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Mémoire vive : Entente entre les différents acteurs ou capitalisme classique ?

Aux USA, il est possible pour un particulier d’attaquer un géant industriel dans un tribunal classique. Il suffit de trouver un cabinet d’avocats pour vous défendre et de le payer pour cela. Il arrive également que certains avocats vous défendent gracieusement en espérant toucher une part importante des éventuels dommages qu’un tribunal pourrait ordonner.

C’est ce qui a été fait aux USA avec plusieurs plaignants, principalement des particuliers mais également quelques assembleurs, qui ont déposé une plainte contre Samsung, SK Hynix et Micron concernant l’envolée des prix de la mémoire vive. Cette « entente » supposée se base sur des constats.

– L’augmentation de la production de mémoire HBM au détriment de la DDR5. Cette mémoire très rapide est une demande des centres de données en général. Dernièrement, la demande des IA a fait exploser les compteurs. La production de cette mémoire employant des technologies proches de la fabrication de DDR5 grand public, cela a mécaniquement diminué la production de cette dernière. Un acteur comme SK Hynix a ainsi largement réduit la voilure de sa production de mémoire « PC » et a organisé celle-ci pour suivre la demande de mémoire « serveur ». Un choix qui visait à augmenter sa rentabilité. Les mètres carrés dans des usines sont précieux et chaque espace gagné par la HBM occupe forcément ceux précédemment acquis à la production de DDR5.

– La segmentation de la production de DDR5 vers de nouveaux acteurs. Il y a encore un an, le plus gros de la production mémoire vive était absorbé par les géants traditionnels du monde PC. Lenovo, HP, Dell, Apple, Acer, Asus, MSI… mais également déjà des constructeurs de solutions serveur. Désormais les marques qui fabriquent des ordinateurs personnels n’ont plus droit qu’aux restes de la production. Ce que les centres de données ne peuvent pas absorber. Les fabricants de mémoire vive qui distribuent des solutions mémoire à assembler aux particuliers ramassent les miettes. Les contrats passés sont terminés et les fabricants de PC comme les assembleurs sont en pleine disette sur ce composant pourtant central. Environ 70% de la mémoire vive produite dans le monde part désormais vers les centres de données. Il ne reste que 30% pour le marché « PC ». En 2024-2025 les chiffres reflétaient une distribution totalement inversée.

– Un changement de paradigme total. En 2023 et même en 2024, la majorité des composants mémoire DDR5 étaient vendus soit à perte, soit avec des marges ridicules. Les prix n’avaient jamais été aussi bas. Les fabricants de PC profitaient d’une offre concurrentielle très abondante pour aller vers le plus offrant. Quand de nouveaux clients ont proposé d’acheter, à l’avance, leurs puces à un meilleur prix. Quand certains ont signé des contrats pour que les usines abandonnent des lignes de production de DDR5 produisant à perte pour l’orienter vers de la mémoire HBM très rentable, les fabricants de mémoire ont évidemment sauté sur l’occasion. Les constructeurs PC n’ayant jamais été des partenaires très soucieux de la bonne santé financière des fabricants de mémoire, ils n’ont eu aucun scrupule à les abandonner sur la route.

Ce matin, Bob et Bobette vont fabriquer de la DDR5

Face à tout cela, la réaction des trois acteurs majeurs du marché a été très similaire. D’abord la baisse de la production de leurs produits les moins rentables. SK Hynix a réorienté une grosse partie de son offre sur la HBM avec un large coup d’avance sur ses concurrents Micron et Samsung. Micron qui a très rapidement abandonné sa marque Crucial grand public pour s’orienter entièrement vers un marché pro forcément plus rentable. Samsung, quant à lui, a continué à produire de la mémoire DDR5 mais l’a simplement vendue au plus offrant en l’orientant vers des formats serveurs, quitte à casser certains contrats en cours, voire à refuser de livrer ses propres divisions smartphone pour préserver ses contrats les plus juteux.

Mémoire vive DDR5 Samsung Electronics

Est-ce une entente ou le reflet d’un capitalisme classique ?

Toute la question est ici. Est-ce que les différents acteurs et concurrents de la mémoire vive se sont entendus pour faire monter les prix ou est-ce qu’ils n’ont fait que répondre aux plus offrants ?

Imaginez-vous fabricant d’un produit spécifique, un produit dont le cahier des charges existe mais dont les brevets représentent des dizaines d’années de travail de développement et dont les usines coûtent des milliards à mettre en place avant de voir le moindre bénéfice. Ce produit est acheté une misère par différents acteurs depuis des années. Juste assez pour faire tourner votre usine et ne pas vous faire perdre d’argent. Et, tout d’un coup, un nouveau client débarque et vous propose non seulement un meilleur prix mais s’engage à absorber une bonne partie de votre production à ce prix. Quelques temps plus tard, un concurrent de ce nouvel acteur arrive à son tour et promet encore plus pour votre produit. Puis encore un autre et encore un autre. Que feriez-vous ?

La question est d’ailleurs mal posée. Ce n’est pas « que feriez-vous ? » mais plutôt « que devez-vous faire ? ». Parce que la réalité du terrain, c’est qu’un dirigeant ou un commercial qui choisirait de ne pas livrer les clients qui payent plus cher et qui signent de gros contrats serait fautif. Il risquerait son travail pour mauvaise gestion. Choisir de chouchouter des clients historiques qui payent une misère depuis des années parce que l’offre est supérieure à la demande au lieu de diriger sa production vers le nouveau client qui offre beaucoup plus quand la situation se retourne, c’est de la mauvaise gestion.

Du reste, il ne faut pas aller chercher bien loin pour voir que cette « réflexion » est généralisée. Un petit tour sur les plateformes de petites annonces montre que le particulier a bien compris que la mémoire vive qui dormait dans ses tiroirs, achetée pourtant à bas prix, avait gagné en valeur. Les offres pour de la mémoire vive d’occasion ont augmenté de tarif de manière tout aussi spectaculaire chez le simple consommateur.

DDRGate

Il est plus facile d’imaginer une entente sur la mémoire vive…

Le fait que les différents acteurs aient agi dans un temps très court, retournant leur veste et brisant pour certains leurs contrats, laisse imaginer une sorte de contrat secret pour se partager les bénéfices de la situation. Le fait que, par le passé, il y ait eu des ententes entre les Coréens Samsung et SK Hynix, dénoncées par l’Américain Micron, laisse également entrevoir une possibilité de collusion. Mais ces mouvements correspondaient à une volonté de rebond du prix de la mémoire descendu trop bas pour être rentable.

Aujourd’hui le calendrier est serré parce que les centres de données pour les IA sont en plein essor. Nous voyons leur concurrence sous nos yeux avec des acteurs qui se développent en temps réel, des bâtiments qui sortent de terre, des ressources en eau et en électricité qui posent de gros problèmes aux populations locales. Des dirigeants de ces entreprises qui font le voyage vers les fabricants de mémoire pour assurer leurs contrats. D’autres qui se plaignent que les composants ne suivent pas leurs ambitions, ce qui ralentit la construction de leurs serveurs et donc la puissance de leur offre. La demande de mémoire ne sort pas du chapeau des fabricants, elle est clairement motivée par le terrain. Et cela se voit.

Les différents acteurs du marché mémoire veulent montrer leur volonté de pallier ce problème de production et les Coréens Samsung et Hynix annoncent un plan d’investissement poussé par le gouvernement coréen pour 590 milliards de dollars. Un gouvernement qui doit forcément être dans la boucle tant ce type d’infrastructure a un fort impact sur le pays. Il faut une place monstrueuse pour déployer les usines, un réseau d’alimentation en eau et en électricité énorme, des infrastructures de livraison et souvent un véritable système de transport pour faire face au besoin de main-d’œuvre.

La sortie de terre de ces nouvelles structures de production n’est pas attendue avant, au mieux, 2030. Il est probable que les prix de la mémoire vive empirent d’ici là. Ce qui pourrait amener le marché vers des extrémités tarifaires qu’un procès ne freinera en rien.

Une usine SK Hynix en construction actuellement qui fabriquera de la mémoire vive de type HBM

Ces chantiers sont également un danger pour les entreprises concernées.

Le paradoxe de cette course à l’équipement est que c’est exactement ce qui a conduit le marché mémoire à la situation passée. Les fabricants ont augmenté leur production de manière importante et adapté leurs usines pour produire de la DDR5 en masse. Leurs clients ont ainsi découvert une situation très avantageuse. L’offre avait dépassé la demande et, pire que tout, les principaux fabricants de processeurs et de SoC grand public ont maintenu pendant des années un statu quo sur les mémoires à employer. Leurs processeurs offraient la possibilité d’embarquer aussi bien de la DDR4 que de la DDR5. Résultat des courses, les nouvelles usines de DDR5 ont coûté des milliards d’investissement et ne pouvaient tourner qu’en revendant des puces à prix plancher, voire à perte. Il fallait que Samsung, SK Hynix ou Micron proposent toujours moins pour espérer écouler des puces. Seul moyen pour eux de rentabiliser la construction des nouvelles usines. Il était parfois préférable de vendre de la mémoire en perdant de l’argent plutôt que de ne rien produire et de laisser son outil industriel vide.

Aujourd’hui ces mêmes entreprises s’engagent donc à fabriquer de nouvelles usines pour fournir plus de mémoire au marché. Avec le risque d’un nouveau scénario catastrophe pour elles, inverser la tendance et se tirer une balle dans le pied. Si en 2030 les nouvelles usines proposent plus de mémoire que le marché en a besoin, les prix repartiraient vers une forte baisse. Une excellente nouvelle pour le marché des ordinateurs personnels, mais une beaucoup moins bonne pour ces entreprises. Et cela sans compter le risque d’un éclatement de la bulle IA avec des acteurs engagés sur un volume d’achat qui ne pourraient plus payer.

Mémoire vive DDR5 au format SODIMM

Mémoire vive DDR5 au format SODIMM

La norme DDR5 est ouverte à tous

Dernier point de rappel, on a vu fleurir de « nouveaux » acteurs sur le marché mémoire ces derniers mois avec notamment CXMT et Powev qui surfent sur ces prix en hausse pour faire fructifier des années de développement à perte. Mais la mémoire vive est un secteur ouvert à tous. N’importe quel industriel peut s’emparer du cahier des charges publié par le JEDEC et mettre en chantier ses propres brevets pour arriver à correspondre aux besoins recherchés. 

Bizarrement, aucun des fabricants de PC ne semble voir cela comme une solution viable, aucun nouvel acteur ne veut se lancer. Personne n’arrive à créer un consortium pour inventer un quatrième géant dans cette industrie. C’est comme si personne ne voulait prendre le risque de développer un outil industriel demandant des centaines de milliards d’investissement avec une rentabilité pas vraiment assurée à moyen et long terme après des années et des années de recherche et développement très coûteuses. 

Tout le monde a préféré payer au minimum sa mémoire vive pendant des années plutôt qu’aider à la progression de l’infrastructure qui la fabriquait. En 2023, Samsung Electronics était au plus bas de ses bénéfices depuis 14 ans avec 3.4 milliards de dollars de pertes. SK Hynix n’allait pas mieux avant son retournement vers la mémoire HBM, cette même année le fabriquant était dans le rouge pour 4,9 milliards de dollars. En 2023 toujours, Micron accumulait 5.8 milliards de pertes. Si le consommateur final y a gagné en ayant accès à une mémoire vive fort peu chère parce que vendue souvent en dessous de son prix de revient, cela s’est fait en empêchant totalement les constructeurs de pouvoir anticiper les évolutions du marché. 

Avec des pertes massives, les fabricants n’ont eu aucune raison ni aucun moyen d’investir dans de nouvelles usines. Et maintenant que la demande a dépassé l’offre, il semble normal pour tout le monde de leur laisser porter tous les risques d’un réinvestissement massif qui ne conduira qu’à faire en sorte qu’ils gagnent potentiellement moins d’argent à moyen terme. Investir plus pour gagner moins, cela ne sonne pas forcément comme l’adage le plus logique aujourd’hui.

Je ne sais pas si une entente entre les différents fabricants de mémoire a eu lieu. Ce que je sais par contre, c’est que la logique des différents acteurs de la mémoire vive aujourd’hui colle parfaitement à la recherche du profit maximum dans une prise de risque minimum. Et c’est difficile de leur reprocher, ces fabricants ne font qu’appliquer à la lettre les règles du marché mondial.

Pourquoi un nouveau palier de hausse pour la mémoire ?

Mémoire vive : Entente entre les différents acteurs ou capitalisme classique ? © MiniMachines.net. 2026

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Steam Machine : la malédiction de Valve

Si on devait trouver un exemple paradigmatique de ce que ces derniers mois ont fait au monde informatique grand public, l’aventure de la Steam Machine semble être le personnage parfait d’un scénario cauchemardesque. Après un coup d’essai il y a 10 ans qui s’est soldé par un échec faute de suivi logiciel, l’offre avait tout pour que ce soit une réussite cette année. Manque de chance pour Valve, si la marque avait bien anticipé son logiciel, elle n’avait pas prévu la hausse des composants informatiques. C’est eux qui viennent gâcher la fête.

Imaginée à une époque où la mémoire vive et le stockage étaient, littéralement, vendus à perte. Ce PC de salon s’est retrouvé pris dans la tourmente d’un bouleversement complet du marché. Avec, peut-être, le pire calendrier possible.

Le Teasing maudit

Comme beaucoup de matériel ces dernières années, l’aventure Steam Machine a commencé par une opération promotionnelle pré-commerciale. Il fallait présenter l’engin et son concept au public. Aiguiser l’appétit des foules. Valve a donc sorti la grosse artillerie en annonçant, à la suite du succès de son Steam Deck, une console de salon censée déplacer son écosystème vers la télévision. Console qui, épaulée par une manette spécifiquement conçue pour un usage PC de canapé, permettrait de venir concurrencer les consoles Xbox et Playstation. Pas dans leur catalogue mais plutôt dans leur géographie.

Cette première étape, qui était censée créer les conditions d’un succès médiatique, a semé un peu le trouble. À la mi-novembre 2025, lors de sa présentation, le calendrier de la machine est prévu de longue date. Il doit glisser sur des rails techniques et marketing parfaitement alignés. Il existe cependant déjà une incertitude concernant l’augmentation des prix de certains composants. Depuis la fin du mois d’août, le marché mondial de la mémoire vive est en ébullition. Des livraisons prévues ne se font plus, des contrats sont rompus et les prix partent franchement à la hausse. Si tout le monde a bien identifié le phénomène, il n’est pourtant pas encore pris dans toute sa gravité par l’ensemble du marché.

Valve annonce donc sa console sans indiquer de prix et, comme je l’avais écrit à l’époque, ne sait probablement pas à quel tarif il pourra la commercialiser. C’est inhabituel pour la marque qui a toujours indiqué une date et un tarif sur ses sorties matérielles : qu’il s’agisse du Deck, du premier controller ou du Steam Link par exemple. Les annonces ont toujours été formulées avec une date précise et un prix par Valve. Problème pour cette fin 2025, il est impossible de formuler leur menu, il manque trop d’informations et de stabilité dans les ingrédients. Pour que Valve puisse s’avancer, il leur aurait fallu un contrat qui tienne, un prix fiable et une vision sur l’ensemble du coût des composants de l’engin.

Aujourd’hui on sait que le tarif visé par Valve était de 749$ pour son modèle entrée de gamme. Le constructeur se rend probablement très vite compte que cela ne sera pas possible. La question du prix reste donc suspendue. Jusqu’à hier, où le constructeur a enfin dévoilé ses tarifs. La marque ayant sécurisé les éléments nécessaires à une production de produit, elle a donc pu déterminer un tarif.

Le delta de la hausse fait mal mais n’est pas sans nous rappeler les autres augmentations du secteur. De 750$ nous arrivons à 1049$ pour le tout premier modèle. Une machine avec 16 Go de mémoire DDR5 et 8 Go de GDDR6 dédiée. Des éléments qui comptent très fortement dans ce tarif. Il est également possible que la puce semi-custom fabriquée pour Valve par AMD ait également vu son prix augmenter par rapport aux estimations précédentes. Les disponibilités de TSMC pour graver ces puces ayant elles aussi eu tendance à se raréfier et le prix de chaque wafer a explosé. Cela fait donc une augmentation de 300$ pour la machine. Un montant plus que symbolique entre les anticipations de Valve et la réalité du terrain. Car en dépassant les 1000$/€, Valve dépasse un montant presque tabou sur ce segment.

En Europe, le prix de l’engin 512 Go est annoncé à 1049€, ajoutez-lui une manette Steam Controller, un des principaux arguments de la marque, et vous arrivez à un tarif de 1108€. Pas de modèle intermédiaire, la version suivante culmine à 2 To de stockage avec un tarif d’entrée de 1359€. Ajoutez sa manette, on atteint les 1428€ au total.

Un prix jugé excessif et encore une fois une histoire de calendrier.

On ne sait pas si cette date choisie juste avant les vacances d’été était vraiment recherchée par Valve ou s’il s’agit d’une coïncidence. L’éditeur a très bien pu anticiper une sortie pour viser un marché de joueurs ayant des heures à tuer entre juillet et août. Toujours est-il qu’encore une fois la date fait mal. Valve est le premier a dégainer le prix de cette nouvelle génération de machine. Et je ne parle pas des prix de ses concurrents console mais de ceux du marché.

À la sortie du Computex 2026 je pensais que l’industrie allait commencer à donner plus d’informations sur les nouveaux tarifs de leurs portables. Elle a été, au contraire, très discrète. Beaucoup de portables ont été présentés, mais de rares prix ont été officialisés. La raison en est simple. Les premiers qui vont donner ce type d’information vont voir leurs produits se faire éreinter par la critique. Et c’est cette inconfortable position dans le calendrier qui tombe encore une fois sur Valve et sa console. Objet qui ne peut sans doute pas attendre plus longtemps le début de sa commercialisation.

Dans quelques mois, à la rentrée de septembre, lorsque le grand public aura pris conscience de l’ampleur du problème avec des prix qui vont tous exploser, le tarif demandé par Valve passera sans doute plus inaperçu. En attendant, ce seront eux les boucs émissaires d’une hausse dont ils ne sont pas responsables au premier chef.

Une bascule de prix historique en septembre

Ce que nous indique la Steam Machine par ce chaud mois de juin est très symptomatique de notre monde. Ces journées où nous battons tous les records de chaleur sont probablement notre nouveau normal de température en France. Ce prix qui fait tant parler de la console de Valve est également la nouvelle normalité du marché informatique. Nous ne devrions pas retrouver des machines aux tarifs de la mi-2025 avant des années. L’essentiel de l’industrie vise sur un 2028 bien tassé pour des engins encore largement plus chers que par le passé mais enfin moins chers que ceux qui débarquent bientôt.

La véritable prise de conscience du problème n’interviendra qu’avec la sortie globale des nouveaux catalogues de machines en septembre. Lorsque les pros auront écoulé les engins de 2025/2026 encore en stock et que les nouveaux contrats et les nouveaux prix auront enfin mis les pieds dans les rayons des grandes surfaces. Certains portables bureautiques très moyens dépassent déjà les tarifs des modèles haut de gamme annoncés à la fin du Computex 2025.

Une sortie en exercice imposé

Le problème de Valve est complexe car la marque a lancé un produit très spécifique. Son processeur semi-custom, ses compétences calibrées pour le jeu, la mémoire GDDR6 embarquée, un système d’exploitation très particulier, tout cela ne peut pas attendre indéfiniment. Alors que les grandes marques de PC ont des engins aux multiples potentiels en vente, un catalogue établi. Valve a juste… un stock de machines hyper spécialisées sur les bras. Impossible pour eux de déclasser cette offre, le niveau de performances annoncé est viable pour une catégorie d’usages très étroite.

Quand Lenovo, Dell ou HP lancent un ordinateur sur le marché, il va avoir plusieurs vies. Il passe d’un modèle haut de gamme à sa sortie à un engin plus abordable lorsque le marché passe à la génération d’après. Il peut même être déclassé en solution entrée de gamme au bout d’un moment. On a vu des ultraportables connaitre plusieurs vies commerciales différentes à chaque nouveau processeur.

Mais pour la Steam Machine, c’est une course contre la montre qui s’enclenche dès la mise sur le marché de son engin. Si le Steam Deck a pu compter sur une vue très favorable du public lors de sa sortie, c’est en grande partie parce qu’il proposait alors un format mobile très original en plus d’être beaucoup moins cher que des concurrents fort exotiques. Pour la Steam Machine ce n’est absolument pas le cas, c’est même tout l’inverse. Non seulement le format est proche de celui des modèles concurrents que sont les MiniPC, mais l’engin est considéré comme plus cher. Face aux consoles actuelles comme au marché PC tel que le public s’en fait encore l’idée, il est clairement jugé inabordable.

Pire, plus les mois vont passer et plus l’offre apparaîtra comme bancale. Si on apprécie le Steam Deck et ses qualités de jeu particulières qui forcent à s’intéresser à des titres issus d’un catalogue très large de jeux anciens et indépendants. La Steam Machine vient jouer dans la cour des grands en se présentant au prix de consoles qui permettent de lancer des titres récents, très récents. Comment faire pour patienter plus longtemps ? Aujourd’hui la console annonce des performances correctes pour de nombreux jeux. Mais à la fin de l’année, la sortie de nouveaux titres pourrait lui faire perdre de sa superbe.

Que donneront les puces d’AMD dans quelques trimestres ? Quand d’autres offres matérielles classiques du marché PC seront sorties ? Le format portable si spectaculaire du Steam Deck permet d’oublier quelque peu une concurrence qui n’arrivait pas à s’aligner niveau prix. Mais le format salon de la Steam Machine se heurte à une concurrence féroce. Si Valve ne commence pas a écouler son stock rapidement, le risque de voir l’engin devenir obsolète est énorme. La marque est donc obligée d’abattre ses cartes dès maintenant, quand d’autres constructeurs peuvent prendre le luxe d’attendre sagement la rentrée.

Ce prix élevé est le signe d’un point de bascule

En septembre, les nouvelles annonces de tarifs vont remettre la console à un niveau de prix plus classique. La température du bain sera la même pour tout le monde et ceux qui espèrent des engins de jeu à un prix identique à celui de l’année dernière seront rapidement rappelés à la dure réalité de ce nouveau marché.

Il faut bien comprendre à quel point les choses ont changé au pays de la mémoire vive. Si depuis des années les constructeurs de PC étaient en position de force et imposaient leurs prix aux fabricants de mémoire, c’est désormais tout l’inverse. Les disponibilités sont éparses, le prix est imposé en amont des machines et aucune négociation n’est plus possible. Ce sont les fabricants de mémoire qui dictent tout et si les commerciaux de ces industriels sentent la moindre réticence à payer la somme demandée, ils vont tout simplement voir ailleurs.

Il est donc probable que la Steam Machine, jugée aujourd’hui comme un mauvais investissement, soit considérée comme un engin beaucoup plus raisonnable à la mi-septembre. Pas parce que son prix est amené à baisser, mais bien parce que le prix de tout le reste va continuer à monter.

On, comprend ici que la stratégie de Valve est de laisser du temps à la polémique du prix de s’étouffer. Bien entendu, ceux qui espéraient un tarif de 500$ ou moins pour la console seront et resteront déçus. Mais il est possible que d’ici la fin de l’année, son tarif finisse par devenir plus séduisant. Surtout si, comme je l’imagine ,Valve sort le même jeu que pour le Steam Deck : actualité serrée, mise en valeur du produit par des tests et de nombreuses mises à jour, mise en lumière régulière de jeux portés sur la console et éclairage technique du système. Toute la construction du capital sympathie obtenu par le Deck va débarquer étape par étape sur la console de salon. Valve proposera également sans doute quelques offres promotionnelles en offrant quelques manettes de temps en temps avec la console, pour amorcer la pompe après la sortie.

Steam Machine

La Steam Machine reste un engin important

Sur le plan technique, le MiniPC n’est pas spécialement spectaculaire. D’un point de vue performances, il aura même du mal à faire mouche face aux solutions classiques. Mais l’offre est une pierre blanche pour le marché. Un jalon comme il n’en existe plus beaucoup sur le secteur. Alors que les studios de développement de jeux sont en pleine déconfiture avec des fermetures en pagaille, un développeur pourra compter sur la Steam Machine pour clarifier les performances de ses titres.

C’est probablement la plus grande force de Valve sur le Deck et sur la Steam Machine. Devenir une référence de joueur afin de viabiliser des catalogues. En prévoyant un fonctionnement correct ou optimal sur cette console de salon, les éditeurs assureront des ventes, les joueurs seront rassurés et Valve gagnera de la visibilité.

Bien entendu, l’offre ne satisfera pas les joueurs pur et dur dont la configuration la plus haut de gamme sera sans doute bien plus performante. Mais l’offre ne les vise pas en particulier. autant j’ai pu identifier leur console mobile pour un public de parents dont le jeu vidéo était sorti de la vie. Autant l’offre de salon de Valve va intéresser des joueurs fatigués de la course à la performance, aux prix délirants et à la folie qui s’est emparée de ce médium. Et le calcul n’est pas si mauvais.

Si Valve avait pu conserver son prix programmé de 750$, l’offre aurait fait immédiatement mouche. Ici elle sera juste décalée d’un trimestre ou deux. Dans tous les cas, entre le jeu en streaming et un catalogue Steam très varié « garanti » pour fonctionner sur la console, cet engin aura une place potentielle dans beaucoup de salons.

Un système d’exploitation forcément gagnant

La Steam Machine embarque Steam OS et le logiciel n’a aucune raison de rester cantonné au moule de Valve. Il est déjà possible de l’installer sur n’importe quel MiniPC, d’ajouter une manette et de jouer tranquillement dans son canapé. Cette solution logicielle a donc toutes les chances de se retrouver bien au-delà de l’offre annoncée. Je suppose que de nombreux joueurs vont avoir envie de se plonger dans ce type d’expérimentation et de tenter cette aventure.

C’est bien entendu un énorme avantage pour Valve qui n’a pas comme vocation première de vendre du matériel. Son offre Steam en tant que fournisseur de jeux sera sans doute bien plus rémunératrice à moyen et long terme. Et chaque engin déployé avec SteamOS est un accès à son catalogue de jeux supplémentaire.

Valve a donc deux bonnes années à tenir avec ce modèle, en espérant que la situation du marché des composants s’améliore en 2028. Là, le constructeur pourra proposer une seconde version de sa console. Probablement créée a partir d’un matériel issu du catalogue classique du marché. Elle aura sans doute proposé des licences « Steam Machine » à des partenaires et l’offre Linux SteamOS sera en tête de rayon de supermarchés. 

Si la situation est tendue à très court terme pour l’éditeur, sa position n’en reste pas moins toujours très forte pour l’avenir.

Steam Machine 2025 : l’évolution technique et conceptuelle de Valve

Steam Machine : la malédiction de Valve © MiniMachines.net. 2026

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Refroidir son MiniPC : quelques astuces pour la canicule

Refroidir son MiniPC devient un véritable problème. À moins que vous soyez installé sous une climatisation, les périodes caniculaires posent un souci à de nombreuses minimachines qui deviennent brûlantes et peuvent ne plus fonctionner correctement.

Si vous travaillez dans un bureau ou une chambre, sur un PC classique ou un portable, et que vous avez trop chaud, n’oubliez pas pour commencer que le MiniPC est souvent une alternative intéressante. Il peut s’installer facilement dans une pièce plus ouverte, plus aérée ou plus fraîche. En l’associant avec un clavier externe, un écran portable et une souris, vous retrouverez un poste souvent plus confortable qu’une grosse tour qui dégage beaucoup de watts ou qu’un portable qui va monter dans les tours pour se ventiler correctement tout en proposant un clavier bouillant. 

Refroidir son MiniPC

Comme souvent, les solutions pour refroidir son MiniPC vont de l’astuce la plus simple à des actions beaucoup plus complexes à mettre en place. La raison est cependant toujours la même : si ces engins montent trop haut en température, beaucoup de problèmes commencent à se poser. Le processeur est le premier poste à surveiller. Chaque processeur a ce qu’on appelle une température de jonction. C’est une température que le processeur peut atteindre pour travailler, mais au-delà de laquelle il se met en sécurité pour éviter de s’abîmer. Le chiffre est variable, mais cela tourne souvent autour des 95/100°C.

Bien avant d’atteindre ces températures, les processeurs vont réduire leurs performances pour éviter la surchauffe. C’est le throttling. Plus la température monte dans  votre ordinateur, moins celui-ci délivrera de puissance en baissant sa fréquence. Cela évite de poser un souci technique à l’engin sans empêcher l’utilisateur de travailler avec. La sanction finale étant un arrêt complet pour éviter que l’engin ne se mette en danger. Les autres éléments de votre ordinateur peuvent également poser problème. Le stockage, la mémoire vive, peuvent souffrir d’une température trop élevée. Il est donc important de conserver une ambiance convenable à bord.

Si vous avez une imprimante 3D, vous pouvez rechercher sur le net une éventuelle solution de support pour votre minimachine. Ou créez la vôtre.

Si vous avez une imprimante 3D, vous pouvez rechercher sur le net une éventuelle solution de support pour votre minimachine. Ou créez la vôtre.

Refroidir son MiniPC en améliorant la circulation d’air

La chose la plus simple à faire est évidemment de s’assurer que votre engin n’étouffe pas. Que l’air – même chaud – rentre bien dans la machine. Beaucoup de MiniPC et de portables proposent une prise d’air sur le dessous et les côtés. Si votre MiniPC est sur un bureau, il est parfois très efficace de le surélever légèrement afin d’améliorer la prise d’air. Pour cela, les solutions sont nombreuses. Cela va de la mise en place de petits supports identiques sous les quatre pieds de l’engin pour  gagner un ou deux bons centimètres de séparation du bureau. Cela va éviter de laisser un environnement trop bouillant réchauffer l’air qui rentre dans le boitier et asphyxier ses composants.

Si votre machine a surtout des prises d’air sur les côtés, les élever peut également éviter de recycler de l’air extrait de la machine. Ce simple effort d’augmenter la hauteur de l’engin sur votre bureau peut à lui seul améliorer largement sa température.

 

Refroidir son MiniPC

Baisser la fréquence de votre système 🔧

Suivant les puces et les ordinateurs, cette opération est plus ou moins facile. Sur la plupart des PC on peut cependant d’une manière ou d’une autre adapter une fréquence d’usage suivant différents profils. Certaines machines, notamment chez AMD, proposent d’adapter la fréquence des processeurs en mode « silence », par exemple. Au contraire des deux autres modes généralement proposés qui sont « équilibré » et « performances », ce mode permet de baisser la fréquence de la puce pour éviter la surchauffe. Si votre puce est signée Intel, des fonctions de BIOS peuvent en général apaiser le processeur de la même manière. Il faut fouiller du côté des options « Power » pour limiter les « Package Power Limit » ou choisir autre chose que le processeur « High performance ».

Mais également faire un petit tour dans les options « Cooling » pour adapter le « Fan Mode » dans la configuration de votre choix. En augmentant la ventilation ici et en baissant le TDP, on peut refroidir son MiniPC en réduisant la chaleur dégagée par le processeur.

Cela va évidemment baisser les performances globales de votre engin, mais peut-être est-ce un mal pour un bien. Baisser la fréquence peut aider à passer une canicule. On reviendra sur un profil plus classique quand la température redeviendra plus raisonnable.

Refroidir son MiniPC avec Fan Control

Refroidir son MiniPC avec Fan Control

Installer Fan control 🔧

Le logiciel Fan Control est pensé pour créer des profils de ventilation pour PC. Disponible sous Windows et Linux, il permet de créer des profils de ventilation. En général, on s’en sert pour baisser la vitesse de ventilation des engins et ainsi préserver nos oreilles du bruit qu’ils peuvent générer. Mais il est également possible de l’utiliser de manière inverse pour pousser la ventilation temporairement, par courtes périodes, afin d’éviter que la température ne monte trop dans les tours. 

Le logiciel est relativement simple à prendre en main : une fois installé il va détecter les ventilateurs de votre machine et vous proposer de créer des profils de gestion de ceux-ci. Vous pourrez aussi bien créer un profil « calme » pour baisser la ventilation et ne plus rien entendre que créer un profil « canicule » qui activera les ventilateurs à fond toutes les heures pendant quelques minutes pour « vidanger » totalement l’air chaud accumulé. Fan Control est gratuit.

Ajouter un ventilateur plus ou moins temporaire

Une solution pour permettre de passer un cap de température difficile est d’ajouter une ventilation supplémentaire. Un ventilateur extérieur USB pour pouvoir  l’alimenter directement avec le MiniPC ou en le branchant avec un adaptateur USB externe. Cela augmente énormément le renouvellement d’air et baisse la température. Ce type de ventilateur peut se trouver en 80 ou 120 mm de côté et se poser, suivant les cas, en dessous ou au-dessus du boîtier de votre PC. 

Si votre boîtier propose une ouïe d’extraction, positionnez-le au-dessus. Si une aspiration est faite en dessous, placez votre minimachine directement sur le ventilateur. Les modèles proposés ont en général un sélecteur de vitesse pour augmenter la rotation et le débit. Si vous avez un réhausseur de portable avec ventilateur intégré, cela peut également être une très bonne solution.

Si votre MiniPC est fanless et pose problème par temps de canicule, le recours à une ventilation temporaire est parfois salvateur. Il est également possible de refroidir ce type d’engin passif en ajoutant un dissipateur supplémentaire sur son châssis. Et cela même si le boîtier de votre PC est en plastique.

Ajouter des dissipateurs sur la mémoire et le SSD 🔧

Il est possible d’ajouter des petits dissipateurs en cuivre sur les composants de votre MiniPC. En général cela ne pose aucun problème technique. Quelques vis à retirer pour accéder aux composants et la possibilité de positionner ce type d’éléments facilement.

Pour la mémoire vive de type SODIMM, vous trouverez des éléments  entre 10 et 20€ facilement. Pas la peine de prendre des trucs trop « jolis » ou « high-tech », cela ne sert en général à rien. Idem pour les SSD M.2 2280, des éléments existent en aluminium ou en cuivre. Vérifiez juste deux éléments importants. L’épaisseur dont vous disposez pour installer ces éléments entre les barrettes de mémoire et entre les composants et le reste du châssis. Il faut également vérifier que les différents éléments en cuivre soient fournis avec un pad thermique ou en acheter en conséquence. 

 

Dépoussiérer votre ordinateur régulièrement 🔧🔧

L’opération ne sera pas forcément aussi simple pour toutes les machines, mais un dépoussiérage régulier peut éviter de nombreux problèmes. L’opération doit se faire en extérieur, une fois le châssis ouvert – en règle générale quelques vis suffisent – vous pourrez envoyer un flux d’air puissant pour décrasser les pâles des ventilateurs, mais aussi les ouïes d’aspiration d’air frais et les ailettes d’échange thermique.

Si le ventilateur du processeur est inaccessible, vous aurez deux choix : soit démonter la carte mère en prenant grand soin de ce que vous faites, soit tenter un dépoussiérage un peu forcé via les ouïes d’aération. Le premier choix est le meilleur. Il permet d’être certain de se débarrasser de toute la poussière accumulée. Mais il demande évidemment un peu de doigté et de temps. Pour la seconde solution, il faut juste insister longuement et passer de l’air chaud sur tous les espaces accessibles pour espérer parvenir au meilleur résultat.

Dans tous les cas, le recours à une propulsion d’air est plus rentable que l’achat de bombes d’air « sec ». Si vous faites l’opération souvent, pour votre PC classique, votre ordinateur portable ou votre MiniPC, cela sera moins cher. Si vous ajoutez à cela votre box opérateur internet et divers autres appareils comme des amplificateurs, consoles ou autres, c’est vraiment plus intéressant d’acheter un petit souffleur d’air comprimé multi-embouts entre 30 et 50€ que de dépenser régulièrement ses sous dans une bombe. Si vous avez un compresseur dans votre atelier, celui-ci pourra également rendre le même service avec une soufflette. Attention cependant, la puissance d’un compresseur peut être redoutable et il faudra veiller à ne pas orienter directement l’embout sur vos composants. Pour ma part, j’ai acheté en 2021 le Meco 550 Watts filaire en vidéo ci-dessus qui fait toujours bien le boulot.

Petit détail, l’idéal est de tenir les ventilateurs en position fixe pendant le dépoussiérage. La très très grande majorité des machines modernes ont une protection électrique pour éviter que la rotation du ventilateur ne remonte du courant dans ses circuits. Mais sur les MiniPC noname, cela peut ne pas être le cas. Empêcher la rotation va donc éviter tout problème.

 

Pâte thermique d'origine : il y en a beaucoup trop.

Pâte thermique d’origine : il y en a beaucoup trop.

Changer la pâte thermique de votre machine 🔧🔧🔧

Opération à réserver aux plus experts puisque vous devrez non seulement démonter la carte mère mais également démonter le système de ventilation et le dissipateur de celle-ci. Cela permet néanmoins de refroidir son MiniPC du mieux possible. Certains fabricants installent une pâte thermique très entrée de gamme, d’autres en mettent beaucoup trop. Changer la pâte thermique pour un produit de marque est donc une option qui peut s’avérer payante. Je ne vais pas détailler outre mesure la procédure car il est vraiment nécessaire de savoir ce que l’on fait pour la tenter et je n’ai pas envie que quelqu’un tente l’opération à la légère. 

Une fois la carte mère démontée, vous devez donc ôter le ventilateur puis dévisser le support de contact avec le processeur. Il faut ensuite en général détacher le tube de cuivre qui transporte la chaleur vers les ailettes d’échange thermique. Les dispositifs étant en général créés sur mesure, il est impossible de vous dévoiler toutes les étapes ou le nombre de vis à retirer. Vérifiez donc bien que tout est libre et détachez délicatement l’ensemble sans le plier ni le tordre. Faites une photo de la carte mère libérée de son système de refroidissement pour être certain de l’endroit où placer les pads thermiques.

En général je prends des produits de la marque Arctic pour la pâte thermique des MiniPC. La MX-4 est parfaite pour des puces mobiles.

Même chose pour les pads, j’achète des Arctic TP-3 de 1 ou 1.5 mm d’épaisseur et je découpe au cutter les éléments dont j’ai besoin. Ne pas hésiter à prendre des pads assez longs pour les installer également sur les SSD M.2 2280 de votre machine.

Le nettoyage des traces de pâte thermique et des éventuels pads se fait avec un bout de mouchoir en papier pour le plus gros et un petit élément pour gratter les composants en plastique mou comme une vieille carte de crédit. Les traces doivent également être nettoyées, cela se fait très bien à l’alcool isopropylique. Remplacez ensuite les pads et étalez une fine couche de pâte thermique sur le processeur. Repositionnez le dissipateur et remontez le tout. Un remplacement de ce type est clairement pénible, mais outre qu’il va tenir une bonne dizaine d’années, il peut baisser la température du processeur de plusieurs degrés.

L’ensemble de ces mesures n’est pas obligatoire mais offre des solutions pour refroidir son MiniPC et l’utiliser dans de bonnes conditions par ces fortes chaleurs. Si vous avez la possibilité de ne pas lancer votre grosse tour bruyante et qui dégage des centaines de watts pour lui préférer l’usage d’un MiniPC dans la pièce la plus fraiche de votre logement, c’est une bonne idée à suivre. Pour le reste du temps, cela peut également vous permettre d’avoir un engin moins bruyant au quotidien.

Si vous avez des astuces à mettre en avant, n’hésitez pas à les partager en commentaires.

Refroidir son MiniPC : quelques astuces pour la canicule © MiniMachines.net. 2026

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Steam Néo Fest de juin 2026 : pas si mal, cette fois-ci

Ça y est, le Steam Néo Fest de juin s’est lancé le 15 juin et s’achèvera le 22 juin. Comme d’habitude, on n’a pas pu tout tester, mais on essaye de vous donner nos impressions sur un maximum de démos qu’on a pu essayer. Et pour les autres, on compte sur vous pour avoir des retours !

Si vous êtes en phase terminale d’un cancer du bras droit et que vous n’avez plus que quelques heures à vivre, on vous conseille de jeter un œil à SPRAWL Zero pour le solo et à The Mound: Omen of Cthulhu pour la coop.


Les bonnes démos

SPRAWL Zero

Genre : fast-FPS

Suite du plutôt sympathique SPRAWL, un fast-FPS plus ou moins acrobatique, SPRAWL Zero avait été révélé en mars dernier. Il nous promettait des combats nerveux, ainsi qu’un gant gravitationnel pour varier un peu les situations. Le contrat semble rempli, avec une démo franchement viscérale et très agréable. Les combats sont courts et violents, les mouvements de base sont assez lents, mais le dash et le bullet time dynamisent le tout d’une très bonne manière. C’est excellent.

SPRAWL Zero sur NoFrag // Steam // Date de sortie : inconnue

The Mound: Omen of Cthulhu

Genre : extraction shooter horrifique PvE

En mai dernier, on vous faisait part de nos inquiétudes sur The Mound: Omen of Cthulhu, un FPS horrifique coopératif avec des notions d’extraction shooter. Mais pour le Steam Néo Fest, on s’est lancés à la recherche d’icônes maudites à quatre pour tester tout ça. Et on doit dire qu’on a été très agréablement surpris : l’ambiance est finalement excellente, et la direction artistique très réussie. Les armes à feu (arquebuses, pistolets à un coup) ont un très bon feeling, mais malheureusement, les combats au corps-à-corps sont encore très brouillons. On ne sait pas trop quand on touche, les ennemis ont une portée énorme et difficile à gérer. Un peu étonnant pour un studio qui a développé les Zeno Clash. En plus, les armes s’abîment très vite, ce qui fait qu’on peut se retrouver à poil au bout d’un moment, ce qui est un peu frustrant. Mais comme le reste est franchement bon, on croise les doigts pour que les devs ajustent tout ça avant la sortie prévue pour le 15 juillet prochain.

The Mound: Omen of Cthulhu sur NoFrag // Steam // Date de sortie : 15/07/2026

RetroSpace

Genre : immersive sim

Avec son univers discopunk et son gameplay très bien réalisé, RetroSpace est un hommage franchement appuyé à System Shock 2. Au point qu’on est comme à la maison avec des couloirs à explorer peuplés de monstres, une clef à molette, des interfaces à pirater ou des audiologs à écouter. On a trouvé ça plutôt cool pendant la petite demi-heure qu’on y a passé. Si vous aimez les immersive sim, il y a de bonnes chances que vous appréciez. On a néanmoins eu un son de cloche différent sur le Discord de NoFrag : Ravenz estime que la direction artistique n’a pas d’âme, que les animations sont très rigides et que la difficulté est mal dosée. Dites-nous qui a raison en commentaires.

RetroSpace sur NoFrag // Steam // Date de sortie : Q2 2026

Project P.I.T.T.

Genre : simulateur de canards en plastique

Alors qu’on n’était pas spécialement prédisposés à s’intéresser à Project P.I.T.T., la direction artistique rétro et le concept nébuleux nous ont fait installer sa démo. Et on a bien fait, car la mécanique est hypnotique. Le but du jeu est de mettre des canards en plastique dans un trou. En fonction du nombre que l’on met, on fait grimper une jauge de combos, permettant de gagner de l’argent pour débloquer de nouvelles possibilités de fabriquer ou transporter les canards jusqu’au trou. Une sorte de mélange entre un jeu incrémental à la Universal Paperclips et un walking simulator aux desseins plus ou moins sombres. Le sound design est travaillé pour récompenser chaque canard, pour aller jusqu’à une orgie de sons et d’effets visuels quand on parvient à en balancer un grand nombre d’un coup. En plus, c’est développé en solo par un Breton.

Project P.I.T.T. sur NoFrag // Steam // Date de sortie : inconnue

SiN Reloaded

Genre : rétro-FPS / Remaster

On pensait SiN Reloaded perdu dans les limbes, mais en mars dernier, Nightdive Studios nous a surpris en annonçant une sortie pour cette année. Et voilà même une démo pour le Steam Néo Fest. À la rédac’, personne n’avait joué au jeu d’origine, mais on doit avouer que ce petit remaster est sympathique. Ok, visuellement, ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais le feeling est vraiment bon. Du rétro-FPS comme on les aime, avec la qualité de vie habituelle de Nightdive.

SiN Reloaded sur NoFrag // Steam // Date de sortie : 2026

Divine Frequency

Genre : rétro-FPS horrifique

Même si certains membres de l’équipe n’aiment pas les jeux d’horreur, on est tous d’accord pour dire que Divine Frequency est excellemment bien réalisé. Tournant sous GZDoom, il propose une aventure très oppressante, mais avec des armes au feeling exagérément violent. C’est un survival horror, donc il faudra compter ses munitions, et faire des allers-retours pour ouvrir des portes, trouver des clefs et tout le toutim. Il y a aussi un aspect RPG permettant d’obtenir certaines capacités et ainsi varier un peu le gameplay. Prévoyez un slip de rechange.

Divine Frequency sur NoFrag // Steam // Date de sortie : inconnue

Washington Prime

Genre : rétro-FPS

On ne l’avait pas vu passer lors de son annonce il y a quelques mois, Washington Prime est un rétro-FPS pur jus développé sous GZDoom. On n’a pas trop suivi le scénario, mais on se retrouve dans un grand immeuble et on défonce les gardes avec son pistolet, puis un MP5. C’est très difficile, et on y va plutôt en mode tactique qu’en bourrinant. Le feeling est très bon.

Washington Prime sur NoFrag // Steam // Date de sortie : inconnue

Dreadline Express

Genre : walking sim narratif

Clairement le jeu le plus original de la sélection, Dreadline Express est un walking sim narratif horrifique qui se déroule dans un train voguant dans un univers étrange. Mais c’est surtout sa mécanique de deck building pour gérer les conversations qui le font se démarquer. Ça, et la direction artistique PSOne un peu crado donnant une ambiance vraiment réussie. Une très bonne expérience. On notera en revanche l’utilisation de l’IA pour la traduction, qui n’est franchement pas heureuse dans l’interface, puisqu’on devra cliquer sur « C.V. » pour reprendre la partie ou sur « DOS » pour aller au menu précédent.

Dreadline Express sur NoFrag // Steam // Date de sortie : inconnue

Empulse

Genre : multijoueur

On ne pensait vraiment pas qu’on allait mettre Empulse dans les bonnes démos, mais au final, on n’a pas de réels reproches à lui faire du côté du gameplay. Ils voulaient faire un mix entre leur précédent jeu et Titanfall et ça semble cocher toutes les cases. C’est nerveux, très aérien et plutôt gratifiant. On voit qu’ils ont recyclé beaucoup d’éléments de Splitgate, ce qui est une rationalisation plutôt maligne, mais c’est probablement un point qui sera critiqué par quelques débiles. En revanche, la direction artistique est très pauvre : celle de Splitgate était mieux. Il y a sans doute de la marge pour faire en sorte que les robots soient sympas à jouer, mais globalement, le titre est correct. Cela suffira-t-il pour en faire un succès ? Réponse dans moins de deux semaines.

Empulse sur NoFrag // Steam // Date de sortie : 24/06/2026

VHOLUME

Genre : parkour

VHOLUME est un jeu de parkour dans un univers dystopique, réalisé par trois développeurs, dont Léonard Lemaître, l’un des deux frères de BABDDI et STRAFTAT. La démo propose une sorte de circuit à boucler le plus rapidement possible en glissant, en courant sur les murs et en sautant, et il y a un leaderboard pour vous remettre les pieds sur terre. Les mouvements sont très satisfaisants, et on peut aussi se balader un peu partout dans le niveau pour explorer et découvrir tout le panel de possibilité de notre personnage. C’est franchement cool.

VHOLUME sur NoFrag // Steam // Date de sortie : inconnue

Les autres démos qu’on n’a pas relancées, mais qu’on avait bien aimées lorsqu’on les avait testées :


Les démos OK, mais sans plus

THANKS, LIGHT.

Genre : puzzle game

Une sorte de mélange entre Portal et Viewfinder. Le jeu se base principalement sur des formes à faire apparaître pour les insérer dans la bonne silhouette, comme pour les jeux de bébés. Là, c’est évidemment un peu plus compliqué, mais veut-on vraiment voir ça pendant plusieurs heures ? Dans tous les cas, ça fonctionne bien et c’est plutôt bien réalisé.

THANKS, LIGHT. sur NoFrag // Steam // Date de sortie : septembre 2026

Necrofane

Genre : King’s Field-like

Clairement inspiré de King’s Field, la série de jeux antérieure à Dark Souls, Necrofane propose un dungeon crawler RPG aux graphismes rétro assez réussis. L’ambiance est sombre et fonctionne plutôt bien, mais les combats ne sont pas terribles. Ils manquent clairement de feedback, ce qui donne une impression globale mitigée. Mais comme il n’est pas prévu avant 2027, les devs vont avoir le temps d’améliorer ça. À noter qu’ils ont lancé une campagne Kickstarter il y a deux semaines, et qu’elle s’achève dans 14 jours. Pour l’instant, ils n’ont récolté que la moitié de la somme demandée.

Necrofane sur NoFrag // Steam // Date de sortie : 2027

Gunstoppable

Genre : fast-FPS

C’est rapide et nerveux, mais on n’a pas réussi à mettre le doigt sur l’élément qui nous laisse un sentiment mitigé. Peut-être le manque de feeling ? Il n’est pas mauvais, mais pas mémorable.

Gunstoppable sur NoFrag // Steam // Date de sortie : 05/08/2026

Fossilfuel 3

Genre : survival horror

Un pur nanard dont chaque opus de la série est un peu moins merdique que le précédent. Fossilfuel 3 est dirigiste et fait un peu penser à un Resident Evil du pauvre avec une horreur un peu téléphonée, mais ce n’est pas si mal, au final. Ne vous attendez tout de même pas à grand-chose.

Fossilfuel 3 sur NoFrag // Steam // Date de sortie : inconnue

Time To Wake Up

Genre : walking sim

Time To Wake Up est décrit comme un thriller psychologique, mais il correspond plutôt à ce qu’on pourrait appeler un walking sim narratif. La mécanique principale, c’est de pouvoir basculer d’un clic de souris entre deux univers parallèles finalement assez proches, et ça marche plutôt bien. On navigue dans des environnements surréalistes et le thème est intéressant, mais on n’a pas spécialement accroché.

Time To Wake Up sur NoFrag // Steam // Date de sortie : Q3 2026


Les démos nazes

DIESELDOME: Ultraviolent Gladiator Shooter

Genre : roguelite

On avait déjà testé une démo de DIESELDOME: Ultraviolent Gladiator Shooter il y a un moment, et on s’était dit que c’était mieux pour tout le monde qu’on n’en parle pas. Mais il y a quelques jours, les développeurs nous ont contactés pour se rappeler à nous, avec comme argument qu’on avait parlé de WRATH: Aeon of Ruin. Rien à voir. Mais vraiment rien du tout. DIESELDOME est un roguelite avec une direction artistique franchement ratée, et des ennemis qui se déplacent comme des robots vers vous. Les sensations sont vraiment pauvres, malgré un feeling correct de la mitrailleuse. On a vraiment l’impression de perdre notre temps, et les perks à débloquer ne donnent même pas de sentiment de progression, ce qui est quand même un comble pour ce genre de jeu.

DIESELDOME: Ultraviolent Gladiator Shooter sur NoFrag // Steam // Date de sortie : inconnue

GUTTED: Infested Crypts

Genre : horreur

Un jeu d’horreur assez classique qui n’est vraiment pas terrible. Ce n’est pas très joli, le level design renvoie 20 ans en arrière et il y a des jumpscares. Autant vous dire qu’on n’a pas trop aimé. C’est dommage, le gunfeel est OK et c’est exagérément sanglant au point de masquer une bonne partie de l’écran à chaque coup. Ah, et le FOV est un peu trop étroit.

GUTTED: Infested Crypts sur NoFrag // Steam // Date de sortie : inconnue

Enginefall

Genre : survie / extraction shooter

Pas de miracle, la démo n’est que la suite des playtests dont on a parlé au début du mois. Évidemment, c’est toujours nul, et comme par hasard, les développeurs n’ont pas fait de page dédiée pour la démo, afin d’éviter d’avoir des commentaires négatifs. Il suffit néanmoins de faire un tour sur la page des discussions pour voir quelques retours fleuris.

Enginefall sur NoFrag // Steam // Date de sortie : 2026

C’est tellement nul que ça ne mérite pas qu’on s’y attarde :

Les autres démos qu’on a mises là, parce qu’elles ne marchaient même pas :

  • Method of Entry, un jeu tactique à la SWAT 4, mais en 5v5 uniquement. On est restés bloqués dans le tuto, impossible de trouver la partie multi.
  • Protocol: Terminate, un jeu coop contre des robots nuls sans possibilité de régler les contrôles, ni la sensibilité bloquée sur cent millions. On n’a pas réussi à se retrouver dans le lobby malgré de très nombreuses tentatives.
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Project Firefly : Intel détaille les secrets de son intégration

Firefly, nous en avons déjà parlé en mai. Il s’agit d’une solution d’intégration proposée par Intel aux fabricants de PC portables pour baisser les coûts de production et ainsi conserver une offre grand public efficace et abordable.

Dans la vidéo ci-dessus, postée par Intel, on découvre plus en détail la manière dont le Project Firefly s’articule autour de la gamme de processeurs « Wildcat Lake » Core Series 3. Et comment son intégration peut permettre de conserver des tarifs viables pour toute une gamme d’ordinateurs portables sur le marché.

Le premier point abordé dans la vidéo est intéressant, il détaille ce qu’Intel analyse comme la définition d’un portable « grand public ». Et ce qu’il faut entendre par là, c’est un ordinateur destiné à des usages « non experts ». Une machine qui ne soit pas spécialisée dans le jeu, la création de contenu, le calcul lourd ou autre, mais capable de faire un peu tout ce que l’on demande à un ordinateur personnel correctement.

Intel définit cette gamme en validant un ensemble de points particuliers dans une enveloppe de prix attractive : une bonne autonomie, une réactivité logicielle confortable et une grande compatibilité avec l’écosystème matériel et logiciel historique du monde PC. Intel insiste très logiquement sur ces points pour jeter des bâtons dans les roues de ses nouveaux concurrents issus du monde ARM avec Nvidia et son RTX Spark ainsi que Qualcomm et ses Snapdragon. Trois points assez limités par rapport à ce que l’on attend d’un ordinateur portable, mais le reste de chaque machine n’est pas du ressort du fondeur. Pour remplir ce cahier des charge le fondeur s’appuie sur deux éléments techniques : le Project Firefly et la série de processeurs Wildcat Lake.

Double Thumbs up pour Nish Neelalojanan et son explication très accessible de la gamme Wildcat Lake

Double Thumbs up pour Nish Neelalojanan et son explication très accessible de la gamme Wildcat Lake

Wildcat Lake, nouvelle puce généraliste chez Intel

Wildcate Lake est une approche différente des habitudes d’Intel. Avec un peu de recul, on s’aperçoit que la stratégie lancée avec les puces Alder Lake N, puis les processeurs Twin Lake, a pavé la voie de cette nouvelle stratégie. En 2023, je publiais un billet pour expliquer en quoi l’arrivée des puces Alder Lake-N avait totalement changé le marché de l’entrée de gamme. Des Celeron et Pentium qui définissaient un ensemble de processeurs pleins de compromis, Intel était passé à des puces capables d’énormément d’usages. Et cette offre correspondait alors assez bien à la définition d’un processeur grand public établie ci-dessus par Nish Neelalojanan.

De Panther Lake à Wildcat Lake

De Panther Lake à Wildcat Lake

Intel explique sa stratégie avec ses nouvelles puces Wildcat Lake de la même manière qu’il expliquait les sorties des Alder Lake-N à l’époque puis des Twin Lake par la suite. Traditionnellement, la méthode des fabricants de puces a toujours été la même. Les nouvelles technologies sortent dans des modèles de processeurs haut de gamme vendus à des prix élevés. Cela permet de commencer à amortir le coût de fabrication et de recherche et développement des processeurs bien plus rapidement tout en motivant leur achat. Le client final accepte de payer un processeur plus cher car il choisit la performance et les services annexes les plus avancés. Puis, en quelques générations, les points clés de ces processeurs haut de gamme sont déployés dans les solutions plus abordables.

Ainsi une technologie comme le Thunderbolt, la prise en charge de circuits graphiques puissants avec la gestion des derniers CODEC, un nœud de gravure plus fin et autres subtilités techniques se démocratisent au fil du temps. Dégringolant du haut de gamme vers le milieu de gamme puis vers l’entrée de gamme année après année. Une sorte de ruissellement technologique… mais qui fonctionne.

L'achitecture Wildcat Lake

L’asemblage des Wildcat Lake

Avec ces nouvelles générations, les puces haut de gamme et les puces grand public partagent désormais exactement les mêmes technologies mais à des dosages et des degrés différents. Sur l’image ci-dessus, on peut voir que l’ADN est le même pour les Core Ultra Series 3 « Panther Lake » et les Core Series 3 « Wildcat Lake ». Même génération de cœurs, même NPU de cinquième génération, même circuit graphique capable de décoder l’AV1 nativement et une gravure 18A identique. C’est le dosage qui change, le nombre de cœurs qui devient plus léger sur l’entrée de gamme, les fréquences qui sont plus basses, les technologies moins puissantes. Le Thunderbolt est bien présent, mais ce n’est pas le dernier né de la série, la mémoire reste en monocanal, le stockage ne dépasse pas le PCIe 4.0 et le nombre de lignes PCIe est plus faible…

Autre point clé d’une construction moins chère, la fabrication du processeur lui-même. Si sur les puces haut de gamme Intel a recours à des technologies d’assemblage complexes avec plusieurs composants liés ensemble grâce à des technologies coûteuses comme Foveros, ce n’est pas le cas sur Wildcat Lake. La gravure de la puce est « monolithique » : tous les éléments du processeur sont gravés ensemble sur un même morceau de silicium auquel on adjoint une « tuile » contrôleur en utilisant la technologie UCIe. C’est plus simple à graver, plus simple à assembler et donc moins cher à produire. D’autant que dans ce cas précis de Wildcat Lake, tout peut être gravé en interne chez Intel Foundry.

Les six processeurs Wildcat Lake annoncés

Processeur Cœurs CPU Fréquence max
Cœur P
Cœurs GPU Fréquence max
GPU
GPU
(TOPS)
NPU
(TOPS)
Core 7 360 6 (2 x P + 4 x LP-E) 4,8 GHz 2 2,6 GHz 21 17
Core 7 350 6 (2 x P + 4 x LP-E) 4,8 GHz 2 2,6 GHz 21 17
Core 5 330 6 (2 x P + 4 x LP-E) 4,6 GHz 2 2,5 GHz 20 16
Core 5 320 6 (2 x P + 4 x LP-E) 4,6 GHz 2 2,5 GHz 20 16
Core 5 315 6 (2 x P + 4 x LP-E) 4,4 GHz 2 2,3 GHz 18 15
Core 3 304 5 (1 x P + 4 x LP-E) 4,3 GHz 1 2,3 GHz 9 15

Autre détail intéressant, le recours à une carte mère dont le circuit est étalé sur 6 couches seulement. C’est bien moins que pour les puces Panther Lake et cela permet de baisser le prix de revient de manière significative. Les cartes mères ont en général 4 couches sur l’entrée de gamme et de 6 à 8 couches sur le milieu de gamme. Quand au très haut de gamme, notamment sur les cartes proposant un circuit graphique secondaire, on trouve de 10 à 16 couches de communication. L’impact de ces assemblages n’est pas du tout le même financièrement. Passer de 10 à 6 couches est une bonne manière de limiter les coûts.

Pour Wildcat Lake, Intel a donc décidé de changer de braquet. Pour que cette gamme puisse coller aux besoins du public dans les attentes voulues, il a cependant fallu aller plus loin. Définir un cahier des charges complet pour que les constructeurs s’en emparent et puissent fabriquer un ensemble de machines efficaces et accessibles. Ce plan, cette architecture produit, se définit dans le projet Firefly. Un ensemble de mesures qui permet de définir les composants qui gravitent autour des puces : châssis, écran, batterie… C’est cette solution qui va permettre de trouver une cohérence d’ensemble qui va rassurer le consommateur.

Le projet Firefly définit un cadre de travail adapté aux puces proposées

L’idée de Firefly a été de se rapprocher de l’industrie du smartphone et de la tablette. Habituée à adresser des produits à toutes les sensibilités du marché en proposant des solutions très contraintes, il leur a été demandé de réfléchir à des solutions cohérentes pour s’adresser au segment grand public. De définir un cahier des charges adapté pour les fabricants partenaires d’Intel. Une recette d’ordinateur portable qui colle aux capacités des puces Wildcat Lake pour préserver d’un côté les avantages de la plateforme, et de trouver de l’autre le tarif le mieux adapté à ce niveau de services.

Chaque constructeur peut donc s’emparer de cette approche puis la modifier en fonction de ses propres besoins, designs ou objectifs. Certains vont rogner sur des éléments pour proposer un prix plus serré, d’autres vont appuyer sur un composant particulier : batterie, connectique, enceintes, communication, confort ou affichage pour démarquer leur offre. Mais l’architecture sera toujours basée sur les mêmes composants. Cette manière de travailler n’est pas nouvelle et Intel comme AMD ou Qualcomm proposent tous ce que l’on appelle des « designs de référence » sur lesquels s’appuient les constructeurs. 

Sam Gao qui s’occupe du développement matériel et logiciel des machines pour Intel en Chine, prend la suite de la vidéo. Il explique que l’approche d’Intel par le passé était surtout focalisée sur le segment haut de gamme. Les engins les plus performants, les plus endurants, les plus fins et légers. Ceux qui embarquaient les puces les plus puissantes et donc les plus susceptibles de rapporter de l’argent au fondeur. Une approche classique de porte-étendard censée faire « rêver » le consommateur grand public qui, en réalité, achetait en masse les autres puces de la gamme. Soit dit en passant, cette stratégie correspondait bien à Intel quand il régnait en maître sur le secteur sans la forte concurrence d’AMD et l’arrivée de Qualcomm.

Et Intel a donc décidé de se réintéresser au segment grand public avec Wildcat Lake en se disant qu’après tout, c’était une grosse part du marché et un secteur plus stable pour asseoir sa production. Il faut bien comprendre que si une technologie, extrêmement coûteuse à mettre en place, comme la gravure Intel 18A, profite technologiquement à toutes les nouvelles puces d’Intel, c’est une excellente manière de la rentabiliser. Le fait d’amortir son coût de fabrication en diluant celui-ci dans beaucoup plus de processeurs grâce au marché grand public est évidemment très intéressant pour Intel. 

Firefly veut changer la manière de voir les machines grand public

Le point clé de cette nouvelle approche Firefly a été de changer totalement la manière d’appréhender les puces de ce secteur particulier. Passer d’une politique consistant à définir la gamme par son prix à une autre établissant d’abord les usages voulus par le secteur. Puis à adapter les éléments en fonction pour rentrer dans une fourchette de tarifs spécifiques.

Cela a l’air assez proche à première vue, mais avec un exemple simple vous allez vite comprendre le changement de logique. Qui vend les portables grand public ? Principalement les grands distributeurs : magasins en ligne et grandes surfaces. Leur technique est assez simple, il leur faut un prix et avant tout un prix. Un chiffre à accrocher sur leur catalogue et qui évite toute réflexion. Je m’explique. Vous ouvrez une brochure de rentrée scolaire, en plus des fournitures scolaires, vous avez deux pages de PC portables classiques à des prix bien définis. Par exemple, de 499 à 549€ pour un portable grand public de base. 749 à 849€ pour le segment au-dessus et entre 899 et 999€ pour les solutions haut de gamme. Je ne parle pas des portables spécialisés avec des puces graphiques séparées ou d’ultraportables. Il s’agit ici d’engins capables de tout faire, mais sans objectifs d’usages particuliers.

Pourquoi ces prix spécifiques ? Ils établissent les budgets déterminés pour chaque achat suivant les revenus des clients. L’acheteur lambda qui « veut un PC pour la rentrée » entre dans le magasin beaucoup plus avec une idée de budget en tête qu’avec une liste d’exigences techniques. Il existe d’autres raisons spécifiques 7, mais celle-ci est la principale.

Le boulot des constructeurs est donc simple. On prend l’ensemble des composants disponibles sur le marché et on assemble le tout dans différentes configurations pour en faire des portables qui rentrent dans les cases définies : 599€, 799€ et 999€ par exemple. Et s’il faut rogner sur la qualité du châssis, l’autonomie de la batterie, la luminosité de l’écran ou la quantité de stockage proposés pour que ça tienne, ce sera fait. S’il faut ajouter 15 logiciels publicitaires et un antivirus gratuit 1 mois sur Windows pour conserver sa marge, ce sera également proposé. Et cela donne ce que l’on connait aujourd’hui et qui rend tout le monde grognon en commentaires. Un portable super sympathique en première approche mais qui pèche par deux ou trois détails totalement idiots. Par exemple un écran avec une luminosité très faible ou une offre de connexion Wi-Fi dépassée. Et cela malgré le fait que le surcoût pour améliorer ces deux postes ne dépasse pas quelques euros en usine. Il est impossible de dépasser les prix « stratégiques » déterminés à l’avance et les 20€ nécessaires pour passer d’une batterie minable à un modèle qui tient la route ne seront pas dépensés.

Avec l’approche Firefly proposée par Intel, ce n’est plus le tarif qui filtre les composants. Les constructeurs vont proposer des éléments plus libres tout en bénéficiant d’une plateforme permettant d’économiser sur certains postes. Cela va permettre de construire des machines plus cohérentes. Plus intelligentes dans leur conception. Au lieu de se limiter à un portable proposant un écran peu lumineux pour rester sous la barre fatidique des 500€, il sera possible de définir une machine plus homogène à 529€ qui embarquera un écran adapté à un usage extérieur. Il existera toujours des compromis, mais dans des étages de performances plus que dans des choix involontaires dictés par un absurde seuil psychologique de tarif.

Pour Intel, c’est évidemment un pari gagnant car si les fabricants font bien leur travail et que la presse fait également le sien, la gamme de portables sous cette appellation Firefly sera vite identifiée comme un meilleur choix technique. Et le public ne verra plus d’un mauvais œil le fait de dépasser son seuil psychologique d’une poignée d’euros si c’est pour acheter un bien meilleur produit.

Pour les fabricants, cela ouvre également la porte à des propositions plus cohérentes. Ils pourront toujours céder aux caprices des gros vendeurs de portables que sont les grandes surfaces et continuer à leur proposer des machines entrées au chausse-pied dans leurs gammes de prix. Mais si l’offre « Firefly » est plus conseillée et recherchée, ce seront ces vendeurs eux-mêmes qui choisiront les nouvelles machines pour leur catalogue. 

C’est d’autant plus malin pour Intel que les concurrents actuels de la marque, que sont AMD et Qualcomm sont encore très ancrés dans la culture d’une série de processeurs très étagés en spécificités techniques. Les générations de cœurs, de circuits graphiques, de finesse de gravure et de services sont très séparées suivant les cibles. Ça l’est beaucoup moins chez Apple même si la puce choisie pour le Macbook Neo a réintroduit une gamme en dessous des puces de dernières générations. 

 

Prototype Intel Firefly de 14"

Prototype Intel Firefly de 14″

Une synergie matérielle opportuniste et des résultats concrets.

Intel a acté le passage de l’industrie PC derrière celle du monde smartphone. Sam Gao le reconnait lui-même, le monde PC se mesure à environ 300 millions de PC vendus chaque année. En face, le marché du smartphone est au-dessus du milliard d’unités vendues à des tarifs souvent comparables à celui d’un PC grand public. Le concurrent principal d’Intel aujourd’hui ne s’appelle pas forcément AMD ou Apple, il s’appelle smartphone. Cela a poussé leurs équipes à changer de manière d’approcher la fabrication des engins. En choisissant de nouveaux composants, de nouvelles approches matérielles et même de nouveaux partenaires pour l’assemblage des machines.

Et cela conduit à des choix techniques différents de ses habitudes. Rapprocher, par exemple, un assembleur d’électronique de smartphone d’une marque de PC pour concevoir des cartes mères plus compactes et moins chères.

Le premier portable « Firefly » présenté est une production Intel qui sert de design de référence au marché. En général, ces produits servent à former les équipes internes, mais aussi à convaincre les partenaires de la marque. Que ce soient les constructeurs ou les distributeurs qui doivent déclencher des décisions largement en amont de toute réelle disponibilité de produit. Il est difficile de s’engager sur une nouvelle plateforme depuis un catalogue sans avoir un prototype en main. Ces modèles servent à mieux visualiser les machines qui seront réellement en stock des mois plus tard.

Prototype Intel Firefly de 14"

Prototype Intel Firefly de 14″

On retrouve donc un engin de 14 pouces, à l’aspect assez ordinaire mais équipé de petites touches techniques assez importantes. Par exemple, la coque est entièrement métallique et unie, chose très rare sur les gammes de prix visées. Un des moyens d’économiser quelques dollars en production pour un portable grand public est de percer la partie inférieure du châssis pour avoir une aspiration d’air frais. C’est en général bien moins cher que d’optimiser les flux d’air internes. Ce choix est souvent rendu obligatoire sur des portables spécialisés à cause des composants haut de gamme qui dégagent beaucoup de chaleur qu’ils embarquent. Mais sur des produits classiques, c’est le choix technique effectué par défaut car le plus économique.

Et cela même si tout le monde sait que cela pose des problèmes dans la durée avec plus de poussière qui entre dans le système de ventilation et souvent l’impossibilité d’employer sa machine posée sur un coussin de canapé ou un lit. Cela participe également à l’allure globale de ces machines et à leur durabilité.

Prototype Intel Firefly de 14"

Prototype Intel Firefly de 14″

La connectique choisie reflète également un côté « premium ». Auparavant, seuls les produits les plus haut de gamme proposaient du Thunderbolt, les produits grand public étaient cantonnés à un USB Type-C plus classique. En ajoutant cette connectique spécialisée à la plateforme, le constructeur démocratise largement son usage ainsi que les accessoires liés. 

Prototype Intel Firefly de 14"

Prototype Intel Firefly de 14″

Mais pour ne pas froisser les acheteurs de ces segments, qui veulent une grande compatibilité avec leur matériel existant, la marque ne compte pas uniquement sur ces connecteurs spécialisés. L’objectif est de pouvoir fournir également des ports HDMI  et USB type-A plus classiques. Résultat, le portable propose à la fois un design fin de 12.9 mm d’épaisseur et une gamme de services complète.

Prototype Intel Firefly de 15.6"

Prototype Intel Firefly de 15.6″

Dans un prototype 15.6″ exposé dans la vidéo, on découvre une version équipée d’un dos transparent. Cela nous permet de voir les entrailles techniques de l’engin. Et on découvre ici des choses très intéressantes. D’abord la présence d’un unique caloduc en cuivre qui transporte la chaleur du processeur, couvert par une plaque de cuivre, vers des ailettes situées loin du reste des composants. Cette solution est plus fine que les dispositifs habituels, elle coûte également moins cher tout en étant plus efficace grâce à diverses optimisations. Cela représente une économie d’échelle importante pour un fabricant qui va devoir multiplier ce système à des dizaines et des dizaines de milliers d’exemplaires.

Autre détail technique dont je vous ai déjà parlé, la connexion entre la carte mère à droite et l’extension connectique à gauche. Celle-ci a été pensée par Intel et standardisée afin que les différents acteurs puissent s’en emparer et proposer les connecteurs de leur choix. Sur ce modèle de 15.6″, on retrouve deux ports Thunderbolt mais aussi un HDMI, un lecteur de carte MicroSDXC et un jack audio combo 3.5 mm. Sur le modèle de 14″ plus haut, le même connecteur ne transportait que les deux ports Thunderbolt. L’autre intérêt de cette approche est de pouvoir adapter la connectique à chaque diagonale. La carte mère peut en effet rester la même entre un 13, un 14 et 15.6″, il suffira juste pour le constructeur d’étendre la nappe et de choisir une batterie de connecteurs adaptée.

On peut également observer ici une approche très ouverte du matériel embarqué. La batterie est vissée au châssis et elle est montée sur un connecteur pour pouvoir être remplacée facilement. La mémoire vive comme le stockage sont évolutifs. Cela ne sera pas forcément le cas sur tous les designs Firefly mais c’est une possibilité offerte à chaque fabricant.

Autre point intéressant : la gestion de chaque élément intégré a réellement été examinée à la loupe pour optimiser le coût de production. Le meilleur exemple donné est dans la gestion des CODEC embarqués, les outils nécessaires au pilotage des différents médias. Intel a ici littéralement copié l’univers des smartphones pour réduire l’empreinte technique et économique de ces éléments. Cela veut dire que les systèmes embarqués sauront peut-être lire moins de choses matériellement que sur un PC classique, mais que l’ensemble de leur implantation sera également moins coûteux en espace et en composants sur la carte mère. Ce qui tend à faire baisser le coût global de fabrication.

En pratique, cela ne veut pas dire que votre machine ne pourra pas lire tout type de fichiers, le décodage logiciel pourra fonctionner pour les plus anciens. Mais peut-être que les vieux formats ou ceux jugés inadaptés, ne seront plus pris en compte. Pas forcément besoin de savoir lire nativement des médias avec des CODECS abandonnés il y a des années quand l’essentiel de l’usage de ces PC consiste à lire des formats de vidéo récents en streaming. En rapprochant l’usage des processeurs Wildcat Lake avec celui des smartphones, ils ont éliminé les CODEC matériels jugés dépassés dans un usage du quotidien aujourd’hui. Et cela permet d’alléger considérablement l’implantation des puces au global avec un processeur plus petit et moins d’éléments à intégrer à la carte mère pour supporter ces usages.

Même chose pour la mémoire vive, les ingénieurs d’Intel ont envisagé la possibilité de redéfinir la manière dont la gestion de la mémoire vive est effectuée sur les nouvelles puces de manière à reprendre l’implantation du monde mobile. Ce travail en amont permet de baisser le coût de toute l’implantation et d’offrir plus de choix et de rapidité de fabrication pour les marques.

Lenovo Lecoo Air : un des premiers modèles Firefly à être sorti en Chine

Lenovo Lecoo Air : un des premiers modèles Firefly à être sorti en Chine

Un écosystème coûteux qui vise le long terme

Sam Gao explique que cette stratégie n’est pas apparue ex nihilo et que les partenaires d’Intel ont participé dès le début à sa construction. Certaines marques ont  d’abord douté de l’intérêt de cette initiative. Et on comprend assez vite pourquoi. En se basant sur un design identique, on imagine le risque pour les fabricants de se retrouver à proposer des clones des mêmes machines juste affublées d’étiquettes différentes. Des produits sans aucune valeur ajoutée et ne reflétant en rien les capacités et l’expérience de chaque marque. Le problème classique des smartphones qui doivent sans cesse ajouter de nouvelles fonctionnalités pour devenir désirables.

Sauf qu’en analysant bien ce segment particulier, l’expérience proposée par les marques consiste généralement à juste essayer de baisser le prix des produits au maximum en rognant la qualité de ceux-ci. Ce qui amène mathématiquement à une offre similaire et de faible intérêt. Avec comme seul terrain de bataille les tarifs, on finit souvent par proposer des portables identiquement médiocres. Et c’est une approche assez mortifère car en baissant en qualité, le marché PC se retrouve en concurrence avec non pas d’autres fabricants de portables mais bien avec le monde des smartphones. 

Une démarche finalement peu intéressante quand on considère que le grand public est déjà équipé d’un PC et, à part un remplacement de machine suite à une panne, cette cible ne cherche pas à se rééquiper régulièrement. Le marché PC grand public est sur un plateau depuis de nombreuses années en grande partie parce que les marques ont surtout mis l’accent sur les machines les plus haut de gamme, les engins les plus spécialisés. 

En insistant sur un moyen de relancer l’attrait des ordinateurs portables classiques, Intel a fini par faire adhérer ses partenaires à son idée. Si tout le segment améliore l’expérience et les services rendus par cette gamme, c’est le secteur entier qui peut y gagner. En offrant une meilleure autonomie, des capacités de calcul supérieures et des usages complets qui vont de la lecture multimédia à un web confortable en passant par du jeu et même l’exploitation d’IA locales, le concept prend tout son sens.

Dell XPS 13 2026 : un 13" Wildcat Lake sauce Firefly

Dell XPS 13 2026 : un 13″ Wildcat Lake sauce Firefly

Le fait que la fabrication et le retour sur investissement de ces engins soient meilleurs pour les fabricants n’est évidemment pas négligeable. Quand une marque s’adresse à un fabricant tiers, un des géants qui construit les PC des grands industriels du secteur, et que ce dernier a en main la totalité des éléments techniques défendus par Intel avec Firefly, cela facilite également le projet. Au fur et à mesure que la crise du secteur s’accentuait avec une mémoire vive dont le prix a explosé, la recette devenait très appétissante.

Le fait qu’Intel ait ouvert les vannes sur la production de puces Wildcat Lake, particulièrement adaptées à ce projet Firefly, a également dû aider à convaincre les partenaires d’Intel. En face, AMD a du mal à fournir des puces placées sur un segment concurrentiel. Et les récentes annonces de Qualcomm d’un Snapdragon C pour fabriquer des portables à 300$ peuvent également s’analyser comme une réaction à l’apparition de ce marché Wildcat Lake. 

Asus NUC 16 : un MiniPC grand public sous Wildcat Lake

Asus NUC 16 : un MiniPC grand public sous Wildcat Lake

La conclusion de cette vidéo est assez intéressante. Elle rejoint l’analyse que je faisais lors de l’apparition d’Alder Lake N en 2023. Avec les puces Intel N100 et consorts, puis leur optimisation en N150, Intel a changé radicalement le marché de l’entrée de gamme. L’idée a été d’arrêter de ne proposer que le strict minimum viable pour faire tourner un système et de créer des puces beaucoup plus souples et efficaces. Acheter un Celeron offrait un niveau de puissance suffisant pour des tâches très basiques sans offrir réellement d’autres loisirs. C’était un achat par défaut et non par choix. L’objectif de ces puces alors était surtout de permettre de viser une gamme de prix. Pas de remplir un cahier des charges d’usages modernes d’un ordinateur grand public.

Les Alder Lake-N et Twin Lake ont changé de paradigme en offrant beaucoup plus de souplesse et de possibilités. Malgré ces efforts, l’offre d’Intel n’a pas réellement pris sur le marché portable international. Les fabricants, surtout les grandes marques, voulaient probablement distribuer des engins aux tarifs plus élevés et ces puces ne leur permettaient pas. Le fait de viser une gamme offrant plus de marge avec Wildcat Lake et surtout d’être mieux accompagnés a changé la donne. Des dizaines de designs différents sous Wildcat Lake sont attendus et jusqu’à 70 machines portables devraient débarquer tandis que des MiniPC équipés de ces puces seront également distribués.

Et cela tombe extrêmement bien, parce que si Intel n’avait pas anticipé la flambée des prix des composants mémoire et stockage, la solution Firefly / Wildcat Lake va pouvoir faire baisser mécaniquement le prix actuel des machines grand public. Et cela, le marché en a grand besoin.

 

Project Firefly, la vision d’Intel pour des portables moins chers

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Project Firefly : Intel détaille les secrets de son intégration © MiniMachines.net. 2026

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Arc G3 Extreme, Intel va t-il ouvrir sa puce à plus de PC ?

En dévoilant les puces Arc G3 Extreme, Intel se permet de faire un joli pied de nez à AMD. La marque, que certains jugeaient moribonde il y a quelques trimestres seulement, s’offre un revirement spectaculaire.

Lancer une console PC sous processeur Intel en 2025 paraissait être une mauvaise idée, à raison. MSI s’y est essayé et a dû baisser ses tarifs de manière spectaculaire pour les vendre avant de basculer dans le camp d’en face en proposant une solution sous processeur AMD. Les puces AMD Ryzen étaient alors clairement bien mieux placées que les solutions Intel.

Aujourd’hui, la situation s’est inversée, c’est le résultat d’un effort important d’Intel pour se remettre à niveau sur tous les plans : recherche et développement à long terme sur les circuits graphiques, optimisation des processus de fabrication comme des pilotes, sans oublier un gros effort marketing pour réunir plusieurs constructeurs. Un effort massif rendu possible par des investissements extravagants et qu’il va falloir éponger.

Arc G3 Extreme et Arc G3

Intel Arc G3 Extreme : aussi rapide qu’un Ryzen Z2 Extreme pour moitié moins de consommation

La présentation qu’a faite Intel de sa nouvelle gamme de processeurs au Computex 2026 est beaucoup plus détaillée que ce qui avait été présenté auparavant. Les deux puces sont assez proches techniquement parlant et ne diffèrent finalement que sur quelques points. Même nombre de cœurs, fréquence identique à 100 MHz près, même cache et même NPU. La nuance entre les deux puces est principalement liée au circuit graphique puisqu’on passe du fleuron de la gamme qu’est le B390 avec 12 cœurs Xe à un B370 en 10 cœurs. La fréquence de ce second circuit est également inférieure de 100 MHz et le TDP varie de 5 watts en mode Turbo au désavantage de la puce la plus puissante.

Tout cela est très intéressant mais manque de contexte pour se rendre compte des performances proposées. C’est sur ce point qu’Intel a mis l’accent au Computex. Histoire d’enfoncer le clou sur sa proposition.

Une débauche de chiffres sur une large vague de jeux

Les Arc G3 et Arc G3 Extreme sont passés à la moulinette d’un grand nombre de tests de jeux. Ici, poussés en mode 30 et 35 watts, c’est-à-dire au maximum de leurs capacités, ils proposent des performances assez impressionnantes. Surtout si on considère que ces résultats sont obtenus sur un système Windows 11.

Si certains titres sont en dessous des fatidiques 30 images par seconde en FullHD pour le Arc G3, les Arc G3 Extreme sont toujours situés au-dessus avec des scores variables qui vont jusqu’à des 100 images par seconde sur des titres récents comme Arc Raiders. La promesse ici est de proposer de quoi jouer très confortablement au détriment de la batterie. Ce qui sous-entend une exploitation plus proche d’un mode sédentaire sur un dock et un téléviseur que l’emploi en réelle mobilité. 

Il est en tous les cas très intéressant de constater l’énorme impact qu’ont les nuances entre les deux versions de la puce. Les deux cœurs Xe supplémentaires du modèle Arc G3 Extreme font ici une réelle différence.

Face à une autre puce Intel, un processeur Core Ultra 7 258V équipé d’un circuit Arc 140V, la nouvelle gamme a encore largement l’avantage. Nous n’avons pas droit au détail des performances obtenues, les consoles équipées de cette puce Extreme se comportent cependant mieux à définition égale, que les portables équipés de cette puce Lunar Lake.

Face aux AMD Ryzen Z2 Extreme et pour une consommation identique de 35W, Intel est encore devant. Des solutions MSI et Asus sont comparées pour obtenir des formats de consoles assez similaires. Encore une fois on pousse les deux modèles au maximum de leurs capacités. Les écarts sont à chaque fois à l’avantage d’Intel même s’il ne faut pas oublier que ce dernier est ici aux commandes des tests et de la présentation de ces résultats.

En termes de puissance, suivant les titres, Intel affiche de 10 à 85% d’images par seconde au-dessus d’un Ryzen Z2 Extreme. Et cela alors que la puce n’est probablement pas totalement optimisée. AMD a eu plus de temps pour peaufiner ses pilotes. C’est là encore un point gagnant pour Intel et sa nouvelle gamme. Un point qui explique l’empressement des constructeurs à s’intéresser à cette gamme de puces.

Mais le résultat le plus intéressant à prendre en compte dans cette débauche de tableaux est sans conteste celui-ci. Intel met en avant une puce Arc G3 Extreme configurée pour fonctionner dans un TDP de 17 W en face d’une solution AMD Z2 Extreme à 35 watts. Autrement dit, une console en mode performances sur batterie en mobilité avec une bonne autonomie en face d’une console dont l’autonomie sera probablement bien moins bonne.

Ce qui devrait être clairement au désavantage complet d’Intel reste assez souvent positif. Certains titres sont mesurés en négatif et un Call of Duty se voit 19 % moins rapide dans ces conditions sous Arc par rapport à la puce AMD. Mais d’autres titres comme Diablo IV ou Fortnite sont 14 ou 34% plus véloces… Si les deux solutions ne sont pas exactement équivalentes, elles laissent entendre que les consoles équipées des puces Intel pourront proposer assez souvent plus de performances et plus d’autonomie à la fois. 

Enfin, la puce Arc G3 Extreme d’Intel est positionnée en 12 watts face à un Z2 Extreme d’AMD dans la même enveloppe. Ce scénario-là est peut-être le plus intéressant de tous car il reflète un usage réel de ces machines particulières que sont ces consoles. Et si les deux engins de MSI et d’Asus sont au coude à coude sur certains titres, force est de constater que des écarts se creusent nettement sur d’autres. On passe de jeux juste « jouables » à des affichages réellement confortables. C’est particulièrement vrai dans le milieu du tableau.

Intel introduit alors une notion d’Endurance Gaming qui colle bien à la catégorie produit. Il s’agit d’aller au-delà des simples performances brutes qui consistent à voir ce que donne un processeur dans le meilleur des cas, en laboratoire. Le résultat d’un benchmark qui ne sert en réalité qu’à se comparer à d’autres benchmarks. L’idée ici est de coller au terrain et de refléter plus précisément ce que peuvent attendre les utilisateurs d’un engin de ce type.

Avec une exploitation en dessous du maximum de ses performances mais proposant une certaine jouabilité, on obtient une console qui peut s’utiliser au-delà de quelques heures, chauffe moins et fait moins de bruit à cause de sa ventilation. Des « détails » que les tests de performances ne prennent pas en compte mais qui changent l’usage de ces appareils du tout au tout.

Personne n’a envie d’une console pensée pour le canapé mais qui partage avec tout le monde un bruit d’avion au décollage. Personne ne veut d’un engin qui va vite mais pendant quelques grosses dizaines de minutes seulement. Personne ne veut sentir un plastique bouillant entre ses mains au bout d’une heure de jeu. Assurer un fonctionnement en 12 watts confortable est donc un point capital pour séduire un large public.

Intel promet que sur une MSI Claw 8 EX AI+ en Arc G3 Extreme, l’activation du mode endurance pousse l’autonomie de 2H47 à 5H51 sur un jeu comme Forza Horizon 6. De 2H31 à 5H55 sur GTA V et de 3H37 à 11H45 sur Team Fortress 2. Cela se fera au détriment de la fluidité d’affichage, bien sûr, mais on peut constater sur le tableau juste au-dessus que deux titres fonctionnent au-delà des 30 images par seconde. Forza à 49 fps et GTA V à 99 fps. 

Des résultats qui changent totalement l’exploitation de ce type de console. Ils autorisent tout simplement une exploitation longue entre deux passages par la prise. Mieux, associés à une bonne batterie externe, ils vont permettre d’assurer un service complet où l’ajout de cet accessoire permettra de recharger la console pendant le jeu au lieu de juste réduire sa perte d’autonomie.

Une gamme de puces trop à l’étroit dans le format console ?

Intel a donc en main une gamme de processeurs tout à fait performants qu’il compte intégrer dans un format de niche. Les consoles PC ont certes un certain poids dans l’actualité informatique ces derniers mois, mais elles ne sont pas au centre des préoccupations de tout le monde. Et, avec la crise des composants, ces produits ultra spécifiques sont devenus encore moins une préoccupation pour la majorité des acheteurs.

Avec des prix en nette hausse et des priorités informatiques réservées, logiquement, à des outils plus essentiels, ces consoles sont passées de solutions de jeu envisagées pour se faire plaisir à des caprices souvent jugés hors de prix. 

La solution la plus évidente pour qu’Intel ait un retour sur investissement rapide, serait que la marque s’intéresse à d’autres formats pour ces processeurs. Je pense en particulier à deux emplois spécifiques. Le premier serait une version Intel Arc Extreme intégrée à un format MiniPC. Une solution capable de concurrencer la Steam Machine qui tarde, avec un prix concurrentiel. En proposant une solution de refroidissement efficace pour tenir un Arc G3 Extreme à 35 Watts en permanence, il y aurait là de quoi proposer une solution très intéressante. Avec un design pensé pour le salon, la puce trouverait sans doute preneur.

L’autre format serait plus évident encore. Une grande partie des clients potentiels de ces puces Arc G3 et Arc G3 Extreme ne sont pas spécialement intéressés par l’objet « console » mais trouveraient sans doute diablement séduisants des ultraportables équipés de ces puces. La problématique pour Intel étant de ne pas cannibaliser le parc de stations de jeux et ses puces haut de gamme. Mais de très nombreux joueurs seraient prêts à craquer pour un format à la fois ludique et capable de rendre des services classiques sous processeur Arc G3 ou Arc G3 Extreme. Et si l’argument d’une interface plus adaptée au jeu grâce au format console semble faire barrage a première vue, il ne faut pas perdre de vue qu’une énorme partie du catalogue de jeux du monde PC nécessite un clavier et un curseur. Et qu’il est plus facile d’ajouter une manette à un engin portable de petite diagonale que de rajouter un clavier et une souris à une console.

En ouvrant son offre à plus d’engins pendant cette période de crise où la clientèle va probablement rester très éloignée des dépenses purement ludiques. Intel aurait moyen de séduire énormément de monde en proposant son offre de jeu pour des machines paradoxalement plus sérieuses.

La psychologie particulière de l’acheteur PC

Pour le moment, les premiers indices indiquent que les consoles dépasseraient les 1500$ en Arc G3 Extreme. Le revendeur américain BestBuy a listé la MSI Claw 8 EX AI+ en version 32 Go et 1 To à 1699$ HT. Un tarif qui ne fonctionnera pas auprès du public.

J’ai pendant longtemps travaillé en tant que vendeur d’ordinateurs, des machines que je montais et dont nous, mon compère de l’époque et moi-même, décidions des composants. Et le jeu d’assemblage que nous pratiquions dépassait la pure logique de performances pour s’intéresser à la psychologie de nos clients. Nous avions très vite compris que le format de certains PC dépassait en réalité toute logique comptable.

Un acheteur de PC dédié au jeu cherche un ordinateur performant. C’est cette performance qu’il achète. Cela parait être une évidence, mais c’est un peu plus complexe que cela. Cette « enveloppe de performance » va au-delà du jeu dans le monde PC. Le client potentiel d’un ordinateur de jeu se dit qu’un PC de ce type peut certes lui permettre de jouer mais il peut également faire tout ce qu’un PC classique sait faire en amont : de la bureautique, du web, des activités créatives et autres.

C’est là qu’entre en jeu l’étrange psychologie de l’acheteur. Il entame une réflexion qui consiste à se dire que sur la totalité de son investissement, une bonne partie est liée à une activité justifiable et sérieuse. Une sorte de coussin psychologique qui éponge une partie de la dépense, le côté ludique étant un plus « pour se faire plaisir ».

Suivant les profils et les machines, cette proportion varie. Sur un ordinateur portable « gaming » dans un prix de milieu de gamme, l’acheteur considère que 60 à 70% du tarif n’ont en réalité rien à voir avec le jeu. Il s’agit avant tout d’un ordinateur et donc d’un investissement qui correspond à un besoin que tout le monde a. Les 30 à 40 % restants sont liés à la partie « ludique » : la carte graphique, le petit bonus de processeur et de mémoire par exemple. L’achat se fait en comparant un ordinateur portable a 700€ « classique » avec un circuit graphique intégré et une machine gamer à 1000€ disposant d’un circuit graphique externe. Et si la dépense totale ne pose pas de problème, l’acheteur gomme alors totalement le prix global de la machine pour ne s’intéresser qu’aux 300€ de différence entre les deux modèles. C’est ce seul montant qui va décider de l’acte d’achat, tout le reste passe à la trappe.

Sur un ordinateur haut de gamme, le ratio sera différent. La partie « achat indispensable » pour des usages classiques tombe à 40 ou 50% du montant total. Le reste est considéré comme un investissement ludique. Il est alors beaucoup plus difficile de craquer en étant juste « raisonnable ». Entre un portable à 700€ qui fera exactement tout ce dont l’utilisateur a besoin et une machine à 2000€ blindée de mémoire, de stockage et avec une carte graphique haut de gamme, il est difficile de justifier un achat purement logique.

Cette manière de voir l’investissement dans l’informatique a d’ailleurs été exploitée par les constructeurs ces dernières années. On a vu apparaître des machines « créatives » dont les composants n’étaient rien d’autre que ceux des machines de joueurs. Les deux étant pilotés par des éléments techniques identiques. L’idée ici était de rajouter un élément de plus dans l’équation d’achat.

En rajoutant un discours expliquant que l’on passe d’un PC entrée de gamme à un PC « créatif et jeu » on change les ratios. Il s’agit de relativiser la partie loisir pur en ajoutant de nouveaux usages : conception 3D, montage vidéo, retouche d’image, création graphique, gestion du son. Sur un ordinateur portable GeForce RTX haut de gamme aujourd’hui, on peut considérer la distribution de l’investissement pour 40% vers un usage classique, 30% vers une exploitation créative et 30% lié à une pratique vidéoludique.

1799€ pour un portable 15″ gaming, plus puissant et compétent qu’une console PC

Cela permet pour quelqu’un qui s’apprête à dépenser 2000€ dans un PC « premium » de relativiser généreusement son achat. J’ai entendu des clients penser à haute voix leur réflexion d’achat et cela donne un discours très lisible : « j’ai besoin d’un portable. Je peux mettre raisonnablement une certaine somme pour avoir une machine qui va correspondre à mon besoin immédiat parce que mon ancien modèle donne de sérieux signes de faiblesse. Mais j’ai envie d’un portable de jeu, une machine puissante qui va durer longtemps. L’avantage de cette machine à 2000€ c’est qu’elle va permettre de trier et retoucher mes photos, faire des montages vidéos, me permettre de faire de la 3D et les 1000 autres trucs que je ne pouvais pas faire avec mon ancien modèle. En plus de cela, elle correspond pile à la liste des composants du prochain jeu que je guette depuis des années et qui vient de sortir. »

Au final, dans la tête de l’acheteur, il y a deux choix : le premier consiste à dépenser 800€. Le second à investir 2000€. Mais au lieu de se dire « je me fais plaisir en dépensant 1200€ en plus pour jouer », il estime que la part de jeu est limitée à ce que la partie créative ne propose pas. Et cela brouille suffisamment les pistes pour que le client ne garde dans le pire des cas que la moitié des 1200€ restants comme un achat « loisir ».

Ce qui permet encore une fois de relativiser la dépense parce qu’après tout, le jeu vidéo est un loisir comme un autre, qu’on a le droit de se faire plaisir. Sans compter l’argument très valable de la pérennité de l’achat. Et du discours qui va souvent avec : « ma dernière machine, je l’ai gardée 10 ans ». Et l’acheteur de se faire croire que sur les 2000€ de dépense, il n’y a finalement que 600€ réellement liés au jeu. C’est cette manière de penser qui fait que le marché du gaming « premium » existe aujourd’hui.

Là où le bât blesse pour les consoles PC c’est qu’elles ne peuvent pas prétendre à cette gymnastique

Il existe des gens pour qui les 1699$ annoncés pour la console MSI sous Arc G3 Extreme ne sont pas un problème. Mais ils sont assez peu nombreux. Pour connaitre le budget qu’un joueur lambda considérera comme normal a injecter dans un objet purement ludique, ce n’est pas très compliqué. Il suffit de regarder le prix d’une console Nintendo Switch 2 ou d’un Steam Deck avant leurs hausses respectives. À savoir entre 450 et 600€. Au-delà de ce tarif, on entre déjà dans des eaux assez troubles. 

Le problème pour ces consoles PC c’est qu’elles ne peuvent absolument pas jouer sur la perspective du monde PC. Qui va, en toute bonne foi, se dire qu’en mettant 1700$ HT dans une console de ce type, il va également pouvoir remplir sa feuille d’impôts, faire de la bureautique, télétravailler, calculer son budget vacances et surfer confortablement. Bien entendu, il sera possible de le faire en ajoutant un clavier, une souris, un écran secondaire et un éventuel hub pour améliorer cette interface. Mais on est loin, très loin d’un format idéal pour ces usages tel que le promet un portable créatif. Personne ne va emmener une console en réunion, aucun parent ne consentira à investir dans l’objet pour qu’un enfant démarre le lycée ou entame des études supérieures.

Injecter une telle somme dans une ROG Ally, une Acer Predator Atlas ou une MSI Claw cela restera considéré comme une dépense. Mettre la même somme dans un portable ou une tour est considéré comme un investissement. Et cela fait toute une différence. Intel doit également considérer les reproches de performances et d’interfaces faits aux consoles qui ne sont pas sous SteamOS. Elle peut, en changeant d’objet, en faire un avantage. Windows 11 est bourré de défauts, mais cela reste un outil de production. Intel peut choisir de mettre cela en avant dans un format plus classique.

Les puces Intel ARC G3 et Arc G3 Extreme, si elles restent cantonnées à ces dispositifs de consoles PC à des prix au-delà des 1500€, risquent fort de ne pas se vendre. En les basculant dans un marché plus classique, pourquoi pas en ultraportable au vu de leur excellent comportement en basse consommation, elles pourraient au contraire revigorer le marché. Je suis bien certain qu’Intel et ses partenaires en ont conscience.

Arc G3 Extreme, Intel va t-il ouvrir sa puce à plus de PC ? © MiniMachines.net. 2026

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RTX Spark Superchip : la vision de Nvidia au défi Windows 11

Penser une puce comme le RTX Spark ne se fait pas en un claquement de doigts. Nvidia a donc pris son temps pour élaborer une solution qui puisse venir chatouiller la concurrence actuelle des puces Qualcomm sous Windows 11. La marque a fini par sortir un SoC qui risque de faire un peu plus qu’un peu de bruit, si elle est bien déployée.

RTX Spark

La fin de l’exclusivité accordée à Qualcomm par Microsoft a pris fin en octobre 2023, on aurait pu penser que Nvidia et son RTX Spark attendent alors Microsoft au tournant pour lancer une puce capable de prendre le relais de l’offre concurrente. Cela n’a pas été le cas et il aura fallu attendre trois ans pour voir une réponse technique aux Snapdragons. Trois années pendant lesquelles Nvidia ne s’est pas tourné les pouces. Avec son partenaire Mediatek en charge de l’implantation des cœurs ARM Cortex, la marque a tissé un double écosystème : à la fois technique en proposant une solution assez brillante sur le papier. Mais aussi logicielle avec tout un ensemble de partenaires prêts à soutenir son initiative.

En parallèle de ses trois années d’attente, Nvidia a pu constater les efforts menés par Microsoft pour améliorer sa plateforme d’émulation technique. Au frais du système d’exploitation et de son concurrent Qualcomm, Windows 11 a peaufiné ses routines pour proposer une couche de gestion des puces ARM désormais beaucoup plus solide que les offres précédentes. C’est donc dans des conditions concurrentielles très avantageuses qu’est annoncée la nouvelle gamme de puces RTX Spark.

On ne parle pas encore de circuits spécifiques comme des Nvidia N1 ou Nvidia N1X mais d’une « gamme » plus large. Une manière de voir l’étendue possible du dispositif. La puce, gravée en 3 nm par TSMC proposera jusqu’à 20 cœurs Nvidia Grace (supposément 10 Cortex-X925 et 10 Cortex-XA725) et proposera un circuit graphique made-in-Nvidia séparé. Deux éléments qui seront réunis à la mémoire vive par une jonction NVLink C2C promettant 600 Go/s de bande passante. 

  NVIDIA N1X NVIDIA N1X NVIDIA N1 NVIDIA N1
Cœurs CPU BIG 10 × Cortex-X925 9 × Cortex-X925 8 × Cortex-X925 7 × Cortex-X925
Cœurs CPU LITTLE 10 × Cortex-A725 9 × Cortex-A725 4 × Cortex-A725 3 × Cortex-A725
GPU Streaming Multiprocesseurs 48 SM 40 SM 20 SM 16 SM
Cœurs CUDA 6 144 5 120 2 560 2 048
Mémoire 16 à 128 Go LPDDR5x
(16 canaux)
16 à 128 Go LPDDR5x
(16 canaux)
8 à 64 Go LPDDR5x
(8 canaux)
8 à 64 Go LPDDR5x
(8 canaux)
PCI Express 12 × PCIe Gen 5
5 × PCIe Gen 4
12 × PCIe Gen 5
5 × PCIe Gen 4
8 × PCIe Gen 5
3 × PCIe Gen 4
8 × PCIe Gen 5
3 × PCIe Gen 4
TDP 45 à 80 W 45 à 80 W 18 à 45 W 18 à 45 W

C’est un des points clés de cette offre, ce dialogue ultra rapide entre les éléments. La possibilité de piloter jusqu’à 128 Go de mémoire vive LPDRR5x va probablement attirer l’attention des amateurs d’IA locales. Nvidia annonce que le circuit proposera jusqu’au quintuple des débits d’un PCIe Gen 5 x5. Un énorme avantage pour les LLM. La marque emploie ici les éléments techniques mis au point pour ses gammes professionnelles

On comprend au passage pourquoi Qualcomm annonce enfin ses Snapdragon C à destination de machines beaucoup plus entrée de gamme. Tant que la marque se sentait seule et sans concurrence, elle pouvait se lâcher sur les puces haut de gamme. Désormais en compétition avec Nvidia, elle doit ouvrir sa gamme vers d’autres secteurs.

La gamme de machines qui pourra accepter ces puces est assez vaste mais un détail doit retenir l’attention. Si Nvidia parle d’un TDP de 1 watt seulement pour les usages les plus légers, la puce devrait atteindre les 80 watts à son pic de performances. Cela nécessite un dispositif de refroidissement adapté mais reste très impressionnant en face de l’ensemble des cœurs alignés. On imagine qu’ici également, les optimisations effectuées sur les puces professionnelles ont été fructueuses.

La partie graphique est impressionnante, il s’agit d’un ensemble de cœurs Blackwell RTX additionnant 6144 cœurs CUDA, soit l’équivalent d’une solution RTX 5070. Quand vous mettez bout à bout un SoC 20 cœurs, des milliers de cœurs CUDA, un énorme paquet de mémoire vive et une bande passante qui fonce à Mach-100, vous obtenez une recette assez ébouriffante pour pénétrer le marché.

Un lancement de RTX Spark sous haute surveillance

On ne sait pas quel scénario attendre de cette puce RTX Spark. Pour le moment, Nvidia annonce de multiples partenaires intéressés par cette puce. Un liste de plusieurs machines a été dressée chez les acteurs classiques du marché : Asus, Dell, HP, Lenovo, MSI et… Microsoft. un dernier acteur dont on comprend ici qu’il ne fera plus de cadeau d’exclusivité à Qualcomm pour ses gammes Surface.

Nvidia va se retrouver face à des choix pour cette sortie. Si la marque laisse le marché choisir ses implantations de RTX Spark, leur avenir semble déjà tout tracé. Les puces ne seront probablement pas données et leur appréciation par le grand public sera, au mieux, tiède à leur sortie. Nvidia n’indique pas de tarif pour ses puces mais il semble logique de les classer dans un positionnement Gaming assez élevé. On imagine mal le nouveau processeur venir organiser un sabordage concurrentiel des puces RTX mobiles classiques et on peut donc s’attendre à des tarifs assez élevés. 1499€, 1749€, 1999€ ou plus, ne semblent pas délirants pour ces futurs portables.

Voilà tout le problème aujourd’hui. Si Nvidia ne gère pas finement la distribution de ses puces, alors les constructeurs seront plus enclins à proposer les versions les plus haut de gamme possible. Sans considération d’un public de particuliers. Il sera moins risqué de lancer un produit RTX Spark avec 128 Go de mémoire vive à 3000€ sachant que dans tous les cas les pros se les arracheront plutôt que des modèles en 32 Go de mémoire  vive a 2000€ qui risquent de n’intéresser pas grand monde.

C’est sans doute pour cela que Nvidia met en avant toute la partie écosystème de son offre. Le DLSS pour augmenter le nombre d’images affichées, Le RayTracing pour la qualité de rendu, la baisse de la latence avec Reflex, le pilotage d’écran G-Sync et des fonctions d’IA variées dont le RTX Modding et ACE. 

Une foule de studios et de développeurs suivront le lancement de RTX Spark

Une foule de studios et de développeurs suivront le lancement de RTX Spark

Mais c’est également pour cela que la marque a sollicité de nombreux développeurs. Pour s’assurer que leurs prochains produits supportent les fonctions implantées. Une tâche facilitée par le simple fait qu’un cœur CUDA reste un cœur CUDA, qu’il soit intégré dans un circuit graphique secondaire ou celui du RTX Spark. 

Il faudra donc surveiller l’ensemble de cette sortie et rester très attentif à la qualité des offres annoncées mais aussi à celles réellement disponibles en magasin. Personne ne veut froisser Nvidia en ce moment et je suppose qu’aucun constructeur ou développeur ne prendrait le risque de ne pas adhérer à sa nouvelle offre. Mais il est possible que pour certains des constructeurs la proposition globale ne fonctionne tout simplement pas en 2026. Que seule l’offre visant des pros ait du sens. Comme cela a été le cas pour les Strix Halo d’AMD.

Le risque étant alors que les livraisons de machines « grand public » en 16/32 Go de mémoire ne soient que très limitées et pour coller aux attentes de la marque. Puis, que le gros de l’offre finisse par n’arriver que sur des modèles 128 Go. Des modèles vendus à des prix beaucou beaucoup plus élevés. Un écueil que le RTX Spark doit absolument éviter s’il veut percer comme un processeur viable pour les marchés grand pûblic face à AMD et Intel.

RTX Spark Superchip : la vision de Nvidia au défi Windows 11 © MiniMachines.net. 2026

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Bambu Lab se prend les pieds dans le tapis des licences

Bambu Lab c’est une success story. De jeunes ingénieurs passionnés qui rassemblent leurs compétences pour proposer des imprimantes 3D d’excellente facture. La marque lance un premier modèle en 2020 via un financement participatif. Le succès est au rendez-vous et la reconnaissance est rapide. Après quelques modèles qui montrent tout son savoir-faire, le résultat est là. En quelques années, Bambu Lab est devenu un acteur phare. Passant devant des marques présentes depuis bien plus longtemps.

Bambu Lab X2D + AMS COMBO

Bambu Lab X2D + AMS COMBO

Ses imprimantes sont efficaces, la marque a réussi à se bâtir une communauté loyale et ses produits sont souvent considérés comme des solutions parfaites pour les créateurs2. Au fur et à mesure que leurs imprimantes se déploient, Bambu a annoncé des fonctions de plus en plus ambitieuses, proposé des solutions innovantes et marqué des points sur un marché que certains pensaient déjà totalement bouché.

Comme beaucoup d’autres constructeurs avant eux, et en particulier Prusa, Bambu Lab souffre d’un problème assez récurrent que connaissent les sociétés à succès. La marque « inspire » beaucoup ses concurrents. J’avais pour habitude de dire que les imprimantes 3D chinoises étaient des produits Prusa avec deux ans de retard. Désormais j’ai plus tendance à dire que l’inspiration vient de Bambu Lab. Et cette inspiration n’a plus que 12 mois de retard. Idées, intégrations, fonctions et même design, la marque Bambu est fort copiée. À peine lance-t-elle un produit que son look et ses spécifications se retrouvent chez des produits concurrents.

Creality Sparkx i7

Creality Sparkx i7

Un exemple récent avec l’imprimante SparkX i7 de Creality. La marque avait pour habitude de proposer des modèles cartésiens très sobres et bruts de décoffrage. Leur dernière née est clairement sous inspiration Bambuléenne. Cela va de la robe blanche du châssis au petit élément qui tourne en façade de la tête d’impression pour montrer l’activité de l’extrudeur.

Ces évolutions concurrentielles, Bambu Lab ne peut pas y faire grand-chose. Les produits d’autres marques restent suffisamment différents et le concept d’impression tellement globalisé qu’il apparait impossible de tenter de les attaquer.

Bambu Lab voit rouge mais se trompe de cible

Il y a quelque temps, un développeur indépendant publie un bout de code, une évolution du logiciel OrcaSlicer. Paweł Jarczak ne se doute probablement pas à ce moment-là que sa version maison d’OrcaSlicer va mettre le monde de l’OpenSource et de l’impression 3D en ébullition. OrcaSlicer c’est un Slicer, c’est à dire un outil qui sert à traduire en langage compréhensible par une imprimante 3D, le volume de l’objet à imprimer. Une sorte d’interprète qui définit comment imprimer les choses. Une étape indispensable pour l’impression d’un objet.

La version de ce slicer développée par Pawel a un but très précis : outrepasser les limitations imposées par le constructeur qui obligent à passer par ses serveurs pour pouvoir imprimer en local. On en avait parlé en janvier 2025 lorsque la marque avait annoncé ce mouvement de fermeture de son écosystème. Les imprimantes mises à jour avec le dernier firmware maison ne pourraient plus passer par un réseau local pour imprimer, mais uniquement via leurs serveurs. Le simple réglage de l’appareil ou l’accès à son flux vidéo, tout devra d’abord faire le tour de la terre avant de déclencher quoi que ce soit sur une imprimante pourtant installée à 3 mètres dans le même bureau. Un choix qui n’avait pas été apprécié par les internautes, ils y voyaient un recul important dans leur droit de propriété et d’usage.

L’exemple souvent donné pour comprendre ce recul est simple. Imaginez que vous ayez un travail d’impression à faire pour un tiers, ou même un projet personnel qui vous tient à cœur et que vous voulez garder secret. Il devient impossible d’utiliser votre imprimante Bambu Lab sans avoir peur que le fichier de votre impression se retrouve stocké sur un serveur qui ne vous appartient pas. Surtout que la marque propose également un service d’hébergement de fichiers 3D à imprimer. Des professionnels de l’impression 3D annoncent un peu partout qu’ils reçoivent des demandes de leurs clients exigeant un contrat qui les oblige à une impression 100% locale. Une sorte de contrat qui les protège de toute fuite de données pour éviter l’espionnage industriel. Autrement dit, pour ces professionnels, le recours à une imprimante de la marque Bambu Lab est aujourd’hui proscrit.

Avec son petit bout de logiciel, Paweł Jarczak permettait donc à des propriétaires de la machine de ne pas passer par la case « internet » et d’imprimer totalement via un réseau local. Plus besoin de passer par Bambu Studio, le Slicer maison qui force à utiliser les serveurs de Bambu. La version d’OrcaSlicer fait le boulot. Un changement mineur qui n’affecte en rien la marque, qui ne voit même plus passer le travail d’impression, et qui arrange bien les affaires de la communauté d’utilisateurs soucieuse d’employer leur matériel comme bon leur semble.

Pourtant Bambu Lab ne voit pas cette évolution logicielle d’un très bon œil. On ne sait pas pourquoi, ni sur quelle base juridique mais elle envoie alors à Pawel un courrier de mise en demeure lui intimant l’ordre de retirer son code. Son argumentaire est simple. C’est à la fois une violation des conditions d’utilisation de la marque et la preuve d’un travail de décompilation et de rétro-ingénierie de son code source. Code source fermé et propriétaire, selon eux. 

Un code source pas si fermé que cela

Le développeur a alors partagé sa mésaventure en ligne, mettant en avant son incompréhension devant cette menace. En effet, le code en question est issu d’une licence open source très particulière dont Bambu Lab a pu profiter et qu’elle veut aujourd’hui protéger. Il s’agit d’un code de type AGPL. Une licence spécifique qui permet à tout le monde d’utiliser le code en question, même pour des besoins commerciaux, à condition de laisser son propre développement avec la même licence. Or si on regarde l’historique de développement du logiciel qui est censé être protégé, fermé et propriétaire, on découvre que le logiciel Bambu Studio est bien lui-même issu d’un autre produit.

L’historique exact est limpide. Au commencement était Slic3r, un logiciel développé à partir de 2011 sur lequel s’appuient la majorité des slicers modernes. Lancé sous licence open source AGPLv3, il autorisait donc sa modification complète et sa recompilation sous un autre nom à condition expresse de permettre à d’autres de prendre les logiciels en découlant pour les modifier à leur gré. La société Prusa a ainsi pris Slic3r et l’a modifié pour lui faire mieux comprendre les évolutions et le développement de ses propres imprimantes. Une manière d’optimiser nativement le processus d’impression et de proposer un service aux petits oignons à ses clients. Mais si Prusa a modifié Slic3r, la marque a ensuite proposé PrusaSlicer sous la même licence AGPLv3 avec l’ensemble des sources nécessaires pour que n’importe qui puisse modifier le tout à son tour.

Chose faite alors par… Bambu Lab ! La marque a lancé son propre logiciel Bambu Studio sur la base du travail de Prusa et lui a à son tour apporté des modifications propres à ses besoins. Elle a ensuite fait comme tout le monde, proposé le code de son logiciel en ligne pour que tout un chacun puisse le modifier. Ainsi est apparu un autre Sliver, OrcaSlicer. Une solution gratuite et libre codéveloppée de manière plus indépendante, sans être rattachée à une marque d’imprimantes en particulier. Et c’est donc ce dernier OrcaSlicer qui a été modifié par Paweł Jarczak pour outrepasser les restrictions de Bambu. 

Le plus drôle étant qu’en 2022, Josef Prusa, à la tête des imprimantes du même nom, publiait sur Twitter la remarque ci-dessus. Ils avaient injecté dans le code source de leur propre Slicer une remontée d’information des logiciels utilisant leur développement du code source. Cette remontée listait alors la version 2.4.0 de Bambu Slicer qui avait simplement posé un nouveau design cosmétique sur le code pur de Prusa. Ce « ping » du serveur de Prusa n’était pas spécialement problématique, juste quelques données statistiques. Mais c’est un des points qui sert d’excuse à Bambu pour attaquer Pawel.

Une réaction épidermique et, il faut le dire, complètement idiote

En réaction donc, les avocats de Bambu ont envoyé une mise en demeure pour fermer cette brèche. En accusant Pawel d’intrusion, de se faire passer pour leur produit et de poser des risques de sécurité. Allant jusqu’à parler de risque pour toute leur infrastructure. La marque a, en outre, interdit à Pawel de publier leurs échanges, ce qui ne laissait alors qu’un combat déséquilibré entre une marque avec une énorme communauté et un simple particulier.

Manque de bol pour Bambu, la communauté du libre s’est engagée aux côtés de Pawel. D’abord pour dire que les revendications étaient infondées, ensuite pour leur dire de déposer vraiment plainte s’ils s’en sentaient réellement légitimes. Ils auraient eu du mal à défendre un argumentaire tel que le leur en se basant sur les licences employées. La SFC, l’association Software Freedom Conservancy, a mis également son nez dans l’aventure. En analysant les actions de Bambu, elle a pu relever deux infractions à la licence AGPLv3 : le recours à une bibliothèque spécifique dont le code n’a pas été publié en est une. Ce bout de code étant justement la partie opaque qui oblige à passer par les serveurs de la marque. On comprend qu’est ici tout le problème. Si Bambu a laissé cette partie du code totalement dans le noir, c’est bien parce que cette obligation est absolument non nécessaire, totalement artificielle. Le simple fait de limiter l’accès à Pawel Jarczak au droit de modifier ce code est une seconde violation de la licence AGPLv3. Forte de ces deux éléments, la SFC a récolté plus de 100 000 $ de dons pour pouvoir répondre aux poursuites annoncées au côté du développeur.

Le plus étrange dans cette affaire est que Bambu Lab n’a rien à gagner à chercher des poux à cette communauté. Je suppose que 99% de leur clientèle utilise le logiciel Bambu Studio d’origine, passe par leur serveur et ne voit pas le souci posé par toute cette histoire. La marque vise avec cette attaque des utilisateurs chevronnés et pointilleux, ceux qui vont au mieux ne pas vouloir de ce logiciel, au pire ne plus jamais acheter d’imprimante de la marque. En attaquant Pawel Jarczak, ils ont fait ce que beaucoup de sociétés de ce type font régulièrement : ouvrir la boite de Pandore d’un côté tout en lançant ce qu’on appelle un effet Streisand de l’autre. Et cela en plus de se faire détester par toute population de clients potentiels. Population généralement experte et fort écoutée dans ses recommandations produits.

Enfin, avant leur e-mail de menace juridique, le code source de Pawel n’était pas spécialement actif. Depuis, la situation a énormément changé.

Un contrefeu appelé Baltobu

Le 23 mai, nous apprenions que Bambu Lab revenait en arrière et laissait tomber toute idée de mise en accusation du développeur. Il faut dire que la SFC n’est pas la seule à avoir mis son nez dans l’aventure. Après Louis Rossmann, Jeff Gerling et le site Gamers Nexus qui n’y sont pas allés de main morte avec leurs déclarations, l’arrivée d’une entité juridique a changé la  donne. Cette entité est capable de se battre juridiquement à armes plus égales avec une société. Elle est également très écoutée car porteuse de nombreux projets. Elle a su récupérer plus de 100 000$ de dons et promet désormais de lancer un nouveau projet baptisé Baltobu.

Baltobu va se baser sur le code de Pawel pour proposer son alternative aux contournements des limitations imposées par Bambu Lab. Une idée qui a pour objet de dégager le développeur solo du problème. Au lieu d’attaquer un particulier qui devrait se défendre seul, Bambu devrait attaquer la SFC directement. L’idée de Baltobu est de proposer une plateforme de contournement ouverte et d’encourager les développeurs à y travailler. Mais aussi d’avoir une forme juridique aux commandes composée de spécialistes du code et du droit. En particulier des licences open source. Une entité clairement moins facile à intimider qu’un développeur solo. 

Avec Baltobu, les propriétaires d’imprimantes Bambu Lab vont récupérer les droits d’imprimer en local via un développement d’Orca Slicer. Le tout en se basant sur le code source non divulgué, contraire à la licence AGPLv3 que la SFC encourage à décompiler.

De son côté, Bambu assure désormais que tout cela est né d’une incompréhension. Arguant que le fait de parler de ses conditions d’utilisation a été perçu comme une menace légale alors que ce n’était pas le cas. Une pirouette pour essayer de ne pas sortir de cette aventure trop perdant d’un point de vue image.

La ferme d’imprimantes 3D Bambu Lab de ZBdesigns

La morale de cette histoire

Ce qu’il faut retenir de toute cette aventure va un peu plus loin qu’une bataille étouffée dans l’œuf entre juristes. La tentative de Bambu Lab est finalement assez anecdotique sur le fond. Ils ont des avocats pointilleux et ont mal évalué leur action. Ils vont passer pour des procéduriers pénibles, ce qui ne fera probablement que peu bouger les lignes. Ceux déjà convaincus que la politique commerciale limitante de la marque verront leur avis renforcé. Quant aux fans séduits par la capacité de celle-ci à proposer des impressions de qualité, ils ne verront probablement pas le problème.

Ce que nous révèle cette histoire est un peu plus large que cela. De plus en plus d’entreprises veulent contrôler l’usage de leurs produits sous la contrainte de fonctionner obligatoirement par leurs serveurs. C’est vrai pour des logiciels évidemment, mais au travers de ces outils, de plus en plus de matériel est également concerné Bambu Lab en est un très bon exemple pour deux raisons.

D’abord parce que cela n’a aucun sens de forcer à passer par leur serveur. Le matériel peut tout à fait fonctionner en local sans avoir à envoyer ses fichiers à l’autre bout de la terre dans un Data Center inconnu. Certains modèles proposés par la marque sont d’abord sortis avec cette option d’impression en local, via un réseau classique, avant d’être contraints à une évolution vers l’usage d’un serveur distant suite à une mise à jour. Ce changement unilatéral de droits d’utilisation est alarmant.

Ensuite, comme on en a fait l’expérience avec pas mal de produits domotiques par exemple, le risque de perdre l’usage de son matériel est important. Le jour où le serveur distant a un problème, le jour où la société qui propose les produits met la clé sous la porte, votre matériel devient inopérant. J’ai une multiprise programmable, par exemple, achetée il y a bientôt 8 ans, qui est « coincée » dans un scénario spécifique. Je ne peux plus la reprogrammer. En cause, la disparition du serveur loué pour la piloter par une société qui existe toujours mais qui a arrêté ce produit pour se tourner vers une autre plateforme domotique. Résultat, le produit marche, la société existe mais impossible de profiter pleinement du matériel acheté.

Le fait qu’une organisation à but non lucratif comme la SFC puisse réveiller une communauté entière, dégager rapidement des sommes rondelettes pour faire face à d’éventuels frais d’avocat et surtout mettre une certaine pression médiatique sur une marque qui vit de son image est également révélateur. La SFC et certains influenceurs importants de cette communauté maker sont allés jusqu’à défier Bambu Lab de porter l’affaire en justice. Montant ainsi qu’il n’était pas question qu’une société sans aucun appui légal puisse montrer les dents. Forte face à un développeur solo, Bambu Lab s’est comportée comme tous les harceleurs le font quand une communauté soudée se dresse devant eux. Elle est repartie en s’excusant, invoquant une incompréhension des deux parties.

Le retour de bâton peut faire mal, pour Bambu. Les sommes déjà récoltées par la SFC pour la défense de Pawel seront finalement réinjectées pour permettre le développement de Baltobu en embauchant des développeurs. Cela, plus les travaux d’une communauté experte, va probablement aboutir à la création d’un nouveau projet sous licence AGPLv3 qui rendra caduques toutes les tentatives d’enfermement des imprimantes de la marque.

C’est évidemment un signal fort pour toutes les entreprises tentées par ce genre de pratique. Ne pas respecter les licences open-source dont elles profitent est déjà grave mais personne n’a les moyens financiers de rendre justice. Mais tenter de casser la philosophie implicite de ces développements et attaquer ses développeurs ne sera pas laissé impuni. 

Je n’ai aucun souci avec le fait que certaines imprimantes professionnelles imposent de passer par des serveurs spécifiques, en utilisant un matériel spécifique et avec des consommables spécifiques. Cela existe et c’est probablement pour une bonne raison que ces marques imposent des limitations. Je n’ai pas de problème avec cela car leurs développements sont internes et non basés sur un code qu’il faut par nature partager, leur matériel est souvent exemplaire et surtout c’est clairement stipulé dans le contrat lors de sa signature

Pour d’autres, si l’acheteur n’a pas été mis au courant de ces limitations en amont et découvre qu’une simple mise à jour va lui enlever une certaine liberté d’usage, c’est une autre histoire. Laisser passer la mésaventure de Paweł Jarczak ouvrirait une brèche importante. Brèche qui pourrait se conclure rapidement par d’autres limitations d’usages.

Pourquoi ne pas faire payer le passage par le serveur de Bambu ? Un abonnement mensuel ou un abonnement au nombre d’impressions ? Pourquoi ne pas limiter les filaments exploitables à une liste décidée par le constructeur avec l’usage de puces RFID par exemple ? Faire perdre la liberté d’usage des produits aux utilisateurs est souvent une excellente source de revenus. Les constructeurs le savent et il ne se passe probablement pas une journée sans qu’une idée de ce type ne jaillisse dans la tête de certains de leurs dirigeants.

Bambu Lab se prend les pieds dans le tapis des licences © MiniMachines.net. 2026

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