Vue lecture

Nucléaire : pas effrayé par Fukushima, le Japon veut construire 14 nouveaux réacteurs d’ici 2050

Quinze ans après la catastrophe de Fukushima, l’ancienne troisième puissance nucléaire mondiale prend elle aussi le nouveau train du nucléaire et veut que l’atome produise 20% de son électricité dès 2040. Pour cela, elle aura besoin de construire de nombreux nouveaux réacteurs. 

Le Japon semble enfin prêt à réellement relancer son programme nucléaire. Après avoir autorisé, en février 2023, le prolongement de la durée de vie de certains réacteurs de 40 à 60 ans, le gouvernement a franchi une nouvelle étape en février 2025 avec la publication de son 7ᵉ plan énergétique. Ce dernier stipule que la part du nucléaire dans le mix électrique devrait passer de 8,5% à 20%.

Néanmoins, en l’état, le parc nucléaire japonais ferait face à un déficit de capacité de production à l’horizon 2040. Le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie vient donc de proposer la construction de 2 à 5 nouveaux réacteurs d’ici 2040, puis d’atteindre 14 nouveaux réacteurs d’ici 2050 pour répondre à l’objectif de production visé. Construire ces 14 nouveaux réacteurs, pour une puissance cumulée proche de 16 GW, prend également en compte la hausse des besoins énergétiques associés à l’électrification et à la multiplication des centres de données.

À lire aussi Malgré l’accident de Fukushima, le Japon veut renouer avec l’énergie nucléaire

Remonter la pente de l’après-Fukushima

Cette nouvelle est hautement symbolique. En 2011, le Japon comptait 54 réacteurs nucléaires, qui participaient au mix électrique du pays à hauteur de 30%. Mais la catastrophe de Fukushima a bouleversé en profondeur le programme nucléaire japonais, puisque 14 mois après la catastrophe, plus aucun réacteur n’était en fonctionnement. Depuis, le pays redémarre ses réacteurs au compte-gouttes. À l’heure actuelle, il ne compte plus que 33 réacteurs opérationnels, dont 15 ont déjà été remis en service. D’ailleurs, la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, considérée comme la plus grande du monde, a officiellement été relancée cette année avec le redémarrage du réacteur n°6 en janvier.

Avec ces objectifs chiffrés en matière de construction de réacteurs, le Japon semble vouloir définitivement tourner la page du traumatisme Fukushima, et faire du nucléaire un atout pour la décarbonation. Actuellement, le Japon est le 5ᵉ plus gros émetteur de CO₂ au monde.

L’article Nucléaire : pas effrayé par Fukushima, le Japon veut construire 14 nouveaux réacteurs d’ici 2050 est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

MaPrimeRénov’ : l’État se prépare (encore) à trifouiller son budget

Un nouveau tour de vis budgétaire visant notamment MaPrimeRénov’ a été révélé par le média Contexte. Le gouvernement a décidé fin mai de « surgels » de crédits attribués à l’organisme de financement de la rénovation énergétique.

Des surgels et autres mots du langage budgétaire pour annoncer des coupes dans les programmes de l’État pour la transition écologique. Le programme « urbanisme, territoires et amélioration de l’habitat » en fait les frais, lui qui finance notamment MaPrimeRénov’. Il est frappé par un surgel de 284 millions d’euros en autorisations d’engagement et de 134,5 millions d’euros en crédits de paiement.

À lire aussi MaPrimeRenov’ et le chèque énergie passés au peigne par la Cour des Comptes

Même le budget de la sûreté nucléaire est raboté

Le Fonds vert, fléché vers les projets des collectivités, perd de son côté 162,5 millions d’euros en autorisations d’engagement et 53,9 millions d’euros en crédits de paiement. Le programme « Service public de l’énergie » voit son budget baisser de 30 millions d’euros et la « Sûreté nucléaire et radioprotection » perd 1,6 million d’euros.

Mais que veulent dire ces mots abstraits ? Un « gel » consiste à mettre en réserve une partie des crédits votés afin de limiter les dépenses de l’État. Un « surgel » correspond à une réserve supplémentaire. Quant à la colonne « dégel à venir » figurant dans les documents transmis aux parlementaires, elle comprend les crédits destinés à être annulés définitivement après une étape technique de dégel.

À lire aussi Sa maison n’est pas cubique et insipide, MaPrimeRénov’ tente de raboter son aide

MaPrimeRénov’, symbole des atermoiements

Ce n’est franchement pas une bonne nouvelle pour MaPrimeRénov’. Elle est le symptôme visible des politiques qui n’ont pas de continuité. Une fois dépassée par l’engouement qu’elle suscite, cible politique ou ajustement budgétaire, elle n’a fait que subir les changements de volonté de l’exécutif. Depuis deux ans, le dispositif navigue à vue, créant une instabilité dénoncée par les professionnels de la rénovation énergétique et les ménages.

L’article MaPrimeRénov’ : l’État se prépare (encore) à trifouiller son budget est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Installer une batterie domestique, c’est rentable ? Découvrez-le avec notre simulateur gratuit

Chez Révolution Energétique, notre mission depuis 2018 est de rendre la transition énergétique accessible à toutes et à tous. C’est dans cet esprit que nous avons développé un outil en ligne, entièrement gratuit et facile à utiliser, pour vous aider à répondre à une question que se posent de nombreux propriétaires de panneaux solaires (ou pas) : une batterie de stockage est-elle vraiment rentable pour moi ?

Notre équipe a travaillé plusieurs mois pour vous proposer un simulateur de rentabilité de batterie domestique, disponible librement sur notre site. En quelques clics, il vous permet d’estimer le retour sur investissement d’un système de stockage résidentiel adapté à votre situation, sans avoir besoin de connaissances techniques particulières.

Il suffit de renseigner quelques paramètres : votre consommation électrique annuelle, la puissance de votre installation photovoltaïque (si vous en avez une), le prix de l’électricité auquel vous êtes abonné, et la capacité de la batterie que vous envisagez. Le simulateur fait le reste, en calculant les économies potentielles et le temps nécessaire pour amortir votre investissement. Par ailleurs, notre simulateur est capable d’interroger l’outil PVGis, ce qui permet d’estimer immédiatement et automatiquement votre production solaire selon votre emplacement et la puissance de votre centrale.

Découvrez notre simulateur de rentabilité de batterie domestique 🔋

Pourquoi la batterie domestique devient un sujet majeur ?

Longtemps, les particuliers équipés de panneaux solaires avaient intérêt à revendre leur surplus d’électricité au réseau. Mais avec la baisse progressive des tarifs de rachat, la donne a changé. Aujourd’hui, pour de nombreux foyers, autoconsommer un maximum de l’énergie produite est devenu plus avantageux que d’en injecter une grande partie sur le réseau.

C’est là qu’intervient la batterie de stockage. En accumulant l’électricité produite dans la journée, elle permet, si elle est correctement dimensionnée, de couvrir les besoins du soir et de la nuit sans puiser dans le réseau. Une logique séduisante sur le papier mais qui mérite d’être chiffrée rigoureusement avant de franchir le pas, car l’investissement reste conséquent : d’un millier à plusieurs dizaines de milliers d’euros selon les technologies et les capacités choisies.

Découvrez notre simulateur de rentabilité de batterie domestique 🔋

Ce que notre simulateur prend en compte

La rentabilité d’une batterie ne dépend pas d’un seul facteur, mais d’une combinaison de variables propres à chaque foyer. Notre outil intègre notamment, dans sa version simplifiée :

➡️ La consommation annuelle : la quantité d’électricité que vous utilisez conditionne étroitement le besoin de stockage de la batterie.

➡️ La présence d’une centrale solaire et ses caractéristiques : il est nettement plus facile d’amortir une batterie lorsqu’elle est rechargée à partir de panneaux photovoltaïques, qui produisent de l’électricité « gratuite ».

➡️ La configuration de batteries souhaitée : selon son prix d’achat, d’installation, sa chimie et sa capacité de stockage, le seuil de rentabilité varie sensiblement. La durée de vie également, certaines chimies étant plus durables que d’autres.

➡️ Le tarif de votre abonnement d’électricité : pour déterminer si le kilowattheure est moins cher sur le réseau ou via une batterie résidentielle.

Un mode « complet » vous permet d’affiner l’ensemble des paramètres, par exemple en renseignant la puissance maximale de sortie de la batterie. Nous vous recommandons de l’utiliser pour obtenir un résultat plus fidèle à la réalité.

Notre simulateur de rentabilité de batterie domestique est appelé à évoluer. N’hésitez pas à nous envoyer vos retours en commentant cet article ou via notre formulaire de contact.

Bonnes simulations !

L’article Installer une batterie domestique, c’est rentable ? Découvrez-le avec notre simulateur gratuit est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Pourquoi ces trois éoliennes sont les plus efficaces de France

Un an après sa mise en service officielle, le premier parc éolien flottant de France dresse un premier bilan. Les trois éoliennes situées au large de l’embouchure du Rhône revendiquent de belles performances, notamment un facteur de charge inédit en France.

Il préfigure le déploiement à grande échelle de parcs éoliens flottants sur les côtes méditerranéennes françaises. Le petit parc pilote Provence Grand Large (PGL), développé par EDF Power Solutions (ex-EDF Renouvelables), souffle sa première bougie. Mises en service commercial en juin 2025, les trois éoliennes Siemens Gamesa de 8,4 mégawatts (MW) ont produit pas moins de 94 000 mégawattheures (MWh) sur l’année écoulée selon l’énergéticien.

Situées à 17 km au large de l’embouchure du Rhône, elles sont placées à un endroit idéal pour capter les vents puissants et fréquents du mistral. Ce qui explique certainement son facteur de charge annoncé à 45 % selon EDF (42,6 % selon nos calculs). Une performance « parfaitement en ligne avec les objectifs que nous nous sommes fixés », d’après Pierre-Emmanuel Guillot, le directeur stratégie d’exploitation éolien en mer chez EDF Power Solutions.

À lire aussi Voici le premier parc éolien flottant de France

L’éolien flottant, plus performant que l’éolien posé

Pour information, le facteur de charge désigne la proportion d’électricité réellement produite par une centrale par rapport à celle qui aurait été produite si cette dernière tournait à 100 % de puissance 100 % du temps.

Dans l’éolien en mer, ce facteur de charge s’établit généralement autour de 38 % avec de grandes variations selon les parcs. Le record européen étant détenu par le parc flottant Hywind Scotland, qui affichait 54 % en 2022. Sur terre, les éoliennes dépassent rarement 25 % de facteur de charge. Unique parc éolien flottant de France, Provence Grand Large devance les fermes éoliennes marines dites « posées », sur les côtes atlantiques de l’hexagone. Celle de Saint-Nazaire a réalisé 37 % en 2025 et celle de Saint-Brieuc 35 % en 2024. Il semble donc s’ériger comme le site éolien le plus performant du pays.

Un signal encourageant pour les 1500 MW d’éolien flottant qui doivent s’installer au cours de la prochaine décennie dans le golfe du Lion.

À lire aussi Éolien en mer : la carte des parcs et projets en France

L’article Pourquoi ces trois éoliennes sont les plus efficaces de France est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Ce barrage hydroélectrique français fête ses 100 ans et tient toujours debout

C’est l’un des monuments de l’histoire électrique française, et il est toujours capable de produire l’équivalent de la consommation de 41 000 habitants. Le barrage d’Éguzon vient de franchir la barre symbolique des 100 ans d’activité. Malgré un premier siècle mouvementé, il devrait participer activement à l’électrification de la France. 

C’est un anniversaire qui ne se rate pas. Le barrage d’Éguzon, situé dans l’Indre, vient de fêter ce week-end le centenaire de son inauguration. Construit à partir de 1917, le barrage devait d’abord mesurer 35 mètres de haut. Mais après de nombreuses modifications de projet, il a fini par atteindre la cote définitive de 61 mètres de hauteur à partir des fondations. Le barrage a donné naissance au lac de Chambon, retenue d’une superficie de 3,17 km² et d’un volume de 57 millions de mètres cubes.

Équipé de 6 turbines Francis de 12 MW, il affiche une puissance totale effective de 70,6 MW. On est loin des 1800 MW du barrage de Grand’Maison, mais au moment de son inauguration, il est considéré comme le plus puissant barrage d’Europe et alimente la ville de Paris en électricité. Régulièrement rénové et remis à niveau par les équipes d’EDF, il a reçu en 2019 une turbine supplémentaire destinée à maintenir le débit minimal de la rivière Creuse, sur laquelle il est implanté.

Avec ses 100 ans de service, le barrage d’Éguzon fait parti des doyens du parc hydroélectrique français. Néanmoins, il ne s’agit pas du plus vieux barrage encore en activité. On peut par exemple citer le vénérable barrage de Rochebut, situé sur le Cher. D’une modeste puissance de 16,8 MW, il a été mis en service en 1909.

À lire aussi Les barrages français n’ont jamais été aussi proches de sortir de l’impasse

Une histoire mouvementée

Du fait de sa puissance, le barrage d’Éguzon a joué un rôle stratégique majeur durant la seconde guerre mondiale. Situé en zone libre, il a très vite été occupé par les allemands, notamment pour alimenter des usines travaillant pour l’Allemagne.

Du fait de cette importance stratégique, les Alliés envisagent rapidement de le faire sauter. Les Résistants s’y opposent pour conserver l’outil de production, mais également pour éviter la destruction des communes situées en aval du barrage. À partir de ce moment, de nombreuses actions sont menées pour perturber la distribution d’électricité du barrage. L’intensité des sabotages culmine en mars 1944, quand une petite équipe de Résistants, comprenant notamment un Résistant de 16 ans, parvient à détruire 28 pylônes lors de la même opération. Finalement, le barrage est libéré en aout 1944 sans combats, ce qui permet sa remise rapide en exploitation.

L’article Ce barrage hydroélectrique français fête ses 100 ans et tient toujours debout est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

20 000 habitants chauffés à la géothermie : cette copropriété géante proche de Paris va réduire de 70 % sa consommation de gaz

Symbole de modernité dans les années 1960, la copropriété Parly 2 veut rester dans l’ère du temps en mettant en service une centrale géothermique capable de couvrir la consommation de 10 000 habitants, soit 70 % de ses besoins !

Il aura fallu 10 ans pour faire de la géothermie une réalité dans la plus grande copropriété d’Europe. Située à Chesnay-Rocquencourt dans les Yvelines, la copropriété de Parly 2 vient de mettre en service une toute nouvelle installation de géothermie destinée à couvrir 70 % des besoins en chauffage et en eau chaude sanitaire de ses quelque 7500 appartements.

À lire aussi En France, la géothermie patine toujours malgré les aides

Logements, bâtiments publics et hôpital branchés à la géothermie

La chaleur produite n’alimentera pas que les habitations, puisque la ville du Chesnay-Rocquencourt, qui a accompagné la mise en œuvre de la centrale géothermique, va acheter de l’énergie thermique à la copropriété pour alimenter certains de ses bâtiments comme l’hôtel de ville, la piscine ou encore l’hôpital Mignot.

Le complément de chauffage, environ 30 % de la consommation annuelle, est toutefois assuré par une chaufferie à gaz fossile. Selon le syndicat de la copropriété, l’arrivée de la géothermie ne devrait pas jouer sur le confort de chauffage des logements, mais devrait contribuer à la stabilisation des charges. De plus, la géothermie devrait avoir un impact favorable sur les diagnostics de performance énergétique et avoir un rôle positif sur la valorisation du patrimoine.

À lire aussi Géothermie profonde en Île-de-France : son potentiel déterminé grâce à GéoScan

Une infrastructure privée d’une ampleur inédite

L’installation consiste en deux puits de 1500 mètres de profondeur qui viennent récupérer la chaleur du Dogger, une nappe d’eau naturellement chaude, située entre 1500 et 2000 mètres de profondeur. Le premier puits, dit de « production », permet de puiser l’eau chaude tandis que le second, dit de « réinjection », permet de rendre à la nappe toute l’eau puisée.

L’ensemble devrait produire environ 71 GWh de chaleur, ensuite distribuée à travers les 20 km d’un réseau de chaleur entièrement privé. Cela représente la consommation d’une ville de 10 000 habitants. La centrale, qui a nécessité un investissement de 35 millions d’euros, devrait éviter l’émission de 18 500 tonnes de CO₂ par an.

À lire aussi Exploiter la géothermie sans creuser ? Voilà comment c’est possible

L’article 20 000 habitants chauffés à la géothermie : cette copropriété géante proche de Paris va réduire de 70 % sa consommation de gaz est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Ce fournisseur d’électricité gère votre batterie pour tirer le prix du kilowattheure au plus bas

Le fournisseur d’électricité à prix dynamique Frank Énergie, récemment débarqué en France, propose une nouvelle offre destinée aux propriétaires de batteries domestiques. En la pilotant à distance en fonction des prix de l’électricité en temps réel, il promet de réaliser des économies sur la facture.

Avec Sobry, Frank Energy fait partie des deux seuls fournisseurs d’électricité proposant des contrats à tarification dynamique. Concrètement, le prix du kilowattheure évolue d’heure en heure, voire toutes les 15 minutes, pour suivre le cours de l’électron sur le marché de gros. Il n’y a plus d’heures pleines ni d’heures creuses : le tarif de l’électricité peut fluctuer considérablement d’un jour à l’autre, passant de valeurs négatives à des niveaux stratosphériques. Un peu comme une action en bourse, l’on peut y gagner en consommant fortement lorsque le cours est bas et en réduisant fortement sa consommation lorsqu’il est très haut.

Or, effectuer manuellement un tel numéro d’équilibriste avec l’électricité est particulièrement fastidieux. Il est possible de s’en affranchir en utilisant une batterie spécifiquement programmée pour recharger lors de prix faibles et bas et décharger quand le kilowattheure est cher. Frank Energy propose justement de prendre le contrôle des batteries domestiques de ses clients via une nouvelle offre baptisée « Stockage intelligent ». Ce mécanisme permet aux ménages de limiter leur exposition aux hausses de prix et de lisser leur facture. Effet collatéral : en stockant et restituant l’énergie de manière coordonnée, les batteries contribuent à stabiliser le réseau électrique, notamment lors des pics de consommation hivernaux ou des journées à forte production solaire.

À lire aussi EDF s’apprête à tester une nouvelle grille tarifaire plus flexible

Un algorithme qui décide à la place de l’utilisateur

L’offre « Stockage intelligent » fonctionne sans intervention du client. L’algorithme de Frank Energy analyse en continu les données du marché et choisit la meilleure source d’approvisionnement : réseau, batterie ou panneaux solaires, pour ceux qui en possèdent. Aucune programmation n’est nécessaire.

Pour les propriétaires de panneaux photovoltaïques, l’outil ajuste la stratégie de charge en fonction de la production locale. Il maximise l’autoconsommation solaire et peut même déclencher la revente du surplus si les prix du réseau sont attractifs. Le tarif de rachat moyen proposé par Frank Énergie est particulièrement séduisant puisqu’il s’élève à 10 centimes par kilowattheure, largement supérieur au tarif d’EDF OA.

À lire aussi Payer son électricité au prix du marché : la France veut relancer la tarification dynamique

Compatible avec une quarantaine de marques

Le service prend en charge les batteries de plus de 40 fabricants, dont AlphaESS, HyxiPower, Sigenergy, SolarEdge, Enphase et Eniris. Cette compatibilité large évite aux clients de changer d’équipement pour profiter du pilotage automatisé.

L’offre s’intègre dans une plateforme plus vaste développée par Frank Énergie, qui connecte et coordonne l’ensemble des appareils électriques d’un logement. Chauffage, véhicule électrique, chauffe-eau ou électroménager peuvent ainsi être pilotés conjointement pour optimiser la consommation globale du foyer. Une approche qui vise à transformer la maison en un système énergétique cohérent, capable de tirer parti des fluctuations du marché sans demander d’effort à l’utilisateur.

L’article Ce fournisseur d’électricité gère votre batterie pour tirer le prix du kilowattheure au plus bas est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Baisser la fiscalité de l’électricité, unique voie pour inciter à l’hyper-électrification ?

Le prix de l’énergie n’a pas fini de faire parler. Si l’électrification des usages est pleine de sens pour bien des raisons, son coût pose question. Pour accélérer cette transition à l’échelle nationale, une solution vient d’être proposée au Premier ministre français. 

Pour faire face aux enjeux climatiques, mais également aux enjeux de souveraineté énergétique, l’heure est plus que jamais à l’électrification. D’ailleurs, le Président de la République semble vouloir prendre le sujet à bras le corps, notamment avec l’organisation de l’Équipe de France de l’électrification.

Néanmoins, il reste un problème majeur : le prix de l’électricité, qui est toujours trop élevé. Pour avantager l’électricité et plus généralement l’énergie produite sur le sol français, l’Union française de l’électricité (UFE) vient de proposer une solution au Premier ministre Sébastien Lecornu, par l’intermédiaire d’un courrier : celle de baisser la fiscalité des énergies produites en France.

Pour organiser cette baisse de la fiscalité, l’UFE propose d’inscrire cette thématique aux travaux préparatoires à la loi des finances de 2027. En parallèle, l’association envisage l’organisation « d’assises de la fiscalité énergétique » avec l’objectif de trouver le bon compromis concernant cette baisse de taxe sur les énergies nucléaires, renouvelables et biogaz.

À lire aussi Pourquoi notre électricité est plus taxée que celle destinée à produire du kérosène « vert »

La fiscalité des énergies : un sujet brûlant à court et long terme

La proposition de l’UFE s’appuie notamment sur le fait que la fiscalité actuelle porte des incohérences avec par exemple le diesel qui est moins taxé que l’essence, ou le gaz qui est moins taxé que l’électricité. Toujours selon l’UFE, un consensus politique semble émerger sur le sujet, alors qu’il divisait il y a encore quelques années. On notera que les Républicains ont récemment publié une tribune dans le journal Le Monde pour la baisse du prix de l’électricité en France.

Néanmoins, le sujet est plus complexe qu’il n’y paraît. D’ailleurs, l’enjeu financier est colossal pour l’État, car la fiscalité énergétique française représente un total de presque 60 milliards d’euros chaque année, soit 2 % du PIB national. Sur ces 60 milliards d’euros, deux tiers proviennent des énergies fossiles et plus précisément du pétrole.

Une baisse de la fiscalité pourrait causer un trou dans le budget de l’État à court terme, mais également à long terme. D’ailleurs, selon le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), organisme lié à la Cour des comptes, les recettes d’accises devraient baisser de 30 milliards d’euros avec la sortie des énergies fossiles. L’électricité ayant un meilleur rendement que le pétrole, la quantité totale d’énergie nécessaire devrait tout simplement baisser, et les recettes fiscales associées aussi.

L’article Baisser la fiscalité de l’électricité, unique voie pour inciter à l’hyper-électrification ? est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Trop dépendant des taxes liées au pétrole, l’État devra créer de nouveaux impôts

Se passer des énergies fossiles, c’est bien pour le climat mais pas pour les finances de l’État dans l’immédiat.

Les finances publiques pourraient pâtir du manque de recettes fiscales à mesure que le pétrole, un produit énergétique taxé, sera moins consommé, au profit notamment de l’électricité. On n’y est pas encore, mais c’est l’un des principaux enseignements du rapport publié le 3 juin par le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), un organisme rattaché à la Cour des comptes.

Aujourd’hui, les carburants, le gaz et le fioul rapportent beaucoup à l’État. En 2024, la fiscalité énergétique (toutes énergies confondues) a rapporté 59,7 milliards d’euros, c’est 2 % du PIB français. Elle vient des accises sur les produits énergétiques qui ont généré 39,5 milliards d’euros auxquelles s’ajoutent 17,6 milliards d’euros de TVA et quelques résidus.

Et comme on peut s’en douter, ces recettes proportionnelles au prix et au volume acheté vont s’amenuiser avec le pétrole. En s’appuyant sur les hypothèses de la future Stratégie nationale bas carbone (SNBC), la Direction générale du Trésor estime que les recettes nettes d’accise sur l’énergie pourraient perdre 7 à 10 milliards d’euros dès 2030 et 15 à 30 milliards d’euros en 2050. Dans le scénario le plus défavorable, c’est un point de PIB.

À lire aussi Pourquoi reparle-t-on autant d’extraire du pétrole en France ?

Vers de nouvelles taxes pour compenser la perte ?

L’électrification des usages, le développement des véhicules électriques, la rénovation thermique des bâtiments ou encore la baisse de la consommation d’énergie fossile réduiront progressivement l’assiette fiscale sur laquelle repose aujourd’hui une part importante des recettes publiques. Et le rapport souligne que les revenus des marchés carbone (qui étalent leur champ d’application progressivement) ne pourront pas compenser cette perte, puisqu’ils vont eux-mêmes diminuer à mesure que les émissions de gaz à effet de serre reculeront.

Et donc, comment remplacer ces recettes ? Le CPO a quelques idées. Il recommande de maîtriser les dépenses publiques et de recourir à d’autres prélèvements sur les usages de l’énergie, sur des produits dont la demande est peu sensible aux prix sur la consommation. Le rapport mentionne aussi la fiscalité des véhicules ou celle liée à l’usage des infrastructures routières.

À lire aussi Prix des caburants : comment Total a gagné 1 milliard d’euros en spéculant sur la guerre

L’article Trop dépendant des taxes liées au pétrole, l’État devra créer de nouveaux impôts est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Réacteur nucléaire EPR de Flamanville : sa première révision plus allégée que prévu ?

L’électricien français vient de demander l’autorisation au gendarme du nucléaire de reporter certains des contrôles de la VC1, la première visite de contrôle d’envergure du nouveau réacteur de Flamanville, qui doit débuter le 26 septembre prochain. Pour améliorer son image, EDF ne veut plus entendre parler de retard, quitte à rogner provisoirement sur les activités de contrôle et de maintenance.

350 jours, pas un de plus. Voilà la durée prévue par EDF pour réaliser la VC1, première visite complète de l’EPR de Flamanville. Cette opération d’envergure a pour objectif de vérifier l’ensemble du fonctionnement du nouveau réacteur tricolore, un an après sa mise en service commerciale. Le programme de cette opération est colossal, puisqu’on compte, au total, 20 000 activités techniques à réaliser en un peu moins d’un an. Pour y arriver, ce sont près de 2500 salariés d’EDF qui sont mobilisés.

Il y a quelques mois, le directeur du réacteur n°3 se voulait rassurant sur la tenue des délais en indiquant que la VC1 était en pleine préparation, et que le calendrier était découpé par modules pour y parvenir. Néanmoins, alors que la date de déconnexion du réacteur approche, la confiance semble se déliter du côté d’EDF. L’électricien français aurait demandé à reporter certaines activités de contrôle des équipements sous pression, pour alléger la charge de travail. Si ce type de lissage se pratique déjà sur d’autres centrales, il témoigne tout de même de la situation dans la centrale de Flamanville.

À lire aussi Nucléaire : la première divergence de l’EPR de Flamanville est imminente

Que va décider l’ASNR ?

Maintenant que la demande a été faite, c’est à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection de trancher. Malgré cette demande d’allègement, les opérations les plus emblématiques de cette VC1 seront maintenues. Parmi ces opérations, on peut citer le chargement du combustible, les tests hydrauliques du circuit primaire principal, mais également l’inspection de la cuve par téléopération.

Rappelons qu’EDF va profiter de cet arrêt longue durée pour remplacer le couvercle de la cuve du réacteur. Sujet majeur de sûreté nucléaire, le couvercle actuellement en place comporte des anomalies dans sa composition. Certaines zones du couvercle affichent une ségrégation positive de carbone qui diminue les marges mécaniques de l’acier. Découvert en 2015, ce problème a fait l’objet de nombreux échanges entre l’ASN et EDF. Finalement, en 2023, l’ASN a accepté que le couvercle de la cuve soit utilisé mais remplacé dès la première visite complète.

L’article Réacteur nucléaire EPR de Flamanville : sa première révision plus allégée que prévu ? est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Près de 10 milliards d’euros dépensés sans résultats : la renationalisation d’EDF critiquée par la Cour des comptes

Elle a coûté 9,7 milliards d’euros, pour quel but exactement ? La Cour des comptes se demande si la renationalisation d’EDF était vraiment justifiée.

La prise de contrôle à 100 % d’EDF par l’État date de juin 2023 et avait coûté 9,7 milliards d’euros. Mais était-elle vraiment nécessaire ? Dans un rapport publié le 28 mai, la Cour des comptes répond plutôt non, comptablement parlant. Les magistrats de la rue Cambon jugent que cette renationalisation complète est une opération coûteuse dont l’utilité n’est pas démontrée à ce jour.

Élisabeth Borne, quelques mois après la réélection d’Emmanuel Macron et le discours de Belfort consacrant la relance du nucléaire, déclarait que sortir EDF de la bourse était un moyen de reprendre le contrôle sur les décisions stratégiques et de les accorder avec les décisions politiques. L’État avait racheté les parts des actionnaires minoritaires.

Mais pour la Cour des comptes, les arguments de l’époque étaient fragiles. « Ni les impératifs de souveraineté et d’indépendance énergétiques, ni les besoins de financement du groupe ou la volonté de renforcer son pilotage opérationnel n’imposaient une détention à 100 % de la société EDF par l’État », écrivent les magistrats. Ils rappellent que les pouvoirs publics détenaient déjà 83,7 % du capital, suffisant pour exercer un contrôle sur l’entreprise. Et le rachat n’a pas permis de régler ses problèmes de dette (51 milliards en 2025) non plus, même si la note s’est stabilisée et a même augmenté selon l’agence Standard & Poor’s.

À lire aussi Fusionner EDF, TotalEnergies et Engie : voici la surprenante proposition des sénateurs

9,7 milliards dans la poche des actionnaires

Les conditions financières de la renationalisation ensuite. L’État a proposé 12 euros par action aux actionnaires minoritaires, 40 % au-dessus du cours de Bourse observé. L’Agence des participations de l’État opérait sa plus grosse opération depuis sa création en 2004. La Cour juge qu’une prime de 30 % aurait permis d’économiser près d’un milliard d’euros. Et les milliards dépensés n’ont pas bénéficié directement à EDF. « La prise de contrôle à 100 % n’a apporté aucun financement nouveau au groupe », souligne-t-elle, puisqu’ils ont été versés aux actionnaires sortants.

Même si elle est souvent pessimiste, c’est son rôle de gendarme, la cour admet que la sortie de Bourse a simplifié la structure capitalistique du groupe et permis de mettre fin aux tensions récurrentes entre ce que veulent les marchés (plutôt de rentabilité court terme) et les besoins d’investissements de long terme liés notamment au nouveau nucléaire voulu par l’État.

L’article Près de 10 milliards d’euros dépensés sans résultats : la renationalisation d’EDF critiquée par la Cour des comptes est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  
❌