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Avion de combat du futur : Berlin dit stop, Paris prend acte

DÉCRYPTAGE - Le chancelier allemand doit officialiser, ce mercredi, l’arrêt de ce projet lancé en 2017, en raison des divergences trop profondes entre Dassault Aviation et Airbus.

© BENOIT TESSIER / REUTERS

La maquette du Système de combat aérien du futur (Scaf) avait été exposée lors du Salon international de l’aéronautique et de l’espace, au Bourget, en juin 2023.
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Problèmes budgétaires, désaccords internationaux... Le Tempest, l’avion de chasse britannique du futur dans les turbulences

DÉCRYPTAGE - Après les précédents malheureux du Tornado et de l’Eurofighter, le projet d’aéronef de 6e génération développé avec le Japon et l’Italie laisse présager un nouveau revers pour le Royaume-Uni.

© BAE Systems

Vue d’artiste de l’avion de combat britannique du futur Tempest, projet développé par BAE Systems.
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[FAQ] Rachat de SFR : toutes les réponses à vos questions et inquiétudes

S'en Fout Royalement
[FAQ] Rachat de SFR : toutes les réponses à vos questions et inquiétudes

SFR devrait, sauf revirement de situation, être vendu à la découpe à Bouygues Telecom, Free et Orange. Cette opération soulève de nombreuses questions, aussi bien réglementaires que pratiques. Les clients SFR vont-ils par exemple devoir changer de forfait ? Les tarifs vont-ils augmenter avec le passage de quatre à trois opérateurs ? Nous avons des réponses.

La France pourrait revenir à trois opérateurs dans les prochains mois, c’est en tout cas le sens de l’annonce faite par un consortium composé de Bouygues Telecom, Free-iliad et Orange pour racheter SFR à Altice. Cette opération de concentration soulève de nombreuses questions, aussi bien pour les particuliers que les professionnels et l’ensemble des acteurs du marché.

SFR est en effet le second opérateur national et revendique plus de 25 millions de clients : un peu moins de 20 millions sur le mobile et 6 millions sur le fixe. En cas de finalisation de l’accord, ils seront répartis entre les trois opérateurs restants.

C’est fait, SFR a été racheté ?

Non, ce week-end c’est « la signature d’un protocole d’accord avec Altice France en vue de l’acquisition de SFR » qui a été annoncée. Un accord a été trouvé, mais il faut le mener à terme. Cela prendra encore des mois avant d’être finalisé… si tout se passe comme prévu. Une des parties peut en effet se rétracter, mais elle aurait alors de lourdes pénalités à payer.

Cette étape importante est faite suite à plusieurs mois de négociations. Officiellement, une offre de rachat de SFR avait été déposée par les trois partenaires mi-octobre 2025, pour 17 milliards d’euros. C’était déjà un secret de polichinelle : la vente de SFR était sur toutes les lèvres depuis des mois. Altice avait rapidement répondu « non » à cette proposition, mais il s’agissait de faire monter les enchères, pas de fermer la porte.

Mi-avril, une nouvelle offre à 20,35 milliards d’euros était déposée. Altice, Bouygues Telecom, iliad et Orange sont alors entrés en négociations exclusives pour finaliser les termes du rachat. Désormais, l’accord est signé, mais la vente est loin d’être finalisée. Rappel utile du communiqué : « À ce stade, il n’y a aucune certitude que cette opération soit réalisée ».

Des obstacles réglementaires à prévoir en cours de route ?

Oui, au nom de la « concurrence », comme l’explique le régulateur des télécoms (Arcep) dans son communiqué suite à la signature de cet accord : « L’Autorité de la concurrence ou la Commission européenne [notez le « ou » et pas « et », ndlr] seront en charge d’examiner le projet de fusion et de l’autoriser ou non. Dans un cas comme dans l’autre, l’Arcep pourra être saisie par l’une de ces autorités et sera alors amenée à rendre un avis sur le projet de fusion ».

Qui de l’Autorité de la concurrence ou de la Commission européenne va devoir trancher ? Ce sera l’un ou l’autre, pas les deux. La question reste en suspens et ne sera pas simple à trancher. Nul doute qu’une armée de juristes et d’experts se penche sur la question.

L’Autorité de la concurrence explique que « lorsque l’opération concerne le territoire de plusieurs États membres et que les chiffres d’affaires des entreprises concernées sont très importants (notamment lorsque le chiffre d’affaires mondial dépasse 5 milliards d’euros pour l’ensemble des parties à l’opération et 250 millions d’euros réalisés par au moins deux des sociétés dans l’Union européenne), la Commission européenne est compétente ».

« Elle peut cependant décider d’en renvoyer l’examen à l’Autorité de la concurrence si elle l’estime mieux placée pour examiner l’affaire. Tel est le cas lorsque les effets de l’opération interviennent principalement sur le territoire français ». L’Autorité de la concurrence, par le biais de son président, avait déjà annoncé que, « si cette opération devait être notifiée, nous la regarderions sans camper sur nos positions d’il y a neuf ans ». Elle se tient donc prête à enquêter.

Orange et iliad sont présentes dans plusieurs pays d’Europe, la dimension européenne est une réalité. Dans le même temps, cette vente concerne au premier plan le marché français avec un passage de quatre à trois opérateurs. D’ailleurs, est-ce une ou trois ventes (une à chaque opérateur) ? Tous les scénarios semblent ouverts à ce stade, y compris celui d’une notification devant la Commission européenne qui déciderait de renvoyer l’affaire à l’Autorité de la concurrence.

L’Arcep garde la main sur les fréquences et devra donner son accord pour « autoriser les cessions d’autorisations d’utilisation de fréquences (AUF Autorisation d’utilisation de fréquences) entre opérateurs mobiles ». Il y a plus de 150 MHz de spectre à se répartir.

Laure de la Raudière, présidente de l’Arcep en profite pour adresser un message à SFR sur le respect de ses obligations sur les déploiements et la qualité de ses réseaux : elles « demeurent bien évidemment en vigueur : continuité de service, couverture du territoire, qualité de service doivent être maintenues au profit de l’expérience des utilisateurs ».

20 milliards d’euros… pour quoi exactement ?

La signature de l’accord prévoit une valorisation des actifs d’Altice France à hauteur de 20,35 milliards d’euros « en valeur d’entreprise ». La répartition actuelle est la suivante : 42 % pour Bouygues Telecom (8,55 milliards d’euros), 31 % pour Free-iliad (6,2 milliards d’euros) et 27 % pour Orange (5,6 milliards d’euros). Elle pourra « varier d’ici au closing en fonction de l’évolution des bases clients ».

L’accord prévoit que certains actifs ne sont pas dans l’accord signé. Sont ainsi « exclues les participations dans les sociétés XP Fibre, UltraEdge et Altice Technical Services ainsi que les activités du groupe Altice France dans les départements et régions d’outre-mer ». C’est la même liste qu’en octobre dernier, pas de surprise sur ce point.

UltraEdge est une entreprise de datacenters de proximité en France. XP Fibre, anciennement SFR FTTH, est un opérateur d’infrastructure (OI) qui déploie la fibre en France, créé après l’acquisition de Covage par SFR FTTH. Altice en détient 50,01 %, un consortium de trois investisseurs (Allianz, Axa et Omers) a les 49,99 % restant. Enfin, ATS (Altice Technical Services) développe, exploite et assure la maintenance d’infrastructures réseaux.

Il y a bien Intelcia qui a disparu entre-temps, mais c’est logique puisque l’entreprise marocaine spécialisée dans les centres d’appels a été vendue en novembre 2025. La principale différence visible de l’extérieur est donc la hausse de 3 milliards d’euros.

Le consortium explique que les actifs non repris (notamment les réseaux Fixe et Mobile hors Crozon, une partie du réseau de distribution et l’IT hors B2B) « resteraient gérés pendant une phase transitoire de minimum 30 mois au sein de SFR SA, qui sera détenue à parts égales par les trois membres du Consortium afin d’assurer la continuité des opérations pendant la période de transition ».

Crozon est, pour rappel, une mutualisation, depuis 2014, des réseaux de SFR et Bouygues Telecom pour la fourniture de services 2G, 3G et 4G sur une partie du territoire. Il s’est étendu en 2023 à la 5G, sous la surveillance de l’Arcep.

Une découpe en trois parts égales ? (Non, à la Obélix)


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Le repreneur d’AOL et Vimeo vise la bourse pour acheter de nouvelles gloires passées

Le nouveau capitalisme sauvage
Le repreneur d’AOL et Vimeo vise la bourse pour acheter de nouvelles gloires passées

L’italien Bending Spoons a déposé lundi 8 juin le document préalable à son introduction à la bourse de New York. L’opération valoriserait le groupe, spécialisé dans la reprise et la restructuration de services numériques, à plus de 20 milliards de dollars. Elle vise à lui donner les moyens de poursuivre sa stratégie d’acquisition, dans une logique de « build-up ».

Acheter des entreprises numériques en difficulté, les restructurer à marche forcée et les consolider au sein d’un groupe pour maximiser les synergies : voilà, résumée sommairement, la stratégie revendiquée par le groupe italien Bending Spoons. Fondé en 2013 à Copenhague puis relocalisé à Milan, celui-ci compte déjà une cinquantaine d’acquisitions à son actif, et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Il vient en effet de déposer auprès du gendarme de la bourse des États-Unis le document préparatoire à son introduction en bourse (le formulaire S1) sur le Nasdaq à Wall Street. D’après Reuters, Bending Spoons viserait la fin du mois de juin, et réaliserait son émission de titres sur la base d’une valorisation de l’ordre de 20 milliards de dollars.

S’endetter, acheter, licencier, recommencer

Fin 2025, Bending Spoons (qui tire son nom de la scène de la cuillère pliée dans Matrix) a réalisé coup sur coup l’acquisition de Vimeo pour 1,38 milliard de dollars, d’AOL pour 1,5 milliard, et d’Eventbrite pour environ 500 millions. Pour ce faire, il avait annoncé en octobre une levée de fonds de 710 millions de dollars, sur la base d’une valorisation préalable à 11 milliards de dollars, et l’obtention d’une enveloppe de 2,8 milliards de dollars sous forme de dette bancaire.

Des moyens considérables, mis au service d’une stratégie dite de build-up, ou d’accumulation. Le groupe lève des fonds, ou s’endette, pour racheter des entreprises dont la valeur ne reflète pas le potentiel réel. Il les restructure et consolide leurs activités au sein de sa propre structure, pour profiter au maximum de synergies et d’économies d’échelle. Il se remet ensuite en quête de nouveaux fonds pour réaliser de nouvelles acquisitions, et maximiser l’effet de cette accumulation, etc.

La boulimie de Bending Spoons permet à l’entreprise d’afficher une croissance record : « Grâce à ces investissements, le chiffre d’affaires s’est élevé à 387 millions de dollars en 2023, 671 millions de dollars en 2024, 1,31 milliard de dollars en 2025 et 601 millions de dollars au premier trimestre 2026, soit une croissance annuelle de 73 % en 2024, 95 % en 2025 et 132 % au premier trimestre 2026, et un taux de croissance annuel composé de 84 % de 2023 à 2025 », détaille le groupe dans son S1.

Le volume d’acquisitions réalisées et les calculs comptables associés (coût de la dette, frais de restructuration, amortissement des actifs, etc.) rendent particulièrement complexe l’analyse du niveau de rentabilité réel du groupe. Si l’on écarte les calculs liés à la dette ou aux amortissements, Bending Spoons revendique à ce niveau un résultat opérationnel « ajusté » de 613 millions de dollars en 2025. Les frais réels engagés sur l’année se traduisent cependant par une perte nette de 137 millions de dollars sur la même période.

Dans la logique de Bending Spoons, c’est cependant à quelques années qu’il faut regarder le résultat de ses acquisitions, c’est-à-dire une fois que les frais d’acquisition et de restructuration auront été amortis.

Des rachats suivis de licenciements massifs

Sur ce point, une enveloppe conséquente est allouée aux plans de départ. Bending Spoons, qui fait principalement ses emplettes sur le marché américain, engage quasi systématiquement des coupes franches dans les effectifs des sociétés rachetées.

Fin 2022, Bending Spoons s’offre l’application iPhone FiLMiC et son pendant payant FiLMiC Pro, puis l’outil de notes partagées Evernote début 2023. Les deux équipes sont licenciées, au nom d’un développement repris en interne au siège italien du groupe.

En 2024, Bending Spoons a de la même façon mis la main sur le studio mobile Mosaic Group, puis sur l’application de rencontres sociales Meetup, avant de s’offrir le service de partage de fichiers WeTransfer, puis la plateforme vidéo Brightcove pour quelque 230 millions de dollars. Chez WeTransfer, le changement de propriétaire se traduit par le départ de 75 % des salariés historiques.

Un an plus tard, Bending Spoons rachète Komoot, l’outil allemand de création d’itinéraires et de promenades, pour 300 millions d’euros. Quelques semaines plus tard, les 150 salariés sont remerciés.

La plateforme vidéo Vimeo, rachetée en septembre 2025, ne déroge pas à la règle : après une première réduction immédiate d’environ 10 % des effectifs, la quasi-totalité de l’équipe a été remerciée début 2026. Chez AOL, les licenciements ont aussi commencé : 108 personnes ont par exemple déjà été poussées vers la porte en Virginie.

Restructurer sans déprécier ?

Dans ce contexte de sollicitation du marché, Bending Spoons affirme réussir à restructurer les sociétés qu’elle rachète sans en compromettre l’attractivité, ou l’activité. WeTransfer, par exemple, resterait une machine commerciale efficace, avec 58 millions d’utilisateurs mensuels actifs et 1 million de clients payants en mars 2026.

« En mars 2026, notre portefeuille comptait plus de 500 millions d’utilisateurs actifs mensuels et plus de 9 millions de clients payants mensuels. Le nombre d’utilisateurs actifs mensuels et de clients payants mensuels était respectivement de 111 millions et 3 millions en décembre 2023, de 290 millions et 5 millions en décembre 2024, et de 389 millions et 8 millions en décembre 2025. », détaille l’entreprise.

Bending Spoons affirme avoir identifié plus de 1 000 entreprises cibles de sa frénésie de croissance. « Avec l’IA comme puissant facteur de croissance potentiel, nous pensons être bien positionnés pour assurer notre croissance dans les années à venir.  »

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Le repreneur d’AOL et Vimeo vise la bourse pour acheter de nouvelles gloires passées

Le nouveau capitalisme sauvage
Le repreneur d’AOL et Vimeo vise la bourse pour acheter de nouvelles gloires passées

L’italien Bending Spoons a déposé lundi 8 juin le document préalable à son introduction à la bourse de New York. L’opération valoriserait le groupe, spécialisé dans la reprise et la restructuration de services numériques, à plus de 20 milliards de dollars. Elle vise à lui donner les moyens de poursuivre sa stratégie d’acquisition, dans une logique de « build-up ».

Acheter des entreprises numériques en difficulté, les restructurer à marche forcée et les consolider au sein d’un groupe pour maximiser les synergies : voilà, résumée sommairement, la stratégie revendiquée par le groupe italien Bending Spoons. Fondé en 2013 à Copenhague puis relocalisé à Milan, celui-ci compte déjà une cinquantaine d’acquisitions à son actif, et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Il vient en effet de déposer auprès du gendarme de la bourse des États-Unis le document préparatoire à son introduction en bourse (le formulaire S1) sur le Nasdaq à Wall Street. D’après Reuters, Bending Spoons viserait la fin du mois de juin, et réaliserait son émission de titres sur la base d’une valorisation de l’ordre de 20 milliards de dollars.

S’endetter, acheter, licencier, recommencer

Fin 2025, Bending Spoons (qui tire son nom de la scène de la cuillère pliée dans Matrix) a réalisé coup sur coup l’acquisition de Vimeo pour 1,38 milliard de dollars, d’AOL pour 1,5 milliard, et d’Eventbrite pour environ 500 millions. Pour ce faire, il avait annoncé en octobre une levée de fonds de 710 millions de dollars, sur la base d’une valorisation préalable à 11 milliards de dollars, et l’obtention d’une enveloppe de 2,8 milliards de dollars sous forme de dette bancaire.

Des moyens considérables, mis au service d’une stratégie dite de build-up, ou d’accumulation. Le groupe lève des fonds, ou s’endette, pour racheter des entreprises dont la valeur ne reflète pas le potentiel réel. Il les restructure et consolide leurs activités au sein de sa propre structure, pour profiter au maximum de synergies et d’économies d’échelle. Il se remet ensuite en quête de nouveaux fonds pour réaliser de nouvelles acquisitions, et maximiser l’effet de cette accumulation, etc.

La boulimie de Bending Spoons permet à l’entreprise d’afficher une croissance record : « Grâce à ces investissements, le chiffre d’affaires s’est élevé à 387 millions de dollars en 2023, 671 millions de dollars en 2024, 1,31 milliard de dollars en 2025 et 601 millions de dollars au premier trimestre 2026, soit une croissance annuelle de 73 % en 2024, 95 % en 2025 et 132 % au premier trimestre 2026, et un taux de croissance annuel composé de 84 % de 2023 à 2025 », détaille le groupe dans son S1.

Le volume d’acquisitions réalisées et les calculs comptables associés (coût de la dette, frais de restructuration, amortissement des actifs, etc.) rendent particulièrement complexe l’analyse du niveau de rentabilité réel du groupe. Si l’on écarte les calculs liés à la dette ou aux amortissements, Bending Spoons revendique à ce niveau un résultat opérationnel « ajusté » de 613 millions de dollars en 2025. Les frais réels engagés sur l’année se traduisent cependant par une perte nette de 137 millions de dollars sur la même période.

Dans la logique de Bending Spoons, c’est cependant à quelques années qu’il faut regarder le résultat de ses acquisitions, c’est-à-dire une fois que les frais d’acquisition et de restructuration auront été amortis.

Des rachats suivis de licenciements massifs

Sur ce point, une enveloppe conséquente est allouée aux plans de départ. Bending Spoons, qui fait principalement ses emplettes sur le marché américain, engage quasi systématiquement des coupes franches dans les effectifs des sociétés rachetées.

Fin 2022, Bending Spoons s’offre l’application iPhone FiLMiC et son pendant payant FiLMiC Pro, puis l’outil de notes partagées Evernote début 2023. Les deux équipes sont licenciées, au nom d’un développement repris en interne au siège italien du groupe.

En 2024, Bending Spoons a de la même façon mis la main sur le studio mobile Mosaic Group, puis sur l’application de rencontres sociales Meetup, avant de s’offrir le service de partage de fichiers WeTransfer, puis la plateforme vidéo Brightcove pour quelque 230 millions de dollars. Chez WeTransfer, le changement de propriétaire se traduit par le départ de 75 % des salariés historiques.

Un an plus tard, Bending Spoons rachète Komoot, l’outil allemand de création d’itinéraires et de promenades, pour 300 millions d’euros. Quelques semaines plus tard, les 150 salariés sont remerciés.

La plateforme vidéo Vimeo, rachetée en septembre 2025, ne déroge pas à la règle : après une première réduction immédiate d’environ 10 % des effectifs, la quasi-totalité de l’équipe a été remerciée début 2026. Chez AOL, les licenciements ont aussi commencé : 108 personnes ont par exemple déjà été poussées vers la porte en Virginie.

Restructurer sans déprécier ?

Dans ce contexte de sollicitation du marché, Bending Spoons affirme réussir à restructurer les sociétés qu’elle rachète sans en compromettre l’attractivité, ou l’activité. WeTransfer, par exemple, resterait une machine commerciale efficace, avec 58 millions d’utilisateurs mensuels actifs et 1 million de clients payants en mars 2026.

« En mars 2026, notre portefeuille comptait plus de 500 millions d’utilisateurs actifs mensuels et plus de 9 millions de clients payants mensuels. Le nombre d’utilisateurs actifs mensuels et de clients payants mensuels était respectivement de 111 millions et 3 millions en décembre 2023, de 290 millions et 5 millions en décembre 2024, et de 389 millions et 8 millions en décembre 2025. », détaille l’entreprise.

Bending Spoons affirme avoir identifié plus de 1 000 entreprises cibles de sa frénésie de croissance. « Avec l’IA comme puissant facteur de croissance potentiel, nous pensons être bien positionnés pour assurer notre croissance dans les années à venir.  »

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Apple Intelligence : on sait comment Gemini sera intégré dans Siri sans laisser de traces — Frandroid

L'IA d'Apple - "Apple Intelligence" ou "Siri AI" - ça sera en fait Google Gemini.
Et Apple paiera 1 milliard de dollars par an à Google pour ça.
Fin de la blague.

Note perso : C'est plutôt malin de la part d'Apple. Quand l'IA se cassera la gueule (et elle VA se casser la gueule), Apple n'aura pas sur les bras des équipes entières qui bossent sur l'IA et des datacenters monstrueux qu'il faudra rentabiliser autrement qu'avec l'IA. C'est probablement l'une des entreprises qui s'en tirera le mieux. Google, Microsoft, Amazon et beaucoup d'autres ont investi des sommes colossales dans les datacenters et l'ingénierie de l'IA.

(L'avis de Timo sur Apple : https://lehollandaisvolant.net/?id=20260610063159)
(Permalink)
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"ChatGPT est mort" : OpenAI prévoit de transformer son chatbot en une "super-app" dotée d'agents IA destinée à un usage quotidien, afin de générer davantage de revenus et de sauver OpenAI du désastre financier

Léger mouvement de panique face aux investisseurs qui commencent à s'agacer. Ce n'est que le début de la merdification, et elle promet d'être beaucoup plus vaste que dans n'importe quelle industrie.
Je vous avais dit que ChatGPT et autres ne pourraient pas rester gratuits.
(Permalink)
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☕️ OpenAI veut officiellement entrer en Bourse



Après Anthropic, OpenAI. Le créateur de ChatGPT a déposé auprès du gendarme américain de la Bourse, la SEC, un formulaire S-1, première étape officielle avant une introduction en Bourse (IPO). Et comme pour Anthropic, il faut se contenter d’un message sibyllin (mais un peu plus coloré) de la part de la startup :

« Nous avons récemment déposé un formulaire S-1 confidentiel. Nous nous attendons à ce que l’information fuite, alors autant l’annoncer nous-mêmes. Nous n’avons pas encore décidé du calendrier ; cela pourrait prendre du temps, car il y a certaines choses que nous souhaitons accomplir et qui sont probablement plus faciles à réaliser en tant qu’entreprise non cotée. Mais il s’agit d’un ensemble complexe de compromis, et cette démarche nous donne la possibilité d’entrer en Bourse plus rapidement si nous estimons finalement que c’est la meilleure option. »

Au vu de la confidentialité du dépôt, aucune information financière n’a été révélée, le temps que la SEC examine le dossier à l’abri des yeux indiscrets. OpenAI se réserve le droit de reporter ou d’annuler l’opération. À moins d’une énorme catastrophe toujours possible en ces temps troubles, une annulation pure et simple semble impossible : le labo IA étant valorisé à hauteur de 852 milliards de dollars, les investisseurs historiques et les salariés poussent certainement pour récupérer une partie de leur mise.

Par ailleurs, OpenAI a besoin d’argent frais, et de beaucoup pour financer ses infrastructures : les centres de données et les GPU indispensables pour entraîner ses modèles IA et pour l’inférence. Une IPO permettrait de lever des dizaines de milliards de dollars.

Il y a aussi la pression venue de la concurrence. Anthropic se prépare également à y aller, et SpaceX s’est déclaré aussi. Ces trois entreprises veulent capter la plus grosse part du gâteau. Si l’appétit des investisseurs pour l’IA est fort aujourd’hui, chacun veut éviter d’arriver trop tard.

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☕️ OpenAI veut officiellement entrer en Bourse



Après Anthropic, OpenAI. Le créateur de ChatGPT a déposé auprès du gendarme américain de la Bourse, la SEC, un formulaire S-1, première étape officielle avant une introduction en Bourse (IPO). Et comme pour Anthropic, il faut se contenter d’un message sibyllin (mais un peu plus coloré) de la part de la startup :

« Nous avons récemment déposé un formulaire S-1 confidentiel. Nous nous attendons à ce que l’information fuite, alors autant l’annoncer nous-mêmes. Nous n’avons pas encore décidé du calendrier ; cela pourrait prendre du temps, car il y a certaines choses que nous souhaitons accomplir et qui sont probablement plus faciles à réaliser en tant qu’entreprise non cotée. Mais il s’agit d’un ensemble complexe de compromis, et cette démarche nous donne la possibilité d’entrer en Bourse plus rapidement si nous estimons finalement que c’est la meilleure option. »

Au vu de la confidentialité du dépôt, aucune information financière n’a été révélée, le temps que la SEC examine le dossier à l’abri des yeux indiscrets. OpenAI se réserve le droit de reporter ou d’annuler l’opération. À moins d’une énorme catastrophe toujours possible en ces temps troubles, une annulation pure et simple semble impossible : le labo IA étant valorisé à hauteur de 852 milliards de dollars, les investisseurs historiques et les salariés poussent certainement pour récupérer une partie de leur mise.

Par ailleurs, OpenAI a besoin d’argent frais, et de beaucoup pour financer ses infrastructures : les centres de données et les GPU indispensables pour entraîner ses modèles IA et pour l’inférence. Une IPO permettrait de lever des dizaines de milliards de dollars.

Il y a aussi la pression venue de la concurrence. Anthropic se prépare également à y aller, et SpaceX s’est déclaré aussi. Ces trois entreprises veulent capter la plus grosse part du gâteau. Si l’appétit des investisseurs pour l’IA est fort aujourd’hui, chacun veut éviter d’arriver trop tard.

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États-Unis : un juge déclare illégal le visa à 100.000 dollars imposé par Trump pour les travailleurs de la tech

Le président américain a annoncé en septembre cette mesure portant sur les visas H-1B, qui permettent à des travailleurs étrangers aux qualifications précises de venir travailler aux États-Unis. L’objectif étant de limiter ces visas afin de donner la priorité aux travailleurs américains.

© gguy / ADOBE STOCK

Amazon a obtenu plus de 10.000 autorisations de ce type en 2025, tandis que Microsoft et Meta ont dépassé chacune les 5000, selon l’administration américaine. 
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« Sans aucun doute le défi le plus ardu » : l’Allemagne va-t-elle relever l’âge de départ à la retraite au-delà de 67 ans ?

DÉCRYPTAGE - Une commission mise en place en janvier par l’exécutif devrait se prononcer d’ici à fin juin sur un débat qui agite la vie politique et économique allemande.

© Nadja Wohlleben / REUTERS

« Le défi le plus ardu sera sans aucun doute » la réforme des retraites, a concédé le chancelier Friedrich Merz (CDU) mi-mai.
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En revendant 90 magasins, Moez-Alexandre Zouari prend ses distances avec Casino et Franprix

Associé historique du distributeur stéphanois, dont il a tenté de prendre le contrôle, le propriétaire de Picard et de Stokomani lui revend une partie de ses magasins dont il assurait l’exploitation.

© JOEL SAGET / AFP

L’homme d’affaires reprend la main sur la gestion de ses magasins et leur développement. 
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☕️ Google va louer de l’infra IA chez SpaceX pour 920 millions de dollars par mois



SpaceX vient de signer un nouveau client pour les infrastructures IA déployées par xAI, et non des moindres : un document déposé auprès de la SEC révèle que Google s’engage à louer jusqu’à 110 000 GPU NVIDIA opérés par l’entreprise d’Elon Musk, en échange d’un loyer mensuel fixé à 920 millions de dollars.

L’accord court sur une période qui s’étend d’octobre 2026 à juin 2029, soit un montant total de l’ordre de 30,3 milliards de dollars, à laquelle s’ajoute une phase de mise à disposition progressive sur le mois de septembre 2026. Une clause prévoit que Google puisse mettre un terme au contrat sans délai entre octobre et décembre 2026 si SpaceX n’était pas en mesure de lui fournir les capacités promises.

Cet accord, signé le 5 juin, intervient trois jours après que Google annonce son intention de lever prochainement 80 milliards de dollars pour soutenir le développement de ses propres infrastructures de calcul. Le groupe évoquait à cette occasion un carnet de commandes, lié aux activités IA, de l’ordre de 460 milliards de dollars, dont la moitié devant être réalisée sur les 24 prochains mois.

Déclaration de SpaceX à la SEC relative à cet accord avec Google – capture d’écran

Google, vendeur de cloud, serait donc contraint d’aller louer des ressources chez un concurrent pour honorer ces perspectives ? « Il s’agit d’un accord à court terme et opportun visant à garantir notre capacité transitoire pour répondre à la forte demande de nos clients pour notre plateforme d’agents, Gemini Enterprise, qui a même dépassé nos prévisions », justifie un porte-parole du groupe.

Si les deux entreprises sont concurrentes sur le marché de l’IA, elles sont aussi partenaires : Google détenait en effet 6,11 % de SpaceX à fin 2025, avant la fusion avec l’ensemble formé par X et xAI. À l’issue de ce processus, la firme de Mountain View possèderait environ 5 % du capital de l’entreprise d’Elon Musk d’après les estimations de Bloomberg.

Quoi qu’il en soit, l’annonce tombe à point nommé pour SpaceX, qui prépare activement son introduction en bourse (à 135 dollars l’action pour une valorisation de l’ordre de 1 750 milliards de dollars). Elle souligne en effet la capacité du groupe à générer du chiffre d’affaires à partir de ses investissements liés à l’IA, alors même que ces derniers grèvent significativement la rentabilité de l’entreprise.

Rappelons que SpaceX a déjà passé un accord similaire avec Anthropic, qui prévoit la mise à disposition des GPU installés dans le datacenter Colossus I en échange d’un loyer fixé à 1,25 milliard de dollars par mois. Reste à voir, si ces deux contrats sont honorés à leur pleine mesure, quelles seront les ressources restant à SpaceX pour entraîner et faire tourner ses propres modèles d’IA.

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☕️ Google va louer de l’infra IA chez SpaceX pour 920 millions de dollars par mois



SpaceX vient de signer un nouveau client pour les infrastructures IA déployées par xAI, et non des moindres : un document déposé auprès de la SEC révèle que Google s’engage à louer jusqu’à 110 000 GPU NVIDIA opérés par l’entreprise d’Elon Musk, en échange d’un loyer mensuel fixé à 920 millions de dollars.

L’accord court sur une période qui s’étend d’octobre 2026 à juin 2029, soit un montant total de l’ordre de 30,3 milliards de dollars, à laquelle s’ajoute une phase de mise à disposition progressive sur le mois de septembre 2026. Une clause prévoit que Google puisse mettre un terme au contrat sans délai entre octobre et décembre 2026 si SpaceX n’était pas en mesure de lui fournir les capacités promises.

Cet accord, signé le 5 juin, intervient trois jours après que Google annonce son intention de lever prochainement 80 milliards de dollars pour soutenir le développement de ses propres infrastructures de calcul. Le groupe évoquait à cette occasion un carnet de commandes, lié aux activités IA, de l’ordre de 460 milliards de dollars, dont la moitié devant être réalisée sur les 24 prochains mois.

Déclaration de SpaceX à la SEC relative à cet accord avec Google – capture d’écran

Google, vendeur de cloud, serait donc contraint d’aller louer des ressources chez un concurrent pour honorer ces perspectives ? « Il s’agit d’un accord à court terme et opportun visant à garantir notre capacité transitoire pour répondre à la forte demande de nos clients pour notre plateforme d’agents, Gemini Enterprise, qui a même dépassé nos prévisions », justifie un porte-parole du groupe.

Si les deux entreprises sont concurrentes sur le marché de l’IA, elles sont aussi partenaires : Google détenait en effet 6,11 % de SpaceX à fin 2025, avant la fusion avec l’ensemble formé par X et xAI. À l’issue de ce processus, la firme de Mountain View possèderait environ 5 % du capital de l’entreprise d’Elon Musk d’après les estimations de Bloomberg.

Quoi qu’il en soit, l’annonce tombe à point nommé pour SpaceX, qui prépare activement son introduction en bourse (à 135 dollars l’action pour une valorisation de l’ordre de 1 750 milliards de dollars). Elle souligne en effet la capacité du groupe à générer du chiffre d’affaires à partir de ses investissements liés à l’IA, alors même que ces derniers grèvent significativement la rentabilité de l’entreprise.

Rappelons que SpaceX a déjà passé un accord similaire avec Anthropic, qui prévoit la mise à disposition des GPU installés dans le datacenter Colossus I en échange d’un loyer fixé à 1,25 milliard de dollars par mois. Reste à voir, si ces deux contrats sont honorés à leur pleine mesure, quelles seront les ressources restant à SpaceX pour entraîner et faire tourner ses propres modèles d’IA.

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Retour à trois opérateurs : protocole d’accord entre Orange, Free, Bouygues et SFR

« C'est bon pour la concurrence » 🤔
Retour à trois opérateurs : protocole d’accord entre Orange, Free, Bouygues et SFR

Le sursis de 48 heures annoncé vendredi soir aura été payant. Le consortium d’opérateurs composé d’Orange, de Bouygues Telecom et Iliad a signé un protocole d’accord avec Altice en vue de l’acquisition de SFR. La découpage du gâteau de l’opérateur au carré rouge est désormais connu.

Il n’aura pas fallu attendre la fin du sursis de 48 heures pour que tout le monde se mette finalement d’accord. Bouygues Telecom, Free-Groupe Iliad et Orange mettent la main sur SFR, aux termes d’une négociation ayant débuté en octobre dernier ; les négociations exclusives remontent elles au mois d’avril. Un protocole d’accord a été signé entre le consortium et Altice, pour une transaction portant sur un prix total de 20,35 milliards d’euros. La somme pourra évoluer jusqu’à la finalisation de l’opération prévue au mieux en 2027.

SFR coûte plus ou moins 20 milliards d’euros

Parmi les ajustements annoncés : un « earn-out » de 650 millions d’euros maximum, c’est à dire une somme que recevra Altice si SFR atteint certains objectifs financiers d’ici la clôture de l’opération. À l’inverse, si les performances de l’opérateur se dégradent davantage que prévu, le consortium pourrait demander une réduction du chèque.

Le prix final dépendra aussi du niveau d’endettement réel de SFR au moment de la clôture. Si la dette est plus élevée que prévu, le prix payé pourra être réduit ; si elle est plus faible, il pourra être augmenté. Une clause de sauvegarde est également prévue, si le consortium ou Altice renonce à l’opération. C’est un point souligné dans le communiqué : en cas d’abandon, la partie à l’origine pourra être tenue de verser une pénalité qui oscillera entre 100 millions à 2 milliards d’euros, selon les circonstances. Les trois acheteurs se partageraient dès lors les coûts, à parts égales.

Au-delà de la prudence affichée, il s’agit d’« une des plus importantes opérations industrielles en Europe dans le secteur des télécommunications », soulignent les partenaires. Une opération qui réduira le nombre d’opérateurs en France à trois, alors qu’ils étaient quatre depuis 2012 et le lancement en fanfare de Free Mobile. Une arrivée qui a profondément bousculé le paysage et provoqué une guerre des prix. Nul doute que la question de la concurrence sera surveillée de très près par les autorités de la concurrence.

Les petits et les gros bouts de SFR

Les trois opérateurs acheteurs se sont partagés le gâteau SFR, chacun repart avec un gros morceau. Bouygues Telecom remporte ainsi :

  • l’activité et la clientèle SFR Business (environ 1,2 milliard de chiffre d’affaires) ;
  • une partie des activités grand public de SFR : 3,8 millions de clients mobiles (dont le MVNO Prixtel, soit 500 000 clients) et 2,6 millions de clients fixes ;
  • le réseau mobile de SFR dans les zones non denses partagé avec Bouygues Telecom (accord « Crozon ») ;
  • les infrastructures dédiées au B2B Fixe ;
  • la part détenue par SFR dans Faber, le réseau FTTH sur une partie de la zone très dense ;
  • une partie du réseau de distribution.

Bouygues Telecom repart avec la part du lion, puisqu’elle représente 52 % du chiffre d’affaires de SFR (4,1 milliards d’euros).

Le groupe Iliad s’offre (PDF) de son côté :

  • RED by SFR (6 millions de clients) ;
  • une partie des activités grand public de SFR : 1,6 million de clients B2C, ainsi que 400 000 clients TPE ;
  • 50 MHz de fréquences supplémentaires.

Free Mobile compterait dès lors 31 millions d’abonnés en France. Enfin, Orange repart avec :

  • une partie des activités grand public : 4 millions de clients mobiles et 1 million de clients haut débit fixe ;
  • l’activité prépayée de SFR ;
  • les MVNO Réglo, Syma et Coriolis ;
  • 47 MHz de fréquences supplémentaires, soit 31 % des fréquences de SFR. Cela place Orange en tête des opérateurs français, avec un total de 221 MHz.

Les trois acheteurs l’affirment la main sur le cœur : « Cette opération structurante préserverait un écosystème très concurrentiel », assure Orange. Iliad entend « préserver une concurrence forte au bénéfice des consommateurs ». Pour Bouygues, c’est « un projet industriel au service des clients ». Ce qui ressort surtout, c’est que ce dépeçage en règle de SFR et sa disparition programmée du paysage vont permettre aux opérateurs de « renforcer durablement la capacité d’investissement dans les infrastructures numériques françaises », selon Bouygues.

« Dans un secteur qui doit investir toujours plus dans les réseaux, la cybersécurité, le cloud et l’intelligence artificielle, il faut des acteurs solides. La souveraineté numérique ne se décrète pas, elle se finance. » déclare Thomas Reynaud, directeur général du groupe Iliad.

Bouygues Telecom a un petit mot pour les futurs transfuges de SFR : « la priorité serait d’assurer une transition progressive, maîtrisée et garantissant la continuité de service ». L’opérateur s’engage à garantir la continuité des offres et la stabilité des services. Un gros chantier technique en perspective.

Sur le versant social des salariés SFR, qui sera lui aussi scruté par les autorités, le consortium s’engage sur une garantie de l’emploi jusqu’à début 2029, « grâce à la poursuite de leur emploi, ou grâce à une proposition d’emploi », explique Iliad. « Un dialogue social s’ouvrira avec les organisations syndicales représentatives compétentes de SFR. »

L’affaire est encore loin d’être terminée. Une phase de consultation va s’ouvrir avec les instances représentatives du personnel, et puis les régulateurs ont leur mot à dire. La réalisation définitive de la transaction pourrait intervenir au second semestre 2027. « À ce stade, il n’y a aucune certitude que cette opération soit réalisée », prévient Orange.

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Retour à trois opérateurs : protocole d’accord entre Orange, Free, Bouygues et SFR

« C'est bon pour la concurrence » 🤔
Retour à trois opérateurs : protocole d’accord entre Orange, Free, Bouygues et SFR

Le sursis de 48 heures annoncé vendredi soir aura été payant. Le consortium d’opérateurs composé d’Orange, de Bouygues Telecom et Iliad a signé un protocole d’accord avec Altice en vue de l’acquisition de SFR. La découpage du gâteau de l’opérateur au carré rouge est désormais connu.

Il n’aura pas fallu attendre la fin du sursis de 48 heures pour que tout le monde se mette finalement d’accord. Bouygues Telecom, Free-Groupe Iliad et Orange mettent la main sur SFR, aux termes d’une négociation ayant débuté en octobre dernier ; les négociations exclusives remontent elles au mois d’avril. Un protocole d’accord a été signé entre le consortium et Altice, pour une transaction portant sur un prix total de 20,35 milliards d’euros. La somme pourra évoluer jusqu’à la finalisation de l’opération prévue au mieux en 2027.

SFR coûte plus ou moins 20 milliards d’euros

Parmi les ajustements annoncés : un « earn-out » de 650 millions d’euros maximum, c’est à dire une somme que recevra Altice si SFR atteint certains objectifs financiers d’ici la clôture de l’opération. À l’inverse, si les performances de l’opérateur se dégradent davantage que prévu, le consortium pourrait demander une réduction du chèque.

Le prix final dépendra aussi du niveau d’endettement réel de SFR au moment de la clôture. Si la dette est plus élevée que prévu, le prix payé pourra être réduit ; si elle est plus faible, il pourra être augmenté. Une clause de sauvegarde est également prévue, si le consortium ou Altice renonce à l’opération. C’est un point souligné dans le communiqué : en cas d’abandon, la partie à l’origine pourra être tenue de verser une pénalité qui oscillera entre 100 millions à 2 milliards d’euros, selon les circonstances. Les trois acheteurs se partageraient dès lors les coûts, à parts égales.

Au-delà de la prudence affichée, il s’agit d’« une des plus importantes opérations industrielles en Europe dans le secteur des télécommunications », soulignent les partenaires. Une opération qui réduira le nombre d’opérateurs en France à trois, alors qu’ils étaient quatre depuis 2012 et le lancement en fanfare de Free Mobile. Une arrivée qui a profondément bousculé le paysage et provoqué une guerre des prix. Nul doute que la question de la concurrence sera surveillée de très près par les autorités de la concurrence.

Les petits et les gros bouts de SFR

Les trois opérateurs acheteurs se sont partagés le gâteau SFR, chacun repart avec un gros morceau. Bouygues Telecom remporte ainsi :

  • l’activité et la clientèle SFR Business (environ 1,2 milliard de chiffre d’affaires) ;
  • une partie des activités grand public de SFR : 3,8 millions de clients mobiles (dont le MVNO Prixtel, soit 500 000 clients) et 2,6 millions de clients fixes ;
  • le réseau mobile de SFR dans les zones non denses partagé avec Bouygues Telecom (accord « Crozon ») ;
  • les infrastructures dédiées au B2B Fixe ;
  • la part détenue par SFR dans Faber, le réseau FTTH sur une partie de la zone très dense ;
  • une partie du réseau de distribution.

Bouygues Telecom repart avec la part du lion, puisqu’elle représente 52 % du chiffre d’affaires de SFR (4,1 milliards d’euros).

Le groupe Iliad s’offre (PDF) de son côté :

  • RED by SFR (6 millions de clients) ;
  • une partie des activités grand public de SFR : 1,6 million de clients B2C, ainsi que 400 000 clients TPE ;
  • 50 MHz de fréquences supplémentaires.

Free Mobile compterait dès lors 31 millions d’abonnés en France. Enfin, Orange repart avec :

  • une partie des activités grand public : 4 millions de clients mobiles et 1 million de clients haut débit fixe ;
  • l’activité prépayée de SFR ;
  • les MVNO Réglo, Syma et Coriolis ;
  • 47 MHz de fréquences supplémentaires, soit 31 % des fréquences de SFR. Cela place Orange en tête des opérateurs français, avec un total de 221 MHz.

Les trois acheteurs l’affirment la main sur le cœur : « Cette opération structurante préserverait un écosystème très concurrentiel », assure Orange. Iliad entend « préserver une concurrence forte au bénéfice des consommateurs ». Pour Bouygues, c’est « un projet industriel au service des clients ». Ce qui ressort surtout, c’est que ce dépeçage en règle de SFR et sa disparition programmée du paysage vont permettre aux opérateurs de « renforcer durablement la capacité d’investissement dans les infrastructures numériques françaises », selon Bouygues.

« Dans un secteur qui doit investir toujours plus dans les réseaux, la cybersécurité, le cloud et l’intelligence artificielle, il faut des acteurs solides. La souveraineté numérique ne se décrète pas, elle se finance. » déclare Thomas Reynaud, directeur général du groupe Iliad.

Bouygues Telecom a un petit mot pour les futurs transfuges de SFR : « la priorité serait d’assurer une transition progressive, maîtrisée et garantissant la continuité de service ». L’opérateur s’engage à garantir la continuité des offres et la stabilité des services. Un gros chantier technique en perspective.

Sur le versant social des salariés SFR, qui sera lui aussi scruté par les autorités, le consortium s’engage sur une garantie de l’emploi jusqu’à début 2029, « grâce à la poursuite de leur emploi, ou grâce à une proposition d’emploi », explique Iliad. « Un dialogue social s’ouvrira avec les organisations syndicales représentatives compétentes de SFR. »

L’affaire est encore loin d’être terminée. Une phase de consultation va s’ouvrir avec les instances représentatives du personnel, et puis les régulateurs ont leur mot à dire. La réalisation définitive de la transaction pourrait intervenir au second semestre 2027. « À ce stade, il n’y a aucune certitude que cette opération soit réalisée », prévient Orange.

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☕️ Rachat de SFR : les opérateurs se donnent « 48 heures pour finaliser les accords »



En octobre dernier, Bouygues Telecom, Free et Orange déposaient officiellement une offre pour racheter SFR, plus de 11 ans après son rachat par Numéricable, au nez et à la barbe de Bouygues Telecom.

Une vente qui était alors aux alentours de 17 milliards d’euros, avant d’être remontée à 20,35 milliards d’euros en avril, avec le début des négociations exclusives. Le pack comprend l’essentiel des actifs liés à SFR et Altice France.

Les opérateurs s’étaient donné jusqu’au 15 mai pour trouver un accord, avant de finalement repousser la date limite au 5 juin, c’est-à-dire ce vendredi.

C’est peu après 22 h que les communiqués tombent chez les opérateurs : toujours pas d’accord, mais deux jours de sursis : « Au regard de l’avancée des négociations, les parties se donnent un délai de 48 heures pour finaliser les accords ».

Dessin de presse de Flock titré

Aucune information supplémentaire n’a filtré. Les trois partenaires se contentent de rappeler que, « le 17 avril 2026, Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange ont annoncé la soumission d’une nouvelle offre reflétant une valeur d’entreprise totale de 20,35 milliards d’euros pour les actifs d’Altice France concernés ».

Rendez-vous lundi matin pour la suite des aventures de SFR.

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☕️ Rachat de SFR : les opérateurs se donnent « 48 heures pour finaliser les accords »



En octobre dernier, Bouygues Telecom, Free et Orange déposaient officiellement une offre pour racheter SFR, plus de 11 ans après son rachat par Numéricable, au nez et à la barbe de Bouygues Telecom.

Une vente qui était alors aux alentours de 17 milliards d’euros, avant d’être remontée à 20,35 milliards d’euros en avril, avec le début des négociations exclusives. Le pack comprend l’essentiel des actifs liés à SFR et Altice France.

Les opérateurs s’étaient donné jusqu’au 15 mai pour trouver un accord, avant de finalement repousser la date limite au 5 juin, c’est-à-dire ce vendredi.

C’est peu après 22 h que les communiqués tombent chez les opérateurs : toujours pas d’accord, mais deux jours de sursis : « Au regard de l’avancée des négociations, les parties se donnent un délai de 48 heures pour finaliser les accords ».

Dessin de presse de Flock titré

Aucune information supplémentaire n’a filtré. Les trois partenaires se contentent de rappeler que, « le 17 avril 2026, Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange ont annoncé la soumission d’une nouvelle offre reflétant une valeur d’entreprise totale de 20,35 milliards d’euros pour les actifs d’Altice France concernés ».

Rendez-vous lundi matin pour la suite des aventures de SFR.

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L’Europe veut numériser son réseau électrique pour « gagner en indépendance »

Plus de Linky !
L’Europe veut numériser son réseau électrique pour « gagner en indépendance »

La feuille de route européenne sur la numérisation de l’énergie ne se limite pas à l’IA et aux réseaux intelligents. Bruxelles veut accélérer le déploiement des compteurs communicants, et prépare l’arrivée d’une nouvelle génération de centres de données gourmands en électricité. Une équation délicate.

Dans la myriade de propositions et de dispositifs contenus dans le paquet sur la souveraineté technologique européenne, on trouve évidemment le Chips Act 2.0, pierre angulaire du texte. Mais ce n’est évidemment pas tout. La feuille de route sur la numérisation et l’IA dans le secteur de l’énergie mérite un petit coup d’œil.

Bruxelles entend ainsi accélérer l’adoption des compteurs électriques intelligents à travers l’Union. Des boîtiers que les Français connaissent bien puisque le Linky en fait partie. Ces systèmes permettent aux consommateurs d’adapter leur consommation en fonction des besoins du réseau et des variations du prix de l’électricité, affirme la Commission.

Un peu plus d’intelligence dans les réseaux électriques

L’exécutif européen présentera d’ailleurs une proposition législative dès cette année pour amplifier le mouvement et le déploiement de ces compteurs. Elle contiendra un objectif de couverture minimale des boîtiers dans chaque État membre, ainsi qu’un suivi des progrès en la matière. « De nombreux États membres ont déjà atteint un taux d’équipement supérieur à 90 %, ce qui leur a permis de bénéficier de prix de l’énergie plus bas ainsi que du développement de produits et de services intelligents rendus possibles par ces compteurs », indique la FAQ de la feuille de route.

En France l’an dernier, il ne restait plus que 1,7 million de clients Enedis encore équipés de vieux modèles de compteurs. Ces équipements sont considérés comme des éléments indispensables des « réseaux électriques intelligents » qui offrent « la visibilité en temps réel, l’interopérabilité et les capacités de pilotage nécessaires pour accroître l’intégration des énergies renouvelables et optimiser le fonctionnement du système énergétique, notamment grâce à l’IA ».

Équipés de compteurs communicants et de contrats à tarification dynamique, les Européens vont donc pouvoir réduire leur facture d’électricité en déplaçant leur consommation « vers les heures où l’électricité est moins chère », indique Dan Jørgensen, le commissaire à l’Énergie. « Pour prendre un exemple concret, les ménages suédois qui utilisent un chauffage électrique peuvent déjà aujourd’hui économiser jusqu’à 40 % grâce à la flexibilité de la demande », illustre-t-il.

La feuille de route sur la numérisation contient également un volet important — c’est même le « premier pilier » du texte — sur l’intégration des centres de données au système énergétique européen. Ces infrastructures représentent déjà 2,5 % de l’énergie utilisée dans l’UE ; la Commission estime que leur capacité installée passera d’environ 12 GW en 2025 à 28 GW en 2030.

Des centres de données très gourmands

L’UE veut accueillir davantage de datacenters sur son territoire, un objectif très clair dans les annonces de l’édition 2026 de Choose France. C’est aussi l’objectif affiché par RTE dans son bilan annuel, qui appelle à accélérer sur l’électrification des usages (datacenters, mais aussi voitures électriques) pour mettre à l’équilibre production et consommation.

Bruxelles entend encadrer le raccordement de ces centres au réseau électrique et favoriser leur alimentation par une énergie aussi décarbonée que possible. Un audit européen des performances environnementales de ces infrastructures est dans les cartons de la feuille de route.

D’un côté, des boîtiers connectés pour contrôler la consommation chez soi. De l’autre, des centres de données qui dévorent l’énergie à grandes lampées. Il y a de quoi se demander si la Commission voudrait déshabiller Pierre pour habiller Paul : les foyers européens seront-ils mis à contribution pour réduire la pression sur les réseaux électriques afin que les datacenters en profitent ?

Dan Jørgensen rejette cette interprétation : « Je ne me suis probablement pas exprimé clairement, ou alors il y a eu un malentendu (…) ce que je voulais dire, c’est que les compteurs intelligents ne sont pas la solution à l’augmentation de la consommation d’énergie liée à l’IA. » La numérisation et l’IA vont « aider notre compétitivité, baisser les prix et nous aider à gagner en indépendance », affirme-t-il. Mais « l’enjeu, c’est que les centres de données consomment beaucoup d’énergie ».

Le Commissaire a peut-être en tête l’opposition massive des Américains à l’installation des infrastructures IA près de chez eux. Un rejet en grande partie dû à la crainte que les opérateurs des centres de données fassent exploser les prix de l’électricité.

La Commission a l’intention de mettre en place un dispositif pour faciliter les accords entre producteurs d’énergie, centres de données, consommateurs et autorités publiques pour « garantir un bon emplacement des centres de données, une intégration adéquate au réseau électrique et de meilleures synergies avec l’industrie ». Dan Jørgensen donne un exemple des bénéfices de l’installation d’un datacenter : la récupération de la chaleur produite sur ces sites.

« Malheureusement, cette pratique reste aujourd’hui encore relativement peu répandue », déplore-t-il, « mais dans certains endroits où elle est mise en œuvre, la chaleur excédentaire d’un centre de données permet déjà de chauffer des milliers de logements ». En valorisant la moitié de cette chaleur en trop, « nous pourrions chauffer quatre millions de foyers européens ». L’argument suffira-t-il à convaincre les Européens que la multiplication des centres de données profitera aussi aux territoires qui les accueillent ?

Sur le papier, l’idée est séduisante. En pratique, c’est bien plus compliqué puisque moins de 2 % de la chaleur fatale est réutilisée en Europe, selon la Commission.

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L’Europe veut numériser son réseau électrique pour « gagner en indépendance »

Plus de Linky !
L’Europe veut numériser son réseau électrique pour « gagner en indépendance »

La feuille de route européenne sur la numérisation de l’énergie ne se limite pas à l’IA et aux réseaux intelligents. Bruxelles veut accélérer le déploiement des compteurs communicants, et prépare l’arrivée d’une nouvelle génération de centres de données gourmands en électricité. Une équation délicate.

Dans la myriade de propositions et de dispositifs contenus dans le paquet sur la souveraineté technologique européenne, on trouve évidemment le Chips Act 2.0, pierre angulaire du texte. Mais ce n’est évidemment pas tout. La feuille de route sur la numérisation et l’IA dans le secteur de l’énergie mérite un petit coup d’œil.

Bruxelles entend ainsi accélérer l’adoption des compteurs électriques intelligents à travers l’Union. Des boîtiers que les Français connaissent bien puisque le Linky en fait partie. Ces systèmes permettent aux consommateurs d’adapter leur consommation en fonction des besoins du réseau et des variations du prix de l’électricité, affirme la Commission.

Un peu plus d’intelligence dans les réseaux électriques

L’exécutif européen présentera d’ailleurs une proposition législative dès cette année pour amplifier le mouvement et le déploiement de ces compteurs. Elle contiendra un objectif de couverture minimale des boîtiers dans chaque État membre, ainsi qu’un suivi des progrès en la matière. « De nombreux États membres ont déjà atteint un taux d’équipement supérieur à 90 %, ce qui leur a permis de bénéficier de prix de l’énergie plus bas ainsi que du développement de produits et de services intelligents rendus possibles par ces compteurs », indique la FAQ de la feuille de route.

En France l’an dernier, il ne restait plus que 1,7 million de clients Enedis encore équipés de vieux modèles de compteurs. Ces équipements sont considérés comme des éléments indispensables des « réseaux électriques intelligents » qui offrent « la visibilité en temps réel, l’interopérabilité et les capacités de pilotage nécessaires pour accroître l’intégration des énergies renouvelables et optimiser le fonctionnement du système énergétique, notamment grâce à l’IA ».

Équipés de compteurs communicants et de contrats à tarification dynamique, les Européens vont donc pouvoir réduire leur facture d’électricité en déplaçant leur consommation « vers les heures où l’électricité est moins chère », indique Dan Jørgensen, le commissaire à l’Énergie. « Pour prendre un exemple concret, les ménages suédois qui utilisent un chauffage électrique peuvent déjà aujourd’hui économiser jusqu’à 40 % grâce à la flexibilité de la demande », illustre-t-il.

La feuille de route sur la numérisation contient également un volet important — c’est même le « premier pilier » du texte — sur l’intégration des centres de données au système énergétique européen. Ces infrastructures représentent déjà 2,5 % de l’énergie utilisée dans l’UE ; la Commission estime que leur capacité installée passera d’environ 12 GW en 2025 à 28 GW en 2030.

Des centres de données très gourmands

L’UE veut accueillir davantage de datacenters sur son territoire, un objectif très clair dans les annonces de l’édition 2026 de Choose France. C’est aussi l’objectif affiché par RTE dans son bilan annuel, qui appelle à accélérer sur l’électrification des usages (datacenters, mais aussi voitures électriques) pour mettre à l’équilibre production et consommation.

Bruxelles entend encadrer le raccordement de ces centres au réseau électrique et favoriser leur alimentation par une énergie aussi décarbonée que possible. Un audit européen des performances environnementales de ces infrastructures est dans les cartons de la feuille de route.

D’un côté, des boîtiers connectés pour contrôler la consommation chez soi. De l’autre, des centres de données qui dévorent l’énergie à grandes lampées. Il y a de quoi se demander si la Commission voudrait déshabiller Pierre pour habiller Paul : les foyers européens seront-ils mis à contribution pour réduire la pression sur les réseaux électriques afin que les datacenters en profitent ?

Dan Jørgensen rejette cette interprétation : « Je ne me suis probablement pas exprimé clairement, ou alors il y a eu un malentendu (…) ce que je voulais dire, c’est que les compteurs intelligents ne sont pas la solution à l’augmentation de la consommation d’énergie liée à l’IA. » La numérisation et l’IA vont « aider notre compétitivité, baisser les prix et nous aider à gagner en indépendance », affirme-t-il. Mais « l’enjeu, c’est que les centres de données consomment beaucoup d’énergie ».

Le Commissaire a peut-être en tête l’opposition massive des Américains à l’installation des infrastructures IA près de chez eux. Un rejet en grande partie dû à la crainte que les opérateurs des centres de données fassent exploser les prix de l’électricité.

La Commission a l’intention de mettre en place un dispositif pour faciliter les accords entre producteurs d’énergie, centres de données, consommateurs et autorités publiques pour « garantir un bon emplacement des centres de données, une intégration adéquate au réseau électrique et de meilleures synergies avec l’industrie ». Dan Jørgensen donne un exemple des bénéfices de l’installation d’un datacenter : la récupération de la chaleur produite sur ces sites.

« Malheureusement, cette pratique reste aujourd’hui encore relativement peu répandue », déplore-t-il, « mais dans certains endroits où elle est mise en œuvre, la chaleur excédentaire d’un centre de données permet déjà de chauffer des milliers de logements ». En valorisant la moitié de cette chaleur en trop, « nous pourrions chauffer quatre millions de foyers européens ». L’argument suffira-t-il à convaincre les Européens que la multiplication des centres de données profitera aussi aux territoires qui les accueillent ?

Sur le papier, l’idée est séduisante. En pratique, c’est bien plus compliqué puisque moins de 2 % de la chaleur fatale est réutilisée en Europe, selon la Commission.

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