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Meta revient (plus ou moins) sur son projet de surveillance de ses employés

IA patronale
Meta revient (plus ou moins) sur son projet de surveillance de ses employés

Devant les critiques internes, Meta allège un peu son projet de déploiement d’un outil de surveillance des salariés destiné à entraîner ses moteurs d’IA.

En avril, Meta avait informé ses employés que leurs moindres faits et gestes seraient surveillés par un nouvel outil nommé Model Capability Initiative (MCI). La machine devait enregistrer tous les mouvements de curseur de souris, les clics et les frappes de clavier, ainsi qu’enregistrer des captures d’écran de temps à autre.

Devant la fronde suscitée par l’annonce, l’entreprise aurait néanmoins un peu réduit la voilure de son projet, rapporte Reuters. Celui-ci n’est pas archivé pour autant : concrètement, Meta indique qu’elle permettra à celles et ceux qui le souhaitent de mettre le fonctionnement de MCI en pause « jusqu’à 30 minutes à la fois », voire de demander à être exemptés de la soumission au projet.

« Usine à extraction des données des employés »

La décision fait suite à plusieurs semaines de protestations au sein de la société de Mark Zuckerberg. Au moment de l’annonce du déploiement de MCI, Meta expliquait à la BBC que si elle s’employait à « construire des agents pour aider les gens à réaliser des tâches du quotidien sur leurs ordinateurs, nos modèles ont besoin d’exemples de la manière dont les gens les utilisent concrètement ».

L’argumentaire n’a absolument pas convaincu en interne. Alors que l’entreprise a récemment licencié 1 500 personnes, déplacé 7 000 autres, et annoncé une future réduction de 10 % de ses effectifs restants, de nombreux employés se sont organisés pour appeler à stopper le déploiement de l’outil.

Début mai, certains distribuaient des flyers dans les bureaux états-uniens, dans lesquels Meta était qualifié d’usine à extraire les données des employés (Employee Data Extraction Factory). Au Royaume-Uni, un autre groupe de travailleurs s’est rapproché du syndicat United Tech and Allied Workers (UTAW). Une pétition signée par plus de 1 500 personnes a par ailleurs été adressée à Mark Zuckerberg.

Recul relatif

Devant l’ampleur du mouvement, la direction a fait circuler un nouveau mémo ce 2 juin. Vice-président du Superintelligence Labs de Meta, Stephane Kasriel, qui en est l’auteur, se veut rassurant :

« Bien que nous restions confiants au sujet des mesures de protection de la vie privée mises en place lors du lancement, qui ont fait l’objet de plusieurs évaluations de risques, nous avons entendu vos inquiétudes relatives aux données personnelles présentes sur les appareils professionnels, à l’autonomie de la batterie, ainsi que votre souhait de disposer d’un plus grand contrôle sur le moment où la capture a lieu. »

Il a annoncé que « plusieurs optimisations » avaient été apportées à l’outil, dont l’une dédiée à réduire la pression sur la batterie des ordinateurs portables. Parmi les critiques, les employés soulignaient en effet que le recours à MCI faisait grimper leur usage d’internet lorsqu’ils travaillaient depuis chez eux.

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Meta revient (plus ou moins) sur son projet de surveillance de ses employés

IA patronale
Meta revient (plus ou moins) sur son projet de surveillance de ses employés

Devant les critiques internes, Meta allège un peu son projet de déploiement d’un outil de surveillance des salariés destiné à entraîner ses moteurs d’IA.

En avril, Meta avait informé ses employés que leurs moindres faits et gestes seraient surveillés par un nouvel outil nommé Model Capability Initiative (MCI). La machine devait enregistrer tous les mouvements de curseur de souris, les clics et les frappes de clavier, ainsi qu’enregistrer des captures d’écran de temps à autre.

Devant la fronde suscitée par l’annonce, l’entreprise aurait néanmoins un peu réduit la voilure de son projet, rapporte Reuters. Celui-ci n’est pas archivé pour autant : concrètement, Meta indique qu’elle permettra à celles et ceux qui le souhaitent de mettre le fonctionnement de MCI en pause « jusqu’à 30 minutes à la fois », voire de demander à être exemptés de la soumission au projet.

« Usine à extraction des données des employés »

La décision fait suite à plusieurs semaines de protestations au sein de la société de Mark Zuckerberg. Au moment de l’annonce du déploiement de MCI, Meta expliquait à la BBC que si elle s’employait à « construire des agents pour aider les gens à réaliser des tâches du quotidien sur leurs ordinateurs, nos modèles ont besoin d’exemples de la manière dont les gens les utilisent concrètement ».

L’argumentaire n’a absolument pas convaincu en interne. Alors que l’entreprise a récemment licencié 1 500 personnes, déplacé 7 000 autres, et annoncé une future réduction de 10 % de ses effectifs restants, de nombreux employés se sont organisés pour appeler à stopper le déploiement de l’outil.

Début mai, certains distribuaient des flyers dans les bureaux états-uniens, dans lesquels Meta était qualifié d’usine à extraire les données des employés (Employee Data Extraction Factory). Au Royaume-Uni, un autre groupe de travailleurs s’est rapproché du syndicat United Tech and Allied Workers (UTAW). Une pétition signée par plus de 1 500 personnes a par ailleurs été adressée à Mark Zuckerberg.

Recul relatif

Devant l’ampleur du mouvement, la direction a fait circuler un nouveau mémo ce 2 juin. Vice-président du Superintelligence Labs de Meta, Stephane Kasriel, qui en est l’auteur, se veut rassurant :

« Bien que nous restions confiants au sujet des mesures de protection de la vie privée mises en place lors du lancement, qui ont fait l’objet de plusieurs évaluations de risques, nous avons entendu vos inquiétudes relatives aux données personnelles présentes sur les appareils professionnels, à l’autonomie de la batterie, ainsi que votre souhait de disposer d’un plus grand contrôle sur le moment où la capture a lieu. »

Il a annoncé que « plusieurs optimisations » avaient été apportées à l’outil, dont l’une dédiée à réduire la pression sur la batterie des ordinateurs portables. Parmi les critiques, les employés soulignaient en effet que le recours à MCI faisait grimper leur usage d’internet lorsqu’ils travaillaient depuis chez eux.

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Municipales 2026 : retour sur l’opération d’ingérence numérique contre LFI

L'huile, l'allumette, le foyer
Municipales 2026 : retour sur l’opération d’ingérence numérique contre LFI

Alors que trois candidats LFI ont été visés par des opérations d’ingérence numérique étrangère, la publication du rapport de Viginum crée des tensions politiques.

Le 26 mai, le parquet de Paris ouvrait une enquête sur des soupçons d’ingérence contre plusieurs candidats La France Insoumise (LFI) aux municipales. Depuis, l’exécutif débat de l’opportunité d’évoquer le dossier publiquement. Selon les informations du Canard Enchaîné et de L’Express, le premier ministre Sébastien Lecornu pourrait prendre la parole ce 4 juin, alors que Jean-Luc Mélenchon accuse ouvertement le gouvernement de garder le silence.

Le 20 mai, à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez reconnaissait la gravité d’une « ingérence numérique étrangère » visant plus spécifiquement les candidatures de Sébastien Delogu à Marseille, François Piquemal à Toulouse et David Guiraud à Roubaix.

Blog douteux, caricatures et accusations sans fond

Un blog, des pages Facebook et X accusant, au nom d’une mystérieuse « Sophie », le candidat LFI Sébastien Delogu de viol et de violences sexuelles. À Marseille, ces rumeurs numériques avaient été doublées de tracts physiques, placardés jusque sur certains panneaux d’affichage électoral, relatait Le Monde au mois de mars. Au bas de ces documents : un QR code qui renvoyait vers le fameux blog.

Mais voilà, Sophie n’existe pas. À l’examen, les multiples commentaires et likes de sa page Facebook sont issus de faux comptes, dont l’essentiel publiés depuis l’Asie. Au total, ce sont d’ailleurs trois candidats insoumis qui sont visés par ces campagnes de déstabilisation. La première, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a alerté David Guiraud des données personnelles lui appartenant et des montages visant à le décrédibiliser circulaient sur des forums de pirates informatiques.

À Toulouse, François Piquemal est visé par des images hostiles, représentant des femmes voilées ou une personne affublée de l’inscription « LFI » et tabassant un homme à terre, ou par l’accusation d’être un pédocriminel. Ces contenus ont été publiés « en pleine période de réserve électorale », raconte ce dernier à Franceinfo : il est privé de toute possibilité de communiquer.

Titré « L’alternative 2026 », une autre opération vise l’intégralité de La France Insoumise, se faisant passer pour un site de consignes de vote ciblant la population musulmane, mais dont le but réel semble être de décourager le vote.

Les pistes ouvertes par la découverte de l’entité BlackCore

Le compte X de Sophie est lié à une série d’autres comptes aux profils visiblement générés par IA, et à divers sites web qui participent activement à attaquer François Piquemal et ses collègues. Si le mode opératoire est inédit, une enquête conjointe des médias Libération et Haaretz permet d’en remonter la piste jusqu’à une entité nommée BlackCore. Sur un serveur du site blackcore.online, les médias ont en effet repéré une série d’outils ayant visiblement servi à l’élaboration des campagnes d’influence numérique.

Ils sont parvenus à les lier à deux sociétés localisées à Tel Aviv, en Israël : Galacticos et SNI, dont les représentants affirment « avec la dernière énergie » n’avoir aucun lien avec BlackCore. Libération relève néanmoins que tous les sites web qu’il avait découverts ont disparu dans les deux heures après la prise de contact avec les deux sociétés.

Le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères VIGINUM n’a pour le moment pas confirmé les liens entre les différentes affaires. Certaines notes du réseau de coordination et de protection des élections (RCPE), constitué de l’Arcom, de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, du secrétariat général du Gouvernement, du ministère de l’Intérieur et de VIGINUM, en revanche, se penchent bien sur leur cas.

Ainsi de celle du 10 mars, qui souligne (.pdf) la présence de « plusieurs sites et comptes sur les réseaux sociaux, qui présentent des caractéristiques d’inauthenticité – notamment des photos générées par intelligence artificielle et des dates de création communes », et relève des « marqueurs techniques étrangers » dans des actions aux élections marseillaises et toulousaines. Le 12, une note qualifie (.pdf) officiellement l’opération d’ingérence numérique étrangère.

Un rapport devenu objet de tensions politiques

Dans la foulée des événements, plusieurs plaintes ont été déposées : par Sébastien Delogu, en mars, pour diffamation, par exemple. À Toulouse, François Piquemal a déposé un recours en annulation de l’élection, perdue de 13 227 voix face à Jean-Luc Moudenc (divers droite), en lien avec ces ingérences. Il a par ailleurs laissé la porte ouverte à des poursuites au pénal.

Depuis la mi-mai, ces différentes affaires ont par ailleurs pris un nouveau tour politique, alors que Jean-Luc Mélenchon a jugé le gouvernement « complice » des ingérences « par son silence ». Le 20 mai, le Canard enchaîné révélait en effet que le RCPE avait débattu de la publication du premier rapport public relatif aux opérations de déstabilisation visant les trois candidats LFI, mais que Christian Charpy, président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, aurait « exigé que des passages entiers soient caviardés » pour ne pas « servir de tremplin à LFI ».

Interrogé sur le sujet à l’Assemblée nationale, Laurent Nuñez a évoqué des faits « graves » et annoncé que le rapport serait « évidemment publié ». Le 26 mai, le parquet de Paris s’est saisi des trois affaires à son initiative, « sans avoir été saisi ni par plainte, ni par signalement, ni sur dessaisissement ». Deux semaines plus tard, le Premier ministre envisagerait désormais de prendre la parole sur le sujet.

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Municipales 2026 : retour sur l’opération d’ingérence numérique contre LFI

L'huile, l'allumette, le foyer
Municipales 2026 : retour sur l’opération d’ingérence numérique contre LFI

Alors que trois candidats LFI ont été visés par des opérations d’ingérence numérique étrangère, la publication du rapport de Viginum crée des tensions politiques.

Le 26 mai, le parquet de Paris ouvrait une enquête sur des soupçons d’ingérence contre plusieurs candidats La France Insoumise (LFI) aux municipales. Depuis, l’exécutif débat de l’opportunité d’évoquer le dossier publiquement. Selon les informations du Canard Enchaîné et de L’Express, le premier ministre Sébastien Lecornu pourrait prendre la parole ce 4 juin, alors que Jean-Luc Mélenchon accuse ouvertement le gouvernement de garder le silence.

Le 20 mai, à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez reconnaissait la gravité d’une « ingérence numérique étrangère » visant plus spécifiquement les candidatures de Sébastien Delogu à Marseille, François Piquemal à Toulouse et David Guiraud à Roubaix.

Blog douteux, caricatures et accusations sans fond

Un blog, des pages Facebook et X accusant, au nom d’une mystérieuse « Sophie », le candidat LFI Sébastien Delogu de viol et de violences sexuelles. À Marseille, ces rumeurs numériques avaient été doublées de tracts physiques, placardés jusque sur certains panneaux d’affichage électoral, relatait Le Monde au mois de mars. Au bas de ces documents : un QR code qui renvoyait vers le fameux blog.

Mais voilà, Sophie n’existe pas. À l’examen, les multiples commentaires et likes de sa page Facebook sont issus de faux comptes, dont l’essentiel publiés depuis l’Asie. Au total, ce sont d’ailleurs trois candidats insoumis qui sont visés par ces campagnes de déstabilisation. La première, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a alerté David Guiraud des données personnelles lui appartenant et des montages visant à le décrédibiliser circulaient sur des forums de pirates informatiques.

À Toulouse, François Piquemal est visé par des images hostiles, représentant des femmes voilées ou une personne affublée de l’inscription « LFI » et tabassant un homme à terre, ou par l’accusation d’être un pédocriminel. Ces contenus ont été publiés « en pleine période de réserve électorale », raconte ce dernier à Franceinfo : il est privé de toute possibilité de communiquer.

Titré « L’alternative 2026 », une autre opération vise l’intégralité de La France Insoumise, se faisant passer pour un site de consignes de vote ciblant la population musulmane, mais dont le but réel semble être de décourager le vote.

Les pistes ouvertes par la découverte de l’entité BlackCore

Le compte X de Sophie est lié à une série d’autres comptes aux profils visiblement générés par IA, et à divers sites web qui participent activement à attaquer François Piquemal et ses collègues. Si le mode opératoire est inédit, une enquête conjointe des médias Libération et Haaretz permet d’en remonter la piste jusqu’à une entité nommée BlackCore. Sur un serveur du site blackcore.online, les médias ont en effet repéré une série d’outils ayant visiblement servi à l’élaboration des campagnes d’influence numérique.

Ils sont parvenus à les lier à deux sociétés localisées à Tel Aviv, en Israël : Galacticos et SNI, dont les représentants affirment « avec la dernière énergie » n’avoir aucun lien avec BlackCore. Libération relève néanmoins que tous les sites web qu’il avait découverts ont disparu dans les deux heures après la prise de contact avec les deux sociétés.

Le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères VIGINUM n’a pour le moment pas confirmé les liens entre les différentes affaires. Certaines notes du réseau de coordination et de protection des élections (RCPE), constitué de l’Arcom, de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, du secrétariat général du Gouvernement, du ministère de l’Intérieur et de VIGINUM, en revanche, se penchent bien sur leur cas.

Ainsi de celle du 10 mars, qui souligne (.pdf) la présence de « plusieurs sites et comptes sur les réseaux sociaux, qui présentent des caractéristiques d’inauthenticité – notamment des photos générées par intelligence artificielle et des dates de création communes », et relève des « marqueurs techniques étrangers » dans des actions aux élections marseillaises et toulousaines. Le 12, une note qualifie (.pdf) officiellement l’opération d’ingérence numérique étrangère.

Un rapport devenu objet de tensions politiques

Dans la foulée des événements, plusieurs plaintes ont été déposées : par Sébastien Delogu, en mars, pour diffamation, par exemple. À Toulouse, François Piquemal a déposé un recours en annulation de l’élection, perdue de 13 227 voix face à Jean-Luc Moudenc (divers droite), en lien avec ces ingérences. Il a par ailleurs laissé la porte ouverte à des poursuites au pénal.

Depuis la mi-mai, ces différentes affaires ont par ailleurs pris un nouveau tour politique, alors que Jean-Luc Mélenchon a jugé le gouvernement « complice » des ingérences « par son silence ». Le 20 mai, le Canard enchaîné révélait en effet que le RCPE avait débattu de la publication du premier rapport public relatif aux opérations de déstabilisation visant les trois candidats LFI, mais que Christian Charpy, président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, aurait « exigé que des passages entiers soient caviardés » pour ne pas « servir de tremplin à LFI ».

Interrogé sur le sujet à l’Assemblée nationale, Laurent Nuñez a évoqué des faits « graves » et annoncé que le rapport serait « évidemment publié ». Le 26 mai, le parquet de Paris s’est saisi des trois affaires à son initiative, « sans avoir été saisi ni par plainte, ni par signalement, ni sur dessaisissement ». Deux semaines plus tard, le Premier ministre envisagerait désormais de prendre la parole sur le sujet.

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La Cour des comptes salue la CNIL mais pointe sa gestion des ressources humaines

Au rapport
La Cour des comptes salue la CNIL mais pointe sa gestion des ressources humaines

Sollicitée par une initiative citoyenne, la Cour des comptes publie son rapport de contrôle de la gestion de la CNIL. Principal point d’attention : la politique de gestion des ressources humaines de l’autorité.

De 8 360 en 2017, le nombre de plaintes déposées par des particuliers auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) est passé à 17 772 en 2024, soit une augmentation de 113 %. Sur la même période, l’autorité administrative indépendante est passée de 88 contrôles effectués en 2017 à 390 en 2024 (soit + 343 %), ce qui lui a permis de recouvrer un total de 649 millions d’euros d’amendes sur la période.

Sollicitée par une initiative citoyenne, la Cour des comptes remet ce 4 juin le rapport de son contrôle des comptes et de la gestion de la CNIL pour les années 2017 à 2025. Découpé en trois axes, l’un dédié aux évolutions concrètes des missions de la CNIL, le suivant aux règles d’indépendance et d’impartialité de l’autorité, le troisième à sa gestion budgétaire, le rapport dresse un constat globalement positif.

Il alerte néanmoins sur le manque de recouvrement des plus petites amendes, et incite la CNIL à faire évoluer sa politique de gestion des ressources humaines. Actuellement très favorable, notamment pour soutenir l’expansion des activités d’accompagnement et de contrôle de l’institution, avec des embauches en CDI et des augmentations quasi-automatiques, pour tout le monde, cette dernière pourrait devenir problématique alors que les missions de l’autorité sont vouées à s’étendre à nouveau dans le cadre de l’application du règlement européen sur l’intelligence artificielle.

Évolution des missions

Depuis 2022, la Cour des comptes ouvre régulièrement des campagnes pour permettre aux Français de lui remonter les sujets sur lesquels ils estiment nécessaire d’étudier le « bon usage de l’argent public ». Ouverte le 11 mai, la campagne 2026 court jusqu’au 22 juin. La Cour des comptes étudie ensuite les sujets qui lui sont soumis pour mener certains de ses travaux.


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☕️ Booba condamné pour injures racistes et cyberharcèlement



Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce 2 juin le rappeur Booba, Ellie Yaffa de son vrai nom, à trois mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende pour des faits de cyberharcèlement et d’injure raciale envers la journaliste de France Télévision Linh-Lan Dao.

Cette dernière a porté plainte en avril 2024, critiquant le rôle de l’artiste dans la campagne de violence qui l’avait visée après la publication d’un article de débunkage sur les liens entre vaccin à ARN messager et maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Suivi par plus de 6 millions d’abonnés au moment des faits, Booba avait publié une capture d’écran de l’article, puis proposé à la journaliste un « strip poker sans cartes » autour d’un « wok de légumes ». 
Il ne s’est pas présenté à l’audience, qui s’est tenue le 1er avril 2026. À la barre, Linh-Lan Dao avait de son côté décrit la « journée horrible » de déclenchement de la campagne, à la suite de laquelle sa productivité et sa présence sur X avaient baissé.

Pour le tribunal, « la dimension sexiste du discours et celle essentialisante, à raison de ses origines asiatiques, destinées à renvoyer la journaliste Linh-Lan Dao à sa seule qualité de femme asiatique, lui confèrent à l’évidence un caractère malveillant ».

Le rappeur a été condamné à verser 4 000 euros de dommages-intérêts à la partie civile, indique l’AFP.

Dans un autre dossier étudié à la même audience, Booba par ailleurs été condamné à 20 000 euros d’amende pour injure raciale contre le chroniqueur Tristan Mendès-France, qui dénonçait sur X le cyberharcèlement visant Linh-Lan Dao. Booba avait publié des messages évoquant son nez, ce que le tribunal a qualifié de « reprise du stéréotype antisémite le plus éculé ».

Le rappeur fait appel des deux condamnations.

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☕️ Booba condamné pour injures racistes et cyberharcèlement



Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce 2 juin le rappeur Booba, Ellie Yaffa de son vrai nom, à trois mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende pour des faits de cyberharcèlement et d’injure raciale envers la journaliste de France Télévision Linh-Lan Dao.

Cette dernière a porté plainte en avril 2024, critiquant le rôle de l’artiste dans la campagne de violence qui l’avait visée après la publication d’un article de débunkage sur les liens entre vaccin à ARN messager et maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Suivi par plus de 6 millions d’abonnés au moment des faits, Booba avait publié une capture d’écran de l’article, puis proposé à la journaliste un « strip poker sans cartes » autour d’un « wok de légumes ». 
Il ne s’est pas présenté à l’audience, qui s’est tenue le 1er avril 2026. À la barre, Linh-Lan Dao avait de son côté décrit la « journée horrible » de déclenchement de la campagne, à la suite de laquelle sa productivité et sa présence sur X avaient baissé.

Pour le tribunal, « la dimension sexiste du discours et celle essentialisante, à raison de ses origines asiatiques, destinées à renvoyer la journaliste Linh-Lan Dao à sa seule qualité de femme asiatique, lui confèrent à l’évidence un caractère malveillant ».

Le rappeur a été condamné à verser 4 000 euros de dommages-intérêts à la partie civile, indique l’AFP.

Dans un autre dossier étudié à la même audience, Booba par ailleurs été condamné à 20 000 euros d’amende pour injure raciale contre le chroniqueur Tristan Mendès-France, qui dénonçait sur X le cyberharcèlement visant Linh-Lan Dao. Booba avait publié des messages évoquant son nez, ce que le tribunal a qualifié de « reprise du stéréotype antisémite le plus éculé ».

Le rappeur fait appel des deux condamnations.

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Amnesty appelle à interdire les IA génératives entraînées sur du pillage de données

Non alignées
Amnesty appelle à interdire les IA génératives entraînées sur du pillage de données

Dans un rapport dédié aux effets concrets des systèmes d’IA générative pour les droits humains, Amnesty International estime que les modèles construits à partir de la récolte non consentie de données disponibles en ligne violent le droit à la vie privée, à la non-discrimination, et créent de nouveau risques pour le droit à la non-discrimination et les libertés d’expression et de pensée.

Les modèles d’IA génératives « entraînés grâce à des pratiques illégales de web scraping » sont « incompatibles avec le droit à la vie privée » tel que défini, notamment, par le Pacte international relatif aux droits civils et politique (PIDCP) adopté en 1966 par les membres de l’ONU. Derrière l’apparence « d’efficacité, de sophistication et de complexité » de l’intelligence artificielle générative se cache « une réalité faite de principes de conception qui bafouent les droits humains, et qui s’apparentent à ceux que l’on retrouve dans bon nombre des outils d’IA les plus problématiques antérieurs à l’IA générative ».

Amnesty International ne mâche pas ses mots dans le rapport qu’elle vient de publier sur les « coûts de l’IA générative en termes de droits humains ». Pour l’établir, l’ONG a adopté une approche par la chaîne de production pour analyser les enjeux de droits humains que posent les systèmes d’IA. Elle analyse la manière dont chacune et chacun participent à la construction des modèles, des constructeurs de puces GPU à la constitution de jeux de données « immenses ». Ces derniers sont souvent constitués « sans la connaissance ni le consentement des personnes à l’origine des données, dont les utilisateurs de réseaux sociaux ou les artistes », et jusqu’à la génération de textes, images et autres contenus multimédia que ces machines produisent, « mimant ou singeant les données sur lesquelles elles ont été entraînées ».

Dans le cas présent, l’organisation se focalise sur les produits développés et promus sur la seule et spécifique base de leur capacité à générer de l’image, de la vidéo, de l’audio ou du texte – dont les principaux outils grand public que sont ChatGPT, Dall-E, Gemini, Midjourney, LLaMa, Stable Diffusion et DeepSeek. Elle ne s’intéresse donc pas à l’IA générative en tant que fonctionnalité déployée dans des outils plus larges. Et sa principale conclusion est claire : le « scraping à grande échelle et l’entraînement nécessaire à la construction de nombreux modèles d’IA générative » créent des problématiques de droits humains en amont et en aval de leur chaîne de fabrication.

À ce titre, l’association appelle à interdire les systèmes d’IA génératifs construits sur ces pratiques, dans la mesure où le scraping non consenti et à grande échelle est « fondamentalement incompatible avec le droit international relatif aux droits humains ».

Domination culturelle et linguistique anglophone

Parmi elles : « l’expansion des coûts environnementaux de l’IA générative » provoquée par l’augmentation de leur taille et du nombre de données nécessaires à leur entraînement « a des effets négatifs qui touche les pays de la majorité globale de manière disproportionnée ».


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☕️ La France attaquée devant la CEDH dans une affaire de « pornographie du viol »



La France est mise en cause devant la Cour européenne des droits de l’homme par une femme victime de diffusion de captations vidéo de son viol.

Face à la Cour, elle dénonce la décision de la Justice française ne pas qualifier les faits de « traite des êtres humains » et interroge la manière dont l’État a évalué le consentement. 


Outre la prise de contact avec les victimes par l’intermédiaire d’un faux profil Facebook, l’affaire a par ailleurs impliqué la diffusion de « vidéos amateurs relevant de la pornographie du viol », représentant des sévices « particulièrement violents et dégradants, souvent accompagnés d’injures sexistes ou racistes ».

Sur le versant numérique, la requérante demande donc à la Cour européenne de se prononcer sur les mesures prises par les autorités françaises pour « protéger la dignité, l’intégrité et la vie privée de la requérante – victime présumée de violences sexuelles – notamment en empêchant la diffusion des vidéos la représentant lors des faits allégués ».

Balance de la justice

Comme le souligne le juriste Nicolas Hervieu, c’est la deuxième fois cette année que la France est mise en cause devant la CEDH pour une absence de suppression « rapide et définitive » des vidéos de viols accessibles en ligne.

La première plainte a été déposée par une autre femme, partie civile de l’affaire dite « French Bukkake ». Ce site internet diffusait des vidéos pornographiques et proposait aux abonnés, contre paiement, de participer à des tournages, voire d’obtenir des prestations sexuelles. Les mis en cause seront jugés aux Assises.

Dans les deux cas, les victimes qualifient la circulation des images de « victimisation secondaire », une description qui s’entend aussi du côté d’autres types de victimes de diffusion non consenties d’images à caractère sexuel (par exemple exposées à la diffusion d’images intimes initialement créées pour le cadre privé, pratique parfois qualifiée de « revenge porn »).

En 2024, Google avait été condamné par le tribunal de Paris à verser 2 000 euros à une plaignante pour avoir tardé à déréférencer des vidéos dans lesquelles elle apparaissait.

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☕️ La France attaquée devant la CEDH dans une affaire de « pornographie du viol »



La France est mise en cause devant la Cour européenne des droits de l’homme par une femme victime de diffusion de captations vidéo de son viol.

Face à la Cour, elle dénonce la décision de la Justice française ne pas qualifier les faits de « traite des êtres humains » et interroge la manière dont l’État a évalué le consentement. 


Outre la prise de contact avec les victimes par l’intermédiaire d’un faux profil Facebook, l’affaire a par ailleurs impliqué la diffusion de « vidéos amateurs relevant de la pornographie du viol », représentant des sévices « particulièrement violents et dégradants, souvent accompagnés d’injures sexistes ou racistes ».

Sur le versant numérique, la requérante demande donc à la Cour européenne de se prononcer sur les mesures prises par les autorités françaises pour « protéger la dignité, l’intégrité et la vie privée de la requérante – victime présumée de violences sexuelles – notamment en empêchant la diffusion des vidéos la représentant lors des faits allégués ».

Balance de la justice

Comme le souligne le juriste Nicolas Hervieu, c’est la deuxième fois cette année que la France est mise en cause devant la CEDH pour une absence de suppression « rapide et définitive » des vidéos de viols accessibles en ligne.

La première plainte a été déposée par une autre femme, partie civile de l’affaire dite « French Bukkake ». Ce site internet diffusait des vidéos pornographiques et proposait aux abonnés, contre paiement, de participer à des tournages, voire d’obtenir des prestations sexuelles. Les mis en cause seront jugés aux Assises.

Dans les deux cas, les victimes qualifient la circulation des images de « victimisation secondaire », une description qui s’entend aussi du côté d’autres types de victimes de diffusion non consenties d’images à caractère sexuel (par exemple exposées à la diffusion d’images intimes initialement créées pour le cadre privé, pratique parfois qualifiée de « revenge porn »).

En 2024, Google avait été condamné par le tribunal de Paris à verser 2 000 euros à une plaignante pour avoir tardé à déréférencer des vidéos dans lesquelles elle apparaissait.

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Des fonds critiquent la valorisation et la gestion de SpaceX avant son entrée en bourse

Roi en son royaume
Des fonds critiquent la valorisation et la gestion de SpaceX avant son entrée en bourse

Alors que l’entrée en bourse de SpaceX se précise, plusieurs fonds d’investissement nord-européens envisagent de refuser de participer à l’opération, critiquant notamment la structure actionnariale et la gestion de l’entreprise. Le pouvoir supplémentaire qu’Elon Musk consolidera dans l’opération est particulièrement visé.

Le fonds danois AkademikerPension a déclaré qu’il ne se porterait acquéreur ni d’actions de SpaceX lors de son entrée en bourse, ni lorsque celles-ci seraient accessibles sur le marché secondaire. Alors que la société pourrait entrer en bourse dès le 11 juin, le directeur des investissements du fonds, qui gère de l’ordre de 25 milliards de dollars pour le compte d’universitaires, déclare l’entreprise « grossièrement surévaluée » et critique une « structure de gouvernance catastrophique ».

Loin de ne préoccuper que ce fonds relativement petit, qui a déjà pris des décisions d’investissement politiques (il s’est par exemple délesté de 100 millions de dollars de bons du Trésor des États-Unis, au motif que les finances du pays étaient intenables à long terme), la situation pousse aussi le fonds NBIM de la Banque centrale de Norvège, plus grand fonds souverain au monde, à rechigner à investir dans SpaceX.

En cause : la structure actionnariale choisie et les rôles adoptés par Elon Musk à la tête de l’entreprise et de son conseil d’administration. Pour autant, l’ampleur de l’opération, qui vise à lever 75 milliards de dollars pour SpaceX, ce qui ferait grimper sa valorisation aux alentours de 1 750 milliards de dollars, complique le positionnement du fonds souverain.

Contrôle des droits de vote et indépendance du PDG

Premier enjeu : la valorisation de SpaceX. Si l’entrée en bourse se déroule sans accroc et selon les plans de ses dirigeants, l’entreprise deviendra la neuvième société la plus valorisée du monde. Cela repousserait automatiquement Tesla, autre société dirigée par Elon Musk, au dixième rang de ce classement.


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Les Pays-Bas bloquent le rachat d’un fournisseur numérique par une société états-unienne

Independance day
Les Pays-Bas bloquent le rachat d’un fournisseur numérique par une société états-unienne

Le gouvernement néerlandais vient de bloquer le rachat de la société numérique Solvinity par l’acteur états-unien Kyndryl. En cause : des préoccupations en matière de souveraineté.

Aux Pays-Bas, les citoyens recourent régulièrement à l’application gouvernementale DigiD app pour s’authentifier à divers services numériques. L’application leur sert aussi bien pour échanger avec l’administration que pour acheter une maison ou prendre un rendez-vous médical.

DigiD app est construit par une société locale, Solvinity, qui gère aussi la plate-forme administrative nationale MijnOverheid. Solvinity est par ailleurs en charge de la sécurisation des communications numériques du ministère de la Justice et de la Sécurité.

Alors que la société états-unienne Kyndryl avait annoncé le rachat de l’acteur néerlandais, les autorités ont bloqué la transaction. Le recours à des technologies états-uniennes inquiète de plus en plus au sein de l’Union européenne.

Rachat par une émanation d’IBM

Issue de la scission des services d’infrastructures d’IBM, Kyndryl a été créée en 2021. Cotée à la bourse de New York, elle est actuellement valorisée à 2,7 milliards de dollars.

Solvinity est quant à elle détenue par la société britannique de capital-investissement Vitruvian Partners. Les fondateurs néerlandais de cette société de 275 employés, qui enregistraient 70 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2025, maintiennent quant à eux une participation minoritaire à son capital.

Mais dès l’annonce de la revente, en novembre 2025, l’opération a créé des remous : elle était critiquée pour sa propension à mettre à portée d’application du Cloud Act états-unien un opérateur d’infrastructure numérique sensible.

Évaluation négative

Alors que le rachat était validé par Vitruvian Partners, puis accepté par l’Autorité néerlandaise de la concurrence, l’ACM, la secrétaire d’État chargée de l’économie numérique Willemijn Aerts a demandé à l’agence chargée d’examiner les investissements transfrontaliers (BTI) d’étudier les risques que posait le transfert.

Dans une lettre ouverte adressée au Parlement, cette dernière indique que l’autorité a considéré le rachat comme un « risque probable pour l’intérêt public ». C’est la première fois que cette dernière intime d’empêcher une acquisition états-unienne depuis sa création, en 2020. Ce 25 mai, le gouvernement néerlandais a décidé de suivre cet avis et de bloquer l’opération.

Si les Pays-Bas « portent une grande valeur à la présence d’entreprises étrangères, en particulier de sociétés technologiques issues des États-Unis (…) ils maintiennent un cadre indépendant d’examen des investissements afin de protéger l’intérêt public », indique la lettre. Kyndryl s’est déclaré « extrêmement déçu » et a regretté la « politisation » de l’affaire. La société s’engage néanmoins à « continuer d’accompagner [ses] clients aux Pays-Bas dans la modernisation de leurs systèmes », notamment en leur proposant des« méthodologies d’IA agentique ».

Solvinity, de son côté, se dit ouvert aux discussions avec le gouvernement sur les questions de « sécurité nationale, de souveraineté numérique et de protection des infrastructures critiques néerlandaises ». Quant au service DigiD, il a publié ses propres informations, soulignant que Solvinity n’est que le « fournisseur de l’infrastructure de plateforme sur laquelle DigiD fonctionne, celle-ci étant hébergée sur un data center gouvernemental ». Il souligne que les données personnelles des citoyens sont protégés par chiffrement, et que les employés de Solvinity n’y ont jamais accès.

Cette décision est rendue alors que la Commission européenne doit proposer d’ici quelques semaines une série de mesures dédiées à renforcer la souveraineté numérique et à réduire la dépendance de l’Europe envers des technologies étrangères, en particulier dans les domaines du cloud, des puces et de l’IA.

Aux Pays-Bas, sept fournisseurs de cloud travaillent d’ailleurs collectivement pour tenter de proposer une alternative aux fournisseurs états-uniens, rapportait NRC début avril. Ils se sont notamment mis d’accord pour utiliser les mêmes standards, afin de faciliter la circulation d’un fournisseur à l’autre et permettre de travailler sur de plus gros projets, et pour permettre à leurs concurrents de récupérer les projets critiques si jamais l’une d’entre elles était rachetée par un acteur non européen.

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Les Pays-Bas bloquent le rachat d’un fournisseur numérique par une société états-unienne

Independance day
Les Pays-Bas bloquent le rachat d’un fournisseur numérique par une société états-unienne

Le gouvernement néerlandais vient de bloquer le rachat de la société numérique Solvinity par l’acteur états-unien Kyndryl. En cause : des préoccupations en matière de souveraineté.

Aux Pays-Bas, les citoyens recourent régulièrement à l’application gouvernementale DigiD app pour s’authentifier à divers services numériques. L’application leur sert aussi bien pour échanger avec l’administration que pour acheter une maison ou prendre un rendez-vous médical.

DigiD app est construit par une société locale, Solvinity, qui gère aussi la plate-forme administrative nationale MijnOverheid. Solvinity est par ailleurs en charge de la sécurisation des communications numériques du ministère de la Justice et de la Sécurité.

Alors que la société états-unienne Kyndryl avait annoncé le rachat de l’acteur néerlandais, les autorités ont bloqué la transaction. Le recours à des technologies états-uniennes inquiète de plus en plus au sein de l’Union européenne.

Rachat par une émanation d’IBM

Issue de la scission des services d’infrastructures d’IBM, Kyndryl a été créée en 2021. Cotée à la bourse de New York, elle est actuellement valorisée à 2,7 milliards de dollars.

Solvinity est quant à elle détenue par la société britannique de capital-investissement Vitruvian Partners. Les fondateurs néerlandais de cette société de 275 employés, qui enregistraient 70 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2025, maintiennent quant à eux une participation minoritaire à son capital.

Mais dès l’annonce de la revente, en novembre 2025, l’opération a créé des remous : elle était critiquée pour sa propension à mettre à portée d’application du Cloud Act états-unien un opérateur d’infrastructure numérique sensible.

Évaluation négative

Alors que le rachat était validé par Vitruvian Partners, puis accepté par l’Autorité néerlandaise de la concurrence, l’ACM, la secrétaire d’État chargée de l’économie numérique Willemijn Aerts a demandé à l’agence chargée d’examiner les investissements transfrontaliers (BTI) d’étudier les risques que posait le transfert.

Dans une lettre ouverte adressée au Parlement, cette dernière indique que l’autorité a considéré le rachat comme un « risque probable pour l’intérêt public ». C’est la première fois que cette dernière intime d’empêcher une acquisition états-unienne depuis sa création, en 2020. Ce 25 mai, le gouvernement néerlandais a décidé de suivre cet avis et de bloquer l’opération.

Si les Pays-Bas « portent une grande valeur à la présence d’entreprises étrangères, en particulier de sociétés technologiques issues des États-Unis (…) ils maintiennent un cadre indépendant d’examen des investissements afin de protéger l’intérêt public », indique la lettre. Kyndryl s’est déclaré « extrêmement déçu » et a regretté la « politisation » de l’affaire. La société s’engage néanmoins à « continuer d’accompagner [ses] clients aux Pays-Bas dans la modernisation de leurs systèmes », notamment en leur proposant des« méthodologies d’IA agentique ».

Solvinity, de son côté, se dit ouvert aux discussions avec le gouvernement sur les questions de « sécurité nationale, de souveraineté numérique et de protection des infrastructures critiques néerlandaises ». Quant au service DigiD, il a publié ses propres informations, soulignant que Solvinity n’est que le « fournisseur de l’infrastructure de plateforme sur laquelle DigiD fonctionne, celle-ci étant hébergée sur un data center gouvernemental ». Il souligne que les données personnelles des citoyens sont protégés par chiffrement, et que les employés de Solvinity n’y ont jamais accès.

Cette décision est rendue alors que la Commission européenne doit proposer d’ici quelques semaines une série de mesures dédiées à renforcer la souveraineté numérique et à réduire la dépendance de l’Europe envers des technologies étrangères, en particulier dans les domaines du cloud, des puces et de l’IA.

Aux Pays-Bas, sept fournisseurs de cloud travaillent d’ailleurs collectivement pour tenter de proposer une alternative aux fournisseurs états-uniens, rapportait NRC début avril. Ils se sont notamment mis d’accord pour utiliser les mêmes standards, afin de faciliter la circulation d’un fournisseur à l’autre et permettre de travailler sur de plus gros projets, et pour permettre à leurs concurrents de récupérer les projets critiques si jamais l’une d’entre elles était rachetée par un acteur non européen.

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Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

Qu'entendez-vous par extrêmisme ?
Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

Aux niveaux local et fédéral des États-Unis, différents services de renseignement et de maintien de l’ordre surveillent de plus en plus les mouvements d’opposition à l’intelligence artificielle ou à l’édification de certains centres de données. Un service évoque même la possibilité d’un « extrémisme anti-technologie », aux caractéristiques floues.

À force d’inquiétude généralisée envers les effets de l’intelligence artificielle (IA) sur les emplois, de manifestations contre des centres de données et d’attaques contre le domicile de Sam Altman, les forces de l’ordre états-uniennes discutent d’un nouveau risque : l’extrémisme anti-technologie. C’est du moins l’image qu’un rapport non publié du ministère de la Sécurité intérieure local, obtenu par Wired, dessine.

L’arrestation en février 2025 de Ziz Laota, accusée d’avoir mené un groupe à la manière d’une secte, pourrait accréditer la thèse de l’existence d’un tel extrémiste. Surnommés les « Zizians » dans les médias états-uniens, ce groupe d’ingénieurs obsédés par les risques existentiels de l’IA est en effet suspecté d’avoir causé au moins six morts.

En l’état, cela dit, le concept d’« extrémisme anti-tech » est proposé avec une définition si vague que certains experts craignent une instrumentalisation. Les mouvements d’opposition au déploiement de l’IA ou à l’expansion de son infrastructure se multiplient à travers les États-Unis, alors que certains sondages estiment à 71 % la part des Américains opposés à la construction de nouveaux centres de données. Mais le gouvernement Trump s’est fait l’ardent promoteur de cette industrie.

Des catégories floues

De fait, cette nouvelle catégorie d’extrémisme surveillée par le FBI et les services antiterroristes états-uniens apparaît quelques mois seulement après que Donald Trump a déclaré que l’antifascisme était une forme de terrorisme, et ordonné au ministère de la Justice de réprimer les personnes démontrant des opinions « anti-américaine », « anti-chrétienne » et « anti-capitaliste ».

Alors que la stratégie antiterroriste publiée mi-mai (.pdf) par son administration place l’extrémisme d’extrême-gauche parmi les trois priorités antiterroristes du pays, des documents de travail du Bureau new-yorkais du renseignement et de la lutte contre le terrorisme introduisent ce fameux concept d’« extrémisme violent anti-tech » sans le définir précisément. Si l’expression n’apparaît pas pour le moment dans les documents émis par le FBI ou le ministère de la Sécurité intérieure, ces fichiers trahissent une attention accrue portée aux mouvements critiques de l’industrie de l’IA à travers le pays.

Le rapport de la police new-yorkaise fait notamment suite à un travail conjoint mené avec le FBI dans le cadre d’une enquête sur des « acteurs anarchistes extrémistes violents ». Ailleurs, à travers les États-Unis, les centres dédiés à faire le lien entre agences de renseignement fédérales et forces de l’ordre locales collectent quant à eux de l’information sur les mouvements qui s’inquiètent de l’avancée de l’IA, ou sur des menaces présumées contre des centres de données.

En Virginie du Nord, l’un de ces centres catégorise comme démonstration de risque de violence des comportements vagues. Dans son rapport, Wired relève que des activités comme des « menaces exprimées ou implicites », « l’observation ou la surveillance », la « photographie », le « test des dispositifs de sécurité » et les « tentatives d’intrusion » sont toutes citées comme de potentielles démonstrations d’extrêmisme.

En mars, un autre de leurs rapports démontrait une surveillance accrue de manifestations protégées par la Constitution des États-Unis. Ainsi de rassemblements anti-Tesla, ou d’une manifestation titrée « Break Up with Red Rager » organisée par un groupe d’activistes visant à stopper les investissements dans le fabricant d’arme israélien Elbit.

Inévitabilité de l’IA contre mobilisations citoyennes

Conseiller juridique du Fonds de défense juridique de la NAACP, une organisation de défense des droits civiques, Spencer Reynolds estime auprès du magazine que ce type de « rapport d’activités suspectes sont incroyablement peu fiables : ils concernent souvent des comportements vagues ou innocents et sont établis selon des critères très laxistes », avec le risque de laisser les agents « y projeter leurs propres préjugés ». Le FBI, lui, déclare simplement enquêter sur les personnes qui « commettent ou ont l’intention de commettre des actes de violence » ou « représentent une menace pour la sécurité nationale ».

En 2023, le capital-risqueur et cofondateur du fonds Andreessen Horowitz Marc Andreessen tenait un discours qui peut désormais se lire comme annonciateur de la tendance visible au sein des forces de l’ordre états-uniennes. « Toute décélération de l’IA coûterait des vies », affirmait-il dans son « manifeste techno-optimiste ». Depuis, nombreux sont les dirigeants de sociétés constructrices ou financeuses du développement de l’IA qui décrivent son déploiement dans tous les pans de la société comme inévitable.

Pour autant, comme le démontre un récent travail mené par la journaliste et autrice de l’essai Empire Of AI Karen Hao, la résistance à cette lame de fond est déjà présente et active, partout sur le globe. Avec une équipe incluant notamment des membres du DAIR Institute, cofondé par l’ingénieure Timnit Gebru, la journaliste a constitué une liste d’exemples d’actions concrètes de résistance à l’IA. Ces dernières vont de l’adaptation des récits et de l’imagerie relative à l’IA jusqu’à son refus pur et simple, en passant par la construction de systèmes alternatifs. Or, aux États-Unis, elle s’incarne déjà jusque dans des manifestations bipartisanes contre certains centres de données.

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Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

Qu'entendez-vous par extrêmisme ?
Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

Aux niveaux local et fédéral des États-Unis, différents services de renseignement et de maintien de l’ordre surveillent de plus en plus les mouvements d’opposition à l’intelligence artificielle ou à l’édification de certains centres de données. Un service évoque même la possibilité d’un « extrémisme anti-technologie », aux caractéristiques floues.

À force d’inquiétude généralisée envers les effets de l’intelligence artificielle (IA) sur les emplois, de manifestations contre des centres de données et d’attaques contre le domicile de Sam Altman, les forces de l’ordre états-uniennes discutent d’un nouveau risque : l’extrémisme anti-technologie. C’est du moins l’image qu’un rapport non publié du ministère de la Sécurité intérieure local, obtenu par Wired, dessine.

L’arrestation en février 2025 de Ziz Laota, accusée d’avoir mené un groupe à la manière d’une secte, pourrait accréditer la thèse de l’existence d’un tel extrémiste. Surnommés les « Zizians » dans les médias états-uniens, ce groupe d’ingénieurs obsédés par les risques existentiels de l’IA est en effet suspecté d’avoir causé au moins six morts.

En l’état, cela dit, le concept d’« extrémisme anti-tech » est proposé avec une définition si vague que certains experts craignent une instrumentalisation. Les mouvements d’opposition au déploiement de l’IA ou à l’expansion de son infrastructure se multiplient à travers les États-Unis, alors que certains sondages estiment à 71 % la part des Américains opposés à la construction de nouveaux centres de données. Mais le gouvernement Trump s’est fait l’ardent promoteur de cette industrie.

Des catégories floues

De fait, cette nouvelle catégorie d’extrémisme surveillée par le FBI et les services antiterroristes états-uniens apparaît quelques mois seulement après que Donald Trump a déclaré que l’antifascisme était une forme de terrorisme, et ordonné au ministère de la Justice de réprimer les personnes démontrant des opinions « anti-américaine », « anti-chrétienne » et « anti-capitaliste ».

Alors que la stratégie antiterroriste publiée mi-mai (.pdf) par son administration place l’extrémisme d’extrême-gauche parmi les trois priorités antiterroristes du pays, des documents de travail du Bureau new-yorkais du renseignement et de la lutte contre le terrorisme introduisent ce fameux concept d’« extrémisme violent anti-tech » sans le définir précisément. Si l’expression n’apparaît pas pour le moment dans les documents émis par le FBI ou le ministère de la Sécurité intérieure, ces fichiers trahissent une attention accrue portée aux mouvements critiques de l’industrie de l’IA à travers le pays.

Le rapport de la police new-yorkaise fait notamment suite à un travail conjoint mené avec le FBI dans le cadre d’une enquête sur des « acteurs anarchistes extrémistes violents ». Ailleurs, à travers les États-Unis, les centres dédiés à faire le lien entre agences de renseignement fédérales et forces de l’ordre locales collectent quant à eux de l’information sur les mouvements qui s’inquiètent de l’avancée de l’IA, ou sur des menaces présumées contre des centres de données.

En Virginie du Nord, l’un de ces centres catégorise comme démonstration de risque de violence des comportements vagues. Dans son rapport, Wired relève que des activités comme des « menaces exprimées ou implicites », « l’observation ou la surveillance », la « photographie », le « test des dispositifs de sécurité » et les « tentatives d’intrusion » sont toutes citées comme de potentielles démonstrations d’extrêmisme.

En mars, un autre de leurs rapports démontrait une surveillance accrue de manifestations protégées par la Constitution des États-Unis. Ainsi de rassemblements anti-Tesla, ou d’une manifestation titrée « Break Up with Red Rager » organisée par un groupe d’activistes visant à stopper les investissements dans le fabricant d’arme israélien Elbit.

Inévitabilité de l’IA contre mobilisations citoyennes

Conseiller juridique du Fonds de défense juridique de la NAACP, une organisation de défense des droits civiques, Spencer Reynolds estime auprès du magazine que ce type de « rapport d’activités suspectes sont incroyablement peu fiables : ils concernent souvent des comportements vagues ou innocents et sont établis selon des critères très laxistes », avec le risque de laisser les agents « y projeter leurs propres préjugés ». Le FBI, lui, déclare simplement enquêter sur les personnes qui « commettent ou ont l’intention de commettre des actes de violence » ou « représentent une menace pour la sécurité nationale ».

En 2023, le capital-risqueur et cofondateur du fonds Andreessen Horowitz Marc Andreessen tenait un discours qui peut désormais se lire comme annonciateur de la tendance visible au sein des forces de l’ordre états-uniennes. « Toute décélération de l’IA coûterait des vies », affirmait-il dans son « manifeste techno-optimiste ». Depuis, nombreux sont les dirigeants de sociétés constructrices ou financeuses du développement de l’IA qui décrivent son déploiement dans tous les pans de la société comme inévitable.

Pour autant, comme le démontre un récent travail mené par la journaliste et autrice de l’essai Empire Of AI Karen Hao, la résistance à cette lame de fond est déjà présente et active, partout sur le globe. Avec une équipe incluant notamment des membres du DAIR Institute, cofondé par l’ingénieure Timnit Gebru, la journaliste a constitué une liste d’exemples d’actions concrètes de résistance à l’IA. Ces dernières vont de l’adaptation des récits et de l’imagerie relative à l’IA jusqu’à son refus pur et simple, en passant par la construction de systèmes alternatifs. Or, aux États-Unis, elle s’incarne déjà jusque dans des manifestations bipartisanes contre certains centres de données.

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Têtes de cochon, mosquées : les documents qui éclairent la « frappe cognitive » russe

Désinformation hybride
Têtes de cochon, mosquées : les documents qui éclairent la « frappe cognitive » russe

Préparatifs des dépôts de têtes de cochons devant des mosquées parisiennes, échanges entre une agence d’influence et l’administration russe… De nouveaux documents éclairent la manière qu’a la Russie de tenter de cliver les opinions occidentales.

Dix têtes de cochons sur lesquelles sont écrites, à la peinture bleue, « Macron ». À l’arrière de la table sont posés les pinceaux qui ont permis de réaliser cette mise en scène.

Des documents obtenus par les journalistes du média estonien Delfi et partagés avec l’Organized Crime and Corruption Reporting Project, Le Monde et d’autres médias permettent de mieux comprendre comment et pourquoi neuf mosquées et centre culturels islamiques parisiens ont été visés, en septembre 2025, par une attaque islamophobe. Au matin, chacune avait découvert devant sa porte les têtes de cochons ensanglantées et peintes.

La photo des préparatifs, elle, se trouve sur la première page d’un document détaillant concrètement les préparatifs de l’attaque, a priori à destination de ses commanditaires. Détaillant ce qu’ils qualifient de « frappes cognitives » contre l’Occident, ces fichiers émanent de plusieurs sociétés proches de l’Administration du président de Russie, en particulier de la Social Design Agency (SDA). Cette dernière s’est fait une spécialité des opérations d’ingérence et est déjà soumise à des sanctions des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Union européenne pour de précédentes campagnes d’influence.

Les documents comprennent aussi les captures d’écran d’un logiciel de messagerie utilisé conjointement par les équipes de la SDA et des représentants de l’administration russe. Enjeu affiché de ces opérations : « préserver [l’]image de superpuissance » de la Russie sur la scène internationale. « Plus la Russie mène de campagnes d’influence actives à travers le monde, plus l’image de la Russie en tant que puissance mondiale s’en trouve renforcée », indique l’un des textes.

Des projets abandonnés et d’autres effectivement menés en France

Si plusieurs pays occidentaux sont visés, la France a notamment subi depuis deux ans de multiples opérations qui mêlent ainsi le recours à des actions menées hors ligne par des hommes de main, pour ensuite alimenter le désordre dans le débat public. Outre l’opération « Tête de cochon », les documents récupérés citent notamment l’opération « Synagogues vertes », qui décrit les jets de peinture verte à l’encontre du Mémorial de la Shoah, d’un restaurant et de plusieurs synagogues parisiennes, fin 2025.

D’après Le Monde, la note indique clairement que « l’objectif de cette action était de discréditer les autorités françaises, jugées incapables d’endiguer la montée de l’antisémitisme islamiste à Paris ». Elle souligne que l’action a fait la une des journaux du monde entier.

Dans le lot des documents fuités, certains concernent des projets a priori abandonnés. L’un d’eux consistait à asperger de peinture la statue du Général de Gaulle située sur les Champs-Élysées, pour attaquer les positions pro-russes de son petit-fils Pierre de Gaulle. Un autre aurait constitué à lancer des poupées gonflables sur la Seine, « 20 blanches, 10 noires », après y avoir inscrit un slogan anti-immigrés. Ces divers projets semblent ne pas avoir dépassé l’étape de la réflexion.

Influenceurs pro-russes, vandalisme et interférences électorales

Leur nombre traduit néanmoins l’intérêt des agents d’influence pour ce type d’opérations dites « hybrides », qui recourent à une opération physique pour laisser le cycle de l’information et des réseaux sociaux prendre le relais.

Comme celle des « têtes de cochon », l’opération des étoiles bleues de David peintes dans Paris en octobre 2023 avait ainsi fait l’objet de vastes débats médiatiques dans les dix jours suivant leur découverte, avant que leur nature d’opération de propagande ne soit révélée. Les deux soulignent aussi la relative inefficacité des opérations d’ingérence orchestrées à partir de faux articles de presse, assez peu consultés par les internautes.

En mars, trois ressortissants Serbes ont été condamnés dans leur pays pour avoir déposé les neuf têtes de cochons devant les mosquées et autres lieux musulmans de région parisienne. Ils avaient été arrêtés aux côtés de huit autres personnes dans le cadre d’une enquête plus large sur des actes de vandalisme menés contre des mosquées et des synagogues. Ils agissaient « sur les instructions d’un service de renseignement étranger », indiquait à l’époque le ministère de l’intérieur serbe, et avaient commis des actes similaires sur le sol allemand – notamment en déposant des squelettes en plastique à la Porte de Brandebourg, proche du mémorial de l’Holocauste, à Berlin.

Outre les actions de vandalisme opérées en France et en Allemagne, les projets détaillés dans le jeu de documents concernent divers projets de promotion des intérêts pro-russes par la voix d’influenceurs de leaders d’opinion occidentaux, et l’interférence lors de campagnes électorales. Les élections parlementaires arméniennes, qui se tiendront le 7 juin, sont notamment dans le viseur. But affiché : freiner le tournant occidental du pays, notamment en recourant à un média orienté vers les électeurs russophones.

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Têtes de cochon, mosquées : les documents qui éclairent la « frappe cognitive » russe

Désinformation hybride
Têtes de cochon, mosquées : les documents qui éclairent la « frappe cognitive » russe

Préparatifs des dépôts de têtes de cochons devant des mosquées parisiennes, échanges entre une agence d’influence et l’administration russe… De nouveaux documents éclairent la manière qu’a la Russie de tenter de cliver les opinions occidentales.

Dix têtes de cochons sur lesquelles sont écrites, à la peinture bleue, « Macron ». À l’arrière de la table sont posés les pinceaux qui ont permis de réaliser cette mise en scène.

Des documents obtenus par les journalistes du média estonien Delfi et partagés avec l’Organized Crime and Corruption Reporting Project, Le Monde et d’autres médias permettent de mieux comprendre comment et pourquoi neuf mosquées et centre culturels islamiques parisiens ont été visés, en septembre 2025, par une attaque islamophobe. Au matin, chacune avait découvert devant sa porte les têtes de cochons ensanglantées et peintes.

La photo des préparatifs, elle, se trouve sur la première page d’un document détaillant concrètement les préparatifs de l’attaque, a priori à destination de ses commanditaires. Détaillant ce qu’ils qualifient de « frappes cognitives » contre l’Occident, ces fichiers émanent de plusieurs sociétés proches de l’Administration du président de Russie, en particulier de la Social Design Agency (SDA). Cette dernière s’est fait une spécialité des opérations d’ingérence et est déjà soumise à des sanctions des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Union européenne pour de précédentes campagnes d’influence.

Les documents comprennent aussi les captures d’écran d’un logiciel de messagerie utilisé conjointement par les équipes de la SDA et des représentants de l’administration russe. Enjeu affiché de ces opérations : « préserver [l’]image de superpuissance » de la Russie sur la scène internationale. « Plus la Russie mène de campagnes d’influence actives à travers le monde, plus l’image de la Russie en tant que puissance mondiale s’en trouve renforcée », indique l’un des textes.

Des projets abandonnés et d’autres effectivement menés en France

Si plusieurs pays occidentaux sont visés, la France a notamment subi depuis deux ans de multiples opérations qui mêlent ainsi le recours à des actions menées hors ligne par des hommes de main, pour ensuite alimenter le désordre dans le débat public. Outre l’opération « Tête de cochon », les documents récupérés citent notamment l’opération « Synagogues vertes », qui décrit les jets de peinture verte à l’encontre du Mémorial de la Shoah, d’un restaurant et de plusieurs synagogues parisiennes, fin 2025.

D’après Le Monde, la note indique clairement que « l’objectif de cette action était de discréditer les autorités françaises, jugées incapables d’endiguer la montée de l’antisémitisme islamiste à Paris ». Elle souligne que l’action a fait la une des journaux du monde entier.

Dans le lot des documents fuités, certains concernent des projets a priori abandonnés. L’un d’eux consistait à asperger de peinture la statue du Général de Gaulle située sur les Champs-Élysées, pour attaquer les positions pro-russes de son petit-fils Pierre de Gaulle. Un autre aurait constitué à lancer des poupées gonflables sur la Seine, « 20 blanches, 10 noires », après y avoir inscrit un slogan anti-immigrés. Ces divers projets semblent ne pas avoir dépassé l’étape de la réflexion.

Influenceurs pro-russes, vandalisme et interférences électorales

Leur nombre traduit néanmoins l’intérêt des agents d’influence pour ce type d’opérations dites « hybrides », qui recourent à une opération physique pour laisser le cycle de l’information et des réseaux sociaux prendre le relais.

Comme celle des « têtes de cochon », l’opération des étoiles bleues de David peintes dans Paris en octobre 2023 avait ainsi fait l’objet de vastes débats médiatiques dans les dix jours suivant leur découverte, avant que leur nature d’opération de propagande ne soit révélée. Les deux soulignent aussi la relative inefficacité des opérations d’ingérence orchestrées à partir de faux articles de presse, assez peu consultés par les internautes.

En mars, trois ressortissants Serbes ont été condamnés dans leur pays pour avoir déposé les neuf têtes de cochons devant les mosquées et autres lieux musulmans de région parisienne. Ils avaient été arrêtés aux côtés de huit autres personnes dans le cadre d’une enquête plus large sur des actes de vandalisme menés contre des mosquées et des synagogues. Ils agissaient « sur les instructions d’un service de renseignement étranger », indiquait à l’époque le ministère de l’intérieur serbe, et avaient commis des actes similaires sur le sol allemand – notamment en déposant des squelettes en plastique à la Porte de Brandebourg, proche du mémorial de l’Holocauste, à Berlin.

Outre les actions de vandalisme opérées en France et en Allemagne, les projets détaillés dans le jeu de documents concernent divers projets de promotion des intérêts pro-russes par la voix d’influenceurs de leaders d’opinion occidentaux, et l’interférence lors de campagnes électorales. Les élections parlementaires arméniennes, qui se tiendront le 7 juin, sont notamment dans le viseur. But affiché : freiner le tournant occidental du pays, notamment en recourant à un média orienté vers les électeurs russophones.

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IA générative : l’Arcep appelle à faire de l’écoconception un « levier stratégique »

ConsommAtIon
IA générative : l’Arcep appelle à faire de l’écoconception un « levier stratégique »

Devant les impacts énergétiques et environnementaux de l’intelligence artificielle générative, l’ARCEP appelle à améliorer les mesures réalisées tout au long de la chaîne de valeur, ainsi qu’à promouvoir l’écoconception des services et la maîtrise des usages.

La maîtrise de l’intelligence artificielle relève d’enjeux « de compétitivité et de souveraineté », mais elle soulève aussi une série d’enjeux environnementaux que l’Arcep appelle à mieux étudier. À défaut, l’absence d’évaluation sur toute la chaîne de valeur empêche d’« anticiper et maîtriser ces impacts », indique-t-elle dans son rapport « intelligence artificielle générative : quels défis environnementaux » publié ce 21 mai.

« Si l’IA, notamment générative, peut permettre des actions en faveur de la transition environnementale et de la réduction d’impacts environnementaux de différents secteurs », écrit l’Arcep sans donner d’exemple précis, « elle apparaît elle-même comme un facteur d’accélération potentielle de nombreux impacts environnementaux ». Or, ceci crée des « inquiétudes légitimes qui sont renforcées aujourd’hui par le manque de transparence des acteurs de la chaîne de valeur ».

« À ce jour, aucun consensus scientifique n’existe sur l’impact environnemental net du numérique c’est-à-dire sur son empreinte environnementale nette de ses effets indirects (positifs ou négatifs) », admet l’institution, qui entend par ces travaux participer à la discussion générale sur le sujet. Le rapport inclut en effet des tests menés par le Pôle de Régulation Numérique (PeREN), dont l’un des principaux constats est que la qualité des résultats d’un modèle n’est pas nécessairement lié à sa taille. Autrement dit, « limiter l’empreinte énergétique n’implique pas toujours des compromis sur la performance ».

S’appuyant sur les travaux de la chercheuse Sasha Luccioni (qui ne se limitent pas à l’IA générative mais intègrent les projets de deep learning antérieurs), l’Arcep relève que « sur 754 modèles analysés, déployés entre 2010 et le premier trimestre 2025, 84 % ne font l’objet d’aucune information environnementale, 14 % des modèles font indirectement l’objet d’information environnementale (…) et seulement 2 % des modèles font l’objet d’information de manière directe à date de mai 2025. » Elle recommande d’améliorer la mesure de l’impact environnemental de l’IA au long de sa chaîne de valeur, pour mieux les maîtriser.

« Au-delà des infrastructures et des ressources, le développement de l’IA engendre des effets systémiques susceptibles d’amplifier [la] tension sur les ressources », souligne l’Arcep, en tête desquels l’effet rebond. « Les gains d’efficacité et la baisse des coûts d’accès à ces technologies, dont certaines sont aujourd’hui proposées gratuitement, favorisent une diffusion rapide des usages, qui conduit à une augmentation globale de la demande en calcul et en données. » Pour l’institution, « promouvoir l’écoconception des services d’IA » constitue un « levier stratégique de la compétitivité européenne ».

Surtout, l’Arcep invite à « prendre en compte les enjeux de soutenabilité et de souveraineté dans la stratégie d’implantation des centres de données en Europe ». Dans le cadre de la récente adoption de la loi de simplification de la vie économique, dont l’article 15 permet d’octroyer à des centres de données le statut de Projet d’intérêt national majeur, le juriste Jérémy Bousquet argumente, lui, que la préoccupation de la souveraineté prime pour le moment sur toute considération environnementale dans la stratégie française.

Dynamique d’adoption rapide

En France, alors qu’un cinquième de la population déclarait avoir recours à l’IA générative en 2023, « ce chiffre atteint déjà près de la moitié en 2025 (48 % exactement), soit une progression de 28 points en deux ans ». Loin d’être spécifique à l’Hexagone, cette rapidité d’adoption se constate ailleurs dans le monde, mais aussi dans le monde professionnel, où « la part des entreprises de l’Union européenne de 10 salariés ou plus déclarant utiliser au moins un service d’IA est passée de 8 % en 2023 à 20 % en 2025 ». Dans celle de plus de 250 salariés, cette proportion est passée de « 30 % en 2023 à 55 % en 2025 ».


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IA dans l’emploi : même quand ils travaillent dans la tech, les français restent inquiets

AnxIAté
IA dans l’emploi : même quand ils travaillent dans la tech, les français restent inquiets

Interrogés sur les effets de l’IA sur l’emploi, la majorité des cadres craignent que celle-ci ne les remplace. Même chez les professionnels du numérique, l’inquiétude subsiste.

Les effets de l’intelligence artificielle continuent de susciter les craintes, et ce jusque chez les cadres du numérique. Parmi ces derniers, si 88 % voient dans l’IA le moteur d’une révolution, près d’un sur cinq (17 %) estiment que l’accompagnement de leurs entreprises est insuffisant. Plus largement, au sein de la population française, 61 % des cadres craignent d’être remplacés par l’IA.

Tels sont quelques-uns des constats dressés par un sondage d’Odoxa pour l’Observatoire des nouveaux usages de Saegus. Mené auprès d’un échantillon de 1005 Français représentatifs de la population française majeure, et 101 professionnels de l’industrie numérique, ce dernier relève tout de même que la moitié des salariés, près de deux tiers des cadres (63 %) et 73 % des spécialistes du numérique se déclarent à l’aise avec les outils d’IA.

Des Français convaincus d’une destruction d’emplois

Pour l’immense majorité des sondés (plus des deux tiers de chaque tranche d’âge, près des trois quarts de la population selon sa profession), c’est certain : le déploiement de l’IA va se traduire par davantage de destruction d’emplois que de création. Dans le lot, les spécialistes du numérique sont un peu plus optimistes que les autres : 30 % d’entre eux envisagent que plus d’emplois ne soient créés, à termes, que détruits.

En fonction de l’âge, ce sont les plus âgés (65 ans et +) les plus inquiets. 86 % estiment en effet que l’IA détruira plus d’emplois qu’elle n’en créera. Même dans la génération qui entre actuellement sur le marché du travail, cela dit, plus des deux tiers des répondants s’alignent sur cette idée.

Observatoire des Nouveaux Usages / Saegus – Odoxa, mai 2026

Le rapport s’inverse quelque peu lorsqu’on se penche sur ce que les travailleurs envisagent en termes de tâches. Pour 67 % des professionnels du numérique, en effet, l’IA remplacera « une partie » de leurs tâches, et pour 5 % d’entre eux, « l’intégralité de [leur] métier ». À l’inverse, dans la population générale, seulement 35 % des interrogés estiment que l’IA remplacera « une partie de [leurs] tâches » et 10 % qu’elle remplacera « l’intégralité de [leur] métier ».

Réduction du temps de travail et dépendance

Interrogé sur les effets du déploiement de ces technologies dans leur vie professionnelle, la grande majorité des professionnels du numérique (85 %) et 72 % des salariés en général estiment que celle-ci créera une dépendance de l’IA au travail. Pour la moitié des salariés, ce n’est pas forcément négatif : cela pourrait permettre une réduction du temps de travail (une perspective envisagée par 44 % des professionnels de la tech).

38 % des salariés pris en général et 49 % de ceux de la tech estiment que cela permettra de « consacrer davantage de temps aux relations avec leurs collègues », et 36 % des salariés (49 % dans la tech) que cela rendre leur travail « plus intéressant ». Travailler dans les technologies donne un sentiment nettement plus important de confort dans l’interaction avec l’IA.

Observatoire des Nouveaux Usages / Saegus – Odoxa, mai 2026

Malgré tout, la demande d’accompagnement est forte, quelle que soit la spécialité. Pour 82 % des professionnels du numérique et 78 % des salariés pris en général, les entreprises françaises ne forment pas suffisamment leurs employés à l’IA. En même temps, le sentiment de retard est relativement fort : seulement 34 % des employés du numérique et 42 % des salariés au sens large estiment que les entreprises hexagonales « s’adaptent rapidement et intègrent suffisamment cette technologie ».

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Les effets de l’intelligence artificielle continuent de susciter les craintes, et ce jusque chez les cadres du numérique. Parmi ces derniers, si 88 % voient dans l’IA le moteur d’une révolution, près d’un sur cinq (17 %) estiment que l’accompagnement de leurs entreprises est insuffisant. Plus largement, au sein de la population française, 61 % des cadres craignent d’être remplacés par l’IA.

Tels sont quelques-uns des constats dressés par un sondage d’Odoxa pour l’Observatoire des nouveaux usages de Saegus. Mené auprès d’un échantillon de 1005 Français représentatifs de la population française majeure, et 101 professionnels de l’industrie numérique, ce dernier relève tout de même que la moitié des salariés, près de deux tiers des cadres (63 %) et 73 % des spécialistes du numérique se déclarent à l’aise avec les outils d’IA.

Des Français convaincus d’une destruction d’emplois

Pour l’immense majorité des sondés (plus des deux tiers de chaque tranche d’âge, près des trois quarts de la population selon sa profession), c’est certain : le déploiement de l’IA va se traduire par davantage de destruction d’emplois que de création. Dans le lot, les spécialistes du numérique sont un peu plus optimistes que les autres : 30 % d’entre eux envisagent que plus d’emplois ne soient créés, à termes, que détruits.

En fonction de l’âge, ce sont les plus âgés (65 ans et +) les plus inquiets. 86 % estiment en effet que l’IA détruira plus d’emplois qu’elle n’en créera. Même dans la génération qui entre actuellement sur le marché du travail, cela dit, plus des deux tiers des répondants s’alignent sur cette idée.

Observatoire des Nouveaux Usages / Saegus – Odoxa, mai 2026

Le rapport s’inverse quelque peu lorsqu’on se penche sur ce que les travailleurs envisagent en termes de tâches. Pour 67 % des professionnels du numérique, en effet, l’IA remplacera « une partie » de leurs tâches, et pour 5 % d’entre eux, « l’intégralité de [leur] métier ». À l’inverse, dans la population générale, seulement 35 % des interrogés estiment que l’IA remplacera « une partie de [leurs] tâches » et 10 % qu’elle remplacera « l’intégralité de [leur] métier ».

Réduction du temps de travail et dépendance

Interrogé sur les effets du déploiement de ces technologies dans leur vie professionnelle, la grande majorité des professionnels du numérique (85 %) et 72 % des salariés en général estiment que celle-ci créera une dépendance de l’IA au travail. Pour la moitié des salariés, ce n’est pas forcément négatif : cela pourrait permettre une réduction du temps de travail (une perspective envisagée par 44 % des professionnels de la tech).

38 % des salariés pris en général et 49 % de ceux de la tech estiment que cela permettra de « consacrer davantage de temps aux relations avec leurs collègues », et 36 % des salariés (49 % dans la tech) que cela rendre leur travail « plus intéressant ». Travailler dans les technologies donne un sentiment nettement plus important de confort dans l’interaction avec l’IA.

Observatoire des Nouveaux Usages / Saegus – Odoxa, mai 2026

Malgré tout, la demande d’accompagnement est forte, quelle que soit la spécialité. Pour 82 % des professionnels du numérique et 78 % des salariés pris en général, les entreprises françaises ne forment pas suffisamment leurs employés à l’IA. En même temps, le sentiment de retard est relativement fort : seulement 34 % des employés du numérique et 42 % des salariés au sens large estiment que les entreprises hexagonales « s’adaptent rapidement et intègrent suffisamment cette technologie ».

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