Vue lecture

Elegoo H1 HT : un sécheur de filament haute température

Le sécheur de filament Elegoo H1 HT est annoncé et coûte 70 €. Il permet de sécher tout type de filament avec une chambre capable de grimper à 85°C dans un encombrement réduit. Bon, en ce moment, il suffit de laisser sa bobine de filament derrière une fenêtre pour avoir le même résultat. 

Je plaisante, ne faites pas ça, laisser ses bobines derrière une fenêtre en plein soleil, c’est un très bon moyen de les détériorer. Le gros intérêt d’un appareil comme le Elegoo H1 HT c’est qu’il permet de sécher uniformément votre bobine de filament dans un encombrement réduit. L’autre point fort, c’est de le faire simplement et de profiter d’un filament prêt à l’emploi et de le positionner juste à côté de votre imprimante. Un modèle signé Elegoo ou non, évidemment.

Elegoo H1 HT

Le dispositif propose de réduire l’humidité de vos bobines de tous types. L’opération est très simple, il suffit de choisir l’un des 11 préréglages proposés pour les différents filaments du marché : PLA, PETG, TPU, ABS, et autres. Ou d’appliquer votre réglage sur mesure avec les options de customisation. Il est en effet possible de changer toutes les variables de température et de temps pour adapter le programme à vos besoins précis.

Tout cela passe par un menu à l’écran qui permet de choisir facilement vos réglages. L’écran couleur tactile mesure 3.5″ de diagonale, il indique l’état de votre séchage et les réglages disponibles. Attention, celui-ci n’est disponible qu’en chinois et en anglais. Point de Molière dans cette affaire, mais les indications ne sont pas bien compliquées et les températures sont indiquées en degrés Celsius.

Un des gros points forts de ce modèle est sa capacité à monter à 85°C, ce qui permet de sécher correctement quelques matériaux spécifiques comme les nylons et les polycarbonates. Certains TPU et autres matériaux enrichis en fibres de carbone peuvent également en tirer parti. Si vous n’imprimez qu’en PLA, un sécheur à moins de 50€ comme ceux présentés en bas du billet suffira.

L’usage consiste donc à ouvrir l’appareil, à positionner sa bobine dans l’appareil et à choisir le programme avant de refermer le capot. Le Elegoo H1 HT se met alors en marche, chauffe et fait tourner le filament sur lui-même comme une grande roue de touristes en pleine canicule pour réchauffer le matériau uniformément. La température et la durée de l’opération sont automatiques suivant le réglage choisi. L’humidité est évacuée automatiquement.

En phase de production, il est possible de glisser directement le filament dans un trou permettant l’alimentation de l’imprimante 3D. Dans ce mode, le sécheur de filament va jouer le rôle de distributeur et alimenter directement votre machine.

Pourquoi un appareil comme le Elegoo H1 HT est utile ?

Vous vous posez peut-être la question de l’utilité d’un appareil de ce type. La réponse est assez simple. Les bobines de matériaux d’impression 3D subissent une détérioration dans le temps. Plus ils sont humides, moins le résultat d’impression est bon. Suivant les matériaux, le résultat peut être variable. Cela va de la génération de petites bulles en sortie de buse de votre imprimante à l’apparition de fils sur les objets imprimés (Stringing).

Comme une sorte de toile d’araignée qui apparait entre les cloisons de vos productions. Pour d’autres matériaux, cela peut rendre les filaments cassants ou empêcher une bonne adhérence. Enfin, une bobine vraiment humide produit des objets cassant en réduisant l’adhérence des couches de matière entre elles. Si les bobines sont toutes livrées avec un petit sachet de silicate, c’est bien pour éviter que l’humidité ne s’en prenne aux matériaux.

En règle générale, il est bon de conserver ses bobines de filament dans une boîte hermétique et de jeter au fond quelques sachets de silicate. Cela permet d’éviter qu’ils se gorgent d’humidité entre deux impressions. Il est également possible, si vous avez une imprimante « fermée », de faire un programme de séchage consistant à mettre le plateau en chauffe à 60°C pendant une bonne demi-heure sur chaque côté de la bobine. Évidemment, ce n’est pas optimal mais ce sera mieux que rien si vos impressions sont problématiques.

Si votre imprimante 3D est stockée dans un espace humide ou simplement pas isolé comme un grenier, un garage ou un atelier, le risque que le taux d’humidité soit  élevé est plus que probable. Même si ce n’est pas le cas toute la journée, il suffit d’un peu de rosée le matin pour que les matériaux l’absorbent. L’usage d’un stockage hermétique est donc plus que nécessaire et celui d’un séchoir à filament comme le Elegoo H1 HT peut être fort utile.

Les spécifications du Elegoo H1 HT

L’appareil se branche sur du 220 V classique et consomme 150 watts maximum  à l’usage. Il mesure 28 cm de haut, 25.6 cm de profondeur et 12.6 cm de large. Il pèse 2.26 Kg et peut donc être placé sur une étagère et fonctionner dans des plages de températures allant de 5 à 40°C. La chambre interne accepte des bobines de toutes marques, sans distinction, du moment qu’elles mesurent entre 5 et 6.8 cm de large pour un diamètre de 19.7 à 20.2 cm. Ce qui correspond à la majorité des bobines du marché. Le passage de filament accepte jusqu’à 1.75 mm.

Petit détail important, l’appareil n’est pas spécialement discret. Si vous lancez un programme de séchage, vous allez l’entendre. Entre la rotation de la bobine et la ventilation, l’ensemble fait 38 dB. ce qui, dans un bureau ou une pièce à vivre, s’entendra forcément. À privilégier dans un espace séparé donc, ou à utiliser dans une plage horaire où vous êtes absent. Sachant que suivant les programmes de déshumidification choisis, la durée varie de 0.5 à 12 heures…

Pour conclure sur ce type d’appareil, ce n’est absolument pas indispensable et si vous imprimez beaucoup et que vos bobines fondent dans le temps comme un cornet de glace à l’italienne en pleine canicule, alors vous n’en aurez probablement pas besoin. Mais si vous avez un joli panel de couleurs et des bobines de filament spécialisées que vous n’utilisez que ponctuellement, l’investissement vaut le coup. Certaines bobines peuvent coûter une fortune, un mix de 5 couleurs de PLA classique va rapidement coûter le prix de l’appareil. Une bobine de filament ignifuge en polycarbonate, par exemple, dépasse souvent les 40-45€… Si vous n’en pouvez plus de voir vos impressions se transformer en nid d’araignée tant elles sont parcourues de petits fils dans tous les sens, ce type d’investissement n’est pas inutile.

Dernier détail, la marque annonce l’Elegoo H1 HT aujourd’hui, mais l’appareil n’est pas encore disponible. Il est en précommande sur le site Elegoo France à 70€ avec une date d’expédition le 20 août. Si vous le commandez maintenant, il ne sera pas disponible avant la fin du mois prochain, donc. Pour commencer une nouvelle année scolaire d’impression 3D. L’expédition aura lieu depuis un entrepôt européen et aucun frais de port n’est demandé.

Voir l’offre sur Elegoo France

A noter qu’il existe pas mal de concurrents à ce produit sur le marché à différents prix.

Creality propose le Space Pi à 69€, Sunlu a plusieurs modèles moins chers comme le S1 à 45€ et le S2 à 55€. Creality présente également un SpacePi X4L  pour sécher 4 bobines en promo à 83€ avec une case à cocher. Plein de modèles différents sont disponibles, tous ne permettent pas de sécher aussi bien que le Elegoo qui monte plus haut en température et tous ne font pas sécher de manière uniforme en faisant tourner le matériau sur lui-même. Il faut passer l’offre à la loupe suivant vos besoins.

Elegoo H1 HT : un sécheur de filament haute température © MiniMachines.net. 2026

  •  

Un Homelab entièrement intégré dans des Switchs Linksys des années 2000

Les Switchs Linksys « WRT54G » ont un design assez fort, si vous en avez déjà croisé, la vignette de ce billet vous aura immédiatement rappelé un souvenir. Avec leur coque bleu nuit et leur façade illuminée de LEDs fort lumineuses, ils ont trôné dans pas mal d’environnements dans les années 2000. À une époque, il était impossible de ne pas croiser régulièrement ces WRT54G, de véritables stars des bureaux.

Et Justin a une certaine nostalgie de ces WRT54G, je devrais même dire qu’il a envers cet objet une véritable affection. Assez forte pour le pousser à intégrer dans différents Switchs un Homelab. Il faut dire que les boîtiers sont robustes, ils peuvent être empilés les uns sur les autres puisqu’ils ont été prévus pour ça et qu’ils sont proposés fort peu cher d’occasion. Leur succès commercial s’est également accompagné d’une exploration technique. Des firmwares alternatifs sont nés autour de ces modèles – le célèbre firmware Tomato par exemple – qui ont prolongé largement leur existence. 

WRT54G

Mais l’obsolescence de ces outils a fini par les rattraper. Notamment parce que les débits proposés ne concordent plus vraiment avec les matériels d’aujourd’hui. Le  WRT54G reste coincé avec des ports Ethernet 10/100 et un Wi-Fi 3 bloqué sur un débit de 54 MBit/s dans le meilleur des cas. Petit à petit, ils ont donc pris la poussière ou la direction des petites annonces. LeBonCoin et Ebay regorgent de ces appareils increvables. On peut trouver des switchs Linksys WRT54G pour 5€ en parfait état. Ce qui est moins cher qu’une boite en plastique vide de même taille pour accueillir un montage électronique. Justin a donc décidé d’en faire la brique de construction de son serveur maison et a empilé différents modèles de cet appareil pour aménager celui-ci.

La tour WRT54G infernale

La tour WRT54G infernale

La liste des modifications réalisées est assez impressionnante. Le serveur est ainsi composé de deux Raspberry Pi 5, deux Raspberry Pi 4, un MiniPC GMKtec M6 Mini couplé à une carte graphique Asus GeForce RT 2060. Le tout est configuré autour d’un switch qui réunit ces différents éléments dans un même et unique Homelab.

L’idée est d’obtenir un serveur capable de différentes tâches, principalement faire tourner Kubernetes sous Talos Linux. C’est cet usage qui a poussé Justin a  renommer son serveur « wrtK8s » puisqu’il reprend l’esthétique des WRT54G d’un côté et le surnom « K8s » de Kubernetes. La méthode employée pour détourner les routeurs est dévoilée dans la vidéo au début du billet. L’idée est de faire rentrer le matériel choisi dans chaque switch mais également de recycler les boutons et les LEDs pour refléter l’activité des composants. Cela donne une « tour » assez originale.

En bas, un switch PoE construit autour d’une solution moderne TP-Link LS108P simplement détournée avec une nouvelle coque imprimée en 3D. Ce switch fera le travail de communication entre tous les éléments.

Suivent deux étages composés des quatre Raspberry Pi. Chaque étage propose une plaque imprimée en 3D qui va accueillir les Pi, l’arrière est découpé à la Dremel et une pièce imprimée en 3D vient reprendre un peu l’esthétique générale. Les quatre Pi sont alimentées en PoE par le switch de base au travers d’extensions type HAT classiques. Les LEDs en façade des switchs d’origine sont remplacées par de nouvelles pilotées par les Pi. Les cartes MicroSDXC sont également déplacées vers l’arrière avec des extensions pour plus de facilité d’usage.

Suit un MiniPC intégré dans un Linksys WCG200, un routeur plus épais que les autres qui va servir de fondation à l’intégration d’un GMKtec M6 Mini sous Ryzen 5 6600H. L’intégration est ici un peu moins spectaculaire avec des moyens détournés assez amusants.

Les LEDs témoins d’activité ne sont pas reprises, ce qui est évidemment dommage. Mais le plus drôle est sans conteste le choix fait pour proposer des boutons de démarrage et de reset à l’avant. Pour ne pas avoir à souder des microboutons, le choix fait a été de placer des leviers physiques en façade du switch qui vont appuyer physiquement sur les boutons… Un drôle de choix mais qui fonctionne et qui évite de souder la carte du MiniPC.

Ce GMKtec M6 Mini est également connecté à la carte graphique externe RTX2060 au travers d’un adaptateur M.2 OCuLink. Le boîtier du routeur a été ajouré sur chaque face pour permettre une meilleure circulation d’air. Une plaque a également été imprimée en 3D pour maintenir la carte mère en place sur le châssis courbe du boîtier.

L’étage supérieur est uniquement dédié à l’alimentation de la carte graphique avec une solution HDPlex 250W GaN hyper compacte. Pas assez toutefois pour ne pas déborder des dimensions d’un WRT54G… C’est évidemment dommage, mais pas vraiment d’autre choix possible..

Le dernier étage propose un support PCIe pour connecter la carte graphique à la verticale. La RTX 2060 ea été démontée et peinte en bleu pour s’accorder au reste de la tour. 

Si vous voulez plus d’informations sur le montage et l’usage du Homelab, la fin de la vidéo couvre en partie le sujet. Le projet est également détaillé sur le blog de Justin Garrison. Ce petit homelab semble tourner comme un charme et remplit tous les usages demandés. Ce n’est pas la plus belle intégration que j’ai pu croiser masi si on cherche juste un boîtier pour un projet plus classique, sans carte graphique externe, c’est une excellente idée.

Cela m’amuse toujours de voir des objets de ce type détournés. Il y a souvent de bonnes idées à reprendre dans ce genre de montage et je m’étonne toujours de voir des projets investir dans des boîtiers très laids et très chers pour ce qu’ils sont. Je préfère mille fois voir un de ces vieux switch accueillir ce genre de projet plutôt que des trucs plus ou moins adaptés et surtout hors de prix. Les petites annonces et les tiroirs regorgent de vieux produits parfaits pour devenir une base de travail pour différents projets de ce type. Si vous voulez installer un serveur sur un MiniPC, vous n’êtes pas obligé de conserver le design d’origine. Plein d’expérimentations sont ouvertes. Du hack maison à des projets comme le Mini Rack.

Guide : Installer un serveur sur MiniPC personnel

Un Homelab entièrement intégré dans des Switchs Linksys des années 2000 © MiniMachines.net. 2026

  •  

Le plus bel extracteur de fumée que vous verrez aujourd’hui !

L’extracteur de fumée proposé par George Conneely sur Hackaday est évidemment le signe qu’on a beaucoup de temps libre. À moins de considérer le temps dépensé pour la réalisation de l’objet comme une forme d’autoapprentissage. Ou qu’on soit amoureux des objets avec du caractère même lorsqu’on a la tête penchée vers un paquet de trucs à souder.

L’idée de base d’un extracteur de fumée est… d’extraire de la fumée. Ok, c’est simple. Une boite avec un ventilo, une alimentation pour ledit ventilo, un câble pour alimenter l’alimentation et basta. On pourra améliorer l’objet avec un interrupteur pour que ce soit plus pratique. On pourra même lui coller un potentiomètre pour faire varier la puissance de l’aspiration. Rajouter un filtre à charbon pour retenir les fumées avant de les évacuer. On peut améliorer de mille façons l’objet de base, mais on peut également le rendre beaucoup plus beau. Et si ce critère est parfaitement subjectif, on pourra faire comme Georges et, à minima, lui ajouter du caractère. La dernière fois que je vous ai parlé d’un extracteur de fumée c’était en 2020, il était mignon mais pas au niveau.

L' extracteur de fumée et, au premier plan, le filtre du ventilateur.

L’ extracteur de fumée et, au premier plan, le filtre du ventilateur.

Et cela passe par des « détails » techniques. D’abord un caisson imprimé en 3D avec un petit coup de ponçage par-dessus pour améliorer l’effet « fibre » du rendu. Ensuite, un ventilateur protégé par un filtre monté sur glissière pour pouvoir le nettoyer ou le changer. L’ajout d’un interrupteur, évidemment. On n’est pas des sauvages. Et, évidemment, le fameux potentiomètre pour réguler la vitesse du ventilateur interne. S’arrêter là aurait été trop simple. Pour que l’objet ait un look vraiment original, son créateur a poussé le bouchon quelques kilomètres plus loin.

Un extracteur de fumée avec un morceau d’avion dedans

L’ajout de deux tubes Nixies pour indiquer la vitesse de rotation du ventilateur ne sert absolument à rien mais plonge l’appareil dans une ambiance steampunk pas désagréable. Il a fallu de la motivation pour ajouter ces tubes car cela a demandé de construire un circuit de A à Z pour les interfacer avec le potentiomètre et le ventilateur. Mieux encore, un petit interrupteur permet de mettre en marche l’ensemble et juste à ses côtés un voyant tiré d’un avion de la Royal Air Force propose une information supplémentaire. 

En vert le panneau indique « Ready » quand la vitesse de rotation mesurée a atteint l’objectif fixé par le potentiomètre et matérialisé par les tubes. En rouge, le panneau indique qu’il est « Not Ready » et donc que la vitesse de rotation n’est pas encore suffisante. Si je suis persuadé que tout l’objet a été construit suite à la découverte de ce petit indicateur qui habillait la carlingue d’un Panavia Tornado, l’idée derrière cette indication n’est pas idiote. Lorsque l’on soude un appareil par exemple, les fumées dégagées peuvent être très fortes et en allumant son extracteur, il est possible que le volume d’air soit insuffisant. Ici, l’utilisateur va attendre que le voyant passe au vert pour commencer à souder.

Bon, évidemment, on peut également attendre trois secondes que le ventilo monte dans les tours ou allumer simplement l’extracteur de fumée avant le fer à souder, cela fera amplement l’affaire. Mais je suppose que la mécanique complexe qu’il a fallu régler pour mener à bien ce projet fait partie du jeu. Certains font des mots croisés, d’autres se creusent les méninges en résolvant des problèmes d’électronique.

Malheureusement, Georges ne nous donne pas de plans pour son extracteur de fumées. Pas de fichiers 3D, pas de documentation. Les détails disponibles sur Hackaday sont surtout à la gloire du design de l’objet. Je resterais donc avec mon extracteur de fumée maison tout nul. J’en ai acheté récemment un second modèle sur les conseils d’un lecteur, principalement pour pouvoir le déplacer parce qu’il propose une batterie interne et qu’il s’alimente au besoin avec un chargeur USB Type-C ou avec une batterie externe. Il est petit, compact, s’oriente facilement et fait de la lumière, ce qui me va plutôt bien pour mon usage. Il coûte moins de 20€ sur Amazon, mais il n’a pas la classe comme celui de Georges… 

Un petit extracteur de fumées de soudure signé Anavi

Le plus bel extracteur de fumée que vous verrez aujourd’hui ! © MiniMachines.net. 2026

  •  
❌