Le JEDEC, organisme en charge de la publication de la norme, annonce les spécifications de l’UFS 5.0. Et le point phare de cette norme est la vitesse promise par le format. En effet, les débits en écriture et en lecture séquentielles atteindraient les 10.8 GB/s.
C’est presque deux fois le débit du PCIe 4.0 NVMe employé encore aujourd’hui sur la majorité des PC. L’UFS 5.0 ferait bien mieux que les 5.8 GB/s de ce format de référence ou que les 4.2 GB/s de l’UFS 4.0. Une bonne nouvelle sur le papier mais encore très théorique pour trois bonnes raisons.
D’abord, il y a du temps entre l’annonce d’une norme comme cet UFS 5.0 et la sortie d’un éventuel produit commercial. Encore plus de temps si on veut que le produit soit financièrement accessible. Cela nous mène à la seconde raison, qui est que la période est pour le moins compliquée. Les solutions de stockage innovantes et rapides n’ont aucune raison d’être disponibles pour le grand public ni même proposées à un prix abordable. Il faudra donc du temps pour que ce genre de puce soit intégrée et encore plus pour qu’elles descendent des produits les plus haut de gamme vers un milieu de gamme accessible. On se doute que les premiers clients de ce format seront les fabricants de smartphones.
Troisième point, est-ce vraiment souhaitable de voir proliférer les stockages de ce type dans des ordinateurs personnels ? Certes un portable en UFS 5.0 sera plus rapide, mais il sera également irréparable en cas de pépin technique sur le stockage. Entre les processeurs, la mémoire et le stockage soudés, l’obsolescence d’un engin ne serait plus liée qu’à la première faille technique d’une des puces.
Les fournisseurs classiques de puces UFS sont sur les rangs. Samsung, SK Hynix, Sandisk, KIOXIA et Mediatek sont d’ores et déjà impliqués. Ce qui veut dire qu’ils ont probablement choisi d’acquérir une licence d’exploitation du format. Kioxia indique avoir déjà expédié des prototypes de puces de 512 Go et 1 To de tout petit format. On parle de modules mesurant 7.5 par 13 mm seulement. De quoi glisser facilement 2,3 ou même 4 To très rapides dans un smartphone ou une tablette. Ces puces sont très en avance sur la production de masse et ne serviront qu’à établir des circuits fonctionnels chez les intégrateurs.
Block, la fintech de Jack Dorsey, vient d'annoncer une suppression massive de 40 % de ses effectifs, officiellement au nom de l'intelligence artificielle. Un choix radical, assumé, qui fait forcément débat mais que son fondateur présente comme un modèle pour l'ensemble de l'industrie.
Nano Banana 2 (Gemini 3.1 Flash Image) devient le nouveau modèle de génération d'images de Google par défaut dans le chatbot Gemini. S'il se positionne un cran en dessous de Nano Banana Pro (Gemini 3 Pro Image), qui reste disponible pour les abonnés payants, Nano Banana 2 a plusieurs avantages, comme la possibilité de générer des contenus plus rapidement et à un coût inférieur.
L’image d’illustration est une radio de Dieter Rams, voir plus loin
Le vieux fantasme d’un assistant à la Jarvis dans Iron Man a la peau dure. Le projet révolutionnaire annoncé par IO, la société de Jony Ive créée après son exfiltration d’Apple, sera une bête enceinte connectée à une IA d’OpenAI. Une révolution de pacotille donc.
Jony Ive avait présenté son projet avec de grands superlatifs. Évoquant un objet plus révolutionnaire que le premier smartphone d’Apple. Au final, il s’agira d’une énième interface entre une IA LLM et un humain. Interface qui pourra enregistrer vos questions et proposer des réponses. En, proposant en prime une petite solution de reconnaissance faciale au travers d’une caméra.
La différence entre ce produit et ceux déjà présentés par d’autres startups du genre comme Rabbit ou Humane. C’est qu’OpenAI dispose de sa propre IA, de ses algorithmes et de ses serveurs. Il ne compte donc pas sur un tiers pour effectuer ce travail à leur place. Pour le reste, c’est sur le papier assez identique.
OpenAI a dépensé 6,5 milliards de dollars pour acquérir IO. Un studio de design qui va proposer peu ou prou la même chose que tout le monde. Une nouvelle interface qui accédera à son service. Au menu des atouts de l’objet, la présence d’une caméra qui pourra analyser son environnement. Une approche semblable aux gadgets des startups précédentes et déjà présente dans…. tous les smartphones. Un micro permettra de comprendre une conversation ou un ordre. Là encore, une fonction déjà intégrée dans l’appareil présent dans votre poche. Petit bonus ? La promesse d’une solution de reconnaissance faciale permettant de valider des achats… Là encore, une fonction biométrique très semblable à ce que les smartphones modernes proposent.
Difficile de trouver de l’intérêt pour le produit annoncé pour 2027. Mis à part qu’il se positionnera chez vous et sera donc encore plus intrusif qu’une enceinte connectée d’Amazon ou Google. OpenAI voit ce produit comme un moyen de proposer des interactions continues avec son LLM. On pourra avoir une conversation avec ChatGPT de manière naturelle, sans recourir à un PC ou un smartphone. De quoi s’enfoncer encore un peu plus dans l’illusion d’une amitié ou d’une véritable écoute.
OpenAI ne s’en cache pas et voit dans ce gagdet une présence permanente dans la maison, un objet qui deviendra vite le recours parfait à toutes les questions du quotidien. Une présence qui posera vite question car elle supprimera ce qui sauve encore un peu les utilisateurs des IA de ce type. La possibilité de contrôler ce qui est proposé. Sans écran ni clavier pour vérifier la réponse proposée par l’interface, l’objet impose de faire confiance à l’IA. Et cela même si elle vous raconte n’importe quoi, comme c’est très souvent le cas.
Comme je n’ai pas de photos de l’enceinte de Jony Ive, je vous propose celle de Dieter Rams et de sa petite radio. Une *large* source d’inspiration des appareils modernes…
Reste qu’il va être difficile de séduire le public, même avec Jony Ive
L’enceinte de Jony Ive devrait être proposée entre 200 et 300 dollars… en plus d’un abonnement au service. Il est impossible pour OpenAI de ne pas proposer un abonnement à OpenAI avec l’objet. Sinon on se retrouvera dans la même impasse que le Rabbit R1. Imaginez que chaque requête effectuée sur l’appareil coûte quelques dollars en calcul aux centres de données d’OpenAI, même vendue à 300 $ pièce, l’enceinte dépasserait la marge réalisée en quelques heures de test. Même avec un abonnement payant, il est difficile d’imaginer une rentabilité à ce type d’appareils. Si le prix de chaque requête effectuée sur un LLM comme OpenAI est secret et qu’il est délicat de l’estimer, il existe. Et un appareil de ce type ne peut donc pas durer sans un abonnement.
Sans même parler du débat écologique lié au coût de l’analyse des questions et du calcul des réponses. Le coût en énergie et en eau d’un déploiement massif de ce type d’appareils semble déjà monstrueux. Il pourrait empirer à terme car OpenAI travaillerait également sur d’autres outils dérivés du même principe. En particulier des lunettes connectées. Et cela en plus d’autres acteurs du monde de l’IA qui seraient en train de réfléchir aux mêmes types d’appareils. Comme Apple, l’ex-employeur de Jony Ive.
La victoire retentissante de Dacia au rallye Dakar 2026 ne pouvait pas passer inaperçue. Le constructeur roumain vient de dévoiler sa réponse automobile à cet exploit : le Duster Spirit of Sand, une édition limitée qui transpose l’ADN du désert sur les routes européennes. Avec seulement 500 exemplaires produits exclusivement pour le marché roumain, cette version ultra-exclusive du SUV emblématique promet de faire sensation parmi les collectionneurs et passionnés d’automobiles.
Cette édition spéciale marque un tournant dans la stratégie de Dacia, qui ose enfin jouer la carte de l’exclusivité après des années de positionnement sur le rapport qualité-prix. Le Spirit of Sand incarne parfaitement l’esprit de conquête qui a propulsé la marque vers les sommets du plus difficile des rallyes-raids mondiaux.
Un design inspiré des dunes et du rallye-raid
Le Dacia Duster Spirit of Sand ne se contente pas d’arborer un badge spécial. Cette édition limitée développe une identité visuelle unique qui puise directement dans l’univers du Dakar. La carrosserie adopte une teinte Sandstone exclusive, évoquant les sables du désert que les pilotes Dacia ont domptés lors de leur victoire historique.
Les détails esthétiques témoignent d’un soin particulier : les rétroviseurs se parent d’une finition Copper Brown qui contraste élégamment avec la carrosserie, tandis que les jantes alliage 17 pouces noires confèrent au véhicule une prestance indéniable. Des décalcomanies spécifiques ornent les parties basses de la carrosserie, rappelant subtilement l’héritage rallye de cette version d’exception.
Cette approche esthétique s’inspire directement du concept Soul of Dakar présenté en décembre 2024, mais dans une version plus civilisée adaptée à un usage quotidien. Le résultat frappe par son équilibre entre sophistication et robustesse, caractéristique qui définit parfaitement l’ADN Dacia nouvelle génération.
Pour les propriétaires souhaitant pousser plus loin la personnalisation, Dacia propose une gamme d’accessoires optionnels exclusifs sur le marché roumain. Cette liste comprend notamment un porte-bagages de toit, des éclairages LED additionnels, des pneumatiques BFGoodrich tout-terrain et même un kit de surélévation de 30 millimètres pour les plus aventureux.
Une mécanique hybride bi-carburant révolutionnaire
Le cœur battant du Duster Spirit of Sand réside dans son groupe motopropulseur Hybrid-G 150 4×4 dernière génération. Cette technologie de pointe combine l’électrification moderne avec la praticité du bi-carburant, une solution particulièrement innovante dans le segment des SUV compacts.
Le système s’articule autour d’un moteur turbo 1.2 litre mild-hybrid développant 138 chevaux et 230 Nm de couple, épaulé par un moteur électrique de 30 chevaux monté sur l’essieu arrière. Cette configuration permet d’atteindre une puissance combinée de 152 chevaux, faisant de cette version la plus puissante jamais commercialisée dans la gamme Duster.
La transmission automatique double embrayage à six rapports assure des passages de vitesses fluides et optimise l’efficacité énergétique du système hybride. La batterie 48V alimente le moteur électrique arrière, créant une transmission intégrale intelligente qui s’adapte automatiquement aux conditions de roulage.
L’aspect le plus remarquable de cette motorisation réside dans sa capacité bi-carburant. Grâce aux deux réservoirs de 50 litres chacun (essence et GPL), le véhicule peut parcourir jusqu’à 1 500 kilomètres entre deux pleins. Cette autonomie exceptionnelle répond parfaitement aux besoins des grands voyageurs et des amateurs d’aventures au long cours.
Cette prouesse technique illustre parfaitement la philosophie Dacia : proposer des solutions pratiques et économiques sans sacrifier les performances. Le système hybride bi-carburant représente une alternative crédible aux motorisations diesel traditionnelles, tout en conservant l’avantage économique du GPL.
Un équipement haut de gamme et des protections renforcées
Contrairement aux éditions limitées qui se contentent souvent d’ajouts cosmétiques, le Spirit of Sand intègre l’ensemble des équipements disponibles dans la gamme Duster. Cette approche généreuse justifie son positionnement tarifaire et confirme sa vocation d’étendard technologique de la marque.
L’habitacle bénéficie d’un système multimédia 10,1 pouces dernière génération, d’une climatisation automatique et de sièges avant chauffants avec réglages multiples pour le conducteur. Le volant chauffant, les capteurs de stationnement et la caméra Multiview complètent cet arsenal technologique digne des segments supérieurs.
Plus surprenant encore, cette édition intègre des systèmes d’aide à la conduite avancés comme le régulateur de vitesse adaptatif et la détection d’angle mort. Ces équipements marquent une évolution notable dans la stratégie Dacia, traditionnellement réticente à multiplier les assistances électroniques.
L’élément le plus significatif reste la protection renforcée du châssis, directement inspirée de l’expérience Dakar. Le bouclier de protection moteur et boîte de vitesses, fabriqué en duralumin de 6 millimètres d’épaisseur, constitue un équipement de série sur cette version. Cet alliage d’aluminium ultra-résistant, proposé en option sur les autres versions Extreme, témoigne de l’engagement de Dacia envers la robustesse.
Cette protection permet aux propriétaires de s’aventurer sur des terrains difficiles sans crainte d’endommager les organes vitaux du véhicule. Une caractéristique essentielle pour un SUV qui revendique ses capacités tout-terrain, particulièrement appréciable pour les amateurs de randonnées et d’escapades hors des sentiers battus.
Une exclusivité roumaine à 28 990 euros
Le Dacia Duster Spirit of Sand adopte une stratégie commerciale aussi exclusive que sa mécanique. Avec seulement 500 exemplaires produits, cette série limitée s’adresse exclusivement au marché roumain, terre natale de la marque. Cette décision marketing intelligente crée un effet de rareté tout en honorant les racines de Dacia.
Le tarif de 28 990 euros positionne cette version au sommet de la gamme Duster, mais reste cohérent compte tenu de l’équipement pléthorique et de l’exclusivité du modèle. Ce prix reflète également la valeur ajoutée des protections renforcées et du système hybride bi-carburant, technologies coûteuses à développer et produire.
Les commandes s’effectuent exclusivement en ligne, modernisant l’expérience d’achat pour cette clientèle ciblée. Les premières livraisons débuteront en avril 2026, laissant aux futurs propriétaires le temps d’anticiper la réception de leur véhicule d’exception.
Cette stratégie de distribution limitée géographiquement pourrait créer un marché secondaire dynamique dans les autres pays européens, où les collectionneurs n’hésiteront probablement pas à payer une prime pour acquérir l’un de ces 500 exemplaires.
Ce Dacia Duster représente bien plus qu’une simple édition limitée. Cette version incarne la nouvelle ambition de Dacia, capable de conjuguer accessibilité, innovation technique et exclusivité. En célébrant sa victoire au Dakar par cette réalisation automobile, la marque roumaine démontre qu’elle peut désormais rivaliser avec les constructeurs premium sur le terrain de l’émotion, tout en conservant son ADN pratique et accessible. Cette stratégie pourrait bien inspirer d’autres éditions limitées à l’avenir, marquant un tournant dans l’histoire de Dacia.
Le 12 mars 2026, Sumeria commencera à prélever 3 € par mois sur les comptes inactifs. L'annonce a été faite début janvier, mais alors que l'échéance approche, le sujet commence à inquiéter les utilisatrices et utilisateurs et notamment les anciens utilisateurs de Lydia. Vous cherchez à supprimer votre compte ? Voici comment faire.
Cet ensemble, lié à d’autres rumeurs provenant de différentes sources, a mis progressivement le cerveau de beaucoup de monde en ébullition. La machine s’est largement emballée quand un anonyme a publié en ligne un listing de références de portables signés Lenovo sous processeur Nvidia N1 ou Nvidia N1X.
Un listing qui serait lié à une fuite d’informations de la chaine d’approvisionnement Lenovo mais dont la véracité peut difficilement être prouvée. On parle d’une capture d’écran de texte blanc sur fond noir. Chose que n’importe qui peut fabriquer de ses mains en quelques minutes seulement. Cela serait cependant la preuve de la sortie imminente de toute une gamme de machines sous ces nouveaux SoC N1.
Le Nvidia GB10 du DGX Spark
Ce Nvidia N1X serait, d’après la rumeur toujours, une déclinaison des puces Nvidia GB10 des stations DGX Spark orientées vers l’IA. On parle de 20 cœurs ARM et de 6144 cœurs CUDA « Blackwell ». Le Spark étant une puce de machine de bureau avec un TDP de 120W, la révision mobile N1X serait sensiblement moins gourmande et dissipatrice.
Le truc amusant, c’est la manière dont tout cela est construit. Parce que Lenovo ne serait pas le seul constructeur à se pencher sur ce nouveau processeur et à proposer des portables Nvidia. Le 12 janvier, c’est une machine de Dell qui apparait avec la puce avec encore une fois une rumeur en provenance de Twitter et une capture d’écran qui ne prouve pas grand-chose. Mais ce qui est pris avec des pincettes en janvier devient une info sûre et vérifiée le 23 janvier… Lors de l’annonce des machines Lenovo. Toute précaution autour de la source, de la fiabilité de celle-ci et de la possibilité d’une erreur d’interprétation ou de simple envie de troller a disparu en… 11 jours. Et cela malgré des années et des années de pratique où on a fini par s’apercevoir qu’un bon pourcentage des annonces de ce type étaient totalement farfelues.
Générer une image IA d’une puce avec une IA lui donne t-elle plus de poids ?
Des portables Nvidia sous N1X pour cette année !
Et le tout s’emballe assez rapidement. De nouvelle en nouvelle, de reprise en reprise, les hypothèses se transforment en affirmations. Certains proposent toujours un peu de conditionnel mais ils sont repris par d’autres qui ne s’embarrassent pas des pincettes de leur collègues. Ainsi une phrase comme « des ordinateurs portables Nvidia semblent se profiler pour la fin de 2026 » se transforme en « des ordinateurs portables Nvidia sont prévus pour la fin de 2026 » un clic plus loin.
Les dates de sorties établies par d’anciennes rumeurs qui ont été dépassées – comme celle prévue au Computex 2025 qui n’a bizarrement pas eu lieu – deviennent des confirmations de la recherche d’un meilleur alignement calendaire avec les sorties des nouvelles mises à jour techniques de Windows. Avec la même foi renouvelée que celle des disciples déçus par l’absence pourtant prévue de la visite d’une civilisation extraterrestre par leur gourou. Gouou qui va rattraper le coup en expliquant que « personne n’est prêt ».
Et on embraye directement avec une nouvelle rumeur censée prouver la validité des plus anciennes. Le Nvidia N1 est tellement vrai, tellement prévu pour cette année que la marque AURAIT déjà planifié un SoC N2 pour la fin de l’année 2027. Source ? Rien. Au pif, au doigt mouillé. Certains sites allant même jusqu’à reprocher à Nvidia de n’être pas très clair sur son calendrier parce qu’il n’aurait pas réfuté ou étayé ces « informations » ?
Et pour couronner le tout, des IA génératives pondent des images comme celle ci-dessus, censées représenter des puces totalement sorties du chapeau.
Pourquoi je ne parle pas des portables Nvidia, c’est simple
Vous l’aurez compris, cela ne sert à rien de parler de ces rumeurs. A part générer du clic… Nvidia n’a jamais confirmé quoi que ce soit et ses représentants se refusent de le faire parce que c’est la politique maison. Les jalons établis par la marque, son partenariat signé avec Mediatek par exemple, ont bien été documentés. Mais le reste n’est pas assez solide pour établir la moindre théorie sérieuse. C’est juste l’équivalent d’une presse people adapté au matériel informatique. Le Voici du Hardware. Les papiers sont faciles à écrire puisqu’il est inutile de vérifier quoi que ce soit. Tout le monde peut dire que le Nvidia N3 serait prévu pour 2028 et qu’il apporterait un niveau de performances équivalent à une GeForce RTX 5070 Ti. Vous voyez, cela ne m’a demandé aucun effort.
Le Nvidia N3 prévu chez Asus. Source, un éditeur de texte et un outil de capture.
De deux choses l’une. Soit vous savez réellement des choses tangibles sur des portables Nvidia et le futur de ses puces. Et dans ce cas là vous êtes sous NDA. Vous ne pouvez absolument pas en parler. Vous risquez votre travail ou d’être grillé comme média.
Soit vous n’en savez rien. Rien de concret, rien d’autre que des bruits de couloir, des infos provenant de sources anonymes ou des cachoteries faites lors d’un rendez-vous avec quelqu’un du milieu sans preuves. Bref rien de suffisamment tangible pour parler avec assez d’assurance du futur. A-t-on vu un seul cliché d’une de ces fameuses puces N1 soi-disant prêtes depuis le Computex en mai 2025 ? Non, bizarrement aucune. Un portable Dell ou Lenovo équipé N1 ou N1X ? Pas plus. Tout ce que vous avez pu lire sur le sujet est bâti sans aucune preuve formelle. Ce sont juste des pixels sur des écrans, rien que du vent.
Jensen Huang
Est-ce que cela veut dire qu’il n’y aura pas de portable N1, N2 ou que sais-je signé Nvidia ?
Non, évidemment pas. Si je ne peux pas affirmer que ces puces et ces portables Nvidia existent, je ne peux pas non plus affirmer que ces puces et ces machines n’existent pas. Je veux juste expliquer pourquoi je n’en parle pas. Il ne me semble pas opportun d’entretenir une série de rumeurs basées sur des sources beaucoup trop maigres de ce type. Il est possible que demain des engins équipés de telles puces soient annoncés effectivement. Tout comme il est possible que l’annonce de Nvidia prévue pour la GTC 2026 le mois prochain les concerne.
Le PDG de la marque, Jensen Huang, a en effet indiqué que Nvidia allait dévoiler une puce qui allait « surprendre le monde » à un journal économique Coréen. Mais ma position ne change pas. Ce n’est pas rendre service à mes lecteurs que d’écrire « L’annonce de Nvidia en mars pourrait correspondre à la sortie du Nvidia N1 » parce que, au final, je n’en sais absolument rien.
Derrière la promesse d'une éducation dopée à l'intelligence artificielle, le réseau scolaire américain Alpha School cache une réalité brutale : celle de cours incohérents, d’un plagiat industriel et d’une surveillance constante des élèves.
Le petit monde des séries est en deuil. Après plusieurs années à lutter contre la maladie de Charcot, le grand Eric Dane est ainsi décédé, à seulement 53 ans, le 19 février 2026. Le comédien américain a durablement marqué le petit écran, de Grey's Anatomy à Euphoria.
Quel est le rendu que vous préférez ? L’image native ? Le DLSS 4.5 ? Ou le FSR ? Vous en avez peut-être entendu parler, l’expérience de ComputerBase fait grand bruit sur la toile. Le site a demandé à ses lecteurs de choisir entre différentes images tirées de différents jeux vidéo mais avec des technologies de rendus différents. Trois grandes solutions ont été mises en concurrence. Un rendu « natif », c’est-à-dire celui calculé par le circuit graphique de la machine. Un rendu piloté par un algorithme signé Nvidia avec le DLSS 4.5. Et enfin un rendu piloté par AMD avec le FSR.
DLSS 4.5 vs natif Vs FSR
La surprise vient du fait que le test, réalisé bien entendu « à l’aveugle » sans que les internautes ne sachent quelle technologie est employée pour chaque image, met en évidence une préférence marquée pour le rendu issu de la technologie DLSS 4.5. On pourrait penser que l’image préférée des internautes serait la plus « juste » possible. Entendez par là celle qui correspond le mieux à ce que les développeurs du jeu proposent. Il n’en est rien, sur toutes les images et quel que soit le jeu, la majorité préfère le rendu DLSS 4.5.
Les résultats sont sans appel : sur les 6 jeux mis au vote, la majorité des internautes préfèrent l’image générée par la technologie de Nvidia. Avec, pour certains titres, des résultats sans équivoque : sur Satisfactory par exemple, c’est presque 61% des suffrages qui désignent le DLSS 4.5. Contre 15.1 et 12.4% pour le rendu natif ou le FSR.
Premier élément à noter, assez important d’ailleurs, il ne s’agit pas d’un podium. La question importe ici et ComputerBase le rappelle. On demande aux internautes quel est le meilleur rendu dans les différentes propositions. Et non pas de dresser une liste de préférences entre elles. Autrement dit, les votants ont juste choisi l’image qu’ils préféraient pour chaque jeu sans déterminer ensuite s’ils en préféraient une seconde. Si cela permet de mettre explicitement en avant le DLSS cela n’offre pas la possibilité de dire que le natif ou le FSR est second. Si la question d’un tri de préférences des images avait été demandé, on aurait pu établir un classement. Ce n’est donc pas le cas ici.
Jeu
Pourcentage de vote
« rendu équivalent »
Date de sortie du jeu
Anno 117
10.7%
2025
ARC Raiders
11.5%
2025
Cyberpunk 2077
22.6%
2020
Horizeon Forbidden West
12.6%
2022
Satisfactory
11.6%
2019
The Last of US Part II
7.8%
2020
Second point qui me parait intéressant : un jeu qui a largement été mis en avant pour ses qualités graphiques, Cyberpunk 2077, est celui où les votes pour l’absence de différence entre les affichages est le plus élevé. Cela veut dire que pour ce titre aux graphismes très léchés, et dont une grande partie de l’intérêt vient de l’univers déployé par les designers, le moteur de jeu impose un rendu précis qui peine à être départagé.
Ce résultat est très net et c’est un des premiers jeux à avoir été embarqué par des IA pour mettre en valeur ces technologies de génération d’images. Sorti en 2020, il fait partie des tous premiers titres pilotés par le FSR d’AMD (lancé en 2021) et le DLSS de Nvidia (2020). Cela veut dire que ces technologies n’avaient pas encore déployé tout leur « savoir faire ». Pour autant, d’autres titres comme Satisfactory ou The Last of US part II sont sortis à la même époque et héritent de notes d’équivalences bien plus faibles. On peut donc se demander dans quelle mesure les développeurs, sachant que les jeux étaient de plus en plus sujets à interprétation de la part des matériels de jeu, ont décidé de relâcher leurs efforts de contrôle sur le rendu de leurs titres.
Cyberpunk 2077 a largement soigné son esthétique et son rendu technique
Difficile de leur en vouloir d’ailleurs. Entre un joueur qui va lancer une partie sur un PC portable avec un écran bas de gamme et un circuit graphique de base, un autre qui profitera d’un écran géant OLED porté par une carte graphique très haut de gamme et un troisième, entre les deux, qui profitera des solutions IA que sont les DLSS 4.5 ou FSR 3.1 sur un écran IPS, les équipes de développement sont perdues. Bien malin celui qui saura comment le jeu sera affiché au final. Il faut une volonté de développement très spécifique pour appuyer un rendu précis afin que cela ait un impact. Et peut être que Cyberpunk 2077 est un des seuls à avoir eu cette exigence. C’est d’ailleurs peut-être pour cela que le jeu a été aussi exigeant lors de sa sortie : il refusait de tourner sur des configurations trop moyennes.
Le DLSS 4.5 en 2026 propose aux jeux ce que les ingénieurs du son ont proposé à la musique dès les années 2000.
Enfin, il n’y a pas de raisons que notre vue soit si différente de nos autres sens. Lorsque les casques, amplis, autoradios, lecteurs de Mp3 en tous genres se sont vus affublés de fonctions d’amplification des Basses, les ventes ont augmenté. Le public a préféré ce son largement amplifié de boom boom au fur et à mesure que la consommation de la musique a quitté les maisons pour envahir les rues. Les basses étant alors la plage de son que l’on entendait le mieux. Lorsque les albums ont été « remasterisés » en masse avec une normalisation à outrance, le public a adhéré et suivi ce travail sonore. A chaque fois, cela colorait largement la volonté originale du ou des auteurs. Et pourtant le marché a suivi.
Dans le domaine de l’image et de la vidéo, même constat. Des fonctions comme le HDR intégrées par défaut dans de nombreuses applications de photo. Ou les fameux algorithmes intégrés dans les téléviseurs qui réussissent à transformer un film tourné en cinémascope en une série télé filmée à la caméra numérique… Ces technologies ont les faveurs du public. Beaucoup de personnes trouvent les rendus originaux trop fades. Qu’ils « manquent de pêche ».
Cette apparition d’une préférence pour le rendu « IA » du DLSS 4.5 n’est, à mon avis, pas à regarder autrement. Le public apprécie ces images. Ce n’est pas tant que le rendu soit meilleur en DLSS ou en FSR qu’en natif. C’est que les joueurs ont été habitués à regarder leurs jeux de la même manière que le reste, en poussant les niveaux de contraste et de saturation toujours plus haut.
Il y a un an, 109 milliards d’euros d’investissements devaient propulser la France parmi les grandes puissances mondiales de l’IA. Douze mois plus tard, plusieurs projets avancent, mais les contraintes s’accumulent et certains ne se concrétiseront pas.
En février 2025, lors du Sommet de Paris sur l’intelligence artificielle, Emmanuel Macron lançait son fameux « Plug, baby, plug ! » (en écho au slogan trumpiste « Drill, baby, drill »), en annonçant plus de 100 milliards d’euros d’investissements privés pour la construction de data centers. Une manne qui répondait à l’explosion de la demande en puissance de calcul, liée à l’essor du cloud et à la révolution de l’IA. Il s’agissait aussi, au nom de la souveraineté, de riposter au projet américain Stargate, prévoyant d’investir 500 milliards de dollars en infrastructures IA. Un an plus tard, alors que s’ouvre à New Delhi la nouvelle édition du Sommet sur l’IA, que reste-t-il de ces promesses ?
La ruée a bien eu lieu : selon le gestionnaire du réseau électrique RTE, plus de 70 projets ont déjà réservé, à fin janvier, 15 000 MW de capacités. Un chiffre colossal qui représente l’équivalent de 15 réacteurs nucléaires ou 1,5 fois la consommation industrielle française. Une task force pilotée par la DGE avec RTE et Business France accompagne certains de ces projets. Elle a sélectionné 63 sites jugés adéquats (disponibilité foncière, capacités de raccordement électrique, acceptabilité locale), dont 26 sont déjà « sécurisés par un porteur de projet » (voir carte).
Pour cette industrie électro-intensive, la France est indéniablement une terre d’élection. Grâce à son parc nucléaire, elle dispose d’un réseau stable et d’une électricité décarbonée à 95 %, relativement bon marché par rapport à ses voisins et, surtout, en excès : en 2025, elle en a exporté 92,3 TWh, un record qui représente quasiment 15 % de sa consommation annuelle.
Néanmoins, la route est semée d’embûches : délais de raccordement électrique, spéculation sur le foncier, méfiance des élus et coûts souvent sous-estimés. D’où de vrais succès, mais aussi quelques naufrages.
Le sésame du raccordement « fast track »
Certes, tout le monde ne boxe pas dans la même catégorie. Un des projets les plus emblématiques, couvé par l’Élysée, est porté par le fonds souverain émirati MGX, qui a signé en mai dernier une joint-venture avec Bpifrance, la pépite française Mistral et Nvidia, leader hégémonique des puces GPU, pour la création du « plus grand campus IA européen ». Ce projet à 50 milliards d’euros progresse rapidement. Il prévoit la construction, par phases, d’une douzaine de centres de données, abritant des capacités de calcul haute performance (HPC), avec des applications IA dans de nombreux domaines. Installé à Fouju, en Seine-et-Marne, sur un site de 70 hectares, idéalement situé à proximité d’un poste à haute tension, Campus IA a été le premier à signer avec RTE, le 26 janvier dernier, un contrat de raccordement accéléré « fast track » : il lui offrira une puissance de 240 MW d’ici fin 2027, puis de 700 MW avant fin 2029, avant les 1 400 MW visés.
La procédure fast track concerne les infrastructures de plus de 400 MW, qui doivent être raccordées au réseau très haute tension (400 000 V). « Il ne s’agit pas d’un laisser-passer pour brûler les étapes, mais d’une labellisation de sites bien placés pour de très gros data centers, qui permettent de diviser par deux les délais de raccordement, à 3 ou 4 ans, nous précise Jean-Philippe Bonnet, directeur adjoint Stratégie chez RTE. S’il est situé à moins de 10 km d’un nœud électrique, un terrain peut être raccordé par une ligne souterraine à haute tension dans un délai raisonnable. Au-delà, il faut construire une ligne aérienne, donc saisir la Commission nationale du débat public, entraînant des procédures beaucoup plus longues. »
Les sites permettant ce raccordement accéléré sont rarissimes (cinq ont été sélectionnés par l’État à ce jour), donc mis en concurrence. Outre celui de Fouju, un deuxième site en Seine-et-Marne, celui de l’ancienne centrale EDF de Montereau-Vallée-de-la-Seine (qui dispose déjà des branchements nécessaires !), est en passe d’être attribué à Opcor, coentreprise du groupe Iliad de Xavier Niel et d’InfraVia. Le Français Data4, un des leaders européens du secteur, est, lui, entré en négociations exclusives pour l’acquisition du troisième site fast track, basé à Escaudain, près de Valenciennes (Hauts-de-France). Un quatrième site se trouve au port de Dunkerque, qui vient de lancer l’appel à manifestation d’intérêt (AMI).
Quant au cinquième site, un terrain de 70 ha sur la ZAC de la commune du Bosquel, au sud d’Amiens, il avait été attribué au britannique Fluidstack, un fournisseur de cloud GPU (qui compte notamment Mistral parmi ses clients). Lors du Sommet de l’IA, l’entreprise avait annoncé, dans le cadre d’un accord avec le gouvernement, la construction en France « du plus grand supercalculateur décarboné au monde » (1 GW), avec une première mise de 10 milliards d’euros. Mais le Britannique (cofondé en 2017 par un jeune ingénieur français de 28 ans, César Maklary) a récemment retiré son offre au Bosquel. De source proche du dossier, il s’agirait d’un désaccord avec la collectivité locale : Fluidstack ne l’aurait emporté que grâce à une offre beaucoup plus élevée que celles de ses concurrents. Mais le coût total de la location du terrain et des frais à engager se seraient finalement avéré si colossaux, avoisinant le milliard d’euros, qu’il aurait préféré renoncer. Nous n’avons pu confirmer ces informations, ni localement ni auprès de Fluidstack.
Le financement, nerf de la guerre
Cette défection met certes le projet en retard, mais son impact reste limité, vu que le terrain, labellisé fast track, reste hautement désirable. Une AMI a d’ailleurs été aussitôt relancée et quatre nouveaux candidats sont en lice. Rien ne dit, par ailleurs, que Fluidstack ne cherche pas un autre terrain en France. Mais ce revers montre l’importance, d’une part, de nouer un dialogue approfondi avec les élus locaux et, d’autre part, de sécuriser le financement de méga-projets aussi dévoreurs de cash.
À ce titre, les ambitions de Sesterce donnent le tournis. La jeune société de Cloud marseillaise, née en 2018 mais en croissance exponentielle, a fait, elle aussi, partie des stars du Sommet IA 2025, en annonçant investir 450 millions d’euros (1,8 milliard à terme) dans un projet de supercalculateur près de Valence, dans la Drôme, censé générer 800 emplois directs et indirects. Ceci n’était que la première phase d’un plan plus vaste devant s’étendre dans le Nord et l’Est du pays, et totaliser 52 milliards d’investissement, 1,5 GW, 500 000 GPU… Le futur campus de la Drôme doit (devait ?) être hébergé sur l’Ecoparc Rovaltain de Valence Romans Agglo, dans des bâtiments désaffectés rachetés au groupe Mérieux, la proximité de la gare TGV permettant de bénéficier du réseau optique à très haut débit longeant la ligne. Un projet séduisant et très médiatisé, mais dont le financement est toujours resté assez flou : « 80 % de dette et 20 % en equity », concédait en février dernier l’un de ses deux cofondateurs, Anthony Tchakerian. Mais patatras, le 5 février dernier, le tribunal de Marseille prononçait l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire à l’encontre de Sesterce Group, avec désignation d’une mandataire judiciaire. La start-up a-t-elle vu trop grand ? Mutisme total à ce jour, du côté de l’entreprise ou de celui de Valence Romans Agglo.
Spécialiste des infrastructures modulaires à ultra-haute densité, la jeune société Eclairion est en revanche en plein essor depuis que son site tout neuf de Bruyères-en-Châtel, dans l’Essonne, situé au cœur de la technopole Teratec qui abrite le CEA DAM (applications militaires), a été choisi en février par Mistral1 pour héberger son premier data center (40 MW, avec Fluidstack comme intégrateur). Adossé au groupe de promotion immobilière montpelliérain HPC, Eclairion se développe aussi dans la Sarthe, sur un ancien site papetier d’Arjo Wiggins, et en Moselle, dans deux anciennes centrales EDF, La Maxe (ex-site charbonnier) et Richemont (2 milliards d’euros d’investissement).
Riverains, data centers : une cohabitation sous haute tension
Data4 surfe, lui aussi, sur la vague de l’IA, aidé par les moyens financiers de son actionnaire majoritaire canadien Brookfield, qui a prévu d’investir 15 milliards d’euros dans le secteur. Déjà détenteur de près de 40 data centers en Europe (dont 20 en France), Data4 a lancé la construction d’un nouveau campus (250 MW) dédié à l’IA à Nozay (Paris-Saclay), en Essonne, sur l’ancien siège de Nokia, à proximité de son site historique de Marcoussis. L’entreprise nourrit aussi de grandes ambitions dans les Hauts-de-France, où elle veut développer une puissance d’1 GW : outre le site fast track d’Escaudain, elle est en négociation pour un autre terrain à Cambrai. Pourquoi le Nord ? « Parce que le plus gros marché européen, réunissant tous les acteurs de la donnée et du cloud, se trouve dans un rectangle délimité par Francfort, Londres, Amsterdam et Paris. Or le barycentre de ce rectangle se situe aux alentours de Lille », explique Jérôme Totel, Chief Strategy Officer de Data4.
Course aux mégawatts et spéculation foncière
Pourtant, même avec de solides appuis financiers, la démarche tient du casse-tête, dans un contexte de concurrence effrénée. Les friches industrielles bénéficiant de raccordements sont prises d’assaut, d’autant qu’elles permettent de respecter l’objectif ZAN (zéro artificialisation nette). « La principale difficulté consiste à trouver un site raccordable à de l’énergie en très haute puissance et ce, rapidement, soupire Jérôme Totel. Si les délais d’attente sont trop grands, le pari devient très risqué. Les besoins seront-ils aussi importants dans 6 ou 7 ans ? C’est maintenant que les clients ont besoin de capacités de calcul. C’est maintenant que les Américains et les Chinois construisent massivement. Un vrai sujet quand on sait que 80 % des données des Européens sont encore hébergées aux États-Unis. » À noter, à ce sujet, que les Américains Digital Realty, Amazon, Equinix, Apollo et autres Prologis sont eux aussi très actifs en France.
Pourquoi une telle file d’attente ? D’abord parce que RTE croule sous les demandes. Pour chacune d’elles, le gestionnaire signe un devis (s’engageant sur un coût et un délai) qui « sécurise » de facto le terrain. S’ensuivent 3 à 5 ans de démarches administratives, auxquelles s’ajoutent les délais de livraison des transformateurs (souvent 3 ans), puis deux ans de travaux. La règle étant : « premier demandeur, premier servi ». Or beaucoup de projets n’avancent pas, et certains ne sont entrés dans le processus que pour revendre plus cher leur terrain « sécurisé », ce qui alimente la spéculation. Le constat est général. Pour Jean-Philippe Bonnet, de RTE, « il est évident que parmi les projets ayant signé un contrat de raccordement, tous ne se feront pas ». Autre souci, l’afflux des demandes se concentre dans certaines régions, à commencer par l’Île-de-France (6 500 des 15 000 MW réservés à ce jour), mettant le réseau à l’épreuve. « Environ 30 % de la demande actuelle en région parisienne peut être servie, auxquels s’ajouteront 20 % à 30 % de plus quand on aura traité un important bouchon sur le réseau, estime Jean-Philippe Bonnet. Les 40 % à 50 % restants seront bien raccordés mais ne pourront disposer de la capacité demandée qu’à l’horizon 2035, quand on aura achevé les travaux de renforcement du réseau. » De quoi rebuter tout nouveau venu.
Pour sortir de l’impasse, l’État réfléchit aux moyens d’accélérer les démarches. RTE a lancé une consultation publique (jusqu’au 20 mars) pour remplacer la règle du premier demandeur, premier servi et privilégier les projets jugés sérieux et viables. Une des pistes envisagées consisterait à vérifier que les démarches sont bien engagées (dépôt de dossier administratif, études, permis de construire, premiers achats d’équipements…).
Certes, le problème n’est pas que français. Les temps d’attente de raccordement s’allongent aussi en Allemagne, et même aux États-Unis, où Google dénonce des délais de connexion excédant parfois les dix ans. Malgré tout, la France doit lutter contre ses démons bureaucratiques et normatifs pour ne pas laisser passer cette opportunité unique de devenir l’un des hubs européens du numérique.
1 Mistral vient d’ailleurs de franchir une nouvelle étape en investissant 1,2 milliard d’euros dans un data center en Suède.
Concevoir un médicament grâce à l’IA, recycler le plastique en le transformant en gaz, nous mettre sur la voie de l’éternel rajeunissement (rien que ça), rendre l’espace accessible au plus grand nombre, faire voler des drones en pleine tempête… C’est parti pour Électroscope 13.
Premier médicament entièrement conçu par une IA !
C’est une bascule historique dans la médecine mondiale : pour la première fois, un médicament conçu par une IA entre en phase 3. Une prouesse technologique. Mais pas seulement. C’est surtout la promesse de médicaments conçus bien plus rapidement, avec un coût de développement drastiquement réduit.
Le médicament en question s’appelle le rentosertib (d’Insilico Medicine). Il est pensé pour traiter une maladie progressive et mortelle : la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI).
La phase 3 est l’étape la plus large et la plus décisive, celle qui induit les études les plus précises chez l’humain, fondées sur de très larges panels de patients.
La procédure classique prend 10 à 15 ans et coûte des milliards, avec plus de 90 % d’échecs. Ici, grâce à la plateforme Pharma.AI d’Insilico, la définition du médicament et l’accomplissement de la phase 1 ont demandé moins de 30 mois. Les résultats de la phase 2, publiés dans Nature Medicine en 2025, ont montré une bonne tolérance et un signal d’efficacité prometteur chez des patients atteints de FPI.
Le processus n’est pas seulement plus rapide ou moins cher. Il prouve surtout que l’IA peut créer des molécules validées cliniquement chez l’humain. Or, jusqu’ici, elle optimisait surtout des composés existants. Si la phase 3 n’est pas encore lancée, les discussions réglementaires avancent, avec un démarrage prévu prochainement. Une réussite ouvrirait la voie à une approbation vers 2030, faisant du rentosertib le premier médicament « né de l’IA » sur le marché. Une perspective fascinante qui devrait rapidement se renouveler pour d’autres molécules…
Du plastique transformé en… gaz !
Recycler les plastiques est une chose. Les transformer en gaz circulaires, permettant la fabrication de nouveaux matériaux, en est une autre. C’est la technologie que Monomeris Chemicals, une start-up française fondée en 2019 dans le Pas-de-Calais, a développée et brevetée.
Les déchets plastiques, même non triés et mélangés (y compris les objets justifiant un tri complexe et refusés par les filières classiques), sont broyés puis immergés dans un bain de liquides ioniques chauffés. Cela provoque une décomposition sélective et instantanée des polymères en monomères légers et intermédiaires chimiques, comme l’éthylène, le propylène ou d’autres gaz et composés valorisables. Ces « gaz circulaires », ou monomères décarbonés, peuvent ensuite être réinjectés directement dans l’industrie pétrochimique pour produire de nouveaux plastiques ou d’autres matériaux, en circuit fermé et sans extraction supplémentaire de pétrole fossile. Ce qui rend cette innovation particulièrement prometteuse, c’est sa capacité à traiter 100 % des plastiques sans tri préalable, sans eau, avec un faible impact environnemental (pas d’émissions massives de CO₂ comparées à l’incinération) et dans des installations compactes et modulaires. Et notamment des machines en conteneurs « plug & play », installables directement près des sites de déchets. Une unité standard peut traiter jusqu’à 6 000 à 10 000 tonnes par an, selon les configurations.
Validée sur un démonstrateur industriel (lancé et inauguré en 2025 à Avelin, près de Lille), la technologie a permis une levée de fonds de 3,23 millions d’euros fin 2025 pour en accélérer l’industrialisation et la commercialisation. Monomeris Chemicals commercialise déjà ses unités en France et en Europe. Elle vise désormais un déploiement rapide pour capter les volumes massifs de plastiques non recyclés mécaniquement, sachant qu’environ 25 % des plastiques sont recyclés en France actuellement, et ambitionne de réduire l’enfouissement et l’incinération tout en produisant des matières premières décarbonées.
En route vers le rajeunissement !
Ce que propose Life Biosciences, une biotech américaine basée à Boston, ne consiste pas seulement à stopper le vieillissement des cellules. Mais à les faire… rajeunir ! Ce qui ouvre des perspectives à peine imaginables.
Elle vient d’obtenir l’autorisation de la FDA pour lancer les premiers essais cliniques humains de son traitement expérimental ER-100.
Il s’agit d’une thérapie génique qui permet aux cellules de remonter le temps en remettant à l’heure leur horloge biologique interne. On injecte dans l’œil un virus inoffensif qui transporte trois gènes spéciaux appelés OSK. Ces gènes agissent comme des interrupteurs pour effacer certaines traces du vieillissement accumulées sur l’ADN, sans modifier ce dernier. Les cellules abîmées retrouvent alors un état plus jeune et redeviennent capables de fonctionner normalement.
Pour le moment, le traitement cible deux maladies graves des yeux liées à l’âge : le glaucome à angle ouvert, qui endommage progressivement le nerf optique et peut conduire à la cécité, et la neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique, une sorte de mini-AVC de l’œil qui provoque une perte de vision soudaine.
Chez les souris et les singes, cette méthode a déjà permis de restaurer la vision perdue en réparant les cellules du nerf optique. C’est la première fois qu’une approche de ce type, capable de rajeunir les cellules, passe à l’essai sur des humains, la phase 1 devant bientôt commencer. Elle va concerner une petite dizaine de patients atteints de ces maladies. Le traitement est injecté dans un seul œil pour contrôler sa tolérance et l’apparition d’un début d’amélioration de la vision.
La véritable révolution induite par cette découverte va bien au-delà de la médecine ophtalmique. Elle ouvre une brèche spectaculaire en faveur de traitements pouvant permettre à l’homme de rajeunir. Pour le moment néanmoins, la FDA reste prudente, ne considérant pas le vieillissement comme une « maladie ». Mais si la technique fonctionne sans danger pour les yeux, cela pourrait ouvrir la voie à d’autres applications et prouver qu’on peut vraiment inverser certains effets du temps sur les cellules.
Il s’agit donc bien d’une étape historique dans la recherche sur le vieillissement. Pour la première fois, on va tester directement chez l’humain l’idée que les cellules âgées peuvent être remises à zéro pour retrouver leur jeunesse fonctionnelle. Les premiers résultats de sécurité arriveront dans les prochains mois ou années. À suivre de très près !
L’espace pour tous ?
Rendre l’accès à l’espace beaucoup plus simple et moins cher, surtout pour des vols courts allant de 30 à 150 km d’altitude (ce qu’on appelle l’espace proche ou suborbital), telle est l’ambition de la start-up française Opus Aerospace.
Ses travaux visent des applications civiles, comme des expériences scientifiques, des tests de technologies, ou même militaires, pour des essais rapides. La société développe de petites fusées-sondes avec des moteurs fabriqués grâce à l’impression 3D. Cela permet de créer des pièces complexes rapidement, avec des budgets raisonnables et moins de pièces assemblées. Un peu comme si l’on imprimait une pièce de Lego ultra-précise en métal, au lieu d’en utiliser un grand nombre devant être vissées ou rivetées.
Leur premier engin s’appelle Mésange : une fusée de 4,7 mètres de haut, propulsée par un mélange propre (HTP et propane). Elle est partiellement réutilisable et conçue pour tester des technologies innovantes, comme un bouclier thermique également imprimé en 3D.
Son premier lancement est prévu depuis le Centre spatial guyanais, à Kourou, sur un pas de tir dédié aux fusées-sondes. Initialement annoncé pour 2025, il est désormais prévu en 2026. Ce sera le tout premier vol d’Opus Aerospace et potentiellement le premier d’une start-up New Space depuis la Guyane.
À terme, Opus veut surtout démocratiser les vols spatiaux. Au lieu d’attendre des années et de payer des fortunes pour envoyer une expérience ou un capteur en altitude, on pourrait le faire rapidement et à bas coût, avec des méthodes plus écologiques que celles actuellement employées. Une initiative soutenue par le CNES, France 2030 et des investisseurs privés.
Le drone qui ne craint pas la tempête !
Si les drones sont au centre du jeu de l’innovation, il leur reste encore à résoudre certains problèmes liés aux conditions atmosphériques rencontrées lorsqu’ils sont en vol. Mais là aussi, les choses avancent à une vitesse folle. Nous l’avons vu la semaine dernière avec le premier drone pompier insensible à la chaleur. Voilà maintenant venir celui qui résiste aux vents les plus violents : le Tidav T-H3. Développé par la start-up toulousaine éponyme, il s’agit d’un appareil léger (environ 25 kg), de 2 mètres d’envergure, capable d’encaisser des rafales de 100 km/h.
La plupart des drones classiques tremblent, dérivent ou ne décollent même pas quand le vent dépasse 40 à 50 km/h. Celui de Tidav reste stable et garde une position neutre, comme s’il était posé au sol, grâce à une conception innovante brevetée. Il possède une forme d’avion hybride, des moteurs puissants et une autonomie pouvant lui faire parcourir jusqu’à 100 kilomètres. Capable d’emporter jusqu’à 3 kilos de charge (caméras, capteurs, etc.), il décolle et atterrit verticalement et profite du vent pour se stabiliser.
Il ouvre la voie à l’accomplissement de missions, pour le moment totalement inaccessibles à ses concurrents, comme inspecter des éoliennes en pleine mer, surveiller des pipelines, des lignes électriques ou des zones industrielles par mauvais temps. Au lieu d’attendre une fenêtre météo calme ou d’envoyer des hélicoptères chers et polluants, on peut le déployer en un clin d’œil, même lorsqu’une tempête raisonnable survient.
En janvier 2026, Tidav a décroché 4,5 millions d’euros du programme France 2030 pour accélérer le développement et la commercialisation de son drone, particulièrement pour le marché des éoliennes offshore. Des tests ont déjà montré des performances exceptionnelles et une rare résistance à l’eau salée et à la corrosion. Une nouvelle preuve de l’agilité et du foisonnement actuel d’idées apporté par les start-up françaises.
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