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Le repreneur d’AOL et Vimeo vise la bourse pour acheter de nouvelles gloires passées

Le nouveau capitalisme sauvage
Le repreneur d’AOL et Vimeo vise la bourse pour acheter de nouvelles gloires passées

L’italien Bending Spoons a déposé lundi 8 juin le document préalable à son introduction à la bourse de New York. L’opération valoriserait le groupe, spécialisé dans la reprise et la restructuration de services numériques, à plus de 20 milliards de dollars. Elle vise à lui donner les moyens de poursuivre sa stratégie d’acquisition, dans une logique de « build-up ».

Acheter des entreprises numériques en difficulté, les restructurer à marche forcée et les consolider au sein d’un groupe pour maximiser les synergies : voilà, résumée sommairement, la stratégie revendiquée par le groupe italien Bending Spoons. Fondé en 2013 à Copenhague puis relocalisé à Milan, celui-ci compte déjà une cinquantaine d’acquisitions à son actif, et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Il vient en effet de déposer auprès du gendarme de la bourse des États-Unis le document préparatoire à son introduction en bourse (le formulaire S1) sur le Nasdaq à Wall Street. D’après Reuters, Bending Spoons viserait la fin du mois de juin, et réaliserait son émission de titres sur la base d’une valorisation de l’ordre de 20 milliards de dollars.

S’endetter, acheter, licencier, recommencer

Fin 2025, Bending Spoons (qui tire son nom de la scène de la cuillère pliée dans Matrix) a réalisé coup sur coup l’acquisition de Vimeo pour 1,38 milliard de dollars, d’AOL pour 1,5 milliard, et d’Eventbrite pour environ 500 millions. Pour ce faire, il avait annoncé en octobre une levée de fonds de 710 millions de dollars, sur la base d’une valorisation préalable à 11 milliards de dollars, et l’obtention d’une enveloppe de 2,8 milliards de dollars sous forme de dette bancaire.

Des moyens considérables, mis au service d’une stratégie dite de build-up, ou d’accumulation. Le groupe lève des fonds, ou s’endette, pour racheter des entreprises dont la valeur ne reflète pas le potentiel réel. Il les restructure et consolide leurs activités au sein de sa propre structure, pour profiter au maximum de synergies et d’économies d’échelle. Il se remet ensuite en quête de nouveaux fonds pour réaliser de nouvelles acquisitions, et maximiser l’effet de cette accumulation, etc.

La boulimie de Bending Spoons permet à l’entreprise d’afficher une croissance record : « Grâce à ces investissements, le chiffre d’affaires s’est élevé à 387 millions de dollars en 2023, 671 millions de dollars en 2024, 1,31 milliard de dollars en 2025 et 601 millions de dollars au premier trimestre 2026, soit une croissance annuelle de 73 % en 2024, 95 % en 2025 et 132 % au premier trimestre 2026, et un taux de croissance annuel composé de 84 % de 2023 à 2025 », détaille le groupe dans son S1.

Le volume d’acquisitions réalisées et les calculs comptables associés (coût de la dette, frais de restructuration, amortissement des actifs, etc.) rendent particulièrement complexe l’analyse du niveau de rentabilité réel du groupe. Si l’on écarte les calculs liés à la dette ou aux amortissements, Bending Spoons revendique à ce niveau un résultat opérationnel « ajusté » de 613 millions de dollars en 2025. Les frais réels engagés sur l’année se traduisent cependant par une perte nette de 137 millions de dollars sur la même période.

Dans la logique de Bending Spoons, c’est cependant à quelques années qu’il faut regarder le résultat de ses acquisitions, c’est-à-dire une fois que les frais d’acquisition et de restructuration auront été amortis.

Des rachats suivis de licenciements massifs

Sur ce point, une enveloppe conséquente est allouée aux plans de départ. Bending Spoons, qui fait principalement ses emplettes sur le marché américain, engage quasi systématiquement des coupes franches dans les effectifs des sociétés rachetées.

Fin 2022, Bending Spoons s’offre l’application iPhone FiLMiC et son pendant payant FiLMiC Pro, puis l’outil de notes partagées Evernote début 2023. Les deux équipes sont licenciées, au nom d’un développement repris en interne au siège italien du groupe.

En 2024, Bending Spoons a de la même façon mis la main sur le studio mobile Mosaic Group, puis sur l’application de rencontres sociales Meetup, avant de s’offrir le service de partage de fichiers WeTransfer, puis la plateforme vidéo Brightcove pour quelque 230 millions de dollars. Chez WeTransfer, le changement de propriétaire se traduit par le départ de 75 % des salariés historiques.

Un an plus tard, Bending Spoons rachète Komoot, l’outil allemand de création d’itinéraires et de promenades, pour 300 millions d’euros. Quelques semaines plus tard, les 150 salariés sont remerciés.

La plateforme vidéo Vimeo, rachetée en septembre 2025, ne déroge pas à la règle : après une première réduction immédiate d’environ 10 % des effectifs, la quasi-totalité de l’équipe a été remerciée début 2026. Chez AOL, les licenciements ont aussi commencé : 108 personnes ont par exemple déjà été poussées vers la porte en Virginie.

Restructurer sans déprécier ?

Dans ce contexte de sollicitation du marché, Bending Spoons affirme réussir à restructurer les sociétés qu’elle rachète sans en compromettre l’attractivité, ou l’activité. WeTransfer, par exemple, resterait une machine commerciale efficace, avec 58 millions d’utilisateurs mensuels actifs et 1 million de clients payants en mars 2026.

« En mars 2026, notre portefeuille comptait plus de 500 millions d’utilisateurs actifs mensuels et plus de 9 millions de clients payants mensuels. Le nombre d’utilisateurs actifs mensuels et de clients payants mensuels était respectivement de 111 millions et 3 millions en décembre 2023, de 290 millions et 5 millions en décembre 2024, et de 389 millions et 8 millions en décembre 2025. », détaille l’entreprise.

Bending Spoons affirme avoir identifié plus de 1 000 entreprises cibles de sa frénésie de croissance. « Avec l’IA comme puissant facteur de croissance potentiel, nous pensons être bien positionnés pour assurer notre croissance dans les années à venir.  »

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Le repreneur d’AOL et Vimeo vise la bourse pour acheter de nouvelles gloires passées

Le nouveau capitalisme sauvage
Le repreneur d’AOL et Vimeo vise la bourse pour acheter de nouvelles gloires passées

L’italien Bending Spoons a déposé lundi 8 juin le document préalable à son introduction à la bourse de New York. L’opération valoriserait le groupe, spécialisé dans la reprise et la restructuration de services numériques, à plus de 20 milliards de dollars. Elle vise à lui donner les moyens de poursuivre sa stratégie d’acquisition, dans une logique de « build-up ».

Acheter des entreprises numériques en difficulté, les restructurer à marche forcée et les consolider au sein d’un groupe pour maximiser les synergies : voilà, résumée sommairement, la stratégie revendiquée par le groupe italien Bending Spoons. Fondé en 2013 à Copenhague puis relocalisé à Milan, celui-ci compte déjà une cinquantaine d’acquisitions à son actif, et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Il vient en effet de déposer auprès du gendarme de la bourse des États-Unis le document préparatoire à son introduction en bourse (le formulaire S1) sur le Nasdaq à Wall Street. D’après Reuters, Bending Spoons viserait la fin du mois de juin, et réaliserait son émission de titres sur la base d’une valorisation de l’ordre de 20 milliards de dollars.

S’endetter, acheter, licencier, recommencer

Fin 2025, Bending Spoons (qui tire son nom de la scène de la cuillère pliée dans Matrix) a réalisé coup sur coup l’acquisition de Vimeo pour 1,38 milliard de dollars, d’AOL pour 1,5 milliard, et d’Eventbrite pour environ 500 millions. Pour ce faire, il avait annoncé en octobre une levée de fonds de 710 millions de dollars, sur la base d’une valorisation préalable à 11 milliards de dollars, et l’obtention d’une enveloppe de 2,8 milliards de dollars sous forme de dette bancaire.

Des moyens considérables, mis au service d’une stratégie dite de build-up, ou d’accumulation. Le groupe lève des fonds, ou s’endette, pour racheter des entreprises dont la valeur ne reflète pas le potentiel réel. Il les restructure et consolide leurs activités au sein de sa propre structure, pour profiter au maximum de synergies et d’économies d’échelle. Il se remet ensuite en quête de nouveaux fonds pour réaliser de nouvelles acquisitions, et maximiser l’effet de cette accumulation, etc.

La boulimie de Bending Spoons permet à l’entreprise d’afficher une croissance record : « Grâce à ces investissements, le chiffre d’affaires s’est élevé à 387 millions de dollars en 2023, 671 millions de dollars en 2024, 1,31 milliard de dollars en 2025 et 601 millions de dollars au premier trimestre 2026, soit une croissance annuelle de 73 % en 2024, 95 % en 2025 et 132 % au premier trimestre 2026, et un taux de croissance annuel composé de 84 % de 2023 à 2025 », détaille le groupe dans son S1.

Le volume d’acquisitions réalisées et les calculs comptables associés (coût de la dette, frais de restructuration, amortissement des actifs, etc.) rendent particulièrement complexe l’analyse du niveau de rentabilité réel du groupe. Si l’on écarte les calculs liés à la dette ou aux amortissements, Bending Spoons revendique à ce niveau un résultat opérationnel « ajusté » de 613 millions de dollars en 2025. Les frais réels engagés sur l’année se traduisent cependant par une perte nette de 137 millions de dollars sur la même période.

Dans la logique de Bending Spoons, c’est cependant à quelques années qu’il faut regarder le résultat de ses acquisitions, c’est-à-dire une fois que les frais d’acquisition et de restructuration auront été amortis.

Des rachats suivis de licenciements massifs

Sur ce point, une enveloppe conséquente est allouée aux plans de départ. Bending Spoons, qui fait principalement ses emplettes sur le marché américain, engage quasi systématiquement des coupes franches dans les effectifs des sociétés rachetées.

Fin 2022, Bending Spoons s’offre l’application iPhone FiLMiC et son pendant payant FiLMiC Pro, puis l’outil de notes partagées Evernote début 2023. Les deux équipes sont licenciées, au nom d’un développement repris en interne au siège italien du groupe.

En 2024, Bending Spoons a de la même façon mis la main sur le studio mobile Mosaic Group, puis sur l’application de rencontres sociales Meetup, avant de s’offrir le service de partage de fichiers WeTransfer, puis la plateforme vidéo Brightcove pour quelque 230 millions de dollars. Chez WeTransfer, le changement de propriétaire se traduit par le départ de 75 % des salariés historiques.

Un an plus tard, Bending Spoons rachète Komoot, l’outil allemand de création d’itinéraires et de promenades, pour 300 millions d’euros. Quelques semaines plus tard, les 150 salariés sont remerciés.

La plateforme vidéo Vimeo, rachetée en septembre 2025, ne déroge pas à la règle : après une première réduction immédiate d’environ 10 % des effectifs, la quasi-totalité de l’équipe a été remerciée début 2026. Chez AOL, les licenciements ont aussi commencé : 108 personnes ont par exemple déjà été poussées vers la porte en Virginie.

Restructurer sans déprécier ?

Dans ce contexte de sollicitation du marché, Bending Spoons affirme réussir à restructurer les sociétés qu’elle rachète sans en compromettre l’attractivité, ou l’activité. WeTransfer, par exemple, resterait une machine commerciale efficace, avec 58 millions d’utilisateurs mensuels actifs et 1 million de clients payants en mars 2026.

« En mars 2026, notre portefeuille comptait plus de 500 millions d’utilisateurs actifs mensuels et plus de 9 millions de clients payants mensuels. Le nombre d’utilisateurs actifs mensuels et de clients payants mensuels était respectivement de 111 millions et 3 millions en décembre 2023, de 290 millions et 5 millions en décembre 2024, et de 389 millions et 8 millions en décembre 2025. », détaille l’entreprise.

Bending Spoons affirme avoir identifié plus de 1 000 entreprises cibles de sa frénésie de croissance. « Avec l’IA comme puissant facteur de croissance potentiel, nous pensons être bien positionnés pour assurer notre croissance dans les années à venir.  »

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☕️ Tchap, la messagerie sécurisée de la fonction publique, victime d’un incident de sécurité



La direction interministérielle du numérique (Dinum) a signalé lundi 8 juin après-midi un incident de sécurité constaté au niveau de Tchap, l’application de messagerie sécurisée consacrée à l’été 2025 comme l’outil de référence à utiliser pour toute la fonction publique.

L’incident aurait été constaté la veille, dimanche 7 juin, par l’ANSSI. Celle-ci a « détecté une compromission du service Tchap de messagerie instantanée chiffrée de l’État, à la suite d’une usurpation de compte ».

« A ce stade, le compte à l’origine des requêtes malveillantes a été identifié. Il a été immédiatement bloqué afin de supprimer l’accès persistant de l’attaquant et permettre une analyse approfondie des données auxquelles il a pu accéder. Les investigations se poursuivent, notamment par l’étude des journaux d’événements (logs), pour identifier les conversations auxquelles l’attaquant a pu accéder et la nature des données exfiltrées. », écrit la Dinum.

L’incident n’aurait donc pas affecté les serveurs de la messagerie : il semble localisé au niveau d’un compte utilisateur, qui a donc pu être utilisé pour consulter les salons publics hébergés sur Tchap. Rappelons que cette messagerie est basée sur le protocole Matrix, qui permet un chiffrement bout en bout des échanges. Dans l’implémentation retenue pour Tchap, celui-ci ne concerne cependant pas les conversations publiques.

« Un message a été transmis à l’ensemble des utilisateurs de Tchap rappelant qu’une conversation publique (ou « salon public ») peut être trouvée et rejointe par tout utilisateur et que son contenu n’y est pas chiffré. Conformément aux modalités d’utilisation de Tchap, aucune information personnelle, sensible ou couverte par le secret professionnel ne doit y être échangée : ces échanges doivent être réservés aux salons privés », rappelle à ce sujet la Dinum, qui ajoute avoir notifié l’incident à la Cnil.

Une annonce publiée sur un forum dédié aux vols de données revendiquait, dimanche, l’exfiltration d’un jeu de données issues de la messagerie Tchap comprenant notamment les profils de 73 000 agents avec un certain nombre d’informations professionnelles (email, institution de rattachement, etc.), un solde de 643 000 messages, et de nombreux fichiers multimédias. La véracité de ces allégations n’a pas été confirmée.

Un coq chantant un message chiffré
Illustration : Flock
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☕️ Google va louer de l’infra IA chez SpaceX pour 920 millions de dollars par mois



SpaceX vient de signer un nouveau client pour les infrastructures IA déployées par xAI, et non des moindres : un document déposé auprès de la SEC révèle que Google s’engage à louer jusqu’à 110 000 GPU NVIDIA opérés par l’entreprise d’Elon Musk, en échange d’un loyer mensuel fixé à 920 millions de dollars.

L’accord court sur une période qui s’étend d’octobre 2026 à juin 2029, soit un montant total de l’ordre de 30,3 milliards de dollars, à laquelle s’ajoute une phase de mise à disposition progressive sur le mois de septembre 2026. Une clause prévoit que Google puisse mettre un terme au contrat sans délai entre octobre et décembre 2026 si SpaceX n’était pas en mesure de lui fournir les capacités promises.

Cet accord, signé le 5 juin, intervient trois jours après que Google annonce son intention de lever prochainement 80 milliards de dollars pour soutenir le développement de ses propres infrastructures de calcul. Le groupe évoquait à cette occasion un carnet de commandes, lié aux activités IA, de l’ordre de 460 milliards de dollars, dont la moitié devant être réalisée sur les 24 prochains mois.

Déclaration de SpaceX à la SEC relative à cet accord avec Google – capture d’écran

Google, vendeur de cloud, serait donc contraint d’aller louer des ressources chez un concurrent pour honorer ces perspectives ? « Il s’agit d’un accord à court terme et opportun visant à garantir notre capacité transitoire pour répondre à la forte demande de nos clients pour notre plateforme d’agents, Gemini Enterprise, qui a même dépassé nos prévisions », justifie un porte-parole du groupe.

Si les deux entreprises sont concurrentes sur le marché de l’IA, elles sont aussi partenaires : Google détenait en effet 6,11 % de SpaceX à fin 2025, avant la fusion avec l’ensemble formé par X et xAI. À l’issue de ce processus, la firme de Mountain View possèderait environ 5 % du capital de l’entreprise d’Elon Musk d’après les estimations de Bloomberg.

Quoi qu’il en soit, l’annonce tombe à point nommé pour SpaceX, qui prépare activement son introduction en bourse (à 135 dollars l’action pour une valorisation de l’ordre de 1 750 milliards de dollars). Elle souligne en effet la capacité du groupe à générer du chiffre d’affaires à partir de ses investissements liés à l’IA, alors même que ces derniers grèvent significativement la rentabilité de l’entreprise.

Rappelons que SpaceX a déjà passé un accord similaire avec Anthropic, qui prévoit la mise à disposition des GPU installés dans le datacenter Colossus I en échange d’un loyer fixé à 1,25 milliard de dollars par mois. Reste à voir, si ces deux contrats sont honorés à leur pleine mesure, quelles seront les ressources restant à SpaceX pour entraîner et faire tourner ses propres modèles d’IA.

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