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☕️ Produits dangereux ou illicites : Temu condamné à 200 millions d’euros



Temu a enfreint le règlement européen sur les services numériques : en conséquence, la plateforme chinoise écope d’une amende de 200 millions d’euros. Et la douloureuse pourrait être encore plus salée.

Bruxelles inflige une amende de 200 millions d’euros à Temu, qui n’a pas su correctement évaluer les risques liés à la vente de produits illégaux ou dangereux. La Commission estime aussi que les consommateurs européens ont « très probablement » été exposés à ces produits. « Les évaluations des risques ne sont pas de simples exercices administratifs à cocher sur une liste : elles constituent l’épine dorsale du DSA », rappelle Henna Virkkunen, vice-présidente en charge de la Souveraineté technologique.

Illustration : Flock

Le règlement européen impose aux très grandes plateformes d’analyser les risques systémiques liés à leurs services, de documenter ces risques et de mettre en place des mesures adaptées pour réduire ces risques. L’évaluation effectuée par Temu en 2024 a échoué sur plusieurs points importants, d’après l’enquête du régulateur. Elle reposait en effet sur des informations générales du secteur du commerce en ligne, pas sur des données spécifiques à Temu.

La plateforme aurait aussi fortement sous-estimé la fréquence à laquelle les utilisateurs européens tombent sur des produits illégaux. Enfin, Temu n’aurait pas suffisamment étudié l’impact de ses algorithmes de recommandation sur la distribution de ses produits. Bruxelles évoque également un exercice de « shopping mystère » ayant démontré la défaillance aux contrôles de sécurité basiques de chargeurs. Plusieurs jouets pour bébés contenaient des substances chimiques interdites ou qui présentaient des risques d’étouffement.

L’enquête avait été initiée suite à un signalement du BEUC, le bureau européen des unions de consommateurs. Rapidement, la Commission avait élargi ses investigations à Shein.

La sanction européenne est significative, mais ce n’est finalement qu’un symbole sachant que le DSA permet, en théorie, des amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial annuel. La Commission veut surtout mettre la pression sur Temu, en lui demandant de fournir, d’ici au 28 août, un plan d’action détaillé pour remédier aux graves problèmes relevés par l’enquête. La plateforme devra expliquer comment elle compte mieux évaluer les risques, les mesures mises en place, et la manière dont elle réduira l’exposition des consommateurs européens à ces produits illégaux ou dangereux.

Des pénalités financières supplémentaires pourraient être imposées à Temu en cas de manquement répété à ses obligations. Dans une déclaration, l’entreprise affirme respecter les objectifs du DSA « ainsi que la nécessité de règles claires et cohérentes pour l’économie numérique ». Elle conteste la décision de la Commission européenne, qui « concerne notre première évaluation au titre du DSA en 2024 et ne reflète pas l’état actuel de nos systèmes ». Elle affirme que, depuis, des mesures supplémentaires ont été mises en œuvre.

Ce dossier touche à un point sensible depuis plusieurs mois : l’arrivée massive sur le sol européen de produits bon marché expédiés directement depuis la Chine.

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☕️ Produits dangereux ou illicites : Temu condamné à 200 millions d’euros



Temu a enfreint le règlement européen sur les services numériques : en conséquence, la plateforme chinoise écope d’une amende de 200 millions d’euros. Et la douloureuse pourrait être encore plus salée.

Bruxelles inflige une amende de 200 millions d’euros à Temu, qui n’a pas su correctement évaluer les risques liés à la vente de produits illégaux ou dangereux. La Commission estime aussi que les consommateurs européens ont « très probablement » été exposés à ces produits. « Les évaluations des risques ne sont pas de simples exercices administratifs à cocher sur une liste : elles constituent l’épine dorsale du DSA », rappelle Henna Virkkunen, vice-présidente en charge de la Souveraineté technologique.

Illustration : Flock

Le règlement européen impose aux très grandes plateformes d’analyser les risques systémiques liés à leurs services, de documenter ces risques et de mettre en place des mesures adaptées pour réduire ces risques. L’évaluation effectuée par Temu en 2024 a échoué sur plusieurs points importants, d’après l’enquête du régulateur. Elle reposait en effet sur des informations générales du secteur du commerce en ligne, pas sur des données spécifiques à Temu.

La plateforme aurait aussi fortement sous-estimé la fréquence à laquelle les utilisateurs européens tombent sur des produits illégaux. Enfin, Temu n’aurait pas suffisamment étudié l’impact de ses algorithmes de recommandation sur la distribution de ses produits. Bruxelles évoque également un exercice de « shopping mystère » ayant démontré la défaillance aux contrôles de sécurité basiques de chargeurs. Plusieurs jouets pour bébés contenaient des substances chimiques interdites ou qui présentaient des risques d’étouffement.

L’enquête avait été initiée suite à un signalement du BEUC, le bureau européen des unions de consommateurs. Rapidement, la Commission avait élargi ses investigations à Shein.

La sanction européenne est significative, mais ce n’est finalement qu’un symbole sachant que le DSA permet, en théorie, des amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial annuel. La Commission veut surtout mettre la pression sur Temu, en lui demandant de fournir, d’ici au 28 août, un plan d’action détaillé pour remédier aux graves problèmes relevés par l’enquête. La plateforme devra expliquer comment elle compte mieux évaluer les risques, les mesures mises en place, et la manière dont elle réduira l’exposition des consommateurs européens à ces produits illégaux ou dangereux.

Des pénalités financières supplémentaires pourraient être imposées à Temu en cas de manquement répété à ses obligations. Dans une déclaration, l’entreprise affirme respecter les objectifs du DSA « ainsi que la nécessité de règles claires et cohérentes pour l’économie numérique ». Elle conteste la décision de la Commission européenne, qui « concerne notre première évaluation au titre du DSA en 2024 et ne reflète pas l’état actuel de nos systèmes ». Elle affirme que, depuis, des mesures supplémentaires ont été mises en œuvre.

Ce dossier touche à un point sensible depuis plusieurs mois : l’arrivée massive sur le sol européen de produits bon marché expédiés directement depuis la Chine.

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« Bad Host » : comment un outil méconnu a exposé des millions d’agents IA à des accès non autorisés

Une faille dans Starlette, un framework Python que la plupart des développeurs n'ont jamais installé consciemment, a exposé des millions de serveurs d'agents IA à des accès non autorisés. Des boîtes mail, des bases de données médicales et des équipements industriels étaient accessibles sans mot de passe.

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Cryptojacking : comment des hackers volent la puissance de vos cartes graphiques en passant par Google et des chatbots IA

Dans un article de blog publié le 26 mai 2026, des chercheurs de Microsoft ont mis au jour une campagne malveillante d'un genre nouveau : des pirates détournent les résultats de recherche, et désormais les réponses des chatbots IA, pour infecter les PC puissants et exploiter leurs cartes graphiques à des fins de minage de cryptomonnaies.

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Avec son contrôle sur l’information, la Chine biaise les chatbots dans sa langue

Biaisés par la Chine
Avec son contrôle sur l’information, la Chine biaise les chatbots dans sa langue

La propagande chinoise influence le milieu de l’IA non seulement via les modèles que ses entreprises créent mais aussi via les données d’entrainement des autres modèles comme Claude Opus 4.7, gemini-3.1-pro ou GPT-5.5 sortis en 2026. Une étude montre qu’ils utilisent massivement la propagande chinoise comme données d’entrainement, et recrachent sans problème les mensonges du régime lorsqu’ils sont interrogés en chinois.

Quand est arrivé le modèle Deepseek R1 l’année dernière, on imaginait bien que les résultats de ce modèle seraient influencés par le gouvernement autoritaire chinois qui a le contrôle sur les paysages de la tech de son pays. Ainsi, on a pu rapidement constater une censure concernant les sujets sur Taïwan, la répression de la place de Tian’Anmen en 1989 ou sur Xi Jinping.

Mais qu’en est-il de l’influence de Pékin sur d’autres modèles qui ne sont pas créés par des entreprises dépendantes du pouvoir chinois ? Dans une étude publiée récemment dans la revue scientifique Nature, des chercheuses et chercheurs de plusieurs universités américaines montrent que l’État chinois a une influence importante de façon indirecte sur les résultats de modèles n’étant pas contrôlés par la Chine. L’étude est aussi accessible sur un site hébergé sur GitHub.

Ainsi, des modèles comme Claude Opus 4.7, gemini-3.1-pro ou GPT-5.5 sortis cette année sont toujours influencés sur les questions concernant la Chine quand ils sont utilisés avec des langues chinoises. Ils montrent même que l’influence de l’État chinois est croissante. Les auteurs ont découpé leurs travaux en six parties.

La propagande comme données d’entrainement

D’abord, dans une première étude, ils ont montré que les textes rédigés par le département de la propagande de la Chine apparaissent très fréquemment dans les ensembles de données multilingues courants utilisés pour entrainer les modèles.

Ils ont notamment étudié CulturaX, un sous-ensemble « nettoyé, immense et public » de Common Crawl destiné à « démocratiser les grands modèles de langage pour 167 langues ». « Par rapport à la moyenne générale, un pourcentage remarquablement élevé (3,28 à 23,98 %) des données d’entraînement mentionnant des dirigeants et des institutions politiques correspond à des textes manipulés par l’État », expliquent-ils concernant les documents en chinois contenus dans CulturaX.

Les modèles les plus récents régurgitent le plus la propagande chinoise

Ensuite, ils ont montré que les modèles commerciaux régurgitent des phrases venant de la propagande chinoise, ce qui montre qu’ils ont été entraînés dessus. En parallèle, ils ont vérifié qu’entrainer un modèle sur la propagande augmentait les réponses pro-autoritarisme, ce qu’on pouvait imaginer.

« Les modèles les plus récents et les plus puissants affichent des taux de mémorisation plus élevés », commentent les chercheurs. Ainsi, claude-opus-4.6, gpt-5.5 et claude-opus-4.7 régurgitent le plus de propagandes chinoises, même deepseek-v3.2 et deepseek-v4-pro sont battus :

Si les données d’entrainement des modèles semblent intégrer massivement de la propagande chinoise, quelle en est la conséquence sur les résultats ? Sans surprise, tous les modèles sont influencés. Évalués de façon automatique via un LLM, ils répondent tous davantage en adéquation avec la propagande chinoise quand ils sont interrogés en chinois qu’en anglais. Et encore une fois, c’est d’autant plus vrai que le modèle est récent : claude-opus-4.6, gpt-5.4, gpt-5.5, gemini-3.1-pro et claude-opus-4.7 sont particulièrement influencés.

Notons que les chercheurs mesurent ici un ratio entre l’alignement en chinois et en anglais avec la propagande chinoise. DeepSeek V4 Pro reprenant cette propagande aussi en anglais, son ratio est plus bas que les autres, mais ça ne veut pas dire qu’il relaie moins la propagande du régime en chinois.

Ils ont répliqué ce test sur des prompts d’utilisateurs réels faisant référence à Xi Jinping ou au Parti Communiste chinois issus du sous-ensemble en chinois de l’ensemble de données WildChat (un dataset sur l’utilisation de ChatGPT), de Baidu Zhidao Q&A (l’équivalent chinois de Yahoo Answers) et de Zhihu (l’équivalent chinois de Quora). «Tous les modèles commerciaux ont montré une opinion plus favorable à l’égard des dirigeants et des institutions chinois lorsque les questions étaient posées en chinois plutôt qu’en anglais », expliquent-ils.

La liberté de la presse d’autant plus importante

Enfin, dans leur étude, ils ont élargi le focus pour étudier une éventuelle généralisation à d’autres pays autoritaires. « Dans les 37 pays où une langue est dominante, les LLM alimentés par des requêtes dans la langue cible principalement utilisée dans le pays concerné produisent des réponses plus favorables au régime lorsque la liberté de la presse est faible. Les pays situés en haut du classement de la liberté de la presse ne présentent guère de différence par rapport à la référence en anglais, et dans certains cas, on observe même une légère corrélation négative, ce qui suggère que ce phénomène dépasse le cas de la Chine », expliquent-ils.

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Avec son contrôle sur l’information, la Chine biaise les chatbots dans sa langue

Biaisés par la Chine
Avec son contrôle sur l’information, la Chine biaise les chatbots dans sa langue

La propagande chinoise influence le milieu de l’IA non seulement via les modèles que ses entreprises créent mais aussi via les données d’entrainement des autres modèles comme Claude Opus 4.7, gemini-3.1-pro ou GPT-5.5 sortis en 2026. Une étude montre qu’ils utilisent massivement la propagande chinoise comme données d’entrainement, et recrachent sans problème les mensonges du régime lorsqu’ils sont interrogés en chinois.

Quand est arrivé le modèle Deepseek R1 l’année dernière, on imaginait bien que les résultats de ce modèle seraient influencés par le gouvernement autoritaire chinois qui a le contrôle sur les paysages de la tech de son pays. Ainsi, on a pu rapidement constater une censure concernant les sujets sur Taïwan, la répression de la place de Tian’Anmen en 1989 ou sur Xi Jinping.

Mais qu’en est-il de l’influence de Pékin sur d’autres modèles qui ne sont pas créés par des entreprises dépendantes du pouvoir chinois ? Dans une étude publiée récemment dans la revue scientifique Nature, des chercheuses et chercheurs de plusieurs universités américaines montrent que l’État chinois a une influence importante de façon indirecte sur les résultats de modèles n’étant pas contrôlés par la Chine. L’étude est aussi accessible sur un site hébergé sur GitHub.

Ainsi, des modèles comme Claude Opus 4.7, gemini-3.1-pro ou GPT-5.5 sortis cette année sont toujours influencés sur les questions concernant la Chine quand ils sont utilisés avec des langues chinoises. Ils montrent même que l’influence de l’État chinois est croissante. Les auteurs ont découpé leurs travaux en six parties.

La propagande comme données d’entrainement

D’abord, dans une première étude, ils ont montré que les textes rédigés par le département de la propagande de la Chine apparaissent très fréquemment dans les ensembles de données multilingues courants utilisés pour entrainer les modèles.

Ils ont notamment étudié CulturaX, un sous-ensemble « nettoyé, immense et public » de Common Crawl destiné à « démocratiser les grands modèles de langage pour 167 langues ». « Par rapport à la moyenne générale, un pourcentage remarquablement élevé (3,28 à 23,98 %) des données d’entraînement mentionnant des dirigeants et des institutions politiques correspond à des textes manipulés par l’État », expliquent-ils concernant les documents en chinois contenus dans CulturaX.

Les modèles les plus récents régurgitent le plus la propagande chinoise

Ensuite, ils ont montré que les modèles commerciaux régurgitent des phrases venant de la propagande chinoise, ce qui montre qu’ils ont été entraînés dessus. En parallèle, ils ont vérifié qu’entrainer un modèle sur la propagande augmentait les réponses pro-autoritarisme, ce qu’on pouvait imaginer.

« Les modèles les plus récents et les plus puissants affichent des taux de mémorisation plus élevés », commentent les chercheurs. Ainsi, claude-opus-4.6, gpt-5.5 et claude-opus-4.7 régurgitent le plus de propagandes chinoises, même deepseek-v3.2 et deepseek-v4-pro sont battus :

Si les données d’entrainement des modèles semblent intégrer massivement de la propagande chinoise, quelle en est la conséquence sur les résultats ? Sans surprise, tous les modèles sont influencés. Évalués de façon automatique via un LLM, ils répondent tous davantage en adéquation avec la propagande chinoise quand ils sont interrogés en chinois qu’en anglais. Et encore une fois, c’est d’autant plus vrai que le modèle est récent : claude-opus-4.6, gpt-5.4, gpt-5.5, gemini-3.1-pro et claude-opus-4.7 sont particulièrement influencés.

Notons que les chercheurs mesurent ici un ratio entre l’alignement en chinois et en anglais avec la propagande chinoise. DeepSeek V4 Pro reprenant cette propagande aussi en anglais, son ratio est plus bas que les autres, mais ça ne veut pas dire qu’il relaie moins la propagande du régime en chinois.

Ils ont répliqué ce test sur des prompts d’utilisateurs réels faisant référence à Xi Jinping ou au Parti Communiste chinois issus du sous-ensemble en chinois de l’ensemble de données WildChat (un dataset sur l’utilisation de ChatGPT), de Baidu Zhidao Q&A (l’équivalent chinois de Yahoo Answers) et de Zhihu (l’équivalent chinois de Quora). «Tous les modèles commerciaux ont montré une opinion plus favorable à l’égard des dirigeants et des institutions chinois lorsque les questions étaient posées en chinois plutôt qu’en anglais », expliquent-ils.

La liberté de la presse d’autant plus importante

Enfin, dans leur étude, ils ont élargi le focus pour étudier une éventuelle généralisation à d’autres pays autoritaires. « Dans les 37 pays où une langue est dominante, les LLM alimentés par des requêtes dans la langue cible principalement utilisée dans le pays concerné produisent des réponses plus favorables au régime lorsque la liberté de la presse est faible. Les pays situés en haut du classement de la liberté de la presse ne présentent guère de différence par rapport à la référence en anglais, et dans certains cas, on observe même une légère corrélation négative, ce qui suggère que ce phénomène dépasse le cas de la Chine », expliquent-ils.

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Health Data Hub : deux outils pour anticiper l’espace européen des données de santé

En espérant que ça ne les rend pas encore plus accessibles aux pirates
Health Data Hub : deux outils pour anticiper l’espace européen des données de santé

Dans le cadre de l’espace européen des données de santé, le Health data hub français vient de lancer deux outils concernant l’accès à ce genre de données : un répertoire qui permet de connaître les projets de recherche qui utilisent telle base de données et un catalogue qui donne des informations plus techniques pour y accéder.

La Plateforme des données de santé française (PDS ou en anglais HDH pour Health data hub) met en place des outils pour anticiper les futures exigences du règlement relatif à l’Espace européen des données de santé (EEDS) qui doit permettre de donner de la visibilité, de la lisibilité et de la transparence sur les données de santé disponibles en France et sur leur réutilisation.

Un appel d’offres européen de 24 millions d’euros

De plus en plus de données de santé sont récupérées, que ce soit par les industriels ou les hôpitaux, pour faire avancer la recherche. Depuis 2022, l’Europe bâtit petit à petit son projet d’Espace européen des données de santé qu’elle a formellement validé en février 2025 dans un règlement. « L’EEDS sera un élément clé de la création d’une Union de la santé européenne forte et résiliente », assurait ce texte. Si celui-ci « devrait être applicable à compter du 26 mars 2027 », plusieurs dispositions s’appliqueront à partir de 2029. En avril, la Commission a lancé un appel d’offres de 24 millions d’euros « pour soutenir les droits des citoyens et la réutilisation des données de santé dans le cadre de l’EEDS ».

Dans ce cadre, la Plateforme des données de santé française annonce prendre les devants en rendant disponible un répertoire national des bases de données de santé. Comme elle l’indique, le référencement dans ce répertoire national « s’inscrit dans une dynamique qui deviendra pleinement obligatoire à horizon 2029 ».

Un répertoire pour informer le plus grand nombre

Ce répertoire recense les bases de données autorisées par la CNIL et visées par ce règlement. Il est utile pour n’importe quelle personne qui voudrait se renseigner sur un projet de base de données de recherche, mais il permet aussi d’informer plus spécifiquement les personnes dont les données ont été collectées sur leurs utilisations et sur la procédure pour exercer ses droits d’accès, de rectification, d’opposition, d’effacement et de limitation. Elle permet aussi à des porteurs de projets de s’informer sur les coûts de redevance pour accéder à une base.

Par exemple, on peut connaître tous les détails concernant la Banque Nationale de Données Maladies Rares. Comme la plupart des bases de données répertoriées, celle-ci est disponible via l’entrepôt de la PDS, puisque celui-ci doit théoriquement servir de guichet unique. Mais ce n’est pas ce répertoire qui permet d’y accéder directement. Celui-ci permet de valoriser et rendre disponibles les données des projets « à l’échelle nationale et, demain, à l’échelle européenne ». Un formulaire hébergé sur demarche.numerique.gouv.fr permet de référencer son projet.

Un catalogue pour aller plus dans les détails

L’autre outil proposé par la PDS est un catalogue de meta-données. Celui-ci, ciblant plus les porteurs de projets (chercheurs, industriels, acteurs de santé,…), permet de rentrer plus en détail sur le projet et les données stockées dans la base. Ainsi, en reprenant l’exemple de la Banque Nationale de Données Maladies Rares, on peut connaitre l’objectif initial de la base, sa couverture géographique, etc… mais aussi les caractéristiques complètes de la base comme le nombre d’individus uniques qu’elle concerne ou même la structure des données :

Ainsi, le catalogue doit permettre à un porteur de projet de gagner du temps pour évaluer si une base de données peut lui être utile. Il facilite aussi l’identification et la réutilisation des bases françaises, qu’il documente selon le standard Health DCAT-AP.

Pour intégrer ce catalogue, la PDS propose un formulaire en ligne pour générer un fichier de métadonnées et un kit documentaire. Le code du catalogue est disponible en « marque blanche » pour permettre à d’autres organismes de déployer le leur en étant compatible avec l’Espace européen des données de santé.

La PDS permet, « en une seule saisie, un double référencement » dans ces deux nouveaux outils.

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Health Data Hub : deux outils pour anticiper l’espace européen des données de santé

En espérant que ça ne les rend pas encore plus accessibles aux pirates
Health Data Hub : deux outils pour anticiper l’espace européen des données de santé

Dans le cadre de l’espace européen des données de santé, le Health data hub français vient de lancer deux outils concernant l’accès à ce genre de données : un répertoire qui permet de connaître les projets de recherche qui utilisent telle base de données et un catalogue qui donne des informations plus techniques pour y accéder.

La Plateforme des données de santé française (PDS ou en anglais HDH pour Health data hub) met en place des outils pour anticiper les futures exigences du règlement relatif à l’Espace européen des données de santé (EEDS) qui doit permettre de donner de la visibilité, de la lisibilité et de la transparence sur les données de santé disponibles en France et sur leur réutilisation.

Un appel d’offres européen de 24 millions d’euros

De plus en plus de données de santé sont récupérées, que ce soit par les industriels ou les hôpitaux, pour faire avancer la recherche. Depuis 2022, l’Europe bâtit petit à petit son projet d’Espace européen des données de santé qu’elle a formellement validé en février 2025 dans un règlement. « L’EEDS sera un élément clé de la création d’une Union de la santé européenne forte et résiliente », assurait ce texte. Si celui-ci « devrait être applicable à compter du 26 mars 2027 », plusieurs dispositions s’appliqueront à partir de 2029. En avril, la Commission a lancé un appel d’offres de 24 millions d’euros « pour soutenir les droits des citoyens et la réutilisation des données de santé dans le cadre de l’EEDS ».

Dans ce cadre, la Plateforme des données de santé française annonce prendre les devants en rendant disponible un répertoire national des bases de données de santé. Comme elle l’indique, le référencement dans ce répertoire national « s’inscrit dans une dynamique qui deviendra pleinement obligatoire à horizon 2029 ».

Un répertoire pour informer le plus grand nombre

Ce répertoire recense les bases de données autorisées par la CNIL et visées par ce règlement. Il est utile pour n’importe quelle personne qui voudrait se renseigner sur un projet de base de données de recherche, mais il permet aussi d’informer plus spécifiquement les personnes dont les données ont été collectées sur leurs utilisations et sur la procédure pour exercer ses droits d’accès, de rectification, d’opposition, d’effacement et de limitation. Elle permet aussi à des porteurs de projets de s’informer sur les coûts de redevance pour accéder à une base.

Par exemple, on peut connaître tous les détails concernant la Banque Nationale de Données Maladies Rares. Comme la plupart des bases de données répertoriées, celle-ci est disponible via l’entrepôt de la PDS, puisque celui-ci doit théoriquement servir de guichet unique. Mais ce n’est pas ce répertoire qui permet d’y accéder directement. Celui-ci permet de valoriser et rendre disponibles les données des projets « à l’échelle nationale et, demain, à l’échelle européenne ». Un formulaire hébergé sur demarche.numerique.gouv.fr permet de référencer son projet.

Un catalogue pour aller plus dans les détails

L’autre outil proposé par la PDS est un catalogue de meta-données. Celui-ci, ciblant plus les porteurs de projets (chercheurs, industriels, acteurs de santé,…), permet de rentrer plus en détail sur le projet et les données stockées dans la base. Ainsi, en reprenant l’exemple de la Banque Nationale de Données Maladies Rares, on peut connaitre l’objectif initial de la base, sa couverture géographique, etc… mais aussi les caractéristiques complètes de la base comme le nombre d’individus uniques qu’elle concerne ou même la structure des données :

Ainsi, le catalogue doit permettre à un porteur de projet de gagner du temps pour évaluer si une base de données peut lui être utile. Il facilite aussi l’identification et la réutilisation des bases françaises, qu’il documente selon le standard Health DCAT-AP.

Pour intégrer ce catalogue, la PDS propose un formulaire en ligne pour générer un fichier de métadonnées et un kit documentaire. Le code du catalogue est disponible en « marque blanche » pour permettre à d’autres organismes de déployer le leur en étant compatible avec l’Espace européen des données de santé.

La PDS permet, « en une seule saisie, un double référencement » dans ces deux nouveaux outils.

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Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

Qu'entendez-vous par extrêmisme ?
Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

Aux niveaux local et fédéral des États-Unis, différents services de renseignement et de maintien de l’ordre surveillent de plus en plus les mouvements d’opposition à l’intelligence artificielle ou à l’édification de certains centres de données. Un service évoque même la possibilité d’un « extrémisme anti-technologie », aux caractéristiques floues.

À force d’inquiétude généralisée envers les effets de l’intelligence artificielle (IA) sur les emplois, de manifestations contre des centres de données et d’attaques contre le domicile de Sam Altman, les forces de l’ordre états-uniennes discutent d’un nouveau risque : l’extrémisme anti-technologie. C’est du moins l’image qu’un rapport non publié du ministère de la Sécurité intérieure local, obtenu par Wired, dessine.

L’arrestation en février 2025 de Ziz Laota, accusée d’avoir mené un groupe à la manière d’une secte, pourrait accréditer la thèse de l’existence d’un tel extrémiste. Surnommés les « Zizians » dans les médias états-uniens, ce groupe d’ingénieurs obsédés par les risques existentiels de l’IA est en effet suspecté d’avoir causé au moins six morts.

En l’état, cela dit, le concept d’« extrémisme anti-tech » est proposé avec une définition si vague que certains experts craignent une instrumentalisation. Les mouvements d’opposition au déploiement de l’IA ou à l’expansion de son infrastructure se multiplient à travers les États-Unis, alors que certains sondages estiment à 71 % la part des Américains opposés à la construction de nouveaux centres de données. Mais le gouvernement Trump s’est fait l’ardent promoteur de cette industrie.

Des catégories floues

De fait, cette nouvelle catégorie d’extrémisme surveillée par le FBI et les services antiterroristes états-uniens apparaît quelques mois seulement après que Donald Trump a déclaré que l’antifascisme était une forme de terrorisme, et ordonné au ministère de la Justice de réprimer les personnes démontrant des opinions « anti-américaine », « anti-chrétienne » et « anti-capitaliste ».

Alors que la stratégie antiterroriste publiée mi-mai (.pdf) par son administration place l’extrémisme d’extrême-gauche parmi les trois priorités antiterroristes du pays, des documents de travail du Bureau new-yorkais du renseignement et de la lutte contre le terrorisme introduisent ce fameux concept d’« extrémisme violent anti-tech » sans le définir précisément. Si l’expression n’apparaît pas pour le moment dans les documents émis par le FBI ou le ministère de la Sécurité intérieure, ces fichiers trahissent une attention accrue portée aux mouvements critiques de l’industrie de l’IA à travers le pays.

Le rapport de la police new-yorkaise fait notamment suite à un travail conjoint mené avec le FBI dans le cadre d’une enquête sur des « acteurs anarchistes extrémistes violents ». Ailleurs, à travers les États-Unis, les centres dédiés à faire le lien entre agences de renseignement fédérales et forces de l’ordre locales collectent quant à eux de l’information sur les mouvements qui s’inquiètent de l’avancée de l’IA, ou sur des menaces présumées contre des centres de données.

En Virginie du Nord, l’un de ces centres catégorise comme démonstration de risque de violence des comportements vagues. Dans son rapport, Wired relève que des activités comme des « menaces exprimées ou implicites », « l’observation ou la surveillance », la « photographie », le « test des dispositifs de sécurité » et les « tentatives d’intrusion » sont toutes citées comme de potentielles démonstrations d’extrêmisme.

En mars, un autre de leurs rapports démontrait une surveillance accrue de manifestations protégées par la Constitution des États-Unis. Ainsi de rassemblements anti-Tesla, ou d’une manifestation titrée « Break Up with Red Rager » organisée par un groupe d’activistes visant à stopper les investissements dans le fabricant d’arme israélien Elbit.

Inévitabilité de l’IA contre mobilisations citoyennes

Conseiller juridique du Fonds de défense juridique de la NAACP, une organisation de défense des droits civiques, Spencer Reynolds estime auprès du magazine que ce type de « rapport d’activités suspectes sont incroyablement peu fiables : ils concernent souvent des comportements vagues ou innocents et sont établis selon des critères très laxistes », avec le risque de laisser les agents « y projeter leurs propres préjugés ». Le FBI, lui, déclare simplement enquêter sur les personnes qui « commettent ou ont l’intention de commettre des actes de violence » ou « représentent une menace pour la sécurité nationale ».

En 2023, le capital-risqueur et cofondateur du fonds Andreessen Horowitz Marc Andreessen tenait un discours qui peut désormais se lire comme annonciateur de la tendance visible au sein des forces de l’ordre états-uniennes. « Toute décélération de l’IA coûterait des vies », affirmait-il dans son « manifeste techno-optimiste ». Depuis, nombreux sont les dirigeants de sociétés constructrices ou financeuses du développement de l’IA qui décrivent son déploiement dans tous les pans de la société comme inévitable.

Pour autant, comme le démontre un récent travail mené par la journaliste et autrice de l’essai Empire Of AI Karen Hao, la résistance à cette lame de fond est déjà présente et active, partout sur le globe. Avec une équipe incluant notamment des membres du DAIR Institute, cofondé par l’ingénieure Timnit Gebru, la journaliste a constitué une liste d’exemples d’actions concrètes de résistance à l’IA. Ces dernières vont de l’adaptation des récits et de l’imagerie relative à l’IA jusqu’à son refus pur et simple, en passant par la construction de systèmes alternatifs. Or, aux États-Unis, elle s’incarne déjà jusque dans des manifestations bipartisanes contre certains centres de données.

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Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

Qu'entendez-vous par extrêmisme ?
Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

Aux niveaux local et fédéral des États-Unis, différents services de renseignement et de maintien de l’ordre surveillent de plus en plus les mouvements d’opposition à l’intelligence artificielle ou à l’édification de certains centres de données. Un service évoque même la possibilité d’un « extrémisme anti-technologie », aux caractéristiques floues.

À force d’inquiétude généralisée envers les effets de l’intelligence artificielle (IA) sur les emplois, de manifestations contre des centres de données et d’attaques contre le domicile de Sam Altman, les forces de l’ordre états-uniennes discutent d’un nouveau risque : l’extrémisme anti-technologie. C’est du moins l’image qu’un rapport non publié du ministère de la Sécurité intérieure local, obtenu par Wired, dessine.

L’arrestation en février 2025 de Ziz Laota, accusée d’avoir mené un groupe à la manière d’une secte, pourrait accréditer la thèse de l’existence d’un tel extrémiste. Surnommés les « Zizians » dans les médias états-uniens, ce groupe d’ingénieurs obsédés par les risques existentiels de l’IA est en effet suspecté d’avoir causé au moins six morts.

En l’état, cela dit, le concept d’« extrémisme anti-tech » est proposé avec une définition si vague que certains experts craignent une instrumentalisation. Les mouvements d’opposition au déploiement de l’IA ou à l’expansion de son infrastructure se multiplient à travers les États-Unis, alors que certains sondages estiment à 71 % la part des Américains opposés à la construction de nouveaux centres de données. Mais le gouvernement Trump s’est fait l’ardent promoteur de cette industrie.

Des catégories floues

De fait, cette nouvelle catégorie d’extrémisme surveillée par le FBI et les services antiterroristes états-uniens apparaît quelques mois seulement après que Donald Trump a déclaré que l’antifascisme était une forme de terrorisme, et ordonné au ministère de la Justice de réprimer les personnes démontrant des opinions « anti-américaine », « anti-chrétienne » et « anti-capitaliste ».

Alors que la stratégie antiterroriste publiée mi-mai (.pdf) par son administration place l’extrémisme d’extrême-gauche parmi les trois priorités antiterroristes du pays, des documents de travail du Bureau new-yorkais du renseignement et de la lutte contre le terrorisme introduisent ce fameux concept d’« extrémisme violent anti-tech » sans le définir précisément. Si l’expression n’apparaît pas pour le moment dans les documents émis par le FBI ou le ministère de la Sécurité intérieure, ces fichiers trahissent une attention accrue portée aux mouvements critiques de l’industrie de l’IA à travers le pays.

Le rapport de la police new-yorkaise fait notamment suite à un travail conjoint mené avec le FBI dans le cadre d’une enquête sur des « acteurs anarchistes extrémistes violents ». Ailleurs, à travers les États-Unis, les centres dédiés à faire le lien entre agences de renseignement fédérales et forces de l’ordre locales collectent quant à eux de l’information sur les mouvements qui s’inquiètent de l’avancée de l’IA, ou sur des menaces présumées contre des centres de données.

En Virginie du Nord, l’un de ces centres catégorise comme démonstration de risque de violence des comportements vagues. Dans son rapport, Wired relève que des activités comme des « menaces exprimées ou implicites », « l’observation ou la surveillance », la « photographie », le « test des dispositifs de sécurité » et les « tentatives d’intrusion » sont toutes citées comme de potentielles démonstrations d’extrêmisme.

En mars, un autre de leurs rapports démontrait une surveillance accrue de manifestations protégées par la Constitution des États-Unis. Ainsi de rassemblements anti-Tesla, ou d’une manifestation titrée « Break Up with Red Rager » organisée par un groupe d’activistes visant à stopper les investissements dans le fabricant d’arme israélien Elbit.

Inévitabilité de l’IA contre mobilisations citoyennes

Conseiller juridique du Fonds de défense juridique de la NAACP, une organisation de défense des droits civiques, Spencer Reynolds estime auprès du magazine que ce type de « rapport d’activités suspectes sont incroyablement peu fiables : ils concernent souvent des comportements vagues ou innocents et sont établis selon des critères très laxistes », avec le risque de laisser les agents « y projeter leurs propres préjugés ». Le FBI, lui, déclare simplement enquêter sur les personnes qui « commettent ou ont l’intention de commettre des actes de violence » ou « représentent une menace pour la sécurité nationale ».

En 2023, le capital-risqueur et cofondateur du fonds Andreessen Horowitz Marc Andreessen tenait un discours qui peut désormais se lire comme annonciateur de la tendance visible au sein des forces de l’ordre états-uniennes. « Toute décélération de l’IA coûterait des vies », affirmait-il dans son « manifeste techno-optimiste ». Depuis, nombreux sont les dirigeants de sociétés constructrices ou financeuses du développement de l’IA qui décrivent son déploiement dans tous les pans de la société comme inévitable.

Pour autant, comme le démontre un récent travail mené par la journaliste et autrice de l’essai Empire Of AI Karen Hao, la résistance à cette lame de fond est déjà présente et active, partout sur le globe. Avec une équipe incluant notamment des membres du DAIR Institute, cofondé par l’ingénieure Timnit Gebru, la journaliste a constitué une liste d’exemples d’actions concrètes de résistance à l’IA. Ces dernières vont de l’adaptation des récits et de l’imagerie relative à l’IA jusqu’à son refus pur et simple, en passant par la construction de systèmes alternatifs. Or, aux États-Unis, elle s’incarne déjà jusque dans des manifestations bipartisanes contre certains centres de données.

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Têtes de cochon, mosquées : les documents qui éclairent la « frappe cognitive » russe

Désinformation hybride
Têtes de cochon, mosquées : les documents qui éclairent la « frappe cognitive » russe

Préparatifs des dépôts de têtes de cochons devant des mosquées parisiennes, échanges entre une agence d’influence et l’administration russe… De nouveaux documents éclairent la manière qu’a la Russie de tenter de cliver les opinions occidentales.

Dix têtes de cochons sur lesquelles sont écrites, à la peinture bleue, « Macron ». À l’arrière de la table sont posés les pinceaux qui ont permis de réaliser cette mise en scène.

Des documents obtenus par les journalistes du média estonien Delfi et partagés avec l’Organized Crime and Corruption Reporting Project, Le Monde et d’autres médias permettent de mieux comprendre comment et pourquoi neuf mosquées et centre culturels islamiques parisiens ont été visés, en septembre 2025, par une attaque islamophobe. Au matin, chacune avait découvert devant sa porte les têtes de cochons ensanglantées et peintes.

La photo des préparatifs, elle, se trouve sur la première page d’un document détaillant concrètement les préparatifs de l’attaque, a priori à destination de ses commanditaires. Détaillant ce qu’ils qualifient de « frappes cognitives » contre l’Occident, ces fichiers émanent de plusieurs sociétés proches de l’Administration du président de Russie, en particulier de la Social Design Agency (SDA). Cette dernière s’est fait une spécialité des opérations d’ingérence et est déjà soumise à des sanctions des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Union européenne pour de précédentes campagnes d’influence.

Les documents comprennent aussi les captures d’écran d’un logiciel de messagerie utilisé conjointement par les équipes de la SDA et des représentants de l’administration russe. Enjeu affiché de ces opérations : « préserver [l’]image de superpuissance » de la Russie sur la scène internationale. « Plus la Russie mène de campagnes d’influence actives à travers le monde, plus l’image de la Russie en tant que puissance mondiale s’en trouve renforcée », indique l’un des textes.

Des projets abandonnés et d’autres effectivement menés en France

Si plusieurs pays occidentaux sont visés, la France a notamment subi depuis deux ans de multiples opérations qui mêlent ainsi le recours à des actions menées hors ligne par des hommes de main, pour ensuite alimenter le désordre dans le débat public. Outre l’opération « Tête de cochon », les documents récupérés citent notamment l’opération « Synagogues vertes », qui décrit les jets de peinture verte à l’encontre du Mémorial de la Shoah, d’un restaurant et de plusieurs synagogues parisiennes, fin 2025.

D’après Le Monde, la note indique clairement que « l’objectif de cette action était de discréditer les autorités françaises, jugées incapables d’endiguer la montée de l’antisémitisme islamiste à Paris ». Elle souligne que l’action a fait la une des journaux du monde entier.

Dans le lot des documents fuités, certains concernent des projets a priori abandonnés. L’un d’eux consistait à asperger de peinture la statue du Général de Gaulle située sur les Champs-Élysées, pour attaquer les positions pro-russes de son petit-fils Pierre de Gaulle. Un autre aurait constitué à lancer des poupées gonflables sur la Seine, « 20 blanches, 10 noires », après y avoir inscrit un slogan anti-immigrés. Ces divers projets semblent ne pas avoir dépassé l’étape de la réflexion.

Influenceurs pro-russes, vandalisme et interférences électorales

Leur nombre traduit néanmoins l’intérêt des agents d’influence pour ce type d’opérations dites « hybrides », qui recourent à une opération physique pour laisser le cycle de l’information et des réseaux sociaux prendre le relais.

Comme celle des « têtes de cochon », l’opération des étoiles bleues de David peintes dans Paris en octobre 2023 avait ainsi fait l’objet de vastes débats médiatiques dans les dix jours suivant leur découverte, avant que leur nature d’opération de propagande ne soit révélée. Les deux soulignent aussi la relative inefficacité des opérations d’ingérence orchestrées à partir de faux articles de presse, assez peu consultés par les internautes.

En mars, trois ressortissants Serbes ont été condamnés dans leur pays pour avoir déposé les neuf têtes de cochons devant les mosquées et autres lieux musulmans de région parisienne. Ils avaient été arrêtés aux côtés de huit autres personnes dans le cadre d’une enquête plus large sur des actes de vandalisme menés contre des mosquées et des synagogues. Ils agissaient « sur les instructions d’un service de renseignement étranger », indiquait à l’époque le ministère de l’intérieur serbe, et avaient commis des actes similaires sur le sol allemand – notamment en déposant des squelettes en plastique à la Porte de Brandebourg, proche du mémorial de l’Holocauste, à Berlin.

Outre les actions de vandalisme opérées en France et en Allemagne, les projets détaillés dans le jeu de documents concernent divers projets de promotion des intérêts pro-russes par la voix d’influenceurs de leaders d’opinion occidentaux, et l’interférence lors de campagnes électorales. Les élections parlementaires arméniennes, qui se tiendront le 7 juin, sont notamment dans le viseur. But affiché : freiner le tournant occidental du pays, notamment en recourant à un média orienté vers les électeurs russophones.

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☕️ LinkedIn va (enfin) limiter la portée des contenus générés par IA



Ces derniers mois, LinkedIn est à la fois devenu une « safe place » bien plus qualitative que X.com, avec des partages de contenus de grande qualité, mais également un réseau social pollué d’experts autoproclamés partageant leurs tutos consacrés à l’IA et à l’automatisation à tous ceux qui « likent » leurs billets, et répètent « prompt » ou tel ou tel mot-clef en commentaire.

Au point que Laura Lorenzetti, vice-présidente et rédactrice en chef de LinkedIn, y déplore la recrudescence de l’« AI slop » (du nom donné aux contenus bas de gamme générés par IA), « qui peuvent sembler soignés à première vue, mais qui manquent cruellement de perspective originale ou de substance ».

Dans un message intitulé « Garder des conversations authentiques sur LinkedIn », dont le premier paragraphe fait curieusement penser à un contenu généré par IA, elle déplore qu’ « à une époque où de plus en plus de personnes ont besoin d’aide pour s’y retrouver dans le monde du travail, il est plus important que jamais qu’elles puissent s’inspirer de témoignages concrets, de points de vue authentiques et d’une expertise issue de l’expérience vécue » :

« Lorsque l’IA est utilisée à outrance, en particulier à grande échelle et de manière automatisée, elle dilue les précieuses perspectives que peuvent susciter de véritables conversations humaines. Il n’y a aucun mal à recourir à l’IA pour vous aider à rédiger, mais vos publications et vos commentaires doivent refléter votre voix et vos points de vue. C’est l’être humain qui se cache derrière l’outil qui apporte la valeur ajoutée ultime. »

Pour y remédier, LinkedIn compte prendre des « mesures concrètes pour lutter contre les outils d’automatisation, réduire le contenu générique et renforcer l’authenticité ». Des « systèmes technologiques » ont été développés en collaboration avec son équipe éditoriale, dont les membres ont été formés à détecter les signes d’une « utilisation négligente de l’IA » et les contenus « qui semblent génériques ou répétitifs, même s’ils paraissent soignés à première vue ».

LinkedIn compte également lutter contre les commentaires créés et publiés en masse à l’aide d’outils d’automatisation, « avec peu ou pas d’intervention humaine », ainsi que les réponses qui se contentent de reprendre le message d’origine, sans valeur ajoutée.

« Lorsqu’un contenu semble avoir été généré par IA et manque de perspective claire », il aura « moins de chances d’être largement diffusé au-delà du réseau immédiat de la personne », précise Laura Lorenzetti, afin de contribuer à « préserver un espace pour des contributions plus réfléchies ».

Les premiers résultats seraient « encourageants » et auraient permis d’identifier « correctement » les contenus génériques dans 94 % des cas. Des membres leur auraient même fait savoir qu’ils voyaient déjà moins de publications de ce type dans leur fil d’actualité en provenance de l’extérieur de leur réseau, « ce qui devrait se confirmer au fil du temps ».

« Ces mises à jour visent à préserver la qualité de l’expérience sur LinkedIn afin que, lorsque vous vous engagez, vous interagissiez avec de vraies personnes qui expriment leur point de vue authentique », conclut la rédactrice en chef.

Nul doute que l’on risque cela dit de voir fleurir moult tutos expliquant comment « humaniser » ses contenus GenAI de sorte qu’ils ne soient pas détectés comme tels par LinkedIn.

Exemples de tutos visant à « humaniser » les contenus générés par IA – LinkedIn.com
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Portabase : un outil libre de sauvegarde et restauration pour bases de données

Portabase est un logiciel libre auto-hébergeable publié sous licence Apache 2.0, conçu pour automatiser la sauvegarde et la restauration de bases de données dans des scénarios de reprise après sinistre et de migration homogène (c’est-à-dire entre bases de données de même type).

Son architecture distribuée le rend particulièrement adapté à des environnements décentralisés, où les bases de données ne sont pas accessibles sur un même réseau. Il permet de piloter les sauvegardes depuis une interface unique, tout en laissant l’exécution effective aux agents déployés au plus près des bases de données.

Logo de Portabase

Sommaire

Un projet né d’un besoin opérationnel

Portabase a été créé il y a environ deux ans et demi pour répondre à un besoin interne : remplacer des scripts utilisés pour sauvegarder des bases PostgreSQL par une solution centralisée et facilement maintenable, évitant d’avoir à déployer un script avec une cron sur chaque serveur. N'ayant pas trouvé de logiciels libres répondant à ce besoin, nous avons investi pour créer cette solution et faire un premier pas dans la contribution au monde du libre, après avoir été de simples utilisateurs pendant de nombreuses années.

La construction d’une communauté autour du projet a réellement commencé depuis environ six mois, vers mi-décembre 2025, avec la publication d’une documentation plus détaillée, des articles sur Reddit et la création d’un serveur Discord.

Quelques statistiques à mi-mai 2026 :

  • environ 850 étoiles, 90 issues ouvertes et 5 contributeurs sur GitHub
  • plus de 10 000 pulls sur Docker Hub
  • environ 2 000 visites mensuelles sur la documentation.

Une architecture distribuée : un serveur central et des agents

Le serveur central fournit l’interface graphique et joue le rôle de control-plane : il permet de déclarer les agents, configurer les sauvegardes, lancer des restaurations et connecter des systèmes tiers (stockages, notifications). Il est construit avec Next.js en TypeScript.

L’agent est déployé au plus près des bases de données : il exécute les tâches de sauvegarde et de restauration. Initialement écrit en Python, il a été réécrit en Rust afin d’obtenir un composant plus léger, plus prévisible et plus robuste à l’exécution. Les garanties apportées par le compilateur Rust contribuent à réduire drastiquement les bugs avant même la mise en production.

Architecture système

Le choix architectural est important : le serveur central ne contacte jamais directement les agents. Il n’est donc pas nécessaire d’ouvrir des ports entrants vers les environnements où résident les bases de données. Ce sont les agents qui contactent périodiquement le serveur central. Cette approche réduit la surface d’exposition réseau et limite les conséquences d’une compromission du serveur central.

Bases de données prises en charge

Le projet a démarré avec PostgreSQL, puis s’est étendu rapidement à d’autres moteurs, d’abord dans l’écosystème SQL.

Portabase prend aujourd’hui en charge neuf bases de données : PostgreSQL, MySQL, MariaDB, MongoDB, SQLite, Redis, Valkey, Firebird et Microsoft SQL Server. La prise en charge Microsoft SQL Server est plus récente, puisqu’elle date d’environ une semaine au moment de la rédaction, et doit donc encore être considérée comme en phase de test.

Aperçu des fonctionnalités clés

Sauvegardes planifiées, déclenchement manuel et rétention

Portabase permet de planifier des sauvegardes selon des intervalles fixes ou à l’aide d’une syntaxe cron. Il reste également possible de déclencher une sauvegarde manuellement ce qui est utile avant une opération de maintenance, une mise à jour applicative, une migration ou toute intervention susceptible de modifier fortement l’état des données.

La gestion de la rétention repose sur trois politiques configurables :

  • count-based : conserve un nombre maximal de sauvegardes
  • time-based : conserve les sauvegardes pendant une durée maximale
  • GFS (Grandfather-Father-Son) : pour un plan plus élaboré, cf. ci-après.

Le GFS permet une granularité avec des sauvegardes journalières, hebdomadaires et mensuelles. L’objectif est de couvrir aussi bien les petites installations auto-hébergées que les besoins d’équipes qui doivent formaliser un plan de conservation.

Restauration et migration homogène

Sauvegarder est nécessaire, mais ce n’est pas suffisant ! L’objectif principal reste de pouvoir restaurer les données le moment venu, en écrasant les données existantes par celles contenues dans la sauvegarde sélectionnée.

Le cas de migration couvert est celui d’une migration homogène : même type de base de données, même version. Portabase permet ainsi de déplacer une base de données de manière contrôlée en passant par l’interface graphique, sans avoir à utiliser des commandes dans un terminal.

Attention : Portabase n’est pas un convertisseur de bases de données. Il ne sert pas à transformer une base PostgreSQL en base MySQL, ni une base MongoDB en base MariaDB.

Stockage local ou distant

Portabase peut stocker les sauvegardes localement, sur l’instance qui héberge le serveur central, ou à distance via des stockages compatibles S3, par exemple AWS S3 ou Garage. Google Drive est également pris en charge. Une même sauvegarde peut être envoyée vers plusieurs destinations simultanément, ce qui permet de créer de la redondance.

Canaux de stockage

Notifications lors d’évènements spécifiques

Le système de notifications couvre les canaux couramment utilisés par les équipes techniques : email, Slack, Discord, Telegram, Ntfy, Gotify et webhooks. Les alertes peuvent être déclenchées sur les succès comme sur les échecs de sauvegarde, avec des politiques personnalisables au niveau des bases de données.

Canaux de notifications

Organisation et contrôle d’accès

Portabase intègre un système d’organisation par espace de travail. Toutes les ressources (agents, canaux de notification, stockage, etc) peuvent être attribuées à des organisations spécifiques, permettant de segmenter les accès. Cette fonctionnalité est principalement utilisée par des équipes qui gèrent plusieurs clients.

Installation et déploiement

L’installation peut se faire avec le CLI, Docker ou sur Kubernetes via Helm Chart. Les images Docker sont disponibles pour les architectures linux/amd64 et linux/arm64.

Pour les personnes qui ne souhaitent pas utiliser la CLI, la documentation propose des configurations prêtes à l’emploi, aussi bien pour le serveur central que pour les agents, permettant de démarrer rapidement.

Feuille de route et fonctionnalités à venir

La feuille de route doit être mise à jour très prochainement. Les prochains développements porteront sur l’amélioration de l’expérience utilisateur, l’intégration dans des écosystèmes auto-hébergés comme Unraid, Proxmox VE Scripts, Dokploy et Coolify, ainsi que le renforcement des tests sur toutes les versions de bases de données prises en charge.

Conclusion

Portabase est né d’un besoin très concret : disposer d’un outil centralisé pour gérer les sauvegardes et restaurations de bases de données, sans maintenir une collection de scripts maison répartis sur chaque serveur.

Le projet couvre déjà plusieurs besoins courants : politiques de rétention, notifications, stockage local ou distant, authentification OIDC/OAuth2, ainsi que des modes de déploiement adaptés à Docker et Kubernetes.

Des retours d’usage, rapports de bugs et contributions sont donc les bienvenus pour continuer à durcir le projet et l’adapter aux cas réels rencontrés sur le terrain. N'hésitez pas à rejoindre le Discord !

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33 serveurs coupés, un admin arrêté, des internautes identifiés : coup de filet mondial contre un VPN prisé des pirates

VPN antivirus

Une alliance internationale de 18 pays, menée par la France et les Pays-Bas, a démantelé First VPN, le réseau d’anonymisation fétiche des cybercriminels. En saisissant l'intégralité de sa base de données, la police a d'ores et déjà identifié des milliers de pirates à travers le monde, mettant fin à des années d'impunité.

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Infomaniak devient « invendable » : l’astuce juridique du géant suisse du cloud pour protéger vos données

Pour éviter de finir un jour entre les mains d'un géant américain ou d'un fonds spéculatif, le fondateur d'Infomaniak a pris une décision radicale : céder la majorité de ses droits de vote à une fondation. Un bouclier juridique inédit pour graver la protection de la vie privée et l'écologie dans le marbre.

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