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☕️ Les smartphones « très probablement » interdits dans les lycées dès la rentrée



La prochaine rentrée va se dérouler sans smartphones pour les lycéens. C’est du moins ce qu’affirme Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale, qui a annoncé l’interdiction des téléphones portables dans les lycées le 1er septembre.

La loi « en cours d’élaboration » interdisant l’utilisation des téléphones portables dans les lycées devrait être publiée cet été, a indiqué Édouard Geffray à France Info. Le ministre de l’Éducation est cependant un peu flou, car dans le même temps il explique que le gouvernement attend une décision de la Commission européenne sur l’autre volet du texte, qui concerne l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Mais la partie sur l’interdiction des smartphones devrait « très probablement » entrer en vigueur dès la rentrée.

Illustration : Flock

Le ministère va envoyer prochainement « un certain nombre d’éléments aux chefs d’établissement pour qu’ils puissent mettre ça en place », ajoute-t-il. « Je considère que c’est quelque chose qui est absolument majeur pour nos élèves ». Ce faisant, les lycées rejoindront donc les collèges, les élèves n’ont pas le droit d’utiliser de smartphone dans l’établissement pendant les cours et en dehors, pendant les récréations ou les activités scolaires se déroulant à l’extérieur.

Ce n’est pas une surprise : Emmanuel Macron avait déclaré en novembre dernier qu’il souhaitait l’extension de l’interdiction aux lycées. C’est la manière la plus efficace selon lui « si on considère qu’il y a un vrai risque ». Néanmoins, la mesure dans les collèges — pourtant inscrite dans la loi depuis 2018 — est toujours compliquée à mettre en œuvre concrètement. En septembre 2025, seuls 9 % des collèges avaient mis en place cette « pause numérique ».

Il revient en effet aux départements de financer l’achat des casiers de stockage dans les collèges : « Je ne peux pas imposer aux départements d’acquérir des casiers », avait botté en touche Édouard Geffray en novembre dernier. Les régions, qui ont la responsabilité des lycées et de leurs équipements, seront-elles plus réceptives ?

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☕️ Les smartphones « très probablement » interdits dans les lycées dès la rentrée



La prochaine rentrée va se dérouler sans smartphones pour les lycéens. C’est du moins ce qu’affirme Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale, qui a annoncé l’interdiction des téléphones portables dans les lycées le 1er septembre.

La loi « en cours d’élaboration » interdisant l’utilisation des téléphones portables dans les lycées devrait être publiée cet été, a indiqué Édouard Geffray à France Info. Le ministre de l’Éducation est cependant un peu flou, car dans le même temps il explique que le gouvernement attend une décision de la Commission européenne sur l’autre volet du texte, qui concerne l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Mais la partie sur l’interdiction des smartphones devrait « très probablement » entrer en vigueur dès la rentrée.

Illustration : Flock

Le ministère va envoyer prochainement « un certain nombre d’éléments aux chefs d’établissement pour qu’ils puissent mettre ça en place », ajoute-t-il. « Je considère que c’est quelque chose qui est absolument majeur pour nos élèves ». Ce faisant, les lycées rejoindront donc les collèges, les élèves n’ont pas le droit d’utiliser de smartphone dans l’établissement pendant les cours et en dehors, pendant les récréations ou les activités scolaires se déroulant à l’extérieur.

Ce n’est pas une surprise : Emmanuel Macron avait déclaré en novembre dernier qu’il souhaitait l’extension de l’interdiction aux lycées. C’est la manière la plus efficace selon lui « si on considère qu’il y a un vrai risque ». Néanmoins, la mesure dans les collèges — pourtant inscrite dans la loi depuis 2018 — est toujours compliquée à mettre en œuvre concrètement. En septembre 2025, seuls 9 % des collèges avaient mis en place cette « pause numérique ».

Il revient en effet aux départements de financer l’achat des casiers de stockage dans les collèges : « Je ne peux pas imposer aux départements d’acquérir des casiers », avait botté en touche Édouard Geffray en novembre dernier. Les régions, qui ont la responsabilité des lycées et de leurs équipements, seront-elles plus réceptives ?

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Les marques parlent trop d’IA pour une majorité de consommateurs

Trop d'IA tue l'IA
Les marques parlent trop d’IA pour une majorité de consommateurs

Mettre l’IA à toutes les sauces, y compris dans sa communication, n’est peut-être pas le meilleur moyen pour les entreprises de séduire les consommateurs. Une étude menée aux États-Unis par WordPress VIP montre même que le marketing à base d’IA est contre-productif.

IA, IA, IA. Les entreprises n’ont plus que ce mot à la bouche, y compris quand ça n’a aucun sens. Pourtant, le rejet de l’IA est réel, en particulier chez les jeunes générations qui multiplient les protestations contre ce qu’elles perçoivent comme une menace existentielle.

Certains grands groupes ont d’ailleurs commencé à réduire la voilure sur l’IA, du moins dans leur communication comme on le voit chez Microsoft – pourtant un des principaux promoteurs de cette technologie – depuis le début de l’année. L’éditeur a mis la sourdine (un peu), il a redirigé une partie de ses ressources dans la fiabilité et l’optimisation de Windows et de ses logiciels, en continuant toutefois à investir lourdement dans l’IA. Mais tout est une affaire de perception.

Le trop-plein de marketing à base d’IA a produit ses effets, comme le montre une étude réalisée par WordPress VIP, une société du groupe Automattic qui commercialise une version de la plateforme de publication pour les grandes organisations.

Conduit auprès de 2 000 personnes aux États-Unis en avril, dont 800 décideurs d’entreprise et directeurs marketing, le sondage indique aussi que pour 60 % des consommateurs américains, la présence de l’IA dans la communication d’une marque est rédhibitoire. Et 61 % d’entre eux ne peuvent pas citer une marque qui utilise l’IA convenablement dans son marketing.

L’IA gagne du trafic mais pas la confiance des internautes

Plus globalement, la confiance dans l’IA n’existe pas. 86 % des répondants préfèrent vérifier les informations à la source plutôt que de se fier uniquement aux réponses générées par IA. Pour 42 % des personnes interrogées, ces réponses dépourvues de références sont parmi les contenus les moins fiables.

Sur un plan plus général, 42 % des répondants estiment qu’internet a perdu une partie de son caractère humain au cours de la dernière décennie. 8 personnes sur 10 jugent que l’information en ligne doit rester ouverte et décentralisée, c’est à dire pas contrôlée entre les mains de grandes organisations.

Un constat partagé par toutes les générations : entre 51 % et 61 % des personnes interrogées estiment qu’il est « très important » de préserver un accès ouvert à l’information. Et trois quart d’entre elles craignent qu’une poignée de plateformes décident de la manière dont l’information en ligne est résumée et mise en avant.

« Si le contenu de votre site n’est pas lisible par l’IA, vous devenez invisible pour une part croissante des recherches effectuées en ligne. Vous n’existez tout simplement pas », explique Brian Alvey, directeur technique de WordPress VIP (qui plaide pour sa paroisse puisqu’il vend des outils de publication en ligne). « Et si votre contenu ne paraît pas humain et digne de confiance aux yeux de la petite fraction d’utilisateurs qui cliquent encore au-delà des réponses générées par l’IA, ils ne reviendront pas une deuxième fois », ajoute-t-il.

La méfiance des internautes envers l’IA n’est donc pas une vue de l’esprit, mais dans le même temps l’étude montre aussi que les sites web reçoivent de plus en plus de visiteurs provenant de moteurs de recherche basés sur l’IA. 60 % des responsables d’entreprise interrogés indiquent ainsi que le trafic issu des réponses IA a augmenté ces douze derniers mois. Une meilleure visibilité et une meilleure attribution des contenus constituent une priorité pour 74 % des décideurs.

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Les marques parlent trop d’IA pour une majorité de consommateurs

Trop d'IA tue l'IA
Les marques parlent trop d’IA pour une majorité de consommateurs

Mettre l’IA à toutes les sauces, y compris dans sa communication, n’est peut-être pas le meilleur moyen pour les entreprises de séduire les consommateurs. Une étude menée aux États-Unis par WordPress VIP montre même que le marketing à base d’IA est contre-productif.

IA, IA, IA. Les entreprises n’ont plus que ce mot à la bouche, y compris quand ça n’a aucun sens. Pourtant, le rejet de l’IA est réel, en particulier chez les jeunes générations qui multiplient les protestations contre ce qu’elles perçoivent comme une menace existentielle.

Certains grands groupes ont d’ailleurs commencé à réduire la voilure sur l’IA, du moins dans leur communication comme on le voit chez Microsoft – pourtant un des principaux promoteurs de cette technologie – depuis le début de l’année. L’éditeur a mis la sourdine (un peu), il a redirigé une partie de ses ressources dans la fiabilité et l’optimisation de Windows et de ses logiciels, en continuant toutefois à investir lourdement dans l’IA. Mais tout est une affaire de perception.

Le trop-plein de marketing à base d’IA a produit ses effets, comme le montre une étude réalisée par WordPress VIP, une société du groupe Automattic qui commercialise une version de la plateforme de publication pour les grandes organisations.

Conduit auprès de 2 000 personnes aux États-Unis en avril, dont 800 décideurs d’entreprise et directeurs marketing, le sondage indique aussi que pour 60 % des consommateurs américains, la présence de l’IA dans la communication d’une marque est rédhibitoire. Et 61 % d’entre eux ne peuvent pas citer une marque qui utilise l’IA convenablement dans son marketing.

L’IA gagne du trafic mais pas la confiance des internautes

Plus globalement, la confiance dans l’IA n’existe pas. 86 % des répondants préfèrent vérifier les informations à la source plutôt que de se fier uniquement aux réponses générées par IA. Pour 42 % des personnes interrogées, ces réponses dépourvues de références sont parmi les contenus les moins fiables.

Sur un plan plus général, 42 % des répondants estiment qu’internet a perdu une partie de son caractère humain au cours de la dernière décennie. 8 personnes sur 10 jugent que l’information en ligne doit rester ouverte et décentralisée, c’est à dire pas contrôlée entre les mains de grandes organisations.

Un constat partagé par toutes les générations : entre 51 % et 61 % des personnes interrogées estiment qu’il est « très important » de préserver un accès ouvert à l’information. Et trois quart d’entre elles craignent qu’une poignée de plateformes décident de la manière dont l’information en ligne est résumée et mise en avant.

« Si le contenu de votre site n’est pas lisible par l’IA, vous devenez invisible pour une part croissante des recherches effectuées en ligne. Vous n’existez tout simplement pas », explique Brian Alvey, directeur technique de WordPress VIP (qui plaide pour sa paroisse puisqu’il vend des outils de publication en ligne). « Et si votre contenu ne paraît pas humain et digne de confiance aux yeux de la petite fraction d’utilisateurs qui cliquent encore au-delà des réponses générées par l’IA, ils ne reviendront pas une deuxième fois », ajoute-t-il.

La méfiance des internautes envers l’IA n’est donc pas une vue de l’esprit, mais dans le même temps l’étude montre aussi que les sites web reçoivent de plus en plus de visiteurs provenant de moteurs de recherche basés sur l’IA. 60 % des responsables d’entreprise interrogés indiquent ainsi que le trafic issu des réponses IA a augmenté ces douze derniers mois. Une meilleure visibilité et une meilleure attribution des contenus constituent une priorité pour 74 % des décideurs.

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☕️ Intelligence artificielle et taxation numérique au cœur du G7



La taxation et la régulation du numérique avanceront-elles à Évian ? Ce 17 juin, le président de la République Emmanuel Macron accueille ses homologues du G7 pour une session de travail sur la question de la sécurisation de l’intelligence artificielle et divers autres enjeux liés au numérique, à commencer par la protection des mineurs et la taxation des géants de la tech. 


Plusieurs dirigeants de sociétés tech sont aussi présents, dont les dirigeants d’OpenAI Sam Altman, d’Anthropic Dario Amodei, ou de Mistral AI Arthur Mensch. États-Unis, Allemagne, Canada, France, Italie, Japon et Royaume-Uni sont globalement d’accord sur la question de la protection des mineurs face aux réseaux sociaux, que celle-ci passe par une interdiction jusqu’à 15 ou 16 ans.

Illustration : Flock

La taxation, comme toute forme de régulation, sont en revanche de nets sujets de dissension : le 15 juin, Donald Trump menaçait d’imposer des droits de douane de 100 % sur le vin français si l’hexagone ne supprimait pas sa taxation des sociétés numériques, ce à quoi Emmanuel Macron répondait que ce n’était « pas les États-Unis qui décident ».

En 2019, la France a instauré une taxe de 3 % sur les revenus réalisés sur son territoire par les sociétés numériques, géants états-uniens compris. Au niveau national, cette taxe s’est d’ailleurs retrouvée au cœur des débats politiques, notamment au moment de la discussion du budget. À l’international, en revanche, le Canada a été contraint de renoncer à un projet similaire en 2025.

Dans la mesure où les États-Unis viennent de bloquer l’accès à Fable 5 et Mythos 5, les derniers modèles d’Anthropic, c’est en revanche sur la souveraineté des uns et des autres sur ces nouvelles technologies qu’une large part des discussions devrait se concentrer. La France comme le reste de l’Europe ont désormais bien conscience de leur manque de maîtrise des modèles et de la puissance de calcul, de même qu’à leur dépendance à divers autres fournisseurs technologiques non européens.

Outre les discussions prévues pour le déjeuner de travail de ce 17 juin sur la question, Donald Trump doit encore être reçu par Emmanuel Macron ce mercredi soir, au château de Versailles.

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☕️ Intelligence artificielle et taxation numérique au cœur du G7



La taxation et la régulation du numérique avanceront-elles à Évian ? Ce 17 juin, le président de la République Emmanuel Macron accueille ses homologues du G7 pour une session de travail sur la question de la sécurisation de l’intelligence artificielle et divers autres enjeux liés au numérique, à commencer par la protection des mineurs et la taxation des géants de la tech. 


Plusieurs dirigeants de sociétés tech sont aussi présents, dont les dirigeants d’OpenAI Sam Altman, d’Anthropic Dario Amodei, ou de Mistral AI Arthur Mensch. États-Unis, Allemagne, Canada, France, Italie, Japon et Royaume-Uni sont globalement d’accord sur la question de la protection des mineurs face aux réseaux sociaux, que celle-ci passe par une interdiction jusqu’à 15 ou 16 ans.

Illustration : Flock

La taxation, comme toute forme de régulation, sont en revanche de nets sujets de dissension : le 15 juin, Donald Trump menaçait d’imposer des droits de douane de 100 % sur le vin français si l’hexagone ne supprimait pas sa taxation des sociétés numériques, ce à quoi Emmanuel Macron répondait que ce n’était « pas les États-Unis qui décident ».

En 2019, la France a instauré une taxe de 3 % sur les revenus réalisés sur son territoire par les sociétés numériques, géants états-uniens compris. Au niveau national, cette taxe s’est d’ailleurs retrouvée au cœur des débats politiques, notamment au moment de la discussion du budget. À l’international, en revanche, le Canada a été contraint de renoncer à un projet similaire en 2025.

Dans la mesure où les États-Unis viennent de bloquer l’accès à Fable 5 et Mythos 5, les derniers modèles d’Anthropic, c’est en revanche sur la souveraineté des uns et des autres sur ces nouvelles technologies qu’une large part des discussions devrait se concentrer. La France comme le reste de l’Europe ont désormais bien conscience de leur manque de maîtrise des modèles et de la puissance de calcul, de même qu’à leur dépendance à divers autres fournisseurs technologiques non européens.

Outre les discussions prévues pour le déjeuner de travail de ce 17 juin sur la question, Donald Trump doit encore être reçu par Emmanuel Macron ce mercredi soir, au château de Versailles.

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Les internautes s’informent plus via les plateformes que sur les sites et applications

Prière matinale de l'homme moderne
Les internautes s’informent plus via les plateformes que sur les sites et applications

La consommation d’information passe désormais plus fréquemment par les plateformes sociales et vidéo que par les sites web et applications des médias traditionnels, constate le Digital News Report 2026 du Reuters Institute.

Un sondage, effectué en janvier et février 2026, montre que pour la première fois, les réseaux sociaux et vidéos sont plus utilisés que les sites web et applications des chaînes de télévision et médias traditionnels pour s’informer à travers le monde. Les autrices et auteurs de ces informations continuent d’ailleurs d’évoluer : se tourner vers des influenceurs pour s’informer devient relativement normal, au point que les journalistes sont toujours plus nombreux à adopter les codes de l’influence en ligne.

Tels sont certains des constats dressés par le Digital News Report 2026 du Reuters Institute. Quinzième édition d’un travail attendu chaque année par les professionnels de l’information, le rapport s’appuie sur le sondage de 100 000 personnes interrogées à travers 48 pays (dont 2 011 en France). Parmi ses grandes conclusions, il constate aussi que les formats vidéo et l’intelligence artificielle générative gagnent des points d’usage en matière d’information.

Globalement, cela dit, la chute de confiance dans les médias traditionnels et les phénomènes d’évitement actif de tout ou partie de l’information continuent de s’étendre. En France, 29 % de la population interrogée se déclare ainsi confiante dans l’information, contre 37 % à l’échelle mondiale.

Usage des réseaux sociaux, des sites et applications de médias et de la télévision pour s’informer, par classe d’âge / Digital News Report 2026

Victoire de la vidéo en ligne

77 % de la population consomme de l’information vidéo en ligne chaque semaine. Dans 45 des 48 marchés étudiés, ils sont désormais plus nombreux à regarder des vidéos d’information de cette manière, plutôt que via les journaux télévisés. L’Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas sont les trois seuls pays où ces derniers résistent.

Au Royaume-Uni, la consommation d’information vidéo est désormais plus fréquente en ligne que via la télévision / Digital News Report 2026

Depuis la pandémie, l’évolution du recours aux plateformes sociales a vu celles qui proposent de la vidéo tirer leur épingle du jeu. Si Facebook reste la plateforme la plus citée (par 43 % du public) comme espace de consommation d’information, YouTube est déjà utilisé à ces fins par 34 % des sondés, Instagram par 26 % et TikTok par 20 %. Par ailleurs, plus du quart des interrogés indique regarder de la télé traditionnelle à la demande, via YouTube ou les smart TVs.

Proportion des répondants qui se sont informés en vidéo la semaine précédent l’enquête, dans le monde / Digital News Report 2026

Soutiens et gagnants de cette évolution, les créateurs et créatrices de contenus sont de plus en plus considérés comme des sources d’information, notamment parce qu’ils sont perçus comme plus simples à comprendre et plus divertissants que les médias traditionnels.

46 % des répondants indiquent ainsi s’informer auprès de créateurs et créatrices de tous types, et 27 % auprès de personnalités d’internet spécialisées dans l’information.

Cet intérêt est généralement cumulé avec celui de l’information traditionnelle : le public qui écoute des influenceurs le fait généralement en plus de consulter des médias. Pour les écouter, logiquement, il repose de plus en plus sur les plateformes sociales et vidéo, en particulier chez les plus jeunes.

Évolution des pratiques de consommation dans le monde, tous types de medium confondus / Digital News Report 2026

Extension du domaine de l’IA

Le recours aux chatbots d’IA s’étend, quoique de manière contrastée selon les régions. Globalement, 10 % des interrogés déclarent désormais y recourir pour s’informer, contre 7 % dans le Digital News Report de 2025. Cette évolution est tirée par les usages des plus jeunes : 16 % des moins de 35 ans déclarent recourir à l’IA dans un contexte d’information.

42 % des interrogés déclarent par ailleurs recourir à ces outils pour approfondir une information, notamment pour poser des questions supplémentaires. Si le recours global à ces technologies a doublé dans des pays où la plateformisation de l’information est déjà forte, comme la Corée du Sud (14 %), la Grèce (12 %) ou l’Espagne, leur usage est resté stable en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne.

Proportion des répondants qui ont utilisé des chatbots pour s’informer la semaine précédant l’enquête, par classe d’âge et par fréquence d’utilisation / Digital News Report 2026

La confiance dans la qualité des résultats fournis par des chatbots d’IA est par ailleurs tirée par l’usage : 44 % des répondants qui les utilisent se déclarent confiants dans les résultats fournis par les robots pour s’informer, tandis qu’ils ne sont plus que 17 % parmi les non-usagers.

Dans le détail, soulignons par ailleurs que ceux qui recourent à l’IA le font avant tout pour approfondir le sujet sur lequel ils s’informent – 42 % des répondants déclarent poser à leur chatbot une question sur une information qu’ils viennent d’apprendre –, tandis que plus d’un tiers y recourent pour obtenir les dernières informations (35 %), pour résumer un sujet d’actualité (34 %) ou pour trouver ou évaluer une source d’information (33 %).

Pour les médias, une conséquence évidente et déjà constatée sur la plupart des marchés est la perte de l’accès direct à leur public : entre 2024 et 2025, le trafic a dégringolé de 33 % en moyenne. Parmi la petite proportion de la population qui recourt à l’IA pour s’informer, seulement 4 % déclarent cliquer « souvent ou toujours » sur les liens sources, contre 17 % de ceux qui recourent aux réseaux sociaux pour s’informer, et 19 % de ceux qui recourent à une recherche en ligne.

La chute de la confiance dans l’information se poursuit

En parallèle de ces phénomènes, la chute de la confiance dans l’information se poursuit. D’après le Reuters Institute, sous l’effet de la plateformisation accentuée, et alors que le public continue de plébisciter une recherche d’impartialité dans l’information et d’accorder moins de crédit aux créateurs de contenu qu’aux médias traditionnels, cette confiance devrait continuer de chuter dans les années à venir.

Partout dans le monde, cela se traduit aussi par un désintérêt pour l’information. En France, qui fait partie des pays où la chute est la plus évidente, la part de la population qui se déclare « très » ou « extrêmement » intéressée par l’actualité est passée de 58 % en 2015 à 26 % des répondants en 2026.

Seulement 12 % des lecteurs français payent aussi leur information, en revanche, ils ont en moyenne deux abonnements. Une rareté, qu’on retrouve aussi en Pologne, en Australie et aux États-Unis.

Les médias de service public, lorsqu’ils existent, restent relativement appréciés. Dans plusieurs pays comme la Serbie, la Slovaquie ou l’Italie, leur image est écornée par les assauts politiques. Il en va de même en France, où France Télévisions reste consultée de manière hebdomadaire par un tiers des Français. En parallèle, 22 % des interrogés déclarent l’impact du service public positif, et 31 % l’estiment négatifs.

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Les internautes s’informent plus via les plateformes que sur les sites et applications

Prière matinale de l'homme moderne
Les internautes s’informent plus via les plateformes que sur les sites et applications

La consommation d’information passe désormais plus fréquemment par les plateformes sociales et vidéo que par les sites web et applications des médias traditionnels, constate le Digital News Report 2026 du Reuters Institute.

Un sondage, effectué en janvier et février 2026, montre que pour la première fois, les réseaux sociaux et vidéos sont plus utilisés que les sites web et applications des chaînes de télévision et médias traditionnels pour s’informer à travers le monde. Les autrices et auteurs de ces informations continuent d’ailleurs d’évoluer : se tourner vers des influenceurs pour s’informer devient relativement normal, au point que les journalistes sont toujours plus nombreux à adopter les codes de l’influence en ligne.

Tels sont certains des constats dressés par le Digital News Report 2026 du Reuters Institute. Quinzième édition d’un travail attendu chaque année par les professionnels de l’information, le rapport s’appuie sur le sondage de 100 000 personnes interrogées à travers 48 pays (dont 2 011 en France). Parmi ses grandes conclusions, il constate aussi que les formats vidéo et l’intelligence artificielle générative gagnent des points d’usage en matière d’information.

Globalement, cela dit, la chute de confiance dans les médias traditionnels et les phénomènes d’évitement actif de tout ou partie de l’information continuent de s’étendre. En France, 29 % de la population interrogée se déclare ainsi confiante dans l’information, contre 37 % à l’échelle mondiale.

Usage des réseaux sociaux, des sites et applications de médias et de la télévision pour s’informer, par classe d’âge / Digital News Report 2026

Victoire de la vidéo en ligne

77 % de la population consomme de l’information vidéo en ligne chaque semaine. Dans 45 des 48 marchés étudiés, ils sont désormais plus nombreux à regarder des vidéos d’information de cette manière, plutôt que via les journaux télévisés. L’Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas sont les trois seuls pays où ces derniers résistent.

Au Royaume-Uni, la consommation d’information vidéo est désormais plus fréquente en ligne que via la télévision / Digital News Report 2026

Depuis la pandémie, l’évolution du recours aux plateformes sociales a vu celles qui proposent de la vidéo tirer leur épingle du jeu. Si Facebook reste la plateforme la plus citée (par 43 % du public) comme espace de consommation d’information, YouTube est déjà utilisé à ces fins par 34 % des sondés, Instagram par 26 % et TikTok par 20 %. Par ailleurs, plus du quart des interrogés indique regarder de la télé traditionnelle à la demande, via YouTube ou les smart TVs.

Proportion des répondants qui se sont informés en vidéo la semaine précédent l’enquête, dans le monde / Digital News Report 2026

Soutiens et gagnants de cette évolution, les créateurs et créatrices de contenus sont de plus en plus considérés comme des sources d’information, notamment parce qu’ils sont perçus comme plus simples à comprendre et plus divertissants que les médias traditionnels.

46 % des répondants indiquent ainsi s’informer auprès de créateurs et créatrices de tous types, et 27 % auprès de personnalités d’internet spécialisées dans l’information.

Cet intérêt est généralement cumulé avec celui de l’information traditionnelle : le public qui écoute des influenceurs le fait généralement en plus de consulter des médias. Pour les écouter, logiquement, il repose de plus en plus sur les plateformes sociales et vidéo, en particulier chez les plus jeunes.

Évolution des pratiques de consommation dans le monde, tous types de medium confondus / Digital News Report 2026

Extension du domaine de l’IA

Le recours aux chatbots d’IA s’étend, quoique de manière contrastée selon les régions. Globalement, 10 % des interrogés déclarent désormais y recourir pour s’informer, contre 7 % dans le Digital News Report de 2025. Cette évolution est tirée par les usages des plus jeunes : 16 % des moins de 35 ans déclarent recourir à l’IA dans un contexte d’information.

42 % des interrogés déclarent par ailleurs recourir à ces outils pour approfondir une information, notamment pour poser des questions supplémentaires. Si le recours global à ces technologies a doublé dans des pays où la plateformisation de l’information est déjà forte, comme la Corée du Sud (14 %), la Grèce (12 %) ou l’Espagne, leur usage est resté stable en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne.

Proportion des répondants qui ont utilisé des chatbots pour s’informer la semaine précédant l’enquête, par classe d’âge et par fréquence d’utilisation / Digital News Report 2026

La confiance dans la qualité des résultats fournis par des chatbots d’IA est par ailleurs tirée par l’usage : 44 % des répondants qui les utilisent se déclarent confiants dans les résultats fournis par les robots pour s’informer, tandis qu’ils ne sont plus que 17 % parmi les non-usagers.

Dans le détail, soulignons par ailleurs que ceux qui recourent à l’IA le font avant tout pour approfondir le sujet sur lequel ils s’informent – 42 % des répondants déclarent poser à leur chatbot une question sur une information qu’ils viennent d’apprendre –, tandis que plus d’un tiers y recourent pour obtenir les dernières informations (35 %), pour résumer un sujet d’actualité (34 %) ou pour trouver ou évaluer une source d’information (33 %).

Pour les médias, une conséquence évidente et déjà constatée sur la plupart des marchés est la perte de l’accès direct à leur public : entre 2024 et 2025, le trafic a dégringolé de 33 % en moyenne. Parmi la petite proportion de la population qui recourt à l’IA pour s’informer, seulement 4 % déclarent cliquer « souvent ou toujours » sur les liens sources, contre 17 % de ceux qui recourent aux réseaux sociaux pour s’informer, et 19 % de ceux qui recourent à une recherche en ligne.

La chute de la confiance dans l’information se poursuit

En parallèle de ces phénomènes, la chute de la confiance dans l’information se poursuit. D’après le Reuters Institute, sous l’effet de la plateformisation accentuée, et alors que le public continue de plébisciter une recherche d’impartialité dans l’information et d’accorder moins de crédit aux créateurs de contenu qu’aux médias traditionnels, cette confiance devrait continuer de chuter dans les années à venir.

Partout dans le monde, cela se traduit aussi par un désintérêt pour l’information. En France, qui fait partie des pays où la chute est la plus évidente, la part de la population qui se déclare « très » ou « extrêmement » intéressée par l’actualité est passée de 58 % en 2015 à 26 % des répondants en 2026.

Seulement 12 % des lecteurs français payent aussi leur information, en revanche, ils ont en moyenne deux abonnements. Une rareté, qu’on retrouve aussi en Pologne, en Australie et aux États-Unis.

Les médias de service public, lorsqu’ils existent, restent relativement appréciés. Dans plusieurs pays comme la Serbie, la Slovaquie ou l’Italie, leur image est écornée par les assauts politiques. Il en va de même en France, où France Télévisions reste consultée de manière hebdomadaire par un tiers des Français. En parallèle, 22 % des interrogés déclarent l’impact du service public positif, et 31 % l’estiment négatifs.

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Baccalauréat : ce que l’IA chamboule… ou pas

Vous avez quatre heures
Baccalauréat : ce que l’IA chamboule… ou pas

Alors que les épreuves de baccalauréat des filières générales commencent ce lundi, Next explore les enjeux que soulève le déploiement de l’intelligence artificielle autour des examens.

« La technique peut-elle être mauvaise ? » Tel est l’un des sujets de dissertation proposés aux bacheliers de séries technologiques en ce mois de juin 2026. Ce 15 juin, ceux des filières générales pourront aussi plancher sur la question « Avons-nous la maîtrise de nos paroles ? », derrière laquelle on pourrait décider d’évoquer la deuxième vie de nos propos publiés en ligne, lorsqu’ils atterrissent dans les données d’entraînement des modèles génératifs.

Mais quid, justement, de l’IA générative ? Dans quelle mesure chamboule-t-elle le passage des épreuves dites « terminales » des lycéennes et lycéens en fin de secondaire ? Des révisions aux corrections en passant par la triche, la plupart des questionnements restent grand ouverts.

De l’IA utilisée par « flemme » ou pour s’aider à comprendre

Alors que 85 % des 18 - 24 ans ont déjà recouru à l’IA générative, d’après le baromètre du numérique de l’Arcep et l’Arcom, avant même d’arriver devant les tables d’examen, nul doute que ce type d’outil s’insère jusque dans les pratiques de révision. Auprès du Midi Libre, des lycéennes expliquent y recourir pour s’aider, mais aussi… par « flemme ». Ainsi d’Alix, qui déclare l’utiliser « dès que je n’ai plus envie de réfléchir. Ou que je ne comprends rien. »


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Élections municipales 2026 : des ingérences numériques pro-russes, anti-LFI et putaclics

Islamiste ET israélien
Élections municipales 2026 : des ingérences numériques pro-russes, anti-LFI et putaclics

Les dernières élections municipales ont fait l’objet de quatre ingérences numériques étrangères. Si leurs portées sont restées « très limitées », elles révèlent de nouveaux modus operandi. VIGINUM offre par ailleurs un satisfecit à Google, Meta et Microsoft, qui ont désactivé près de 200 pages, comptes et sites web inauthentiques. X a par contre boudé l’Arcom.

« Depuis l’élection présidentielle de 2017 en France, aucun rendez-vous électoral ou référendaire majeur n’a été épargné par des tentatives de manipulations de l’information impliquant des acteurs étrangers », relève le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères (VIGINUM) du Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) dans son rapport public sur les élections municipales :

« Dernier grand processus électoral au suffrage universel direct planifié avant l’élection présidentielle de 2027, les élections municipales étaient ainsi susceptibles de constituer une cible de premier plan pour les compétiteurs stratégiques de la France. »

Ce pourquoi, et en se fondant sur l’expérience de pays partenaires, un dispositif national renforcé de protection des élections face aux ingérences numériques étrangères (INE) a été mis en place pour les élections municipales des 15 et 22 mars 2026, avec la création du réseau de coordination et de protection des élections (RCPE), constitué de l’Arcom, de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), du secrétariat général du Gouvernement (SGG), du ministère de l’Intérieur et de VIGINUM.

Dans son rapport, le service dit constater « l’essor d’une économie de l’ingérence » avec, d’une part, l’émergence d’acteurs commercialisant des « services d’intermédiation » pour mener des ingérences numériques étrangères, et d’autre part, la multiplication d’INE à but lucratif « diffusant des contenus présentés de façon sensationnaliste, afin de susciter de l’engagement et in fine générer des revenus ».

Elle relève par ailleurs une « clandestinisation croissante » des opérations d’INE, avec des acteurs cherchant à dissimuler leurs actions par l’utilisation de tactiques, techniques et procédures (TTP) diversifiées pour créer des écosystèmes plus complexes et mieux anonymisés.

Une centaine de noms de domaine en « .fr » imitant des sites d’infos locaux

VIGINUM n’en a pas moins détecté et caractérisé quatre ingérences numériques étrangères ciblant spécifiquement les élections municipales 2026, dont deux émanant de modes opératoires informationnels (MOI) pro-russes ayant déjà mené des activités malveillantes contre la France dans le passé, et deux nouveaux MOI.

VIGINUM définit les MOI comme « un ensemble de comportements, d’outils, de tactiques, techniques et procédures (TTP) et de ressources adverses présumés liés au même acteur malveillant ou groupe d’acteurs malveillants ».

Attribué à l’unité 29155 du service de renseignement militaire russe (GRU) avec l’appui du Centre d’expertise géopolitique, officine d’influence moscovite, Storm-1516 est qualifié de MOI « particulièrement persistant et évolutif ».

VIGINUM lui impute en effet 205 opérations informationnelles depuis août 2023, développées au moyen du MOI CopyCop, attribué en source ouverte à l’ancien policier américain exilé en Russie, John Mark DOUGAN.

La première opération informationnelle en lien avec les municipales, lancée dès février 2025, a consisté en l’enregistrement de plus d’une centaine de noms de domaine en « .fr » imitant des sites de presse locaux et alimentés par des articles de presse reformulés par des outils d’intelligence artificielle générative.

Nous les avions d’ailleurs rajoutés dans notre base de données de sites d’infos GenAI, qui en recense désormais près de 14 800.

Cette campagne n’a toutefois « pas eu d’effet significatif », relève VIGINUM, la plupart des noms de domaine ayant été suspendus par l’Association Française pour le Nommage Internet en Coopération (Afnic) à l’issue d’une procédure de vérification d’identité des titulaires.

De faux reportages usurpant l’identité de plusieurs médias


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Les joueurs de Pokémon GO ont-ils entraîné une IA utilisée par l’armée américaine ?

Pikachu s'en va-t-en guerre
Les joueurs de Pokémon GO ont-ils entraîné une IA utilisée par l’armée américaine ?

Les joueurs de Pokémon Go ont-ils contribué à l’effort de guerre américain ? Les données collectées via l’application auraient en effet servi à entraîner un système de navigation désormais proposé à des acteurs du secteur militaire états-uniens. Niantic Spatial dément.

De prime abord, il n’y a rien de plus innocent que Pokémon GO. L’application, lancée en 2016 et toujours très populaire, offre de capturer les petites bestioles de Nintendo dans le monde réel. Développé par Niantic, une entreprise issue de Google, le jeu propose notamment aux joueurs de scanner leur environnement dans le cadre de « missions » pour gagner de petites récompenses : il faut filmer un monument, une statue, une fontaine, un point d’intérêt en tournant autour.

Les joueurs de Pokémon GO donnent un coup de main à l’armée US

Les vidéos parviennent ensuite à Niantic, qui créé une représentation 3D du lieu. Toute cette cartographie en réalité augmentée est un moyen d’améliorer « l’expérience » du jeu et surtout, de construire une carte 3D du monde. Les joueurs ont réalisé plus de 30 milliards de scans AR de lieux réels, qui ont contribué à l’entraînement des modèles spatiaux de Niantic Spatial – la branche dédiée à la géolocalisation et à la visualisation spatiale.

Ce système de positionnement visuel (VPS) de Niantic Spatial, une alternative aux satellites GPS, est au cœur d’une controverse. En fin d’année dernière, Niantic Spatial annonçait un accord avec la société Vantor, pour travailler sur la navigation dans des environnements où le GPS est brouillé, perturbé ou indisponible. L’idée était de combiner les données de Niantic Spatial prises sur le terrain avec les données aériennes de Vantor, pour développer un système de positionnement permettant à des drones et autres appareils de se localiser, en l’absence de données GPS.

Or, comme l’a relevé le site Trouw, Vantor compte parmi ses clients des agences gouvernementales américaines, dont des organismes de sécurité nationale comme la NGA (National Geospatial-Intelligence Agency) et l’armée US. L’entreprise se présente elle-même comme un acteur dans les secteurs de la défense et du renseignement.

D’ici à penser que les scans AR des joueurs de Pokémon Go ont servi à piloter des drones militaires, il n’y a qu’un pas, que l’article de Trouw ne franchit pas. Néanmoins, il peut exister une suspicion chez certains, ce d’autant qu’il existe une continuité technologique plausible.

Zones d’ombre dans le VPS

Niantic a vendu en mars 2025 sa branche jeux vidéo à Scopely, propriété du géant saoudien Savvy Games, qui a mis la main sur le gisement de données relatives aux utilisateurs de l’app. Niantic a conservé ses activités de cartographie et d’intelligence spatiale au sein d’une nouvelle société indépendante, Niantic Spatial. Elle est notamment propriétaire des modèles de navigation développés à partir des scans réalisés par les joueurs.

Interrogée par Kotaku, Niantic Spatial a tenu à faire la part des choses. « Depuis son intégration à Scopely, les données de Pokémon GO ne sont plus partagées avec Niantic Spatial », assure un porte-parole qui rappelle que les scans AR ont été fournis volontairement par les joueurs ayant choisi d’activer cette fonction. On pourrait toutefois rétorquer qu’en acceptant les conditions d’utilisation du jeu, les utilisateurs n’imaginaient sans doute pas à quoi ces données allaient servir.

L’entreprise explique que « l’arrêt de la collecte de scans AR et la fin du partage de données avec Niantic Spatial faisaient partie du plan de transition mis en place lors du transfert de Pokémon GO à Scopely. » De son côté, Vantor précise que les données de Pokémon GO ne sont pas utilisées dans le cadre de son partenariat avec Niantic Spatial. L’entreprise refuse toutefois de préciser si les modèles qu’elle exploite aujourd’hui ont été entraînés à partir de ces données dans le passé.

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De prime abord, il n’y a rien de plus innocent que Pokémon GO. L’application, lancée en 2016 et toujours très populaire, offre de capturer les petites bestioles de Nintendo dans le monde réel. Développé par Niantic, une entreprise issue de Google, le jeu propose notamment aux joueurs de scanner leur environnement dans le cadre de « missions » pour gagner de petites récompenses : il faut filmer un monument, une statue, une fontaine, un point d’intérêt en tournant autour.

Les joueurs de Pokémon GO donnent un coup de main à l’armée US

Les vidéos parviennent ensuite à Niantic, qui créé une représentation 3D du lieu. Toute cette cartographie en réalité augmentée est un moyen d’améliorer « l’expérience » du jeu et surtout, de construire une carte 3D du monde. Les joueurs ont réalisé plus de 30 milliards de scans AR de lieux réels, qui ont contribué à l’entraînement des modèles spatiaux de Niantic Spatial – la branche dédiée à la géolocalisation et à la visualisation spatiale.

Ce système de positionnement visuel (VPS) de Niantic Spatial, une alternative aux satellites GPS, est au cœur d’une controverse. En fin d’année dernière, Niantic Spatial annonçait un accord avec la société Vantor, pour travailler sur la navigation dans des environnements où le GPS est brouillé, perturbé ou indisponible. L’idée était de combiner les données de Niantic Spatial prises sur le terrain avec les données aériennes de Vantor, pour développer un système de positionnement permettant à des drones et autres appareils de se localiser, en l’absence de données GPS.

Or, comme l’a relevé le site Trouw, Vantor compte parmi ses clients des agences gouvernementales américaines, dont des organismes de sécurité nationale comme la NGA (National Geospatial-Intelligence Agency) et l’armée US. L’entreprise se présente elle-même comme un acteur dans les secteurs de la défense et du renseignement.

D’ici à penser que les scans AR des joueurs de Pokémon Go ont servi à piloter des drones militaires, il n’y a qu’un pas, que l’article de Trouw ne franchit pas. Néanmoins, il peut exister une suspicion chez certains, ce d’autant qu’il existe une continuité technologique plausible.

Zones d’ombre dans le VPS

Niantic a vendu en mars 2025 sa branche jeux vidéo à Scopely, propriété du géant saoudien Savvy Games, qui a mis la main sur le gisement de données relatives aux utilisateurs de l’app. Niantic a conservé ses activités de cartographie et d’intelligence spatiale au sein d’une nouvelle société indépendante, Niantic Spatial. Elle est notamment propriétaire des modèles de navigation développés à partir des scans réalisés par les joueurs.

Interrogée par Kotaku, Niantic Spatial a tenu à faire la part des choses. « Depuis son intégration à Scopely, les données de Pokémon GO ne sont plus partagées avec Niantic Spatial », assure un porte-parole qui rappelle que les scans AR ont été fournis volontairement par les joueurs ayant choisi d’activer cette fonction. On pourrait toutefois rétorquer qu’en acceptant les conditions d’utilisation du jeu, les utilisateurs n’imaginaient sans doute pas à quoi ces données allaient servir.

L’entreprise explique que « l’arrêt de la collecte de scans AR et la fin du partage de données avec Niantic Spatial faisaient partie du plan de transition mis en place lors du transfert de Pokémon GO à Scopely. » De son côté, Vantor précise que les données de Pokémon GO ne sont pas utilisées dans le cadre de son partenariat avec Niantic Spatial. L’entreprise refuse toutefois de préciser si les modèles qu’elle exploite aujourd’hui ont été entraînés à partir de ces données dans le passé.

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Simplification, sécurisation, souveraineté : la DINUM affirme son rôle de chef d’orchestre

La Cour des comptes ? Je connais pas
Simplification, sécurisation, souveraineté : la DINUM affirme son rôle de chef d’orchestre

Avec la montée en puissance des services d’authentification FranceConnect et ProConnect et de la Suite numérique, la DINUM revendique, de nouveau en 2025, son rôle de « chef d’orchestre » de numérique de l’État.

Si en 2024 la Cour des comptes avait critiqué la stratégie de la Direction interministérielle du numérique (DINUM) ainsi que sa feuille de route présentée en 2023, le service rattaché au Premier ministre assume avoir continué, en 2025, dans la même direction.

La Suite Numérique, fer de lance de la DINUM

Dans le rapport d’activité 2025 de la DINUM, la directrice interministérielle du numérique, Stéphanie Schaer, résume : « L’année a principalement été dédiée à la poursuite de la mise en œuvre de la stratégie numérique de l’État et de la feuille de route pour la DINUM, officiellement lancées en juin 2023 après un travail de concertation, en consolidant notamment une offre de produits numériques souverains pour les usages collaboratifs, à l’image de LaSuite ».

Il faut dire que cette dernière a obtenu le soutien du gouvernement. En janvier, le ministre de la Fonction publique, David Amiel, annonçait la généralisation de l’utilisation de l’outil Visio de La Suite numérique. Dans son rapport, la DINUM note « une accélération notable en 2025 » de l’adoption des services de la Suite numérique en général. Ainsi, le service interministériel souligne que sa solution de partage et stockage de documents Resana a franchi «le seuil des 450 000 comptes, tandis que la messagerie Tchap rassemble désormais 368 000 utilisateurs mensuels actifs ».

Celle-ci est d’ailleurs devenue une cible pour les pirates : la DINUM a admis récemment l’usurpation d’un compte utilisateur sans pour autant confirmer l’exfiltration de données revendiquées sur un forum dédié.

FranceConnect et ProConnect massivement utilisés

Justement, en ce qui concerne la sécurité, la DINUM met en avant FranceConnect et ProConnect. Ces solutions SSO, basées sur le protocole OpenID Connect et dont le code est sous licence MIT, sont vues par le service interministériel comme « les piliers de la confiance et de la simplification numérique ».

Concernant le premier, la DINUM souligne qu’il a permis « de certifier, avec une rigueur inédite, la fiabilité de la pétition la plus soutenue de l’histoire institutionnelle française », se gardant de nommer le texte contre la loi Duplomb signé par plus de 2 millions de personnes. Plus largement, FranceConnect a maintenant atteint 44,5 millions d’utilisateurs et a « un volume record de 500 millions de connexions (+ 20 %) » en 2025. Un deuxième facteur d’authentification par mail est en train d’être généralisé, déployé l’année dernière sur le portail impots.gouv.fr après l’avoir été sur Ameli et MSA. Concernant ProConnect, il devient l’identifiant de référence pour les agents du service public avec 930 000 connexions mensuelles.

Comme nous l’expliquions récemment, un point important pêche dans le numérique public : son accessibilité. Dans le rapport, la DINUM semble se satisfaire d’une « accélération obtenue » concernant ce sujet en soulignant que « 49 % des démarches essentielles atteignent un taux de conformité supérieur à 75 % » selon les résultats de l’Observatoire « Vos démarches essentielles » de juillet 2025. Et elle ajoute que « la satisfaction des usagers progresse également, avec 35 % des services atteignant la note cible de 8/10 », ce qui laisse encore de la marge. D’autant que, comme la DINUM le souligne elle-même, le Comité interministériel du handicap (CIH) de mars 2025 demandait aux ministères de rendre 50 % de leurs démarches essentielles à la fin 2025 avec un objectif de mise en conformité totale en 2026.

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Simplification, sécurisation, souveraineté : la DINUM affirme son rôle de chef d’orchestre

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Avec la montée en puissance des services d’authentification FranceConnect et ProConnect et de la Suite numérique, la DINUM revendique, de nouveau en 2025, son rôle de « chef d’orchestre » de numérique de l’État.

Si en 2024 la Cour des comptes avait critiqué la stratégie de la Direction interministérielle du numérique (DINUM) ainsi que sa feuille de route présentée en 2023, le service rattaché au Premier ministre assume avoir continué, en 2025, dans la même direction.

La Suite Numérique, fer de lance de la DINUM

Dans le rapport d’activité 2025 de la DINUM, la directrice interministérielle du numérique, Stéphanie Schaer, résume : « L’année a principalement été dédiée à la poursuite de la mise en œuvre de la stratégie numérique de l’État et de la feuille de route pour la DINUM, officiellement lancées en juin 2023 après un travail de concertation, en consolidant notamment une offre de produits numériques souverains pour les usages collaboratifs, à l’image de LaSuite ».

Il faut dire que cette dernière a obtenu le soutien du gouvernement. En janvier, le ministre de la Fonction publique, David Amiel, annonçait la généralisation de l’utilisation de l’outil Visio de La Suite numérique. Dans son rapport, la DINUM note « une accélération notable en 2025 » de l’adoption des services de la Suite numérique en général. Ainsi, le service interministériel souligne que sa solution de partage et stockage de documents Resana a franchi «le seuil des 450 000 comptes, tandis que la messagerie Tchap rassemble désormais 368 000 utilisateurs mensuels actifs ».

Celle-ci est d’ailleurs devenue une cible pour les pirates : la DINUM a admis récemment l’usurpation d’un compte utilisateur sans pour autant confirmer l’exfiltration de données revendiquées sur un forum dédié.

FranceConnect et ProConnect massivement utilisés

Justement, en ce qui concerne la sécurité, la DINUM met en avant FranceConnect et ProConnect. Ces solutions SSO, basées sur le protocole OpenID Connect et dont le code est sous licence MIT, sont vues par le service interministériel comme « les piliers de la confiance et de la simplification numérique ».

Concernant le premier, la DINUM souligne qu’il a permis « de certifier, avec une rigueur inédite, la fiabilité de la pétition la plus soutenue de l’histoire institutionnelle française », se gardant de nommer le texte contre la loi Duplomb signé par plus de 2 millions de personnes. Plus largement, FranceConnect a maintenant atteint 44,5 millions d’utilisateurs et a « un volume record de 500 millions de connexions (+ 20 %) » en 2025. Un deuxième facteur d’authentification par mail est en train d’être généralisé, déployé l’année dernière sur le portail impots.gouv.fr après l’avoir été sur Ameli et MSA. Concernant ProConnect, il devient l’identifiant de référence pour les agents du service public avec 930 000 connexions mensuelles.

Comme nous l’expliquions récemment, un point important pêche dans le numérique public : son accessibilité. Dans le rapport, la DINUM semble se satisfaire d’une « accélération obtenue » concernant ce sujet en soulignant que « 49 % des démarches essentielles atteignent un taux de conformité supérieur à 75 % » selon les résultats de l’Observatoire « Vos démarches essentielles » de juillet 2025. Et elle ajoute que « la satisfaction des usagers progresse également, avec 35 % des services atteignant la note cible de 8/10 », ce qui laisse encore de la marge. D’autant que, comme la DINUM le souligne elle-même, le Comité interministériel du handicap (CIH) de mars 2025 demandait aux ministères de rendre 50 % de leurs démarches essentielles à la fin 2025 avec un objectif de mise en conformité totale en 2026.

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Proton dans la tourmente après avoir financé une publicité chez un vidéaste d’extrême-droite

« We rely on your feedback »
Proton dans la tourmente après avoir financé une publicité chez un vidéaste d’extrême-droite

Pris à parti pour avoir financé un clip publicitaire dans la vidéo d’un influenceur d’extrême-droite, Proton s’excuse et indique chercher la neutralité.

Proton qui diffuse ses publicités sur la chaîne d’un youtubeur d’extrême-droite ? C’est le scénario qui a surpris plus d’un internaute, ces derniers jours.

Alors que la société suisse est régulièrement citée comme alternative européenne et chiffrée à la plupart des grandes suites de mail et services logiciels états-uniens, voilà qu’elle s’offre une coupure publicitaire de deux minutes vingt dans une vidéo du « réinformateur » Vincent Lapierre.

Interpellée sur Reddit, LinkedIn et ailleurs en ligne, l’entreprise a présenté ce 8 juin ses excuses au public. D’après Vincent Lapierre, elle a mis fin au partenariat qu’elle avait conclu avec lui pour une seule vidéo.

Une publicité chez un ancien soralien

Fort de 672 000 abonnés sur YouTube, 216 000 sur Instagram et 185 000 sur TikTok, ce dernier a travaillé au mitan des années 2010 pour l’association Égalité et Réconciliation fondée par Alain Soral. Pendant trois ans, il réalise reportages et vidéos pour le site d’extrême-droite, avant de cofonder, en 2018, le Média pour tous, sur lequel il continue de cultiver des obsessions classiques de sa famille politique, sur un ton conspirationniste.

Autant dire que pour les internautes qui voyaient en Proton un fournisseur de service numérique alternatif aux Microsoft et Google états-unien, tout en y plaçant des espoirs politiques de résistance au projet autoritaire de Donald Trump, la pilule passe difficilement. Sur Reddit, plusieurs fils de discussion sont ouverts, dont l’un, dans le subreddit r/ProtonMail, dépasse désormais les 4 000 upvotes et le millier de commentaires.

Ce 8 juin, le vidéaste indique sur X que la société a « choisi de mettre fin à son partenariat […] à la suite d’une campagne menée par des militants qui contestent mon travail et mes prises de position ». Il critique ensuite une campagne « d’extrême-gauche ».

Une entreprise qui cherche la neutralité

« Proton soutient la liberté d’opinion, mais Proton lui-même doit rester neutre, lui répond le PDG de Proton Andy Yen. Nous défendons et protégeons les utilisateurs de tous bords politiques, mais les partenariats exigent une forme de neutralité. Celui-ci n’aurait pas dû passer notre processus de vérification, indépendamment des campagnes publiques. »

Plus loin, il répète à plusieurs reprises que la société ne souhaite pas prendre part au débat politique français. À ce titre, elle ne peut nouer de partenariat « ni avec des figures de la gauche politique, ni de la droite politique, qui pourrait diviser notre communauté ».

Sur LinkedIn, son responsable des politiques publiques Romain Digneaux l’admet : « Nous avons clairement failli à respecter nos propres standards en matière de vérification du profil de M. Lapierre, et ce partenariat n’aurait jamais dû avoir lieu. » Au nom de l’entreprise, il déclare que Proton présente ses « plus sincères excuses aux personnes qui ont été (légitimement) choquées de voir Proton associée à des valeurs qui ne sont pas les [siennes] » et travailler « en interne à ce que ce genre d’erreur ne se reproduise plus ».

Deux messages qui correspondent en tout point à la réponse officielle publiée par la « Proton_team » sur Reddit, et vers lequel ses équipes redirigent Next lorsque nous tentons d’obtenir plus d’information. Elle y indique que la chaîne de Vincent Lapierre n’aurait « jamais dû faire partie de nos programmes d’affiliation ou de partenariat, car nous évitons expressément les associations avec des chaînes dont le contenu pourrait détourner de notre message et diviser notre communauté ».

Capture d’écran de la réponse de l’équipe de Proton sur Reddit (r/ProtonMail)

Alors que des internautes demandent à l’entreprise de publier un « post-mortem », c’est-à-dire un retour d’expérience « similaire à ce que fait la communauté de la cybersécurité en cas de fuite ou de hack », pour reprendre les mots du compte Reddit @ThinandFeminine, celle-ci indique : « Proton opère à échelle mondiale, et si nos services sont disponibles pour tout le monde sans considération des opinions politiques, et que notre mission est cohérente partout, notre connaissance de chaque paysage médiatique ne l’est pas. Dans ce cas, notre équipe n’avait pas suffisamment de contexte sur le paysage français pour prendre une décision bien informée, et c’est une erreur de notre part. »

Forte de plus de 100 millions d’utilisateurs et d’environ 650 salariés, portée par la politique trumpiste qui motive de plus en plus d’Européens à chercher des services numériques alternatifs, ce n’est pas la première fois que l’entreprise se retrouve prise à partie. En 2021, alors qu’elle avait fourni l’adresse IP d’un internaute à la police française, l’entreprise avait expliqué se plier aux décisions de la Justice suisse. En l’occurrence, cette dernière avait décidé d’accéder à une requête d’Europol, donc, en remontant le fil, aux forces de l’ordre hexagonales.

En 2024, dans une autre affaire, la police espagnole avait réussi à identifier un activiste sous pseudonyme, notamment parce que celui-ci avait fourni à la société une adresse de récupération. Proton avait indiqué ne pas exiger ce type d’information, « mais dans ce cas, le terroriste présumé en [avait] ajouté une de son propre chef », qu’elle avait donc pu transmettre.

En février 2025, alors qu’il commentait l’ouverture d’enquête antitrust contre plusieurs géants numériques par la première administration Trump, Andy Yen avait par ailleurs été pris à partie sur les réseaux sociaux et accusé de se soumettre au président des États-Unis. S’il énonçait un fait, il avait à l’époque indiqué, sur Reddit, que sa publication pouvait être perçue comme un positionnement politique et qu’il se montrerait plus prudent dans le futur.

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Proton dans la tourmente après avoir financé une publicité chez un vidéaste d’extrême-droite

« We rely on your feedback »
Proton dans la tourmente après avoir financé une publicité chez un vidéaste d’extrême-droite

Pris à parti pour avoir financé un clip publicitaire dans la vidéo d’un influenceur d’extrême-droite, Proton s’excuse et indique chercher la neutralité.

Proton qui diffuse ses publicités sur la chaîne d’un youtubeur d’extrême-droite ? C’est le scénario qui a surpris plus d’un internaute, ces derniers jours.

Alors que la société suisse est régulièrement citée comme alternative européenne et chiffrée à la plupart des grandes suites de mail et services logiciels états-uniens, voilà qu’elle s’offre une coupure publicitaire de deux minutes vingt dans une vidéo du « réinformateur » Vincent Lapierre.

Interpellée sur Reddit, LinkedIn et ailleurs en ligne, l’entreprise a présenté ce 8 juin ses excuses au public. D’après Vincent Lapierre, elle a mis fin au partenariat qu’elle avait conclu avec lui pour une seule vidéo.

Une publicité chez un ancien soralien

Fort de 672 000 abonnés sur YouTube, 216 000 sur Instagram et 185 000 sur TikTok, ce dernier a travaillé au mitan des années 2010 pour l’association Égalité et Réconciliation fondée par Alain Soral. Pendant trois ans, il réalise reportages et vidéos pour le site d’extrême-droite, avant de cofonder, en 2018, le Média pour tous, sur lequel il continue de cultiver des obsessions classiques de sa famille politique, sur un ton conspirationniste.

Autant dire que pour les internautes qui voyaient en Proton un fournisseur de service numérique alternatif aux Microsoft et Google états-unien, tout en y plaçant des espoirs politiques de résistance au projet autoritaire de Donald Trump, la pilule passe difficilement. Sur Reddit, plusieurs fils de discussion sont ouverts, dont l’un, dans le subreddit r/ProtonMail, dépasse désormais les 4 000 upvotes et le millier de commentaires.

Ce 8 juin, le vidéaste indique sur X que la société a « choisi de mettre fin à son partenariat […] à la suite d’une campagne menée par des militants qui contestent mon travail et mes prises de position ». Il critique ensuite une campagne « d’extrême-gauche ».

Une entreprise qui cherche la neutralité

« Proton soutient la liberté d’opinion, mais Proton lui-même doit rester neutre, lui répond le PDG de Proton Andy Yen. Nous défendons et protégeons les utilisateurs de tous bords politiques, mais les partenariats exigent une forme de neutralité. Celui-ci n’aurait pas dû passer notre processus de vérification, indépendamment des campagnes publiques. »

Plus loin, il répète à plusieurs reprises que la société ne souhaite pas prendre part au débat politique français. À ce titre, elle ne peut nouer de partenariat « ni avec des figures de la gauche politique, ni de la droite politique, qui pourrait diviser notre communauté ».

Sur LinkedIn, son responsable des politiques publiques Romain Digneaux l’admet : « Nous avons clairement failli à respecter nos propres standards en matière de vérification du profil de M. Lapierre, et ce partenariat n’aurait jamais dû avoir lieu. » Au nom de l’entreprise, il déclare que Proton présente ses « plus sincères excuses aux personnes qui ont été (légitimement) choquées de voir Proton associée à des valeurs qui ne sont pas les [siennes] » et travailler « en interne à ce que ce genre d’erreur ne se reproduise plus ».

Deux messages qui correspondent en tout point à la réponse officielle publiée par la « Proton_team » sur Reddit, et vers lequel ses équipes redirigent Next lorsque nous tentons d’obtenir plus d’information. Elle y indique que la chaîne de Vincent Lapierre n’aurait « jamais dû faire partie de nos programmes d’affiliation ou de partenariat, car nous évitons expressément les associations avec des chaînes dont le contenu pourrait détourner de notre message et diviser notre communauté ».

Capture d’écran de la réponse de l’équipe de Proton sur Reddit (r/ProtonMail)

Alors que des internautes demandent à l’entreprise de publier un « post-mortem », c’est-à-dire un retour d’expérience « similaire à ce que fait la communauté de la cybersécurité en cas de fuite ou de hack », pour reprendre les mots du compte Reddit @ThinandFeminine, celle-ci indique : « Proton opère à échelle mondiale, et si nos services sont disponibles pour tout le monde sans considération des opinions politiques, et que notre mission est cohérente partout, notre connaissance de chaque paysage médiatique ne l’est pas. Dans ce cas, notre équipe n’avait pas suffisamment de contexte sur le paysage français pour prendre une décision bien informée, et c’est une erreur de notre part. »

Forte de plus de 100 millions d’utilisateurs et d’environ 650 salariés, portée par la politique trumpiste qui motive de plus en plus d’Européens à chercher des services numériques alternatifs, ce n’est pas la première fois que l’entreprise se retrouve prise à partie. En 2021, alors qu’elle avait fourni l’adresse IP d’un internaute à la police française, l’entreprise avait expliqué se plier aux décisions de la Justice suisse. En l’occurrence, cette dernière avait décidé d’accéder à une requête d’Europol, donc, en remontant le fil, aux forces de l’ordre hexagonales.

En 2024, dans une autre affaire, la police espagnole avait réussi à identifier un activiste sous pseudonyme, notamment parce que celui-ci avait fourni à la société une adresse de récupération. Proton avait indiqué ne pas exiger ce type d’information, « mais dans ce cas, le terroriste présumé en [avait] ajouté une de son propre chef », qu’elle avait donc pu transmettre.

En février 2025, alors qu’il commentait l’ouverture d’enquête antitrust contre plusieurs géants numériques par la première administration Trump, Andy Yen avait par ailleurs été pris à partie sur les réseaux sociaux et accusé de se soumettre au président des États-Unis. S’il énonçait un fait, il avait à l’époque indiqué, sur Reddit, que sa publication pouvait être perçue comme un positionnement politique et qu’il se montrerait plus prudent dans le futur.

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☕️ [màj] Londres veut empêcher les mineurs d’échanger des photos intimes



Apple et Google sont sommés par le gouvernement britannique de renforcer les mesures de protection pour les enfants. Les utilisateurs de moins de 18 ans de smartphones et d’autres appareils des constructeurs et éditeurs de systèmes d’exploitation ne devraient pas pouvoir accéder ni envoyer d’images intimes ou affichant de la nudité, a exigé le Premier ministre Keir Starmer.

« Ce n’est pas un problème impossible à résoudre », a déclaré Keir Starmer à l’occasion de la London Tech Week. « [Apple et Google font partie des] entreprises les plus innovantes au monde et je suis convaincu qu’elles peuvent trouver une solution ». Une solution… comme celle mise en place par Apple fin 2021 ?

Pour les comptes des mineurs, le constructeur de Cupertino floute en effet les images et les vidéos contenant de la nudité transmises par l’app Messages, via AirDrop, dans les messages vidéo de FaceTime ou encore dans le sélecteur de photos. La fonction est activée par défaut sur les comptes enfants, elle s’accompagne de ressources et de messages de prévention. Des protections similaires sont mises en place pour les envois de photos dénudées.

La fonction « Sécurité des communications » d’Apple floute les photos de nus pour les comptes enfants.

Google a indiqué à la BBC que l’entreprise était « profondément engagée sur la protection des enfants en ligne ». Le géant du web travaille avec ses partenaires britanniques « afin de trouver des solutions efficaces et respectueuses de la vie privée pour limiter la diffusion de contenus nuisibles, tout en garantissant un environnement numérique sûr pour les jeunes. »

Tout cela suffira-t-il à rassurer Londres ? Manifestement, le gouvernement cherche davantage que de beaux discours : une législation pourrait être mise en œuvre pour contraindre les entreprises à activer des fonctions de protection des enfants, si elles ne s’y conformaient pas volontairement dans un délai de trois mois. Ces mesures incluraient des sanctions financières, et pourraient même aller jusqu’à engager la responsabilité pénale des entreprises récalcitrantes.

Le Premier ministre a également précisé que ces fonctionnalités devront s’appliquer sur les nouveaux smartphones et tablettes, mais aussi les appareils en circulation. Le Royaume-Uni impose déjà aux plateformes en ligne une vérification de l’âge, via l’Online Safety Act, pour les sites pornos (ça ne marche pas très bien), les réseaux sociaux, les apps de messagerie, ou encore les forums et communautés en ligne.

Mise à jour : Signal s’oppose au projet du gouvernement anglais. Le cocktail de mesures exigées par Londres — scan du contenu des appareils, vérification de l’âge — au nom de la protection des enfants risque de se transformer en outil de surveillance généralisée, selon la messagerie. « [Ces dispositifs] seront étendus, devenant un outil dangereux qui sera utilisé au Royaume-Uni comme à l’étranger pour censurer et surveiller tout ce qu’ils pourraient considérer comme des « menaces » ou des « contenus préjudiciables » », s’alarme Signal.

Plutôt que de financer le système éducatif et les services publics, Londres voudrait une infrastructure de surveillance invisible, activée par défaut et « transformée en loi sous des prétextes cyniques ».

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☕️ [màj] Londres veut empêcher les mineurs d’échanger des photos intimes



Apple et Google sont sommés par le gouvernement britannique de renforcer les mesures de protection pour les enfants. Les utilisateurs de moins de 18 ans de smartphones et d’autres appareils des constructeurs et éditeurs de systèmes d’exploitation ne devraient pas pouvoir accéder ni envoyer d’images intimes ou affichant de la nudité, a exigé le Premier ministre Keir Starmer.

« Ce n’est pas un problème impossible à résoudre », a déclaré Keir Starmer à l’occasion de la London Tech Week. « [Apple et Google font partie des] entreprises les plus innovantes au monde et je suis convaincu qu’elles peuvent trouver une solution ». Une solution… comme celle mise en place par Apple fin 2021 ?

Pour les comptes des mineurs, le constructeur de Cupertino floute en effet les images et les vidéos contenant de la nudité transmises par l’app Messages, via AirDrop, dans les messages vidéo de FaceTime ou encore dans le sélecteur de photos. La fonction est activée par défaut sur les comptes enfants, elle s’accompagne de ressources et de messages de prévention. Des protections similaires sont mises en place pour les envois de photos dénudées.

La fonction « Sécurité des communications » d’Apple floute les photos de nus pour les comptes enfants.

Google a indiqué à la BBC que l’entreprise était « profondément engagée sur la protection des enfants en ligne ». Le géant du web travaille avec ses partenaires britanniques « afin de trouver des solutions efficaces et respectueuses de la vie privée pour limiter la diffusion de contenus nuisibles, tout en garantissant un environnement numérique sûr pour les jeunes. »

Tout cela suffira-t-il à rassurer Londres ? Manifestement, le gouvernement cherche davantage que de beaux discours : une législation pourrait être mise en œuvre pour contraindre les entreprises à activer des fonctions de protection des enfants, si elles ne s’y conformaient pas volontairement dans un délai de trois mois. Ces mesures incluraient des sanctions financières, et pourraient même aller jusqu’à engager la responsabilité pénale des entreprises récalcitrantes.

Le Premier ministre a également précisé que ces fonctionnalités devront s’appliquer sur les nouveaux smartphones et tablettes, mais aussi les appareils en circulation. Le Royaume-Uni impose déjà aux plateformes en ligne une vérification de l’âge, via l’Online Safety Act, pour les sites pornos (ça ne marche pas très bien), les réseaux sociaux, les apps de messagerie, ou encore les forums et communautés en ligne.

Mise à jour : Signal s’oppose au projet du gouvernement anglais. Le cocktail de mesures exigées par Londres — scan du contenu des appareils, vérification de l’âge — au nom de la protection des enfants risque de se transformer en outil de surveillance généralisée, selon la messagerie. « [Ces dispositifs] seront étendus, devenant un outil dangereux qui sera utilisé au Royaume-Uni comme à l’étranger pour censurer et surveiller tout ce qu’ils pourraient considérer comme des « menaces » ou des « contenus préjudiciables » », s’alarme Signal.

Plutôt que de financer le système éducatif et les services publics, Londres voudrait une infrastructure de surveillance invisible, activée par défaut et « transformée en loi sous des prétextes cyniques ».

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À Berkeley, plus d’un tiers des étudiants en informatique sont recalés à cause de l’IA

« Ne faites plus d'études : apprendre autrement à l'ère de l'IA », qu'y disaient
À Berkeley, plus d’un tiers des étudiants en informatique sont recalés à cause de l’IA

Le nombre de notes éliminatoires à l’examen de printemps du cours d’initiation à l’informatique de Berkeley a explosé de + 419 % en un an. En cause : les lacunes en maths des étudiants, trop habitués à recourir à l’IA plutôt qu’à apprendre leurs cours et à faire par eux-mêmes leurs devoirs, l’absentéisme et l’absence de participation en classe, et le fait que nombre d’entre eux aient triché.

35 % des étudiants de l’université de Californie à Berkeley ont obtenu une note éliminatoire à l’examen d’initiation à l’informatique le printemps dernier, contre 7 % l’an passé, relève le Daily Californian, un journal indépendant géré par les étudiants de l’université.

Les enseignants déplorent le recours accru des élèves à l’IA, leur manque de préparation en mathématiques, le manque de personnel et la triche qui en résulte.

Figurant en quatrième position au classement 2026 des meilleures écoles d’informatique états-uniennes, derrière Carnegie Mellon, le MIT et Stanford, Berkeley est aussi la première au classement des meilleures universités publiques.

Intitulé « La beauté et la joie de l’informatique », COMPSCI 10 est un cours d’initiation destiné aux étudiants ayant une « expérience minimale en informatique », afin de les préparer aux futurs cours d’informatique et leur « donner les moyens d’utiliser la programmation pour résoudre des problèmes dans leur domaine d’études » :

« Il offre un aperçu de l’histoire, des grands principes et des applications révolutionnaires de l’informatique, ainsi qu’une introduction complète à la programmation. Les thèmes abordés comprennent l’abstraction, la récursivité, la complexité algorithmique, les fonctions d’ordre supérieur, la concurrence, les implications sociales de l’informatique (vie privée, éducation, biais algorithmiques) et des domaines de recherche passionnants (science des données, IA, IHM). Les étudiants programmeront en Snap! (un langage graphique convivial) et en Python, et concevront et mettront en œuvre deux projets de leur choix. »

Intitulé « Structure et interprétation des programmes informatiques », COMPSCI 61A est quant à lui une introduction à la programmation et à l’informatique « axée sur les techniques d’abstraction comme moyens de gérer la complexité des programmes » :

« Le cours initie les étudiants aux différents paradigmes de programmation, notamment les approches fonctionnelle, orientée objet et déclarative. Il comprend une introduction à l’analyse asymptotique des algorithmes. »

Une explosion de respectivement + 419 %,+ 179 % et + 1 020 %, en un an

Or, 35,3 % des étudiants du cours CS 10 et 10,6 % des étudiants du cours CS 61A ont obtenu ce printemps 2026 un F (pour « failure », échec), soit la plus mauvaise note du système de notation états-unien, réservée aux travaux considérés comme irrecevables ou éliminatoires.

À titre de comparaison, aux printemps 2024 et 2025, le pourcentage de F avait baissé, passant de 9,1 à 6,8 % pour le premier cours, de 5 à 3,8 % pour le second. Une explosion (de respectivement + 419 % et + 179 %) d’autant plus problématique que les directives de notation avancent que 7 % des étudiants des cours de premier cycle, dont font partie les cours CS 10 et CS 61A, devraient obtenir des notes D et F.

Le nombre de zéros pointés explose en informatique et en maths à l’université de Berkeley

Les directives précisent en outre qu’« une moyenne générale typique pour un cours de premier cycle se situe entre 2,8 et 3,3 ». Au printemps 2026, la moyenne des notes des deux classes était de C+, ce qui correspond à une moyenne générale de 2,3.

Le cours EECS 127 intitulé « Modèles d’optimisation en ingénierie » a de son côté enregistré ce printemps 2026 un taux d’échec (F) de 16,8 %, bien supérieur aux 5 % de notes D et F que le département EECS qualifie de « typiques » pour un cours de ce type, et alors qu’il était pourtant passé de 2,5 à 1,5 % entre 2024 et 2025, soit une explosion de + 1 020 % cette année.

Une « forte augmentation de la malhonnêteté académique »

Dan Garcia, qui a enseigné au printemps 2026 les cours CS 10 et CS 61A, estime que le « principal facteur » de ces taux d’échec anormalement élevés est dû à une « forte augmentation de la malhonnêteté académique » résultant de l’utilisation par les étudiants de grands modèles linguistiques, tels que Claude, ChatGPT et Google Gemini.

Garcia précise que près de 30 étudiants du cours CS 10 ont ainsi été « surpris en train de tricher lors d’examens à faire à la maison » au printemps 2026 (l’article ne précise pas combien d’étudiants devaient passer l’examen) :

« Certains des chiffres que vous avez vus concernant le nombre d’étudiants ayant échoué s’expliquent par le fait que nous les avons surpris en train de tricher, que nous avons engagé des poursuites à leur encontre et que nous avons transmis leurs dossiers au Centre de déontologie étudiante. »

« Mais dans d’autres cas, ce sont des étudiants qui s’appuient un peu trop sur les modèles de langage (LLM) pour faire le travail à leur place, et qui, au moment des examens, ne sont tout simplement pas prêts », poursuit-il.

Il faudrait enseigner « davantage, et non moins » aux étudiants à l’ère de l’IA

M. Garcia estime également que de nombreux étudiants présentaient des lacunes en mathématiques, une préoccupation partagée par Gireeja Ranade, professeure associée d’Electrical Engineering and Computer Science, en charge du cours EECS 127.

Elle s’est rendu compte que de nombreux étudiants avaient des difficultés en algèbre linéaire, et a été surprise de découvrir qu’un étudiant lui a confié que le cours d’algèbre linéaire qu’il avait suivi à Berkeley appliquait une « politique d’accès libre à Internet et à l’IA » pour les devoirs et les examens.

Alors que les permanences étaient autrefois « bondées », Ranade, Garcia et leurs assistants ont en outre constaté ce semestre une « très faible participation » des étudiants en cours, bien qu’ils aient régulièrement encouragé les étudiants à y assister.

« Avant, j’avais toujours des permanences bien remplies, et pour la première fois, personne ne venait me voir », s’étonne Garcia : « C’était tellement surprenant de me retrouver seul dans mon bureau. »

Garcia prévoit de discuter de ce qui s’est passé ce printemps 2026 avec ses étudiants dès les premiers jours de leurs futures classes, et de chercher à identifier les élèves ayant besoin de soutien supplémentaire.

Mme Ranade estime pour sa part que les professeurs devraient enseigner « davantage, et non moins » aux étudiants à l’ère de l’IA, de sorte qu’ils acquièrent les capacités de réflexion critique et d’analyse nécessaires pour devenir des leaders capables de s’imposer «dans un monde très concurrentiel ».

Les deux professeurs ont souligné la nécessité pour les étudiants de se sentir plus à l’aise face à des problèmes complexes.

Comme le résume @HedgieMarkets sur X.com, le marché du travail s’effondre en aval et en amont, sous couvert des profits et économies que permettrait l’IA :

« Les ingénieurs chevronnés sont licenciés pour financer les dépenses liées à l’IA. Les ingénieurs débutants sortent de l’université sans les compétences nécessaires, car l’IA s’est chargée de leurs cours. Et les entreprises qui dépensent des milliards dans ces outils n’ont pas encore fait le lien entre ces deux réalités. »

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À Berkeley, plus d’un tiers des étudiants en informatique sont recalés à cause de l’IA

« Ne faites plus d'études : apprendre autrement à l'ère de l'IA », qu'y disaient
À Berkeley, plus d’un tiers des étudiants en informatique sont recalés à cause de l’IA

Le nombre de notes éliminatoires à l’examen de printemps du cours d’initiation à l’informatique de Berkeley a explosé de + 419 % en un an. En cause : les lacunes en maths des étudiants, trop habitués à recourir à l’IA plutôt qu’à apprendre leurs cours et à faire par eux-mêmes leurs devoirs, l’absentéisme et l’absence de participation en classe, et le fait que nombre d’entre eux aient triché.

35 % des étudiants de l’université de Californie à Berkeley ont obtenu une note éliminatoire à l’examen d’initiation à l’informatique le printemps dernier, contre 7 % l’an passé, relève le Daily Californian, un journal indépendant géré par les étudiants de l’université.

Les enseignants déplorent le recours accru des élèves à l’IA, leur manque de préparation en mathématiques, le manque de personnel et la triche qui en résulte.

Figurant en quatrième position au classement 2026 des meilleures écoles d’informatique états-uniennes, derrière Carnegie Mellon, le MIT et Stanford, Berkeley est aussi la première au classement des meilleures universités publiques.

Intitulé « La beauté et la joie de l’informatique », COMPSCI 10 est un cours d’initiation destiné aux étudiants ayant une « expérience minimale en informatique », afin de les préparer aux futurs cours d’informatique et leur « donner les moyens d’utiliser la programmation pour résoudre des problèmes dans leur domaine d’études » :

« Il offre un aperçu de l’histoire, des grands principes et des applications révolutionnaires de l’informatique, ainsi qu’une introduction complète à la programmation. Les thèmes abordés comprennent l’abstraction, la récursivité, la complexité algorithmique, les fonctions d’ordre supérieur, la concurrence, les implications sociales de l’informatique (vie privée, éducation, biais algorithmiques) et des domaines de recherche passionnants (science des données, IA, IHM). Les étudiants programmeront en Snap! (un langage graphique convivial) et en Python, et concevront et mettront en œuvre deux projets de leur choix. »

Intitulé « Structure et interprétation des programmes informatiques », COMPSCI 61A est quant à lui une introduction à la programmation et à l’informatique « axée sur les techniques d’abstraction comme moyens de gérer la complexité des programmes » :

« Le cours initie les étudiants aux différents paradigmes de programmation, notamment les approches fonctionnelle, orientée objet et déclarative. Il comprend une introduction à l’analyse asymptotique des algorithmes. »

Une explosion de respectivement + 419 %,+ 179 % et + 1 020 %, en un an

Or, 35,3 % des étudiants du cours CS 10 et 10,6 % des étudiants du cours CS 61A ont obtenu ce printemps 2026 un F (pour « failure », échec), soit la plus mauvaise note du système de notation états-unien, réservée aux travaux considérés comme irrecevables ou éliminatoires.

À titre de comparaison, aux printemps 2024 et 2025, le pourcentage de F avait baissé, passant de 9,1 à 6,8 % pour le premier cours, de 5 à 3,8 % pour le second. Une explosion (de respectivement + 419 % et + 179 %) d’autant plus problématique que les directives de notation avancent que 7 % des étudiants des cours de premier cycle, dont font partie les cours CS 10 et CS 61A, devraient obtenir des notes D et F.

Le nombre de zéros pointés explose en informatique et en maths à l’université de Berkeley

Les directives précisent en outre qu’« une moyenne générale typique pour un cours de premier cycle se situe entre 2,8 et 3,3 ». Au printemps 2026, la moyenne des notes des deux classes était de C+, ce qui correspond à une moyenne générale de 2,3.

Le cours EECS 127 intitulé « Modèles d’optimisation en ingénierie » a de son côté enregistré ce printemps 2026 un taux d’échec (F) de 16,8 %, bien supérieur aux 5 % de notes D et F que le département EECS qualifie de « typiques » pour un cours de ce type, et alors qu’il était pourtant passé de 2,5 à 1,5 % entre 2024 et 2025, soit une explosion de + 1 020 % cette année.

Une « forte augmentation de la malhonnêteté académique »

Dan Garcia, qui a enseigné au printemps 2026 les cours CS 10 et CS 61A, estime que le « principal facteur » de ces taux d’échec anormalement élevés est dû à une « forte augmentation de la malhonnêteté académique » résultant de l’utilisation par les étudiants de grands modèles linguistiques, tels que Claude, ChatGPT et Google Gemini.

Garcia précise que près de 30 étudiants du cours CS 10 ont ainsi été « surpris en train de tricher lors d’examens à faire à la maison » au printemps 2026 (l’article ne précise pas combien d’étudiants devaient passer l’examen) :

« Certains des chiffres que vous avez vus concernant le nombre d’étudiants ayant échoué s’expliquent par le fait que nous les avons surpris en train de tricher, que nous avons engagé des poursuites à leur encontre et que nous avons transmis leurs dossiers au Centre de déontologie étudiante. »

« Mais dans d’autres cas, ce sont des étudiants qui s’appuient un peu trop sur les modèles de langage (LLM) pour faire le travail à leur place, et qui, au moment des examens, ne sont tout simplement pas prêts », poursuit-il.

Il faudrait enseigner « davantage, et non moins » aux étudiants à l’ère de l’IA

M. Garcia estime également que de nombreux étudiants présentaient des lacunes en mathématiques, une préoccupation partagée par Gireeja Ranade, professeure associée d’Electrical Engineering and Computer Science, en charge du cours EECS 127.

Elle s’est rendu compte que de nombreux étudiants avaient des difficultés en algèbre linéaire, et a été surprise de découvrir qu’un étudiant lui a confié que le cours d’algèbre linéaire qu’il avait suivi à Berkeley appliquait une « politique d’accès libre à Internet et à l’IA » pour les devoirs et les examens.

Alors que les permanences étaient autrefois « bondées », Ranade, Garcia et leurs assistants ont en outre constaté ce semestre une « très faible participation » des étudiants en cours, bien qu’ils aient régulièrement encouragé les étudiants à y assister.

« Avant, j’avais toujours des permanences bien remplies, et pour la première fois, personne ne venait me voir », s’étonne Garcia : « C’était tellement surprenant de me retrouver seul dans mon bureau. »

Garcia prévoit de discuter de ce qui s’est passé ce printemps 2026 avec ses étudiants dès les premiers jours de leurs futures classes, et de chercher à identifier les élèves ayant besoin de soutien supplémentaire.

Mme Ranade estime pour sa part que les professeurs devraient enseigner « davantage, et non moins » aux étudiants à l’ère de l’IA, de sorte qu’ils acquièrent les capacités de réflexion critique et d’analyse nécessaires pour devenir des leaders capables de s’imposer «dans un monde très concurrentiel ».

Les deux professeurs ont souligné la nécessité pour les étudiants de se sentir plus à l’aise face à des problèmes complexes.

Comme le résume @HedgieMarkets sur X.com, le marché du travail s’effondre en aval et en amont, sous couvert des profits et économies que permettrait l’IA :

« Les ingénieurs chevronnés sont licenciés pour financer les dépenses liées à l’IA. Les ingénieurs débutants sortent de l’université sans les compétences nécessaires, car l’IA s’est chargée de leurs cours. Et les entreprises qui dépensent des milliards dans ces outils n’ont pas encore fait le lien entre ces deux réalités. »

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