Vue lecture

Google a-t-il assené un coup fatal au Web ouvert ?

AI perçue, voire volée
Google a-t-il assené un coup fatal au Web ouvert ?

Alors que les médias français s s’inquiètent des conséquence du lancement récent des Aperçus IA sur leur audience, plusieurs grands éditeurs états-uniens envisagent très sérieusement de couper les ponts avec Google, ce qui signerait symboliquement la fin du Web ouvert tel qu’on le connait depuis plus de vingt ans.

Le Web ouvert a-t-il vécu ? La question se pose de façon nouvellement pressante en France, où Google vient finalement de lancer ses fameux Aperçus IA (AI Overviews), qui répondent directement aux questions de l’internaute grâce à un résumé généré par intelligence artificielle, avant d’égrainer la traditionnelle liste de liens hypertextes vers les sites susceptibles de délivrer l’information recherchée.

Un exemple pour mieux comprendre de quoi l’on parle ? Cherchons des informations relatives au fonctionnement du noyau et des pilotes au sein d’un système d’exploitation, avec une requête très générique. Depuis quelques jours, Google ne se contente plus de retourner une liste de liens parmi lesquels on espèrerait voir apparaître le récent article de Vincent consacré au sujet.

Des résumés qui supplantent les publications sources

À la place, il intègre un bloc Aperçu IA qui synthétise les informations issues des pages Web considérées comme pertinentes. Ce bloc mentionne bien les sites dont les contenus ont alimenté la génération automatique, mais il en extrait une partie de la valeur pour la fournir directement à l’internaute, qui peut donc très bien se contenter de ce résumé, alors qu’il lui aurait fallu précédemment se rendre sur l’un ou l’autre des sites source.

L’Aperçu IA mentionne des sources, mais il renvoie très bas dans la page les premiers résultats naturels du référencement – capture d’écran

Ce faisant, Google provoque un manque à gagner pour l’éditeur du site qui apparait dans les résultats de recherche, puisque ce dernier compte sur le référencement de son contenu pour générer une audience qu’il monétisera ensuite soit via de la publicité, soit via la vente d’abonnements ou de services.

« Le déploiement d’AI Overviews et d’AI Mode marque un basculement profond : la recherche glisse vers un modèle « zéro clic », où la réponse reste dans l’interface Google plutôt que de renvoyer vers les sites éditeurs », dénoncent dans un communiqué commun daté du 22 juillet le Syndicat des acteurs du marketing en ligne (CPA), le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) et le Groupement des éditeurs en ligne (Geste).

Les trois structures reprochent ouvertement à Google d’avoir lancé cette fonctionnalité sans concertation préalable avec le secteur, sans fournir d’outils permettant de mesurer l’impact réel sur l’audience renvoyée vers les éditeurs et sans avoir prévu de mécaniques de compensation, à l’image de ce qui a été fait autour des droits voisins sous l’impulsion de l’Autorité de la concurrence. « Pour les médias français et les acteurs du web, il ne s’agit plus d’une inquiétude théorique mais d’un risque existentiel », ajoutent les signataires, soulevant l’hypothèse de voies de recours en cas de dialogue infructueux avec le leader mondial de la recherche en ligne.

Pour les médias en ligne, le risque est effectivement existentiel, même s’il n’est pas franchement inédit : le secteur s’était déjà alarmé de la même façon quand les réseaux sociaux, Facebook en tête, avaient réduit la portée offerte aux publications issues de la presse, alors même que tous avaient investi des moyens et des ressources considérables pour optimiser leur présence sur ces plateformes.

Lutter contre l’érosion des audiences

Bon nombre d’éditeurs dépendent aujourd’hui très fortement de Google, dans la mesure où le moteur de recherche et son algorithme de recommandation Discover (l’outil qui suggère automatiquement des articles sur Android ou Chrome, particulièrement sur mobile) représentent aujourd’hui leur principale source de trafic. Pour tous ces acteurs, l’enjeu consiste désormais à réduire cette dépendance, et donc à multiplier les canaux d’acquisition de nouveaux internautes, tout en renforçant leurs liens directs avec leurs lecteurs actuels.

Le sujet est particulièrement critique pour les médias gratuits financés par la publicité, dont les revenus sont partiellement corrélés à l’audience. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs pris le mors aux dents cette semaine, en communiquant directement sur le sujet.

« Moins de visites, ce sont donc moins de moyens pour continuer à tester des véhicules en conditions réelles, entretenir ces outils gratuits et défendre une ligne éditoriale libre sur la mobilité électrique. On ne va pas vous le cacher : être moins visible dans vos recherches représente donc un vrai risque pour nous, mais également pour tous nos confrères », écrit par exemple le site Automobile Propre (groupe Braxton), avant d’appeler explicitement ses lecteurs à s’inscrire à sa newsletter, à créer un compte, à s’abonner à ses comptes sociaux… ou à le suivre sur Google.

Même son de cloche du côté de Numerama (Humanoid, filiale du groupe Ebra), selon qui il est tout à fait probable que son site, « comme la plupart des sites web que vous lisez, disparaisse de Google ». Le ton ne se veut cependant pas défaitiste, au contraire : « Le site web a une grande importance, mais aujourd’hui, la majorité de nos lectures se font ailleurs : nous avons pleinement embrassé la nouvelle réalité pour les médias, qui doivent trouver le public où il est. Pas l’inverse, où nous fonçons dans le mur », explique son directeur des opérations, Julien Cadot, avant de détailler comment Numerama a investi tous les canaux de distribution disponibles, en misant notamment sur la vidéo. Lui aussi appelle les lecteurs à se connecter directement à Numerama, au travers par exemple de son offre de newsletters.

Désintermédier au maximum la relation avec le lecteur (autrement dit, établir un lien le plus direct possible) et multiplier les canaux de distribution, l’idée fait son chemin depuis des mois dans la plupart des colloques, cercles de réflexion et publications qui réfléchissent à l’avenir des médias en ligne. Reste que la dépendance à Google est toujours bien réelle. À tel point qu’outre-Atlantique, certains acteurs réfléchissent désormais à couper les ponts.

Des médias de premier plan réfléchissent à bloquer l’indexation par Google

L’utilisation des contenus en ligne pour l’entrainement des grands modèles de langage a déjà constitué une première pomme de discorde, mais le déploiement à grande échelle des Aperçus IA a catalysé la grogne. Testés depuis mai 2024 aux États-Unis, ceux-ci semblent en effet bien provoquer des baisses d’audience massives chez les médias en ligne.

USA Today aurait ainsi perdu 18 % du trafic associé au référencement naturel sur Google entre juin 2025 et juin 2026, d’après des mesures réalisées via Semrush (un outil d’optimisation et de mesure du référencement). « Il est temps de prendre position et de dire que ça suffit ! », a déclaré son directeur général, Mike Reed, cité par le Wall Street Journal. En réaction, le groupe (qui édite USA Today mais aussi des centaines de médias locaux) envisage de couper l’indexation de ses contenus par Google si la baisse se poursuit. Des réflexions seraient également en cours au sein d’organes tels que Politico, The Economist ou l’agence Reuters. Reddit, qui a pourtant signé un accord à 60 millions de dollars avec Google en 2024 pour l’autoriser à entraîner ses modèles sur son contenu communautaire, évaluerait aussi ses options, affirme le WSJ.

Google, de son côté, répète à l’envi que les réponses générées par IA contribuent à la visibilité des contenus, et renvoient des milliards de clics vers les sites des éditeurs. Le moteur a par ailleurs annoncé début juin l’introduction d’une option permettant d’exclure son site des Aperçus IA au niveau de la Search Console (l’outil qui permet de visualiser les paramètres du référencement d’un site dans Google). Il promet que l’activation de cette option (non disponible dans notre propre Search Console) n’aura pas d’impact sur le classement des liens dans les pages de résultat.

En attendant, les éditeurs voient donc leurs contenus nourrir par défaut les résumés générés par IA, ce dont certains ne se satisfont pas : Penske Media, l’éditeur de Rolling Stone, Billboard, Variety et Hollywood Reporter, a déposé plainte contre Google en septembre 2025 en raison d’AI Overviews. L’entreprise de presse y considère que Google utilise son monopole « pour contraindre les éditeurs en ligne […] à fournir du contenu que Google republie sans autorisation dans des réponses générées par l’IA qui rivalisent de manière déloyale pour attirer l’attention des utilisateurs sur Internet, en violation des lois étasuniennes contre les monopoles ».

Certains, comme News Corp (maison mère du WSJ) ont déjà noué un accord avec Google et sont donc indemnisés pour l’utilisation faite de leurs contenus, mais quid des éditeurs qui ne sont pas en mesure de négocier, directement ou par l’intermédiaire d’une représentation, avec le moteur de recherche ? Si l’idée de se couper complètement de Google est séduisante, elle constitue un trade-off difficile à accepter. « L’audience peut être irrégulière et en baisse, mais l’audience reste l’audience », résume Josh Muncke, vice président en charge de l’IA chez The Economist auprès du WSJ.

Le Web ouvert a-t-il encore un avenir ?

D’un côté, il y a donc ce que le chercheur Olivier Ertzscheid décrit comme un pacte faustien imposé par Google : « laissez-moi indexer et réutiliser vos contenus et en échange vous serez visibles, ou empêchez-moi de le faire et l’audience de vos sites sera quasi nulle ».

Ceux qui en acceptent les termes travaillent d’ailleurs à l’adaptation de leurs contenus à l’avènement des moteurs génératifs : c’est le fameux Generative Engine Optimization (GEO), qui regroupe l’ensemble des techniques grâce auxquelles les éditeurs ou les marques essaient de doper leur visibilité dans les réponses fournies par les grands modèles de langage.

De l’autre, il y a la tentation de fermer au maximum les vannes, pour éviter qu’un tiers ne s’accapare la valeur associée au contenu informationnel.

Dans les deux cas, il y a une remise en cause du principe dit de Web ouvert (open web), qui désigne la façon dont une pluralité de sites coexistent de façon interdépendante et s’oppose à la logique de jardin fermé (walled garden) dans laquelle une plateforme contrôle à la fois la diffusion des informations, la collecte des données et la monétisation associée.

Google, qui a construit sa fortune sur le web ouvert, se défend bien sûr de toute menace. « De notre point de vue, le Web est en plein essor », affirmait Nick Fox, l’un de ses vice-présidents, en juin dernier. « Il n’y a probablement pas d’entreprise qui se soucie plus de la santé et de l’avenir du Web que Google ».

Reste que si Google concentre la valeur sur ses propres pages, l’entreprise (re)crée un jardin fermé, qui n’est pas à l’abri des risques de paupérisation. Après tout, que resterait-il à Google pour alimenter ses réponses générées par IA si tous les éditeurs qui investissent dans la production de contenus de qualité décidaient de fermer leurs portes à ses robots d’indexation ? Nos tests menés depuis le lancement des Aperçus IA en France confirment que ces derniers sont déjà parasités par des fermes à contenus eux-même générés par IA, et donc sujets à tous les risques d’hallucinations, d’interprétations fallacieuses ou de manipulation que l’on connait.

« D’une certaine manière, Google se tire une balle dans le pied. Les entreprises spécialisées en IA cherchent désespérément de nouvelles données d’entraînement exemptes de bouillie générée par l’IA. En dissuadant activement les utilisateurs de consulter les sites web qui proposent de nouvelles informations, l’entreprise se prive d’une source essentielle de données dont elle a tant besoin », remarque Futurism.

Il ne fait guère de doute que la situation évoluera, à coup d’actions en justice ou d’évolutions réglementaires. En attendant, ce sont les utilisatrices et utilisateurs finaux qui restent les juges de paix, en décidant à qui, ou à quoi, ils accordent leur attention.

  •  

Google a-t-il assené un coup fatal au Web ouvert ?

AI perçue, voire volée
Google a-t-il assené un coup fatal au Web ouvert ?

Alors que les médias français s s’inquiètent des conséquence du lancement récent des Aperçus IA sur leur audience, plusieurs grands éditeurs états-uniens envisagent très sérieusement de couper les ponts avec Google, ce qui signerait symboliquement la fin du Web ouvert tel qu’on le connait depuis plus de vingt ans.

Le Web ouvert a-t-il vécu ? La question se pose de façon nouvellement pressante en France, où Google vient finalement de lancer ses fameux Aperçus IA (AI Overviews), qui répondent directement aux questions de l’internaute grâce à un résumé généré par intelligence artificielle, avant d’égrainer la traditionnelle liste de liens hypertextes vers les sites susceptibles de délivrer l’information recherchée.

Un exemple pour mieux comprendre de quoi l’on parle ? Cherchons des informations relatives au fonctionnement du noyau et des pilotes au sein d’un système d’exploitation, avec une requête très générique. Depuis quelques jours, Google ne se contente plus de retourner une liste de liens parmi lesquels on espèrerait voir apparaître le récent article de Vincent consacré au sujet.

Des résumés qui supplantent les publications sources

À la place, il intègre un bloc Aperçu IA qui synthétise les informations issues des pages Web considérées comme pertinentes. Ce bloc mentionne bien les sites dont les contenus ont alimenté la génération automatique, mais il en extrait une partie de la valeur pour la fournir directement à l’internaute, qui peut donc très bien se contenter de ce résumé, alors qu’il lui aurait fallu précédemment se rendre sur l’un ou l’autre des sites source.

L’Aperçu IA mentionne des sources, mais il renvoie très bas dans la page les premiers résultats naturels du référencement – capture d’écran

Ce faisant, Google provoque un manque à gagner pour l’éditeur du site qui apparait dans les résultats de recherche, puisque ce dernier compte sur le référencement de son contenu pour générer une audience qu’il monétisera ensuite soit via de la publicité, soit via la vente d’abonnements ou de services.

« Le déploiement d’AI Overviews et d’AI Mode marque un basculement profond : la recherche glisse vers un modèle « zéro clic », où la réponse reste dans l’interface Google plutôt que de renvoyer vers les sites éditeurs », dénoncent dans un communiqué commun daté du 22 juillet le Syndicat des acteurs du marketing en ligne (CPA), le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) et le Groupement des éditeurs en ligne (Geste).

Les trois structures reprochent ouvertement à Google d’avoir lancé cette fonctionnalité sans concertation préalable avec le secteur, sans fournir d’outils permettant de mesurer l’impact réel sur l’audience renvoyée vers les éditeurs et sans avoir prévu de mécaniques de compensation, à l’image de ce qui a été fait autour des droits voisins sous l’impulsion de l’Autorité de la concurrence. « Pour les médias français et les acteurs du web, il ne s’agit plus d’une inquiétude théorique mais d’un risque existentiel », ajoutent les signataires, soulevant l’hypothèse de voies de recours en cas de dialogue infructueux avec le leader mondial de la recherche en ligne.

Pour les médias en ligne, le risque est effectivement existentiel, même s’il n’est pas franchement inédit : le secteur s’était déjà alarmé de la même façon quand les réseaux sociaux, Facebook en tête, avaient réduit la portée offerte aux publications issues de la presse, alors même que tous avaient investi des moyens et des ressources considérables pour optimiser leur présence sur ces plateformes.

Lutter contre l’érosion des audiences

Bon nombre d’éditeurs dépendent aujourd’hui très fortement de Google, dans la mesure où le moteur de recherche et son algorithme de recommandation Discover (l’outil qui suggère automatiquement des articles sur Android ou Chrome, particulièrement sur mobile) représentent aujourd’hui leur principale source de trafic. Pour tous ces acteurs, l’enjeu consiste désormais à réduire cette dépendance, et donc à multiplier les canaux d’acquisition de nouveaux internautes, tout en renforçant leurs liens directs avec leurs lecteurs actuels.

Le sujet est particulièrement critique pour les médias gratuits financés par la publicité, dont les revenus sont partiellement corrélés à l’audience. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs pris le mors aux dents cette semaine, en communiquant directement sur le sujet.

« Moins de visites, ce sont donc moins de moyens pour continuer à tester des véhicules en conditions réelles, entretenir ces outils gratuits et défendre une ligne éditoriale libre sur la mobilité électrique. On ne va pas vous le cacher : être moins visible dans vos recherches représente donc un vrai risque pour nous, mais également pour tous nos confrères », écrit par exemple le site Automobile Propre (groupe Braxton), avant d’appeler explicitement ses lecteurs à s’inscrire à sa newsletter, à créer un compte, à s’abonner à ses comptes sociaux… ou à le suivre sur Google.

Même son de cloche du côté de Numerama (Humanoid, filiale du groupe Ebra), selon qui il est tout à fait probable que son site, « comme la plupart des sites web que vous lisez, disparaisse de Google ». Le ton ne se veut cependant pas défaitiste, au contraire : « Le site web a une grande importance, mais aujourd’hui, la majorité de nos lectures se font ailleurs : nous avons pleinement embrassé la nouvelle réalité pour les médias, qui doivent trouver le public où il est. Pas l’inverse, où nous fonçons dans le mur », explique son directeur des opérations, Julien Cadot, avant de détailler comment Numerama a investi tous les canaux de distribution disponibles, en misant notamment sur la vidéo. Lui aussi appelle les lecteurs à se connecter directement à Numerama, au travers par exemple de son offre de newsletters.

Désintermédier au maximum la relation avec le lecteur (autrement dit, établir un lien le plus direct possible) et multiplier les canaux de distribution, l’idée fait son chemin depuis des mois dans la plupart des colloques, cercles de réflexion et publications qui réfléchissent à l’avenir des médias en ligne. Reste que la dépendance à Google est toujours bien réelle. À tel point qu’outre-Atlantique, certains acteurs réfléchissent désormais à couper les ponts.

Des médias de premier plan réfléchissent à bloquer l’indexation par Google

L’utilisation des contenus en ligne pour l’entrainement des grands modèles de langage a déjà constitué une première pomme de discorde, mais le déploiement à grande échelle des Aperçus IA a catalysé la grogne. Testés depuis mai 2024 aux États-Unis, ceux-ci semblent en effet bien provoquer des baisses d’audience massives chez les médias en ligne.

USA Today aurait ainsi perdu 18 % du trafic associé au référencement naturel sur Google entre juin 2025 et juin 2026, d’après des mesures réalisées via Semrush (un outil d’optimisation et de mesure du référencement). « Il est temps de prendre position et de dire que ça suffit ! », a déclaré son directeur général, Mike Reed, cité par le Wall Street Journal. En réaction, le groupe (qui édite USA Today mais aussi des centaines de médias locaux) envisage de couper l’indexation de ses contenus par Google si la baisse se poursuit. Des réflexions seraient également en cours au sein d’organes tels que Politico, The Economist ou l’agence Reuters. Reddit, qui a pourtant signé un accord à 60 millions de dollars avec Google en 2024 pour l’autoriser à entraîner ses modèles sur son contenu communautaire, évaluerait aussi ses options, affirme le WSJ.

Google, de son côté, répète à l’envi que les réponses générées par IA contribuent à la visibilité des contenus, et renvoient des milliards de clics vers les sites des éditeurs. Le moteur a par ailleurs annoncé début juin l’introduction d’une option permettant d’exclure son site des Aperçus IA au niveau de la Search Console (l’outil qui permet de visualiser les paramètres du référencement d’un site dans Google). Il promet que l’activation de cette option (non disponible dans notre propre Search Console) n’aura pas d’impact sur le classement des liens dans les pages de résultat.

En attendant, les éditeurs voient donc leurs contenus nourrir par défaut les résumés générés par IA, ce dont certains ne se satisfont pas : Penske Media, l’éditeur de Rolling Stone, Billboard, Variety et Hollywood Reporter, a déposé plainte contre Google en septembre 2025 en raison d’AI Overviews. L’entreprise de presse y considère que Google utilise son monopole « pour contraindre les éditeurs en ligne […] à fournir du contenu que Google republie sans autorisation dans des réponses générées par l’IA qui rivalisent de manière déloyale pour attirer l’attention des utilisateurs sur Internet, en violation des lois étasuniennes contre les monopoles ».

Certains, comme News Corp (maison mère du WSJ) ont déjà noué un accord avec Google et sont donc indemnisés pour l’utilisation faite de leurs contenus, mais quid des éditeurs qui ne sont pas en mesure de négocier, directement ou par l’intermédiaire d’une représentation, avec le moteur de recherche ? Si l’idée de se couper complètement de Google est séduisante, elle constitue un trade-off difficile à accepter. « L’audience peut être irrégulière et en baisse, mais l’audience reste l’audience », résume Josh Muncke, vice président en charge de l’IA chez The Economist auprès du WSJ.

Le Web ouvert a-t-il encore un avenir ?

D’un côté, il y a donc ce que le chercheur Olivier Ertzscheid décrit comme un pacte faustien imposé par Google : « laissez-moi indexer et réutiliser vos contenus et en échange vous serez visibles, ou empêchez-moi de le faire et l’audience de vos sites sera quasi nulle ».

Ceux qui en acceptent les termes travaillent d’ailleurs à l’adaptation de leurs contenus à l’avènement des moteurs génératifs : c’est le fameux Generative Engine Optimization (GEO), qui regroupe l’ensemble des techniques grâce auxquelles les éditeurs ou les marques essaient de doper leur visibilité dans les réponses fournies par les grands modèles de langage.

De l’autre, il y a la tentation de fermer au maximum les vannes, pour éviter qu’un tiers ne s’accapare la valeur associée au contenu informationnel.

Dans les deux cas, il y a une remise en cause du principe dit de Web ouvert (open web), qui désigne la façon dont une pluralité de sites coexistent de façon interdépendante et s’oppose à la logique de jardin fermé (walled garden) dans laquelle une plateforme contrôle à la fois la diffusion des informations, la collecte des données et la monétisation associée.

Google, qui a construit sa fortune sur le web ouvert, se défend bien sûr de toute menace. « De notre point de vue, le Web est en plein essor », affirmait Nick Fox, l’un de ses vice-présidents, en juin dernier. « Il n’y a probablement pas d’entreprise qui se soucie plus de la santé et de l’avenir du Web que Google ».

Reste que si Google concentre la valeur sur ses propres pages, l’entreprise (re)crée un jardin fermé, qui n’est pas à l’abri des risques de paupérisation. Après tout, que resterait-il à Google pour alimenter ses réponses générées par IA si tous les éditeurs qui investissent dans la production de contenus de qualité décidaient de fermer leurs portes à ses robots d’indexation ? Nos tests menés depuis le lancement des Aperçus IA en France confirment que ces derniers sont déjà parasités par des fermes à contenus eux-même générés par IA, et donc sujets à tous les risques d’hallucinations, d’interprétations fallacieuses ou de manipulation que l’on connait.

« D’une certaine manière, Google se tire une balle dans le pied. Les entreprises spécialisées en IA cherchent désespérément de nouvelles données d’entraînement exemptes de bouillie générée par l’IA. En dissuadant activement les utilisateurs de consulter les sites web qui proposent de nouvelles informations, l’entreprise se prive d’une source essentielle de données dont elle a tant besoin », remarque Futurism.

Il ne fait guère de doute que la situation évoluera, à coup d’actions en justice ou d’évolutions réglementaires. En attendant, ce sont les utilisatrices et utilisateurs finaux qui restent les juges de paix, en décidant à qui, ou à quoi, ils accordent leur attention.

  •  

☕️ Lego ressuscite la borne d’arcade Donkey Kong



Après une incursion dans le monde des briques connectées avec Lego Smart Play, le fabricant danois revient à l’un de ses leviers marketing de prédilection : exploiter la nostalgie des grands enfants en s’associant à des marques emblématiques de la culture geek. En témoigne ce nouveau set issu du partenariat déjà enclenché avec Nintendo, qui propose de construire une mini borne d’arcade Donkey Kong… mais aussi de jouer avec cette dernière !

Le set 72051, baptisé Donkey Kong Arcade, contient 1 367 pièces, pour reconstituer le célèbre décor tout en échafaudages et échelles, le long desquels Jumpman (qui ne s’appelait pas encore Mario) doit éviter des tonneaux roulants lancés par Donkey Kong pour atteindre Lady et la délivrer.

Outre le plaisir de la construction, le principal attrait de la borne vient de son caractère interactif : une fois assemblée, on peut lancer jusqu’à 21 tonneaux, diriger Jumpman à l’aide d’un joystick et lui faire éviter les obstacles en sautant grâce à un bouton dédié. Le dos de la borne d’arcade (dépourvue de monnayeur) révèle le mécanisme qui anime l’ensemble. L’ensemble mesure 39 cm de haut, 27 cm de large et 15 cm de profondeur.

Bref, une jolie madeleine de Proust comme Lego sait en faire (on se souvient de la NES lancée en 2020, ou de la borne Pac-Man de 2023), aussi séduisante que dispendieuse : comptez 170 euros en précommande, avec des livraisons programmées à partir du 1er août prochain.

La borne d’arcade Donkey Kong est lancée à 170 euros – crédit Lego
  •  

☕️ Lego ressuscite la borne d’arcade Donkey Kong



Après une incursion dans le monde des briques connectées avec Lego Smart Play, le fabricant danois revient à l’un de ses leviers marketing de prédilection : exploiter la nostalgie des grands enfants en s’associant à des marques emblématiques de la culture geek. En témoigne ce nouveau set issu du partenariat déjà enclenché avec Nintendo, qui propose de construire une mini borne d’arcade Donkey Kong… mais aussi de jouer avec cette dernière !

Le set 72051, baptisé Donkey Kong Arcade, contient 1 367 pièces, pour reconstituer le célèbre décor tout en échafaudages et échelles, le long desquels Jumpman (qui ne s’appelait pas encore Mario) doit éviter des tonneaux roulants lancés par Donkey Kong pour atteindre Lady et la délivrer.

Outre le plaisir de la construction, le principal attrait de la borne vient de son caractère interactif : une fois assemblée, on peut lancer jusqu’à 21 tonneaux, diriger Jumpman à l’aide d’un joystick et lui faire éviter les obstacles en sautant grâce à un bouton dédié. Le dos de la borne d’arcade (dépourvue de monnayeur) révèle le mécanisme qui anime l’ensemble. L’ensemble mesure 39 cm de haut, 27 cm de large et 15 cm de profondeur.

Bref, une jolie madeleine de Proust comme Lego sait en faire (on se souvient de la NES lancée en 2020, ou de la borne Pac-Man de 2023), aussi séduisante que dispendieuse : comptez 170 euros en précommande, avec des livraisons programmées à partir du 1er août prochain.

La borne d’arcade Donkey Kong est lancée à 170 euros – crédit Lego
  •  

Antares : Cisco publie deux modèles à poids ouverts dédiés à la détection de failles

Small is beautiful
Antares : Cisco publie deux modèles à poids ouverts dédiés à la détection de failles

Cisco prend le contrepied des immenses et très coûteux modèles de pointe généralistes avec la mise en ligne de deux petits modèles à poids ouverts, dédiés spécifiquement à la recherche de vulnérabilités. Baptisés Antares, ils offrent selon l’équipementier un rapport coût performances particulièrement intéressant en usage local.

Entre Mythos, Fable 5, l’explosion du volume de failles détectées chez Microsoft ou l’attaque surprise lancée par un modèle d’OpenAI sur les infrastructures de Hugging Face, c’est peu dire que l’IA générative percute de plein fouet le monde de la cybersécurité. Point commun de ces différentes annonces, savamment entretenues par le narratif marketing des laboratoires spécialisés : elles font appel à des modèles de pointe (frontier models), aussi performants que gourmands en ressources.

Précision et rappel

L’équipementier réseau Cisco s’invite dans l’arène avec une proposition de valeur un peu différente. Le 21 juillet, il a publié deux modèles à poids ouverts, plutôt modestes au premier abord puisqu’ils se limitent à respectivement 350 millions et un milliard de paramètres. Entraînés spécifiquement pour la recherche de vulnérabilités, ces deux modèles délivreraient des performances particulièrement intéressantes au regard de leur relative légèreté.

Pour ce faire, Cisco n’a pas cherché à doper les facultés de raisonnement de ses modèles, mais plutôt à optimiser leur précision et leur rappel grâce à une recherche par itérations. « Chaque modèle part d’une description de vulnérabilité, recherche des motifs de code pertinents, examine les fichiers candidats, intègre de nouveaux éléments, change d’orientation lorsqu’une piste s’avère infructueuse et affine sa recherche pour cibler les fichiers les plus susceptibles d’être critiques », décrit Cisco dans un billet d’annonce.

L’objectif des modèles Antares n’est donc pas d’analyser des systèmes ou cas de figure complexes, comme pourrait tenter de le faire un modèle frontière doté de capacités de raisonnement. Cisco les présente plutôt comme une assistance, capable de localiser les fichiers correspondant à une CVE dans un dépôt, de trier les alertes de vulnérabilité, de procéder à de l’enrichissement statistique en scannant des bases de code, ou de réaliser des analyses de sécurité locales dans des environnements soumis à des exigences de conformité.

Des modèles légers centrés sur la recherche de vulnérabilités

Le tout avec un coût en ressources significativement plus faible que celui des grands modèles. « Les tests montrent que ces modèles surpassent de nombreux modèles puissantsqu’ils soient à poids fermés ou ouvertsdans cette tâche de sécurité critique, et ce, pour une fraction du coût. De plus, ils sont suffisamment compacts pour être exécutés localement, évitant ainsi d’avoir à envoyer des bases de code sensibles dans le cloud », avance Cisco.

Dans ce contexte, l’équipementier justifie le choix de l’open source par la nécessité de fournir à la communauté cyber « des briques élémentaires plus accessibles pour une défense pratique au niveau du dépôt ».

Reste à mesurer les performances réelles de ces deux premiers modèles, qui seront bientôt rejoints par une variante à 3 milliards de paramètres (Antares-3B). Pour ce faire, Cisco estime ne pas pouvoir se baser sur les benchmarks traditionnellement dédiés au code, qui couvrent une palette plus large de scénarios d’usage, et a donc conçu son propre référentiel… qui, sans surprise, livre des résultats flatteurs pour les modèles maison.

Antares-1B se situerait ainsi entre GLM-5.2 et GPT-5.5 pour la localisation de vulnérabilités. Contrairement aux ténors du marché, les modèles Antares sont en revanche incapables de vérifier leurs découvertes. Cisco les positionne de ce fait comme un maillon spécialisé dans une chaîne d’outils IA plus large. « Dans l’ensemble, Antares démontre que des modèles compacts et déployables localement peuvent effectuer une analyse de sécurité autonome pertinente lorsqu’ils sont entraînés directement sur les schémas d’interaction requis par la tâche », concluent les auteurs de l’article technique dédié (PDF).

  •  

Antares : Cisco publie deux modèles à poids ouverts dédiés à la détection de failles

Small is beautiful
Antares : Cisco publie deux modèles à poids ouverts dédiés à la détection de failles

Cisco prend le contrepied des immenses et très coûteux modèles de pointe généralistes avec la mise en ligne de deux petits modèles à poids ouverts, dédiés spécifiquement à la recherche de vulnérabilités. Baptisés Antares, ils offrent selon l’équipementier un rapport coût performances particulièrement intéressant en usage local.

Entre Mythos, Fable 5, l’explosion du volume de failles détectées chez Microsoft ou l’attaque surprise lancée par un modèle d’OpenAI sur les infrastructures de Hugging Face, c’est peu dire que l’IA générative percute de plein fouet le monde de la cybersécurité. Point commun de ces différentes annonces, savamment entretenues par le narratif marketing des laboratoires spécialisés : elles font appel à des modèles de pointe (frontier models), aussi performants que gourmands en ressources.

Précision et rappel

L’équipementier réseau Cisco s’invite dans l’arène avec une proposition de valeur un peu différente. Le 21 juillet, il a publié deux modèles à poids ouverts, plutôt modestes au premier abord puisqu’ils se limitent à respectivement 350 millions et un milliard de paramètres. Entraînés spécifiquement pour la recherche de vulnérabilités, ces deux modèles délivreraient des performances particulièrement intéressantes au regard de leur relative légèreté.

Pour ce faire, Cisco n’a pas cherché à doper les facultés de raisonnement de ses modèles, mais plutôt à optimiser leur précision et leur rappel grâce à une recherche par itérations. « Chaque modèle part d’une description de vulnérabilité, recherche des motifs de code pertinents, examine les fichiers candidats, intègre de nouveaux éléments, change d’orientation lorsqu’une piste s’avère infructueuse et affine sa recherche pour cibler les fichiers les plus susceptibles d’être critiques », décrit Cisco dans un billet d’annonce.

L’objectif des modèles Antares n’est donc pas d’analyser des systèmes ou cas de figure complexes, comme pourrait tenter de le faire un modèle frontière doté de capacités de raisonnement. Cisco les présente plutôt comme une assistance, capable de localiser les fichiers correspondant à une CVE dans un dépôt, de trier les alertes de vulnérabilité, de procéder à de l’enrichissement statistique en scannant des bases de code, ou de réaliser des analyses de sécurité locales dans des environnements soumis à des exigences de conformité.

Des modèles légers centrés sur la recherche de vulnérabilités

Le tout avec un coût en ressources significativement plus faible que celui des grands modèles. « Les tests montrent que ces modèles surpassent de nombreux modèles puissantsqu’ils soient à poids fermés ou ouvertsdans cette tâche de sécurité critique, et ce, pour une fraction du coût. De plus, ils sont suffisamment compacts pour être exécutés localement, évitant ainsi d’avoir à envoyer des bases de code sensibles dans le cloud », avance Cisco.

Dans ce contexte, l’équipementier justifie le choix de l’open source par la nécessité de fournir à la communauté cyber « des briques élémentaires plus accessibles pour une défense pratique au niveau du dépôt ».

Reste à mesurer les performances réelles de ces deux premiers modèles, qui seront bientôt rejoints par une variante à 3 milliards de paramètres (Antares-3B). Pour ce faire, Cisco estime ne pas pouvoir se baser sur les benchmarks traditionnellement dédiés au code, qui couvrent une palette plus large de scénarios d’usage, et a donc conçu son propre référentiel… qui, sans surprise, livre des résultats flatteurs pour les modèles maison.

Antares-1B se situerait ainsi entre GLM-5.2 et GPT-5.5 pour la localisation de vulnérabilités. Contrairement aux ténors du marché, les modèles Antares sont en revanche incapables de vérifier leurs découvertes. Cisco les positionne de ce fait comme un maillon spécialisé dans une chaîne d’outils IA plus large. « Dans l’ensemble, Antares démontre que des modèles compacts et déployables localement peuvent effectuer une analyse de sécurité autonome pertinente lorsqu’ils sont entraînés directement sur les schémas d’interaction requis par la tâche », concluent les auteurs de l’article technique dédié (PDF).

  •  

La France dit non au FSD de Tesla mais veut des véhicules autonomes homologués dès 2027

Full-Scale Deflection
La France dit non au FSD de Tesla mais veut des véhicules autonomes homologués dès 2027

Alors que plusieurs pays européens viennent de donner leur feu vert, le ministre des Transports Philippe Tabarot explique que la France n’est pas encore disposée à autoriser la conduite assistée de Tesla, dite FSD pour Full Self Driving. Il affirme vouloir se ranger derrière le cadre réglementaire européen, et dit attendre des véhicules autonomes homologués en France dès 2027.

Les conducteurs de Tesla vont devoir prendre leur mal en patience. Bien que les Pays-Bas, la Lituanie, l’Estonie, le Danemark et la Belgique aient donné leur feu vert, la France ne souhaite pas autoriser l’activation du mode de conduite automatique supervisée dit FSD, pour Full Self Driving. C’est du moins la position exprimée mercredi 22 juillet par le ministre des Transports Philippe Tabarot, dans une vidéo publiée sur le site Agora, qui propose aux internautes de soumettre leurs questions au gouvernement.

Excès de vitesse et vigilance insuffisante des conducteurs

Le ministre indique répondre à la question d’un certain Ludovic, qui s’enquiert de la possibilité d’utiliser le mode FSD en France. Et sa réponse se veut sans équivoque : « En France, on considère que ce système apporte un certain nombre de progrès technologiques mais que les contreparties en termes de sécurité ne sont pas encore suffisantes pour une autorisation en l’état ».

Tesla présente pour mémoire ce mode FSD comme une « conduite automatique supervisée », ce qui n’est pas exactement la même chose qu’une conduite totalement autonome. La fiche produit de ses véhicules décrit d’ailleurs le FSD comme une agrégation de fonctionnalités d’aide à la conduite (assistance au maintien de cap, reconnaissance des feux de signalisation et des panneaux, etc.).

En pratique et contrairement à un système de conduite totalement autonome, la surveillance active du conducteur reste un prérequis, même si Tesla assure que les performances sont suffisantes pour ne nécessiter qu’une « intervention minimale ». Longtemps vendu en supplément lors de l’achat d’une Tesla, le mode FSD est désormais commercialisé sous la forme d’un abonnement mensuel (99 euros par mois). Son activation reste cependant subordonnée aux autorisations réglementaires.

Et sur ce point, Philippe Tabarot exprime deux réserves principales. La première concerne les dépassements de vitesse dont se rendrait coupable le FSD. « S’il constate que les véhicules autour de lui roulent plus vite, en clair, il peut rouler à 70 km heure au lieu de 50 si le trafic circule à cette vitesse et ça sans demande explicite du conducteur. Dans certains cas, un véhicule peut ainsi aller jusqu’à 50 % au-dessus de la limite de vitesse autorisée. Le code de la route n’est donc pas respecté », avance le ministre.

L’autre point d’achoppement concerne les mécanismes mis en œuvre par Tesla pour garantir que le conducteur soit pleinement attentif à la conduite lors de certaines manœuvres comme les changements de voie ou les franchissements de ronds-points. « Pourtant, un manque d’attention peut avoir des conséquences très graves aussi bien pour les personnes à l’extérieur que pour les occupants du véhicule », déclare le ministre, avant de rappeler que le conducteur reste pénalement responsable en cas d’erreur d’un système d’aide à la conduite.

Des véhicules réellement autonomes homologués dès 2027 ?

Philippe Tabarot ne se dit pas foncièrement opposé à l’homologation de la conduite automatique supervisée de Tesla, mais réclame des évolutions du système, suivies d’une nouvelle évaluation. « Je tiens à le souligner : la France soutient ces technologies et leur déploiement doit se faire dans un cadre de confiance qui permet d’évaluer les systèmes et de déterminer les ajustements du FSD nécessaires pour garantir un haut niveau de sécurité ».

En attendant, le ministre rappelle que la France encadre depuis plus de dix ans des expérimentations autour du véhicule autonome. Et formule un objectif pour le moins ambitieux : « En France, plus de 200 expérimentations de véhicules autonomes ont été réalisées depuis 2015. C’est une base solide, mais je veux aller plus loin et permettre l’arrivée de véhicules autonomes homologués en France dès 2027 ».

Relayées par des actionnaires et soutiens de l’entreprise sur X, ces déclarations ont suscité un commentaire d’Elon Musk. « Retarder l’approbation de FSD en France coûtera des vies », a estimé le patron de Tesla, qui a fait de la conduite autonome l’un des principaux axes stratégiques de l’entreprise, incarné notamment par le projet Cybercab (ou Robotaxi).

Une accidentalité limitée, mais en hausse

Musk vante depuis longtemps les performances du FSD, nourri par « des données de conduite anonymes prélevées sur des milliards de miles » et jusqu’à « sept fois plus sûr » qu’un conducteur humain, selon la communication de Tesla. L’expérience acquise dans les pays où le FSD est déjà autorisé confirme la fiabilité générale du système, mais elle souligne aussi qu’il n’est pas exempt de défauts.

Aux États-Unis, Tesla a par exemple rapporté à l’agence fédérale en charge de la sécurité routière (la NHTSA) 207 accidents survenus alors que le FSD était enclenché pour le seul mois de mai 2026, soit le plus haut volume jamais rapporté par le constructeur. Le média Electrek, qui révèle ce chiffre, salue les performances générales du dispositif, le qualifiant de meilleur système de niveau 2 disponible sur le marché.

Il signale dans le même temps un paradoxe qui va dans le sens des déclarations de Philippe Tabarot. Les progrès du système, et la façon qu’a Tesla de communiquer sur une promesse de conduite automatique (et non sur un simple ensemble d’assistances au conducteur) participent à une forme de déresponsabilisation des conducteurs, qui délèguent de plus en plus les manœuvres à la machine, et provoquent de ce fait une augmentation du nombre d’accidents, alors même que la technologie s’améliore.

Un levier commercial bien identifié

La récente publication des résultats financiers de Tesla pour le deuxième trimestre 2026 (PDF) révèle quant à elle l’importance croissante du FSD dans le modèle économique de l’entreprise. Elle revendique désormais 1,48 million de souscriptions actives, sur un total de 9,7 millions de véhicules livrés depuis son lancement. L’homologation du système est par ailleurs présentée comme un facteur de dynamisation des ventes sur les marchés concernés :

« Nous avons également atteint des taux d’adoption record pour le FSD en Amérique du Nord, plus de 55 % des nouvelles livraisons incluant un abonnement à cette fonctionnalité. Dans le prolongement de l’autorisation de déployer le FSD aux Pays-Bas, nous avons obtenu des autorisations supplémentaires en Lituanie, en Estonie, au Danemark et en Belgique ; à la date de juillet, les clients de ces pays avaient parcouru plus de 50 millions de kilomètres (31 millions de miles) en mode FSD. Nous constatons un vif intérêt pour nos véhicules sur les marchés où le FSD est autorisé. »

  •  

La France dit non au FSD de Tesla mais veut des véhicules autonomes homologués dès 2027

Full-Scale Deflection
La France dit non au FSD de Tesla mais veut des véhicules autonomes homologués dès 2027

Alors que plusieurs pays européens viennent de donner leur feu vert, le ministre des Transports Philippe Tabarot explique que la France n’est pas encore disposée à autoriser la conduite assistée de Tesla, dite FSD pour Full Self Driving. Il affirme vouloir se ranger derrière le cadre réglementaire européen, et dit attendre des véhicules autonomes homologués en France dès 2027.

Les conducteurs de Tesla vont devoir prendre leur mal en patience. Bien que les Pays-Bas, la Lituanie, l’Estonie, le Danemark et la Belgique aient donné leur feu vert, la France ne souhaite pas autoriser l’activation du mode de conduite automatique supervisée dit FSD, pour Full Self Driving. C’est du moins la position exprimée mercredi 22 juillet par le ministre des Transports Philippe Tabarot, dans une vidéo publiée sur le site Agora, qui propose aux internautes de soumettre leurs questions au gouvernement.

Excès de vitesse et vigilance insuffisante des conducteurs

Le ministre indique répondre à la question d’un certain Ludovic, qui s’enquiert de la possibilité d’utiliser le mode FSD en France. Et sa réponse se veut sans équivoque : « En France, on considère que ce système apporte un certain nombre de progrès technologiques mais que les contreparties en termes de sécurité ne sont pas encore suffisantes pour une autorisation en l’état ».

Tesla présente pour mémoire ce mode FSD comme une « conduite automatique supervisée », ce qui n’est pas exactement la même chose qu’une conduite totalement autonome. La fiche produit de ses véhicules décrit d’ailleurs le FSD comme une agrégation de fonctionnalités d’aide à la conduite (assistance au maintien de cap, reconnaissance des feux de signalisation et des panneaux, etc.).

En pratique et contrairement à un système de conduite totalement autonome, la surveillance active du conducteur reste un prérequis, même si Tesla assure que les performances sont suffisantes pour ne nécessiter qu’une « intervention minimale ». Longtemps vendu en supplément lors de l’achat d’une Tesla, le mode FSD est désormais commercialisé sous la forme d’un abonnement mensuel (99 euros par mois). Son activation reste cependant subordonnée aux autorisations réglementaires.

Et sur ce point, Philippe Tabarot exprime deux réserves principales. La première concerne les dépassements de vitesse dont se rendrait coupable le FSD. « S’il constate que les véhicules autour de lui roulent plus vite, en clair, il peut rouler à 70 km heure au lieu de 50 si le trafic circule à cette vitesse et ça sans demande explicite du conducteur. Dans certains cas, un véhicule peut ainsi aller jusqu’à 50 % au-dessus de la limite de vitesse autorisée. Le code de la route n’est donc pas respecté », avance le ministre.

L’autre point d’achoppement concerne les mécanismes mis en œuvre par Tesla pour garantir que le conducteur soit pleinement attentif à la conduite lors de certaines manœuvres comme les changements de voie ou les franchissements de ronds-points. « Pourtant, un manque d’attention peut avoir des conséquences très graves aussi bien pour les personnes à l’extérieur que pour les occupants du véhicule », déclare le ministre, avant de rappeler que le conducteur reste pénalement responsable en cas d’erreur d’un système d’aide à la conduite.

Des véhicules réellement autonomes homologués dès 2027 ?

Philippe Tabarot ne se dit pas foncièrement opposé à l’homologation de la conduite automatique supervisée de Tesla, mais réclame des évolutions du système, suivies d’une nouvelle évaluation. « Je tiens à le souligner : la France soutient ces technologies et leur déploiement doit se faire dans un cadre de confiance qui permet d’évaluer les systèmes et de déterminer les ajustements du FSD nécessaires pour garantir un haut niveau de sécurité ».

En attendant, le ministre rappelle que la France encadre depuis plus de dix ans des expérimentations autour du véhicule autonome. Et formule un objectif pour le moins ambitieux : « En France, plus de 200 expérimentations de véhicules autonomes ont été réalisées depuis 2015. C’est une base solide, mais je veux aller plus loin et permettre l’arrivée de véhicules autonomes homologués en France dès 2027 ».

Relayées par des actionnaires et soutiens de l’entreprise sur X, ces déclarations ont suscité un commentaire d’Elon Musk. « Retarder l’approbation de FSD en France coûtera des vies », a estimé le patron de Tesla, qui a fait de la conduite autonome l’un des principaux axes stratégiques de l’entreprise, incarné notamment par le projet Cybercab (ou Robotaxi).

Une accidentalité limitée, mais en hausse

Musk vante depuis longtemps les performances du FSD, nourri par « des données de conduite anonymes prélevées sur des milliards de miles » et jusqu’à « sept fois plus sûr » qu’un conducteur humain, selon la communication de Tesla. L’expérience acquise dans les pays où le FSD est déjà autorisé confirme la fiabilité générale du système, mais elle souligne aussi qu’il n’est pas exempt de défauts.

Aux États-Unis, Tesla a par exemple rapporté à l’agence fédérale en charge de la sécurité routière (la NHTSA) 207 accidents survenus alors que le FSD était enclenché pour le seul mois de mai 2026, soit le plus haut volume jamais rapporté par le constructeur. Le média Electrek, qui révèle ce chiffre, salue les performances générales du dispositif, le qualifiant de meilleur système de niveau 2 disponible sur le marché.

Il signale dans le même temps un paradoxe qui va dans le sens des déclarations de Philippe Tabarot. Les progrès du système, et la façon qu’a Tesla de communiquer sur une promesse de conduite automatique (et non sur un simple ensemble d’assistances au conducteur) participent à une forme de déresponsabilisation des conducteurs, qui délèguent de plus en plus les manœuvres à la machine, et provoquent de ce fait une augmentation du nombre d’accidents, alors même que la technologie s’améliore.

Un levier commercial bien identifié

La récente publication des résultats financiers de Tesla pour le deuxième trimestre 2026 (PDF) révèle quant à elle l’importance croissante du FSD dans le modèle économique de l’entreprise. Elle revendique désormais 1,48 million de souscriptions actives, sur un total de 9,7 millions de véhicules livrés depuis son lancement. L’homologation du système est par ailleurs présentée comme un facteur de dynamisation des ventes sur les marchés concernés :

« Nous avons également atteint des taux d’adoption record pour le FSD en Amérique du Nord, plus de 55 % des nouvelles livraisons incluant un abonnement à cette fonctionnalité. Dans le prolongement de l’autorisation de déployer le FSD aux Pays-Bas, nous avons obtenu des autorisations supplémentaires en Lituanie, en Estonie, au Danemark et en Belgique ; à la date de juillet, les clients de ces pays avaient parcouru plus de 50 millions de kilomètres (31 millions de miles) en mode FSD. Nous constatons un vif intérêt pour nos véhicules sur les marchés où le FSD est autorisé. »

  •  

☕️ Raspberry Pi lance une version 10 pouces de son écran Touch Display 2



La fondation Raspberry Pi étoffe son offre en matière d’écran avec le lancement d’une version 10 pouces de son Touch Display 2, l’écran tactile introduit en 2024 d’abord en format 7 pouces (voir notre prise en main) puis décliné en 5 pouces l’année suivante.

Le nouveau venu adopte une dalle 24 bits affichant 1 200 x 1 920 pixels, sur une surface utile de 135,4 x 216,6 mm. Pensé principalement pour une utilisation portrait (avec un ratio 1:2), il offre d’après sa fiche technique (PDF) des angles de vision de 85 degrés, une luminosité de 400 cd/m², et un tactile multi-points capable de reconnaitre jusqu’à dix doigts (contre cinq pour les formats 5 et 7 pouces).

Affiché au prix public conseillé de 80 dollars (hors taxes et hors frais de port), le Touch Display 2 10 pouces revendique toujours une intégration sans effort avec l’environnement Raspberry Pi. Son dos permet d’installer un mini-ordinateur qui alimentera directement l’écran, et la dalle tactile est reconnue nativement par le système d’exploitation.

Dos du Raspberry Pi Touch 2 version 10 pouces – crédit Raspberry Pi

Le passage à une résolution plus élevée entraine toutefois une limitation : la version 10 pouces exige quatre lignes DSI pour fonctionner correctement, ce qui restreint sa compatibilité au Raspberry Pi 5 ou au Raspberry Pi Compute Module. Les Raspberry Pi 4 et modèles antérieurs restent quant à eux limités aux versions 5 et 7 pouces de l’écran.

Entre autres usages, la fondation Raspberry Pi suggère « les tableaux de bord domotiques, les bornes interactives, les interfaces robotiques, l’affichage dynamique, les systèmes de jeu, les panneaux de commande d’équipements d’atelier ou de laboratoire », etc. En parallèle de cet écran « officiel », il existe bien sûr d’innombrables écrans de toute taille issus de fabricants tiers et pensés pour l’environnement Raspberry Pi.

  •  

☕️ Raspberry Pi lance une version 10 pouces de son écran Touch Display 2



La fondation Raspberry Pi étoffe son offre en matière d’écran avec le lancement d’une version 10 pouces de son Touch Display 2, l’écran tactile introduit en 2024 d’abord en format 7 pouces (voir notre prise en main) puis décliné en 5 pouces l’année suivante.

Le nouveau venu adopte une dalle 24 bits affichant 1 200 x 1 920 pixels, sur une surface utile de 135,4 x 216,6 mm. Pensé principalement pour une utilisation portrait (avec un ratio 1:2), il offre d’après sa fiche technique (PDF) des angles de vision de 85 degrés, une luminosité de 400 cd/m², et un tactile multi-points capable de reconnaitre jusqu’à dix doigts (contre cinq pour les formats 5 et 7 pouces).

Affiché au prix public conseillé de 80 dollars (hors taxes et hors frais de port), le Touch Display 2 10 pouces revendique toujours une intégration sans effort avec l’environnement Raspberry Pi. Son dos permet d’installer un mini-ordinateur qui alimentera directement l’écran, et la dalle tactile est reconnue nativement par le système d’exploitation.

Dos du Raspberry Pi Touch 2 version 10 pouces – crédit Raspberry Pi

Le passage à une résolution plus élevée entraine toutefois une limitation : la version 10 pouces exige quatre lignes DSI pour fonctionner correctement, ce qui restreint sa compatibilité au Raspberry Pi 5 ou au Raspberry Pi Compute Module. Les Raspberry Pi 4 et modèles antérieurs restent quant à eux limités aux versions 5 et 7 pouces de l’écran.

Entre autres usages, la fondation Raspberry Pi suggère « les tableaux de bord domotiques, les bornes interactives, les interfaces robotiques, l’affichage dynamique, les systèmes de jeu, les panneaux de commande d’équipements d’atelier ou de laboratoire », etc. En parallèle de cet écran « officiel », il existe bien sûr d’innombrables écrans de toute taille issus de fabricants tiers et pensés pour l’environnement Raspberry Pi.

  •  

AMD s’engage à investir 5 milliards de dollars dans Anthropic via un nouvel accord croisé

Ouroboros
AMD s’engage à investir 5 milliards de dollars dans Anthropic via un nouvel accord croisé

AMD s’engage à investir jusqu’à 5 milliards de dollars pour soutenir le développement d’Anthropic. En échange, l’éditeur des modèles Claude promet de déployer l’équivalent de 2 GW de puces AMD au sein de ses infrastructures de calcul. Un nouvel accord croisé comme le secteur de l’IA générative les aime tant.

AMD et Anthropic viennent de donner un peu de grain à moudre aux détracteurs de la frénésie d’investissements croisés qui accompagne l’avènement de l’IA générative. Les deux entreprises viennent en effet d’annoncer un accord basé sur un principe de réciprocité. Anthropic s’engage à acheter des quantités massives de puces haut de gamme fournies par AMD, tandis qu’AMD promet en échange d’investir jusqu’à 5 milliards de dollars pour soutenir la stratégie de développement de son client.

Helios, les nouveaux racks dédiés à l’IA d’AMD

Ce nouveau partenariat accompagne la livraison, par AMD, de ses premiers racks dédiés à l’IA sous la marque Helios, annoncés en octobre dernier et mis en avant lors du dernier CES. À l’instar de ce que propose NVIDIA avec sa plateforme Vera Rubin, Helios prend la forme d’un système complet, avec un ensemble de GPU de la gamme Instinct MI450, des processeurs AMD EPYC de classe Venice et une couche réseau maison dédiée aux interconnexions, AMD Pensando. Le tout fonctionne à l’aide de ROCm, la pile logicielle open source qu’AMD dédie à l’IA et au supercalcul, conçue comme une alternative à CUDA.

Anthropic, qui exploite déjà des GPU Instinct MI355X sur une partie de son infrastructure, devrait dans ce contexte commander l’équivalent de 2 GW de systèmes Helios. Le nombre de machines correspondant n’est pas précisé, mais les deux partenaires évoquent le premier semestre 2027 comme horizon de déploiement pour le premier GW.

Les deux entreprises profitent de l’occasion pour formaliser un accord de collaboration selon lequel les modèles Claude seront mis à profit pour accélérer le développement des logiciels AMD. « Plus précisément, les équipes utiliseront Claude pour optimiser les charges de travail destinées aux GPU AMD Instinct et accélérer le développement logiciel ROCm. AMD déploiera également Claude à grande échelle au sein de ses équipes d’ingénierie et de développement de produits », indique la firme de Sunnyvale.

Notons qu’on retrouve quasi systématiquement des engagements de collaboration étendue dans ce genre d’accord, et que ces derniers ne s’accompagnent que rarement d’une exclusivité.

AMD avance en revanche une autre contrepartie : une promesse d’investissement « jusqu’à 5 milliards de dollars » dans Anthropic « à l’avenir ». L’enveloppe est délimitée, mais le calendrier n’est pas précisé, et la mention « jusqu’à » laisse supposer un accord par paliers, possiblement indexé sur la quantité réelle de systèmes commandés et déployés par Anthropic.

Des accords croisés de plus en plus fréquents

Anthropic avait déjà annoncé en avril dernier un accord similaire, sur le principe, avec Amazon, envisageant un achat en volume de puces Trainium en échange d’un renforcement au capital, à hauteur là aussi de 5 milliards de dollars. En octobre 2025, l’éditeur de Claude signait un accord avec Google pour un approvisionnement garanti en TPU.

OpenAI n’est pas en reste, avec notamment une succession de promesses croisées impliquant NVIDIA pour la fourniture de puces, mais aussi Oracle pour la construction et la mise à disposition de datacenters, avec une valse de contrats réciproques et surtout basés sur des engagements futurs qui alimentent les craintes d’une bulle de l’IA.

Un doublé pour AMD

AMD signe un doublé grâce à ce nouvel accord : l’entreprise avait déjà annoncé lundi 20 juillet un contrat de grande envergure avec Microsoft, portant là aussi sur des systèmes Helios et à destination des services d’inférence proposés sur Azure, avec une livraison programmée au deuxième semestre 2026. Le montant et le périmètre du contrat n’ont pas été communiqués.

Microsoft indique toutefois de son côté qu’une partie de ces équipements motorisera la nouvelle offre de machines virtuelles dédiées à l’entraînement d’IA proposée par Azure. Baptisées HDv2, ces VM pourront mobiliser jusqu’à 500 cœurs physiques de CPU AMD Epyc, 4 To de mémoire vive et 32 To de stockage NVMe. Azure déclinera également les solutions physiques d’AMD sur deux autres types de VM destinées respectivement au design électronique et à l’inférence à grande échelle.

Microsoft va commercialiser via Azure des VM dédiées au supercalcul et à l’IA – crédit Microsoft

  •  

AMD s’engage à investir 5 milliards de dollars dans Anthropic via un nouvel accord croisé

Ouroboros
AMD s’engage à investir 5 milliards de dollars dans Anthropic via un nouvel accord croisé

AMD s’engage à investir jusqu’à 5 milliards de dollars pour soutenir le développement d’Anthropic. En échange, l’éditeur des modèles Claude promet de déployer l’équivalent de 2 GW de puces AMD au sein de ses infrastructures de calcul. Un nouvel accord croisé comme le secteur de l’IA générative les aime tant.

AMD et Anthropic viennent de donner un peu de grain à moudre aux détracteurs de la frénésie d’investissements croisés qui accompagne l’avènement de l’IA générative. Les deux entreprises viennent en effet d’annoncer un accord basé sur un principe de réciprocité. Anthropic s’engage à acheter des quantités massives de puces haut de gamme fournies par AMD, tandis qu’AMD promet en échange d’investir jusqu’à 5 milliards de dollars pour soutenir la stratégie de développement de son client.

Helios, les nouveaux racks dédiés à l’IA d’AMD

Ce nouveau partenariat accompagne la livraison, par AMD, de ses premiers racks dédiés à l’IA sous la marque Helios, annoncés en octobre dernier et mis en avant lors du dernier CES. À l’instar de ce que propose NVIDIA avec sa plateforme Vera Rubin, Helios prend la forme d’un système complet, avec un ensemble de GPU de la gamme Instinct MI450, des processeurs AMD EPYC de classe Venice et une couche réseau maison dédiée aux interconnexions, AMD Pensando. Le tout fonctionne à l’aide de ROCm, la pile logicielle open source qu’AMD dédie à l’IA et au supercalcul, conçue comme une alternative à CUDA.

Anthropic, qui exploite déjà des GPU Instinct MI355X sur une partie de son infrastructure, devrait dans ce contexte commander l’équivalent de 2 GW de systèmes Helios. Le nombre de machines correspondant n’est pas précisé, mais les deux partenaires évoquent le premier semestre 2027 comme horizon de déploiement pour le premier GW.

Les deux entreprises profitent de l’occasion pour formaliser un accord de collaboration selon lequel les modèles Claude seront mis à profit pour accélérer le développement des logiciels AMD. « Plus précisément, les équipes utiliseront Claude pour optimiser les charges de travail destinées aux GPU AMD Instinct et accélérer le développement logiciel ROCm. AMD déploiera également Claude à grande échelle au sein de ses équipes d’ingénierie et de développement de produits », indique la firme de Sunnyvale.

Notons qu’on retrouve quasi systématiquement des engagements de collaboration étendue dans ce genre d’accord, et que ces derniers ne s’accompagnent que rarement d’une exclusivité.

AMD avance en revanche une autre contrepartie : une promesse d’investissement « jusqu’à 5 milliards de dollars » dans Anthropic « à l’avenir ». L’enveloppe est délimitée, mais le calendrier n’est pas précisé, et la mention « jusqu’à » laisse supposer un accord par paliers, possiblement indexé sur la quantité réelle de systèmes commandés et déployés par Anthropic.

Des accords croisés de plus en plus fréquents

Anthropic avait déjà annoncé en avril dernier un accord similaire, sur le principe, avec Amazon, envisageant un achat en volume de puces Trainium en échange d’un renforcement au capital, à hauteur là aussi de 5 milliards de dollars. En octobre 2025, l’éditeur de Claude signait un accord avec Google pour un approvisionnement garanti en TPU.

OpenAI n’est pas en reste, avec notamment une succession de promesses croisées impliquant NVIDIA pour la fourniture de puces, mais aussi Oracle pour la construction et la mise à disposition de datacenters, avec une valse de contrats réciproques et surtout basés sur des engagements futurs qui alimentent les craintes d’une bulle de l’IA.

Un doublé pour AMD

AMD signe un doublé grâce à ce nouvel accord : l’entreprise avait déjà annoncé lundi 20 juillet un contrat de grande envergure avec Microsoft, portant là aussi sur des systèmes Helios et à destination des services d’inférence proposés sur Azure, avec une livraison programmée au deuxième semestre 2026. Le montant et le périmètre du contrat n’ont pas été communiqués.

Microsoft indique toutefois de son côté qu’une partie de ces équipements motorisera la nouvelle offre de machines virtuelles dédiées à l’entraînement d’IA proposée par Azure. Baptisées HDv2, ces VM pourront mobiliser jusqu’à 500 cœurs physiques de CPU AMD Epyc, 4 To de mémoire vive et 32 To de stockage NVMe. Azure déclinera également les solutions physiques d’AMD sur deux autres types de VM destinées respectivement au design électronique et à l’inférence à grande échelle.

Microsoft va commercialiser via Azure des VM dédiées au supercalcul et à l’IA – crédit Microsoft

  •  

AI Overviews : Google lance ses Aperçus IA dans la recherche en France

C'est la fin de l'exception culturelle
AI Overviews : Google lance ses Aperçus IA dans la recherche en France

Google a commencé mercredi le déploiement de la fonction « Aperçus IA », qui propose de répondre directement aux questions de l’internaute depuis la page de résultats du moteur de recherche, sans nécessairement le renvoyer vers un site source. S’y ajoute un « Mode IA », basé sur Gemini, qui déclenche une conversation plus fouillée. Google introduit dans le même temps une option permettant aux éditeurs de sites de ne pas voir apparaître leurs contenus dans ces résultats, mais ne répond pas à la problématique inhérente de perte de trafic.

C’est peu dire que Google marche sur des œufs en France, où le débat sur les droits voisins a déjà valu au moteur de recherche plusieurs contentieux avec le monde de la presse et des éditeurs de services en ligne. Après des mois d’atermoiement, le moteur de recherche vient toutefois de franchir le Rubicon en annonçant, mercredi 22 juillet, le déploiement de sa fonction Aperçus IA auprès des internautes français. Dans le monde anglophone, elle fait l’objet de tests depuis mai 2024.

Disponible sur le Web ou via les applications mobiles du moteur, Aperçus IA introduit un champ de réponse générée par IA au sommet de la page de résultats, qui vise à apporter une réponse directe au questionnement formulé par l’internaute. « Ces aperçus s’affichent seulement lorsque nos systèmes déterminent qu’une réponse optimisée par l’IA est utile pour répondre à votre requête », précise Google.

Une conversation directement dans le moteur de recherche

Autrement dit, une recherche simple devrait toujours retourner une liste de liens (souvent déjà agrémentée d’un résumé automatisé), mais les requêtes plus complexes peuvent dès à présent occasionner une réponse sous forme d’Aperçu IA, similaire sur la forme aux résultats que produisent les LLM courants.

La liste de liens historique cède la place à un comportement hérité de celui des chatbots – crédit Google

À ce premier niveau de réponse, Google en ajoute un second : la possibilité d’initier une conversation avec le « mode IA », qui revient donc à une intégration directe de ses modèles Gemini dans la page de résultats. Comme dans un chatbot, on peut interagir via du texte ou à la voix, mais aussi soumettre des images ou des documents pour étayer sa requête.

« Grâce aux capacités de raisonnement avancées et à la compréhension multimodale approfondie de Gemini 3.5, le Mode IA traite vos questions les plus spécifiques ou nuancées, qui auraient auparavant nécessité plusieurs recherches successives. En moyenne, une recherche dans le Mode IA est trois fois plus longue qu’une recherche traditionnelle », décrit Google.

Outre la promesse du service rendu à l’internaute, on comprend bien l’intérêt pour l’entreprise : conserver l’internaute sur la page de résultats sans le renvoyer vers des sites tiers, c’est une façon de prolonger son exposition à des publicités ou à des liens sponsorisés générateurs de chiffre d’affaires.

Des éditeurs inquiets, à juste titre ?

Instaurer la possibilité d’un échange avec un LLM directement dans la recherche peut également être perçu comme une façon de court-circuiter les applications et services dédiés (ChatGPT, Claude, LeChat et consorts), en capitalisant sur l’audience globale du numéro un mondial de la recherche en ligne. À ce sujet, Google teste d’ailleurs dans Chrome une option qui permet au mode IA de supplanter la recherche traditionnelle, et donc de lancer une conversation directement depuis la barre de navigation.

Dans sa présentation destinée à la France, Google prend soin à plusieurs reprises de souligner que les résultats de recherche, à comprendre comme des liens vers des sites externes, restent visibles :

« Le Mode IA utilise notre technologie de query-fan-out qui découpe votre question en plusieurs sous-thèmes et lance simultanément une multitude de recherches. Cela permet de pousser l’exploration du Web bien plus loin qu’une recherche Google classique, aidant à découvrir encore plus de contenus pertinents et de sites Web passionnants, grâce à des liens bien visibles pour poursuivre votre lecture. »

Ces précautions oratoires ne sont pas anodines : les éditeurs de sites Web en général, et l’univers de la presse en ligne en particulier, craignent que les Aperçus IA aient un impact préjudiciable sur le trafic que leur renvoie le moteur de recherche. Le sujet a d’ailleurs déjà motivé le dépôt d’une plainte pour abus de position dominante par un collectif d’éditeurs indépendants britanniques en juillet 2025, ainsi qu’une autre procédure initiée par l’éditeur de Rolling Stone et Variety aux États-Unis.

Ces réticences n’ont pour l’instant pas empêché Google de déployer et d’enrichir ces fonctionnalités IA… sauf en France, où la fonction Aperçus IA arrive donc très tardivement, en grande partie à cause des obligations dont doit s’acquitter le moteur de recherche au regard des droits voisins (une rémunération versée par Google aux publications de presse en échange de l’utilisation faite des contenus de ces dernières au sein de ses propres services).

La France et ses droits voisins

De précédents manquements lui ont valu une sanction de 250 millions d’euros prononcée par l’Autorité de la concurrence en 2024, et c’est l’accord conclu avec cette dernière qui aurait constitué la principale pierre d’achoppement.

« Le groupe était bloqué car il s’était engagé devant l’Autorité de la concurrence à ce que l’existence des négociations sur les droits voisins n’affecte pas l’indexation, le classement ou la présentation des contenus pendant la durée des négociations », indiquait fin juin le Figaro. Pour lever l’incertitude associée, Google prévoirait d’intégrer les Aperçus IA aux accords déjà passés avec les publications de presse, ce qui se traduirait donc par un surcroît de rémunération pour ces dernières. Aucun accord collectif n’a toutefois été annoncé par les éditeurs concernés, ce qui laisse supposer des négociations toujours en cours.

En attendant, Google propose aux éditeurs qui le souhaitent une option accessible via la Search Console (l’outil qui sert à mesurer et optimiser la visibilité d’un site dans les résultats de recherche ou dans l’algorithme de recommandation Discover) permettant de refuser que leurs contenus nourrissent les Aperçus IA. Le moteur promet que cet opt-out n’aura pas d’impact sur leur visibilité dans les résultats de recherche standard, mais qu’adviendra-t-il si les Aperçus IA s’imposent dans les usages même pour les recherches courantes ? Une étude du Pew Internet Center établissait en juillet 2025 que les Aperçus IA réduisaient de moitié le taux de clic enregistré vers les sites source au sein d’une page de résultats, alors même qu’ils sont eux aussi sujets aux erreurs et hallucinations.

  •  

AI Overviews : Google lance ses Aperçus IA dans la recherche en France

C'est la fin de l'exception culturelle
AI Overviews : Google lance ses Aperçus IA dans la recherche en France

Google a commencé mercredi le déploiement de la fonction « Aperçus IA », qui propose de répondre directement aux questions de l’internaute depuis la page de résultats du moteur de recherche, sans nécessairement le renvoyer vers un site source. S’y ajoute un « Mode IA », basé sur Gemini, qui déclenche une conversation plus fouillée. Google introduit dans le même temps une option permettant aux éditeurs de sites de ne pas voir apparaître leurs contenus dans ces résultats, mais ne répond pas à la problématique inhérente de perte de trafic.

C’est peu dire que Google marche sur des œufs en France, où le débat sur les droits voisins a déjà valu au moteur de recherche plusieurs contentieux avec le monde de la presse et des éditeurs de services en ligne. Après des mois d’atermoiement, le moteur de recherche vient toutefois de franchir le Rubicon en annonçant, mercredi 22 juillet, le déploiement de sa fonction Aperçus IA auprès des internautes français. Dans le monde anglophone, elle fait l’objet de tests depuis mai 2024.

Disponible sur le Web ou via les applications mobiles du moteur, Aperçus IA introduit un champ de réponse générée par IA au sommet de la page de résultats, qui vise à apporter une réponse directe au questionnement formulé par l’internaute. « Ces aperçus s’affichent seulement lorsque nos systèmes déterminent qu’une réponse optimisée par l’IA est utile pour répondre à votre requête », précise Google.

Une conversation directement dans le moteur de recherche

Autrement dit, une recherche simple devrait toujours retourner une liste de liens (souvent déjà agrémentée d’un résumé automatisé), mais les requêtes plus complexes peuvent dès à présent occasionner une réponse sous forme d’Aperçu IA, similaire sur la forme aux résultats que produisent les LLM courants.

La liste de liens historique cède la place à un comportement hérité de celui des chatbots – crédit Google

À ce premier niveau de réponse, Google en ajoute un second : la possibilité d’initier une conversation avec le « mode IA », qui revient donc à une intégration directe de ses modèles Gemini dans la page de résultats. Comme dans un chatbot, on peut interagir via du texte ou à la voix, mais aussi soumettre des images ou des documents pour étayer sa requête.

« Grâce aux capacités de raisonnement avancées et à la compréhension multimodale approfondie de Gemini 3.5, le Mode IA traite vos questions les plus spécifiques ou nuancées, qui auraient auparavant nécessité plusieurs recherches successives. En moyenne, une recherche dans le Mode IA est trois fois plus longue qu’une recherche traditionnelle », décrit Google.

Outre la promesse du service rendu à l’internaute, on comprend bien l’intérêt pour l’entreprise : conserver l’internaute sur la page de résultats sans le renvoyer vers des sites tiers, c’est une façon de prolonger son exposition à des publicités ou à des liens sponsorisés générateurs de chiffre d’affaires.

Des éditeurs inquiets, à juste titre ?

Instaurer la possibilité d’un échange avec un LLM directement dans la recherche peut également être perçu comme une façon de court-circuiter les applications et services dédiés (ChatGPT, Claude, LeChat et consorts), en capitalisant sur l’audience globale du numéro un mondial de la recherche en ligne. À ce sujet, Google teste d’ailleurs dans Chrome une option qui permet au mode IA de supplanter la recherche traditionnelle, et donc de lancer une conversation directement depuis la barre de navigation.

Dans sa présentation destinée à la France, Google prend soin à plusieurs reprises de souligner que les résultats de recherche, à comprendre comme des liens vers des sites externes, restent visibles :

« Le Mode IA utilise notre technologie de query-fan-out qui découpe votre question en plusieurs sous-thèmes et lance simultanément une multitude de recherches. Cela permet de pousser l’exploration du Web bien plus loin qu’une recherche Google classique, aidant à découvrir encore plus de contenus pertinents et de sites Web passionnants, grâce à des liens bien visibles pour poursuivre votre lecture. »

Ces précautions oratoires ne sont pas anodines : les éditeurs de sites Web en général, et l’univers de la presse en ligne en particulier, craignent que les Aperçus IA aient un impact préjudiciable sur le trafic que leur renvoie le moteur de recherche. Le sujet a d’ailleurs déjà motivé le dépôt d’une plainte pour abus de position dominante par un collectif d’éditeurs indépendants britanniques en juillet 2025, ainsi qu’une autre procédure initiée par l’éditeur de Rolling Stone et Variety aux États-Unis.

Ces réticences n’ont pour l’instant pas empêché Google de déployer et d’enrichir ces fonctionnalités IA… sauf en France, où la fonction Aperçus IA arrive donc très tardivement, en grande partie à cause des obligations dont doit s’acquitter le moteur de recherche au regard des droits voisins (une rémunération versée par Google aux publications de presse en échange de l’utilisation faite des contenus de ces dernières au sein de ses propres services).

La France et ses droits voisins

De précédents manquements lui ont valu une sanction de 250 millions d’euros prononcée par l’Autorité de la concurrence en 2024, et c’est l’accord conclu avec cette dernière qui aurait constitué la principale pierre d’achoppement.

« Le groupe était bloqué car il s’était engagé devant l’Autorité de la concurrence à ce que l’existence des négociations sur les droits voisins n’affecte pas l’indexation, le classement ou la présentation des contenus pendant la durée des négociations », indiquait fin juin le Figaro. Pour lever l’incertitude associée, Google prévoirait d’intégrer les Aperçus IA aux accords déjà passés avec les publications de presse, ce qui se traduirait donc par un surcroît de rémunération pour ces dernières. Aucun accord collectif n’a toutefois été annoncé par les éditeurs concernés, ce qui laisse supposer des négociations toujours en cours.

En attendant, Google propose aux éditeurs qui le souhaitent une option accessible via la Search Console (l’outil qui sert à mesurer et optimiser la visibilité d’un site dans les résultats de recherche ou dans l’algorithme de recommandation Discover) permettant de refuser que leurs contenus nourrissent les Aperçus IA. Le moteur promet que cet opt-out n’aura pas d’impact sur leur visibilité dans les résultats de recherche standard, mais qu’adviendra-t-il si les Aperçus IA s’imposent dans les usages même pour les recherches courantes ? Une étude du Pew Internet Center établissait en juillet 2025 que les Aperçus IA réduisaient de moitié le taux de clic enregistré vers les sites source au sein d’une page de résultats, alors même qu’ils sont eux aussi sujets aux erreurs et hallucinations.

  •  

☕️ Buzz, l’espace de travail partagé entre humains et agents IA selon Jack Dorsey



Jack Dorsey a annoncé mardi le dernier projet en date porté par son entreprise Block : un espace de travail baptisé Buzz, dans lequel des développeurs humains et des agents IA sont censés pouvoir collaborer de façon efficace et sécurisée. En pratique ? L’interface ressemble à celle d’un Slack, d’un Mattermost ou d’un Discord, au sein duquel les agents IA ne sont pas traités comme des composants externes, mais comme des membres à part entière.

« Oui, c’est encore un outil pour développeurs lié à l’IA. Nous en sommes désolés. La différence réside dans ce que les agents peuvent réellement accomplir une fois intégrés : ouvrir des dépôts, envoyer des correctifs, réviser du code, exécuter des workflows, modifier des canevas, orchestrer d’autres agents, rejoindre des échanges vocaux, créer des canaux et faire intervenir les personnes concernées », décrit le Readme du projet.

Capture d’écran du client Buzz sur macOS – crédit Buzz

Pour ce faire, Buzz considère les agents IA comme de « vrais » utilisateurs : chacun dispose de sa propre identité, d’un historique dédié, signe ses propres actions, et peut-être invité ou révoqué individuellement d’un canal ou d’un projet, ce qui doit permettre d’éviter les erreurs ou les problèmes de traçabilité liés à des permissions trop génériques.

Buzz ajoute à cette promesse d’agents « maitrisés » celle d’une architecture open source, compatible avec tous les modèles et auto-hébergée, une logique concurrente de celle de services commerciaux courants de type Slack ou GitHub. Le projet exploite pour ce faire le protocole Nostr et sa logique de relais. « Chaque message, réaction, étape de workflow, approbation de révision et événement Git constitue un événement signé au sein d’un journal unique. Même structure, même modèle d’identité et même piste d’audit, que l’auteur soit une personne ou un processus ».

Architecture technique de Buzz – capture d’écran

Le projet et ses sources (présentés comme en cours de développement et donc non finalisés) sont disponibles sur GitHub, sous licence Apache 2.0, avec une app dès à présent testable sous macOS, Linux ou Windows.

  •  

☕️ Buzz, l’espace de travail partagé entre humains et agents IA selon Jack Dorsey



Jack Dorsey a annoncé mardi le dernier projet en date porté par son entreprise Block : un espace de travail baptisé Buzz, dans lequel des développeurs humains et des agents IA sont censés pouvoir collaborer de façon efficace et sécurisée. En pratique ? L’interface ressemble à celle d’un Slack, d’un Mattermost ou d’un Discord, au sein duquel les agents IA ne sont pas traités comme des composants externes, mais comme des membres à part entière.

« Oui, c’est encore un outil pour développeurs lié à l’IA. Nous en sommes désolés. La différence réside dans ce que les agents peuvent réellement accomplir une fois intégrés : ouvrir des dépôts, envoyer des correctifs, réviser du code, exécuter des workflows, modifier des canevas, orchestrer d’autres agents, rejoindre des échanges vocaux, créer des canaux et faire intervenir les personnes concernées », décrit le Readme du projet.

Capture d’écran du client Buzz sur macOS – crédit Buzz

Pour ce faire, Buzz considère les agents IA comme de « vrais » utilisateurs : chacun dispose de sa propre identité, d’un historique dédié, signe ses propres actions, et peut-être invité ou révoqué individuellement d’un canal ou d’un projet, ce qui doit permettre d’éviter les erreurs ou les problèmes de traçabilité liés à des permissions trop génériques.

Buzz ajoute à cette promesse d’agents « maitrisés » celle d’une architecture open source, compatible avec tous les modèles et auto-hébergée, une logique concurrente de celle de services commerciaux courants de type Slack ou GitHub. Le projet exploite pour ce faire le protocole Nostr et sa logique de relais. « Chaque message, réaction, étape de workflow, approbation de révision et événement Git constitue un événement signé au sein d’un journal unique. Même structure, même modèle d’identité et même piste d’audit, que l’auteur soit une personne ou un processus ».

Architecture technique de Buzz – capture d’écran

Le projet et ses sources (présentés comme en cours de développement et donc non finalisés) sont disponibles sur GitHub, sous licence Apache 2.0, avec une app dès à présent testable sous macOS, Linux ou Windows.

  •  

Le Parlement vote l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

(sans préciser comment montrer patte blanche)
Le Parlement vote l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

L’Assemblée nationale a entériné mardi la proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, ouvrant la voie à une entrée en vigueur d’ici la rentrée de septembre. À cette date, les mineurs de moins de 15 ans ne devront plus pouvoir créer de compte sur les réseaux sociaux, et l’interdiction doit s’étendre aux comptes déjà existants dans un délai de quatre mois. Le texte ne donne cependant aucune indication quant à l’indispensable méthode de vérification de l’âge.

Dernière étape avant la promulgation ? L’Assemblée nationale a voté mardi 21 juillet, lors de sa dernière séance publique avant la coupure estivale, la proposition de loi « visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux ». Sa principale mesure consiste à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans.

Du côté du gouvernement, qui pousse depuis des mois pour que la France devienne le premier État membre européen à instaurer une telle mesure, l’heure est au satisfecit. Lundi, déjà, ses représentants s’étaient félicités que la commission mixte paritaire (CMP) réunie en urgence ait réussi à converger vers un texte de compromis.

C’est ce dernier qui a été soumis au vote des députés mardi. La plupart des explications de vote ont souligné le caractère nocif de l’économie de l’attention qui sous-tend le fonctionnement des grandes plateformes, particulièrement vis-à-vis des jeunes publics. L’idée de l’interdiction pure et simple est cependant loin d’avoir fait consensus, entre craintes exprimées d’une vérification d’identité institutionnalisée, interrogations sur les carences techniques des solutions de vérification, ou rappel de l’exemple australien illustrant la simplicité du contournement.

Le scrutin public a réuni 360 votants sur 426 participants, et c’est une large majorité qui s’est exprimée en faveur du texte, à 19h53 : 279 voix pour et 81 voix contre.

Scrutin public sur la proposition issue de la CMP, adoptée avec 279 voix pour, 81 voix contre

Une interdiction qui s’applique à tous les réseaux sociaux

Dans sa mouture finale, le texte dispose que les jeunes de moins de 15 ans ne pourront plus créer de compte sur les réseaux sociaux à compter du 1er septembre prochain. Les comptes existants correspondant à des jeunes de moins de 15 ans devront quant à eux être bloqués dans un délai de quatre mois, soit à partir du 1er janvier 2027.

Dans sa version issue de la CMP, le texte revient pour l’essentiel aux fondamentaux de la proposition votée par l’Assemblée nationale en janvier. Elle supprime deux notions qui avaient été ajoutés par le Sénat en mars dernier, et qui avaient suscité des remarques de la Commission européenne : la création d’une liste des réseaux sociaux chargés d’appliquer la mesure, sous contrôle de l’Arcom, et une mécanique de dérogation qui aurait permis à un mineur de moins de 15 ans de s’inscrire sur un réseau social avec l’approbation de son représentant légal.

Le texte ne précise pas spécifiquement la notion de réseau social. Il renvoie à l’existant, l’article 6 de la LCEN, qui lui-même s’appuie sur la définition européenne, à savoir :

« Une plateforme permettant aux utilisateurs finaux de se connecter ainsi que de communiquer entre eux, de partager des contenus et de découvrir d’autres utilisateurs et d’autres contenus, sur plusieurs appareils et, en particulier, au moyen de conversations en ligne (chats), de publications (posts), de vidéos et de recommandations ».

La proposition de loi introduit une exception, en spécifiant que l’interdiction ne s’applique « ni aux encyclopédies en ligne, ni aux répertoires éducatifs ou scientifiques, ni aux plateformes de développement et de partage de logiciels libres ou de projets numériques à vocation éducative en source ouverte ».

L’inconnue de la vérification d’âge

Ce que le texte ne dit pas, en revanche, c’est comment opérer l’indispensable vérification d’âge via laquelle les réseaux sociaux interdiront ou autoriseront l’accès à leurs services. S’agira-t-il d’une estimation algorithmique ou d’une vérification formelle, et par quel procédé ?

Interrogée sur ce point lundi en CMP (voir compte-rendu des débats), la rapporteure du texte pour l’Assemblée nationale Laure Miller se range derrière les lignes directrices du règlement européen sur les services numériques (DSA), énoncées dans son article 28.

« Pas moins de cinq critères cumulatifs ont été définis pour la vérification de l’âge : la précision, la fiabilité, la robustesse, le caractère non intrusif et la non-discrimination. Les plateformes devront avoir un dispositif de vérification de l’âge qui respectera ces cinq critères.

S’ajoutera à cela le dispositif du tiers de confiance. Cette plateforme neutre ne renverra au réseau social que l’information relative à l’âge de l’internaute, ce qui garantira un haut niveau de protection de nos données, sujet auquel nous sommes particulièrement sensibles en France.
 »

La députée a déclaré à l’AFP que le service France Connect ou Docaposte, qui équipent les espaces numériques de travail des établissements scolaires, pourraient servir d’intermédiaires techniques, mais la décision finale est renvoyée au gouvernement. Le fameux projet de solution de vérification de l’âge porté par la Commission européenne devrait logiquement faire partie des options envisagées.

« En l’adoptant aujourd’hui, la France montre la voie en Europe », a déclaré dans l’hémicycle la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, affirmant que d’autres pays comme la Grèce lui emboîteraient le pas dans les prochaines semaines. La ministre s’est dite favorable à ce qu’il n’y ait pas une mais plusieurs méthodes de vérification de l’âge.

Une mise en œuvre pas vraiment contraignante pour les plateformes

Reste qu’à ce stade, la proposition de loi ne dispose d’aucun mécanisme opérant qui permettrait à la France de sanctionner les plateformes contrevenantes. Pour rester dans les clous du DSA, le texte renvoie en effet à la Commission européenne, et donc au DSA qui, pour l’instant, n’impose pas de blocage des réseaux sociaux aux mineurs. Une lacune assumée par les rapporteures du texte qui attendent, ou espèrent, que la Commission européenne harmonisera bientôt ces obligations sur le modèle français, pour éviter une nouvelle loi Marcangeli (sur la majorité numérique, votée en 2023 et jamais appliquée pour des raisons similaires).

« S’agissant des plateformes, son application relèvera quasi exclusivement de la Commission européenne, qui a bien insisté sur ce point lors de nos échanges. Si certains réseaux sociaux sont récalcitrants, il faudra espérer que, malgré ses pesanteurs et parfois sa perméabilité aux arguments des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), elle engage et mène à son terme une procédure de sanction. Nous pressentons qu’elle ne sera pas incitée à faire diligence avant que son propre dispositif ne soit opérant », a ainsi expliqué Catherine Morin-Desailly, rapporteure du texte au Sénat, lors de la CMP. Le cas des petites plateformes, les réseaux sociaux qui ne relèvent pas du DSA, constitue dans ce contexte une inconnue.

Interdiction du téléphone portable dans les lycées

L’autre grande mesure du texte porte sur l’interdiction du téléphone portable dans les lycées. L’article 6 de la proposition de loi étend ainsi aux lycées la mesure déjà officiellement en vigueur dans les collèges.

« Les modalités d’application de cette interdiction et les exceptions à celle-ci sont déterminées par le règlement intérieur en cohérence avec le projet d’école ou d’établissement. Dans les lycées dispensant des formations de l’enseignement supérieur, le règlement intérieur peut prévoir des dispositions particulières pour les étudiants », précise à ce sujet le texte.

L’article 2 du nouveau texte réprime quant à lui la propagande ou la publicité en faveur de produits, objets ou méthodes présentés comme moyens de se donner la mort, sans lien direct avec l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs.

Le cabinet de Anne Le Hénanff estimait récemment qu’un nouveau passage devant la Commission européenne ne serait pas nécessaire dans la mesure où les deux points litigieux soulevés par cette dernière avaient été supprimés du texte. La proposition pourrait (ou plutôt devrait, compte tenu des positions exprimées dans l’hémicycle) faire l’objet d’une saisine du Conseil constitutionnel (60 sénateurs ou 60 députés sont requis pour déclencher le processus, s’il n’émane pas directement du gouvernement). Sous réserve de l’avis rendu par ce dernier, une promulgation expresse avant la rentrée de septembre est donc possible… même si la question des solutions de vérification d’âge, et celle des mécanismes de sanction, restent en suspens.

  •  

Le Parlement vote l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

(sans préciser comment montrer patte blanche)
Le Parlement vote l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

L’Assemblée nationale a entériné mardi la proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, ouvrant la voie à une entrée en vigueur d’ici la rentrée de septembre. À cette date, les mineurs de moins de 15 ans ne devront plus pouvoir créer de compte sur les réseaux sociaux, et l’interdiction doit s’étendre aux comptes déjà existants dans un délai de quatre mois. Le texte ne donne cependant aucune indication quant à l’indispensable méthode de vérification de l’âge.

Dernière étape avant la promulgation ? L’Assemblée nationale a voté mardi 21 juillet, lors de sa dernière séance publique avant la coupure estivale, la proposition de loi « visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux ». Sa principale mesure consiste à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans.

Du côté du gouvernement, qui pousse depuis des mois pour que la France devienne le premier État membre européen à instaurer une telle mesure, l’heure est au satisfecit. Lundi, déjà, ses représentants s’étaient félicités que la commission mixte paritaire (CMP) réunie en urgence ait réussi à converger vers un texte de compromis.

C’est ce dernier qui a été soumis au vote des députés mardi. La plupart des explications de vote ont souligné le caractère nocif de l’économie de l’attention qui sous-tend le fonctionnement des grandes plateformes, particulièrement vis-à-vis des jeunes publics. L’idée de l’interdiction pure et simple est cependant loin d’avoir fait consensus, entre craintes exprimées d’une vérification d’identité institutionnalisée, interrogations sur les carences techniques des solutions de vérification, ou rappel de l’exemple australien illustrant la simplicité du contournement.

Le scrutin public a réuni 360 votants sur 426 participants, et c’est une large majorité qui s’est exprimée en faveur du texte, à 19h53 : 279 voix pour et 81 voix contre.

Scrutin public sur la proposition issue de la CMP, adoptée avec 279 voix pour, 81 voix contre

Une interdiction qui s’applique à tous les réseaux sociaux

Dans sa mouture finale, le texte dispose que les jeunes de moins de 15 ans ne pourront plus créer de compte sur les réseaux sociaux à compter du 1er septembre prochain. Les comptes existants correspondant à des jeunes de moins de 15 ans devront quant à eux être bloqués dans un délai de quatre mois, soit à partir du 1er janvier 2027.

Dans sa version issue de la CMP, le texte revient pour l’essentiel aux fondamentaux de la proposition votée par l’Assemblée nationale en janvier. Elle supprime deux notions qui avaient été ajoutés par le Sénat en mars dernier, et qui avaient suscité des remarques de la Commission européenne : la création d’une liste des réseaux sociaux chargés d’appliquer la mesure, sous contrôle de l’Arcom, et une mécanique de dérogation qui aurait permis à un mineur de moins de 15 ans de s’inscrire sur un réseau social avec l’approbation de son représentant légal.

Le texte ne précise pas spécifiquement la notion de réseau social. Il renvoie à l’existant, l’article 6 de la LCEN, qui lui-même s’appuie sur la définition européenne, à savoir :

« Une plateforme permettant aux utilisateurs finaux de se connecter ainsi que de communiquer entre eux, de partager des contenus et de découvrir d’autres utilisateurs et d’autres contenus, sur plusieurs appareils et, en particulier, au moyen de conversations en ligne (chats), de publications (posts), de vidéos et de recommandations ».

La proposition de loi introduit une exception, en spécifiant que l’interdiction ne s’applique « ni aux encyclopédies en ligne, ni aux répertoires éducatifs ou scientifiques, ni aux plateformes de développement et de partage de logiciels libres ou de projets numériques à vocation éducative en source ouverte ».

L’inconnue de la vérification d’âge

Ce que le texte ne dit pas, en revanche, c’est comment opérer l’indispensable vérification d’âge via laquelle les réseaux sociaux interdiront ou autoriseront l’accès à leurs services. S’agira-t-il d’une estimation algorithmique ou d’une vérification formelle, et par quel procédé ?

Interrogée sur ce point lundi en CMP (voir compte-rendu des débats), la rapporteure du texte pour l’Assemblée nationale Laure Miller se range derrière les lignes directrices du règlement européen sur les services numériques (DSA), énoncées dans son article 28.

« Pas moins de cinq critères cumulatifs ont été définis pour la vérification de l’âge : la précision, la fiabilité, la robustesse, le caractère non intrusif et la non-discrimination. Les plateformes devront avoir un dispositif de vérification de l’âge qui respectera ces cinq critères.

S’ajoutera à cela le dispositif du tiers de confiance. Cette plateforme neutre ne renverra au réseau social que l’information relative à l’âge de l’internaute, ce qui garantira un haut niveau de protection de nos données, sujet auquel nous sommes particulièrement sensibles en France.
 »

La députée a déclaré à l’AFP que le service France Connect ou Docaposte, qui équipent les espaces numériques de travail des établissements scolaires, pourraient servir d’intermédiaires techniques, mais la décision finale est renvoyée au gouvernement. Le fameux projet de solution de vérification de l’âge porté par la Commission européenne devrait logiquement faire partie des options envisagées.

« En l’adoptant aujourd’hui, la France montre la voie en Europe », a déclaré dans l’hémicycle la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, affirmant que d’autres pays comme la Grèce lui emboîteraient le pas dans les prochaines semaines. La ministre s’est dite favorable à ce qu’il n’y ait pas une mais plusieurs méthodes de vérification de l’âge.

Une mise en œuvre pas vraiment contraignante pour les plateformes

Reste qu’à ce stade, la proposition de loi ne dispose d’aucun mécanisme opérant qui permettrait à la France de sanctionner les plateformes contrevenantes. Pour rester dans les clous du DSA, le texte renvoie en effet à la Commission européenne, et donc au DSA qui, pour l’instant, n’impose pas de blocage des réseaux sociaux aux mineurs. Une lacune assumée par les rapporteures du texte qui attendent, ou espèrent, que la Commission européenne harmonisera bientôt ces obligations sur le modèle français, pour éviter une nouvelle loi Marcangeli (sur la majorité numérique, votée en 2023 et jamais appliquée pour des raisons similaires).

« S’agissant des plateformes, son application relèvera quasi exclusivement de la Commission européenne, qui a bien insisté sur ce point lors de nos échanges. Si certains réseaux sociaux sont récalcitrants, il faudra espérer que, malgré ses pesanteurs et parfois sa perméabilité aux arguments des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), elle engage et mène à son terme une procédure de sanction. Nous pressentons qu’elle ne sera pas incitée à faire diligence avant que son propre dispositif ne soit opérant », a ainsi expliqué Catherine Morin-Desailly, rapporteure du texte au Sénat, lors de la CMP. Le cas des petites plateformes, les réseaux sociaux qui ne relèvent pas du DSA, constitue dans ce contexte une inconnue.

Interdiction du téléphone portable dans les lycées

L’autre grande mesure du texte porte sur l’interdiction du téléphone portable dans les lycées. L’article 6 de la proposition de loi étend ainsi aux lycées la mesure déjà officiellement en vigueur dans les collèges.

« Les modalités d’application de cette interdiction et les exceptions à celle-ci sont déterminées par le règlement intérieur en cohérence avec le projet d’école ou d’établissement. Dans les lycées dispensant des formations de l’enseignement supérieur, le règlement intérieur peut prévoir des dispositions particulières pour les étudiants », précise à ce sujet le texte.

L’article 2 du nouveau texte réprime quant à lui la propagande ou la publicité en faveur de produits, objets ou méthodes présentés comme moyens de se donner la mort, sans lien direct avec l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs.

Le cabinet de Anne Le Hénanff estimait récemment qu’un nouveau passage devant la Commission européenne ne serait pas nécessaire dans la mesure où les deux points litigieux soulevés par cette dernière avaient été supprimés du texte. La proposition pourrait (ou plutôt devrait, compte tenu des positions exprimées dans l’hémicycle) faire l’objet d’une saisine du Conseil constitutionnel (60 sénateurs ou 60 députés sont requis pour déclencher le processus, s’il n’émane pas directement du gouvernement). Sous réserve de l’avis rendu par ce dernier, une promulgation expresse avant la rentrée de septembre est donc possible… même si la question des solutions de vérification d’âge, et celle des mécanismes de sanction, restent en suspens.

  •  

☕️ Le Rassemblement national confirme une intrusion sur son site



Mardi matin, le site du Rassemblement national (RN) affichait les stigmates d’une intrusion : en page d’accueil, le visuel d’un communiqué daté du 15 juillet avait été remplacé par un logo revendiquant l’attaque : un chat stylisé, décoré de drapeaux du Maroc et d’Algérie, et accompagné d’un pseudonyme, 84City. Le texte de ce même communiqué avait quant à lui été supprimé.

Le visuel d’un communiqué a été remplacé par le logo de l’attaquant en page d’accueil du site – capture d’écran Next

Le parti incarné par Marine Le Pen pour l’échéance électorale de 2027 a remédié à cet affichage mardi en milieu de journée, et confirmé à France Info la survenue d’une attaque. Une source interne au parti précise que les vérifications menées jusqu’alors n’ont pas montré de vol de données personnelles « à ce stade ». Le RN indique par ailleurs son intention de déposer une plainte.

La publication associée est datée du 15 juillet – capture d’écran Next

L’attaque se limite-t-elle à un simple « défaçage », c’est-à-dire une altération des éléments visibles du site ? Un internaute utilisant le pseudonyme 84City a posté lundi 20 juillet dans la soirée, sur un forum spécialisé, une annonce signalant la mise en vente d’une base de données soi-disant extraite du site du RN.

L’auteur du post évoque des données datées du jour-même, avec 12 tables issues du moteur WordPress du site, et 95 tables extraites d’une base de données MariaDB 11.8.8 opérée sous Debian. Il mentionne enfin huit tables associées à Gravity Forms, une extension WordPress utilisée pour la gestion de formulaires en ligne. L’annonce n’est cependant accompagnée d’aucun échantillon qui permettrait d’attester sa véracité.

La France Insoumise (LFI) a elle aussi subi une attaque informatique début mai, quelques jours après que son président, Jean-Luc Mélenchon, a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027.

Rappelons que d’un point de vue réglementaire, les informations qui révèlent l’orientation politique relèvent de ce que le RGPD qualifie, dans son article 9, de « données sensibles ».

  •  

☕️ Le Rassemblement national confirme une intrusion sur son site



Mardi matin, le site du Rassemblement national (RN) affichait les stigmates d’une intrusion : en page d’accueil, le visuel d’un communiqué daté du 15 juillet avait été remplacé par un logo revendiquant l’attaque : un chat stylisé, décoré de drapeaux du Maroc et d’Algérie, et accompagné d’un pseudonyme, 84City. Le texte de ce même communiqué avait quant à lui été supprimé.

Le visuel d’un communiqué a été remplacé par le logo de l’attaquant en page d’accueil du site – capture d’écran Next

Le parti incarné par Marine Le Pen pour l’échéance électorale de 2027 a remédié à cet affichage mardi en milieu de journée, et confirmé à France Info la survenue d’une attaque. Une source interne au parti précise que les vérifications menées jusqu’alors n’ont pas montré de vol de données personnelles « à ce stade ». Le RN indique par ailleurs son intention de déposer une plainte.

La publication associée est datée du 15 juillet – capture d’écran Next

L’attaque se limite-t-elle à un simple « défaçage », c’est-à-dire une altération des éléments visibles du site ? Un internaute utilisant le pseudonyme 84City a posté lundi 20 juillet dans la soirée, sur un forum spécialisé, une annonce signalant la mise en vente d’une base de données soi-disant extraite du site du RN.

L’auteur du post évoque des données datées du jour-même, avec 12 tables issues du moteur WordPress du site, et 95 tables extraites d’une base de données MariaDB 11.8.8 opérée sous Debian. Il mentionne enfin huit tables associées à Gravity Forms, une extension WordPress utilisée pour la gestion de formulaires en ligne. L’annonce n’est cependant accompagnée d’aucun échantillon qui permettrait d’attester sa véracité.

La France Insoumise (LFI) a elle aussi subi une attaque informatique début mai, quelques jours après que son président, Jean-Luc Mélenchon, a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027.

Rappelons que d’un point de vue réglementaire, les informations qui révèlent l’orientation politique relèvent de ce que le RGPD qualifie, dans son article 9, de « données sensibles ».

  •  
❌