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Les gains de productivité de l’IA provoquent une augmentation des émissions de CO2

Techno pas solution
Les gains de productivité de l’IA provoquent une augmentation des émissions de CO2

En s’appuyant sur l’estimation des gains de productivité dans le secteur de l’énergie, une étude constate que l’IA sert aussi bien le sous-domaine de l’énergie fossile que celui du renouvelable. À défaut d’action politique, ce double aspect se traduit dans quasiment tous les scénarios par une augmentation nette des émissions de CO2 du secteur mondial de l’énergie.

Pour comprendre les effets de la course à l’intelligence artificielle générative sur l’environnement, on peut s’intéresser à son cycle de production – les ressources nécessaires à la fabrication des puces, des serveurs, des centres de données qui permettent l’entraînement des modèles – , son utilisation – combien coûte-t-il de soumettre une requête courte ? une longue ? une dédiée à produire du texte ? à produire de la vidéo ? combien coûte chacune de ces générations ? – ou encore à sa fin de vie – que se passe-t-il avec le matériel obsolète lorsqu’il est remplacé par les dernières technologies sur le marché ?

Une autre manière d’aborder le problème consiste à étudier ce que produisent les évolutions concrètes de cette technologies dans diverses industries. Le discours selon lequel les nouvelles technologies pourraient aider à lutter contre le changement climatique, après tout, est récurrent – ils ont même servi de base à la construction du Pacte vert européen, aujourd’hui en cours de détricotage. Mais s’il est une série d’impacts rarement étudiés, selon Will Alpine, Nathan Geldner, Holly Alpine et Maksym G. Chepeliev, ce sont les conséquences de ces technologies, plus précisément de l’IA générative, sur des industries polluantes.

Will et Holly Alpine sont deux anciens de Microsoft désormais spécialisés dans l’étude des impacts de l’IA sur l’énergie fossile et affiliés à l’ONG Enabled Emissions Campaign. Nathan Geldner est un chercheur indépendant, et Maksym Chepeliev, économiste à l’Université de Purdue, aux États-Unis. Dans Nature, les quatre ont publié début août un article intitulé « Les gains de productivité issus de l’IA produisent plus d’émissions de CO2 qu’ils n’en évitent dans le modèle mondial d’économie d’énergie ». Un résultat qu’ils obtiennent après avoir comparé les projections d’émissions évitées grâce au recours à l’IA dans la promotion des énergies vertes, à celles produites par son utilisation dans la production de charbon, de pétrole et de gaz.

Une IA comprise comme outil de productivité

Les IA ici étudiées désignent « des technologies généralistes de productivité dont l’usage se diffuse rapidement dans l’économie mondiale ». Dans le cas des énergies fossiles, elles sont employées par une industrie qui doit gérer la « contrainte conséquente » selon laquelle, « en l’absence de réinvestissement continus, la production de pétrole et de gaz baisserait approximativement de 8 % par an ».

Dès 2005, l’agence internationale de l’énergie (IEA) soulignait d’ailleurs que divers progrès technologiques avait permis à ce secteur, à plusieurs reprises, de repousser les prévisions de pics pétroliers en permettant d’accéder à des ressources dont l’exploitation était initialement considérées non rentable. En débloquant des poches de productivité sur toute la chaîne de valeur, en « abaissant certains coûts de production et en réduisant les risques opérationnels », l’IA s’inscrit parfaitement dans cette tendance.

Rapportée aux problématiques propres au champ du renouvelable, l’IA permet « d’accélérer les déploiements et d’optimiser la génération d’efficacité » via, entre autres cas d’usage, des prévisions, de la gestion de la maintenance et l’optimisation de la production énergétique. Elle permet aussi d’étendre la durée de vie des infrastructures installées et leur intégration au réseau électrique.

Pour réaliser ses observations, l’équipe à l’origine de l’étude a construit un modèle d’équilibre général calculable dédié à la quantification des émissions générées et celles évitées. Elle a analysé les premières constatations obtenues pour estimer si les mesures neutres en carbone (dont des améliorations du réseau, ou des gains obtenus côté demande d’énergie) ont atténué ou amplifié l’équilibre du côté de l’offre.

Les chercheurs ont ensuite « cherché à déterminer si les gains de productivité générés par l’IA entraînaient un dépassement des émissions induites par rapport aux émissions évitées dans un système énergétique reposant principalement sur les énergies fossiles, et s’ils augmentaient l’intensité carbone de la croissance économique. Nous avons ensuite évalué si l’équilibre du modèle renforçait ou supplantait les systèmes existants à forte intensité carbone, en nous appuyant sur les critères » définis plus tôt.

Sur ces bases, ils ont testé différents scénarios : des chocs de productivité qui s’étendraient uniformément à travers tous les secteurs énergétiques, des gains sensibles uniquement côté énergies fossiles ou côté énergies renouvelables, etc.

Une productivité bidirectionnelle : vers le renouvelable et le fossile

La hausse des émissions carbone dues au déploiement de l’IA était déjà pressentie : en 2024, dans the Atlantic, la journaliste spécialiste de l’IA Karen Hao publiait par exemple une longue enquête sur « l’hypocrisie » de Microsoft. Alors que d’une main, l’entreprise promettait (encore) d’œuvrer à la réduction de ses impacts environnementaux, de l’autre, elle équipait les plus grands groupes de l’industrie des énergies fossiles. En leur permettant d’optimiser leurs modes de production, elle annulait plus ou mois directement ses propres efforts en matière de limitation des pollutions environnementales

Mais le travail des auteurs et autrices de l’étude vient donner un aperçu plus systématique du phénomène. Au total, ces derniers ont comparé 64 scénarios pour évaluer l’IA comme un « amplificateur de productivité bidirectionnelle », c’est-à-dire autant dans le sens de l’augmentation que de la réduction des émissions de CO2. Et constate que si tout le secteur de l’énergie gagne en productivité grâce à l’IA, alors les émissions globales annuelles de CO2 entraîneront une augmentation de 1,2 à 4,8 % des émissions totales émises par le secteur en 2024.

Modélisation des émissions imputables à l’application de technologies d’IA dans l’industrie fossile. / Nature

Ils constatent que les « émissions facilitées dépassent les émissions évitées chaque fois que les gains pour l’industrie fossile sont supérieurs à zéro ». Autrement dit, la seule manière de rendre l’IA utile dans la lutte contre les émissions de CO2 consisterait à la mettre uniquement au service des industries renouvelables, sans la fournir aux industries fossiles. Cette dernière n’a d’ailleurs pas caché son enthousiasme devant la vague en cours : l’IEA calcule qu’elle pourrait augmenter de 5 % les réserves de pétrole et de gaz exploitable, et baisser les coûts des projets offshore de 10 % en moyenne.

L’étude souligne par ailleurs que les deux secteurs ne jouent pas à parts égales. Au contraire, « parvenir à une réduction nette des émissions nécessite des gains de productivité dans les énergies renouvelables 4 à 5 fois supérieurs à ceux obtenus dans les énergies fossiles ». Elle constate par ailleurs que les gains de productivité indépendants du type de carburant n’inversent pas cette tendance, et que la tarification du carbone, si elle réduit l’écart, ne suffit pas non plus à l’inverser.

Considérer les impacts climatiques directs et indirects de l’IA de manière conjointe

D’après l’étude, ces résultats remettent en question le cadrage prédominant selon lequel « l’impact climatique net de l’IA réside dans le rapport entre l’énergie qu’elle consomme et les émissions qu’elle contribue à éviter ». À elles seules, ces nouvelles technologies ne suffisent pas à obtenir de réelles réductions des émissions de CO2.

En cela, elles rejoignent des tendances constatées par le passé : même des technologies spécifiques au domaine énergétique permettant d’étendre le recours à des énergies renouvelables n’ont pas suffit à enrayer la cadence : au contraire, elles ont plutôt conduit à une augmentation continue de la consommation énergétique et des pollutions afférentes.

Évolution de la consommation énergétique mondiale depuis un siècle. Le recours croissant aux énergies renouvelables vient s’ajouter aux autres types d’énergie plutôt que de les remplacer. C’est l’effet rebond. / Our World in Data, août 2026

Au terme de leur article, les autrices et auteurs recommandent d’ailleurs aux systèmes de gouvernance de « reconnaître les émissions comme une catégorie spécifique pertinente sur le plan politique » et, en conséquence, de limiter les gains de productivité que l’IA pourrait fournir au domaine de l’énergie fossile. Ils appellent aussi à considérer conjointement les impacts directs (dus à la gestion de son infrastructure) et indirects (dus à son adoption) de l’intelligence artificielle, afin de mieux les gérer.

Plutôt que d’être considérés comme nécessairement bénéfiques pour les émissions globales de CO2, les technologies d’IA et les gains de productivité affiliés devraient être évalués dans leur entièreté, pour être mieux appréhendés. « L’IA ne décarbone ou n’intensifie pas les émission de manière inhérente », note l’étude. Les gains de productivité de l’IA générative « renforcent les structures économiques et institutionnelles du système dans lesquels ils opèrent », mais il n’en reste pas moins que cette technologie opère dans « un système énergétique qui reste structurellement ancré aux énergies fossiles. »

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Les gains de productivité de l’IA provoquent une augmentation des émissions de CO2

Techno pas solution
Les gains de productivité de l’IA provoquent une augmentation des émissions de CO2

En s’appuyant sur l’estimation des gains de productivité dans le secteur de l’énergie, une étude constate que l’IA sert aussi bien le sous-domaine de l’énergie fossile que celui du renouvelable. À défaut d’action politique, ce double aspect se traduit dans quasiment tous les scénarios par une augmentation nette des émissions de CO2 du secteur mondial de l’énergie.

Pour comprendre les effets de la course à l’intelligence artificielle générative sur l’environnement, on peut s’intéresser à son cycle de production – les ressources nécessaires à la fabrication des puces, des serveurs, des centres de données qui permettent l’entraînement des modèles – , son utilisation – combien coûte-t-il de soumettre une requête courte ? une longue ? une dédiée à produire du texte ? à produire de la vidéo ? combien coûte chacune de ces générations ? – ou encore à sa fin de vie – que se passe-t-il avec le matériel obsolète lorsqu’il est remplacé par les dernières technologies sur le marché ?

Une autre manière d’aborder le problème consiste à étudier ce que produisent les évolutions concrètes de cette technologies dans diverses industries. Le discours selon lequel les nouvelles technologies pourraient aider à lutter contre le changement climatique, après tout, est récurrent – ils ont même servi de base à la construction du Pacte vert européen, aujourd’hui en cours de détricotage. Mais s’il est une série d’impacts rarement étudiés, selon Will Alpine, Nathan Geldner, Holly Alpine et Maksym G. Chepeliev, ce sont les conséquences de ces technologies, plus précisément de l’IA générative, sur des industries polluantes.

Will et Holly Alpine sont deux anciens de Microsoft désormais spécialisés dans l’étude des impacts de l’IA sur l’énergie fossile et affiliés à l’ONG Enabled Emissions Campaign. Nathan Geldner est un chercheur indépendant, et Maksym Chepeliev, économiste à l’Université de Purdue, aux États-Unis. Dans Nature, les quatre ont publié début août un article intitulé « Les gains de productivité issus de l’IA produisent plus d’émissions de CO2 qu’ils n’en évitent dans le modèle mondial d’économie d’énergie ». Un résultat qu’ils obtiennent après avoir comparé les projections d’émissions évitées grâce au recours à l’IA dans la promotion des énergies vertes, à celles produites par son utilisation dans la production de charbon, de pétrole et de gaz.

Une IA comprise comme outil de productivité

Les IA ici étudiées désignent « des technologies généralistes de productivité dont l’usage se diffuse rapidement dans l’économie mondiale ». Dans le cas des énergies fossiles, elles sont employées par une industrie qui doit gérer la « contrainte conséquente » selon laquelle, « en l’absence de réinvestissement continus, la production de pétrole et de gaz baisserait approximativement de 8 % par an ».

Dès 2005, l’agence internationale de l’énergie (IEA) soulignait d’ailleurs que divers progrès technologiques avait permis à ce secteur, à plusieurs reprises, de repousser les prévisions de pics pétroliers en permettant d’accéder à des ressources dont l’exploitation était initialement considérées non rentable. En débloquant des poches de productivité sur toute la chaîne de valeur, en « abaissant certains coûts de production et en réduisant les risques opérationnels », l’IA s’inscrit parfaitement dans cette tendance.

Rapportée aux problématiques propres au champ du renouvelable, l’IA permet « d’accélérer les déploiements et d’optimiser la génération d’efficacité » via, entre autres cas d’usage, des prévisions, de la gestion de la maintenance et l’optimisation de la production énergétique. Elle permet aussi d’étendre la durée de vie des infrastructures installées et leur intégration au réseau électrique.

Pour réaliser ses observations, l’équipe à l’origine de l’étude a construit un modèle d’équilibre général calculable dédié à la quantification des émissions générées et celles évitées. Elle a analysé les premières constatations obtenues pour estimer si les mesures neutres en carbone (dont des améliorations du réseau, ou des gains obtenus côté demande d’énergie) ont atténué ou amplifié l’équilibre du côté de l’offre.

Les chercheurs ont ensuite « cherché à déterminer si les gains de productivité générés par l’IA entraînaient un dépassement des émissions induites par rapport aux émissions évitées dans un système énergétique reposant principalement sur les énergies fossiles, et s’ils augmentaient l’intensité carbone de la croissance économique. Nous avons ensuite évalué si l’équilibre du modèle renforçait ou supplantait les systèmes existants à forte intensité carbone, en nous appuyant sur les critères » définis plus tôt.

Sur ces bases, ils ont testé différents scénarios : des chocs de productivité qui s’étendraient uniformément à travers tous les secteurs énergétiques, des gains sensibles uniquement côté énergies fossiles ou côté énergies renouvelables, etc.

Une productivité bidirectionnelle : vers le renouvelable et le fossile

La hausse des émissions carbone dues au déploiement de l’IA était déjà pressentie : en 2024, dans the Atlantic, la journaliste spécialiste de l’IA Karen Hao publiait par exemple une longue enquête sur « l’hypocrisie » de Microsoft. Alors que d’une main, l’entreprise promettait (encore) d’œuvrer à la réduction de ses impacts environnementaux, de l’autre, elle équipait les plus grands groupes de l’industrie des énergies fossiles. En leur permettant d’optimiser leurs modes de production, elle annulait plus ou mois directement ses propres efforts en matière de limitation des pollutions environnementales

Mais le travail des auteurs et autrices de l’étude vient donner un aperçu plus systématique du phénomène. Au total, ces derniers ont comparé 64 scénarios pour évaluer l’IA comme un « amplificateur de productivité bidirectionnelle », c’est-à-dire autant dans le sens de l’augmentation que de la réduction des émissions de CO2. Et constate que si tout le secteur de l’énergie gagne en productivité grâce à l’IA, alors les émissions globales annuelles de CO2 entraîneront une augmentation de 1,2 à 4,8 % des émissions totales émises par le secteur en 2024.

Modélisation des émissions imputables à l’application de technologies d’IA dans l’industrie fossile. / Nature

Ils constatent que les « émissions facilitées dépassent les émissions évitées chaque fois que les gains pour l’industrie fossile sont supérieurs à zéro ». Autrement dit, la seule manière de rendre l’IA utile dans la lutte contre les émissions de CO2 consisterait à la mettre uniquement au service des industries renouvelables, sans la fournir aux industries fossiles. Cette dernière n’a d’ailleurs pas caché son enthousiasme devant la vague en cours : l’IEA calcule qu’elle pourrait augmenter de 5 % les réserves de pétrole et de gaz exploitable, et baisser les coûts des projets offshore de 10 % en moyenne.

L’étude souligne par ailleurs que les deux secteurs ne jouent pas à parts égales. Au contraire, « parvenir à une réduction nette des émissions nécessite des gains de productivité dans les énergies renouvelables 4 à 5 fois supérieurs à ceux obtenus dans les énergies fossiles ». Elle constate par ailleurs que les gains de productivité indépendants du type de carburant n’inversent pas cette tendance, et que la tarification du carbone, si elle réduit l’écart, ne suffit pas non plus à l’inverser.

Considérer les impacts climatiques directs et indirects de l’IA de manière conjointe

D’après l’étude, ces résultats remettent en question le cadrage prédominant selon lequel « l’impact climatique net de l’IA réside dans le rapport entre l’énergie qu’elle consomme et les émissions qu’elle contribue à éviter ». À elles seules, ces nouvelles technologies ne suffisent pas à obtenir de réelles réductions des émissions de CO2.

En cela, elles rejoignent des tendances constatées par le passé : même des technologies spécifiques au domaine énergétique permettant d’étendre le recours à des énergies renouvelables n’ont pas suffit à enrayer la cadence : au contraire, elles ont plutôt conduit à une augmentation continue de la consommation énergétique et des pollutions afférentes.

Évolution de la consommation énergétique mondiale depuis un siècle. Le recours croissant aux énergies renouvelables vient s’ajouter aux autres types d’énergie plutôt que de les remplacer. C’est l’effet rebond. / Our World in Data, août 2026

Au terme de leur article, les autrices et auteurs recommandent d’ailleurs aux systèmes de gouvernance de « reconnaître les émissions comme une catégorie spécifique pertinente sur le plan politique » et, en conséquence, de limiter les gains de productivité que l’IA pourrait fournir au domaine de l’énergie fossile. Ils appellent aussi à considérer conjointement les impacts directs (dus à la gestion de son infrastructure) et indirects (dus à son adoption) de l’intelligence artificielle, afin de mieux les gérer.

Plutôt que d’être considérés comme nécessairement bénéfiques pour les émissions globales de CO2, les technologies d’IA et les gains de productivité affiliés devraient être évalués dans leur entièreté, pour être mieux appréhendés. « L’IA ne décarbone ou n’intensifie pas les émission de manière inhérente », note l’étude. Les gains de productivité de l’IA générative « renforcent les structures économiques et institutionnelles du système dans lesquels ils opèrent », mais il n’en reste pas moins que cette technologie opère dans « un système énergétique qui reste structurellement ancré aux énergies fossiles. »

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NVIDIA s’allie à six grands financiers pour tenter de sécuriser 500 milliards de dollars

Argent magique
NVIDIA s’allie à six grands financiers pour tenter de sécuriser 500 milliards de dollars

Nvidia annonce un partenariat encore hypothétique avec six acteurs de la finance pour proposer une « nouvelle classe d’actifs investissables », selon les mots de son PDG Jensen Huang. Si l’accord est conclu, il pourrait permettre l’entrée de financements extérieurs au secteur de l’IA.

NVIDIA annonce un accord avec Apollo, BlackRock, Blackstone, Brookfield, Goldman Sachs et KKR pour que les six institutions financières l’aident à mobiliser 500 milliards de dollars de capitaux pour poursuivre ses investissements dans l’intelligence artificielle. L’annonce a ceci de particulier qu’elle annonce la création d’un nouveau système de financement, que le PDG de NVIDIA Jensen Huang se plait à qualifier de nouvelle « classe d’actifs investissables ».

Alors que la demande en infrastructure continue de s’accroître, et que les institutions bancaires n’aiment pas considérer les puces comme caution de leur investissement, puisque celles-ci se déprécient très rapidement, NVIDIA et ses partenaires proposent de mettre au point un nouveau système de financement. Mais celui-ci ne reste pas sans risque.

Une nouvelle manière d’investir…

Tel que Jensen Huang le présente, ces actifs réunissent en un seul panier l’intégralité de ses équipements : GPU, serveurs DSX et écosystème logiciel CUDA, réunis dans des « plateformes d’usine IA ».

« Les usines IA NVIDIA DSX sont capables d’exécuter la gamme la plus étendue au monde de modèles, de modalités et d’algorithmes d’IA : langage, vision, parole, biologie, IA physique et robotique, écrit le PDG sur X. Une seule usine IA NVIDIA peut prendre en charge de nombreux clients et de nombreuses charges de travail. Cela la rend flexible et interchangeable. » Sur ces bases, chaque génération de logiciels CUDA « améliore la performance, l’efficacité et le coût total de propriété d’une infrastructure déjà installée ».

Pour certains observateurs, Nvidia parvient ici à déplacer le risque financier qu’implique la faible durée de vie des GPU. Son nouvel « actif » permettrait aussi d’ouvrir (un peu) la circularité des contrats constatée jusqu’ici en ouvrant la demande à des financeurs extérieurs à l’industrie. La course financière à l’IA a en effet été critiquée pour le risque qu’elle crée : l’essentiel des fonds accumulés circule en réalité entre une infime poignée d’acteurs, dont Nvidia, OpenAI, Oracle, AMD et Microsoft qui achètent, vendent et investissent dans les services les uns des autres.

Ou un risque financier comme un autre ?

En bon vendeur de pioches (c’est-à-dire d’infrastructure), sur les 14 suivies par la plateforme isaiprofitable.com (dont OpenAI, justement, Amazon ou encore Meta), NVIDIA est actuellement la seule société lancée dans la course à l’intelligence artificielle générative à dégager un profit mesurable. En un an, les revenus de la société ont grimpé de 92 % pour atteindre 75,2 milliards de dollars fin avril 2026.

Pour autant, considérer son nouvel « actif » de nature à bouleverser son financement, voire celui de l’écosystème, peut être relativement précipité. Concrètement, NVIDIA y mélange des actifs à la durée de vie technique et économique tout à fait diverses, rappelle l’Usine Digitale. Or, ce n’est pas parce que CUDA permet de réaffecter des GPU vieillissants à de nouveaux usages, pour maintenir leur fonctionnement, que l’attirail restera nécessairement compétitif.

Quoiqu’il en soit, avant d’être actif, le partenariat entre Nvidia et ses six acolytes financiers doit encore être conclu, et les différents accords, signés.

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NVIDIA s’allie à six grands financiers pour tenter de sécuriser 500 milliards de dollars

Argent magique
NVIDIA s’allie à six grands financiers pour tenter de sécuriser 500 milliards de dollars

Nvidia annonce un partenariat encore hypothétique avec six acteurs de la finance pour proposer une « nouvelle classe d’actifs investissables », selon les mots de son PDG Jensen Huang. Si l’accord est conclu, il pourrait permettre l’entrée de financements extérieurs au secteur de l’IA.

NVIDIA annonce un accord avec Apollo, BlackRock, Blackstone, Brookfield, Goldman Sachs et KKR pour que les six institutions financières l’aident à mobiliser 500 milliards de dollars de capitaux pour poursuivre ses investissements dans l’intelligence artificielle. L’annonce a ceci de particulier qu’elle annonce la création d’un nouveau système de financement, que le PDG de NVIDIA Jensen Huang se plait à qualifier de nouvelle « classe d’actifs investissables ».

Alors que la demande en infrastructure continue de s’accroître, et que les institutions bancaires n’aiment pas considérer les puces comme caution de leur investissement, puisque celles-ci se déprécient très rapidement, NVIDIA et ses partenaires proposent de mettre au point un nouveau système de financement. Mais celui-ci ne reste pas sans risque.

Une nouvelle manière d’investir…

Tel que Jensen Huang le présente, ces actifs réunissent en un seul panier l’intégralité de ses équipements : GPU, serveurs DSX et écosystème logiciel CUDA, réunis dans des « plateformes d’usine IA ».

« Les usines IA NVIDIA DSX sont capables d’exécuter la gamme la plus étendue au monde de modèles, de modalités et d’algorithmes d’IA : langage, vision, parole, biologie, IA physique et robotique, écrit le PDG sur X. Une seule usine IA NVIDIA peut prendre en charge de nombreux clients et de nombreuses charges de travail. Cela la rend flexible et interchangeable. » Sur ces bases, chaque génération de logiciels CUDA « améliore la performance, l’efficacité et le coût total de propriété d’une infrastructure déjà installée ».

Pour certains observateurs, Nvidia parvient ici à déplacer le risque financier qu’implique la faible durée de vie des GPU. Son nouvel « actif » permettrait aussi d’ouvrir (un peu) la circularité des contrats constatée jusqu’ici en ouvrant la demande à des financeurs extérieurs à l’industrie. La course financière à l’IA a en effet été critiquée pour le risque qu’elle crée : l’essentiel des fonds accumulés circule en réalité entre une infime poignée d’acteurs, dont Nvidia, OpenAI, Oracle, AMD et Microsoft qui achètent, vendent et investissent dans les services les uns des autres.

Ou un risque financier comme un autre ?

En bon vendeur de pioches (c’est-à-dire d’infrastructure), sur les 14 suivies par la plateforme isaiprofitable.com (dont OpenAI, justement, Amazon ou encore Meta), NVIDIA est actuellement la seule société lancée dans la course à l’intelligence artificielle générative à dégager un profit mesurable. En un an, les revenus de la société ont grimpé de 92 % pour atteindre 75,2 milliards de dollars fin avril 2026.

Pour autant, considérer son nouvel « actif » de nature à bouleverser son financement, voire celui de l’écosystème, peut être relativement précipité. Concrètement, NVIDIA y mélange des actifs à la durée de vie technique et économique tout à fait diverses, rappelle l’Usine Digitale. Or, ce n’est pas parce que CUDA permet de réaffecter des GPU vieillissants à de nouveaux usages, pour maintenir leur fonctionnement, que l’attirail restera nécessairement compétitif.

Quoiqu’il en soit, avant d’être actif, le partenariat entre Nvidia et ses six acolytes financiers doit encore être conclu, et les différents accords, signés.

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[Édito] Quatre modèles d’IA « échappent » à leurs constructeurs : vous le faites exprès ?

Oops… They’ll do it again
[Édito] Quatre modèles d’IA « échappent » à leurs constructeurs : vous le faites exprès ?

Après Anthropic, OpenAI et Meta, voilà qu’un modèle du chinois Moonshot AI aurait lui aussi réussi à accéder à internet aux dépens de ses constructeurs. Une démonstration supplémentaire des failles techniques et humaines existant chez les constructeurs d’IA générative et leurs partenaires, mais aussi de l’impunité qu’ils cultivent de manière très publique.

Ça commence à bien faire. Après Anthropic, Open AI et Meta, c’est au tour du chinois Moonshot AI de laisser un des systèmes d’IA générative accéder à internet. Une fois au large, le système a fouillé Github pour y chercher les réponses au benchmark de sécurité auquel il était soumis, d’après la société états-unienne Frontier Security.

À peu près à la même période, c’était Meta qui laissait son modèle Muse Spark 1.1 accéder à internet « par inadvertance », espace depuis lequel le système a hacké un acteur tiers. La mention de l’inadvertance est une citation du Wall Street Journal. Mais elle traduit bien le ton global des communiqués et explications fournies par chacun des constructeurs d’IA générative au gré des failles de cybersécurité mises au jour ces dernières semaines.

Premier concerné, OpenAI s’est débrouillé dès le mois de juillet pour tourner la perte de contrôle de l’outil que l’entreprise avait elle-même construit en démonstration de la supposée « intelligence » du modèle GPT 5.6 Sol. Alors qu’il était soumis à un test interne, supposément isolé du réseau, le dispositif aurait exploité une vulnérabilité 0-day pour accéder à internet et, de là, se tourner vers les systèmes de la société concurrente Hugging Face pour trouver les réponses au test auquel il était soumis. Pour les besoins de ce test, GPT 5.6 Sol avait été volontairement configuré avec des barrières cyber relativement faibles. Pour autant, OpenAI a mis cinq jours complets à s’apercevoir du problème.

Depuis quand les vulnérabilités technologiques sont-elles devenues un argument de vente ? Depuis quand un produit ouvertement dangereux pour son constructeur et pour le reste du milieu économique et social – ses concurrents, ses clients, des internautes qui passent dans le coin – peut-il être mis sur le marché sans que quiconque ne demande vérification et sécurisation du produit en amont ?

C’est pas nous, c’est Irregular

Les raisons de la « prise d’indépendance » du moteur de Meta sont peu ou prou les mêmes que celles avancées par OpenAI quelques semaines plus tôt : d’après les entreprises elles-mêmes, ces errements sont dûs à de « mauvaises configurations » des environnements dans lesquels les tests de cybersécurité ont été mis en place. Chez Anthropic, Claude aurait de son côté réussi par trois fois (sur 141 000 sessions de tests) à sortir de son « bac à sable » (sandbox, environnement d’expérimentation sécurisé) pour aller sur internet.

La succession d’incidents vus chez les acteurs états-uniens Meta, Anthropic et OpenAI serait d’ailleurs le résultat d’un seul et même test de cybersécurité. Les trois ont été menés par la société Irregular, qui se présente comme un « laboratoire de sécurisation des systèmes frontière ». Celle-ci déclare que les incidents ne sont le résultat d’aucune action cyber sophistiquée, et qu’elle n’a pas de « problème en cours » au sujet de son environnement de test.

S’il n’y a pas de problème, il ne reste plus qu’à… faire confiance aux constructeurs d’IA comme à leurs partenaires ? Et considérer qu’il n’y a pas de problème ?

Doom marketing is still marketing

Si les modèles concernés ont exploité des failles techniques pour répondre aux tests de cybersécurité auxquels ils étaient soumis, avance Nathaniel Jones, cadre de la société de cybersécurité Darktrace, dans TechRadar, c’est précisément parce qu’ils ont été construits et testés pour cela. Alors qu’elles s’étaient vues fixer « l’objectif légitime de résoudre un exercice de référence en matière de cybersécurité », les machines ont trouvé « une voie inattendue pour parvenir aux réponses ».

« L’eau sous pression ne "décide" pas de s’échapper. Elle s’engouffre dans une brèche sous la seule force de la pression », écrit de son côté l’éditeur Cyrille Zola-Place dans une tribune. « Personne ne dirait que l’eau est « en mission », qu’elle agit « de sa propre initiative », qu’elle est « hors de contrôle ». Tout le monde comprendrait que la question est ailleurs : qui a construit ce barrage, et pourquoi n’a-t-il pas tenu ? Le système n’a pas « voulu » sortir. Il a optimisé un chemin. Et le chemin passait par là. »

Fondateur de la société de cybersécurité Immuniweb, Ilia Kolochenko estime de son côté que l’annonce d’Anthropic était surtout un « geste marketing » destiné à répondre aux discours relatifs à l’attaque d’Hugging Face par des systèmes d’IA, « qui avait attiré l’attention du monde entier ». Une analyse que nous élargissons volontiers à la réaction de Meta, à la décision de sociétés comme Frontier Security d’analyser divers autres systèmes pour voir si, eux aussi, avaient réussi à échapper à leur environnement de test. On pourrait même, pourquoi pas, y ajouter le « test de sécurité » mené au Royaume-Uni par l’AI Security Institute, pendant lequel (surprise) un modèle d’OpenAI et un autre d’Anthropic se seraient échappés. Là encore, des experts qualifient toute l’affaire de « campagne publicitaire éthiquement problématique », et la fuite de parfaitement justifiée, étant donné que le test avait notamment consisté à minimiser les garde-fous autour des systèmes étudiés.

Mais pendant qu’on brandit des scénarios d’outils capables d’attaquer de leur propre chef, la question de la responsabilité que prennent les constructeurs d’IA pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent reste, elle, encore et toujours évacuée du débat.

Transparence vidée de sa substance

Quelques semaines à peine après l’incident repéré vis-à-vis d’Hugging Face, un communiqué d’OpenAI, relatif à un autre de ses outils, illustrait très bien le pied de nez que le constructeur a décidé de continuer d’adresser au monde. Dans ce texte consacré à son modèle Astra, l’entreprise écrit ne pas pouvoir « exclure » que celui-ci présente « des cybercapacités critiques » telles que définies par ses propres cadres. Autrement dit, Astra pourrait poser de sérieux problèmes de cybersécurité.

OpenAI déclare communiquer ces informations, « car nous estimons important de faire preuve de transparence auprès du public et des communautés spécialisées dans la sûreté et la sécurité concernant cette évolution potentielle des capacités ». Cette « transparence » dont se prévaut l’entreprise résonne fortement avec les exigences longtemps promues par les scientifiques spécialistes de l’intelligence artificielle. Sauf qu’elle ne ressemble en rien à la transparence qu’ils et elles demandent, qui impliquerait d’ouvrir l’accès aux modèles, à leurs données d’entraînement, à leur architecture, de détailler leurs besoins en ressources, ou, dans le cas présent, de donner des informations bien plus précises sur ce à quoi, concrètement et techniquement, les incidents de sécurité pourraient ressembler.

Telle qu’elle apparaît dans le communiqué d’OpenAI, la transparence ressemble plutôt à des menaces (Attention, vous pourriez vous faire hacker si le système nous échappe !) ou à un manuel de terrain pour cultiver l’impunité (si ça arrive, oups 🤷 Au moins on aura prévenu 🙂 ).

Le texte, qui vise à prévenir du degré potentiel de dangerosité d’un des modèles d’OpenAI, fait même référence à la compromission d’Hugging Face, mais uniquement pour dire qu’Astra n’est pas impliqué dans l’affaire. Est-ce qu’OpenAI prévoit de suspendre certaines de ses activités le temps de s’assurer que ses outils ne créeront plus de danger ? Non. L’entreprise se contente de donner un vague aperçu de sa cuisine interne pour que « la poursuite du développement de ce modèle se déroule dans des conditions garantissant sa sûreté et sa sécurité ». Mais qui dit que la poursuite du développement de ce modèle est souhaitable ? Comment croire, même, qu’elle puisse être « sûre et sécurisée », alors qu’OpenAI vient de montrer sa faillibilité ?

Toujours aucun contrôle a priori

Passons rapidement sur les mesures dédiées à « surveiller (…) des défauts d’alignement », concept toujours pas défini correctement. Alors qu’OpenAI a laissé un de ses modèles agir en dehors de son bac à sable, la question se fait pourtant chaque jour plus pressante : de quel alignement parle OpenAI ? Les intérêts et les valeurs de Sam Altman sont-ils les plus alignés avec ceux du peuple états-unien ? Du gouvernement local ? De l’Occident ? De la planète ? Ou ne parle-t-on que de l’alignement de modèles sur les seuls intérêts du patron d’OpenAI ?

Le cadre qu’a fixé l’entreprise l’«a déjà guidée lors d’autres transitions de capacités », indique-t-elle encore. En langage naturel, cela signifie qu’Astra risque de présenter des « cybercapacités critiques », mais que, calmez-vous madame, ça va bien se passer. Par quel tour de magie une erreur de sécurité peut-elle devenir un argument de vente ? De quelle ampleur la prochaine faille cyber doit-elle être pour qu’enfin, législateurs et gouvernants tiennent les constructeurs de modèles d’IA pour responsables des dégâts qu’ils causent ? Et à quels saints représentants politiques faut-il se vouer, pour empêcher que les constructeurs d’IA, outre se tirer la bourre pour capter tellement de soutien financier qu’ils représentent un risque pour l’économie mondiale, se lancent désormais dans une course à celui qui créera le plus vite le plus grand danger cyber ?

Côté régulation, les Européens pourront compter dans les prochaines années sur l’AI Act, quand bien même sa mise en application vient d’être reculée, et le texte lui-même, allégé. Mais les dispositifs de sécurité que celui-ci impose fonctionnent a posteriori : même pour les systèmes les plus sensibles, dits « à haut risque », ce sera aux fournisseurs d’informer les autorités de surveillance des marchés concernés lorsqu’ils constateront un lien entre leur système et un éventuel incident grave.

En termes de contrôle, l’Union se dote d’un Bureau de l’intelligence artificielle et d’un comité IA chargé de la coordination des autorités nationales. « Toute personne physique ou morale » pourra par ailleurs déposer ses réclamations auprès de l’autorité relative à son marché pour obtenir « des explications claires et pertinentes » en cas d’impacts négatifs d’un système d’IA sur « sa santé, sa sécurité ou ses droits fondamentaux ». Dans les textes actuels, en revanche, nulle trace de contrôle a priori, que ce soit des constructeurs ou des tiers supposés les aider à construire leurs tests de cybersécurité.

On pourrait, collectivement, décider de s’en alarmer : d’après ABC News, un internaute australien vient de déclencher par inadvertance le hack du site web de sa salle de gym, après avoir demandé à un agent de lui réserver une place. Pour le moment, hormis pour la salle de gym et son éditeur de logiciel de réservation, les enjeux restent faibles. Mais que se passerait-il si un « malin » petit système d’IA, qu’il soit utilisé par un internaute sans connaissances techniques ou par des experts ayant abaissé ses garde-fous pour les besoins d’un test de cybersécurité, se retrouvait à attaquer le site web d’un hôpital, d’une administration, voire du système de gestion d’un barrage hydroélectrique ou d’une centrale nucléaire ?

En l’état, les incidents de l’été laissent nettement douter de l’efficacité des dispositifs de sécurité déployés par les constructeurs. Ceux-là mêmes continuent pourtant de refuser d’être régulés – donc d’être mis devant leur responsabilité – par d’autres qu’eux-mêmes, au motif que ça les empêcherait d’innover. Il serait peut-être temps de cesser de les prendre au mot ?

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[Édito] Quatre modèles d’IA « échappent » à leurs constructeurs : vous le faites exprès ?

Oops… They’ll do it again
[Édito] Quatre modèles d’IA « échappent » à leurs constructeurs : vous le faites exprès ?

Après Anthropic, OpenAI et Meta, voilà qu’un modèle du chinois Moonshot AI aurait lui aussi réussi à accéder à internet aux dépens de ses constructeurs. Une démonstration supplémentaire des failles techniques et humaines existant chez les constructeurs d’IA générative et leurs partenaires, mais aussi de l’impunité qu’ils cultivent de manière très publique.

Ça commence à bien faire. Après Anthropic, Open AI et Meta, c’est au tour du chinois Moonshot AI de laisser un des systèmes d’IA générative accéder à internet. Une fois au large, le système a fouillé Github pour y chercher les réponses au benchmark de sécurité auquel il était soumis, d’après la société états-unienne Frontier Security.

À peu près à la même période, c’était Meta qui laissait son modèle Muse Spark 1.1 accéder à internet « par inadvertance », espace depuis lequel le système a hacké un acteur tiers. La mention de l’inadvertance est une citation du Wall Street Journal. Mais elle traduit bien le ton global des communiqués et explications fournies par chacun des constructeurs d’IA générative au gré des failles de cybersécurité mises au jour ces dernières semaines.

Premier concerné, OpenAI s’est débrouillé dès le mois de juillet pour tourner la perte de contrôle de l’outil que l’entreprise avait elle-même construit en démonstration de la supposée « intelligence » du modèle GPT 5.6 Sol. Alors qu’il était soumis à un test interne, supposément isolé du réseau, le dispositif aurait exploité une vulnérabilité 0-day pour accéder à internet et, de là, se tourner vers les systèmes de la société concurrente Hugging Face pour trouver les réponses au test auquel il était soumis. Pour les besoins de ce test, GPT 5.6 Sol avait été volontairement configuré avec des barrières cyber relativement faibles. Pour autant, OpenAI a mis cinq jours complets à s’apercevoir du problème.

Depuis quand les vulnérabilités technologiques sont-elles devenues un argument de vente ? Depuis quand un produit ouvertement dangereux pour son constructeur et pour le reste du milieu économique et social – ses concurrents, ses clients, des internautes qui passent dans le coin – peut-il être mis sur le marché sans que quiconque ne demande vérification et sécurisation du produit en amont ?

C’est pas nous, c’est Irregular

Les raisons de la « prise d’indépendance » du moteur de Meta sont peu ou prou les mêmes que celles avancées par OpenAI quelques semaines plus tôt : d’après les entreprises elles-mêmes, ces errements sont dûs à de « mauvaises configurations » des environnements dans lesquels les tests de cybersécurité ont été mis en place. Chez Anthropic, Claude aurait de son côté réussi par trois fois (sur 141 000 sessions de tests) à sortir de son « bac à sable » (sandbox, environnement d’expérimentation sécurisé) pour aller sur internet.

La succession d’incidents vus chez les acteurs états-uniens Meta, Anthropic et OpenAI serait d’ailleurs le résultat d’un seul et même test de cybersécurité. Les trois ont été menés par la société Irregular, qui se présente comme un « laboratoire de sécurisation des systèmes frontière ». Celle-ci déclare que les incidents ne sont le résultat d’aucune action cyber sophistiquée, et qu’elle n’a pas de « problème en cours » au sujet de son environnement de test.

S’il n’y a pas de problème, il ne reste plus qu’à… faire confiance aux constructeurs d’IA comme à leurs partenaires ? Et considérer qu’il n’y a pas de problème ?

Doom marketing is still marketing

Si les modèles concernés ont exploité des failles techniques pour répondre aux tests de cybersécurité auxquels ils étaient soumis, avance Nathaniel Jones, cadre de la société de cybersécurité Darktrace, dans TechRadar, c’est précisément parce qu’ils ont été construits et testés pour cela. Alors qu’elles s’étaient vues fixer « l’objectif légitime de résoudre un exercice de référence en matière de cybersécurité », les machines ont trouvé « une voie inattendue pour parvenir aux réponses ».

« L’eau sous pression ne "décide" pas de s’échapper. Elle s’engouffre dans une brèche sous la seule force de la pression », écrit de son côté l’éditeur Cyrille Zola-Place dans une tribune. « Personne ne dirait que l’eau est « en mission », qu’elle agit « de sa propre initiative », qu’elle est « hors de contrôle ». Tout le monde comprendrait que la question est ailleurs : qui a construit ce barrage, et pourquoi n’a-t-il pas tenu ? Le système n’a pas « voulu » sortir. Il a optimisé un chemin. Et le chemin passait par là. »

Fondateur de la société de cybersécurité Immuniweb, Ilia Kolochenko estime de son côté que l’annonce d’Anthropic était surtout un « geste marketing » destiné à répondre aux discours relatifs à l’attaque d’Hugging Face par des systèmes d’IA, « qui avait attiré l’attention du monde entier ». Une analyse que nous élargissons volontiers à la réaction de Meta, à la décision de sociétés comme Frontier Security d’analyser divers autres systèmes pour voir si, eux aussi, avaient réussi à échapper à leur environnement de test. On pourrait même, pourquoi pas, y ajouter le « test de sécurité » mené au Royaume-Uni par l’AI Security Institute, pendant lequel (surprise) un modèle d’OpenAI et un autre d’Anthropic se seraient échappés. Là encore, des experts qualifient toute l’affaire de « campagne publicitaire éthiquement problématique », et la fuite de parfaitement justifiée, étant donné que le test avait notamment consisté à minimiser les garde-fous autour des systèmes étudiés.

Mais pendant qu’on brandit des scénarios d’outils capables d’attaquer de leur propre chef, la question de la responsabilité que prennent les constructeurs d’IA pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent reste, elle, encore et toujours évacuée du débat.

Transparence vidée de sa substance

Quelques semaines à peine après l’incident repéré vis-à-vis d’Hugging Face, un communiqué d’OpenAI, relatif à un autre de ses outils, illustrait très bien le pied de nez que le constructeur a décidé de continuer d’adresser au monde. Dans ce texte consacré à son modèle Astra, l’entreprise écrit ne pas pouvoir « exclure » que celui-ci présente « des cybercapacités critiques » telles que définies par ses propres cadres. Autrement dit, Astra pourrait poser de sérieux problèmes de cybersécurité.

OpenAI déclare communiquer ces informations, « car nous estimons important de faire preuve de transparence auprès du public et des communautés spécialisées dans la sûreté et la sécurité concernant cette évolution potentielle des capacités ». Cette « transparence » dont se prévaut l’entreprise résonne fortement avec les exigences longtemps promues par les scientifiques spécialistes de l’intelligence artificielle. Sauf qu’elle ne ressemble en rien à la transparence qu’ils et elles demandent, qui impliquerait d’ouvrir l’accès aux modèles, à leurs données d’entraînement, à leur architecture, de détailler leurs besoins en ressources, ou, dans le cas présent, de donner des informations bien plus précises sur ce à quoi, concrètement et techniquement, les incidents de sécurité pourraient ressembler.

Telle qu’elle apparaît dans le communiqué d’OpenAI, la transparence ressemble plutôt à des menaces (Attention, vous pourriez vous faire hacker si le système nous échappe !) ou à un manuel de terrain pour cultiver l’impunité (si ça arrive, oups 🤷 Au moins on aura prévenu 🙂 ).

Le texte, qui vise à prévenir du degré potentiel de dangerosité d’un des modèles d’OpenAI, fait même référence à la compromission d’Hugging Face, mais uniquement pour dire qu’Astra n’est pas impliqué dans l’affaire. Est-ce qu’OpenAI prévoit de suspendre certaines de ses activités le temps de s’assurer que ses outils ne créeront plus de danger ? Non. L’entreprise se contente de donner un vague aperçu de sa cuisine interne pour que « la poursuite du développement de ce modèle se déroule dans des conditions garantissant sa sûreté et sa sécurité ». Mais qui dit que la poursuite du développement de ce modèle est souhaitable ? Comment croire, même, qu’elle puisse être « sûre et sécurisée », alors qu’OpenAI vient de montrer sa faillibilité ?

Toujours aucun contrôle a priori

Passons rapidement sur les mesures dédiées à « surveiller (…) des défauts d’alignement », concept toujours pas défini correctement. Alors qu’OpenAI a laissé un de ses modèles agir en dehors de son bac à sable, la question se fait pourtant chaque jour plus pressante : de quel alignement parle OpenAI ? Les intérêts et les valeurs de Sam Altman sont-ils les plus alignés avec ceux du peuple états-unien ? Du gouvernement local ? De l’Occident ? De la planète ? Ou ne parle-t-on que de l’alignement de modèles sur les seuls intérêts du patron d’OpenAI ?

Le cadre qu’a fixé l’entreprise l’«a déjà guidée lors d’autres transitions de capacités », indique-t-elle encore. En langage naturel, cela signifie qu’Astra risque de présenter des « cybercapacités critiques », mais que, calmez-vous madame, ça va bien se passer. Par quel tour de magie une erreur de sécurité peut-elle devenir un argument de vente ? De quelle ampleur la prochaine faille cyber doit-elle être pour qu’enfin, législateurs et gouvernants tiennent les constructeurs de modèles d’IA pour responsables des dégâts qu’ils causent ? Et à quels saints représentants politiques faut-il se vouer, pour empêcher que les constructeurs d’IA, outre se tirer la bourre pour capter tellement de soutien financier qu’ils représentent un risque pour l’économie mondiale, se lancent désormais dans une course à celui qui créera le plus vite le plus grand danger cyber ?

Côté régulation, les Européens pourront compter dans les prochaines années sur l’AI Act, quand bien même sa mise en application vient d’être reculée, et le texte lui-même, allégé. Mais les dispositifs de sécurité que celui-ci impose fonctionnent a posteriori : même pour les systèmes les plus sensibles, dits « à haut risque », ce sera aux fournisseurs d’informer les autorités de surveillance des marchés concernés lorsqu’ils constateront un lien entre leur système et un éventuel incident grave.

En termes de contrôle, l’Union se dote d’un Bureau de l’intelligence artificielle et d’un comité IA chargé de la coordination des autorités nationales. « Toute personne physique ou morale » pourra par ailleurs déposer ses réclamations auprès de l’autorité relative à son marché pour obtenir « des explications claires et pertinentes » en cas d’impacts négatifs d’un système d’IA sur « sa santé, sa sécurité ou ses droits fondamentaux ». Dans les textes actuels, en revanche, nulle trace de contrôle a priori, que ce soit des constructeurs ou des tiers supposés les aider à construire leurs tests de cybersécurité.

On pourrait, collectivement, décider de s’en alarmer : d’après ABC News, un internaute australien vient de déclencher par inadvertance le hack du site web de sa salle de gym, après avoir demandé à un agent de lui réserver une place. Pour le moment, hormis pour la salle de gym et son éditeur de logiciel de réservation, les enjeux restent faibles. Mais que se passerait-il si un « malin » petit système d’IA, qu’il soit utilisé par un internaute sans connaissances techniques ou par des experts ayant abaissé ses garde-fous pour les besoins d’un test de cybersécurité, se retrouvait à attaquer le site web d’un hôpital, d’une administration, voire du système de gestion d’un barrage hydroélectrique ou d’une centrale nucléaire ?

En l’état, les incidents de l’été laissent nettement douter de l’efficacité des dispositifs de sécurité déployés par les constructeurs. Ceux-là mêmes continuent pourtant de refuser d’être régulés – donc d’être mis devant leur responsabilité – par d’autres qu’eux-mêmes, au motif que ça les empêcherait d’innover. Il serait peut-être temps de cesser de les prendre au mot ?

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☕️ La préfecture de Seine-et-Marne autorise l’installation de Campus IA à Fouju



C’est fait. Sans grande surprise, le plus grand projet de data center de France, Campus IA, a obtenu le 29 juillet l’autorisation préfectorale de s’installer à Fouju, à 40 km au Sud-Est de Paris.

Après une consultation publique organisée auprès de la population à l’automne, puis une enquête publique à l’issue de laquelle les trois commissaire ont rendu un avis favorable, le dossier est passé dans les mains de l’État.

Soutenu dès le sommet Choose France de juin 2025, Campus IA doit être financé à hauteur de 50 milliards d’euros par le fonds émirati MGX, le fabricant de puces états-unien NVIDIA, la start-up française Mistral AI et la Banque publique d’investissement (Bpi).

Illustration : Flock

Si son développement se fera en plusieurs phase, dont la première doit être livrée en 2028, il prévoit d’atteindre à terme une puissance de pleine capacité de 1,4 gigawatt, équivalente à celle d’un réacteur d’une centrale nucléaire.

Il s’étendra sur 89 hectares, dont 73 sont à bâtir, rappelle Le Parisien. Il comptera onze bâtiments contenant des centres de données et un dédié à la formation. Pendant la consultation publique, les riverains ont néanmoins souligné que l’absence de réseau de transport public allait freiner les venues sur site.

Sur les questions relatives au refroidissement, Campus IA doit recourir à des groupes frigorifiques installés en toiture et recourant à 601 tonnes de gaz réfrigérant. Cela permet d’éviter le pompage de la nappe phréatique voisine de Champigny, mais crée d’autres inquiétudes, sur les PFAS dégagés si le gaz venait à fuir.

Côté chaleur fatale, souvent évoquée sur les chantiers français des centres de données, mais très peu réutilisée en réalité, Campus IA affirme que celle de ses bâtiments sera récupérée pour son centre de formation, pour des serres agricoles implantées près de son terrain, et pour le futur centre pénitentiaire voisin. La ville de Melun s’est aussi déclarée intéressée.

Quoiqu’il en soit, le projet n’avance pas sans opposition. Sous le nom Stop IA à Fouju, un collectif s’est monté, qui réunit France Nature Environnement Seine-et-Marne et Île-de-France, La Ligue de protection des oiseaux, la Confédération paysanne et les Soulèvements de la Terre. Elle qualifie l’enquête publique de « bâclée », prévoit une journée de débats le 29 août à l’Espace Saint-Jean de Melun, et prévoit de déposer un recours, selon Le Parisien. En ligne, une pétition s’opposant au projet compte actuellement plus de 47 000 signatures.

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☕️ La préfecture de Seine-et-Marne autorise l’installation de Campus IA à Fouju



C’est fait. Sans grande surprise, le plus grand projet de data center de France, Campus IA, a obtenu le 29 juillet l’autorisation préfectorale de s’installer à Fouju, à 40 km au Sud-Est de Paris.

Après une consultation publique organisée auprès de la population à l’automne, puis une enquête publique à l’issue de laquelle les trois commissaire ont rendu un avis favorable, le dossier est passé dans les mains de l’État.

Soutenu dès le sommet Choose France de juin 2025, Campus IA doit être financé à hauteur de 50 milliards d’euros par le fonds émirati MGX, le fabricant de puces états-unien NVIDIA, la start-up française Mistral AI et la Banque publique d’investissement (Bpi).

Illustration : Flock

Si son développement se fera en plusieurs phase, dont la première doit être livrée en 2028, il prévoit d’atteindre à terme une puissance de pleine capacité de 1,4 gigawatt, équivalente à celle d’un réacteur d’une centrale nucléaire.

Il s’étendra sur 89 hectares, dont 73 sont à bâtir, rappelle Le Parisien. Il comptera onze bâtiments contenant des centres de données et un dédié à la formation. Pendant la consultation publique, les riverains ont néanmoins souligné que l’absence de réseau de transport public allait freiner les venues sur site.

Sur les questions relatives au refroidissement, Campus IA doit recourir à des groupes frigorifiques installés en toiture et recourant à 601 tonnes de gaz réfrigérant. Cela permet d’éviter le pompage de la nappe phréatique voisine de Champigny, mais crée d’autres inquiétudes, sur les PFAS dégagés si le gaz venait à fuir.

Côté chaleur fatale, souvent évoquée sur les chantiers français des centres de données, mais très peu réutilisée en réalité, Campus IA affirme que celle de ses bâtiments sera récupérée pour son centre de formation, pour des serres agricoles implantées près de son terrain, et pour le futur centre pénitentiaire voisin. La ville de Melun s’est aussi déclarée intéressée.

Quoiqu’il en soit, le projet n’avance pas sans opposition. Sous le nom Stop IA à Fouju, un collectif s’est monté, qui réunit France Nature Environnement Seine-et-Marne et Île-de-France, La Ligue de protection des oiseaux, la Confédération paysanne et les Soulèvements de la Terre. Elle qualifie l’enquête publique de « bâclée », prévoit une journée de débats le 29 août à l’Espace Saint-Jean de Melun, et prévoit de déposer un recours, selon Le Parisien. En ligne, une pétition s’opposant au projet compte actuellement plus de 47 000 signatures.

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OpenAI rachète 7 milliards de dollars d’actions à ses salariés avant d’entrer en bourse

Money money money
OpenAI rachète 7 milliards de dollars d’actions à ses salariés avant d’entrer en bourse

Open AI a proposé le rachat de l’équivalent de 7 milliards de dollars d’actions à ses employés. Une manière pour l’entreprise de re-concentrer ses parts, et pour ses employés de pouvoir réellement profiter de cette partie de leur rémunération.

OpenAI prépare son entrée en bourse pour l’automne pour lever 122 milliards de dollars, ce qui porterait sa valorisation à 852 milliards des dollars, soit au même niveau que sa dernière levée de fonds réalisée en mars auprès de sociétés partenaires et de fonds de capital-risque.

En prévision, l’entreprise vient de conclure un accord de reprise de l’ordre de 7 milliards de dollars de parts détenues par ses employés, d’après les informations de Bloomberg. Une manière, pour elle, de récupérer la main sur une fraction de ses parts sans les racheter à des investisseurs extérieurs. Au passage, elle participe à la création d’une vague de millionaires dont la richesse est encore plus importante que celle produite à l’époque des entrées en bourse des géants du numérique.

Transformer des actions en « vrai » argent

Côté employés, une telle transaction permet de sécuriser la valeur des parts revendues, alors que les entrées en bourse de grandes sociétés du numérique ne garantissent pas la hausse du cours. Depuis son entrée en bourse en juin, l’action de SpaceX est par exemple passée par un pic à 225 dollars quatre jours après son arrivée sur le NASDAQ, avant de redescendre jusqu’à 104 dollars ce 5 août. Elle remonte actuellement aux alentours de 138 dollars, soit trois dollars de plus qu’à son introduction.

Il s’agit, aussi, de matérialiser une forme de rémunération difficilement activable tant qu’elle n’est pas transformée en cash. Par le passé, OpenAI s’est livrée à une ardente guerre des recrutements avec plusieurs de ses concurrents. Chez Meta, cette lutte s’est traduite par des packages faramineux, quelquefois directement proposés par Mark Zuckerberg.

Une vague de millionnaires inégalée

Pour OpenAI, permettre la revente d’actions est une manière de faire face. La société s’est déjà tournée vers des investisseurs comme Thrive Capital ou SoftBank Group pour proposer ce genre d’opérations. En octobre 2025, certains employés sont devenus millionnaires du jour au lendemain alors que Sam Altman leur proposait de racheter jusqu’à 30 millions de dollars de leurs parts dans OpenAI, pour une dépense totale de 6,6 milliards de dollars. Pour près des trois quarts des 600 personnes concernées, ce montant a été atteint, selon le Wall Street Journal.

Ce type de transactions illustre d’une nouvelle manière la course financière dans laquelle le secteur de l’intelligence artificielle est lancé. Si des employés de Microsoft, Google ou Facebook ont gagné des millions lorsque leurs sociétés sont entrées en bourse, aucun n’a accumulé aussi rapidement la richesse évoquée ici. En octobre, certains ont d’ailleurs décidé de donner le reste de leurs actions à des fonds philanthropiques — des outils qui garantissent que l’argent soit utilisé pour des œuvres charitables, tout en les rendant éligibles aux réductions d’impôts correspondantes.

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OpenAI rachète 7 milliards de dollars d’actions à ses salariés avant d’entrer en bourse

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OpenAI rachète 7 milliards de dollars d’actions à ses salariés avant d’entrer en bourse

Open AI a proposé le rachat de l’équivalent de 7 milliards de dollars d’actions à ses employés. Une manière pour l’entreprise de re-concentrer ses parts, et pour ses employés de pouvoir réellement profiter de cette partie de leur rémunération.

OpenAI prépare son entrée en bourse pour l’automne pour lever 122 milliards de dollars, ce qui porterait sa valorisation à 852 milliards des dollars, soit au même niveau que sa dernière levée de fonds réalisée en mars auprès de sociétés partenaires et de fonds de capital-risque.

En prévision, l’entreprise vient de conclure un accord de reprise de l’ordre de 7 milliards de dollars de parts détenues par ses employés, d’après les informations de Bloomberg. Une manière, pour elle, de récupérer la main sur une fraction de ses parts sans les racheter à des investisseurs extérieurs. Au passage, elle participe à la création d’une vague de millionaires dont la richesse est encore plus importante que celle produite à l’époque des entrées en bourse des géants du numérique.

Transformer des actions en « vrai » argent

Côté employés, une telle transaction permet de sécuriser la valeur des parts revendues, alors que les entrées en bourse de grandes sociétés du numérique ne garantissent pas la hausse du cours. Depuis son entrée en bourse en juin, l’action de SpaceX est par exemple passée par un pic à 225 dollars quatre jours après son arrivée sur le NASDAQ, avant de redescendre jusqu’à 104 dollars ce 5 août. Elle remonte actuellement aux alentours de 138 dollars, soit trois dollars de plus qu’à son introduction.

Il s’agit, aussi, de matérialiser une forme de rémunération difficilement activable tant qu’elle n’est pas transformée en cash. Par le passé, OpenAI s’est livrée à une ardente guerre des recrutements avec plusieurs de ses concurrents. Chez Meta, cette lutte s’est traduite par des packages faramineux, quelquefois directement proposés par Mark Zuckerberg.

Une vague de millionnaires inégalée

Pour OpenAI, permettre la revente d’actions est une manière de faire face. La société s’est déjà tournée vers des investisseurs comme Thrive Capital ou SoftBank Group pour proposer ce genre d’opérations. En octobre 2025, certains employés sont devenus millionnaires du jour au lendemain alors que Sam Altman leur proposait de racheter jusqu’à 30 millions de dollars de leurs parts dans OpenAI, pour une dépense totale de 6,6 milliards de dollars. Pour près des trois quarts des 600 personnes concernées, ce montant a été atteint, selon le Wall Street Journal.

Ce type de transactions illustre d’une nouvelle manière la course financière dans laquelle le secteur de l’intelligence artificielle est lancé. Si des employés de Microsoft, Google ou Facebook ont gagné des millions lorsque leurs sociétés sont entrées en bourse, aucun n’a accumulé aussi rapidement la richesse évoquée ici. En octobre, certains ont d’ailleurs décidé de donner le reste de leurs actions à des fonds philanthropiques — des outils qui garantissent que l’argent soit utilisé pour des œuvres charitables, tout en les rendant éligibles aux réductions d’impôts correspondantes.

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☕️ Énergie : record d’indisponibilité des réacteurs à cause des vagues de canicule



Nous vous l’expliquions il y a quelques semaines, la réalité vient le démontrer : en période de canicules, l’approvisionnement en électricité peut devenir une gageure jusque dans un pays à la production excédentaire, comme la France.

À l’échelle de la planète, la température des océans a dépassé le mois dernier un record de chaleur. À celle de l’hexagone, nous entrons ces jours-ci dans un nouvel épisode anormal de chaleur, la cinquième canicule depuis le début de l’été. Résultat : le réseau électrique a dépassé son propre record de réacteurs indisponibles.

Sur les 57 réacteurs français, rappelle Libération, 15 se situent en bord de mer et 42 en bord de fleuve ou de rivière : l’eau fraîche est essentielle pour refroidir les installations. Face à la baisse de leur débit, aux seuils légaux de température maximale des rejets des centrales, fixés pour préserver la faune et la flore, EDF a successivement arrêté, depuis juin, des réacteurs à Bugey (Ain), Nogent-sur-Seine (Aube), Golfech (Tarn-et-Garonne), Chooz (Ardennes) et Cattenom (Moselle), en plus de réduire temporairement la puissance de plusieurs autres.

Les 14 et 15 juillet, 9,4 GW de sa production habituelle étaient indisponibles, soit 15 % de la capacité totale du parc nucléaire français, qui est de 63 GW. Toujours selon nos confrères, « toutes causes confondues » la disponibilité réelle était aux alentours de 40 GW.

Les gains de productivité de l’IA provoquent une augmentation des émissions de CO2
Illustration : Flock

Cette baisse n’a pas menacé l’équilibre du réseau national, grâce à une production globalement suffisante (29,7 TWh générés en juillet 2026). Grâce au photovoltaïque, qui a produit jusqu’à plus de 30 % de l’électricité hexagonale pendant certaines heures de juillet, le pays est même resté exportateur.

À l’heure où certaines industries démultiplient leur consommation énergétique, en revanche, la situation illustre les difficultés du parc nucléaire français face à l’accélération des modifications climatiques. D’ici 2050, RTE prévoit en effet que les risques d’indisponibilité puissent augmenter « d’un facteur deux à trois ».

Plus largement, cela vient illustrer les failles de l’approvisionnement énergétique d’un secteur comme celui de l’intelligence artificielle, qui se tourne ouvertement vers le nucléaire depuis quelques années.

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☕️ Énergie : record d’indisponibilité des réacteurs à cause des vagues de canicule



Nous vous l’expliquions il y a quelques semaines, la réalité vient le démontrer : en période de canicules, l’approvisionnement en électricité peut devenir une gageure jusque dans un pays à la production excédentaire, comme la France.

À l’échelle de la planète, la température des océans a dépassé le mois dernier un record de chaleur. À celle de l’hexagone, nous entrons ces jours-ci dans un nouvel épisode anormal de chaleur, la cinquième canicule depuis le début de l’été. Résultat : le réseau électrique a dépassé son propre record de réacteurs indisponibles.

Sur les 57 réacteurs français, rappelle Libération, 15 se situent en bord de mer et 42 en bord de fleuve ou de rivière : l’eau fraîche est essentielle pour refroidir les installations. Face à la baisse de leur débit, aux seuils légaux de température maximale des rejets des centrales, fixés pour préserver la faune et la flore, EDF a successivement arrêté, depuis juin, des réacteurs à Bugey (Ain), Nogent-sur-Seine (Aube), Golfech (Tarn-et-Garonne), Chooz (Ardennes) et Cattenom (Moselle), en plus de réduire temporairement la puissance de plusieurs autres.

Les 14 et 15 juillet, 9,4 GW de sa production habituelle étaient indisponibles, soit 15 % de la capacité totale du parc nucléaire français, qui est de 63 GW. Toujours selon nos confrères, « toutes causes confondues » la disponibilité réelle était aux alentours de 40 GW.

Les gains de productivité de l’IA provoquent une augmentation des émissions de CO2
Illustration : Flock

Cette baisse n’a pas menacé l’équilibre du réseau national, grâce à une production globalement suffisante (29,7 TWh générés en juillet 2026). Grâce au photovoltaïque, qui a produit jusqu’à plus de 30 % de l’électricité hexagonale pendant certaines heures de juillet, le pays est même resté exportateur.

À l’heure où certaines industries démultiplient leur consommation énergétique, en revanche, la situation illustre les difficultés du parc nucléaire français face à l’accélération des modifications climatiques. D’ici 2050, RTE prévoit en effet que les risques d’indisponibilité puissent augmenter « d’un facteur deux à trois ».

Plus largement, cela vient illustrer les failles de l’approvisionnement énergétique d’un secteur comme celui de l’intelligence artificielle, qui se tourne ouvertement vers le nucléaire depuis quelques années.

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Frères Tate arrêtés : dans la fabrique très publique d’influenceurs masculinistes mondiaux

Influenceur impunité
Frères Tate arrêtés : dans la fabrique très publique d’influenceurs masculinistes mondiaux

Depuis des années, des femmes alertent sur les actes et le fonctionnement d’Andrew Tate et de son frère, Tristan. L’influenceur a gagné en visibilité et son modèle s’est répandu le long d’une décennie pendant laquelle ni les systèmes judiciaires, ni les médias n’ont su analyser le risque à sa juste valeur. Son idéologie essaime pourtant, jusqu’en France.

Après s’être exfiltrés de la Roumanie vers les États-Unis avec le soutien probable du camp Trump, voilà que les frères Tate ont été arrêtés en perspective d’une extradition vers le Royaume-Uni. En cause ? Andrew et Tristan Tate doivent répondre de 59 chefs d’accusation concernant sept victimes différentes. Distinctes, des poursuites pour traite présumée d’êtres humains restent ouvertes en Roumanie.

Douze ans après les premières plaintes déposées outre-manche contre les deux frères, la question de la facilité avec laquelle ceux-ci, Andrew en particulier, ont atteint le succès qu’on leur connaît demeure. À moins qu’elle ne s’explique par une double faillite judiciaire et médiatique, avance Daily Wire.

De fait, Andrew Tate a exprimé lui-même l’impunité dont il jouissait : « J’exploite une société abîmée, a-t-il par exemple lancé dans un échange en ligne. Je l’utilise à mon avantage. C’est grâce à elle que je gagne de l’argent avec des actrices webcams. C’est grâce à elle que j’ai de multiples petites amies. Je me tire d’un paquet de conneries dont je ne devrais pas me tirer. » Cette vantardise au sujet d’actions répréhensibles est récurrent : peu de temps avant d’être poursuivi par les autorités roumaines, il s’était vanté d’avoir cassé la mâchoire d’une femme dans un bar, et de mener son business de webcam comme une « arnaque totale », attirant des femmes en les faisant tomber amoureuses de lui.

Faute de réactions suffisamment critiques, l’influenceur a gagné au fil des ans une popularité toujours croissante, tirant profit sonnant et trébuchant de son partage d’expérience. Concrètement, au-delà de leur business de proxénètes en ligne, Andrew Tate et son frère se rémunèrent depuis des années de la promotion d’idées violentes sur les réseaux sociaux et du partage de formations pour les imiter.

Plus de dix ans d’illégalité… et d’une cote médiatique et politique toujours plus haute

Pour mieux se représenter le parcours de l’aîné des frères Tate, il faut remonter au début de la décennie précédente. D’abord kickboxer, impliqué dans diverses affaires de drogue, puis gestionnaire d’une affaire de webcam pornographique, Andrew Tate a gagné une audience plus grand public lorsqu’il a fait de la détestation des femmes un fond de commerce assumé.


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Vous ne voulez pas des Aperçus IA de Google ? Voici comment s’en débarrasser

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Vous ne voulez pas des Aperçus IA de Google ? Voici comment s’en débarrasser

Comment contourner les résumés IA de Google ? Next fait un tour d’horizon des solutions disponibles, mais attention : toutes ne se valent pas, loin de là.

Ça y est, les résumés IA apparaissent en haut des recherches Google en France. Pendant près de deux ans, l’Hexagone avait fait partie des rares territoires où l’entreprise n’avait pas déployé cette nouvelle fonctionnalité nommée AI Overviews.

En cause : l’entreprise attendait de trouver une forme de compromis avec les éditeurs de presse et les autorités sur la question des droits voisins. Aucun accord collectif n’a été trouvé pour le moment, mais la société états-unienne prévoirait d’intégrer le sujet des AI Overviews aux accords qu’elle passerait avec différents titres.

Pour l’internaute, en tous les cas, cette évolution a une conséquence : elle repousse encore plus loin l’accès aux liens susceptibles de répondre à sa requête. Formulez une recherche dans la barre du moteur le plus utilisé, vous aurez désormais un résumé généré par IA – dont l’exactitude peut tout à fait varier, dans la mesure où aucun modèle de langage ne comprend la notion de fait –, les éventuels liens sponsorisés, puis seulement les liens classiques.

En déployant ses AI Overviews, Google n’a prévu aucun moyen simple de les désactiver. Si néanmoins cette nouvelle expérience utilisateur vous déplaît, que vous refusez de faire tourner des moteurs d’IA sans avoir une bonne raison de le faire, ou que vous voulez protéger des proches des spams et des éléments de désinformation auxquels les résumés IA pourraient les exposer, voici quelques manipulations et outils qui pourraient vous servir.

Continuer d’utiliser Google, sans l’IA. Attention aux fausses bonnes idées

Avec 90 % des parts de marché dans le monde et 88 % en France, Google est très bien implanté dans les usages. Il y a donc de fortes chances que, depuis votre ordinateur, votre tablette ou votre smartphone, vous y recouriez à un moment ou un autre.

Le principal problème est que Google ne propose pas de manière simple de supprimer les résumés IA depuis son compte. Un paramètre dans la « Personnalisation de la Recherche » serait pratique, mais Google veut surtout pousser son IA générative Gemini autant que possible.

Une tactique mise en avant par certains consiste à ajouter « -ia », « -ai » ou « -noia » au début ou à la fin de votre recherche. Il s’agit d’un détournement d’un opérateur d’exclusion bien connu sur le moteur de recherche. Il indique simplement qu’on ne veut pas du mot ia, ai ou noia suivant les cas, rien de plus. Mais il s’agit davantage d’un effet secondaire que d’une vraie fonction, car les résumés IA disparaissent avec la plupart des exclusions. Par exemple, « informatique quantique » donne un résumé IA, contrairement à « informatique quantique -qubits », pourtant rien à voir avec « ia » dans notre exclusion.

Cet opérateur (comme les autres dans Google) modifie votre requête et donc les résultats affichés. Ajouter « -ia » ne fait donc pas que « supprimer » les résumés IA, cela change aussi la nature de votre recherche. Voici trois exemples avec « informatique quantique », « informatique quantique -ia » et « informatique quantique -ai », tous menés depuis Google.fr, sans paramètre supplémentaire dans l’URL, en navigation privée :

Un paramètre dans l’URL et vous voici par défaut dans le mode « Web »

Passons à une méthode plus efficace : ajouter un paramètre dans l’URL envoyée à Google : udm=14 (connu depuis 2024) ou udm=web. Cette fonction ne sort pas de nulle part, elle est donnée par le moteur de recherche lui-même, mais de manière détournée.


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☕️ L’Union européenne va investir 10 milliards d’euros dans sept gigafactories d’IA



L’Union européenne a publié ce 29 juillet un appel d’offres pour la création de sept « Gigafactories d’IA ».

Ces usines sont décrites comme des édifices mêlant « processeurs d’IA avancés, des piles de logiciels et de technologies en nuage, une connectivité à haut débit et des centres de données économes en énergie ».

Elles pourront être implantées dans un seul État membre, sur un site ou plusieurs, mais aussi évoluer vers des projets transfrontaliers.

Illustration : Flock

L’EuroHPC, « entreprise commune pour le calcul à haute performance européen », sera mis à contribution, sachant que dix-huit États membres ont signé un accord de marché avec elle.

Présenté comme partie intégrante de son plan pour devenir « le continent de l’intelligence artificielle », la Commission prévoit jusqu’à 10 milliards d’euros de financements européens et nationaux, susceptibles selon elle d’entraîner « au moins 20 milliards d’euros d’investissements privés dans l’ensemble de l’Union ».

La procédure d’appel d’offres se terminera le 12 novembre, les candidats retenus doivent être annoncés début 2027 et les premières installations être opérationnelles dans les 18 mois qui suivront la signature.

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☕️ L’Union européenne va investir 10 milliards d’euros dans sept gigafactories d’IA



L’Union européenne a publié ce 29 juillet un appel d’offres pour la création de sept « Gigafactories d’IA ».

Ces usines sont décrites comme des édifices mêlant « processeurs d’IA avancés, des piles de logiciels et de technologies en nuage, une connectivité à haut débit et des centres de données économes en énergie ».

Elles pourront être implantées dans un seul État membre, sur un site ou plusieurs, mais aussi évoluer vers des projets transfrontaliers.

Illustration : Flock

L’EuroHPC, « entreprise commune pour le calcul à haute performance européen », sera mis à contribution, sachant que dix-huit États membres ont signé un accord de marché avec elle.

Présenté comme partie intégrante de son plan pour devenir « le continent de l’intelligence artificielle », la Commission prévoit jusqu’à 10 milliards d’euros de financements européens et nationaux, susceptibles selon elle d’entraîner « au moins 20 milliards d’euros d’investissements privés dans l’ensemble de l’Union ».

La procédure d’appel d’offres se terminera le 12 novembre, les candidats retenus doivent être annoncés début 2027 et les premières installations être opérationnelles dans les 18 mois qui suivront la signature.

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☕️ Le Suisse Infomaniak se prépare à entrer en bourse



Infomaniak prépare son entrée en bourse. La société suisse a signé un accord de fusion inversée avec Perrot Duval Holding, autre entreprise suisse cotée depuis 1905, qui doit lui permettre d’entrer sur le marché suisse d’ici la fin de l’année. 


Pour que l’opération se conclue, il faut encore que l’assemblée générale des actionnaires de Perrot Duval, qui se réunit le 24 septembre, vote son approbation. « Sur le papier », c’est Perot Duval qui rachète Infomaniak, explique l’entreprise. « Dans les faits, c’est Infomaniak qui prend les rênes. » Si tout se déroule comme prévu, Perrot Duval sera renommée Infomaniak SA en bourse.

Illustration : Flock

En mai, Infomaniak s’est placée sous le contrôle d’une fondation d’utilité publique du même nom. Cette dernière détient 65 % des droits de votes et 15 % de la valeur de l’entreprise, indique Le Temps, ce qui doit permettre à la société de garder son indépendance. En effet, les actions de la fondation – à laquelle échoient des projets d’intérêt général, relatifs à la souveraineté numérique, l’éducation, la technologie éthique, la protection de l’environnement et de la biodiversité ou la transition énergétique – ne pourront pas être cédées.

Les seules actions échangeables en bourse seront les actions simples, tandis que celles octroyant des droits de vote privilégiés restent dans le giron de la fondation. Le but de l’opération est de faciliter la levée de fonds. Infomaniak cite par ailleurs les nouvelles obligations auxquelles elle sera soumise, notamment celle de publication de ses résultats, comme un nouveau levier de transparence.

L’entreprise a été fondée en 1994 à Genève. Elle a commencé par proposer de l’hébergement avant de se recentrer sur des services d’informatique à la demande, à partir de 2017. Elle emploie 340 personnes en Suisse. Portée par les préoccupations nouvelles en Europe en matière de souveraineté, elle calcule devoir se doter d’un nouveau centre de données tous les deux ou trois ans.

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☕️ Le Suisse Infomaniak se prépare à entrer en bourse



Infomaniak prépare son entrée en bourse. La société suisse a signé un accord de fusion inversée avec Perrot Duval Holding, autre entreprise suisse cotée depuis 1905, qui doit lui permettre d’entrer sur le marché suisse d’ici la fin de l’année. 


Pour que l’opération se conclue, il faut encore que l’assemblée générale des actionnaires de Perrot Duval, qui se réunit le 24 septembre, vote son approbation. « Sur le papier », c’est Perot Duval qui rachète Infomaniak, explique l’entreprise. « Dans les faits, c’est Infomaniak qui prend les rênes. » Si tout se déroule comme prévu, Perrot Duval sera renommée Infomaniak SA en bourse.

Illustration : Flock

En mai, Infomaniak s’est placée sous le contrôle d’une fondation d’utilité publique du même nom. Cette dernière détient 65 % des droits de votes et 15 % de la valeur de l’entreprise, indique Le Temps, ce qui doit permettre à la société de garder son indépendance. En effet, les actions de la fondation – à laquelle échoient des projets d’intérêt général, relatifs à la souveraineté numérique, l’éducation, la technologie éthique, la protection de l’environnement et de la biodiversité ou la transition énergétique – ne pourront pas être cédées.

Les seules actions échangeables en bourse seront les actions simples, tandis que celles octroyant des droits de vote privilégiés restent dans le giron de la fondation. Le but de l’opération est de faciliter la levée de fonds. Infomaniak cite par ailleurs les nouvelles obligations auxquelles elle sera soumise, notamment celle de publication de ses résultats, comme un nouveau levier de transparence.

L’entreprise a été fondée en 1994 à Genève. Elle a commencé par proposer de l’hébergement avant de se recentrer sur des services d’informatique à la demande, à partir de 2017. Elle emploie 340 personnes en Suisse. Portée par les préoccupations nouvelles en Europe en matière de souveraineté, elle calcule devoir se doter d’un nouveau centre de données tous les deux ou trois ans.

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Hugging Face héberge des centaines d’outils de génération de contenu sexuel non consenti

Qui Aurait pu prédIre ?
Hugging Face héberge des centaines d’outils de génération de contenu sexuel non consenti

Hébergeur de millions de modèles d’IA et de milliers de jeux de données, Hugging Face n’a implémenté aucun outil concret de modération des outils et pratiques relevant de la fabrication de contenu sexuel non consensuel, selon les travaux d’AI Forensics.

En pleins travaux sur le règlement sur l’intelligence artificielle et divers autres textes relatifs à l’industrie numérique, l’Union européenne a ajouté une interdiction explicite des « systèmes dits de nudification » dans l’AI Act, lorsque ces outils sont utilisés sans le consentement des personnes concernées. Parmi les sociétés qui ont pignon sur rue, dans l’industrie de l’intelligence artificielle, il y a Hugging Face. 



Installée aux États-Unis, celle-ci propose une plate-forme donnant accès à une bibliothèque open source de systèmes d’IA, de bases de données et d’environnements de tests. Or, d’après les travaux des chercheurs Paul Bouchaud et Silvia Semenzin pour l’ONG AI Forensics, l’entreprise n’a implémenté aucune forme de garde-fous pour éviter l’accès à des modèles problématiques. En l’occurrence, elle ne modère ni les outils permettant de produire des images et vidéos pédocriminelles générées par IA, ni les requêtes.

AI Forensics a construit un pot de miel pour suivre les demandes des utilisateurs. Au bout d’une semaine de collecte de prompts d’internautes réels, elle constate que 73 % des requêtes relevaient de contenu à caractère sexuel, et 60 % de contenu a priori non consensuel.

La découverte est d’autant plus inquiétante que l’Internet Watch Foundation alertait mi-mars contre la multiplication de ce type de contenus. Comme nous l’expliquait l’ex-commandante de police Véronique Béchu dans Entre la chaise et le clavier, l’enjeu est de taille : extrêmement difficile à discerner de réelles images pédopornographiques, ce type de contenu fait perdre du temps aux équipes policières en charge de mettre des victimes de violence à l’abri. Par ailleurs, la multiplication de ce type de contenus participe directement à la banalisation des violences sexuelles représentées.

Une plate-forme pour tous les amateurs d’IA


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☕️ Face aux risques d’incendie, trois associations s’opposent à un projet de data center



Alors que la Gironde est aux prises avec un mégafeu et que la France entre dans son quatrième épisode caniculaire de l’été 2026, les associations Data for Good, Humanité et Nature et France Nature Environnement Bouches-du-Rhône déposent des recours contre l’autorisation environnementale accordée par la préfecture au projet de centres de données de Pennes-Mirabeau. Elles sont accompagnées par des riverains et soutenues par le collectif Le nuage était sous nos pieds.

Au nord-ouest de Marseille, la ville doit accueillir le projet de Telehouse, qui prévoit de construire huit centres de données sur une parcelle de six hectares. D’après ses promoteurs, le projet devrait atteindre une capacité « commerciale » de 48 mégawatts – Telehouse demande une puissance de raccordement de 70 mégawatts au réseau de transport électrique (RTE).

« L’installation est prévue à 85 mètres de la lisière d’une pinède qui s’est déjà enflammée lors de l’incendie qui avait ravagé 2 700 hectares en août 2016 », indiquent les associations. En juillet 2025, 750 hectares supplémentaires ont brûlé, nécessitant la mobilisation de « près de 1 000 pompiers » pour contenir le feu.

Présidente du Comité d’intérêt de quartier (CIQ) des Sybilles-Amphoux, où le centre de données doit être construit, Christel Fayette indique que les résidents « ne sont pas prêts à partager [leur] espace de vie avec un data center, à sacrifier notre qualité de vie pour un monstre de technologie qui mettra en péril notre colline ».

Aux côtés d’autres CIQ, celui-ci a déposé un premier recours dès mai, contre le permis de construire accordé à Telehouse.

En jeu, cette fois-ci : les rejets de chaleur provoqués par l’usage des serveurs avec une augmentation des risques d’incendie. Les riverains s’appuient sur le plan local d’urbanisme intercommunal du pays d’Aix. Dans le Plan Climat Air Energie d’Aix Marseille Provence, il est clairement indiqué :

« Les conclusions du cahier climat métropolitain insistent à ce sujet sur l’intensification du risque incendie de forêt dû à l’augmentation des températures et des sécheresses, portant ainsi le nombre annuel de jours présentant un risque très élevé entre 30 et 50 jours à la moitié du siècle, une hausse de 20 % de l’aléa départ de feu par augmentation de température moyenne de 1 °C ».

Avec leurs cosignataires, ils pointent l’absence d’étude d’impact du projet de Telehouse sur les conséquences de ces rejets de chaleur fatale sur le voisinage urbain comme sur la forêt. Techniquement, il est possible de récupérer et de réutiliser cette chaleur fatale, mais dans les faits, malgré les promesses, cette possibilité n’est qu’appliquée de manière marginale. En France, seulement 0,1 % de la chaleur fatale émise par des centres de données est réutilisée.

Outre la question de la puissance de raccordement et de l’activité qui peut en découler, ils constatent que le centre de données prévoit le stockage de 17 cuves de carburant pour alimenter 26 groupes électrogènes, celui de batteries de secours au lithium« à l’origine de nombreux incendies très difficiles à éteindre », ou encore « l’imperméabilisation des sols sur 4 500 m² », ce qui empirerait des risques d’inondation déjà durement subis en 2019.

Concrètement, deux CIQ, plusieurs riverains, France Nature Environnement 13 et Data For Good déposent un recours environnemental contre l’autorisation préfectorale d’exploitation accordée à Telehouse. MNLE Réseau Humanité et Nature, son comité départemental 13 et plusieurs habitants de Pennes-Mirabeau en déposent un second.

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