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2050 ou 2150 : lequel de la Chine ou des USA atteindra le 100 % énergies renouvelables en premier ?

Tous les pays du monde se sont engagés dans une transition énergétique visant à ramener à zéro leurs émissions. Le tout à des vitesses très variables. Des chercheurs font le point.

Notre monde doit éliminer au plus vite ses émissions liées à sa production d’énergie. Ses émissions non seulement de dioxyde de carbone (CO2), mais aussi de particules. Car les premières sont responsables à hauteur de près de 80 % d’un réchauffement climatique qui deviendra bientôt insoutenable. Et les secondes endossent 90 % de la responsabilité pour environ 7,5 millions de morts prématurées chaque année dans le monde.

L’objectif est donc clairement défini. Transitionner vers une énergie 100 % propre et renouvelable. Pourtant aucune étude n’avait, jusqu’ici, projeté de calendrier de réalisation de cet objectif pour chaque pays du monde en fonction à la fois de sa production d’énergie bas carbone actuelle et du taux auquel celle-ci augmente. C’est la tâche à laquelle s’est attelée une équipe de l’université de Stanford (États-Unis).

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Beaucoup de pays en retard sur la décarbonation de leur énergie

Les experts en génie civil et énergie ont étudié 150 pays. Parmi eux, sept sont en bonne voie pour atteindre le 100 % renouvelable avant 2050. Presque tous en Europe : le Portugal, la Suisse, la Norvège, la Grèce, la Lituanie et l’Estonie ainsi que le Laos — qui l’a atteint en 2025. En France nous pourrions avoir à patienter jusqu’en 2094. Mais cela reste positif si l’on considère que le Canada ou le Japon ne devraient pas remplir l’objectif avant… 2300 !

Toutefois, la « conclusion la plus importante et la plus encourageante » de l’étude est à chercher du côté de la Chine. Le premier consommateur d’énergie au monde opère actuellement une transition à un rythme soutenu qui pourrait lui permettre de ramener à zéro ses émissions de CO2 et de polluants atmosphériques d’ici 2052. Le tout grâce à la quasi-électrification de tous les secteurs de l’énergie. En 2025, l’augmentation de sa production d’énergies renouvelables était vingt fois supérieure à la plus forte augmentation de la production nucléaire enregistrée en France. C’était en 1981.

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De la Chine aux États-Unis, des conclusions en demi-teinte

Aux États-Unis, la situation est très différente. Si le pays maintient son rythme actuel de transition, il pourrait bien ne pas être en mesure d’atteindre le 100 % renouvelable avant 2128. Compte tenu des progrès affichés par la puissance chinoise, les chercheurs estiment que « les principaux obstacles » à un développement des énergies renouvelables aussi important aux États-Unis qu’en Chine « sont d’ordre social et politique, et non technique ou économique ». Parmi les secrets de la Chine mentionnés par les experts de l’université de Stanford : ne pas perdre son temps — et son argent — dans des projets de type captage — en sortie d’usine ou direct dans l’air — de CO2, hydrogène bleu ou production de biocarburants.

Reste à voir si, comme l’espèrent les chercheurs, leurs résultats aideront à accélérer la transition mondiale. Parce qu’ils donnent des exemples de pays qui réussissent une transition rapide. Parce qu’ils stimuleraient la concurrence internationale. Et parce qu’en révélant les progrès réellement accomplis, ils encourageraient les efforts de chacun. Le calendrier établi par les experts de Stanford devrait en tout cas servir à aider les pays à mieux se préparer à ce qui les attend en matière de pollution et de dommages climatiques.

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Pourquoi ce grand parc éolien offshore a-t-il perdu plus de 75 % de sa production en 2025 ?

Le plus grand parc éolien offshore d’Écosse a connu en 2025 des difficultés qui n’avaient visiblement pas suffisamment été anticipées. Ce n’est pourtant pas faute pour les experts d’avoir prévenu.

Seagreen est le plus grand parc éolien offshore d’Écosse. Il est implanté à une trentaine de kilomètres de côtes. En mer du Nord. Pas moins de 114 éoliennes pour une puissance totale de 1,1 gigawatt (GW). Le tout pleinement opérationnel depuis octobre 2023. Avec l’ambition d’alimenter plus de 1,7 million de foyers en électricité renouvelable. Mais, dans un monde qui a plus que jamais besoin de décarboner sa production d’énergie, Seagreen a connu en 2025 une situation ubuesque.

Alors que sa capacité de production annuelle est estimée à presque 4 600 gigawattheures (GWh), le parc éolien offshore n’a fourni l’année dernière qu’à peine plus de 1 000 GWh. Moins de vent que prévu sur la région ? Pas du tout. Et ça aurait été dommage parce qu’avec Seagreen, « le gouvernement du Royaume-Uni a justement investi dans les énergies renouvelables là où les ressources sont les plus abondantes », souligne SSE Renewables, l’exploitant du parc.

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Des éoliennes à l’arrêt dès le mois de mars

Des ressources abondantes, certes, mais les experts avertissent depuis plusieurs années déjà. Les ressources ne suffiront pas si les infrastructures ne suivent pas. Et c’est là le nœud du problème aujourd’hui. Par manque de capacité, le gestionnaire du réseau électrique national (Neso) a, très tôt dans l’année, été dans l’impossibilité de continuer de transporter l’électricité renouvelable produite par Seagreen vers une grande partie du pays. Résultat, dès mars 2025, les éoliennes ont été mises à l’arrêt.

Pour compenser les pertes de production, plus de 30 millions de livres sterling — presque 35 millions d’euros — ont été versés au projet en 2025. Presque rien, en réalité, comparé aux 1,5 milliard de livres sterling de paiements compensatoires versés au total l’année dernière dans le pays. Le tout financé par les factures d’énergie des consommateurs.

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Moderniser le réseau en urgence

Pour SSE Renewables, il est désormais urgent de « moderniser le réseau pour éliminer les goulets d’étranglement ». L’entreprise compte d’ailleurs investir à cet effet 27 milliards de livres sterling entre 2025 et 2030. Le tout alors qu’en juillet dernier, le gouvernement écossais a autorisé le lancement d’un projet destiné à implanter dans la baie de Berwick, celui qui pourrait devenir le plus grand parc éolien offshore du monde. Souhaitons que l’aménagement du réseau ne soit pas négligé cette fois.

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Récupérer 97 % de l’argent des panneaux solaires sans utiliser d’acide, c’est possible

Récupérer l’argent des panneaux solaires en fin de vie est déjà possible. Mais l’empreinte écologique du procédé n’est pas satisfaisante. Des chercheurs ouvrent aujourd’hui une nouvelle voie plus durable.

Déployer des solutions de production d’énergie renouvelable, c’est indispensable pour notre climat. Mais pour que ces solutions soient réellement durables, il faut que des procédés de recyclage puissent être mis en œuvre au moment où elles arrivent en fin de vie. Et c’est précisément sur ce point que des chercheurs australiens ont travaillé. Ils présentent aujourd’hui une nouvelle technique applicable aux panneaux solaires. Elle permet de récupérer plus de 97 % de l’argent utilisé pour leur fabrication.

Des méthodes existent déjà pour extraire l’argent des panneaux photovoltaïques arrivés en fin de vie. Mais elles reposent essentiellement sur celle que les chimistes appellent la lixiviation acide. C’est un procédé largement employé dans l’industrie minière et métallurgique. L’idée : utiliser un solvant, ici un acide, pour extraire les métaux. La méthode s’avère plutôt efficace. L’ennui, c’est qu’elle génère de grandes quantités de réactifs et de déchets.

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Amener les métaux à flotter à la surface de l’eau

La technique développée par les chercheurs australiens de l’université de Newcastle, elle, s’inspire de celles utilisées dans le traitement des métaux. Elle consiste d’abord à broyer les panneaux en fines particules puis à faire remonter les métaux précieux en surface par flottaison, comptant simplement sur de l’eau, des bulles d’air et une petite quantité de réactif. Le tout permet de réduire l’intensité chimique et la production de déchets du processus de récupération de l’argent dans les panneaux solaires tout en améliorant son efficacité. Les chercheurs annoncent 97,6 % d’argent récupérés en 3 minutes seulement.

Selon le Conseil australien de l’énergie, il devrait y avoir entre 60 et 78 millions de tonnes de déchets de panneaux solaires à traiter d’ici 2050. L’équivalent de 300 à 500 tonnes d’argent à récupérer !

« L’argent a été notre premier exemple, mais il existe probablement d’importantes possibilités d’appliquer les techniques de broyage, de flottation et d’hydrodynamique pour extraire des milliards de dollars d’autres métaux et minéraux actuellement piégés dans les déchets urbains et miniers », concluent les chercheurs. « Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser ces précieuses ressources se perdre. » L’équipe travaille déjà à la récupération du silicium contenu lui aussi dans les panneaux photovoltaïques en fin de vie.

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Bilan mitigé pour les énergies renouvelables en Allemagne en 2025

En 2025, l’Allemagne a produit plus de 50 % de son électricité à partir de sources renouvelables. Mais le chiffre n’est pas tout à fait satisfaisant. Voici pourquoi.

Début janvier, c’est l’heure des bilans. Et le secteur de l’énergie n’échappe pas à la règle. Aujourd’hui, c’est plus exactement la Federal Network Agency (BNetzA) et le Fraunhofer Institute for Solar Energy Systems (ISE) qui livrent leurs chiffres concernant la production d’électricité en Allemagne.

En 2025 — selon des chiffres qui n’incluent pas forcément l’autoconsommation solaire très présente outre-Rhin —, le pays a produit entre 55,5 et 58,8 % de son électricité à partir de sources renouvelables. En tête, l’énergie éolienne qui, même si elle affiche un léger recul pour cause de vents défavorables, reste la principale source de production d’électricité en Allemagne. Environ 132 térawattheures (TWh) à répartir entre 106 TWh d’éolien terrestre et 26 TWh d’éolien en mer.

Le solaire photovoltaïque a quant à lui produit quelque 87 TWh d’électricité, dont presque 17 TWh en autoconsommation. Une production en hausse de plus de 20 % par rapport à 2024. Et qui dépasse pour la toute première fois celle obtenue dans le pays à partir de lignite.

L’Allemagne a aussi généré plus de 41 TWh d’électricité à partir de biomasse et un peu moins de 18 TWh d’hydroélectricité. Cette dernière ayant été mise en difficulté par des précipitations largement inférieures à la moyenne.

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Des renouvelables bien présentes, mais qui doivent s’imposer plus

Au total, donc, ce ne sont pas moins de 278 TWh d’électricité renouvelable qui ont été produits dans le pays en 2025. Soit 6 TWh de plus que l’année d’avant. Le bilan reste bien inférieur à l’objectif fixé pour l’année de 346 TWh. À peine en hausse par rapport à 2024 où les renouvelables avaient déjà compté pour 58,5 % du mix électrique allemand. Alors même que la cible à atteindre est de 80 % d’ici 2030.

Ce ralentissement s’explique par des objectifs d’installation de nouvelles capacités éoliennes et solaires qui n’ont pas non plus été atteints : 68 gigawatts (GW) d’éolien installé en 2025 contre un objectif de 76,5 GW et 16 GW contre 22 GW pour le solaire.

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Un effet quasi nul sur les émissions de CO2

Du côté des énergies fossiles, le Fraunhofer Institute for Solar Energy Systems rapporte une certaine stabilité. Car si la production à partir du très polluant lignite a reculé de plus de 5 %, celle à partir de gaz a augmenté d’à peine plus. La production d’électricité à partir de charbon n’a que légèrement progressé. Résultat, les émissions de dioxyde de carbone (CO₂) du secteur de la production d’électricité dans le pays sont restées à peu près constantes. De l’ordre de 160 millions de tonnes. Ce qui reste 58 % de moins qu’au début de la collecte des données en 1990.

Dernier constat : l’explosion du stockage par batterie. Les capacités ont augmenté de pas moins de 60 %, profitant d’une baisse des coûts et de fortes fluctuations des prix de l’électricité. L’Allemagne dispose désormais d’une capacité de stockage par batterie — essentiellement domestique — de l’ordre de 25 GWh. Le Fraunhofer Institute for Solar Energy Systems estime les besoins du pays à quelque chose entre 100 et 170 GWh d’ici 2030.

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