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L’économie américaine sous Trump : la locomotive mondiale tousse !

Sommes-nous à la veille d’une nouvelle crise économique, comme en 2008 ? Aux États-Unis, les signaux inquiétants se multiplient. Et si l’Amérique déraille, l’Europe ne sera pas épargnée.

Dans les deux premiers articles de cette série, nous avons évoqué un dollar qui garde sa couronne tout en montrant des faiblesses internes, et une Maison-Blanche où les initiés flirtent avec leur position de décideur pour en tirer d’importants revenus. En ce début d’année 2026, l’économie américaine donne des signes de fatigue visible : les ménages peinent à honorer leurs dettes, et la finance parallèle montre des fissures sérieuses. Des éléments inquiétants qui pourraient préjuger d’une contamination à l’échelle mondiale. Quand la locomotive freine, ce sont tous ses wagons qui s’arrêtent brutalement.

Acte I – Le consommateur américain ne suit plus : premiers trous dans le scénario

Truman Burbank (le héros du film « The Truman Show », réalisé par Peter Weir et interprété par Jim Carrey), 42 ans, assureur à Seahaven, ne regarde plus ses relevés de carte de crédit. Non par négligence, mais par peur. Depuis dix-huit mois, il paie le minimum mensuel exigé, regarde le solde demeurer stable malgré ses versements, et reporte à plus tard le moment de faire les comptes. Il n’est pas irresponsable, mais représentatif d’un comportement adopté par des millions d’Américains, après avoir vécu dans une économie à la prospérité mise en scène. Et c’est précisément ce comportement collectif, multiplié à l’échelle d’un continent, qui commence à faire trembler les fondations de la première économie mondiale.

La consommation est le pilier de l’économie américaine, elle pèse pour les deux tiers de son activité. Quand les Américains consomment, la croissance mondiale en profite. Quand ils s’arrêtent, elle en pâtit.

Or, ce pilier montre des signes de fragilité. Selon la Fed de New York, la dette totale des ménages a atteint 18 800 milliards de dollars à la fin du quatrième trimestre 2025, en hausse de 191 milliards de dollars sur le seul dernier trimestre (soit 2 milliards par jour). Concrètement, cela signifie que chaque famille est endettée à hauteur de 145 000 dollars en moyenne (55 000 dollars par Américain, contre 26 800 pour un Français), et a vu ce total augmenter de 1 500 dollars sur le dernier trimestre. Derrière ces chiffres astronomiques se cachent des réalités très concrètes pour des millions de familles : les encours de cartes de crédit ont grimpé à 1 280 milliards de dollars, tandis que les prêts étudiants culminent à 1 660 milliards (soit 5 % du PIB). Cet endettement est inquiétant, car il est conjoint à une hausse des retards de paiement dépassant désormais les niveaux observés avant la pandémie de Covid. Le constat est simple : les ménages américains sont de plus en plus endettés et ne parviennent plus à boucler leurs fins de mois.

Ce qui est en jeu ici n’est pas qu’une hausse d’une statistique bancaire technique et peu compréhensible. C’est la mécanique de la confiance elle-même qui dicte les soubresauts de l’économie. Quand un ménage commence à reporter un achat parce qu’il sent le sol instable sous ses pieds, il contribue à son échelle au ralentissement qu’il redoute. La récession n’arrive pas toujours comme un choc externe : elle se construit, brique par brique, dans la tête de millions de gens qui, simultanément, décident de ne plus faire confiance à demain.

À cela s’ajoute un autre phénomène plus insidieux : à part dans le secteur de la technologie, les salaires réels stagnent, érodant ainsi le pouvoir d’achat pour les classes moyennes et inférieures. Les experts de Man Group (entreprise britannique d’investissement), dans leur perspective crédit pour 2026, identifient le risque principal pour l’année à venir : un essoufflement de l’effet de richesse, ce mécanisme qui incite les ménages à consommer quand la valeur de leurs actifs augmente, conjugué à une inflation persistante due au conflit au Moyen-Orient.

À l’instar d’un Truman qui remarque avec suspicion que le soleil se lève toujours au même endroit et que les passants suivent mécaniquement les mêmes trajectoires, le consommateur américain perçoit que quelque chose cloche dans le scénario.

Imaginez un automobiliste qui accélère alors que le prix à la pompe grimpe et que sa jauge d’essence diminue, sauf qu’ici, la voiture emporte avec elle l’ensemble du convoi mondial. La consommation américaine, quand elle cale, ne le fait jamais seule. Et un phénomène plus insidieux amplifie ce risque : une partie de ces dettes migre vers des produits financiers complexes, opaques et adossés à des collatéraux fragiles. Nous ne sommes pas en 2008, mais nous retrouvons néanmoins les ingrédients du même cocktail, qui a provoqué la crise que l’on connaît.

Acte II – Les entreprises face au mur : quand le décor se fissure

Si le consommateur fatigue, les entreprises ne sont pas plus vigoureuses. Elles arrivent, elles aussi, à un moment critique, celui où les accessoires du plateau commencent à tomber.

En 2026, environ 1 350 milliards de dollars de dettes d’entreprises non financières arrivent à échéance. Beaucoup de ces emprunts, contractés il y a quelques années à des taux très bas, devront être refinancés dans un environnement où les taux ont parfois doublé. Et les marchés ont déjà compris la situation : les spreads sur les obligations à haut rendement ont dépassé les 500 points de base, tandis que ceux des obligations de bonne qualité se sont écartés de 50 points. Pour le dire autrement, les prêteurs exigent des primes de risque que l’on n’avait plus l’habitude de voir. Le marché sent le danger et il le facture.

C’est dans ce contexte tendu que la géopolitique agit comme un accélérateur puissant. L’escalade des tensions au Moyen-Orient et les perturbations autour du détroit d’Ormuz ont fait bondir le prix du Brent de 65 à plus de 115 dollars le baril en trois semaines. La Réserve fédérale, prise entre inflation et ralentissement, maintient ses taux directeurs dans une fourchette de 3,5 à 3,75 %, avec une marge de manœuvre réduite. Ici encore, les choix de la Maison-Blanche pèsent lourd : la conjonction des baisses d’impôts et de la forte hausse des dépenses militaires maintient une importante pression sur les rendements souverains.

En janvier, Moody’s avait listé les six risques majeurs pesant sur le crédit américain : fractures géopolitiques, retour de l’inflation, correction boursière liée à l’intelligence artificielle, pertes d’emplois ou freinage des embauches provoqués par cette même IA, contagion dans le crédit privé, et hausse des rendements sur les dettes souveraines. Six risques qui sont aujourd’hui plus que des hypothèses.

Michael Burry, l’américain qui gagne quand tout le monde perd

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Les premiers signes concrets de fracture apparaissent déjà. À la fin de 2025, des faillites ont touché des acteurs comme First Brands dans les pièces automobiles ou Tricolor dans le crédit automobile subprime. Les « entreprises zombies », ces sociétés qui survivent uniquement grâce à un refinancement constant et à bas coût, commencent de leur côté à tomber les unes après les autres. Le décor du film craque et laisse apparaître des murs en carton-pâte.

Acte III – La finance de l’ombre : derrière le ciel peint

Le moment le plus vertigineux de l’histoire de Truman est celui où, naviguant vers l’horizon, il heurte un mur. Il se rend compte que le ciel qui le coiffe n’est qu’une toile peinte et l’horizon promis, une simple illusion. Une métaphore représentative de ce que vit la finance américaine.

James Dimon (le directeur général de JPMorgan Chase) avait trouvé la bonne image à l’automne dernier : « Quand on voit un cafard, il y en a généralement d’autres à proximité ». Ces cafards se retrouvent aujourd’hui dans le « shadow banking », cette finance de l’ombre qui s’est développée depuis 2008, loin des réglementations bancaires, et qui pèse environ 3 000 milliards de dollars (soit pas loin du PIB de la France) et finance une part croissante de l’économie réelle.

Le problème majeur reste l’opacité. Ce sont souvent les gestionnaires eux-mêmes qui évaluent la valeur des prêts qu’ils ont accordés, étant juges et parties, à l’image d’un Christof dirigeant, depuis sa régie, le monde qu’il a créé, toujours dans le film The Truman Show. Le taux de défaut dans ce secteur a déjà atteint 5,8 % à la fin janvier 2026. Et l’IA y joue un rôle déstabilisateur : environ 25 % des prêts sont adossés à des entreprises de logiciels, dont le modèle de revenus est érodé par la concurrence de l’IA générative. Cette même IA menace également une partie des emplois des Américains, et donc la capacité de remboursement des emprunteurs.

Les craquements se multiplient depuis quelques mois. Blue Owl a dû geler les retraits d’un de ses fonds destinés aux particuliers en février 2026 à 5 % des encours, alors que les investisseurs demandaient à récupérer 40 % de leur mise. Apollo a été contraint de déprécier certains actifs et de réduire son dividende. Blackstone a dû relever son plafond de rachats pour faire face à près de deux milliards de dollars de demandes de remboursement. À Londres, le prêteur MFS s’est effondré avec un déficit de 930 millions de livres.

Pourquoi cela vous concerne-t-il ? Parce que votre assurance-vie, votre fonds de pension, voire votre livret d’épargne transitent parfois par ces structures, souvent sans que vous le sachiez. La déconnexion entre ce que vous croyez détenir et ce qui est effectivement engagé est précisément ce qui rend ces crises si difficiles à anticiper, comme un Truman découvrant que chaque visage familier est en réalité un acteur payé.

Le mécanisme de contagion est connu : les dépréciations réduisent le levier des fonds, les rendements baissent, les investisseurs retirent leur argent, les ventes forcées font encore chuter les prix, et la spirale s’auto-alimente. Les banques traditionnelles, qui ont financé en partie ce boom en prêtant aux acteurs non bancaires, pourraient voir le risque leur revenir par ricochet. En Europe, l’exposition des banques aux institutions financières non bancaires représente déjà 9,2 % de leurs actifs consolidés.

Certes, geler les retraits dans des fonds de crédit privé n’est pas forcément le signe d’une crise majeure. Mais la superposition de toutes ces fragilités crée un terrain d’accident comme on n’en avait pas vu depuis 2008.

Épilogue – Sortir du dôme, l’Europe face à ses propres choix

En tant qu’Européens, nous ne pouvons pas regarder cette situation comme une curiosité lointaine, notre prospérité étant arrimée au cycle financier américain. Faut-il pour autant paniquer ?

Un ralentissement significatif de l’économie américaine aurait de lourdes conséquences sur la nôtre. Sa défaillance, dans un contexte de remontée des taux sur une dette française qui culmine à 117,4 % du PIB, est tout sauf une bonne nouvelle.

Mais notre système bancaire traditionnel est mieux armé qu’en 2008, d’autant que de très nombreuses mesures de régulation sont venues l’entourer depuis. Les ratios de capital sont solides, les tests de résistance sont réguliers et rigoureux. Le scénario central reste celui d’une forte volatilité plutôt que d’un effondrement systémique.

L’Europe dispose par ailleurs d’un atout mal exploité. Son marché du crédit privé offre, selon Carlyle, un meilleur rapport risque-rendement que son homologue américain. C’est une invitation à construire nos propres fondations plutôt qu’à trembler à chaque secousse venue de Washington.

In fine, personne ne peut dire aujourd’hui si ces craquements venus d’outre-Atlantique annoncent un effondrement. Ce que nous savons, en revanche, c’est que les conditions d’un accident sont réunies pour la première fois depuis 2008.

À la fin de The Truman Show, Jim Carrey découvre une porte dans le mur du décor qui lui a servi de quotidien depuis sa naissance. Il peut soit rester dans l’illusion confortable de ce monde factice, soit affronter la réalité. L’Europe est exactement à ce point de son histoire. Soit elle décide de rester arrimée à une locomotive américaine qui tousse, bercée par ses propres illusions de grandeur, ou alors elle décide de franchir le dôme et d’affronter son destin en construisant son propre récit.

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Le spectre de Lawrence d’Arabie

Des illusions de Peter O'Toole aux frappes sur l'Iran, tout le drame du Proche-Orient moderne s'est noué sous le sable de 1916. Entre trahisons coloniales et ambitions contrariées, l’épopée de Lawrence d’Arabie demeure le point de bascule pour comprendre pourquoi la région s'embrase, encore, en 2026.

Revoir le Lawrence d’Arabie de David Lean, dont le héros tente de porter la révolte arabe de 1916-1918 dans le but de la conduire vers la création d'un État indépendant et libéré du joug ottoman, procure toujours cette sensation d’immensité vertigineuse et de choc cinématographique. Mais le revoir aujourd'hui, malgré les distances qu'il prend avec la réalité historique, alors que le Proche et le Moyen-Orient se sont à nouveau embrasés depuis le 7 octobre 2023 et l'actuelle attaque israélo-américaine sur l'Iran, livre une précieuse et fascinante grille de lecture du présent.

Le désert infini et vaporeux, la lumière flottante qui sculpte les dunes, la silhouette solitaire de Peter O’Toole enveloppée de soie blanche, chargeant à la tête de ses troupes à destination d'Aqaba (Jordanie), au rythme de la musique entêtante de Maurice Jarre… Le décor du film est planté. L’une des plus grandes productions de l’histoire du cinéma qui, en 1962, rafla la bagatelle de sept Oscars à partir du récit de cette révolte lancée par le chérif Hussein ben Ali, gardien des lieux saints de La Mecque.

Sauf que, contrairement à la réalité, tout concourt dans l’œuvre à donner du rôle de son personnage principal dans cette lutte panarabe l’illusion du combat mystique d’un homme seul défiant l'ordre impérial britannique et cherchant à redessiner le Levant par la grâce de son intuition. La vérité est tout autre. Qu’importe, car le film ressurgit avec une force particulière en ces temps troublés au Proche et au Moyen-Orient, où les échos du conflit ancien qu’il narre, ainsi que les accords Sykes-Picot qui redessineront la région à la même période, ne sont pas étrangers aux événements actuels.

Thomas Edward Lawrence : l’homme derrière le mythe

Thomas Edward Lawrence, né en 1888 au pays de Galles, n’était pas l’aventurier solitaire au regard halluciné que le film met en scène. Archéologue brillant, arabisant passionné, il avait parcouru la Syrie et la Mésopotamie (la région de Bagdad) avant la guerre, apprenant les dialectes bédouins et s’imprégnant des coutumes tribales, malgré quelques lacunes plus tard raillées par les observateurs français de son épopée. Engagé dans le renseignement britannique au Caire dès 1914, il devint l’agent de liaison idéal auprès des Arabes au début de leur révolte. Lawrence coordonna ses actions avec le fils du chérif, Fayçal, incarné par un brillant Alec Guinness, organisant des raids de guérilla, notamment contre des lignes ferroviaires vitales pour les Ottomans. La prise d’Aqaba, en juillet 1917, reste l’un des épisodes les plus célèbres de son parcours : une marche audacieuse à travers le désert et une victoire tactique obtenue par surprise.

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Bombe sanitaire et plaisir écocide : le vrai scandale qu’on vous cache

Consommation énergétique des data centers, résidus de pesticides dans l’eau du robinet ou encore cadmium dans les spaghettis… Chaque jour, une nouvelle psychose s’affiche en une. Pourtant, un fléau moderne continue de bénéficier d’une complaisance médiatique stupéfiante, que même l’agriculture biologique lui envie : la raclette.

Artères qui se bouchent, empoisonnement sournois de notre environnement, épuisement des ressources d’une planète qui se meurt : autant de conséquences qui devraient faire hurler en chœur Générations Futures et les deux Stéphane du Monde ou envoyer Hugo Clément sur le front. Pourtant, comme par hasard, dès qu’il s’agit de s’attaquer aux lobbys du fromage fondu et à un privilège culturel séculaire, une chape de plomb s’abat sur l’information et Complément d’enquête est aux abonnés absents.

Alors, voici les faits et les chiffres. Et ils sont brutaux. Puisse ce travail de lanceurs d’alerte, enfin, briser l’omerta.

Suicide calorique, mode d’emploi

C’est l’hiver. Il fait froid. Les journées sont courtes. Quoi de mieux pour briser la monotonie d’un long week-end cafardeux qu’une petite raclette entre amis ?

Très mauvaise idée.

Une raclette, par personne, c’est en général 200 à 250 g de fromage, 150 à 200 g de charcuterie et 200 à 350 g de pommes de terre, à faire glisser, avec modération, avec du vin blanc. Autrement dit, une raclette « classique », sans excès — donc avec excès — représente près de 2 000 kcal supplémentaires par personne, concentrées sur un seul repas.

Au temps des Romains, on appelait ça une orgie. Aujourd’hui, on appelle ça un repas équilibré car il y a des cornichons.

Le fromage, pièce maîtresse du dispositif, affiche une densité calorique et lipidique redoutable. Avec 30 à 35 g de lipides dont plus de 20 g de graisses saturées pour 100 g, il coche toutes les cases du parfait allié cardiovasculaire, du moins si votre objectif est de procéder à un stress test de vos artères.

La charcuterie n’est pas en reste. Classée cancérogène avéré par le Centre international de recherche sur le cancer, elle forme avec le fromage une association de malfaiteurs terriblement efficace.

Ajoutez à cela l’alcool, dont les effets délétères sur la santé sont abondamment documentés, et vous obtenez un cocktail nutritionnel d’une redoutable cohérence : gras, trop salé, alcoolisé et massivement consommé au plus mauvais moment possible, en fin de journée.

Mais le pire est à venir.

Cluster au fromage

Car une raclette entre amis coche toutes les cases d’un cluster réussi : fenêtres fermées, ambiance moite, six à huit individus regroupés autour d’une source de chaleur, à moins d’un mètre les uns des autres. On parle fort, on rit, on projette des microgouttelettes avec un enthousiasme difficilement compatible avec les recommandations sanitaires les plus élémentaires.

Le temps s’étire. S’éternise. Deux heures. Parfois trois. Dans une atmosphère progressivement saturée en dioxyde de carbone, odeurs de transpiration et cocktail de virus hivernaux. Une situation que comparent certains épidémiologistes à circuler dans Paris les yeux bandés sur une trottinette débridée.

Parfois, dans les brumes d’alcool et les échanges de miasmes, la soirée dégénère. En 2024, en Bretagne, une soirée raclette a fini en agression au couteau pour une querelle de priorité sur le fromage. En mars 2025, à Saint-Étienne, la tentative de record du monde de la plus grande raclette (2 500 personnes et 800 kg de fromage) a dégénéré en bagarre générale entre participants alcoolisés. Des faits divers emblématiques de la dangerosité d’un plaisir en apparence innocent.

Quant aux bienheureux qui auraient échappé à l’infarctus, au coma lipidique, à la grippe fromagère et à la rixe de fin de soirée, il leur reste un dernier risque, plus discret : les PFAS. Les poêlons, tapissés d’environ 0,5 g à 1 g de PTFE, sont soumis à des températures pouvant dépasser 260 °C, seuil à partir duquel ces revêtements commencent à se dégrader et à émettre des composés indésirables.

C’est l’équivalent d’une pilule empoisonnée de polymère fluoré qu’on laisse ainsi surchauffer des heures durant. Un danger évident qu’aucune étude sérieuse n’a encore permis d’évaluer et qui devrait suffire à invoquer le principe de précaution.

Fauxmage, fausse vertu

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L’accord de Paris en PLS

En France, chaque foyer consomme en moyenne près de 2 kg de fromage à raclette par an. Rapporté à environ 30 millions de ménages, cela représente près de 60 000 tonnes de fromage fondues chaque année dans le plus grand silence médiatique.

Or, le fromage affiche une empreinte carbone d’environ 13,5 kg de CO₂e par kilo. Résultat : rien que pour le fromage à raclette, on atteint environ 0,8 million de tonnes de CO₂e par an. En y ajoutant la charcuterie, on franchit sans difficulté la barre du million de tonnes de CO₂e par an pour la France. Un bilan qui intègre déjà le méthane des vaches et des cochons — mais pas celui des malheureux convives.

Si toute la planète mangeait de la raclette dans les mêmes proportions que les Français, cela représenterait — électricité carbonée en sus comprise — l’équivalent d’environ sept centrales à charbon allemandes de type Neurath, la plus polluante.

On croit chauffer du fromage… et c’est la banquise qui fond.

La raclette jusqu’au black-out ?

Pendant ce temps, l’ADEME nous explique très sérieusement qu’il faudrait débrancher nos box ADSL pour soulager le réseau… Sachant que celles-ci consomment chacune une dizaine de watts en continu, quand un appareil à raclette en mobilise 1 400, une seule soirée raclette efface environ deux semaines d’efforts à débrancher consciencieusement sa box.

Pire : si tous les ménages français lançaient leur appareil à raclette en même temps, on approcherait 42 GW de puissance appelée, soit près de la moitié de la consommation électrique du pays en plein hiver.

Pour donner un ordre de grandeur compatible avec l’imaginaire dominant, cela correspond à environ 17 000 éoliennes installées… ou plutôt plus de 50 000 éoliennes en production réelle, une fois intégré leur facteur de charge. Un parc couvrant environ 20 000 km² — soit l’équivalent de deux régions Île-de-France. Le tout mobilisé simultanément. Pour faire fondre du fromage. Ou plus vraisemblablement le réseau.

Un mille-feuille (rhétorique) bien indigeste

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Solutions pour un monde déraclettisé

Pendant le confinement, les ventes d’appareils à raclette ont explosé de 100 à 300 % selon les enseignes.

Il ne peut pourtant pas y avoir une croissance infinie de la raclette dans un monde fini. Face au dépassement des limites planétaires qu’elle implique, les demi-mesures de l’écologie des « petits gestes » — éteindre la lumière du couloir pendant qu’on branche l’appareil, couper le chauffage deux heures avant, ou finir la cuisson des pommes de terre à la marmite norvégienne — relèvent d’une méconnaissance dramatique des ordres de grandeur.

Certains imaginent un retour aux sources avec la raclette au feu de bois. Tragique erreur : avec des émissions de l’ordre de 4 à 20 grammes de particules fines par soirée, généralisée à l’échelle nationale, la raclette au feu de bois représenterait plusieurs centaines de tonnes de PM2,5 par an. L’équivalent des émissions d’une grande ville française comme Grenoble.

D’autres inventeront sans doute un jour un robot raclette à faisceau laser piloté par IA, ou autre fadaise techno-solutionniste. C’est oublier que les maigres gains ainsi obtenus seront immanquablement effacés par l’effet rebond.

La seule voie, c’est donc la rupture systémique. La raclette responsable et décroissante.

Exit l’hiver, ses pièces confinées et ses excès. Place à une raclette estivale, en extérieur, bas carbone et low-tech. Le fromage pourra avantageusement être remplacé par de la margarine fondue au soleil pour agrémenter des brocolis, bio bien sûr. La charcuterie, quant à elle, pourra être évoquée symboliquement, par exemple sous forme de discussion.

Certes, l’expérience gustative s’en trouvera légèrement modifiée. Mais la sobriété est à ce prix. Car la raclette est un privilège d’un âge révolu. Un privilège que nos petits-enfants nous reprocheront vertement en observant, médusés, des décharges entières de poêlons en Téflon polluer pour l’éternité une planète à + 4 °C.

Le sevrage ne sera évidemment pas facile. Mais pour paraphraser le grand réflexologue plantaire Cyril Dion : « Si on n’arrête pas la raclette, on va arrêter quoi pour faire face au péril climatique ? ».

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Quand la Chine tente de “pêcher” Taïwan

Les manœuvres étaient visibles depuis l’espace. À Taïwan, la Chine a un plan : annexer sans combattre. Un patient travail de sape, pour, enfin, finaliser l’œuvre de Mao.

Depuis fin décembre 2025, d’étranges figures apparaissaient en mer de Chine, au large de Shanghai. Deux énormes lettres L inversées, presque aussi longues que l’île de Taïwan, étaient détectées par des satellites. Quelques semaines plus tard, c’était un rectangle qui se formait dans les eaux chinoises, puis, début mars, deux lignes parallèles. Ces figures étaient composées de près de 2 000 bateaux de pêche chinois qui manœuvraient avec rigueur et de façon coordonnée, puis restaient ainsi en place plus de 24 heures. Un phénomène étonnant, tant il est rare de voir des milliers de bateaux s’aligner ainsi sur des centaines de kilomètres.

À quoi bon peuvent servir de telles manœuvres ? La réponse est en réalité connue. Ces figures sont l’expression de la mise en place d’un blocus naval d’un type assez particulier, cherchant à entraver la liberté de circulation maritime par la saturation des eaux, sans avoir à recourir à la force militaire. Pratique car, officiellement, ces bateaux de pêche sont bien civils. Pourtant, Taïwan a raison d’observer ces exercices d’un œil inquiet, car la Chine semble bien se préparer à pouvoir bloquer un jour les accès portuaires de l’île.

Les pêcheurs de guerre chinois

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La réunification de la Chine : une priorité pour Xi Jinping

Xi Jinping a fait de la réunification de la Chine un objectif stratégique central. Récupérer Taïwan lui offrirait un poste avancé en mer de Chine et un accès plus libre au Pacifique. Son pays fait face à un corridor de territoires et d’îles relativement hostiles ou alliés aux États-Unis : Corée du Sud, Japon (une grande base américaine se situant à Okinawa), Philippines et l’île américaine de Guam. Sur le plan économique, la Chine mettrait également la main sur les chaînes de valeur des semi-conducteurs qui dominent le marché mondial : Taïwan dispose en effet de plus de 70 % de parts de marché dans leur fonderie, et même 90 % pour les systèmes les plus avancés.

Par ailleurs, Xi espère également finaliser l’œuvre de Mao Zedong et marquer l’histoire du régime. Le Grand Timonier avait établi le principe « d’une seule Chine » et appelait de ses vœux la « libération » de l’île, dans une lettre ouverte dévoilée le 6 octobre 1958. Intitulée « Message aux compatriotes taïwanais », elle est rééditée le 1er janvier 1979, posant clairement le principe d’une réunification concrète. Mais Xi Jinping va encore plus loin dans son discours du 2 janvier 2019, dans lequel il affirme que l’indépendance de l’île constituerait un « terrible désastre », et n’exclut pas de recourir à la force si nécessaire.

Cette unification de la Chine répond également à des symboliques beaucoup plus anciennes. Depuis le Grand État Yuan (créé par Kubilai Khan), premier régime à parvenir à l’objectif souhaité, tous les suivants ont partagé cet idéal. La crédibilité de l’État chinois repose sur sa capacité à assurer l’unité administrative de ce territoire immense, en dépit de la diversité des langues et des cultures. Dans l’imaginaire collectif local, ainsi que dans la propagande de Pékin, le fait de contrôler l’ensemble du « monde chinois » est un symbole important de légitimité.

Celle-ci est d’autant plus précieuse que l’économie du régime s’essouffle, contrairement à la perception que l’on peut en avoir vue d’Europe. Pourtant, depuis la répression des manifestations démocratiques de la place Tiananmen en juin 1989, Pékin tente d’établir un nouveau contrat social : le peuple renonce à la démocratie, mais en échange, le pouvoir lui assure une amélioration continue de ses conditions de vie grâce à la croissance et au développement économiques.

Mais ça coince désormais. Les marges de rattrapage par rapport aux Occidentaux diminuent. La croissance ralentit dans un contexte de crise immobilière, d’inflation faible et de tensions avec l’Occident. Et surtout, le sentiment de stagnation du niveau de vie, voire de déclassement économique et social des nouvelles générations, devient prédominant. Cela se traduit par un fort pessimisme, d’après une étude de Scott Rozelle (chercheur à l’université de Stanford) de septembre 2024 : alors qu’entre 2004 et 2014, 61,6 % des Chinois considéraient que l’effort était récompensé, ils ne sont plus que 28,3 % à le penser en 2023 et, surtout, sont persuadés que cette calcification sociale est liée à des causes structurelles. Ce pessimisme s’est récemment traduit par une expression en vogue à partir de 2023 : « garbage time », signifiant que les individus ne peuvent plus améliorer leurs conditions.

Face à cet essoufflement économique et social, et à l’incapacité du Parti communiste à garantir une hausse continue et régulière du niveau de vie, il est indispensable pour le régime de trouver un ressort de légitimité complémentaire auprès de son peuple. C’est pourquoi Xi Jinping fait appel au patriotisme dans ses discours, et mène une politique axée sur la puissance nationale, à travers le concept de « grand renouveau national », qui implique en premier lieu la réunification. Dans son discours d’ouverture du 19e Congrès du PCC, en octobre 2017, il a fait de ce thème le fondement même de la nouvelle dynamique insufflée par le pouvoir : « L’histoire a prouvé et prouvera que, sans la direction du PCC, le renouveau national ne sera qu’une chimère ». Il fixe l’objectif de faire de son pays, d’ici à 2049, la première « puissance globale » au monde. En définitive, l’accélération de Xi Jinping à l’égard de la question taïwanaise repose avant tout sur la nécessité de renforcer le régime (pseudo) communiste chinois, et son pouvoir personnel, dans un contexte de fragilisation du contrat social.

Une stratégie d’épuisement

Pour imposer sa souveraineté sur Taïwan, la Chine mène, depuis plusieurs années, une stratégie d’épuisement, fondée sur des exercices maritimes et aériens réguliers ainsi que sur une guerre informationnelle intense. Les incursions aériennes quasi quotidiennes visent à tester les forces taïwanaises et leurs réactions, à collecter du renseignement et à pousser la population à l’erreur pour légitimer une guerre ouverte ou un blocus strict. Pékin organise des exercices navals pour parvenir à ce dernier objectif avec sa milice maritime, composée de chalutiers dont les équipages sont réservistes. Quant aux nombreuses manœuvres de Pékin à proximité de Taïwan, elles visent à intimider, afin d’abaisser les forces morales des Taïwanais et de les contraindre à négocier. Enfin, dans l’espace informationnel, Pékin déploie des narratifs prochinois, s’ingère dans les élections et diffuse des fake news pour favoriser les candidats favorables à la Chine continentale et manipuler les opinions publiques en sa faveur, dans l’espoir d’une réunification pacifique.

De fait, une invasion militaire de Taïwan serait extrêmement complexe à réaliser pour l’APL (Armée populaire de libération), en raison des coûts humains exorbitants qu’entraînerait l’opération amphibie nécessaire, mais aussi à cause de la géographie montagneuse de l’île favorisant une résistance asymétrique, et enfin du niveau technologique avancé de son armée (dépenses à 3,3 % du PIB prévues en 2026), comme du risque majeur d’affrontement direct avec les États-Unis. En outre, l’idée d’une défaite, avec la perte de crédibilité qu’elle entraînerait, est élevée et probablement inacceptable pour le PCC. Ce scénario ne semble donc pas, à ce stade, le plus probable.

En revanche, un blocus strict et durable pourrait être décidé afin de forcer Taïwan à ouvrir les négociations. Le Center for Strategic and International Studies (CSIS) a simulé, en juillet 2025, plusieurs scénarios de blocus de l’île via la milice maritime et les garde-côtes. Malgré tout, un blocus entraînerait forcément une escalade militaire, avec des pertes se comptant en milliers, et Taïwan ne pourrait résister sans aide directe de l’armée américaine. Une stratégie « à l’ukrainienne », à savoir un soutien important avec la fourniture d’armes mais sans implication directe des États-Unis dans le conflit, ne fonctionnerait pas en raison de la disproportion entre la masse de l’APL et celle de l’armée taïwanaise.

Une invasion peu probable à court terme

De fait, Pékin est confrontée à un dilemme : la solution pacifique s’éloigne tandis que l’option militaire reste extrêmement risquée. L’idée qui fait donc son chemin est celle d’un contrat proposé aux Taïwanais fondé sur « un pays, deux systèmes », sur le modèle de Hong Kong. Taïwan pourrait rejoindre la Chine sur le plan administratif, tout en conservant son propre système économique et juridique. Mais un sondage d’août 2025 révèle que 84 % des personnes interrogées s’opposent à cette formule.

Il est donc probable qu’à court et moyen termes, la Chine poursuive, voire accentue, sa stratégie d’épuisement à coups d’incursions aériennes et maritimes fréquentes, de lutte d’influence dans le champ informationnel et, éventuellement, de provocations et d’entraves à la circulation autour de l’île, pour l’affaiblir économiquement et moralement. À suivre de très près…

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Fortune des autocrates

Dictateur : le métier le mieux payé du monde ? Inventaire des fortunes accumulées par 11 hommes au pouvoir entre 2010 et aujourd’hui.

Musique : Benjamin Sire alias @erisermusic

1. Sources gouvernementales et judiciaires officielles

Departement de la Justice americain (DOJ) / OFAC Treasury

DOJ — Actes d’inculpation Maduro et associes (narco-terrorisme, corruption, trafic de drogue) — Page DOJ principale sur les inculpations Venezuela — acte initial 2020 + superseding indictment 2026

https://www.justice.gov/archives/opa/pr/nicol-s-maduro-moros-and-14-current-and-former-venezuelan-officials-charged-narco-terrorism

DOJ SDNY — Communique de presse inculpation Maduro — Southern District of New York — details des charges retenues

https://www.justice.gov/usao-sdny/pr/manhattan-us-attorney-announces-narco-terrorism-charges-against-nicolas-maduro-current

OFAC / US Treasury — Sanctions Venezuela, liste SDN — Gel d’avoirs, interdictions de transactions, sanctions individuelles et sectorielles

https://ofac.treasury.gov/sanctions-programs-and-country-information/venezuela-related-sanctions

Departement d’Etat americain

Rapport au Congres 2022 — Fortune de la famille Assad (archive administration precedente) — Rapport commande par le Congres — estime la fortune Assad entre 1 et 2 Mds$ (publie partiellement)

https://2017-2021.state.gov/reports/report-on-the-assets-of-syrian-regime-officials

Sanctions Venezuela — Cartel de los Soles, PDVSA — Sanctions sectorielles et individuelles, dont dirigeants PDVSA et membres du gouvernement

https://www.state.gov/venezuela

Commission judiciaire du Senat americain

Temoignage de Bill Browder — Fortune de Poutine estimee a 200 Mds$ (2017) — Temoignage sous serment devant la commission judiciaire du Senat — reference principale

https://www.judiciary.senate.gov/imo/media/doc/07-26-17%20Browder%20Testimony.pdf

Congressional Research Service (CRS) / Congress.gov

North Korean Cyber Capabilities — inclut Bureau 39 et financement illicite du regime — Rapport CRS sur les capacites nord-coreennes, revenus illicites 500 M a 1 Md$/an

https://www.congress.gov/crs-product/R44912

US Government Accountability Office (GAO)

Rapports sur les flux financiers illicites du Venezuela — Rapports sur le contournement des sanctions et le blanchiment d’argent

https://www.gao.gov

2. Enquetes journalistiques et medias de reference

Reuters

Khamenei — fond Setad, empire economique de 95 milliards de dollars (2013) — Enquete en 5 parties sur le fond Setad. Reference principale pour la fortune de Khamenei

https://www.reuters.com/investigates/iran/#article/part1

Bloomberg

Famille Xi Jinping — actifs caches, beau-frere Deng Jiagui (2012) — Article censure en Chine immediatement apres publication

https://www.bloomberg.com/news/articles/2012-06-29/xi-jinping-millionaire-relations-reveal-fortunes-of-elite

The Guardian

Fortune de Mubarak — 40 a 70 milliards de dollars (2011) — Enquete au moment de la chute du regime — estimation d’un professeur de Princeton

https://www.theguardian.com/world/2011/feb/04/hosni-mubarak-family-fortune

Fortune de Kadhafi — cables WikiLeaks Gaddafi Incorporated : interets dans petrole, telecom, hotels et immobilier — Cables WikiLeaks (cable ambassade US mai 2006) relaye par Financial Times et presse internationale

Financial Times

Assad — 250 M$ en billets physiques achemines vers Moscou sur 21 vols (2018-2019) — enquete Financial Times — Via Irish Times qui cite les documents obtenus par le FT · FT derriere paywall strict

https://www.irishtimes.com/world/middle-east/2024/12/15/assad-dispatched-250m-of-syrias-cash-to-moscow

The New Yorker

How Syria Became the Middle East’s Drug Dealer — captagon, 10 milliards de dollars par an (2024) — Enquete sur le role de Maher al-Assad dans le narco-Etat syrien

https://www.newyorker.com/magazine/2024/11/11/how-syria-became-the-middle-easts-drug-dealer

OCCRP — Organized Crime and Corruption Reporting Project

Panama Papers — Poutine : reseau Bank Rossiya, Rolduguine, 2 Mds$ via societes-ecrans — Reseau de 86 societes-ecrans + role du musicien Roldouguine

https://www.occrp.org/en/project/the-panama-papers/russia-banking-on-influence

Wall Street Journal

Assad — 250 M$ achemines vers la Russie · via Moscow Times citant le FT (WSJ et FT derriere paywall) — Relais de l.enquete FT sur les transferts de cash Syria-Russie 2018-2019

https://www.themoscowtimes.com/2024/12/16/assad-regime-airlifted-250m-from-syria-to-russia-ft-a87348

Le Devoir

Des milliards caches par le clan al-Assad — jusqu’a 12 milliards de dollars (decembre 2025) — Bilan un an apres la chute du regime — familles al-Assad et Makhlouf

https://www.ledevoir.com/monde/moyen-orient/940098/milliards-caches-clan-al-assad

France 24

Sur les traces de la fortune cachee du clan de Bachar al-Assad (decembre 2024) — SCI francaises, holdings dans paradis fiscaux, appartements Moscou

https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20241218-sur-les-traces-de-la-fortune-cach%C3%A9e-du-clan-de-bachar-al-assad

Jeune Afrique

Sur la piste des milliards du clan Kadhafi — LIA, chasse au tresor (2016) — Afrique du Sud premier pays d’accueil des fonds, devant Suisse et Italie

https://www.jeuneafrique.com/mag/300221/economie-entreprises/libye-piste-milliards-clan-kadhafi

Fortune Magazine / CoinDesk

Rumeur 60 Mds$ Bitcoin Venezuela — Project Brazen (janvier 2026) et refutation par Nansen et Chainalysis — Pas d’adresse de portefeuille fournie — non verifiable on-chain. Rejetee par les experts

https://fortune.com/2026/01/09/rumors-swirling-about-venezuela-bitcoin-crypto-experts-are-skeptical

Navalny / Fondation Anti-Corruption (FBK)

Palais de Poutine a Guelendjik — enquete video (janvier 2021) — Video visionnee 120+ millions de fois, valeur estimee ~1 milliard de dollars

3. Organisations internationales et rapports d’experts

Nations Unies — Conseil de securite

Comite de sanctions 1970 — Libye, liste des sanctions, actifs geles du clan Kadhafi — Groupe d’experts du Conseil de Securite sur la Libye

https://main.un.org/securitycouncil/en/sanctions/1970/materials

Sanctions Coree du Nord — resolutions 1718, 2270, 2321 — Regime de sanctions incluant le Bureau 39 et ses ramifications

https://www.un.org/securitycouncil/sanctions/1718

Banque mondiale / ILO

Donnees salariales par pays — references pour salaires medians — Travailleurs salaries en % de l.emploi — source ILO/Banque mondiale pour comparaisons salariales

https://data.worldbank.org/indicator/SL.EMP.WORK.ZS

CEIC Data

Salaires mensuels Egypte — donnees historiques 1999-2024 — Salaire moyen Egypte 2011 : ~180 $/mois (source de reference pour Mubarak)

https://www.ceicdata.com/en/indicator/egypt/monthly-earnings

4. Classements et sources specialisees

Forbes — fortunes Castro (2006), Kadhafi, Obiang — Classements annuels des dirigeants les plus riches. Castro estime a 900 M$ en 2006

https://www.forbes.com

Celebrity Net Worth — Loukachenko, Saddam Hussein — Estimations avec fourchettes larges, sources secondaires

https://www.celebritynetworth.com

Criminal Justice International Associates (CJIA, 2010) — Fortune famille Chavez — Site hors ligne. Rapport estimant les detournements du clan bolivarien a ~100 Mds$ sur 14 ans via PDVSA. Reference citee dans de nombreux medias

Trading Economics — Salaires moyens Russie, Bielorussie, Venezuela — Donnees officielles des instituts de statistiques nationaux

https://tradingeconomics.com/country-list/gross-average-monthly-wages

Numbeo — Salaire median Chine 2025 — Donnees participatives + sources officielles chinoises

https://www.numbeo.com/cost-of-living/country_price_rankings?itemId=105

WorldData.info — Revenus moyens par pays — Methode Atlas Banque mondiale, donnees 2024

https://www.worlddata.info/average-income.php

Bitcoin Treasuries — Holdings officiels Venezuela (240 BTC = ~21 M$) — Seule source publique verifiable sur les avoirs Bitcoin d’Etat du Venezuela — contredit la rumeur des 60 Mds$

https://bitcointreasuries.net

5. Ouvrages de reference

Bill Browder — Notice Rouge (Red Notice), Simon & Schuster, 2015 — Temoignage de premiere main sur les mecanismes d’enrichissement de Poutine via les oligarques

https://www.simonandschuster.com/books/Red-Notice/Bill-Browder/9781476755748

Anders Aslund — Russia’s Crony Capitalism, Yale University Press, 2019 — Analyse economique du systeme kleptocratique russe sous Poutine

Note méthodologique

Toutes les estimations de fortune des autocrates sont par nature incertaines — aucun ne déclare sa fortune réelle. Les chiffres compilent sources gouvernementales, enquêtes journalistiques d’investigation, rapports d’experts et témoignages sous serment.

Les fourchettes reflètent le degré d’incertitude : plus une fourchette est large, moins les actifs ont été localisés. Une fourchette comme 70–200 Mds$ pour Kadhafi ou 1–12 Mds$ pour Assad indique que des milliards restent activement recherchés à ce jour.

Les données salariales proviennent de sources officielles (Banque mondiale, Trading Economics, ILO) sauf pour les pays fermés ou en guerre : Corée du Nord (~5–10 $/mois, sources de déserteurs), Cuba (~26 $/mois, salaire d’État officiel 2016) et Syrie (~50 $/mois, estimation Banque mondiale en contexte de guerre civile). Ces estimations sont signalées comme telles dans l’infographie.

Cas particulier — Maduro et la rumeur des 60 Mds$ en Bitcoin : cette affirmation, publiée par Project Brazen en janvier 2026, n’est corroborée par aucune adresse de portefeuille ni donnée on-chain. Les firmes de forensique blockchain Nansen et Chainalysis se montrent sceptiques. Les données publiques vérifiables créditent le Venezuela de 240 BTC officiels (~21 M$). La fourchette 1–5 Mds$ retenue correspond aux actifs documentés par le DOJ américain (>700 M$ saisis) et aux estimations issues d’enquêtes journalistiques indépendantes.Cas particulier — Khamenei à 200 Mds$ : ce chiffre circule dans certains classements mais n’est étayé par aucune source académique ou journalistique sérieuse. L’estimation de référence reste celle de Reuters (2013) sur le fond Setad : ~95 Mds$. Les 200 Mds$ intègrent probablement les revenus futurs de l’IRGC extrapolés sur plusieurs décennies, ce qui constitue une méthodologie non standard.

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Dollar, tech : Trump est-il en train d’amputer l’Oncle Sam ?

Un secteur de la tech qui domine le monde, attirant les plus grands talents de la planète. Une monnaie incontournable, permettant un endettement quasi illimité. Trump est-il en train de détruire les incroyables atouts américains ? Et surtout : pourquoi ?

Rio, 15 août 2016. Usain Bolt, l’homme le plus rapide de l’Histoire, celui dont les foulées fendaient l’air comme des lames, dont chaque fibre musculaire est le fruit de milliers d’heures d’entraînement, de sacrifices et de discipline, est en passe de s’élancer sur la finale olympique du 100 mètres. Tout le désigne comme l’ultime favori pour devenir triplement médaillé dans l’épreuve reine d’athlétisme. Imaginez maintenant qu’à quelques secondes du départ, en mondovision, il attrape une scie électrique et décide de se couper une jambe. L’image est absurde. Elle représente pourtant ce que les États-Unis font aujourd’hui à leur propre économie : amputer, un à un, les piliers de leur puissance.

En apparence, tout va bien outre-Atlantique. La croissance du PIB pour 2026 est estimée à au moins 3,5 % par le secrétaire au Trésor Scott Bessent, l’inflation semble contenue autour de 2,8 % et le chômage se maintient autour de 4,3 %. Des indicateurs macros qui enthousiasment un Donald Trump y voyant le signe de la bonne santé historique de l’économie américaine. Mais à y regarder de plus près, le constat n’est pas si reluisant.

La croissance américaine ne tient aujourd’hui que sur une seule jambe : l’écosystème de l’IA. Jason Furman, professeur d’économie à Harvard, estime ainsi que si l’on retirait les investissements liés à l’IA (data centers, logiciels, équipements informatiques, etc.), la croissance américaine au premier semestre 2025 n’aurait été que de 0,1 % (contre 1,2 % observé). Elle n’a d’ailleurs été que de 2,1 % sur l’année complète (contre 2,8 % en 2024). Une faible croissance qui, en plus, est très pauvre en termes d’emplois : seulement 180 000 ont été créés l’année dernière, contre 1,5 million en 2024 (et 580 000 attendus), un des niveaux les plus bas enregistrés ces vingt dernières années. Quant à l’indice de confiance des consommateurs, il frôle lui aussi ses niveaux les plus faibles observés ces dernières années, montrant que les Américains ont rarement été aussi pessimistes qu’aujourd’hui.

La dépendance américaine à l’IA est semblable à ce que l’on a connu à l’heure de la bulle internet. La hausse globale des investissements a augmenté de 2,6 % au dernier trimestre 2025, mais avec de fortes disparités. Les dépenses en équipements informatiques et en communication ont bondi de 61 %, quand celles des autres segments ont chuté de 17 %. Un repli généralisé et inquiétant selon les analystes américains.

La bonne santé de l’économie américaine est donc tributaire d’une technologie arrivée en trombe sur le marché il y a seulement trois ans. Comme le disent les investisseurs financiers chevronnés, « un manque de diversité dans l’exposition de ses placements augmente le risque de subir un retournement de conjoncture important ». Nos grands-mères, qui n’ont jamais lu Markowitz, le résument plus simplement : « Pour éviter la casse, on ne met pas tous ses œufs dans le même panier. »

Cette hyper-dépendance est d’autant plus inquiétante qu’elle est concomitante au sabordage complet de l’économie américaine réalisé en trois actes par le président lui-même.

Premier acte : les droits de douane. Se référant à une lecture simpliste du Larousse, le président Trump y voit simplement une taxe prélevée sur un produit importé. Il affirme ainsi que ce sont les pays exportateurs qui s’en acquittent, et que cela participe à rééquilibrer la balance commerciale des États-Unis avec le reste du monde (déficitaire en ce qui concerne les biens — ils importent plus de biens qu’ils n’en produisent —, mais exportatrice de services, ce qui équilibre le tout).

Malheureusement, la réalité est plus complexe, et les droits de douane, passant en moyenne de 2,6 à 9,8 % en 2025, ont été supportés en réalité à 90 % par les ménages et les entreprises américaines, absorbés à 30 % par les marges des entreprises et à 70 % par une augmentation des prix. Le tariff (à savoir le droit de douane, présenté d’ailleurs comme le plus beau mot de la langue anglaise par Donald Trump), alors qu’il visait initialement à financer une forte baisse de l’impôt sur le revenu, se retrouve in fine à réduire les marges des entreprises et à baisser le pouvoir d’achat des ménages. Donald Trump a ainsi réussi le tour de force de prélever 200 milliards de dollars en 2025 sur l’économie américaine en faisant passer cela pour une mesure d’augmentation du revenu. Un coup de génie.

Deuxième acte : le déficit public. Ce n’est certainement pas le point sur lequel les Français peuvent donner des leçons, mais force est de constater que les Américains font pire que nous. Le déficit fédéral devrait atteindre 5,8 % en 2026 (soit 1 900 milliards de dollars), loin au-dessus de la moyenne historique de 3,8 %. La dette publique a de son côté franchi 101 % du PIB et devrait progresser de 20 points d’ici dix ans. Les seuls intérêts de la dette représentent désormais 3,3 % du PIB, et grimperont à 4,6 % en 2036 (c’est la dépense fédérale augmentant le plus vite).

À l’inverse des pays dépensiers comme la France, les États-Unis pouvaient se le permettre, protégés par « le privilège exorbitant du dollar » comme le dénonçait Valéry Giscard d’Estaing. Ce bouclier ultime protège les États-Unis d’une crise de financement et s’assure qu’on leur prêtera toujours à des taux favorables, car le dollar fait office de monnaie de réserve mondiale. Dit autrement, tout le monde étant en équilibre sur la branche, personne n’a intérêt à ce qu’elle se fragilise pour éviter la chute.

Pourtant, c’est celui qui dépend le plus de sa stabilité qui a décidé de la scier, après avoir demandé à tout le monde de se poser ailleurs. Donald Trump et son principal conseiller économique Stephen Miran ont ainsi décidé, dans la chaleur du Bureau ovale, qu’affaiblir le dollar était une bonne idée. Si cela se justifie pour attirer des capitaux étrangers, c’est une folie de le faire au moment où vous vous endettez : cela conduit à un appauvrissement du pays. Résultat, la part du dollar dans le total mondial des monnaies est passée de 70 % en 2000 à 57 % aujourd’hui.

S’additionnant aux autres décisions baroques en la matière, comme le retrait de l’OMC, l’attaque contre l’indépendance de la Fed qui nuit à la crédibilité du dollar ou l’aliénation de ses principaux alliés, cette incitation à ne plus utiliser le dollar revient à fissurer le principal bouclier protégeant l’économie américaine et à débrancher l’assurance-vie de sa propre dette. Quand le dollar cessera d’être indispensable, les taux d’intérêt que le monde exigera de l’Amérique cesseront d’être cléments. Et ce jour approche.

Les initiés de la Maison blanche

J’approfondis

Troisième acte, le plus grave à long terme : le sabordage de l’attractivité scientifique. L’avantage comparatif le plus précieux de l’Amérique n’est pas son pétrole de schiste, ni sa puissance militaire, ni la beauté de ses paysages, ou encore moins sa gastronomie, mais sa capacité à attirer les meilleurs cerveaux du monde dans ses universités et ses laboratoires. L’effet de cluster qui y réside constitue l’attractivité principale pour ces derniers. En vous installant aux États-Unis, vous avez la certitude de côtoyer les meilleurs de votre discipline et de progresser de manière exponentielle à leurs côtés. C’est cela qui a façonné les plus grandes réussites américaines récentes, de la création de la Silicon Valley à l’émergence de l’IA générative, en passant par l’avance prise en matière de biotechnologies.

Là encore, l’administration Trump a décidé qu’il était temps d’en finir avec ce moteur de l’économie américaine, en s’attaquant aux visas distribués aux étudiants et chercheurs étrangers, à la grande colère d’Elon Musk. En 2025, les inscriptions dans les universités américaines provenant de ces étudiants ont chuté de 17 % (après avoir diminué de 7 % en 2024). En parallèle, 6 000 visas de ce type ont été révoqués et l’administration a instauré un plafond de quatre ans pour ceux qui restent, rendant quasi impossible la poursuite de leurs travaux jusqu’au doctorat, venant ainsi fragiliser durablement le mécanisme de recherche fondamentale dans les prochaines années. Une aubaine pour le Canada, l’Australie et l’Europe qui accueilleront à bras plus qu’ouverts les futurs cerveaux qui penseront et développeront les technologies de rupture à venir, dans la conduite autonome, les NGT, le quantique, la fusion nucléaire, le spatial et l’IA générative.

Et les travailleurs qualifiés ne sont pas en reste. L’administration Trump a ainsi décidé de taxer les visas H-1B permettant de les faire venir en Amérique, à hauteur de 100 000 dollars. Une décision fascinante d’ironie. Alors que la croissance américaine dépend de manière vitale du secteur de la tech, celui-ci est perfusé aux deux tiers par l’apport de ces intelligences externes au pays, auxquelles il a été signifié qu’elles ne sont plus les bienvenues. Donald Trump ne se contente plus de scier des branches, il incendie toute la forêt.

Une seule question nous anime : pourquoi ? La réponse n’est ni géopolitique, ni idéologique, ni fantaisiste (même si la thèse de l’agent double ou d’une victime d’un kompromat prend de l’épaisseur), elle est simplement électoraliste, au sens le plus étroit du terme. Pour plaire à son cœur électoral, les ouvriers de la Rust Belt, cette ceinture industrielle du Midwest ayant vu ses usines fermer les unes après les autres et leurs emplois disparaître, Donald Trump est prêt à sacrifier tous les fondamentaux américains préparant la croissance de demain. Il promet ainsi le retour des manufactures sur le sol américain en misant sur le fait que les droits de douane pousseront les entreprises à y localiser leur production pour y échapper, mais aussi la protection contre l’immigration illégale par la restriction de l’attribution de visas et la préférence nationale par le repli commercial.

On pourrait objecter que la réindustrialisation a un coût à court terme et un gain à long terme. Sauf que les chiffres disent l’inverse. Les ouvriers n’ont pas plus de travail, la production manufacturière n’a progressé que de 1,4 % sur un an et le taux d’utilisation des capacités de production stagne à 76,3 %, soit 3,1 points en dessous de la moyenne des années allant de 1976 à 2025. Les droits de douane ne recréent pas un tissu industriel, ils renchérissent les importations des entreprises qui fabriquent encore. La restriction des visas ne protège pas l’emploi ouvrier, elle assèche le vivier d’ingénieurs qui conçoivent les produits de demain.

Ce que fait Donald Trump, c’est sacrifier les avantages comparatifs de son pays, les revenus de la décennie suivante pour financer l’illusion du mandat en cours. C’est un peu comme si un bellâtre venant de toucher un gros héritage décidait de tout dépenser en une nuit pour séduire une conquête éphémère plutôt que d’épargner et de préparer son avenir. La Rust Belt n’aura pas ses usines et l’Amérique aura perdu ses chercheurs, affaibli sa monnaie et alourdi sa dette. Et quand la facture arrivera, ce sont ces mêmes électeurs, ceux aux moindres ressources, qui la paieront le plus cher.

Nous pouvons néanmoins remercier Trump à deux titres. Parce qu’il offre aux enseignants en économie un cas d’école parfait de tout ce qu’il ne faut pas faire à la tête d’un pays, un manuel grandeur nature qui sera étudié pendant des années dans les amphithéâtres. Et parce qu’il permet à la France et à l’Europe, malgré leurs faiblesses, de reprendre une place de choix dans le grand bal des nations, nous offrant la possibilité d’attirer des talents développant les innovations qui assureront notre prospérité économique.

L’histoire aime se répéter. En 1930, le Smoot-Hawley Tariff Act releva massivement les droits de douane américains, provoquant des représailles en cascade et aggravant la Grande Dépression. Près d’un siècle plus tard, les mêmes réflexes produisent les mêmes effets, à une échelle décuplée par la dette et l’interconnexion financière mondiale.

Les États-Unis restent pour le moment la première puissance économique du monde. Mais même Usain Bolt ne peut courir un 100 mètres sur une seule jambe. Une grande nation peut survivre aux crises extérieures. Elle survit rarement aux blessures qu’elle s’inflige elle-même.

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