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En faisant condamner Spliiit, la LFP a-t-elle marqué contre son camp ?

La notion de foyer hors jeu
En faisant condamner Spliiit, la LFP a-t-elle marqué contre son camp ?

C’est une première : Spliiit, le service de partage d’abonnements, a été condamné en référé par le tribunal judiciaire de Paris saisi par la Ligue de football professionnel (LFP). En cause : le partage de comptes pour Ligue 1 +, la plateforme de streaming de la LFP. 

La décision du tribunal judiciaire de Paris du 17 avril contre Spliiit a fait du bruit et pour cause : c’est la première fois que l’entreprise spécialisée dans le partage de comptes est condamnée. Par conséquent, elle a cessé de proposer le partage de Ligue 1 +, et supprimé toute référence au service de streaming de la LFP sur son site web, en vertu de la décision de justice. « Je suis tombé de ma chaise quand j’ai appris ça », déclare Jonathan Lalinec, le directeur général de Spliiit, à Next.

La question centrale autour de laquelle gravite toute cette histoire, c’est la notion de foyer. La formule principale de Ligue 1 +à 14,99 euros par mois (avec engagement 12 mois) autorise en effet la lecture sur 2 écrans en simultané. La communication du service de streaming a été pour le moins floue sur le sujet : au lancement de la nouvelle offre l’été dernier, le compte X (anciennement Twitter) de Ligue 1 + annonçait sans ambiguïté qu’il n’y avait pas de notion de foyer pour la gestion des 2 écrans.

Sur le compte Twitter de Ligue 1 +, en août 2025. Capture d’écran

Les conditions générales d’abonnement, mises à jour le 23 septembre, disent pourtant autre chose : la filiale LFP 2 qui opère Ligue 1 + se réserve en effet le droit de désactiver un compte abonné « en cas de partage de compte ayant pour effet de faire bénéficier à un tiers en dehors du foyer ». Ils indiquent par ailleurs que la notion de foyer « exclut totalement tout type de partage de compte via un site internet dédié, une application, un réseau social, une plateforme dédiée en tout ou partie à ce type de pratiques, etc. »

Dans l’ordonnance de référé que Next s’est procuré, le tribunal explique que le service proposé par Spliiit « aux abonnés du service Ligue 1 + est clairement interdit par les stipulations des conditions générales d’utilisation de la plateforme applicables à compter du 23 septembre 2025 ». L’entreprise est « mal fondée à invoquer, aux fins de démontrer l’existence de stipulations ambigües nécessitant leur interprétation », les extraits de Twitter (dont ce tweet remontant au 7 août) et les réactions d’internautes, « antérieurs à la nouvelle rédaction des CGU ». Elle ne peut pas davantage « invoquer la nécessité d’interpréter ces stipulations de manières favorables aux consommateurs en vertu de l’article L.211 - 1 du code de la consommation ».

Le tribunal a donc nettement penché pour les arguments de la LFP. Spliiit avait pourtant bon espoir de faire entendre les siens. « Si on accepte de retirer Ligue 1 +, c’est la porte ouverte pour d’autres services qui pourraient se dire « on vous supprime » », explique Jonathan Lalinec. Le dirigeant s’était demandé s’il fallait aller devant le tribunal : « autant je suis prêt à me battre contre Netflix, Disney, Apple, mais si on est attaqué par un petit service comme ça, ça ne vaut pas le coup. »

Ligue 1 + n’était en effet qu’une goutte d’eau pour Spliiit : « ça représente 0,1% de nos abonnés », soit « un chiffre d’affaires de 3 000 euros » durant les sept mois où le service a été proposé en partage de comptes. Ces chiffres, transmis à la LFP, ont étonné la Ligue : « ils s’attendaient sans doute à ce qu’on ait des milliers d’abonnés Ligue 1 +, ce qui n’était absolument pas le cas ».

À la réception de la première mise en demeure, le directeur général n’était pas certain de vouloir se défendre face à la LFP, « je ne vous cache pas que des honoraires d’avocats ça coûte beaucoup plus cher ! » Mais finalement, Spliiit a voulu rester droit dans ses bottes : « on assume totalement ce qu’on fait ». Ça n’a pas fonctionné, et le référé est tombé. Une ordonnance qui ne fait pas une jurisprudence, « c’est une mesure provisoire qui est sur 180 jours donc pendant 180 jours on doit le retirer », précise Jonathan Lalinec. La LFP peut aller au fond, mais « on n’a pas eu d’informations là-dessus ».

La LFP n’a pas répondu aux sollicitations de Next pour le moment.

Carton rouge pour le partage de comptes

Ligue 1 + ne devrait de toute manière pas revenir de si tôt sur Spliiit. Dans son communiqué, la LFP ne parle pas explicitement de streaming ou d’IPTV illicites pour qualifier l’activité de l’entreprise. En revanche, l’organisateur du championnat de foot « réaffirme sa détermination à lutter contre toutes les formes d’exploitation non autorisée de ses services ». 

Illustration : Flock

Jonathan Lalinec regrette d’ailleurs la publication du communiqué : « On leur a dit [à la LFP] : « écoutez, ne communiquez pas forcément » », des discussions entre avocats ont eu lieu, « et le vendredi matin à 9 h, on a vu que le communiqué est parti, donc on s’est dit c’est qu’ils voulaient vraiment le faire savoir. Je pense qu’ils sont assez fiers de leur coup, mais c’est contre-productif pour eux ».

Car Spliiit se présente justement comme une solution contre le piratage. « Nos clients nous le disent eux-mêmes : sans ces services [de partage de comptes], j’aurais tendance à revenir sur de l’IPTV ou des plateformes de streaming [illégales] ». « On aurait pu travailler ensemble », déplore le dirigeant, « on aurait pu aider Ligue 1 +à recruter de nouveaux abonnés : quand vous partagez un abonnement, vous souscrivez directement à l’éditeur, donc vous ne consommez pas de l’IPTV ou du streaming illégal. »

Le service ne propose de ne partager que des comptes comprenant des options multi-utilisateur. « On n’a jamais eu BeinSport, parce que BeinSport n’a jamais eu d’offre multi-utilisateur », illustre le directeur, « donc de toute façon, si vous n’avez pas d’offre multi-utilisateur, vous ne serez jamais référencés […] tant qu’il n’y a pas d’abonnement partageable, on ne se permettra pas de le référencer ».

Disney, Netflix, Apple : toujours le flou

Sur un autre front, Spliiit est toujours en attente d’une décision de justice concernant le dossier qui l’oppose à Netflix, Disney et Apple regroupés au sein de l’ACE (Alliance for Creativity and Entertainment). Une plainte qui a fait l’objet d’une ordonnance de référé du tribunal judiciaire de Paris, en 2022.

Les différentes offres Spliiit.

Les trois plateformes états-uniennes reprochaient une atteinte à leurs marques, une incitation à enfreindre les conditions d’utilisation (partage hors foyer), des actes de concurrence déloyale et du parasitisme. Pour Spliiit, il n’existait ni contrefaçon évidente, ni trouble manifeste. Le tribunal a reconnu que les plaignantes avaient bien qualité à agir, mais que leurs règles de partage étaient (à l’époque) ambigües et incohérentes. Les services pouvaient aussi interpréter leurs propres règles.

Pas de condamnation de Spliiit donc, et renvoi à un procès au fond. Et depuis ? « La justice prend du temps, et entre 2021 et 2026, il s’est passé beaucoup de choses du point de vue des éditeurs », explique Jonathan Lalinec, « ils ont changé leurs offres, ils ont rajouté des offres payantes, l’offre extra abonné, l’offre abonné supplémentaire ». La notion de foyer a donc volé en éclat, contre monnaie sonnante et trébuchante. « C’est un procès qui est sans objet », affirme-t-il, « il a été repoussé, il aurait dû avoir lieu en 2023, repoussé en 2024, repoussé en 2025… »

L’an dernier, une médiation a été demandée par la justice « à la dernière minute », mais les parties ne sont pas parvenues à se mettre d’accord. Une plaidoirie a finalement eu lieu le 5 octobre, avec une décision programmée en décembre… et sans cesse reportée depuis : « je crois qu’on est au 14e report, donc voilà, je ne peux pas vous donner de date exacte ». Le jugement est attendu : « c’est vraiment la décision au fond de cette affaire qui permettra de trancher si l’abonnement, finalement, peut être partagé et sous quelles conditions. »

Spliiit est aujourd’hui un service qui se porte bien, avec 600 services référencés pour la presse, la musique et la SVOD, en France et en Europe et un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros.

Mise à jour 29/04 — Ajout d’un paragraphe reprenant l’ordonnance de référé.

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En faisant condamner Spliiit, la LFP a-t-elle marqué contre son camp ?

La notion de foyer hors jeu
En faisant condamner Spliiit, la LFP a-t-elle marqué contre son camp ?

C’est une première : Spliiit, le service de partage d’abonnements, a été condamné en référé par le tribunal judiciaire de Paris saisi par la Ligue de football professionnel (LFP). En cause : le partage de comptes pour Ligue 1 +, la plateforme de streaming de la LFP. 

La décision du tribunal judiciaire de Paris du 17 avril contre Spliiit a fait du bruit et pour cause : c’est la première fois que l’entreprise spécialisée dans le partage de comptes est condamnée. Par conséquent, elle a cessé de proposer le partage de Ligue 1 +, et supprimé toute référence au service de streaming de la LFP sur son site web, en vertu de la décision de justice. « Je suis tombé de ma chaise quand j’ai appris ça », déclare Jonathan Lalinec, le directeur général de Spliiit, à Next.

La question centrale autour de laquelle gravite toute cette histoire, c’est la notion de foyer. La formule principale de Ligue 1 +à 14,99 euros par mois (avec engagement 12 mois) autorise en effet la lecture sur 2 écrans en simultané. La communication du service de streaming a été pour le moins floue sur le sujet : au lancement de la nouvelle offre l’été dernier, le compte X (anciennement Twitter) de Ligue 1 + annonçait sans ambiguïté qu’il n’y avait pas de notion de foyer pour la gestion des 2 écrans.

Sur le compte Twitter de Ligue 1 +, en août 2025. Capture d’écran

Les conditions générales d’abonnement, mises à jour le 23 septembre, disent pourtant autre chose : la filiale LFP 2 qui opère Ligue 1 + se réserve en effet le droit de désactiver un compte abonné « en cas de partage de compte ayant pour effet de faire bénéficier à un tiers en dehors du foyer ». Ils indiquent par ailleurs que la notion de foyer « exclut totalement tout type de partage de compte via un site internet dédié, une application, un réseau social, une plateforme dédiée en tout ou partie à ce type de pratiques, etc. »

Dans l’ordonnance de référé que Next s’est procuré, le tribunal explique que le service proposé par Spliiit « aux abonnés du service Ligue 1 + est clairement interdit par les stipulations des conditions générales d’utilisation de la plateforme applicables à compter du 23 septembre 2025 ». L’entreprise est « mal fondée à invoquer, aux fins de démontrer l’existence de stipulations ambigües nécessitant leur interprétation », les extraits de Twitter (dont ce tweet remontant au 7 août) et les réactions d’internautes, « antérieurs à la nouvelle rédaction des CGU ». Elle ne peut pas davantage « invoquer la nécessité d’interpréter ces stipulations de manières favorables aux consommateurs en vertu de l’article L.211 - 1 du code de la consommation ».

Le tribunal a donc nettement penché pour les arguments de la LFP. Spliiit avait pourtant bon espoir de faire entendre les siens. « Si on accepte de retirer Ligue 1 +, c’est la porte ouverte pour d’autres services qui pourraient se dire « on vous supprime » », explique Jonathan Lalinec. Le dirigeant s’était demandé s’il fallait aller devant le tribunal : « autant je suis prêt à me battre contre Netflix, Disney, Apple, mais si on est attaqué par un petit service comme ça, ça ne vaut pas le coup. »

Ligue 1 + n’était en effet qu’une goutte d’eau pour Spliiit : « ça représente 0,1% de nos abonnés », soit « un chiffre d’affaires de 3 000 euros » durant les sept mois où le service a été proposé en partage de comptes. Ces chiffres, transmis à la LFP, ont étonné la Ligue : « ils s’attendaient sans doute à ce qu’on ait des milliers d’abonnés Ligue 1 +, ce qui n’était absolument pas le cas ».

À la réception de la première mise en demeure, le directeur général n’était pas certain de vouloir se défendre face à la LFP, « je ne vous cache pas que des honoraires d’avocats ça coûte beaucoup plus cher ! » Mais finalement, Spliiit a voulu rester droit dans ses bottes : « on assume totalement ce qu’on fait ». Ça n’a pas fonctionné, et le référé est tombé. Une ordonnance qui ne fait pas une jurisprudence, « c’est une mesure provisoire qui est sur 180 jours donc pendant 180 jours on doit le retirer », précise Jonathan Lalinec. La LFP peut aller au fond, mais « on n’a pas eu d’informations là-dessus ».

La LFP n’a pas répondu aux sollicitations de Next pour le moment.

Carton rouge pour le partage de comptes

Ligue 1 + ne devrait de toute manière pas revenir de si tôt sur Spliiit. Dans son communiqué, la LFP ne parle pas explicitement de streaming ou d’IPTV illicites pour qualifier l’activité de l’entreprise. En revanche, l’organisateur du championnat de foot « réaffirme sa détermination à lutter contre toutes les formes d’exploitation non autorisée de ses services ». 

Illustration : Flock

Jonathan Lalinec regrette d’ailleurs la publication du communiqué : « On leur a dit [à la LFP] : « écoutez, ne communiquez pas forcément » », des discussions entre avocats ont eu lieu, « et le vendredi matin à 9 h, on a vu que le communiqué est parti, donc on s’est dit c’est qu’ils voulaient vraiment le faire savoir. Je pense qu’ils sont assez fiers de leur coup, mais c’est contre-productif pour eux ».

Car Spliiit se présente justement comme une solution contre le piratage. « Nos clients nous le disent eux-mêmes : sans ces services [de partage de comptes], j’aurais tendance à revenir sur de l’IPTV ou des plateformes de streaming [illégales] ». « On aurait pu travailler ensemble », déplore le dirigeant, « on aurait pu aider Ligue 1 +à recruter de nouveaux abonnés : quand vous partagez un abonnement, vous souscrivez directement à l’éditeur, donc vous ne consommez pas de l’IPTV ou du streaming illégal. »

Le service ne propose de ne partager que des comptes comprenant des options multi-utilisateur. « On n’a jamais eu BeinSport, parce que BeinSport n’a jamais eu d’offre multi-utilisateur », illustre le directeur, « donc de toute façon, si vous n’avez pas d’offre multi-utilisateur, vous ne serez jamais référencés […] tant qu’il n’y a pas d’abonnement partageable, on ne se permettra pas de le référencer ».

Disney, Netflix, Apple : toujours le flou

Sur un autre front, Spliiit est toujours en attente d’une décision de justice concernant le dossier qui l’oppose à Netflix, Disney et Apple regroupés au sein de l’ACE (Alliance for Creativity and Entertainment). Une plainte qui a fait l’objet d’une ordonnance de référé du tribunal judiciaire de Paris, en 2022.

Les différentes offres Spliiit.

Les trois plateformes états-uniennes reprochaient une atteinte à leurs marques, une incitation à enfreindre les conditions d’utilisation (partage hors foyer), des actes de concurrence déloyale et du parasitisme. Pour Spliiit, il n’existait ni contrefaçon évidente, ni trouble manifeste. Le tribunal a reconnu que les plaignantes avaient bien qualité à agir, mais que leurs règles de partage étaient (à l’époque) ambigües et incohérentes. Les services pouvaient aussi interpréter leurs propres règles.

Pas de condamnation de Spliiit donc, et renvoi à un procès au fond. Et depuis ? « La justice prend du temps, et entre 2021 et 2026, il s’est passé beaucoup de choses du point de vue des éditeurs », explique Jonathan Lalinec, « ils ont changé leurs offres, ils ont rajouté des offres payantes, l’offre extra abonné, l’offre abonné supplémentaire ». La notion de foyer a donc volé en éclat, contre monnaie sonnante et trébuchante. « C’est un procès qui est sans objet », affirme-t-il, « il a été repoussé, il aurait dû avoir lieu en 2023, repoussé en 2024, repoussé en 2025… »

L’an dernier, une médiation a été demandée par la justice « à la dernière minute », mais les parties ne sont pas parvenues à se mettre d’accord. Une plaidoirie a finalement eu lieu le 5 octobre, avec une décision programmée en décembre… et sans cesse reportée depuis : « je crois qu’on est au 14e report, donc voilà, je ne peux pas vous donner de date exacte ». Le jugement est attendu : « c’est vraiment la décision au fond de cette affaire qui permettra de trancher si l’abonnement, finalement, peut être partagé et sous quelles conditions. »

Spliiit est aujourd’hui un service qui se porte bien, avec 600 services référencés pour la presse, la musique et la SVOD, en France et en Europe et un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros.

Mise à jour 29/04 — Ajout d’un paragraphe reprenant l’ordonnance de référé.

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☕️ Erreur 521 en série : des dizaines de sites pirates hors ligne



Plusieurs sites de contenus piratés très populaires affichent désormais une erreur 521 de Cloudflare. Impossible d’y accéder, et le plus intéressant c’est qu’ils sont tous tombés en même temps : le serveur d’origine refuse la connexion ou ne répond plus.

Myflixerz, Sflix, Watchseries, HDtoday et d’autres encore sont aux abonnés absents. Ces sites distribuent des contenus piratés à grands flots, attirant des millions de visiteurs chaque mois… qui se cassent désormais le nez en tentant d’y accéder. Les noms de domaine existent toujours, Cloudflare est bien en place, mais l’erreur 521 indique que l’infrastructure qui héberge ces sites est hors ligne ou inaccessible.

Capture d’écran du site Myflyxerz

Cloudflare n’est donc pas responsable de ce mystérieux serrage de kiki. Comme le rapporte TorrentFreak, il est probable que ces dizaines de sites web ne soient pas indépendants : ils s’appuient sur un modèle « Piracy-as-a-Service » (PaaS) dans lequel le contenu est hébergé par des services communs comme MegaCloud ou VidCloud qui servent de colonne vertébrale technique.

Logiquement, si cette infrastructure centrale tombe, tous les sites qui s’y adossent également. Personne n’ayant revendiqué quoi que ce soit pour le moment, difficile de pointer du doigt le responsable. Néanmoins, plusieurs hypothèses sont sur la table. La première est probablement la moins probable, il s’agirait d’une coupure technique, une simple panne côté backend. L’ampleur de l’événement est tel que ce scénario semble peu crédible.

Autre hypothèse : une action concertée d’ayants droit. La Motion Picture Association (MPA) surveille activement ces réseaux. Le rapport de l’organisation, remis au représentant américain au commerce l’automne dernier (PDF), affirmait ainsi que les réseaux Myflixerz et Sflix avaient généré 622 millions de visites rien qu’au mois d’août 2025. Autant de manque à gagner…

Il existe un précédent. En 2023, l’Alliance for Creativity and Entertainment (ACE) mettait le grappin sur 2Embed, une infrastructure PaaS hébergeant de nombreux contenus distribués par une myriade de portails de streaming illicite. L’opération, menée au Vietnam, avait provoqué un effet domino sur de nombreux sites (dont la plupart se sont remis depuis).

Enfin, il peut s’agir tout simplement d’une coupure de l’accès par les services backend, qui peuvent l’avoir fait de leur plein gré ou sous la contrainte d’un hébergeur ou d’un fournisseur réseau. Dans tous les cas, les sites en question ne sont pas à court de ressources : ils finiront par réapparaitre un jour ou l’autre. Cela n’en reste pas moins un coup dur, car construire une nouvelle infrastructure PaaS demande du temps.

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☕️ Erreur 521 en série : des dizaines de sites pirates hors ligne



Plusieurs sites de contenus piratés très populaires affichent désormais une erreur 521 de Cloudflare. Impossible d’y accéder, et le plus intéressant c’est qu’ils sont tous tombés en même temps : le serveur d’origine refuse la connexion ou ne répond plus.

Myflixerz, Sflix, Watchseries, HDtoday et d’autres encore sont aux abonnés absents. Ces sites distribuent des contenus piratés à grands flots, attirant des millions de visiteurs chaque mois… qui se cassent désormais le nez en tentant d’y accéder. Les noms de domaine existent toujours, Cloudflare est bien en place, mais l’erreur 521 indique que l’infrastructure qui héberge ces sites est hors ligne ou inaccessible.

Capture d’écran du site Myflyxerz

Cloudflare n’est donc pas responsable de ce mystérieux serrage de kiki. Comme le rapporte TorrentFreak, il est probable que ces dizaines de sites web ne soient pas indépendants : ils s’appuient sur un modèle « Piracy-as-a-Service » (PaaS) dans lequel le contenu est hébergé par des services communs comme MegaCloud ou VidCloud qui servent de colonne vertébrale technique.

Logiquement, si cette infrastructure centrale tombe, tous les sites qui s’y adossent également. Personne n’ayant revendiqué quoi que ce soit pour le moment, difficile de pointer du doigt le responsable. Néanmoins, plusieurs hypothèses sont sur la table. La première est probablement la moins probable, il s’agirait d’une coupure technique, une simple panne côté backend. L’ampleur de l’événement est tel que ce scénario semble peu crédible.

Autre hypothèse : une action concertée d’ayants droit. La Motion Picture Association (MPA) surveille activement ces réseaux. Le rapport de l’organisation, remis au représentant américain au commerce l’automne dernier (PDF), affirmait ainsi que les réseaux Myflixerz et Sflix avaient généré 622 millions de visites rien qu’au mois d’août 2025. Autant de manque à gagner…

Il existe un précédent. En 2023, l’Alliance for Creativity and Entertainment (ACE) mettait le grappin sur 2Embed, une infrastructure PaaS hébergeant de nombreux contenus distribués par une myriade de portails de streaming illicite. L’opération, menée au Vietnam, avait provoqué un effet domino sur de nombreux sites (dont la plupart se sont remis depuis).

Enfin, il peut s’agir tout simplement d’une coupure de l’accès par les services backend, qui peuvent l’avoir fait de leur plein gré ou sous la contrainte d’un hébergeur ou d’un fournisseur réseau. Dans tous les cas, les sites en question ne sont pas à court de ressources : ils finiront par réapparaitre un jour ou l’autre. Cela n’en reste pas moins un coup dur, car construire une nouvelle infrastructure PaaS demande du temps.

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Vers la fin du « 100 % renouvelable » ? La réforme du Scope 2 fait grincer des dents

Le courant ne passe pas
Vers la fin du « 100 % renouvelable » ? La réforme du Scope 2 fait grincer des dents

Une partie de l’industrie s’est levée comme un seul homme pour s’opposer à une réforme des règles de calcul des émissions indirectes de CO₂. Porté par le Greenhouse Gas Protocol, ce projet a pour objectif d’améliorer la fiabilité des données et leur utilité pour les politiques climatiques. Au vu de l’environnement politique aux États-Unis et des contraintes économiques, ces changements sont explosifs.

De grands groupes états-uniens (Apple, Amazon, FedEx, Akamai, GM, eBay…) mais aussi internationaux (BYD, Luxshare, Hon Hai…) ont signé une déclaration publique pour s’opposer à la réforme portée par le Greenhouse Gas Protocol qui veut donner davantage de transparence dans le calcul des émissions indirectes de gaz à effet de serre. C’est ce qu’on appelle le Scope 2, qui concerne les émissions liées à l’énergie (électricité, chaleur…) achetée et consommée par une entreprise.

Le Scope 1 correspond aux émissions directes, le Scope 3 mesure quant à lui toutes les autres émissions (indirectes), des fournisseurs au transport de marchandises, en passant par le déplacement des employés…

Du renouvelable en différé

Si ces émissions sont indirectes, c’est parce qu’elles sont attribuées à l’entreprise qui consomme une énergie produite ailleurs. Les émissions produites par une centrale électrique pour le compte d’une autre entreprise sont comptabilisées en Scope 2. La communication de ces émissions indirectes peut être obligatoire en fonction des régions.

Dans l’Union européenne, la directive relative à la publication d’informations en matière de durabilité (CSRD), en cours d’application à l’échelle du continent, doit présenter les émissions Scope 1 et Scope 2, ainsi que Scope 3 si l’information est pertinente en regard de l’activité de l’entreprise.

Le Greenhouse Gas Protocol (GHGP) est utilisé partout dans le monde, en Europe comme en Asie et aux États-Unis, c’est un référentiel qui, depuis 2015, sert de base à de nombreux cadres réglementaires. Les règles plus strictes de la réforme en cours ont été imaginées pour limiter les risques de greenwashing : le texte propose un alignement horaire entre la production et la consommation.

Les entreprises « compensent » leur consommation d’énergie fossile en achetant des certificats d’électricité renouvelable sur une base annuelle sans nécessairement refléter leur consommation réelle heure par heure. 


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GPT-5.5, Privacy Filter, ChatGPT Images 2.0 : OpenAI fait feu de tout bois

Y en a un peu plus, je vous le mets quand même ?
GPT-5.5, Privacy Filter, ChatGPT Images 2.0 : OpenAI fait feu de tout bois

On n’en est pas à un nouveau LLM par jour, mais pas loin ! OpenAI a dévoilé GPT-5.5, alors que son prédécesseur GPT-5.4 remonte à début mars. Cette nouvelle version s’ajoute au lancement de ChatGPT Images 2.0 il y a quelques jours, et à celui de Privacy Filter qui masque les données personnelles dans du texte.

Il se passe toujours quelque chose chez OpenAI. Tenez, la startup a lancé cette nuit GPT-5.5, nouvelle version du grand modèle de langage qui propulse, entre autres, ChatGPT. Comme GPT-5.4 lancé le 5 mars, cette mouture est censée accélérer les tâches de productivité. Y compris quand la requête n’est pas tout à fait claire : « Vous pouvez confier à GPT-5.5 une tâche complexe et mal structurée, composée de plusieurs volets, et lui faire confiance pour planifier, utiliser des outils, vérifier son travail, composer avec l’incertitude et poursuivre le travail jusqu’au bout ».

OpenAI promet une amélioration sensible dans les capacités de raisonnement dans un contexte donné : en code agentique, en utilisation de l’ordinateur, dans le travail intellectuel et les premières étapes de la recherche scientifique. La société assure en outre que GPT-5.5 conserve la même latence par token que GPT-5.4, « tout en offrant un niveau d’intelligence supérieur ». 

Image : OpenAI

GPT-5.4 reste nettement moins cher à l’unité, avec un coût de 2,50 dollars en entrée et 15 dollars en sortie par million de tokens. GPT-5.5 double ces tarifs, mais le modèle compense par une plus grande efficacité, selon OpenAI : il utilise moins de tokens pour effectuer les mêmes tâches. Et ce serait aussi le cas dans Codex.

Les benchmarks publiés par OpenAI indiquent un bond réel dans les tâches agentiques : GPT-5.5 creuse nettement l’écart avec son prédécesseur direct et ses concurrents sur Terminal-Bench, qui mesure la capacité à utiliser un ordinateur, enchaîner des actions, planifier et corriger ses erreurs. Sur les tests de torture plus classiques, la progression du LLM est incrémentale avec des gains modérés sur GDPval (tâches professionnelles réelles) et OSWorld (usage d’un ordinateur).

Image : OpenAI

GPT-5.5 est en phase de déploiement pour les abonnés payants (Plus, Pro, Business, Enterprise) et dans Codex. GPT-5.5 Pro l’est également pour les utilisateurs Pro, Business et Enterprise. L’API y aura droit très bientôt. ChatGPT intègre la déclinaison Thinking de GPT-5.5 dans les formules Plus, Pro, Business et Enterprise.

Privacy Filter masque les informations privées

L’entreprise a également présenté un modèle tout à fait inédit, OpenAI Privacy Filter, dont la mission est de détecter et de supprimer des données personnelles (PII) dans du texte. Le modèle doit comprendre le contexte linguistique, identifier des informations personnelles (même implicites) et distinguer ce qui est public de ce qui relève de la vie privée.

Dit autrement, ce filtre de confidentialité ne se contente pas de repérer des informations basiques comme « @exemple.com » ou un numéro de téléphone. Il est en mesure de décider si cette information doit être masquée, en fonction de l’usage. Le modèle peut être exécuté en local : pas besoin d’envoyer le texte contenant des données sensibles sur un serveur, tout est fait par l’appareil. 

Par conséquent, il s’agit d’un modèle relativement petit (1,5 milliard de paramètres, dont 50 millions sont actifs) qui peut tout de même traiter des documents relativement longs, jusqu’à 128 000 tokens. Privacy Filter couvre huit catégories de données : personnes privées, adresses, emails, téléphones, URL, dates privées, numéros de compte et secrets (mots de passe, clés API, etc.). Attention cependant, ce n’est pas un outil d’anonymisation complet : il peut en effet se tromper et il nécessite absolument une validation humaine dans les cas sensibles.

Le modèle est publié en poids ouverts sous licence Apache 2.0, sur Hugging Face et GitHub. OpenAI le propose à des fins d’expérimentation, de personnalisation, mais aussi dans le cadre d’un déploiement commercial. Privacy Filter est conçu pour s’intégrer dans les bases de données indexées, les outils d’analyse ou de support client, les systèmes de logs ou dans les pipelines d’entraînement de modèles.

ChatGPT Images 2.0, toujours plus loin dans le faux

Si OpenAI a abandonné ses prétentions en matière de génération vidéo en fermant Sora sans cérémonie, la génération d’images, elle, est toujours aussi importante. L’entreprise a lancé le 21 avril ChatGPT Images 2.0, un peu plus d’un an après la première version. Le nouveau modèle est censé respecter scrupuleusement les instructions, qu’il s’agisse de placement et de relation entre les objets, ou de rendu de textes denses.

Image générée par ChatGPT Images 2.0.

Images 2.0 devrait donc se montrer plus doué pour générer des bandes dessinées en respectant le look des personnages d’une case à une autre, des pages de magazine avec une typographie correcte, mais aussi des interfaces d’applications et de jeux, des storyboards et des assets marketing.

Une des nouveautés intéressantes d’Images 2.0 : le mode « Thinking » du modèle peut effectuer des recherches en ligne pour obtenir des informations en temps réel, créer plusieurs images distinctes à partir d’une seule requête, et vérifier ses propres résultats. Les images générées, que l’on peut modifier et affiner, peuvent monter à une résolution 2K. OpenAI fait enfin une sacrée promesse, celle que les images générées par Images 2.0 fassent moins « générées par IA » — floutant un peu plus la frontière entre le vrai et le faux.

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GPT-5.5, Privacy Filter, ChatGPT Images 2.0 : OpenAI fait feu de tout bois

Y en a un peu plus, je vous le mets quand même ?
GPT-5.5, Privacy Filter, ChatGPT Images 2.0 : OpenAI fait feu de tout bois

On n’en est pas à un nouveau LLM par jour, mais pas loin ! OpenAI a dévoilé GPT-5.5, alors que son prédécesseur GPT-5.4 remonte à début mars. Cette nouvelle version s’ajoute au lancement de ChatGPT Images 2.0 il y a quelques jours, et à celui de Privacy Filter qui masque les données personnelles dans du texte.

Il se passe toujours quelque chose chez OpenAI. Tenez, la startup a lancé cette nuit GPT-5.5, nouvelle version du grand modèle de langage qui propulse, entre autres, ChatGPT. Comme GPT-5.4 lancé le 5 mars, cette mouture est censée accélérer les tâches de productivité. Y compris quand la requête n’est pas tout à fait claire : « Vous pouvez confier à GPT-5.5 une tâche complexe et mal structurée, composée de plusieurs volets, et lui faire confiance pour planifier, utiliser des outils, vérifier son travail, composer avec l’incertitude et poursuivre le travail jusqu’au bout ».

OpenAI promet une amélioration sensible dans les capacités de raisonnement dans un contexte donné : en code agentique, en utilisation de l’ordinateur, dans le travail intellectuel et les premières étapes de la recherche scientifique. La société assure en outre que GPT-5.5 conserve la même latence par token que GPT-5.4, « tout en offrant un niveau d’intelligence supérieur ». 

Image : OpenAI

GPT-5.4 reste nettement moins cher à l’unité, avec un coût de 2,50 dollars en entrée et 15 dollars en sortie par million de tokens. GPT-5.5 double ces tarifs, mais le modèle compense par une plus grande efficacité, selon OpenAI : il utilise moins de tokens pour effectuer les mêmes tâches. Et ce serait aussi le cas dans Codex.

Les benchmarks publiés par OpenAI indiquent un bond réel dans les tâches agentiques : GPT-5.5 creuse nettement l’écart avec son prédécesseur direct et ses concurrents sur Terminal-Bench, qui mesure la capacité à utiliser un ordinateur, enchaîner des actions, planifier et corriger ses erreurs. Sur les tests de torture plus classiques, la progression du LLM est incrémentale avec des gains modérés sur GDPval (tâches professionnelles réelles) et OSWorld (usage d’un ordinateur).

Image : OpenAI

GPT-5.5 est en phase de déploiement pour les abonnés payants (Plus, Pro, Business, Enterprise) et dans Codex. GPT-5.5 Pro l’est également pour les utilisateurs Pro, Business et Enterprise. L’API y aura droit très bientôt. ChatGPT intègre la déclinaison Thinking de GPT-5.5 dans les formules Plus, Pro, Business et Enterprise.

Privacy Filter masque les informations privées

L’entreprise a également présenté un modèle tout à fait inédit, OpenAI Privacy Filter, dont la mission est de détecter et de supprimer des données personnelles (PII) dans du texte. Le modèle doit comprendre le contexte linguistique, identifier des informations personnelles (même implicites) et distinguer ce qui est public de ce qui relève de la vie privée.

Dit autrement, ce filtre de confidentialité ne se contente pas de repérer des informations basiques comme « @exemple.com » ou un numéro de téléphone. Il est en mesure de décider si cette information doit être masquée, en fonction de l’usage. Le modèle peut être exécuté en local : pas besoin d’envoyer le texte contenant des données sensibles sur un serveur, tout est fait par l’appareil. 

Par conséquent, il s’agit d’un modèle relativement petit (1,5 milliard de paramètres, dont 50 millions sont actifs) qui peut tout de même traiter des documents relativement longs, jusqu’à 128 000 tokens. Privacy Filter couvre huit catégories de données : personnes privées, adresses, emails, téléphones, URL, dates privées, numéros de compte et secrets (mots de passe, clés API, etc.). Attention cependant, ce n’est pas un outil d’anonymisation complet : il peut en effet se tromper et il nécessite absolument une validation humaine dans les cas sensibles.

Le modèle est publié en poids ouverts sous licence Apache 2.0, sur Hugging Face et GitHub. OpenAI le propose à des fins d’expérimentation, de personnalisation, mais aussi dans le cadre d’un déploiement commercial. Privacy Filter est conçu pour s’intégrer dans les bases de données indexées, les outils d’analyse ou de support client, les systèmes de logs ou dans les pipelines d’entraînement de modèles.

ChatGPT Images 2.0, toujours plus loin dans le faux

Si OpenAI a abandonné ses prétentions en matière de génération vidéo en fermant Sora sans cérémonie, la génération d’images, elle, est toujours aussi importante. L’entreprise a lancé le 21 avril ChatGPT Images 2.0, un peu plus d’un an après la première version. Le nouveau modèle est censé respecter scrupuleusement les instructions, qu’il s’agisse de placement et de relation entre les objets, ou de rendu de textes denses.

Image générée par ChatGPT Images 2.0.

Images 2.0 devrait donc se montrer plus doué pour générer des bandes dessinées en respectant le look des personnages d’une case à une autre, des pages de magazine avec une typographie correcte, mais aussi des interfaces d’applications et de jeux, des storyboards et des assets marketing.

Une des nouveautés intéressantes d’Images 2.0 : le mode « Thinking » du modèle peut effectuer des recherches en ligne pour obtenir des informations en temps réel, créer plusieurs images distinctes à partir d’une seule requête, et vérifier ses propres résultats. Les images générées, que l’on peut modifier et affiner, peuvent monter à une résolution 2K. OpenAI fait enfin une sacrée promesse, celle que les images générées par Images 2.0 fassent moins « générées par IA » — floutant un peu plus la frontière entre le vrai et le faux.

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☕️ Un robot de Sony bat des champions humains au ping-pong



Si les robots ne sont pas encore capables d’asservir l’humanité, ils peuvent déjà nous battre aux échecs ou au Go (Deep Blue et AlphaGo), au poker (Cepheus) et désormais… au ping-pong. Un robot mis au point par Sony AI a battu des athlètes humains.

Les frères Lebrun peuvent trembler. Le robot Ace a remporté trois matchs sur les cinq qui l’ont opposé à des champions de chair et de sang. Ce projet de recherche de Sony AI s’intéresse depuis un moment au tennis de table, une discipline dans laquelle la perception de l’environnement, les réflexes et la rapidité des réactions sont primordiaux.

Sony AI compte déjà à son actif GT Sophy, le pilote IA que les joueurs peuvent affronter dans la simulation de course Gran Turismo. Ace s’appuie sur des principes similaires, mais dans le monde réel avec suivi des effets et analyse des trajectoires complexes, le tout avec des temps de réponse d’une précision de l’ordre de la milliseconde.

« La vitesse en robotique, lorsqu’elle n’est pas prédéterminée, reste l’une des dernières frontières dans ce domaine », explique Michael Spranger, président de Sony AI. Les robots autonomes ont encore de la difficulté à « interagir avec leur environnement, et encore plus avec des humains, aux vitesses auxquelles nous sommes habitués ». Le projet a été conçu pour « franchir cette limite ».

Ace est monté sur un bras à huit articulations et une base mobile. Pas d’yeux pour le robot, mais neuf capteurs d’image (IMX273) et de mouvement (IMX636) répartis dans la pièce qui couvrent la table sous différents angles. Cet attirail lui permet de suivre la balle, aussi bien sa position que la rotation, avec une latence de perception de 10,2 millisecondes. Ça n’est pas anodin : une balle peut dépasser les 20 m/s, avec des effets de rotation de 160 révolutions par seconde, et plus.

Le système de caméras se concentre sur le logo présent sur la balle pour en estimer la rotation et l’axe, le tout en quelques millisecondes. L’agent du robot, son « cerveau », est entraîné avec des données synthétiques issues de parties jouées par des humains. Le système, qui ajuste ses mouvements 1 000 fois par seconde, peut ajuster la trajectoire de sa frappe en plein mouvement « pour tenir compte des dynamiques imprévisibles d’un échange en conditions réelles », explique le labo, comme une balle qui touche le filet, ce qui en modifie la trajectoire et l’angle. 

L’étude a été publiée dans Nature.

Pour chaque coup, le robot pioche dans une sélection de plusieurs gestes appris à l’avance (smash, coup lifté, etc.) qu’il transmet ensuite à son système moteur. 3 000 heures de jeu en simulation ont alimenté cette bibliothèque. Mais parfois, l’intelligence artificielle peut surprendre même les plus aguerris.

Pendant un match, Ace a ainsi intercepté la balle très tôt pour lui donner un effet coupé. Un geste que l’ancien pongiste olympique Kinjiro Nakamura pensait impossible : « Je ne l’avais même pas vu chez les meilleurs joueurs. Mais maintenant que j’ai vu le robot le faire à une distance aussi courte, cela signifie que les humains pourraient aussi y parvenir ».

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☕️ Un robot de Sony bat des champions humains au ping-pong



Si les robots ne sont pas encore capables d’asservir l’humanité, ils peuvent déjà nous battre aux échecs ou au Go (Deep Blue et AlphaGo), au poker (Cepheus) et désormais… au ping-pong. Un robot mis au point par Sony AI a battu des athlètes humains.

Les frères Lebrun peuvent trembler. Le robot Ace a remporté trois matchs sur les cinq qui l’ont opposé à des champions de chair et de sang. Ce projet de recherche de Sony AI s’intéresse depuis un moment au tennis de table, une discipline dans laquelle la perception de l’environnement, les réflexes et la rapidité des réactions sont primordiaux.

Sony AI compte déjà à son actif GT Sophy, le pilote IA que les joueurs peuvent affronter dans la simulation de course Gran Turismo. Ace s’appuie sur des principes similaires, mais dans le monde réel avec suivi des effets et analyse des trajectoires complexes, le tout avec des temps de réponse d’une précision de l’ordre de la milliseconde.

« La vitesse en robotique, lorsqu’elle n’est pas prédéterminée, reste l’une des dernières frontières dans ce domaine », explique Michael Spranger, président de Sony AI. Les robots autonomes ont encore de la difficulté à « interagir avec leur environnement, et encore plus avec des humains, aux vitesses auxquelles nous sommes habitués ». Le projet a été conçu pour « franchir cette limite ».

Ace est monté sur un bras à huit articulations et une base mobile. Pas d’yeux pour le robot, mais neuf capteurs d’image (IMX273) et de mouvement (IMX636) répartis dans la pièce qui couvrent la table sous différents angles. Cet attirail lui permet de suivre la balle, aussi bien sa position que la rotation, avec une latence de perception de 10,2 millisecondes. Ça n’est pas anodin : une balle peut dépasser les 20 m/s, avec des effets de rotation de 160 révolutions par seconde, et plus.

Le système de caméras se concentre sur le logo présent sur la balle pour en estimer la rotation et l’axe, le tout en quelques millisecondes. L’agent du robot, son « cerveau », est entraîné avec des données synthétiques issues de parties jouées par des humains. Le système, qui ajuste ses mouvements 1 000 fois par seconde, peut ajuster la trajectoire de sa frappe en plein mouvement « pour tenir compte des dynamiques imprévisibles d’un échange en conditions réelles », explique le labo, comme une balle qui touche le filet, ce qui en modifie la trajectoire et l’angle. 

L’étude a été publiée dans Nature.

Pour chaque coup, le robot pioche dans une sélection de plusieurs gestes appris à l’avance (smash, coup lifté, etc.) qu’il transmet ensuite à son système moteur. 3 000 heures de jeu en simulation ont alimenté cette bibliothèque. Mais parfois, l’intelligence artificielle peut surprendre même les plus aguerris.

Pendant un match, Ace a ainsi intercepté la balle très tôt pour lui donner un effet coupé. Un geste que l’ancien pongiste olympique Kinjiro Nakamura pensait impossible : « Je ne l’avais même pas vu chez les meilleurs joueurs. Mais maintenant que j’ai vu le robot le faire à une distance aussi courte, cela signifie que les humains pourraient aussi y parvenir ».

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☕️ SpaceX aurait courtisé Mistral avant son deal avec Cursor



Cursor pourrait tomber dans l’escarcelle de SpaceX, pour la modique somme de 60 milliards de dollars. Mais l’acteur majeur du spatial avait d’autres projets en tête pour rattraper son retard dans un secteur des outils de génération de code dominé par Claude Code, Codex et donc, Cursor. Ces dernières semaines, xAI (qui a fusionné avec SpaceX) aurait en effet planché sur un partenariat à trois, avec Cursor… et le groupe français Mistral.

Les discussions rapportées par Business Insider se seraient tenues au plus haut niveau de SpaceX. Elon Musk aurait en effet évoqué cette idée d’une collaboration resserrée avec les deux entreprises IA, dans l’idée de rivaliser avec Anthropic et OpenAI. Rappelons que si l’accord avec Cursor devait capoter, SpaceX s’est engagé à verser 10 milliards de dollars d’indemnités.

Michael Nicolls, le président de xAI et dirigeant de SpaceX, déplorait début avril dans un mémo que son entreprise était « clairement en retard » sur la concurrence. Et qu’il fallait accélérer pour se mettre au niveau, d’où la proposition à Cursor. Business Insider ne donne pas d’autres détails sur la nature de ce ménage à trois, mais le site rappelle que Devendra Chaplot, membre fondateur et cocréateur des premiers LLM de Mistral AI, a rejoint les rangs de xAI où il supervise l’entraînement des modèles de langage.

SpaceX n’était manifestement pas seul sur les rangs pour acquérir Cursor. Microsoft aurait également jeté un œil sur le dossier, selon des sources de CNBC. Le géant du logiciel a cependant décidé de ne pas faire de proposition. Microsoft part de moins loin que SpaceX/xAI dans le domaine des outils IA de codage, grâce à GitHub Copilot qui compte 4,7 millions d’utilisateurs payants, indiquait en début d’année Satya Nadella, le CEO du groupe. C’est 75 % de plus qu’il y a un an.

Codex vient de son côté d’atteindre les 4 millions d’utilisateurs actifs, soit 1 million de plus qu’il y a deux semaines. Codex pose les bases de la fameuse « superapp » d’OpenAI.

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☕️ SpaceX aurait courtisé Mistral avant son deal avec Cursor



Cursor pourrait tomber dans l’escarcelle de SpaceX, pour la modique somme de 60 milliards de dollars. Mais l’acteur majeur du spatial avait d’autres projets en tête pour rattraper son retard dans un secteur des outils de génération de code dominé par Claude Code, Codex et donc, Cursor. Ces dernières semaines, xAI (qui a fusionné avec SpaceX) aurait en effet planché sur un partenariat à trois, avec Cursor… et le groupe français Mistral.

Les discussions rapportées par Business Insider se seraient tenues au plus haut niveau de SpaceX. Elon Musk aurait en effet évoqué cette idée d’une collaboration resserrée avec les deux entreprises IA, dans l’idée de rivaliser avec Anthropic et OpenAI. Rappelons que si l’accord avec Cursor devait capoter, SpaceX s’est engagé à verser 10 milliards de dollars d’indemnités.

Michael Nicolls, le président de xAI et dirigeant de SpaceX, déplorait début avril dans un mémo que son entreprise était « clairement en retard » sur la concurrence. Et qu’il fallait accélérer pour se mettre au niveau, d’où la proposition à Cursor. Business Insider ne donne pas d’autres détails sur la nature de ce ménage à trois, mais le site rappelle que Devendra Chaplot, membre fondateur et cocréateur des premiers LLM de Mistral AI, a rejoint les rangs de xAI où il supervise l’entraînement des modèles de langage.

SpaceX n’était manifestement pas seul sur les rangs pour acquérir Cursor. Microsoft aurait également jeté un œil sur le dossier, selon des sources de CNBC. Le géant du logiciel a cependant décidé de ne pas faire de proposition. Microsoft part de moins loin que SpaceX/xAI dans le domaine des outils IA de codage, grâce à GitHub Copilot qui compte 4,7 millions d’utilisateurs payants, indiquait en début d’année Satya Nadella, le CEO du groupe. C’est 75 % de plus qu’il y a un an.

Codex vient de son côté d’atteindre les 4 millions d’utilisateurs actifs, soit 1 million de plus qu’il y a deux semaines. Codex pose les bases de la fameuse « superapp » d’OpenAI.

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L’IA générative ne créera pas le prochain GTA toute seule

IA encore un bon bout de chemin à faire
L’IA générative ne créera pas le prochain GTA toute seule

Ce n’est pas demain la veille que n’importe qui pourra générer le prochain GTA simplement en le demandant à une IA. Et peut-être même jamais, d’après deux pontes de l’industrie vidéo-ludique.

Que les joueurs l’apprécient ou pas, l’IA générative fait partie du quotidien de nombreux studios de développement de jeux vidéo. L’enquête annuelle réalisée à l’occasion de la Game Developers Conference (GDC) indique que 36 % des professionnels de l’industrie utilisent des outils d’IA. Le sondage, qui interroge 2 300 professionnels, précise que 58 % d’entre eux se servent de cette technologie chez les éditeurs, les équipes support, le marketing et les relations presse, et 30 % chez les développeurs.

Un outil de plus pour les développeurs

Pour autant, l’IA générative ne peut pas remplacer les humains qui créent les jeux. Pas encore, affirme Peter Molyneux, légende britannique du jeu vidéo et père du genre « god games » avec Populous, Fable et Black & White. « La qualité de l’IA n’est pas suffisante pour que nous puissions réellement l’utiliser dans les jeux pour le moment », explique-t-il à la BBC.

Masters of Albion. Capture d’écran

Celui qui, à 66 ans, s’apprête à lancer Masters of Albion, son dernier jeu (et ultime, jure-t-il), prévient qu’il faut être « très, très prudents et nous assurer qu’il existe des garde-fous, afin de ne pas abuser de cette puissance que l’IA nous donne ». Cette technologie va sans aucun doute « provoquer des perturbations»… mais il se veut aussi prudemment optimiste. « Vous savez quoi ? Nous sommes des êtres humains. Nous avons toujours évolué. Nous ne sommes jamais restés immobiles. Les sociétés changent, et nous nous adaptons. »

Le discours est similaire chez Strauss Zelnick, le PDG de Take-Two qui publie GTA, la franchise NBA 2KBioShock et bien d’autres blockbusters. « Peut-on utiliser des outils d’IA pour créer des storyboards plus rapidement ? Ou pour aider à dégager des éléments d’intrigue ? Ou encore pour explorer des alternatives ? Bien sûr », explique-t-il au micro de Christopher Dring de The Game Business.

Il avance que ces outils sont tout simplement plus efficaces que ceux utilisés auparavant, comme la recherche sur internet. D’ici à penser que l’IA peut concevoir un jeu de A à Z qui fasse un carton, il y a tout un monde. 

Le génie n’est pas sorti de la bouteille

Fin janvier, Google lançait un pavé dans la mare en dévoilant son « project Genie », un prototype expérimental qui génère des mondes ouverts interactifs, un peu comme les derniers Zelda en 3D, simplement à partir d’une requête ou d’une photo. La démo est certes impressionnante, mais on est très loin d’un « vrai » jeu.

« L’idée que de nouveaux outils permettraient à une seule personne d’appuyer sur un bouton pour générer un succès et le diffuser auprès de millions de consommateurs à travers le monde est risible », affirme Strauss Zelnick. Il martèle : « Ça n’a jamais existé dans le monde du divertissement ». Le dirigeant en veut pour preuve la musique générée par IA : « Ça ressemble à une chanson, mais je vous mets au défi de l’écouter plus d’une fois. C’est très bien pour l’envoyer comme carte d’anniversaire, mais pas beaucoup plus ». 

Il y aura toujours des margoulins pour tenter de refourguer des jeux entièrement générés par IA, code et assets compris, ou pour promettre de créer des jeux révolutionnaires, comme un certain Elon Musk. À l’heure actuelle, l’industrie se dirige plutôt vers l’utilisation d’outils d’aide à la conception, que ce soit pour le prototypage ou tester différents chemins dans une histoire, comme le studio Larian, créateur de Baldur’s Gate 3, l’a indiqué en décembre dernier.

L’enquête de la GDC précisait ainsi que 81 % des répondants utilisent l’IA générative pour de la recherche ou du brainstorming. Loin derrière, la génération d’assets concentre 19 % des usages – et les joueurs sont généralement les premiers à s’en rendre compte et à s’en plaindre. Il y a également eu toute la polémique autour de DLSS 5 qui utilise l’IA générative pour modifier les graphisme des jeux.

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L’IA générative ne créera pas le prochain GTA toute seule

IA encore un bon bout de chemin à faire
L’IA générative ne créera pas le prochain GTA toute seule

Ce n’est pas demain la veille que n’importe qui pourra générer le prochain GTA simplement en le demandant à une IA. Et peut-être même jamais, d’après deux pontes de l’industrie vidéo-ludique.

Que les joueurs l’apprécient ou pas, l’IA générative fait partie du quotidien de nombreux studios de développement de jeux vidéo. L’enquête annuelle réalisée à l’occasion de la Game Developers Conference (GDC) indique que 36 % des professionnels de l’industrie utilisent des outils d’IA. Le sondage, qui interroge 2 300 professionnels, précise que 58 % d’entre eux se servent de cette technologie chez les éditeurs, les équipes support, le marketing et les relations presse, et 30 % chez les développeurs.

Un outil de plus pour les développeurs

Pour autant, l’IA générative ne peut pas remplacer les humains qui créent les jeux. Pas encore, affirme Peter Molyneux, légende britannique du jeu vidéo et père du genre « god games » avec Populous, Fable et Black & White. « La qualité de l’IA n’est pas suffisante pour que nous puissions réellement l’utiliser dans les jeux pour le moment », explique-t-il à la BBC.

Masters of Albion. Capture d’écran

Celui qui, à 66 ans, s’apprête à lancer Masters of Albion, son dernier jeu (et ultime, jure-t-il), prévient qu’il faut être « très, très prudents et nous assurer qu’il existe des garde-fous, afin de ne pas abuser de cette puissance que l’IA nous donne ». Cette technologie va sans aucun doute « provoquer des perturbations»… mais il se veut aussi prudemment optimiste. « Vous savez quoi ? Nous sommes des êtres humains. Nous avons toujours évolué. Nous ne sommes jamais restés immobiles. Les sociétés changent, et nous nous adaptons. »

Le discours est similaire chez Strauss Zelnick, le PDG de Take-Two qui publie GTA, la franchise NBA 2KBioShock et bien d’autres blockbusters. « Peut-on utiliser des outils d’IA pour créer des storyboards plus rapidement ? Ou pour aider à dégager des éléments d’intrigue ? Ou encore pour explorer des alternatives ? Bien sûr », explique-t-il au micro de Christopher Dring de The Game Business.

Il avance que ces outils sont tout simplement plus efficaces que ceux utilisés auparavant, comme la recherche sur internet. D’ici à penser que l’IA peut concevoir un jeu de A à Z qui fasse un carton, il y a tout un monde. 

Le génie n’est pas sorti de la bouteille

Fin janvier, Google lançait un pavé dans la mare en dévoilant son « project Genie », un prototype expérimental qui génère des mondes ouverts interactifs, un peu comme les derniers Zelda en 3D, simplement à partir d’une requête ou d’une photo. La démo est certes impressionnante, mais on est très loin d’un « vrai » jeu.

« L’idée que de nouveaux outils permettraient à une seule personne d’appuyer sur un bouton pour générer un succès et le diffuser auprès de millions de consommateurs à travers le monde est risible », affirme Strauss Zelnick. Il martèle : « Ça n’a jamais existé dans le monde du divertissement ». Le dirigeant en veut pour preuve la musique générée par IA : « Ça ressemble à une chanson, mais je vous mets au défi de l’écouter plus d’une fois. C’est très bien pour l’envoyer comme carte d’anniversaire, mais pas beaucoup plus ». 

Il y aura toujours des margoulins pour tenter de refourguer des jeux entièrement générés par IA, code et assets compris, ou pour promettre de créer des jeux révolutionnaires, comme un certain Elon Musk. À l’heure actuelle, l’industrie se dirige plutôt vers l’utilisation d’outils d’aide à la conception, que ce soit pour le prototypage ou tester différents chemins dans une histoire, comme le studio Larian, créateur de Baldur’s Gate 3, l’a indiqué en décembre dernier.

L’enquête de la GDC précisait ainsi que 81 % des répondants utilisent l’IA générative pour de la recherche ou du brainstorming. Loin derrière, la génération d’assets concentre 19 % des usages – et les joueurs sont généralement les premiers à s’en rendre compte et à s’en plaindre. Il y a également eu toute la polémique autour de DLSS 5 qui utilise l’IA générative pour modifier les graphisme des jeux.

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Victime de son succès, Anthropic a testé de supprimer Claude Code de son abonnement Pro

Claude Pro, mais pas trop pro non plus
Victime de son succès, Anthropic a testé de supprimer Claude Code de son abonnement Pro

Anthropic a un sérieux problème sur les bras : trop d’utilisateurs, pas assez de capacités de calcul. La startup a mis en place des mesures de restriction de l’usage et a testé une limitation des plus sévères : supprimer carrément l’accès de Claude Code aux abonnés Pro.

L’engouement envers Claude Code ne faiblit pas, à tel point que le chiffre d’affaires annualisé devrait dépasser les 30 milliards de dollars. Des revenus record qui propulsent encore plus haut l’intérêt des investisseurs, avec une introduction en Bourse qui devrait intervenir cette année.

Claude Code passe pour certains de Pro à Max

Mais l’attrait des utilisateurs pour les solutions IA d’Anthropic, et tout particulièrement Claude Code, s’accompagne aussi d’une crise de croissance. Les capacités de calcul ont du mal à suivre, et ce ne sont pas les accords signés ici et là qui vont améliorer les choses à court terme : encore faut-il construire les centres de données et les équiper, dans un contexte où l’approvisionnement en composants est un véritable coupe-gorge.

L’entreprise tente donc de maîtriser la demande, et la dernière expérimentation en date ne fait pas que des heureux. Des utilisateurs ont ainsi eu la mauvaise surprise de voir que la grille des bénéfices des abonnements Claude avait supprimé l’accès de Claude Code à la formule Pro (17 dollars par mois). Pour pouvoir utiliser l’outil de génération de code, il faut donc souscrire à la formule Max, à partir de 100 dollars.

Les abonnés Pro privés de Claude Code. Capture d’écran : George Pu

Un test et une marche arrière toute d’Anthropic

Les entreprises et les organisations ne sont pas tellement concernées puisqu’elles ont des tarifications spécifiques. Pour les amateurs ou les prosumers en revanche, la pilule est plus difficile à faire passer. Pas de panique (pour l’instant) : il ne s’agit que d’un test concernant 2 % des nouveaux abonnés (rien ne change pour les anciens), a confirmé Amol Avasare, responsable de la croissance chez Anthropic. La liste des fonctions de Claude Pro est d’ailleurs revenue à la normale, l’accès à Claude Code étant de retour. Il ajoute que si quelque chose devait changer, « nous préviendrons les gens bien à l’avance ».

Le dirigeant explique qu’au lancement de la formule Max l’an dernier, elle n’incluait pas Claude Code, que Cowork n’existait pas et que les agents IA qui tournaient durant des heures n’étaient pas encore de la partie. « Max était conçu pour un usage prolongé du chat, voilà tout ». Depuis, Code y est intégré et avec l’avènement d’Opus 4, l’usage a fortement progressé, tandis que les agents comme OpenClaw ont commencé à faire partie des flux de travail au quotidien.

« La manière dont les gens utilisent leur abonnement Claude a fondamentalement changé », observe-t-il, « nos formules actuelles n’ont pas été conçues pour ça ». Avec un engagement en hausse constante, Anthropic a dû faire des ajustements : plafond d’utilisation hebdomadaire, des limites durant les heures de pointe, passage à l’API pour les services tiers… C’est pourquoi l’entreprise cherche de nouvelles manières de partager les capacités de calcul, et en teste certaines.

Va-t-on dès lors vers une hausse des prix des abonnements, couplée à davantage de restrictions dans les offres ? Ce n’est pas à exclure. Le nouveau modèle de langage Opus 4.7 est d’ailleurs plus gourmand en tokens.

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Victime de son succès, Anthropic a testé de supprimer Claude Code de son abonnement Pro

Claude Pro, mais pas trop pro non plus
Victime de son succès, Anthropic a testé de supprimer Claude Code de son abonnement Pro

Anthropic a un sérieux problème sur les bras : trop d’utilisateurs, pas assez de capacités de calcul. La startup a mis en place des mesures de restriction de l’usage et a testé une limitation des plus sévères : supprimer carrément l’accès de Claude Code aux abonnés Pro.

L’engouement envers Claude Code ne faiblit pas, à tel point que le chiffre d’affaires annualisé devrait dépasser les 30 milliards de dollars. Des revenus record qui propulsent encore plus haut l’intérêt des investisseurs, avec une introduction en Bourse qui devrait intervenir cette année.

Claude Code passe pour certains de Pro à Max

Mais l’attrait des utilisateurs pour les solutions IA d’Anthropic, et tout particulièrement Claude Code, s’accompagne aussi d’une crise de croissance. Les capacités de calcul ont du mal à suivre, et ce ne sont pas les accords signés ici et là qui vont améliorer les choses à court terme : encore faut-il construire les centres de données et les équiper, dans un contexte où l’approvisionnement en composants est un véritable coupe-gorge.

L’entreprise tente donc de maîtriser la demande, et la dernière expérimentation en date ne fait pas que des heureux. Des utilisateurs ont ainsi eu la mauvaise surprise de voir que la grille des bénéfices des abonnements Claude avait supprimé l’accès de Claude Code à la formule Pro (17 dollars par mois). Pour pouvoir utiliser l’outil de génération de code, il faut donc souscrire à la formule Max, à partir de 100 dollars.

Les abonnés Pro privés de Claude Code. Capture d’écran : George Pu

Un test et une marche arrière toute d’Anthropic

Les entreprises et les organisations ne sont pas tellement concernées puisqu’elles ont des tarifications spécifiques. Pour les amateurs ou les prosumers en revanche, la pilule est plus difficile à faire passer. Pas de panique (pour l’instant) : il ne s’agit que d’un test concernant 2 % des nouveaux abonnés (rien ne change pour les anciens), a confirmé Amol Avasare, responsable de la croissance chez Anthropic. La liste des fonctions de Claude Pro est d’ailleurs revenue à la normale, l’accès à Claude Code étant de retour. Il ajoute que si quelque chose devait changer, « nous préviendrons les gens bien à l’avance ».

Le dirigeant explique qu’au lancement de la formule Max l’an dernier, elle n’incluait pas Claude Code, que Cowork n’existait pas et que les agents IA qui tournaient durant des heures n’étaient pas encore de la partie. « Max était conçu pour un usage prolongé du chat, voilà tout ». Depuis, Code y est intégré et avec l’avènement d’Opus 4, l’usage a fortement progressé, tandis que les agents comme OpenClaw ont commencé à faire partie des flux de travail au quotidien.

« La manière dont les gens utilisent leur abonnement Claude a fondamentalement changé », observe-t-il, « nos formules actuelles n’ont pas été conçues pour ça ». Avec un engagement en hausse constante, Anthropic a dû faire des ajustements : plafond d’utilisation hebdomadaire, des limites durant les heures de pointe, passage à l’API pour les services tiers… C’est pourquoi l’entreprise cherche de nouvelles manières de partager les capacités de calcul, et en teste certaines.

Va-t-on dès lors vers une hausse des prix des abonnements, couplée à davantage de restrictions dans les offres ? Ce n’est pas à exclure. Le nouveau modèle de langage Opus 4.7 est d’ailleurs plus gourmand en tokens.

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☕️ Loewe s’offre le nom et le savoir-faire de Cabasse



Cabasse, le spécialiste breton du son très haut de gamme, est désormais entre les mains de Loewe. En cessation de paiement depuis fin février, l’entreprise basée à Brest poursuivra son activité, tout en apportant son savoir-faire au nouveau propriétaire.

Loewe, célèbre constructeur allemand de téléviseurs, de produits audio (et de cafetières grand luxe) s’offre Cabasse, la marque et les actifs, pour une bouchée de pain. Au terme de la procédure de redressement judiciaire engagée après la cessation de paiement du 27 février, le tribunal de commerce de Montpellier a accepté l’offre de 400 000 euros du repreneur. C’est certes « un prix de cession faible », reconnait le tribunal repris par La Tribune, mais Loewe s’est engagé à reprendre 24 des 26 salariés.

La gamme Cabasse.

Surtout, le dossier de Loewe présente « des garanties sur la pérennité des activités reprises ». Cabasse va en effet continuer d’opérer de manière indépendante, en préservant l’identité de la marque, son autonomie d’ingénierie et sa feuille de route, précise le communiqué de presse. Cabasse, qui reste basée à Brest, va également bénéficier d’investissements ciblés de la part de Loewe pour développer ses infrastructures et ses produits, « tout en mettant à disposition sa plateforme commerciale internationale et ses capacités marketing ».

Mais Cabasse va apporter au pot commun ses technologies et ses brevets. Le nouveau propriétaire entend développer une nouvelle génération de produits audio haut de gamme pour le home cinéma, pour les casques sans fil et le calibrage acoustique de ces futures gammes. « En intégrant leur expertise exceptionnelle à l’univers Loewe, nous portons nos capacités audio à un niveau totalement inédit », se réjouit Aslan Khabliev, le patron de Loewe, qui renforce ainsi ses positions dans le secteur de l’audio de luxe.

Cabasse a été fondée en 1950 en Bretagne par Georges Cabasse, ingénieur en électricité. L’entreprise équipe des lieux prestigieux comme le Grand Rex ou la Géode à Paris, elle fabrique également des enceintes reconnues pour leurs qualités acoustiques. Parmi les faits d’armes récents de la société, en dehors des enceintes Pearl ou Sphere Evo, relevons le partenariat avec Dolby et Orange pour un ensemble abordable de home cinema.

Elle a plusieurs fois changé de main : en 2006, Cabasse est avalé par Canon Europe ; en 2014, Awox, spécialiste des technologies domotiques, reprend l’affaire et devient Cabasse Group, qui possède la marque, ses actifs, l’usine du Finistère. En 2022, l’entité devient Veom Group, basée à Montpellier (d’où le recours au tribunal de commerce de la ville). Elle a engagé une procédure de redressement judiciaire le 9 mars. Suite à la cession à Loewe, Veom est liquidé, avec radiation des actions sur Euronext. 

« Compte tenu du niveau du passif de la Société, les créanciers vont subir une perte très significative pouvant porter sur l’intégralité de leurs créances, et les actionnaires et les porteurs obligataires vont subir la perte intégrale de leur investissement », prévient le communiqué. Cabasse n’était pas au meilleur de sa forme : avec 4,7 millions d’euros, le chiffre d’affaires 2025 était en recul de 30 % par rapport à l’année précédente. La trésorerie était à plat et la production « quasiment à l’arrêt », selon La Tribune.

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☕️ Loewe s’offre le nom et le savoir-faire de Cabasse



Cabasse, le spécialiste breton du son très haut de gamme, est désormais entre les mains de Loewe. En cessation de paiement depuis fin février, l’entreprise basée à Brest poursuivra son activité, tout en apportant son savoir-faire au nouveau propriétaire.

Loewe, célèbre constructeur allemand de téléviseurs, de produits audio (et de cafetières grand luxe) s’offre Cabasse, la marque et les actifs, pour une bouchée de pain. Au terme de la procédure de redressement judiciaire engagée après la cessation de paiement du 27 février, le tribunal de commerce de Montpellier a accepté l’offre de 400 000 euros du repreneur. C’est certes « un prix de cession faible », reconnait le tribunal repris par La Tribune, mais Loewe s’est engagé à reprendre 24 des 26 salariés.

La gamme Cabasse.

Surtout, le dossier de Loewe présente « des garanties sur la pérennité des activités reprises ». Cabasse va en effet continuer d’opérer de manière indépendante, en préservant l’identité de la marque, son autonomie d’ingénierie et sa feuille de route, précise le communiqué de presse. Cabasse, qui reste basée à Brest, va également bénéficier d’investissements ciblés de la part de Loewe pour développer ses infrastructures et ses produits, « tout en mettant à disposition sa plateforme commerciale internationale et ses capacités marketing ».

Mais Cabasse va apporter au pot commun ses technologies et ses brevets. Le nouveau propriétaire entend développer une nouvelle génération de produits audio haut de gamme pour le home cinéma, pour les casques sans fil et le calibrage acoustique de ces futures gammes. « En intégrant leur expertise exceptionnelle à l’univers Loewe, nous portons nos capacités audio à un niveau totalement inédit », se réjouit Aslan Khabliev, le patron de Loewe, qui renforce ainsi ses positions dans le secteur de l’audio de luxe.

Cabasse a été fondée en 1950 en Bretagne par Georges Cabasse, ingénieur en électricité. L’entreprise équipe des lieux prestigieux comme le Grand Rex ou la Géode à Paris, elle fabrique également des enceintes reconnues pour leurs qualités acoustiques. Parmi les faits d’armes récents de la société, en dehors des enceintes Pearl ou Sphere Evo, relevons le partenariat avec Dolby et Orange pour un ensemble abordable de home cinema.

Elle a plusieurs fois changé de main : en 2006, Cabasse est avalé par Canon Europe ; en 2014, Awox, spécialiste des technologies domotiques, reprend l’affaire et devient Cabasse Group, qui possède la marque, ses actifs, l’usine du Finistère. En 2022, l’entité devient Veom Group, basée à Montpellier (d’où le recours au tribunal de commerce de la ville). Elle a engagé une procédure de redressement judiciaire le 9 mars. Suite à la cession à Loewe, Veom est liquidé, avec radiation des actions sur Euronext. 

« Compte tenu du niveau du passif de la Société, les créanciers vont subir une perte très significative pouvant porter sur l’intégralité de leurs créances, et les actionnaires et les porteurs obligataires vont subir la perte intégrale de leur investissement », prévient le communiqué. Cabasse n’était pas au meilleur de sa forme : avec 4,7 millions d’euros, le chiffre d’affaires 2025 était en recul de 30 % par rapport à l’année précédente. La trésorerie était à plat et la production « quasiment à l’arrêt », selon La Tribune.

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☕️ Matter : les objets connectés IKEA désormais compatibles avec SmartThings de Samsung



La nouvelle gamme Matter de produits domotiques IKEA s’intègre désormais avec la plateforme SmartThings de Samsung. Les ampoules, capteurs et télécommandes du géant suédois de l’ameublement en kit peuvent donc, en théorie, être pilotés depuis l’application de Samsung et fonctionner main dans la main avec les autres appareils connectés enregistrés dans l’app.

En novembre dernier, IKEA remettait les compteurs de sa stratégie domotique à zéro, en dévoilant une toute nouvelle gamme de produits compatibles avec Matter. Plus d’une vingtaine de références, des ampoules de toutes formes et couleurs, en passant par des capteurs de mouvement, de qualité de l’air, d’humidité ou de fuite d’eau, sans oublier des télécommandes en veux-tu, en voilà.

Le tout s’accompagne d’un pont certifié Matter pour contrôler non seulement ces produits, mais aussi ceux d’autres marques compatibles avec le protocole domotique commun qu’une bonne partie de l’industrie, regroupée au sein de la Connectivity Standards Alliance (CSA) cherche à imposer depuis 2022. L’objectif est d’en terminer avec les différentes chapelles incompatibles entre elles, pour faciliter la vie du consommateur et faire avancer le marché… comme xkcd l’a si bien résumé en trois cases.

Une belle idée sur le papier, qui a toujours du mal à se concrétiser malgré les mises à jour régulières du standard. La prise en charge de Matter diffère en effet en fonction des fabricants, certains étant plus avancés que d’autres. 

Beaucoup avaient l’espoir que la venue d’IKEA dans la grande famille Matter allait finalement provoquer le déclic que le secteur attendait. Malheureusement le lancement de la gamme a été marqué par des bugs embarrassants : jumelage aléatoireconnexions compliquée… L’espoir faisant vivre, Samsung a annoncé le support des produits Matter d’IKEA dans sa plateforme SmartThings.

Auparavant, connecter les appareils d’IKEA avec SmartThings nécessitait les deux ponts des constructeurs. Ce n’est maintenant plus utile, seul le hub SmartThings est nécessaire. Tous les produits IKEA peuvent être contrôlés depuis l’application SmartThings, qui centralise et gère l’automatisation des appareils compatibles (Hue, Eve, Ring, Nuki…).

Magie noire ou progrès technologique, la frontière est parfois difficile à définir. Image : Samsung

SmartThings étant compatible avec le standard Matter et avec le protocole réseau basse consommation Thread, il devrait donc supporter naturellement les produits IKEA. Il a manifestement fallu un peu de travail supplémentaire pour y parvenir. Plusieurs « cycles de validation » ont été nécessaires pour « améliorer la stabilité de la connexion » ; les deux partenaires ont également planché sur une « expérience utilisateur dédiée dans l’application SmartThings pour assurer une compatibilité complète ». Pas si simple de Matter tout ce petit monde.

Quoi qu’il en soit, l’utilisateur devrait (soyons prudents) être en mesure d’intégrer les appareils IKEA dans ses routines SmartThings, en compagnie des produits domotiques d’autres fabricants. Ils fonctionneront également avec les électroménagers Samsung, ainsi que les téléviseurs du groupe.

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☕️ Matter : les objets connectés IKEA désormais compatibles avec SmartThings de Samsung



La nouvelle gamme Matter de produits domotiques IKEA s’intègre désormais avec la plateforme SmartThings de Samsung. Les ampoules, capteurs et télécommandes du géant suédois de l’ameublement en kit peuvent donc, en théorie, être pilotés depuis l’application de Samsung et fonctionner main dans la main avec les autres appareils connectés enregistrés dans l’app.

En novembre dernier, IKEA remettait les compteurs de sa stratégie domotique à zéro, en dévoilant une toute nouvelle gamme de produits compatibles avec Matter. Plus d’une vingtaine de références, des ampoules de toutes formes et couleurs, en passant par des capteurs de mouvement, de qualité de l’air, d’humidité ou de fuite d’eau, sans oublier des télécommandes en veux-tu, en voilà.

Le tout s’accompagne d’un pont certifié Matter pour contrôler non seulement ces produits, mais aussi ceux d’autres marques compatibles avec le protocole domotique commun qu’une bonne partie de l’industrie, regroupée au sein de la Connectivity Standards Alliance (CSA) cherche à imposer depuis 2022. L’objectif est d’en terminer avec les différentes chapelles incompatibles entre elles, pour faciliter la vie du consommateur et faire avancer le marché… comme xkcd l’a si bien résumé en trois cases.

Une belle idée sur le papier, qui a toujours du mal à se concrétiser malgré les mises à jour régulières du standard. La prise en charge de Matter diffère en effet en fonction des fabricants, certains étant plus avancés que d’autres. 

Beaucoup avaient l’espoir que la venue d’IKEA dans la grande famille Matter allait finalement provoquer le déclic que le secteur attendait. Malheureusement le lancement de la gamme a été marqué par des bugs embarrassants : jumelage aléatoireconnexions compliquée… L’espoir faisant vivre, Samsung a annoncé le support des produits Matter d’IKEA dans sa plateforme SmartThings.

Auparavant, connecter les appareils d’IKEA avec SmartThings nécessitait les deux ponts des constructeurs. Ce n’est maintenant plus utile, seul le hub SmartThings est nécessaire. Tous les produits IKEA peuvent être contrôlés depuis l’application SmartThings, qui centralise et gère l’automatisation des appareils compatibles (Hue, Eve, Ring, Nuki…).

Magie noire ou progrès technologique, la frontière est parfois difficile à définir. Image : Samsung

SmartThings étant compatible avec le standard Matter et avec le protocole réseau basse consommation Thread, il devrait donc supporter naturellement les produits IKEA. Il a manifestement fallu un peu de travail supplémentaire pour y parvenir. Plusieurs « cycles de validation » ont été nécessaires pour « améliorer la stabilité de la connexion » ; les deux partenaires ont également planché sur une « expérience utilisateur dédiée dans l’application SmartThings pour assurer une compatibilité complète ». Pas si simple de Matter tout ce petit monde.

Quoi qu’il en soit, l’utilisateur devrait (soyons prudents) être en mesure d’intégrer les appareils IKEA dans ses routines SmartThings, en compagnie des produits domotiques d’autres fabricants. Ils fonctionneront également avec les électroménagers Samsung, ainsi que les téléviseurs du groupe.

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☕️ Meta veut regarder tout ce que font ses employés pour entraîner ses IA



Les moindres faits et gestes des employés de Meta sur leurs ordinateurs vont être surveillés de près. Pas pour leur refourguer de la pub ciblée (ni pour les espionner, assure le groupe), mais pour entraîner des modèles IA.

Les mouvements de curseur des souris, les clics et les frappes clavier vont être observés de très près chez Meta. Des mémos récupérés par Reuters confirment le lancement d’un nouvel outil, Model Capability Initiative (MCI), dans les ordinateurs des employés de l’entreprise. Il va non seulement enregistrer toutes les interactions avec les sites web et les applications utilisés par les employés, mais aussi réaliser des captures d’écran de temps en temps.

MCI ne sera pas utilisé pour fliquer les employés ou vérifier leur productivité, promet l’entreprise. Et des garde-fous auraient été mis en place pour protéger les « contenus sensibles », sans plus de précision. L’objet de cet outil est d’améliorer les modèles IA de Meta, là où ils montrent de sérieuses lacunes : ils peinent en effet à reproduire la manière dont les humains interagissent avec les ordinateurs. Sélection d’une option dans un menu déroulant, utilisation de raccourcis clavier… Tout cela peut être utile pour les agents qui prennent la main sur les ordinateurs de leurs utilisateurs.

« La vision que nous construisons est celle d’un environnement où nos agents réalisent l’essentiel du travail, et où notre rôle consiste à les diriger, les évaluer et les aider à s’améliorer », écrit Andrew Bosworth, le directeur technique de Meta. Ces agents IA doivent être en mesure « d’identifier automatiquement les moments où nous avons ressenti le besoin d’intervenir, afin de faire mieux la fois suivante ».

Les données collectées par MCI feront partie des sources utilisées pour améliorer ces agents. Reste que cette initiative risque bien de se casser le nez dans l’Union européenne, en vertu entre autres du RGPD et des réglementations locales. En Italie, la surveillance électronique de la productivité des employés est illégale. 

En France, le Code civil dispose que chacun a droit au respect de sa vie privée, y compris dans le cadre de l’entreprise sous la subordination de l’employeur. Ce dernier a cependant le droit d’accéder au matériel informatique mis à disposition des salariés, mais il doit non seulement informer les employés, mais consulter également le comité social et économique (CSE) en préalable de la mise en œuvre.

La CNIL a par ailleurs rappelé que les dispositifs de surveillance doivent être « strictement proportionnés à l’objectif suivi » et surtout, ils ne peuvent pas servir à des fins de surveillance permanente. Les keyloggers sont nommément cités comme des outils à ne pas utiliser.

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