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Occasion électrique : les batteries rassurent enfin

Une étude suédoise sur 8 200 véhicules électriques d’occasion révèle une santé moyenne des batteries de 93,7 %.

Le marché des véhicules électriques d’occasion continue de gagner en maturité, mais une interrogation demeure au cœur des préoccupations des acheteurs : l’état réel de la batterie. Longtemps considérée comme le principal facteur de risque lors de l’acquisition d’un véhicule électrique de seconde main, cette composante essentielle fait désormais l’objet d’analyses plus précises. Une vaste étude menée en Suède apporte ainsi de nouveaux éléments de réponse et pourrait contribuer à modifier la perception du marché de l’occasion.

Réalisée par Riddermark Bil à l’aide du test Aviloo Flash, cette analyse a porté sur 8 200 véhicules électriques d’occasion. Les résultats montrent une dégradation généralement limitée des batteries, même sur des modèles ayant déjà parcouru plusieurs dizaines de milliers de kilomètres. Les données recueillies suggèrent que les batteries des véhicules électriques modernes conservent une grande partie de leur capacité au fil du temps, contrairement à une comparaison souvent faite avec les smartphones et leurs batteries vieillissantes.

Cette étude intervient dans un contexte où le marché automobile poursuit sa transition vers l’électrification. Pour les consommateurs, la question de la valeur résiduelle, de l’autonomie et de la performance des batteries reste un critère déterminant dans le choix d’un véhicule électrique d’occasion.

Une santé des batteries largement préservée

Les résultats de l’étude montrent une situation globalement rassurante. L’état de santé moyen des batteries, également appelé SoH (State of Health), atteint 93,7 % de la capacité d’origine. Sur les 8 200 véhicules testés, seules deux voitures ont affiché un niveau inférieur à 70 %.

La majorité des véhicules contrôlés conservent entre 90 % et 95 % de leur capacité initiale. Environ un tiers des modèles analysés dépassent même les 95 % de capacité restante. Plus significatif encore, neuf véhicules sur dix ont réussi les contrôles sans révéler de problème majeur lié à leur batterie.

Le kilométrage médian observé dans l’échantillon atteint 69 885 kilomètres. Malgré cette utilisation déjà significative, la dégradation reste modérée. Les véhicules affichant en moyenne plus de 80 000 kilomètres parcourus présentent eux aussi des niveaux de santé relativement élevés.

Ces résultats apportent un éclairage important pour les acheteurs potentiels. Ils suggèrent que la perte de capacité des batteries n’est pas nécessairement aussi rapide que certains consommateurs le craignent. Pour le marché automobile de l’occasion, cette donnée pourrait renforcer la confiance envers les véhicules électriques et améliorer leur attractivité face aux modèles thermiques traditionnels.

Kia, Tesla et les généralistes montrent de solides résultats

L’étude met également en évidence certaines différences entre les modèles et les constructeurs. Kia obtient les meilleurs résultats de l’échantillon analysé. Le Niro EV affiche une moyenne de 98,1 % de santé de batterie sur 82 contrôles réalisés. L’EV6 atteint 96,4 % sur 242 analyses, tandis que l’e-Niro enregistre 96,2 % sur 207 véhicules.

Tesla confirme également sa solidité sur des volumes beaucoup plus importants. Le Model Y équipé d’une batterie de 60,5 kWh conserve en moyenne 94,7 % de sa capacité. La version dotée d’une batterie de 78,8 kWh affiche quant à elle 93,8 % sur un échantillon particulièrement conséquent de 1 127 véhicules.

La Model 3 présente également des résultats proches avec des moyennes de 94,4 % et 93,6 % selon les configurations de batterie observées. Ces chiffres illustrent une certaine stabilité des performances des batteries sur les modèles du constructeur américain.

Du côté des constructeurs européens, les résultats restent également encourageants. La Volkswagen ID.3 atteint 94 %, tandis que l’ID.4 affiche 93,6 %. Sans établir de records, ces modèles démontrent une constance appréciée par une clientèle recherchant avant tout la fiabilité et la prévisibilité des coûts d’utilisation.

L’étude cite également plusieurs modèles premium et familiaux dont les résultats convergent vers la même conclusion. L’Audi Q4 e-tron affiche 94,5 %, la BMW i4 atteint 95,6 %, la Volvo XC40 obtient 95,3 % et la Skoda Enyaq iV enregistre 93,5 %. Ces données montrent que les véhicules électriques récents, qu’ils appartiennent au segment généraliste ou au segment premium, conservent généralement une grande partie de leurs performances énergétiques.

Le diagnostic batterie devient un critère essentiel

Pour autant, les auteurs de l’étude soulignent qu’il serait imprudent d’acheter n’importe quel véhicule électrique d’occasion sans vérification préalable. L’état de santé réel de la batterie doit désormais être considéré comme un critère de valorisation à part entière.

Deux véhicules identiques, affichant le même kilométrage, la même finition et la même année de mise en circulation, peuvent présenter des différences importantes au niveau de leur batterie. Plusieurs facteurs peuvent influencer cette évolution, notamment l’utilisation fréquente de la recharge rapide, les conditions climatiques, les habitudes de stockage avec une batterie maintenue à pleine charge ou encore le style de conduite.

Dans ce contexte, les données de santé de batterie deviennent un élément aussi important que l’historique d’entretien ou le kilométrage. Pour les acheteurs ne disposant pas d’un historique transparent, la réalisation d’un test indépendant apparaît comme une démarche logique plutôt qu’une simple précaution.

La batterie demeure en effet le composant le plus coûteux d’un véhicule électrique. Son état influence directement l’autonomie, la valeur de revente et l’expérience de conduite. Un véhicule affichant une capacité comprise entre 93 % et 95 % peut représenter une opportunité intéressante sur le marché de l’occasion, à condition que cette donnée repose sur un contrôle vérifié et non sur une simple déclaration commerciale.

Cette étude suédoise contribue ainsi à alimenter un constat de plus en plus partagé dans l’industrie automobile : les batteries des véhicules électriques modernes semblent mieux résister au temps et au kilométrage que ce que beaucoup imaginaient encore il y a quelques années.

Notre avis, par leblogauto.com

Cette étude apporte des données concrètes sur un sujet qui reste central pour le développement du marché de l’occasion électrique. Les résultats montrent une dégradation généralement limitée des batteries, y compris sur des véhicules ayant déjà parcouru plusieurs dizaines de milliers de kilomètres. Ils rappellent toutefois que l’état de santé de la batterie doit être évalué individuellement avant tout achat. Le diagnostic de batterie pourrait progressivement devenir un critère aussi important que le kilométrage ou l’historique d’entretien dans la valorisation d’un véhicule électrique d’occasion.

Crédit illustration : Leblogauto.com.

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Le Xiaomi YU7 GT tourne en 10 minutes 30 au Nürburgring, mais sans personne au volant !

Près de 10 minutes 30 sur la Nordschleiffe, c’est plus lent que feue Sabine Schmitz avec un Ford Transit de base. Mais, l’exploit de Xiaomi ici est à chercher du côté du siège conducteur : il n’y avait personne derrière le volant. Il est loin le temps des navettes autonomes hésitantes pour rouler au pas.

Le Xiaomi YU7 GT est un SUV grand tourisme comme son nom l’indique, 100 % électrique. Par rapport au YU7, il a des voies élargies de 295 mm à l’arrière et tout un accastillage aérodynamique pour aller (sur le papier) taquiner le chrono sur piste.

Mais, en bon communiquant, Xiaomi a décidé de faire de la publicité à son YU7 GT en lui faisant parcourir les 20,832 km de la boucle nord du Nürburgring sans conducteur. Et ce n’est pas une mince affaire que de parcourir les 73 virages, avec le dénivelé, les carrousels, les peintures sur la piste qui sont autant de « parasites » de la vision autonome.

L’humain reste encore supérieur, mais pour combien de temps ?

Evidemment, si on compare les 10 minutes 29 secondes et 483 millièmes aux 7 minutes 22 secondes et 755 millièmes du même Xiaomi YU7 GT mais avec le Belge Vincent Radermecker au volant, on peut se dire que la machine a encore du progrès à faire. C’est vrai. Mais si les algorithmes ont été réglés pour ne prendre aucun risque, ils ont réussi à aller au bout sans se sortir. Sur la vidéo on peut constater une légère pluie, et un véhicule qui ne dépasse pas les 140 km/h sauf dans la dernière grande ligne droite (210 km/h) ce qui est pénalisant au Nürburgring.

Pour sa conduite autonome maison, Xiaomi s’appuie sur un LiDAR (cartographie par ondes laser et non radio), un radar 4D (ondes radio), 11 caméras et 12 capteurs ultrasoniques. De quoi cartographier son environnement immédiat et lointain.

Pour compiler toutes ces données et prendre les bonnes décisions en temps réels, le tout s’appuie sur un processeur NVIDIA DRIVE AGX Thor-U capable de 700 TOPS (*).

Une belle page de publicité pour une arrivée en Europe

Sinon côté fiche technique, le YU7 GT dispose de deux moteurs électriques qui délivrent 1003 ch pour un 0 à 100 km/h en 2,92 secondes. La batterie fonctionne sous 897 volt et possède 101,7 kWh de capacité pour plus de 700 km CLTC (cycle chinois soit environ 600 km WLTP).

Il pourrait arriver en Europe en 2027. Ce tour du Nürburgring sans personne au volant est une sacrée publicité au moment où Tesla tente de faire autoriser son FSD (full self-driving) supervisé partout en Europe. Ici, Xiaomi montre qu’il n’y a besoin de personne pour superviser.

Les courses de voitures autonomes ont déjà été tentées. Les premiers tours de roue envoyaient les monoplaces dans le mur…

Note

(*) Un TOPS c’est un Tera Operations per Second soit 1000 milliards d’opérations de calcul par seconde. Ici, il y a donc 700 000 milliards d’opérations par seconde soit 700 billions (français) opérations par secondes (ou trillions aux USA).

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Renault améliore techniquement sa Mégane E-Tech et la transforme visuellement

Ce qui se voit le plus sur cette Renault Mégane E-Tech 2026, c’est le lifting de la face avant. La Mégane abandonne son style « ancien » chez Renault pour adopter un look plus agressif, plus SUV, ce qu’est en fait la Mégane.

Un rappel s’impose : la première génération avait posé les bases

Quand Renault lance la Megane E-Tech electric en 2022, le pari est ambitieux. Pour la première fois, la marque propose une compacte électrique native — conçue sur une plateforme dédiée, la CMF-EV, et non une adaptation d’un modèle thermique existant. Le résultat convainc : design affirmé, habitacle soigné avec son double écran openR en L renversé, plaisir de conduite préservé grâce à une suspension arrière multi-bras. La voiture séduit une clientèle plus jeune que la moyenne, et les valeurs résiduelles tiennent bien dans un marché de l’occasion encore incertain pour l’électrique.

Mais les limites pointent vite. L’autonomie de la batterie 60 kWh (environ 470 km WLTP dans la meilleure configuration) reste correcte sans être éblouissante face à une concurrence qui progresse vite. La recharge rapide DC plafonne à 130 kW. Et sur un segment C devenu l’un des plus disputés d’Europe — Volkswagen ID.3, Tesla Model 3, Peugeot e-308, BYD Seal U — la pression est constante.

Un design revu en profondeur, sans rompre avec l’existant

Avec cette face avant, on retrouve des feux fins, assez hauts, et reliés par une fausse calandre. Elle est moins imposante que sur certains crossovers de la marque et fait que cette Mégane liftée ressemble plus au Renault Scenic par exemple.

Ce n’est pas le cas à l’arrière qui, comme très souvent, ne change qu’à la marge en fait. Les feux sont modifiés dans leur contenu mais pas leur forme. Le profil ne varie pas. L’intérieur est conservé sans évolution majeure visible.

Pour autant, elle peut avoir un revêtement TEP (tissu enduit vinyl) plus qualitatif selon Renault. De nouvelles jantes de 19 pouces font leur apparition et la finition Esprit Alpine « adopte une présentation encore plus exclusive ». Une nouvelle teinte bleu ardoise satin fait son apparition. C’est celle des visuels de la galerie. Deux finitions structurent l’offre : Techno, le cœur de gamme, et Esprit Alpine, au sommet

Une nouvelle batterie pour plus d’autonomie et une charge plus rapide

Mais, c’est surtout les dessous qu’il faut regarder. En effet, la Renault Mégane E-Tech adopte désormais une batterie de 67 kWh contre 60 kWh actuellement (voir notre essai de la Renault Mégane E-Tech 60 kWh). Elle repose sur une architecture cell-to-pack (C2P) et offre une augmentation de plus de 10 % de la capacité rendu possible par de nouvelles cellules LFP (lithium fer phosphate) de nouvelles génération et une technologie « pouch cell » (cellule en « poche » et non en pile bâton). Renault indique un taux de remplissage de 53 % et une densité en hausse.

De plus, la batterie supporte désormais une charge à courant continu (DC) jusqu’à 165 kW (soit 35 kW de plus qu’actuellement). Cela donne un 15 à 80 % en 24 minutes soit une baisse de 25 % du temps passé.

Malgré l’intégration d’une batterie plus lourde, Renault affirme avoir totalement repensé les ressorts, l’amortissement et le réglage de direction pour préserver l’ADN dynamique du modèle.

Remise à jour bienvenue

La nouvelle Mégane E-Tech intègre aussi un chargeur bidirectionnel AC 11 kW (et même 22 kW en option). Cela permet des charges accélérées, à domicile ou sur borne publique. Cela permet aussi le V2L (vehicle-to-load) pour alimenter des appareils en 220 V jusqu’à 3 700 W. Elle est aussi compatible V2G (vehicle-to-grid) pour réinjecter (selon les pays) l’électricité de sa batterie dans le réseau (alias « grid »).

Dans les détails, le One Pedal arrive sur la Mégane. Cela permet de ne s’occuper que de la pédale de droite, en accélérateur ET en frein (au lever du pied, cela freine via la régénération). Il y a aussi 4 niveaux de régénération sélectionnables via les palettes au volant.

Le moteur reste le très efficient moteur Cléon. C’est un moteur synchrone à rotor bobiné sans terres rares, développant 220 ch et 300 Nm. L’autonomie grimpe désormais jusqu’à 500 km (à homologuer précisément) contre 468 km actuellement.

Des équipements connectés inutiles donc rigoureusement indispensables ?

La grande nouveauté technologique est l’intégration de Google Gemini : l’assistant IA comprend le langage naturel et conversationnel, maintient le contexte des requêtes et répond en temps réel. Google Maps avec planificateur de trajets électriques (60 évolutions depuis 2022), Google Assistant et un catalogue désormais supérieur à 100 applications via Google Play sont au programme.

Renault intègre également un forfait data 3 ans inclus, permettant d’accéder directement au streaming vidéo (3 heures/mois) ou audio (40 heures/mois) sans partager la connexion du smartphone — une avancée concrète par rapport à la génération précédente.

Parmi les autres nouveautés : la reconnaissance faciale du conducteur (les données restent stockées dans le véhicule, sans transmission externe), le Smart Mode qui adapte automatiquement les transitions entre les modes Eco, Confort et Sport selon le style de conduite, et le chargeur à induction Qi2 compatible MagSafe.

Notre avis, par leblogauto.com

Cette mise à jour arrive à point nommé (peut-être un peu tard) pour la Renault Mégane dont les ventes patinent un peu. Avec plus d’autonomie, mais surtout une charge plus rapide, elle se replace parmi la concurrence.

Le look la change pas mal à l’avant et la replace dans la gamme Renault. Elle était un peu décalée, comme la Mégane l’a souvent été d’ailleurs (souvenez-vous du « noeud papillon » bricolée sur la Mégane 3). Elle redevient un véhicule intéressant entre la Renault 5 E-Tech et le Renault Scenic E-Tech.

Renault maintient son engagement industriel : la Megane E-Tech electric et sa batterie sont assemblées à la Manufacture de Douai, au sein d’Ampere ElectriCity. Le moteur est produit à Cléon, en Normandie.

Dimensions et poids

  • Longueur: 4200 mm
  • Largeur: 1782 mm
  • Hauteur: 1522 mm
  • Empattement: 2685 mm
  • Porte-à-faux avant : 800 mm
  • Porte-à-faux arrière : 715 mm
  • Garde au sol : 124 mm à vide (105 mm en charge)
  • Volume de coffre : 440 dm3VDA
  • Volume de coffre sièges arrière rabattus : 1332 litres
  • Rayon aux genoux : 209 mm
  • Hauteur de chargement: 522 mm (entrée de coffre – hauteur)
  • Poids : 1772 kilos (MVODM) : masse à vide

Moteur et batterie

  • Puissance : 160 kW (220 ch)
  • Couple : 300 Nm
  • Type de batterie : LFP
  • Capacité : 67 kWh utiles
  • Autonomie : jusqu’à 500 km (WLTP)
  • Recharge : AC 11 kW (AC 22 kW en option) et DC 165 kW

Performances

  • Vitesse maxi : 160 km/h
  • 0-50 km/h : 3,4 sec
  • 0-100 km/h : 7,6 sec

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Essai Mini Aceman John Cooper Works

En 2026, Mini fête ses 25 ans sous l’égide de BMW Group. L’occasion pour nous de prendre le volant d’un modèle inédit, l’Aceman dans sa version la plus véloce John Cooper Works. L’esprit de la maison est-il maintenu dans un modèle à mi-chemin entre la Cooper et le Countryman ? On vous donne quelques éléments de réponse. 

Une histoire riche de 25 ans depuis la reprise par BMW

Le 26 avril 2001, la première Mini de BMW sortait des chaînes de l’usine historique de la marque à Oxford, en Angleterre. Dans le contexte de l’époque, il y a bien eu quelques sceptiques face à une voiture qui avait grandi et grossi, et qui semblait perdre une partie de son ADN. Mais 25 ans plus tard, Mini a étoffé son catalogue au point d’avoir plus de modèles dans sa gamme que certains constructeurs historiques. Mini France a mis en place une véritable exposition retraçant quelques moments de l’histoire de la marque, notamment avant qu’elle intègre BMW Group. Une jolie attention pour ces voitures devenues de vraies icônes de mode pour certaines, grâce en outre à certaines collaborations iconiques, comme Paul Smith. 

De notre côté, nous avons jeté notre dévolu sur un modèle compact qui n’existait pas jusqu’ici, placé entre la Mini Cooper et le Countryman, et qui répond au doux nom d’Aceman. Et comme on ne fait pas les choses à moitié, on a choisi la déclinaison JCW. Avec les attributs relatifs à la griffe sportive de la maison John Cooper Works, la voiture a droit à une allure de petite intrépide de la route, qui assume de manquer de discrétion sans s’en excuser. Dans son coloris noir avec ses touches de rouge, certains lui trouveront même une certaine classe dans les quartiers chics, et ailleurs. 

Cet écran si iconique!

En revanche, petite note pour nos amis de Mini, il faudrait peut-être revoir la qualité des autocollants sur le capot, du plus bel effet, mais qui semblent rapidement s’abîmer. Les codes de la maison sont bien là pour marquer son identité, avec le toit « flottant ». Les boucliers sont évidemment spécifiques, comme les jantes. Dans les détails, on adore les feux arrière à l’affichage personnalisable. Avec ses grosses roues, son gros becquet et son regard de bulldog bien heureux, elle a du chien ! (Elle était facile…). Même si l’on peut croiser des Mini à tous les coins de rue, l’Aceman JCW réussit l’exploit de ne pas passer inaperçue pour autant. 

À bord, on retrouve l’univers des Mini les plus modernes. Tout s’articule autour de l’instrumentation composée principalement de cet écran circulaire, signature de cet intérieur. Cela permet de donner une impression de mobilier dépouillé, avec des accents qui n’appartiennent pas, en tout cas d’habitude, à l’industrie automobile. Tout d’abord, un tissu habille intégralement la planche de bord, décorée d’une sangle, dans le prolongement de la troisième branche du volant, elle aussi en tissu. Il y a tout un jeu de lumières, dont des points projetés de part et d’autre de la dalle. Les commandes essentielles sont juste en dessous. 

L’esprit « Go-Kart » de la partie

Les moins habitués à la lecture centrale des informations peuvent opter pour le head-up display d’un autre âge, puisqu’il s’agit d’une petite vitre rotative. Pas de vision directement sur le pare-brise malheureusement. Cet habitacle respire le chic, la mode, avec non pas un compartiment de rangement entre les sièges, mais un petit coffre qui pourrait ressembler à une petite malle à bijoux. Des touches de couleur cuivrées mettent en valeur les poignées de portes et quelques enceintes du système de sonorisation. On a un peu plus de place sur la banquette arrière que dans une Mini Cooper, mais pas beaucoup malgré tout. Comptez sur 300 petits litres dans le coffre. Côté équipements, notamment les ADAS, Mini s’est largement servi chez BMW. 

En termes de plateforme, l’Aceman est une extension de la Mini Cooper pour atteindre les 4,08 m. Ce qu’elle ne perd pas de sa petite sœur, c’est la fermeté de l’amortissement. Nous l’avions déjà remarqué sur l’Aceman classique, et il n’y avait logiquement pas de raison que ce soit différent ici. Mais c’est le prix à payer pour les sensations de « go-kart » si chères à la marque. Tout paraît verrouillé au volant, peut-être même un peu trop, au point de trouver le confort exagérément sacrifié, pour une sportivité en retour pas si exacerbée que cela. Elle a clairement un caractère dynamique, mais comprenez par là qu’on en attendait un peu plus. 

Puissante, mais une autonomie limitée

L’Aceman, on ne l’a pas mentionné jusqu’ici, est 100% électrique. Du coup, elle accuse un certain embonpoint, 1 825 kilos d’acier et de batterie, qui ne sont pas sans incidence sur son comportement. Pourtant, il faut bien reconnaître que le constructeur a réussi à limiter autant que possible le sous-virage, avec une tenue de cap impressionnante. Mais on sent bien que ce sont les pneus qui encaissent, et avec brio. Néanmoins, quand on exagère, l’Aceman finit par glisser des quatre roues, mais avec suffisamment de prévenance pour ne jamais se faire surprendre. Honnêtement, on prend du plaisir à son volant quand on roule vite, du moment que l’on accepte un certain inconfort le reste du temps. 

Il s’agit donc d’un modèle 100% électrique, pour le moment fabriqué en Chine, BMW Group ayant déjà annoncé le report du rapatriement de la production à Oxford pour plus tard. On peut compter sur quelque 258 chevaux (en pic) qui, faites-nous confiance, suffisent très largement à faire décoller cet Aceman JCW dans toutes les situations de conduite. On use et abuse de la palette « boost » pour gagner quelques chevaux supplémentaires le temps de quelques secondes et rendre encore plus fortes les reprises déjà bien énergiques. Les chiffres sont à l’avenant, notamment le 0 à 100 km/h abattu en 6,4 secondes et une vitesse de pointe de 200 km/h. Le bloc est alimenté par une batterie de 54,2 kWh de capacité. 

Pas de bonus!

Il faut bien l’admettre, on a du mal à conduire « lentement » notre Mini Aceman. Ce moteur déborde d’énergie et on le ressent dans le volant, qui prend des retours de couple lors de certaines violentes accélérations. En outre, il ne faut pas hésiter à bien tenir le cerceau quand on joue les pilotes, pour ne pas se faire surprendre par certains louvoiements. Pour autant, cela ne nuit pas à la motricité, plutôt de bon niveau pour une traction électrique aussi puissante. Il n’empêche qu’on note une consommation un peu élevée. Cela ne pose aucun problème en ville, mais il faut compter sur à peine un peu plus de 200 kilomètres sur route. Sur autoroute, en partant avec 80% en vue d’un parcours de 350 km, on a dû recharger deux fois, la seconde étant davantage pour se rassurer que par nécessité.

On préférera toujours la Mini Cooper pour s’amuser à un Aceman. Son format, malgré tout compact, lui confère une agilité intéressante. Il faut simplement avoir besoin d’un peu plus de place pour se tourner vers lui. Peut-être que sa batterie et sa consommation peuvent suffire pour le quotidien (30 minutes pour le 10 à 80%). Mais cet engin donne tout de même envie de le bousculer à la première occasion, et il faut alors accepter de voir l’autonomie fondre comme neige au soleil. Est-ce qu’elle vaut les 45 500 € demandés ? On vous laisse en décider, d’autant plus que, tant qu’elle viendra de Chine, elle n’aura pas droit au bonus chez nous.

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Marché électrique France mai 2026 : Tesla et Renault tractent les ventes

Tesla model Y, voiture la plus vendue en France sur le mois

Le top 5 des ventes de véhicules 100 % électriques en France au mois de mai est constitué de 3 Renault et 2 Tesla. A eux deux, ce top 5 représente plus d’un quart des 37 853 immatriculations de VE en mai.

Le mois de mai a été exceptionnel sur le front du VE, comme le mois de mars. En effet, avec 37 853 immatriculations de véhicules particuliers électriques, c’est une part de marché de près de 30 % ! 29,5 % précisément selon les chiffres AAA Data compilés par l’Avere. C’est pratiquement un marché doublé par rapport à mai 2025 qui était morose.

A 2 €/litre le carburant est-il un déclencheur ?

La guerre en Iran a-t-elle précipité le passage de certains ménages à l’électrique ? En plus, le leasing social n’est pas encore de retour et ses effets ne se voient pas encore.

Le modèle le plus immatriculé en mai est le Tesla Model Y avec 3 877 unités. Il devance la Renault 5 E-Tech qui continue de cartonner, avec 3 040 unités. Le Renault Scenic est un lointain 3e avec 1 640 unités en un mois. Le Scenic fonctionne bien commercialement parlant. Mieux que Mégane. Pour une fois, on a des livraisons de Tesla Model 3 en paquet avec 1 561 immatriculations, devant la Megane justement à 1 298 unités.

A noter que tout le top 10 est au-dessus de 1000 immatriculations. Et où est la Peugeot e-208 ? Loin… 1 044 unités. Un peu comme la Zoé avant elle, la 208 paie sa conception ancienne et attend la remplaçante, présentée théoriquement l’an prochain.

Le Model Y va-t-il dépasser la Renault 5 E-Tech ?

Depuis le début de l’année, on dénombre 16 449 Renault 5 E-Tech. La R5 est le 5e modèle le plus immatriculé, toute motorisation confondue. Avec plusieurs grosses livraisons, le Model Y le talonne, à 16 000 unités tout juste, en 8e position.

Quand on vous dit que le Renault Scenic fonctionne bien commercialement, il totalise 10 634 immatriculations à la 16e position du marché français. La Citroën Ë-C3 marque un peu le pas, mais c’est sans doute pour mieux cartonner en leasing social. 7 023 unités et 25e place du marché français.

On ajoute 5 542 VW ID.4, 5 153 Tesla Model 3, ou 4 842 Renault Megane E-Tech, 4 525 Renault 4 (qui commence un peu à trouver sa place) et 4 158 VW ID.3. La Renault Twingo E-Tech qui débute sa carrière devrait dépasser le Dacia Spring dès le mois de juin. Ce n’est pas le ras de marée de la R5 mais cela débute. 2 765 immatriculations contre 2 675.

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Formule E Sanya : Dennis, Drugovich et Andretti royaux en Chine

La course a mis un peu de temps à s’installer avant de devenir un peu folle avec un drapeau rouge. Au final, Jake Dennis l’emporte et se replace au championnat.

Un circuit très gourmand

Le circuit de Sanya est le premier en Chine de la saison. Urbain, il ne présente pas de difficulté technique. Sauf qu’il est très sale et qu’au moindre écart on peut finir en glisse. Il fait très chaud et ils comporte deux longues lignes droites (sur un pont).

La pole a été signée par Jake Dennis devant son équipier Felipe Drugovich. Les Andretti en force ? Attention à Evans (Jaguar) en embuscade. Très mauvaise qualification de Jean-Eric Vergne (JEV) en 15e place, et 18e de Nato.

Départ – 37 tours

Bon départ des Andretti avec Drugovich qui protège Dennis de l’attaque d’Evans. On devrait voir un petit train en ce début de course. Il va falloir être stratégique pour se mettre dans l’aspiration. Cela devrait se décanter avec les déclenchements des modes attaques. Il n’y a que Di Grassi qui a fait une figure en piste qui se retrouve à 16 secondes du peloton.

Les deux Andretti mène en train de sénateur. La tactique est de gérer leur consommation sans laisser de place aux dépassements. Les deux Andretti se mettent côte-à-côte dans les lignes droites puis se rangent en file pour les virages. C’est malin.

Ah ! Wehrlein (Porsche) réussi à passer Drugovich. On est au 7e tour et cela va peut-être s’animer. Ca y est ! Wehrlein prend la tête de la course au 8e tour. Evans passe Drugovich. Maloney sur Lola déclenche son premier mode attaque. Cela pourrait contribuer à dynamiter la course.

Tour 10 / 37

Dennis reprend les commandes, un peu sous la pression d’Evans. Ticktum aussi a déclenché son mode attaque. Sur la GEN3, il est très important avec les 4 roues motrices et plus de puissance. Avec les modes attaque, Cassidy (Citroën) a pris la tête devant Ticktum et Mortara. Mortara a explosé son aileron avant sur l’arrière de Rowland (Nissan).

Prendre la tête c’est bien, mais il faut savoir le faire tout en économisant (ou régénérant) à propos. Mortara et Cassidy consomment trop. Chez Andretti on a décalé les modes attaques et après avoir glissé dans le classement, les deux voitures remontent en tête.

Et Dan Tictum nous fait une Ticktum ! Il s’emplafonne sur la Jaguar d’Evans ! Il a perdu son avant et Evans a un arrière explosé. Et c’est un empilement dans le virage #9 !

Drapeau rouge ! On est au 19e tour. Merci Ticktum… En fait le crash du pilote Cupra a abîmé l’aileron d’Evans, qui a été touché dans le 9 par un autre pilote, a tiré tout droit et bloqué Di Grassi et les autres. Le mur est touché et la direction de course préfère mettre le rouge.

Tour 20 / 37

Après ce drapeau rouge, on repartira de l’arrêt. Mais certains ne repartiront pas ! C’est le cas à priori de Mitch Evans qui est toujours au stand. Ils n’arrivent pas à remettre l’aileron arrière et ne sont pas autorisés à revenir en piste. Visiblement, il pourra revenir, mais en partant depuis les stands.

Les Andretti gardent les commandes de la course malgré la pression de Wehrlein. Bon départ de JEV qui a gratté une place. Cela reste en paquet et s’échange les places à chaque tour. Surtout que certains déclenchent le mode attaque. Rowland l’utilise pour prendre la tête de la course.

C’est la cata pour Cassidy sur Citroën qui après avoir été arrêté repasse par les stands. Visiblement une alarme s’est déclenchée sur sa voiture. Course ruinée. Devant, Da Costa a pris les commandes devant Rowland et Mueller.

Crash de Nato sur la Nissan ! A 10 tours de la fin. On va voir s’il arrive à dégager rapidement. Non ! Donc « Full course yellow ». C’est un peu comme une voiture de sécurité mais on garde les écarts. Nato a perdu l’arrière en défendant sur Wehrlein et a cassé le train contre le mur.

Tour 30 / 37

On est reparti. Da Costa prend une pénalité de 5 secondes pour avoir causé un accrochage. Il va devoir cravacher s’il ne veut pas reculer dans la hiérarchie à l’arrivée. Pas simple surtout qu’il a surconsommé. Il laisse passer Rowland et va tenter de se blottir dans son sillage. Wehrlein aussi prend 5 secondes.

Tiens, Di Grassi qui est 5e ? Il était au fond du classement au moment du drapeau rouge. Cela déclenche du mode attaque dans tous les sens. Hm Da Costa qui reprend la tête ? Etrange car on lui disait qu’il consommait trop. JEV dépasse Di Grassi mais ne devrait pas remonter plus que cela. Dennis de son côté passe en tête au 34e tour. Il lui reste encore 1 min 45 de mode attaque et a un peu plus de batterie.

On ajoute deux tours de plus après le full course yellow. 39 tours.

WOW ! Dennis a mis 2 secondes sur Wehrlein. Mais l’Allemand est pénalisé. On tombe sous les 10 % de batterie. Da Costa qui plonge au #9 et dépasse 2 concurrents. Pour JEV c’est la dégringolade en 10e place. Aïe !

Rowland dans le mur ! La deuxième Nissan abandonne. La galère totale pour l’écurie. Et full course yellow alors qu’on est dans le 38e tour. Va-t-on finir sous FCY ? Tout comme Nato, c’est contre une Porsche que Rowland part à la faute. On repart rapidement. Et c’est Jake Dennis qui l’emporte !

Classement eu E-Prix #1 de Sanya

Très belle course maîtrisée par Andretti, Jake Dennis et Felipe Drugovich. On peut noter l’énorme remontée de Pepe Marti sur le podium en partant 18e. De Vries, sans doute encore aux 24 Heures du Mans et sa victoire termine à une solide 4e place.

Evans conserve la tête du championnat grâce à un abandon de Rowland et de Mortara, ses deux rivaux directs. Wehrlein pénalisé ne marque pas non plus. Dennis en revanche revient. Mais il est encore à 34 points !

Prochaine course début juillet à Shanghai.

[Mise à jour 16h40 : Felipe Drugovich a reçu 5 secondes de pénalité pour un contact avec Wehrlein. Pepe Marti grimpe à la 2de place et De Vries sur le podium. Drugovich retombe à la 5e place.]

POSDRIVERTEAM
1Jake DennisANDRETTI FORMULA E
2Josep Maria MartíCUPRA KIRO
3Nyck De VriesMAHINDRA RACING
4António Félix Da CostaJAGUAR TCS RACING
5Felipe DrugovichANDRETTI FORMULA E
6Maximilian GüntherDS PENSKE
7Nico MüllerPORSCHE FORMULA E TEAM
8Jean-Éric VergneCITROËN RACING
9Taylor BarnardDS PENSKE
10Lucas Di GrassiLOLA YAMAHA ABT FORMULA E TEAM
11Zane MaloneyLOLA YAMAHA ABT FORMULA E TEAM
12Joel ErikssonENVISION RACING
13Sébastien BuemiENVISION RACING
14Pascal WehrleinPORSCHE FORMULA E TEAM
15Dan TicktumCUPRA KIRO
16Mitch EvansJAGUAR TCS RACING
17Oliver RowlandNISSAN FORMULA E TEAM
18Nick CassidyCITROËN RACING
19Norman NatoNISSAN FORMULA E TEAM
20Edoardo MortaraMAHINDRA RACING

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Recharge en 9 minutes : la prouesse de BYD que la France et l’Europe attendent

Recharge en 9 minutes : la prouesse de BYD que la France et l'Europe attendent

Le temps de recharge reste l’un des principaux freins à l’achat d’une voiture électrique. Pendant que les marchés occidentaux composent avec des infrastructures qui montent en puissance, le constructeur chinois BYD avance à grande vitesse sur son marché national. À l’occasion du lancement de son SUV Han L, la marque a annoncé avoir déjà installé des milliers de bornes capables de recharger une batterie en moins de dix minutes. Une avancée technique spectaculaire… que la France et le reste de l’Europe attendent désormais avec impatience.

Une recharge aussi rapide qu’un plein d’essence en Chine

BYD a dévoilé l’ampleur de son réseau lors du lancement du Great Tang. Le constructeur a déployé 6 682 bornes flash réparties dans 321 villes chinoises. Ce déploiement massif s’inscrit dans une campagne baptisée « Flash Charging China », lancée plus tôt ce printemps, dont l’objectif affiché est d’éliminer l’angoisse de l’autonomie qui dissuade encore de nombreux conducteurs de passer à l’électrique.

Les performances techniques de ce réseau impressionnent. Chaque connecteur délivre jusqu’à 1 500 kW de puissance en courant continu, un chiffre qui place ces stations dans une catégorie à part. Concrètement, une batterie compatible passe de 10 % à 97 % de charge en seulement neuf minutes. On se rapproche ainsi du temps nécessaire pour faire le plein d’un véhicule thermique, ce qui change la perception même de la recharge électrique.

Pour saisir l’écart, il faut rappeler que cette puissance de 1 500 kW représente plusieurs fois ce qu’offrent les bornes rapides actuelles les plus puissantes sur le marché occidental. BYD avait d’ailleurs été repéré dès le début de l’année en train de tester cette technologie en conditions réelles, avant de lancer le déploiement à grande échelle.

Un rythme de déploiement effréné

BYD n’a pas traîné pour bâtir ce réseau. Le constructeur a démarré sur les chapeaux de roue en installant 5 000 bornes en moins d’un mois, un rythme rarement observé dans l’industrie automobile mondiale. Le tempo d’installation a ensuite ralenti au cours des mois de mai et juin, mais l’ambition reste considérable : la marque vise un total de 20 000 bornes flash d’ici la fin de l’année.

Cette stratégie illustre la logique de BYD, qui ne se contente pas de vendre des voitures électriques mais cherche à contrôler l’ensemble de l’écosystème, des batteries jusqu’aux infrastructures de recharge. En maîtrisant à la fois le véhicule et la borne, le constructeur peut optimiser les performances de charge d’un bout à l’autre de la chaîne, ce qui explique en partie ces chiffres records.

Pour un automobiliste chinois, l’expérience se rapproche désormais de celle d’une station-service classique : on s’arrête, on branche, et en moins de dix minutes la voiture est prête à reprendre la route. C’est précisément ce type d’usage qui pourrait accélérer l’adoption de l’électrique sur le marché le plus important au monde.

La France et l’Europe attendent ce type de solution

Voilà tout l’enjeu pour le Vieux Continent : pendant que la Chine déploie des bornes ultra-rapides à grande échelle, la France et l’Europe ont considérablement développé leur propre réseau de recharge ces dernières années. Les autoroutes françaises sont désormais largement équipées, les grandes agglomérations multiplient les points de charge, et la couverture du territoire n’a plus grand-chose à voir avec celle d’il y a seulement cinq ans.

Reste que la puissance proposée par BYD ouvre une perspective inédite. Les bornes rapides les plus performantes du réseau européen plafonnent encore largement en dessous des 1 500 kW délivrés par les stations chinoises. Pour de nombreux automobilistes français, encore hésitants à franchir le pas de l’électrique à cause des temps d’attente, une recharge bouclée en neuf minutes constituerait un argument décisif.

L’arrivée de BYD sur le marché européen est d’ailleurs déjà une réalité, le constructeur multipliant les implantations sur le continent. La question est donc de savoir quand cette technologie de recharge flash suivra le même chemin que ses véhicules, et si les infrastructures locales pourront accompagner une telle montée en puissance.

Une fracture technologique que l’Europe surveille de près

Cette situation soulève des interrogations plus larges sur la compétitivité des marchés occidentaux face à l’industrie chinoise de l’électrique. La Chine a investi massivement dans ses infrastructures de recharge ces dernières années, et BYD en est l’un des fers de lance. Le contraste avec la puissance disponible sur les bornes européennes, malgré un réseau désormais dense, reste marqué.

La barrière n’est pas seulement technologique, elle est aussi liée au réseau électrique. Faire fonctionner des bornes de 1 500 kW suppose des installations capables d’encaisser une telle demande de puissance, un défi d’ingénierie autant que d’aménagement du territoire. C’est l’un des points que devront résoudre les opérateurs européens pour rivaliser avec ce que propose déjà la Chine.

Cette dynamique pose une question de fond aux constructeurs et aux décideurs européens. Faut-il vraiment des bornes aussi puissantes pour répondre aux besoins quotidiens des conducteurs ? Certains observateurs estiment que la majorité des recharges s’effectuent à domicile ou de nuit, rendant la recharge ultra-rapide moins indispensable qu’il n’y paraît. D’autres soulignent que la rapidité reste un argument décisif pour convaincre les automobilistes encore réticents à abandonner le moteur thermique, notamment pour les longs trajets sur autoroute.

Quoi qu’il en soit, la démonstration faite par BYD en Chine change la perception de ce qui est techniquement possible. Une recharge de 10 à 97 % en neuf minutes n’est plus une promesse de laboratoire mais une réalité déployée à grande échelle dans des centaines de villes. Le défi, désormais, consiste à savoir si et quand cette technologie franchira les frontières pour atteindre les conducteurs français et européens.

En attendant, la Chine conserve une longueur d’avance considérable. BYD continue d’étoffer son réseau avec pour horizon les 20 000 bornes annoncées, et chaque nouveau modèle compatible renforce l’attrait de cet écosystème. Pour les automobilistes européens séduits par l’électrique, l’espoir de voir débarquer la recharge en neuf minutes n’a jamais semblé aussi concret, à mesure que la marque chinoise étend sa présence sur le continent.

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