Pas touche aux icônes de l’IA. Amazon, en sa qualité de studio de production (MGM), a décidé de ne pas distribuer le film Artificial, centré autour de Sam Altman. Il se trouve qu’Amazon, en sa qualité de géant du web (AWS), est un partenaire important d’OpenAI. Hasard ou coïncidence ?
Artificial, le dernier long métrage de Luca Guadagnino, va devoir se trouver une nouvelle maison. Amazon MGM a en effet décidé de s’en débarrasser alors qu’il est quasiment terminé. Le réalisateur d’After the Hunt, de Challengers, ou encore du remake 2018 de Suspiria, a mis en boîte une biographie de Sam Altman, fondateur et patron d’OpenAI, incarné par nul autre qu’Andrew Garfield.
Sam Altman (CC BY 2.0) et Andrew Garfield (CC BY-ND 2.0)
« Nous avons le plus grand respect et la plus grande admiration pour Luca Guadagnino en tant que réalisateur primé – sans parler de la relation de longue date que nous entretenons avec lui et que nous espérons poursuivre », affirme sans rire un porte-parole d’Amazon à Variety. « Nous pensons qu’Artificial sera mieux servi s’il est distribué par un autre studio, et nous travaillons en étroite collaboration avec l’équipe du film afin de lui trouver un nouveau foyer. »
Le film va donc être vendu à un autre studio pour y être distribué. Sous quelle forme, au cinéma, en streaming ? À ce stade, il est impossible de le dire. Amazon MGM n’a avancé aucune explication pour justifier l’abandon d’Artificial, mais tous les regards se tournent vers le partenariat entre AWS et OpenAI annoncé en novembre dernier, et renforcé au mois de février. Un engagement qui porte le total des investissements à 100 milliards de dollars sur huit ans.
Artificial avait fait l’objet de plusieurs projections tests ayant suscité des réactions très positives, selon Variety. Les personnages inspirés de Sam Altman et d’Elon Musk (incarné par Ike Barinholtz) apparaitraient parmi les moins sympathiques aux yeux du public de ces projections… Cet abandon en rase campagne est d’autant plus étonnant qu’Amazon aurait eu accès aux premières versions du script avant que Luca Guadagnino ne s’empare du projet.
Pas touche aux icônes de l’IA. Amazon, en sa qualité de studio de production (MGM), a décidé de ne pas distribuer le film Artificial, centré autour de Sam Altman. Il se trouve qu’Amazon, en sa qualité de géant du web (AWS), est un partenaire important d’OpenAI. Hasard ou coïncidence ?
Artificial, le dernier long métrage de Luca Guadagnino, va devoir se trouver une nouvelle maison. Amazon MGM a en effet décidé de s’en débarrasser alors qu’il est quasiment terminé. Le réalisateur d’After the Hunt, de Challengers, ou encore du remake 2018 de Suspiria, a mis en boîte une biographie de Sam Altman, fondateur et patron d’OpenAI, incarné par nul autre qu’Andrew Garfield.
Sam Altman (CC BY 2.0) et Andrew Garfield (CC BY-ND 2.0)
« Nous avons le plus grand respect et la plus grande admiration pour Luca Guadagnino en tant que réalisateur primé – sans parler de la relation de longue date que nous entretenons avec lui et que nous espérons poursuivre », affirme sans rire un porte-parole d’Amazon à Variety. « Nous pensons qu’Artificial sera mieux servi s’il est distribué par un autre studio, et nous travaillons en étroite collaboration avec l’équipe du film afin de lui trouver un nouveau foyer. »
Le film va donc être vendu à un autre studio pour y être distribué. Sous quelle forme, au cinéma, en streaming ? À ce stade, il est impossible de le dire. Amazon MGM n’a avancé aucune explication pour justifier l’abandon d’Artificial, mais tous les regards se tournent vers le partenariat entre AWS et OpenAI annoncé en novembre dernier, et renforcé au mois de février. Un engagement qui porte le total des investissements à 100 milliards de dollars sur huit ans.
Artificial avait fait l’objet de plusieurs projections tests ayant suscité des réactions très positives, selon Variety. Les personnages inspirés de Sam Altman et d’Elon Musk (incarné par Ike Barinholtz) apparaitraient parmi les moins sympathiques aux yeux du public de ces projections… Cet abandon en rase campagne est d’autant plus étonnant qu’Amazon aurait eu accès aux premières versions du script avant que Luca Guadagnino ne s’empare du projet.
Depuis ce vendredi 19 juin, les abonnés Netflix peuvent accéder aux programmes et aux chaines en direct du groupe TF1. Une première mondiale qui pourrait transformer la plateforme de streaming américaine en véritable agrégateur de contenus.
Netflix
D’un coup d’un seul, Netflix vient d’ajouter 35 000 heures de programmes supplémentaires à son catalogue : ceux du groupe TF1. Zodiaque, Koh-Lanta, Demain nous appartient, le JT de 20 heures… Non seulement les abonnés au service de streaming peuvent profiter de ce contenu à la demande, mais ils pourront aussi accéder aux programmes en direct des chaînes TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI. Et cela inclut également les compétitions sportives en live (dans un premier temps, le direct n’est proposé que sur les téléviseurs connectés).
C’est en fait tout TF1+ qui se retrouve [PDF] dans Netflix. Avec en sus les fonctions spécifiques de Netflix : les émissions et films de TF1 sont intégrés dans « Ma liste », le top 10 ou encore la poursuite de lecture, au même titre que les autres contenus de la plateforme. Une section dédiée TF1+ est aussi accessible depuis la page d’accueil de Netflix. Le tapis rouge, en quelque sorte.
« Nous créons ainsi la destination de divertissement ultime pour nos abonnés français », se réjouit Greg Peters, le co-PDG de Netflix. Une formule qui laisse songeur : la plateforme a-t-elle des ambitions d’agrégateur de contenus, à la manière de Canal+ ? Il y a un an, jour pour jour, l’annonce de ce partenariat inédit avait soulevé la question – mais en dehors de TF1, aucun autre groupe audiovisuel traditionnel n’est venu frapper à la porte du géant américain pour y proposer ses programmes.
Cela finira peut-être par arriver, si d’aventure cette nouvelle proposition remporte le succès. TF1+, présenté par le groupe TF1 comme une véritable plateforme de streaming et un concurrent des services comme Netflix, n’est pas en danger. Rodolphe Belmer, le PDG de l’entreprise, expliquait l’an dernier ne pas craindre de cannibalisation des audiences de TF1+, bien au contraire : « [l’opération] sera nettement positive pour nous en termes d’audience ».
Sur un plan plus pragmatique, l’arrivée des contenus de TF1 sur Netflix signifie aussi que ces programmes sont truffés de publicité… y compris, comme le souligne Univers Freebox, pour les titulaires d’un abonnement Netflix sans pub. Il est possible, dans les réglages de son compte Netflix, de désactiver l’affichage du catalogue de TF1+.
Depuis ce vendredi 19 juin, les abonnés Netflix peuvent accéder aux programmes et aux chaines en direct du groupe TF1. Une première mondiale qui pourrait transformer la plateforme de streaming américaine en véritable agrégateur de contenus.
Netflix
D’un coup d’un seul, Netflix vient d’ajouter 35 000 heures de programmes supplémentaires à son catalogue : ceux du groupe TF1. Zodiaque, Koh-Lanta, Demain nous appartient, le JT de 20 heures… Non seulement les abonnés au service de streaming peuvent profiter de ce contenu à la demande, mais ils pourront aussi accéder aux programmes en direct des chaînes TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI. Et cela inclut également les compétitions sportives en live (dans un premier temps, le direct n’est proposé que sur les téléviseurs connectés).
C’est en fait tout TF1+ qui se retrouve [PDF] dans Netflix. Avec en sus les fonctions spécifiques de Netflix : les émissions et films de TF1 sont intégrés dans « Ma liste », le top 10 ou encore la poursuite de lecture, au même titre que les autres contenus de la plateforme. Une section dédiée TF1+ est aussi accessible depuis la page d’accueil de Netflix. Le tapis rouge, en quelque sorte.
« Nous créons ainsi la destination de divertissement ultime pour nos abonnés français », se réjouit Greg Peters, le co-PDG de Netflix. Une formule qui laisse songeur : la plateforme a-t-elle des ambitions d’agrégateur de contenus, à la manière de Canal+ ? Il y a un an, jour pour jour, l’annonce de ce partenariat inédit avait soulevé la question – mais en dehors de TF1, aucun autre groupe audiovisuel traditionnel n’est venu frapper à la porte du géant américain pour y proposer ses programmes.
Cela finira peut-être par arriver, si d’aventure cette nouvelle proposition remporte le succès. TF1+, présenté par le groupe TF1 comme une véritable plateforme de streaming et un concurrent des services comme Netflix, n’est pas en danger. Rodolphe Belmer, le PDG de l’entreprise, expliquait l’an dernier ne pas craindre de cannibalisation des audiences de TF1+, bien au contraire : « [l’opération] sera nettement positive pour nous en termes d’audience ».
Sur un plan plus pragmatique, l’arrivée des contenus de TF1 sur Netflix signifie aussi que ces programmes sont truffés de publicité… y compris, comme le souligne Univers Freebox, pour les titulaires d’un abonnement Netflix sans pub. Il est possible, dans les réglages de son compte Netflix, de désactiver l’affichage du catalogue de TF1+.
La première phase de la gouvernance de l’IA fut « facile »
Après avoir supervisé le plan d’action de la Maison-Blanche consacré à l’IA, Dean Ball avait rejoint un think tank très conservateur connu pour ses positions climatosceptiques et favorables aux énergies fossiles. Il sera chargé, chez OpenAI, des questions liées aux risques catastrophiques, à l’impact sur le marché du travail, ainsi qu’aux relations avec les gouvernements et la société.
Dean Ball, qui a contribué à définir les premières politiques de l’administration Trump en matière d’IA, rejoint OpenAI, révèle Axios. D’après POLITICO, Dean Ball est l’ancien conseiller en chef de la Maison-Blanche en matière d’IA, auteur principal de son plan d’action sur l’IA publié l’été dernier.
M. Ball va prendre la tête d’une nouvelle équipe au sein du laboratoire « Strategic Futures », où il se consacrera à l’élaboration de la politique d’OpenAI en matière d’IA frontière et à la gouvernance interne de l’entreprise.
Il avait occupé le poste de Senior Policy Advisor en matière d’IA et de technologies émergentes au sein du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche. Axios et POLITICO ne le précisent pas, mais d’après son LinkedIn, la mission n’avait duré que d’avril à août 2025.
Membre d’un think tank très conservateur climatosceptique
Il avait depuis rejoint la Foundation for American Innovation, un groupe de réflexion de droite spécialisé dans les technologies, au sein duquel il occupe le poste de chercheur senior. En mars, il avait été nommé chercheur invité à la Heritage Foundation, un think tank et lobby considéré comme très conservateur et climatosceptique, à l’origine du Project 2025.
Ce programme de 900 pages de transition présidentielle visait notamment à promouvoir une politique gouvernementale alignée sur des éléments du christianisme, supprimer le département de l’Éducation afin de lutter contre la « propagande woke », remplacer des dizaines de milliers de fonctionnaires par des militants pro-Trump, se retirer de l’accord de Paris sur le climat, et réduire fortement les réglementations et subventions aux programmes de recherche en matière environnementale et climatique pour favoriser la production de combustibles fossiles.
Garantir que les USA façonnent l’avenir de l’IA avec des valeurs conservatrices
L’Heritage Foundation lui avait donné comme mission d’ « élaborer une approche fondée sur des principes qui garantisse que ce soit les États-Unis, et non la Chine, qui façonnent l’avenir de cette technologie et préservent notre république pour la prochaine génération ».
« Alors que les progrès de l’IA s’accélèrent de mois en mois, la question de savoir quelles valeurs et principes devraient sous-tendre le développement et l’utilisation de cette technologie revêt une importance croissante » avait alors déclaré Dean Ball :
« La droite américaine doit jouer un rôle de premier plan pour définir la réponse à cette question. C’est un honneur de contribuer à aider la Heritage Foundation, l’une des institutions phares de la droite, à apporter sa contribution dans ce domaine essentiel. »
Un des principaux détracteurs du conflit qui oppose Trump à Anthropic
Dean Ball continue d’avoir l’oreille de la Maison Blanche, relève POLITICO. Il s’est imposé depuis début mars comme l’un des principaux détracteurs du conflit qui oppose actuellement l’administration Trump à Anthropic — notamment la décision du Pentagone de qualifier l’entreprise de « risque pour la chaîne d’approvisionnement » et celle prise la semaine dernière par la Maison Blanche d’imposer des restrictions à l’exportation du nouveau modèle d’IA « Fable » d’Anthropic.
Sur son Substack, Hyperdimensional, Dean Ball précise que sa « petite équipe » disposera d’une « grande autonomie », et qu’elle sera placée sous l’autorité de Jason Kwon, le directeur de la stratégie d’OpenAI. Sa mission sera d’élaborer la politique relative à l’IA frontière, « c’est-à-dire les questions liées aux risques catastrophiques, à l’auto-amélioration récursive, à l’impact sur le marché du travail, ainsi qu’aux relations entre les laboratoires frontières, les gouvernements (en particulier le gouvernement fédéral américain) et la société ».
Il conclut son billet en soulignant que « la première phase de la gouvernance de l’IA – celle qui s’est étendue de novembre 2022 environ jusqu’à fin 2025 ou début 2026 – était un « mode facile » » :
« Une nouvelle phase, plus difficile, vient de s’ouvrir. La dimension politique prendra de l’ampleur et les enjeux seront plus importants. Je trouve du réconfort dans le fait que nous entrons dans cette nouvelle ère avec des outils technologiques extrêmement performants pour nous aider à bâtir un avenir sûr et un monde meilleur – des outils dont la puissance ne cesse de croître à un rythme toujours plus rapide au fil des mois. »
La première phase de la gouvernance de l’IA fut « facile »
Après avoir supervisé le plan d’action de la Maison-Blanche consacré à l’IA, Dean Ball avait rejoint un think tank très conservateur connu pour ses positions climatosceptiques et favorables aux énergies fossiles. Il sera chargé, chez OpenAI, des questions liées aux risques catastrophiques, à l’impact sur le marché du travail, ainsi qu’aux relations avec les gouvernements et la société.
Dean Ball, qui a contribué à définir les premières politiques de l’administration Trump en matière d’IA, rejoint OpenAI, révèle Axios. D’après POLITICO, Dean Ball est l’ancien conseiller en chef de la Maison-Blanche en matière d’IA, auteur principal de son plan d’action sur l’IA publié l’été dernier.
M. Ball va prendre la tête d’une nouvelle équipe au sein du laboratoire « Strategic Futures », où il se consacrera à l’élaboration de la politique d’OpenAI en matière d’IA frontière et à la gouvernance interne de l’entreprise.
Il avait occupé le poste de Senior Policy Advisor en matière d’IA et de technologies émergentes au sein du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche. Axios et POLITICO ne le précisent pas, mais d’après son LinkedIn, la mission n’avait duré que d’avril à août 2025.
Membre d’un think tank très conservateur climatosceptique
Il avait depuis rejoint la Foundation for American Innovation, un groupe de réflexion de droite spécialisé dans les technologies, au sein duquel il occupe le poste de chercheur senior. En mars, il avait été nommé chercheur invité à la Heritage Foundation, un think tank et lobby considéré comme très conservateur et climatosceptique, à l’origine du Project 2025.
Ce programme de 900 pages de transition présidentielle visait notamment à promouvoir une politique gouvernementale alignée sur des éléments du christianisme, supprimer le département de l’Éducation afin de lutter contre la « propagande woke », remplacer des dizaines de milliers de fonctionnaires par des militants pro-Trump, se retirer de l’accord de Paris sur le climat, et réduire fortement les réglementations et subventions aux programmes de recherche en matière environnementale et climatique pour favoriser la production de combustibles fossiles.
Garantir que les USA façonnent l’avenir de l’IA avec des valeurs conservatrices
L’Heritage Foundation lui avait donné comme mission d’ « élaborer une approche fondée sur des principes qui garantisse que ce soit les États-Unis, et non la Chine, qui façonnent l’avenir de cette technologie et préservent notre république pour la prochaine génération ».
« Alors que les progrès de l’IA s’accélèrent de mois en mois, la question de savoir quelles valeurs et principes devraient sous-tendre le développement et l’utilisation de cette technologie revêt une importance croissante » avait alors déclaré Dean Ball :
« La droite américaine doit jouer un rôle de premier plan pour définir la réponse à cette question. C’est un honneur de contribuer à aider la Heritage Foundation, l’une des institutions phares de la droite, à apporter sa contribution dans ce domaine essentiel. »
Un des principaux détracteurs du conflit qui oppose Trump à Anthropic
Dean Ball continue d’avoir l’oreille de la Maison Blanche, relève POLITICO. Il s’est imposé depuis début mars comme l’un des principaux détracteurs du conflit qui oppose actuellement l’administration Trump à Anthropic — notamment la décision du Pentagone de qualifier l’entreprise de « risque pour la chaîne d’approvisionnement » et celle prise la semaine dernière par la Maison Blanche d’imposer des restrictions à l’exportation du nouveau modèle d’IA « Fable » d’Anthropic.
Sur son Substack, Hyperdimensional, Dean Ball précise que sa « petite équipe » disposera d’une « grande autonomie », et qu’elle sera placée sous l’autorité de Jason Kwon, le directeur de la stratégie d’OpenAI. Sa mission sera d’élaborer la politique relative à l’IA frontière, « c’est-à-dire les questions liées aux risques catastrophiques, à l’auto-amélioration récursive, à l’impact sur le marché du travail, ainsi qu’aux relations entre les laboratoires frontières, les gouvernements (en particulier le gouvernement fédéral américain) et la société ».
Il conclut son billet en soulignant que « la première phase de la gouvernance de l’IA – celle qui s’est étendue de novembre 2022 environ jusqu’à fin 2025 ou début 2026 – était un « mode facile » » :
« Une nouvelle phase, plus difficile, vient de s’ouvrir. La dimension politique prendra de l’ampleur et les enjeux seront plus importants. Je trouve du réconfort dans le fait que nous entrons dans cette nouvelle ère avec des outils technologiques extrêmement performants pour nous aider à bâtir un avenir sûr et un monde meilleur – des outils dont la puissance ne cesse de croître à un rythme toujours plus rapide au fil des mois. »
Du « botsitting » au « botshitting », la « merdification » de l'IA
Si l’IA est souvent présentée comme une forme de « technosolutionnisme » permettant d’obtenir des réponses à ses questions et problèmes, ceux qui s’en servent au travail en dressent un profil bien plus nuancé. 75 % en tirent des gains de productivité, à titre individuel, mais seuls 13 % estiment que leur entreprise en profite également. Le temps passé au contact des modèles est par ailleurs consacré aux deux tiers à baby-sitter l’IA, contre 36 % à s’en servir réellement.
Une enquête menée auprès de 6 000 professionnels du numérique aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Australie, indique que 87 % d’entre eux utilisent l’IA au travail, 77 % plusieurs IA, 33 % au moins quatre, leur permettant d’automatiser 27 % de leur production.
75 % estiment que cela les rend plus productifs, leur permettant de gagner 11 heures par semaine environ, soit un peu moins d’un tiers de leur temps de travail hebdomadaire. Pour autant, seuls 13 % estiment que leur entreprise en tire un bénéfice significatif. Ce gap énorme s’expliquerait par l’incapacité des organisations à capitaliser, de façon collective, sur les gains individuels.
Les IA ressembleraient en effet à des bébés qu’il faut non seulement surveiller, en permanence, mais également à des êtres plus ou moins incontrôlables dont les bêtises peuvent parfois pourrir la vie de ceux chargés de s’en occuper. C’est la thèse d’une étude consacrée au coût humain caché de l’IA au travail, intitulée « Botsitting, botshitting, and the hidden human labor of AI at work », reposant sur des jeux de mots difficiles à traduire en français.
Réalisée par le Work AI Institute, qui réunit plusieurs universitaires états-uniens afin de repenser l’organisation du travail à l’ère de l’IA, elle qualifie de « botsitting » le travail nécessaire pour rendre l’IA utilisable, notamment en lui fournissant le contexte manquant, en vérifiant ses résultats, et en corrigeant les réponses que l’IA donne avec assurance mais qui se révèlent erronées.
L’étude montre que les travailleurs ayant recours à l’IA consacreraient désormais en moyenne 6,4 heures par semaine au « botsitting », soit plus de la moitié des 11 heures que les IA leur font par ailleurs gagner.
Lorsque ce travail n’est ni suivi, ni budgétisé, ni supervisé, que les employés cessent de vérifier les résultats et livrent un travail qu’ils ne peuvent ni expliquer ni défendre pleinement, le « botsitting » se transforme en quelque chose de plus problématique : le « botshitting », à savoir la livraison d’un travail généré par l’IA que les employés n’ont pas relu, ne comprennent pas entièrement ou ne pourraient pas défendre si on les interrogeait à ce sujet. L’étude indique que 69 % des utilisateurs d’IA admettent pratiquer le « botshitting » au travail.
41 % des sondés utilisent des réponses de l’IA qu’ils ne comprennent pas
Cette propension à devoir coller aux basques de ses IA s’explique par la dépendance d’un nombre croissant d’employés vis-à-vis de ces bots, et/ou par les facilités qu’ils permettent. L’étude indique en effet que 48 % des travailleurs du numérique interrogés se tournent vers l’IA avant d’essayer de résoudre un problème par eux-mêmes.
52 % trouvent en outre qu’il est plus facile de collaborer avec l’IA qu’avec leurs collègues humains. Et 61 % affirment que l’IA les aide davantage dans leur travail quotidien que leur propre responsable. Dans le même temps, 28 % des travailleurs attribuent désormais leurs propres erreurs à l’IA qu’ils ont utilisée pour répondre à la tâche qui leur était assignée.
41 % des sondés utilisent des réponses de l’IA qu’ils ne comprennent pas – Work AI Institute
41 % proposent de mettre en production des résultats générés par l’IA qu’ils ne sont pas en mesure d’expliquer, contraignant leurs collègues ou N+1 à passer et perdre du temps à comprendre ce dont il retourne exactement, et rectifier les problèmes associés.
60 % des travailleurs américains renvoient le même prompt à plusieurs IA faute d’être satisfaits du résultat, quitte à partager le résultat le moins mauvais, du moment qu’il est « à peu près correct », et quand bien même il ne répondrait pas correctement à la tâche qu’ils devaient initialement effectuer.
Près de 2/3 du temps à baby-sitter l’IA, 36 % à s’en servir réellement
L’étude montre également que pour chaque heure qu’un employé consacre à obtenir des résultats utiles de l’IA, il en passe environ une autre à rendre ces résultats exploitables.
Sur le temps total que les employés consacrent chaque semaine à interagir avec l’IA, 37 % sont consacrés au « botsitting », 36 % à l’utilisation effective de l’outil pour travailler, 27 % à l’apprentissage des outils et à la création d’agents.
Près de 2/3 du temps à baby-sitter l’IA, 36 % à s’en servir réellement – Work AI Institute
Des chiffres qui varient en fonction de l’intensité du recours à l’IA : 35 % des utilisateurs occasionnels se retrouvent en situation de « botsitters », contre 65 % des utilisateurs réguliers, et 74 % des utilisateurs intensifs.
Si tant de temps est consacré au « botsitting », c’est en partie parce que les outils sont souvent défaillants, les employés indiquant que plus d’un tiers (36 %) des sessions d’IA « échouent » purement et simplement. Les employés qui utilisent plusieurs outils d’IA sont également 35 % plus susceptibles de se retrouver en situation de « botsitters ».
Ce qui a aussi des conséquences en matière de charge mentale. Pour chaque augmentation de 10 % du temps que les employés consacrent à alimenter l’IA en contexte, ils sont 25 % plus susceptibles de se sentir épuisés par cette tâche, relève l’étude :
« La plupart des tâches liées à la supervision des modèles d’IA relèvent du travail fastidieux : il s’agit notamment de recharger le contexte dans différents outils, de repérer les erreurs de raisonnement et de vérifier les résultats qui semblent sûrs d’eux, ou pire encore, qui flattent les utilisateurs en leur donnant les réponses qu’ils souhaitent entendre plutôt que la vérité. »
69 % des utilisateurs d’IA reconnaissent pratiquer le « botshitting » au travail
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La prochaine rentrée va se dérouler sans smartphones pour les lycéens. C’est du moins ce qu’affirme Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale, qui a annoncé l’interdiction des téléphones portables dans les lycées le 1er septembre.
La loi « en cours d’élaboration » interdisant l’utilisation des téléphones portables dans les lycées devrait être publiée cet été, a indiqué Édouard Geffray à France Info. Le ministre de l’Éducation est cependant un peu flou, car dans le même temps il explique que le gouvernement attend une décision de la Commission européenne sur l’autre volet du texte, qui concerne l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Mais la partie sur l’interdiction des smartphones devrait « très probablement » entrer en vigueur dès la rentrée.
Illustration : Flock
Le ministère va envoyer prochainement « un certain nombre d’éléments aux chefs d’établissement pour qu’ils puissent mettre ça en place », ajoute-t-il. « Je considère que c’est quelque chose qui est absolument majeur pour nos élèves ». Ce faisant, les lycées rejoindront donc les collèges, les élèves n’ont pas le droit d’utiliser de smartphone dans l’établissement pendant les cours et en dehors, pendant les récréations ou les activités scolaires se déroulant à l’extérieur.
Ce n’est pas une surprise : Emmanuel Macron avait déclaré en novembre dernier qu’il souhaitait l’extension de l’interdiction aux lycées. C’est la manière la plus efficace selon lui « si on considère qu’il y a un vrai risque ». Néanmoins, la mesure dans les collèges — pourtant inscrite dans la loi depuis 2018 — est toujours compliquée à mettre en œuvre concrètement. En septembre 2025, seuls 9 % des collèges avaient mis en place cette « pause numérique ».
Il revient en effet aux départements de financer l’achat des casiers de stockage dans les collèges : « Je ne peux pas imposer aux départements d’acquérir des casiers », avait botté en touche Édouard Geffray en novembre dernier. Les régions, qui ont la responsabilité des lycées et de leurs équipements, seront-elles plus réceptives ?
La prochaine rentrée va se dérouler sans smartphones pour les lycéens. C’est du moins ce qu’affirme Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale, qui a annoncé l’interdiction des téléphones portables dans les lycées le 1er septembre.
La loi « en cours d’élaboration » interdisant l’utilisation des téléphones portables dans les lycées devrait être publiée cet été, a indiqué Édouard Geffray à France Info. Le ministre de l’Éducation est cependant un peu flou, car dans le même temps il explique que le gouvernement attend une décision de la Commission européenne sur l’autre volet du texte, qui concerne l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Mais la partie sur l’interdiction des smartphones devrait « très probablement » entrer en vigueur dès la rentrée.
Illustration : Flock
Le ministère va envoyer prochainement « un certain nombre d’éléments aux chefs d’établissement pour qu’ils puissent mettre ça en place », ajoute-t-il. « Je considère que c’est quelque chose qui est absolument majeur pour nos élèves ». Ce faisant, les lycées rejoindront donc les collèges, les élèves n’ont pas le droit d’utiliser de smartphone dans l’établissement pendant les cours et en dehors, pendant les récréations ou les activités scolaires se déroulant à l’extérieur.
Ce n’est pas une surprise : Emmanuel Macron avait déclaré en novembre dernier qu’il souhaitait l’extension de l’interdiction aux lycées. C’est la manière la plus efficace selon lui « si on considère qu’il y a un vrai risque ». Néanmoins, la mesure dans les collèges — pourtant inscrite dans la loi depuis 2018 — est toujours compliquée à mettre en œuvre concrètement. En septembre 2025, seuls 9 % des collèges avaient mis en place cette « pause numérique ».
Il revient en effet aux départements de financer l’achat des casiers de stockage dans les collèges : « Je ne peux pas imposer aux départements d’acquérir des casiers », avait botté en touche Édouard Geffray en novembre dernier. Les régions, qui ont la responsabilité des lycées et de leurs équipements, seront-elles plus réceptives ?
Mettre l’IA à toutes les sauces, y compris dans sa communication, n’est peut-être pas le meilleur moyen pour les entreprises de séduire les consommateurs. Une étude menée aux États-Unis par WordPress VIP montre même que le marketing à base d’IA est contre-productif.
IA, IA, IA. Les entreprises n’ont plus que ce mot à la bouche, y compris quand ça n’a aucun sens. Pourtant, le rejet de l’IA est réel, en particulier chez les jeunes générations qui multiplient les protestations contre ce qu’elles perçoivent comme une menace existentielle.
Certains grands groupes ont d’ailleurs commencé à réduire la voilure sur l’IA, du moins dans leur communication comme on le voit chez Microsoft – pourtant un des principaux promoteurs de cette technologie – depuis le début de l’année. L’éditeur a mis la sourdine (un peu), il a redirigé une partie de ses ressources dans la fiabilité et l’optimisation de Windows et de ses logiciels, en continuant toutefois à investir lourdement dans l’IA. Mais tout est une affaire de perception.
Le trop-plein de marketing à base d’IA a produit ses effets, comme le montre une étude réalisée par WordPress VIP, une société du groupe Automattic qui commercialise une version de la plateforme de publication pour les grandes organisations.
Conduit auprès de 2 000 personnes aux États-Unis en avril, dont 800 décideurs d’entreprise et directeurs marketing, le sondage indique aussi que pour 60 % des consommateurs américains, la présence de l’IA dans la communication d’une marque est rédhibitoire. Et 61 % d’entre eux ne peuvent pas citer une marque qui utilise l’IA convenablement dans son marketing.
L’IA gagne du trafic mais pas la confiance des internautes
Plus globalement, la confiance dans l’IA n’existe pas. 86 % des répondants préfèrent vérifier les informations à la source plutôt que de se fier uniquement aux réponses générées par IA. Pour 42 % des personnes interrogées, ces réponses dépourvues de références sont parmi les contenus les moins fiables.
Sur un plan plus général, 42 % des répondants estiment qu’internet a perdu une partie de son caractère humain au cours de la dernière décennie. 8 personnes sur 10 jugent que l’information en ligne doit rester ouverte et décentralisée, c’est à dire pas contrôlée entre les mains de grandes organisations.
Un constat partagé par toutes les générations : entre 51 % et 61 % des personnes interrogées estiment qu’il est « très important » de préserver un accès ouvert à l’information. Et trois quart d’entre elles craignent qu’une poignée de plateformes décident de la manière dont l’information en ligne est résumée et mise en avant.
« Si le contenu de votre site n’est pas lisible par l’IA, vous devenez invisible pour une part croissante des recherches effectuées en ligne. Vous n’existez tout simplement pas », explique Brian Alvey, directeur technique de WordPress VIP (qui plaide pour sa paroisse puisqu’il vend des outils de publication en ligne). « Et si votre contenu ne paraît pas humain et digne de confiance aux yeux de la petite fraction d’utilisateurs qui cliquent encore au-delà des réponses générées par l’IA, ils ne reviendront pas une deuxième fois », ajoute-t-il.
La méfiance des internautes envers l’IA n’est donc pas une vue de l’esprit, mais dans le même temps l’étude montre aussi que les sites web reçoivent de plus en plus de visiteurs provenant de moteurs de recherche basés sur l’IA. 60 % des responsables d’entreprise interrogés indiquent ainsi que le trafic issu des réponses IA a augmenté ces douze derniers mois. Une meilleure visibilité et une meilleure attribution des contenus constituent une priorité pour 74 % des décideurs.
Mettre l’IA à toutes les sauces, y compris dans sa communication, n’est peut-être pas le meilleur moyen pour les entreprises de séduire les consommateurs. Une étude menée aux États-Unis par WordPress VIP montre même que le marketing à base d’IA est contre-productif.
IA, IA, IA. Les entreprises n’ont plus que ce mot à la bouche, y compris quand ça n’a aucun sens. Pourtant, le rejet de l’IA est réel, en particulier chez les jeunes générations qui multiplient les protestations contre ce qu’elles perçoivent comme une menace existentielle.
Certains grands groupes ont d’ailleurs commencé à réduire la voilure sur l’IA, du moins dans leur communication comme on le voit chez Microsoft – pourtant un des principaux promoteurs de cette technologie – depuis le début de l’année. L’éditeur a mis la sourdine (un peu), il a redirigé une partie de ses ressources dans la fiabilité et l’optimisation de Windows et de ses logiciels, en continuant toutefois à investir lourdement dans l’IA. Mais tout est une affaire de perception.
Le trop-plein de marketing à base d’IA a produit ses effets, comme le montre une étude réalisée par WordPress VIP, une société du groupe Automattic qui commercialise une version de la plateforme de publication pour les grandes organisations.
Conduit auprès de 2 000 personnes aux États-Unis en avril, dont 800 décideurs d’entreprise et directeurs marketing, le sondage indique aussi que pour 60 % des consommateurs américains, la présence de l’IA dans la communication d’une marque est rédhibitoire. Et 61 % d’entre eux ne peuvent pas citer une marque qui utilise l’IA convenablement dans son marketing.
L’IA gagne du trafic mais pas la confiance des internautes
Plus globalement, la confiance dans l’IA n’existe pas. 86 % des répondants préfèrent vérifier les informations à la source plutôt que de se fier uniquement aux réponses générées par IA. Pour 42 % des personnes interrogées, ces réponses dépourvues de références sont parmi les contenus les moins fiables.
Sur un plan plus général, 42 % des répondants estiment qu’internet a perdu une partie de son caractère humain au cours de la dernière décennie. 8 personnes sur 10 jugent que l’information en ligne doit rester ouverte et décentralisée, c’est à dire pas contrôlée entre les mains de grandes organisations.
Un constat partagé par toutes les générations : entre 51 % et 61 % des personnes interrogées estiment qu’il est « très important » de préserver un accès ouvert à l’information. Et trois quart d’entre elles craignent qu’une poignée de plateformes décident de la manière dont l’information en ligne est résumée et mise en avant.
« Si le contenu de votre site n’est pas lisible par l’IA, vous devenez invisible pour une part croissante des recherches effectuées en ligne. Vous n’existez tout simplement pas », explique Brian Alvey, directeur technique de WordPress VIP (qui plaide pour sa paroisse puisqu’il vend des outils de publication en ligne). « Et si votre contenu ne paraît pas humain et digne de confiance aux yeux de la petite fraction d’utilisateurs qui cliquent encore au-delà des réponses générées par l’IA, ils ne reviendront pas une deuxième fois », ajoute-t-il.
La méfiance des internautes envers l’IA n’est donc pas une vue de l’esprit, mais dans le même temps l’étude montre aussi que les sites web reçoivent de plus en plus de visiteurs provenant de moteurs de recherche basés sur l’IA. 60 % des responsables d’entreprise interrogés indiquent ainsi que le trafic issu des réponses IA a augmenté ces douze derniers mois. Une meilleure visibilité et une meilleure attribution des contenus constituent une priorité pour 74 % des décideurs.
La taxation et la régulation du numérique avanceront-elles à Évian ? Ce 17 juin, le président de la République Emmanuel Macron accueille ses homologues du G7 pour une session de travail sur la question de la sécurisation de l’intelligence artificielle et divers autres enjeux liés au numérique, à commencer par la protection des mineurs et la taxation des géants de la tech.
Plusieurs dirigeants de sociétés tech sont aussi présents, dont les dirigeants d’OpenAI Sam Altman, d’Anthropic Dario Amodei, ou de Mistral AI Arthur Mensch. États-Unis, Allemagne, Canada, France, Italie, Japon et Royaume-Uni sont globalement d’accord sur la question de la protection des mineurs face aux réseaux sociaux, que celle-ci passe par une interdiction jusqu’à 15 ou 16 ans.
Illustration : Flock
La taxation, comme toute forme de régulation, sont en revanche de nets sujets de dissension : le 15 juin, Donald Trump menaçait d’imposer des droits de douane de 100 % sur le vin français si l’hexagone ne supprimait pas sa taxation des sociétés numériques, ce à quoi Emmanuel Macron répondait que ce n’était « pas les États-Unis qui décident ».
En 2019, la France a instauré une taxe de 3 % sur les revenus réalisés sur son territoire par les sociétés numériques, géants états-uniens compris. Au niveau national, cette taxe s’est d’ailleurs retrouvée au cœur des débats politiques, notamment au moment de la discussion du budget. À l’international, en revanche, le Canada a été contraint de renoncer à un projet similaire en 2025.
Dans la mesure où les États-Unis viennent de bloquer l’accès à Fable 5 et Mythos 5, les derniers modèles d’Anthropic, c’est en revanche sur la souveraineté des uns et des autres sur ces nouvelles technologies qu’une large part des discussions devrait se concentrer. La France comme le reste de l’Europe ont désormais bien conscience de leur manque de maîtrise des modèles et de la puissance de calcul, de même qu’à leur dépendance à divers autres fournisseurs technologiques non européens.
Outre les discussions prévues pour le déjeuner de travail de ce 17 juin sur la question, Donald Trump doit encore être reçu par Emmanuel Macron ce mercredi soir, au château de Versailles.
La taxation et la régulation du numérique avanceront-elles à Évian ? Ce 17 juin, le président de la République Emmanuel Macron accueille ses homologues du G7 pour une session de travail sur la question de la sécurisation de l’intelligence artificielle et divers autres enjeux liés au numérique, à commencer par la protection des mineurs et la taxation des géants de la tech.
Plusieurs dirigeants de sociétés tech sont aussi présents, dont les dirigeants d’OpenAI Sam Altman, d’Anthropic Dario Amodei, ou de Mistral AI Arthur Mensch. États-Unis, Allemagne, Canada, France, Italie, Japon et Royaume-Uni sont globalement d’accord sur la question de la protection des mineurs face aux réseaux sociaux, que celle-ci passe par une interdiction jusqu’à 15 ou 16 ans.
Illustration : Flock
La taxation, comme toute forme de régulation, sont en revanche de nets sujets de dissension : le 15 juin, Donald Trump menaçait d’imposer des droits de douane de 100 % sur le vin français si l’hexagone ne supprimait pas sa taxation des sociétés numériques, ce à quoi Emmanuel Macron répondait que ce n’était « pas les États-Unis qui décident ».
En 2019, la France a instauré une taxe de 3 % sur les revenus réalisés sur son territoire par les sociétés numériques, géants états-uniens compris. Au niveau national, cette taxe s’est d’ailleurs retrouvée au cœur des débats politiques, notamment au moment de la discussion du budget. À l’international, en revanche, le Canada a été contraint de renoncer à un projet similaire en 2025.
Dans la mesure où les États-Unis viennent de bloquer l’accès à Fable 5 et Mythos 5, les derniers modèles d’Anthropic, c’est en revanche sur la souveraineté des uns et des autres sur ces nouvelles technologies qu’une large part des discussions devrait se concentrer. La France comme le reste de l’Europe ont désormais bien conscience de leur manque de maîtrise des modèles et de la puissance de calcul, de même qu’à leur dépendance à divers autres fournisseurs technologiques non européens.
Outre les discussions prévues pour le déjeuner de travail de ce 17 juin sur la question, Donald Trump doit encore être reçu par Emmanuel Macron ce mercredi soir, au château de Versailles.
La consommation d’information passe désormais plus fréquemment par les plateformes sociales et vidéo que par les sites web et applications des médias traditionnels, constate le Digital News Report 2026 du Reuters Institute.
Un sondage, effectué en janvier et février 2026, montre que pour la première fois, les réseaux sociaux et vidéos sont plus utilisés que les sites web et applications des chaînes de télévision et médias traditionnels pour s’informer à travers le monde. Les autrices et auteurs de ces informations continuent d’ailleurs d’évoluer : se tourner vers des influenceurs pour s’informer devient relativement normal, au point que les journalistes sont toujours plus nombreux à adopter les codes de l’influence en ligne.
Tels sont certains des constats dressés par le Digital News Report 2026 du Reuters Institute. Quinzième édition d’un travail attendu chaque année par les professionnels de l’information, le rapport s’appuie sur le sondage de 100 000 personnes interrogées à travers 48 pays (dont 2 011 en France). Parmi ses grandes conclusions, il constate aussi que les formats vidéo et l’intelligence artificielle générative gagnent des points d’usage en matière d’information.
Globalement, cela dit, la chute de confiance dans les médias traditionnels et les phénomènes d’évitement actif de tout ou partie de l’information continuent de s’étendre. En France, 29 % de la population interrogée se déclare ainsi confiante dans l’information, contre 37 % à l’échelle mondiale.
Usage des réseaux sociaux, des sites et applications de médias et de la télévision pour s’informer, par classe d’âge / Digital News Report 2026
Victoire de la vidéo en ligne
77 % de la population consomme de l’information vidéo en ligne chaque semaine. Dans 45 des 48 marchés étudiés, ils sont désormais plus nombreux à regarder des vidéos d’information de cette manière, plutôt que via les journaux télévisés. L’Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas sont les trois seuls pays où ces derniers résistent.
Au Royaume-Uni, la consommation d’information vidéo est désormais plus fréquente en ligne que via la télévision / Digital News Report 2026
Depuis la pandémie, l’évolution du recours aux plateformes sociales a vu celles qui proposent de la vidéo tirer leur épingle du jeu. Si Facebook reste la plateforme la plus citée (par 43 % du public) comme espace de consommation d’information, YouTube est déjà utilisé à ces fins par 34 % des sondés, Instagram par 26 % et TikTok par 20 %. Par ailleurs, plus du quart des interrogés indique regarder de la télé traditionnelle à la demande, via YouTube ou les smart TVs.
Proportion des répondants qui se sont informés en vidéo la semaine précédent l’enquête, dans le monde / Digital News Report 2026
Soutiens et gagnants de cette évolution, les créateurs et créatrices de contenus sont de plus en plus considérés comme des sources d’information, notamment parce qu’ils sont perçus comme plus simples à comprendre et plus divertissants que les médias traditionnels.
46 % des répondants indiquent ainsi s’informer auprès de créateurs et créatrices de tous types, et 27 % auprès de personnalités d’internet spécialisées dans l’information.
Cet intérêt est généralement cumulé avec celui de l’information traditionnelle : le public qui écoute des influenceurs le fait généralement en plus de consulter des médias. Pour les écouter, logiquement, il repose de plus en plus sur les plateformes sociales et vidéo, en particulier chez les plus jeunes.
Évolution des pratiques de consommation dans le monde, tous types de medium confondus / Digital News Report 2026
Extension du domaine de l’IA
Le recours aux chatbots d’IA s’étend, quoique de manière contrastée selon les régions. Globalement, 10 % des interrogés déclarent désormais y recourir pour s’informer, contre 7 % dans le Digital News Report de 2025. Cette évolution est tirée par les usages des plus jeunes : 16 % des moins de 35 ans déclarent recourir à l’IA dans un contexte d’information.
42 % des interrogés déclarent par ailleurs recourir à ces outils pour approfondir une information, notamment pour poser des questions supplémentaires. Si le recours global à ces technologies a doublé dans des pays où la plateformisation de l’information est déjà forte, comme la Corée du Sud (14 %), la Grèce (12 %) ou l’Espagne, leur usage est resté stable en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne.
Proportion des répondants qui ont utilisé des chatbots pour s’informer la semaine précédant l’enquête, par classe d’âge et par fréquence d’utilisation / Digital News Report 2026
La confiance dans la qualité des résultats fournis par des chatbots d’IA est par ailleurs tirée par l’usage : 44 % des répondants qui les utilisent se déclarent confiants dans les résultats fournis par les robots pour s’informer, tandis qu’ils ne sont plus que 17 % parmi les non-usagers.
Dans le détail, soulignons par ailleurs que ceux qui recourent à l’IA le font avant tout pour approfondir le sujet sur lequel ils s’informent – 42 % des répondants déclarent poser à leur chatbot une question sur une information qu’ils viennent d’apprendre –, tandis que plus d’un tiers y recourent pour obtenir les dernières informations (35 %), pour résumer un sujet d’actualité (34 %) ou pour trouver ou évaluer une source d’information (33 %).
Pour les médias, une conséquence évidente et déjà constatée sur la plupart des marchés est la perte de l’accès direct à leur public : entre 2024 et 2025, le trafic a dégringolé de 33 % en moyenne. Parmi la petite proportion de la population qui recourt à l’IA pour s’informer, seulement 4 % déclarent cliquer « souvent ou toujours » sur les liens sources, contre 17 % de ceux qui recourent aux réseaux sociaux pour s’informer, et 19 % de ceux qui recourent à une recherche en ligne.
La chute de la confiance dans l’information se poursuit
En parallèle de ces phénomènes, la chute de la confiance dans l’information se poursuit. D’après le Reuters Institute, sous l’effet de la plateformisation accentuée, et alors que le public continue de plébisciter une recherche d’impartialité dans l’information et d’accorder moins de crédit aux créateurs de contenu qu’aux médias traditionnels, cette confiance devrait continuer de chuter dans les années à venir.
Partout dans le monde, cela se traduit aussi par un désintérêt pour l’information. En France, qui fait partie des pays où la chute est la plus évidente, la part de la population qui se déclare « très » ou « extrêmement » intéressée par l’actualité est passée de 58 % en 2015 à 26 % des répondants en 2026.
Seulement 12 % des lecteurs français payent aussi leur information, en revanche, ils ont en moyenne deux abonnements. Une rareté, qu’on retrouve aussi en Pologne, en Australie et aux États-Unis.
Les médias de service public, lorsqu’ils existent, restent relativement appréciés. Dans plusieurs pays comme la Serbie, la Slovaquie ou l’Italie, leur image est écornée par les assauts politiques. Il en va de même en France, où France Télévisions reste consultée de manière hebdomadaire par un tiers des Français. En parallèle, 22 % des interrogés déclarent l’impact du service public positif, et 31 % l’estiment négatifs.
La consommation d’information passe désormais plus fréquemment par les plateformes sociales et vidéo que par les sites web et applications des médias traditionnels, constate le Digital News Report 2026 du Reuters Institute.
Un sondage, effectué en janvier et février 2026, montre que pour la première fois, les réseaux sociaux et vidéos sont plus utilisés que les sites web et applications des chaînes de télévision et médias traditionnels pour s’informer à travers le monde. Les autrices et auteurs de ces informations continuent d’ailleurs d’évoluer : se tourner vers des influenceurs pour s’informer devient relativement normal, au point que les journalistes sont toujours plus nombreux à adopter les codes de l’influence en ligne.
Tels sont certains des constats dressés par le Digital News Report 2026 du Reuters Institute. Quinzième édition d’un travail attendu chaque année par les professionnels de l’information, le rapport s’appuie sur le sondage de 100 000 personnes interrogées à travers 48 pays (dont 2 011 en France). Parmi ses grandes conclusions, il constate aussi que les formats vidéo et l’intelligence artificielle générative gagnent des points d’usage en matière d’information.
Globalement, cela dit, la chute de confiance dans les médias traditionnels et les phénomènes d’évitement actif de tout ou partie de l’information continuent de s’étendre. En France, 29 % de la population interrogée se déclare ainsi confiante dans l’information, contre 37 % à l’échelle mondiale.
Usage des réseaux sociaux, des sites et applications de médias et de la télévision pour s’informer, par classe d’âge / Digital News Report 2026
Victoire de la vidéo en ligne
77 % de la population consomme de l’information vidéo en ligne chaque semaine. Dans 45 des 48 marchés étudiés, ils sont désormais plus nombreux à regarder des vidéos d’information de cette manière, plutôt que via les journaux télévisés. L’Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas sont les trois seuls pays où ces derniers résistent.
Au Royaume-Uni, la consommation d’information vidéo est désormais plus fréquente en ligne que via la télévision / Digital News Report 2026
Depuis la pandémie, l’évolution du recours aux plateformes sociales a vu celles qui proposent de la vidéo tirer leur épingle du jeu. Si Facebook reste la plateforme la plus citée (par 43 % du public) comme espace de consommation d’information, YouTube est déjà utilisé à ces fins par 34 % des sondés, Instagram par 26 % et TikTok par 20 %. Par ailleurs, plus du quart des interrogés indique regarder de la télé traditionnelle à la demande, via YouTube ou les smart TVs.
Proportion des répondants qui se sont informés en vidéo la semaine précédent l’enquête, dans le monde / Digital News Report 2026
Soutiens et gagnants de cette évolution, les créateurs et créatrices de contenus sont de plus en plus considérés comme des sources d’information, notamment parce qu’ils sont perçus comme plus simples à comprendre et plus divertissants que les médias traditionnels.
46 % des répondants indiquent ainsi s’informer auprès de créateurs et créatrices de tous types, et 27 % auprès de personnalités d’internet spécialisées dans l’information.
Cet intérêt est généralement cumulé avec celui de l’information traditionnelle : le public qui écoute des influenceurs le fait généralement en plus de consulter des médias. Pour les écouter, logiquement, il repose de plus en plus sur les plateformes sociales et vidéo, en particulier chez les plus jeunes.
Évolution des pratiques de consommation dans le monde, tous types de medium confondus / Digital News Report 2026
Extension du domaine de l’IA
Le recours aux chatbots d’IA s’étend, quoique de manière contrastée selon les régions. Globalement, 10 % des interrogés déclarent désormais y recourir pour s’informer, contre 7 % dans le Digital News Report de 2025. Cette évolution est tirée par les usages des plus jeunes : 16 % des moins de 35 ans déclarent recourir à l’IA dans un contexte d’information.
42 % des interrogés déclarent par ailleurs recourir à ces outils pour approfondir une information, notamment pour poser des questions supplémentaires. Si le recours global à ces technologies a doublé dans des pays où la plateformisation de l’information est déjà forte, comme la Corée du Sud (14 %), la Grèce (12 %) ou l’Espagne, leur usage est resté stable en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne.
Proportion des répondants qui ont utilisé des chatbots pour s’informer la semaine précédant l’enquête, par classe d’âge et par fréquence d’utilisation / Digital News Report 2026
La confiance dans la qualité des résultats fournis par des chatbots d’IA est par ailleurs tirée par l’usage : 44 % des répondants qui les utilisent se déclarent confiants dans les résultats fournis par les robots pour s’informer, tandis qu’ils ne sont plus que 17 % parmi les non-usagers.
Dans le détail, soulignons par ailleurs que ceux qui recourent à l’IA le font avant tout pour approfondir le sujet sur lequel ils s’informent – 42 % des répondants déclarent poser à leur chatbot une question sur une information qu’ils viennent d’apprendre –, tandis que plus d’un tiers y recourent pour obtenir les dernières informations (35 %), pour résumer un sujet d’actualité (34 %) ou pour trouver ou évaluer une source d’information (33 %).
Pour les médias, une conséquence évidente et déjà constatée sur la plupart des marchés est la perte de l’accès direct à leur public : entre 2024 et 2025, le trafic a dégringolé de 33 % en moyenne. Parmi la petite proportion de la population qui recourt à l’IA pour s’informer, seulement 4 % déclarent cliquer « souvent ou toujours » sur les liens sources, contre 17 % de ceux qui recourent aux réseaux sociaux pour s’informer, et 19 % de ceux qui recourent à une recherche en ligne.
La chute de la confiance dans l’information se poursuit
En parallèle de ces phénomènes, la chute de la confiance dans l’information se poursuit. D’après le Reuters Institute, sous l’effet de la plateformisation accentuée, et alors que le public continue de plébisciter une recherche d’impartialité dans l’information et d’accorder moins de crédit aux créateurs de contenu qu’aux médias traditionnels, cette confiance devrait continuer de chuter dans les années à venir.
Partout dans le monde, cela se traduit aussi par un désintérêt pour l’information. En France, qui fait partie des pays où la chute est la plus évidente, la part de la population qui se déclare « très » ou « extrêmement » intéressée par l’actualité est passée de 58 % en 2015 à 26 % des répondants en 2026.
Seulement 12 % des lecteurs français payent aussi leur information, en revanche, ils ont en moyenne deux abonnements. Une rareté, qu’on retrouve aussi en Pologne, en Australie et aux États-Unis.
Les médias de service public, lorsqu’ils existent, restent relativement appréciés. Dans plusieurs pays comme la Serbie, la Slovaquie ou l’Italie, leur image est écornée par les assauts politiques. Il en va de même en France, où France Télévisions reste consultée de manière hebdomadaire par un tiers des Français. En parallèle, 22 % des interrogés déclarent l’impact du service public positif, et 31 % l’estiment négatifs.
Alors que les épreuves de baccalauréat des filières générales commencent ce lundi, Next explore les enjeux que soulève le déploiement de l’intelligence artificielle autour des examens.
« La technique peut-elle être mauvaise ? » Tel est l’un des sujets de dissertation proposés aux bacheliers de séries technologiques en ce mois de juin 2026. Ce 15 juin, ceux des filières générales pourront aussi plancher sur la question « Avons-nous la maîtrise de nos paroles ? », derrière laquelle on pourrait décider d’évoquer la deuxième vie de nos propos publiés en ligne, lorsqu’ils atterrissent dans les données d’entraînement des modèles génératifs.
Mais quid, justement, de l’IA générative ? Dans quelle mesure chamboule-t-elle le passage des épreuves dites « terminales » des lycéennes et lycéens en fin de secondaire ? Des révisions aux corrections en passant par la triche, la plupart des questionnements restent grand ouverts.
De l’IA utilisée par « flemme » ou pour s’aider à comprendre
Alors que 85 % des 18 - 24 ans ont déjà recouru à l’IA générative, d’après le baromètre du numérique de l’Arcep et l’Arcom, avant même d’arriver devant les tables d’examen, nul doute que ce type d’outil s’insère jusque dans les pratiques de révision. Auprès du Midi Libre, des lycéennes expliquent y recourir pour s’aider, mais aussi… par « flemme ». Ainsi d’Alix, qui déclare l’utiliser « dès que je n’ai plus envie de réfléchir. Ou que je ne comprends rien. »
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Les dernières élections municipales ont fait l’objet de quatre ingérences numériques étrangères. Si leurs portées sont restées « très limitées », elles révèlent de nouveaux modus operandi. VIGINUM offre par ailleurs un satisfecit à Google, Meta et Microsoft, qui ont désactivé près de 200 pages, comptes et sites web inauthentiques. X a par contre boudé l’Arcom.
« Depuis l’élection présidentielle de 2017 en France, aucun rendez-vous électoral ou référendaire majeur n’a été épargné par des tentatives de manipulations de l’information impliquant des acteurs étrangers », relève le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères (VIGINUM) du Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) dans son rapport public sur les élections municipales :
« Dernier grand processus électoral au suffrage universel direct planifié avant l’élection présidentielle de 2027, les élections municipales étaient ainsi susceptibles de constituer une cible de premier plan pour les compétiteurs stratégiques de la France. »
Ce pourquoi, et en se fondant sur l’expérience de pays partenaires, un dispositif national renforcé de protection des élections face aux ingérences numériques étrangères (INE) a été mis en place pour les élections municipales des 15 et 22 mars 2026, avec la création du réseau de coordination et de protection des élections (RCPE), constitué de l’Arcom, de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), du secrétariat général du Gouvernement (SGG), du ministère de l’Intérieur et de VIGINUM.
Dans son rapport, le service dit constater « l’essor d’une économie de l’ingérence » avec, d’une part, l’émergence d’acteurs commercialisant des « services d’intermédiation » pour mener des ingérences numériques étrangères, et d’autre part, la multiplication d’INE à but lucratif « diffusant des contenus présentés de façon sensationnaliste, afin de susciter de l’engagement et in fine générer des revenus ».
Elle relève par ailleurs une « clandestinisation croissante » des opérations d’INE, avec des acteurs cherchant à dissimuler leurs actions par l’utilisation de tactiques, techniques et procédures (TTP) diversifiées pour créer des écosystèmes plus complexes et mieux anonymisés.
Une centaine de noms de domaine en « .fr » imitant des sites d’infos locaux
VIGINUM n’en a pas moins détecté et caractérisé quatre ingérences numériques étrangères ciblant spécifiquement les élections municipales 2026, dont deux émanant de modes opératoires informationnels (MOI) pro-russes ayant déjà mené des activités malveillantes contre la France dans le passé, et deux nouveaux MOI.
VIGINUM définit les MOI comme « un ensemble de comportements, d’outils, de tactiques, techniques et procédures (TTP) et de ressources adverses présumés liés au même acteur malveillant ou groupe d’acteurs malveillants ».
Attribué à l’unité 29155 du service de renseignement militaire russe (GRU) avec l’appui du Centre d’expertise géopolitique, officine d’influence moscovite, Storm-1516 est qualifié de MOI « particulièrement persistant et évolutif ».
VIGINUM lui impute en effet 205 opérations informationnelles depuis août 2023, développées au moyen du MOI CopyCop, attribué en source ouverte à l’ancien policier américain exilé en Russie, John Mark DOUGAN.
La première opération informationnelle en lien avec les municipales, lancée dès février 2025, a consisté en l’enregistrement de plus d’une centaine de noms de domaine en « .fr » imitant des sites de presse locaux et alimentés par des articles de presse reformulés par des outils d’intelligence artificielle générative.
Nous les avions d’ailleurs rajoutés dans notre base de données de sites d’infos GenAI, qui en recense désormais près de 14 800.
Cette campagne n’a toutefois « pas eu d’effet significatif », relève VIGINUM, la plupart des noms de domaine ayant été suspendus par l’Association Française pour le Nommage Internet en Coopération (Afnic) à l’issue d’une procédure de vérification d’identité des titulaires.
De faux reportages usurpant l’identité de plusieurs médias
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Les joueurs de Pokémon Go ont-ils contribué à l’effort de guerre américain ? Les données collectées via l’application auraient en effet servi à entraîner un système de navigation désormais proposé à des acteurs du secteur militaire états-uniens. Niantic Spatial dément.
De prime abord, il n’y a rien de plus innocent que Pokémon GO. L’application, lancée en 2016 et toujours très populaire, offre de capturer les petites bestioles de Nintendo dans le monde réel. Développé par Niantic, une entreprise issue de Google, le jeu propose notamment aux joueurs de scanner leur environnement dans le cadre de « missions » pour gagner de petites récompenses : il faut filmer un monument, une statue, une fontaine, un point d’intérêt en tournant autour.
Les joueurs de Pokémon GO donnent un coup de main à l’armée US
Les vidéos parviennent ensuite à Niantic, qui créé une représentation 3D du lieu. Toute cette cartographie en réalité augmentée est un moyen d’améliorer « l’expérience » du jeu et surtout, de construire une carte 3D du monde. Les joueurs ont réalisé plus de 30 milliards de scans AR de lieux réels, qui ont contribué à l’entraînement des modèles spatiaux de Niantic Spatial – la branche dédiée à la géolocalisation et à la visualisation spatiale.
Ce système de positionnement visuel (VPS) de Niantic Spatial, une alternative aux satellites GPS, est au cœur d’une controverse. En fin d’année dernière, Niantic Spatial annonçait un accord avec la société Vantor, pour travailler sur la navigation dans des environnements où le GPS est brouillé, perturbé ou indisponible. L’idée était de combiner les données de Niantic Spatial prises sur le terrain avec les données aériennes de Vantor, pour développer un système de positionnement permettant à des drones et autres appareils de se localiser, en l’absence de données GPS.
Or, comme l’a relevé le site Trouw, Vantor compte parmi ses clients des agences gouvernementales américaines, dont des organismes de sécurité nationale comme la NGA (National Geospatial-Intelligence Agency) et l’armée US. L’entreprise se présente elle-même comme un acteur dans les secteurs de la défense et du renseignement.
D’ici à penser que les scans AR des joueurs de Pokémon Go ont servi à piloter des drones militaires, il n’y a qu’un pas, que l’article de Trouw ne franchit pas. Néanmoins, il peut exister une suspicion chez certains, ce d’autant qu’il existe une continuité technologique plausible.
Niantic a vendu en mars 2025 sa branche jeux vidéo à Scopely, propriété du géant saoudien Savvy Games, qui a mis la main sur le gisement de données relatives aux utilisateurs de l’app. Niantic a conservé ses activités de cartographie et d’intelligence spatiale au sein d’une nouvelle société indépendante, Niantic Spatial. Elle est notamment propriétaire des modèles de navigation développés à partir des scans réalisés par les joueurs.
Interrogée par Kotaku, Niantic Spatial a tenu à faire la part des choses. « Depuis son intégration à Scopely, les données de Pokémon GO ne sont plus partagées avec Niantic Spatial », assure un porte-parole qui rappelle que les scans AR ont été fournis volontairement par les joueurs ayant choisi d’activer cette fonction. On pourrait toutefois rétorquer qu’en acceptant les conditions d’utilisation du jeu, les utilisateurs n’imaginaient sans doute pas à quoi ces données allaient servir.
L’entreprise explique que « l’arrêt de la collecte de scans AR et la fin du partage de données avec Niantic Spatial faisaient partie du plan de transition mis en place lors du transfert de Pokémon GO à Scopely. » De son côté, Vantor précise que les données de Pokémon GO ne sont pas utilisées dans le cadre de son partenariat avec Niantic Spatial. L’entreprise refuse toutefois de préciser si les modèles qu’elle exploite aujourd’hui ont été entraînés à partir de ces données dans le passé.
Les joueurs de Pokémon Go ont-ils contribué à l’effort de guerre américain ? Les données collectées via l’application auraient en effet servi à entraîner un système de navigation désormais proposé à des acteurs du secteur militaire états-uniens. Niantic Spatial dément.
De prime abord, il n’y a rien de plus innocent que Pokémon GO. L’application, lancée en 2016 et toujours très populaire, offre de capturer les petites bestioles de Nintendo dans le monde réel. Développé par Niantic, une entreprise issue de Google, le jeu propose notamment aux joueurs de scanner leur environnement dans le cadre de « missions » pour gagner de petites récompenses : il faut filmer un monument, une statue, une fontaine, un point d’intérêt en tournant autour.
Les joueurs de Pokémon GO donnent un coup de main à l’armée US
Les vidéos parviennent ensuite à Niantic, qui créé une représentation 3D du lieu. Toute cette cartographie en réalité augmentée est un moyen d’améliorer « l’expérience » du jeu et surtout, de construire une carte 3D du monde. Les joueurs ont réalisé plus de 30 milliards de scans AR de lieux réels, qui ont contribué à l’entraînement des modèles spatiaux de Niantic Spatial – la branche dédiée à la géolocalisation et à la visualisation spatiale.
Ce système de positionnement visuel (VPS) de Niantic Spatial, une alternative aux satellites GPS, est au cœur d’une controverse. En fin d’année dernière, Niantic Spatial annonçait un accord avec la société Vantor, pour travailler sur la navigation dans des environnements où le GPS est brouillé, perturbé ou indisponible. L’idée était de combiner les données de Niantic Spatial prises sur le terrain avec les données aériennes de Vantor, pour développer un système de positionnement permettant à des drones et autres appareils de se localiser, en l’absence de données GPS.
Or, comme l’a relevé le site Trouw, Vantor compte parmi ses clients des agences gouvernementales américaines, dont des organismes de sécurité nationale comme la NGA (National Geospatial-Intelligence Agency) et l’armée US. L’entreprise se présente elle-même comme un acteur dans les secteurs de la défense et du renseignement.
D’ici à penser que les scans AR des joueurs de Pokémon Go ont servi à piloter des drones militaires, il n’y a qu’un pas, que l’article de Trouw ne franchit pas. Néanmoins, il peut exister une suspicion chez certains, ce d’autant qu’il existe une continuité technologique plausible.
Niantic a vendu en mars 2025 sa branche jeux vidéo à Scopely, propriété du géant saoudien Savvy Games, qui a mis la main sur le gisement de données relatives aux utilisateurs de l’app. Niantic a conservé ses activités de cartographie et d’intelligence spatiale au sein d’une nouvelle société indépendante, Niantic Spatial. Elle est notamment propriétaire des modèles de navigation développés à partir des scans réalisés par les joueurs.
Interrogée par Kotaku, Niantic Spatial a tenu à faire la part des choses. « Depuis son intégration à Scopely, les données de Pokémon GO ne sont plus partagées avec Niantic Spatial », assure un porte-parole qui rappelle que les scans AR ont été fournis volontairement par les joueurs ayant choisi d’activer cette fonction. On pourrait toutefois rétorquer qu’en acceptant les conditions d’utilisation du jeu, les utilisateurs n’imaginaient sans doute pas à quoi ces données allaient servir.
L’entreprise explique que « l’arrêt de la collecte de scans AR et la fin du partage de données avec Niantic Spatial faisaient partie du plan de transition mis en place lors du transfert de Pokémon GO à Scopely. » De son côté, Vantor précise que les données de Pokémon GO ne sont pas utilisées dans le cadre de son partenariat avec Niantic Spatial. L’entreprise refuse toutefois de préciser si les modèles qu’elle exploite aujourd’hui ont été entraînés à partir de ces données dans le passé.
Avec la montée en puissance des services d’authentification FranceConnect et ProConnect et de la Suite numérique, la DINUM revendique, de nouveau en 2025, son rôle de « chef d’orchestre » de numérique de l’État.
Si en 2024 la Cour des comptes avait critiqué la stratégie de la Direction interministérielle du numérique (DINUM) ainsi que sa feuille de route présentée en 2023, le service rattaché au Premier ministre assume avoir continué, en 2025, dans la même direction.
Dans le rapport d’activité 2025 de la DINUM, la directrice interministérielle du numérique, Stéphanie Schaer, résume : « L’année a principalement été dédiée à la poursuite de la mise en œuvre de la stratégie numérique de l’État et de la feuille de route pour la DINUM, officiellement lancées en juin 2023 après un travail de concertation, en consolidant notamment une offre de produits numériques souverains pour les usages collaboratifs, à l’image de LaSuite ».
Il faut dire que cette dernière a obtenu le soutien du gouvernement. En janvier, le ministre de la Fonction publique, David Amiel, annonçait la généralisation de l’utilisation de l’outil Visio de La Suite numérique. Dans son rapport, la DINUM note « une accélération notable en 2025 » de l’adoption des services de la Suite numérique en général. Ainsi, le service interministériel souligne que sa solution de partage et stockage de documents Resana a franchi «le seuil des 450 000 comptes, tandis que la messagerie Tchap rassemble désormais 368 000 utilisateurs mensuels actifs ».
Celle-ci est d’ailleurs devenue une cible pour les pirates : la DINUM a admis récemment l’usurpation d’un compte utilisateur sans pour autant confirmer l’exfiltration de données revendiquées sur un forum dédié.
FranceConnect et ProConnect massivement utilisés
Justement, en ce qui concerne la sécurité, la DINUM met en avant FranceConnect et ProConnect. Ces solutions SSO, basées sur le protocole OpenID Connect et dont le code est sous licence MIT, sont vues par le service interministériel comme « les piliers de la confiance et de la simplification numérique ».
Concernant le premier, la DINUM souligne qu’il a permis « de certifier, avec une rigueur inédite, la fiabilité de la pétition la plus soutenue de l’histoire institutionnelle française », se gardant de nommer le texte contre la loi Duplomb signé par plus de 2 millions de personnes. Plus largement, FranceConnect a maintenant atteint 44,5 millions d’utilisateurs et a « un volume record de 500 millions de connexions (+ 20 %) » en 2025. Un deuxième facteur d’authentification par mail est en train d’être généralisé, déployé l’année dernière sur le portail impots.gouv.fr après l’avoir été sur Ameli et MSA. Concernant ProConnect, il devient l’identifiant de référence pour les agents du service public avec 930 000 connexions mensuelles.
Comme nous l’expliquions récemment, un point important pêche dans le numérique public : son accessibilité. Dans le rapport, la DINUM semble se satisfaire d’une « accélération obtenue » concernant ce sujet en soulignant que « 49 % des démarches essentielles atteignent un taux de conformité supérieur à 75 % » selon les résultats de l’Observatoire « Vos démarches essentielles » de juillet 2025. Et elle ajoute que « la satisfaction des usagers progresse également, avec 35 % des services atteignant la note cible de 8/10 », ce qui laisse encore de la marge. D’autant que, comme la DINUM le souligne elle-même, le Comité interministériel du handicap (CIH) de mars 2025 demandait aux ministères de rendre 50 % de leurs démarches essentielles à la fin 2025 avec un objectif de mise en conformité totale en 2026.