N’y allons pas par quatre chemins : entre les perspectives économico-politiques et mon statut de saltimbanque, mes chances d’avoir un jour accès à la retraite sont faibles. Autant explorer ce concept par le biais du jeu de rôle.
Est-il vrai que « l’art-jeu n’a pas d’odeur » ? A priori non, la preuve avec plusieurs exemples de titres qui mériteraient un « blair award » à défaut d’un Tony.
Sauver le monde, c’est un drôle de sacerdoce. C’est le genre d’activité qui prend du temps sur vos soirées, celui que vous pourriez passer à enfin sortir cette boîte qui prend la poussière. Qui vous obsède même pendant que vous faites autre chose. Alors imaginez qu’en plus, on vous jette des pierres à cause de ça. Je ne parle pas de la façon dont sont traitées les manifs écolos, mais bien d’un jeu de rôle.
Je suis prête à parier que je ne suis pas la seule : dans un de mes placards, il y a un porte-vue avec toutes les fiches des personnages de jeu de rôle incarnés au fil des ans. L’ouvrir fait surgir les souvenirs de la partie ou de la campagne qui les a accueillis. Il y a des scènes que l’on n’oublie pas. Aussi fictives soient-elles, pleines de créatures improbables comme les loups-garous ou les flics consciencieux, elles deviennent des références aussi concrètes que quand ma grand-tante parle de Noël 95, celui où la cheminée n’avait pas été bien ramonée. Et en plus des traces mémorielles, il peut y avoir des traces physiques de ces parties.
Lorsque l'on a commencé à aborder ce sujet en réunion, les questions classiques se sont posées. Comment empêcher « les autres » de faire du mal à leurs cartes avec leurs bières et leurs gros doigts collants ? Comment rembarrer les personnes qui ne suivent pas les règles ? Comment utiliser la violence, sans parcimonie mais avec efficacité ?
Quand j’ai commencé à fouiller les tréfonds d’Internet, il y avait deux titres de jeu de rôle qui me fascinaient. Le premier c’était Kill Puppies for Satan, de Meguey et Vincent Baker. Dans mes souvenirs, il avait un sous-titre formidable du genre « Le jeu auquel votre tante, celle qui a des coussins au crochet sur son canapé, pense que vous jouez de toute façon », mais en voulant en vérifier la formulation exacte à votre bénéfice, je n’en trouve pas trace.