Vue lecture

De la DDR5 contrefaite au format SODIMM en circulation

La DDR2, DDR3, DDR4 et DDR5 contrefaite, ce n’est pas une nouveauté. Cela a toujours existé. Mais ces dernières années, l’arnaque avait disparu tant les prix de la mémoire avaient chuté. Il n’était tout simplement pas assez rentable de fabriquer de fausses barrettes par rapport aux prix des vraies. Avec l’explosion des tarifs de la RAM, les mafias s’emparent à nouveau du sujet.

Un internaute japonais s’est fait vendre une barrette de DDR5 contrefaite. Au format SODIMM, grossièrement maquillées, ces barrettes éveilleront les soupçons d’un utilisateur averti mais pourront tromper un néophyte. Dans tous les cas, ce type d’arnaque est suffisamment bien fait pour vous exposer à des déconvenues via des plateformes de seconde main. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à l’internaute en question qui a commandé des produits d’occasion pour faire face à la crise. Je vous ai déjà fait un billet à ce sujet d’un acheteur qui s’est fait vendre des barrettes de DDR4 hors service en décembre. L’arnaque est classique et bien rodée mais nécessite d’avoir des composants en main. Ce qui ne correspond pas à une volonté d’industrialiser ce type de fraude.

Mémoire DDR5 contrefaite

Mémoire DDR5 contrefaite

Ainsi, des barrettes de DDR5 contrefaites sont désormais fabriquées. Preuve que des organismes mafieux s’intéressent désormais à ce type de grivèleries. La barrette en question est un circuit imprimé d’apparence classique, avec des composants montés dessus comme une vraie. À vue de nez, ce n’est pas très pro avec des éléments soudés pas bien droits. Mais cela reste suffisamment bien fait pour passer un examen rapide. Les puces de mémoire sont bien là, même si on peut se douter que ces composants signés SK-Hynix n’ont rien à faire sous l’étiquette de son grand concurrent qu’est Samsung…

A l'examen, les composants mémoire ne sont que du palstique...

A l’examen, les composants mémoire ne sont que du plastique qui enrobe un morceau de PCB…

Là où cela devient vraiment inquiétant, c’est que les composants en question ne sont pas de la mémoire mais uniquement des enrobages de plastique mimant la présence des vrais composants. Cela suppose une entité qui dispose de moyens pour fabriquer de faux composants mais aussi pour les assembler sur des circuits imprimés et déposer dessus des résistances et autres. Du matériel et de la main-d’œuvre qui n’ont de sens que dans une optique quasi-industrielle et donc la possibilité d’inonder fortement le marché de ce type de mémoire DDR5 contrefaite.

Le gros avantage proposé par les plateformes de commercialisation en seconde main vient des « règles » qu’elles établissent. Il est ainsi possible de glisser une mention indiquant que le vendeur n’a pas connaissance de la bonne marche du produit qu’il vend quelque part dans son descriptif pour que la plateforme le dédouane de toute responsabilité à réception. Si vous combinez cela avec la possibilité pour un organisme mafieux de s’emparer d’un compte respectable et existant depuis des années grâce à une fuite de données, de changer son email et de profiter de sa crédibilité pour mettre en vente des dizaines de barrettes de mémoire DDR5 contrefaites en quelques heures, vous imaginez les dégâts que ce genre d’arnaque peut faire.

M425R2GA3BB0-CWM originale

M425R2GA3BB0-CWM originale

DDR5 contrefaite : comment ne pas se faire avoir ?

Encore une fois, je vous encourage à prendre toutes les précautions possibles si vous voulez acheter des produits informatiques d’occasion sur ce type de plateforme Surtout pour des éléments aussi faciles à maquiller que de la mémoire vive. Privilégiez la remise en main propres qui offre au moins la possibilité d’examiner, voire de tester, les produits.

Dans le pire des cas, n’hésitez pas à pianoter la référence de l’étiquette dans votre moteur de recherche préféré. Cela permet de remonter l’image de la barrette originale correspondant à cette référence. Ici la M425R2GA3BB0-CWM de Samsung apparaît fort différente de celle achetée d’occasion.

Source TechTimes

De la DDR5 contrefaite au format SODIMM en circulation © MiniMachines.net. 2026

  •  

Nouveau : les contrefaçons de SSD mentent sur leurs performances

Les contrefaçons de SSD s’améliorent ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, beaucoup de temps et d’énergie sont déployés dans la création et l’optimisation de fausses unités de stockage. Et avec l’évolution des tarifs à la hausse, les mafias derrière la production de ces faux SSD y mettent les moyens.

Des contrefaçons de SSD de plus en plus délicates a identifier

Des contrefaçons de SSD de plus en plus délicates a identifier

De nouvelles contrefaçons de SSD Samsung sont ainsi à l’œuvre. Non seulement ces SSD ressemblent comme des jumeaux aux originaux, mais ils sont en plus capables de mentir au système d’exploitation pour ne pas éveiller de soupçons. 

Le schéma classique avec ce type de produit est simple. On commande un stockage sur une plateforme en étant de bonne foi, on le reçoit ensuite et on l’installe dans son matériel. Avant de se rendre compte que les débits sont exécrables ou que la capacité n’est pas la bonne. On contacte alors le vendeur pour retourner le matériel. Si tout se passe bien, on a juste perdu du temps. Si le vendeur passe par une marketplace, il peut aussi disparaître dans la nature et vous vous retrouvez devant un interlocuteur qui va tout faire pour ne rien assumer.

Le problème pour les vendeurs de ce type de produits contrefaits, c’est la durée d’existence de leur boutique. Créer une fausse marque, s’établir sur un site de vente en ligne en « distribuant » quelques produits en circuit fermé à des adresses bidons pour établir une note fictive. Puis commencer les hostilités quand sont accumulées assez de fausses notes positives pour tromper le client de passage. Le vendeur mal intentionné peut alors commencer à distribuer des contrefaçons de SSD à prix légèrement cassé. Mettant en avant sa réputation générée de toutes pièces. Les clients accourent, surtout en période de crise, et les colis partent.

Tout le jeu ensuite pour le vendeur est de faire durer cette « boutique » le plus longtemps possible. Il faut donc tout faire pour éviter que des remontées arrivent jusqu’aux oreilles du gestionnaire de la marketplace. Et pour cela, la dernière trouvaille est de mentir sur les résultats obtenus en test.

Face à cela, une boutique japonaise a acheté un SSD Samsung 990 Pro 1 To. Un des SSD les plus populaires chez les contrefacteurs et qui est vendu massivement au détail. L’idée pour la boutique est de montrer à quel point le maquillage du faux SSD est réussi Il faut déjà avoir eu en main un vrai pour voir les éventuelles différences et c’est encore plus simple si on peut comparer les deux unités côte à côte.

Emballage, étiquette, manuel, garantie, couleur du circuit imprimé, les faux SSD ressemblent désormais comme deux gouttes d’eau aux vrais. Reste quelques détails difficiles à cerner qui doivent mettre la puce à l’oreille, comme une étiquette imprimée un peu baveuse à certains endroits, par exemple. Rien de visible au premier coup d’œil.

Là où ces nouvelles contrefaçons de SSD changent la donne, c’est qu’elles parviennent désormais à mentir aux logiciels de tests. Sous un logiciel comme CrystalDiskInfo qui est massivement utilisé pour distinguer et vérifier les unités de stockage. Le faux SSD indique bien être un Samsung 990 Pro, de la bonne capacité et fonctionnant en PCIe 4.0 x4. Il affiche même un numéro de série tout ce qu’il y a de plus officiel. L’étape d’après, qui consiste en un test de performances, passe aussi l’examen sans problèmes. 

Le SSD affiche 7 255 Mo/s en lecture séquentielle et 6 090 Mo/s en écriture. Des chiffres convaincants car s’ils ne sont pas forcément au niveau de ceux indiqués par Samsung pour ce modèle, ils sont très proches. Et d’autres éléments dans le PC sur lesquels ils sont installés peuvent provoquer de légères fluctuations de performances. En réalité, ces tests effectués par le logiciel sont faussés par l’ajout d’un cache de type SLC supplémentaire. Celui-ci permet de fausser les débits et tromper ce que CrystalDiskMark évalue. En pratique, les performances de débit s’écroulent totalement quand il s’agit d’exploiter le SSD pour un transfert de données important.

Lorsque le cache est rempli et qu’il ne peut plus faire face à l’afflux de données, le débit s’écroule totalement. Transférer un fichier de grande taille débordera le cache et retombera alors sur le débit des puces bas de gamme employées sous l’étiquette. Là où un SSD original proposera presque 2000 Mo/s, ce type de faux SSD ne dépassera pas les 300 Mo/s. 

Des capacités inférieures peuvent également être vendues en mentant au système. Le SSD de 1 To ne déployant en fait que 512 Go ou moins, ce que le client ne découvre souvent que très tardivement.

Des contrefaçons de SSD plus difficiles à identifier

J’en ai vu pas mal de faux SSD, fausses mémoires, faux disques externes… Et la majorité du temps, un œil averti les repère immédiatement. L’étiquette est souvent grossière, les impressions mal calées, le soin apporté à la réalisation n’est là que pour tromper des clients qui achètent à la sauvette ou ceux qui se font piéger par des annonces vantant des capacités folles de 8 To pour quelques dizaines d’euros. L’idée est souvent de compter sur le fait que le client va se morfondre de sa propre stupidité en tant qu’acheteur pour qu’il ne soit pas tenté de réclamer justice.

Mais pour les étiquettes ci-dessus, il faut être très attentif et avoir de l’expérience pour se défendre devant les efforts des faussaires. Si on a déjà eu rapidement un SSD de cette marque en main, c’est plutôt convaincant. Il faut en avoir eu plusieurs et une certaine habitude pour avoir remarqué des détails qui peuvent vous faire douter. Par exemple la finesse de l’écriture sur l’étiquette du bas. Le détail du circuit et la sérigraphie blanche sur le PCB. Le logo 990 PRO moins net, tout comme le QR Code tout baveux. Ces éléments que l’on ne regarde pas forcément attentivement quand on est pressé d’intégrer son achat dans son PC.

Le mieux pour ces références très prisées des faussaires est peut-être d’aller voir sur le site du constructeur pour examiner l’image officielle du produit. Ici on distingue clairement l’absence de tout marquage sérigraphié en blanc sur le circuit imprimé. Et de gros changements sur l’intégration des différents composants. Les modules de stockage ne sont pas placés aux mêmes endroits. Des composants manquent en haut et en bas de l’étiquette. Ce sont des signes qui ne trompent pas.

Les contrefaçons de SSD n'emploient pas les bons composants

Les contrefaçons de SSD n’emploient pas les bons composants

La boutique japonaise pointe également le fait que le contrôleur embarqué sous l’étiquette n’est jamais un Samsung mais une puce différente. Ici il s’agit d’un Maxio MAP1602. Une puce qui ne propose pas de cache puisque le faussaire préfère ajouter son cache externe SLC qui va tromper les systèmes de tests. Les solutions Samsung emploient évidemment des composants de la marque.

Chez Samsung, la recette n’a pas changé. Pour lutter contre les contrefaçons de SSD, le constructeur recommande d’utiliser son logiciel maison « Samsung Magician » qui indiquera clairement qu’il ne s’agit pas d’un produit original après une vérification réclamant une connexion à leurs serveurs.

Reste que ce genre de méthode permet aux vendeurs peu scrupuleux de faire durer leurs offres. Avec ce type de produits contrefaits, elles peuvent en écouler une bonne quantité avant de devoir disparaitre dans la nature. Avant de recommencer sur une autre place de marché avec une autre société écran et un autre responsable bidon. Passer de place en place pour proposer toujours la même camelote.

Et les conséquences sont graves car elles peuvent amener certains clients à mal réagir. Certains vont comprendre qu’ils se sont fait avoir mais tenter de se « rattraper » en écoulant leur faux SSD d’occasion sans préciser le problème. Seul ou dans un portable, par exemple. Où, pire, d’autres vont commander un vrai SSD Samsung, changer le vrai par le faux et le renvoyer en rétractation au vendeur. Ce qui, en plus d’être illégal, pourra dans le pire des cas introduire un mauvais SSD dans le stock du marchand qui le redéploiera ensuite chez un autre client…

Source : Notebookcheck

IA et DropShipping : le nouvel eldorado de l’arnaque en ligne

Nouveau : les contrefaçons de SSD mentent sur leurs performances © MiniMachines.net. 2026

  •  
❌