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RTX Spark Superchip : la vision de Nvidia au défi Windows 11

Penser une puce comme le RTX Spark ne se fait pas en un claquement de doigts. Nvidia a donc pris son temps pour élaborer une solution qui puisse venir chatouiller la concurrence actuelle des puces Qualcomm sous Windows 11. La marque a fini par sortir un SoC qui risque de faire un peu plus qu’un peu de bruit, si elle est bien déployée.

RTX Spark

La fin de l’exclusivité accordée à Qualcomm par Microsoft a pris fin en octobre 2023, on aurait pu penser que Nvidia et son RTX Spark attendent alors Microsoft au tournant pour lancer une puce capable de prendre le relais de l’offre concurrente. Cela n’a pas été le cas et il aura fallu attendre trois ans pour voir une réponse technique aux Snapdragons. Trois années pendant lesquelles Nvidia ne s’est pas tourné les pouces. Avec son partenaire Mediatek en charge de l’implantation des cœurs ARM Cortex, la marque a tissé un double écosystème : à la fois technique en proposant une solution assez brillante sur le papier. Mais aussi logicielle avec tout un ensemble de partenaires prêts à soutenir son initiative.

En parallèle de ses trois années d’attente, Nvidia a pu constater les efforts menés par Microsoft pour améliorer sa plateforme d’émulation technique. Au frais du système d’exploitation et de son concurrent Qualcomm, Windows 11 a peaufiné ses routines pour proposer une couche de gestion des puces ARM désormais beaucoup plus solide que les offres précédentes. C’est donc dans des conditions concurrentielles très avantageuses qu’est annoncée la nouvelle gamme de puces RTX Spark.

On ne parle pas encore de circuits spécifiques comme des Nvidia N1 ou Nvidia N1X mais d’une « gamme » plus large. Une manière de voir l’étendue possible du dispositif. La puce, gravée en 3 nm par TSMC proposera jusqu’à 20 cœurs Nvidia Grace (supposément 10 Cortex-X925 et 10 Cortex-XA725) et proposera un circuit graphique made-in-Nvidia séparé. Deux éléments qui seront réunis à la mémoire vive par une jonction NVLink C2C promettant 600 Go/s de bande passante. 

  NVIDIA N1X NVIDIA N1X NVIDIA N1 NVIDIA N1
Cœurs CPU BIG 10 × Cortex-X925 9 × Cortex-X925 8 × Cortex-X925 7 × Cortex-X925
Cœurs CPU LITTLE 10 × Cortex-A725 9 × Cortex-A725 4 × Cortex-A725 3 × Cortex-A725
GPU Streaming Multiprocesseurs 48 SM 40 SM 20 SM 16 SM
Cœurs CUDA 6 144 5 120 2 560 2 048
Mémoire 16 à 128 Go LPDDR5x
(16 canaux)
16 à 128 Go LPDDR5x
(16 canaux)
8 à 64 Go LPDDR5x
(8 canaux)
8 à 64 Go LPDDR5x
(8 canaux)
PCI Express 12 × PCIe Gen 5
5 × PCIe Gen 4
12 × PCIe Gen 5
5 × PCIe Gen 4
8 × PCIe Gen 5
3 × PCIe Gen 4
8 × PCIe Gen 5
3 × PCIe Gen 4
TDP 45 à 80 W 45 à 80 W 18 à 45 W 18 à 45 W

C’est un des points clés de cette offre, ce dialogue ultra rapide entre les éléments. La possibilité de piloter jusqu’à 128 Go de mémoire vive LPDRR5x va probablement attirer l’attention des amateurs d’IA locales. Nvidia annonce que le circuit proposera jusqu’au quintuple des débits d’un PCIe Gen 5 x5. Un énorme avantage pour les LLM. La marque emploie ici les éléments techniques mis au point pour ses gammes professionnelles

On comprend au passage pourquoi Qualcomm annonce enfin ses Snapdragon C à destination de machines beaucoup plus entrée de gamme. Tant que la marque se sentait seule et sans concurrence, elle pouvait se lâcher sur les puces haut de gamme. Désormais en compétition avec Nvidia, elle doit ouvrir sa gamme vers d’autres secteurs.

La gamme de machines qui pourra accepter ces puces est assez vaste mais un détail doit retenir l’attention. Si Nvidia parle d’un TDP de 1 watt seulement pour les usages les plus légers, la puce devrait atteindre les 80 watts à son pic de performances. Cela nécessite un dispositif de refroidissement adapté mais reste très impressionnant en face de l’ensemble des cœurs alignés. On imagine qu’ici également, les optimisations effectuées sur les puces professionnelles ont été fructueuses.

La partie graphique est impressionnante, il s’agit d’un ensemble de cœurs Blackwell RTX additionnant 6144 cœurs CUDA, soit l’équivalent d’une solution RTX 5070. Quand vous mettez bout à bout un SoC 20 cœurs, des milliers de cœurs CUDA, un énorme paquet de mémoire vive et une bande passante qui fonce à Mach-100, vous obtenez une recette assez ébouriffante pour pénétrer le marché.

Un lancement de RTX Spark sous haute surveillance

On ne sait pas quel scénario attendre de cette puce RTX Spark. Pour le moment, Nvidia annonce de multiples partenaires intéressés par cette puce. Un liste de plusieurs machines a été dressée chez les acteurs classiques du marché : Asus, Dell, HP, Lenovo, MSI et… Microsoft. un dernier acteur dont on comprend ici qu’il ne fera plus de cadeau d’exclusivité à Qualcomm pour ses gammes Surface.

Nvidia va se retrouver face à des choix pour cette sortie. Si la marque laisse le marché choisir ses implantations de RTX Spark, leur avenir semble déjà tout tracé. Les puces ne seront probablement pas données et leur appréciation par le grand public sera, au mieux, tiède à leur sortie. Nvidia n’indique pas de tarif pour ses puces mais il semble logique de les classer dans un positionnement Gaming assez élevé. On imagine mal le nouveau processeur venir organiser un sabordage concurrentiel des puces RTX mobiles classiques et on peut donc s’attendre à des tarifs assez élevés. 1499€, 1749€, 1999€ ou plus, ne semblent pas délirants pour ces futurs portables.

Voilà tout le problème aujourd’hui. Si Nvidia ne gère pas finement la distribution de ses puces, alors les constructeurs seront plus enclins à proposer les versions les plus haut de gamme possible. Sans considération d’un public de particuliers. Il sera moins risqué de lancer un produit RTX Spark avec 128 Go de mémoire vive à 3000€ sachant que dans tous les cas les pros se les arracheront plutôt que des modèles en 32 Go de mémoire  vive a 2000€ qui risquent de n’intéresser pas grand monde.

C’est sans doute pour cela que Nvidia met en avant toute la partie écosystème de son offre. Le DLSS pour augmenter le nombre d’images affichées, Le RayTracing pour la qualité de rendu, la baisse de la latence avec Reflex, le pilotage d’écran G-Sync et des fonctions d’IA variées dont le RTX Modding et ACE. 

Une foule de studios et de développeurs suivront le lancement de RTX Spark

Une foule de studios et de développeurs suivront le lancement de RTX Spark

Mais c’est également pour cela que la marque a sollicité de nombreux développeurs. Pour s’assurer que leurs prochains produits supportent les fonctions implantées. Une tâche facilitée par le simple fait qu’un cœur CUDA reste un cœur CUDA, qu’il soit intégré dans un circuit graphique secondaire ou celui du RTX Spark. 

Il faudra donc surveiller l’ensemble de cette sortie et rester très attentif à la qualité des offres annoncées mais aussi à celles réellement disponibles en magasin. Personne ne veut froisser Nvidia en ce moment et je suppose qu’aucun constructeur ou développeur ne prendrait le risque de ne pas adhérer à sa nouvelle offre. Mais il est possible que pour certains des constructeurs la proposition globale ne fonctionne tout simplement pas en 2026. Que seule l’offre visant des pros ait du sens. Comme cela a été le cas pour les Strix Halo d’AMD.

Le risque étant alors que les livraisons de machines « grand public » en 16/32 Go de mémoire ne soient que très limitées et pour coller aux attentes de la marque. Puis, que le gros de l’offre finisse par n’arriver que sur des modèles 128 Go. Des modèles vendus à des prix beaucou beaucoup plus élevés. Un écueil que le RTX Spark doit absolument éviter s’il veut percer comme un processeur viable pour les marchés grand pûblic face à AMD et Intel.

RTX Spark Superchip : la vision de Nvidia au défi Windows 11 © MiniMachines.net. 2026

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Nvidia Jeston : fin de vie anticipée pour certains modules sur fond de crise de la mémoire

Entre des prix trop élevés et des disponibilités impossibles pour un développement industriel, la gamme de cartes Jetson voit ses modèles LPDDR4 totalement abandonnés par Nvidia.

Jetson Xavier NX

Jetson Xavier NX

Comme la majorité des constructeurs de cartes de développement, la gamme de cartes de développement Jetson de Nvidia souffre de la situation de la mémoire vive et, en particulier, de la pauvreté de l’offre en mémoire DDR4/LPDDR4. De Raspberry Pi à Radxa en passant par Friendly Elec et la myriade d’autres constructeurs qui vivent autour de ces produits, grands comme petits, ce secteur va assez mal en ce moment et tous les tarifs augmentent en flèche.

Les cartes Nvidia Jetson équipées de mémoire LPDDR4 sont donc particulièrement touchées. Chez beaucoup de constructeurs, la disparition est passée sous silence, les boutiques ne sont simplement plus livrées. Nvidia informe surtout ses partenaires industriels des mouvements qu’il pratique. La marque communique donc sur « une accélération de la fin de vie de certains modules spécifiques ».

Les Nvidia Jetson sont la partie émergée de l’Iceberg

La liste est donc la suivante :

Les Nvidia Jetson TX2 NX en 4 et 8 Go
L’ensemble des Nvidia Jetson TX2i
Les Nvidia Jetson AGX Xavier de type industriel et les versions 32 Go
La Nvidia Jetson Xavier NX

Ce sont de « vieux » modules, mais qui sont encore largement implantés dans des produits industriels. Tous datent d’avant 2021 et vont suivre un calendrier précis de distribution EOL (End Of Life / fin de vie). Les dernières commandes se feront dans les mois qui viennent et jusqu’au 15 juillet prochain. Elles ne pourront plus être annulées ni retournées. Cela laisse un peu de temps pour les industriels pour faire des réserves avant de changer de modèle vers des solutions de type Nvidia Orin ou compatibles.

Au 15 juillet 2027, Nvidia cloturera les derniers achats de cartes Jetson intégrées dans des produits. A partir de cette date, il ne sera plus jamais possible de commander ces produits.

La majorité des cartes de développement suivent actuellement une voie encore plus brutale. Les prix des composants ont tellement explosé et la quantité de mémoire disponible en format LPDDR4/LPDDR4x a tellement diminué qu’il n’est plus rentable de les produire. Sur une carte de développement imaginée pour une commercialisation à 30$ HT avec 1 Go de mémoire vive, il n’est pas tenable d’acheter le module de mémoire seul à 15$ HT. La réception par ces industriels d’une faible quantité de mémoire par rapport à leurs besoins les oblige à faire des choix et leurs boutiques sont désormais vides.

NanoPi R3S

NanoPi R3S

Je regardais ce matin les disponibilités de certaines cartes sur le marché. Une NanoPi R3S lancée en 2024 avec 1 Go de LPDDR4 était listée à 30$ HT. L’option 32 Go de eMMC était facturée 5$ HT. Aujourd’hui le produit a disparu des pages de son catalogue et on la trouve sur AliExpress en 1 Go sans eMMC à 41.59€ TTC. Les versions avec eMMC ont simplement disparu.

La faiblesse des ventes entraine évidemment une baisse des achats et un renchérissement des autres composants pour les marques. Au final, la situation devient totalement invivable. Le marché des cartes de développement tout entier est dans une crise majeure et je ne  serais pas surpris qu’on voie disparaitre pas mal d’acteurs à moyen terme. Et cela malgré un marché en demande, mais des industriels comme des particuliers qui ont découvert ces produits dans une approche économique qui ne correspond plus à la situation actuelle. On est passé de produits ayant un gros attrait de par leur prix très abordable en amont à des solutions qui ne valent plus forcément l’investissement nécessaire en aval pour le développement et leur support logiciel.

Source : CNX Software

Nvidia Jeston : fin de vie anticipée pour certains modules sur fond de crise de la mémoire © MiniMachines.net. 2026

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Cet article a été réalisé en collaboration avec NVIDIA

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