Quel est ce pactole de 400 milliards de dollars promis à Téhéran, qui équivaut au PIB iranien ?

© Majid Asgaripour / REUTERS

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Dans le cadre de sa future introduction en Bourse, OpenAI a livré au régulateur américain SEC, un dossier comprenant notamment l’état financier de l’entreprise. Ces documents sont censés rester confidentiels, certains d’entre eux ont malgré tout fuité et permettent de se faire une idée de la santé financière d’OpenAI. Sans surprise, le labo IA est dans le rouge cramoisi.
D’abord, une bonne nouvelle et une confirmation pour OpenAI : fin 2025, l’entreprise générait un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars par mois, le double de ce qu’elle réalisait sur un trimestre fin 2024. Peu de sociétés ont connu une croissance aussi rapide. Ces chiffres, partagés par l’analyste Ed Zitron et le Financial Times à partir de documents financiers en fuite, indiquent également qu’OpenAI a enregistré 13 milliards de dollars de chiffre d’affaires l’an dernier.
Le hic, c’est que l’argent brûle les doigts d’OpenAI. Les pertes du labo sont passées de 5,09 milliards en 2024 à 38,5 milliards en 2025. Cette progression pour le moins spectaculaire reflète surtout des ajustements comptables dus à la réorganisation de sa structure juridique. Environ 30 milliards proviennent d’une réévaluation comptable liée à son ancienne structure de financement, sans sortie de trésorerie et sans lien direct avec ses activités.

Les investisseurs d’OpenAI ne possédaient pas des actions classiques, mais des droits convertibles. Les règles comptables américaines veulent que ces droits soient considérés comme des passifs financiers, dont la valeur devait être réévaluée régulièrement à mesure que la valorisation de l’entreprise augmentait. Or, celle-ci a considérablement grimpé, tout comme la valeur des droits détenus par les investisseurs. Cette charge exceptionnelle ne devrait pas se renouveler.
Sans cette charge et d’autres éléments, les pertes d’OpenAI s’élèveraient à 8 milliards de dollars en 2025. C’est toujours 60 % de plus d’une année sur l’autre… Dans le même temps, le chiffre d’affaires a explosé de plus de 250 %, passant de 3,7 à 13,1 milliards. Encourageant, mais les dépenses d’exploitation ont presque triplé : 34 milliards l’an dernier, contre 12,5 milliards en 2024. OpenAI continue de dépenser beaucoup plus vite qu’elle ne gagne de l’argent.
En 2025, les pertes directement liées à l’activité de l’entreprise s’élèvent à 20,9 milliards de dollars. Ce chiffre reflète davantage les coûts d’exploitation réels d’OpenAI que la perte nette de plus de 38 milliards de dollars sur l’exercice. Le premier poste de dépenses de la société est, sans surprise, celui de la R&D : 7,81 milliards en 2024, 19,18 milliards l’année dernière. OpenAI investit sans compter pour rester dans le peloton de tête de la course aux modèles d’IA.
Microsoft fait partie des principaux bénéficiaires de cette manne : en 2025, l’opérateur d’Azure a reçu d’OpenAI 17,2 milliards de dollars, dont 10,59 milliards qui ont vraisemblablement servi à payer les coûts d’infrastructure nécessaires à l’entraînement des modèles d’IA. En retour, Microsoft – également client d’OpenAI puisqu’elle commercialise ses technologies – a réglé 303 millions de dollars (une goutte d’eau en comparaison) au labo, contre 867 millions pour SoftBank.
Pour autant, l’entreprise n’est pas au bord du gouffre, puisqu’elle disposait en fin d’année dernière de 50 milliards de dollars d’actifs (dont un bas de laine de 25 milliards en trésorerie).
Il n’y a là rien qui puisse effrayer les investisseurs outre mesure. Fin mars, OpenAI annonçait avoir réalisé un tour de table maousse costaud, avec des engagements à hauteur de 122 milliards, sur la base d’une valorisation de 852 milliards de dollars.
Dans le cadre de sa future introduction en Bourse, OpenAI a livré au régulateur américain SEC, un dossier comprenant notamment l’état financier de l’entreprise. Ces documents sont censés rester confidentiels, certains d’entre eux ont malgré tout fuité et permettent de se faire une idée de la santé financière d’OpenAI. Sans surprise, le labo IA est dans le rouge cramoisi.
D’abord, une bonne nouvelle et une confirmation pour OpenAI : fin 2025, l’entreprise générait un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars par mois, le double de ce qu’elle réalisait sur un trimestre fin 2024. Peu de sociétés ont connu une croissance aussi rapide. Ces chiffres, partagés par l’analyste Ed Zitron et le Financial Times à partir de documents financiers en fuite, indiquent également qu’OpenAI a enregistré 13 milliards de dollars de chiffre d’affaires l’an dernier.
Le hic, c’est que l’argent brûle les doigts d’OpenAI. Les pertes du labo sont passées de 5,09 milliards en 2024 à 38,5 milliards en 2025. Cette progression pour le moins spectaculaire reflète surtout des ajustements comptables dus à la réorganisation de sa structure juridique. Environ 30 milliards proviennent d’une réévaluation comptable liée à son ancienne structure de financement, sans sortie de trésorerie et sans lien direct avec ses activités.

Les investisseurs d’OpenAI ne possédaient pas des actions classiques, mais des droits convertibles. Les règles comptables américaines veulent que ces droits soient considérés comme des passifs financiers, dont la valeur devait être réévaluée régulièrement à mesure que la valorisation de l’entreprise augmentait. Or, celle-ci a considérablement grimpé, tout comme la valeur des droits détenus par les investisseurs. Cette charge exceptionnelle ne devrait pas se renouveler.
Sans cette charge et d’autres éléments, les pertes d’OpenAI s’élèveraient à 8 milliards de dollars en 2025. C’est toujours 60 % de plus d’une année sur l’autre… Dans le même temps, le chiffre d’affaires a explosé de plus de 250 %, passant de 3,7 à 13,1 milliards. Encourageant, mais les dépenses d’exploitation ont presque triplé : 34 milliards l’an dernier, contre 12,5 milliards en 2024. OpenAI continue de dépenser beaucoup plus vite qu’elle ne gagne de l’argent.
En 2025, les pertes directement liées à l’activité de l’entreprise s’élèvent à 20,9 milliards de dollars. Ce chiffre reflète davantage les coûts d’exploitation réels d’OpenAI que la perte nette de plus de 38 milliards de dollars sur l’exercice. Le premier poste de dépenses de la société est, sans surprise, celui de la R&D : 7,81 milliards en 2024, 19,18 milliards l’année dernière. OpenAI investit sans compter pour rester dans le peloton de tête de la course aux modèles d’IA.
Microsoft fait partie des principaux bénéficiaires de cette manne : en 2025, l’opérateur d’Azure a reçu d’OpenAI 17,2 milliards de dollars, dont 10,59 milliards qui ont vraisemblablement servi à payer les coûts d’infrastructure nécessaires à l’entraînement des modèles d’IA. En retour, Microsoft – également client d’OpenAI puisqu’elle commercialise ses technologies – a réglé 303 millions de dollars (une goutte d’eau en comparaison) au labo, contre 867 millions pour SoftBank.
Pour autant, l’entreprise n’est pas au bord du gouffre, puisqu’elle disposait en fin d’année dernière de 50 milliards de dollars d’actifs (dont un bas de laine de 25 milliards en trésorerie).
Il n’y a là rien qui puisse effrayer les investisseurs outre mesure. Fin mars, OpenAI annonçait avoir réalisé un tour de table maousse costaud, avec des engagements à hauteur de 122 milliards, sur la base d’une valorisation de 852 milliards de dollars.
Tim Cook a au moins la délicatesse de prévenir avant de faire mal : le tarif des appareils Apple va augmenter. En cause bien sûr, l’explosion des prix des composants pour la mémoire, qui forcerait le constructeur à répercuter la facture sur les consommateurs.
Apple n’a pas pour habitude de baisser ses prix ni de sacrifier ses marges, même si le constructeur a probablement dû faire quelques concessions sur le MacBook Neo. Mais la flambée des coûts de la mémoire a manifestement obligé le constructeur à faire des efforts… désormais « insoutenables », déplore Tim Cook dans le Wall Street Journal.
Celui qui est encore directeur général d’Apple jusqu’en septembre et la passation de pouvoir avec John Ternus explique que « malheureusement », les hausses de prix sont inévitables. « Nous faisons de notre mieux pour atténuer les fortes augmentations de coûts qui nous sont répercutées, et nous avons essayé de protéger nos clients de ces hausses, mais la situation est devenue intenable », ajoute-t-il.

La raison, c’est la même que pour tous les autres constructeurs : « les fabricants de mémoire répercutent d’énormes hausses de prix » favorisées par la demande galopante de la part des acteurs de l’IA (dont Apple fait partie…). Si les fournisseurs comme Micron, Samsung et SK Hynix en profitent, tout le monde paie la facture à commencer par les consommateurs.
« Je n’ai jamais rien vu de tel dans aucun domaine en plus de quarante ans », indique Tim Cook, qui avant d’être CEO d’Apple, en était le directeur des opérations. C’est lui qui a mis en place la formidable machine à produire du groupe américain. La société dépense chaque année des dizaines de milliards de dollars pour doter ses produits en mémoire et en stockage. Ce qui en fait un des plus importants clients au monde dans ce domaine.
Une force de frappe qui a permis à Apple d’imposer ses conditions aux fournisseurs, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les géants de l’IA, qui engloutissent des sommes faramineuses dans les infrastructures et les serveurs, absorbent une part de plus en plus importante de la production de mémoire.
Tim Cook n’est pas sans proposition pour résoudre cette crise. Il n’est pas contre mettre à contribution la trésorerie d’Apple pour soutenir la production de mémoire. Il demande aussi au gouvernement américain de revoir ses restrictions sur les fabricants chinois. « Toutes les options doivent être envisagées ». Pas question pour autant qu’Apple se lance elle-même dans la production de barrettes de RAM : « Nous ne pouvons pas tout faire […] nous savons ce que nous faisons bien. »
La réalité, c’est que « nous avons clairement besoin que les prix et l’approvisionnement en mémoire reviennent à des niveaux raisonnables pour les produits grand public. » Des produits de plus en plus gourmands en mémoire, notamment de la RAM, pour faire tourner des modèles IA comme ceux d’Apple Intelligence, nécessaires à Siri AI : « L’offre est plus limitée alors même que les consommateurs veulent [ces] appareils ».
En attendant, les prix vont donc augmenter pour les appareils Apple… et c’est même déjà le cas : le Mac mini d’entrée de gamme (16 Go de mémoire vive, 256 Go de stockage) à 699 euros a disparu du catalogue au mois de mai, « remplacé » si on peut dire par le modèle 16/512 à 949 euros. Le constructeur pourrait attendre cet automne et le lancement de la nouvelle gamme d’iPhone 18 pour faire valser les étiquettes.
Le cabinet TechInsights prévoit une hausse de 200 dollars sur l’iPhone 18 Pro par rapport à son prédécesseur, soit un total de 1 299 dollars. Dans ces conditions, on n’ose imaginer le prix de l’« iPhone Fold », premier smartphone pliant qu’Apple pourrait présenter en fin d’année.
Tim Cook a au moins la délicatesse de prévenir avant de faire mal : le tarif des appareils Apple va augmenter. En cause bien sûr, l’explosion des prix des composants pour la mémoire, qui forcerait le constructeur à répercuter la facture sur les consommateurs.
Apple n’a pas pour habitude de baisser ses prix ni de sacrifier ses marges, même si le constructeur a probablement dû faire quelques concessions sur le MacBook Neo. Mais la flambée des coûts de la mémoire a manifestement obligé le constructeur à faire des efforts… désormais « insoutenables », déplore Tim Cook dans le Wall Street Journal.
Celui qui est encore directeur général d’Apple jusqu’en septembre et la passation de pouvoir avec John Ternus explique que « malheureusement », les hausses de prix sont inévitables. « Nous faisons de notre mieux pour atténuer les fortes augmentations de coûts qui nous sont répercutées, et nous avons essayé de protéger nos clients de ces hausses, mais la situation est devenue intenable », ajoute-t-il.

La raison, c’est la même que pour tous les autres constructeurs : « les fabricants de mémoire répercutent d’énormes hausses de prix » favorisées par la demande galopante de la part des acteurs de l’IA (dont Apple fait partie…). Si les fournisseurs comme Micron, Samsung et SK Hynix en profitent, tout le monde paie la facture à commencer par les consommateurs.
« Je n’ai jamais rien vu de tel dans aucun domaine en plus de quarante ans », indique Tim Cook, qui avant d’être CEO d’Apple, en était le directeur des opérations. C’est lui qui a mis en place la formidable machine à produire du groupe américain. La société dépense chaque année des dizaines de milliards de dollars pour doter ses produits en mémoire et en stockage. Ce qui en fait un des plus importants clients au monde dans ce domaine.
Une force de frappe qui a permis à Apple d’imposer ses conditions aux fournisseurs, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les géants de l’IA, qui engloutissent des sommes faramineuses dans les infrastructures et les serveurs, absorbent une part de plus en plus importante de la production de mémoire.
Tim Cook n’est pas sans proposition pour résoudre cette crise. Il n’est pas contre mettre à contribution la trésorerie d’Apple pour soutenir la production de mémoire. Il demande aussi au gouvernement américain de revoir ses restrictions sur les fabricants chinois. « Toutes les options doivent être envisagées ». Pas question pour autant qu’Apple se lance elle-même dans la production de barrettes de RAM : « Nous ne pouvons pas tout faire […] nous savons ce que nous faisons bien. »
La réalité, c’est que « nous avons clairement besoin que les prix et l’approvisionnement en mémoire reviennent à des niveaux raisonnables pour les produits grand public. » Des produits de plus en plus gourmands en mémoire, notamment de la RAM, pour faire tourner des modèles IA comme ceux d’Apple Intelligence, nécessaires à Siri AI : « L’offre est plus limitée alors même que les consommateurs veulent [ces] appareils ».
En attendant, les prix vont donc augmenter pour les appareils Apple… et c’est même déjà le cas : le Mac mini d’entrée de gamme (16 Go de mémoire vive, 256 Go de stockage) à 699 euros a disparu du catalogue au mois de mai, « remplacé » si on peut dire par le modèle 16/512 à 949 euros. Le constructeur pourrait attendre cet automne et le lancement de la nouvelle gamme d’iPhone 18 pour faire valser les étiquettes.
Le cabinet TechInsights prévoit une hausse de 200 dollars sur l’iPhone 18 Pro par rapport à son prédécesseur, soit un total de 1 299 dollars. Dans ces conditions, on n’ose imaginer le prix de l’« iPhone Fold », premier smartphone pliant qu’Apple pourrait présenter en fin d’année.
Seul pays d’Europe à n’avoir pas amorcé le début du commencement d’un redressement de ses comptes depuis le Covid, la France est obligée de tailler dans ses dépenses au fil de l’eau pour endiguer son déficit, sans jamais mesurer l’intérêt de ce qu’elle ampute. La dernière cible du gouvernement serait les allègements de cotisations, comptés comme une « dépense publique » alors qu’il s’agit d’une recette à laquelle l’État renonce, comme si chaque euro non collecté était un euro perdu pour la nation. Avant de décréter cette baisse des allègements (euphémisme technocratique pour désigner une hausse d’impôt), une question s’impose : à quoi servent-ils ?
La réponse est ambivalente et représentative du dilemme face duquel notre pays se trouve. Ces allègements sont incontournables pour faire entrer les moins qualifiés sur le marché du travail. Mais en même temps, ils figent les rémunérations à des niveaux très bas, entretenant la trappe à bas salaires dans laquelle est enclavée une grande partie des Français. Piégée par cette mécanique mise en place dans les années 1990, à une époque où la productivité alimentait la croissance naturelle des salaires, la France de 2026 se retrouve ainsi à devoir choisir entre leur suppression, qui accentuerait le taux de chômage, ou leur maintien, qui entretient la smicardisation.
Un choix impossible, que l’on doit à la décision d’asseoir le financement de notre protection sociale sur le travail — à un moment où les besoins étaient plus faibles qu’aujourd’hui — et à l’absence de revirement depuis, alors que la situation économique a évolué.
Dans un monde idéal, nous n’aurions jamais eu besoin de baisser artificiellement le coût du travail par leur biais, et l’économie française ne subirait pas leurs effets négatifs. Pour être efficace, le vrai débat ne doit pas porter sur la béquille mais sur la fracture initiale.
Un salarié produisant 10 € de richesses par heure ne sera pas embauché si le salaire minimum est de 12 €. Ces allègements ont donc pour but de ramener vers l’emploi ceux qui en sont exclus par une faible productivité. Cette architecture de baisse du coût du travail s’est bâtie entre le milieu des années 1990 et 2003 (Balladur, Juppé, Aubry et Fillon en ont été les artisans, ce dernier ayant concentré l’essentiel du dispositif sous 1,6 SMIC). Le chômage qui tutoyait alors les 11 % était la préoccupation centrale du débat public.
Ces mesures suivaient une logique de tremplin, aidant les entreprises à recruter un salarié à coût réduit, en attendant que des gains de productivité (bien plus vigoureux qu’aujourd’hui) fassent grimper mécaniquement sa rémunération au-dessus du niveau de rentabilité d’embauche. Et cela a fonctionné : entre 1997 et la crise de 2008, le taux de chômage a fondu de trois points pour atteindre 7,4 %.
La suppression aveugle de ces allègements, sans résoudre le problème de fond qu’ils sont censés régler, reviendrait à défaire cette réussite, au moment où la France vient de faire reculer son chômage structurel de 1,3 point depuis 2015. Le modèle Mésange de la direction du Trésor évalue à 12 500 les emplois détruits par milliard d’euros de hausse du coût du travail. Supprimer les 80 milliards d’allègements reviendrait donc à rayer d’un trait de plume près d’un million d’emplois et 100 milliards de PIB. Pas sûr que ce soit une bonne affaire sur le long terme.
Si la photographie montre que ces allègements sont utiles, le film raconte une autre histoire. La politique des allègements reposait sur l’hypothèse que les gains de productivité poursuivraient le rythme de la fin des années 1990. Il n’en fut rien. Depuis 2000, cette productivité, qui constitue le principal moteur finançant les hausses de salaires, n’a progressé que de 20 % en France. Le SMIC, seul salaire dont le niveau est décrété politiquement, a grimpé de 37 % en euros constants sur la même période.
Or, quand le législateur impose des hausses de salaires supérieures à la productivité, toute la chaîne des rémunérations finit par payer : entre 2000 et 2026, toujours en euros constants, le salaire médian n’a augmenté que de 21 % et celui des cadres de 9 %. En l’absence de productivité, cette générosité non financée a alimenté la « smicardisation » latente et avec elle le sentiment d’un travail qui ne paie plus.
En concentrant les allègements sous 1,6 SMIC (un seuil correspondant aujourd’hui peu ou prou au salaire médian), les pouvoirs publics ont planté une borne qui comprime tous les salaires en dessous d’elle. C’est le diagnostic du rapport Bozio-Wasmer : efficaces pour l’emploi peu qualifié, les allègements concentrés ont creusé une « trappe à bas salaires » décourageant toute progression au-delà du seuil. Depuis janvier 2026, un dispositif unique nommé le RGDU a certes repoussé cette borne à 3 SMIC, mais il n’a fait qu’aplanir la pente sans toucher au problème de fond, à savoir le financement social adossé au seul travail.
Les auteurs ont prolongé leur réflexion dans une note pour le Conseil d’analyse économique (CAE), publiée le 16 juin, dans laquelle ils décrivent les effets insidieux de ces allègements sur la progression des salaires : pour augmenter de 100 € le revenu disponible d’un travailleur sous le salaire médian, l’employeur doit supporter un coût salarial supplémentaire compris entre 300 et 400 €. Il est impossible, dans ces conditions, d’espérer recréer une dynamique salariale forte revalorisant le travail à sa juste valeur.
À force de revaloriser le SMIC plus vite que la productivité, nos élus en ont fait l’un des plus élevés d’Europe. L’indice de Kaitz, mesurant le ratio SMIC / salaire médian, est de 62 % en France, trois points au-dessus de la moyenne européenne, dix de plus que l’Allemagne. Concrètement, depuis le 1er juin, un salarié au SMIC perçoit environ, prime d’activité comprise, 1 750 euros par mois, quand le salaire médian s’établlit autour de 2 200 euros. La rémunération de la moitié des salariés tient donc dans un corridor de 450 euros. Et l’horizon est bouché : au rythme de 1 % de hausse annuelle que permet notre productivité, un salarié au SMIC ne gagnera que 2 200 euros à la fin de sa carrière, soit un euro et demi de pouvoir d’achat supplémentaire par mois. Difficile d’aiguiser sa motivation professionnelle dans de telles conditions.
Le piège a un second versant. Concentrés sur la moitié basse des salaires, ces allègements ont reporté la charge du financement social sur le travail qualifié. Pour verser 1 euro à un ingénieur, une entreprise française doit en débourser 2,23, contre 2,02 en Allemagne et 1,59 au Royaume-Uni. La France taxe faiblement le travail le moins productif et lourdement celui qui l’est le plus, fragilisant ceux qui paient pour tous les autres.

Prenons un cadre payé 100 000 euros brut par an. Au titre de sa seule cotisation santé de 13 % (non plafonnée), il verse 13 000 euros à la branche maladie, quand la consommation moyenne de soins tourne autour de 3 000 euros par habitant. Il finance ainsi les soins de plus de quatre personnes à lui seul. La fable du salaire différé est ici caduque. Ce qu’il verse au-delà de ce qu’il recevra n’est pas une assurance socialisée, mais un impôt non contributif qui ne dit pas son nom. Et dans un monde où ces talents s’arrachent et se déplacent facilement, chasser nos « riches » du territoire revient à congédier les premiers sponsors de notre modèle social.
Le déséquilibre est aussi générationnel. Les retraités, qui concentrent la moitié de la consommation de soins, sont exemptés de cotisations maladie et bénéficient d’une CSG réduite. Le lien contributif, censé fonder la Sécurité sociale, est rompu à tous les étages.
Supprimer les allègements, c’est ôter la béquille et détruire un million d’emplois. Les conserver en l’état, c’est entretenir la trappe et surtaxer les talents. La France semble enfermée dans un dilemme : soit augmenter son taux de chômage, soit maintenir la smicardisation qui dévalorise le travail et démotive de nombreux salariés.
Pour en sortir, il faut remonter à la racine et inverser le choix, opéré au sortir de la Seconde Guerre mondiale, d’asseoir le financement de la quasi-totalité de notre protection sociale sur le seul travail. Les cotisations pèsent 17 % du PIB en France (record du continent) contre 0,8 % au Danemark. Ce que le travail finance chez nous, la TVA et l’impôt sur le revenu le portent là-bas, permettant aux Danois d’avoir un salaire net quasiment identique au salaire brut.
Pour imiter ce résultat, nous avons quelques leviers à notre disposition : la CSG, dont chaque point de hausse rapporte 16 milliards d’euros, et la TVA, dont chaque hausse d’un point en vaut 10. Aucun n’est indolore. Nos engagements européens plafonnant la TVA à 25 %, une hausse à ce niveau du taux normal rapporterait 50 milliards au mieux, soit autant qu’un alignement des taux réduits sur les 20 % actuels. Et elle frappe aveuglément les plus modestes comme les plus riches, avant de faire décrocher la consommation à moyen terme. La CSG, de son côté, mord sur tous les revenus et son augmentation renchérirait le coût du capital au moment où nous en avons le plus besoin.
Reste la piste de l’impôt sur le revenu, acquitté par seulement 46 % des ménages (et dont 10 % supportent 75 % des recettes totales). Il pourrait être élargi à tous les contribuables, même dans une proportion symbolique, pour réintéresser tous les citoyens à la gestion des finances publiques et recréer un pacte républicain où chacun participe à la marche du pays, même à un niveau modeste. C’est le levier le plus douloureux car le plus visible, mais c’est aussi une assiette large qui, si elle est supportée par tous, peut aider à alléger durablement le coût du travail.
Ne nous y trompons pas : en l’absence d’une forte diminution des dépenses, la seule bascule d’assiette n’allègerait pas le fardeau fiscal, elle ne ferait que le déplacer. Tant que la dépense publique française restera la plus lourde des grandes économies développées, quelqu’un devra la financer. Pour que cette bascule se transforme en un vrai gain de pouvoir d’achat, il faudra dépasser la tuyauterie fiscale et s’attaquer à la dépense sociale, pensions et remboursements en tête. Or, les Français se cabrent à la moindre réforme des retraites comme à la plus modeste franchise médicale. Le chantier est autant fiscal que politique.
La France a gardé la fiscalité d’un pays riche, à la croissance vive et à la productivité conquérante, capable d’imposer lourdement ses talents parce qu’il savait les retenir. Ce pays a disparu, mais sa fiscalité lui a survécu. Elle pèse aujourd’hui sur une économie qui décroche et pénalise le travail qui tire encore la croissance. On ne taxe pas comme un champion quand on joue en division inférieure. Adaptons enfin notre fiscalité au terrain mondial et technologique où se joue désormais la partie.
L’article La France, championne des cotisations, lanterne rouge de la croissance est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

© Le Figaro

© Fabien Clairefond
L’épisode aura été de courte durée, mais il laissera des traces. L’espace Shein va disparaitre du BHV Marais, suite à la vente du grand magasin parisien par la Société des grands magasins (SGM) à l’ex-directeur général de la maison, Karl-Stéphane Cottendin.
Stupeur et tremblement en octobre 2025, lorsque Frédéric Merlin, président et fondateur du groupe SGM, a annoncé que le Bazar de l’hôtel de ville du Marais allait ouvrir un espace de plus de 1 000 m² dédié à Shein. Le spécialiste chinois de la fast fashion y gagnait là une respectabilité qui tranchait avec les soupçons de pratiques abusives et de non-conformité aux exigences sanitaires parfois formulés à son encontre.
Depuis, certaines de ces craintes se sont avérées. La marketplace a ainsi vendu des poupées sexuelles à caractère pédopornographique, ce qui lui a valu le lancement d’une procédure de suspension en France, ainsi que l’ouverture d’une enquête formelle européenne au titre du DSA, le règlement sur les services numériques.
Mais malgré ces controverses, le BHV a conservé son espace Shein, Frédéric Merlin se réjouissant même du montant du panier moyen et du nombre de visiteurs. À tel point d’ailleurs que des corners Shein ont ouvert dans plusieurs BHV en province ce début d’année. Ça n’aura pas duré très longtemps, du moins dans le magasin historique du Marais : Shein se voit montrer la porte de sortie par la nouvelle équipe aux commandes.
La SGM a en effet cédé, à perte, le fonds de commerce du BHV Marais (et du BHV Parly 2) à plusieurs des anciens dirigeants du magasin, dont son ex-directeur général Karl-Stéphane Cottendin qui va quitter pour l’occasion ses fonctions de directeur général du groupe SGM. Celui qui était le bras droit de Frédéric Merlin veut repositionner le BHV « sur son cœur de métier historique », à savoir la maison, le bricolage, la décoration, les arts de la table, etc. De quoi peut-être faire revenir plusieurs grandes marques qui ont déserté les lieux, comme Dior ou Guerlain.
La SGM garde les sept BHV de province, dont cinq qui intègrent un espace Shein – et qui les conserveront jusqu’à la fin du contrat. Pour Karl-Stéphane Cottendin, la présence physique du groupe chinois dans l’emblématique magasin du Marais a été « une erreur stratégique », comme il l’explique à l’AFP reprise par France 24, et elle a coûté cher à la SGM : la Banque des territoires s’est en effet retirée du tour de table l’automne dernier, condamnant le projet d’acquisition des murs (45 000 m²). La SGM a donc dû se contenter du fonds de commerce, une « anomalie stratégique » vis à vis du projet de la société.
Shein fera « idéalement » place nette d’ici à Noël, espère le nouveau patron. Il va cependant falloir négocier non seulement avec Shein, mais aussi avec le bailleur Brookfield, qui pourrait récupérer plus de la moitié des locaux pour construire un hôtel sur les deux derniers étages du BHV Marais (un des étages étant occupé par le groupe chinois). Si la répartition des surfaces doit encore être rediscutée, la nouvelle direction affirme qu’aucun plan social n’est programmé.
De son côté, Frédéric Merlin reconnait également des erreurs et une opération qui a « déraillé » malgré les 15 millions d’euros investis depuis le début de l’année pour relancer le grand magasin. La cession du BHV Marais est un moyen de « sortir par le haut », affirme-t-il. En février dernier, il expliquait déjà qu’il arrêtera Shein « si cela ne marche pas dans un an ». Le dirigeant n’aura pas attendu cette échéance.
L’épisode aura été de courte durée, mais il laissera des traces. L’espace Shein va disparaitre du BHV Marais, suite à la vente du grand magasin parisien par la Société des grands magasins (SGM) à l’ex-directeur général de la maison, Karl-Stéphane Cottendin.
Stupeur et tremblement en octobre 2025, lorsque Frédéric Merlin, président et fondateur du groupe SGM, a annoncé que le Bazar de l’hôtel de ville du Marais allait ouvrir un espace de plus de 1 000 m² dédié à Shein. Le spécialiste chinois de la fast fashion y gagnait là une respectabilité qui tranchait avec les soupçons de pratiques abusives et de non-conformité aux exigences sanitaires parfois formulés à son encontre.
Depuis, certaines de ces craintes se sont avérées. La marketplace a ainsi vendu des poupées sexuelles à caractère pédopornographique, ce qui lui a valu le lancement d’une procédure de suspension en France, ainsi que l’ouverture d’une enquête formelle européenne au titre du DSA, le règlement sur les services numériques.
Mais malgré ces controverses, le BHV a conservé son espace Shein, Frédéric Merlin se réjouissant même du montant du panier moyen et du nombre de visiteurs. À tel point d’ailleurs que des corners Shein ont ouvert dans plusieurs BHV en province ce début d’année. Ça n’aura pas duré très longtemps, du moins dans le magasin historique du Marais : Shein se voit montrer la porte de sortie par la nouvelle équipe aux commandes.
La SGM a en effet cédé, à perte, le fonds de commerce du BHV Marais (et du BHV Parly 2) à plusieurs des anciens dirigeants du magasin, dont son ex-directeur général Karl-Stéphane Cottendin qui va quitter pour l’occasion ses fonctions de directeur général du groupe SGM. Celui qui était le bras droit de Frédéric Merlin veut repositionner le BHV « sur son cœur de métier historique », à savoir la maison, le bricolage, la décoration, les arts de la table, etc. De quoi peut-être faire revenir plusieurs grandes marques qui ont déserté les lieux, comme Dior ou Guerlain.
La SGM garde les sept BHV de province, dont cinq qui intègrent un espace Shein – et qui les conserveront jusqu’à la fin du contrat. Pour Karl-Stéphane Cottendin, la présence physique du groupe chinois dans l’emblématique magasin du Marais a été « une erreur stratégique », comme il l’explique à l’AFP reprise par France 24, et elle a coûté cher à la SGM : la Banque des territoires s’est en effet retirée du tour de table l’automne dernier, condamnant le projet d’acquisition des murs (45 000 m²). La SGM a donc dû se contenter du fonds de commerce, une « anomalie stratégique » vis à vis du projet de la société.
Shein fera « idéalement » place nette d’ici à Noël, espère le nouveau patron. Il va cependant falloir négocier non seulement avec Shein, mais aussi avec le bailleur Brookfield, qui pourrait récupérer plus de la moitié des locaux pour construire un hôtel sur les deux derniers étages du BHV Marais (un des étages étant occupé par le groupe chinois). Si la répartition des surfaces doit encore être rediscutée, la nouvelle direction affirme qu’aucun plan social n’est programmé.
De son côté, Frédéric Merlin reconnait également des erreurs et une opération qui a « déraillé » malgré les 15 millions d’euros investis depuis le début de l’année pour relancer le grand magasin. La cession du BHV Marais est un moyen de « sortir par le haut », affirme-t-il. En février dernier, il expliquait déjà qu’il arrêtera Shein « si cela ne marche pas dans un an ». Le dirigeant n’aura pas attendu cette échéance.

© Evelyn Hockstein / REUTERS
Dans la foulée de son introduction en bourse sur le Nasdaq qui lui a permis de lever plus de 80 milliards de dollars d’argent frais, SpaceX a annoncé mardi son intention d’exercer l’option d’achat posée sur Cursor, ses outils d’orchestration et ses grands modèles de langage dédiés aux développeurs. La transaction sera réalisée en actions dans le courant du troisième trimestre, pour 60 milliards de dollars.
C’est la première annonce stratégique de SpaceX depuis son introduction fracassante en bourse, vendredi dernier. Le groupe d’Elon Musk a en effet signalé (PDF) mardi 16 juin son intention d’exercer, d’ici le troisième trimestre 2026, l’option d’achat posée sur Anysphere, la société qui édite Cursor et ses différents outils d’intelligence artificielle. La transaction devrait être réalisée intégralement en actions, et Cursor a vocation à poursuivre ses activités en tant que filiale détenue par SpaceX.
SpaceX concrétise ainsi l’option posée le 22 avril dernier, date à laquelle le groupe avait annoncé un partenariat étendu avec Anysphere, visant notamment à mettre à profit les infrastructures des datacenters Colossus pour entraîner les modèles développés par Cursor sous ses propres couleurs.
Cursor se présente en effet au départ comme un environnement de développement logiciel (IDE). Parti d’un fork de VS Code (Microsoft), Cursor dispose d’un orchestrateur, indépendant des modèles, et fait depuis quelques mois la part belle aux agents. En parallèle, l’entreprise développe et entraîne depuis fin 2025 ses propres LLM, baptisés Composer et présentés comme particulièrement optimisés pour l’ingénierie logicielle.
Bref, Cursor table sur cette approche intégrée, IDE et modèles spécialisés, pour tailler des croupières aux acteurs plus généralistes de type Anthropic, OpenAI ou même GitHub Copilot. Reste à voir comment les activités xAI (dont Grok) s’interfaceront avec celles de Cursor dans le portefeuille commercial de SpaceX. « Depuis quelques mois, SpaceXAI et Cursor entraînent conjointement un modèle qui sera bientôt disponible dans Cursor et Grok Build », se contente d’indiquer l’acquéreur.
Fin avril, l’annonce d’un accord potentiel avec Cursor était analysée au regard de la future introduction en bourse de SpaceX, et nous la considérions alors comme une forme de légitimation des investissements pharaoniques dans les infrastructures IA consentis par le groupe. Rappelons en effet que les datacenters plombent les finances consolidées du groupe, alors même qu’il enregistre une rentabilité record sur la fourniture d’accès à Internet via Starlink.
Depuis, l’actualité a montré que SpaceX était enclin à rentabiliser ses investissements : le groupe a annoncé coup sur coup deux contrats de mise à disposition d’infrastructures. D’abord avec Anthropic, pour 1,25 milliard de dollars par mois sur trois ans, puis avec Google, pour 920 millions de dollars par mois.
Positifs pour le cash flow du groupe, ces deux accords ont parfois été interprétés comme un aveu d’échec implicite sur le développement en propre de modèles commerciaux (xAI et Grok n’ayant jamais obtenu une traction commerciale comparable à celle des leaders du marché). L’acquisition de Cursor participe indirectement à démentir cette idée, mais elle confirme que xAI, chez qui les départs se sont multipliés ces derniers mois, a probablement besoin de renforts ou de compétences nouvelles pour rester dans la course.
SpaceX procèdera donc à l’acquisition de Cursor (sous réserve des habituelles validations réglementaires) par échange de titres. Le nombre exact d’actions de type A (aux droits de vote limités par rapport aux actions de type B détenues en grande majorité par Elon Musk) sera basé sur une moyenne du cours en bourse de SpaceX, pondérée par le volume des échanges, sur les sept jours précédant la conclusion du deal.
Difficile à ce stade de prédire à quel cours s’échangera le titre SPCX aux alentours du troisième trimestre. Introduit vendredi à 135 dollars l’action, le titre a dépassé les 220 dollars mardi 16 juin peu après l’ouverture du Nasdaq suite à l’annonce du rachat de Cursor, avant de se stabiliser sur une hausse tout de même conséquente de 10 % par rapport à la clôture de la séance précédente.
Mardi vers 16h30, sa valorisation s’établissait ainsi à 2 700 milliards de dollars, ce qui place SpaceX dans le top 5 des capitalisations boursières mondiales, devant Amazon (environ 2 650 milliards de dollars à la même heure).
Force est de constater que les marchés ont répondu présents à l’appel de SpaceX : l’opération initiale d’introduction en bourse a été largement sursouscrite, et les banques qui en disposaient ont exercé leurs clauses de surallocation (un dispositif qui permet d’acheter un peu plus d’actions que prévu), ce qui a permis à l’entreprise de lever quelque 85 milliards de dollars d’argent frais.
Plusieurs voix, dans le monde financier, s’étaient pourtant élevées pour dénoncer les risques associés à la valorisation possiblement excessive de SpaceX et à la gouvernance concentrée entre les mains d’Elon Musk. D’aucuns rappellent également le caractère utopiste des promesses formulées par l’entrepreneur, qui a construit tout le narratif de l’IPO autour de la possibilité de placer des centaines de MW de puissance de calcul informatique en orbite et d’ouvrir la voie au voyage interplanétaire.
Une chose est sure, son statut de premier « billionnaire » au monde (fortune personnelle dépassant les 1 000 milliards de dollars) et ses nouvelles obligations liées à la cotation de SpaceX n’ont pas entamé le sentiment d’impunité dont semble jouir Musk sur son réseau social. Le 9 juin dernier, pendant que le tout Wall Street spéculait sur le succès de l’IPO, l’entrepreneur relayait sur X les messages du militant d’extrême-droite Tommy Robinson, appelant à « manifester SOUVENT et FORTEMENT », alors que Belfast était traversée par une vague de manifestations violentes.
Dans la foulée de son introduction en bourse sur le Nasdaq qui lui a permis de lever plus de 80 milliards de dollars d’argent frais, SpaceX a annoncé mardi son intention d’exercer l’option d’achat posée sur Cursor, ses outils d’orchestration et ses grands modèles de langage dédiés aux développeurs. La transaction sera réalisée en actions dans le courant du troisième trimestre, pour 60 milliards de dollars.
C’est la première annonce stratégique de SpaceX depuis son introduction fracassante en bourse, vendredi dernier. Le groupe d’Elon Musk a en effet signalé (PDF) mardi 16 juin son intention d’exercer, d’ici le troisième trimestre 2026, l’option d’achat posée sur Anysphere, la société qui édite Cursor et ses différents outils d’intelligence artificielle. La transaction devrait être réalisée intégralement en actions, et Cursor a vocation à poursuivre ses activités en tant que filiale détenue par SpaceX.
SpaceX concrétise ainsi l’option posée le 22 avril dernier, date à laquelle le groupe avait annoncé un partenariat étendu avec Anysphere, visant notamment à mettre à profit les infrastructures des datacenters Colossus pour entraîner les modèles développés par Cursor sous ses propres couleurs.
Cursor se présente en effet au départ comme un environnement de développement logiciel (IDE). Parti d’un fork de VS Code (Microsoft), Cursor dispose d’un orchestrateur, indépendant des modèles, et fait depuis quelques mois la part belle aux agents. En parallèle, l’entreprise développe et entraîne depuis fin 2025 ses propres LLM, baptisés Composer et présentés comme particulièrement optimisés pour l’ingénierie logicielle.
Bref, Cursor table sur cette approche intégrée, IDE et modèles spécialisés, pour tailler des croupières aux acteurs plus généralistes de type Anthropic, OpenAI ou même GitHub Copilot. Reste à voir comment les activités xAI (dont Grok) s’interfaceront avec celles de Cursor dans le portefeuille commercial de SpaceX. « Depuis quelques mois, SpaceXAI et Cursor entraînent conjointement un modèle qui sera bientôt disponible dans Cursor et Grok Build », se contente d’indiquer l’acquéreur.
Fin avril, l’annonce d’un accord potentiel avec Cursor était analysée au regard de la future introduction en bourse de SpaceX, et nous la considérions alors comme une forme de légitimation des investissements pharaoniques dans les infrastructures IA consentis par le groupe. Rappelons en effet que les datacenters plombent les finances consolidées du groupe, alors même qu’il enregistre une rentabilité record sur la fourniture d’accès à Internet via Starlink.
Depuis, l’actualité a montré que SpaceX était enclin à rentabiliser ses investissements : le groupe a annoncé coup sur coup deux contrats de mise à disposition d’infrastructures. D’abord avec Anthropic, pour 1,25 milliard de dollars par mois sur trois ans, puis avec Google, pour 920 millions de dollars par mois.
Positifs pour le cash flow du groupe, ces deux accords ont parfois été interprétés comme un aveu d’échec implicite sur le développement en propre de modèles commerciaux (xAI et Grok n’ayant jamais obtenu une traction commerciale comparable à celle des leaders du marché). L’acquisition de Cursor participe indirectement à démentir cette idée, mais elle confirme que xAI, chez qui les départs se sont multipliés ces derniers mois, a probablement besoin de renforts ou de compétences nouvelles pour rester dans la course.
SpaceX procèdera donc à l’acquisition de Cursor (sous réserve des habituelles validations réglementaires) par échange de titres. Le nombre exact d’actions de type A (aux droits de vote limités par rapport aux actions de type B détenues en grande majorité par Elon Musk) sera basé sur une moyenne du cours en bourse de SpaceX, pondérée par le volume des échanges, sur les sept jours précédant la conclusion du deal.
Difficile à ce stade de prédire à quel cours s’échangera le titre SPCX aux alentours du troisième trimestre. Introduit vendredi à 135 dollars l’action, le titre a dépassé les 220 dollars mardi 16 juin peu après l’ouverture du Nasdaq suite à l’annonce du rachat de Cursor, avant de se stabiliser sur une hausse tout de même conséquente de 10 % par rapport à la clôture de la séance précédente.
Mardi vers 16h30, sa valorisation s’établissait ainsi à 2 700 milliards de dollars, ce qui place SpaceX dans le top 5 des capitalisations boursières mondiales, devant Amazon (environ 2 650 milliards de dollars à la même heure).
Force est de constater que les marchés ont répondu présents à l’appel de SpaceX : l’opération initiale d’introduction en bourse a été largement sursouscrite, et les banques qui en disposaient ont exercé leurs clauses de surallocation (un dispositif qui permet d’acheter un peu plus d’actions que prévu), ce qui a permis à l’entreprise de lever quelque 85 milliards de dollars d’argent frais.
Plusieurs voix, dans le monde financier, s’étaient pourtant élevées pour dénoncer les risques associés à la valorisation possiblement excessive de SpaceX et à la gouvernance concentrée entre les mains d’Elon Musk. D’aucuns rappellent également le caractère utopiste des promesses formulées par l’entrepreneur, qui a construit tout le narratif de l’IPO autour de la possibilité de placer des centaines de MW de puissance de calcul informatique en orbite et d’ouvrir la voie au voyage interplanétaire.
Une chose est sure, son statut de premier « billionnaire » au monde (fortune personnelle dépassant les 1 000 milliards de dollars) et ses nouvelles obligations liées à la cotation de SpaceX n’ont pas entamé le sentiment d’impunité dont semble jouir Musk sur son réseau social. Le 9 juin dernier, pendant que le tout Wall Street spéculait sur le succès de l’IPO, l’entrepreneur relayait sur X les messages du militant d’extrême-droite Tommy Robinson, appelant à « manifester SOUVENT et FORTEMENT », alors que Belfast était traversée par une vague de manifestations violentes.
Des budgets toujours plus énormes, des temps de développement toujours plus longs, mais un nombre de joueurs qui augmente peu sans que ces derniers ne dépensent plus : pour les éditeurs de jeux, notamment les AAA, c’est la quadrature du cercle. Augmenter les prix des jeux n’est guère populaire, alors quoi ? Une des solutions envisagées par l’industrie ne plaira pas à tout le monde : plus de pub.
De la pub dans les jeux vidéo, ce n’est vraiment pas inédit. Les liens entre ces deux activités sont anciens : Adventureland, un jeu d’aventure textuel de 1978 (!), créé par Scott Adams, contient un message à la fin qui fait la promotion d’un livre de l’auteur. En 1983, le jeu Tapper était entièrement habillé aux couleurs d’une célèbre marque de bière américaine. Mais sans remonter si loin, les simulations sportives, notamment de course et de foot, multiplient les espaces de pub, comme à la télé.
Electronic Arts, géant états-unien du jeu vidéo, n’est jamais en panne d’idées pour rentabiliser ses lucratives franchises. Le groupe a en effet largement contribué à populariser et normaliser certaines formes de microtransactions, comme les fameux modes Ultimate Team inaugurés en 2009 dans les jeux FIFA (des packs virtuels de cartes de joueurs). EA a aussi multiplié les « loot boxes » qui, dans certains pays comme la Belgique, s’apparentent à des jeux de hasard.
Le groupe a lancé une nouvelle plateforme publicitaire, EA Advertising, pour faciliter la présence de marques dans ses jeux sportifs. Il y a du potentiel : « Les fans interagissent avec EA SPORTS à une échelle considérable : chaque jour, ils jouent l’équivalent de 23 000 saisons de NFL dans Madden NFL et disputent plus d’un milliard de matchs par mois dans EA SPORTS FC », s’enorgueillit l’entreprise. La publicité est déjà largement présente dans ces jeux, mais cette initiative vise à en afficher encore plus, et pas uniquement dans les panneaux autour du terrain.
Les marques vont ainsi pouvoir « s’intégrer directement au gameplay grâce à des placements dynamiques mis à jour en temps réel » : non seulement des panneaux de pub dans les stades virtuels, mais aussi avec des contenus personnalisés. Une boisson a ainsi habillé de ses couleurs un stade de College Football 26, en y ajoutant sa propre mascotte et des récompenses spécifiques.
EA a fait appel à d’autres annonceurs pour apparaitre ici et là dans les simulations de sport de l’éditeur. Il s’agit de formaliser ces initiatives au travers d’une filiale dédiée, ce qui signifie aussi que les joueurs vont subir davantage de pubs dans leurs jeux préférés.
Pousser la publicité dans les jeux vidéo n’est pas limité à EA. Matthew Ball, le nouveau directeur de la stratégie de Xbox, a fait le parallèle entre le marché du jeu mobile, où la publicité a fait son nid, et celui des PC et consoles. Car au bout du compte, « la publicité finit toujours par occuper tous les espaces disponibles », explique-t-il chez The Game Business. On voit de la pub même pendant les pauses sur Disney+ ou Netflix… « La même logique arrivera probablement, sous une forme ou une autre, sur PC et consoles ».
« Nous ne voulons pas de licenciements. Nous ne voulons pas moins de jeux. Nous ne voulons pas toujours les mêmes jeux. Nous ne voulons pas non plus de hausse des prix. L’argent doit bien venir d’une manière ou d’une autre », ajoute-t-il en rappelant que les joueurs ne dépensent pas davantage. Est-ce à dire que de la publicité va apparaitre dans les jeux Xbox ? La division de Microsoft n’est pas au mieux de sa forme et tire le diable par la queue elle aussi.
Matthew Ball a cependant tenu à démentir les spéculations. Il rappelle d’abord n’avoir pas fait mention de publicité « in game » dans la précédente interview. « Je suis convaincu que les publicités qui interrompent directement le gameplay seraient mal perçues », affirme-t-il au soulagement, sans doute, de nombreux joueurs.
Ce qu’il a dit en revanche, c’est que « la publicité pourrait servir à proposer des alternatives moins coûteuses aux expériences actuelles sans publicité, avec l’espoir que davantage de personnes puissent ainsi jouer ». De la même manière que Netflix ou Disney+ qui proposent des abonnements plus abordables, financés par la publicité. Une rumeur court selon laquelle Xbox pourrait effectivement lancer prochainement une telle formule.
Des budgets toujours plus énormes, des temps de développement toujours plus longs, mais un nombre de joueurs qui augmente peu sans que ces derniers ne dépensent plus : pour les éditeurs de jeux, notamment les AAA, c’est la quadrature du cercle. Augmenter les prix des jeux n’est guère populaire, alors quoi ? Une des solutions envisagées par l’industrie ne plaira pas à tout le monde : plus de pub.
De la pub dans les jeux vidéo, ce n’est vraiment pas inédit. Les liens entre ces deux activités sont anciens : Adventureland, un jeu d’aventure textuel de 1978 (!), créé par Scott Adams, contient un message à la fin qui fait la promotion d’un livre de l’auteur. En 1983, le jeu Tapper était entièrement habillé aux couleurs d’une célèbre marque de bière américaine. Mais sans remonter si loin, les simulations sportives, notamment de course et de foot, multiplient les espaces de pub, comme à la télé.
Electronic Arts, géant états-unien du jeu vidéo, n’est jamais en panne d’idées pour rentabiliser ses lucratives franchises. Le groupe a en effet largement contribué à populariser et normaliser certaines formes de microtransactions, comme les fameux modes Ultimate Team inaugurés en 2009 dans les jeux FIFA (des packs virtuels de cartes de joueurs). EA a aussi multiplié les « loot boxes » qui, dans certains pays comme la Belgique, s’apparentent à des jeux de hasard.
Le groupe a lancé une nouvelle plateforme publicitaire, EA Advertising, pour faciliter la présence de marques dans ses jeux sportifs. Il y a du potentiel : « Les fans interagissent avec EA SPORTS à une échelle considérable : chaque jour, ils jouent l’équivalent de 23 000 saisons de NFL dans Madden NFL et disputent plus d’un milliard de matchs par mois dans EA SPORTS FC », s’enorgueillit l’entreprise. La publicité est déjà largement présente dans ces jeux, mais cette initiative vise à en afficher encore plus, et pas uniquement dans les panneaux autour du terrain.
Les marques vont ainsi pouvoir « s’intégrer directement au gameplay grâce à des placements dynamiques mis à jour en temps réel » : non seulement des panneaux de pub dans les stades virtuels, mais aussi avec des contenus personnalisés. Une boisson a ainsi habillé de ses couleurs un stade de College Football 26, en y ajoutant sa propre mascotte et des récompenses spécifiques.
EA a fait appel à d’autres annonceurs pour apparaitre ici et là dans les simulations de sport de l’éditeur. Il s’agit de formaliser ces initiatives au travers d’une filiale dédiée, ce qui signifie aussi que les joueurs vont subir davantage de pubs dans leurs jeux préférés.
Pousser la publicité dans les jeux vidéo n’est pas limité à EA. Matthew Ball, le nouveau directeur de la stratégie de Xbox, a fait le parallèle entre le marché du jeu mobile, où la publicité a fait son nid, et celui des PC et consoles. Car au bout du compte, « la publicité finit toujours par occuper tous les espaces disponibles », explique-t-il chez The Game Business. On voit de la pub même pendant les pauses sur Disney+ ou Netflix… « La même logique arrivera probablement, sous une forme ou une autre, sur PC et consoles ».
« Nous ne voulons pas de licenciements. Nous ne voulons pas moins de jeux. Nous ne voulons pas toujours les mêmes jeux. Nous ne voulons pas non plus de hausse des prix. L’argent doit bien venir d’une manière ou d’une autre », ajoute-t-il en rappelant que les joueurs ne dépensent pas davantage. Est-ce à dire que de la publicité va apparaitre dans les jeux Xbox ? La division de Microsoft n’est pas au mieux de sa forme et tire le diable par la queue elle aussi.
Matthew Ball a cependant tenu à démentir les spéculations. Il rappelle d’abord n’avoir pas fait mention de publicité « in game » dans la précédente interview. « Je suis convaincu que les publicités qui interrompent directement le gameplay seraient mal perçues », affirme-t-il au soulagement, sans doute, de nombreux joueurs.
Ce qu’il a dit en revanche, c’est que « la publicité pourrait servir à proposer des alternatives moins coûteuses aux expériences actuelles sans publicité, avec l’espoir que davantage de personnes puissent ainsi jouer ». De la même manière que Netflix ou Disney+ qui proposent des abonnements plus abordables, financés par la publicité. Une rumeur court selon laquelle Xbox pourrait effectivement lancer prochainement une telle formule.
Petit acteur sur le marché français et européen des appareils de streaming, Roku est en revanche un poids lourd en Amérique du Nord. Et c’est ce qui explique la grosseur du chèque signé par le groupe Fox pour s’offrir le constructeur : 22 milliards de dollars.
Grosse transaction dans le paysage du streaming : Fox, un des principaux groupes audiovisuels américains (Fox News, Fox Sports…), a annoncé l’acquisition de Roku pour la modique somme de 22 milliards de dollars. Cela représente une prime d’environ 20 % par rapport à la valeur de l’action Roku vendredi dernier ; la clôture de l’opération est prévue pour le premier semestre 2027.

Fox ajoute donc à son arsenal tout un catalogue de boîtiers de streaming et de téléviseurs connectés, mais ce n’est pas tellement le matériel qui intéresse le groupe détenu par la famille Murdoch, bien que Roku soit un mastodonte dans ce secteur. La plateforme revendique plus de 100 millions de foyers actifs dans le monde… un monde qui reste largement circonscrit à l’Amérique du Nord. Roku est tout simplement la plateforme numéro 1 aux États-Unis, au Canada et au Mexique en nombre d’heures visionnées.
Fox cherche surtout à renforcer sa position sur le marché plus général du streaming qui lui échappe aujourd’hui. « Ensemble, Fox et Roku entendent créer un groupe média et technologique de nouvelle génération doté d’une grande envergure, à la croisée de deux tendances majeures qui redessinent la consommation vidéo : la place toujours centrale du sport et de l’information en direct, et la progression continue du streaming », peut-on lire dans le communiqué.
Avec Roku, Fox met également la main sur The Roku Channel, l’un des principaux services gratuits financés par la publicité aux États-Unis, qui viendra compléter sa propre plateforme Tubi.
Certaines sources évoquent chez CNN l’impérieuse nécessité pour Fox de sortir de son isolement relatif, surtout après les premiers feux verts réglementaires donnés au rapprochement entre Paramount et Warner Bros. Discovery. Fox risquait de devenir le seul grand groupe média américain sans véritable plateforme de distribution grand public.
Au-delà de ses box, Roku est aussi et surtout un coffre au trésor publicitaire. L’entreprise possède en effet une montagne de données utilisateurs, des outils de ciblage publicitaires et un important inventaire d’espace publicitaire sur les téléviseurs connectés. Le groupe pourra ainsi vendre des campagnes qui combineront ses deux principaux canaux de diffusion Fox News et Fox Sports, mais aussi Tubi, The Roku Channel et au-delà, l’écosystème de Roku.
Histoire de rassurer les partenaires qui ont contribué au succès de Roku, Fox promet que la plateforme restera ouverte – elle continuera d’accueillir Netflix, Disney+, YouTube, Prime Video et d’autres services qui sont désormais des concurrents directs.
Petit acteur sur le marché français et européen des appareils de streaming, Roku est en revanche un poids lourd en Amérique du Nord. Et c’est ce qui explique la grosseur du chèque signé par le groupe Fox pour s’offrir le constructeur : 22 milliards de dollars.
Grosse transaction dans le paysage du streaming : Fox, un des principaux groupes audiovisuels américains (Fox News, Fox Sports…), a annoncé l’acquisition de Roku pour la modique somme de 22 milliards de dollars. Cela représente une prime d’environ 20 % par rapport à la valeur de l’action Roku vendredi dernier ; la clôture de l’opération est prévue pour le premier semestre 2027.

Fox ajoute donc à son arsenal tout un catalogue de boîtiers de streaming et de téléviseurs connectés, mais ce n’est pas tellement le matériel qui intéresse le groupe détenu par la famille Murdoch, bien que Roku soit un mastodonte dans ce secteur. La plateforme revendique plus de 100 millions de foyers actifs dans le monde… un monde qui reste largement circonscrit à l’Amérique du Nord. Roku est tout simplement la plateforme numéro 1 aux États-Unis, au Canada et au Mexique en nombre d’heures visionnées.
Fox cherche surtout à renforcer sa position sur le marché plus général du streaming qui lui échappe aujourd’hui. « Ensemble, Fox et Roku entendent créer un groupe média et technologique de nouvelle génération doté d’une grande envergure, à la croisée de deux tendances majeures qui redessinent la consommation vidéo : la place toujours centrale du sport et de l’information en direct, et la progression continue du streaming », peut-on lire dans le communiqué.
Avec Roku, Fox met également la main sur The Roku Channel, l’un des principaux services gratuits financés par la publicité aux États-Unis, qui viendra compléter sa propre plateforme Tubi.
Certaines sources évoquent chez CNN l’impérieuse nécessité pour Fox de sortir de son isolement relatif, surtout après les premiers feux verts réglementaires donnés au rapprochement entre Paramount et Warner Bros. Discovery. Fox risquait de devenir le seul grand groupe média américain sans véritable plateforme de distribution grand public.
Au-delà de ses box, Roku est aussi et surtout un coffre au trésor publicitaire. L’entreprise possède en effet une montagne de données utilisateurs, des outils de ciblage publicitaires et un important inventaire d’espace publicitaire sur les téléviseurs connectés. Le groupe pourra ainsi vendre des campagnes qui combineront ses deux principaux canaux de diffusion Fox News et Fox Sports, mais aussi Tubi, The Roku Channel et au-delà, l’écosystème de Roku.
Histoire de rassurer les partenaires qui ont contribué au succès de Roku, Fox promet que la plateforme restera ouverte – elle continuera d’accueillir Netflix, Disney+, YouTube, Prime Video et d’autres services qui sont désormais des concurrents directs.