserver ses actifs ou sa marque, NetEase n’est disposé à négocier que si le studio est en mesure de financer sa sortie ». Bref, ça sent le sapin vu l’état du secteur, et on peut s’en désoler vu les images assez prometteuses révélées jusque-là. P.
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Itère des hommes

Avalanche Studios (notamment à l'origine des Just Cause et du très bon Mad Max) a connu un bon paquet d’annulations de jeux et seules les ventes de son simulateur de chasse The Hunter : Call of the Wild lui permettent de se maintenir à flot. Le studio, comme l’explique Emma Farrow, sa directrice éditoriale, a toutefois intégré ces revers comme une forme de méthode de R&D à balles réelles. Désormais, l'idée est de partir sur des concepts de jeux issus de plusieurs petits groupes d’employés, qui ont ensuite quatre mois pour présenter un prototype jouable à une communauté de testeurs. Si le projet plaît, il repart pour quatre mois de développement, avant de repasser à l’examen – et ainsi de suite jusqu’à sa sortie ou jusqu'à ce que le couperet tombe. Selon Farrow, c’est une approche qui a démontré son efficacité dans l'industrie mobile, et Avalanche compte ouvrir sa plateforme communautaire à d’autres studios, sans les financer pour autant. Selon les rumeurs, la méthode pourrait également être étendue aux RH de l’entreprise, avec un battle royale mensuel à l’arme blanche, déterminant la répartition des primes. C’est beau le capitalisme. P.
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Mozaïk

Un jour, un papa Mot Malin a rencontré une maman Dixit, ils se sont aimés très fort et le fruit de leurs entrailles arrive aujourd’hui. De sa maman, il a pris sa beauté renversante, son sens de l’esthétique ; de son papa, une logique de grille. Ce qu’il apporte de nouveau à la famille : une mauvaise foi délicieuse.
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Blanche-Neige et les sceptre nains

Parfois, un communiqué de presse arrive dans nos boîtes mail surchargées et son titre hurle « Lis-moi, lis-moi, ça ne peut pas être vrai ! ». Que dire de celui qui a déboulé cette semaine pour nous annoncer le nouveau projet du studio Magic Spark : ils vont faire un Crusader Kings dans Roblox. Je vous laisse un instant pour digérer l’info, vomir un peu éventuellement. Ça va mieux ? Après des jeux Roblox sur Conan et My Little Pony (ce que j’appelle du grand écart éditorial pour un développeur), c’est donc sur le meilleur jeu de la terre que vont s’abattre des charrettes de bouse cubiques. C’est un projet on ne peut plus officiel et sérieux, en partenariat avec Paradox Arc, la branche maison spécialisée dans les jeux plus modestes ou expérimentaux. On nous promet de « plonger dans des situations cocasses et des drames au cœur du Moyen Âge », et pour une fois, un mot est bien choisi dans un communiqué de presse. En effet, c’est cocasse. P.
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Railroad Tiles

Amis lecteurs, vous commencez à me connaître et savez mon amour du chaos, du hasard, de l’injustice, des dés et des coups de Jarnac. C’est la vie que j’ai choisie, et elle me plaît. Mais il faut l’admettre, c’est parfois mentalement épuisant. En jouant à Railroad Tiles, je décompresse, je me détends, je récupère.
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