Atari VCS : fin de partie pour la boutique logicielle

L’Atari VCS vous vous souvenez ? La console a fini par sortir après des aventures et des délais abracadabrants. Avec elle, un service en ligne qui permettait de télécharger des jeux et des logiciels pour la console. Une majorité de titres très très rétros mais tout un univers dédié à l’objet.

Atari annonce qu’il fermera son serveur le 31 janvier 2027, date à laquelle la console n’aura plus la possibilité de profiter de ce service. Tous les titres achetés avant la date fatidique seront jouables après la fin du service. Cette date s’explique sans doute par la fin de garantie de la console puisque ses dernières ventes en direct se sont arrêtées en 2025.
La marque insiste sur un détail important, d’ici la fin de service, une mise à jour du système devrait ouvrir celui-ci à d’autres solutions d’importation logicielles. En offrant cette possibilité d’ajouter manuellement des titres à ses clients, Atari rend la disparition du service moins douloureuse. Même si cela implique de mettre les mains dans le cambouis logiciel pour y parvenir. Les développeurs tiers seront également invités à proposer des titres directement pour la console. Un Kit de développement permettra de piloter la console plus facilement.

La console Atari VCS
Il va sans dire qu’un particulier lambda qui aurait un problème logiciel et qui réinstallerait la console de A à Z dès le premier février prochain serait sans doute un peu perdu. Il ne pourrait pas retrouver ses applications et ses jeux en ligne et devrait donc réinstaller la console à la main. Il pourrait également réinstaller un système Linux indépendant. Ce qui serait sans doute la meilleure solution. La VCS propose en effet un processeur AMD Ryzen R1606G, de 4 à 8 Go de mémoire vive et, au minimum, 32 Go de stockage eMMC extensibles avec un port M.2 2280 SATA.
L’OS de la console est protégé, il s’agit d’une distribution Linux spécifique. Il est également possible de forcer la console en mode PC pour installer le système de son choix du moment qu’il propose une compatibilité Secure boot. Beaucoup d’utilisateurs ont donc basculé d’office la VCS vers un Windows ou une solution comme un Ubuntu classique.

Mes prévisions pour la VCS n’étaient pas exactes.
En 2018 je sortais ma boule de cristal pour prévoir l’avenir de la VCS et je me suis trompé. J’envisageais l’avenir de la console comme ceci.
D’abord une fin de financement participatif qui permettrait de proposer la console avec des moyens un peu moins vagues. Ça, j’ai eu bon même s’il a fallu des trimestres supplémentaires pour que la marque se rende compte que ce qu’elle voulait intégrer comme matériel dans son boîtier était totalement dépassé. Un développement d’un OS basé sur Debian débuterait en même temps pour proposer une interface adaptée à l’usage à la manette. Une série de titres rétro sera testée et implantée et les consoles seront distribuées.
Fort peu de jeux tiers seront proposés parce que chat échaudé craint l’eau froide et le système apparaitra donc pour ce qu’il est, un engin dépassé dès sa sortie. Parfait pour les nostalgiques mais difficilement justifiable face à un MiniPC standard de l’époque moins cher et plus rapide. Pour tout cela, j’ai eu bon.

Mais je pensais à un scénario de fin à la manière de la console Ouya. La revente du concept à une entreprise tierce pour une exploitation à long terme de l’objet pour porter des jeux en ligne bourrés de pub ou invitant à dépenser son argent comme il en existe beaucoup en Chine. Là-dessus, je me suis trompé. La différence entre la console Ouya qui a terminé sa carrière de cette manière, et la console Atari VCS dont on débranche simplement le serveur, c’est que la première s’est bien vendue.
On estime les ventes de la Ouya à 200 000 unités au total. La console Atari VCS n’a pas donné de chiffres de ventes exacts, mais la production tournerait plutôt autour des 10 000 unités selon les analystes.
On comprend alors que personne ne soit réellement intéressé par la population que cela représente. Et que les ventes générées par la boutique en ligne d’applications sont trop faibles pour que le serveur soit rentable. Quand on a déjà les 100 grands classiques de la console par défaut, les achats de jeux supplémentaires ne sont pas forcément une priorité. Les performances financières du projet se sont donc rapidement étouffées. La console a généré 2.44 millions de dolalrs en tout en 2021 avant de s’écrouler à 212 000 dollars dès 2022.
Sans mise à jour matérielle et un simple ajout de jeux Atari 7800 vendus à 3$ pièce en 2022, on imagine que le chiffre d’affaires de la console n’est plus très glorieux en 2026. Depuis la sortie de la console, la direction du groupe a changé. Ce n’est plus le bébé des équipes. Atari tire donc la prise du serveur et pousse sa VCS au placard.
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