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[Màj] Meta a retiré le système de reconnaissance faciale de ses lunettes connectées

Harcèlement de rue connecté
[Màj] Meta a retiré le système de reconnaissance faciale de ses lunettes connectées

L’intégration de la fonction Name Tag est déjà en cours dans l’application Meta AI. Celle-ci doit permettre la reconnaissance faciale via les lunettes connectées de l’entreprise. La communication de l’entreprise vis-à-vis de la fonctionnalité intrusive reste ambivalente.

Mise à jour le mardi 9 juin, 8h25 : Lors de la dernière mise à jour de son application Meta AI, l’entreprise de Mark Zuckerberg a supprimé les lignes de code correspondant à la fonctionnalité « Name Tag » qu’elle envisageait de mettre en place pour doter ses lunettes de la reconnaissance faciale. En analysant le code de l’application, nos confrères de Wired avaient pu remarquer que Meta avait déployé discrètement du code de cette fonctionnalité sans pour autant qu’elle soit activée ni même finalisée. Après la publication de leur article, l’entreprise a fait machine arrière dans la mise à jour suivante, ont-ils constaté. « Aucune décision définitive n’a encore été prise quant à la marche à suivre, si tant est qu’il y en ait une », a réagi Andy Stone, le vice-président de la communication de Meta.


Article original publié le 5 juin à 16h33 :

Meta a discrètement intégré du code dans son application Meta AI pour activer la reconnaissance faciale dans ses lunettes connectées, dont les modèles créés en collaboration avec Ray-Ban et Oakley.

En février, on apprenait que l’entreprise de Mark Zuckerberg réfléchissait à une fonctionnalité de ce genre baptisée « Name Tag ». Un mémo datant de janvier 2025 analysait de façon assez cynique que le lancement pourrait bénéficier « d’une période de contexte politique dynamique » dans laquelle les personnes critiques envers ce genre de fonctionnalités « auront concentré leurs ressources sur d’autres préoccupations ».

Du code déjà bien intégré dans l’app Meta AI

Mais Wired a pu découvrir que, depuis janvier dernier, plusieurs mises à jour de l’application Meta AI ont permis à l’entreprise d’y ajouter du code implémentant « Name Tag » petit à petit. Nos confrères affirment que des « composants essentiels du système » ont été intégrés dans l’application distribuée à des millions de personnes qui est nécessaire à l’utilisation des lunettes connectées de Meta.

Dès qu’elle sera activée, la fonction « Name Tag » pourra comparer tous les visages passant devant les lunettes à une base de données d’ « empreintes faciales » qui sera stockée sur le téléphone de l’utilisateur. La reconnaissance d’un visage entrainera des notifications à l’utilisateur tandis qu’un nouveau visage sera automatiquement indexé dans cette base dans un dossier « en attente ».

Le code du système « Name Tag » qu’a pu analyser Wired peut aussi récupérer des empreintes faciales depuis les serveurs de Meta et les stocker sur les appareils des utilisateurs afin d’alimenter cette base d’empreintes faciales.

Une empreinte biométrique représentée par une série de 2 048 nombres

Selon l’analyse du code, Meta a découpé la fonctionnalité « Name Tag » en trois : un modèle détecte les visages, une autre partie du code les recadre et enfin une troisième permet de les convertir en données biométriques. Les premières esquisses de l’interface graphique baptiseraient la fonction du nom « Connections » et proposeraient aux utilisateurs des lunettes Meta de « se souvenir des personnes qu’ils ont rencontrées ».

L’Electronic Frontier Foundation (EFF) confirme l’analyse de nos confrères. L’ONG ajoute que la fonctionnalité mise en place par Meta « enregistre les empreintes faciales sous la forme d’une série de 2 048 nombres représentant de manière unique la disposition des traits du visage d’une personne ». « Lorsque cette fonctionnalité est activée, elle convertit chaque nouveau visage capté par les lunettes de surveillance en une série de nombres, puis la compare à toutes les empreintes faciales existantes dans la base de données de l’utilisateur », explique-t-elle.

L’EFF déplore que « malgré les innombrables raisons de ne pas le faire, Meta semble avoir mis en place les moyens de transformer ses clients en une machine de surveillance décentralisée ». Elle ajoute que « c’est une raison de plus de bien réfléchir avant d’acheter ou d’utiliser les lunettes de surveillance de Meta ».

« En intégrant la technologie dans l’écosystème, on établit des normes et des standards », explique l’ancien responsable de l’encadrement des pratiques chez Meta Reality Labs, Joseph Jerome. « Je ne vois pas comment Meta pourrait déployer une technologie comme celle-ci de manière responsable », ajoute-t-il.

L’ambivalente communication de Meta

En avril dernier, plus de soixante-dix associations dédiées à la défense des libertés numériques ou à la lutte pour les droits des femmes et des minorités signaient une lettre ouverte contre l’intégration de la reconnaissance faciale dans les lunettes connectées de Meta à destination de Mark Zuckerberg. À l’époque, l’entreprise assurait :« Nos concurrents proposent ce type de produit de reconnaissance faciale, ce qui n’est pas notre cas. Si nous devions lancer une telle fonctionnalité, nous adopterions une approche très réfléchie avant de la déployer ».

Face aux révélations de nos confrères, Meta assure maintenant : « les faits sont simples : nous avons déjà indiqué que nous étudiions ce type de fonctionnalités, et ce que vous voyez n’est que la preuve de cette exploration ». L’entreprise ajoute : « rien n’a encore été mis à la disposition des utilisateurs et aucune décision définitive n’a été prise quant à la suite à donner, le cas échéant. Si nous décidons de déployer une telle fonctionnalité, nous adopterons une approche réfléchie et le ferons en toute transparence. Une chose est sûre : nous ne sommes pas en train de créer une base de données centrale de visages ».

Rappelons qu’en 2021, Meta avait annoncé l’abandon de la reconnaissance faciale. Elle expliquait à l’époque devoir « peser l’utilisation positive de la reconnaissance faciale par rapport aux préoccupations sociétales croissantes, d’autant plus que les régulateurs n’ont pas encore défini de règles claires ».

En France, la CNIL faisait encore part récemment de ses craintes sur l’utilisation des lunettes connectées et les risques majeurs qu’elles présentent pour la vie privée.

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[Màj] Meta a retiré le système de reconnaissance faciale de ses lunettes connectées

Harcèlement de rue connecté
[Màj] Meta a retiré le système de reconnaissance faciale de ses lunettes connectées

L’intégration de la fonction Name Tag est déjà en cours dans l’application Meta AI. Celle-ci doit permettre la reconnaissance faciale via les lunettes connectées de l’entreprise. La communication de l’entreprise vis-à-vis de la fonctionnalité intrusive reste ambivalente.

Mise à jour le mardi 9 juin, 8h25 : Lors de la dernière mise à jour de son application Meta AI, l’entreprise de Mark Zuckerberg a supprimé les lignes de code correspondant à la fonctionnalité « Name Tag » qu’elle envisageait de mettre en place pour doter ses lunettes de la reconnaissance faciale. En analysant le code de l’application, nos confrères de Wired avaient pu remarquer que Meta avait déployé discrètement du code de cette fonctionnalité sans pour autant qu’elle soit activée ni même finalisée. Après la publication de leur article, l’entreprise a fait machine arrière dans la mise à jour suivante, ont-ils constaté. « Aucune décision définitive n’a encore été prise quant à la marche à suivre, si tant est qu’il y en ait une », a réagi Andy Stone, le vice-président de la communication de Meta.


Article original publié le 5 juin à 16h33 :

Meta a discrètement intégré du code dans son application Meta AI pour activer la reconnaissance faciale dans ses lunettes connectées, dont les modèles créés en collaboration avec Ray-Ban et Oakley.

En février, on apprenait que l’entreprise de Mark Zuckerberg réfléchissait à une fonctionnalité de ce genre baptisée « Name Tag ». Un mémo datant de janvier 2025 analysait de façon assez cynique que le lancement pourrait bénéficier « d’une période de contexte politique dynamique » dans laquelle les personnes critiques envers ce genre de fonctionnalités « auront concentré leurs ressources sur d’autres préoccupations ».

Du code déjà bien intégré dans l’app Meta AI

Mais Wired a pu découvrir que, depuis janvier dernier, plusieurs mises à jour de l’application Meta AI ont permis à l’entreprise d’y ajouter du code implémentant « Name Tag » petit à petit. Nos confrères affirment que des « composants essentiels du système » ont été intégrés dans l’application distribuée à des millions de personnes qui est nécessaire à l’utilisation des lunettes connectées de Meta.

Dès qu’elle sera activée, la fonction « Name Tag » pourra comparer tous les visages passant devant les lunettes à une base de données d’ « empreintes faciales » qui sera stockée sur le téléphone de l’utilisateur. La reconnaissance d’un visage entrainera des notifications à l’utilisateur tandis qu’un nouveau visage sera automatiquement indexé dans cette base dans un dossier « en attente ».

Le code du système « Name Tag » qu’a pu analyser Wired peut aussi récupérer des empreintes faciales depuis les serveurs de Meta et les stocker sur les appareils des utilisateurs afin d’alimenter cette base d’empreintes faciales.

Une empreinte biométrique représentée par une série de 2 048 nombres

Selon l’analyse du code, Meta a découpé la fonctionnalité « Name Tag » en trois : un modèle détecte les visages, une autre partie du code les recadre et enfin une troisième permet de les convertir en données biométriques. Les premières esquisses de l’interface graphique baptiseraient la fonction du nom « Connections » et proposeraient aux utilisateurs des lunettes Meta de « se souvenir des personnes qu’ils ont rencontrées ».

L’Electronic Frontier Foundation (EFF) confirme l’analyse de nos confrères. L’ONG ajoute que la fonctionnalité mise en place par Meta « enregistre les empreintes faciales sous la forme d’une série de 2 048 nombres représentant de manière unique la disposition des traits du visage d’une personne ». « Lorsque cette fonctionnalité est activée, elle convertit chaque nouveau visage capté par les lunettes de surveillance en une série de nombres, puis la compare à toutes les empreintes faciales existantes dans la base de données de l’utilisateur », explique-t-elle.

L’EFF déplore que « malgré les innombrables raisons de ne pas le faire, Meta semble avoir mis en place les moyens de transformer ses clients en une machine de surveillance décentralisée ». Elle ajoute que « c’est une raison de plus de bien réfléchir avant d’acheter ou d’utiliser les lunettes de surveillance de Meta ».

« En intégrant la technologie dans l’écosystème, on établit des normes et des standards », explique l’ancien responsable de l’encadrement des pratiques chez Meta Reality Labs, Joseph Jerome. « Je ne vois pas comment Meta pourrait déployer une technologie comme celle-ci de manière responsable », ajoute-t-il.

L’ambivalente communication de Meta

En avril dernier, plus de soixante-dix associations dédiées à la défense des libertés numériques ou à la lutte pour les droits des femmes et des minorités signaient une lettre ouverte contre l’intégration de la reconnaissance faciale dans les lunettes connectées de Meta à destination de Mark Zuckerberg. À l’époque, l’entreprise assurait :« Nos concurrents proposent ce type de produit de reconnaissance faciale, ce qui n’est pas notre cas. Si nous devions lancer une telle fonctionnalité, nous adopterions une approche très réfléchie avant de la déployer ».

Face aux révélations de nos confrères, Meta assure maintenant : « les faits sont simples : nous avons déjà indiqué que nous étudiions ce type de fonctionnalités, et ce que vous voyez n’est que la preuve de cette exploration ». L’entreprise ajoute : « rien n’a encore été mis à la disposition des utilisateurs et aucune décision définitive n’a été prise quant à la suite à donner, le cas échéant. Si nous décidons de déployer une telle fonctionnalité, nous adopterons une approche réfléchie et le ferons en toute transparence. Une chose est sûre : nous ne sommes pas en train de créer une base de données centrale de visages ».

Rappelons qu’en 2021, Meta avait annoncé l’abandon de la reconnaissance faciale. Elle expliquait à l’époque devoir « peser l’utilisation positive de la reconnaissance faciale par rapport aux préoccupations sociétales croissantes, d’autant plus que les régulateurs n’ont pas encore défini de règles claires ».

En France, la CNIL faisait encore part récemment de ses craintes sur l’utilisation des lunettes connectées et les risques majeurs qu’elles présentent pour la vie privée.

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Amazon shopping génère en temps réel par IA des images de produits qui… n’existent pas

Amazon PrAIme
Amazon shopping génère en temps réel par IA des images de produits qui… n’existent pas

L’application shopping d’Amazon propose à ses utilisateurs, non pas des images de produits existants correspondant aux mots-clefs recherchés, mais des images générées par IA, évoluant et s’affinant à chaque mot ajouté.

Amazon vient d’annoncer 8 nouvelles « fonctionnalités intuitives » de recherche visuelle dans son application mobile de shopping. Trois d’entre elles, censées « permettre d’effectuer des recherches de produits plus rapides et plus précises », et rendre l’utilisation de son application de shopping « plus ludique », reposent sur l’IA générative.

« La toute nouvelle fonctionnalité de recherche basée sur l’IA d’Amazon permet de faire le lien entre l’imagination et la découverte de produits directement dans la barre de recherche de l’application Amazon Shopping », souligne Mihir Bhanot, directeur d’Amazon Search :

« Notre toute nouvelle fonctionnalité de recherche génère des images par IA en temps réel à mesure que les clients décrivent ce qu’ils ont en tête dans la barre de recherche, donnant ainsi vie à leur vision au fur et à mesure qu’ils la saisissent, la visualisent et effectuent leurs achats. »

Une des utilisations les plus « ridiculement stupides » de l’IA à ce jour

C’est peu dire que la presse spécialisée ne semble guère emballée. TechCrunch évoque « ce qui pourrait être l’une des utilisations les plus discutables de l’IA à ce jour », 9to5google «l’une des plus absurdes », qui « n’a pas de sens ». Amazon «invente des produits générés par l’IA que l’on ne pourra pas acheter », ironise The Verge.

« C’est quand même un peu dingue qu’un commerçant invente de faux produits pour orienter les utilisateurs vers certains résultats de recherche », résume TechCrunch :

« Pour commencer, cela peut prêter à confusion : les clients qui ne lisent pas attentivement pourraient croire qu’ils sont redirigés vers une page où ils trouveront exactement cette robe, puis être déçus de constater qu’elle n’est pas disponible. Et puis, on peut se demander pourquoi inventer des images de produits alors que votre site regorge de photos réelles de produits réels — ce qui est sans doute ce que les acheteurs en ligne souhaitent réellement voir. »

« En plus d’être extrêmement gaspilleuse en termes d’utilisation des ressources de l’IA, l’idée de générer de fausses images de produits lors d’une recherche semble tout simplement ridiculement stupide », plussoie 9to5google :

« Les gens se rendent sur Amazon pour acheter de vrais produits physiques ; il est donc totalement absurde qu’une IA se serve de leur recherche pour créer des choses qui n’existent pas. »

Amazon précise que ses clients peuvent en profiter dès aujourd’hui lorsqu’ils recherchent des articles dans les catégories « Mode » et « Maison », mais que d’autres catégories seront progressivement ajoutées.

Des suggestions d’images évoluant et s’affinant à chaque mot ajouté

Ce recours à l’IA générative est d’autant plus absurde que ces images GenAI ne sont pas générées après que les mots-clefs recherchés ont été entrés dans le formulaire, à la manière d’un prompt, mais au fur et à mesure, conduisant à générer bien plus d’images qu’il n’en faut, à la volée, comme le souligne le communiqué d’Amazon lui-même, et le .gif associé :

« Désormais, lorsque les clients recherchent des produits en utilisant des termes descriptifs – tels que la couleur, la texture ou le motif –, des images générées par l’IA apparaissent instantanément dans les suggestions situées sous la barre de recherche, évoluant et s’affinant à chaque mot ajouté. »

Dit autrement : non content de ne pas correspondre à des produits existants, la quasi-totalité des images générées par IA ne serviront à rien… sauf à ce qu’Amazon les stocke quelque part et trouve un moyen de les réutiliser et rentabiliser.

L’entreprise vante elle-même le fait que ces images soient « générées par IA en temps réel », ce qui est d’autant plus absurde (et coûteux) qu’Amazon aurait tout aussi bien pu se contenter d’utiliser des images préalablement stockées dans une base de données et associées à tels ou tels mots-clefs, plutôt que générées à la volée, à chaque fois, la plupart du temps pour rien.

On peut aussi s’interroger quant à la pertinence d’utiliser des images générées par IA plutôt que des images de produits existants. À part pour lancer une « nouvelle fonctionnalité » surfant sur le buzzword « généré par IA ».

Pour rappel, des salariés d’Amazon en étaient récemment arrivés à brûler des tokens pour se faire bien voir, une pratique qualifiée de « tokenmaxxing », au point que l’entreprise vient de fermer le classement encensant ceux qui en dépensaient le plus.

The Verge relève cela dit que Google avait lui aussi lancé l’an passé une fonctionnalité similaire, qui génère des images de tenues et de décorations fictives pour aider ses utilisateurs à trouver des produits ressemblants.

En commentaire, un lecteur qualifie l’idée de « géniale parce que si les gens détestent suffisamment ça, ils commenceront à faire leurs achats dans des magasins physiques, sauvant ainsi nos centres commerciaux locaux ».

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Amazon shopping génère en temps réel par IA des images de produits qui… n’existent pas

Amazon PrAIme
Amazon shopping génère en temps réel par IA des images de produits qui… n’existent pas

L’application shopping d’Amazon propose à ses utilisateurs, non pas des images de produits existants correspondant aux mots-clefs recherchés, mais des images générées par IA, évoluant et s’affinant à chaque mot ajouté.

Amazon vient d’annoncer 8 nouvelles « fonctionnalités intuitives » de recherche visuelle dans son application mobile de shopping. Trois d’entre elles, censées « permettre d’effectuer des recherches de produits plus rapides et plus précises », et rendre l’utilisation de son application de shopping « plus ludique », reposent sur l’IA générative.

« La toute nouvelle fonctionnalité de recherche basée sur l’IA d’Amazon permet de faire le lien entre l’imagination et la découverte de produits directement dans la barre de recherche de l’application Amazon Shopping », souligne Mihir Bhanot, directeur d’Amazon Search :

« Notre toute nouvelle fonctionnalité de recherche génère des images par IA en temps réel à mesure que les clients décrivent ce qu’ils ont en tête dans la barre de recherche, donnant ainsi vie à leur vision au fur et à mesure qu’ils la saisissent, la visualisent et effectuent leurs achats. »

Une des utilisations les plus « ridiculement stupides » de l’IA à ce jour

C’est peu dire que la presse spécialisée ne semble guère emballée. TechCrunch évoque « ce qui pourrait être l’une des utilisations les plus discutables de l’IA à ce jour », 9to5google «l’une des plus absurdes », qui « n’a pas de sens ». Amazon «invente des produits générés par l’IA que l’on ne pourra pas acheter », ironise The Verge.

« C’est quand même un peu dingue qu’un commerçant invente de faux produits pour orienter les utilisateurs vers certains résultats de recherche », résume TechCrunch :

« Pour commencer, cela peut prêter à confusion : les clients qui ne lisent pas attentivement pourraient croire qu’ils sont redirigés vers une page où ils trouveront exactement cette robe, puis être déçus de constater qu’elle n’est pas disponible. Et puis, on peut se demander pourquoi inventer des images de produits alors que votre site regorge de photos réelles de produits réels — ce qui est sans doute ce que les acheteurs en ligne souhaitent réellement voir. »

« En plus d’être extrêmement gaspilleuse en termes d’utilisation des ressources de l’IA, l’idée de générer de fausses images de produits lors d’une recherche semble tout simplement ridiculement stupide », plussoie 9to5google :

« Les gens se rendent sur Amazon pour acheter de vrais produits physiques ; il est donc totalement absurde qu’une IA se serve de leur recherche pour créer des choses qui n’existent pas. »

Amazon précise que ses clients peuvent en profiter dès aujourd’hui lorsqu’ils recherchent des articles dans les catégories « Mode » et « Maison », mais que d’autres catégories seront progressivement ajoutées.

Des suggestions d’images évoluant et s’affinant à chaque mot ajouté

Ce recours à l’IA générative est d’autant plus absurde que ces images GenAI ne sont pas générées après que les mots-clefs recherchés ont été entrés dans le formulaire, à la manière d’un prompt, mais au fur et à mesure, conduisant à générer bien plus d’images qu’il n’en faut, à la volée, comme le souligne le communiqué d’Amazon lui-même, et le .gif associé :

« Désormais, lorsque les clients recherchent des produits en utilisant des termes descriptifs – tels que la couleur, la texture ou le motif –, des images générées par l’IA apparaissent instantanément dans les suggestions situées sous la barre de recherche, évoluant et s’affinant à chaque mot ajouté. »

Dit autrement : non content de ne pas correspondre à des produits existants, la quasi-totalité des images générées par IA ne serviront à rien… sauf à ce qu’Amazon les stocke quelque part et trouve un moyen de les réutiliser et rentabiliser.

L’entreprise vante elle-même le fait que ces images soient « générées par IA en temps réel », ce qui est d’autant plus absurde (et coûteux) qu’Amazon aurait tout aussi bien pu se contenter d’utiliser des images préalablement stockées dans une base de données et associées à tels ou tels mots-clefs, plutôt que générées à la volée, à chaque fois, la plupart du temps pour rien.

On peut aussi s’interroger quant à la pertinence d’utiliser des images générées par IA plutôt que des images de produits existants. À part pour lancer une « nouvelle fonctionnalité » surfant sur le buzzword « généré par IA ».

Pour rappel, des salariés d’Amazon en étaient récemment arrivés à brûler des tokens pour se faire bien voir, une pratique qualifiée de « tokenmaxxing », au point que l’entreprise vient de fermer le classement encensant ceux qui en dépensaient le plus.

The Verge relève cela dit que Google avait lui aussi lancé l’an passé une fonctionnalité similaire, qui génère des images de tenues et de décorations fictives pour aider ses utilisateurs à trouver des produits ressemblants.

En commentaire, un lecteur qualifie l’idée de « géniale parce que si les gens détestent suffisamment ça, ils commenceront à faire leurs achats dans des magasins physiques, sauvant ainsi nos centres commerciaux locaux ».

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Le portail d’actualités MSN de Microsoft rémunère une quarantaine de médias générés par IA

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Le portail d’actualités MSN de Microsoft rémunère une quarantaine de médias générés par IA

Promettant d’afficher « le meilleur des informations en ligne », jusque dans son widget Actualités présent sur tous les PC Windows, MSN a une curieuse ligne éditoriale. Le portail de Microsoft recommande en effet des vidéos complotistes, survalorise CNews, et rémunère de nombreux médias qui ont remplacé (ou dopé) leurs journalistes et rédacteurs par des IA, en violation de ses propres lignes directrices.

En 2020, Microsoft avait licencié les équipes éditoriales américaine et britannique de ses portails d’actualité MSN, soit près de 80 journalistes, et confié le travail de curation à des intelligences artificielles, rapportait alors Le Figaro.

Sur sa page « Qui sommes-nous? », MSN explique aujourd’hui travailler avec plus de 1 300 éditeurs de presse représentant plus de 4 500 marques dans les principaux pays du globe (mais sans préciser combien par pays, ni donc en France), afin de « regrouper les meilleures actualités, vidéos, photos et autres contenus et les diffuser gratuitement à toute personne dans le monde entier » :

« Nous pensons qu’une presse gratuite et bien financée est un élément essentiel de notre tissu social et nous sommes fiers de nous associer aux meilleures marques de contenus au monde, offrant un modèle commercial qui donne aux gens l’accès à une information fiable et fournit une source de revenus durable pour nos partenaires. »

MSN y précise aussi que « chaque jour, nos algorithmes évaluent des centaines de milliers de contenus envoyés par nos partenaires ». Une curation combinée à « une modération humaine pour garantir que le contenu que nous vous proposons corresponde à nos valeurs et que les informations à ne pas manquer figurent toujours en bonne position ».

MSN, qui sert de page d’accueil sur Edge (le navigateur « par défaut » de Microsoft), et affiche sur tous les ordinateurs dotés du système d’exploitation Windows un widget Actualités les « dernières manchettes de sources de confiance », explique vouloir afficher « le meilleur des informations en ligne ».

Voire. La page de présentation de MSN (archive) se conclut par un recensement des membres de sa « direction des contenus ». Or, Taroon Mandhana ne travaille plus pour Microsoft depuis 2022, Jamil Valliani depuis 2023, Sally Salas et Ming Ye depuis 2024.

Des vidéos conspis à la sauce Bollo niaise

MSN est également truffé de vidéos conspirationnistes, tout en ne partageant majoritairement, pour ce qui est de l’actualité politique, que les vidéos de CNews, l’ex-chaîne d’information devenue média d’opinion du groupe Bolloré.


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La Maison-Blanche lance un site dédié aux aliens pour appeler à dénoncer les immigrants

Pendant une triste nuit, le long d'une route solitaire de campagne...
La Maison-Blanche lance un site dédié aux aliens pour appeler à dénoncer les immigrants

La Maison-Blanche exploite le nom de domaine « aliens.gov » pour renvoyer vers une page qui comptabilise le nombre d’arrestations réalisées par sa police de l’immigration. Sur fond de codes visuels inspirés de la pop culture SF, elle compare les immigrants arrêtés à des envahisseurs face auxquels un seul homme a eu le courage de se dresser.

La communication décomplexée – et xénophobe – de l’administration Trump a franchi un nouveau palier. Jeudi, la Maison-Blanche a commencé à exploiter le nom de domaine aliens.gov, qu’elle fait pointer sur une page de son site Web (whitehouse.gov/aliens/), dédié aux performances de sa police anti-immigration, l’ICE.

Particularité de ce site ? Il joue à fond la carte des codes issus de la science-fiction et des séries populaires type X-Files, en exploitant la double signification du terme aliens, qui en anglais peut aussi bien désigner les extra-terrestres que les étrangers (souvenez-vous de la chanson de Sting).

« Ils sont parmi nous »

« Ils sont parmi nous », attaque le site, qui charge ensuite au fur et à mesure un texte dont la graphie, le défilement et la narration rappelle délibérément l’introduction des films de la saga Star Wars, ou l’introduction de certaines séries SF comme les Envahisseurs :

« Des extraterrestres vivent parmi nous — dans nos quartiers, interagissant avec nous au quotidien. Ils fréquentent les mêmes magasins, partagent les mêmes salles de classe que nos enfants, et mènent des existences en apparence parfaitement humaines. À une exception près : ils n’ont rien à faire ici ».

La suite décrit comment tout le monde a protégé ce secret jusqu’à ce qu’un homme ait finalement « le courage de dire la vérité ». La chute rend hommage au héros de l’histoire :

« Le président Trump a été le premier à dénoncer le danger réel que représentent les aliens pour chaque famille américaine, chaque communauté et l’avenir de notre nation. La vérité n’est plus ailleurs. Elle est ici et maintenant. »

« Ils » sont parmi nous mais heureusement, Donald Trump les a vus – capture d’écran

Des chiffres en vrac et sans contexte

Le site embraie ensuite sur une carte « live » des arrestations d’étrangers réalisées aux États-Unis par la police anti-immigration, surmontée d’un décompte qui affichait, le 29 mai vers midi, quelque 3,130 millions de « rencontres » (le terme file lui aussi la métaphore extraterrestre, comme dans Rencontres du troisième type), et s’incrémente d’environ une arrestation par seconde.

La page dispense ensuite un tableau qui comptabilise le nombre d’arrestations réalisées dans les principales villes des États-Unis. Deux colonnes très denses listent pour chacune les « charges criminelles » retenues contre ces immigrants, et leur pays d’origine.

Le tableau ne donne aucun détail sur la répartition exacte des charges ou des pays concernés : son objectif n’est manifestement pas de donner des éléments d’analyse, mais simplement de souligner l’importance des volumes.

« Si vous avez été témoin d’un enlèvement extraterrestre, ne vous inquiétez pas. L’extraterrestre est entre de bonnes mains. Nous allons nous en occuper… et le ramener sain et sauf d’où il vient », plaisante le texte, avant d’afficher un énorme bouton rouge incitant à la délation.

« Signalez les aliens suspects », propose un gros bouton rouge

Un rebond opportuniste

Plusieurs internautes avaient remarqué ces derniers jours que la Maison-Blanche avait déposé les noms de domaine alien.gov et aliens.gov. Certains imaginaient que les sites associés pourraient servir à de nouvelles révélations, dans la lignée des images déclassifiées publiées début mai par le Pentagone. Hébergés à l’adresse war.gov/ufo, ces documents avaient alors été présentés par Donald Trump comme une réponse à l’opacité entretenue par les administrations précédentes sur des informations relevant de l’intérêt public.

L’exploitation du site aliens.gov à des fins de propagande anti-immigration apparait dans ce contexte comme un rebond opportuniste, de la part d’une Maison-Blanche qui n’hésite pas à utiliser les mèmes, la pop culture, le jeu vidéo et bien sûr l’intelligence artificielle générative pour servir son propos.

« Le président Trump a dit la vérité. Le camouflage est terminé. Sécurisez la frontière. Expulsez-les tous », conclut le site aliens.gov, avec une ultime référence issue de la saga Pokemon.

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La Maison-Blanche lance un site dédié aux aliens pour appeler à dénoncer les immigrants

Pendant une triste nuit, le long d'une route solitaire de campagne...
La Maison-Blanche lance un site dédié aux aliens pour appeler à dénoncer les immigrants

La Maison-Blanche exploite le nom de domaine « aliens.gov » pour renvoyer vers une page qui comptabilise le nombre d’arrestations réalisées par sa police de l’immigration. Sur fond de codes visuels inspirés de la pop culture SF, elle compare les immigrants arrêtés à des envahisseurs face auxquels un seul homme a eu le courage de se dresser.

La communication décomplexée – et xénophobe – de l’administration Trump a franchi un nouveau palier. Jeudi, la Maison-Blanche a commencé à exploiter le nom de domaine aliens.gov, qu’elle fait pointer sur une page de son site Web (whitehouse.gov/aliens/), dédié aux performances de sa police anti-immigration, l’ICE.

Particularité de ce site ? Il joue à fond la carte des codes issus de la science-fiction et des séries populaires type X-Files, en exploitant la double signification du terme aliens, qui en anglais peut aussi bien désigner les extra-terrestres que les étrangers (souvenez-vous de la chanson de Sting).

« Ils sont parmi nous »

« Ils sont parmi nous », attaque le site, qui charge ensuite au fur et à mesure un texte dont la graphie, le défilement et la narration rappelle délibérément l’introduction des films de la saga Star Wars, ou l’introduction de certaines séries SF comme les Envahisseurs :

« Des extraterrestres vivent parmi nous — dans nos quartiers, interagissant avec nous au quotidien. Ils fréquentent les mêmes magasins, partagent les mêmes salles de classe que nos enfants, et mènent des existences en apparence parfaitement humaines. À une exception près : ils n’ont rien à faire ici ».

La suite décrit comment tout le monde a protégé ce secret jusqu’à ce qu’un homme ait finalement « le courage de dire la vérité ». La chute rend hommage au héros de l’histoire :

« Le président Trump a été le premier à dénoncer le danger réel que représentent les aliens pour chaque famille américaine, chaque communauté et l’avenir de notre nation. La vérité n’est plus ailleurs. Elle est ici et maintenant. »

« Ils » sont parmi nous mais heureusement, Donald Trump les a vus – capture d’écran

Des chiffres en vrac et sans contexte

Le site embraie ensuite sur une carte « live » des arrestations d’étrangers réalisées aux États-Unis par la police anti-immigration, surmontée d’un décompte qui affichait, le 29 mai vers midi, quelque 3,130 millions de « rencontres » (le terme file lui aussi la métaphore extraterrestre, comme dans Rencontres du troisième type), et s’incrémente d’environ une arrestation par seconde.

La page dispense ensuite un tableau qui comptabilise le nombre d’arrestations réalisées dans les principales villes des États-Unis. Deux colonnes très denses listent pour chacune les « charges criminelles » retenues contre ces immigrants, et leur pays d’origine.

Le tableau ne donne aucun détail sur la répartition exacte des charges ou des pays concernés : son objectif n’est manifestement pas de donner des éléments d’analyse, mais simplement de souligner l’importance des volumes.

« Si vous avez été témoin d’un enlèvement extraterrestre, ne vous inquiétez pas. L’extraterrestre est entre de bonnes mains. Nous allons nous en occuper… et le ramener sain et sauf d’où il vient », plaisante le texte, avant d’afficher un énorme bouton rouge incitant à la délation.

« Signalez les aliens suspects », propose un gros bouton rouge

Un rebond opportuniste

Plusieurs internautes avaient remarqué ces derniers jours que la Maison-Blanche avait déposé les noms de domaine alien.gov et aliens.gov. Certains imaginaient que les sites associés pourraient servir à de nouvelles révélations, dans la lignée des images déclassifiées publiées début mai par le Pentagone. Hébergés à l’adresse war.gov/ufo, ces documents avaient alors été présentés par Donald Trump comme une réponse à l’opacité entretenue par les administrations précédentes sur des informations relevant de l’intérêt public.

L’exploitation du site aliens.gov à des fins de propagande anti-immigration apparait dans ce contexte comme un rebond opportuniste, de la part d’une Maison-Blanche qui n’hésite pas à utiliser les mèmes, la pop culture, le jeu vidéo et bien sûr l’intelligence artificielle générative pour servir son propos.

« Le président Trump a dit la vérité. Le camouflage est terminé. Sécurisez la frontière. Expulsez-les tous », conclut le site aliens.gov, avec une ultime référence issue de la saga Pokemon.

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☕️ Produits dangereux ou illicites : Temu condamné à 200 millions d’euros



Temu a enfreint le règlement européen sur les services numériques : en conséquence, la plateforme chinoise écope d’une amende de 200 millions d’euros. Et la douloureuse pourrait être encore plus salée.

Bruxelles inflige une amende de 200 millions d’euros à Temu, qui n’a pas su correctement évaluer les risques liés à la vente de produits illégaux ou dangereux. La Commission estime aussi que les consommateurs européens ont « très probablement » été exposés à ces produits. « Les évaluations des risques ne sont pas de simples exercices administratifs à cocher sur une liste : elles constituent l’épine dorsale du DSA », rappelle Henna Virkkunen, vice-présidente en charge de la Souveraineté technologique.

Illustration : Flock

Le règlement européen impose aux très grandes plateformes d’analyser les risques systémiques liés à leurs services, de documenter ces risques et de mettre en place des mesures adaptées pour réduire ces risques. L’évaluation effectuée par Temu en 2024 a échoué sur plusieurs points importants, d’après l’enquête du régulateur. Elle reposait en effet sur des informations générales du secteur du commerce en ligne, pas sur des données spécifiques à Temu.

La plateforme aurait aussi fortement sous-estimé la fréquence à laquelle les utilisateurs européens tombent sur des produits illégaux. Enfin, Temu n’aurait pas suffisamment étudié l’impact de ses algorithmes de recommandation sur la distribution de ses produits. Bruxelles évoque également un exercice de « shopping mystère » ayant démontré la défaillance aux contrôles de sécurité basiques de chargeurs. Plusieurs jouets pour bébés contenaient des substances chimiques interdites ou qui présentaient des risques d’étouffement.

L’enquête avait été initiée suite à un signalement du BEUC, le bureau européen des unions de consommateurs. Rapidement, la Commission avait élargi ses investigations à Shein.

La sanction européenne est significative, mais ce n’est finalement qu’un symbole sachant que le DSA permet, en théorie, des amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial annuel. La Commission veut surtout mettre la pression sur Temu, en lui demandant de fournir, d’ici au 28 août, un plan d’action détaillé pour remédier aux graves problèmes relevés par l’enquête. La plateforme devra expliquer comment elle compte mieux évaluer les risques, les mesures mises en place, et la manière dont elle réduira l’exposition des consommateurs européens à ces produits illégaux ou dangereux.

Des pénalités financières supplémentaires pourraient être imposées à Temu en cas de manquement répété à ses obligations. Dans une déclaration, l’entreprise affirme respecter les objectifs du DSA « ainsi que la nécessité de règles claires et cohérentes pour l’économie numérique ». Elle conteste la décision de la Commission européenne, qui « concerne notre première évaluation au titre du DSA en 2024 et ne reflète pas l’état actuel de nos systèmes ». Elle affirme que, depuis, des mesures supplémentaires ont été mises en œuvre.

Ce dossier touche à un point sensible depuis plusieurs mois : l’arrivée massive sur le sol européen de produits bon marché expédiés directement depuis la Chine.

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☕️ Produits dangereux ou illicites : Temu condamné à 200 millions d’euros



Temu a enfreint le règlement européen sur les services numériques : en conséquence, la plateforme chinoise écope d’une amende de 200 millions d’euros. Et la douloureuse pourrait être encore plus salée.

Bruxelles inflige une amende de 200 millions d’euros à Temu, qui n’a pas su correctement évaluer les risques liés à la vente de produits illégaux ou dangereux. La Commission estime aussi que les consommateurs européens ont « très probablement » été exposés à ces produits. « Les évaluations des risques ne sont pas de simples exercices administratifs à cocher sur une liste : elles constituent l’épine dorsale du DSA », rappelle Henna Virkkunen, vice-présidente en charge de la Souveraineté technologique.

Illustration : Flock

Le règlement européen impose aux très grandes plateformes d’analyser les risques systémiques liés à leurs services, de documenter ces risques et de mettre en place des mesures adaptées pour réduire ces risques. L’évaluation effectuée par Temu en 2024 a échoué sur plusieurs points importants, d’après l’enquête du régulateur. Elle reposait en effet sur des informations générales du secteur du commerce en ligne, pas sur des données spécifiques à Temu.

La plateforme aurait aussi fortement sous-estimé la fréquence à laquelle les utilisateurs européens tombent sur des produits illégaux. Enfin, Temu n’aurait pas suffisamment étudié l’impact de ses algorithmes de recommandation sur la distribution de ses produits. Bruxelles évoque également un exercice de « shopping mystère » ayant démontré la défaillance aux contrôles de sécurité basiques de chargeurs. Plusieurs jouets pour bébés contenaient des substances chimiques interdites ou qui présentaient des risques d’étouffement.

L’enquête avait été initiée suite à un signalement du BEUC, le bureau européen des unions de consommateurs. Rapidement, la Commission avait élargi ses investigations à Shein.

La sanction européenne est significative, mais ce n’est finalement qu’un symbole sachant que le DSA permet, en théorie, des amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial annuel. La Commission veut surtout mettre la pression sur Temu, en lui demandant de fournir, d’ici au 28 août, un plan d’action détaillé pour remédier aux graves problèmes relevés par l’enquête. La plateforme devra expliquer comment elle compte mieux évaluer les risques, les mesures mises en place, et la manière dont elle réduira l’exposition des consommateurs européens à ces produits illégaux ou dangereux.

Des pénalités financières supplémentaires pourraient être imposées à Temu en cas de manquement répété à ses obligations. Dans une déclaration, l’entreprise affirme respecter les objectifs du DSA « ainsi que la nécessité de règles claires et cohérentes pour l’économie numérique ». Elle conteste la décision de la Commission européenne, qui « concerne notre première évaluation au titre du DSA en 2024 et ne reflète pas l’état actuel de nos systèmes ». Elle affirme que, depuis, des mesures supplémentaires ont été mises en œuvre.

Ce dossier touche à un point sensible depuis plusieurs mois : l’arrivée massive sur le sol européen de produits bon marché expédiés directement depuis la Chine.

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Avec son contrôle sur l’information, la Chine biaise les chatbots dans sa langue

Biaisés par la Chine
Avec son contrôle sur l’information, la Chine biaise les chatbots dans sa langue

La propagande chinoise influence le milieu de l’IA non seulement via les modèles que ses entreprises créent mais aussi via les données d’entrainement des autres modèles comme Claude Opus 4.7, gemini-3.1-pro ou GPT-5.5 sortis en 2026. Une étude montre qu’ils utilisent massivement la propagande chinoise comme données d’entrainement, et recrachent sans problème les mensonges du régime lorsqu’ils sont interrogés en chinois.

Quand est arrivé le modèle Deepseek R1 l’année dernière, on imaginait bien que les résultats de ce modèle seraient influencés par le gouvernement autoritaire chinois qui a le contrôle sur les paysages de la tech de son pays. Ainsi, on a pu rapidement constater une censure concernant les sujets sur Taïwan, la répression de la place de Tian’Anmen en 1989 ou sur Xi Jinping.

Mais qu’en est-il de l’influence de Pékin sur d’autres modèles qui ne sont pas créés par des entreprises dépendantes du pouvoir chinois ? Dans une étude publiée récemment dans la revue scientifique Nature, des chercheuses et chercheurs de plusieurs universités américaines montrent que l’État chinois a une influence importante de façon indirecte sur les résultats de modèles n’étant pas contrôlés par la Chine. L’étude est aussi accessible sur un site hébergé sur GitHub.

Ainsi, des modèles comme Claude Opus 4.7, gemini-3.1-pro ou GPT-5.5 sortis cette année sont toujours influencés sur les questions concernant la Chine quand ils sont utilisés avec des langues chinoises. Ils montrent même que l’influence de l’État chinois est croissante. Les auteurs ont découpé leurs travaux en six parties.

La propagande comme données d’entrainement

D’abord, dans une première étude, ils ont montré que les textes rédigés par le département de la propagande de la Chine apparaissent très fréquemment dans les ensembles de données multilingues courants utilisés pour entrainer les modèles.

Ils ont notamment étudié CulturaX, un sous-ensemble « nettoyé, immense et public » de Common Crawl destiné à « démocratiser les grands modèles de langage pour 167 langues ». « Par rapport à la moyenne générale, un pourcentage remarquablement élevé (3,28 à 23,98 %) des données d’entraînement mentionnant des dirigeants et des institutions politiques correspond à des textes manipulés par l’État », expliquent-ils concernant les documents en chinois contenus dans CulturaX.

Les modèles les plus récents régurgitent le plus la propagande chinoise

Ensuite, ils ont montré que les modèles commerciaux régurgitent des phrases venant de la propagande chinoise, ce qui montre qu’ils ont été entraînés dessus. En parallèle, ils ont vérifié qu’entrainer un modèle sur la propagande augmentait les réponses pro-autoritarisme, ce qu’on pouvait imaginer.

« Les modèles les plus récents et les plus puissants affichent des taux de mémorisation plus élevés », commentent les chercheurs. Ainsi, claude-opus-4.6, gpt-5.5 et claude-opus-4.7 régurgitent le plus de propagandes chinoises, même deepseek-v3.2 et deepseek-v4-pro sont battus :

Si les données d’entrainement des modèles semblent intégrer massivement de la propagande chinoise, quelle en est la conséquence sur les résultats ? Sans surprise, tous les modèles sont influencés. Évalués de façon automatique via un LLM, ils répondent tous davantage en adéquation avec la propagande chinoise quand ils sont interrogés en chinois qu’en anglais. Et encore une fois, c’est d’autant plus vrai que le modèle est récent : claude-opus-4.6, gpt-5.4, gpt-5.5, gemini-3.1-pro et claude-opus-4.7 sont particulièrement influencés.

Notons que les chercheurs mesurent ici un ratio entre l’alignement en chinois et en anglais avec la propagande chinoise. DeepSeek V4 Pro reprenant cette propagande aussi en anglais, son ratio est plus bas que les autres, mais ça ne veut pas dire qu’il relaie moins la propagande du régime en chinois.

Ils ont répliqué ce test sur des prompts d’utilisateurs réels faisant référence à Xi Jinping ou au Parti Communiste chinois issus du sous-ensemble en chinois de l’ensemble de données WildChat (un dataset sur l’utilisation de ChatGPT), de Baidu Zhidao Q&A (l’équivalent chinois de Yahoo Answers) et de Zhihu (l’équivalent chinois de Quora). «Tous les modèles commerciaux ont montré une opinion plus favorable à l’égard des dirigeants et des institutions chinois lorsque les questions étaient posées en chinois plutôt qu’en anglais », expliquent-ils.

La liberté de la presse d’autant plus importante

Enfin, dans leur étude, ils ont élargi le focus pour étudier une éventuelle généralisation à d’autres pays autoritaires. « Dans les 37 pays où une langue est dominante, les LLM alimentés par des requêtes dans la langue cible principalement utilisée dans le pays concerné produisent des réponses plus favorables au régime lorsque la liberté de la presse est faible. Les pays situés en haut du classement de la liberté de la presse ne présentent guère de différence par rapport à la référence en anglais, et dans certains cas, on observe même une légère corrélation négative, ce qui suggère que ce phénomène dépasse le cas de la Chine », expliquent-ils.

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Avec son contrôle sur l’information, la Chine biaise les chatbots dans sa langue

Biaisés par la Chine
Avec son contrôle sur l’information, la Chine biaise les chatbots dans sa langue

La propagande chinoise influence le milieu de l’IA non seulement via les modèles que ses entreprises créent mais aussi via les données d’entrainement des autres modèles comme Claude Opus 4.7, gemini-3.1-pro ou GPT-5.5 sortis en 2026. Une étude montre qu’ils utilisent massivement la propagande chinoise comme données d’entrainement, et recrachent sans problème les mensonges du régime lorsqu’ils sont interrogés en chinois.

Quand est arrivé le modèle Deepseek R1 l’année dernière, on imaginait bien que les résultats de ce modèle seraient influencés par le gouvernement autoritaire chinois qui a le contrôle sur les paysages de la tech de son pays. Ainsi, on a pu rapidement constater une censure concernant les sujets sur Taïwan, la répression de la place de Tian’Anmen en 1989 ou sur Xi Jinping.

Mais qu’en est-il de l’influence de Pékin sur d’autres modèles qui ne sont pas créés par des entreprises dépendantes du pouvoir chinois ? Dans une étude publiée récemment dans la revue scientifique Nature, des chercheuses et chercheurs de plusieurs universités américaines montrent que l’État chinois a une influence importante de façon indirecte sur les résultats de modèles n’étant pas contrôlés par la Chine. L’étude est aussi accessible sur un site hébergé sur GitHub.

Ainsi, des modèles comme Claude Opus 4.7, gemini-3.1-pro ou GPT-5.5 sortis cette année sont toujours influencés sur les questions concernant la Chine quand ils sont utilisés avec des langues chinoises. Ils montrent même que l’influence de l’État chinois est croissante. Les auteurs ont découpé leurs travaux en six parties.

La propagande comme données d’entrainement

D’abord, dans une première étude, ils ont montré que les textes rédigés par le département de la propagande de la Chine apparaissent très fréquemment dans les ensembles de données multilingues courants utilisés pour entrainer les modèles.

Ils ont notamment étudié CulturaX, un sous-ensemble « nettoyé, immense et public » de Common Crawl destiné à « démocratiser les grands modèles de langage pour 167 langues ». « Par rapport à la moyenne générale, un pourcentage remarquablement élevé (3,28 à 23,98 %) des données d’entraînement mentionnant des dirigeants et des institutions politiques correspond à des textes manipulés par l’État », expliquent-ils concernant les documents en chinois contenus dans CulturaX.

Les modèles les plus récents régurgitent le plus la propagande chinoise

Ensuite, ils ont montré que les modèles commerciaux régurgitent des phrases venant de la propagande chinoise, ce qui montre qu’ils ont été entraînés dessus. En parallèle, ils ont vérifié qu’entrainer un modèle sur la propagande augmentait les réponses pro-autoritarisme, ce qu’on pouvait imaginer.

« Les modèles les plus récents et les plus puissants affichent des taux de mémorisation plus élevés », commentent les chercheurs. Ainsi, claude-opus-4.6, gpt-5.5 et claude-opus-4.7 régurgitent le plus de propagandes chinoises, même deepseek-v3.2 et deepseek-v4-pro sont battus :

Si les données d’entrainement des modèles semblent intégrer massivement de la propagande chinoise, quelle en est la conséquence sur les résultats ? Sans surprise, tous les modèles sont influencés. Évalués de façon automatique via un LLM, ils répondent tous davantage en adéquation avec la propagande chinoise quand ils sont interrogés en chinois qu’en anglais. Et encore une fois, c’est d’autant plus vrai que le modèle est récent : claude-opus-4.6, gpt-5.4, gpt-5.5, gemini-3.1-pro et claude-opus-4.7 sont particulièrement influencés.

Notons que les chercheurs mesurent ici un ratio entre l’alignement en chinois et en anglais avec la propagande chinoise. DeepSeek V4 Pro reprenant cette propagande aussi en anglais, son ratio est plus bas que les autres, mais ça ne veut pas dire qu’il relaie moins la propagande du régime en chinois.

Ils ont répliqué ce test sur des prompts d’utilisateurs réels faisant référence à Xi Jinping ou au Parti Communiste chinois issus du sous-ensemble en chinois de l’ensemble de données WildChat (un dataset sur l’utilisation de ChatGPT), de Baidu Zhidao Q&A (l’équivalent chinois de Yahoo Answers) et de Zhihu (l’équivalent chinois de Quora). «Tous les modèles commerciaux ont montré une opinion plus favorable à l’égard des dirigeants et des institutions chinois lorsque les questions étaient posées en chinois plutôt qu’en anglais », expliquent-ils.

La liberté de la presse d’autant plus importante

Enfin, dans leur étude, ils ont élargi le focus pour étudier une éventuelle généralisation à d’autres pays autoritaires. « Dans les 37 pays où une langue est dominante, les LLM alimentés par des requêtes dans la langue cible principalement utilisée dans le pays concerné produisent des réponses plus favorables au régime lorsque la liberté de la presse est faible. Les pays situés en haut du classement de la liberté de la presse ne présentent guère de différence par rapport à la référence en anglais, et dans certains cas, on observe même une légère corrélation négative, ce qui suggère que ce phénomène dépasse le cas de la Chine », expliquent-ils.

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Health Data Hub : deux outils pour anticiper l’espace européen des données de santé

En espérant que ça ne les rend pas encore plus accessibles aux pirates
Health Data Hub : deux outils pour anticiper l’espace européen des données de santé

Dans le cadre de l’espace européen des données de santé, le Health data hub français vient de lancer deux outils concernant l’accès à ce genre de données : un répertoire qui permet de connaître les projets de recherche qui utilisent telle base de données et un catalogue qui donne des informations plus techniques pour y accéder.

La Plateforme des données de santé française (PDS ou en anglais HDH pour Health data hub) met en place des outils pour anticiper les futures exigences du règlement relatif à l’Espace européen des données de santé (EEDS) qui doit permettre de donner de la visibilité, de la lisibilité et de la transparence sur les données de santé disponibles en France et sur leur réutilisation.

Un appel d’offres européen de 24 millions d’euros

De plus en plus de données de santé sont récupérées, que ce soit par les industriels ou les hôpitaux, pour faire avancer la recherche. Depuis 2022, l’Europe bâtit petit à petit son projet d’Espace européen des données de santé qu’elle a formellement validé en février 2025 dans un règlement. « L’EEDS sera un élément clé de la création d’une Union de la santé européenne forte et résiliente », assurait ce texte. Si celui-ci « devrait être applicable à compter du 26 mars 2027 », plusieurs dispositions s’appliqueront à partir de 2029. En avril, la Commission a lancé un appel d’offres de 24 millions d’euros « pour soutenir les droits des citoyens et la réutilisation des données de santé dans le cadre de l’EEDS ».

Dans ce cadre, la Plateforme des données de santé française annonce prendre les devants en rendant disponible un répertoire national des bases de données de santé. Comme elle l’indique, le référencement dans ce répertoire national « s’inscrit dans une dynamique qui deviendra pleinement obligatoire à horizon 2029 ».

Un répertoire pour informer le plus grand nombre

Ce répertoire recense les bases de données autorisées par la CNIL et visées par ce règlement. Il est utile pour n’importe quelle personne qui voudrait se renseigner sur un projet de base de données de recherche, mais il permet aussi d’informer plus spécifiquement les personnes dont les données ont été collectées sur leurs utilisations et sur la procédure pour exercer ses droits d’accès, de rectification, d’opposition, d’effacement et de limitation. Elle permet aussi à des porteurs de projets de s’informer sur les coûts de redevance pour accéder à une base.

Par exemple, on peut connaître tous les détails concernant la Banque Nationale de Données Maladies Rares. Comme la plupart des bases de données répertoriées, celle-ci est disponible via l’entrepôt de la PDS, puisque celui-ci doit théoriquement servir de guichet unique. Mais ce n’est pas ce répertoire qui permet d’y accéder directement. Celui-ci permet de valoriser et rendre disponibles les données des projets « à l’échelle nationale et, demain, à l’échelle européenne ». Un formulaire hébergé sur demarche.numerique.gouv.fr permet de référencer son projet.

Un catalogue pour aller plus dans les détails

L’autre outil proposé par la PDS est un catalogue de meta-données. Celui-ci, ciblant plus les porteurs de projets (chercheurs, industriels, acteurs de santé,…), permet de rentrer plus en détail sur le projet et les données stockées dans la base. Ainsi, en reprenant l’exemple de la Banque Nationale de Données Maladies Rares, on peut connaitre l’objectif initial de la base, sa couverture géographique, etc… mais aussi les caractéristiques complètes de la base comme le nombre d’individus uniques qu’elle concerne ou même la structure des données :

Ainsi, le catalogue doit permettre à un porteur de projet de gagner du temps pour évaluer si une base de données peut lui être utile. Il facilite aussi l’identification et la réutilisation des bases françaises, qu’il documente selon le standard Health DCAT-AP.

Pour intégrer ce catalogue, la PDS propose un formulaire en ligne pour générer un fichier de métadonnées et un kit documentaire. Le code du catalogue est disponible en « marque blanche » pour permettre à d’autres organismes de déployer le leur en étant compatible avec l’Espace européen des données de santé.

La PDS permet, « en une seule saisie, un double référencement » dans ces deux nouveaux outils.

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Health Data Hub : deux outils pour anticiper l’espace européen des données de santé

En espérant que ça ne les rend pas encore plus accessibles aux pirates
Health Data Hub : deux outils pour anticiper l’espace européen des données de santé

Dans le cadre de l’espace européen des données de santé, le Health data hub français vient de lancer deux outils concernant l’accès à ce genre de données : un répertoire qui permet de connaître les projets de recherche qui utilisent telle base de données et un catalogue qui donne des informations plus techniques pour y accéder.

La Plateforme des données de santé française (PDS ou en anglais HDH pour Health data hub) met en place des outils pour anticiper les futures exigences du règlement relatif à l’Espace européen des données de santé (EEDS) qui doit permettre de donner de la visibilité, de la lisibilité et de la transparence sur les données de santé disponibles en France et sur leur réutilisation.

Un appel d’offres européen de 24 millions d’euros

De plus en plus de données de santé sont récupérées, que ce soit par les industriels ou les hôpitaux, pour faire avancer la recherche. Depuis 2022, l’Europe bâtit petit à petit son projet d’Espace européen des données de santé qu’elle a formellement validé en février 2025 dans un règlement. « L’EEDS sera un élément clé de la création d’une Union de la santé européenne forte et résiliente », assurait ce texte. Si celui-ci « devrait être applicable à compter du 26 mars 2027 », plusieurs dispositions s’appliqueront à partir de 2029. En avril, la Commission a lancé un appel d’offres de 24 millions d’euros « pour soutenir les droits des citoyens et la réutilisation des données de santé dans le cadre de l’EEDS ».

Dans ce cadre, la Plateforme des données de santé française annonce prendre les devants en rendant disponible un répertoire national des bases de données de santé. Comme elle l’indique, le référencement dans ce répertoire national « s’inscrit dans une dynamique qui deviendra pleinement obligatoire à horizon 2029 ».

Un répertoire pour informer le plus grand nombre

Ce répertoire recense les bases de données autorisées par la CNIL et visées par ce règlement. Il est utile pour n’importe quelle personne qui voudrait se renseigner sur un projet de base de données de recherche, mais il permet aussi d’informer plus spécifiquement les personnes dont les données ont été collectées sur leurs utilisations et sur la procédure pour exercer ses droits d’accès, de rectification, d’opposition, d’effacement et de limitation. Elle permet aussi à des porteurs de projets de s’informer sur les coûts de redevance pour accéder à une base.

Par exemple, on peut connaître tous les détails concernant la Banque Nationale de Données Maladies Rares. Comme la plupart des bases de données répertoriées, celle-ci est disponible via l’entrepôt de la PDS, puisque celui-ci doit théoriquement servir de guichet unique. Mais ce n’est pas ce répertoire qui permet d’y accéder directement. Celui-ci permet de valoriser et rendre disponibles les données des projets « à l’échelle nationale et, demain, à l’échelle européenne ». Un formulaire hébergé sur demarche.numerique.gouv.fr permet de référencer son projet.

Un catalogue pour aller plus dans les détails

L’autre outil proposé par la PDS est un catalogue de meta-données. Celui-ci, ciblant plus les porteurs de projets (chercheurs, industriels, acteurs de santé,…), permet de rentrer plus en détail sur le projet et les données stockées dans la base. Ainsi, en reprenant l’exemple de la Banque Nationale de Données Maladies Rares, on peut connaitre l’objectif initial de la base, sa couverture géographique, etc… mais aussi les caractéristiques complètes de la base comme le nombre d’individus uniques qu’elle concerne ou même la structure des données :

Ainsi, le catalogue doit permettre à un porteur de projet de gagner du temps pour évaluer si une base de données peut lui être utile. Il facilite aussi l’identification et la réutilisation des bases françaises, qu’il documente selon le standard Health DCAT-AP.

Pour intégrer ce catalogue, la PDS propose un formulaire en ligne pour générer un fichier de métadonnées et un kit documentaire. Le code du catalogue est disponible en « marque blanche » pour permettre à d’autres organismes de déployer le leur en étant compatible avec l’Espace européen des données de santé.

La PDS permet, « en une seule saisie, un double référencement » dans ces deux nouveaux outils.

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Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

Qu'entendez-vous par extrêmisme ?
Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

Aux niveaux local et fédéral des États-Unis, différents services de renseignement et de maintien de l’ordre surveillent de plus en plus les mouvements d’opposition à l’intelligence artificielle ou à l’édification de certains centres de données. Un service évoque même la possibilité d’un « extrémisme anti-technologie », aux caractéristiques floues.

À force d’inquiétude généralisée envers les effets de l’intelligence artificielle (IA) sur les emplois, de manifestations contre des centres de données et d’attaques contre le domicile de Sam Altman, les forces de l’ordre états-uniennes discutent d’un nouveau risque : l’extrémisme anti-technologie. C’est du moins l’image qu’un rapport non publié du ministère de la Sécurité intérieure local, obtenu par Wired, dessine.

L’arrestation en février 2025 de Ziz Laota, accusée d’avoir mené un groupe à la manière d’une secte, pourrait accréditer la thèse de l’existence d’un tel extrémiste. Surnommés les « Zizians » dans les médias états-uniens, ce groupe d’ingénieurs obsédés par les risques existentiels de l’IA est en effet suspecté d’avoir causé au moins six morts.

En l’état, cela dit, le concept d’« extrémisme anti-tech » est proposé avec une définition si vague que certains experts craignent une instrumentalisation. Les mouvements d’opposition au déploiement de l’IA ou à l’expansion de son infrastructure se multiplient à travers les États-Unis, alors que certains sondages estiment à 71 % la part des Américains opposés à la construction de nouveaux centres de données. Mais le gouvernement Trump s’est fait l’ardent promoteur de cette industrie.

Des catégories floues

De fait, cette nouvelle catégorie d’extrémisme surveillée par le FBI et les services antiterroristes états-uniens apparaît quelques mois seulement après que Donald Trump a déclaré que l’antifascisme était une forme de terrorisme, et ordonné au ministère de la Justice de réprimer les personnes démontrant des opinions « anti-américaine », « anti-chrétienne » et « anti-capitaliste ».

Alors que la stratégie antiterroriste publiée mi-mai (.pdf) par son administration place l’extrémisme d’extrême-gauche parmi les trois priorités antiterroristes du pays, des documents de travail du Bureau new-yorkais du renseignement et de la lutte contre le terrorisme introduisent ce fameux concept d’« extrémisme violent anti-tech » sans le définir précisément. Si l’expression n’apparaît pas pour le moment dans les documents émis par le FBI ou le ministère de la Sécurité intérieure, ces fichiers trahissent une attention accrue portée aux mouvements critiques de l’industrie de l’IA à travers le pays.

Le rapport de la police new-yorkaise fait notamment suite à un travail conjoint mené avec le FBI dans le cadre d’une enquête sur des « acteurs anarchistes extrémistes violents ». Ailleurs, à travers les États-Unis, les centres dédiés à faire le lien entre agences de renseignement fédérales et forces de l’ordre locales collectent quant à eux de l’information sur les mouvements qui s’inquiètent de l’avancée de l’IA, ou sur des menaces présumées contre des centres de données.

En Virginie du Nord, l’un de ces centres catégorise comme démonstration de risque de violence des comportements vagues. Dans son rapport, Wired relève que des activités comme des « menaces exprimées ou implicites », « l’observation ou la surveillance », la « photographie », le « test des dispositifs de sécurité » et les « tentatives d’intrusion » sont toutes citées comme de potentielles démonstrations d’extrêmisme.

En mars, un autre de leurs rapports démontrait une surveillance accrue de manifestations protégées par la Constitution des États-Unis. Ainsi de rassemblements anti-Tesla, ou d’une manifestation titrée « Break Up with Red Rager » organisée par un groupe d’activistes visant à stopper les investissements dans le fabricant d’arme israélien Elbit.

Inévitabilité de l’IA contre mobilisations citoyennes

Conseiller juridique du Fonds de défense juridique de la NAACP, une organisation de défense des droits civiques, Spencer Reynolds estime auprès du magazine que ce type de « rapport d’activités suspectes sont incroyablement peu fiables : ils concernent souvent des comportements vagues ou innocents et sont établis selon des critères très laxistes », avec le risque de laisser les agents « y projeter leurs propres préjugés ». Le FBI, lui, déclare simplement enquêter sur les personnes qui « commettent ou ont l’intention de commettre des actes de violence » ou « représentent une menace pour la sécurité nationale ».

En 2023, le capital-risqueur et cofondateur du fonds Andreessen Horowitz Marc Andreessen tenait un discours qui peut désormais se lire comme annonciateur de la tendance visible au sein des forces de l’ordre états-uniennes. « Toute décélération de l’IA coûterait des vies », affirmait-il dans son « manifeste techno-optimiste ». Depuis, nombreux sont les dirigeants de sociétés constructrices ou financeuses du développement de l’IA qui décrivent son déploiement dans tous les pans de la société comme inévitable.

Pour autant, comme le démontre un récent travail mené par la journaliste et autrice de l’essai Empire Of AI Karen Hao, la résistance à cette lame de fond est déjà présente et active, partout sur le globe. Avec une équipe incluant notamment des membres du DAIR Institute, cofondé par l’ingénieure Timnit Gebru, la journaliste a constitué une liste d’exemples d’actions concrètes de résistance à l’IA. Ces dernières vont de l’adaptation des récits et de l’imagerie relative à l’IA jusqu’à son refus pur et simple, en passant par la construction de systèmes alternatifs. Or, aux États-Unis, elle s’incarne déjà jusque dans des manifestations bipartisanes contre certains centres de données.

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Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

Qu'entendez-vous par extrêmisme ?
Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

Aux niveaux local et fédéral des États-Unis, différents services de renseignement et de maintien de l’ordre surveillent de plus en plus les mouvements d’opposition à l’intelligence artificielle ou à l’édification de certains centres de données. Un service évoque même la possibilité d’un « extrémisme anti-technologie », aux caractéristiques floues.

À force d’inquiétude généralisée envers les effets de l’intelligence artificielle (IA) sur les emplois, de manifestations contre des centres de données et d’attaques contre le domicile de Sam Altman, les forces de l’ordre états-uniennes discutent d’un nouveau risque : l’extrémisme anti-technologie. C’est du moins l’image qu’un rapport non publié du ministère de la Sécurité intérieure local, obtenu par Wired, dessine.

L’arrestation en février 2025 de Ziz Laota, accusée d’avoir mené un groupe à la manière d’une secte, pourrait accréditer la thèse de l’existence d’un tel extrémiste. Surnommés les « Zizians » dans les médias états-uniens, ce groupe d’ingénieurs obsédés par les risques existentiels de l’IA est en effet suspecté d’avoir causé au moins six morts.

En l’état, cela dit, le concept d’« extrémisme anti-tech » est proposé avec une définition si vague que certains experts craignent une instrumentalisation. Les mouvements d’opposition au déploiement de l’IA ou à l’expansion de son infrastructure se multiplient à travers les États-Unis, alors que certains sondages estiment à 71 % la part des Américains opposés à la construction de nouveaux centres de données. Mais le gouvernement Trump s’est fait l’ardent promoteur de cette industrie.

Des catégories floues

De fait, cette nouvelle catégorie d’extrémisme surveillée par le FBI et les services antiterroristes états-uniens apparaît quelques mois seulement après que Donald Trump a déclaré que l’antifascisme était une forme de terrorisme, et ordonné au ministère de la Justice de réprimer les personnes démontrant des opinions « anti-américaine », « anti-chrétienne » et « anti-capitaliste ».

Alors que la stratégie antiterroriste publiée mi-mai (.pdf) par son administration place l’extrémisme d’extrême-gauche parmi les trois priorités antiterroristes du pays, des documents de travail du Bureau new-yorkais du renseignement et de la lutte contre le terrorisme introduisent ce fameux concept d’« extrémisme violent anti-tech » sans le définir précisément. Si l’expression n’apparaît pas pour le moment dans les documents émis par le FBI ou le ministère de la Sécurité intérieure, ces fichiers trahissent une attention accrue portée aux mouvements critiques de l’industrie de l’IA à travers le pays.

Le rapport de la police new-yorkaise fait notamment suite à un travail conjoint mené avec le FBI dans le cadre d’une enquête sur des « acteurs anarchistes extrémistes violents ». Ailleurs, à travers les États-Unis, les centres dédiés à faire le lien entre agences de renseignement fédérales et forces de l’ordre locales collectent quant à eux de l’information sur les mouvements qui s’inquiètent de l’avancée de l’IA, ou sur des menaces présumées contre des centres de données.

En Virginie du Nord, l’un de ces centres catégorise comme démonstration de risque de violence des comportements vagues. Dans son rapport, Wired relève que des activités comme des « menaces exprimées ou implicites », « l’observation ou la surveillance », la « photographie », le « test des dispositifs de sécurité » et les « tentatives d’intrusion » sont toutes citées comme de potentielles démonstrations d’extrêmisme.

En mars, un autre de leurs rapports démontrait une surveillance accrue de manifestations protégées par la Constitution des États-Unis. Ainsi de rassemblements anti-Tesla, ou d’une manifestation titrée « Break Up with Red Rager » organisée par un groupe d’activistes visant à stopper les investissements dans le fabricant d’arme israélien Elbit.

Inévitabilité de l’IA contre mobilisations citoyennes

Conseiller juridique du Fonds de défense juridique de la NAACP, une organisation de défense des droits civiques, Spencer Reynolds estime auprès du magazine que ce type de « rapport d’activités suspectes sont incroyablement peu fiables : ils concernent souvent des comportements vagues ou innocents et sont établis selon des critères très laxistes », avec le risque de laisser les agents « y projeter leurs propres préjugés ». Le FBI, lui, déclare simplement enquêter sur les personnes qui « commettent ou ont l’intention de commettre des actes de violence » ou « représentent une menace pour la sécurité nationale ».

En 2023, le capital-risqueur et cofondateur du fonds Andreessen Horowitz Marc Andreessen tenait un discours qui peut désormais se lire comme annonciateur de la tendance visible au sein des forces de l’ordre états-uniennes. « Toute décélération de l’IA coûterait des vies », affirmait-il dans son « manifeste techno-optimiste ». Depuis, nombreux sont les dirigeants de sociétés constructrices ou financeuses du développement de l’IA qui décrivent son déploiement dans tous les pans de la société comme inévitable.

Pour autant, comme le démontre un récent travail mené par la journaliste et autrice de l’essai Empire Of AI Karen Hao, la résistance à cette lame de fond est déjà présente et active, partout sur le globe. Avec une équipe incluant notamment des membres du DAIR Institute, cofondé par l’ingénieure Timnit Gebru, la journaliste a constitué une liste d’exemples d’actions concrètes de résistance à l’IA. Ces dernières vont de l’adaptation des récits et de l’imagerie relative à l’IA jusqu’à son refus pur et simple, en passant par la construction de systèmes alternatifs. Or, aux États-Unis, elle s’incarne déjà jusque dans des manifestations bipartisanes contre certains centres de données.

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Têtes de cochon, mosquées : les documents qui éclairent la « frappe cognitive » russe

Désinformation hybride
Têtes de cochon, mosquées : les documents qui éclairent la « frappe cognitive » russe

Préparatifs des dépôts de têtes de cochons devant des mosquées parisiennes, échanges entre une agence d’influence et l’administration russe… De nouveaux documents éclairent la manière qu’a la Russie de tenter de cliver les opinions occidentales.

Dix têtes de cochons sur lesquelles sont écrites, à la peinture bleue, « Macron ». À l’arrière de la table sont posés les pinceaux qui ont permis de réaliser cette mise en scène.

Des documents obtenus par les journalistes du média estonien Delfi et partagés avec l’Organized Crime and Corruption Reporting Project, Le Monde et d’autres médias permettent de mieux comprendre comment et pourquoi neuf mosquées et centre culturels islamiques parisiens ont été visés, en septembre 2025, par une attaque islamophobe. Au matin, chacune avait découvert devant sa porte les têtes de cochons ensanglantées et peintes.

La photo des préparatifs, elle, se trouve sur la première page d’un document détaillant concrètement les préparatifs de l’attaque, a priori à destination de ses commanditaires. Détaillant ce qu’ils qualifient de « frappes cognitives » contre l’Occident, ces fichiers émanent de plusieurs sociétés proches de l’Administration du président de Russie, en particulier de la Social Design Agency (SDA). Cette dernière s’est fait une spécialité des opérations d’ingérence et est déjà soumise à des sanctions des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Union européenne pour de précédentes campagnes d’influence.

Les documents comprennent aussi les captures d’écran d’un logiciel de messagerie utilisé conjointement par les équipes de la SDA et des représentants de l’administration russe. Enjeu affiché de ces opérations : « préserver [l’]image de superpuissance » de la Russie sur la scène internationale. « Plus la Russie mène de campagnes d’influence actives à travers le monde, plus l’image de la Russie en tant que puissance mondiale s’en trouve renforcée », indique l’un des textes.

Des projets abandonnés et d’autres effectivement menés en France

Si plusieurs pays occidentaux sont visés, la France a notamment subi depuis deux ans de multiples opérations qui mêlent ainsi le recours à des actions menées hors ligne par des hommes de main, pour ensuite alimenter le désordre dans le débat public. Outre l’opération « Tête de cochon », les documents récupérés citent notamment l’opération « Synagogues vertes », qui décrit les jets de peinture verte à l’encontre du Mémorial de la Shoah, d’un restaurant et de plusieurs synagogues parisiennes, fin 2025.

D’après Le Monde, la note indique clairement que « l’objectif de cette action était de discréditer les autorités françaises, jugées incapables d’endiguer la montée de l’antisémitisme islamiste à Paris ». Elle souligne que l’action a fait la une des journaux du monde entier.

Dans le lot des documents fuités, certains concernent des projets a priori abandonnés. L’un d’eux consistait à asperger de peinture la statue du Général de Gaulle située sur les Champs-Élysées, pour attaquer les positions pro-russes de son petit-fils Pierre de Gaulle. Un autre aurait constitué à lancer des poupées gonflables sur la Seine, « 20 blanches, 10 noires », après y avoir inscrit un slogan anti-immigrés. Ces divers projets semblent ne pas avoir dépassé l’étape de la réflexion.

Influenceurs pro-russes, vandalisme et interférences électorales

Leur nombre traduit néanmoins l’intérêt des agents d’influence pour ce type d’opérations dites « hybrides », qui recourent à une opération physique pour laisser le cycle de l’information et des réseaux sociaux prendre le relais.

Comme celle des « têtes de cochon », l’opération des étoiles bleues de David peintes dans Paris en octobre 2023 avait ainsi fait l’objet de vastes débats médiatiques dans les dix jours suivant leur découverte, avant que leur nature d’opération de propagande ne soit révélée. Les deux soulignent aussi la relative inefficacité des opérations d’ingérence orchestrées à partir de faux articles de presse, assez peu consultés par les internautes.

En mars, trois ressortissants Serbes ont été condamnés dans leur pays pour avoir déposé les neuf têtes de cochons devant les mosquées et autres lieux musulmans de région parisienne. Ils avaient été arrêtés aux côtés de huit autres personnes dans le cadre d’une enquête plus large sur des actes de vandalisme menés contre des mosquées et des synagogues. Ils agissaient « sur les instructions d’un service de renseignement étranger », indiquait à l’époque le ministère de l’intérieur serbe, et avaient commis des actes similaires sur le sol allemand – notamment en déposant des squelettes en plastique à la Porte de Brandebourg, proche du mémorial de l’Holocauste, à Berlin.

Outre les actions de vandalisme opérées en France et en Allemagne, les projets détaillés dans le jeu de documents concernent divers projets de promotion des intérêts pro-russes par la voix d’influenceurs de leaders d’opinion occidentaux, et l’interférence lors de campagnes électorales. Les élections parlementaires arméniennes, qui se tiendront le 7 juin, sont notamment dans le viseur. But affiché : freiner le tournant occidental du pays, notamment en recourant à un média orienté vers les électeurs russophones.

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☕️ LinkedIn va (enfin) limiter la portée des contenus générés par IA



Ces derniers mois, LinkedIn est à la fois devenu une « safe place » bien plus qualitative que X.com, avec des partages de contenus de grande qualité, mais également un réseau social pollué d’experts autoproclamés partageant leurs tutos consacrés à l’IA et à l’automatisation à tous ceux qui « likent » leurs billets, et répètent « prompt » ou tel ou tel mot-clef en commentaire.

Au point que Laura Lorenzetti, vice-présidente et rédactrice en chef de LinkedIn, y déplore la recrudescence de l’« AI slop » (du nom donné aux contenus bas de gamme générés par IA), « qui peuvent sembler soignés à première vue, mais qui manquent cruellement de perspective originale ou de substance ».

Dans un message intitulé « Garder des conversations authentiques sur LinkedIn », dont le premier paragraphe fait curieusement penser à un contenu généré par IA, elle déplore qu’ « à une époque où de plus en plus de personnes ont besoin d’aide pour s’y retrouver dans le monde du travail, il est plus important que jamais qu’elles puissent s’inspirer de témoignages concrets, de points de vue authentiques et d’une expertise issue de l’expérience vécue » :

« Lorsque l’IA est utilisée à outrance, en particulier à grande échelle et de manière automatisée, elle dilue les précieuses perspectives que peuvent susciter de véritables conversations humaines. Il n’y a aucun mal à recourir à l’IA pour vous aider à rédiger, mais vos publications et vos commentaires doivent refléter votre voix et vos points de vue. C’est l’être humain qui se cache derrière l’outil qui apporte la valeur ajoutée ultime. »

Pour y remédier, LinkedIn compte prendre des « mesures concrètes pour lutter contre les outils d’automatisation, réduire le contenu générique et renforcer l’authenticité ». Des « systèmes technologiques » ont été développés en collaboration avec son équipe éditoriale, dont les membres ont été formés à détecter les signes d’une « utilisation négligente de l’IA » et les contenus « qui semblent génériques ou répétitifs, même s’ils paraissent soignés à première vue ».

LinkedIn compte également lutter contre les commentaires créés et publiés en masse à l’aide d’outils d’automatisation, « avec peu ou pas d’intervention humaine », ainsi que les réponses qui se contentent de reprendre le message d’origine, sans valeur ajoutée.

« Lorsqu’un contenu semble avoir été généré par IA et manque de perspective claire », il aura « moins de chances d’être largement diffusé au-delà du réseau immédiat de la personne », précise Laura Lorenzetti, afin de contribuer à « préserver un espace pour des contributions plus réfléchies ».

Les premiers résultats seraient « encourageants » et auraient permis d’identifier « correctement » les contenus génériques dans 94 % des cas. Des membres leur auraient même fait savoir qu’ils voyaient déjà moins de publications de ce type dans leur fil d’actualité en provenance de l’extérieur de leur réseau, « ce qui devrait se confirmer au fil du temps ».

« Ces mises à jour visent à préserver la qualité de l’expérience sur LinkedIn afin que, lorsque vous vous engagez, vous interagissiez avec de vraies personnes qui expriment leur point de vue authentique », conclut la rédactrice en chef.

Nul doute que l’on risque cela dit de voir fleurir moult tutos expliquant comment « humaniser » ses contenus GenAI de sorte qu’ils ne soient pas détectés comme tels par LinkedIn.

Exemples de tutos visant à « humaniser » les contenus générés par IA – LinkedIn.com
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Pour la CNIL, les lunettes connectées sont une menace sérieuse pour la vie privée

Caméra cachée (sur le nez)
Pour la CNIL, les lunettes connectées sont une menace sérieuse pour la vie privée

Les lunettes connectées présentent des risques majeurs pour la vie privée, alerte la CNIL qui lance un plan d’action pour répondre à ce « nouveau défi ».

La CNIL s’inquiète des risques que font peser les lunettes connectées pour la vie privée. Leur utilisation est bien sûr soumise au règlement général sur la protection des données (RGPD) et à la loi Informatique et Libertés, mais ces appareils dépassent le cadre juridique actuel. La commission relève ainsi que les lunettes peuvent capter des sons, des images et des vidéos de personnes sans que celles-ci en aient nécessairement conscience.

Le risque de la surveillance généralisée

Les modèles Ray-Ban de Meta intègrent une loupiote qui s’allume dès que le propriétaire prend une photo ou enregistre une vidéo. Mais cet indicateur a une « portée limitée » et il est absent pour certains usages. Contrairement aux smartphones qu’il est impossible de ne pas voir quand quelqu’un filme avec, les lunettes sont un objet du quotidien qui n’a habituellement pas cette finalité ; il existe donc un risque « important » que les lunettes ne soient pas identifiées comme un appareil connecté par les personnes se trouvant dans le champ de captation. Ces montures présentent donc « un caractère particulièrement intrusif ».

La CNIL s’inquiète du risque important de surveillance généralisée et une forme de banalité induite : n’importe qui est en mesure de filmer n’importe quoi n’importe où, aussi bien en privé qu’en public. Voilà qui pourrait avoir des conséquences importantes dans les interactions sociales entre citoyens, et même conduire à des dérives.

« Toute personne pourrait ainsi douter de manière constante d’un enregistrement potentiel de ses moindres faits et gestes et de ses échanges, créant un sentiment d’être constamment observée, voire surveillée, et engendrant peu à peu une forme d’autocensure. L’exercice des libertés individuelles (libertés d’expression, de réunion, de manifestation) s’en trouverait directement menacé. »

La CNIL cite l’article 9 du Code civil, qui garantit le droit au respect de la vie privée de chacun dans tous les lieux privés comme publics, et n’oublie pas de rappeler les sanctions en cas de violation de l’article 226 - 1 du Code pénal : jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour le fait de porter atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui en fixant, enregistrant ou transmettant l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé sans son consentement.

Les enjeux liés aux lunettes connectées dépassant le cadre d’intervention de la CNIL, le régulateur lance donc des travaux sur la conformité de ces appareils en matière de protection des données personnelles. D’abord en engageant une discussion avec ses homologues européens au sein du CEPD (Comité européen de la protection des données), puisque cette problématique ne concerne pas que la France. Les autres autorités publiques compétentes sur ces questions vont aussi être approchées car les enjeux vont plus loin que la seule question de la protection des données.

En attendant, la commission liste les bonnes pratiques à destination des porteurs de lunettes connectées, avec des conseils de bon sens comme prévenir les personnes à proximité quand on utilise ces montures, désactiver les fonctions de captation quand elles ne sont plus utiles, éteindre les fonctions connectées des lunettes quand il est demandé d’éteindre le téléphone et, moins évident, éviter d’utiliser ces lunettes dans les lieux où les personnes ne s’y attendent pas.

Dans tous les cas, la CNIL demande d’obtenir le consentement des personnes pour utiliser des photos ou des vidéos où elles apparaissent (le droit à l’image s’applique), et pour finir de réfléchir avant de partager quoi que ce soit : « une publication, même anodine, peut avoir des effets durables pour les personnes ».

Peu d’enthousiasme pour les lunettes connectées

Un sondage réalisé fin janvier par le laboratoire d’innovation numérique de la CNIL, avec Harris Interactive – Toluna indique que 57 % des personnes interrogées s’inquiètent du droit à l’image et du consentement des personnes. L’utilisation de l’IA à des fin de détournement ou de deepfakes vient ensuite (37 %), puis le vol ou la fuite de données collectées par les lunettes (34 %).

«  D’après ce que vous en savez ou l’idée que vous vous en faites, diriez-vous que les lunettes connectées peuvent être utiles ou pas utiles au quotidien ? ». Image : LINC

L’enquête révèle également que 87 % des sondés ont entendu parler des lunettes connectées, mais 9 % seulement ont eu l’occasion d’en tester, en particulier dans la catégorie 18 - 25 ans (25 %), et plus généralement chez les férus de technologies (29 %). 22 % des personnes interrogées ont de ce produit une vision plutôt négative, contre 20 % qui en ont une perception positive.

« De manière générale, êtes-vous d’accord ou pas d’accord avec chacune des affirmations suivantes concernant les lunettes connectées ? » Image : LINC

En termes d’utilisation, près de 8 personnes sur 10 (78 %) perçoivent les lunettes connectées comme une aide potentielle pour les personnes en situation de handicap visuel ou auditif. En revanche, 67 % trouvent qu’elles posent un problème d’atteinte à la vie privée, et 55 % un danger tout simplement (distraction, visibilité réduite). Enfin, et cela montre que les constructeurs ont encore du chemin à faire pour convaincre, 62 % des sondés ne veulent pas acquérir ce type d’appareil, contre 36 % d’enthousiastes. 1 % ont déclaré en posséder une paire.

Des dizaines d’associations de défense des libertés numériques ont publié une lettre ouverte mi-avril à destination de Mark Zuckerberg. Le texte souligne les risques que feraient peser les lunettes connectées sur « les victimes de violences conjugales, les cibles de harceleurs et d’agresseurs sexuels, les minorités religieuses, les personnes de couleur, les personnes LGBTQ+, ainsi que les femmes et les enfants, entre autres ». Les signataires demandent à Meta de renoncer au déploiement de la reconnaissance faciale dans ces appareils.

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☕️ xAI balade son adresse de contact juridique européenne en Estonie



Suite à la vague de deepfakes visant à dénuder des femmes perpétrée par des utilisateurs du réseau social X, xAI fait face en Europe à plusieurs enquêtes en cours, notamment ouvertes par la Commission de protection des données irlandaise (la Data Protection Commission, DPC), la Commission européenne et la justice française.

Mais l’entreprise d’Elon Musk semble vouloir jouer au jeu du chat et de la souris. Elle a discrètement changé plusieurs fois son point de contact officiel européen pour les utilisateurs voulant signaler d’éventuels problèmes liés au Digital Services Act. Le média Follow the Money a repéré une première adresse à Tallinn. Celle-ci était censée être celle d’EDSR (European Digital Services Representatives).

Illustration : Flock

EDSR est un cabinet d’avocats situé à Bruxelles détenu en partie par Olivier Willocx, membre du Parlement de la région de Bruxelles-Capitale depuis 2024. Cette structure s’est notamment spécialisée dans l’accompagnement d’entreprises non européennes comme Telegram.

Cette adresse en Estonie a été ajoutée aux conditions d’utilisation de xAI peu de temps après l’ouverture de l’enquête de la DPC. Ainsi, en mars, on pouvait la retrouver sur la page des conditions d’utilisation alors que la page n’indiquait pas de tel point de contact en janvier dernier.

Follow the Money a voulu en savoir plus sur cette adresse et a pu constater physiquement qu’aucun bureau de EDSR ou xAI n’y figurait. Seule une boite aux lettres était installée à l’accueil alors que l’entreprise propriétaire du bâtiment indique à nos confrères ne pas louer de boîtes postales à des entreprises qui n’avaient pas de bureau dans l’immeuble et ne pas avoir conclu de contrat de location avec xAI ou EDSR.

Après avoir été contactée par Follow the Money, et sans donner aucune explication ni réponse, xAI a de nouveau changé l’adresse de contact, la situant dans un autre immeuble de la capitale de l’Estonie.

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L’e-sport à l’école pour booster le secteur ? Matignon y pense

Le E c'est pour éducation ?
L’e-sport à l’école pour booster le secteur ? Matignon y pense

Le gouvernement envisage d’intégrer l’e-sport aux parcours éducatifs gérés par l’Éducation nationale pour soutenir le secteur « fragile sur le plan économique ».

Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron s’affiche en fervent défenseur de l’e-sport et surtout de sa filière économique.

Le gouvernement de Sébastien Lecornu pourrait de nouveau donner un coup de pouce au secteur, via une voie qui ne semble pas forcément aller de soi, surtout quand l’ambiance est à la réglementation de l’usage par les mineurs des réseaux sociaux, de l’IA et des jeux vidéo violents.

Alors que le gouvernement a lancé une mission confiée à des scientifiques pour « établir une analyse scientifique des effets (tant positifs que négatifs) et risques potentiels des jeux vidéo, particulièrement sur la santé mentale, cognitive et physique des jeunes utilisateurs, et en matière de sécurité des mineurs », il semble dans le même temps prêt à intégrer l’e-sport aux parcours éducatifs.

Une stratégie intégrant l’e-sport dans les parcours scolaires et éducatifs »

Nos confrères de Radio France ont eu accès à la stratégie « E-sport 2026 - 2030 », validée par Matignon à l’issue d’une concertation interministérielle, le 8 avril dernier et qui doit être présentée publiquement à l’occasion des championnats du monde de Rocket League organisés à Paris du 22 au 24 mai.

Selon les documents qu’ils ont pu consulter, et qui définissent cette stratégie visant à soutenir le secteur de l’e-sport en France, une part centrale est occupée par le volet scolaire, avec quatre actions pour développer le sous-axe titré « intégration de l’esport dans les parcours scolaires et éducatifs ».

Ainsi, le ministère de l’Éducation nationale devra piloter une action pour « créer des partenariats entre établissements et acteurs de l’esport pour développer des projets pédagogiques innovants ». Le document prévoit que le même ministère intègre l’esport dans les parcours éducatifs « notamment dans le cadre des activités hors du temps scolaires et des formations aux métiers du numériques », mais lance aussi un programme national « Esport & Éducation » pour « sensibiliser les jeunes aux opportunités professionnelles et aux enjeux éthiques liés à la pratique ». Enfin, il devra « développer des outils pédagogiques pour les enseignants et des supports de sensibilisation pour les familles ».

Soutenir un « secteur fragile sur le plan économique »

Cette stratégie assume de vouloir pousser la promotion et l’encadrement de la pratique pour le « développement économique » en France avec un marché mondial estimé à 12 milliards d’euros d’ici 2030 tout en expliquant que c’est un « secteur fragile sur le plan économique » pour lequel le gouvernement veut aider à « diversifier les sources de revenus ».

Mais selon Radio France, la stratégie a été arrêtée lors d’une réunion informelle en janvier alors que deux parties prenantes interministérielles étaient absentes, le ministère de la Santé et la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), alors que celles-ci s’opposent justement à l’intégration de l’e-sport à l’école en pointant les risques des usages intensifs des jeux vidéo.

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