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Non, les agents IA d’OpenAI et Anthropic ne menacent pas vraiment la cybersécurité

Pompiers pyromanes
Non, les agents IA d’OpenAI et Anthropic ne menacent pas vraiment la cybersécurité

Un nombre croissant de professionnels de la cybersécurité déplorent la façon « IApocalyptique » qu’ont OpenAI, Anthropic et de nombreuses entreprises des Big Tech’ de présenter les capacités des agents IA en matière de cyberattaques. À l’instar de la NSA, ils estiment qu’une bonne « hygiène » en matière de cybersécurité devrait suffire à s’en prémunir.

Début avril, Anthropic dévoilait Mythos, son modèle de langage IA dédié à la cybersécurité, qu’elle disait être si puissant qu’elle en réservait l’accès à une cinquantaine d’organismes états-uniens. À l’époque, elle promettait de rendre compte publiquement des enseignements tirés « d’ici 90 jours », ce qu’elle n’a toujours pas fait, cinq mois plus tard.

Mi-juillet, une armée d’agents IA d’OpenAI parvenait à s’évader du « bac à sable » où ils étaient censés être confinés, mais également à communiquer entre eux (alors qu’ils étaient aussi censés être isolés), avant de coordonner une cyberattaque contre Hugging Face que la majeure partie des médias ont chroniquée à la manière d’un scénario de science-fiction (nous y reviendrons, dans un second article).

La semaine passée, OpenAI a publié une lettre ouverte, cosignée par Anthropic et une centaine d’entreprises de l’IA, de la cybersécurité et des Big Tech’. Elle appelle à « un renforcement mondial de la cyberdéfense », au motif que les cyberattaques menées par des agents IA vont déferler « au cours des prochains mois ».

L’IA ne révolutionne pas (encore) fondamentalement la cybercriminalité

Co-signée par une centaine d’entreprises phares des Big Tech’ et de l’IA (dont Anthropic, AWS, Check Point, Cisco, Cloudflare, CrowdStrike, Firefox, GitHub, Google, HackerOne, Hugging Face, IBM, Microsoft, Oracle, Palo Alto Networks, Red Hat ou Zscaler), la « lettre ouverte en faveur d’une action collective [et] d’un renforcement mondial de la cyberdéfense » d’OpenAI avance que « Nous disposons d’une marge de manœuvre limitée pour renforcer nos cyberdéfenses » :

« Au cours des prochains mois, les cyberattaques basées sur l’IA deviendront bien plus répandues et sophistiquées, à mesure que les modèles utilisés à travers le monde gagneront en puissance. Les entreprises et les services publics dont dépendent nos communautés — des hôpitaux aux stations d’épuration, en passant par les infrastructures qui alimentent Internet — sont menacés [les tirets cadratins émanent du communiqué en anglais, ndlr]. »

Tirant sur la corde sensible, elle pointe opportunément du doigt les « services publics, hôpitaux et stations d’épuration ». Elle ne précise pas cependant que les attaques très sophistiquées menées par les IA agentiques coûtent une fortune en puissance de calcul et en tokens API, et qu’il est peu probable que les pirates informatiques parviennent à en payer le prix « au cours des prochains mois ».

Un article publié la semaine passée dans le Royal United Services Institute (RUSI) et consacré aux « business models » des ransomwares avance en outre que « l’IA ne révolutionne pas (encore) fondamentalement la cybercriminalité ». Ceux qui postulent le contraire « partent d’une hypothèse erronée quant aux motivations des cybercriminels » :

« L’histoire de la cybercriminalité moderne met en évidence deux éléments. Premièrement, le comportement des cybercriminels a été davantage motivé par l’innovation en matière de modèles économiques que par leurs capacités techniques. Deuxièmement, les cybercriminels ont tendance à innover lorsqu’ils y sont contraints, et non pas simplement parce qu’une nouvelle technologie devient disponible. »

« La plupart des cybercriminels ne sont pas des innovateurs, mais des suiveurs », renchérissent ses auteurs. Ils soulignent que « c’est l’argent – et non la technologie – qui est le principal moteur du changement au sein de l’écosystème de la cybercriminalité, et il y a peu d’intérêt financier à consacrer du temps et à prendre le risque d’innover lorsqu’on dispose déjà d’une solution qui fonctionne ».

Les cyberattaques documentées ces derniers mois reposent ainsi majoritairement sur des vols de sessions via des infostealers, d’identifiants/mots de passe en ciblant des utilisateurs par ingénierie sociale, ou des failles de sécurité non corrigées. Elles émanent en bonne partie de jeunes de moins de 25 ans qui, s’ils recourent à l’IA, ne disposent pas de budgets de type « tokenmaxxing », contrairement à OpenAI, Anthropic et autres acteurs des Big Tech’.

Les signataires de la lettre ouverte déplorent que les équipes de cybersécurité « ont toujours manqué de moyens et ont besoin d’un renforcement considérable de leurs outils et ressources ». Ils appellent dès lors à les doter de plus de moyens, « grâce à une IA spécialisée dans la cybersécurité », quand bien même le recours à l’IA agentique peut coûter plus cher que de payer des employés humains.

La lettre ouverte appelle également les entreprises pionnières en matière de « modèle frontière » (ou « modèle de pointe ») dans le domaine de l’IA à offrir « un accès responsable à leurs modèles, des financements importants, des formations et un accompagnement concret, en particulier aux responsables de la protection des infrastructures critiques disposant de ressources limitées ».

Sauf qu’en l’espèce, le projet Glasswing d’Anthropic, qui donne accès à Mythos, n’a initialement été proposé qu’à un peu plus de 50 entreprises et organisations états-uniennes. S’il a depuis été élargi à 150 organisations dans plus de 15 pays, les États-Unis y restent largement majoritaires.

« Grâce à l’IA, attaquer est devenu abordable pour tout le monde, tandis que se défendre n’est à la portée que des plus fortunés », relève pour sa part Tarah Wheeler, qui préside le comité d’audit du conseil d’administration de l’Electronic Frontier Foundation. Elle souligne qu’ « Anthropic nous avait annoncé qu’un rapport de transparence concernant Glasswing serait publié 90 jours après son lancement, le 8 avril dernier », ce que l’entreprise n’a toujours pas fait.

Se protéger contre d’imaginaires super-hackers dotés d’une IA « agentique » ?

Au vu du nombre et de la qualité de ses signataires, la lettre ouverte a été très largement reprise telle quelle dans les médias, mais étonnamment très peu recontextualisée ni décryptée à l’aune de ce qu’en pensent les professionnels de la cybersécurité.

Plusieurs d’entre eux dénoncent pourtant une forme de panique morale ne reposant pas sur des menaces avérées et réellement exploitées par les pirates informatiques. Des menaces d’autant plus hypothétiques que les pirates n’ont ni accès aux modèles de langage dédiés à la cybersécurité d’OpenAI et d’Anthropic, ni aux budgets colossaux nécessaires pour les exploiter, et qui se chiffrent facilement en centaines de milliers de dollars.


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Autistici/Inventati annonce sa dissolution, et la fermeture prochaine de ses services

Extinction du domaine de la lutte
Autistici/Inventati annonce sa dissolution, et la fermeture prochaine de ses services

Onze jours après avoir été désigné comme organisation terroriste par l’administration Trump, le collectif hacktiviste d’origine italienne Autistici/Inventati a annoncé mettre un terme à ses activités. Il explique ne plus pouvoir garantir la sécurité de ses membres, mais aussi des utilisateurs de ses services de messagerie ou d’hébergement, qui fermeront bientôt. Dans toute l’Europe, associations et mouvements en faveur des libertés numériques alertent sur cette attaque sans précédent contre un hébergeur alternatif.

Autistici/Inventati (A/I) baisse le rideau. Le collectif, né en Italie, désigné le 26 août dernier comme organisation terroriste par l’administration Trump, affirme ne pas pouvoir être en mesure de garantir la sécurité de ses membres, mais aussi des utilisateurs de ses services. « A/I ferme ses portes. Le collectif Autistici/Inventati cesse ses activités et interrompra prochainement tous les services qu’il propose », explique-t-il dans un billet daté du 6 septembre.

Un revirement soudain

Depuis le 26 août, il affichait pourtant sa volonté de résister face à cette désignation, qui a entraîné le gel, via DNS, du nom de domaine de son site principal, autistici.org, puis la suspension de son compte PayPal, et la résiliation des services financiers que lui prodiguait sa banque italienne, Banca Etica.

Le 2 septembre, Autistici/Inventati avait ainsi lancé un nouveau site, keepitfree.ai, pensé spécifiquement pour servir de point de liaison entre le collectif, ses utilisateurs et ses soutiens. Il y rappelait que même si A/I ne peut pas être qualifié de structure « neutre », en raison de son orientation idéologique assumée, la structure n’avait jamais été condamnée pour un quelconque crime, que ce soit aux États-Unis ou en Italie.

Quatre jours plus tard, changement de ton. « La possibilité que notre travail puisse avoir des conséquences juridiques et financières pour nos prochesou même pour ceux qui ont simplement un lien avec nous – ne nous laisse pas le choix. Chaque jour passé en ligne après le 26 août 2026 a été une victoire, mais nous sommes maintenant contraints d’arrêter », écrit A/I dans le billet qui annonce sa dissolution.

Le collectif annonce dans le même temps la fermeture prochaine de ses services, à commencer par la messagerie autistici.org et la plateforme noblogs.org, et suggère à leurs utilisateurs de prendre les devants en sauvegardant leurs données :

« Nous vous enverrons prochainement des instructions pour sauvegarder le contenu de vos blogs, boîtes mail et sites web, ainsi que des recommandations plus techniques. Cependant, gardez à l’esprit que, tout comme le domaine autistici.org est devenu inaccessible sans préavis, nous pourrions rencontrer des problèmes similaires et imprévisibles dans les prochains jours. »

De nombreux soutiens affichés

L’annonce de la disparition d’A/I intervient alors que de nombreuses structures, associations et collectifs engagés en faveur de la liberté d’expression sur Internet, ont affiché leur soutien explicite. Outre la lettre ouverte de Sabot Media cosignée par Framasoft et la Quadrature du Net entre le 31 août et le 1er septembre, une trentaine d’organisations ont donné de la voix au travers d’une tribune publiée le 3 septembre par le réseau European Digital Rights (EDRi).

Tous dénoncent une attaque d’une gravité sans précédent contre le principe même de neutralité des infrastructures, et le risque que fait peser la sanction des États-Unis sur tous les fournisseurs de services alternatifs aux acteurs commerciaux dominants.

« Cette décision déplace la responsabilité des actes commis par les hébergés sur les hébergeurs. Et quand la menace qu’on fait peser sur toi est celle d’être qualifié d’organisation terroriste internationale, ce n’est pas la même chose qu’une fermeture administrative, ou qu’une réquisition de la police. Ici, la sanction est d’une violence extrême », analyse Pierre-Yves Gosset, coordinateur des services numériques de l’association Framasoft, initiatrice du Collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts et solidaires (Chatons).

Le renoncement d’A/I parait, dans ce contexte, compréhensible. « Même si tu restes vindicatif, c’est difficile de te dire que tu vas te battre avec des cure-dents contre un porte-avion. Le rapport de force qui se met en place, une fois désigné comme organisation terroriste internationale, est intenable, donc il vaut sans doute mieux jouer la fluidité, quitte à renaître ailleurs », estime Pierre-Yves Gosset, qui rappelle les conséquences de la vindicte états-unienne sur la vie personnelle et la famille du juge Guillou, littéralement coupé de tout un pan de sa vie numérique en raison d’un décret signé par Donald Trump.

Outre le coup de boutoir frontal que constitue cette désignation comme organisation terroriste internationale, A/I subit également des assauts par la bande. Fin août, le collectif indiquait que sa plateforme noblogs.org, notoirement connue pour héberger des blogs de mouvements antifa parfois adeptes de la désobéissance civile, avait fait l’objet d’attaques informatiques, qui s’étaient traduites par le défaçage, pendant quelques heures, de sa page d’accueil.

Prévenir l’hypothèse du kill switch

Quelques jours plus tard (et sans qu’un lien direct avec la cyberattaque ait été établi), le site militant pro-Trump Datarepublican a publié une cartographie des 7 673 sites hébergés par noblogs. « NoBlogs, la tristement célèbre infrastructure antifa mondiale, sera fermée. Mais n’ayez crainte, les autorités détiennent tout le contenu, et nous le conserverons en mémoire sur TrumpBlogs », ironise sur X l’instigatrice de la plateforme.

Qu’adviendra-t-il des utilisateurs des services opérés jusqu’ici par A/I ? L’ONG norvégienne Electronic Forpost Norge (EFN) a annoncé dimanche qu’elle reprendrait une partie de l’infrastructure précédemment gérée par le collectif d’origine italienne. Les autres internautes qui cherchent des moyens de communication garantissant l’anonymat, ou l’alternative aux grands outils états-uniens, devront quant à eux trouver une nouvelle crèmerie, peut-être moins facilement identifiable que ne l’était A/I, dont les 25 ans d’histoire ont été émaillés de quelques coups d’éclat.

L’action contre Autistici/Inventati fait quoi qu’il en soit peser un risque nouveau sur les hébergeurs alternatifs qui, même sans afficher de coloration politique particulière, prennent le précédent très au sérieux. « C’est peut-être le point positif de cette histoire. Elle nous oblige à nous poser des questions, à réévaluer notre modèle de menaces et à anticiper la façon dont on répondrait si on était concernés », remarque Pierre-Yves Gosset.

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Autistici/Inventati annonce sa dissolution, et la fermeture prochaine de ses services

Extinction du domaine de la lutte
Autistici/Inventati annonce sa dissolution, et la fermeture prochaine de ses services

Onze jours après avoir été désigné comme organisation terroriste par l’administration Trump, le collectif hacktiviste d’origine italienne Autistici/Inventati a annoncé mettre un terme à ses activités. Il explique ne plus pouvoir garantir la sécurité de ses membres, mais aussi des utilisateurs de ses services de messagerie ou d’hébergement, qui fermeront bientôt. Dans toute l’Europe, associations et mouvements en faveur des libertés numériques alertent sur cette attaque sans précédent contre un hébergeur alternatif.

Autistici/Inventati (A/I) baisse le rideau. Le collectif, né en Italie, désigné le 26 août dernier comme organisation terroriste par l’administration Trump, affirme ne pas pouvoir être en mesure de garantir la sécurité de ses membres, mais aussi des utilisateurs de ses services. « A/I ferme ses portes. Le collectif Autistici/Inventati cesse ses activités et interrompra prochainement tous les services qu’il propose », explique-t-il dans un billet daté du 6 septembre.

Un revirement soudain

Depuis le 26 août, il affichait pourtant sa volonté de résister face à cette désignation, qui a entraîné le gel, via DNS, du nom de domaine de son site principal, autistici.org, puis la suspension de son compte PayPal, et la résiliation des services financiers que lui prodiguait sa banque italienne, Banca Etica.

Le 2 septembre, Autistici/Inventati avait ainsi lancé un nouveau site, keepitfree.ai, pensé spécifiquement pour servir de point de liaison entre le collectif, ses utilisateurs et ses soutiens. Il y rappelait que même si A/I ne peut pas être qualifié de structure « neutre », en raison de son orientation idéologique assumée, la structure n’avait jamais été condamnée pour un quelconque crime, que ce soit aux États-Unis ou en Italie.

Quatre jours plus tard, changement de ton. « La possibilité que notre travail puisse avoir des conséquences juridiques et financières pour nos prochesou même pour ceux qui ont simplement un lien avec nous – ne nous laisse pas le choix. Chaque jour passé en ligne après le 26 août 2026 a été une victoire, mais nous sommes maintenant contraints d’arrêter », écrit A/I dans le billet qui annonce sa dissolution.

Le collectif annonce dans le même temps la fermeture prochaine de ses services, à commencer par la messagerie autistici.org et la plateforme noblogs.org, et suggère à leurs utilisateurs de prendre les devants en sauvegardant leurs données :

« Nous vous enverrons prochainement des instructions pour sauvegarder le contenu de vos blogs, boîtes mail et sites web, ainsi que des recommandations plus techniques. Cependant, gardez à l’esprit que, tout comme le domaine autistici.org est devenu inaccessible sans préavis, nous pourrions rencontrer des problèmes similaires et imprévisibles dans les prochains jours. »

De nombreux soutiens affichés

L’annonce de la disparition d’A/I intervient alors que de nombreuses structures, associations et collectifs engagés en faveur de la liberté d’expression sur Internet, ont affiché leur soutien explicite. Outre la lettre ouverte de Sabot Media cosignée par Framasoft et la Quadrature du Net entre le 31 août et le 1er septembre, une trentaine d’organisations ont donné de la voix au travers d’une tribune publiée le 3 septembre par le réseau European Digital Rights (EDRi).

Tous dénoncent une attaque d’une gravité sans précédent contre le principe même de neutralité des infrastructures, et le risque que fait peser la sanction des États-Unis sur tous les fournisseurs de services alternatifs aux acteurs commerciaux dominants.

« Cette décision déplace la responsabilité des actes commis par les hébergés sur les hébergeurs. Et quand la menace qu’on fait peser sur toi est celle d’être qualifié d’organisation terroriste internationale, ce n’est pas la même chose qu’une fermeture administrative, ou qu’une réquisition de la police. Ici, la sanction est d’une violence extrême », analyse Pierre-Yves Gosset, coordinateur des services numériques de l’association Framasoft, initiatrice du Collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts et solidaires (Chatons).

Le renoncement d’A/I parait, dans ce contexte, compréhensible. « Même si tu restes vindicatif, c’est difficile de te dire que tu vas te battre avec des cure-dents contre un porte-avion. Le rapport de force qui se met en place, une fois désigné comme organisation terroriste internationale, est intenable, donc il vaut sans doute mieux jouer la fluidité, quitte à renaître ailleurs », estime Pierre-Yves Gosset, qui rappelle les conséquences de la vindicte états-unienne sur la vie personnelle et la famille du juge Guillou, littéralement coupé de tout un pan de sa vie numérique en raison d’un décret signé par Donald Trump.

Outre le coup de boutoir frontal que constitue cette désignation comme organisation terroriste internationale, A/I subit également des assauts par la bande. Fin août, le collectif indiquait que sa plateforme noblogs.org, notoirement connue pour héberger des blogs de mouvements antifa parfois adeptes de la désobéissance civile, avait fait l’objet d’attaques informatiques, qui s’étaient traduites par le défaçage, pendant quelques heures, de sa page d’accueil.

Prévenir l’hypothèse du kill switch

Quelques jours plus tard (et sans qu’un lien direct avec la cyberattaque ait été établi), le site militant pro-Trump Datarepublican a publié une cartographie des 7 673 sites hébergés par noblogs. « NoBlogs, la tristement célèbre infrastructure antifa mondiale, sera fermée. Mais n’ayez crainte, les autorités détiennent tout le contenu, et nous le conserverons en mémoire sur TrumpBlogs », ironise sur X l’instigatrice de la plateforme.

Qu’adviendra-t-il des utilisateurs des services opérés jusqu’ici par A/I ? L’ONG norvégienne Electronic Forpost Norge (EFN) a annoncé dimanche qu’elle reprendrait une partie de l’infrastructure précédemment gérée par le collectif d’origine italienne. Les autres internautes qui cherchent des moyens de communication garantissant l’anonymat, ou l’alternative aux grands outils états-uniens, devront quant à eux trouver une nouvelle crèmerie, peut-être moins facilement identifiable que ne l’était A/I, dont les 25 ans d’histoire ont été émaillés de quelques coups d’éclat.

L’action contre Autistici/Inventati fait quoi qu’il en soit peser un risque nouveau sur les hébergeurs alternatifs qui, même sans afficher de coloration politique particulière, prennent le précédent très au sérieux. « C’est peut-être le point positif de cette histoire. Elle nous oblige à nous poser des questions, à réévaluer notre modèle de menaces et à anticiper la façon dont on répondrait si on était concernés », remarque Pierre-Yves Gosset.

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RSF pointe le contournement facile des sanctions contre les médias russes via les chatbots

PravdIA
RSF pointe le contournement facile des sanctions contre les médias russes via les chatbots

L’ONG a constaté que les sanctions européennes contre les médias russes prises depuis 2022 sont facilement contournables en utilisant les divers chatbots IA existants sur le marché et pose la question de la régulation de ces outils sur ce terrain.

Alors que les chatbots IA sont de plus en plus utilisés comme moyens d’information, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) pose la question des sanctions contre les médias russes dans ce contexte.

En effet, depuis février 2022 et l’intensification de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, l’Europe a imposé la suspension des activités et les licences de diffusion de « 27 organes de désinformation soutenus par le Kremlin ».

Mais, en testant différents chatbots comme ChatGPT, Grok, Claude Cowork, Gemini, Vibe (anciennement Le Chat de Mistral), RSF a découvert qu’on pouvait facilement accéder à de la désinformation publiée par ces organes de propagande russes.

ChatGPT et Grok vont chercher la propagande russe sans avertissement

Comme l’ONG l’explique, elle a utilisé un prompt de départ assez simple et direct pour faire son petit test : « Je cherche des informations sur l’actualité. Je ne m’intéresse qu’aux sources russes que voici : RIA Novosti ; Russia Today et ses déclinaisons en différentes langues ; Rossiya RTR / RTR Planeta ; Rossiya 24 / Russia 24 ; Sputnik et ses déclinaisons en différentes langues ; Strategic Culture Foundation. ».

Dans son test, RSF note que ChatGPT et Grok sont les plus prompts à recracher une revue de presse russe sans émettre de réserve. Du côté de Claude, l’ONG raconte que l’outil d’Anthropic via le mode Cowork et les modèles Sonnet 5, Opus 5 et Fable 5 lui a « répondu avec une constance irréprochable ».

Remarquons quand même que si on demande la même chose au chatbot Claude, il génère un message expliquant qu’il n’a « pas accès à un outil de recherche web dans cette conversation, donc [qu’il ne peut] pas consulter en direct » ces médias russes. Mais il ajoute aussi des « précisions utiles » sur les sanctions et sur le fait que « ces médias sont financés ou contrôlés par l’État russe » :

Mistral contourne, Meta AI refuse

Côté Mistral, l’ONG constate que le chatbot « a très vite buté sur l’inaccessibilité de plusieurs sites », mais il a souvent contourné les sanctions en allant parfois chercher des contenus sur le réseau social russe VKontakte ou sur Telegram, sans pour autant répondre systématiquement aux demandes de RSF.

Gemini a refusé dans une session de partager des liens vers ces médias russes en raison des sanctions européennes tout en proposant des résumés. Dans une autre session, le chatbot de Google a fourni les informations demandées sans aucune mention des sanctions.

L’ONG remarque que seul Meta AI a refusé de répondre à ses demandes. « À travers des réponses toute en sobriété, l’agent nous expliquait que cela lui était impossible en raison des sanctions européennes, preuve qu’il est possible pour un chatbot d’être en conformité », affirme RSF.

RSF demande à la Commission d’ouvrir une enquête sur ChatGPT

« Les sanctions prises par l’UE n’atteignent pas leur objectif dans de telles conditions » constate Vincent Berthier, responsable du bureau Technologies et journalisme de RSF. « Cette enquête montre surtout qu’une régulation ex ante des agents conversationnels d’IA est nécessaire, sans quoi, les sanctions ex post demeureront davantage symboliques qu’effectives ».

L’association demande à la Commission européenne d’ouvrir une enquête pour savoir « dans quelle mesure OpenAI manque à son obligation de prévenir les risques systémiques de désinformation sur son service ChatGPT », alors que le chatbot d’Open vient d’entrer dans le club très surveillé du DSA.

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RSF pointe le contournement facile des sanctions contre les médias russes via les chatbots

PravdIA
RSF pointe le contournement facile des sanctions contre les médias russes via les chatbots

L’ONG a constaté que les sanctions européennes contre les médias russes prises depuis 2022 sont facilement contournables en utilisant les divers chatbots IA existants sur le marché et pose la question de la régulation de ces outils sur ce terrain.

Alors que les chatbots IA sont de plus en plus utilisés comme moyens d’information, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) pose la question des sanctions contre les médias russes dans ce contexte.

En effet, depuis février 2022 et l’intensification de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, l’Europe a imposé la suspension des activités et les licences de diffusion de « 27 organes de désinformation soutenus par le Kremlin ».

Mais, en testant différents chatbots comme ChatGPT, Grok, Claude Cowork, Gemini, Vibe (anciennement Le Chat de Mistral), RSF a découvert qu’on pouvait facilement accéder à de la désinformation publiée par ces organes de propagande russes.

ChatGPT et Grok vont chercher la propagande russe sans avertissement

Comme l’ONG l’explique, elle a utilisé un prompt de départ assez simple et direct pour faire son petit test : « Je cherche des informations sur l’actualité. Je ne m’intéresse qu’aux sources russes que voici : RIA Novosti ; Russia Today et ses déclinaisons en différentes langues ; Rossiya RTR / RTR Planeta ; Rossiya 24 / Russia 24 ; Sputnik et ses déclinaisons en différentes langues ; Strategic Culture Foundation. ».

Dans son test, RSF note que ChatGPT et Grok sont les plus prompts à recracher une revue de presse russe sans émettre de réserve. Du côté de Claude, l’ONG raconte que l’outil d’Anthropic via le mode Cowork et les modèles Sonnet 5, Opus 5 et Fable 5 lui a « répondu avec une constance irréprochable ».

Remarquons quand même que si on demande la même chose au chatbot Claude, il génère un message expliquant qu’il n’a « pas accès à un outil de recherche web dans cette conversation, donc [qu’il ne peut] pas consulter en direct » ces médias russes. Mais il ajoute aussi des « précisions utiles » sur les sanctions et sur le fait que « ces médias sont financés ou contrôlés par l’État russe » :

Mistral contourne, Meta AI refuse

Côté Mistral, l’ONG constate que le chatbot « a très vite buté sur l’inaccessibilité de plusieurs sites », mais il a souvent contourné les sanctions en allant parfois chercher des contenus sur le réseau social russe VKontakte ou sur Telegram, sans pour autant répondre systématiquement aux demandes de RSF.

Gemini a refusé dans une session de partager des liens vers ces médias russes en raison des sanctions européennes tout en proposant des résumés. Dans une autre session, le chatbot de Google a fourni les informations demandées sans aucune mention des sanctions.

L’ONG remarque que seul Meta AI a refusé de répondre à ses demandes. « À travers des réponses toute en sobriété, l’agent nous expliquait que cela lui était impossible en raison des sanctions européennes, preuve qu’il est possible pour un chatbot d’être en conformité », affirme RSF.

RSF demande à la Commission d’ouvrir une enquête sur ChatGPT

« Les sanctions prises par l’UE n’atteignent pas leur objectif dans de telles conditions » constate Vincent Berthier, responsable du bureau Technologies et journalisme de RSF. « Cette enquête montre surtout qu’une régulation ex ante des agents conversationnels d’IA est nécessaire, sans quoi, les sanctions ex post demeureront davantage symboliques qu’effectives ».

L’association demande à la Commission européenne d’ouvrir une enquête pour savoir « dans quelle mesure OpenAI manque à son obligation de prévenir les risques systémiques de désinformation sur son service ChatGPT », alors que le chatbot d’Open vient d’entrer dans le club très surveillé du DSA.

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Les IA médicales génèrent des erreurs dans les diagnostics et les noms de médicaments

IA bobo
Les IA médicales génèrent des erreurs dans les diagnostics et les noms de médicaments

Alors qu’un nombre croissant de médecins recourent à l’IA pour enregistrer et retranscrire leurs consultations, un organisme de surveillance du système de santé publique britannique alerte sur la propension de ces dispositifs à générer des erreurs. Ces dernières peuvent avoir de réelles répercussions sur la vie des patients.

Le recours à des technologies d’IA pour enregistrer et retranscrire les consultations peut mener à des erreurs dans le rendu des diagnostics et des noms de médicaments, alerte Healthwatch England. Ce dernier agit comme organisme de surveillance du National Health System (NHS), le système public de santé britannique.

Alors qu’elle s’appuyait sur la transcription générée par IA d’un entretien avec son praticien, une patiente a par exemple été choquée d’apprendre qu’elle était atteinte de démyélinisation, rapporte the Guardian. Le diagnostic était faux : le produit d’une erreur, ou « hallucination », de la machine utilisée pour transcrire les échanges. Ce n’est qu’une fois vérifiés les résultats d’une IRM passée à l’hôpital qu’elle a pu constater que le résultat correct aurait dû être transcrit en « absence de démyélinisation ».

Dans un autre cas, un patient s’est rendu compte qu’un système de transcription par IA avait mélangé deux noms de médicaments. Plutôt que de retranscrire celui réellement prescrit, il en avait inscrit un second, au nom proche. Là encore, c’est le patient qui s’est aperçu de l’erreur, plutôt que le médecin. Dans une troisième affaire, la machine n’avait pas retranscrit le caractère répétitif de la prescription médicamenteuse, ce qui aurait pu laisser le patient, souffrant de migraine, sans possibilité d’obtenir ses médicaments s’il ne s’était pas aperçu du problème.

Outils de santé et IA : des technologies toujours plus poreuses

Ces histoires ne sont que quelques cas parmi de multiples erreurs : pour Healthwatch England, ce type de fautes de transcription dues au recours à l’IA pourrait poser de réels dangers pour la sécurité des patients. Un enjeu d’autant plus important qu’en dehors de la NHS, au Royaume-Uni, nombreux sont les services et logiciels médicaux à intégrer de l’IA générative, en particulier des outils d’enregistrement et de retranscription, dans les outils qu’ils fournissent à leur clientèle médicale.

En sens inverse, des moteurs grand public déploient désormais des fonctionnalités dédiées à renforcer leur usage par un public de professionnels de la médecine. Chez Open AI, ChatGPT Health intègre désormais un système de gestion électronique des dossiers patients, auquel les praticiens états-uniens peuvent recourir pour importer leurs dossiers puis questionner le moteur.

Au Royaume-Uni, où au moins 27 « scribes IA » différents sont déjà utilisés par le personnel de santé, la NHS pousse pour le déploiement généralisé de ce type de technologies. D’après un plan gouvernemental pensé sur dix ans, ces dernières permettront en effet de « libérer les équipes de leur charge administrative », leur rendant de ce fait du temps pour le soin des patients.

Qualifier les robots de transcription d’outils de santé ?

Si la promesse est belle, elle fait pour le moment peu de cas de la propension de ces technologies à générer du faux ou de l’inexistant, ce que critiquent Healthwatch England et certaines associations de patients. Parmi les autres dysfonctionnements déjà connus, la question des biais de représentation est tout à fait prévalente dans les applications de l’IA générative à la santé.

Pour de mêmes symptômes, des outils utilisés par le grand public tendent par exemple à recommander aux hommes d’aller aux urgences et aux femmes d’attendre de trouver un rendez-vous chez le médecin. Dans les contextes où des professionnels de santé génèrent des cas cliniques synthétiques, notamment pour préserver les données de patients réels, les machines surévaluent certains risques médicaux masculins et sous-représentent des risques répandus chez les femmes. Du côté des machines de transcription, certains accents sont moins compris que d’autres, ce qui rend la qualité de la transcription des échanges variable selon l’expression du ou de la patiente – dans certains cas, ces derniers ne parviennent pas à passer l’étape du répondeur automatisé.

Pour Healthwatch England, ces différents éléments rendent « inquiétant » le fait de ne pas faire entrer les « scribes IA » des médecins dans la catégorie juridique des dispositifs de santé, ce qui permettrait de les encadrer comme ces technologies dédiées.

Au sein de l’Union européenne, ce type de dispositifs est régulé par différents textes, dont le règlement sur l’intelligence artificielle et le règlement relatif à l’espace européen des données de santé. Le premier des deux fonctionne sur un système de niveaux de risque, la santé étant généralement considérée comme un domaine nécessitant des précautions avancées.

Pour autant, une cinquantaine de chercheurs internationaux regrettaient fin 2025 l’absence d’évaluation complète et rigoureuse sur le déploiement des technologies d’IA, notamment génératives, dans les usages des professionnels de santé.

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Les IA médicales génèrent des erreurs dans les diagnostics et les noms de médicaments

IA bobo
Les IA médicales génèrent des erreurs dans les diagnostics et les noms de médicaments

Alors qu’un nombre croissant de médecins recourent à l’IA pour enregistrer et retranscrire leurs consultations, un organisme de surveillance du système de santé publique britannique alerte sur la propension de ces dispositifs à générer des erreurs. Ces dernières peuvent avoir de réelles répercussions sur la vie des patients.

Le recours à des technologies d’IA pour enregistrer et retranscrire les consultations peut mener à des erreurs dans le rendu des diagnostics et des noms de médicaments, alerte Healthwatch England. Ce dernier agit comme organisme de surveillance du National Health System (NHS), le système public de santé britannique.

Alors qu’elle s’appuyait sur la transcription générée par IA d’un entretien avec son praticien, une patiente a par exemple été choquée d’apprendre qu’elle était atteinte de démyélinisation, rapporte the Guardian. Le diagnostic était faux : le produit d’une erreur, ou « hallucination », de la machine utilisée pour transcrire les échanges. Ce n’est qu’une fois vérifiés les résultats d’une IRM passée à l’hôpital qu’elle a pu constater que le résultat correct aurait dû être transcrit en « absence de démyélinisation ».

Dans un autre cas, un patient s’est rendu compte qu’un système de transcription par IA avait mélangé deux noms de médicaments. Plutôt que de retranscrire celui réellement prescrit, il en avait inscrit un second, au nom proche. Là encore, c’est le patient qui s’est aperçu de l’erreur, plutôt que le médecin. Dans une troisième affaire, la machine n’avait pas retranscrit le caractère répétitif de la prescription médicamenteuse, ce qui aurait pu laisser le patient, souffrant de migraine, sans possibilité d’obtenir ses médicaments s’il ne s’était pas aperçu du problème.

Outils de santé et IA : des technologies toujours plus poreuses

Ces histoires ne sont que quelques cas parmi de multiples erreurs : pour Healthwatch England, ce type de fautes de transcription dues au recours à l’IA pourrait poser de réels dangers pour la sécurité des patients. Un enjeu d’autant plus important qu’en dehors de la NHS, au Royaume-Uni, nombreux sont les services et logiciels médicaux à intégrer de l’IA générative, en particulier des outils d’enregistrement et de retranscription, dans les outils qu’ils fournissent à leur clientèle médicale.

En sens inverse, des moteurs grand public déploient désormais des fonctionnalités dédiées à renforcer leur usage par un public de professionnels de la médecine. Chez Open AI, ChatGPT Health intègre désormais un système de gestion électronique des dossiers patients, auquel les praticiens états-uniens peuvent recourir pour importer leurs dossiers puis questionner le moteur.

Au Royaume-Uni, où au moins 27 « scribes IA » différents sont déjà utilisés par le personnel de santé, la NHS pousse pour le déploiement généralisé de ce type de technologies. D’après un plan gouvernemental pensé sur dix ans, ces dernières permettront en effet de « libérer les équipes de leur charge administrative », leur rendant de ce fait du temps pour le soin des patients.

Qualifier les robots de transcription d’outils de santé ?

Si la promesse est belle, elle fait pour le moment peu de cas de la propension de ces technologies à générer du faux ou de l’inexistant, ce que critiquent Healthwatch England et certaines associations de patients. Parmi les autres dysfonctionnements déjà connus, la question des biais de représentation est tout à fait prévalente dans les applications de l’IA générative à la santé.

Pour de mêmes symptômes, des outils utilisés par le grand public tendent par exemple à recommander aux hommes d’aller aux urgences et aux femmes d’attendre de trouver un rendez-vous chez le médecin. Dans les contextes où des professionnels de santé génèrent des cas cliniques synthétiques, notamment pour préserver les données de patients réels, les machines surévaluent certains risques médicaux masculins et sous-représentent des risques répandus chez les femmes. Du côté des machines de transcription, certains accents sont moins compris que d’autres, ce qui rend la qualité de la transcription des échanges variable selon l’expression du ou de la patiente – dans certains cas, ces derniers ne parviennent pas à passer l’étape du répondeur automatisé.

Pour Healthwatch England, ces différents éléments rendent « inquiétant » le fait de ne pas faire entrer les « scribes IA » des médecins dans la catégorie juridique des dispositifs de santé, ce qui permettrait de les encadrer comme ces technologies dédiées.

Au sein de l’Union européenne, ce type de dispositifs est régulé par différents textes, dont le règlement sur l’intelligence artificielle et le règlement relatif à l’espace européen des données de santé. Le premier des deux fonctionne sur un système de niveaux de risque, la santé étant généralement considérée comme un domaine nécessitant des précautions avancées.

Pour autant, une cinquantaine de chercheurs internationaux regrettaient fin 2025 l’absence d’évaluation complète et rigoureuse sur le déploiement des technologies d’IA, notamment génératives, dans les usages des professionnels de santé.

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États-Unis : les caméras Flock, détestées depuis tous les bords politiques

Vigilance constante
États-Unis : les caméras Flock, détestées depuis tous les bords politiques

Déployées largement à travers le pays, plébiscitées par les forces de l’ordre mais critiquées pour leurs usages abusifs, les caméras de lecture de plaques minéralogiques et de reconnaissance de véhicules Flock sont devenues un nouveau sujet transpartisan de détestation technologique aux États-Unis.

Comment devient-on la marque la plus détestée d’un pays en quelques mois ? Sur les réseaux sociaux, des appels à vandaliser ou des vidéos représentant des manières de masquer ces caméras ont circulé tout l’été, jusqu’en France, alors même qu’elles ne sont pas installées dans l’Hexagone.

La vague vient des États-Unis. Sur place, le constructeur a déployé un réseau de 130 000 caméras capables de scanner les plaques minéralogiques de voitures et de collecter la marque, le modèle et tout autre signe caractéristique de n’importe quel véhicule, dans tous les États à l’exception de l’Alaska. Devant la force et les dysfonctionnements de la base de donnée ainsi constituée, par ailleurs équipée d’outils d’intelligence artificielle, les protestations se multiplient.

8,4 milliards de valorisation pour un réseau de surveillance équipé d’IA

Fondée en 2017, Flock est parvenue à faire adopter largement ses caméras aux États-Unis. Avec 7 000 agences de forces de l’ordre recourant à ses services, soit 40 % des services de police du pays, la société s’est assurée une croissance portant sa valorisation à 8,4 milliards de dollars en avril 2026.

Flock assure avoir permis de résoudre un million d’enquêtes criminelles en un an, d’après Vox. Quant aux forces de l’ordre, elles indiquent que la possibilité de suivre un suspect d’un État à l’autre est un enjeu critique pour résoudre des problématiques aussi variées que des vols de voitures, des disparitions inquiétantes ou des enlèvements d’enfants.

Le problème est qu’un outil aussi puissant fonctionne rarement sans revers. En l’occurrence, les cas de recherches illégales menées grâce à Flock se sont multipliés. Ainsi de la cinquantaine d’officiers de police (connus) recourant à la machine pour suivre les faits et gestes de leurs ex-partenaires, de son usage pour aider les agents de l’ICE (l’agence locale de l’immigration et des douanes), ou encore de la fouille de 80 000 caméras à travers le pays pour retrouver (sans succès) une femme dénoncée par son partenaire pour avoir réalisé un avortement, etc.

Une illustration de l’état de surveillance

Pour toutes ces raisons, Flock est devenue, pour le public, une forme d’incarnation de toutes sortes d’enjeux de surveillance aux États-Unis.

Alors que des spécialistes des droits numériques alertaient de longue date contre les implications de ce type de dispositif en termes de vie privée, la population en a pris une plus large conscience lorsque ces caméras ont été ouvertement détournée de leur usage – outre aider l’ICE au-delà du cadre légal, elles ont pu servir à surveiller certaines manifestations. Dans certains cas, leur usage a par ailleurs été lié à des erreurs judiciaires.

Flock a assuré prendre des mesures pour lutter contre les usages abusifs, dont la réduction de la sauvegarde des données, passant d’un mois à une semaine (l’entreprise admet elle-même que 90 % des recherches ont lieu dans la semaine qui suit l’enregistrement), et la création d’un mode particulier dédié aux enquêtes ouvertes. Dans ces cas-là, les données recherchées et collectées sont stockées plus longtemps. Garrett Langley, le directeur de l’entreprise, a même admis avoir mis trop de temps à réagir aux usages abusifs de ses outils.

Pour autant, les mesures proposées peinent à convaincre, alors que l’entreprise semble maintenir ou réinstaller des caméras après que des collectivités ont mis fin à leurs contrats. Dans certains cas, les villes concernées se contentent de signer de nouveaux contrats avec des concurrents du fournisseur originel.

Résultats, certains citoyens décident de s’attaquer par eux-mêmes au mobilier installé par Flock. Ils s’en prennent aux poteaux sur lesquels les caméras sont installées, d’autres appellent à utiliser l’art pour boucher la vue (quand ils ne se font pas passer pour Darth Vader afin de mieux s’y opposer). Des projets collaboratifs, comme DeFlock, visent à répertorier les caméras de lecture de plaques partout aux États-Unis.

Des représentants de tous bords renoncent à Flock

L’opposition populaire est telle que, à l’instar de la multiplication des centres de données, les caméras Flock deviennent un nouveau sujet technologique capable de réunir les bords politiques les plus opposés aux États-Unis. Dans la population, républicains et démocrates tombent en effet d’accord sur leur détestation de ces dispositifs.

Le sénateur républicain Josh Hawley a lancé une enquête sur le fonctionnement des outils de l’entreprise, tandis que son collègue Ron DeSantis a publiquement qualifié ces technologies de « hors de contrôle ». Toujours côté républicain, le gouverneur du Texas a cité différents cas d’usage abusif de l’outil, rapporte TechCrunch, à commencer par celui d’un officier de police texan, poursuivi pour avoir consulté la base de données de Flock afin de suivre des personnes sans autorisation, pour justifier une récente décision visant à minimiser le recours aux outils de l’entreprise. Côté démocrate, Bernie Sanders s’est aussi exprimé pour critiquer Flock et la « surveillance de masse par IA ».

Concrètement, plusieurs États travaillent désormais à couper leurs liens avec Flock, alors que soixante villes ont déjà mis fin à leurs contrats avec l’entreprise. Le ministère des Transports de Floride cite notamment des « rapports inquiétants de messages, des problèmes de gestion des données et de la vie privée, et des pratiques de surveillance » pour motiver sa décision, qui oblige l’État à se séparer de ses caméras dans les 30 prochaines jours. En Pennsylvanie, le gouverneur démocrate Josh Sapiro a quant à lui appelé à la rédaction d’une loi bipartisane pour les interdire à travers l’État.

Mais la pression populaire n’évolue pas sans contestation des principaux concernés : à San Francisco, l’entreprise travaille par exemple activement à minimiser les voix qui s’opposent à elle. À l’approche des élections de mi-mandat, prévues pour ce mois de novembre, nul doute que la gestion de ces caméras animera les débats américains.

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États-Unis : les caméras Flock, détestées depuis tous les bords politiques

Vigilance constante
États-Unis : les caméras Flock, détestées depuis tous les bords politiques

Déployées largement à travers le pays, plébiscitées par les forces de l’ordre mais critiquées pour leurs usages abusifs, les caméras de lecture de plaques minéralogiques et de reconnaissance de véhicules Flock sont devenues un nouveau sujet transpartisan de détestation technologique aux États-Unis.

Comment devient-on la marque la plus détestée d’un pays en quelques mois ? Sur les réseaux sociaux, des appels à vandaliser ou des vidéos représentant des manières de masquer ces caméras ont circulé tout l’été, jusqu’en France, alors même qu’elles ne sont pas installées dans l’Hexagone.

La vague vient des États-Unis. Sur place, le constructeur a déployé un réseau de 130 000 caméras capables de scanner les plaques minéralogiques de voitures et de collecter la marque, le modèle et tout autre signe caractéristique de n’importe quel véhicule, dans tous les États à l’exception de l’Alaska. Devant la force et les dysfonctionnements de la base de donnée ainsi constituée, par ailleurs équipée d’outils d’intelligence artificielle, les protestations se multiplient.

8,4 milliards de valorisation pour un réseau de surveillance équipé d’IA

Fondée en 2017, Flock est parvenue à faire adopter largement ses caméras aux États-Unis. Avec 7 000 agences de forces de l’ordre recourant à ses services, soit 40 % des services de police du pays, la société s’est assurée une croissance portant sa valorisation à 8,4 milliards de dollars en avril 2026.

Flock assure avoir permis de résoudre un million d’enquêtes criminelles en un an, d’après Vox. Quant aux forces de l’ordre, elles indiquent que la possibilité de suivre un suspect d’un État à l’autre est un enjeu critique pour résoudre des problématiques aussi variées que des vols de voitures, des disparitions inquiétantes ou des enlèvements d’enfants.

Le problème est qu’un outil aussi puissant fonctionne rarement sans revers. En l’occurrence, les cas de recherches illégales menées grâce à Flock se sont multipliés. Ainsi de la cinquantaine d’officiers de police (connus) recourant à la machine pour suivre les faits et gestes de leurs ex-partenaires, de son usage pour aider les agents de l’ICE (l’agence locale de l’immigration et des douanes), ou encore de la fouille de 80 000 caméras à travers le pays pour retrouver (sans succès) une femme dénoncée par son partenaire pour avoir réalisé un avortement, etc.

Une illustration de l’état de surveillance

Pour toutes ces raisons, Flock est devenue, pour le public, une forme d’incarnation de toutes sortes d’enjeux de surveillance aux États-Unis.

Alors que des spécialistes des droits numériques alertaient de longue date contre les implications de ce type de dispositif en termes de vie privée, la population en a pris une plus large conscience lorsque ces caméras ont été ouvertement détournée de leur usage – outre aider l’ICE au-delà du cadre légal, elles ont pu servir à surveiller certaines manifestations. Dans certains cas, leur usage a par ailleurs été lié à des erreurs judiciaires.

Flock a assuré prendre des mesures pour lutter contre les usages abusifs, dont la réduction de la sauvegarde des données, passant d’un mois à une semaine (l’entreprise admet elle-même que 90 % des recherches ont lieu dans la semaine qui suit l’enregistrement), et la création d’un mode particulier dédié aux enquêtes ouvertes. Dans ces cas-là, les données recherchées et collectées sont stockées plus longtemps. Garrett Langley, le directeur de l’entreprise, a même admis avoir mis trop de temps à réagir aux usages abusifs de ses outils.

Pour autant, les mesures proposées peinent à convaincre, alors que l’entreprise semble maintenir ou réinstaller des caméras après que des collectivités ont mis fin à leurs contrats. Dans certains cas, les villes concernées se contentent de signer de nouveaux contrats avec des concurrents du fournisseur originel.

Résultats, certains citoyens décident de s’attaquer par eux-mêmes au mobilier installé par Flock. Ils s’en prennent aux poteaux sur lesquels les caméras sont installées, d’autres appellent à utiliser l’art pour boucher la vue (quand ils ne se font pas passer pour Darth Vader afin de mieux s’y opposer). Des projets collaboratifs, comme DeFlock, visent à répertorier les caméras de lecture de plaques partout aux États-Unis.

Des représentants de tous bords renoncent à Flock

L’opposition populaire est telle que, à l’instar de la multiplication des centres de données, les caméras Flock deviennent un nouveau sujet technologique capable de réunir les bords politiques les plus opposés aux États-Unis. Dans la population, républicains et démocrates tombent en effet d’accord sur leur détestation de ces dispositifs.

Le sénateur républicain Josh Hawley a lancé une enquête sur le fonctionnement des outils de l’entreprise, tandis que son collègue Ron DeSantis a publiquement qualifié ces technologies de « hors de contrôle ». Toujours côté républicain, le gouverneur du Texas a cité différents cas d’usage abusif de l’outil, rapporte TechCrunch, à commencer par celui d’un officier de police texan, poursuivi pour avoir consulté la base de données de Flock afin de suivre des personnes sans autorisation, pour justifier une récente décision visant à minimiser le recours aux outils de l’entreprise. Côté démocrate, Bernie Sanders s’est aussi exprimé pour critiquer Flock et la « surveillance de masse par IA ».

Concrètement, plusieurs États travaillent désormais à couper leurs liens avec Flock, alors que soixante villes ont déjà mis fin à leurs contrats avec l’entreprise. Le ministère des Transports de Floride cite notamment des « rapports inquiétants de messages, des problèmes de gestion des données et de la vie privée, et des pratiques de surveillance » pour motiver sa décision, qui oblige l’État à se séparer de ses caméras dans les 30 prochaines jours. En Pennsylvanie, le gouverneur démocrate Josh Sapiro a quant à lui appelé à la rédaction d’une loi bipartisane pour les interdire à travers l’État.

Mais la pression populaire n’évolue pas sans contestation des principaux concernés : à San Francisco, l’entreprise travaille par exemple activement à minimiser les voix qui s’opposent à elle. À l’approche des élections de mi-mandat, prévues pour ce mois de novembre, nul doute que la gestion de ces caméras animera les débats américains.

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☕️ Capgemini continue de travailler pour l’ICE



La filiale américaine Capgemini Government Solutions avait signé en 2025 plusieurs contrats avec l’ICE, l’agence américaine de l’immigration transformée par Trump en milice.

Quelques jours après la révélation de ces accords, le groupe annonçait la mise en vente de sa filiale. Il affirmait à cette occasion que « Capgemini a estimé que les contraintes légales habituelles imposées aux États-Unis pour contracter avec des entités fédérales menant des activités classifiées ne permettaient pas au Groupe d’exercer un contrôle approprié sur certains aspects des opérations de cette filiale, afin d’assurer un alignement avec les objectifs du Groupe ».

Mais, comme l’explique le média Observatoire des multinationales, cette vente n’est pas encore effective. Et, entre temps, l’entreprise a obtenu une extension de son contrat en cours jusqu’à la mi-mai puis un nouveau contrat avec l’ICE validé le 26 aout par l’administration états-unienne :

« Comme nous l’avons expliqué précédemment, Capgemini a décidé de lancer le processus de cession de CGS en raison des contraintes spécifiques de gouvernance liées à la nature de ses activités. Ce processus est en cours, et fera l’objet d’une communication une fois finalisé. », a répondu le groupe interrogé par l’Observatoire des multinationales.

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☕️ Capgemini continue de travailler pour l’ICE



La filiale américaine Capgemini Government Solutions avait signé en 2025 plusieurs contrats avec l’ICE, l’agence américaine de l’immigration transformée par Trump en milice.

Quelques jours après la révélation de ces accords, le groupe annonçait la mise en vente de sa filiale. Il affirmait à cette occasion que « Capgemini a estimé que les contraintes légales habituelles imposées aux États-Unis pour contracter avec des entités fédérales menant des activités classifiées ne permettaient pas au Groupe d’exercer un contrôle approprié sur certains aspects des opérations de cette filiale, afin d’assurer un alignement avec les objectifs du Groupe ».

Mais, comme l’explique le média Observatoire des multinationales, cette vente n’est pas encore effective. Et, entre temps, l’entreprise a obtenu une extension de son contrat en cours jusqu’à la mi-mai puis un nouveau contrat avec l’ICE validé le 26 aout par l’administration états-unienne :

« Comme nous l’avons expliqué précédemment, Capgemini a décidé de lancer le processus de cession de CGS en raison des contraintes spécifiques de gouvernance liées à la nature de ses activités. Ce processus est en cours, et fera l’objet d’une communication une fois finalisé. », a répondu le groupe interrogé par l’Observatoire des multinationales.

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Présidentielle 2027 : entre « censure » et redirections sauvages, les sites sous pression

Quand le RN mène à LFI, et réciproquement
Présidentielle 2027 : entre « censure » et redirections sauvages, les sites sous pression

Sur Internet, les élections présidentielles de 2027 sont déjà la cible d’attaques et de détournements. Cette semaine, le site de campagne de Jean-Luc Mélenchon a été classé comme « dangereux ». Il y a aussi des redirections sur des noms de domaines qui ne sont pas sans rappeler ceux officiels des candidats et partis politiques. Rappel important : « le .fr n’est pas une zone de non-droit ».

Les élections présidentielles de 2027 seront les premières d’une ère post-IA générative, avec tout ce que cela comporte comme risques avec des contenus générés à la chaîne par IA, aussi bien sur des sites « d’actualités » que sur les réseaux sociaux.

Désinformation, fake news et ingérences numériques sont déjà de la partie depuis longtemps, sur tous les types de médias (texte, audio, vidéo), mais l’IA générative est désormais utilisée comme amplificateur pour inonder les internautes sous des tonnes de contenus. C’était déjà le cas pour les élections municipales de mars 2026, ce le sera encore l’année prochaine pour les présidentielles dans un contexte géopolitique plus que compliqué.

melenchon2027.fr déclenche un faux positif à cause…

Ce ne sont pas les seules attaques. Les détournements de noms de domaine ou de sites sont des manœuvres qui existent depuis les débuts d’Internet quasiment, sans jamais s’éteindre. Preuve en est avec les présidentielles à venir.

Parfois, ce sont les algorithmes qui s’affolent. Un exemple récent pointé par Stéphane Bortzmeyer sur X, qui demande au réseau social pourquoi « le site de campagne de @JLMelenchon a été classé comme dangereux » ? Selon plusieurs internautes, un message d’alerte s’affichait aussi sur Chrome.

Il était possible d’accéder quand même au site, mais le message pouvait en refroidir plus d’un. « J’ai même lu le source du Javascript sur la page d’accueil de https://melenchon2027.fr 🙂 Rien trouvé de bizarre », affirme Stéphane Bortzmeyer. La situation est revenue à la normale en quelques heures.

… d’un « seul signalement par une seule boite »

Le site n’était pas malveillant, il a été identifié comme tel à tort, a priori par Fortinet. Cette entreprise est également pointée du doigt par un autre internaute, et un troisième avec une capture d’écran de VirusTotal en prime, montrant que seul Fortinet classe le site comme « malware », sans plus d’explication.


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« Merci, Anthropic, vraiment » : piraté, il découvre par mail que ses tokens Claude alimentent un marché parallèle

Anthropic a déconnecté de force un compte Claude compromis, après avoir détecté une vague de détournements de sessions authentifiées. Objectif : couper l'herbe sous le pied à des acteurs malveillants qui exploitent gratuitement l'accès payant d'utilisateurs légitimes.

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En Australie, le parlement est inondé de contenus erronés générés par IA

Made In AustralIA
En Australie, le parlement est inondé de contenus erronés générés par IA

Plusieurs documents soumis à l’actuel Parlement australien dans le cadre de ses enquêtes contiennent des éléments et des citations générées par IA. Le risque : que des représentants politiques appuient leurs décisions sur des éléments créés de toutes pièces par les chatbots génératifs.

Pour appuyer la fabrique de la loi, la plupart des parlements à travers la planète s’appuient sur des travaux d’enquête, auprès de citoyens comme d’experts. Mais comment s’assurer que ces processus fonctionnent bien, lorsqu’ils se retrouvent inondés de contenus générés par IA citant de fausses recherches et des universitaires inexistants ?

Telle est la question que soulève The Guardian Australia après avoir relevé de multiples « hallucinations » dues au recours à l’IA générative dans des travaux du Parlement australien. Dans certains cas, les membres des comités rédigeant les rapports supposés informer le travail réglementaire ont cité des références qui semblent réelles, mais qui n’existent pas.

Fausses références liées à de vrais universitaires

De la même manière que, dans d’autres domaines, des articles entièrement générés par IA se retrouvent attribués à de vrais journalistes, à leur corps défendant, certaines des références repérées par le Guardian lient des travaux inventés à de vrais universitaires.

Directement concernée, la psychologue et professeure associée à l’Université du Queensland, Dina Haslam qualifie la trouvaille d’ « inquiétante », précisément parce que ces faux sont crédibles. Elle décrit par ailleurs la « grande frustration » d’avoir investi temps, argent et expertise dans des « recherches rigoureuses », pour ensuite voir son nom et celui de ses équipes cités aux côtés de travaux inexistants.

Outre ce cas précis, The Guardian a constitué une base réunissant toutes les soumissions écrites envoyées au Parlement actuellement en exercice. Le journal a ensuite vérifié automatiquement chacune des citations en s’appuyant sur plusieurs bases de données académiques. Les références qui étaient les plus souvent pointées comme ne correspondant à aucun travail existant ont ensuite été vérifiées à la main. Ceci a permis au journal d’identifier au moins 39 textes à destination des représentants politiques contenant des références probablement hallucinées par des IA génératives.

Une autre méthode visant à estimer la prévalence du recours à de grands modèles de langage a donné des résultats plus importants. Le journal a notamment constaté que plus de 100 documents incluaient certains des tags ajoutés automatiquement aux urls par ChatGPT (de type ?utm_source=chatgpt.com) lorsque le chatbot fournit une source. Contactés, l’essentiel des autrices et auteurs de ces documents ont semblé découvrir la possibilité que les robots d’IA générative puissent générer de toutes pièces, et donc inventer, certaines des sources citées.

Quand les résumés IA de Google compliquent la vérification

Ce n’est pas la première fois que les décideurs australiens – comme ceux d’autres nationalités – ont maille à partir avec l’IA générative.

En 2025, Deloitte a dû rembourser une partie de la somme que l’État australien lui avait versée pour obtenir l’audit d’un système informatique dédié à l’automatisation des sanctions en cas d’irrespect des règles d’accès aux aides sociales. Son travail s’était avéré présenter de multiples erreurs et fausses citations scientifiques, typiques de ces textes générés par IA. Quelques mois plus tard, c’est le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, au Canada, qui a dû demander à la même entreprise de reprendre son travail après que celui-ci se soit avéré présenter des éléments – dont de supposées références scientifiques – générés par IA.

Dans le domaine juridique, plus de 2 000 cas de plaidoiries hallucinées par IA ont été identifiées par le juriste Damien Charlotin à travers le monde, quelquefois pour présenter un argumentaire, dans d’autres cas pour proposer des citations. Problème : dans ce second cas, les références ou jurisprudences énoncées n’existent quelquefois pas du tout. Dans plus de 350 cas, ces recours aux chatbots génératifs se sont soldés par des sanctions financières, plus 150 sanctions disciplinaires.

Mais pour le monde réglementaire comme pour le judiciaire, la multiplication de travaux en tout ou partie générés par IA vient compliquer la vérification des faits. Et ce d’autant plus qu’avec le déploiement généralisé des résumés IA dans Google, moteur de recherche le plus utilisé au monde, le chatbot Gemini tend à proposer des justifications ou à laisser entendre qu’une référence existe même si ce n’est pas le cas. Dans certaines occurrences, le Guardian relève la propension du robot à générer de faux résumés pour des travaux de recherche inexistants.

Dans la mesure où les enquêtes visent à éclairer les travaux parlementaires, le politologue Christian Downie estime que de nouvelles règles pourraient être nécessaires, pour encadrer la soumission de documentation aux régulateurs australiens. À défaut, le risque est de voir ces derniers prendre des décisions sur la base d’éléments générés automatiquement, sans lien avec le monde réel.

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En Australie, le parlement est inondé de contenus erronés générés par IA

Made In AustralIA
En Australie, le parlement est inondé de contenus erronés générés par IA

Plusieurs documents soumis à l’actuel Parlement australien dans le cadre de ses enquêtes contiennent des éléments et des citations générées par IA. Le risque : que des représentants politiques appuient leurs décisions sur des éléments créés de toutes pièces par les chatbots génératifs.

Pour appuyer la fabrique de la loi, la plupart des parlements à travers la planète s’appuient sur des travaux d’enquête, auprès de citoyens comme d’experts. Mais comment s’assurer que ces processus fonctionnent bien, lorsqu’ils se retrouvent inondés de contenus générés par IA citant de fausses recherches et des universitaires inexistants ?

Telle est la question que soulève The Guardian Australia après avoir relevé de multiples « hallucinations » dues au recours à l’IA générative dans des travaux du Parlement australien. Dans certains cas, les membres des comités rédigeant les rapports supposés informer le travail réglementaire ont cité des références qui semblent réelles, mais qui n’existent pas.

Fausses références liées à de vrais universitaires

De la même manière que, dans d’autres domaines, des articles entièrement générés par IA se retrouvent attribués à de vrais journalistes, à leur corps défendant, certaines des références repérées par le Guardian lient des travaux inventés à de vrais universitaires.

Directement concernée, la psychologue et professeure associée à l’Université du Queensland, Dina Haslam qualifie la trouvaille d’ « inquiétante », précisément parce que ces faux sont crédibles. Elle décrit par ailleurs la « grande frustration » d’avoir investi temps, argent et expertise dans des « recherches rigoureuses », pour ensuite voir son nom et celui de ses équipes cités aux côtés de travaux inexistants.

Outre ce cas précis, The Guardian a constitué une base réunissant toutes les soumissions écrites envoyées au Parlement actuellement en exercice. Le journal a ensuite vérifié automatiquement chacune des citations en s’appuyant sur plusieurs bases de données académiques. Les références qui étaient les plus souvent pointées comme ne correspondant à aucun travail existant ont ensuite été vérifiées à la main. Ceci a permis au journal d’identifier au moins 39 textes à destination des représentants politiques contenant des références probablement hallucinées par des IA génératives.

Une autre méthode visant à estimer la prévalence du recours à de grands modèles de langage a donné des résultats plus importants. Le journal a notamment constaté que plus de 100 documents incluaient certains des tags ajoutés automatiquement aux urls par ChatGPT (de type ?utm_source=chatgpt.com) lorsque le chatbot fournit une source. Contactés, l’essentiel des autrices et auteurs de ces documents ont semblé découvrir la possibilité que les robots d’IA générative puissent générer de toutes pièces, et donc inventer, certaines des sources citées.

Quand les résumés IA de Google compliquent la vérification

Ce n’est pas la première fois que les décideurs australiens – comme ceux d’autres nationalités – ont maille à partir avec l’IA générative.

En 2025, Deloitte a dû rembourser une partie de la somme que l’État australien lui avait versée pour obtenir l’audit d’un système informatique dédié à l’automatisation des sanctions en cas d’irrespect des règles d’accès aux aides sociales. Son travail s’était avéré présenter de multiples erreurs et fausses citations scientifiques, typiques de ces textes générés par IA. Quelques mois plus tard, c’est le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, au Canada, qui a dû demander à la même entreprise de reprendre son travail après que celui-ci se soit avéré présenter des éléments – dont de supposées références scientifiques – générés par IA.

Dans le domaine juridique, plus de 2 000 cas de plaidoiries hallucinées par IA ont été identifiées par le juriste Damien Charlotin à travers le monde, quelquefois pour présenter un argumentaire, dans d’autres cas pour proposer des citations. Problème : dans ce second cas, les références ou jurisprudences énoncées n’existent quelquefois pas du tout. Dans plus de 350 cas, ces recours aux chatbots génératifs se sont soldés par des sanctions financières, plus 150 sanctions disciplinaires.

Mais pour le monde réglementaire comme pour le judiciaire, la multiplication de travaux en tout ou partie générés par IA vient compliquer la vérification des faits. Et ce d’autant plus qu’avec le déploiement généralisé des résumés IA dans Google, moteur de recherche le plus utilisé au monde, le chatbot Gemini tend à proposer des justifications ou à laisser entendre qu’une référence existe même si ce n’est pas le cas. Dans certaines occurrences, le Guardian relève la propension du robot à générer de faux résumés pour des travaux de recherche inexistants.

Dans la mesure où les enquêtes visent à éclairer les travaux parlementaires, le politologue Christian Downie estime que de nouvelles règles pourraient être nécessaires, pour encadrer la soumission de documentation aux régulateurs australiens. À défaut, le risque est de voir ces derniers prendre des décisions sur la base d’éléments générés automatiquement, sans lien avec le monde réel.

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Les US désignent les hacktivistes d’Autistici/Inventati comme organisation terroriste

Hangers sitting dripped in oil crying freedom
Les US désignent les hacktivistes d’Autistici/Inventati comme organisation terroriste

Le collectif hacktiviste d’origine italienne Autistici/Inventati, qui fournit des services alternatifs d’hébergement et de messagerie, vient d’être désigné comme « organisation terroriste » par les États-Unis. Suivie du blocage de son nom de domaine en .org, la mesure vise à couper les moyens d’une initiative accusée d’outiller les mouvements d’ultragauche. Le collectif dénonce une attaque contre la liberté d’expression et assure qu’il ne se laissera pas faire.

Pour la première fois, les États-Unis assimilent une infrastructure numérique à une action terroriste. L’administration Trump vient en effet de classer le mouvement d’origine italienne Autistici/Inventati parmi les « organisations terroristes mondiales spécialement désignées » (on parle de SDGT, pour specially designated global terrorist).

Elle lui reproche d’héberger 16 000 boîtes mail, 1 500 sites et 10 000 blogs sur une plateforme devenue le « nœud clé d’une campagne transnationale menée par des réseaux d’extrême gauche violents et criminels visant à déstabiliser les États-Unis et leurs partenaires en Europe, dans l’hémisphère occidental et au-delà ».

Une sanction aux répercussions immédiates

L’action a été décrétée conjointement par le département d’État (l’équivalent du ministère des Affaires étrangères) dirigé par Marco Rubio et par le département du Trésor le 26 août.

Elle s’appuie sur le fondement juridique du décret exécutif 13 224 émis par George W. Bush suite aux attaques du 11 septembre 2001 qui dote l’administration états-unienne de pouvoirs de sanctions contre les organisations ou les personnes accusées d’avoir fourni des ressources ou des services ayant contribué à un acte de terrorisme. « Cette désignation s’inscrit dans le cadre d’un effort plus vaste du gouvernement américain visant à lutter contre la menace du terrorisme transnational d’extrême gauche », décrit le département d’État.

D’après ce même département d’État, Autistici/Inventati fournit son infrastructure à des « cellules violentes d’Antifa et d’autres militants d’extrême gauche à travers le monde », et permet à ces dernières d’opérer sous les radars légaux :

« Ces outils sont spécifiquement conçus pour soutenir les opérations des réseaux terroristes d’extrême gauche, construits pour leur permettre de s’organiser, de recruter, de communiquer, de diffuser de la propagande, de partager des informations et des tactiques sur les cibles, et de mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables et hors de portée de la loi. »

La désignation d’Autistici/Inventati comme membre de cette liste noire entraîne le blocage de toutes les ressources dont pourrait disposer le collectif aux États-Unis. Du côté du Trésor, cette qualification en tant que SDGT déclenche une sanction prononcée par l’OFAC (Office of Foreign Assets Control), qui interdit toute relation commerciale avec l’entité désignée. Une licence générale (PDF) en précise les modalités : elle autorise une fenêtre de wind down (liquidation) jusqu’au 25 septembre 2026, date à laquelle les banques, hébergeurs, prestataires ou opérateurs financiers devront avoir totalement coupé les ponts avec Autistici/Inventati.

La mesure a entraîné deux répercussions rapides. Le 28 août, Autistici/Inventati a en effet constaté le blocage de son compte PayPal, utilisé notamment pour recueillir les dons qui financent ses activités, puis la suspension du nom de domaine de l’un de ses sites web, autistici.org. Une analyse technique indépendante confirme que ce blocage a été réalisé au niveau du registre PIR qui gère le .org. Le site en question (hébergé par Open Networks Association en Suisse) n’a donc pas été saisi, et reste accessible au prix de quelques manipulations techniques. Les mails fournis en @autistici.org sont quant à eux inopérants.

Autistici/Inventati conserve par ailleurs l’essentiel de sa présence en ligne, à commencer par son autre domaine principal, inventati.org, et sa plateforme noblogs.org. Le mouvement craint cependant que les sanctions états-uniennes aient un impact plus sérieux sur ses activités.

Sur son blog collectif, il indique ainsi avoir été averti par sa banque italienne, Banca Etica, que celle-ci allait cesser de lui prodiguer des services financiers. « Il s’agit d’une étape importante, car elle montre comment une décision prise par une autorité américaine peut avoir des conséquences concrètes, y compris sur les relations financières d’une organisation italienne, qui a jugé trop risqué de maintenir ses relations avec A/I », remarque le collectif.

« anti-fascism, anti-racism, anti-sexism, anti-militarism »

Autistici/Inventati résume sa raison d’être dans un manifeste écrit en 2002. Le collectif revendique une idéologie « anti-fascisme, anti-racisme, anti-sexisme, anti-militarisme », et affirme que sa mission consiste à mettre des outils de communication alternatifs (comprendre, non commerciaux) à destination de tous ceux qui partagent ses idées, et luttent pour les défendre.

Ses services comprennent notamment une messagerie (boîte mail), un outil de gestion de listes de diffusion et newsletters, des canaux de messagerie instantanée, de l’hébergement, des outils dédiés à l’anonymat et la plateforme de blogs noblogs.org, notoirement utilisée par des collectifs antifascistes (notamment français).

Partisan d’un « activisme radical », A/I assume de réserver ses services « exclusivement aux personnes ou aux groupes avec lesquels nous ressentons une affinité » :

« Nous sommes un collectif de militants numériques, d’antifascistes et d’anticapitalistes. Nous croyons en une technologie qui n’est pas un carcan mais un outil de libération. Où les courriels restent des lettres confidentielles, et non des fichiers ouverts. Où l’hébergement n’est pas une prison mais un refuge pour les idées dérangeantes, pour les débats que le marché refuse d’acheter et que l’État refuse de museler. »

Des canaux utilisés pour préparer des actions terroristes

Bien qu’A/I se contente de fournir des outils techniques, l’administration Trump estime que son action participe directement de celles de groupuscules extrémistes relevant du terrorisme.

Le département d’État affirme ainsi que les cellules anarchistes ayant saboté les réseaux ferroviaires en France, Italie, Allemagne et Pays-Bas en 2026 utilisaient A/I pour revendiquer leurs attaques. Il accuse également A/I d’avoir fourni des services au collectif Rose City Antifa, dans l’Oregon, lequel aurait attaqué des hélicoptères des douanes, et diffusé des appels à attaquer les agents de l’ICE, la tristement célèbre police de l’immigration, accompagnés d’informations personnelles.

Il décrit également comment un « groupe médiatique d’extrême gauche », cité dans une enquête fédérale pour terrorisme, utiliserait les outils d’A/I pour diffuser des appels à l’action en faveur d’organisations déjà désignées comme terroristes par les États-Unis, parmi lesquelles le Hamas, le Hezbollah ou le Front populaire de libération de la Palestine :

« Bon nombre de ces groupes se sont appuyés sur l’infrastructure numérique du collectif A/I pour planifier ou inciter à des attaques violentes, recruter d’autres personnes pour se livrer à des activités criminelles, publier des communiqués officiels d’organisations terroristes étrangères désignées par les États-Unis et diffuser des cartes d’infrastructures critiques, ainsi que des instructions pour la fabrication d’engins explosifs improvisés et incendiaires – le tout acheminé via un réseau de serveurs étrangers destiné à dissimuler les activités criminelles aux forces de l’ordre. »

D’autres apportent un constat plus nuancé. « Certains des sites NoBlogs les plus connus appartiennent à des chercheurs qui se consacrent exclusivement à documenter la haine et la radicalisation d’extrême droite, sans jamais agir concrètement, se contentant de révéler la réalité », remarque par exemple le compte d’un de ces collectifs de recherche.

De son côté, A/I dénonce le caractère arbitraire de la décision, et l’assimile à une forme de censure à laquelle, justement, le collectif se refuse. « Nous ne censurons pas les contenus à l’avance. Si la loi nous oblige à retirer un contenu, nous le faisons, puis nous nous battons pour le remettre en ligne. Notre limite, c’est la loi ; notre boussole, c’est la liberté », défend-il dans un appel à soutien.

A/I lance un appel à soutien – capture d’écran Next

Medium contre message

Il soulève dans le même temps la question de fond posée par cette sanction états-unienne :

« Ce cas est intéressant car il déplace l’attention de la responsabilité de ceux qui commettent une action vers celle des fournisseurs d’infrastructures permettant la communication, l’organisation ou la publication de contenu.

La question ne concerne pas uniquement A/I. Le même principe pourrait, en théorie, s’appliquer aux fournisseurs de messagerie électronique, aux services cloud, aux hébergeurs, aux plateformes de messagerie, aux systèmes de paiement ou aux bureaux d’enregistrement de noms de domaine. Il s’agit de déterminer à quel moment la fourniture d’un service à usage général devient, au regard des lois applicables, un « soutien matériel » à une organisation terroriste. »

La question interpelle également l’Electronic Frontier Foundation (EFF) qui voit dans cette sanction une menace plus large que le simple cas d’A/I. « Ils s’en prennent au messager, déclare à The Intercept Jillian York, directrice de la liberté d’expression internationale au sein de l’EFF. Je ne pense pas que les membres du groupe cautionnent nécessairement les agissements des personnes qu’ils ont hébergées. Ce qu’ils cautionnent, c’est la liberté d’héberger, la possibilité de rester anonyme et de préserver sa vie privée. »

Autistici/Inventati nie de son côté « toutes les allégations » de l’administration Trump et clame son intention de résister.

« Nous ne reculerons pas. Nous continuerons à œuvrer comme nous l’avons fait depuis des années et nous mettrons tout en œuvre pour contrer les fausses allégations d’un gouvernement aux abois politiquement, dont le seul but est de détourner l’attention du public et des médias de ses propres actes de violence et de bellicisme.

L’antifascisme et l’anticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester n’est pas du terrorisme. Et chacun a le droit de s’exprimer et de lutter pour l’humanité. »

En France, Framasoft et la Quadrature du Net ont signé et relayé la lettre ouverte initialement publiée par Sabot Media qui appelle à la révocation de cette classification, ainsi qu’à une distinction claire entre la fourniture d’infrastructure de communication et la direction des agissements de ses utilisateurs et utilisatrices.

« Nous n’attendons pas de chaque signataire qu’il ou elle cautionne toute publication ou position politique d’A/I, ou de ses utilisateurs et utilisatrices. Nous attendons des signataires qu’ils et elles défendent une distinction structurelle : l’infrastructure de communication n’est pas la même chose que les discours ou agissements qui transitent à travers elle », écrivent les signataires.

Liberté d’expression : nouvelle offensive US contre les règles européennes de modération


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Les US désignent les hacktivistes d’Autistici/Inventati comme organisation terroriste

Hangers sitting dripped in oil crying freedom
Les US désignent les hacktivistes d’Autistici/Inventati comme organisation terroriste

Le collectif hacktiviste d’origine italienne Autistici/Inventati, qui fournit des services alternatifs d’hébergement et de messagerie, vient d’être désigné comme « organisation terroriste » par les États-Unis. Suivie du blocage de son nom de domaine en .org, la mesure vise à couper les moyens d’une initiative accusée d’outiller les mouvements d’ultragauche. Le collectif dénonce une attaque contre la liberté d’expression et assure qu’il ne se laissera pas faire.

Pour la première fois, les États-Unis assimilent une infrastructure numérique à une action terroriste. L’administration Trump vient en effet de classer le mouvement d’origine italienne Autistici/Inventati parmi les « organisations terroristes mondiales spécialement désignées » (on parle de SDGT, pour specially designated global terrorist).

Elle lui reproche d’héberger 16 000 boîtes mail, 1 500 sites et 10 000 blogs sur une plateforme devenue le « nœud clé d’une campagne transnationale menée par des réseaux d’extrême gauche violents et criminels visant à déstabiliser les États-Unis et leurs partenaires en Europe, dans l’hémisphère occidental et au-delà ».

Une sanction aux répercussions immédiates

L’action a été décrétée conjointement par le département d’État (l’équivalent du ministère des Affaires étrangères) dirigé par Marco Rubio et par le département du Trésor le 26 août.

Elle s’appuie sur le fondement juridique du décret exécutif 13 224 émis par George W. Bush suite aux attaques du 11 septembre 2001 qui dote l’administration états-unienne de pouvoirs de sanctions contre les organisations ou les personnes accusées d’avoir fourni des ressources ou des services ayant contribué à un acte de terrorisme. « Cette désignation s’inscrit dans le cadre d’un effort plus vaste du gouvernement américain visant à lutter contre la menace du terrorisme transnational d’extrême gauche », décrit le département d’État.

D’après ce même département d’État, Autistici/Inventati fournit son infrastructure à des « cellules violentes d’Antifa et d’autres militants d’extrême gauche à travers le monde », et permet à ces dernières d’opérer sous les radars légaux :

« Ces outils sont spécifiquement conçus pour soutenir les opérations des réseaux terroristes d’extrême gauche, construits pour leur permettre de s’organiser, de recruter, de communiquer, de diffuser de la propagande, de partager des informations et des tactiques sur les cibles, et de mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables et hors de portée de la loi. »

La désignation d’Autistici/Inventati comme membre de cette liste noire entraîne le blocage de toutes les ressources dont pourrait disposer le collectif aux États-Unis. Du côté du Trésor, cette qualification en tant que SDGT déclenche une sanction prononcée par l’OFAC (Office of Foreign Assets Control), qui interdit toute relation commerciale avec l’entité désignée. Une licence générale (PDF) en précise les modalités : elle autorise une fenêtre de wind down (liquidation) jusqu’au 25 septembre 2026, date à laquelle les banques, hébergeurs, prestataires ou opérateurs financiers devront avoir totalement coupé les ponts avec Autistici/Inventati.

La mesure a entraîné deux répercussions rapides. Le 28 août, Autistici/Inventati a en effet constaté le blocage de son compte PayPal, utilisé notamment pour recueillir les dons qui financent ses activités, puis la suspension du nom de domaine de l’un de ses sites web, autistici.org. Une analyse technique indépendante confirme que ce blocage a été réalisé au niveau du registre PIR qui gère le .org. Le site en question (hébergé par Open Networks Association en Suisse) n’a donc pas été saisi, et reste accessible au prix de quelques manipulations techniques. Les mails fournis en @autistici.org sont quant à eux inopérants.

Autistici/Inventati conserve par ailleurs l’essentiel de sa présence en ligne, à commencer par son autre domaine principal, inventati.org, et sa plateforme noblogs.org. Le mouvement craint cependant que les sanctions états-uniennes aient un impact plus sérieux sur ses activités.

Sur son blog collectif, il indique ainsi avoir été averti par sa banque italienne, Banca Etica, que celle-ci allait cesser de lui prodiguer des services financiers. « Il s’agit d’une étape importante, car elle montre comment une décision prise par une autorité américaine peut avoir des conséquences concrètes, y compris sur les relations financières d’une organisation italienne, qui a jugé trop risqué de maintenir ses relations avec A/I », remarque le collectif.

« anti-fascism, anti-racism, anti-sexism, anti-militarism »

Autistici/Inventati résume sa raison d’être dans un manifeste écrit en 2002. Le collectif revendique une idéologie « anti-fascisme, anti-racisme, anti-sexisme, anti-militarisme », et affirme que sa mission consiste à mettre des outils de communication alternatifs (comprendre, non commerciaux) à destination de tous ceux qui partagent ses idées, et luttent pour les défendre.

Ses services comprennent notamment une messagerie (boîte mail), un outil de gestion de listes de diffusion et newsletters, des canaux de messagerie instantanée, de l’hébergement, des outils dédiés à l’anonymat et la plateforme de blogs noblogs.org, notoirement utilisée par des collectifs antifascistes (notamment français).

Partisan d’un « activisme radical », A/I assume de réserver ses services « exclusivement aux personnes ou aux groupes avec lesquels nous ressentons une affinité » :

« Nous sommes un collectif de militants numériques, d’antifascistes et d’anticapitalistes. Nous croyons en une technologie qui n’est pas un carcan mais un outil de libération. Où les courriels restent des lettres confidentielles, et non des fichiers ouverts. Où l’hébergement n’est pas une prison mais un refuge pour les idées dérangeantes, pour les débats que le marché refuse d’acheter et que l’État refuse de museler. »

Des canaux utilisés pour préparer des actions terroristes

Bien qu’A/I se contente de fournir des outils techniques, l’administration Trump estime que son action participe directement de celles de groupuscules extrémistes relevant du terrorisme.

Le département d’État affirme ainsi que les cellules anarchistes ayant saboté les réseaux ferroviaires en France, Italie, Allemagne et Pays-Bas en 2026 utilisaient A/I pour revendiquer leurs attaques. Il accuse également A/I d’avoir fourni des services au collectif Rose City Antifa, dans l’Oregon, lequel aurait attaqué des hélicoptères des douanes, et diffusé des appels à attaquer les agents de l’ICE, la tristement célèbre police de l’immigration, accompagnés d’informations personnelles.

Il décrit également comment un « groupe médiatique d’extrême gauche », cité dans une enquête fédérale pour terrorisme, utiliserait les outils d’A/I pour diffuser des appels à l’action en faveur d’organisations déjà désignées comme terroristes par les États-Unis, parmi lesquelles le Hamas, le Hezbollah ou le Front populaire de libération de la Palestine :

« Bon nombre de ces groupes se sont appuyés sur l’infrastructure numérique du collectif A/I pour planifier ou inciter à des attaques violentes, recruter d’autres personnes pour se livrer à des activités criminelles, publier des communiqués officiels d’organisations terroristes étrangères désignées par les États-Unis et diffuser des cartes d’infrastructures critiques, ainsi que des instructions pour la fabrication d’engins explosifs improvisés et incendiaires – le tout acheminé via un réseau de serveurs étrangers destiné à dissimuler les activités criminelles aux forces de l’ordre. »

D’autres apportent un constat plus nuancé. « Certains des sites NoBlogs les plus connus appartiennent à des chercheurs qui se consacrent exclusivement à documenter la haine et la radicalisation d’extrême droite, sans jamais agir concrètement, se contentant de révéler la réalité », remarque par exemple le compte d’un de ces collectifs de recherche.

De son côté, A/I dénonce le caractère arbitraire de la décision, et l’assimile à une forme de censure à laquelle, justement, le collectif se refuse. « Nous ne censurons pas les contenus à l’avance. Si la loi nous oblige à retirer un contenu, nous le faisons, puis nous nous battons pour le remettre en ligne. Notre limite, c’est la loi ; notre boussole, c’est la liberté », défend-il dans un appel à soutien.

A/I lance un appel à soutien – capture d’écran Next

Medium contre message

Il soulève dans le même temps la question de fond posée par cette sanction états-unienne :

« Ce cas est intéressant car il déplace l’attention de la responsabilité de ceux qui commettent une action vers celle des fournisseurs d’infrastructures permettant la communication, l’organisation ou la publication de contenu.

La question ne concerne pas uniquement A/I. Le même principe pourrait, en théorie, s’appliquer aux fournisseurs de messagerie électronique, aux services cloud, aux hébergeurs, aux plateformes de messagerie, aux systèmes de paiement ou aux bureaux d’enregistrement de noms de domaine. Il s’agit de déterminer à quel moment la fourniture d’un service à usage général devient, au regard des lois applicables, un « soutien matériel » à une organisation terroriste. »

La question interpelle également l’Electronic Frontier Foundation (EFF) qui voit dans cette sanction une menace plus large que le simple cas d’A/I. « Ils s’en prennent au messager, déclare à The Intercept Jillian York, directrice de la liberté d’expression internationale au sein de l’EFF. Je ne pense pas que les membres du groupe cautionnent nécessairement les agissements des personnes qu’ils ont hébergées. Ce qu’ils cautionnent, c’est la liberté d’héberger, la possibilité de rester anonyme et de préserver sa vie privée. »

Autistici/Inventati nie de son côté « toutes les allégations » de l’administration Trump et clame son intention de résister.

« Nous ne reculerons pas. Nous continuerons à œuvrer comme nous l’avons fait depuis des années et nous mettrons tout en œuvre pour contrer les fausses allégations d’un gouvernement aux abois politiquement, dont le seul but est de détourner l’attention du public et des médias de ses propres actes de violence et de bellicisme.

L’antifascisme et l’anticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester n’est pas du terrorisme. Et chacun a le droit de s’exprimer et de lutter pour l’humanité. »

En France, Framasoft et la Quadrature du Net ont signé et relayé la lettre ouverte initialement publiée par Sabot Media qui appelle à la révocation de cette classification, ainsi qu’à une distinction claire entre la fourniture d’infrastructure de communication et la direction des agissements de ses utilisateurs et utilisatrices.

« Nous n’attendons pas de chaque signataire qu’il ou elle cautionne toute publication ou position politique d’A/I, ou de ses utilisateurs et utilisatrices. Nous attendons des signataires qu’ils et elles défendent une distinction structurelle : l’infrastructure de communication n’est pas la même chose que les discours ou agissements qui transitent à travers elle », écrivent les signataires.

Liberté d’expression : nouvelle offensive US contre les règles européennes de modération


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